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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 00:01

Vous connaissez mon peu de goût pour l’utilisation de la médicalisation des bienfaits de notre nectar sur notre santé en réponse aux assauts des hygiénistes. Moi c’est le plaisir, rien que le plaisir, un plaisir avec des lendemains heureux et je ne laisse le soin, à qui que ce soit, Diafoirus ou diseurs de vérités sur le vin, de mettre la main sur mon hygiène de vie. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs. Cependant, sur cet espace de liberté, comme l’information prime toujours sur mes goûts et mes couleurs, je me dois de faire état des avancées scientifiques sur une pathologie inquiétante : l’obésité  où nos grands maîtres de la santé publique pataugent, comme ils le font pour l’alcoolisme, car ils méconnaissent ou sont incapables d’appréhender les causalités sociales profondes de ces pathologies.

Je vous propose donc ce matin : tout d’abord l’approche très originale de l’obésité de Max Lafontan, directeur de recherches INSERM, Hôpital Rangueil, Université Paul Sabatier de Toulouse (unité de recherche sur les obésités U586), spécialiste mondial de cette pathologie, chercheur atypique et présenté comme un homme « Direct, souriant et chaleureux, ce "bon vivant" n’hésite pas à calculer en public son propre Indice de masse corporelle en guise d’explication concrète ! » ; puis les travaux d'une équipe de chercheurs, dont Pierre Louis Teisseidre de l'UFR d'œnologie de l'Université Bordeaux 2, viennent de démontrer les effets préventifs des tanins du vin contre l'obésité d'origine nutritionnelle ; et enfin les publications de chercheurs de l’Université Louis Pasteur en collaboration avec l’Université de Harvard, l’Université de Kuopio et l’entreprise pharmaceutique Sirtris pharmaceuticals, qui apportent de nouvelles données sur l’impact métabolique du resveratrol dans l’organisme.

1- L’obésité est une pathologie (c’est de la physiopathologie) révélant la difficulté de l’homme à intégrer la transition économique rapide à laquelle il est confronté.

Un faisceau de facteurs va venir perturber son existence... et il est inadaptable rapidement.... Peut-être aura-t-on une chance au fil des générations de parfaire notre adaptation dans ce nouvel univers obésogène ? On peut répertorier un ensemble de points qui caractérisent cette transition :

-          Augmentation de la sécurité des apports alimentaires (régularité et quantité).

-          Mise sur le marché d’aliments sucrés et gras à bas prix et à forte densité énergétique.

-          Influence néfaste des médias qui inondent les enfants et les consommateurs de messages publicitaires pro-consommation sponsorisés par les grands de l’agro-alimentaire.

-          Rareté et piètre qualité des messages "santé" au sein de la société. Faiblesse des pratiques préventives.

-          Extension de l’alimentation hors domicile avec explosion des lieux de repas sommaires (croissanteries, sandwicheries et lieux de restauration rapide de piètre qualité mais à bas prix).

-          Diminution importante (et utile) des travaux à haute pénibilité.

-          Extension de la motorisation et des systèmes de transport passif.

-          Diminution des opportunités d’activité physique dans la vie de tous les jours.

Max LAFONTAN, D.Sc.

- 2 Polyphénols du vin et obésité www.u-bordeaux2.fr/


Une découverte importante

 

Une équipe de chercheurs de l'Université Bordeaux 2 (Laboratoire de Chimie appliquée, Faculté d'Œnologie, UMR INRA 1219 ISVV) et de Montpellier1 et 2 (EA 4188, Nutrition Humaine, Biodisponibilité & Athérogénèse) annoncent une découverte importante sur les effets préventifs des tanins contenus dans les pépins de raisin contre l'obésité.


« C'est la première fois que l'on arrive à démontrer que les tanins du vin ont un effet sur la production d'hormones impliquées dans l'obésité" explique Pierre-Louis Teissedre, le chercheur bordelais.

« Les résultats de nos recherches montrent que la consommation chronique de tanins de pépins de raisins a un effet potentiellement bénéfique sur le développement de l'obésité et les voies métaboliques liées, comme la sécrétion d'adipocytokines de leptine et le stress oxydant impliqués dans les complications cardiovasculaires »

Ces travaux sont publiés dans Molecular Nutrition Ford Research sous le titre « La supplémentation d'un extrait de pépins de raisins Chardonnay riche en procyanidines prévient l'obésité nutritionnellement induite chez le hamster en réduisant le stress oxydant ».



3- Un extrait du vin rouge contre le diabète et l’obésité (sur le site Information Hospitalière www.informationhospitaliere.com/ )

Des chercheurs de l’Université Louis Pasteur en collaboration avec l’Université de Harvard, l’Université de Kuopio et l’entreprise pharmaceutique Sirtris pharmaceuticals, apportent de nouvelles données sur l’impact métabolique du resveratrol dans l’organisme.

« Le resveratrol est un dérivé phénolique localisé dans certaines plantes, les cacahuètes et la peau du raisin noir. Il se trouve en grande quantité dans le vin rouge. Les résultats obtenus par ces recherches montrent comment le resveratrol améliore la dépense énergétique des souris et les protège contre l’obésité et le diabète.

L’étude a été dirigée par Johan Auwerx, professeur à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire3. Au niveau macroscopique, les chercheurs ont remarqué qu’un complément de resveratrol dans l’alimentation des souris a une action notable au niveau des muscles. En présence de resveratrol, les fibres musculaires affichent une forte consommation d’oxygène donc une grande dépense énergétique, que se soit dans une situation d’exercice, au cours de laquelle les souris font preuve d’une endurance surprenante, mais également lors de périodes d’inactivité.

Au niveau moléculaire, les chercheurs ont étudié la voie de signalisation intervenant dans ce processus qui les a conduit jusqu’à la mitochondrie4. Cet organite localisé en grand nombre à l’intérieur des cellules musculaires a pour rôle de générer de l’énergie. Ils ont observé que le resveratrol active une protéine de la famille des sirtuines5 (SIRT1) qui à son tour entraîne une activité accrue d’une protéine impliquée dans les fonctions mitochondriales. Le resveratrol en agissant sur les mitochondries favorise la dépense énergétique et donc la réduction de prise de poids.

Cette étude permet ainsi d’associer les sirtuines avec la dépense énergétique et d’envisager l’utilisation des activateurs de SIRT1 comme moyen de prévention ou de traitement des dysfonctionnements métaboliques. De ce fait, les sirtuines deviennent des cibles pharmacologiques attractives et potentiellement bénéfiques d’un point de vue thérapeutique pour les pathologies dans lesquelles les mitochondries dysfonctionnent, ce qui est souvent le cas des maladies associées au vieillissement comme l’obésité ou le diabète de type 2. Chez l’humain, la société Sirtris pharmaceuticals vient d’initier un essai clinique sur le diabète à partir de SRT501, une formulation confidentielle du resveratrol présentant une biodisponibilité6 améliorée. »
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 00:06

 

D’ordinaire dans notre beau pays jacobin, gouvernés par des parisiens, l’histoire enseigne que, lorsque Bordeaux tousse la France du vin s’enrhume. Ce diagnostic, vérifié par les Languedociens lors de la dernière crise, ne vaut pas pour la situation présente, en effet, le soudain et brutal trou d’air de l’économie mondiale, touche l’ensemble de nos opérateurs, y compris les Champenois. Cependant, dans la capitale de la Gironde, où certains se vivent comme la France du vin à eux seuls, la belle euphorie des « années bling-bling » laisse la place à une sinistrose doublement proportionnelle à l’enflure de la bulle. En langage vulgaire « tout le monde morfle » les gens d’en bas et les gens d’en haut. Certes, ces derniers, ne vont pas murer les issues du CIVB mais le temps est peut-être venu de réfléchir la situation avec un sens plus poussé du « vivre ensemble ».

Je me tourne donc ce matin vers Bordeaux pour y interroger Stéphane Héraud, le président, depuis février 2007, de la Fédération des Coopératives d’Aquitaine. C’est un tout jeune homme, 40 ans, qui tout fraîchement diplômé - Maîtrise de Sciences Economiques Université de Bordeaux I DESS Aménagement du Territoire en 1992 - a repris l’exploitation familiale en 1993 –  EARL mère/fils Asperges : 7 ha, Vignes 70 ha, Céréales 50 ha – et est devenu en mars 2006  Président de la Cave des Hauts de Gironde, de l’Union «  Alliance Côtes en Bordeaux » et de la SAS « Vignerons de TUTIAC ». Il est aussi, membre du bureau des syndicats viticoles des Premières Cotes de Blaye et des Bordeaux et Bordeaux Sup. et membre du bureau du CIVB  et FGVB depuis Juillet 2007. Nous nous sommes rencontrés longuement. Notre échange fut très intéressant, Stéphane Héraud, à l’instar de la nouvelle génération, aborde les problèmes sans s’encombrer des précautions propres « aux grands chefs de tribus ». Je le remercie d’avoir bien voulu répondre à mes 3 Questions.

 

 1ière Question : Bernard Brousté dans les Échos du 19 décembre titre « la crise rattrape Bordeaux » en constatant que les transactions viticoles entre la propriété et le négoce ont chuté de 37% au cours de ces trois derniers mois. De son côté, Jean Jacques Chiquelin, dans le Nouvel Observateur parle de « la fin des années bling-bling » pour Bordeaux. JF Moueix se déclare très pessimiste sur les ventes en primeurs « Or la vente en primeur est le cordon ombilical du négoce bordelais. Les châteaux vendent d'abord aux négociants bordelais, et seulement après au reste du monde. Si le négoce n'achète plus, adieu la place de Bordeaux, ses négociants et ses courtiers. »

Alors est-ce comme l’écrivait Jean de la Fontaine, dans les animaux malades de la peste : « Un mal qui répand la terreur » et « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ?

 

Réponse de Stéphane Héraud : à trop parler de la crise, on la fabrique disent certains….je ne suis pas loin de partager ce point de vue, sinon comment expliquer un changement d’attitude des consommateurs aussi brutal que l’on veuille bien nous le dire. On peut reporter certains achats, de biens d’équipement par exemple, mais les habitudes alimentaires n’obéissent pas aux mêmes lois…Qui pourrait nous faire croire, aujourd’hui, que la consommation de vins dans le monde a diminué de 37 %, à l’image des enregistrements CIVB ? Revenons sur terre...car les transactions vrac ne sont que le premier étage de la fusée « Bordeaux » et doivent être corrigées de la baisse des stocks au négoce. Le total des sorties de la propriété sont le véritable indicateur de l’activité : - 9% à fin novembre. Ce n’est pas reluisant, certes, mais tout de même assez loin de l’apocalypse annoncée....

 

Il n’en reste pas moins, qu’après avoir subit la plus grave crise viticole depuis bien des années, et alors que l’ensemble de la filière française semblait trouver un nouveau souffle, elle a pris de front le dérèglement du système financier international. Certains ne s’en relèveront pas sauf, à encore renforcer les restructurations, à chaque étage de la filière.

 

2ième Question : Dans Cap 2010 nous préconisions pour les grands bassins de production une « gestion économique » fondée sur le partenariat, entre les metteurs en marché et la production, permettant un sourcing pour générer une réelle politique de marques internationales. Quand est-il chez vous ? A-t-on progressé ? Si oui comment ? Et pourquoi diable ce refus de considérer l’Aquitaine comme un bassin de production ?

 

Réponse de Stéphane Héraud : Depuis 2004, un vaste mouvement de fusion et de regroupement commerciaux a vu le jour au sein de la coopération viticole régionale. A Bordeaux, nous sommes passés de 40 metteurs en marchés à pratiquement cinq !! Fusions ou création d’Union ont aboutit à ce jour à concentrer dans les mains de ces cinq groupes coopératifs 75 % de la production organisée. Cela commence à peser sur le marché... Le Négoce ne nous regarde plus du même œil. Nous avons pu engager avec eux des discussions constructives sur l’avenir de la filière. Chacun est conscient que la sortie sera commune ou ne sera pas...et surtout qu’un des enjeux majeurs de la décennie à venir, au-delà des aspects économiques conjoncturels, sera la maîtrise d’un approvisionnement de qualité. La coopération a les cartes en mains pour faire partie des acteurs majeurs de cette sortie de crise.

 

Quant au bassin de production : cela a-t-il tant d’importance pour y consacrer toute l’énergie et le temps que les responsables de la filière régionale ont dépensé depuis 2 ans maintenant ? Un bassin Bordeaux- aquitaine, renommé Aquitaine tout court, basé sur à peine la moitié de la région Aquitaine : les bases étaient déjà fragiles.... la construction s’avère pour le moins complexe, le fonctionnement à minima et l’avenir incertain....

 

3ième Question : Le modèle « coopératif » qui, si vous me permettez l’expression, a « le cul entre deux chaises », avec une gouvernance complexe, peut-il en ces temps difficiles, où beaucoup d’entreprises du négoce vont se trouver en position difficile, constituer le creuset d’une politique de restructuration des metteurs en marché ? Si oui, pourquoi, alors qu’un Fonds souverain s’est mis en place sous l’impulsion du Président de la République, les dirigeants de la Coopération et du Négoce restent-ils les bras ballants face à la nécessité d’un Fonds d’investissement spécifique aux entreprises du vin ?

 
Réponse de Stéphane Héraud : La grande richesse du système coopératif est le facteur humain... mais c’est aussi, sans aucun doute, le socle de sa fragilité extrême. La gouvernance doit évoluer, le processus de pilotage et de prise de décision doit s’adapter. Les conseils d’administration doivent prendre conscience que leur rôle a changé : ils doivent être aujourd’hui les décideurs des grandes orientations de leurs entreprises et les garants de la pérennité de leur structure et du revenu de leurs adhérents, mais déléguer la majorité du pouvoir à un nombre restreints de décideurs, politiques et salariés. C’est la seule issue possible pour que les coopératives deviennent des entreprises modernes adaptées au monde économique d’aujourd’hui.

Alors, et seulement alors, elles auront les atouts pour constituer, avec le négoce, les deux forces de frappe, que la culture a,  jusqu’ à ce jour opposé, mais que le bons sens devra rapprocher.

 

C’est à partir de ces leaders régionaux, coopératifs et/ou négoces, que pourra réellement se mettre en place une politique, ou plutôt des politiques commerciales nationales, et qu’un fond d’investissement prendra tout son sens et aura toute sa pertinence.

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 00:06

N’en déplaise à notre orgueil national, nous qui sommes très naturellement portés à donner des leçons au reste du monde qui, bien sûr, ne comprends rien à notre génie, nous faire remettre à notre place par un pays voisin, petit par la taille, mais singulier par son positionnement géographique, sa neutralité et son mode de fonctionnement démocratique, participe à une forme de thérapie salutaire. Sans partager le sentiment des déclinistes, ni entonner les antiennes des adulateurs d’une mondialisation heureuse et encore moins enfourcher les canassons épuisés de l’ultra-gauche, je fais parti de ceux qui pensent que notre vieux pays, s’il veut bien lutter contre ses vieux démons, puiser dans la vitalité de sa jeunesse, s’appuyer sur une natalité extraordinaire, tirer parti de l’expérience des papy-boomers, possèdent de beaux atouts pour relever les défis de cette crise de notre modèle de consommation. Le nouveau président des USA, Barak Obama, sans être le sauveur du monde annoncé par la gente médiatique prompte à s’enthousiasmer, l’a bien compris pour son pays hyperpuissance mondiale si longtemps sûre d’elle, dominatrice, mais aujourd’hui en mal de nouveaux ressorts de croissance.

Toute proportion gardée notre beau secteur du vin s’est vécu lui aussi, depuis ces 30 dernières années, comme l’hyperpuissance du monde du vin. Nous étions détenteurs au travers de nos GCC, du Champagne, du Cognac, de notre beau système des AOC, de nos scores importants et réguliers de grand pays exportateur, de tous les attributs de la domination sans partage. Notre condescendance doublée d’un sentiment d’insubmersibilité  nous empêchait de voir, qu’à nos portes, sur les terres de la perfide Albion, des barbares nous bousculaient sans vergogne. Au Vinexpo de 2001 c’était flagrant mais, écrire ce que j’écrivis, dans le mois qui suivit, relevait, pour beaucoup de dirigeants du secteur, d’une forme de dénigrement national. Bref, nous avons pratiqué la politique de l’autruche. Pour autant, alors que nous cinglons vers cette fameuse année 2010, pour laquelle nous avions eu l’outrecuidance de la donner pour Cap, notre capacité de rebond reste entière. Alors, que ceux qui n’ont rien vu, rien entendu, rien compris, prennent un peu de leur précieux temps pour lire ces quelques lignes d’une plume valaisanne, donc provenant de cette petite Suisse, si proche mais si lointaine de nous. Pour nos voisins nous sommes des gens situés à « l’ouest du Jura », une gentille remise à notre place. Bonne lecture.

France: le déclin de l’hyperpuissance du vin

In Valais Vins Com « la vinothèque de référence pour réaliser la cave de vos rêves » 
Précision apportée par un lecteur suisse : " Le rédacteur de l'article en question est mon ami (vaudois) Alexandre Truffer, journaliste (Fijev CH) et webmestre du site www.romanduvin.ch  Site sur lequel est paru bien naturellement cet article (et bien d'autres.)" Ne vous privez pas d'aller à la source lire ce qu'écrit Alexandre Truffer.

« A l’instar des Etats-Unis sur le plan politique, la France a mérité longtemps le statut d’hyperpuissance du monde du vin. Souvent admirée, toujours copiée, fréquemment jalousée, parfois raillée, notre voisin cumulait les records. Premier producteur, premier exportateur, régions les plus renommées, diversité inégalée, taille du patrimoine, inventivité. Malgré quelques chausse-trappes comme le Jugement de Paris, vin prenait une majuscule lorsque l’Hexagone était concerné. Des oiseaux de mauvais augure annonçaient bien un déclin, relevant l’évolution des pays concurrents et détaillant tous les maux –réels ou supposés- accablant le vignoble gaulois. Aujourd’hui, les chiffres confirment que la malédiction de Cassandre n’est pas de susciter l’incrédulité mais bien d’avoir raison.

Après avoir perdu sa place de premier exportateur en volume de vin au monde face à l’Espagne en 2005, la France recule encore d’un rang et laisse la médaille d’argent à l’Italie en 2008. Les Transalpins, encore, s’emparent de deux autres premières places mondiales : la production et la consommation. Le millésime 2008 n’a donné naissance qu’à, entre guillemets, 485 millions de caisses de bouteilles chez notre voisin de l’ouest, alors qu’au sud des Alpes 552 millions de caisses ont été produites sur la même période. Ces chiffres proviennent d’une étude réalisée pour Vinexpo par une société britannique IWSR. Deux consolations toutefois: concernant la valeur des crus exportés, la France reste numéro un et la baisse de consommation de la clientèle nationale devrait s’atténuer aux alentours de 2012 date où les Etats-Unis boiront plus de vin que la France. A noter que d’ici 2012, la production devrait augmenter de 4% au niveau mondial et la consommation de 6%.

Plus étonnant encore que ces chiffres qui peuvent s'interpréter à loisir, le désamour que, à l’ouest du Jura, on professe pour le nectar de Bacchus. Un peu partout sur la planète, les consommateurs de bière et les buveurs d’eau se tournent vers la dive bouteille : Les New-Yorkaises des séries hollywoodiennes passent leur temps dans des œnothèques branchées à siroter Chardonnay et Pinot Noir. Indiens et Chinois aisés se passionnent pour les grands crus. Aux Japon, un manga avec la Bourgogne pour personnage principal fait figure de best-seller. Le Portugal s’efforce de traiter le vin non comme une boisson alcoolisée mais comme un produit culturel. En France, rien de tel: une étude du Credoc, le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie à montré qu’une majorité de Français perçoit désormais le vin comme un produit à risque pour la santé. Un peu moins nocif que la charcuterie, nos voisins le considèrent plus néfaste que la viande, le beurre ou les fromages au lait. En cinq ans cette enquête a montré que les avis négatifs sur le vin ont passé de 24 à 53%. Selon les conclusions du Credoc –qui relève également que le vin s’embourgeoise- celui-ci est désormais «reconnu pour ce qu’il est, à savoir une boisson alcoolisée, un produit à risques, à consommer avec modération.»

Chers lecteurs, je vous recommande très vivement de lire le N°44 de ma Wine News sous la rubrique PAGES (colonne de droite du blog) intitulé : " La viticulture familiale est-elle la seule garante de la qualité ? " Très français comme débat... Commentaires obligatoires ! 

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 00:36

Voici quelques jours, dans l’une de mes chroniques, Nicolas s’adressait à Monseigneur le Vin http://www.berthomeau.com/article-26886609.html, aujourd’hui par l’entremise de Julie Campos, la plus française des anglaises du vin, les vignerons de Tain nous offraient l’extrême plaisir d’une dégustation de leur gamme « Queen of Syrah ». Comme vous le savez je suis joueur et ce que j’aime par-dessus tout c’est le contre-pied. Alors pour ce cérémonial, dont je ne maîtrise pas tous les codes, n’étant qu’un amateur, mon choix s’est de suite porté sur Margot de Nicolaÿ qui, sans conteste, m’apparaissait en position de maîtriser l’étiquette.

C’est en 1607 que pour la première fois le maréchal de Villars, dans ses Mémoires, emploie en français le mot étiquette. Née à la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, cette liste contenant le détail de ce qui doit se pratiquer journellement à la Cour, sera introduite à la cour de Vienne par Marie de Bourgogne, petite-fille de Philippe le Bon, qui a épousé Maximilien 1ier, archiduc d’Autriche. L’étiquette passe ensuite par la cour de Madrid avant de s’imposer à l'extrême fin du XVIe à la cour du roi de France. Ce clin d’œil avec la nôtre, cette étiquette qui ceint nos beaux flacons, valait bien d’être tenté, pas trop appuyé bien sûr, mais que ne ferais-je pas pour un beau titre de chronique.

Nous nous sommes donc retrouvés, par les bons soins de Flore de Cerval, dans les locaux de Chef&Sommelier www.chefsommelier.com chez Arc International, pour notre dégustation. Notre nectar royal pourrait ainsi s’épandre dans un réceptacle digne de sa position : le verre AROM’UP fruity le grand module de 43cm. Outre la « reine » Margot, Erwan Thill, responsable export des champagnes Binet et Collery, mon vieux complice Michel-Laurent Pinat, qui apporterait à cette dégustation juvénile le poids de son expérience, complétaient ma petite troupe de dégustateurs. Moi-même me contentant de n’être que le scribe attentif d’une dégustation ouverte, respectant l’étiquette.

Ma bande des 4  va donc déguster 4 vins  dans l’ordre suivant un classique rosé 2007, un classique rouge 2006, un rouge réserve 2006 tous les 3 : Vins de Pays des Collines Rhodaniennes et un Hermitage Grande Réserve 2005.

Première remarque, à propos de l’étiquette, la mention « Cool climate Syrah » fait l’unanimité car elle interpelle, étant à la fois en décalage avec l’image traditionnelle des vins de cette partie septentrionale de Rhône Valley et en bonne adéquation avec l’image plus décontractée de cette gamme. « Sympa et fin  ! » ponctue Flore.

 Premier service, la robe du rosé est jugée un peu terne, pas assez pink, trop orangé traditionnel par rapport à la promesse de l’étiquette. Je me dis, que mes petits loups sont redoutables. J’attends. Ils embrayent, le nez est flatteur, un côté fraise, délicat, peu exubérant, subtil, droit et net, exempt de défauts. En bouche, très léger, très agréable, « un goût de revenez-y » pour Erwan, « pour un barbecue, c’est canon » ajoute Margot. Michel-Laurent conclut « équilibré et élégant » Sur le packaging, une réserve par rapport à la vogue du rosé, mes djeunes le trouve pas très attractif (nous y reviendront après la dégustation du second vin).

Deuxième service, la robe rouge carmin est qualifiée de superbe, une belle évolution, le vin glisse bien sur le flanc du verre, soyeux. Le nez, très flatteur, opulent, des exhalaisons de pruneaux, de noyaux de cerise, un peu Porto pour Erwan, des notes poivrées. En bouche, très souple, très rond, facile, très bien fait, féminin le mot est lâché par les filles. Un vin de tapas, « à recommander à ceux qui ne connaissent rien au vin », dixit Margot. Pour les hommes c’est un vin assez proche du cliché Côtes-du-rhône mono-cépage mais qui en renouvelle l’image. ou quand le vin de comptoir devient before...

Avant de relater la dégustation du 3ième vin arrêtons-nous sur l’étiquette des 2 premiers. D’une manière unanime elle est jugée par mes jeunes pousses pas suffisamment en accord avec les intentions de ses concepteurs et le fun des vins. Nous discutons ferme sur le sujet et un accord se fait entre nous pour estimer que c’est le bandeau du pied de l’étiquette qui l’alourdit, la tasse, jure un peu avec l’élégance du graphisme qui nous plaît beaucoup.

Troisième service, Réserve 2006, robe d’une grande élégance, « un je ne sais quoi de mystérieux » Erwan, rouge profond, « on a envie de s’y plonger » Margot, envoutante, une très belle évolution… Pour le nez c’est une forme d’extase : les voilà qu’ils me parlent de rétro-olfaction. Je suis admiratifs. Surprenants ils sont mes "petits loups" (ce foutu masculin qui l'emporte toujours, allez va pour les petites louves). En bouche, une belle charpente mais sans aspérité, souple, « androgyne » lancent-ils. Très fondu, hors du cliché du sous-bois mais avec un côté vanillé. « Automnal » pour Michel-Laurent. Belle complexité, plutôt pruneaux avec une pointe de cuir ajoute Flore. Généreux pour Erwan. Gourmand en bouche et belle finale. Le ravissement est général. Prêt à boire : au top. Margot adore l’étiquette. C’est le coup de cœur du groupe (nous finirons la bouteille en déjeunant…)

 

Je lance la proposition : « vous le buvez avec quoi, quel plat ? » L’alchimie se fait à la vitesse de l’éclair : accord sur une belle Côte de Veau grillée aux aromates de Provence (pour moi de chez Hugo Denoyer, rue Mouton-Duvernet, le boucher des étoilés). Pour l’accompagnement : gratin de courgettes pour Flore, purée gratinée pour Margot et ratatouille pour Erwan et Michel-Laurent. Du travail bien fait ne trouvez-vous pas chers lecteurs.

Quatrième service, l’Hermitage 2005, Grande Réserve, la robe est très sombre, opaque. Le nez magnifique ! Très complexe alliant plusieurs tableaux aromatiques : fruits confits, Erwan et Michel-Laurent, café torréfié pour Flore. En bouche, les tanins plus présents, ce garçon est encore jeune. Un creux, au milieu de la dégustation, qui devrait se combler avec l’âge. Vin masculin, animal de race, encore rigide mais bien équilibré. Un beau gamin plein de promesses : apte à la garde pour 7 ou 8 ans.

 

Fermez le ban ! Photos. Confidence : nous dégustons une Syrah of Australie que j’ai apportée dans mon petit panier. De l’encre de seiche, du lourd, du 15°, ça vous emplâtre la bouche, de quoi mettre sur le flanc le plus rompu des vieux buveurs de canon de Sidi Brahim et terrasser un troupeau de taureaux camarguais. Nous descendons déjeuner au resto d’à côté avec notre petite bouteille de Queen of Syrah Réserve 2006 sous le bras et la serveuse très sympa n’y voit rien à redire (on lui commande 2 bouteilles d’eau minérale en échange de bon procédé) Belle journée. « Cool climate syrah » it’s very good !

La gamme « Queen of Syrah » est élaborée par la Cave de Tain, premier producteur de Syrah d’Europe www.cavedetain.com/, pour offrir une alternative à sa gamme classique d’AOC en présentant le vin par le cépage. C’est donc une invitation à la découverte pour les curieux de toute nature, qu’ils soient amateurs de vin ou néo-consommateurs. Pour notre petit groupe c’est une initiative de qualité car les vins sont de belles tenues, agréables, bien adaptés à des moments de consommation très divers : barbecue, apéro, accompagnement d’un beau plat : notre côte de veau grillée. Notre coup de cœur : le Queen of Syrah Réserve 2006 est vraiment un très beau vin. Si vous nous faites confiance adressez-vous directement à la cave de Tain car ces vins ne sont pas encore sur le marché français, sauf l’entrée de gamme Queen of Syrah ainsi que le rosé effervescent (que nous n’avons pas dégusté) qui sont en vente à la boutique de la Cave de Tain. Ils sont tous déjà proposés à l’export, en Amérique du Nord, en Scandinavie et en Asie. Entre nous, si les acheteurs de la GD jouaient vraiment le jeu de la promotion du vin auprès des nouvelles générations ils mettraient de suite en avant ce type de produit. Paresse intellectuelle, conservatisme, ou je ne sais quelle autre mauvaise raison…

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 00:27

La perspective d’une bonne castagne me revigorait. D’Espéruche, lui, partait en charpie, gris et cireux à la fois,  je le sentais mûr pour un traitement de choc. C’est le moment que Chloé choisissait pour apparaître, toute embuée de sommeil, aussi nue que belle. Je me levais et elle allait se poser, sans façon, aux côtés d’un d’Espéruche qui n’en croyait pas ses yeux. Le café s’imposait mais, comme à cette heure matinale le service de cabine ne pouvait être d’un grand secours, seule la débrouillardise de Chloé pouvait nous sauver. J’entrepris donc de la vêtir, pièce après pièce, sous le regard étonné de d’Espéruche. Toujours aussi joueuse elle se laissait manipuler avec une indolence qui embrasait son voisin de canapé. Son levé de cul tout particulièrement le portait à un tel point de fusion que je jugeai bon de l’asperger d’une ironie un peu facile : « vous êtes un dégustateur à l’aveugle d’Espéruche, avec vous qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse… ». Chloé, éveillée, en profitait pour gazouiller: « Tu es dur avec notre ami mon beau légionnaire. Mal placé aussi, toi qui fait maintenant dans les vieilles perruches déplumées… » Sa saillie réconfortait le pauvre d’Espéruche qui hoquetait en retrouvant une position jugulaire-jugulaire : « je préfèrerais m’enfiler un âne plutôt que de m’aventurer entre les fesses flasques de la mère Labrousse… »

En bonne italienne Chloé savait tirer du café le meilleur de lui-même, l’excellence de l’expresso. Où qu’elle aille, son « nécessaire à café » l’accompagnait. Avec une économie de moyens, un bec à alcool, une boule de verre munie d’une potence, deux filtres individuels, en tout temps et en tout lieu, elle tirait la quintessence du Moka éthiopien qu’elle transportait moulu dans une boîte hermétique. Beauté absolue de la simplicité comparée à la capsule Nespresso qui est, sans contestation, le plus grand hold-up de l’histoire du marketing. Plus con que l’acheteur captif de la monodose, jetable et non recyclable, hors de prix, tu meurs ! Triomphe d’un égoïsme, tout à la fois vertigineux et insondable, des addicts de l’insignifiance. Même cette vieille raclure de d’Espéruche, oubliant ses fantasmes fessiers, tombait sous le charme d’une Chloé qui s’affairait en m’écoutant lui résumer le merdier dans lequel se trouvait plongé notre complice. Selon une technique éprouvée, les pros du Poker, dans un premier temps l’avait laissé gagner pour que, pris dans l’élan du joueur, lorsque ceux-ci commenceraient à le plumer, s’installe en lui la certitude qu’il pourrait à tout moment se refaire. Le jour se levait. Chloé, assise en tailleur sur le canapé, opérait une attaque-éclair qui laissait d’Espéruche pantois : « Donnant, donnant, vous passez avec armes et bagages dans notre camp, adieu Contrucci et sa belle Angéline, et en contrepartie nous vous sauvons la mise. D’accord ! »

Les fauves étaient lâchés. Tout d’abord, préparation du champ de bataille : dès 8 heures je me retrouvais dans la cabine du capitaine du Mermoz où, après lui avoir exhibé mes attributs tricolores et vendu une mission « secret défense », j’obtenais de pouvoir, sur la base de la liste des passagers, communiquer par radio avec ma hiérarchie afin que celle-ci puisse m’éclairer sur le pedigree de la croqueuse de diamants et de ses acolytes. Ensuite, manœuvres de diversion : pendant le déjeuner où, grâce à la collaboration du maître d’hôtel, tout heureux de participer à ce que le seul maître à bord après Dieu avait qualifié de « chasse aux détrousseurs », Chloé se retrouvait à la table des deux marseillais. D’Espéruche, lui, faisait le mort consigné dans sa cabine pour une période indéterminée. Pour ma part, avant même le déjeuner, sur le pont supérieur, je plaçais mes premières banderilles sur la croupe du giton. L’entreprendre relevait de la facilité. Enduit de crème solaire sur toutes les parties visibles de son corps, fort nombreuses d’ailleurs car il portait un short moule-bite et un débardeur rose fluo, alangui sur un transat, Dick – le prénom de scène sous lequel il s’était présenté à d’Espéruche – s’offrait au dieu soleil. Accoudé au bastingage, sapé comme un yachtman de Nantucket, je le draguai à l’ancienne, en prenant des airs de dandy revenu de tout. La petite frappe ne doutait de rien, très vite elle me lançait des œillades appuyées tout en se caressant ostensiblement. Pendant tout un temps je fis celui qui l’ignorait avant de passer auprès de sa chaise-longue en lui lançant : « 15 heures, cabine 231. »

 

 

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 00:08

 

Ce Jacques là, né en Franche-Comté, notaire de son état ancien, vigneron de le South of France lorsque je l’ai rencontré par l’entremise d’une de ses passions : le rugby, il fut le président de l’emblématique PUC : Paris Université Club – pour moi ça sonne comme mon SNUC de jeunesse, le Stade Nantais Université Club au merveilleux maillot blanc cerclé d’arc-en-ciel – nom Damitio : un nom de bière de Pontarlier, Doubs. Membre fondateur de « Sans Interdit » il est devenu un ami. Lorsque nous nous retrouvons autour d’une bonne table nous ferraillions sec, comme les français adorent le faire, à propos de politique. Mes origines soixante-huitardes, mon parcours sous le François de Jarnac, mon dandysme « supposé », attisent sa verve et, bien sûr, je ne lâche rien. Bref, alors qu’il était bien jeune au temps où le Général tenait les manettes, l’ami Jacques se réclame du gaullisme et, moi, qui avait 20 ans en Mai, un acteur de la « chienlit » donc, d’une allergie à toutes les formes de conservatisme. Rocard nous sert de trait d’union et le sous-secrétaire aux sports, que Jacques « adore » avec un grand B, lui me sert d’arme de dissuasion. Dernière indication : notre notaire-vigneron est un cordon bleu et je me suis régalé chez lui, rue Madame – ça ne s’invente pas –, d’un omble chevalier au beurre blanc, petits légumes glacés, à tomber par terre de plaisir.


 

Offrir à vos invités de l’omble chevalier c’est indéniablement plus tendance que de leur proposer du merlan frit, même en « colère ». Doté d’un nom moyenâgeux et mystérieux, l’omble chevalier, considéré comme le roi des poissons des lacs alpins, semble être originaire du Grand Nord : le lac Ancylus qui s’étendait à l’emplacement de la Baltique pendant la dernière glaciation. Il aurait remonté, voici près de 11 000 ans, les fleuves d’Europe pour coloniser les grands lacs. C’est un poisson beau et rare, vivant dans les profondeurs, produit d’exception à la chair d’une grande finesse. Sur l’étal de votre poissonnier vous le reconnaîtrez à son corps, de taille moyenne : 50 cm, allongé et fusiforme qui est « vêtu » d’une livrée argentée colorée de bleu sombre ou de bleu vert sur le dos et le haut des flancs, avec une série de petits points roses le long de la ligne latérale et au-dessous.

 

Préparation

 

Moi , l’omble chevalier je l’achète à la « Marée Daguerre » rue Daguerre bien sûr. Méfiez-vous, ce cher omble ne se trouve pas partout, alors commandez-le à votre poissonnier habituel si vous ne voulez pas vous retrouver gros Jean comme devant.

 

Le cuire entier (avec la tête) en papillote avec du safran et de l’estragon ciselé.

 

Faire revenir à feu doux des échalotes hachées (6) dans du vinaigre de vin blanc (2dl), laisser réduire l’ensemble des 2/3. Salez. Poivrez.

 

Coupez les 250 grammes de beurre en petits morceaux.

 

Retirez la casserole du feu, jetez-y d’un seul coup les morceaux de beurre et battre énergiquement avec un fouet pour obtenir une sauce pommadée. (Pour les novices parisiens « Marée Daguerre » vend, en poche, un beurre blanc très acceptable).

 

Les Légumes glacés

 

Des carottes, des navets, des topinambours (très Passard le « fou » de légumes) coupés en fines rondelles que vous recouvrez au ¾ d’eau dans une casserole à fond épais, que vous sucrez. Ajoutez la matière grasse de votre choix. Recouvrez la casserole d’une feuille de papier sulfurisé que vous trouez. Cuire à feu doux.

 

Juste avant que l’eau ait été totalement absorbée faire tourner les légumes avec une spatule jusqu’à ce qu’ils deviennent brillants, glacés quoi.

 

Servir le poisson papillote ouverte, le beurre blanc en saucière et les légumes glacés dans leur casserole.

 

Pour le boire, bien sûr, un  Château Le Thou - Coteau Du Languedoc - Blanc – 2004 c'était le vin de notre notaire-vigneron… reparti pour d’autres aventures… Hollywoodiennes...

 

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:19

Les présidents de nos belles Régions, comme tous les politiques, adorent les inaugurations. Au milieu d’autres présidents, des professionnels comme on dit – je n’ai jamais rencontré en ces lieux d’amateurs, même si y’a beaucoup d’amateur pour ce type de maroquin –  serrés comme des poussins autour d’une mère poule – c’est pour être sur la photo – tout sourire, l’air entendu de celui qui en est, il coupe le ruban, puis après avoir supporté une tapée de discours de quelques-uns des chefs de tribu, il monte à la tribune pour infliger un laïus à des invités courageux, plus amateurs de petits fours que de message présidentiel, subissant sans broncher ce flux verbal d’ordinaire soporifique et convenu.

 

Tel n’est pas le cas avec le grand  Georges, président de « South of France », en général, avec lui, on n’est pas venu pour rien au petit pince-fesses inaugural, ça déménage et ça décoiffe sec. Je passe sur les avoinées régulièrement passées aux généraux de l’armée mexicaine bardés de décorations gagnées sur des champs de batailles fantasmés, pour m’arrêter sur un grand classique « Frèchien » : le challenge mondial. Tel fut le cas lors de l’inauguration du dernier Salon Millésime Bio – j’ai adoré la photo, que des fondus du bio comme l’inusable Ray-Ban et Perfecto – puisqu’il a tout simplement affirmé qu’il voulait « faire du Languedoc-Roussillon le leader mondial des vins bios » Bravo Georges ! Chapeau ! Très beau challenge ! Bien sûr, pour toucher la manne présidentielle, sans barguigner faudra que nos petits bios se rangent sous la bannière « Sud de France » qui, comme chacun sait, est un plus déterminant dans la compétition mondiale : dans l’Upper East Side c’est le must « Waiter the South of France for the girls ! » Bordeaux tremble. Je rigole mais les grands présidents ont tous leurs lubies faut pas les contrarier, surtout notre grand Georges qui dégaine très vite. Au moins, en voilà un pour qui le mot entreprise ne lui écorche pas la bouche « Venez avec vos dossiers l'esprit combattant et le sabre au clair ! Chargez ! ». J'en tressaille comme si je contemplais la charge de la brigade légère.

 

Bref, je digresse mais, si ce matin, je fais dans le Bio c’est que j’ai découvert que notre pays s’est doté d’une Agence Française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique, en langage communicant : Agence Bio. En France on raffole des Agences, ça rassure, ça fait plus sérieux que les Commissions. Bon je ne veux pas ironiser mais on a eu l’ADEME pour les économies d’énergies ce qui ne nous a pas empêché d’être à la traîne dans ce domaine. Va pour l’Agence Bio www.agencebio.org  qui, pour bien démontrer son utilité, s’est doté d’un baromètre issu d’une enquête quantitative menée par le CSA en face à face à domicile du 21 octobre au 31 octobre 2008 auprès d’un échantillon de 1050 personnes représentatif de la population française. Bon, je ne suis pas un fada des enquêtes qualitatives en tête à tête où le sondeur à une capacité d’orientation sur le sondé et le sondé une certaine tendance à se valoriser, donc à aller dans le sens voulu par les sondeurs. Je ne vais pas aujourd’hui entrer dans le détail de l’enquête (il me faut du temps pour l’analyser, la présentation du dossier date d’hier) qui titre « Produits BIO : Solides face à la crise, les indicateurs de consommation restent au vert ! » mais m’arrêter sur une seule rubrique.

 

Les produits bio recrutent et fidélisent

 

« Les consommateurs-acheteurs de bio ont une ancienneté moyenne de consommation de 9 ans. Mais on note une nette tendance au recrutement avec 21% de nouveaux consommateurs de moins de 2 ans d’ancienneté.

Le produit ayant le plus fort taux de recrutement de nouveaux consommateurs en 2008 est le vin issu de  raisins de l’agriculture bio (29% des consommateurs de moins d’1 an). »

 

Je m’en tiens là. Mes petites rubriques Nature&Découvertes, les bios-bons
http://www.berthomeau.com/article-18043962.html http://www.berthomeau.com/article-18466281.html

http://www.berthomeau.com/article-18520151.html

le pressentaient, le vin est sorti du ghetto dans lequel certains purs et durs du bio l’avaient enfermé. Il séduit les nouvelles couches de consommateurs. Le grand Jojo n’a pas tort c’est un créneau d’avenir mais ces vins, comme les autres, il faudra savoir les vendre en dehors des purs circuits spécialisés. Affaire à suivre dans une prochaine chronique...

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 00:32

 

« L’hirondelle du faubourg » – Paroles et musique : Ferdinand-Louis Bénech, Ernest Dumont 1912 – le tube de maman lors des fêtes de famille, tirait des larmes aux plus endurcis. Des couplets en forme d’histoire du malheur, de la lâcheté masculine et un couplet inoubliable : « On m'appelle l'Hirondelle du Faubourg / Je ne suis qu'une pauvre fille d'amour / Née un jour de la saison printanière / D'une petite ouvrière / Comme les autres j'aurais peut-être bien tourné, / Si mon père au lieu de m'abandonner / Avait su protéger de son aile, / L'Hirondelle… » En ce temps-là le faubourg abritait des faubouriens, le peuple laborieux, gouailleur, turbulents, des ouvriers, des artisans, des cousettes, des petits marchands, des petits métiers de Paris… Un Paris englouti. Place aux faubourgeois dont le rêve, comme l’écrit Michel Schiffres : « est d’habiter un vrai quartier populaire – à l’intérieur d’un entrepôt si possible, retapé entre potes dans le genre cargo (coursives et passerelles), avec le concours du copain architecte, ou « quelqu’un qui magouille dans l’immobilier », est essentiel à la vie du faubourgeois). Il voit son environnement comme un trésor de Trauner. »

 

L’appellation faubourgeois sonne bien car le standard de l’espèce s’appuie sur le faux, tout particulièrement le faux semblant qui s’exprime d’abord dans leur accoutrement vestimentaire et surtout dans leur mode de consommation alimentaire. Ce sont des importateurs de rébellion. Ils la greffent sur leur vie comme les implants capillaires de PPDA sur sa tête. Dans l’un de leurs derniers territoires de conquête, le quartier des Abbesses, avec la grouillante rue Lepic, contempler leur déambulation en guenilles de luxe et étudier leurs mœurs relève de l’ethnographie. Ces gens-là pensent beaucoup. Il leur faut des mots avant toute chose pour élever autour de leur vie douillette et confortable les hautes haies de la justification. Ils se veulent, vu de l’extérieur, exemplaires. Certains, à juste raison, vont me faire remarquer que je suis tout bêtement en train de dresser le portrait-type du bobo, le trop fameux bourgeois-bohème que Serge Raffy, dans « Nouvelles Mythologies », épingle avec une bienveillante férocité, en notant qu’il « joue un double jeu », qu’il « triche sans vergogne », qu’il « avance masqué », qu’il « joue les écologistes sans frontières » qu’il « connaît la bible du développement durable par cœur » mais « qu’au fond, il est un terrible prédateur » qui « est pour le métissage mondialisé mais ne supporte pas la mixité locale » . Qu’il « se crée des réserves dans lesquelles il retrouve ses frères bobos », qu’il « mange bio, mais part au Costa Rica en Boeing 747 vivre quinze jours dans les arbres. »…  Oui je le concède mais le faubourgeois qui est un malin représente le premier stade de l’évolution de l’espèce qui, une fois installée dans son « ghetto high-tech, version cocooning », s’embourgeoise tout simplement en ne gardant que les signes extérieurs de la bohème. Comme l'écrit Raffy, un « beatnik pragmatique »

Comme New York est le XXIe arrondissement de Paris, le New York Times voit venir dans cette jungle douillette une nouvelle tribu : les « recessionistas » pour qui la crise doit changer nos habitudes et moraliser la consommation. Le texte qui suit exprime, à mon sens, tout le faux, tout le toc, du consommateur faubourgeois. Il est l’œuvre d’une modeuse d’un hebdo de « gôche » expliquant le pourquoi du comment du déboulé des « recessionistas » sur les zones de surpâture des faubourgeois. « D’abord parce qu’on n’a plus autant d’argent qu’avant. Mais surtout parce qu’on ne peut plus envisager les dépenses Kleenex, l’accumulation de vêtements qui restent dans les placards, d’objets dont on ne se servira jamais. Noël 2008 sera évidemment celui des « recessionistas ». Et c’est tant mieux : ce sera forcément plus juste. Halte aux sapins encombrés, aux tables surchargées et aux cérémonies d’ouverture de paquets interminables, qui se terminent inévitablement dans un tourbillon de papier et de plastique. Limite écœurant. Mauvais pour la planète. Et pas raccord du tout avec une situation économique qui ne prête pas à la rigolade. Nous sommes malades du trop… Mais du trop pas bien. Pour autant, il ne s’agit pas de verser dans l’austérité du cadeau éthique. Ce qui est pertinent, c’est de redonner de la valeur aux choses, de ne pas penser que tout nous est dû, et de retrouver le sens du beau parce que c’est la condition sine qua non du plaisir. Que l’on ressent et que l’on fait aux autres. On a bien besoin de ce genre de douceur dans un monde aussi agité. Finalement, il s’agit juste de se remettre à croire au Père Noël. En arrêtant de se comporter en enfants gâtés… »

 C’est beau, non ! Que de on ! Mais me direz-vous : et le vin dans tout ça ? La réponse est dans la question. En effet, les faubourgeois adorent les vins qui leurs ressemblent d’une manière, certes à l'opposé, mais homothétique à celle que cite JJ Chiquelin dans son article sur la fin du bling-bling bordelais : « Il se lève tous les jours un milliardaire russe pour acheter mon vin », estime un propriétaire de premier cru classé. « 1000 euros la bouteille, c’est donné » estime un autre. L'élite, toujours l'élite, mais comprenez-moi bien je ne crache pas dans la soupe, je me contente de relever l'évidence : l'achat d'une belle bouteille de vin n'est pas à la portée de n'importe quelle bourse. Des deux côtés il faut l'assumer sans enrober l'affaire dans un discours autojustificateur. 10 euros c'est en gros 65 vieux francs, 15 c'est presque 100 balles et ainsi de suite... Qu'on me comprenne bien, je ne remets pas en cause la juste rémunération du travail d'un vigneron je souligne simplement qu'il faut accepter d'assumer les affreuses réalités du marché : le vin est bien une "marchandise" avec un prix.  

Là je sens que les maîtres et les maîtresses de « chapelle » aux dénominations sympathiques, que les grands et petits prêtres des messes chantées en cercles fermés, vont appeler sur moi la foudre d’un « Bacchus » épuré, gardien du terroir. Afin de désarmer leur courroux je plaide de suite coupable mais, que voulez-vous, lorsque j’entends ce j’entends à propos du vin, en certains lieux, en certaines occasions, lorsque je vois les prix s’enfler, lorsque je lis des brouettes de mots boursouflés ou gentillets, je préfère l’opprobre au silence. Et que certains ne viennent pas me dire, comme adoraient le faire les communistes de la grande époque, ou les gauches de la gauche de toutes les époques, « qui n’est pas avec nous est contre nous ». J’aime le vin, beaucoup de ceux qui le font, qui le vendent, et certains de ceux qui le boivent. Toujours prêt à payer de ma personne pour la cause du vin je revendique le droit de le mettre à sa juste place, celle du pur plaisir et non de le laisser entre les seules mains de ceux qui s'en servent pour exhiber leur statut.



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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:04

 

- Aux grands mous, les grands remèdes, comme on dit à la faculté ! persifla tante Thyne. Eh bien Ninon prends donc le pot de moutarde et à l’aide de la petite cuillère en bois qui est appendue, beurre-lui généreusement l’entrefessier comme tu le ferais pour une grosse volaille. Ensuite empoigne cette grosse andouille de Guéméné et enfonce-là dans le trou de balle. N’hésite pas à frapper à l’autre bout avec l’écumoire, pour la faire pénétrer davantage.

À ma stupéfaction l’andouille rentra avec autant de facilité que ces suppositoires à l’eucalyptus que m’administre si gentiment papa quand je suis enrhumée. Aussitôt et comme par miracle, l’andouillette du docteur se redressa pour remplir son office.

Tante Thyne fort proprement enculée par ce gros médecin qui lui assénait de bons coups de bedaine sur le cul, se caressait frénétiquement l’oignon.

Moi-même j’avais repris mon petit ouvrage et m’écossais vivement le petit pois en regardant la leçon.

Ah mes amis, quel tableau nous faisions là, bien propre à illustrer le calendrier des postes françaises !

Nous menions ainsi tous les trois grand train quand tant Thyne s’écria :

-         Attends mon bonhomme avant de décharger ! Ninon, tiens-toi prête à recevoir sa sauce blanche qui va déborder.

Je me précipitais comme il déculait et, à peine avais-je porté mes lèvres à son andouillette, que je reçus sa sauce blanche que j’avalais goulûment.

Comme elle avait un parfum délicieux, et une saveur ! Il me fallait remercier ce dodu docteur.

-         Votre sauce est excellente et je vous en félicité. Il y a bien des cuisiniers qui ne la feraient pas mieux.

Tante Thyne s’exclama :

- Cette fille a des dispositions étonnantes pour la cuisine ! »

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 00:06

Monsieur,

Nous vous prions d’agréer l’hommage de ce petit livre. Son titre : Monseigneur le Vin, vous en dit l’esprit, et son agrément ne vous en dissimule pas la portée.

Il est le premier d’une série qui constituera un ouvrage visant à faire connaître les particularités essentielles dont s’enorgueillissent les vins de France.

En dépit de certaines campagnes scientifiques ou mystiques dont les arrêts vont à l’encontre des principes salutaires qu’elles prétendent servir, le vin a conservé ses fidèles qui savent lui devoir la joie, la force et la santé.

Mais le consommateur est-il toujours suffisamment instruit de ce qu’il devrait savoir pour répondre lui-même à ces hérésies et pour goûter pleinement les délicates satisfactions qu’un vin lui ménage ?

Toujours ? Non. Mais il ne demande qu’à l’être.

Nous voulons l’y aider.

C’est l’objet des monographies contenues en ces volumes qu’accompagnera une documentation due à des techniciens – oh ! juste ce qu’il faut pour être clair, exact et précis.

Ces pages littéraires, artistement ornées, ne sont pas un traité de viticulture, loin de là. Mais quand elles diraient l’effort trop méconnu de nos viticulteurs ; quand elles expliqueraient comment un vin réputé dépend des soins qu’on lui prodigue depuis l’intelligence apportée dans le choix des cépages jusqu’à la minutie requise dans l’art de ses vendanges ; comment, une fois fait, ce vin, on doit le soigner, le nourrir, l’élever, puis le distinguer, le classer ; comment, enfin, on doit le préparer, le servir et le boire, ces notions seraient-elles, au pays du vin, estimées vaines et sans profit ?

Notre sol est en  vignes d’une variété qui n’a d’égale que son abondance. Il y a des vins sous d’autres cieux et d’excellents, sans doute ; mais pour la générosité, le parfum, le bouquet, l’élégance, où trouve-t-on une gamme aussi nuancée que celle que réalise l’ensemble de nos grands crus ?

On le sait peut-être mieux à l’étranger que chez nous. Couramment, on voit confondre la région avec le cru. On oublie que l’émulation traditionnelle de nos vignerons, associée aux propriétés du sol, a multiplié ces crus qualifiés qui, tendant en propre à la perfection, ont conquis d’authentiques personnalités, et qui soutiennent, à force de travail et de conscience, une réputation souvent séculaire.

Nous avons l’intention, dans ces petits volumes, dont le premier n’est qu’un croquis lestement enlevé des victoires et conquêtes de la vigne dans le monde, de passer en revue successivement nos vignobles français.

L’un des plus opulents est le Bordelais. Sans rouvrir la querelle fameuse sur la hiérarchie des vins, il est permis de soutenir que pour la variété de ses crus classés et le nombre de ceux qui sont arrivés à la célébrité universelle, il ne craint aucune comparaison. Nous visiterons ses coteaux, ses vignes illustres cultivées avec un souci méticuleux, ses vastes chais entretenus comme des chapelles, ses attrayantes et confortables demeures de propriétaires vignerons qui, par la seule noblesse des pampres qui les entourent, sont élevées à la dignité de « châteaux ». En contant leur histoire et leurs légendes, nous dirons les vertus de ces crus qui allient la finesse à une orgueilleuse discrétion, et qui prêtent à la couronne de nos grands vins, quelques-uns de des plus beaux fleurons.

C’est donc au vignoble bordelais que notre second volume sera consacré.

Il vous sera adressé ainsi que ceux qui suivront. Vous aurez, en les réunissant, l’ouvrage complet dont nous venons d’exposer le but et dont vous conviendrez, après l’avoir lu, que « MONSEIGNEUR LE VIN » était bien le seul titre qu’il pût porter.

Le Président *

Nicolas

Que c’est bien dit, bien écrit, précis sans boursouflures.

Que c’est pertinent.

Que c’est actuel, et pourtant cette lettre date des années 20.

Que je suis l’heureux acquéreur de 4 de ces 5 beaux petits livres.

Que je vous en ferai profiter, au fil de mes chroniques, en morceaux choisis sur nos vignobles.

Que je suis un coquin car le Président * est celui du Conseil d’Administration de Nicolas

 

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