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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 06:00
Au Mardi gras, l'hiver s'en va.  À mardi gras on mange gras c’est le beurre et l’argent du beurre

À tout seigneur tout honneur commençons par notre Emmanuel I er sous qui perce le futur Empereur des français, ils adorent ça les français,  même si notre cher Victor Hugo trempa sa plume dans le vitriol pour le dernier : Napoléon le petit (pourquoi tant de haine ? ICI 

 

« Je ne suis pas là pour beurrer les tartines » Emmanuel Macron, septembre 2016

 

« Au bon beurre », les BOF, ça mettra du beurre dans les épinards, compter pour du beurre, avoir un œil au beurre noir, faire son beurre, être beurré (éventuellement comme un petit LU), pas plus que de beurre en broche, tu n’as pas inventé le fil à couper le beurre (très gilets jaunes), comme dans du beurre (genre le gardien belge Thibault Courtois gardien du Real Madrid), battre le beurre, vouloir le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la crémière, pas plus que de beurre en branche, la tartine tombe toujours du côté beurré, et ta sœur, elle bat le beurre ?

 

Je ne vais pas vous la beurrer épais comme le disent nos cousins de la belle province, le Québec : exagérer, mardi gras vient de passer sous mon nez sans que je ne vous ponde une de mes incomparables chroniques.

 

Désolé mais je faisais dans la chronique prise de tête.

 

Oui ça m’arrive, faut bien que quelqu’un s’y colle de temps en temps.

 

Bref, le mardi gras c’est quoi ?

 

Le Mardi gras est la journée festive qui précède le mercredi des cendres, un jour de fête dont la date variable est fixée 47 jours avant la Pâques.

 

Le Mardi gras ne donne pas lieu à un événement liturgique spécifique, mais consiste plutôt en des réjouissances avant  le carême qui aux temps anciens du moyen-âge était un long chapelet de privations : plus de fête, plus de danse, plus de plaisir et de sexe, et bien sûr ceinture du côté bouffe et buvaison.

 

Pourquoi gras ?

 

L'expression « faire gras » signifiait manger de la viande, par opposition à « faire maigre », soit jeûner.

 

Pour de rire aujourd’hui les vegan font maigre tous les jours, ça leur va bien au teint.

 

Mardi gras c’est dans certaines villes : le carnaval.

 

Le mot carnaval vient du latin « carne levarer » enlever/ôter la chair, c’est donc un jour où le fidèle peut faire bombance avant de commencer le jeûne qui durera jusqu'à Pâques.

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

« Si cette pratique n'est pas la reprise exacte d'une fête romaine, elle semble fortement s'inspirer de fêtes de l'Empire romain. Notamment la fête des Saturnales, laquelle se traduisait par un renversement provisoire de l'ordre établi. Concrètement, les esclaves jouissaient temporairement d'une grande liberté et pouvaient ainsi se livrer à des comportements interdits le reste de l'année. Mais aussi les calendes de Mars qui célébraient la venue prochaine du printemps, rite païen par excellence, lequel autorisait le déguisement et la transgression des interdits. On notera que les Bacchanales ou les Lupercales ont pu aussi servir de ferment au Carnaval sous sa forme actuelle.

 

Le carnaval a donc synthétisé une partie de ces traditions pour se traduire, à partir du 11e siècle, par un défilé populaire où chacun était libre de se déguiser et de parader dans les rues. Cette fête avait par ailleurs une importance particulière au Moyen-Age où elle donnait lieu à l'élection d'un « pape des fous », signalant ainsi que c'était non seulement l'ordre social qui était inversé, mais aussi l'ordre du monde tout entier. Le chapitre V de Notre-Dame de Paris donne un aperçu particulièrement vivant de cette tradition à l'époque médiévale. »

 

En France, le plus connu est le carnaval de Dunkerque et en Italie celui de Venise.

 

Pour les pékins de base à mardi gras on mange des beignets, des bugnes, des crêpes, on mange gras.

 

21 février 2012

Les Tourtisseaux, les Bottereaux, les Foutimassons, les Bugnes ne sont-ils que des Pets de Nonne ?

 

Mon jeune âge en Vendée m’a privé de Carême, m’a seule privation était tout au long de l’année de ne pas manger de viande le vendredi. De toute façon, comme les hommes, eu égard aux travaux des champs, ne modifiaient pas eux aussi leur régime alimentaire. Seul, le clan des femmes, jeûnait. Mardi gras, qui précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême, ne marquait pas chez moi la fin de la «semaine des sept jours gras» mais le «carême-entrant»

 

À l’heure du déjeuner de Mardi Gras la grande cuisine commune (la maison familiale était une ancienne auberge relais de Poste à l’entrée de la Mothe-Achard, sur les murs de la façade subsistait les anneaux de fer où l’on attachait les chevaux) sentait l’huile chaude et la pâte frite.

 

Le rituel était bien établi :

 

-    Les crêpes dites bretonnes

 

-    Puis les crêpes « crapauds »

 

La suite ICI 

 

Bref, cette histoire de manger gras m’a fait penser au grand débat sur le bon gras, la lutte sans merci du beurre contre la margarine puis l’huile surtout l’huile d’olive.

 

Je ne vais pas vous la beurrer gras sur ce sujet.

 

Lisez !

 

7 novembre 2015

« Margarine ! Quel nom pour une fille… » La margarine nous baratine… de Marlon Brando à JP Géné en passant par Périco Légasse sus à l’ersatz du beurre !

 

JP Géné dans LE MONDE du 05.11.2015 publie La margarine, un pur produit d’usine

 

« Voici l’exemple parfait de ce que peuvent engendrer les multinationales de l’agroalimentaire avec le soutien sans faille du marketing, de la pub et de la grande distribution. Rien que des huiles et des additifs, le tout bien emballé et bon marché. Pas un poil de produit frais à l’intérieur, et pas question d’en trouver en circuit court ou chez le paysan du coin (sauf dans son frigo s’il a été lui-même contaminé). Vous l’avez reconnue, c’est la margarine, l’ersatz du beurre, celui du pauvre dont le leader mondial s’appelle Unilever, qui vient de financer le premier magazine du même nom en collaboration avec Menu Fretin : Margarine, le corps gras qui ne compte pas pour du beurre.

 

En effet sur le marché des corps gras solides, soumis en permanence aux alertes hygiénistes, la margarine connaît une nouvelle jeunesse et soutient la concurrence avec l’original. En 2012 (selon Agrimer), la France a produit 410 000 tonnes de beurre et reste leader mondial avec une consommation annuelle de 8 kg/habitant. Mais, depuis trente ans, les ventes baissent régulièrement face à la concurrence des huiles végétales et de la margarine. En 2012, la production française de margarine a atteint 93 000 tonnes pour des ventes estimées à 471 millions d’euros et une consommation annuelle de 2,66 kg par habitant. »

 

Suite ICI 

 

Beurre 1, margarine 0 : les dessous d'une défaite de l'industrie agro-alimentaire après une guerre de 20 ans

 

Unilever, qui avait bâti une grande partie de ses ventes sur le "tout margarine" par opposition au beurre, réputé mauvais pour la santé, opère un changement radical de stratégie en se tournant vers ce produit laitier pourtant honni pendant de longues années.

 

ICI 

 

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:00
belle brochette de présidents

belle brochette de présidents

« Au Salon de l'agriculture 2019, Emmanuel Macron bat tous les records

 

À la Porte de Versailles à Paris, le président a déambulé pendant près de 14h30 dans les allées du salon. »

 

L'an dernier, le président était resté 12h30 au salon. Il avait alors battu le précédent record détenu par François Hollande, qui y était resté douze heures lors de la campagne présidentielle de 2012. L'année suivante, en 2013, François Hollande avait encore passé dix heures dans les allées du salon de l'agriculture.

 

Le président socialiste avait explosé les records de ses prédécesseurs. En 2012, en campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy y avait par exemple passé quatre heures. Jacques Chirac, qui ne manquait pas une édition du salon, pouvait y passer huit heures.

 

Visiblement ravi d'être là, le président a parcouru lentement les allées, s'arrêtant pour discuter à chaque pas, au point de prendre très vite plusieurs heures de retard sur son programme. L'ambiance de ces échanges improvisés, le plus long bain de foule du chef de l'État depuis la crise des gilets jaunes, est restée très bon enfant, ponctuée de nombreux applaudissements et encouragements, même si ça et là ont fusé quelques sifflets et des « Macron démission »

.

Telle fut l’info majeure de ce samedi d’ouverture du Salon, cette « belle vitrine » proclame-t-on de l’agriculture française.

 

Est-ce la réalité ?

 

J’en doute fortement et mon intention en rentrant de mon périple était de pondre une chronique écornant la belle image façonnée pour séduire les visiteurs urbains ultra-majoritaire dans les allées du salon.

 

Et puis je me suis dit : à quoi bon pousser un nouveau refrain sur ce sujet qui me tient à cœur ?

 

Peine perdue, effort inutile, écrire pour rien, mieux vaut que j’aille faire pousser des tomates sur les toits de Paris.

 

Et puis, dans le flot d’infos, est tombé ce compte-rendu surréaliste en provenance de Vitisphère :

 

Emmanuel Macron fait mouche sur le pavillon des vins

 

Lundi 25 février 2019 par Bertrand Collard

 

Le président de la République a séduit les responsables viticoles qui l'ont reçu ce 23 février. Il a marqué des points, faisant preuve d'écoute et de disponibilité après une journée très chargée.

 

En voilà une bonne chose me dis-je.

 

Et je lis :

 

Il s’en est fallu de peu qu’Emmanuel Macron zappe le pavillon des vins lors de sa visite du salon de l’agriculture à Paris, le 23 février. Vers 19 heures, des membres de son équipe débarquent pour prévenir qu’il ne viendra pas. « Il a trop de retard », expliquent-ils aux responsables professionnels qui patientent depuis 16 heures, l’heure initialement prévue du passage du président de la République.

 

« Coup de sang »

 

« Nous sommes première filière agricole française en valeur, il n’est pas question qu’il ne vienne pas », s’emporte Jérôme Agostini, directeur du Cniv (comité national des interprofessions viticoles) à la surprise de son entourage. Mais son coup de sang porte ses fruits. Quelques échanges radio plus tard, la venue d’Emmanuel Macron est confirmée.

 

Il est 21 heures quand il arrive enfin, regrettant son retard. « Cela nous a permis de suivre les matchs de rugby de la France et de l’Angleterre », plaisante Jérôme Agostini. « Et quels sont les scores ? Personne ne m’a rien dit », répond le président. « La France a gagné, l’Angleterre a perdu ». Mais pas question de commenter les matchs, direction l’intérieur du stand.

 

On est presque dans le vaudeville avec les portes qui claquent, et des présidents qui laissent l’aboyeur de service faire son office. C’est à peine risible…

 

Ce qui l’est moins ce sont les sujets abordés par la fine fleur de la vigne France :  ils sont dignes, en dehors du chiffon rouge glyphosate, d’une rencontre avec le Ministre de l’Agriculture ou même de ses directeurs.

 

Étonnant, non !

 

Pas tellement lorsqu’on connaît les préoccupations boutiquières des grands présidents.

 

Intermède plaisant :

 

En face de lui, le sommelier Etienne Laporte l’invite à une première dégustation : un vacqueyras blanc du domaine la Fourmone. « C’est une trouvaille, raconte-t-il. Vacqueyras est une appellation de rouge. Ce blanc est produit sur un terroir qui donne une grande finesse au vin. »

 

« Quel cépage ? » demande Emmanuel Macron. « C’est de la roussanne, un cépage de la Drôme, mais c’est un pur hasard », répond Etienne Laporte en regardant le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, élu de ce département. Comme tous les ans, le sommelier a choisi des vins en rapport avec ses invités.

 

Insoutenable légèreté !

 

La suite est ICI 

 

Glyphosate

 

Puis vient le buzz de la journée : la phrase d’Emmanuel Macron lors de son discours du matin : « je pense que nous pouvons faire du vignoble français le premier vignoble au monde sans glyphosate ». Dès que Jérôme Despey l’évoque, les commentaires fusent. C’est le brouhaha.

Jérôme Despey peine à poursuivre. Mais il y arrive. « [Un vignoble sans glyphosate]… sauf Côte Rôtie et Condrieu, finit-on par comprendre. Dans les vignes en forte pente et dans les vignes en terrasses, le travail du sol va créer de l’érosion. » Si la presse généraliste n’a rien saisi de cette difficulté, le président de la République l’a bien comprise. Sa conseillère agricole nous explique en aparté : « On va abandonner 85 % des usages du glyphosate. Les 15 % qui restent correspondent à des impasses : ce sont les vignes en pente et l’agriculture de conservation des sols ». L’herbicide sera maintenu dans ces deux cas.

 

Tient donc, en voilà une info.

 

Mais Emmanuel Macron n’écoute plus vraiment. Il est 21 h 30. Son entourage lui a déjà fait remarquer plusieurs fois qu’il est attendu ailleurs.

 

Mais pas question qu’il parte sans avoir dégusté un autre vin. Etienne Laporte a choisi un corton-renardes millésime 2011, un grand cru du domaine Maillard père et fils. Un vin à son image, allons-nous comprendre. « Ce vin est un oxymore : il est à la fois jeune et déjà évolué. Il est fin et élégant, mais on en perçoit assez vite la densité et l’épaisseur ».

 

Voilà je n’irai pas au-delà de ce compte-rendu de compte-rendu même si ma plume me démange, que voulez-vous, je sais qu’il est de bon ton, par ces temps de gilets jaunes, de regretter le « mépris » d’Emmanuel Macron pour les corps intermédiaires, mais dans le cas des OPA (organisations professionnelles agricoles) le Président les a brossé dans le sens du poil et il emboîte leurs pas avec enthousiasme.

 

Ça m’inquiète…    

 

Rajout : 

 

Jérôme Despey, qui préside le conseil spécialisé vins de l’organisme public Franceagrimer, estime que pour 20 à 30 % des 800 000 hectares de vigne que compte la France, il y aura des « impasses ». « Nous avons des zones à forte pente où il est impossible de s’occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d’utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l’érosion des sols », fait-il valoir.

Il cite notamment les terrasses du Larzac dans le sud de la France : « Si on n’utilise pas le glyphosate dans cette région, la viticulture c’est terminé ».

 

Les Terrasses du Larzac ont souhaité réagir par la voie de leur attachée de presse, Sarah Hargreaves:

« Nous tenons à rassurer immédiatement les nombreux fans de notre appellation : ils ne risquent pas de voir disparaître leurs vins préférés dans les années à venir.
En effet, non seulement l’AOC Terrasses du Larzac n’est pas menacée par une éventuelle interdiction du glyphosate, mais elle est bien au contraire en avance sur ce sujet ! A ce jour, près de 80% des producteurs de l’AOC sont en bio, ce qui en fait une des appellations les plus en pointe en la matière.
Nous nous réjouissons donc par avance d’accueillir prochainement en toute sérénité tous les amateurs qui souhaiteraient découvrir notre terroir, ses paysages magnifiques, et ses vins magiques. »

 

PS. Si vous êtes capables de mettre des noms sur la belle brochette de présidents je vous paye un verre...

Où en est le futur « premier vignoble sans glyphosate » du monde?
Les rangées de vigne bien nettes, sans herbe, c’est (presque) fini. Le vignoble français, qui absorbe dans son sol une grosse part de l’herbicide glyphosate consommé en France, tente de se mettre en ordre de bataille pour devenir « le premier vignoble sans glyphosate » du monde, selon le voeu d’Emmanuel Macron.

Lundi, au salon de l’Agriculture, le comité national des interprofessions des vins AOP (CNIV) a relevé le défi lancé samedi par le président de la République. « Nous pouvons aller très, très vite pour sortir du glyphosate, d’autant plus vite que nous recevons des aides de l’État« , a déclaré Jean-Marie Barillère, président du CNIV lors d’une conférence de presse. « Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80% des cas cette transition va d’ailleurs s’effectuer« , avait déclaré samedi le président de la République dans son discours d’inauguration du Salon de l’Agriculture, à propos de ce puissant désherbant, considéré comme « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La question du délai n’est toutefois pas résolue.

« Nous allons sortir du glyphosate, c’est sûr, c’est ce que demande la société, mais à quel terme, on ne sait pas exactement« , tempère Bernard Farges, un Bordelais, qui préside la CNAOC (vins et alcools AOC). « Le président a parlé de 80% du vignoble sans glyphosate d’ici trois ans, mais la sortie du gasoil pour le secteur automobile se fait en 25 ans, et pour celle du charbon, on ne sait pas encore« , relève-t-il. Jérôme Despey, qui préside le conseil spécialisé vins de l’organisme public FranceAgriMer, estime que pour 20 à 30% des 800.000 hectares de vigne que compte la France, il y aura des « impasses« . « Nous avons des zones à forte pente où il est impossible de s’occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d’utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l’érosion des sols« , fait-il valoir.

« Le commerce des phytosanitaires s’effondre »

La suite ICI 

 

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 06:00
« Le terroir n’est pas 1 grand mystère, vous donnez le meilleur terroir du monde à con il fera 1 vin de con » Yves Hérody

Lorsque l’ami Olivier de Moor m’a posté la vidéo d’Yves Hérody et que j’ai vu apparaître sur mon écran un gus avec une longue barbe grise fine comme de la fibre de lin, je me suis dit dans ma petite Ford d’intérieur « Eulala, encore un moine civil qui va nous prêcher la bonne parole… »

 

Mauvaise pioche, très mauvaise pioche, comme quoi la barbe ne fait pas le moine, en effet Yves Hérody est un « géologue qui a mal tourné puisqu’il s’occupe du sol, donc il est aussi pédologue, spécialiste des sols, sachant selon lui un spécialiste est quelqu’un qui fait croire qu’il sait… »

 

Il est jurassien, ça rassurera Olif…

 

44 minutes 32 passionnantes

 

De quoi défriser les qui savent tout sur tout, « Il faut savoir reconnaître les limites de sa compétence » avoue-t-il

 

Il me fait penser à quelqu’un mais je garde ça pour moi.

 

Comme je suis mauvaise langue j’adore sa saillie sur le mythe bourguignon, cet énorme héritage médiatique…

 

Le raisin n’est pas du vin

 

Le lait n’est pas du fromage « contrairement à ce que pensent beaucoup de gens un comté n’est pas du tout du lait caillé, il y a dedans 500 ans de savoir-faire.

 

Son job :

 

« Je vais tout faire pour qu’à partir du sol j’ai un raisin dont les caractéristiques vont permettre une transformation à l’optimum. Aller au bout de son savoir-faire, ne pas se battre contre un défaut, un raisin contre lequel on ne va pas essayer de se battre parce qu’il y aura des déséquilibres, on ne va pas mettre des additifs, on ne va pas corriger des trucs, on va dire ce raisin je vais lui faire sortir ce qu’il a dans les tripes, je vais essayer de l’amener jusqu’au bout… »

 

Ça vous va ? »

 

Bon visionnage…


 

PETIT GUIDE pour comprendre la Méthode Hérody ICI 

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 06:00
Barbara-Kirche in Pljos. @ D.W.

Barbara-Kirche in Pljos. @ D.W.

Les « têtes pensantes » des gilets jaunes ont pour la Russie de Poutine les yeux de l’amour, il faut dire que le média Russia Today  les soutient, les manipules avec une facilité confondante.

 

Les Français, en dehors des coupes du monde de foot ou de hand-ball, dédaignent ce petit pays de 5,640 millions d’habitants, membre de l’UE et de l’Otan.

 

 

Le Danemark est un royaume, une monarchie constitutionnelle, la reine Margrethe II de Danemark règne depuis 1972, . C’est l’un des plus plats pays du monde. L’altitude moyenne dépasse à peine 30 m au-dessus du niveau de la mer. Ce sont les glaciations du quaternaire qui ont donné au territoire danois son caractère particulier.

 

ICI 

 

Et pourtant, nous aurions besoin de lever nos yeux au-dessus de notre nombril pour sortir de notre goût immodéré pour les lamentations.

 

La bonne méthode : lire des auteurs étrangers, tel le danois Leif DAVIDSEN

 

Correspondant pour la radio et la télévision danoise en Espagne, puis à Moscou et dans divers pays de l’Est, il s’est spécialisé dans l’histoire de la chute du communisme. Il est aujourd’hui réalisateur de documentaires et auteur de romans noirs très populaires en Scandinavie. 

 

 

La fille du traître est l’un des polars écrit par Leif Davidsen dans lequel, au-delà d’une intrigue bien ficelée, l’intérêt de ce livre, bien écrit ou bien traduit, tient dans le retour de Poutine à la Sainte Russie ainsi résumée par le colonel Constantin Chertsov du FSB (successeur du K.G.B qui a formé Poutine)

 

  •  Tous les Russes cachent un romantique au fond de leur âme immortelle. C'est ce qui fait que ce pays est si spécial. Pourquoi voudrions-nous du style de vie occidental, décadent et athée ? Du culte des Occidentaux pour les homosexuels et les autres êtres dépravés. Du vide infini de l'Occident. L'Occident essaie de supprimer Dieu, mais sans Dieu nous n'avons plus de guide moral. Grâce à notre président, nous avons trouvé notre voie, celle de la Russie et de la religion orthodoxe. C'est la voie éternelle, qui ne nous a jamais trahis. Si nous la suivons, les sanctions et autres menaces américaines ne peuvent nous toucher. Pas vrai ? »
  •  

En face, les oligarques, les nouveaux riches, tel Oleg Patrushev qui, après que la vodka ait coulé à flot, se met à critiquer le régime :

 

  • L'époque actuelle me fait penser à celle de Nicolas Ier.

 

  • Qu'est-ce qu'il avait de particulier ?

 

  • Je peux te résumer ça en trois mots. Orthodoxie. Autocratie. Nationalisme. Enfin, Russitude.

 

  • En effet, ça y ressemble. Je le reconnais volontiers. –

 

  • C'était un despote. Son règne a duré trente ans. Il a mis sur pied une police secrète puissante et un immense réseau d'espions. Il a proscrit la littérature et la presse critiques et poussé je ne sais combien des plus éminents intellectuels russes à l'exil.

 

  • D'aucuns affirment qu'il régnait d'une main de fer, mais qu'il a aussi fait de la Russie une grande nation, crainte et respectée.

 

  • Peut-être, mais il est mort brisé et affaibli après avoir perdu une énième campagne militaire. Et où ? En Crimée. Avec sa folie des grandeurs, Nicolas Ier a cru qu'il pourrait s'attaquer impunément à l'Empire ottoman, à la France et à la Grande-Bretagne. Aux grandes puissances de l'époque. A l'Occident tout entier. Ça ne te rappelle rien ?

 

  • C'est une conversation dangereuse, Oleg. Très dangereuse.

 

Ça se passe à Ples qui est l’une des plus anciennes villes de Russie qui est devenue très prisée, à la fois des oligarques et des touristes, grâce à ses paysages typiquement russes avec ses étendues au bord de la Volga, les coupoles de ses églises et ses maisons aux façades sculptées.

 

 

En Russie, Ples possède plusieurs surnoms : le fleuron de la Volga, l’émeraude du Nord, Ples d’or, ou encore la « Suisse russe ». Environ 150 000 touristes la visitent chaque année. La première mention de Ples comme ville-forteresse sur la Volga remonte au XIIe siècle.

 

 

« Il y avait ces églises à coupoles et ces maisons sur les flancs des collines. Elles étaient si belles dans la lumière dorée du soleil, et représentaient ce qui l'avait séduit en Russie. Le vieux débarcadère à moitié submergé par la Volga avait disparu, comme les communistes qui l'avaient construit. le port qui l'avait remplacé s'offrait comme le reste de la ville aux touristes de passage, et en particulier à leur argent. Ils ne restaient pas très longtemps, aussi s'agissait-il de les traire tant qu'on le pouvait. Les petits chalets, avec leurs fenêtres à croisillons, étaient peints en bleu, en vert profond et en marron, et l'été, dans les rues, il flottait un parfum floral qui enivrait les abeilles comme les gens. »

 

John Arnborg, l’un des personnages important du livre, un Danois du renseignement, au parcours sinueux, un transfuge, au cours d’un dîner chez le Premier Ministre, Dmitri Medvedev, qui possède une magnifique Datcha à Ples, est inquiet :

 

« Encore une fois, il se mit à regretter les folles années 1990 de cet ivrogne d’Eltsine, qui avait instauré un débat ouvert, libre et fantastique. La Russie était alors drôle et horrible à la fois, mais on avait l’impression qu’elle s’apprêtait à prendre un nouveau départ, qu’elle était un phénix libéré qui allait renaître de ses cendres du totalitarisme et déployer ses ailes. Cela avait été exaltant d’assister à la naissance d’une nation. Une nouvelle Russie où il s’était senti chez lui. Une nouvelle Russie capable de devenir le contre-poids nécessaire des États-Unis. Mais ce n’était plus le cas. L’oiseau s’était révélé être un dragon, et des œufs qu’il avait pondus avaient surgi le glaive et la croix qui, une fois de plus, menaçaient de plonger la Russie dans les ténèbres. Pourquoi la Russie était-elle comme maudite ? Pourquoi la liberté et la démocratie n’étaient-elles que des parenthèses suicidaires face au totalitarisme ? Il ne connaissait pas la réponse. Il ressentait juste un malaise physiquement et mentalement. Il avait peur pour l’avenir. »

 

« La Russie ne reconnaît que la force. C’est le seul langage qu’elle comprenne. »

 

 

La fille du traître

Paru le 2 janvier 2019 

Roman de Leif DAVIDSEN traduit du danois par Frédéric Fourreau

Éditeur : GAÏA 

Un drame passionnant sur la loyauté, les secrets de famille, et les tensions politiques actuelles entre la Russie, l'Ukraine, les pays baltes et l'Occident.

À lire !

 

 

 

La spectaculaire résurgence de l'agriculture russe met la France au défi
MURYEL JACQUE Le 22/02 à 08:02
 
 
 
 
 
 
 
   
 
 

La Russie domine les exportations mondiales de blé. Sa stratégie de conquête bouscule les ventes françaises.

« Nous sommes dans le brouillard alors que nos compétiteurs avancent très vite... Tout particulièrement la Russie ». En présentant la dernière note publiée par Agridées en janvier, Yves Le Morvan, le responsable filières et produits du think tank français, ne cache pas que la situation devient préoccupante. « Y a-t-il une filière exportatrice céréalière en France ? Nous nous sommes posé la question. Il s'agit pourtant du premier des débouchés d'export du pays. » Le laboratoire d'idées du secteur agricole depuis un siècle et demi assure qu'il ne tire pas la sonnette d'alarme. Mais il juge l'importance du sujet « très sous-estimée ».

La France est le premier producteur et le premier vendeur européen de blé à l'international. Elle appartient, tout comme l'Allemagne, au club très fermé des exportateurs mondiaux de blé : huit pays se partagent l'immense majorité des exportations de la céréale reine. Mais, depuis quelques années, sa présence sur les marchés de la planète s'étiole, à l'heure où les ventes des pays de la Mer noire, la Russie et l'Ukraine en tête, ont explosé.

 

 

En cinq ans, la production de la Russie a bondi de 25 %. Et, en 2017, pour la première fois, elle est devenue  le premier exportateur mondial de blé « Il y a vingt ans, c'était un des grands importateurs », rappelle Stéphane Bernhard, le directeur d'Invivo Trading. « Nous sommes sortis du temps où la France, l'Europe, marquaient la réalité des prix mondiaux. A présent, nous suivons les leaders. »

 

La suite ICI 

 

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 06:00
Marqueur fort de l’intimité et de l’identité de chacun, ce que nous mangeons nous définit en très grande partie tant sur le plan de notre propre santé que sur celui de notre rapport aux autres

Pour un natif d’une Vendée alors profondément ancrée dans la religion catholique, apostolique et romaine, mon alimentation durant toute ma prime jeunesse n’a été marquée que par un seul interdit : celui de manger de la viande le vendredi. Je dois avouer que j’aimais bien le vendredi car la mémé Marie nous faisait manger des galettes de blé noir cuites dans du beurre salé, j’en mangeais 5 ou 6, la dernière tartinée de raisiné. Ce n’était donc jamais poisson le vendredi, nous en mangions souvent le dimanche.

 

Mon jeune âge me dispensait du jeûne du Carème qui d’ailleurs au Bourg-Pailler n’était guère respecté. Le seul jeûne que j’ai connu, de courte durée, fut celui qui devait précéder de 3 heures la communion (Autrefois, l’Église demandait d’être à jeun depuis minuit. Puis, cette exigence a été ramenée à 3 heures précédant la communion. Mais ces dernières décennies ont vu surgir une grande confusion, suite aux nombreux changements (et souvent abus…) survenus dans le sillage du renouveau liturgique; certains décidant que 15 minutes suffisaient, d’autres clamant que l’obligation du jeûne eucharistique n’existait plus.)

 

Le pain était sacré puisqu’on y traçait le signe de la croix avant de l’entamer, le curé distribuait chaque dimanche à la grand-messe du pain béni, offert par une famille. Le curé se sifflait dans son ciboire du vin devenu sang du Christ alors qu’il était blanc. Bref, la dimension religieuse n’a donc guère impactée mes habitudes alimentaires qui n’ont été modelées que par mon appartenance à une famille paysanne où l’on mangeait de tout sauf de ce l’on ne connaissait pas.

 

Ce n’est pas pour autant qu’il faille se désintéresser de ces influences. Je propose à votre lecture ce texte savant qui, même s’il s’en tient à des généralités, pose de bonnes questions et mériterait d’être un peu plus étayé.

 

Le goût des autres par Sébastien Abis

 

Étonnamment, les dimensions culturelles et religieuses semblent mésestimées dans les analyses portant sur l’évolution de la sécurité alimentaire et les dynamiques de consommation dans le monde. Curieusement, de nouvelles pratiques se développent autour de l’alimentation sans être considérées comme de potentielles « croyances ».

 

Deux remarques pour signifier à quel point nos systèmes de valeurs – aussi divers soient-ils – affectent nos comportements alimentaires et, n’étant pas véritablement mesurables, se retrouvent le plus souvent mis à l’écart de nos réflexions sur l’état de l’alimentation dans le monde. Il est fort probable que cette lacune tient à notre difficulté à appréhender des dynamiques sociales éminemment hétérogènes, selon les croyances des individus et les choix alimentaires qu’ils opèrent tout au long de leur existence. Il est aussi possible que notre sacro-sainte laïcité à la française nous amène à écarter ces grilles de lecture essentielles.

 

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce en quoi tu crois

 

Nos pratiques et nos choix alimentaires répondent en partie à des considérations culturelles ou cultuelles. Ils dépendent à la fois du territoire où nous nous vivons et de notre trajectoire, au fil de rencontres et de découvertes ; ces valeurs et ces croyances transforment inévitablement notre alimentation. Non seulement la religiosité au sein des sociétés reste prégnante mais, simultanément, de nouvelles croyances émergent, chez des individus devenus « consomm’acteurs ».

 

Marqueur fort de l’intimité et de l’identité de chacun, ce que nous mangeons nous définit en très grande partie tant sur le plan de notre propre santé que sur celui de notre rapport aux autres. À travers la nourriture d’un individu et ses pratiques alimentaires, on peut même appréhender une dimension de ce qu’il est, y compris sur le plan religieux. Les interdits ou les tabous alimentaires peuvent renseigner sur les croyances religieuses d’une personne. Le rapport est donc très étroit entre le système alimentaire et l’univers, religieux ou non, de chacun. Impossible de mener une enquête sociologique sérieuse sur les modes de consommation sans intégrer ces variables ! Impossible aussi de scruter la situation alimentaire d’un pays ou d’un territoire sans tenir compte de ses réalités culturelles et religieuses, autrement dit de sa civilisation. Et rien ne laisse penser que ces fondamentaux disparaîtront demain, eu égard aux géopolitiques des religions qui continuent d’animer chaque continent. Il s’avère donc indispensable d’associer ces paramètres pour tenter de cartographier les trajectoires alimentaires de la planète.

 

Sacrée nourriture !

 

La suite ICI 

 

Sébastien Abis Directeur du Club Demeter, chercheur associé à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 06:00
Pour J.P. Kauffmann : Venise, Napoleone il Massimo, Eugène de Beauharnais, la suppression en masse des communautés religieuses, en 1806 et 1810, et la réorganisation des paroisses de la ville provoquèrent une hécatombe d’édifices sacrés, 72 églises furent abattues.

Dans son livre Venise à double tour, JPK évoque à plusieurs reprises Napoléon. Ainsi lorsqu’il va prendre un café au bar du musée Correr : « Á l’entrée, sous les  arcades, une dalle que foulent quotidiennement les touristes indique l’emplacement de l’église San Geminiano, démolie en 1807. La façade Renaissance, l’une des plus belles de Venise, est dessinée sur le pavement. C’est  Napoléon qui a fait raser l’édifice pour agrandir le palais royal. »

 

 

Avec Don Raffaele le curé des Gesuiti, JPK prononce le nom de Napoléon, « évoquant les réformes qu’il a apportées » Il le coupe rudement : « Des réformes ! Il n’avait qu’une seule idée : détruire Venise, détruire le lien qu’elle avait avec l’Église. »

 

JPK soupire en son for intérieur « Napoléon, le grand désaffecteur des églises ! »

 

Le décret du 28 juillet 1806 ordonna la suppression de quinze monastères d’hommes et de dix-neuf de femmes dans Venise. Neuf églises paroissiales furent fermées. Une nouvelle disposition impériale prise le 23 avril 1810 acheva la liquidation des ordres religieux. Á cette date, on pouvait recenser la fermeture de quarante-sept églises dépendant d’autant de couvents. La plupart des objets d’art qu’elles renfermaient furent bradées.

 

Et le curé de conclure :

 

  • Votre Napoléon a fait démolir à côté une église splendide, San Vio. Croyez-moi, cet homme était un vandale.

 

Comme tout bon lecteur de JPK le sait celui-ci a un petit faible pour Napoléon.

 

Une fois refermé son livre et bouclée ma chronique je suis allé rechercher le livre de Alvise Zorzi La République du lion Histoire de Venise que j’avais acheté avant ma première visite à Venise. Je l’ai retrouvé et entre ses pages j’ai même retrouvé mon billet de retour Venezia San Lucia- Paris-Bercy. En effet, j’avais décidé d’utiliser ce train pour me rendre à Venise.

 

 

J’ai repris ma lecture à la signature du traité de Campo Formio  le 18 octobre 1797, c’est le jeune général Napoléon Bonaparte (28 ans) l’impose aux Autrichiens et au Directoire. C'est le début d'une éclatante épopée qui affaiblira durablement la France et changera à jamais l'Europe. ICI 

 

Alvise Zorzi écrit « L’Istrie et la Dalmatie à l’Autriche, les îles Ioniennes à la France. L’empereur François, défait par les armes, a gagné par la diplomatie une bataille commencée trois siècles plus tôt ; la convoitise que les deux derniers empereurs n’auraient pas osé avouer est satisfaite. L’impétuosité, l’improvisation, l’ambition d’un jeune et grand général ont joué un mauvais tour à l’Italie, à la France et à lui-même. Il se vengera, certes, il se vengera ! Mais pour Venise, c’est la fin. L’ultime espoir  d’une possible indépendance sous condition s’est envolé en fumée. »

 

 

18 janvier 1798. En exécution du traité de Campoformio, l’armée impériale occupe la ville de Venise.

 

 

19 janvier 1906 : en exécution de la paix de Presbourg, l’armée française rentre à Venise, « au milieu de l’enthousiasme de la population », écrivent les journalistes de l’époque. Alvise Zorzi note : « Que cet enthousiasme fût vrai ou imaginaire, une chose est certaine, cette journée inaugure la période la plus triste de l’histoire de Venise. »

 

« Les provinces vénitiennes s’inséraient dans un royaume d’Italie qui avait comme roi Napoléon Ier, devenu empereur des Français, et comme vice-roi le fils de Joséphine de Beauharnais, Eugène de Beauharnais. La capitale avait été fixée à Milan ; ce choix signifiait la déchéance au rang de cité provinciale de celle qui avait été durant des siècles la Sérénissime Dominante d’un État s’étendant de l’Asie à la Lombardie. »

 

 

« Venu en visite officielle le 29 novembre 1807, dans un tourbillon de festivités et de flagorneries, Napoleone il Massimo, comme l’appelèrent à cette occasion thuriféraires et orateurs officiels, abaissa son foudroyant regard sur la malheureuse ex-reine des mers et pris une série de mesures de nature, selon lui, à lui permettre de se relever : aménagements portuaires, restauration des digues de Pellestrina, mesures de protection de l’industrie du verre de Murano, affectation de huit millions par ab à l’Arsenal pour la construction de navires… (En pure perte puisque le blocus continental du 21 novembre 1806 imposé à toutes les puissances navales s’appliquait aussi à Venise).

 

« Outre le port franc (limité à la seule île San Giorgio) et la Chambre de Commerce, Napoléon a doté Venise d’un cimetière et d’un jardin public. Le cimetière, s’il a sauvé de la démolition la splendide église Renaissance de San Michele di Murano, a provoqué celle de San Cristoforo della Pace, église gothique construite peu après 1454. Le jardin public, qui abrite de nos jours les pavillons de la Biennale, a coûté la destruction de tout un quartier dont faisaient partie les églises de Sant’Antonio et de Sa Nicolo di Castello avec le séminaire ducal attenant, des Cappucine (les Concette) et de San Domenico di Castello : des œuvres d’art admirables seront en partie dispersées, en partie détruites, très peu seront recueillies par les nouvelles galeries de l’Académie des beaux-arts.

 

 

Le vice-roi, qui exigea la construction d’une salle de bal et d’un grand escalier pour le palais royal, installé dans les anciennes Procuraties de la place Saint-Marc (ce fut une grande chance que l’on n’ait pas décidé de l’installer, comme on y avait pensé d’abord, dans le palais ducal), fut responsable de la démolition de l’église de San Geminiano, chef-d’œuvre de Sansovino, qui fermait harmonieusement la place en face de la basilique Saint-Marc. Mais la suppression en masse des communautés religieuses décidées à deux reprises, en 1806 et 1810, et la réorganisation des paroisses de la ville provoquèrent une hécatombe d’édifices sacrés. Entre Venise et les îles de l’estuaire, soixante-douze églises furent abattues : il nous faut nous contenter aujourd’hui de les admirer sur les estampes et les tableaux datant d’avant la tempête »

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 06:00
1 déjeuner du dimanche bon et pas cher sur le pouce : 1 quignon de pain et une boîte de sardines à l’huile

Il pleuvait des cordes, ça dégoulinait, ça ventait, par la fenêtre de ma cuisine je contemplais les murailles sombres de la prison de la Santé, elles sont restées d’origine, au-delà desquelles un soi-disant architecte a érigé pour, le compte de la République, des blocs blanchâtres percés de fenêtres munies, bien sûr, de barreaux – innovation, elles sont à hauteur d’homme, et je vois ainsi les prisonniers dans leur intimité – et comme certains pensent que je passe mon temps à gueuletonner dans des établissements de luxe, que je dépense un pognon de dingue, qu’un jour les gilets jaunes viendront me faire rendre gorge, j’ai décidé de chroniquer sur l’en-cas que je me suis préparé.

 

Suis allé puiser dans mon stock de boîtes de sardines à l’huile :

 

Comme c’était dimanche j’ai choisi une boîte de luxe : Sardines au beurre Bordier YUZU à poêler 7 euros. Pas donné certes mais comme plat principal ça reste acceptable.

 

 

Y’en a à tous les prix, mais attention toutes les boîtes ne font pas le même poids, et ramener le tout au kilo n’est pas évident. Disons grosse maille pour  des sardines de qualité ça varie de 15 à 25 euros le kilo.

 

Les miennes, de la Quiberonnaise, 4 sardines, reviennent à 63,50 euros le kilo. Donc sardines de luxe mais d’ordinaire je me rabats sur l’ordinaire mais foin de mauvaise conscience passons à l’exécution :

 

  • Tout d’abord réchauffer la boîte fermée sous le robinet d’eau chaude

 

  • Ouvrir délicatement, pas toujours facile avec le système moderne qui est tout de même plus pratique que l’ouverture ancienne avec une clé.

 

 

  • Verser le contenu de la boîte dans une poêle sous feu doux

 

  • Couper votre quignon de pain en 2

 

  • Présenter vos sardines sur des feuilles de salade

 

 

  • Humecter vos 2 tranches de beurre tiède

 

  • Couper vos sardines en deux et poser les parts sur les tranches

 

​​​​​​​

  • Ouvrir une bouteille de Maximus de Nicolas Carmaran  

 

  • Vous verser un verre

 

  • Mangez et buvez
  •  

Voilà le travail ça fait un casse-croûte à grosse maille, avec les 2 verres de vin, à 8 euros.

 

Dans la foulée, pour le dîner, j’ai encore amélioré la performance puisque je me suis préparé des patates au four raclette. Je n’ai pas fait le compte mais même si mes patates étaient là encore des patates de luxe, j’ai dû tourner, avec le verre de vin, sans compter l’électricité, autour de  3 euros.

 

 

Un dimanche à 11 euros qui dit mieux ?

 

Moi, lorsque je mange des pâtes à midi et le soir en buvant de l’eau…

 

Les chiens aboient, la caravane passe…

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 06:00
photo CAVE

photo CAVE

Dimanche, le 10, le ciel déversait des seaux, il faut dire que le samedi les rues étaient encombrées de sots, je n’ai pas mis le nez dehors, j’ai lu, écrit et puis j’ai consulté ma boîte mail. Un message m’est sauté à la vue, il émanait de Gland, Gland c’est en Suisse :

 

Découvrez Alain Hasard, artiste de la côte chalonnaise !

 

Là, mon sang n’a fait qu’un tour, découvrir, découvrir, Alain Hasard, qu’est-ce qu’on me chante-là ?

 

Illico je plongeais dans ma cave de chroniques (normal c’est pour répondre à CAVE) et je tirais de la poussière un « petit joyau » (si je ne me cire pas moi-même les pompes, qui le fera à ma place ?) :

 

18 novembre 2008

Mes Riches heures en Bourgogne 1: le principe de «discrétion» appliqué par Alain Hasard vigneron d’Aluze

 

« Face au terroir, plus l'homme se fait discret, meilleur est le vin » Stéphane Derenoncourt

 

N.d.l.r : en ce temps-là, je vivais dans l'illusion française mais comme allez le constater, je doutais.

 

Lundi, veille du 11 novembre, dans ma quête des réalités du terroir profond, j’ai pris matinalement le TGV pour Beaune afin d’aller à la rencontre de vignerons qui travaillent autrement. Des atypiques comme les vins qu’ils produisent. Mais, comme dans notre beau pays on adore cataloguer, classer, réduire les choix au binaire, pimenter le tout d’un bon zeste d’engagement, bâtir des chapelles, je dois vous prévenir que je n’appartiens à aucune coterie, mouvement et que je ne souhaite pas être annexé par qui que ce soit.

 

Afin de bien être compris, les mots sont si commodes que certains prennent un malin plaisir à cacher sous eux des acceptions simplificatrices – je vous dois des explications à la fois sur mon intérêt pour tous ces vignerons qui revisitent leur métier et sur ma relative allergie vis-à-vis de la notion, très à la mode, de vin dit naturel.

 

Pour les urbains, coupés du cycle des saisons, consommant de la nature en WE ou maison de campagne, ça signifie des vins qui se font tout seul, en toute liberté, des sauvageons, des vins libres. Ce n’est pas tout à fait faux mais ce n’est pas exact : la main de l’homme y est bien plus présente, constante, qu’il n’y paraît, même si elle se veut peu intrusive, plus accompagnatrice que directive. C’est sur cette geste attentionnée, ce « non interventionnisme » que je souhaite chroniquer ce matin après mes visites chez Alain Hasard à Luze. Mais avant d’en arriver là parlons de la Nature.

 

La nature, l’originelle, ce sont les forêts primaires, intactes, jamais exploitées ni fragmentées, indemnes de la main de l’homme, qui représentent le plus haut degré de naturalité. Même les prairies naturelles de mon bocage natal, chères à mon cœur d’ancien gardien de vaches, reste bien éloignée de la naturalité. Mais comme la nature est « tendance », l’appropriation du naturel par les défenseurs de la nature est une tentation de tous les instants.

 

François Morel, dans son dernier opus « le vin au naturel » pressentant l’objection, s’en explique « On n’a peut-être jamais autant parlé de la nature que depuis aujourd’hui : depuis que, dans son complexe rapport à l’homme, elle apparaît menacée, voire en voie de destruction. Que l’homme soit partie intégrante de la nature, et en tant que tel agent essentiel de sa perpétuelle transformation, personne ne peut le nier. Au même titre que la dérive des continents ou la respiration des plantes. Mais l’homme est seul à avoir un pouvoir de choix ou de décision. Le sens des choix et des décisions est donc d’une importance fondamentale. Autrement dit, la nature n’existe pas en tant que donnée figée, définitive et immuable, elle est perpétuellement en train de se faire et l’homme en est indissociable. Elle est tout à la fois ce qui est donné et ce qu’on en fait.

 

[…] Pour les vignerons, dans l’immense majorité de ceux qui sont concernés, la référence à une conception « naturelle » du vin n’émane pas d’une théorie de « la Nature », bien hasardeuse. Elle résulte du choix d’une agriculture qui s’adapte aux écosystèmes, à l’opposé d’une industrie agro-alimentaire qui veut adapter les écosystèmes. Concrètement : une volonté de se démarquer de méthode de viticulture et de vinification qui multiplient les interventions et les traitements à tous les stades du travail de la vigne et de l’élaboration du vin et viennent modifier – dénaturer, donc – la subtile et complexe biochimie des constituants du vin par des intrants et des « produits chimiques » de plus en plus sophistiqués. Á l’opposé de la conception industrielle qui préconise engrais, pesticides, levures et bactéries « sélectionnées », sucre de chaptalisation, soufre, acidifiants et autres, il s’agit donc de la prise en compte de cette matière vivante qu’est le vin. Travailler à la qualité de la matière première plutôt que s’en remettre aux techniques correctives, s’attacher à des vins vivants.»

 

La suite ICI 

 

Il y a fort longtemps que je n’ai pas goûté ses vins alors je vous confis à un expert : Jacques Perrin.

 

« À l'heure où les prix des plus prestigieux vins de Bourgogne flambent littéralement, il y a encore de grandes et belles découvertes à faire dans cette région mythique, notamment au sud de celle-ci, à quelques encablures de la côte de Beaune et du mâconnais. En côte chalonnaise plus précisément.

 

Les Champs de l'Abbaye est le nom de la section cadastrale sur laquelle se situent la maison et le caveau d'Isabelle et Alain Hasard. Sis sur la commune d'Aluze, entre Rully et Mercurey, le domaine a pour symbole une clé de Fa, clin d'œil du mélomane et parallèle subtil entre champ et chant. Alain Hasard est d'origine ardennaise. Il tient de son père, œnophile accompli, sa passion pour le vin. Après avoir achevé des études de psychologie à Montpellier, il travaille dans un restaurant gastronomique en tant que sommelier puis s’oriente vers l’aventure vigneronne. L'aventure est lancée. »

 

Attiré par la Bourgogne et le pinot noir, il suit une formation à Beaune, puis effectue des stages chez des vignerons de côte de Beaune et chalonnaise. C'est en 1997 qu'il s'installe dans le couchois où il travaillera ses première vignes. En 2006, après cette première expérience, Alain, Isabelle et leurs enfants s'installent à Aluze. Ici, ils convertissent ce vignoble en bio avec une approche biodynamique appliquée avec bon sens. Ils optent pour de petits rendements et des vendanges manuelles.

 

Dans la même lignée, les vinifications sont très peu interventionnistes : après égrappage total ou partiel, la fermentation est spontanée, la cuvaison pour les rouges dure 8 à 10 jours, tandis que les blancs sont vinifiés sous bois. L’entonnage et l’élevage durent entre 11 et 14 mois avec 25 à 30% de neufs. Aucun soutirage n'est réalisé. La mise en bouteille se fait après très légère filtration, en douceur.

Les vins sont aujourd'hui célébrés par les journalistes les plus passionnées et exigeants, au même titre que les plus prestigieux crus de Bourgogne. C'est une découverte majeure, prioritaire !

 

 

 

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 06:00
Dionysos, le dieu de la fête, de la vigne, du délire extatique, du désordre les Bacchantes d’Euripide « Il a découvert l’humide dans la boisson de la grappe, et il l’a introduite chez les hommes ; elle libère les malheureux de la douleur, quand ils sont pleins du jus de la vigne. »

Même si ça étonne certains je suis encore capable d’enjamber le périphérique pour me rendre, en métro, un samedi après-midi,  dans les profondeurs de la banlieue afin de nourrir mes vieux neurones de culture.

 

En allant faire mes courses sur mon vélo j’avais encore croisé des hordes de gilets jaunes errant, suivies par une armada de fourgons emplis des forces de l’ordre, toujours avec les mêmes slogans, la même vacuité, Viansson-Ponté avait écrit dans le Monde, avant mai 68, « La France s’ennuie », comme le sentiment qu’ils ne savent pas quoi faire de leur vie. Tout à la fin, les violents casseront, brûleront tout ce qui leur tombe sous la main.  D’ailleurs, sur la ligne 13 les stations Varenne, Champs Elysées-Clémenceau, Miromesnil… sont fermées.

 

Pauvre ligne 13, poussive, avec sa Fourche, qui après avoir traversé les beaux quartiers s’enfonce dans la tristesse de terres délaissées, arrêt à Gabriel Péri. (1). La piste est bien fléchée pour le parigot tête de veau que je suis.

 

 

La salle est complète, public très couples de profs et jeunes gens en mission pédagogique « vous irez voir les Bacchantes ». Pendant la séance mes jeunes voisines tripoteront leur IPhone, trouvant sans doute le temps long. Je dois dire que moi aussi j’ai trouvé le temps bien long.

 

 

Mais revenons à l’affiche du TG2 de Gennevilliers, qui n’est pas dans le neuf.3 mais le neuf.2, souvenir du temps où j’embouteillais du vin sur le merveilleux port de pêche de Gennevilliers, les Bacchantes d’Euripide

 

 

« Le mythe ne fait qu'un avec le tragique chez Euripide. Sémélé, aimée de Zeus, meurt enceinte de six mois. Zeus recueille le prématuré et l'abrite dans sa cuisse, jusqu'à la vraie naissance. L'enfant est Dionysos, dieu de la vigne et du délire extatique. Que Dionysos soit le fils de Zeus, cela est mis en doute par nombre de parents, dont Penthée, roi de Thèbes. Dionysos décide d'aller détruire Thèbes. Il y entre, accompagné comme à l'accoutumée de ses amies, les Bacchantes. »  Michel Cournot

 

Pièce tardive d'Euripide, la tragédie des Bacchantes fut représentée juste après sa mort en 405 av. J.-C. Elle occupe une place particulière dans le répertoire tragique, car elle est la seule à mettre en scène Dionysos, le dieu du théâtre, et à évoquer explicitement son culte en le glorifiant. La pièce donne en effet à voir l'affrontement qui oppose le chœur des Bacchantes, mené par Dionysos lui-même, et le roi de Thèbes Penthée, qui tente de mettre fin à un culte qu'il juge usurpé. Pour affirmer sa puissance, Dionysos entraîne à sa suite les femmes de la cité en les frappant de délire et les pousse à mettre en pièces Penthée, dont la tête sera portée en triomphe sur scène par sa propre mère, Agavé. Le culte de Dionysos finit donc par s'imposer de manière éclatante, contre ceux qui niaient sa divinité et lui refusaient leur vénération.

 

Très beau texte, mais comme le dit mieux que moi Dashiell Donello Bernard Sobel n’a pas sorti les dieux de la machine théâtrale, au T2G

 

« En entrant dans la salle, nous voyons un film qui met en action des constructeurs de décors. Cela nous amène, peu à peu, dans l’intime du théâtre avant le théâtre, et nous nous imaginons que les colonnes en trompe l’oeil, vont restituer un temple de la période classique, probablement le Parthénon. Hélas ! Notre imagination était trop exigeante.

 

D’entrée quelque chose ne prend pas. Comme n’a pas pris la continuité du film au lever du rideau. Toute la belle énergie des « Titans » de la technique a disparu. Et notre pauvre Dionysos est plus proche d’un sympathique animateur que du Dieu terrible supposé. De tout ce qui magnifie le théâtre, Bernard Sobel ne nous restitue que quelques éléments de polystyrènes abandonnés à cour et à jardin avec, ce qui n’est pas nouveau, la machinerie à vue. Quant à la fontaine de Dircé où le feu divin brûle encore, c’est par respect, au grand homme de théâtre que nous avons aimé, que nous ne rions pas. Nous devons encore nous retenir à l’arrivée du chœur. Que dire ? Rien. Quand les costumes font fausse route au théâtre, ils ne font pas les moines, hélas ! Si le but est de ne pas faire réaliste, c’est presque parfait. clairement identifiés. Notre seule défense, c’est la transparence. »

 

ICI 

 

Oui, mise en scène indigente, interprétation poussive, que je regrette que ne pas avoir été au Français en 2005, comme l’écrivait Michel Cournot :

 

« André Wilms met en scène Les Bacchantes à la Comédie-Française. Le décor est un jeu de fragments de piliers, sans ornements ni architecture d'ensemble définie. Une polychromie de grands bâtons de pierre dressés, dont les couleurs ne sont pas habituelles - des couleurs sans correspondance avec la nature, des couleurs disons "industrielles", qui ne sont d'aucune époque.

 

Soudain, après un noir bref, nous retrouvons tous ces piliers tombés à terre. Au décor de barres droites, dressées ou tombées, succédera un disque rouge sang, géant, qui se reflète dans un miroir ; c'est très frappant, très beau. Au centre de ce disque, une fosse dans laquelle sont couchés Agavé et le corps de son fils en morceaux.

 

La traduction française, de Mayotte et Jean Bollack, est simple et claire. Le texte, même celui du chœur, est réaliste, évite le lyrisme, alors que l'action et le dialogue irradient un mystère qui n'est pas celui des autres pièces d'Euripide, un mystère que l'on pourrait dire spirituel, et qui n'est peut-être pas sans lien avec l'Egypte.

 

Superbe interprétation maison. La troupe du Français est à son mieux. Denis Podalydès, Dionysos jeune, alerte, lumineux. Martine Chevallier, Agavé d'un tragique pur. Sylvia Bergé, Catherine Salviat, Véronique Vella, Anne Kessler, Florence Viala, Bacchantes attentives, plutôt assagies par leurs costumes sans érotisme ni bestialité excessifs. Catherine Samie, Coryphée d'autorité parfaite. Eric Ruf, roi de Thèbes sûr de lui. Daniel Znyk, vieux Cadmos impassible. Michel Robin, Tirésias imprudent.

 

C'est une représentation d'un style neuf, inattendu, très fort.

 

Les applaudissements au TG.2 furent poussifs.

 

 

Pour me consoler je me dis tu vas aller prendre verre au bar en grignotant un plat de Youpi ; là aussi catata, une tristesse infinie, je fuis.

 

 

Dans le métro, je souligne des passages dans le texte traduit par Mayotte et Jean Bollack :

 

 

TIRÉSIAS :

 

… Ce dieu, le nouveau, dont tu te moques,

Je ne pourrais pas dire combien il sera grand

À travers la Grèce. Il y a deux principes, jeune homme,

Dans le monde : Demeter, la déesse,

C’est la terre, quel que soit le nom que tu veuilles lui donner.

Elle nourrit les hommes dans le sec.

Lui, le fils de Sémélé, est allé au pôle contraire

Il a découvert l’humide dans la boisson de la grappe, et il l’a introduite

Chez les hommes ; elle libère les malheureux

De la douleur, quand ils sont pleins du jus de la vigne ;

Elle donne le sommeil, l’oubli des tracas du jour.

Il n’y a pas d’autre drogue contre la peine.

Ce dieu, né dieu, coule en l’honneur des dieux ;

Le bien des hommes, il en est la cause.

Et tu te moques de lui parce qu’une suture l’a implanté dans la cuisse

De Zeus ?

 

[…]

 

Fais couler le vin, fais le bacchant, mets des couronnes.

Ce n’est pas Dionysos qui forcera les femmes à la raison

En amour, la raison

Fait partie de la nature, en toute chose, toujours.

C’est cela qu’il faut avoir en vue. En pleine extase bachique,

La femme de raison ne se perdra pas.

 

PREMIER STASIMON

Antistrophe 2

 

Ce dieu, fils de Dieu,

Prend plaisir aux banquets,

Il aime Paix, prodigue

De trésors, la déesse nourricière de garçons.

À part égale, il a donné au riche

Et au petit d’avoir le charme

Sans chagrin du vin.

Il hait l’homme indifférent à cela :

Vivre jusqu’au bout le bonheur,

Dans la clarté et le long des nuits aimées ;

Tenir loin de soi coeur et tête de sophiste

Comme en ont les prétentieux !

Ce que croit la masse,

La pratique des gens ordinaires,

Dans ce lieu, je voudrais l’accueillir.

 

Bacchante (nom féminin)

Prêtresse de Bacchus

1537 - «Alors une grande partie de ces dames se leverent, pource que ainsi le faire madame la duchesse leur avoit faict signe, et en riant coururent toutes contre le seigneur Gaspard, comme pour le vouloir batre, et luy faire comme les baccantes Dorpheus, en disant tousiours ; Vous verrez a cest heure si nous soucions que de nous se parle mal.» J. Colin, trad. : B. de Castillon,  Courtisan, II, 143 r° (J. Longis et V. Certenas) - R.K.

 

(1) « Gabriel Péri »

 

Un homme est mort qui n’avait pour défense

 Que ses bras ouverts à la vie

 Un homme est mort qui n’avait d’autre route

 Que celle où l’on hait les fusils

 Un homme est mort qui continue la lutte

 Contre la mort contre l’oubli

 

Car tout ce qu’il voulait

 Nous le voulions aussi

 Nous le voulons aujourd’hui

 Que le bonheur soit la lumière

 Au fond des yeux au fond du cœur

 Et la justice sur la terre

 

Il y a des mots qui font vivre

 Et ce sont des mots innocents

 Le mot chaleur le mot confiance

 Amour justice et le mot liberté

 Le mot enfant et le mot gentillesse

 Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits

 Le mot courage et le mot découvrir

 Et le mot frère et le mot camarade

 Et certains noms de pays de villages

 Et certains noms de femmes et d’amies

 Ajoutons-y Péri

 Péri est mort pour ce qui nous fait vivre

 Tutoyons-le sa poitrine est trouée

 Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux

 Tutoyons-nous son espoir est vivant.

 

Paul Éluard

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 06:00
J’aime expliquer et convaincre, je tiens ça de mon père…

Mon premier job salarié, j’avais 18 ans, j’entamais ma seconde année de Droit, je voulais ne plus être une charge pour mes parents, je l’ai occupé comme prof à mi-temps au CEG de Pouzauges ; un établissement de l’enseignement catholique bien sûr, j’ai fourni mon certificat de baptême et le curé-doyen, à qui je venais d’acheter sa 2CV, m’a pistonné.

 

J’étais le bouche-trou, en dehors de l’histoire-géo en 6e, la direction me fourgua tout ce que les autres profs ne voulaient pas : le dessin et la musique. Je fis l’objet d’une inspection pendant un cours d’histoire, le censeur me félicita mais me reprocha de n’avoir rien préparé par écrit. Je lui répondis que ça me permettait de mieux coller à l’attention de mes élèves.

 

J’aime improviser, capter l’attention de mon auditoire, le convaincre.

 

Mais si je vous parle de ma première expérience de prof c’est que j’ai dû affronter l’indifférence de mes mouflets de 6e en cours de musique. Comment les intéresser à autre chose que les chansonnettes dont ils étaient friands ?

 

J’ai réfléchi, tâtonné, et puis j’ai choisi de leur faire découvrir en leur faisant auditionner les disques:

 

  • Carmen de Bizet

 

  • Chansons éternelles de France de Guy Béart.

Et ils ont mordu à l’hameçon mes petits loulous dont les parents travaillaient chez Fleury-Michon, tant et si bien qu’ils m’ont offert, le 33 tours de Guy Béart, lors de mon départ.

 

 

 

Bien plus tard, lorsque je me suis retrouvé, d’abord au cabinet de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture, j’ai dû monter en tribune à de multiples congrès dont sont friands les adhérents des syndicats spécialisés de la FNSEA, et y’en a une flopée.

 

Et c’était dans un climat hostile, nous négociions l’élargissement du Marché Commun à l’Espagne et au Portugal, deux anciennes dictatures, je dis ça pour les gilets jaunes, afin de les amarrer à la démocratie.

 

Souvenir d’un Congrès des Vignerons alors  en Caves Particulières, le premier où un représentant du Ministre allait, c’était à Blois, le  Président et ses sbires me servirent des discours incendiaires, limite insultants, je débitais le mien mezzo voce, sur le ton de la confidence, ils m’écoutèrent religieusement, m’applaudirent et m’invitèrent au banquet d’après congrès ; je déclinai.

 

Puis devenu directeur du cabinet du Ministre de l’Agriculture, sous Michel Rocard Premier Ministre, je me tapai encore les congrès importants, Louis Mermaz détestait ces cérémonies où il se faisait houspiller. Je n’avais plus le temps de me taper l’écriture des discours, les conseillers du cabinet avec les services tartinaient des laïus impossibles.

 

Les discours écrits, trop bien écrits par les technos des services, sont des carcans, les suivre c’est ramer, perdre pied et couler. Alors, un jour, au Palais des Congrès de la Porte Maillot, devant l’Assemblée des planteurs de betteraves, Confédération Générale des planteurs de Betteraves (CGB), des bien-pourvus par la PAC, des qui n’aimaient pas la gauche, 1500 personnes (les épouses sont invitées), un discours du Président George Garinois franchement hostile, nous négociions la première réforme de la PAC, je me suis dit mon gars faut que tu le prennes à son propre jeu.

 

Ce que je fis en montant à la tribune, dans un silence même pas poli. Je tenais à la main les feuillets de mon discours écrit, avec une théâtralité que j’assume je le déposai sur le pupitre en proclamant à l’assistance qu’il contenait tout ce qu’ils attendaient, qu’il ferait les délices du Betteravier Français mais que j’allais répondre point par point aux mises en cause du Président.

 

Ce que je fis, en mêlant ironie politique et bonne connaissance des quotas sucriers, la salle m’écouta, ne broncha pas, je plaidai, en me servant un peu de la cote de mon Premier Ministre au zénith de sa popularité, que nous n’avions aucune leçon à donner mais que nous n’en n’avions aucune à recevoir sur le dossier de la réforme de la PAC où la FNSEA et ses gros spécialisés les céréaliers et les betteraviers tenaient un double langage.

 

11 janvier 2015

La betterave fourragère, potagère, sucrière la bonne à tout faire même le degré du vin…

 

« Le président Garinois n’aimait guère le Président de la République de l’époque et, dans son discours, sans notes, avaient lourdement moqué le couple Kohl-Mitterrand. Applaudissements nourris pour le Président qui entamait son dernier mandat. Je monte à la tribune avec mes feuillets mais au lieu de les poser sur le pupitre je les tends au Président Garinois en lui disant « je vous confie ces pages qui feront le suc du rédacteur-en-chef du Betteravier Français… » Rires dans la salle, ce qui était déjà une performance de la part d’un représentant d’un Ministre de Gauche.

 

Et je me lançai dans une improvisation qui répondait point par point à l’ironie de ce cher Garinois. Je mouillais le maillot, soulignant à plaisir le génie des sucriers à se préserver de la concurrence du sucre ACP ou du fameux aspartam… La salle surprise par mon audace m’écoutait. J’en profitais pour lancer quelques piques sur la nécessaire évolution des prix face à la concurrence de l’éthanol. Bref, je ne fis aucune concession et, à ma grande surprise, je fus applaudi chaudement. Rassurez-vous c’est plus la performance que le fond de mes propos qui déclencha ces bravos. Le Betteravier Français me consacra même son édito ce qui bon pour l’ego.

 

C’était un peu décousu mais sans rien concéder la salle en fin de parcours m’applaudit.

 

Par la suite, dans mes missions de médiation, lorsque je tenais le soir mes réunions dans les salles communales, j’aimais me colleter à mes plus farouches contradicteurs jusqu’à pas d’heures.

 

Suis ainsi fait mais rassurez-vous dans le privé, comme sur les réseaux sociaux, je m’abstiens de toute joute avec  des interlocuteurs enfermés dans leurs certitudes, des obtus quoi…

 

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