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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 06:00
Sur ce marché de l’information devenu hyperconcurrentiel, ceux qui font profession d’en diffuser doivent leur survie à l’attention qu’ils sont capables de susciter : Marché de l’information et crédulité

Je suis né dans un pays de crédulité paysanne,  ce texte venu du Limousin l’illustre :

 

Jeanine, sa mère et sa sœur, servirent une « flaugnarde » avec du cidre pétillant, brun, sucré comme le champagne, et l’on réussit à obtenir de la grand-mère qu’elle contât. Philippe avait lu des études sur les traditions du « lébérou » ou loup-garou, du "drac", des « eschantis » — âmes des enfants morts sans baptême — dont la crédulité paysanne peupla jadis les chemins creux, les bois, les prés, le bord des ruisseaux, la nuit ; mais il n’avait jamais entendu raconter ces histoires. La vieille parlait des esprits comme de choses indubitables. Elle évoquait « lou drac » : le diable, ou les « lébérous » — qui enfermés dans leur peau de bête, doivent, chaque nuit, pendant sept ans, courir sept paroisses pour y semer le malheur — exactement comme on cite l’orage ou la grêle. Dans cette rustique salle d’où le jour se retirait et où la voix caillouteuse de l’aïeule prenait une singulière force suggestive, la poésie de ces créatures mythiques qui répondaient aux besoins romanesques de l’âme populaire, étonna Philippe.

 

Paru en 1946, Le Vin des vendangeurs de Robert Margerit

 

Mais la crédulité n’est pas l’apanage des gens simples.

 

Même si je ne suis pas, et n’est jamais été, un as des mathématiques, je me souviens en géométrie de la relation de Chasles 

 

Il s’appelait Michel Chasles. Il était mathématicien. Il était académicien. Et ce n’est pas rien.

 

Et pourtant il était crédule, si crédule, en matière d’histoire, d’écriture et de…. diplomatique.

 

Sorti de Polytechnique en 1812, membre de l’Institut de France, officier de la Légion d’honneur, Chasles s’était fait une réputation de savant de haut vol. Mais il est resté dans l’histoire comme l’exemple même du savant naïf, victime de son amour aveugle pour les autographes et pour l’histoire que, manifestement, il ne reconnaissait pas comme une science…

 

Entre 1861 et 1869, Chasles se laissa abuser par un « saute-ruisseau » nommé Denis Vrain-Lucas qui réussit à lui vendre environ 27000 lettres de personnages tous plus célèbres les uns que les autres (Galilée, Pascal, Charles Quint, mais aussi Pythagore, Alexandre le Grand, Judas Iscariote….), des « autographes » qu’il fabriquait au fur et à mesure, non sans une certaine habilité et une intelligence pratique que l’on peut saluer. Les forgeries (terme de diplomatique) étaient réellement grossières et, quelle que soit l’époque concernée, dans un même français vieillot. Extraits :

 

De Cléopâtre à César : « Mon très aimé, notre fils Césarion va bien. J’espère que bientôt il sera en état de supporter le voyage d’ici à Marseille où j’ai dessein de le faire instruire, tant à cause du bon air qu’on y respire que des belles choses qu’on y enseigne… »

 

De Charles Quint à Rabelais : « Vous qui avez l’esprit fin et subtil, me pourriez-vous satisfaire ? J’ai promis 1.000 écus à celui qui trouvera la quadrature du cercle, et nul mathématicien n’a pu résoudre ce problème… ».

 

La supercherie fut dévoilée par Chasles lui-même, non parce qu’il avait des doutes mais parce que, Vrain-Lucas tardant à lui livrer un lot de plusieurs milliers de lettres (l’officine de fabrication ne suivait pas le rythme des commandes !), il craignait que son fournisseur ne cherchât à le doubler avec d’autres clients qui paieraient davantage; il le fit surveiller une nuit et découvrit le pot aux roses !

 

La suite ICI 

 

CRÉDULITÉ, subst. fém.

 

Tournure de l'esprit portant quelqu'un, par manque de jugement ou par naïveté, à croire facilement les affirmations d'autrui portant sur des faits ou des idées sans fondement sérieux ou sans vraisemblance

 

Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion.

Paul Valéry la Pléiade, 1957, chap. instants, p. 376

 

Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l’emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés

Fouché de Stefan Zweig - Stefan Zweig

 

Des chercheurs partent d’un constat récent, qui a été révélé ces dernières années par l’analyse de nos cerveaux: rejeter une information demande plus «d’efforts» que d'y croire. Notre cerveau doit en effet analyser —la fiabilité de la source d’information et le caractère plausible ou non de l’histoire— avant de la rejeter. En comparaison, si on choisit d’y croire, notre cerveau peut faire une sieste...

 

Mais c’est plus compliqué que ça, écrivent le psychologue australien Stephan Lewandowsky et ses collègues. D’une part, si le sujet n’est pas déjà important pour vous, la fausse information risque de s’enraciner plus facilement dans votre esprit —et il sera par la suite très difficile de l’en déloger.

 

Or, même lorsque le sujet est important pour vous, et que vous prenez donc le temps d’analyser l’information, cela se fait si vite qu’il n’y a que quelques éléments auxquels vous portez attention:

 

  •  la source d’information est-elle crédible? Quelles sont les autres personnes de mon entourage qui y croient ?

 

  • Est-ce que cette information est «compatible avec d’autres choses auxquelles je crois» ?

 

  • Qu’ont en commun ces éléments auxquels vous portez attention?

 

Le groupe auquel vous vous identifiez, les idéologies auxquelles vous adhérez, bref, tout ce qui prédétermine déjà votre vision du monde, sera crucial dans votre choix de croire ou non à une information —et ce, qu'elle soit vraie ou fausse.

 

Ces conclusions n’étonnent pas quand on pense politique: l’électeur qui préfère le parti X sera davantage enclin à croire au chef du parti X. Mais quand on pense science, ces constats deviennent gênants: on peut pratiquement prévoir à l’avance quels groupes croiront spontanément que la vaccination cause l’autisme, que les OGM ne sont pas dangereux ou que le réchauffement climatique est un canular, pour reprendre trois des exemples cités par Lewandowsky et ses trois collègues américano-australiens.

 

Leur article a été mis en ligne le 18 septembre par la revue " Psychological Science in the Public Interest ".

 

Marché de l’information et crédulité

 

Un coup d’œil même très superficiel sur notre vie collective fait apparaître la persistance et même la vivacité de la crédulité collective. Pourquoi? Une piste d'analyse est la dérégulation massive du marché de l’information dans les sociétés occidentales contemporaines depuis l’apparition d’Internet.

Jeudi 26avril 2018 Gérald Bronner

 

Sa conclusion :

Je ne crois pas que l’on puisse dire qu’Internet rende les gens plus bêtes ou plus intelligents, mais son fonctionnement même savonne la pente de certaines dispositions de notre esprit et organise une présentation de l’information pas toujours favorable à la connaissance orthodoxe. En d’autres termes, la libre concurrence des idées ne favorise pas toujours la pensée la plus méthodique et la plus raisonnable.

 

La libre concurrence des idées ne favorise pas toujours la pensée la plus méthodique et la plus raisonnable.

 

D’autant que les médias conventionnels sont à présent prisonniers de cette concurrence effrénée sur le marché de l’information. Elle impulse un rythme de diffusion de l’information qui n’accompagne pas toujours celui de la connaissance car elle réduit le temps de vérification de l’information et provoque une mutualisation d’erreurs qui passeront pour du bon sens. C’est particulièrement évident dans le domaine de la perception des risques où l’on observe un peu partout la diffusion d’une idéologie de la peur dans le domaine sanitaire et environnementale qui n’est pas toujours fondée scientifiquement. En effet, une alerte sanitaire émise par une association animée des meilleures intentions, peut avoir des conséquences néfastes car il faudra à la science beaucoup plus de temps à défaire cette alerte (lorsqu’elle est infondée) qu’il n’en a fallu aux médias à la diffuser. C’est notamment le cas concernant la méfiance envers les vaccins qui se diffusent un peu partout alors que c’est probablement un des apports les plus remarquables de la médecine moderne à la santé publique. En d’autres termes, ces conditions vont organiser, sur certains sujets, un avantage viral à la crédulité. Sur ce marché de l’information devenu hyper-concurrentiel, ceux qui font profession d’en diffuser doivent leur survie à l’attention qu’ils sont capables de susciter. Dans ces conditions, il n’est pas incompréhensible d’observer une généralisation de la démagogie cognitive, c’est-à-dire une offre d’information qui s’indexe de plus en plus sur la nature de la demande. Pour autant, chacun a bien conscience de vivre dans une société post-vérité et cela contribue à une situation de méfiance généralisée : méfiance vis-à-vis des politiques, méfiance vis-à-vis des médias, méfiances vis-à-vis des experts, des scientifiques… La méfiance qu’inspire en particulier le pouvoir est consubstantielle à la démocratie comme le rappelle Rosanvallon (2006), mais dans le bras de fer qui s’engage entre la démocratie des crédules et celle de la connaissance, elle vient en renfort de la première, plutôt que de la seconde.

 

Toute la chronique ICI 

 

La Démocratie des crédules, de Gérald Bronner

 

ICI 

 

LA RÉVOLTE DU PUBLIC : INTERNET OU LA COLÈRE PERMANENTE

Tous les pays du monde sont aujourd’hui confrontés à une montée de la colère.

Peut-être que cette colère a toujours existé. Le problème, c’est qu’elle est désormais exprimée sur Internet par des individus connectés les uns aux autres. Elle débouche donc de plus en plus sur des crises politiques majeures, comme la décision de la Grande-Bretagne de sortir de l’UE, l’élection de Donald Trump ou encore celle de Jair Bolsonaro au Brésil.

Un livre nous aide à mieux comprendre pourquoi les individus sont à ce point en colère – et pourquoi cette colère a des conséquences dévastatrices pour la démocratie.

Son auteur : Martin Gurri, un ancien agent de la CIA. Sa spécialité ? L’exploitation des “informations publiquement accessibles” – c’est-à-dire l’analyse minutieuse de ce qui se dit dans les médias. Et il y a quelques années, il a quitté la CIA pour se mettre à son compte, offrant son expertise à des entreprises privées ainsi que sur son blog The Fifth Wave.

Autour de 2011, année du “Printemps arabe”, Gurri a observé une rupture brutale dans le rapport du grand public à l’information. Dans le monde entier, des informations émanant d’individus sans affiliation ou d’organisations émergentes ont commencé à prendre l’ascendant sur celles issues de sources plus institutionnelles. Les idées se sont mises à être diffusées en réseau plutôt que d’être imposées par le haut.

Résultat : les autorités autrefois les plus respectées, comme les pouvoirs publics, les grands organes de presse, les universités et les think tanks, ont été peu à peu marginalisées.

Cette rupture a tellement frappé Gurri qu’il en a tiré son livre, The Revolt of the Public and the Crisis of Authority in the New Millennium. La première édition, confidentielle, date de 2014, mais l’ouvrage vient tout juste d’être réédité par Stripe Press, filiale de l’entreprise numérique Stripe.

 

La suite ICI 

La récolte de spaghettis 1957 de la BBC

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 06:00
vaches au pré by eugène boudin

vaches au pré by eugène boudin

Mais jusqu’où iront-ils ?

 

Deux exemples :

 

  • la publicité TV pour la marque bio Céréal : Et si vous passiez au végétal, un monument de désinformation porté par la vague bio.

 

Résultat de recherche d'images pour "publicité télé pour la marque Céréal"

 

 

Contrairement aux fous qui taguent les boucheries à grand coup de peinture rouge, je ne développe aucune agressivité à l’endroit de ceux qui décident de ne plus manger de viande.

 

En revanche, je ne me lasserai jamais de ferrailler contre la coalition des partisans de substituts cellulaires à la viande qui se drapent dans des intentions, très nobles. Il s’agit de défendre les animaux et de protéger la planète.

 

Ne touchez pas aux vaches dans le pré !

 

« Parmi les vaches de Bruno Greind « il y a les petites moches débrouillardes qui sont dans leur coin, qui mènent leur vie de leur côté sans se faire remarquer ». Il y a aussi  les « grandes gueules, toujours les premières » et « les vieilles qui connaissent la chanson, qui ne se précipitent pas parce qu'elles savent »

 

Elle (la meneuse) remplit plusieurs rôles. Elle prend en charge de conduire le groupe et décide des déplacements. Les éleveurs disent d'elle qu'elle assure le calme et qu'elle peut tempérer l'inquiétude de ses congénères quand il y a lieu. La meneuse a généralement la confiance du groupe ; elle émerge du troupeau de manière consensuelle, notamment à cause de ses qualités particulières. Elle a de l'expérience, c'est souvent la vache la plus âgée. Souvent gourmande, toujours curieuse et avide d'explorer, c'est une vache « prête à faire des expériences », une vache « qui prend des risques ». C'est surtout une vache indépendante et qui a du tempérament.

 

« On rit parfois, raconte André Louvigny, du regard bovin de certaines personnes. Mais lorsqu'un groupe de bovins, en hiver, est dans des conditions de bien-être alimentaire et paillé et tout ça, et que tu entends qu'il pleut dehors, ça repose de les voir là. Tu dirais, en les voyant regarder par la porte alors qu'il pleut, qu'elles te remercient. »

 

C’est signé Jocelyne Porcher est sociologue à l’INRA, dans Être Bête, co-écrit avec Vinciane Despret, que j'ai acheté à ma sortie de la magnifique et instructive exposition Bêtes et Hommes à la Grande Halle de la Villette. ICI 

 

 

 

Elle m'a fait prendre conscience que le fait d'avoir gardé dans ma jeunesse les vaches du pépé Louis, Normandes aux yeux tendres, Parthenaises efflanquées et courageuses, et bien sûr ma préférée : la vieille Fidèle, aveugle, qui cheminait à mes côtés, le mufle collé à mes flancs, doucement, le pis lourd, heureuse de rentrer dans la tiède chaleur de l'étable du pépé. Chemin faisant nous devisions. Elle m'a donné le respect de la différence, le goût des choses simples, l'art de perdre son temps à écouter, à comprendre. Compagne de mes jours heureux de sauvageon, ma Fidèle méritait bien que des « filles » savantes rendent hommage à sa sensibilité.

 

Jocelyne Porcher l’auteure de « Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle ». (La Découverte, 2011). Elle s’apprête à faire paraître « Cause animale, cause du capital », aux Editions Le Bord de l’eau.

 

Elle signe dans le Monde une tribune revigorante :

 

« La viande de culture est un poison alimentaire, social, écologique et intellectuel »

La viande dite « propre », parce que créée en laboratoire, est une illusion morale, car elle ne sert qu’à promouvoir les visées d’industriels qui ne cherchent qu’à contrôler plus étroitement ce que nous consommons.

 

La clean meat, ou « viande propre », ou « viande cultivée », représente aujourd’hui un nouveau graal pour les biologistes et un incroyable eldorado pour les investisseurs. L’innovation biotechnologique présentée en 2013 par le scientifique Mark Post, pionnier de la viande in vitro, a, en quelques années, donné naissance au « clean meat movement », un rassemblement de scientifiques, d’industriels, de fonds d’investissement, de multinationales, de milliardaires, de fondations, de théoriciens des droits des animaux promoteurs d’un monde meilleur à portée de pipette.

 

Un nombre croissant de start-up, partout dans le monde industrialisé, s’implique dans le développement de ces substituts cellulaires à la viande. En développant la « viande propre », leurs intentions, affirment-ils, sont très nobles. Il s’agit de défendre les animaux et de protéger la planète. Car comme nul ne peut l’ignorer maintenant, « l’élevage » est une calamité pour les animaux et pour l’environnement – pour les défenseurs des animaux, tout comme pour les industriels, l’administration nationale et européenne, les organismes internationaux, le terme « élevage » désigne aussi bien les « productions animales », c’est-à-dire les systèmes industriels et intensifiés que le fait d’élever les animaux, que l’on peut nommer pour le distinguer des précédents « élevage paysan ».

 

L’intérêt de la médiatisation

 

Les vaches généreraient autant voire plus de gaz à effet de serre que toutes les voitures et les avions qui sillonnent le monde en tous sens et la vie des animaux de ferme, depuis l’aube des temps domesticatoires, ne serait qu’un incessant martyrologe, tenu à jour par une communauté d’écrivains, journalistes, philosophes et autres universitaires autoproclamés défenseurs de la « cause animale ».

 

Ainsi que le militant vegan américain Paul Shapiro, le philosophe australien Peter Singer (tous deux membres de la Cellular Agriculture Society, association américaine à but non lucratif) et autres thuriféraires de la charité bien ordonnée nous l’affirment, la défense de la cause animale passe par notre consentement à ingurgiter la bouillie que nous préparent les start-up. Les produits d’élevage issus des animaux seraient « sales », et a contrario, la viande in vitro serait « propre ». Propre pour l’environnement, propre du point de vue de l’hygiène, propre moralement puisqu’elle ne participerait à la mort d’aucun animal.

 

Il faut noter que cette innovation technologique, présentée comme révolutionnaire par ses promoteurs, s’inscrit dans le droit-fil de l’industrialisation de l’élevage. A partir du milieu du XIXe siècle, scientifiques et industriels s’emparent des animaux de ferme pour en faire des outils rentables du capitalisme industriel. De partenaires du travail paysan, les animaux deviennent des machines productrices de matière animale, bovine, porcine, avicole… Mais cette industrie lourde montre aujourd’hui ses limites d’un point de vue environnemental et sanitaire bien davantage que du point de vue de nos relations aux animaux, car la violence industrielle est connue depuis longtemps.

 

« La stratégie la plus efficace pour convaincre les consommateurs est de leur expliquer combien l’élevage est mauvais »

 

Rappelons en effet que l’ouvrage Animal Machines. The New Factory Farming Industry, (Des machines animales, la nouvelle industrie de l’élevage, CABI, non traduit) de l’auteure britannique Ruth Harrison, a été publié en 1964, et que Le Grand Massacre (Fayard) d’Alfred Kastler, Michel Damien et Jean-Claude Nouet, l’a été en 1981. On sait donc depuis des décennies ce qu’est la violence industrielle envers les animaux. Mais dans les années 1980, elle représentait un enjeu économique trop important pour faire la une des médias.

 

Aujourd’hui, les cartes ont changé de main et les scientifiques, les industriels et les multinationales ont intérêt au contraire à ce que cette violence industrielle soit médiatisée. Car, comme l’expliquent les consultants en communication, la stratégie la plus efficace pour convaincre les consommateurs de passer des produits issus d’animaux à des produits issus de la « Cell-Ag », l’agriculture cellulaire, est de leur expliquer combien l’élevage est mauvais. Ce à quoi servent en tout premier lieu les associations de défense des animaux qui ont mis en place un lourd arsenal de propagande pour dégoûter nos concitoyens de la viande – les associations de défense des animaux, telles PETA et L 214, militent pour une rupture des liens de domestication et promeuvent le véganisme et la viande in vitro ; les associations de protection des animaux, comme Welfarm, CIWF, s’intéressent, elles, à l’amélioration de leurs conditions de vie. En 2017, la fondation Open Philanthropy Project, qui finance des bourses de recherches sur la clean meat, a ainsi versé une obole de plus d’un million d’euros à l’association L 214.

 

Le triomphe de la technique sur la vie

 

La clean meat est propre car elle ne provient pas d’un animal dégoûtant. Elle est produite en laboratoire par des âmes pures en blouse blanche et non dans la boue par des brutes en cotte verte. Elle est propre moralement car elle ne nécessite pas de tuer les animaux. Elle est propre pour l’environnement car les éprouvettes ne produisent pas de méthane.

 

« Pas d’animal, pas de liens, pas d’affects, pas de sensibilité, pas d’histoire, pas de travail vivant, pas de doutes »

 

La clean meat est surtout un poison. Un poison alimentaire car sa fabrication est tout aussi opaque que celle des produits industriels sortis de l’industrie agro-alimentaire. Un poison social car cette production hors sol accroît notre asservissement aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Un poison écologique car sa production, en fonction des sources d’énergie utilisée, est potentiellement tout aussi productrice de CO2 que les productions industrielles. Un poison intellectuel car nombre d’universitaires et de politiques, du fait de leur ignorance du travail réel avec les animaux, sont pris au piège d’une pensée simpliste, dé-historisée, manichéenne qui refuse la mort des animaux, nos supposés prochains, au nom du « bien », et en arrive ainsi à refuser leur vie.

 

Car s’il n’y a pas de mort dans la clean meat, c’est parce qu’il n’y a pas de vie. Il y a du vivant mais il n’y a pas de vie. Pas d’animal, pas de liens, pas d’affects, pas de sensibilité, pas d’histoire, pas de travail vivant, pas de doutes. La clean meat, c’est le triomphe de la technique sur la vie, l’exclusion même de la vie. Et c’est aussi la destruction de la culture. Car, comme l’écrit le philosophe Michel Henry, la culture est culture de la vie. Sa destruction, cela s’appelle la barbarie.

 

Jocelyne Porcher  ICI 

 

La viande de culture est la seule manière de mettre un terme à l’élevage industriel 

Lorsque son prix sera abordable, la viande cellulaire offrira la promesse au consommateur d’un produit débarrassé des antibiotiques dont les animaux d’élevage sont gavés, estime l’essayiste David Chauvet, dans une tribune au « Monde ». ICI 

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 07:00
David Merveille le bruxellois porte vraiment bien son nom, son Hello monsieur Hulot est un beau cadeau, une pépite…

Quand il pleut sur Paris, soit je me terre en mes appartements de petit bourgeois, de vieux bobo amorti, profiteur d’une retraite non méritée, pour me gaver de livres, soit j’erre dans les allées de mes librairies fétiches pour emplir ma besace afin de pouvoir soutenir un siège puisque certains révolutionnaires en chambre, qui frappent leurs claviers debouts, nous annoncent le retour du grand soir (j’ai des bougies, des allumettes, un stock des sardines à l’huile, de l’eau, des biscuits de campagne…)

 

Et bien entendu, j’ai du vin.

 

En attendant l’irruption de la Révolution, oui, je baguenaude, je divague, je flâne, je maraude, je batifole, je rôde, je folâtre, je vagabonde, tel un mort de faim.

 

Oui je l’avoue je dépense mes sous, avec les livres je suis cigale, panier percé, je ruisselle, je préfère léguer des livres que des paquets d’actions ou d’obligations… Ha, qu’elle était belle la rente Pinay qui permettait de mettre le pépé au frais, avant la mise en bière, d’en acheter pour échapper aux droits de succession.

 

Légère digression :

 

On prête, par exemple, un mot, un de plus, au général de Gaulle. Son jeune ministre des Finances, décidé à lancer un emprunt, aurait demandé au général le droit de lui donner son nom. Il y aurait eu, en France, l'emprunt Giscard d'Estaing, comme il y a eu l'emprunt Pinay. En plein conseil des ministres le général de Gaulle aurait répondu : « C'est un beau nom...d'emprunt. »

 

Je divague mais jamais je ne suis sorti d’une librairie les mains vides.

 

Il est des jours de grande et belle moisson, d’autres de vaches maigres, de rares déceptions, et puis soudain une pépite.

 

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812601279.jpg?itok=oEpYpB7t

Publié au Rouergue en septembre 2012

 

C’est un très beau livre

 

 

« Entre poésie et humour, elles font la part belle à Monsieur Hulot. Ce personnage, qui paraît trop grand avec son pantalon trop court, traverse la vie en l'égayant. Il nous emmène à travers des balades enchantées, d'où il fait sortir du merveilleux du quotidien : un passage piéton devient un saut d'obstacle, un salon de thé un saloon, la rue une zone pour une bataille de boules de neige... »

 

David Merveille

 

David Merveille vit à Bruxelles et travaille principalement pour la presse, l’édition jeunesse et la publicité. Fin connaisseur et amateur des films de Jacques Tati, il est l’auteur au Rouergue, entre autres, de trois albums inspirés du personnage de M. Hulot : Le Jacquot de M. Hulot, Hello M. Hulot ! et Monsieur Hulot à la page. Il travaille actuellement à la réalisation d’un film d’animation mettant en scène M. Hulot.

 

Pour la chronologie :

 

  • En 2006 Le jacquot de monsieur Hulot

 

  • En juin 2012 Monsieur Hulot s'expose

 

  • mai 2015 Monsieur Hulot à la plage

 

  • En avril 2019 va paraître : Hulot domino

 

ICI 

 

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812607530.jpg?itok=G1BbQF51

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812604096.jpg?itok=3K24gKNS

Le jacquot de m. hulot

https://www.lerouergue.com/sites/default/files/styles/article-cover/adaptive-image/public/catalog/cover-images/9782812617409.jpg?itok=wFr--PwP

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 06:00
Musique à tous les étages pour les vieux musiciens et chanteurs à la Casa Verdi « Verdi, né paysan, n'était pas un érudit mais un artisan d'une radieuse intelligence. »

À la manière de Salvador Dali « Je suis fou de Verdi… »

 

Verdi l'appelait « l'oeuvre la plus belle » de sa vie. Près de 120 ans plus tard, sa « maison de retraite pour musiciens » accueille toujours, dans un espace majestueux de Milan, une soixantaine de pensionnaires ayant dédié leur vie à la musique.

 

http://blog.lambrusco.it/wp-content/uploads/2016/10/verdi-casa-300x174.jpg

 

« La carrière de Verdi n'a pas duré moins de cinquante-quatre ans, qui ont vu naître de sa plume des œuvres très diverses, sobres ou foisonnantes, spectaculaires ou intimistes. Partout s'exprime une personnalité robuste, explosive, d'une capacité d'invention mélodique et rythmique aussi efficace qu'entraînante, et d'un sens dramatique exceptionnel. Musique lumineuse et franche, toute brûlante de chaleur humaine, qui ne veut rien de plus que l'expression directe et poignante des passions qu'elle fait vivre sur le théâtre. Verdi, né paysan, n'était pas un érudit mais un artisan d'une radieuse intelligence. Ses opéras sont ainsi conçus qu'ils montrent tous la lutte de l'homme contre le monde, une lutte perdue d'avance mais dont ils disent la noblesse. On lui a reproché parfois de verser dans un style emphatique : constatons plutôt qu'il existe un Verdi plus secret, porte-parole des parias, des laissés-pour-compte et de leurs douleurs intimes, un poète de la marge et du mystère. Indémodable, toujours actuel et toujours aimé, Verdi nous reste proche et nécessaire. »

Jean-Michel Brèque ICI 

 

Tournée vers la place où trône le Monument à Giuseppe Verdi d'Enrico Butti (1913), la maison de retraite pour musiciens « G. Verdi » est réalisée entre 1895 et 1899 par volonté précise de Verdi, qui confie le projet à Camillo Boito, le frère du célèbre librettiste Arrigo.

 

Cette maison est située sur la Piazza Buonarroti, tout près de San Siro

 

Voir ICI 

 

Destiné à devenir une maison de retraite pour les musiciens et les chanteurs en situation économique précaire le bâtiment est inauguré en 1902. L’architecte fait appel à un style néoromantique sévère qui semble prendre ses distances d’avec l’éclectisme : une façade en briques avec d'élégantes fenêtres géminées et trigéminées s'élève sur un haut soubassement aux surfaces rugueuses. Par la grande cour rectangulaire, avec un monument à Arrigo Boito, on accède à la chapelle et à la crypte qui accueille les sépulcres de Verdi et de sa deuxième épouse Giuseppina Strepponi. Parmi les salles intérieures, il faut mentionner le grand Salon d’Honneur et la Salle arabe, qui conserve le piano dont jouait le Maestro. Un petit musée abrite œuvres d'art, souvenirs et mobilier provenant de ses demeures de Gênes et de Sant’Agata (Busseto).

 

« C'est tout sauf une maison de retraite ! C'est une maison de villégiature ! »

 

« Le temps vole... Le matin, il y a un pianiste, et tout le monde, y compris ceux en fauteuil roulant, viennent écouter. Nous chantons tous ensemble, c'est très beau, et puis il y a des concerts tous les après-midis. »

Marisa Terzi, 79 ans, arrivée il y a quatre mois

 

La Casa Verdi n'ouvrira qu'en 1902, après la mort du musicien à 87 ans, ce dernier refusant qu'on puisse le remercier.

 

Et 117 ans plus tard, elle fonctionne comme au premier jour, sans dette ni soutien public, un « vrai miracle »

 

« Les pensionnaires versent une contribution mensuelle, calculée en fonction de leurs revenus, mais qui représente moins d'un cinquième du coût réel de leur séjour, « grâce à l'argent généré par le patrimoine que nous possédons »

 

 « Verdi a laissé à la Casa Verdi tous ses droits d'auteur, ce qui pendant 60 ans a représenté des sommes non négligeables, qui ont été en partie investies" dans 120 appartements, aujourd'hui loués. »

 

Le président de la Casa Verdi Roberto Ruozi

 

La Casa Verdi a aussi bénéficié de donations, comme celle de 6 millions d'euros faite par la fille du chef d'orchestre Arturo Toscanini, qui génère elle aussi des revenus grâce aux placements effectués.

 Source ICI 

 

A la découverte de la Casa Verdi ICI 

 

OTELLO

Giuseppe Verdi

Opéra Bastille — du 07 mars au 07 avril 2019

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 06:00
DMITRY KOSTYUKOV/NYT-REDUX-REA

DMITRY KOSTYUKOV/NYT-REDUX-REA

Un petit coup de Bashung pour la route pour commencer :

 

Ma petite entreprise

Connaît pas la crise

Épanouie elle exhibe

Des trésors satinés

Dorés à souhait

J'ordonne une expertise

Mais la vérité m'épuise

Inlassablement se dévoile

 

Ruffin François est apparu dans mon radar lorsqu’il a fait un coup de maître lors de la sortie de son film Merci Patron produit par 1000&une productions le boîte de ma fille et de mon gendre.

Producteurs : Johanna Silva, Edouard Mauriat, Anne-Cécile Berthomeau

 

23 février 2016

Sous l’or des belles filles de Dior se cache aussi la misère : allez donc voir « Merci Patron » de François Ruffin et soutenez les petits producteurs !

ICI 

 

César 2016 du meilleur film documentaire

3,8 millions USD

 

Il récidive, en volant de ses propres ailes, avec J'veux du soleil : après Merci Patron, François Ruffin donne la parole aux Gilets Jaunes.

 

Faut dire que depuis, le gars d’Amiens qui a fréquenté le même lycée privé qu'Emmanuel Macron, est devenu député, sans la bénédiction de Mélenchon (pas d’investiture LFI). Il parle de sa propre sœur : « Ils étaient dans la même classe et tous deux très bons élèves, à se tirer la bourre. Mais elle a choisi un chemin différent, dont je suis fier, dans l'économie sociale et solidaire. Ils ont d'ailleurs eu l'occasion de rediscuter, mais les points d'accord n'étaient pas nombreux ! »

 

C’est un communicant hors-pair !

 

Un livre anti-Macron (« Ce pays que tu ne connais pas », Les Arènes), un documentaire sur les « gilets jaunes » (« J’veux du soleil ! »), François Ruffin est sur tous les fronts. Mais il n’oublie pas la défense de la classe ouvrière. Ainsi, sous son sweat, il arbore une chemise à imprimé Vichy, renvoyant à une époque où de nombreuses filatures étaient installées dans la ville de l’Allier. Le bon vieux temps.

PATRICK SICCOLI/SIPA

« Le député prépare minutieusement ses sorties, aidé notamment par ses collaborateurs parlementaires, les contributeurs de Fakir ou les militants du réseau Picardie debout !, bannière sous laquelle il s'est fait élire et qu'il a transformée en association ou, selon certains, en micro-parti, en février. Il bénéficie aussi d'un gros relais sur Internet : 77 000 abonnés à sa page YouTube, 110 000 à son compte Twitter, 400 000 à sa page Facebook, sans compter les innombrables groupes de soutien sur les réseaux sociaux. »

 

Ruffin, c'est une marque à lui tout seul avec son journal, son implantation locale, son micro-parti… Tous ces éléments le personnalisent. Il le refuse en même temps qu'il en joue.

Romain Mathieu, chercheur à l'Université de Lorraine

 

Richard Ramos, lui, n'est pas dupe : « Il agace LFI, il est en train de réduire Mélenchon à de la politique politicienne, il lui prend de l'espace sur le peuple de l'extrême gauche ». D'ailleurs, en "off", les langues se délient. « Le bouquin est bien mais après il n'y a pas de réponses politiques », remarque un responsable du mouvement, avant de se faire plus sarcastique : « Dans ses remerciements à la fin du livre, il rend hommage à tout le monde. Il y a une liste interminable et un mot sur 'Mélenchon et ses collègues parlementaires', point. On bosse, on fait des trucs ensemble, et pas un mot pour ses collègues ».

 

Mercredi 20 février, 13 heures. « Bon, bonjour ». Le micro-cravate attaché à sa chemise blanche, une boîte de cartons à ses côtés, François Ruffin commence son Facebook Live, assis derrière un bureau désordonné. Les soutiens du député s'apprêtent à découvrir quelle est cette "opération coup de poing menée dans le plus grand secret" qu'il leur a promise. "Là, on n'est pas dans ma cuisine, on est chez mon éditeur, Les Arènes, poursuit le journaliste de Fakir. Pourquoi on est là ? Parce que paraît aujourd'hui mon nouveau bouquin : Ce pays que tu ne connais pas, Bienvenue en France M. Macron !". Pas peu fier de son effet de surprise, François Ruffin sort trois exemplaires de son livre adressé au chef de l'Etat.

 

https://pbs.twimg.com/media/Dz22zEBX4AAealf.jpg

 

Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale.

François Ruffin à Emmanuel Macron

 

François est un homme politique national, il va essayer d'occuper l’espace entre lui et Macron.

Richard Ramos, député du MoDem et ami de François Ruffin

 

LA STRATÉGIE DE L'ÉLECTRON LIBRE

 

J'appartiens à un groupe parlementaire mais, il faut l'avouer, je suis à la fois ici et ailleurs, je fais un peu bande à part.

François Ruffin

 

L'AMBITION ASSUMÉE

Je trouve que pour quelqu'un qui veut briser le présidentialisme, il y pense beaucoup, il faut qu'il fasse un peu attention.

Un responsable LFI

 

Le tout ICI

 

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 06:00
Tout va très bien madame la marquise : la vigne France se porte bien ! Et pourtant pourquoi y-a-t-il déprise dans certaines régions et déficit d’installation de jeunes vignerons ?

Si j’étais là où j’ai été j’irais voir le Ministre de l’Agriculture, dans son grand bureau du rez-de-chaussée en l’hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne, pour lui dire « Chef, vous feriez bien de vous préoccuper de la vigne France, les chiffres sont trompeurs, les Rafales (terminologie utilisée pour démontrer la grande contribution des vins et spiritueux à la balance commerciale) survolent des vignes arrachées, de la déprise en l’absence de vignerons pour les cultiver… »

 

Et de lui mettre sous le nez :

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR : Voir une vigne mourir abandonnée n’est pas chose courante.  ICI  

 

Ce n’est pas du René Bazin dans la Terre qui meurt  mais ça fait pleurer du côté de la LPV, du père Gerbelle et quelques commentateurs.

 

  • NE LAISSER PERSONNE MOURIR, DEUXIÈME ACTE  ICI 

 

« Je n’ironise pas monsieur le Ministre, s’il est un territoire que je connais bien c’est celui des Pyrénées-Orientales, j’y ai traîné mes souliers pendant 18 mois lors de l’effondrement des Vins Doux Naturels, moi aussi ça m’attriste mais au lieu de me lamenter, de traquer les fautifs au premier rang desquels il y a votre grande administration de concert avec celle des Finances, je voudrais que vous preniez les choses en main pour redresser la situation. »

 

Ce n’est pas tout, prenez une autre région la Savoie dont le Monde souligne  le renouveau « L’ascension des vins de Savoie »

 

Longtemps boudés, apremonts et mondeuses connaissent un remarquable renouveau par Rémi Barroux Publié le 08 mars 2017

 

ICI 

 

Que lis-je dans la presse régionale :

 

Devenez propriétaire de vignes de Savoie pour 500 euros

 

La cave des Vignes des Alpes lance un financement participatif pour sauver ses hectares de vignobles savoyards en Chautagne et dans la région d'Apremont. Pour 500 euros, vous pouvez sauver un bout de terre viticole.

 

500 euros et vous devenez propriétaire de vignes en Savoie, ça vous tente ?

 

La cave Le Vigneron Savoyard tente un coup de poker pour sauver ses hectares de vignobles d'Apremont et de Chautagne grâce au financement participatif.

 

La cave a créé « Les Vignes des Alpes - le vignoble coopératif » une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) il y trois mois, où chacun peut prendre part au sauvetage des terres exploitées pour l'instant par une cinquantaine de vignerons. La cave survit et les deux terroirs sont en difficultés. « Sur la région d'Apremont, les vignobles de blanc de Savoie à base de Jacquère sont les plus demandés mais la pression économique est trop importante. Le risque est de perdre nos exploitations. En Chautagne, il n'y a pas assez de vignerons ou de repreneurs pour exploiter les terres » explique Fabien Danjoy, le directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

« Il faut au moins six à douze hectares pour pouvoir vivre de son travail en tant que vigneron coopérateur »- Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard

 

Pas besoin d'être un professionnel du vin pour se lancer, les particuliers, les sociétés peuvent investir dans les terres agricoles et devenir sociétaire de la SCIC. La cave a près de 160 hectares de vignes, elle aimerait pouvoir en sauver au moins 50 grâce à la société coopérative. "Avec 500 euros, le sociétaire achète une part de la SCIC qui sera investie en achat de vignoble ou simplement en exploitation d'un vignoble déjà existant. Les sociétaires vont vivre une réelle expérience viticole, ils pourront approcher de près le métier de vigneron. Ils seront rétribués en bouteilles, on organisera des événements pour qu'ils apprennent ce qu'est la taille, les vendanges, on fera aussi des dégustations", ajoute Fabien Danjoy, directeur de la Cave du Vigneron Savoyard.

 

L'objectif est aussi de pouvoir aider de jeunes vignerons à se lancer et à reprendre des terres actuellement en friche.

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - 

 

Le vignoble de la Cave du Vigneron Savoyard peut être sauvé grâce à un financement participatif - Page Facebook Les Vignes des Alpes

 

Trente-cinq sociétaires ont déjà investi dans la SCIC. L'objectif est de réunir 1.000 à 2.000 sociétaires et un capital d'un million d'euros pour remettre à flot cave du Vigneron Savoyard.

 

Voilà, monsieur le Ministre, je n’irai pas au-delà de ces simples exemples qui m’interrogent sur la pertinence des modèles économiques, tout aussi bien des caves coopératives que des vignerons indépendants, pour affronter la nouvelle donne du marché du vin.

 

Vous disposez dans votre belle maison d’une palanquée d’Ingénieurs et d’Inspecteurs, sis rue de Grenelle, demandez-leur , il y en a des bons, d’aller se pencher sur le chevet de la vigne France, de poser un diagnostic avant de vous proposer des lignes d’action afin que notre potentiel viticole ne se rétrécisse pas comme une peau de chagrin.

 

En effet, pourquoi diable une activité en « pleine santé » n’attire pas plus de nouveaux entrants dans des régions où le prix des terres viticoles reste plus que raisonnables ? Au lieu de se focaliser sur la petite poignée des vignes et des vins qui passionne les amateurs éclairés et les prétendus journalistes du vin, ausculter la masse vigneronne, celle qui fait le volume, celle qui ne sait pas vendre son vin parce qu’elle ne pèse rien face à la GD.

 

Vaste programme !

 

Bon courage les loulous, vous pourrez aller faire un tour du côté de la Petite Sibérie si ça vous dit...

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 06:00
7 ans déjà : Sébastien Itard, ce fils de la terre du Lot est toujours là avec ses vaches laitières, pourquoi ?

Les réseaux sociaux lorsque ceux qui les utilisent le font, non pour épancher leur bile, leur colère, leur mal être, leurs frustrations, mais pour relayer des informations sur les gens de peu, remplissent leur fonction de créer des liens entre nous tous.

 

Merci à Bruno Laborde, qui a rafraîchit ma mémoire sur Face de Bouc, à propos d’un garçon rencontré lors de l’une de mes dernières missions de médiateur laitier dans le grand Sud-Ouest,  Sébastien Itard.

 

« Retour sur : Sébastien Itard, éleveur qui a sauvé sa ferme » voir vidéo ci-dessous

 

Bruno Laborde « Si je me souviens bien, Jacques Berthomeau en avait parlé il y a quelque temps déjà. »

 

22 février 2012

 

Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »

 

J’en ai conscience, mais peu m’importe, qu’un type comme moi, bien installé, sans souci d’argent, occupant des fonctions confortables, viennent, tel un témoin de Jéhovah sonnant à votre porte, vous interpeler sur la vie que vivent les paysans d’aujourd’hui, en l’occurrence ici celle d’un producteur de lait du Lot : Sébastien Itar. Je l’ai rencontré dans mon bureau avec ses collègues le matin de la première du documentaire d’Edouard Bergeon, « Les fils de la terre », au Gaumont-Opéra. C’est l’un des 29 producteurs de lait de Cantaveylot (contraction de Cantal, Aveyron, Lot) petit groupe d'éleveurs laitiers qui se sont pris en main et avec qui je travaille dans le cadre de ma mission de médiateur dans le grand Sud-Ouest. Ces 29 producteurs, lorsque le GIE Sud-Lait qui collectait leur lait a dû mettre la clé sous la porte car son principal client Leche-Pascual (entreprise espagnole) n’était plus preneur n'ont pas baissé les bras. Bref, ce petit collectif, qui se bat, qui fait, je vous invite à découvrir son site pour commencer à comprendre que votre lait quotidien, cette brique, ce pack, n’est pas un produit anonyme, mais le fruit d’un labeur quotidien de femmes et d’hommes accrochés à leur terre.

 

La suite ICI 

 

Il aura donc fallut 7 ans pour que l’on prenne conscience de la faillite de la filière laitière fondée sur l’idée de minerai sourçant des marques de lait UHT : Lactel et Candia principalement.

 

SODIAAL

« Les laitiers responsables » devient une marque transversale

Sodiaal - « Les laitiers responsables » devient une marque transversale

Le cahier des charges des « Laitiers responsables » engage les éleveurs à nourrir leurs vaches sans OGM et à assurer le bien-être de leur troupeau, qui doit rester en moyenne 150 jours par an au pâturage.

 

En retour, la charte d'engagement doit assurer une meilleure rémunération des éleveurs et des coopérateurs en général. Sur un prix conseillé d'1 euro le litre, 41,5 centimes iront aux éleveurs, dont 1,5 centime aux éleveurs engagés dans la démarche et « une rémunération solidaire » de 6 centimes « reversée à l'ensemble des 20 000 éleveurs de la coopérative », a souligné Yves Legros, directeur général de Candia, lors d'une conférence de presse.

 

ICI 

 

De temps à autre, même si c’est du lait UHT, j’achète une brique de lait Cantaveylot ICI 

boite-lait-vallee-lot-353x500.jpg

Enfin, je dédie avec un grand sourire ironique cette chronique au sieur Bizeul qui, dans sa haine recuite de ceux qui travaillent pour la République, sur Face de Bouc affirmait que j’avais été grassement payé  à ne rien foutre.

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 10:15
« On me poursuit parce que je témoigne de ce que j'ai vu et de ce que j'ai vécu » soutenons l’écrivain égyptien Alaa El Aswany auteur de J’ai couru vers le Nil mon livre de chevet du moment

Je lis en ce moment J’ai couru vers le Nil le dernier roman d’Alaa El Aswany écrivain égyptien. Je découvre ce matin qu’il est poursuivi par la justice militaire de son pays.

 

Je relais un appel des Nouveaux dissidents.

 

Pour le soutenir : achetez J’ai couru vers le Nil c’est un très beau roman (lire plus bas)

 

Jai couru vers le Nil

 

Quant aux décérébrés gilets jaunes et autres soutiens hypocrites qui proclament que nous vivons dans une dictature je leur dit : direction l’Égypte.

 

Enfin, notre beau pays dit des droits de l’Homme soutient le régime du le maréchal al-Sissi pour des raisons géostratégiques, comme il l’a fait en d’autres temps pour des dictateurs régionaux en Irak, Syrie et Libye.

 

La Gazette des Nouveaux Dissidents #9

 

Le 17 mars 2019

 

 Vendredi 15 mars 2019, nous apprenions que l’écrivain Alaa El Aswany était poursuivi par la justice militaire égyptienne pour, entre autres, insulte contre l’État. La cause de cette inculpation est une série d’articles qu’il a publiée dans un média allemand. Alors qu’il est exilé aux États-Unis, Les Nouveaux Dissidents ont pu s’entretenir avec lui par téléphone, samedi après-midi, et lui poser plusieurs questions sur sa situation.

 

  • Vous venez d’apprendre que vous êtes poursuivi par un tribunal militaire pour insulte contre le président, les forces armées et judiciaires ainsi que l’État égyptiens. Quels sont les faits qui vous sont reprochés ? 

 

D’avoir dit ce que je pense. De m’être exprimé et d’avoir donné mon opinion. Je suis un écrivain et ce que j’écris déplaît à ce régime. Outre mes articles dans un journal allemand, c’est aussi mon dernier roman La République comme si (publié en français sous le titre J’ai couru vers le Nil) qui est inclus dans cette procédure judiciaire parce qu’il dénonce les exactions du régime et de l’armée commises pendant la révolution de 2011. Par ailleurs, il faut savoir qu’en Égypte, la justice militaire n’est pas indépendante. Un officier supérieur de l’armée peut faire ce qu’il veut d’un jugement rendu par un tribunal militaire. Il peut annuler la peine ou au contraire la durcir, il peut amnistier ou au contraire infliger une condamnation beaucoup plus lourde. On me poursuit parce que je témoigne de ce que j’ai vu et de ce j’ai vécu, on me poursuit à cause de mes textes, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales, à l’article 65 de la Constitution égyptienne qui garantit la liberté de pensée et d’opinion à tous les citoyens, ou à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dont l’Égypte est signataire.

 

  • Vous ne vivez plus en Égypte. Il vous est impossible de vous exprimer dans les médias égyptiens. Vos livres, vos romans ne peuvent plus y être publiés. Pourquoi le pouvoir s’acharne-t-il contre vous ?

 

Dès que le maréchal al-Sissi est devenu président de la République, il m’a été interdit d’écrire dans la presse égyptienne alors que je le faisais de façon hebdomadaire auparavant. Depuis maintenant cinq ans, je ne peux plus publier une ligne dans mon pays. Cependant, je continue de m’exprimer dans les médias internationaux. Et j’écris en arabe sur le site de la radio allemande Deutsche Welle ainsi que sur les réseaux sociaux. Mon compte Twitter est suivi par trois millions deux-cent trente mille personnes (ce qui est certainement un chiffre plus important que les tirages de tous les quotidiens égyptiens réunis). Et puis, mon dernier roman est traduit et publié en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud… Ils savent que j’ai encore une influence. Bien qu’ils aient fait tout pour l’empêcher, je continue à écrire et à être lu.

 

  • Quels sont les risques que vous encourez ?

 

Tout est permis contre les opposants au régime ! Une procédure judiciaire via un tribunal militaire peut autoriser qu’on saisisse les biens, qu’on bloque les comptes bancaires, etc. Je suis inquiet pour ma famille, pour mes proches qui sont en Égypte. On peut imaginer des scénarios effrayants, qu’ils soient enlevés, qu’ils disparaissent. C’est arrivé à de mes amis, des amis révolutionnaires dont les proches ont été kidnappés ou qui, du jour au lendemain, ont disparu. Ce régime est terrifiant. Récemment, un libraire a été condamné à cinq ans de prison parce qu’il avait vendu un (seul !) exemplaire d’un livre interdit par la censure.

 

  • Comment peut-on vous aider ?

 

Le soutien moral est très important pour moi. Je sens que je ne suis pas seul. Mes amis, mes éditeurs, mes camarades écrivains sont là et cela m’apporte du réconfort. Faire savoir ce qui m’arrive peut aussi m’aider. Un écrivain n’est pas un terroriste, il n’est pas un criminel. Je me suis exprimé et je n’ai fait que mon devoir, qu’obéir à ma conscience. Qu’un écrivain soit jugé par un tribunal militaire, c’est quelque chose d’extrêmement grave. Mais j’ajoute que c’est aussi grave quand il s’agit d’un simple individu qui défend les valeurs de la démocratie.

 

Propos recueillis par Estelle Lemaître

 

Né en 1957 dans la vallée du Nil, Alaa El Aswany est l’un des écrivains les plus célèbres du monde arabe. Son premier roman L’Immeuble Yacoubian, publié en 2006, est devenu un véritable phénomène éditorial international. Longtemps, il a exercé le métier de dentiste dans le centre du Caire. Romancier, nouvelliste, essayiste, il est traduit en une trentaine de langues et a reçu une quinzaine de prix littéraires. Chroniqueur engagé, il défend ardemment les valeurs de la démocratie dans de nombreux articles qui ont paru dans la presse égyptienne et internationale. Il est l'un des membres fondateurs du mouvement d'opposition « Kifaya » (Ça suffit). En 2011, il prend une part active au Printemps arabe et participe au mouvement de la place Tahrir, cette expérience lui inspire son roman J’ai couru vers le Nil. Alaa El Aswany vit aujourd’hui aux États-Unis où il enseigne la littérature.

 

A très bientôt !

 

Flore de Borde, Michel Eltchaninoff, Adélaïde Fabre, Estelle Lemaître,Sumi Saint Auguste, Maryna Shcherbyna, Alice Syrakvash

 

La nostalgie a laissé place à la colère. A une férocité qu’on ne lui connaissait pas, aussi. A une liberté de ton inédite. Car la révolution égyptienne est passée par là. Et ce qu’a vécu Alaa El Aswany place Tahrir, au Caire, en janvier 2011, cette aspiration à un monde plus juste enfin à portée de main, irradie J’ai couru vers le Nil. Tout comme le gâchis qui s’ensuivit, symbolisé par le retour au pouvoir des militaires avec l’aide des Frères musulmans. Alors, pour ne pas oublier, pour mettre ses compatriotes face à leurs responsabilités, El Aswany a écrit ce dernier roman d’une ambition folle. Mêlant la petite histoire à la grande, il raconte ces quelques jours qui ébranlèrent son pays et un ordre jusque-là considéré comme immuable.

 

Comme à son habitude, l’auteur de L’Immeuble Yacoubian a convoqué une ronde de personnages qui se croisent, se frôlent, se fréquentent, luttent côte à côte, s’aiment ou se tuent, dans des chapitres courts, haletants, portés par ce style direct qui le caractérise. Autant d’hommes et de femmes de tous âges et de tous milieux qui disent l’Egypte d’aujourd’hui, la corruption endémique, l’hypocrisie avec laquelle certains se servent de la religion pour ­arriver à leurs fins. Il y a parmi eux ce général très pieux, et pourtant responsable d’un centre de torture. Un ancien gauchiste, directeur d’usine, mettant en garde ses salariés contre les méfaits de la révolution. Un prédicateur introduit jusqu’au sommet de l’Etat, une présentatrice télé prête à tout, un comédien copte marginal au sein du pays comme de sa propre communauté. Et tous ces jeunes sur lesquels reposent les ­espoirs de l’écrivain. Conteur extraordinaire, Alaa El Aswany réussit ici le grand roman de la révolution égyptienne.

 

| Traduit de l’arabe (Egypte) par Gilles Gauthier, éd. Actes Sud, 432 p., 23 €.

Yasmine Youssi

Telerama n°3589

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 06:00
Brexit no deal « Messieurs les anglais sautez les premiers ! » mais souvenez-vous de l’amour que vous portez depuis toujours à nos vins…

Nous, les farouches gaulois, râleurs, de France, de Navarre et d’ailleurs, adeptes du nombrilisme, pendant que le monde affronte de lourds périls, nous nous passionnons pour les « exploits » de Benalla et les errances des gilets jaunes

 

Pauvre petit pays rabougri, racorni, en panne, immobile, prêt à s’embarquer dans les fourgons de pires démagogues, je m’en désole mais, sans aucun doute, mon grand âge m’épargnera de vivre un temps qui ne me va pas.

 

Coup de bourdon ?

 

Non !

 

Comme une envie de moucher sur les réseaux sociaux ceux qui passent leur temps à donner de leçons sur tout et le contraire de tout, mention spéciale pour certains cavistes dit engagés.

 

Alors, afin de ne pas me laisser aller à un pugilat sans intérêt avec des gens qui n’en ont pas un gramme j’ai décidé ce matin de donner la parole à un anglais.

 

  • Pour faire plaisir au sieur Jacques Dupont

 

« Selon moi, il faudrait rassembler les fanatiques de la santé qui ont empoisonné tous nos plaisirs naturels et les enfermer dans un lieu où ils pourraient se casser les pieds entre eux avec leurs remèdes de charlatans. »

 

  • Le crachat à 100£ pour honorer les vrais dégustateurs

 

Ça se passe lors de dégustation organisée par Corney&Barrow le marchand londonien possédant les droits anglais exclusifs sur les vins du Domaine de la Romanée Conti.

 

« C’était la première fois que je prenais conscience de la véritable souffrance du critique de vin. Car comment peut-on faire tourner quelque chose dans sa bouche après une expression aussi béate tout en sachant que la bouteille vaut 1500£, et tout cela pour griffonner ensuite « sacrément bon » sur son carnet ? Je voyais leurs sourcils se froncer tandis qu’ils s’efforçaient de rallonger leur paragraphe, d’ajouter un peu d’encre par-ci, de raboter par-là et, d’une façon ou d’une autre, de se faire pardonner leur crime puisqu’ils jetaient dans l’évier l’équivalent d’une mensualité de leur emprunt immobilier. »

 

  • Pour mes nombreux lecteurs bourguignons

 

« Le Charlemagne (un vignoble donné à l’abbaye de Saulieu par Charlemagne en 775) se situe sur la pente favorable de la colline de Corton, non au-dessus d’Aloxe mais au-dessus de Pernand. L’Île de Vergelesses se trouve juste en-dessous, planté avec du pinot noir. Mais entre les deux, se trouve un minuscule vignoble appelé « Les Noirets » qui n’est ni un grand cru comme le Charlemagne ni un premier cru comme l’Île de Vergelesses, mais un simple vin de pays de Pernand. Il est planté avec du chardonnay et produit un vin aux arômes fins et nets, à la richesse profonde de noisette qui sont la marque d’un bourgogne blanc noble. Ceux qui dépensent une fortune pour une bouteille de corton-charlemagne n’ont pour la plupart jamais entendu parler du pernand-vergelesses, et aucun sans doute n’a entendu parler des noirets. Je suis profondément désolé de vous en parler. Mais à quoi servirait ce chapitre si je n’en parlais pas. »

 

 -       Pour le grand président Chapoutier

 

« Pourquoi l’appeler « shiraz » ? Ce raisin – la syrah – n’a rien à voir avec la ville de Shiraz, nonobstant la légende qui est mise ici et là sur les rives du Rhône, selon laquelle les Croisés auraient rapporté ce raisin de ces contrées et nonobstant la célébrité de Shiraz, lieu de naissance du grand buveur Hafiz. La syrah est le raisin de l’hermitage, un vin qui vieillit durant des décennies pour donner le plus délicat et le plus parfumé de tous les produits du Rhône. Le nom de « shiraz » donne au vin un côté sauvage et velu qu’il faut descendre au goulot avec le stoïcisme d’un converti qui vient de renoncer à la bière. Forcer le syrah à atteindre les 14 degrés (ou plus en rusant) pour accélérer la maturation, afin de mettre le produit sur le marché avec toutes ses saveurs de réglisse indomptées – crachant son souffle de feu comme un vieux coureur de jupons qui se penche vers vous et met sa main poilue sur votre genou – c’est massacrer un raisin qui, correctement traité comme c’est la cas sur la colline de l’Hermitage ou sur la Côte Rôtie, est le plus lent et le plus civilisé des séducteurs. »

 

  • S’ouvrir au monde

 

« Aussi, retournons vers la véritable justification du vin, c’est-à-dire la pratique vertueuse. Voici une manière de l’exercer. Tout d’abord, entourez-vous d’amis. Puis servez quelque chose d’intrinsèquement intéressant : un vin enraciné dans un terroir qui vient vers vous depuis un lieu privilégié, qui invite à la discussion et à l’exploration, qui éloigne l’attention de vos propres sensations et l’ouvre au monde. Dans l’arôme qui s’échappe du verre, faire apparaître du mieux que vous pouvez l’esprit des choses absentes. Partagez chaque souvenir, chaque image et chaque idée avec vos compagnons. Recherchez un état d’esprit détendu et sincère, et surtout pensez au sujet en vous oubliant. »

 

Je bois donc je suis de Roger Scruton est publié dans la collection l’autre pensée chez Stock 20€ traduit de l’anglais par Elsa Boyer

Tim Martin, ce patron de pubs qui rêve d’un « no deal »

Le fondateur de la chaîne Wetherspoon a même supprimé les alcools européens de son enseigne de 900 pubs.

Avec ses polos mal coupés, ses cheveux mi-longs et son curieux accent traînant, héritage d’une jeunesse passée entre l’Irlande du Nord et la Nouvelle-Zélande, Tim Martin incarne le parfait patron de pub, bien planté derrière son comptoir en bois. Carrure de rugbyman (1,95 m et 130 kg), l’homme parle avec des phrases simples, frappées au coin du bon sens.

Comme beaucoup de ses confrères, il soutient le Brexit avec ferveur. Il renvoie les experts, qui avertissent des dangers de la sortie de l’Union européenne (UE), à leurs chères études. « Les élites, les énarques, comme on dit en français, sont ce que j’appelle des “européistes” : ils ont une croyance presque religieuse en l’UE. »

ICI 

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 06:00
Mathieu Marfisi, à la tête de l'AOP Patrimonio, accompagné d'Antoine Arena, vigneron de renom.

Mathieu Marfisi, à la tête de l'AOP Patrimonio, accompagné d'Antoine Arena, vigneron de renom.

L’amateur de vin éclairé, type géotrouvetout en verre noir, est l’opposé de l’amateur éteint, ses lumières percent la nuit d’encre des ignorants, lui sait, lui dit, sa parole est d’or, sa bouche d’argent, son nez intraitable, son regard incomparable, sa plume fleurie, il éblouit, aveugle…

 

En vin, le prototype d’amateur éteint c’est ma pomme, en effet je bois du vin comme je lis, et quand je lis je ne suis ni une lumière, ni un phare même s’il m’arrive de pondre une chronique sur un livre lu.

 

Mais vous allez me dire pour le saucisson qu’est-ce donc qu’un amateur éclairé ?

 

Moi !

 

Pourquoi ?

 

Parce que j’ai soutenu ma thèse de doctorat sur le cochon, j’ai un « diploume » comme disait Francis Blanche, une peau d’âne certifié par la République.

 

Et pour la Corse j’ai beaucoup donné, Antoine Arena peut le certifier.

 

Je peux donc donner un avertissement sans frais pour les glands de pinzutu :

 

  • Le saucisson d’âne n’est pas une spécialité corse : « C'est lamentable de leurrer ainsi le consommateur. Quand on vient me demander du saucisson d'âne, je mets un point d'honneur à rétablir la vérité. Il n'y en a jamais eu en Corse ! » Dominique Poggi Producteur de charcuterie dans le Taravu.

 

  • Et le saucisson d'âne vendu dans tous les supermarchés et la grande majorité des épiceries spécialisées de l'île est présenté comme un produit typiquement corse. Les touristes et parfois les insulaires eux-mêmes ignorent qu'il s'agit en fait d'une supercherie, inventée à des fins purement commerciales.

 

Les charcuteries industrielles ne s'en cachent d'ailleurs pas vraiment. Elles produisent ce type de saucisson, à base de viande de porc mélangée à de la viande d'âne en provenance généralement d'Amérique-du-Sud, pour répondre à la forte demande estivale. Il est donc dans l'intérêt de ces industriels d'entretenir le mythe identitaire qui colle à la peau de ce saucisson, qui n'a pourtant rien de traditionnel, ni d'authentique.

 

  • Chaque année, les éleveurs traditionnels produisent 1 000 tonnes de charcuterie. Ils ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande. Alors les industriels s'en donnent à cœur joie. 10.000 tonnes de charcuterie sont vendues estampillées corse, mais en fait, la viande est au mieux importée et transformée sur l'ile.

 

  • Comment distinguer un vrai saucisson corse de sa copie industrielle ? « Les seuls conservateurs (dans la charcuterie corse, ndlr) sont le sel et le poivre, donc la texture de la viande ne va pas être la même. (L'industriel) si vous le tordez il revient sur luimême, alors que celui-ci il casse, on voit vraiment que la viande est un produit naturel » Nicolas Capodimacci, président du syndicat « Salamaria Corsa ».

 

Qu'est-ce qu'une coche ?

 

La coche désigne, en charcuterie, une truie reproductrice qui arrive en fin de carrière de reproduction et destinée à être abattue.

 

Ces truies peuvent atteindre 250 kg, soit plus du double d'un porc moyen, et leur chair est beaucoup plus riche que celle de ces derniers. Leurs éleveurs sont rares, car élever ce type de bête prend beaucoup plus de temps que d'élever des cochons de boucheries, environ 24 mois contre 10 mois habituellement.

 

 

SAUCISSON FERMIER DE COCHE – ENTIER 

 

Maigre de jambon de coche (5 ans) légèrement fumée au bois de châtaignier, mis dans des boyaux naturels et attachés à la main.

Séchage à partir de 8 semaines.

Emballage sous vide environ 280g

Goût traditionnel

Ingrédients : maigre de truie, poitrine de coche, gras de bardière, sel, poivre noir.

Sans allergène et sans OGM

 

Pascal Flori, L'homme https://www.charcuteriepascalflori.com/l-homme

 

Et avec ça un Antoine-Marie Arena :

Antoine-Marie Arena San Giovanni 2017

Cépages : Carcaghjolu et Morescone

 

À Patrimonio les vignerons disent non au glyphosate  ICI 

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