Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 00:06

Monsieur,

Nous vous prions d’agréer l’hommage de ce petit livre. Son titre : Monseigneur le Vin, vous en dit l’esprit, et son agrément ne vous en dissimule pas la portée.

Il est le premier d’une série qui constituera un ouvrage visant à faire connaître les particularités essentielles dont s’enorgueillissent les vins de France.

En dépit de certaines campagnes scientifiques ou mystiques dont les arrêts vont à l’encontre des principes salutaires qu’elles prétendent servir, le vin a conservé ses fidèles qui savent lui devoir la joie, la force et la santé.

Mais le consommateur est-il toujours suffisamment instruit de ce qu’il devrait savoir pour répondre lui-même à ces hérésies et pour goûter pleinement les délicates satisfactions qu’un vin lui ménage ?

Toujours ? Non. Mais il ne demande qu’à l’être.

Nous voulons l’y aider.

C’est l’objet des monographies contenues en ces volumes qu’accompagnera une documentation due à des techniciens – oh ! juste ce qu’il faut pour être clair, exact et précis.

Ces pages littéraires, artistement ornées, ne sont pas un traité de viticulture, loin de là. Mais quand elles diraient l’effort trop méconnu de nos viticulteurs ; quand elles expliqueraient comment un vin réputé dépend des soins qu’on lui prodigue depuis l’intelligence apportée dans le choix des cépages jusqu’à la minutie requise dans l’art de ses vendanges ; comment, une fois fait, ce vin, on doit le soigner, le nourrir, l’élever, puis le distinguer, le classer ; comment, enfin, on doit le préparer, le servir et le boire, ces notions seraient-elles, au pays du vin, estimées vaines et sans profit ?

Notre sol est en  vignes d’une variété qui n’a d’égale que son abondance. Il y a des vins sous d’autres cieux et d’excellents, sans doute ; mais pour la générosité, le parfum, le bouquet, l’élégance, où trouve-t-on une gamme aussi nuancée que celle que réalise l’ensemble de nos grands crus ?

On le sait peut-être mieux à l’étranger que chez nous. Couramment, on voit confondre la région avec le cru. On oublie que l’émulation traditionnelle de nos vignerons, associée aux propriétés du sol, a multiplié ces crus qualifiés qui, tendant en propre à la perfection, ont conquis d’authentiques personnalités, et qui soutiennent, à force de travail et de conscience, une réputation souvent séculaire.

Nous avons l’intention, dans ces petits volumes, dont le premier n’est qu’un croquis lestement enlevé des victoires et conquêtes de la vigne dans le monde, de passer en revue successivement nos vignobles français.

L’un des plus opulents est le Bordelais. Sans rouvrir la querelle fameuse sur la hiérarchie des vins, il est permis de soutenir que pour la variété de ses crus classés et le nombre de ceux qui sont arrivés à la célébrité universelle, il ne craint aucune comparaison. Nous visiterons ses coteaux, ses vignes illustres cultivées avec un souci méticuleux, ses vastes chais entretenus comme des chapelles, ses attrayantes et confortables demeures de propriétaires vignerons qui, par la seule noblesse des pampres qui les entourent, sont élevées à la dignité de « châteaux ». En contant leur histoire et leurs légendes, nous dirons les vertus de ces crus qui allient la finesse à une orgueilleuse discrétion, et qui prêtent à la couronne de nos grands vins, quelques-uns de des plus beaux fleurons.

C’est donc au vignoble bordelais que notre second volume sera consacré.

Il vous sera adressé ainsi que ceux qui suivront. Vous aurez, en les réunissant, l’ouvrage complet dont nous venons d’exposer le but et dont vous conviendrez, après l’avoir lu, que « MONSEIGNEUR LE VIN » était bien le seul titre qu’il pût porter.

Le Président *

Nicolas

Que c’est bien dit, bien écrit, précis sans boursouflures.

Que c’est pertinent.

Que c’est actuel, et pourtant cette lettre date des années 20.

Que je suis l’heureux acquéreur de 4 de ces 5 beaux petits livres.

Que je vous en ferai profiter, au fil de mes chroniques, en morceaux choisis sur nos vignobles.

Que je suis un coquin car le Président * est celui du Conseil d’Administration de Nicolas

 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

commentaires

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents