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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 00:03


En contemplant l’état lamentable de Bouzeron, le bellâtre avait fait sûr lui, Gendron et Buchou, sans trop savoir pourquoi, sentaient flotter au-dessus de leurs képis un fumet d’emmerdements futurs. Ce détour par le pavillon d’honneur, sans enfreindre l’ordre de leur gommeux de chef, leur flanquait une affaire sur les bras. Pendant le désaucissonnage du garde, Gendron qui, sans être un esprit très agile, se situait dans la bonne moyenne française des démerdards, décidait que, selon une formule imagée d’un vieux routier de la politique, « dans la mesure où les merdes volent en escadrille… »  mieux valait ne pas s’embarrasser de celle-ci, et que la décision la plus sage consistait à neutraliser ce grand con de Bouzeron. À la grande surprise de son collègue Buchou, il toisait le garde : « Tu ne fais plus le fier, hein, Bouzeron ! Pour ta réputation vaudrait mieux qu’on soit discrets mon collègue et moi. Je ne sais pas si c’est un cornard qui t’a fait payer l’addition de son cocufiage mais tu vas me faire le plaisir d’aller te laver. Tu pues la trouille et le reste. Avant qu’on te fasse cette fleur tu vas nous faire des confidences sur Mont-Royal. Donnant-donnant : nous on la boucle, toi tu l’ouvres… » Bouzeron, obtempérait avec la veulerie des forts en gueule. Il entraînait les deux pandores à la cave qui avait des allures de bunker. Le sol, comme les murs, enduit de résine miaulait sous leurs semelles de crêpe. Des plafonniers épandaient une lumière crue dans une enfilade de pièces meublées, de façon rudimentaire, militaire, comme un appartement de surface. Au fond, tout le flanc droit d’une vaste cuisine était occupé par des frigos de bouchers. Bouzeron, sans hésiter, se dirigea vers la porte de l’un d’eux, grande ouverte. Buchou et Gendron se lançaient des regards interrogateurs. Ce qu’ils voyaient dépassait très largement leur capacité d’imagination.

 
«  Ces salauds ont tout pété… » Bouzeron, accablé, se laissait choir dans un fauteuil pivotant qui trônait au milieu de la petite pièce dévastée. Les deux gendarmes qui le suivaient, sans piper mot, se demandaient s’ils ne rêvaient pas. Lorsqu’ils étaient entrés dans le frigo, Bouzeron s’était glissé entre les carcasses suspendues, eux aussi, et ils avaient découvert un grand rideau de plastic couleur muraille qui masquait une ouverture. Gendron lâchait, fataliste, « on est vraiment dans la merde… » et lorsqu’il déboucha dans une sorte de salle de contrôle, ravagée à coup de masse, le spectacle qui s’offrit à ses yeux lui fit prendre conscience que c’était pire. « C’est quoi ce bordel Bouzeron ?
-         Je ne sais pas…
-         Tu me prends pour un con. Tout ce matos, je suppose qu’il ne te servait pas à surveiller tes gonzesses enflure.
-         Ben non mon adjudant c’est mon patron…
-         Qui c’est ton patron ?
-         Je n’en sais rien…
-         Arrête de te foutre de ma gueule !
-         Mais j’me fous pas de votre gueule, ici, je suis qu’un pion. Moi je fais ce qu’on me dit de faire.
-         Et qui te dit de faire ?
-         Le téléphone.
-        Bien, on continuera cette petite conversation plus tard, pour l’instant, Bouzeron, il faut que tu nous dises vite fait ce qui t’ai arrivé et que, dans la foulée, tu nous tuyautes sur ce putain de lieu qu'on nous cache. Avec tout ce tintouin électronique y’a sûrement de la grosse anguille dans le marigot.
-        Ça c’est sûr mon adjudant. Dans le petit Mont-Royal ça baise et ça chasse. Que du beau monde…                                     
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 00:08

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Ce samedi Vin&Cie se glisserait-il avec délectation dans les plis soyeux de l'information people ? Ouvrez ! Un petit clin d'oeil avec ces extraits de l'excellente bande dessinée " de Gaulle à la plage" de Jean-Yves Ferri chez Dargaud www.dargaud.com offrez-là aux derniers gaullistes de votre entourage, c'est plein de tendresse et de saine dérision...

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 00:09

michelrolland400.jpgNous ne nous sommes, Michel Rolland et moi, jamais rencontrés, mais j'avais l'intuition, qu'au-delà de son indéniable talent, l'homme avait du panache, de la classe et, suprême qualité pour moi, l'art de dire avec légèreté des choses importantes. Ses réponses sont à la hauteur de mes espérances. Je l'en remercie. Il a pris le temps, de son précieux temps, pour répondre à Vin&Cie, minuscule média de la Toile, c'est pour moi, qui me sens parfois un peu seul face à mon écran, un réel encouragement. Enfin, comme je ne recule plus devant aucun défi, écrire à 4 mains avec lui : la verticale et l'horizontale des critiques, serait, j'en suis sûr, jubilatoire...

Question 1 :
Michel Rolland, j'aime les gens qui dérangent, et vous êtes de ceux-ci, alors dites-moi comment on devient le plus "illustre concepteur de vins du monde" ? Racontez-nous votre parcours, vos maîtres si vous en avez eu, vos intuitions, vos choix, votre saga...

Réponse de Michel Rolland

Je n'étais certainement pas fait pour déranger, éducation de fils de viticulteur, sans château au nom prestigieux, on apprenait à écouter. J'ai écouté, longtemps, plus de 10 ans et forcément, avec un peu de mémoire et de curiosité, ça donne des idées. J'ai essayé de retenir celles qui m'intéressaient et peu à peu de les mettre en application, avec mes amis d'abord, puis sur un plan plus élargi. Et 20 ans après, on est confronté sans le chercher aux différentes écoles, il y a des courants qui se créent, avec les favorables, les enragés, les médisants, les agressifs et surtout les ignorants, ce sont les plus nombreux. Il est amusant ou attristant de voir que les principaux détracteurs souvent n'ont jamais cherché à comprendre, et n'ont jamais rencontré celui ou celle qu'ils vilipendent dans leur propos.

Depuis 1973, quand j'ai commencé à exercer l'oenologie, j'ai eu l'occasion d'élaborer beaucoup de vins : ceux qui font parler bien sûr, mais aussi un très grand nombre d'autres, et j'ai eu l'occasion de "faire" des vins vendus dans la fourchette de 1,5 euro à 500 euros. Ceux qui pourraient penser qu'ils sont tous pareils devraient y réfléchir.

Un métier comme le mien se pratique à l'inverse de "la recette", d'abord par la compréhension du produit à élaborer (du raisin à la bouteille) avec un objectif commercial, et au travers des rencontres que j'ai faites dans ma vie, depuis Mr Peynaud, mon génial professeur, à Mr Bill Harlan, génial homme d'affaires américain, en passant par beaucoup des plus grands noms du monde du vin, Mrs Antinori, Skalli, Forner, Magrez, etc... Une seule recette et un seul discours n'aurait pas suffit. Ce n'est que dans le temps, avec l'expérience et surtout beaucoup de travail que l'on se forge une personnalité qui répond aux attentes de chaque client. J'ai l'impressions d'avoir beaucoup à faire même si ma vie professionnelle a été des plus passionnantes que l'on puisse imaginer.

Question 2

Certains critiques - j'ai peu de goût pour la profession de critique - estiment que les vins élaborés sur vos conseils sont trop simples et monotones. Vous leur rétorquez " Je ne suis pas un intellectuel, donc je ne sais pas faire de vins intellectuels." et d'ajouter "Quand je bois, j'aime qu'il y ait une sensation de plaisir. J'aime les vins souples, issus de raisins mûrs, et c'est ce que recherche le consommateur."
Michel Rolland, c'est quoi "un vin intellectuel" ? et ce "consommateur", auquel vous faites référence, est-il unique, sans âge, sans CSP, hermaphrodite et habitant le village mondial ?

Réponse de Michel Rolland


J'ai un peu répondu dans le 1er paragraphe mais pour revenir aux vins intellectuels et les autres : ce n'est bien sûr qu'une façon de parler, il faut savoir qu'un oenologue-consultant comme moi a en face de lui tous les jours un "client" qui lui demande de participer à l'élaboration d'un vin, qui est destiné à être commercialisé. Ce n'est plus du rêve, mais de la réalité. Il y aura donc des critères à respecter, on ne fait pas un vin de propriété comme un vin de marque et même en propriété, un produit à 5 euros ou un produit à 100 euros. Nos "chers" critiques ne focalisent que sur quelques marques connues, célèbres et chères et s'imaginent un ayatollah prédicateur enfermé dans le chai avec ses amulettes, en  faisant des incantations... ou imposant une doctrine de façon totalitaire.

Il s'agit bien sûr de tout autre chose, beaucoup plus sérieux, dans lequel souvent il y a un enjeu économique non négligeable. Je m'efforce de concevoir le produit souhaité par mon client avec son terroir, son histoire, ses installations, ses objectifs... pour ses débouchés, donc ses consommateurs. alors je dirais que l'ennui, la pensée unique, le monolithisme viendraient plutôt de la critique, et si j'avais des talents d'écrivain, un jour j'aimerais bien faire la "dégustation" (figuré) des différents critiques, verticale et horizontale, en tout cas ce serait pour le moins amusant !!

Question 3 :

Conseiller le plus important de Bordeaux, éminence grise des plus grands, gourou, oenologue-star, homme pressé et ce petit Nossiter qui vous a taillé un costard, il n'empêche que vous ne laissez personne indifférent et, n'en déplaise à vos détracteurs, vous êtes un "génial innovateur" : les raisins mûrs, la fermentation malo-lactique en fût de chêne neuf, l'élaboration de vins de faible acidité, la souplesse des tanins... c'est vous. Alors, quoi de neuf sous le soleil, votre métier n'et-il pas, comme vous le craignez en débutant, redevenu "ennuyeux" ? Qu'est-ce qui fait encore "courir" Michel Rolland ?

NB. Les parenthèses sont des citations extraites du livre d'Andrew Jefford "Le nouveau visage du vignoble français chez Hachette octobre 2003 sauf génial innovateur qui est de moi.

Réponse de Michel Rolland

Pressé je l'ai toujours été, même jeune quand je n'avais pas grand chose à faire, je savais que la vie était courte et qu'il ne fallait pas perdre de temps. Au fur et à mesure que s'est installée une certaine notoriété, j'ai souvent rempli plus que de raison mon agenda, j'avais toujours l'impression que je pouvais en faire plus (découvrir, comprendre, voyager...)

Aujourd'hui je me calme un peu, mais l'agenda est toujours plein, et je vais où je veux - luxe suprême - ça n'a pas toujours été le cas, mais toujours avec la passion et l'enthousiasme de mes 30 ans.

Compte-tenu du nombre et de la diversité de mes consultations, l'ennui n'est pas pour demain. L'assemblage, qui reste la dernière étape de mon activité, demeure très important et passionnant. C'est comme la partie d'échec ou de golf, ou n'importe quel jeu ou sport, plus on s'entraîne, plus on est fort, il ne peut y avoir de lassitude dans le plaisir.

Alors j'ai bien l'intention de courir tant que les jambes et la tête le permettront, car à l'inverse de nos penseurs qui se prennent pour des intellectuels, je m'amuse !

Au-delà de ça bien sûr, chacun a son goût, que contrairement à certains, je ne critiquerai pas (on a le droit d'avoir mauvais goût ou de s'inventer un goût de contradiction) mais il est évident que ça peut influencer la façon d'approcher les choses.

Pour conclure, je voudrais citer une phrase lue dans un livre sur la réflexion d'une dame qui participait à une dégustation. Les vins de cette dégustation, d'après ce que j'ai compris, étaient divers et variés, et sur un vin en particulier, cette pauvre femme a déclaré "oh, celui-là c'est moderne... j'ai un peu honte, mais j'aime ça". Quand on en arrive là avec son propre plaisir, ça ne relève plus de l'oenologie !!!

 

 

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 00:01


C'est le titre d'un petit opus (99 pages format 14x18) qui a été élu par le magazine Lire MEILLEUR ESSAI 2007, il est sous-titré : "Comment le modèle social français s'autodétruit" il est signé par Yann Algan et Pierre Cahuc du Centre Pour La Recherche et ses Applications dirigé par un économiste dont j'apprécie les analyses Daniel Cohen. Même si je ne suis pas très amateur de grandes enquêtes internationales menées par des officines spécialisées, les grandes tendances qu'elles dégagent sont significatives et donnent une grille d'analyse intéressante. Pour avoir vécu en direct, les mains dans le cambouis, le blocage des routes par les camionneurs, le "siège" de Paris par les tracteurs de la "Coordination Rurale", les exactions en tout genre des CAV, des producteurs de pomme de terre bretons, des éleveurs de moutons contre les camions anglais... Je partage largement le diagnostic avancé par les auteurs dans la seconde partie de l'ouvrage. Comme à l'accoutumé je vous livre des extraits de l'introduction pour vous inciter à lire l'ensemble.

"Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés montrent que les Français, plus souvent que les habitants des autres pays, se méfient de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché (...)


Comment expliquer un tel déficit de confiance en France ? Quelles en sont les conséquences ?


La première partie de cet opuscule montre que les Français ne se méfient pas seulement des riches et des institutions censées représenter leurs intérêts (...) Cette défiance va de pair avec un incivisme plus fréquent dans de nombreux domaines essentiels au bon fonctionnement de l'économie et de l'Etat-providence. Ainsi, les Français considèrent plus fréquemment que les habitants de la plupart des pays riches qu'il peut être acceptable de resquiller dans les transports publics, de ne pas payer les impôts ou de demander indûment des aides publiques. Des expériences montrent qu'un portefeuille égaré à Paris a moins de chance d'être rapporté à son propriétaire que dans la plupart des autres capitales des pays industrialisés. Les entreprises françaises installées à l'étranger recourent plus souvent que nombre de leurs concurrents à des tentatives de corruption pour obtenir des parts de marché (...)


Ces attitudes ne sont pas nouvelles : défiance mutuelle et incivisme persistent depuis plusieurs décennies. Néanmoins, nous montrons dans cette partie que ces attitudes ne constituent pas un trait immuable. L'étude de l'évolution des attitudes sociales sur une longue période révèle que le civisme et la confiance mutuelle se sont dégradés après la Seconde Guerre mondiale.

 

Pour quelles raisons la société mise en place après la guerre nous a-t-elle amenés à nous défier les uns des autres ?


Dans la seconde partie, nous soutenons que le déficit de confiance des Français est intimement lié au fonctionnement de leur Etat et de leur modèle social.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle social français s'est construit sur des bases corporatiste et étatiste.

 

Le corporatisme, qui consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut et à la profession de chacun, segmente la société et opacifie les relations sociales, ce qui favorise la recherche de la rente, entretien la suspicion mutuelle et mine les mécanismes de solidarité. L'étatisme, qui consiste à réglementer l'ensemble des domaines de la société civile dans leurs moindres détails, vide le dialogue social de son contenu, entrave la concurrence et favorise la corruption. Le mélange de corporatisme et d'étatisme est au coeur de la défiance actuelle et des dysfonctionnements du modèle social.

 

La faiblesse du dialogue social et le manque de confiance envers le marché rendent nécessaire l'intervention de l'Etat. Mais selon une logique dirigiste et corporatiste bien établie, l'intervention de ce dernier consiste généralement à accorder des avantages particuliers aux groupes qui en font la demande, souvent au détriment du dialogue social, du respect des règles de la concurrence et de la transparence des mécanismes de solidarité. Ce type d'intervention ne peut qu'entretenir la défiance mutuelle et favoriser, en retour, l'expansion du corporatisme et de l'étatisme.


Ce cercle vicieux mine l'efficacité et l'équité du fonctionnement de notre économie. En effet, parce que la confiance mutuelle et le civisme sont essentiels au bon fonctionnement des échanges marchands, le déficit de confiance des Français est logiquement associé à la peur de la concurrence. Cette peur suscite des demandes de restriction de la concurrence aboutissant à l'institution de barrières à l'entrée règlementaires qui créent des rentes de situation favorisant la corruption et, en retour, la défiance mutuelle (...)


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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 00:05


La taxe ADAR *, comme toutes les taxes, est éminemment "populaire" auprès de ceux qui la paient mais bien moins qu'auprès de ceux qui bénéficient de ses retombées en pluie fine. Les limiers de la Cour des Comptes adorent, dans leur style incomparable, débusquer dans les liasses sur lesquelles ils se penchent, sous la lumière jaunasse d'une vieille lampe, dans le petit bureau minable qu'on leur a alloué, à leur demande expresse - ils sont ainsi les BC de la CC, des faut pas gâcher - au fond d'un couloir lugubre, le détail qui tue. La dernière livraison du Rapport Annuel ne déroge pas à la règle : page 353 ils se payent, sans modération, les JA. Sur ces questions, je ne jette la pierre à personne dans la mesure où moi aussi j'ai pratiqué ce sport et que le risque serait grand, par un effet boomerang, que je prenne la dite pierre sur le coin de ma gueule enfarinée... 

* pour les viticulteurs, en gros, elle est composée d'une part forfaitaire 90 euros/exploitation (celles soumises à la TVA, les autres sont exonérées) et d'une part variable assise sur le CA 0,19% jusqu'à 370 000 euros et 0,05% au-delà.
Les sommes collectées 85% vont au CASDAR pour financer des actions de dévelopement, 10% vont au syndicalisme à vocation générale et 5 dernier % sont pompés par le Ministère pour frais de gestion.
2 - Les subventions accordées aux syndicats
 
Si les syndicats d’exploitants reçoivent désormais, en fonction de leurs résultats aux élections consulaires, des subventions inscrites au budget de l’Etat (programme « gestion durable de l’agriculture »), ils peuvent aussi recevoir des aides du CASDAR pour des projets de développement.
C’est ainsi que le Centre National des Jeunes Agriculteurs a déposé un dossier en réponse à l’appel à projets pour 2006, mais qu'il a été classé au dernier rang par le jury. Le ministre de l’agriculture a néanmoins agréé ce projet, en sus des trois autres évoqués ci-dessus, et lui a attribué une subvention de 260 000 € par un arrêté spécifique du 11 décembre 2006, en dehors de la procédure des appels à projets et sans autre avis technique que celui, négatif, du jury de l’appel à projet.
 
Ce projet, très imprécis selon ce jury, a pour objet de financer la création d’un observatoire national de la création et de la transmission des exploitations agricoles, ce qui devrait relever de la politique de développement rural. De plus, si une base de données sur l’installation des agriculteurs peut présenter en elle-même un intérêt, il n’est pas pour autant souhaitable d’en confier la réalisation à une organisation syndicale,
surtout dans des conditions aussi peu transparentes.
 
RÉPONSE DU PRÉSIDENT DE « JEUNES AGRICULTEURS »
 
La Cour des Comptes déclare que le dossier du CNJA (dont la dénomination nouvelle est Jeunes agriculteurs depuis 2002) a été classé au dernier rang par le jury de l’appel à projets, or, jamais ce point n’a été porté à notre connaissance. Jeunes Agriculteurs s’étonne donc de voir apparaître une telle mention qu’il juge négative et de nature à porter préjudice à son image, surtout dans un document destiné à être rendu public. Je vous saurai gré de bien vouloir retirer cette observation.
 
Vous considérez que le dossier relève du développement rural, or le sujet porte exactement sur les enjeux d’avenir de l’agriculture (l’installation et la transmission). Il est donc justifié que le financement provienne du développement agricole et rural. L’attribution de cette subvention me semble être faite de façon transparente puisque l’ensemble des acteurs impliqués dans les politiques publiques liées à l’installation et à la transmission des exploitations agricoles (CLPA des ADASEA, ministère de l’agriculture et de la pêche, APCA, MSA, FNSAFER, GIE des ADASEA, CNASEA), membres du comité de pilotage du projet, avaient connaissance du dépôt de ce dossier et se réunissent dans le cadre des comités de pilotage.
Je tiens en outre à vous démontrer l’intérêt de ce dossier, dont la mise en œuvre très rapide me semble à cet égard exemplaire. En effet, plus l’intérêt de ce dossier, dont la mise en œuvre très rapide me semble à cet égard exemplaire. En effet, plus de 80 structures départementales techniques assurent la mobilisation de l’ensemble
des données. Il s’agit d’un dossier qui s’intègre parfaitement dans les objectifs du Programme National de Développement Agricole et Rural qui mentionnent de manière sans équivoque dans ses « Enjeux et Priorités »,« l’accompagnement à la transmission » et « l’accompagnement de l’installation ».
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 00:00


C'est un extrait du "Manuel de survie dans les dîners en ville" tiré du chapitre : In vino veritas, pages 112-113, à déguster sans modération.

" Inutile toutefois de plomber l'ambiance en décrivant minutieusement cette face-là * de notre Janus vinicole. Restez côté banquet platonicien, sur lequel vous pourrez vous exprimer avec l'aisance qu'autorise un usage bien-fondé de la boisson. Sauf si vous êts du genre nietzschéen, à détester le vin ("Chez moi, l'esprit plane au-dessus de l'eau") ; mais bon, in aqua veritas, ça marche moins bien...
Rappelez que, lors d'un symposion dans l'Athènes de Platon, l'idée générale était de boire une quantité telle que les convives (masculins et aristocrates) soient gais, mais aussi véloces du neurone pour la conversation, la poésie, le chant, sans compter diverses activités sensuelles postérieures. Précisez, pour les amateurs de calcul, que la quantité de vin (par convive) consommée au long d'une de ces soirées pouvait atteindre un niveau d'alcool équivalent à un litre ou un litre et demi de bière, car il était coupé d'eau pour moitié ou aux deux tiers. D'ailleurs, pour rappelerles convives à leurs devoirs, leurs coupes étaient parfois illustrées, sur la face interne, de scènes de vomissements qui se révélaient aux buveurs lorsqu'elles se vidaient (oui, comme la pin-up se révélant au fond des burettes d'un restaurant chinois).
Concluez sur l'essence du banquet, à savoir l'amour, la beauté ou un sujet connexe, qui sera abordé avec l'exigence de vérité qui caractérise la philosophie. L'amour du vin ne tachera certes pas dans ce paysage. Mais ne faites pas comme ces échansons de salon qui gonflent telles des outres lorsqu'ils entonnent un péan à la gloire du cru qui est sur la table, ou, pire encore, de celui qui n'y est pas. Ils vous dézinguent les bordeaux - "ils sont sur la pente descendante" - pour mieux vanter des piquettes invraisemblables avec un lyrisme dégoulinant (et les coteaux gorgés de soleil par-ci, et des notes de framboises, d'épices ou de violettes par-là). Il n'y a rien de plus saoulant que la pédanterie pinardière et, tant qu'à être éméché, comme rapporte Diogène Laërce, "il vaut mieux faire un faux pas avec les pieds qu'avec la langue".

21W1XGFFJHL._AA115_.jpg* les auteurs  décrivent les effets déstabilisateurs et gerbatoires du binge drinking et d'el botellón...

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 00:01

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Bernard Devic m'avait invité au conclave de Lastours, en 1999 le climat gardait une touche d'euphorie, tous pensaient que les temps difficiles jamais plus ne reviendraient. Moi je terminais ma médiation sur les VDN, j'en entamais une autre à Cognac et déjà je commençais à me poser les questions qui allaient déboucher sur l'écriture de mon rapport. Ce jour-là, comme toujours, il eut du grand jeu, du spectacle et je ne pouvais m'empêcher de penser que cette belle et grande région, avec son goût immodéré pour les discours, ses divisions fondées sur l'histoire, si elle ne prenait pas très vite conscience de la mutation qui s'entamait, ne pourrait toucher les dividendes de la reconversion de son vignoble. Même si ça peu vous étonner, ce jour-là, je me tus. A l'heure des conclusions concoctées par Ernest Young je me permis une seule question : "y-a-t-il un pilote dans l'avion ?" qui tomba dans un silence goguenard.

Ce matin, à l'heure où Vinisud ouvre ses portes, il m'est apparu tout naturel de tendre le micro de Vin&Cie au pilote de l'Airbus commun, Inter Sud, Bernard Devic, pour qu'il fasse le point sur les avancées du dossier. Je l'en remercie chaleureusement.
 

1ère question : Bernard Devic, l'organisateur du conclave de Lastours que tu as été en 1999, pense-t-il maintenant qu'il est aux manettes d'Intersud qu'en 10 ans les choses ont vraiment changé dans la belle région South of France ?

Réponse de Bernard Devic :
 
Effectivement, dans le cadre de mes anciennes responsabilités de Directeur Général du CIVL, une dizaine de responsables professionnels de la filière viticole régionale m’avait chargé d’organiser un « conclave » qui s’est déroulé à Lastours fin décembre 1999.
 
Cette journée avait permis d’analyser avec précision ce qu’était la région viticole, ses forces et faiblesses, et il apparaissait évident, déjà, qu’il fallait « fédérer » si on ne voulait pas connaître beaucoup de désillusions avec l’accélération de la mondialisation des vins.
 
Les décisions d’orientations prises ce jour là n’ont pas abouti et je me suis lassé !
 
Il y a maintenant 4 ans, j’ai changé d’orientation : Directeur Général dans le Groupe Val d’Orbieu et je suis revenu avec plaisir dans le « milieu » qui a initié Inter Sud avec la même conviction et les mêmes postulats que ceux qui avaient été présentés à la fin du siècle dernier.
 
Malheureusement depuis nous gérons une crise dont l’amplitude est plus forte qu’ailleurs. Ce qui va laisser des traces profondes dans notre Région.
 
Ce qu’il y a d’intéressant, mais qui est dramatique et triste, c’est de regarder la « cassette » des débats de ce conclave, parce que tout ce qui avait été prévu s’est réalisé….. puisque nous n’avons pas fait !
 
Maintenant, on m’a confié la Présidence d’Inter Sud qui est pour le moment le seul outil fédérateur du CIVL, CIVR, Inter Oc et Anivit régionale ; et je constate que les choses sont très difficiles à changer, même si l’outil Inter Sud a déjà résisté à beaucoup de péripéties.
 
Ce qui a, par contre, radicalement changé et qui semble irréversible, c’est la mise en place des Bassins et cette donnée nouvelle devrait nous aider à évoluer positivement dans cette belle région Sud de France.
 
 
 
2 ième question : Si ça coince encore, pourquoi ? Qui bloque ? Vous faut-il un médiateur pour que vous vous livriez à une psychanalyse collective ? Dans ce domaine j'ai un peu d'expérience, je suis toujours partant pour les causes désespérées...
 
 
Réponse de Bernard Devic :

Ce qui bloque et qui malheureusement peut aussi être utilisé comme alibi :
 
Ø      La position de l’ANIVIT qui reste une interprofession nationale. Comme tout le monde le sait, une bonne partie du budget de cette structure a son origine dans le Languedoc Roussillon et ce budget est géré au niveau national dans le cadre d’actions de communication pas faciles à fédérer avec la stratégie Sud de France. Et enfin, il n’est pas évident d’expliquer la cohérence entre une gestion par bassin et le maintien d’une ANIVIT nationale.
 
 
Ø      La mise en place de l’OCM qui segmente les produits avec origine ou sans origine.
 
Ø      « L’humaine condition » : il est difficile de fédérer des acteurs reconnus dont il faut saluer le professionnalisme et la forte mobilisation pour des causes collectives. Là nous rentrons dans un schéma beaucoup plus psychologique et cela demandera du temps ! en rappelant que tout le monde est d’accord pour faire, mais se pose des questions quand réellement on avance et que les étapes se franchisent.
 
Toutes les structures qui se fédèrent, où qu’elles soient, connaissent les mêmes problématiques. A-t-on besoin d’un psychanalyste ?
 
 
3 ième question : Pourquoi les grands metteurs en marché de la région, les nationaux comme les locaux, donnent-ils le sentiment de refuser de prendre leurs responsabilités pour que l'économique prime sur le politique ?
 
 
Réponse de Bernard Devic :

Les metteurs en marché de notre Région sont globalement d’accord sur 3 éléments :
  1. l’économie prime sur la politique
  2. qu’il n’y ait qu’un seul système fédérateur avec une gouvernance unique
  3. ils n’ont pas le temps de participer au quotidien aux trop nombreuses réunions nécessaires à la vie de 3 ou 4 structures.
 
Devant cet état de fait, ils souhaitent aller vite sans prendre peut être toutes leurs responsabilités. Et je pense qu’on peut porter la même réflexion pour des metteurs en marché d’origine régionale ou nationale.
 
Il va de soi que le maintien d’une ANIVIT nationale perturberait irrémédiablement le schéma de construction des Bassins. Et si cette situation de mise en place tardait trop, l’impatience prendrait le dessus. On pourrait assister à un « rapport de force » comme l’arrêt des paiements des cotisations, au moins dans leur montant actuel.

 

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 00:10

Bien évidemment, dans mes déclarations consignées par le besogneux pandore Gendron de la gendarmerie de Coye-la-Forêt, nulle trace des digressions sur les ébats de mon commissaire avec Marie-Louise et de moi-même avec Marie-Jo. C’eut été rajouter une couche supplémentaire, bien inutile, à son désarroi grandissant. L’irruption dans sa vie pépère et graillonneuse – sa chemise était constellée de taches et d’auréoles –  d’une pute de luxe, d’un OP quasi-souteneur flanqué de son commissaire qui ne semblait guère en prendre ombrage, d’un grossium marchand d’armes créchant dans une bâtisse de leur circonscription dont il ignorait jusqu’à l’existence, et un tombereau de macchabés aux origines douteuses, bouleversait sa courte vision du monde. Plus je progressais dans mes révélations plus il m’apparaissait au bord de la rupture. Son collègue, plus distancié, ou plus con, je ne saurais trancher, adoptait une forme de pose lointaine, se contentant de ponctuer mes dires de « sa tombe sous le sens » qui enfonçaient plus encore le gendarme Gendron dans la déréliction. Son système lymphatique carburait à plein régime couvrant ses joues de plaques rosacées. Tout était allé si vite pour lui comme pour son collègue alors qu’ils patrouillaient dans leur Renault 4 du côté des étangs de Commelles, leur chef de brigade, alerté lui-même par le directeur de cabinet du Ministre des Armées, bredouillait dans leur radio de bord crachotante, qu’ils devaient se rendre dare-dare au château du Mont-Royal pour récupérer des membres de la Police Nationale.
 
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Pour Gendron et son collègue Buchou, comme pour les gens du cru, le château du Mont-Royal était une ruine désossée par les vandales, inhabité bien sûr, et ils comprenaient mal ce que pouvaient bien foutres des flics là-bas. Disciplinés ils s’y rendirent dare-dare et n’y trouvèrent qu’une harde de biches et de faons qui paissaient tranquillement dans les ruines. Rappeler le chef leur apparut une mauvaise idée. Jean Calisson de la Reynardière, un jeune gommeux arrogant tout juste arrivé à la brigade les prenait déjà pour des brêles alors lui avouer qu’eux, en place depuis plus de cinq ans, étaient incapables de localiser les poulets à récupérer, relevait du camouflet. Ils décidèrent d’aller voir le garde-chasse qui créchait dans l’ancien pavillon d’honneur du château. Bouzeron, le garde, Casanova des chaumières, sautait la fine fleur des femmes mariées du canton. Grand, beau gosse, imbu de sa personne, impeccablement mis, botté de cuir, hormis ses dons évidents d’étalon insatiable, trimballait une réputation d’intouchable. Personne ne savait quel était son employeur mais la rumeur véhiculait que c’était un gros bonnet de Paris. Entre la peste et le choléra, Gendron et Buchou préféraient affronter les lazzis de Bouzeron plutôt que le mépris de leur jeune coq de chef. Arrivés aux abords du pavillon de Bouzeron le spectacle qui s’offrait à leurs yeux les stupéfiaient. Les deux molosses du garde, des dogues allemands, ceux qu’il exhibait en permanence, les autres, les chiens de chasse, étaient au chenil, gisaient sur le pavage de la cour dans une mare de sang brunâtre. Gendron, qui conduisait, immobilisa la R4 près de la voiture de Bouzeron dont les pneus étaient crevés. Les deux gendarmes échangeaient un regard qui en disait long sur leur pétoche. Ils descendaient de leur véhicule, un silence étrange pesait sur la bâtisse, en tremblant dans leur froc ils dégainaient leur arme de service. Buchou s’avança vers la porte du pavillon qui était grande ouverte en faisant signe à Gendron de le couvrir. À l’intérieur, toutes les lampes étaient allumées et ils n’eurent aucune difficulté à découvrir, suspendus par les pieds à la rampe de l’escalier, un Bouzeron saucissonné et bâillonné dont on ne voyait que les yeux exorbités.                         
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 00:03

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Dans les dîners en ville, on boit bien, parfois on boit sec, il me semble donc de la première importance de se pencher sur ce marché à la fois porteur et prescripteur.  J'ai donc acheté le "Manuel de survie dans les dîners en ville" de Sven Ortoli et Michel Eltchaninoff, un petit opus, noir et argent, très chicos.

Le dit Manuel est doté d'une Préface et, comme je déteste les préfaces car, d'ordinaire, le préfacier en fait des tonnes pour paraître intelligent. Sa prose est si lourde, souvent prétentieuse et besogneuse, comme dans certains restos les petits trucs servis pour vous faire patienter, que son office de mise en bouche se révèle contre-productif : au lieu de me donner envie de lire l'ouvrage le côté bourratif me reste sur les neurones, et indisposé j'abandonne le banquet.  

Pourtant, celle-ci, dès la première phrase se réfère à la rencontre aussi étrange qu'improbable des auteurs et du préfacier, lors d'un dîner organisé par une bizarre "Association pour l'amitié entre les philosophies continentales et analytiques", dans une trattoria de Naples jouxtant la Biblioteca del Conventino, qui pourrait bien être une maison de rendez-vous. Le ton est donné, d'infimes détails  jouent dans ma tête une petite musique du "méfie té". Cette préface est légère, enlevée et savoureuse, rare.  En voici un extrait sur ce qu'on peut dire de certains dîners. 

"Quoi de plus juste ? L'histoire de la pensée occidentale est en effet jalonnée de repas mémorables : il y a le banquet de Platon et celui de Kierkegaard, où l'on mange peu mais l'on boit beaucoup - in vino veritas. Il y a le festin de pierre, qui voit Don Juan défier la statue du Commandeur, et le banquet des Cendres où Gordiano Bruno expose à ses hôtes londoniens la théorie copernicienne. Il y a la célébration de la Cène et celle du Seder ; il y a Voltaire qui régale ses invités de Ferney de bons mots autant que de bons mets et, plus près de nous, au cinéma, il y a La Grande Bouffe, Le Festin de Babette ou Festen. D'une manière ou d'une autre, il n'y a pas de grand repas sans construction d'une histoire et, parfois, d'une révélation. Et puis il y a ce qu'on appelle communément les "dîners en ville".

On pourrait juger que les commérages des Verdurin d'aujourd'hui ne valent pas les répliques acérées d'Aristophane aux brocards d'Alcibiade. Grosse erreur. En termes de platitudes ou de vacheries, les libations athéniennes ne cédaient certainement en rien aux dîners en ville contemporains. Autant de petits snobismes, faux paradoxes, affèteries diverses et avariées, contrefaçons conceptuelles et théories définitives qui vous clouent le bec avec la finesse d'un B52 larguant son chapelet de bombes. Pourtant, lorsque Socrate apparaissait dans la salle du festin, il apportait tout le contraire : l'aiguillon du doute, le refus des évidences, la faute de goût et la contradiction. N'importe qui, finalement, peut tenir ce rôle dès lors qu'il refuse de se laisser impressionner par les sophistes d'aujourd'hui, c'est-à-dire tous ceux qui se servent de la philosophie ou des sciences pour asséner un coup de massue dialectique qui masque (douloureusement pour l'agressé) leur absence de sincérité intellectuelle."   

Nos deux auteurs sont donc de joyeux drilles, ils nous donnent des clés pour survivre dans les dîners en ville. J'en cite quelques unes :
- Le rock a des fondements présocratiques,
- Le paradigme des flots bleus, 
- Etes-vous carbon neutral (mademoiselle) ?
- Le principe de Popper est-il aphrodisiaque ?
- In vino veritas (qui fera bien sûr l'objet d'une chronique),
- Je ne prends pas de dessert, je suis épicurien (...)

Pour en finir, le signataire de la Préface est un gus doté d'un prénom italien : Marcello et d'un patronyme Ecosso-Georgien : Yashvili-Mc Gregor (Jr), affublé d'une floppée de titres aussi fantaisistes les uns que les autres : 
- prix Nobel de philosophie (1987), 
- professeur invité au Corleone Collège (Cambridge), 
- professeur associé à la madrasa Michel-Foucault (Qom), 
- titulaire de la chaire de métaphysique quantique au Mexico Institute of Transdiciplinarity (MIT)
- son seul ouvrage : Ontologie du hasard , est publié par  les Presses académiques de Rostov-sous-le Don, 1979.

C'est une joyeuse imposture dans le mesure où le Nobel de Philosophie n'existe pas, ainsi que le Corleone Collège de Cambridge, que Qom, ville sainte du chiisme en Iran, n'a bien évidemment aucune Madrasa Michel-Foucault et, qu'enfin, c'est la physique qui est quantique et non la métaphysique. De plus Rostov n'est pas sous le Don mais sur...
   
J'adore ! 

Je ne suis pas sûr que nos brillants critiques littéraires aient pris le temps de relever la supercherie. Bravo les artistes car si nos philosophes s'adonnent à la légèreté : " l'essence du gruyère, c'est le fait d'être menacé, de l'intérieur, par une néantisation, c'est-à-dire les trous. Comme l'expliquait un amoureux des syllogismes tordus : "Plus il ya de gruyère, plus il y a de trous ; plus il y a des trous, moins il y a de gruyère ; donc plus il y a de gruyère, moins il y a de gruyère." nous allons pouvoir les accueillir à l'ABV. 

 Adhérez à l'A.B.V c'est bon pour la santé...image005-copie-1.gif

 
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 12:00


Je ne résiste pas au plaisir de publier la lettre qui m'a été adressée, depuis Maury, par Marie Calvet. Elle a été mise en ligne sur le blog de JC Thunevin. http://www.thunevinblog.com/article-16630362.html 
Pour moi, elle est la démonstration que, même dans les situations les plus difficiles, tout reste toujours possible si des hommes et des femmes prennent leur destin en mains. A ma petite échelle, avec le futur président de la cave coopérative, Paul Armingaud, c'était la teneur de mon propos aux viticulteurs de Maury, contre les tenants de l'immobilisme, ce vendredi soir, à la salle Omnisports. J'en garde un souvenir fort et la conviction profonde que le devoir de vérité est du à ceux et celles qui, dans leurs vignes, leurs caves, le quotidien de notre viticulture. Rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais perdu. 

Jeudi 14 février 2008

Berthomeau / Marie Calvet et Vinisud !


M. Berthomeau,
 
Nous nous rappelons aussi très bien de votre venue à Maury. Vous avez été reçu, vous l’avez dit par une  assistance nombreuse. Ces hommes et ces femmes étaient à l’époque inquiets de la situation, découragés, las. Pire, ils ne croyaient plus en ce qui avait représenté toute une vie pour certains, l’avenir pour d’autres : leur métier, la vigne.
 
C’est dans ces circonstances que vous avez fait connaissance avec Maury.

Peu après votre venue, une nouvelle équipe dirigeante a pris la tête de la coopérative. Oh, le changement ne s’est pas fait en douceur, bien qu’une grande majorité des coopérateurs aient donné leur confiance à Paul Armingaud et son équipe. Mais peu à peu, grâce à des décisions justes et une ligne de conduite inflexible, la situation s’est améliorée. Mise en place d’un cahier des charges, lignes de rémunérations différentes en fonction de la qualité des apports, meilleur choix des partenaires commerciaux ont été des stratégies qui ont porté leurs fruits en quelques années. Bien sur, il y a aussi eu des licenciements, des sacrifices à faire, tant au niveau du personnel que des coopérateurs. Mais aujourd’hui, la situation financière de la cave est assainie et les rémunérations aux coopérateurs ont recommencé à augmenter.
 
Bien qu’ayant quitté la Cave coopérative en 2004, pour poursuivre notre chemin avec Jean-Luc, nous avons gardé avec elle d’excellentes relations, commerciales comme amicales. 

Il en va de même de nombreuses autres caves particulières. Cette entente entre producteurs est même devenue un atout puisque a été crée en 2007, à l’initiative de la municipalité, La Maison du Terroir et son association regroupant une vingtaine de caves particulières et la Cave Coopérative dans le but de promouvoir les vins de Maury autour d’un bar à vin et d’un restaurant de qualité.

Alors bien sur, aujourd’hui, il y a encore quelques individus (les innommés ..?) qui croyant pouvoir s’exonérer de leurs fautes passées tentent d’enrayer cette mécanique de la réussite qui est en place à Maury et qui n’est pas de leur fait.
 
Mais, le fait est, Monsieur Berthomeau, que si vous reveniez aujourd’hui à Maury (et je souhaite que cela soit possible) vous seriez certainement accueilli par les mêmes personnes qu'il y a quelques années ; la différence, c’est ce que vous trouveriez dans leurs yeux : la fierté ! La fierté de pouvoir faire le métier qu’ils aiment et en vivre. 
Maury, nouvelle St Emilion du Roussillon ? Le Chateauneuf du Sud ? Nous y croyons !  Nous en avons aujourd’hui retrouvé l’ambition! Parce que des hommes comme vous et comme Jean-Luc Thunevin ont commencé à y croire et à nous convaincre que c’était possible.
 
Revenez nous voir, Monsieur Berthomeau, Maury a retrouvé son âme.  

Vinisud  : 18-19-20 février 2008
 
Ce salon des vins qui se tient tous les 2 ans à Montpellier est devenu un incontournable, donc nos vins de la gamme Calvet-Thunevin y seront présents cette année, avec 1760 autres exposants !
Pour nous trouver :  Hall 1 Allée E  Stand 3, nous y seront en compagnie du Domaine Pouderoux de Maury et du Domaine Séguela de Rasigueres.
Pour représenter le Domaine Calvet – Thunevin : Marie et Jean-Roger Calvet ainsi que Catherine Manuaud et Laurent Barbier sauront vous faire goûter nos productions actuellement à la vente et tenteront de trouver de nouveaux clients pour les pays où nos vins ne sont pas encore distribués

 
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