De nos jours les tenants du bio-santé industriel mettent sur le marché des alicaments ; sous toutes les publicités télévisées des produits alimentaires un bandeau défilant du programme : www.manger-bouger nous conseille de manger au moins 5 fruits par jour, d'éviter de grignoter, même Mac Do s'y met ; dans notre beau secteur ce sont nos bons amis de Vin&Santé qui s'y collent. Mon propos ce matin n'est pas d'entrer dans la nouvelle obsession de nos sociétés gavées, où les culs posés face à la télé avec pizzas incorporées, les qui ne peuvent pas faire 3 mètres sans déposer leurs fesses sur le sièges de leur bagnole, les stressés, les déprimés, les qui bouffent debout vite fait des barres chocolatées, les qui boivent sucrés, gazéifiés, sont en train de fabriquer une palanquée d'obèses. Pour ma part, je ne suis pas certains que les clés de la lutte contre ce nouveau mal du siècle se trouvent dans la seule encre d'un programme de santé publique ou d'une médicalisation de l'alimentation. Mon propos de ce matin est plus rétro car, ne l'oubliez pas, je suis un baby-boomer rural, d'une génération où l'on a triomphé du rachitisme, de la malnutrition et que, si nos enfants et surtout nos petits enfants risquent de devenir gros, ils ont poussé comme des asperges. Les nouvelles générations bénéficient du nouveau bien être et les anciennes n'en finissent pas de vieillir. Certes, la pauvreté perdure dans nos sociétés riches, ce qui est un scandale eut égard au gaspillage et à l'excès de superflu de la majorité d'entre nous, mais ce n'est pas faire injure à ceux qui luttent contre la misère et à ceux qui la subisse que d'écrire qu'aujourd'hui ceux qui viennent aux restos du coeur n'ont pas la même allure que les miséreux des années 20.
Au lendemain du conflit mondial de 1939-45, ce que l'on a qualifié d'exode rural, les émigrés de l'intérieur fuyant la misère d'une agriculture peu nourricière de ses enfants sont allés dans les villes vendre leurs bras aux industries fleurons des 30 Glorieuses. Après eux, et en même temps qu'eux, les émigrés de l'extérieur : espagnols, portugais, magrhébins, africains sont venus peupler les banlieues de nos villes. La France rurale a laissé la place à une France de salariés urbains qui, au basculement du siècle, sont majoritairement des bureaucrates, des cols blancs, des r tétistes, des qui partent en week-end, des qui veulent profiter de tout en voulant rester en bonne santé, bref des individualistes forcenés, des adorateurs de la nature qui la respectent peu, des insouciants soucieux de l'avenir de leurs enfants, j'abrège le florilèges de nos contradictions et c'est le moment que je choisis pour vous parler des remèdes de mémé Marie.
La spécialité de mémé Marie qui veillait sur la vitalité de ses hommes, et plus particulièrement du dernier venu, celui qu'on allait envoyer aux grandes écoles, moi, c'était le fortifiant. A la sortie de l'hiver ou à l'entrée de l'automne, je ne sais plus très bien, j'avais droit à une cuillérée à soupe matin et soir d'un breuvage agréable destiné à lutter contre les miasmes des temps mous, à me redonner du peps, à lubrifier mes neurones, à donner du rose à mes joues. Ses préparations, soient achetées toutes prêtes chez le pharmacien ou concoctées par elle avec des sachets vendus chez ce même pharmacien, avaient toujours pour excipient : du vin. C'est pour ça que c'était bon. Certains esprits noyautés par les hygiénistes vont sûrement en profiter pour dire que les préparations de mémé Marie sont la cause du caractère délirant de mes élucubrations sur ce blog. Si ça leur fait plaisir moi ça ne fait pas de mal, moins que la lecture de la liste des effets secondaires des médicaments prescrits par nos diaphorus modernes - ça fait 5 ans que je n'ai pas vu un médecin donc je suis abstinent dans ce domaine. La pharmacopée post-moderne est un cocktail de toxiques violents dont les effets à retardement ne sont connus de personne. Alors, lorsque j'ai découvert au hasard de mes pas de chineur, un petit opuscule sur le vin de Vial, au quina, suc de viande&lacto-phosphate de chaux avec pour véhicule un vin de Malaga, ma plume m'a démangé et vous avez eu droit à cette chronique un peu de bric et de broc; un autre jour je vous livrerai des extraits de cet opus sur le Vin de Vial datant de 1886.C'est savoureux dans tous les sens du terme. En attendant, pour faire un tour agréable de la question, vous pouvez acheter un bel ouvrage : Le Vin & la Médecine à l'usage des bons vivants et des médecins de Marc Lagrange aux éditions Féret
www.feret.com

