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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 07:00
La promotion Léopold Sédar Senghor de l'ENA en 2004, avec dans ses rangs Emmanuel Macron

La promotion Léopold Sédar Senghor de l'ENA en 2004, avec dans ses rangs Emmanuel Macron

Le premier énarque que j’ai croisé dans ma vie se nommait Bernard Auberger, même qu’il était Inspecteur des Finances, le premier nommé au Ministère de l’Agriculture par la grâce du déplumé de Chamalières dit Giscard d’Estaing. Le Ministre étant l’ancien conserveur de sardines Christian Bonnet, celui de la bibine du Languedoc.

 

Il me reçut dans son bureau du second étage de la rue Barbet de Jouy, siège de la direction la plus puissante du Ministère : la Direction de la production et des Échanges, celle qui pilotait toutes les semaines les négociations à Bruxelles. Je puis vous assurer qu’en ce temps-là ça se bousculait au portillon pour monter dans le TEE Paris-Bruxelles à la gare du Nord.

 

Sitôt débarqué de mon service national civil en Algérie, à Constantine, je postulais à un emploi de chargé de mission contractuel, nouvellement créé pour l’arrivée d’Auberger. J’étais dans mes petits souliers. Le nouveau directeur, tenait un cigare éteint dans sa main droite, amputée de la première phalange du pouce. Ça m’impressionna. On me dit par la suite que l’homme Ingénieur des Mines, un grand corps de l’État, même si les Mines étaient en voie de disparition, avait perdu ce bout de doigt lors de son stage aux Charbonnages.

 

L’homme était jovial, humour grinçant, je ne sais pourquoi il m’embaucha, peut-être par la grâce de mes chemises. En effet, par la suite il me questionna sur l’adresse de mon fournisseur. Je m’installai au même étage que lui dans un bureau placard donnant sur la cour. J’étais rattaché au bureau de je ne sais plus trop quoi, le chef de celui-ci, un certain Defaix, rentrait tous les soirs à Troyes. Il était le patron des Ingénieurs d’Agronomie, le corps du dessous des IGREF, et il passait le plus clair de son temps à défendre les intérêts de son corps.

 

Les chefs de bureau étaient tous des ronds de cuir issus de l’administration, tout particulièrement celle des colonies, aux céréales : gants beurre frais, très chic et hautain ; au secteur laitier un pépère dont j’ai oublié le nom qui ressemblait à un sacristain ; à la viande une grande gueule ; à l’aviculture le clou de l’étage, un certain Gagneux, entraîneur tennis des filles du TCP, qui passait son temps à calculer comment se faire du beurre avec ses indemnités de déplacement à Bruxelles.

 

Bref, le Bernard Auberger décida de donner un grand coup de balai pour, dit-il, apporter du sang neuf. Ainsi, arrivèrent les premiers énarques, jeunes, gris sur gris, sérieux comme des Papes, efficaces. Tous, sauf un, rigolard, sorti de l’agro, mère chercheuse à l’INRA, père dirigeant le leader français de l’œillet Barberet&Blanc, Jean-Louis Blanc. Un type brillant, sympa, nous sympathisâmes immédiatement.

 

C’est lui qui, un beau jour me proposa d’aller remplacer un énarque, secrétaire-général, Jacques Graindorge, au nouvel office du vin de table, dirigé par un énarque Pierre Murret-Labarthe, ex-conseiller du Premier Ministre Messmer, un bordelais détestant les bordelais et l’INAO dont le président était alors un bordelais. Mon directeur fit la gueule, je lui signalai que mes émoluments royaux justifiaient mon transfert.

 

Je dois beaucoup à Bernard Auberger, il m’envoya tâter le terrain de l’aviculture bretonne en pleine expansion : les poulets miséreux de Doux-Tilly-Bernard, il m’a fait goûter les délices du pouvoir en m’expédiant avec mon complice Claude Sauser, lors de la grande sécheresse de 1976, où au cabinet du Ministre nous ramenions notre fraise face à la palanquée des hauts fonctionnaires totalement à la ramasse sur l’indemnisation des sinistrés. Avec notre petit ordinateur Wang nous mettions sur la table des données que ces crânes d’œufs étaient incapables d’interpréter. Ce fut un dossier qui déboucha sur le fameux impôt sécheresse qui engraissa les céréaliers des grandes plaines.

 

Nous restèrent en très bons termes, c’était un passionné d’opéra, il fut le privatiseur de la CNCA, remplaçant Huchon, puis sitôt viré pour qu’Yves Barsalou le petit vigneron de Bizanet place son âme damnée Lucien Douroux, mais Huchon devenu directeur de cabinet du Premier Ministre Rocard, s’y opposa, l’État gardant ce pouvoir tant que le Crédit Agricole distribuait des prêts bonifiés aux agriculteurs. Ce fut donc un énarque, inspecteur des Finances, qui débarqua Philippe Jaffré, un dur, qui terminera sa carrière comme patron d’Elf avant que cette société contrôlée par l’État se fasse bouffer par Total.

 

Rassurez-vous, je ne vais vous dévider comme des saucisses tous les énarques que j’ai croisés dans ma longue vie professionnelle. Et pourtant, j’ai tout pratiqué, les inspecteurs des finances, les membres du Conseil d’État et de la Cour des Comptes, des préfets, sous-préfets, les anciens des Mines et des Ponts, de Polytechnique, les IGREF, mais je n’ai jamais vu le bout du nez de Nathalie Kosuskio-Morizet pourtant inscrit sur nos tableaux d’avancement.

 

Contrairement aux idées reçues ils n’étaient pas tous bâtis sur le même modèle, loin de là, ce qui a vérolé l’ENA, créé par Michel Debré, pour démocratiser le recrutement des hauts-fonctionnaires (lire  La suppression de l'ENA est une mesure "populiste" pour Jean-Louis Debré  ICI  ), c’est :

  • L’accession aux mandats politiques des énarques via les cabinets ministériels ;

 

  • L’arrivée de plus en plus massive de jeunes énarques, sans expérience de terrain, dans les cabinets ministériels, afin  d’accélérer leur carrière.

 

Macron confirme la disparition de l’ENA et des grands corps

 

Au détour d’une question, jeudi, le président a maintenu qu’il voulait « repenser la formation » et modifier le recrutement des énarques.

 

Par Benoît Floc'h

 

« Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps. » On attendait Emmanuel Macron sur la suppression de l’ENA, mais, jeudi, il a aussi évoqué une autre disparition : celle des grands corps. « Pour faire la réforme que j’évoquais, il faut supprimer entre autres l’ENA (…) pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux », a-t-il ainsi confirmé en réponse à une question.

 

La « réforme » en question, c’est celle de la haute fonction publique. Une administration dont le président de la République a assuré qu’elle ne pouvait « être tenue à l’écart d’une modernisation indispensable ». Il veut changer son recrutement, parce qu’« elle ne ressemble pas à la société que nous sommes » : trop d’enfants issus de la bourgeoisie, pas assez des familles les plus modestes. Il veut « repenser la formation », souvent considérée comme « un moule à pensée unique », a-t-il reconnu, alors qu’il avait rejeté cette critique en octobre 2018. Enfin, il veut s’attaquer à la carrière des hauts cadres, notamment, donc, en « mettant fin aux grands corps ».

 

« Trop de monde à Paris »

 

Les grands corps, c’est un millier de très hauts fonctionnaires répartis au sein de l’Inspection générale des finances, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, les Mines et les Ponts. Pour ces deux derniers corps, il s’agit essentiellement d’élèves issus de Polytechnique. On accède aux trois premiers en figurant dans les meilleures places du classement de sortie de l’ENA.

 

Ce que le président de la République a toujours dénoncé. « Aujourd’hui, quand on a réussi les bons concours, on est garanti d’un succès ou d’une protection à vie, a-t-il relevé jeudi. Est-ce totalement juste ? Est-ce totalement bénéfique ? Non. » Même s’il a lui-même emprunté ce chemin en passant par l’Inspection des finances, il y voit aujourd’hui une rente indue.

 

« Son idée, ce n’est pas de supprimer la Cour des comptes ou le Conseil d’Etat, décrypte l’un de ses proches. Mais de faire en sorte que l’on n’accède plus à ces grands corps directement en sortant de l’ENA. Les jeunes énarques doivent débuter leur carrière par le terrain, les responsabilités opérationnelles. »

 

Pour le détail, cependant, il faudra encore attendre. Le président de la République a annoncé avoir demandé à Frédéric Thiriez, énarque, avocat auprès du Conseil d’Etat et de la Cour des comptes et ancien président de la Ligue de football professionnel, de faire des propositions. La réforme de la haute fonction publique s’inscrit dans un tout : jeudi soir, M. Macron a assuré qu’il entendait répondre au besoin de proximité exprimé par les Français. « L’Etat doit repenser son action sur le terrain », a-t-il dit. « Nous avons trop de monde à Paris qui prend des décisions ou décide des règles sans jamais voir les problèmes ou les gens », a-t-il déploré en annonçant : « Je veux que l’on remette plus de fonctionnaires sur le terrain qui apportent des solutions et qu’on supprime plus de postes en administration centrale. »

 

28 janvier 2018

Par 2 fois j’ai failli devenir énarque : qu’est-ce qui m’a sauvé de l’enfer des « hauts fonctionnaires? » ICI 

 

 

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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 06:00
Pascal Brice, ancien directeur général de l’Ofpra. | Thomas Brégardis

Pascal Brice, ancien directeur général de l’Ofpra. | Thomas Brégardis

C’était chez Louis le Pensec Ministre de l’agriculture 1998-1999.

 

Nous parlions foot, le FC Nantes, mais pas que, c’est un homme de gauche passionné d’Histoire.

 

Nous nous sommes perdu de vue mais j’ai suivi son parcours surtout depuis sa nomination à l’OFPRA où comme directeur il a passé 6 ans avant que son mandat de patron de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, l’agence qui instruit les demandes d’asile, arrivé à échéance le 28 décembre, Pascal Brice ne soit pas été reconduit.

 

Il vient de publier un livre en librairie depuis le mercredi 13 février, Sur le fil de l’asile. Fayard, 200 p., 19 €.

 

Sur le fil de l'asile

 

Sa biographie

 

Né le 24 septembre 1966 à Nantes, Pascal Brice est diplômé de l’IEP de Paris, titulaire d’un DEA en économie appliquée et ancien élève de l’ENA (promotion «Léon Gambetta», 1993). Jeune militant passionné d’Histoire, il se rend au Chiapas ( Mexique ) où il rencontre le sous-commandant Marcos, en Syrie, à Derry, bien avant les accords de paix entre les deux Irlande, au Nicaragua sandiniste… L’actuel directeur de l’OFPRA fait par ailleurs son premier stage à l’ENA au Chili. Le pays d’Allende correspond pleinement à l’identité de cet homme de gauche, engagé et attaché à la diversité dans sa famille politique.

 

Par la suite, il débute sa carrière diplomatique comme premier secrétaire auprès de l’ambassade de France au Maroc (1993-1996) avant de rejoindre le ministère des Affaires Etrangères, à la direction de la Coopération Européenne (1996-1998). Il devient ensuite conseiller technique de Louis Le Pensec et de Jean Glavany (1998-1999), Ministre de l’Agriculture, puis d’Hubert Védrine, Ministre des Affaires Etrangères (1999-2002). Il qualifie ce dernier  « d’homme à la capacité d’analyse hors-pair ». Après un bref retour quai d’Orsay, Pascal Brice est, enfin, nommé consul général de France à Barcelone de 2006 à 2010 avant de rejoindre la Cour des Comptes. Dans la ville du Barça, cet incontestable fan de foot se lie d’amitié avec l’ex-Bleu Lilian Thuram. Ce dernier assure que Pascal Brice « a le souci de prendre soin des personnes ».

 

De « Monsieur Pascal » à « Monsieur migrants »

 

Son retour sur la scène politique sera marqué par la campagne présidentielle de 2012, où il coordonnera notamment le pôle « International » de l’équipe de campagne de François Hollande. Il devient alors conseiller diplomatique au cabinet du ministre de l’Economie et des Finances (Pierre Moscovici) et au cabinet du ministre du Commerce Extérieur (Nicole Bricq) en 2012.

 

Le 19 décembre 2012, il est nommé Directeur général de l‘Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (Ofpra). Ce moment coïncide avec le début des vagues de migrations qui suivent les Révolutions Arabes de 2011. « Monsieur Pascal », comme l’appellent les migrants qui ont eu affaire à lui, aime le terrain au moins autant que les ors de la République. Ce chevalier de la Légion d’Honneur, renommé « Monsieur migrants », par Le Monde a désormais comme objectif de réduire de moitié le délai de traitement des demandes d’asile en France.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 06:00
Mon nouveau petit livre rouge : le code du cycliste de Ludovic Duprey 1er vice-président adjoint au TGI de Lille

« La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre. »

Attribué à Albert Einstein

 

40 ans de vélo dans Paris ça devrait me donner droit à une médaille d’économiseur de carbone.

 

Loin des blablablas des pourfendeurs des « cyclistes qui font n’importe quoi », bien sûr qu’il y en a surtout depuis la mise en service d’abord avec Vélib puis les bécanes en libre-service, je persiste et je signe : faire du vélo en ville c’est bon pour le climat, c’est bon pour la santé et c’est un excellent marqueur du vivre ensemble.

 

Et là, c’est la catata… Tout le monde s’en fout : les piétons qui traversent sans regarder l’oreille scotchée à leurs téléphones, les portières qui s’ouvrent brutalement, les gros cons sur scoot qui vous doublent à droite à fond la caisse, les livreurs déchaînés qui vous traitent de PD, les 4x4 pleins de belles dames permanentées qui vous klaxonnent, les Uber garés n’importe où, les taxis qui vous frôlent, les cyclistes qui passent au rouge, foncent sur les trottoirs, les trottinettes électriques avec 2 passagers dont un enfant sans casque qui filent à grande vitesse, la maréchaussée qui déteste les cyclistes, une chaussée pleine de trous, de pavés, d’intersections mal balisées… j’en passe et des pires.

 

C’est l’enfer du chacun pour soi !

 

La bagnole, les motorisés sont les rois de la chaussée, faut pas les gêner, ils sont pressés d’aller s’entasser dans la file du prochain feu rouge. Quand vous passez à côté d’eux leur regard est assassin.

 

J’ai fait du vélo tous les jours, y compris sous la pluie, en costard lorsque je travaillais sous les ors de la République.

 

Je me suis offert mon premier accident, seul, en plein soleil, en roue libre, par la grâce d’un cale-pieds se coinçant dans un de ces ralentisseurs assassins que nous offrent les ingénieurs de la Ville de Paris.

 

Depuis, requinqué je me suis offert un vélo à assistance électrique.

 

Et, pour mieux cerner mes obligations sur la chaussée je me suis offert le code du cycliste de Ludovic Duprey 1er vice-président adjoint au TGI de Lille.

 

Le code du cycliste - 1ère édition

Code du cycliste (mini format)

Ludovic Duprey

Editeur : Dalloz En stock, expédié sous 24 heures 4,00 €

 

« De plus en plus de Français choisissent le vélo pour leurs déplacements quotidiens, parce que c'est bon pour eux, bon pour la planète, économique et, surtout, agréable, mais d'immenses progrès restent à faire.

 

Circuler à vélo, c'est devoir respecter le code de la route qui impose certaines obligations particulières au cycliste, mais c'est aussi avoir de nombreux droits reconnus par différents textes législatifs et réglementaires : celui d'avoir des voies de circulation adaptées, d'être respecté par les autres usagers de la route, d'obtenir le remboursement de frais kilométriques...

 

Pour faire valoir ses droits, il faut les connaître. D'où l'écriture de ce code du cycliste, à emmener partout avec soi sur son vélo, pour que ce mode de déplacement prenne la place qui doit lui revenir dans les trajets quotidiens dont près de la moitié sont inférieurs à trois kilomètres. »

 

Ce code n'est pas un code au sens officiel en ce qu'il serait le fruit, comme le code de la route par exemple, d'une décision politique centralisatrice du droit mais il procède de la même logique, plus ancienne et caractéristique des cultures dite « de droit écrit », de la compilation. Il est issu d'un travail de recherches par mots-clés, dans l'ensemble des codes français, des dispositions spécifiquement applicables aux cyclistes et de leur organisation selon des thèmes en lien direct avec les centres d'intérêt de ceux qui ont choisi ou vont choisir de privilégier les nombreux avantages du vélo dans leur vie de tous les jours.

 

L’Avant-propos de 18 pages est un monument de précision et de sagesse, j’en partage à 100% le contenu.

 

Voilà c’est écrit

 

« L’objectif  de ce petit code est de participer à ce mouvement ambitieux, lointain mais pas impossible, de créer une « culture vélo ».

 

« Pour faire valoir ses droits il faut d’abord les connaître et que même si « nul n’est censé ignorer la loi » elle n’est pas toujours facile d’accès. Quand la loi contraint c’est aussi pour protéger. Le code de la route en donne un bon exemple puisqu’il fait de cette route où le plus fort gagne presque toujours un lieu, à parfaire certes, de civilisation. »

 

 

Les vélos JUMP

Les vélos JUMP sont équipés d'une assistance électrique au pédalage. Plus vous pédalez, plus vous allez vite. Ils sont également dotés d'un antivol et d'un GPS intégré. Ils sont ainsi faciles à trouver à proximité et à utiliser pour vous rendre où vous souhaitez.

Allez plus loin, plus vite, de façon plus amusante.

 

Le vélo électrique serait meilleur pour la santé mentale des personnes âgées que le vélo classique

 

ETUDE Faire du vélo électrique améliorerait les capacités cognitives des seniors et leur procurerait un sentiment de bien-être, selon une étude anglaise  ICI 

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 06:00
Elle mangeait debout chez Ikea des nuggets au poulet en forme de donuts « Rien de tel qu’une visite au Sandwich & Snack Show pour découvrir notre part d’ombre. »

Bienvenue sur le Sandwich & Snack Show

 

Le Sandwich & Snack Show est le salon de référence des professionnels de la restauration rapide et du snacking.

 

UN CONDENSÉ DE NOUVEAUTÉS ET UN VRAI RÉVÉLATEUR DE TENDANCES !

 

Couvrant tous les métiers du snacking (produits alimentaires, boissons, emballages, équipements, services, technologie, etc.

 

C’était du 1 avril 2019 au 2 avril

 

Qu’en penser ?

 

« Ceux qui étudient les chiffres des chaînes de nourriture à emporter (6,6 % de croissance en 2018) sont les mieux placés pour savoir qu’on ne vit pas du tout comme on voudrait (se) le faire croire. Qu’importent les discours sur les exigences de la clientèle, on y découvre toujours plus de manières de manger plus gras, plus sucré ou plus emballé.

 

On nous répétait que les nouvelles générations voulaient manger du chou kale dans toutes les salades, on y découvre des nuggets au poulet en forme de donuts, des cookies de 20 centimètres de large.

 

 « On a démocratisé le produit sushi avec du Nutella », annonce Alexandre Maizoué, de Planet Sushi

 

C’est au Sandwich & Snack Show qu’on apprend qu’Ikea est le 13e restaurateur de France. C’est ici que l’on découvre que, tranchés, les churros pourraient servir de base à des sandwichs ou que le kouign-amann, servi en miniatures, pourrait se grignoter toute la journée. C’est là aussi que l’on croise des gens qui portent des sacs publicitaires imprimés de visages d’enfants et du message « Pour eux l’important c’est le cadeau ». Rien de tel qu’une visite au Sandwich & Snack Show pour découvrir notre part d’ombre.

 

La restauration rapide se porte bien

 

CHRONIQUE

Guillemette Faure

Chronique. Le Sandwich & Snack Show, salon des professionnels, donnait la tendance du marché du fast-food à la porte de Versailles, à Paris, le 1er avril. La chroniqueuse de « M » y était.

 

ICI 

 

Snacking 2019, les 10 nominés sont :

 

EGG FACTORY : Egg Factory est un restaurant «gourmet fast food» ayant comme spécialité le bun aux œufs @eggfactory75

 

FREDDY'S BBQ : Le barbecue traditionnel américain revisité, en vente à emporter et consommation sur place @freddysbbq

 

GEMUSE – Berliner Kebap : Des recettes originales, une broche maison 100 % poulet mariné, un pain frais, un mélange spécial de légumes grillés...

 

LE CAFE JULES : Implanté au pied du Printemps, le café Jules réinvente le hot dog à la française.

 

MAGNA STREET FOOD : Des pizzas pliées et roulées, en mode vente à emporter dans la pure tradition napolitaine @magnastreetfood

 

MAME KITCHEN : Une cuisine gourmande majoritairement végétale, accompagnée de délicieuses viandes, poissons ou tofu, imaginée par des chefs afin de séduire les flexitariens

 

MARXITO : La street food revisitée par le chef Thierry Marx, fruit de la rencontre avec le designer Ora Ito

 

MASSA : 3 chefs, 3 nationalités, 3 cultures différentes mais une passion commune : la cuisine

 

PERE & FISH : Le nouveau concept parisien de burgers gourmets à base de poissons frais

 

RENDEZ-VOUS : Bocuse Original Comptoir, dans le respect des valeurs de Paul Bocuse

 

Le secteur HCR, poids lourd de la franchise, surperforme grâce à la restauration rapide

 

Le secteur HCR a totalisé en 2018, selon la FFF, 354 réseaux (contre 347 en 2017) pour 9 278 points de vente (+5,2 %) et un chiffre d’affaires de 10 Mds€ (+10 %). En part relative du secteur de la franchise, le secteur HCR pèse, en 2018, 17,7 % en nombre de réseaux et 16 % en chiffre d’affaires. La restauration rapide continue son ascension portée par la multiplication de nouveaux concepts (burger, sandwich, healthy et/ou bio, world food, coffee shop, tacos...) et l’accessibilité des investissements pour les porteurs de projets de création d’entreprise (avec un apport personnel requis allant de 50 000 à 200 000 €). Elle regroupe 223 réseaux (5 réseaux supplémentaires par rapport à 2017) pour 5 676 franchisés en 2018 (+355 franchisés par rapport à 2017) et génère un chiffre d’affaires de 5,40 Mds€ (+15,6 %).

 

Les bras m’en tombent et je ne peux plus frapper sur mon clavier alors je lance un appel de détresse : et le vin dans tout ça ?

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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 06:00
“La vase de Soissons” (après la bataille de Soissons 486 ; un soldat brise un vase précieux que Clovis voulait rendre à saint Rémi).  Lithographie coul., anonyme, France v. 1890.

“La vase de Soissons” (après la bataille de Soissons 486 ; un soldat brise un vase précieux que Clovis voulait rendre à saint Rémi). Lithographie coul., anonyme, France v. 1890.

Elle est née à Saint-Quentin, l’ex-tenancière du Lapin Blanc, pour rassurer PAX en ce moment elle se forme à la permaculture et l’horticulture pour gratter la terre afin d’y faire pousser de beaux petits légumes tout propres.

 

« Lorsque nous revenions de Bruxelles avec les instruments [de musique] bourrés de tissus, et avec trois kilos d'endives qui nous permettaient d'avoir « quelque chose à déclarer », ce n'est pas des endives que j'ai déclarées, mais, à la suite d'un lapsus d'ordre obsessionnel : « du tissu d'endives »... À quoi le douanier a répondu : « on dit des chicons ».

 

Cl. Abadie cité par N. Arnaud, Les Vies parallèles de Boris Vian, nouvelle édition Paris, 1970, p. 102, n. 1.

 

Soissons

 

Pas Jean-Pierre sans S, le licheur de Chablis, mais la ville du vase, Clovis, et de son gros haricot.

 

Le Haricot de Soissons, ou encore « Gros Jacquot  blanc » est un produit de la gastronomie picarde, rare, cultivé dans le département de l’Aisne.

 

Il fait partie de la famille des légumineuses. Il s’agit du plus gros haricot d’origine française.

 

3 légendes

 

  • La première, et la plus connue, date de la guerre de cent ans  où une épidémie de peste ravage la région. Pour y échapper les habitants de Soissons s’enfuirent avec leur récolte et dans leur précipitation perdirent de nombreuses graines. A leur retour les soissonnais eurent la surprise de découvrir un champ couvert de fèves, ce qui permit de nourrir la population et de la sauver de la famine.

 

  • La seconde, datée du XVIIIème siècle, évoque un jardinier- diplomate de l’abbaye St Léger de Soissons, prénommé Jacquot, qui se lia d’amitié avec un diplomate espagnol. Quand celui-ci quitta la ville, il offrit au jardinier des haricots à peau fine, encore plus gros et plus goûteux que ceux cultivés jusqu’alors. Ce nouvel Haricot de Soissons fut nommé Jacquot.

 

  • La troisième remonte au XIXème siècle. Le guetteur municipal de la cathédrale, surnommé « Le Paon », avait pour mission chaque jour, de surveiller la ville et les incendies du haut de la tour de la cathédrale. Ayant beaucoup de temps libre, et las de l’aridité de sa plate-forme de pierre, il décida de cultiver des haricots de Soissons afin de l’égayer.

 

Les haricots furent semés dans des caisses le long des garde-fous, entraînant les plantations à s’accrocher à la rampe et couronnant la tour d’une verdure étonnante. « C'est du vrai Soissons «  disait-il à ses visiteurs en ajoutant : « Dieu créa la fleur et lui dit : sois rose ! Il créa le haricot et lui dit : Sois Son et vas en paix ! »

 

Trêve de fariboles, revenons à l’Histoire avec un grand H :

 

Le Gazetin du Comestible les avait déjà proposés à trois reprises aux amateurs de la capitale au cours de l’année 1767. Au XXème siècle, la concurrence avec le haricot Bouquet d’Espagne, à la peau encore plus épaisse, fait chuter la production du haricot de Soisson.

 

La culture du Haricot de Soissons remonte au moins au XVIIIème siècle dans l’Aisne puisqu’en 1801, des statistiques du département y font référence.

 

En 1824, la zone de culture s’étend à l’est de Soissons : du village de Billy jusqu’à Braine. A cette époque, on pratique la Coltora promiscua, ce qui consiste à associer la culture du haricot à celle de la vigne afin de rentabiliser le moindre espace entre les ceps. Au XIXème siècle, face à la concurrence des vins du Midi, la vigne recule et la zone de production se déplace au Nord entre Soissons et Laon.

 

Aujourd’hui la production de Haricots de Soissons est principalement située dans la vallée de l’Ailette, dans le canton de Craonne.

 

Le Coco de Paimpol est une AOP

 

Le Haricot tarbais, la Mogette de Vendée, sont des IGP.

 

Le Haricot de Soissons, comme Charles, attend…

 

 

Marie-France Bertaud la star du haricot dans son livre Petit Traité du Haricot cite un extrait du Journal amusant – Journal humoristique édition hebdomadaire du 17 avril 1909.

 

« […] Passe encore pour les grands vins ! Mais voici que le haricot lui-même, le haricot, suprême recours des économes de lycée, demande à être « délimité ». L’histoire fait quelque bruit, comme bien on pense, d’autant plus que c’est le plus célèbre des haricots, celui de Soissons, qui a lancé le pétard. Le haricot soissonnais exhale des plaintes véhémentes parce qu’il estime déloyale la concurrence du haricot landais, qui a le même aspect extérieur, mais se vend beaucoup moins cher. Et il tempête !... Pourquoi le haricot de Soissons aurait-il la vedette, comme un ténor, alors que le haricot landais serait relégué dans l’ombre, avec les basses de chœurs… ? »

 

L’ail

 

Même un peu, c’est trop

 

L’ail. Ce bulbe malodorant adulé par les cuisiniers paresseux ou radins ou les deux, ce fumet envahissant, entêtant, ces lendemains qui déchantent, ces réunions foutues, ces amis chers dont on s’écarte en détournant la tête, ces gigots sacrifiés, ces baisers repoussés. D’où nous vient cet Attila des saveurs, des goûts, des sensations, des plaisirs, derrière lequel les arômes ne repoussent pas ?

 

21 février 2019

« Paye ta dégaine d'épave, vire ton haleine de cave… quand t'as la bouche qui baille, ça sent le saucisson à l'ail »

ICI 

 

Le Maroilles

 

 10 janvier 2012

Octave avait plusieurs sortes de maroilles, celui des riches et des jours de fête, et le modèle populaire, à croûte épaisse, pour les petites bourses, qui n’avait pas volé son nom de Puant

 

« Quand on n’est pas du côté de chez Marcel Proust mais du versant de la plèbe, l’odeur d’un certain fromage pourrait bien faire l’office de ces délicatesses fades et distinguées.

 

C’est d’abord un bruit assourdissant qui monte du fond des âges avec ce parfum mâle et puissant.

 

Ma petite enfance picarde a été bercée au rythme fracassant des jacquards –en vérité, nous disions toujours : métiers-jacquards. »

 

Plongée dans les odeurs de l’enfance « le marchand de maroilles qui s’en venait ainsi de Levergies, au pas flegmatique de son cheval roux traînant une carriole à bâche verte, s’appelait Octave. Car le seul fromage qu’il vendait était, bien entendu, le maroilles, tout de même que Marie Pameu, la marchande de poisson au visage grêlé par la variole, était vouée, et nous avec elle, au hareng.

 

Octave avait plusieurs sortes de maroilles, celui des riches et des jours de fête, qu’on découpait en fines tranches, pour le faire durer, et le modèle populaire, à croûte épaisse, pour les petites bourses, qui n’avait pas volé son nom de « Puant » « Plus il pue, meilleur il est », disait rudement le vulgaire. Sur la croûte d’acajou, des brins de seigle étaient incrustés, en témoignage des longs et savants recueillements dans les hâloirs et les caves d’affinage ; comme une certaine poussière, qui est l’œuvre inimitable des ans, manifeste l’expérience du temps et la noblesse de souche des bouteilles vénérables. »

 

ICI 

 

La recette inspirée de Marie-France Bertaud

 

6 chicons de plein champ

Jambon de Paris sans nitrite

100g de haricots de Soissons

4 gousses d’ail ou un demi Gaperon

15 cl de crème épaisse

80 g de chapelure

80 g de Maroilles

 

  • Cuire à la vapeur les chicons

 

  • Cuire les haricots de Soissons à grande eau pas trop salée

 

  • Découper en petits cubes les tranches épaisses de jambon (à votre goût pour la quantité)

 

  • Mixer les haricots, la crème, et les gousses d’ail, assaisonnez.

 

  • Ajouter les cubes de jambon

 

  • Dans un plat à gratin étendre les chicons, napper de la crème de haricots de Soissons

 

  • La chapelure est facultative

 

  • Recouvrir de fine lamelles de Maroilles.

 

  • Enfourner sous le grill le temps de dorer la chapelure et le Maroilles. 

 

  • Je n'ai pas eu le temps de tortorer vous aurez des images plus tard si vous êtes sages.

 

 

Et avec ça, une Cantillon !

 

 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 06:00
Un jour, la Chine s'effondrera… la diplomatie d’influence par le chèque…

Qu'est-ce qui j'y peux ?

 

Pour moi, Peyrefitte, Alain, bien sûr, pas Roger – il changea de prénom afin d'éviter la confusion avec son présumé et sulfureux cousin – reste, à tout jamais, le Ministre de l'Information de Pompidou - quatre années de poigne de fer sur l'ORTF - et le calamiteux Ministre de l'Education Nationale de mai 68.

 

Avec ses sourcils à la Méphistophélès, ses oreilles en feuilles de choux, sa voix cassante, une mauvaise foi en béton, et un côté très prononcé pour l'échine souple, il avait tout pour me déplaire.

 

Wiaz [Peyrefitte poursuit Le Monde] Vers 1980

 

Cette caricature du Garde des Sceaux Alain Peyrefitte en molosse s'accompagne de la représentation traditionnelle de la censure : les ciseaux d'Anastasie.

 

Et pourtant, le maire de Provins, était un érudit, anthropologue au CNRS, normalien et énarque, qui saura, au travers de 18 séjours en Chine, pressentir l'énorme potentialité de ce pays qui semblait à tout jamais englué dans un régime communiste culminant dans le non-sens et la sauvagerie avec sa Révolution Culturelle instillée par madame Mao Tzé Dung et qui ne faisait fantasmer qu'une poignée de post-soixante-huitard parisiens de la Gauche Prolétarienne.

 

Pied de nez de l'histoire, ce godillot de luxe, succédera à l'Académie Française, à Paul Morand que le Général avait privé de fauteuil pendant plus de dix ans avec la complicité de Mauriac. Bref, Peyrefitte nous a quitté en 1999 et, c'est fait, la Chine s'est éveillée avec fracas.

 

Aujourd’hui Yves Montenay  écrit :

 

L’époque est à la crainte de la Chine. C’est un peu tard à différents sens du terme. C’est un peu tard par ce qu’il y a longtemps que nous aurions dû nous réveiller. Mais c’est un peu tard aussi parce que notre crainte de la Chine est de moins en moins justifiée au fur et à mesure que ses fragilités s’accentuent. D’ailleurs la parole chinoise est maintenant beaucoup moins brutale et se veut séduisante.

 

Résultat de recherche d'images pour "caricature d'Alain Peyrefitte"

 

L’OCCIDENT A TARDÉ À COMPRENDRE LA RUINE DE LA CHINE PAR MAO

 

Beaucoup imaginaient que la prise de pouvoir des communistes en 1949 allait enfin mettre de l’ordre dans ce pays déchiré par la guerre civile et ruiné par l’invasion japonaise. Pas du tout : derrière une campagne de communication à destination de l’Occident pour donner une image raisonnable du nouveau régime, avait lieu une sévère répression avec 5 millions de propriétaires terriens exécutés, puis, en 1957, la campagne des « Cent fleurs » pour que les opposants se démasquent et soient ensuite éliminés…

 

Puis « le grand bond en avant » (1958-60), regroupement des kolkhozes en immenses exploitations censées s’industrialiser, fut de nouveau bien vendu à l’Occident, alors que les dirigeants en connaissaient l’échec et éliminaient Mao en mai 1961.

 

Enfin « La révolution culturelle » (1966-76) fut vécue avec enthousiasme à Saint-Germain-des-Prés alors qu’il s’agissait d’une reprise sanglante du pouvoir par le même Mao détruisant ce qui restait de l’économie, de l’enseignement et de pans entiers de la civilisation chinoise. Dans Une vie chinoise, un ancien garde rouge raconte qu’il paierait très cher aujourd’hui pour récupérer un morceau des multiples chefs-d’œuvre qu’il avait détruits alors. La Chine était tombée à un niveau de pauvreté extrême.

 

Je ne résiste pas au plaisir de citer cette anecdote :

 

Le Studio de l'inutilité

 

Dans un recueil d’essais paru en 2012, intitulé « le studio de l’inutilité » Simon Leys revient par exemple sur le voyage en Chine, en avril-mai 1974 (trois ans après la parution des ‘habits neufs), des intellectuels liés à la revue Tel Quel, dont Roland Barthes.

 

Une visite dont il souligne qu’elle avait coïncidé avec une purge colossale et sanglante, déclenchée à l’échelle du pays entier par le régime maoïste.

 

Simon Leys garde une plume féroce :

 

« Le spectacle de cet immense pays terrorisé et crétinisé par la rhinocérite maoïste a-t-il entièrement anesthésié sa capacité d’indignation  ?

 

Non, mais il réserve celle-ci à la dénonciation de la détestable cuisine qu’Air France lui sert dans l’avion du retour : Le déjeuner Air France est si infect (petits pains comme des poires, poulet avachi en sauce graillon, salade colorée, chou à la fécule chocolatée – et plus de champagne !) que je suis sur le point d’écrire une lettre de réclamation.  (C’est moi qui souligne.) [...] Devant les écrits chinois de Barthes (et de ses amis de Tel Quel), une seule citation d’Orwell saute spontanément à l’esprit : « Vous devez faire partie de l’intelligentsia pour écrire des choses pareilles ; nul homme ordinaire ne saurait être aussi stupide. »

 

ET A TARDÉ ÉGALEMENT À COMPRENDRE SON REDRESSEMENT

 

Les réformes de plus en plus libérales (par rapport à l’époque Mao) conduisirent à un rattrapage tout à fait normal. Le reste du monde vit d’abord dans la Chine un réservoir de sous-traitants bon marché, puis « l’usine du monde » puis, en exagérant à peine, « le nouveau modèle économique mondial » destiné à abattre des démocraties cafouilleuses, tant économiquement que militairement et culturellement.

 

Avec à chaque fois un temps de retard : les sous-traitants se révélèrent des entreprises dynamiques et certains sont maintenant des géants, « l’usine » se révélait de plus en plus qualifiée, lançait des entreprises mondiales, couvrait la mer de Chine du Sud de navires militaires et menaçait Taiwan. D’où un mélange d’admiration et de crainte qui est en gros l’état d’esprit actuel.

 

 … ET ENFIN À EN RÉALISER LES LIMITES

 

La suite ICI

 

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23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 06:00
J’ose au risque de l’excommunication : les papilles du cochon sont 50 fois supérieures à celles des grands amateurs de vin.

Dans le débat obscur sur : faut-il cesser de manger de la viande afin de sauver notre planète, où ce mot valise recouvre la rouge, celle des bovins ruminants et dégazant, les plus claires celles des ovins, porcins, caprins, volailles et autres volatiles domestiques ou sauvages, j’avoue qu’en dernier recours seules les cochonnailles, affreusement mauvaises pour la santé, seraient pour moi dignes d’être sauvées.

 

Mes envies de pieds de cochon nature sont irrésistibles !

 

Porcus Sapiens

 

« Les créateurs à l’extérieur regardèrent du cochon à l’homme, puis de l’homme au cochon et à nouveau du cochon à l’homme, mais il était impossible de distinguer l’un de l’autre. »

Georges Orwell Animal Farm chapitre 10, 1945

 

Revenons au sujet du jour, le palais porcin, saviez-vous que la langue de porc est dotée de d’environ 19800 papilles gustatives alors que les humains en ont environ 10 600.

 

Cela signifie que le cochon peut percevoir environ 50 % de saveurs de plus qu’un humain grâce aux papilles gustatives situées au fond de sa gueule, et plus de 200% grâce à celles qui sont situées au bout sa langue.

 

Pas étonnant que ma copine Isabelle la cathodique qui est folle du cochon ait baptisé son blog : le bout de ma langue.

 

Et pourtant, nos scientifiques si friands d’étude ne se sont jamais penché sur le sujet du sens du goût du cochon.

 

Tout ce que l’on sait c’est que le cochon est connu pour aimer le goût sucré (la parkérisation, quoi) puisqu’il boit jusqu’à 6 fois plus d’eau que la normale si on y ajoute une petite proportion de sucre.

 

Une expérience a été réalisée en 1990 pour mesurer le sens du goût plus affiné des cochons. Elle visait à tester une gamme de 13 substances paraissant sucrées aux humains. Les cochons, quant à eux, ont considéré que seulement trois d’entre elles étaient vraiment sucrées.

 

Fort bien me direz-vous, mais si le cochon surpasse les grands amateurs pour la phase gustative, qu’en est-il de son sens de l’olfaction ?

 

Résultat de recherche d'images pour "le groin du cochon"

 

Le groin, le nez plat du goret est constitué de cartilage et d’une multitude de filaments nerveux. Il est très bien irrigué par les vaisseaux sanguins sous une peau fine très tactile avec beaucoup moins de poils que le reste du corps. Le résultat donne une extrême sensibilité, aussi bien au toucher qu’à l’odorat.

 

Les porcs sauvages en font très bon usage : ils doivent détecter leur nourriture au ras du sol, sous une végétation et des feuillages plus ou moins épais, et quelque fois même sous le sol lui-même (comme lorsqu’ils déterrent les truffes – une spécialité porcine bien exploitée par les propriétaires humains dans beaucoup de pays d’Europe)

 

Le groin est si sensible qu’on a suggéré qu’il pouvait contenir autant de récepteurs sensoriels que les deux mains des humains.

 

Pas étonnant que ma copine Isabelle la cathodique, encore elle, soit fan du bouiboui la Pointe du Groin, 8 Rue de Belzunce, 75010 Paris et j’ose, rien pour elle, de saluer son copain Nicolas Dugrouin

 

Source : Les Miscellanées de Trott le cochon

 

 

La conclusion de cette chronique en tire-bouchon comme la queue du cochon, ne pouvait que revenir à un Contrepied (de cochon) de Philippe Meyer.

 

Il est écrit : « l’homme ne vivra pas seulement de pain » et l’homme, en effet, étale sur ses tartines des rillettes d’oie, de langue de veau, de cuisse de chapon, à moins que ce ne soit de la terrine de lapin, de la mousse de foie de canard, des rillons, des grillons, des grattons, des frittons ou des chichons. Puis, son appétit ouvert, il mord dans quelques tranches de saucisse sèche finement découpées, s’attable devant un jambon en croûte, ou un boudin aux deux pommes ou une andouillette à la poêle, au four, grillée, en papillote ou à la ficelle. (J’ai connu et fréquenté à Paris, passage de la Bonne-Graine, un restaurant qui avait à son menu sept variétés d’andouillette différentes : de Troyes, de Jargeau, de Cambrai, de Lyon, de Rouen, à la provençale, de l’Argoat.) Pressé un jour d’expliquer à des habitants d’Atlanta (Géorgie) quel était ce mets dont l’anglais n’offre pas de traduction, je soutins qu’il s’agissait tout simplement d’une preuve de l’existence de Dieu.

 

Il devient de plus en plus difficile de réunir ces preuves. Dans la capitale, le plus réputé des marchands de boudin a cédé la place à un vendeur de bijoux fantaisie que les touristes s’arrachent. Le plus estimé débit de francforts, de jarret, de montbéliards et de palette s’est mué en épicerie coréenne. L’impératif social catégorique de la minceur est venu à bout d’autres échoppes où pendaient les trésors de la salaison…

 

Chaque troisième dimanche de novembre, sans interruption depuis 1808, en l’église Saint-Eustache, dans l’ancien quartier des Halles, on célèbre la messe du souvenir des charcutiers. La confrérie de Saint-Antoine s’y rassemble pour honorer la mémoire de ses membres décédés dans l’année, avant d’offrir aux fidèles un savoureux buffet dressé dans l’abside et arrosé de vin nouveau. Il y a fort à craindre que ce pieux rassemblement ne serve bientôt plus qu’à pleurer la disparition de leur art, celui des anciens chaircuitiers, dont la profession fut si opulente qu’elle fit ériger un immeuble entier, rue Bachaumont, à quelques pas des regrettés pavillons de Baltard. L’entrée en est ornée de somptueuses plaques de marbre gravées à l’or fin encadrant un majestueux escalier de chêne à double volée surmonté d’un vitrail à la gloire de l’aimable métier de ceux qui firent bâtir ce temple. On ne visite pas : l’endroit a été vendu à une agence de graphisme : O tempora, o mores, sic transit gloria porci.

 

Toutefois, une lueur d’espoir brille dans ces ténèbres. La locavoracité ne se limitant pas aux légumes, on voit de plus en plus d’éleveurs offrir des produits de leur façon. Ventrèche, saucisses, fricandeaux, jambonneaux, coppa, pâté de tête : bien des paysans ont su trouver les moyens de valoriser leurs troupeaux de cochons en transformant eux-mêmes leurs bêtes. Le surcoût dû à l’expédition est raisonnable pour peu que la commande soit de conséquence, et, compte tenu des prix pratiqués sur les lieux de production, on peut considérer que l’amateur paierait plus cher les mêmes produits achetés dans une charcuterie en ville, à  condition qu’il en trouve une qui ne se soit pas transformée en fournisseur de sandwiches pour hipsters. Hélas, la multiplication des normes menace sournoisement ces producteurs locaux qui voient le glyphosate autorisé tandis que le poids de sel entrant dans leurs préparations fait l’objet de contrôles tatillons. Allez prouver l’existence de Dieu avec du jambon sous cellophane.

 

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 06:00
Nu, il provoquait 1 léger trouble, comme 1 opalescence, Stéphane Lagorce répond dans sa Somme de bénédictin : Le Grand Précis des vins au naturel

J’avoue que lorsque j’ai vu apparaître sur l’écran de mon radar l’annonce d’un nouvel opus sur le vin, le vin nu de plus, je me suis dit dans ma petite Ford d’intérieur : encore un, et je me suis jurer de rien écrire à son propos.

 

Et puis, chemin faisant, chez une amie, j’ai croisé le livre sans vraiment m’y intéresser, mais dans mon vieux cerveau aux neurones fatigués, un je ne sais quoi virevoltait sans que je sache vraiment ce qui en était l’origine. La lumière vint lors du pince-fesses parisien de Me Morain.

 

L’image contient peut-être : 3 personnes

 

Ce soir-là, il faisait doux, les garçons et les filles se prélassaient sur les pelouses des Invalides, chez Jaïs le gratin des licheurs, producteurs de vins nu se pressait, y’avait la fine fleur du barreau et de la magistrature, ça jajatait verre à la main sur le trottoir, survint une Ministre : Marlène Schiappa sans que cela troubla l’assistance, moi je bavassais avec les uns et les autres lorsque la lumière vint, tel Paul Claudel près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie de ND de Paris.

 

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes debout et intérieur

 

25 décembre 1886, Notre-Dame de Paris

« J'assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand-messe. Puis, n'ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. (…) J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. »

Paul Claudel, Œuvres en prose (1913)

 

Ce Stéphane Lagorce auteur  du Grand Précis des vins au naturel, j’ai déjà croisé son chemin !

 

Mais où ?

 

À Pékin !

 

Là je vous sens sceptique, comme le confiait récemment Alain Delon, la vieillesse est un naufrage, et pourtant c’est pure vérité, la preuve :

 

7 avril 2017

Suis jamais allé tortorer au Maxim’s de Beijing au temps de Deng Xiaoping mais j’ai dévoré avec volupté les lignes de Stéphane Lagorce

 

Cuisine, marxisme et autres fantaisies de Stephan Lagorce, l’Epure, 2017, 16 euros.

 

 

Ce livre est une pépite, je l’ai dévoré dans sa partie récit, en sautant à pieds joints au-dessus des recettes, mais j’y reviendrai dès que j’aurai le temps.

 

Notre maître-queue possède une très belle plume, déliée, acérée, précise, vive, son périple Paris-Pékin via Moscou-Cheremetièvo, dans un « Iliouchine d’un autre âge battant pavillon Aeroflot, la vraie, celle d’avant 1989 » est un morceau d’anthologie à verser dans l’historiographie du socialisme réel, celui qui fut estampillé « globalement positif » par le PCF.

 

La suite ICI 

 

Stéphane Lagorce était présent au raout de Me Morain j’ai donc engagé avec lui la conversation pour lui raconter ce que je viens de vous raconter.

 

TOUTES LES DATES DE SIGNATURES DU GRAND PRECIS !

 

Le lendemain je suis allé consulter Le Grand Précis des vins au naturel.

 

C’est une Somme, un travail de Bénédictin, précis, documenté, complet, bien présenté, à lire par celles et ceux qui causent pour ne rien dire parce qu’ils ne savent rien, les ignorants qui sont légion dans les deux camps : celui des adorateurs de vins nu comme celui de ses détracteurs.

 

Stéphane Lagorce se situe à la bonne distance, pédagogue sans lourdeur, il explique pas à pas en évitant de noyer le lecteur dans la technique, il n’est pas militant même si son cœur penche du côté des vins nu.

 

De la belle ouvrage que je vous recommande.

 

Y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

 

 

Les éditions Homo Habilis

 

Ont été fondées par Stéphane Lagorce, ancien chef de cuisine, Ingénieur Agro, professeur des Sciences de l’aliment à Agroparistech, auteur vin et cuisine reconnu.

 

Les éditions Homo Habilis, c’est un projet indépendant, ne reposant que sur son lectorat et bâti avec les meilleures compétences en termes de rédaction, direction artistique, iconographie, développement digital, fabrication, diffusion…

 

Les éditions Homo Habilis, c’est une collection : Les Grand Précis, une série technique destinée aux profanes, aux curieux, qui explorera des sujets tels que la cuisine, le vin, l’alimentation, mais pas seulement ! Rigueur du propos, légèreté du ton, richesse des illustrations, qualité de réalisation seront au programme pour mieux décrypter, comprendre précisément, les choses les plus précises !

 

 

N°1. LE GRAND PRÉCIS… des vins au naturel
Du biologique au sans sulfites ajoutés. Tout l’univers incroyable des vins “au naturel”, fidèles reflets des sols d’où ils naissent et du soin des vignerons !

 

ICI 

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 07:00
« Critique de la musique pure » Luo Ying porteur du gène du garde rouge ou comment se débarrasser de la détestable Révolution culturelle

Dans Le Gène du garde rouge, Luo Ying, né en 1956, relate ses souvenirs de la révolution culturelle où dans ce « chaos collectif, à la fois coupable et victime, persécuté, il ne cache rien de son embrigadement progressif, de l’irruption, voire de la révélation, dans sa conscience et dans son corps, de ce terrifiant gène du garde rouge dont il sait qu’il ne se débarrassera jamais tout à fait, quels que remords, volontés ou désirs qu’il en ait désormais. »

« L'auteur, ancien garde rouge devenu riche homme d'affaires, traite de ce sujet d'une façon originale à plus d'un titre. L'ouvrage est poétique et autobiographique, tout en soutenant un point de vue critique sur l'histoire du pays.

 

95 textes d'environ une page, en vers libres, ou courts versets, « donnent la liberté de lire l'œuvre en suivant sa chronologique ou de la méditer en l'abordant et en la revisitant de façon aléatoire. Ces poèmes, très rythmés par ce choix d'écriture, ne se perdent pas dans la rêverie romantique ; le réalisme préside à la mise en scène des personnes et des anecdotes souvent brutales qui les font revivre. »

 

Au-delà de la tragédie personnelle et du témoignage, Luo Ying, propose une réflexion sur l'histoire de son pays.

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« Il faut au moins nous débarrasser de la détestable Révolution culturelle. Elle a fait perdre à la nation le sens de la honte, des valeurs morales, de la décence. » Contrairement à l'Allemagne qui s'est purgée du nazisme, la Chine, selon l'auteur, feint d'avoir oublié. Mais le gène du chaos guette encore. « Sous prétexte de vouloir aller de l'avant, nous ne voulons pas rouvrir cette plaie. Voici alors ce qui risque de se produire : un beau jour nous reverrons les brassards des gardes rouges et leurs banderoles disant : “On a raison de sa révolter !” Ce sera une grande catastrophe pour la nation. »

 

Résultat de recherche d'images pour "la révolution culturelle Chine affiches photos"

 

 

Le 17 novembre 2012, 10 :11 

 

96 Newport Beach Linda Isle, Los Angeles, USA

 

Xin Fei et moi avions décidé d’agresser Chan Jian, violoniste de la Troupe artistique.

 

Sous prétexte que sa femme Yu Fang était en conflit avec ma camarade Qu Ailing.

 

Mais il prit son violon et joua un air qui nous fit venir les larmes aux yeux

 

Il dit : « La mort du cygne de Saint-Saëns, vous connaissez ? 

 

Il ajouta «  N’allez surtout pas raconter que je joue de la musique pure

 

Pékin l’a prise pour cible au nom  de la critique de la culture bourgeoise

 

Il nous reste les opéras modèles, les citations de Mao, la danse de la loyauté

 

Au violon seuls sont autorisés : Les nouvelles de Pékin parviennent à la frontière et La Course de chevaux »

 

Ayant découvert Beethoven, je ne me lassais pas d’écouter La Symphonie du Destin

 

J’entrais par effraction dans la bibliothèque pour y dérober des disques

 

Rideaux tirés, porte close, nous écoutions la musique pure, assis au pied du lit

 

Ayant peine à formuler nos émotions, la qualifiant de « pas mal », « intéressante »

 

Chen Jian s’est ensuite volatilisé, accaparé peut-être par la lutte armée ou la critique

 

Une fois riche, j’ai fait installer chez moi des enceintes hautes de deux mètres uniquement destinées à la musique classique

 

Je pleure encore lorsqu’en avion j’écoute sur mon MP3 La mort du cygne

 

Grâce à la Révolution culturelle et à toutes ses critiques, j’ai pu avoir accès au plus précieux.

 

En bonus : « La Mangue » illustre en particulier l'absurdité des événements et l'incroyable délire de vénération qui s'est emparé des habitants :

 

Résultat de recherche d'images pour "la révolution culturelle Chine affiches photos"

 

« L'illustre président Mao avait offert aux rebelles une mangue couleur d'or /

 

Ciel ! Le peuple de notre ville frontalière passa trois jours à l'attendre sans fermer l'œil /

 

Les gens tapaient sur des gongs et des tambours, exécutaient la danse de la loyauté ; les rues s'étaient vidées de dix mille personnes venues l'accueillir le long de l'artère principale /

 

Le visage baigné de larmes, tous criaient à tue-tête : “Vive le président Mao !”/

 

Les rebelles avançaient pas à pas, tels les émissaires d'un dieu, l'un tenant la mangue /

 

On dit qu'elle brillait d'un éclat inouï, que son parfum se répandait dans la ville entière /

 

Trop petit et repoussé par la foule, je ne parvins jamais à poser les yeux sur elle /

 

Sans doute qu'à cause de mes origines, je n'étais pas digne d'être un bon soldat de Mao /

 

La venue de la mangue enflamma la ville, portant au paroxysme l'ardeur révolutionnaire /

 

Les gens criaient qu'ils étaient prêts à sacrifier leur vie pour la Révolution culturelle ! /

 

Nul ne sait su cette mangue finit par pourrir ou bien si quelqu'un l'avala en cachette /

 

Passant ensuite de l'affrontement verbal à la lutte armée, on s'entretua avec frénésie /

 

La rue empruntée par la mangue se mua en champ de bataille résonnant de coups de feu /

 

Les hymnes funèbres devinrent la musique la plus répandue dans la ville frontalière /

 

Plus tard à force de manger des mangues, j'ai perdu ma passion révolutionnaire /

 

Plus tard à force de manger des mangues, ces chants funèbres ont résonné dans ma tête. »

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 06:00
Longtemps j’ai porté des costards… merci d’éviter de m’en tailler un…

Vous allez me rétorquer : qu’est-ce que nous en avons à cirer !

 

Répartie qu’adorait Édith Cresson.

 

« Le 15 mai 1991, François Mitterrand se débarrasse de son premier ministre Michel Rocard. Les deux hommes, ce n’est un secret pour personne, se vouent une haine et un mépris réciproques. Edith Cresson est alors nommée à Matignon, devenant la première femme à occuper ce poste.

 

Quatre jours plus tard, le Journal du Dimanche publie une interview d’elle avec une citation qui fait le titre : « La Bourse, j’en ai rien à cirer ! »

 

Elle était comme ça Édith Cresson, j’ai beaucoup souffert au cours de son séjour à Matignon, mais je ne prononcerai pas un seul mot de travers à son endroit car je risquerais de me faire taxer de machisme.

 

Donc, même si vous n’en avez rien à traire je vais ce dimanche vous parler chiffons, c’est-à-dire beaux tissus, belles coupes, vestes bien construites, pantalons taillés au millimètre.

 

Le costume est l’uniforme des hommes de pouvoir.

 

J’ai donc porté des costumes même si je me permettais veste de tweed, blazer, pantalon de flanelle, de velours côtelé…

 

Ma mère couturière m’avait taillé et construit un superbe blazer bleu marine que je portais sur un pantalon gris perle. Un vrai gandin qui, dans les bals se la pétait grave, ainsi lors de la rencontre, avec celle qui sera ma première épouse, j’avais péroré : « Un jour je serai Ministre ! » Petit con, prétentieux, imbuvable.

 

De toute ma vie, je n’ai pu m’offrir qu’un seul costume sur-mesure dans un superbe tissu anglais, il est resté tout au long du temps où je l’ai porté, impeccable.

 

Au tout début de mon installation à Paris j’achetais mes costumes, en demi-mesure, au Bon Marché d’avant Bernard. De vrais pros, un essayage avec les fils, du beau boulot. Ensuite, je me suis approvisionné en prêt-à-porter dans des petites boutiques. Jamais de marques.

 

Enfin, lorsque j’ai viré de bord, abandonnant les ors de la République, j’ai remisé tous mes costards dans une malle à la cave.

 

Place aux jeans et pantalon de toile qui passent à la machine.

 

L’idée m’est venue de vous parler de mes costards en lisant l’interview de Véronique Nichanian qui dessine depuis plus de trente ans, les collections homme chez Hermès.

 

Hermès : « Le costume n’embourgeoise pas, il libère »

 

Je ne suis pas fan d’Hermès, tout particulièrement de ses fameuses cravates qu’arboraient beaucoup de mes interlocuteurs du monde économique.

 

Mon seul achat chez Hermès fut une chemise d’une beauté insoutenable que je payai au prix du caviar. Elle aussi repose en paix dans une malle à la cave.

 

Cette styliste d’une maison de vrai luxe parle un langage simple et direct, sans afféterie, dans une autre vie j’aurais pu me glisser dans sa peau.

 

  • Parfois, les costumes bon marché brillent trop ou sont trop épaulés…

 

Quand on est jeune, on est beau dans tout. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de costumes ratés. Quand on s’y connaît, on en trouve peu d’assez réussis. En fait, c’est un casse-tête : vous pouvez très bien avoir un tissu parfait mais hélas, si c’est mal coupé, tout tombe à l’eau. Ensuite, vous pouvez avoir une belle matière qui peut se déformer très vite à l’usage si la construction n’est pas travaillée. C’est la qualité à toutes les étapes qui fait la différence, du choix de la matière à la fabrication.

 

  • Ce qui fait la différence, c’est surtout la construction ?

 

Oui ! C’est au millimètre, le cran, le revers, l’épaule, le montage… Pour qu’on n’ait pas l’air dans un sac, il faut des jours et des jours d’élaboration. Il faut également penser à la manière dont le vêtement va vivre, il ne doit pas se froisser quand on voyage. Bref, c’est quelque chose de précieux, qui n’est pas fragile. En fait, un costume est fait d’une somme de détails dont on ne se rend pas compte, sauf si on le porte. Et j’adore cette idée. C’est ça, le luxe.

 

  • Est-il compliqué de trouver les tissus ? On sait que trouver les bons cuirs est devenu toute une affaire…

 

Les tissus, non. Mais il faut vraiment s’y connaître. Je connais les gens de ce métier depuis mes débuts, je les retrouve dans les salons où l’on présente des tissus. Je crois être l’une des seules avec Paul Smith à prendre ce temps-là, à avoir un contact direct avec les fournisseurs du monde entier pour faire des tissus exclusifs.

 

  • Diriez-vous que la qualité des tissus s’est détériorée avec le temps ?

 

C’est le contraire : les tisseurs ont fait un travail remarquable. Dans ce domaine, les Italiens sont des génies.

 

  • Et le corps des hommes, a-t-il changé ?

 

Ils font beaucoup plus attention à eux, ils font du sport, ils mangent mieux. Le costume ne sert plus à masquer les défauts.

 

Le tout ICI 

 

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