Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 06:00
Bienheureux Jacques de Lézardière - 2 septembre Diacre, martyr - couvent des Carmes.

Bienheureux Jacques de Lézardière - 2 septembre Diacre, martyr - couvent des Carmes.

Coup sur coup j’ai reçu via le formulaire de contact de mon blog deux demandes de renseignements sur des maisons, l’une la ferme de la Célinière, que je n’ai jamais connue car je suis né au Bourg-Pailler à l’entrée du bourg de la Mothe-Achard, mes parents Berthe Gravouil et Arsène Berthomeau s’y sont mariés, une noces de 3 jours banquet dans la grange, un paquet d’invités, le bœuf gras, la 4/4, la noce au son de l’accordéon, mon frère Alain et ma sœur Marie-Thérèse dites zézette y sont nées, ils se tapaient l’aller-retour à pied pour aller à l’école à la Mothe-Achard, 2 fois 4 km en passant par les chemins creux et à travers champ. Comme disent les gilets jaunes : « c’était mieux avant ». Les successeurs de mon grand-père à la Célinière, étaient les Raymondeau et René mangeait avec moi à la maison le midi.

 

L’autre est plus exotique puisqu’elle concerne une bâtisse sise du côté de  Châteauneuf du pape où j’ai effectué une mission de conciliation entre les deux camps qui s’affrontaient dans le meilleur style des querelles de village, version Anciens et Modernes, des vieilles histoires recuites, un maire le sieur Boisson, du domaine Caboche, usant et abusant de ses multiples mandats électifs : Chambre d’Agriculture, FNSEA…

 

Je vous livre le contenu de ces demandes.

 

Bien sûr je répondrai personnellement aux intéressés en leur communicant les personnes les plus à même de leur communiquer les renseignements qu’ils demandent.

 

Créer des liens, tel était l’une des ambitions de mon blog, c’est minuscule mais mieux que rien.

 

Commune

 

- La Célinière       

        

Monsieur,

 

Ma demande peut vous paraître bien étrange et je comprendrais que vous n'y donniez pas suite.

 

Mon mari et moi-même nous portons acquéreur de la ferme la Célinière à St Georges de Pointindoux. C'est dans ce domaine de calme et de charme que nous souhaitons voir grandir nos 3 enfants.

 

De toute évidence, cette ferme a une âme, une histoire que j'ai envie de découvrir.

Grâce à votre blog, j'ai pu glaner de précieuses informations mais certaines de mes questions demeurent sans réponse.

 

N'hésitez pas à me corriger si je me trompe. J'ai lu que la ferme est une ancienne métairie du Vicomte de Lézardière pour qui votre grand-père travaillait. Il était éleveur de bœufs gras et bouilleur de cru. (ce qui explique peut-être aujourd'hui encore la présence de plusieurs pommiers et poiriers ?).

 

Son fils, votre père Arsène faisait des battages, élevait des porcelets et était bouilleur ambulant.

 

 

Vous êtes ensuite installés à Bourg-Pailler à La Mothe Achard (début 1948 ?)

 

 

Mes questions :

 

 

- Savez-vous en quelle année la maison principale et la grange ont été construites ?

 

- Jusqu'en quelle année la Célinière était de la propriété du Vicomte de Lézardière et à qui a-t ‘elle été vendue ?

 

- La maison avec la partie "grenier" a-t ‘elle été construite en même temps que la partie plus basse qui sert aujourd'hui de salon ? Quid des dépendances attenantes ? L'histoire de la construction elle-même m'intéresse.

 

 

Je suis intéressée par tous les détails et anecdotes que vous voudrez bien me confier au sujet de ce lieu.

 

 

Il est important pour moi de connaître son histoire, d'imaginer son passé, la vie de ses anciens occupants, d'autant plus du milieu rural qui sont aussi mes racines…

 

 

Je vous remercie de m'avoir lue jusqu'au bout.

 

 

Bien cordialement,

 

 N.D

 

Lucia4-0185.JPG

                   - Recherche sur Philippe Dufays   

        

Bonjour Monsieur,

 

J'ai trouvé votre blog en effectuant une recherche sur le docteur Philippe Dufays de Châteauneuf du pape.

 

Il se trouve que j'ai acquis récemment une bâtisse en semi ruine sur la commune de Monteux dans le Vaucluse, ancien relais de diligence selon les vendeurs, et qui avait été cédée à leurs parents par le docteur Philippe Dufays.

 

Mon but était de retrouver des héritiers pour essayer de retracer l'historique de cette construction, mais selon vos écrits, le docteur Dufays est décédé sans laisser d'héritiers.

 

Peut-être avez-vous eu des contacts avec des membres de sa famille, pour rédiger votre article, famille auprès de laquelle, je pourrais commencer mes recherches sur l'histoire de ce bâtiment.

 

En vous remerciant pour votre aide, je vous souhaite une agréable journée.

 

L. M.

 

 

Henry-Pierre Troussicot est plus connu comme peintre. Là, il plonge le lecteur dans une intrigue vendéenne.

Résultat de recherche d'images pour "henri pierre troussicot le crime de l'hermitière"

 

On a lu

On connaît le Troussicot peintre et graveur, beaucoup moins l'écrivain. Henry-Pierre Troussicot, Yonnais né à Saint-Georges-de-Pointindoux vient d'écrire un ouvrage intéressant à plus d'un titre. Le crime de l'Hermitière est plus une chronique qu'un polar, dont l'action se situe dans un bourg vendéen (probablement entre La Mothe-Achard et Les Sables-d'Olonne) en... 1921 ! La Première Guerre mondiale est finie, le monument aux morts se construit, on éclaire à la bougie, on entend le forgeron battre l'enclume dès potron-minet.

 

Peut-être que cette histoire, qui a probablement existé, aurait mérité quelques dizaines de pages en moins pour la rendre plus percutante encore, comme un Frédéric Dard ou un Simenon. Henry-Pierre Troussicot se distingue par la reconstitution de l'ambiance de l'époque, évitant tout anachronisme, avec des dialogues, où resurgit le caractère de cette population rurale, jusqu'à l'enjomineur de La Roche-sur-Yon et le juge sablais. Troussicot écrit comme il peint, en mettant des couleurs autour de clairs obscurs à la Rembrandt. Ce roman devient superbe et le procès révèle encore mieux les haines, les ragots et les « sorcelages » de ces paysans rugueux, parfois retors.

 

NDLR : ça se passe à la Célinière, et ça parle de mes ancêtres...

Partager cet article
Repost0
6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 06:00
Stupéfiant les « serial killer of volatile» de la DGCCRF du 37 pourchassent le vigneron Sébastien David : ça va tourner au vinaigre !

La première pensée qui m’est venue en apprenant les tenants et les aboutissants de cette nouvelle affaire ce fut le calvaire des Guffens : Jean-Marie Guffens, 57 ans, vigneron, fondateur et propriétaire de la maison Verget, à Sologny (71), son épouse et ses salariés. Soupçonnés par l'Administration d'assemblages et de ventes de vins frauduleuses, son équipe et lui ont subi pressions, perquisitions et même des gardes à vue jusqu'à ce que le tribunal de Dijon décide d'annuler la procédure, en 2011. Voir la vidéo en fin de chronique.

 

18 novembre 2011

Cher Jean-Marie Guffens, je suis partagé entre colère froide et grande honte

 

Je viens de visionner le documentaire «  C'est arrivé dans une cave près de chez vous » réalisé par Jean-Yves Cauchard, je suis stupéfait, atterré et ébranlé par ce que toi, ta famille et tes collaborateurs venez de subir et d’endurer pendant des mois et des années de la part de fonctionnaires d’État, assermentés, dans l’exercice de leur fonctions de police judiciaire.

 

Jean-Marie, le serviteur de l’État que je suis est partagé entre colère froide et grande honte. Oui vraiment j’ai honte, une honte qui en appelle, sans faire de phrases, à réparation. J’admire ta force d’âme et ta dignité, ce bel orgueil à la Guffens face à une adversité si méprisable. Il n’empêche que cette affaire est indigne d’un véritable État de Droit, vous avez souffert dans vos corps, vos cœurs et vos âmes, dans votre dignité, d’un acharnement, d’une volonté de vous nuire et de vous briser. C’est intolérable et ça ne doit pas être toléré. »

 

100-dollars-pour-un-sherif-Wayne.jpg

 

La seconde, plus légère, je venais de visionner 100 dollars pour un shérif d'Henry Hathaway, où John Wayne, vieux marshal borgne, face aux questions insistantes d’un avocat sur le nombre de morts à son palmarès depuis son entrée en fonction, tergiverse, avant de concéder 26 macchabs à son palmarès. Ce fut la seule fois de sa carrière que John Wayne obtint un Oscar en 1970.  

 

La violence qu’a subie Sébastien David est certes plus légère que celle infligée à Jean-Marie Guffens, mais ce que je réprouve dans les 2 cas c’est le comportement des fonctionnaires de l’État. Ils se vivent comme des justiciers intraitables, qu'ils ne sont pas, des gabelous de la pire espèce, genre Fernand Raynaud, alors qu’ils se doivent de respecter des règles procédurales et de faire preuve d’intelligence face à des situations complexes. 

 

Dans le cas de Sébastien David ils agissent an nom d’un règlement communautaire :

 

L’annexe I C du Règlement CE n° 606/2009 de la Commission du 10 juillet 2009

Qui dispose :

 

« 1. La teneur en acidité volatile ne peut être supérieure à […]

c) 20 milliéquivalents par litre pour les vins rouges […]

3. Des dérogations au point 1 peuvent être prévues en ce qui concerne :

a) Certains vins bénéficiant d’une AOP […] s’ils ont été élaborés selon des méthodes particulières

b) « les vins ayant un titre alcoométrique volumique total égal ou supérieur à 13 % vol. »

 

Bref, il n’y a aucun risque sanitaire, ce n’est pas de la listéria dans les laits infantiles de Lactalis ou la bactérie E coli dans les steaks hachés de Leclerc. Le seul risque il est économique, cette hâte met en péril l'entreprise de Sébastien David.

 

Avant de sortir l’arme atomique : la destruction économique de l’entreprise de Sébastien David, on discute autour d’une table madame la Préfète, un peu de bon sens ne nuit pas pour passer au peigne fin un dossier de cette nature. Là encore, se contenter de se draper dans le costume de l'autorité c'est affligeant de la part des membres de ce corps à l’échine si souple face au pouvoir. Je parle en connaissance de cause : les préfets j’en ai pratiqué une flopée ! Très portés sur le oui monsieur le Ministre... Pour leur décharge, préfet ou préfète le matin, viré le soir.

 

En effet, il y a urgence à suspendre l’interdiction de vente d’un produit dès lors que celui-ci représente plus de la moitié du chiffre d’affaire de l’entreprise requérante et que l’interdiction « compromet à brève échéance l'existence même de l'entreprise » (CE 19 octobre 2001, Société Capral, n°238204).

 

En l’espèce, l’interdiction de commercialisation du lot LC16 cause à Monsieur DAVID un préjudice financier important. En effet, selon les acheteurs (professionnels ou particuliers) de la production de Monsieur DAVID, la perte s’élève à une somme pouvant aller jusqu’à 25 € la bouteille, soit un montant total de 51 950 €.

 

L’impossibilité de vendre les 2 078 bouteilles a un effet visible sur le chiffre d’affaires de Monsieur DAVID. Sur le mois de mars, le requérant enregistre un chiffre d’affaires en baisse de 81 % par rapport au mois de mars 2018.

 

Cette perte de chiffre d’affaires cause un préjudice d’autant plus grave à Monsieur DAVID que celui-ci a souscrit en 2018 un prêt d’un montant de 90 000 € pour réaliser des travaux de mise à niveau de ses vignes.

 

Ma référence au Marshall borgne de  100 dollars pour un shérif prend tout son sens, c’est quoi cette hâte à dégainer pour abattre une entreprise ? Vous êtes cinglés, irresponsables, de bien piètre serviteur du bien public, incapables de discernement. C’est grave, il ne faut pas s’étonner que ce vieux pays va mal. J’ai connu le service de la répression des fraudes au temps où il était rattaché au 78 rue de Varenne, ses cadres savaient faire la part des choses sans négliger de faire appliquer avec discernement la loi.

 

Je m’emporte, ça ne sert à rien il vaut mieux que je mette mes pas dans ceux de Me Morain qui a déposé :

 

1 RÉFÉRÉ SUSPENSION – Requête introductive d'instance à Madame la présidente ou monsieur le président du Tribunal Administratif d'Orléans

 

AUDIENCE le 10 mai à Orléans

 

RAPPEL DES FAITS

 

Monsieur Sébastien DAVID est vigneron, sa famille exploite un domaine viticole depuis le XVème siècle sur le territoire de la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

 

Le 23 octobre 2018, Monsieur PIOVANACCI, agent de la Brigade d’enquête vins et spiritueux de la DIRECCTE Pays-de-la-Loire a mené une inspection sur la cuvée Saint-Nicolas-de-Bourgueil COËF 2016 produite par Monsieur DAVID (le numéro de lot est LC16). Au cours de la visite, des prélèvements ont été effectués : 3 bouteilles ont ainsi été emportées par l’agent.

 

Cette visite n’a pas eu de suites immédiates : dans le courant du mois de janvier 2019, Monsieur DAVID a pris l’attache de l’inspecteur pour lui demander les résultats d’analyse. C’est à cette occasion que l’inspecteur lui a indiqué que les analyses montraient une non-conformité et qu’il repasserait prochainement au domaine avec l’un de ses collègues.

 

Le 20 février 2019, Monsieur PIOVANACCI est revenu avec un autre individu qui s’est présenté comme étant de la même brigade que le premier agent (malgré les demandes de Monsieur DAVID, les agents ont refusé de produire un quelconque titre établissant leur qualité). A l’issue du contrôle qui a duré 3 heures, les agents ont notifié à Monsieur DAVID un procès-verbal de consignation des 2 078 bouteilles du lot LC16 pour une durée d’un mois.

 

Cette consignation, qui interdit la vente desdites bouteilles, a été prolongée par le Procureur de la République de Tours jusqu’au 19 avril 2019.

 

Par un courrier du 1er mars 2019, Monsieur PIOVANACCI a notifié à Monsieur DAVID son intention de proposer une mesure d’envoi du lot LC16 en vinaigrerie, distillerie ou autre usage industriel.

 

Monsieur DAVID a répondu par l’intermédiaire de son conseil pour contester cette mesure par un courrier du 14 mars 2019 

 

Par un courrier du 12 avril 2019 , Monsieur PIOVANACCI a notifié à Monsieur DAVID un arrêté préfectoral du 11 avril 2019. Par cet arrêté, la Préfète d’Indre-et-Loire constate que les bouteilles analysées démontrent une non-conformité à la réglementation européenne en matière de teneur en acidité volatile et ordonne à Monsieur DAVID d’envoyer l’ensemble des bouteilles constituant le lot LC16 en vinaigrerie, distillerie ou autre usage industriel.

 

Cet arrêté interdit donc à Monsieur DAVID de commercialiser son vin.

 

Pour le pauvre docteur en droit public que je suis l’argumentaire de Me Morain tient bien la route…

  • Sur l’urgence résultant du caractère irréversible de la situation
  • Sur l’urgence financière
  • Sur l’existence d’un doute sérieux quant aux décisions querellées
  • Sur le défaut de motivation
  • Sur l’erreur dans l’application de la réglementation
  • Sur l’erreur dans la mesure effectuée

 

Aucune description de photo disponible.

 

Sébastien David

 

Je souhaitais vous parler aujourd’hui du bon vieux temps. Pas celui du siècle dernier, non du 13ème siècle. Celui de L’INQUISITION.

 

Pour ceux qui me connaissent ou tout du moins qui connaissent mes vins, je suis un ardent défenseur des labels et de la transparence. En effet je me bats depuis quelques années avec des collègues pour #TOWA une idée simple pour clarifier ce monde aux mille labels et certifications. Malheureusement il semblerait que cela gène quelques personnes, puisqu’il y a plus de 6 mois j’ai reçu la visite d’un agent de la DGCCRF qui passant par hasard m’a prélevé 3 bouteilles par hasard de mon vin COEF 2016.

 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas c’est un vin que je vinifie et élève en jarres et ceci depuis 2013. Ma passion pour les vinifications traditionnelles risque donc aujourd’hui de me coûter cher car suite au prélèvement et ainsi qu’à l’analyse de mon lot de bouteilles restantes la BIEV (Bureau d’Investigation des Enquêtes Vinicoles) ils m’ont trouvé une teneur en acidité volatile « hors norme » au-delà de l’incertitude et ce malgré une analyse organoleptique de la technicienne du même labo « acceptable ». De mon côté j’ai donc pratiqué officiellement des contres analyses qui se sont révélées par deux fois en ma faveur puisqu’en dessous de ladite « norme analytique » et sans même faire intervenir l’incertitude.

 

Les inspecteurs ont donc bloqué mon lot, et se sont dirigés vers le tribunal de grande instance de Tours qui n’a pas donné suite trouvant peut-être la faute « non recevable » et levant la mainlevée sur mon lot. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand le même jour j’ai reçu de la part de la préfète d’Indre et Loire un arrêté me demandant de me rapprocher sous 1 mois des services de la Direccte afin de faire détruire mon lot.

 

En effet quel plus grand danger à l’heure actuelle que de laisser des vins circuler dans « l’incertitude » (au regard des inspecteurs).

 

Je ne connais pas bien Corinne ORZECHOWSKI, Mme la préfète, mais tout ce que je peux dire ce jour c’est que lorsque vous demandez une audience pour connaitre les raisons de cet arrêté préfectoral de destruction, elle vous renvoie vers les services de….. la DGCCRF. Le chien qui se mord la queue.

 

Ainsi donc je n’ai pas eu comme autre choix que de faire un référé afin de stopper la destruction.

 

Pour celles et ceux qui le souhaitent l’audience est donc publique vendredi 10 mai à 11 :00 au tribunal Administratif d’Orléans, afin de savoir si dans ce monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil j’ai le droit ou non à un vrai procès, car avec plus de 10 kilos de papiers déjà fournis et malgré mes réponses et explications sur mon travail, c’est la mesure expéditive qui est déclenchée à mon encontre, puisqu’une fois détruites, les preuves n’auront plus rien à dire, et l’administration plus rien à entendre si toutefois elle nous aurait déjà écoutée.

 

Je ne fais pas parti des radicaux de la branche « naturiste » de notre viticulture, mais quand vous avez une porte de prison comme seule interlocutrice, c’est comme de crier dans le vide, on perd vite sa voie et même sa voix.

 

Lilian Bauchet

 

Il y a 100 ans, un vin loyal et marchand devait avoir une vol < 2,5. Je veux bien que nos aïeux avaient le palais moins fin que le nôtre, mais on peut s'interroger sur cette baisse du taux de vol autorisé, baisse adoptée sans doute par le seul fait de l'usage généralisé des techniques et intrants vinicoles, le sulfite en tête. L’OMS fixe une dose journalière maxi pour le sulfite. C'est qu'il doit y avoir une bonne raison d'en limiter l'usage... il faut sortir de cette vision techniciste du vin où les normes sont construites en fonctions des process techniques et où c'est la machine qui décide in fine à la place de l'être humain ce qui est conforme et ce qui ne l'est pas. Ce sont les mêmes techniques qui ont banni les vins d'hybrides quand l'être humain en était incapable par la détection de molécules propres aux hybrides non décelables par la dégustation. Or, Pour qui produisons nous du vin, pour des hommes ou pour des machines ?

 

Aucune description de photo disponible.

Partager cet article
Repost0
5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 07:00
La Commune de Paris L'école primaire de la liberté Sebastian Haffner qui appartient à la catégorie de ceux que Raymond Aron appelait « les esprits supérieurs »

Nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs la première traduction française de cet essai de Sebastian Haffner. Et cela pour deux raisons. Parce que la Commune de Paris fut un événement considérable, qui a inspiré les révolutions du XXe siècle et qui a posé les enjeux de ce siècle et peut-être du nôtre. Parce que Sebastian Haffner. Il alliait l'amour de la liberté et une intelligence profonde de l'histoire et de la politique.

 

Nous avons pu publier ce texte grâce à l'aide du professeur docteur Markus Kerber et des éditions Europolis que nous remercions. Cet essai a été publié en allemand pour la première fois dans le magazine Stern du 14 mars au 11 avril 1971, puis reproduit dans Im Schatten der Geschichte. Historisch-politische Variationen aus 20 Jahren (Stuttgart, DVA, 1985).

 

Jean-Claude Casanova revue COMMENTAIRE

 

Le massacre de la Commune de Paris a la même signification pour la Révolution mondiale que le Golgotha pour le christianisme. Le Reich allemand dura soixante-quinze ans, la Commune de Paris seulement soixante-douze jours. Mais un siècle plus tard le Reich – qui fut proclamé à Versailles – appartient irrémédiablement...

 

Sebastian Haffner, n’est pas un inconnu pour moi dans son « Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933 » un livre qui m’a ouvert les yeux, un livre magnifique.

 

Résultat de recherche d'images pour "sebastian haffner"

ICI 

 

L’auteur, un magistrat protestant, qui n'essaie pas de se donner un beau rôle, décrit comment la société allemande policée et cultivée bascule petit à petit dans l'acceptation du nazisme.

 

Le court essai qu’Haffner a consacré à la Commune de Paris occupe une place singulière dans son œuvre. C’est le regard d’un grand intellectuel allemand sur la plus grande tragédie sociale du XIXe siècle en France.

 

La Commune de Paris

 

Que trouve-t-on dans ce texte?

 

Non pas une nouvelle histoire de la Commune mais une réflexion approfondie sur sa signification et ses répercussions.

 

Les faits essentiels sont rappelés sans rien omettre de la barbarie versaillaise ni de la répression judiciaire qui en a prolongé les effets.

 

Mais Haffner évoque également les idées «communardes» qui allaient plus tard être reprises dans la législation sociale. Il s’attache à montrer l’attitude évolutive de Marx d’abord très sévère pour l’aventurisme du soulèvement populaire spontané avant de reprendre le flambeau de la Commune assassinée dans La Guerre civile en France, flambeau qui sera repris à son compte par Lénine.

 

Historiquement, conclut Haffner, la Commune est certes une page de l’Histoire de France mais l’opprobre qui s’attache encore au souvenir de son écrasement en fait un mythe universel. En une formule qui rappelle le début du Manifeste communiste il écrit? : « Les spectres des fusillés continuent de se battre aujourd’hui encore. Ils hantent toutes les révolutions du XXe siècle.»

 

Le dimanche des Rameaux 2 avril 1871, on entendit à Paris gronder les canons. Les gens crurent d’abord qu’on tirait quelque part des salves d’honneur. En réalité, c’était la guerre civile qui commençait. Le Ministre-Président Thiers n’avait jamais accepté la défaite du 18 mars, quand il avait dû fuir Paris avec ses ministres et l’armée. Il avait fait réoccuper dès le lendemain le principal fort parisien, le Mont-Valérien, les troupes démoralisées furent reprises en main à Versailles, on en rassembla de nouvelles en Normandie et en Bretagne, et, le 1er avril, Thiers annonça à l’Assemblée nationale : « L’Assemblée siège à Versailles, où s’achève de s’organiser une des plus belles armées que la France ait possédée ; les bons citoyens peuvent se rassurer et espérer la fin d’une lutte qui aura été douloureuse mais courte. »

 

Il disposait à présent de 60 000 hommes, et on leur avait assigné pour le lendemain un premier test : la prise d’un poste avancé de la Commune aux abords de Paris, trois brigades contre trois bataillons, un jeu d’enfant. Tout se déroula comme prévu. Les trois bataillons de la Garde nationale parisienne furent délogés après une vaillante défense. Dans Paris ce ne fut qu’un cri – un cri d’indignation plus que de peur. Quelle insolence ! La Commune allait leur montrer ! Le 2 avril au soir, le tocsin sonna à Paris, les gardes nationaux se précipitèrent vers leurs lieux de rassemblement, on entendait partout crier : « À Versailles ! »

 

Résultat de recherche d'images pour "sebastian haffner"

 

Sebastian Haffner, de son vrai nom Raimund Pretzel, est un écrivain et journaliste allemand.

 

Issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie protestante, Sebastian Haffner commence sa carrière dans le droit. En 1938, il quitte son pays, jugeant le régime nazi exécrable. Après un passage de quelques semaines à Paris, où il fréquente d'autres allemands exilés, il s'installe en Angleterre.

 

Il mène alors une vie extrêmement précaire. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l'éditeur Warburg lui commande un livre où il raconterait son expérience d'allemand anti-nazi. Mais la guerre éclate et le manuscrit n'est pas publié.

 

Sebastian Haffner retourne dans son pays en 1954. Il y mène une carrière de journaliste et d'historien reconnu.

 

Il est mort en 1999 sans avoir jamais cherché à publier sa très personnelle Histoire d'un Allemand, rédigée soixante ans plus tôt et cachée au fond de son bureau. Publié pour la première fois en 2000, après sa découverte, ce récit remporta un succès considérable en Allemagne.

 

Source : Wikipédia

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 06:00
Le poids des mots : PAUVRE

Chez moi nous n’étions ni pauvre, ni riche, nous vivions simplement, mangions bien, j’ai été nourri avec attention, le pépé Louis était fier de ses bœufs, la mémé Marie et sa sœur la tante Valentine vêtues de leur éternel sarrau noir portaient la coiffe le dimanche, maman tirait l’aiguille jusqu’à pas d’heure, mon père s’échinait à faire vivre sa petite entreprise de travaux agricoles et de battages tout en étant un adjoint au maire, qui était une femme, actif.

 

Bref, lorsque dans la bouche de ce petit monde, j’entendais c’est : « un pauvre garçon ou une pauvre fille » nulle trace du fameux mépris de classe de nos fumeux sociologues ou de notre académicienne de gôche. Nous étions loin du « casse-toi, pauvre con ! » du petit Sarko.

 

Familier

 

Souvent précédé d'un adjectif possessif marquant la pitié, l'amitié ou une tendresse réelle ou feinte

 

Mon pauvre chou, ma pauvre petite, mon pauvre gars, la pauvre bête...

 

« Tu peux être content de toi, mon pauvre ami. Ton père a l'air fin devant ces Pluvignec, à qui tu as confié le soin de contrôler ses abus de pouvoir! »

H. Bazin, Vipère au poing, 1948, p.216

 

C’était une façon de les plaindre toute comme le brave homme, un brave garçon, une brave fille, de braves gens :

 

« Il y avait un peu de tout parmi elles, des coquines et de braves filles. Le niveau de leur moralité montait, d'ailleurs. » 

Zola, Au Bonheur des dames, 1883, p. 686.

 

Mais, dans les deux cas, parfois employé, avec une nuance de supériorité condescendante de la part de celui qui parle, une marque le dédain, le mépris.

 

Pauvre type !

 

Cette « brave Oriane », comme il eût dit cette « bonne Oriane », ne signifiait pas que Saint-Loup considérât Mme de Guermantes comme particulièrement bonne. Dans ce cas, bonne, excellente, brave, sont de simples renforcements de « cette », désignant une personne qu'on connaît tous deux et dont on ne sait trop que dire avec quelqu'un qui n'est pas de votre intimité. Bonne sert de hors-d'œuvre et permet d'attendre un instant qu'on ait trouvé : « Est-ce que vous la voyez souvent? » ou « Il y a des mois que je ne l'ai vue »...

Proust, Le Côté de Guermantes 1,1920, p. 100.

 

Je dois avouer que dans mon stock d’ « amis » sur Face de Bouc, certaines et certains que je connais bien sont passés du stade 1 au stade 2, après les avoir plaint j’ai envie de les remettre à leur place tant ils sont indigents d’esprit.

 

Si je m’abstiens ce n’est pas par charité chrétienne, j’en suis totalement dépourvu, mais parce que je me suis fixé comme règle de ne pas participer aux pugilats haineux qui fleurissent chaque jour sur la page de certains. Moi qui suis en vacances éternelles, avec du temps, je me dis que leur vie doit être d’une telle pauvreté qu’ils sont plus à ignorer qu’à blâmer.

 

Au-delà d’un certain degré de patience, je tire la chasse d’eau…

 

Bon dimanche !

Partager cet article
Repost0
4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 06:00
La Sinistra romaine liche des vins nu, « je ne bois plus que du vin naturel. Ça suffit, les sulfites. C’est 1 horreur. Tu as idée de combien de saletés on peut mettre aujourd’hui, légalement, dans 1 bouteille de vin ? »

Dédié à Antonin et Me Morain ainsi qu’à leurs frères en militance naturiste…

 

Le vin nu est-il de gauche ou de droite ou est-il en même temps ?

 

Pour qui fréquente le milieu, à entendre ses gourous de tout poils, il ne fait aucun doute : ce nectar qui pue est le nouveau fleuron des classes populaires laborieuses piétinées par le néo-libéralisme, le dernier rempart élevé face au consumérisme et au productivisme, ce qui le situe à la gauche de la gauche, pour preuve le Mélenchon a viré sa cuti.

 

Mais pour qui fréquente, comme moi, les cavistes naturistes et les bouisbouis a tortore locavore et au liquide volatil, le doute s’insinue : la clientèle a le portefeuille bien garni et les gens chers au conducator des insoumis sont plutôt Nicolas ou GD.

 

Bref, face à cette double facette je me gondole, c’est un grand classique, on a la révolte qu’on peut, une révolution dans le confort, celui de la gôche bien-pensante, douillette, prompte à bramer dès qu’on lui met le nez dans ses contradictions. 

  

Les miennes je les assume, je fus du côté de Dray-Mélenchon de la gauche socialiste au temps du PS de Tonton, un social-traître rocardien, je le reste, les révolutionnaires du clavier sont les dignes successeurs des intellectuels en chaise longue de Georges Suffert qui se sont toujours plantés.

 

Mais revenons au sujet de cette chronique, je cite :

 

Elle se mit à tourner entre les groupes de gens debout, s’approcha des tables basses. Partout, ça parlait, parlait, parlait. Ça parlait avec une application et une passion qu’on aurait dit que se décidait l’avenir du monde.

 

  • Il faut se convertir aux circuits courts. Absolument.

 

  • Je suis d’accord avec toi. Moi, j’ai commencé, je ne bois plus que du vin naturel. Ça suffit, les sulfites. C’est une horreur. Tu as idée de combien de saletés on peut mettre aujourd’hui, légalement, dans une bouteille de vin ? Jusqu’à huit composants, non, mais, tu te rends compte ?

 

La scène se passe dans l’appartement au dernier étage du producteur Eugenio Brown.

 

Il y avait des communistes mâles en veste et cravate ou foulard. Mais il y en avait aussi en baskets Merell et lin déstructuré d’Etro. Il y avait des femmes communistes sobrement vêtues mais quand même toujours un maquillage savant, et il y avait des minottes aux cuisses découvertes qui laissaient entrevoir des bouts de sous-vêtements sexy et ne dédaignaient pas les talons vertigineux.

 

Autre scène entre Marco et Alice, le lieutenant-colonel des carabiniers et la militante libertaire :

 

À la Quaglia Canterina, la Caille chanteuse, maison de campagne rénovée à quelques pas de l’Arco di Travetino, on dînait sur des tables rustiques disposées sous une pergola de raisins noah. Le patron s’appelait Frederico, il avait le cheveu agité et parsemé de gris, et accueillit Alice en l’embrassant sur les eux joues.

 

  • Il était architecte, expliqua-t-elle, tandis qu’ils prenaient place dehors, puis il en a eu assez et s’est reconverti dans la cuisine de produits à circuit court.

 

[…]

 

Le menu, écrit à la main sur des feuilles volantes, annonçait une amatriciana déstructurée. Roulé de lapin froid avec macédoine de légumes du potager. Petit gâteau au chocolat avec cœur de grenade. Et, naturellement, vin naturel.

 

  • C’est-à-dire sans sulfites, précisa Alice.

 

  • Là, en fait, c’est écrit « contient des sulfites », observa-t-il après l’avoir versé.

 

  • Oui, bien sûr, mais il y en a moins que dans une bouteille quelconque. En tout cas, la cuisine de Federico, c’est toujours mieux que les plats surgelés précuits.
  •  

[…]

 

Federico servit la grappa artisanale, « produite, tint-il à spécifier, par une coopérative d’anciens toxicos. »

 

Ils n’avaient pas lésiné sur les degrés. L’alcoolémie de la soirée risquait de monter en flèche.

 

Voilà j’ai fait mon devoir et je me permets de faire une suggestion à Antonin : commander à Me Morain un polar tendance (je signale que le co-auteur des lignes citées est Giancarlo de Cataldo juge au tribunal de Rome dans Suburra.

 

Partager cet article
Repost0
3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 06:00

Résultat de recherche d'images pour "don patillo fernandel"

 

Elle était volubile, imposante, souriante, son mari français était prof au lycée des Sables d’Olonne. Ma sainte mère, de concert avec elle, décida que j’irai chez eux perfectionner ma langue.

 

Je pris le car Citroën et débarquai chez eux.

 

Vint le déjeuner, je me retrouvai face à un plat de spaghetti, ne riez pas avant ça je n’avais jamais entendu parler et vu de spaghetti. J’étais paniqué : comment dompter ces longs vermicelles avec ma fourchette ? Mission impossible, le temps de les porter à ma bouche ils se dévidaient dans mon assiette. Je pressentis que les couper eut été un crime aux yeux de mon hôtesse, alors, après avoir fait un tour de table, je fis comme eux, je plongeai quasiment mon nez dans l’assiette et j’aspirai.

 

Je ne sais si je perfectionnai ma langue mais ce dont je suis certain c’est que ma langue devint folle des spaghetti.

 

 

Sandro Veronesi « Chaos calme » chez Grasset (Prix Méditerranée et Nanni Moretti en a fait un film)

 

« Ah ah !  Ça y est ! crie-t-il à travers la porte. Trente seconde de plus et ils n’étaient plus du tout al dente.

 

Par la porte arrive le bruit des opérations qu’il accomplit, si net et précis qu’il me semble voir la scène : les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis qui tombent dans la passoire, la casserole posée dans l’évier, les spaghettis bien égouttés, transvasés dans la poêle avec la sauce et repassés sur le feu resté allumé. Et il y a maintenant un fumet de sauce tomate qui arrive de la cuisine, me chatouille les narines et sort par la fenêtre, si intense et si délicieux qu’il me semble le voir lui aussi – sous forme d’épais nuage comme dans un dessin animé. »

 

« Il attaque ses spaghettis bille en tête, à croire que son temps est compté. Il ne les enroule pas : il les fourre dans sa bouche comme si c’était du foin, et avec sa fourchette, il se contente de les accompagner au fur et à mesure qu’ils montent. Ça aussi c’est romain, une saine façon de manger populaire – incarnée par Alberto Sordi aux prises avec des macaronis – qu’ici à Milan on prend pour une absence de bonnes manières. »

 

« Ce n’est pas bon pour vous de ne manger que des sandwiches, vous savez ? Une belle assiette de pâtes al dente, avec de la tomate fraîche et un filet d’huile, est beaucoup plus indiqué pour la santé. »

 

Il remplit les deux verres de vin, à ras bord, comme à la campagne.

 

« Goûtez-moi ça. Ce n’est pas un grand cru, mais c’est un bon petit vin pas trafiqué. »

 

Il me tend un verre, prend le sien, le lève.

 

« Santé. »

 

Il boit une gorgée franche, décidée, et vide la moitié de son vin. J’en bois moins. C’est un de ces vins forts, âpres dont on ne comprend pas s’ils le sont par hasard ou de façon délibérée.

 

« Il vous plaît ?

 

-         Oui. Il est bon.

 

-         Frascati. C’est ma sœur qui me l’envoie, de Velletri. Qui me l’envoyait : dorénavant, j’irai le chercher moi-même. »

 

Hier jeudi 2 mai c’était la Journée internationale de la cuisine italienne, et Marine Le Breton posait la question :

 

Connaissez-vous quelqu’un qui n’aime pas les pâtes?

 

À la bolognaise, à la carbonara, au pesto, ou tout simplement au beurre, spaghettis, farfalle, macaroni, penne... Chacun a sa variété de pâtes et sa recette préférées.

 

Faites le point dans votre entourage: vous trouverez des proches qui sont réfractaires au fromage, au lait, à la viande rouge ou aux légumes, mais aux pâtes? C’est plus que rare. Mais pourquoi les aime-t-on autant? On fait le tour de la question à l’occasion de la Journée internationale de la cuisine italienne, le jeudi 2 mai.

 

Il existe de vraies raisons à notre amour inconditionnel des pâtes

 

C'est vrai ça, qui n'aime pas les pâtes?

 

ICI 

 

19 mai 2012

In cucina con amore « tout ce que vous voyez je le dois aux spaghettis » Sophia Loren en 1971

 

« Sophia Loren avait réussi l’exploit de concilier l’inconciliable dans l’Italie des années 60. Elle était à la fois un sex-symbol et une mère, une icône hollywoodienne inaccessible et une courageuse fille de Naples. Elle devint un objet d’adoration pour le public. In cucina con amore fut publié en 1971, pendant l’âge d’or de l’actrice, qui était alors une jeune maman au sommet de sa carrière. Sophia Loren est un cordon bleu, tout le monde s’accorde à le dire. Toutefois son livre n’est pas un hommage à ses compétences en cuisine. Il combine toutes les contradictions qui ont fait d’elle une actrice adulée des foules. Notamment une bonne dose de sex-appeal, surtout sur les photos. L’une d’elle nous la montre dans une robe légère et échancrée, caressant rêveusement la queue d’un faisan farci, élément charcutier qui ne peut être qualifié de rococo. »L’auteur de ces lignes est un journaliste américain John Dickie dans un livre publié en 2007.

 

ICI 

 

8 septembre 2015

 

« Les pâtes sont contemporaines de la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est la seule institution démocratique et républicaine de nature gastronomique »

 

« Ce sont les reines Médicis, dit-on communément, qui ont apporté en France, le melon, les haricots et le jambon de Parme, la pasta asciutta et aussi leurs amants, parmi lesquels Marc-Hannibal de Coconnas. L’illustre Nignon, célèbre cuisinier, nous dit que c’est au milieu du XVIIe siècle qu’apparaît la profession de vermicellier, premier métier du père Goriot. La révolution française accomplit le triomphe des pâtes, et Nignon d’ajouter avec emphase : « Les pâtes sont contemporaines de la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est la seule institution démocratique et républicaine de nature gastronomique » (Les Plaisirs de la table)

 

« Est-ce la raison du goût de Stendhal pour les pâtes ? »

 

« Napoléon avait un faible pour le maccheroni all’Italiana ; la timbale de macaronis est l’une des rares concessions de la table bourgeoise française du XIXe siècle à la cuisine italienne. La coutume associe l’amour de la pasta asciutta et celui de l’opéra, non point tant par dérision que pour les beaux souvenirs de soupers en plein air. Car la cuisine italienne est définitivement baroque, comme Norma ou Lucia di lammermoor. »

 

ICI 

 

Denis Montanar Frioul Udine 24 hectares dont 10 de vignes

Vins certifiés bio

Cépages :

Refosco dal peduncolo rosso

Cabernet franc

Merlot

Verduzzo Friulano

Tocai Friulano

Pinot Blanc

Chardonnay

Sauvignon

 

www.denismontanar.it

Partager cet article
Repost0
2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 06:00
K comme « Monsieur K » de la guerre froide de Nikita au mythe du blé des pharaons le Kamut

Qui souvient de Nikita ?

 

Pas le film de Luc Besson, mais le premier secrétaire du Comité Central du PC US, appellation de Pékin informations pour Union Soviétique, Nikita Khrouchtchev.

 

En mars 1958, il cumule les fonctions de premier secrétaire du Comité central du parti et de président du Conseil des ministres de l'Union soviétique. Surnommé «Monsieur K» ou «K» par la presse occidentale, il dirige ainsi pendant onze années l'Union soviétique.

 

Un fidèle stalinien, «déboulonneur» de Staline: le rapport Khrouchtchev

 

Le 24 février 1954, à la fin du XXe congrès du Parti communiste, après dix jours de débats, Nikita Khrouchtchev lit pendant quatre heures, aux seuls délégués soviétiques, un rapport secret. «Ce qui nous intéresse, c'est de savoir comment le culte de la personnalité de Staline n'a cessé de croître, comment ce culte devint, à un moment précis, la source de toute une série de perversions graves et sans cesse plus sérieuse des principes du Parti, de la démocratie du Parti; de la légalité révolution.» À la surprise générale, le premier secrétaire du Comité central du parti dénonce le culte de la personnalité du défunt dictateur et ses conséquences néfastes, preuves à l'appui: crimes ignobles, pratique de la terreur et de la répression, nombreuses exécutions des grands dirigeants (lors des grands procès de Moscou à la fin des années 30).

 

Son «rapport secret» est diffusé à l'étranger, via la CIA, et publié intégralement. Mais il circule aussi à l'intérieur du pays, sans être discuté. Ainsi Nikita Khrouchtchev, un intime de Staline devient l'homme de la déstalinisation.

Mais monsieur K c’est aussi :

 

  • L'homme de l'espoir et de la répression en Hongrie

 

  • L'homme qui a dit oui à la construction du mur de Berlin

 

  • L’homme de la reculade à Cuba

 

Mais c’est aussi : l’homme de la chaussure à l'ONU

 

«Monsieur K» était un personnage haut en couleur, qui menaçait, haranguait les foules, improvisait. Mais il était aussi connu pour ses sautes d'humeurs -alternant colère et hilarité- et ses réactions imprévisibles.

 

Son légendaire esclandre, lors de l'Assemblée générale des Nations-Unies le 12 octobre 1960 a marqué les esprits. Nous sommes en pleine guerre froide et c’est le début de décolonisation – les États-Unis et l'Union soviétique souhaitent étendre leur influence sur ces nouveaux pays. Nikita Khrouchtchev, pourtant pourfendeur de «l'impérialisme américain», est furieux lorsque le chef de la délégation des Philippines, condamne vivement à la tribune la tutelle de l'U.R.S.S. sur les pays de l'Est. Le correspondant de l'A.F.P rapporte que pour manifester son mécontentement, le leader soviétique retire l'une de ses chaussures pour frapper son pupitre «avec un maximum d'effet». Une réaction qui détonne dans ce lieu où l'ambiance est traditionnellement feutrée.

 

Alors que le représentant des Philippines Lorenzo Sumolong venait de critiquer la politique internationale de l’URSS, Nikita Khrouchtchev s’en est pris à ce dernier, le traitant de « crétin, larbin et de laquais de l'Impérialisme ». Comme aucun cliché n’a été pris de l’incident, plusieurs médias de l’époque ont publié une fausse photo, où la chaussure a été ajoutée par montage.

 

Fake news in 1960

 

 

Ajouter ou enlever une photo était monnaie courante en ces temps jouissifs comme diraient les adorateurs du c’était mieux avant.

 

Tout ça pour en arriver au kamut, très ancienne variété de blé, qui revient aujourd’hui de plus belle.

 

Qu’est-ce que le kamut ?

 

Pour la petite histoire, le Kamut, en fait le blé khorasan, était cultivé dit-on dans le Croissant fertile. C’est un vieux mot égyptien, qui signifie : « blé ».

 

Décrit par John Percival en 1921, ce grain ancien provient probablement du Croissant fertile et tire son nom commun de la province historique de Khorassan qui comprenait une grande partie du nord-est de l'Iran et s'étendait en Afghanistan ainsi qu'en Asie centrale, jusqu'au fleuve Oxus (Amou-Daria). Certains scientifiques turcs ont suggéré qu'il pourrait être originaire d'Anatolie.

 

Le blé khorasan aurait été réintroduit dans les temps modernes grâce à un aviateur américain, Earl Dedman, qui a envoyé en 1949 quelques grains de blé d'Égypte à son père dans le Montana (États-Unis), qui les a multipliés.

 

Selon une légende, ces grains proviendraient de la tombe d'un pharaon égyptien, d'où le surnom américain de King Tut's Wheat (blé du roi Toutankhamon)

 

 Selon une autre légende, Noé aurait emporté ce grain dans son Arche, ce qui lui a valu le surnom de « blé du prophète ».

 

Enfin, en Turquie, il est surnommé « dent de chameau » en raison de sa face dorsale bossue ou, plus probablement, parce qu'il ressemble à une dent de chameau.

 

Le blé khorasan était probablement cultivé à petite échelle et à titre privé au Proche-Orient, en Asie centrale et en Afrique du Nord. Cependant, il n'a pas fait l'objet d'une production commerciale jusqu'à récemment.

 

À l'arrivée du grain aux États-Unis en 1949, il ne suscita pas grand intérêt et tomba en désuétude. En 1977, Mack et Bob Quinn, deux agriculteurs du Montana, décidèrent de cultiver ce grain ancien. En 1990, la variété a été officiellement reconnue par le département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) sous le nom de 'QK-77'10, tandis que les frères Quinn l'enregistraient sous la marque «Kamut».

 

L’histoire raconte que le blé khorasan est celui des Pharaons, le mythe est lancé !

 

Le kamut est un cousin du blé dur et contient entre 20 à 40% des protéines de plus que le blé moderne. Par sa forte teneur en magnésium et en zinc, il est un excellent remède antifatigue. Il possède également d’importantes richesses en glucides, lipides et potassium, ce qui lui confère une valeur nutritionnelle élevée.

 

Mais surtout, le kamut est cultivé exclusivement en agriculture biologique, ne subissant ainsi aucune modification générique et aucun additif…

 

Mais pour autant, est-ce que le kamut est sans gluten ?

 

Eh bien non, car le kamut contient du gluten ! Certes, en faible quantité, mais il en contient quand même.

 

Pour les cœliaques, les vrais qui ne peuvent absorber du gluten, le kamut n’est pas une alternative au blé, il est donc nécessaire de le bannir de son alimentation.

 

En revanche, pour les sensibles, d’après une étude de l’IFFA (International Food Allergy Association) réalisé aux Etats Unis, 70% des personnes sensibles supportent mieux le kamut que le blé moderne… mais cela dépend de chacun !

 

Il faut donc essayer pour être fixé.

 

Je consomme du pain kamut et des pâtes kamut de temps en temps, non par religion mais parce que c’est bon.

 

Résultat de recherche d'images pour "le voyage de khrouchtchev aux usa video"

 

Pour l’Histoire rappelons que lors de son séjour de 13 jours aux USA du 15 au 28 septembre 1959, qui se passionnait pour l’agriculture visitera une station expérimentale agricole dans le Maryland, d'une ferme de l'Iowa, le grenier à blé des USA.

 

Pour donner à son voyage un aspect plus spectaculaire, il fait envoyer sur la lune une fusée soviétique qui atteint son but le 13 septembre. Khrouchtchev effectue une véritable tournée. Accueilli le 15 septembre à la base militaire d'Andrews par le président américain Eisenhower, il se rend à Washington, à New York, où il prononce, le 18 septembre, un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, puis à Los Angeles, San Francisco, Des Moines et Pittsburgh. Khrouchtchev mêle entretiens diplomatiques et visites: celles d'une station expérimentale agricole dans le Maryland, d'une usine IBM à San Francisco, d'une ferme de l'Iowa ou d'une usine à Pittsburgh. La population américaine lui réserve dans l'ensemble un bon accueil. Son séjour s'achève sur deux jours d'entretiens avec Eisenhower à Camp-David.

Partager cet article
Repost0
1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 06:00

https://pbs.twimg.com/media/D2kJjmyWkAAEA2_.jpg

 

Je ne sais plus dans quelle gazette une brave dame, le genre consommatrice qui a besoin d’être éclairée, s’offusquait qu’un melon charentais provenait d’Espagne. Faut dire qu’à cette saison, tout ce qui n’est pas de saison vient d’Espagne dans des gros camions qui puent (on les fait moins chier que nos braves vaches qui ruminent dans les prés)

 

Je ne sais plus dans quelle gazette une brave dame, le genre consommatrice qui a besoin d’être éclairée, s’offusquait qu’un melon charentais provenait d’Espagne. Faut dire qu’à cette saison, tout ce qui n’est pas de saison vient d’Espagne dans des gros camions qui puent (on les fait moins chier que nos braves vaches qui ruminent dans les prés)

 

Ben oui, gaulois, gauloises et autres affiliés à la France éternelle, le melon charentais est un type de melon.

 

Résultat de recherche d'images pour "nature morte avec melon"

Maurice de Vlaminck - nature morte au melon

 

Pas d’appellation protégée pour le melon charentais

 

En France, seules trois productions de melon bénéficient d’une IGP (indication géographique protégée).

 

Sont ainsi protégés les melons du Haut-Poitou (centre-ouest), les melons du Quercy (sud-ouest) et, depuis 2012 seulement, les melons de Guadeloupe. Une demande d’IGP est en cours pour le Melon de Cavaillon.

Résultat de recherche d'images pour "nature morte avec melon" Antoine Vollon (1833-1900) - Nature morte au melon

 

Le melon est un cucurbitacée : il appartient à la famille des courges. Cultivé depuis l’Antiquité égyptienne, il a d’abord été accommodé comme un légume.

 

Le melon peut présenter trois types de fleurs : des fleurs mâles, des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites. Les formes sauvages sont monoïques (fleurs mâles et fleurs femelles sur la même plante). Le melon se distingue en particulier des autres espèces du genre Cucumispar l’absence d’épines ou d’aiguillons sur le fruit On trouve actuellement des formes sauvages de melon dans une grande partie de l’Afrique et vers l’est jusqu’en Inde et en Australie. Le melon est très polymorphe : Linné lui-même a décrit trois espèces qui sont maintenant confondues  : C. melo, C. flexuosuset C. dudaim.

 

Le melon n’est arrivé en France qu’au XVème siècle sous Charles VIII qui l’a rapporté d’Italie. Celui qui est devenu le melon Cantaloup (qui tient son nom des jardins italiens de Cantalupi) a été popularisé en France pendant la Renaissance. Il a ensuite été implanté en Charente, d’où sa dénomination melon charentais. Cette dénomination désigne davantage un type de melons qui peuvent être verts ou jaunes.

 

Les charentais verts présentent une chair ferme qui ne jaunit jamais, même à pleine maturité. Elle est un peu moins savoureuse que celle du charentais jaune.

 

Production du melon charentais

 

En France, trois grandes régions produisent des melons charentais :

  • le bassin sud-est qui produit 124.386 tonnes ;
  • le bassin sud-ouest qui produit 49.727 tonnes ;
  • la région centre-ouest qui produit 86.773 tonnes.
  •  

La France est le 3ème pays producteur de melon en Europe, avec 290.000 tonnes. Elle se classe derrière l’Espagne qui produit 1 million de tonnes et l’Italie qui en produit 580.000.

 

La production mondiale de melons est de  28,3 millions de tonnes. Le melon se récolte dans tous les pays chauds de la planète.

 

Les principaux pays producteurs de melon sont la Chine (50 % de la production mondiale) suivie par la Turquie. La Turquie est le 2e producteur mondiale de melons avec près de 1,7 Mt mais n'exporte que peu.

 

Ensuite vient l’Iran avec 1,2 Mt. de melons par an. Ces trois pays producteurs de melon ne représentent qu'une petite partie des échanges mondiaux de melons.

 

Parmi toutes les variétés de melon, les plus couramment cultivées sont :

 

Le cantaloup charentais. Sa chair est de couleur vive, jaune orangé. L’écorce est lisse et vert pâle avec des sillons verts foncés. De nombreuses espèces appartiennent à cette variété avec parmi elles le turquin, le morin, le barbarin, le sucrin, le citrolin, le muscadin…

 

Le charentais brodé. Sa chair est elle aussi orangée et mais la peau est plus épaisse, toute en relief. Le charentais brodé est un peu plus ferme que le cantaloup, et un peu moins parfumé.

 

Le vert olive d’hiver est une variété ancienne. Le fruit est ovale, vert foncé, alors que la chair est blanche. Cette variété de melon est très juteuse et sucrée. Il peut se conserver très longtemps et facilement, jusqu’à l’hiver, d’où son nom.

 

Le galia, de taille moyenne à la chair vert pâle et la peau épaisse et torturée. Ce melon est une variété très récente, créée il y a une quarantaine d’années. Il est bien parfumé et très sucré.

 

La charentaise de Charente-Périgord a obtenu la protection d'une IGP, label délivré par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI).

 

C'est le 8e produit manufacturé à bénéficier d'une IGP.

 

Par FD avec AFP

 

Publié le 25/03/2019 à 16:01 Mis à jour le 25/03/2019 à 16:44

 

L'indication couvre la fabrication de ce chausson traditionnel, utilisant la technique originelle du "cousu-retourné", dans une aire géographique limitée à la zone Charente-Périgord.

 

L'homologation sera effective à compter du 29 mars, date de la publication de la décision au Bulletin officiel de la propriété industrielle, a précisé l'INPI dans un communiqué.

 

 L'indication géographique concerne 5 entreprises pour 210 emplois

 

L'Association pour la promotion de la charentaise (APC) se voit déléguer la défense et la gestion de l'indication.

 

Environ 500.000 paires de ces charentaises traditionnelles sont fabriquées par an par ces entreprises pour un chiffre d'affaires de 5,2 millions d'euros en 2018.

 

L'indication géographique protégée est un "signe utilisé sur un produit dont les qualités, la notoriété ou d'autres caractéristiques, notamment en termes de savoir-faire traditionnel et de techniques de production, sont liées à une zone géographique d'origine", selon l'INPI.

 

Elle se matérialise par l'apposition d'un logo sur le produit, accompagné du nom de l'indication et de son numéro d'homologation.

 

Avant la charentaise de Charente-Périgord, sept produits manufacturés ont obtenu l'indication géographique :

 

  • le siège de Liffol (2016),
  • le granit de Bretagne (2017),
  • la porcelaine de Limoges (2017),
  • la pierre de Bourgogne (2018),
  • le grenat de Perpignan (2018),
  • le tapis d'Aubusson et la tapisserie d'Aubusson (2018).
Partager cet article
Repost0
30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 06:00
Requiem pour la défunte PAC par Philippe Chalmin le libéral «stalinien» &amp; André Chassaigne le coco «pas protectionniste»…

Après mai 68, pour payer mes études, je fais le prof d’économie à l’école d’agriculture des Établières à la Roche-sur-Yon, cet établissement privé a pris la succession de l’école d’agriculture  de la Mothe-Achard où j’ai fait mes études secondaires.

 

La fin des années soixante, au cours desquelles se sont progressivement mises en place les organisations communes des marchés (OCM), dont l’ensemble forme la fameuse PAC. C’est le temps des marathons des prix qui passionnent les journalistes, François-Henri de Virieu tient la plume dans le Monde.

 

La Commission européenne s’inquiète du gonflement incontrôlé d'excédents de produits céréaliers et laitiers qui entraîne des dépenses d'intervention (prix garantis) et de soutien des marchés qui grèvent toujours davantage le budget communautaire dont la PAC prend la plus grande part.

 

Dans le même temps, le nombre total d'agriculteurs actifs est passé, entre 1950 et 1958, de 18 millions à 14,5 millions.

 

Le commissaire à l’agriculture, le batave Sicco Mansholt, transmet le 21 décembre 1968 au Conseil des ministres un mémorandum sur la réforme de l'agriculture au sein de la Communauté européenne. Ce plan à long terme, également appelé « Programme Agriculture 1980 », préparé discrètement, jette les bases d'une nouvelle politique socio-structurelle de l'agriculture européenne. Pour les médias c’est le plan Mansholt.

 

« Il constate les limites de la politique des prix et des marchés. Il prédit en effet le déséquilibre de certains marchés si la Communauté ne soustrait pas au moins 5 millions d'hectares de terres arables à la production agricole. L'ancien ministre néerlandais de l'agriculture constate par ailleurs que le niveau de vie des agriculteurs ne s'est pas amélioré depuis la mise en œuvre de la PAC malgré la hausse de production et l'augmentation permanente des dépenses communautaires. Il préconise donc de réformer et de moderniser les méthodes de production et d'augmenter la taille des petites exploitations condamnées, selon les experts communautaires, à disparaître à plus ou moins brève échéance.

 

L'objectif du plan est d'encourager près de cinq millions d'agriculteurs à quitter leur ferme, de favoriser une redistribution de terres ainsi rendues disponibles afin de permettre l'accroissement des parcelles familiales restantes. Sont considérées comme viables les exploitations qui assurent à leurs exploitants un revenu annuel moyen comparable à celui de l'ensemble des travailleurs de leur région. Au-delà des mesures en faveur de la formation professionnelle, Mansholt prévoit aussi des programmes sociaux pour la reconversion professionnelle et en cas de retraite anticipée. Il invite enfin les États membres à limiter les aides directes aux exploitations peu rentables. »

 

Cette annonce suscite le désarroi et le mécontentement des agriculteurs européens, une manifestation spectaculaire qui réunit près de 100.000 agriculteurs dans les rues de Bruxelles le 23 mars 1971 en est l'expression la plus visible. Le bilan, en effet, est lourd : importants dégâts matériels, 140 blessés, un mort.

 

Sicco Mansholt est rapidement contraint de revoir à la baisse certaines de ses propositions. Le Plan Mansholt se réduit finalement à trois directives européennes qui, en 1972, concernent la modernisation des exploitations agricoles, la cessation d'activité agricole et la formation des agriculteurs.

 

Ce Plan Mansholt est suivi, en 1970, à la demande de Jacques Duhamel Ministre de l’agriculture, du Rapport Vedel qui envisage pour la France, une restructuration plus radicale encore de l’agriculture.

 

Je ne vais pas vous conter la partie de bras de fer entre la Commission européenne et les organisations agricoles ; en France la cogestion donne la main à la FNSEA. Le refus d’une voie alternative de réforme.

 

Il faudra attendre le Conseil des ministres de la Communauté, présidé par Michel Rocard, pour appliquer des quotas laitiers en mars 1984.

 

« La FNSEA réagit très négativement à cette décision. Les titres des articles de son mensuel, L’Information Agricole, au cours de l’année 1984, donnent le ton : « Les apprentis sorciers » (avril), « De mal en pis » (mai), « Le carcan » (juin), « La proie pour l’ombre » (juillet-août), « Un sentiment d’oubli » (septembre), « L’avenir en gris » (octobre), « Drame en cinq actes » (décembre). Cela se poursuit les années suivantes, bien qu’à un rythme moins soutenu : « Non au malthusianisme » en février 1985, ou encore « D’abandon en abandon » en janvier 1986… Le président de la FNSEA, François Guillaume refuse que les producteurs participent aux côtés des entreprises à la gestion des quotas dans le cadre de l’interprofession laitière : « On ne collabore pas avec un gouvernement socialiste » soutient-il.

 

En septembre 1986, à Punta del Este (Uruguay), Europe, États-Unis, les français Michel Noir Ministre du commerce extérieur et François Guillaume Ministre de l’Agriculture et, au total, 92 pays conviennent de lancer un nouveau cycle de négociation dans le cadre du GATT. Ce sera l’Uruguay Round.

 

Pour la première fois depuis l’origine de cet organisme, en 1945, l’agriculture y est incluse dans son ensemble, avec tous les dispositifs de subventions directes et indirectes. Cette introduction fait à nouveau l’objet d’inquiétudes dans le mensuel de la FNSEA : « Un succès ambigu » est-il titré en novembre 1986 : « C’est la première fois que (…) la spécificité de l’agriculture n’est pas préservée. Jusqu’à présent, en effet, le secteur agricole avait bénéficié, au cours des précédentes négociations internationales, d’un statut particulier. Une analyse séparée et particulière des problèmes posés semblait être la règle. La pression de ceux qui veulent soumettre l’agriculture aux règles de « droit commun » en sera sans doute renforcée ». En revanche, pour le nouveau ministre de l’Agriculture, François Guillaume, la déclaration d’ouverture du cycle est un texte « correct » et elle « implique les Américains dans les négociations, ce qui est essentiel » (L’Information Agricole, novembre 1986). « Les prochaines négociations du GATT (…) devraient consacrer le caractère intangible de la PAC » considérait-il (cité dans Neeser, 1998).

 

En fait c’était le début de la fin de la PAC.

 

J’ai vécu en direct de 1988 à 1993

 

Les premières propositions de réforme de la PAC sont annoncées par le commissaire européen à l’Agriculture Mac Sharry, en janvier 1991. Elles consistent principalement en une baisse des prix institutionnels pour les grandes cultures (céréales et oléo-protéagineux) et la viande bovine, et en un gel des terres en grandes cultures. Cette baisse des prix et ce gel sont compensés par des aides directes à l’hectare ou à la tête de bétail : première application du principe de « découplage ». De plus, ces aides directes sont plafonnées par exploitation mais à un niveau relativement bas.

 

Pour la FNSEA, qui hésite encore à s’engager pleinement en faveur d’une maîtrise des productions, il s’agit d’« élucubrations ». Elle en appelle au respect du traité de Rome et se déclare attachée à ce que le revenu des agriculteurs soit assis sur les prix. La Confédération paysanne apprécie positivement le principe du plafonnement des aides directes : elle espère faire valoir son projet de « quantum financier ». Le CNJA se déclare dans un second temps « ouvert » à ces propositions, rassuré que la fonction marchande des agriculteurs reste prioritaire sur la fonction non marchande de « jardiniers de la nature ». En revanche, l’APCA n’entend pas « se laisser enfermer dans le ghetto des aides directes » et défend toujours l’idée d’un double marché et double prix. Quant au MODEF, il adopte une position proche de celle de la FNSEA en se déclarant attaché à des prix rémunérateurs pour les agriculteurs et au respect de la préférence communautaire. Enfin, c’est à l’occasion de cette réforme qu’apparaît un nouveau mouvement syndical : la Coordination rurale. D’emblée, elle fait parler d’elle en tentant deux blocus routiers de Paris en 1991 et 1993.

 

En mars 1999, cette réforme de la PAC se poursuit (avec les Accords de Berlin qui clôturent la négociation dite « Agenda 2000 ») dans le sens d’un nouvel abaissement des prix institutionnels pour les rapprocher des prix mondiaux, compensé partiellement par un accroissement des aides directes. Enfin, les négociations commerciales internationales au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) conduisent à une nouvelle phase de réforme de la PAC, dite « à mi-parcours », close par le Compromis de Luxembourg du 26 juin 2003. Le secteur laitier doit s’aligner sur les autres marchés avec la fin programmée des quotas. Et, à l’instar de la réforme de la politique agricole américaine de 1996, les aides directes doivent être davantage découplées (sous la forme d’une enveloppe globale par exploitation), avec la possibilité de les moduler en faveur du Second pilier de la PAC, c’est-à-dire en faveur d’une utilisation plus « écologiste » et « environnementaliste ».

 

Unanime, l’ensemble du syndicalisme agricole rejette cette poursuite du démantèlement des mécanismes de régulation des marchés et le découplage total des aides directes qui écorne encore un peu plus la signification sociale du travail des agriculteurs.

 

Lire :

Le syndicalisme agricole face à la réforme de la PAC ICI 

 

Nous étions quelques-uns, peu nombreux, à défendre le maintien d’une politique de régulation des marchés en réformant les outils, mais le vent libéral soufflait, y compris en France, alors aujourd’hui il ne reste plus qu’à égrener des regrets.

 

Nous payons le prix de notre immobilisme, et j’ai du mal à prendre au sérieux les larmes de crocodiles de ceux qui ont tout passé par-dessus bords, dont le plus bel exemple est cet emplâtre de Christian Jacob, ex-président du CNJA, député et ministre d’une majorité qui a accompli cette œuvre.

 

La vieille PAC était perclus de défauts, elle a été un accélérateur du productivisme, mais dans le grand chambardement de la mondialisation, elle pouvait, une fois réformée, servir d’amortisseur et de régulateur.

 

Notre goût immodéré de l’immobilisme en a décidé autrement, toutes les lois nationales n’en peuvent mais et :

 

Voilà des années que les agriculteurs français se plaignent de ne pas parvenir à vivre décemment de leur travail. La faiblesse de leur revenu fait régulièrement la une des médias, avec ce chiffre qui a beaucoup circulé : 1/3 d’entre eux toucherait moins de 350 € par mois. Parmi les causes pointées du doigt, des prix agricoles trop bas sous la pression des transformateurs et de la grande distribution.

 

Dans ce contexte, issue des États Généraux de l’Alimentation (EGA), la loi Egalim, récemment adoptée par l’Assemblée nationale et en cours d’examen au Sénat, vise à instaurer des prix dits « rémunérateurs » pour les agriculteurs. Au-delà des critiques émises sur ce texte, pourquoi et comment soutenir le revenu des agriculteurs français, pour quelles filières et quels types d’exploitation ? Des questions qui font l’objet d’un entretien croisé avec d’un côté Philippe Chalmin, professeur d’économie et président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, de l’autre côté André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, président du groupe parlementaire de la Gauche démocrate et républicaine, auteur de plusieurs textes et rapports parlementaires sur le sujet.

 

  • On dit souvent en France et en Europe que notre niveau de soutien aux agriculteurs est élevé (18 % dans l’UE) mais comparons avec d’autres régions du monde : certaines ont des systèmes d’intervention bien plus importants, à l’instar du Canada.

 

P. Chalmin : Vous avez totalement raison ! On est tellement habitués à dire que l’Europe soutient son agriculture qu’on ne se rend plus compte qu’elle a été prise par les démons libéraux. J’ai toujours été partisan d’une exception agricole ; je pensais qu’on allait pouvoir sauver les quotas laitiers. J’aurais même été un peu stalinien car j’aurais attaché les quotas à la terre, une sorte de recouplage pour l’aménagement du territoire. Sauf que je me suis rendu compte que personne n’en voulait, même en Bretagne, pour pouvoir augmenter la production !

 

Le système canadien est remarquable parce qu’il est d’une extraordinaire rigidité ; les pénalités quand vous produisez un litre de lait de plus sont léonines. C’est un système fermé qui plus est, dans lequel toute forme d’exportation est interdite. Même chose en Suisse ou au Japon. L’Inde a un dispositif admirable, qui lui coûte cependant très cher : d’un côté des prix garantis et rémunérateurs pour les producteurs, de l’autre des subventions pour 400 à 500 millions de consommateurs pauvres. Quant aux États-Unis, si les garanties de prix sont peu nombreuses, il y a des aides directes. Car il y a une surreprésentation du monde agricole et rural au Sénat. En France, y a-t-il encore une commission Agriculture à l’Assemblée nationale ? Non.

 

A. Chassaigne : Nous sommes peu nombreux à l’Assemblée nationale à nous intéresser à l’agriculture et, avec la réforme constitutionnelle en cours, nous n’aurons plus de députés pour défendre le monde rural à quelques exceptions près. La plupart des élus sont déjà hors sol.

 

Je reviens sur les règles de concurrence européennes : elles doivent évoluer. Il y a eu une avancée minime qui permet aux organisations de producteurs d’avoir une forme de prix d’entente, grâce à la jurisprudence du « cartel des endives ». Politiquement, il faut défendre l’exception agricole. À l’approche des élections européennes, on ne peut pas se contenter de dire que l’Europe est libérale. La France a trop tendance à se couler dans le moule de ce qu’elle croit être la règle communautaire. Elle pourrait davantage la bousculer. On l’a vu lorsque, il y a trois ou quatre ans, nous avons été quelques députés à proposer d’étiqueter l’origine de la viande dans les aliments transformés. Stéphane Le Foll nous avait dit : l’Europe ne peut pas. En définitive, cela a été possible, certes pour une période expérimentale. C’est pareil en matière de prix, il faut mettre les mains dans le cambouis.

 

Lire la suite ICI 

Partager cet article
Repost0
29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 06:50
Extension du domaine de la frite belge en Picardie « Moi je suis tombé sur un bon Belge, ce sont des sous sûrs » signé un paysan picard

C’est bien connu entre belges et français on se fritte depuis toujours sur l’origine de la frite mais le 15 mai 2012, je rembarrais tout le monde en titrant :

 

Le succès de la pomme frite doit beaucoup plus à l’huile d’arachide qu’aux belges et aux français

 

En effet, Madeleine Ferrières dans Nourritures Canailles éditions du Seuil Points 10,10€ réglait la question de l’avènement de la frite :

 

« La frite se situe au point de rencontre d’une continuité et d’une rupture. Évolution longue, celle qui par le lent travail de sélection met sur le marché des variétés à peau jaune et à chair si ferme qu’on peut les tailler en bâtonnets. Effet de conjoncture avec l’arrivée en masse sur les marchés de pommes de terre moins chères après la reprise des cultures en 1861. Rupture dans le domaine culinaire avec le traitement à grande friture, un mode de cuisson jusque-là à  peu près ignoré de la cuisine populaire. »

 

L’innovation c’est la friture.

 

« L’avènement de la pomme de terre frite intervient dans des conditions semblables à celles qui ont diffusé la pomme de terre bouillie. À un siècle de distance, on retrouve une cuisine urbaine des rues. Vers 1830, on signale à Paris les premiers marchands ambulants de frites. La cuisine nomade s’installe sur les quais de Seine. Le cornet de pommes frites s’y débite facilement, nourriture ludique, en cas de luxe, car il coûte cher. La pomme de terre de 1830 n’est pas encore un légume bon marché. La maladie qui l’attaque à partir de 1846-47, faisant pourrir les récoltes, a eu des effets sur son prix jusqu’en 1861. Signalons au passage que le cornet de frites offre un débouché pour les livres qui se vendent mal. Jusque-là ils finissaient comme emballage alimentaire chez la beurrière, l’épicier où le poissonnier. »

La suite ICI

 

La nouveauté dans notre pugilat pacifique c’est qu’une enquête nous révèle que « De plus en plus d'agriculteurs français sous-louent en toute illégalité une partie de leurs terres à des producteurs belges qui sont prêt à payer 10 fois le prix du loyer pour avoir ces quelques hectares en plus. »

 

On connaissait le phénomène de la sous-location d'appartements dans les grandes villes, voilà qu'il atteint désormais...les terres agricoles françaises. De plus en plus d'agriculteurs du plat-pays sous-louent les terres de notre côté de la frontière pour faire face à l’augmentation constante de la demande de frites belges et autres produits issus de ce tubercule.

 

Dans les Hauts-de-France, c'est même est un secret de Polichinelle. En pleine période de plantation de la pomme de terre, il suffit de se rendre dans les champs pour voir que beaucoup de tracteurs sont immatriculés en Belgique. Mais de là à parler du phénomène devant un micro, il y a une marge. Michel [le prénom a été changé, ndlr] accepte de témoigner pour Europe 1. A 60 ans, cet agriculteur loue ses terres à un propriétaire, c'est un fermage, et sous-loue depuis 10 ans entre 4 et 8 hectares à un confrère belge. « Moi je suis tombé sur un bon Belge, ce sont des sous sûrs », explique-t-il. Quant à savoir combien il touche pour ça : « c'est un sujet tabou », dit-il.

 

Si la pratique est complètement illégale, tout comme pour les appartements, Michel n'est pas inquiet : "Du moment que mon propriétaire reçoit son fermage [son loyer, ndlr], tout le monde est content". Du côté belge, en plus de ne pas se cacher, on sent même poindre une touche de cynisme : "C'est illégal pour les producteurs français qui louent leurs terres aux Belges", rappelle ainsi Romain Cools, secrétaire général de Belgapom, l'association des professionnels de la filière pomme de terre en Belgique.

 

Et il a raison : le plus grand risque est pris par l'agriculteur qui sous-loue ses terres. S'il est repéré, on peut lui résilier son bail. Concrètement, il n'a plus le droit d'exploiter. Mais le phénomène est difficile à déceler. Même si les Belges ciblent souvent le même profil : des agriculteurs en fin de carrière, un peu fatigués, qui veulent compléter leurs revenus, ils se contentent de petites parcelles. Une brigade d'enquête en charge de contrôles phytosanitaires estime toutefois qu'une dizaine de milliers d'hectares serait tout de même sous-loués dans la région.

 

Une "invasion", une "stratégie de conquête" des Belges

La suite ICI 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents