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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 00:07

 

Dimanche, au hasard d’une flânerie dans une antre du vintage j’ai découvert le coffret et son flacon vide de « Champagne ». Rare ! Là, je sens chez vous, chers lecteurs, un léger flottement, vous vous dites : s’il en est réduit à chroniquer sur ce genre d’évènement c’est que la source de son inspiration se tarit. Détrompez-vous, ce petit ensemble était proposé à 90 euros et, à Drouot, ou sur le net * les prix peuvent atteindre 200 à 250 euros.


En effet, les produits interdits de vente sont le miel des collectionneurs. Leur rareté est structurelle. La garantie d’un nombre limité. Bien évidemment, en dépit de mon intérêt purement historique sur ce Champagne, je n’ai pas déboursé un centime pour en faire l’acquisition.


Le vendeur intrigué par mon manège, m’a questionné et je lui ai dit que c’était pour mon blog alors il m’a gentiment proposé de faire des photos. Voici l’une d’elle qui va me permettre de vous conter une petite histoire très caractéristique de la prétention des petits marquis de la mode, les « créatifs » du marketing, qui ne doutent de rien et surtout pas de leur « génie ».

 


 

C’était au temps où YSL était, je crois, encore dirigé par l’ « exécrable » Pierre Berger, qui se targuait des faveurs du « château », en dépit des mises en garde du Syndicat des Vignerons, des Maisons de Champagne, de l'I.N.A.O, et de nous-mêmes au cabinet du Ministre, cette société, filiale de Sanofi société publique dirigée par Jean-François Dehecq – qui était l’un de mes interlocuteurs car Sanofi contrôlait Entremont le roi de l’Emmenthal –  et qui l’avait payé bon prix – suivez mon regard –, lançait en 1993 un parfum dénommé "Champagne" qui s'adressait "aux femmes pétillantes" et qui était destiné à "fêter des événements heureux".


Le flacon évoquait par sa forme : le bouchon caractéristique des vins de Champagne et ses détails : il comportait une plaque et un muselet. Comme vous pouvez le constater les créatifs YSL n’avaient pas lésiné dans le pompage des attributs de notre cher vin du pays de Champagne : un pillage sans aucune vergogne. Et pourtant, lorsque l’affaire vint au prétoire, le mémoire en défense de la maison Saint Laurent valait son pesant de morgue suffisante. Ces génies des Carpates y assuraient que le prestige, le génie, l’aura mondiale d’Yves Saint Laurent – incontestable pour ce qui touche à la mode –, au travers de cette fragrance, éclabousseraient et auréoleraient de chic et de suprême élégance ce produit de bouseux enrichis qu’est le Champagne à bulles. Je ne pousse pas le bouchon toute l’argumentation était du même tonneau.

 

En dépit de ce le droit des marques dénomme parasitisme qui est un comportement fautif où l’auteur profite de l’investissement publicitaire d’un autre, capte le travail d’autrui, se comporte donc en véritable parasite et tire profit d’actions qu’il n’a pas financées, qui dans le cas d’espèce était avéré et incontestable, toute la campagne était déclinée autour de l’image de la boisson, la forme et la présentation du flacon copiaient les caractéristiques de la bouteille de Champagne, les arguments promotionnels invoquaient la fête, la société Yves Saint Laurent ira jusqu’en Cassation.


Acharnement juridique lié à l’énormité des dépenses publi-promotionnelles engagées et aussi l’espoir de pouvoir le commercialiser à l’international. Dans une question au Gouvernement  M. Albert Vecten, parlementaire champenois, attirait l'attention de M. le ministre de l'industrie, des postes et télécommunications et du commerce extérieur sur le problème posé par la poursuite de la commercialisation hors de France du parfum " Champagne " d'Yves Saint-Laurent (…) alors que le tribunal de grande instance de Paris et la cour d'appel aient confirmé le caractère illicite de la marque " Champagne " et interdit son utilisation sur le territoire français à partir du 31 décembre 1993. Malgré cette décision, le problème reste entier puisque Yves Saint-Laurent poursuit sa commercialisation en Europe et annonce le lancement de " Champagne " aux Etats-Unis et en Asie. Les actions judiciaires engagées devant les tribunaux en Allemagne et au Royaume-Uni, celles qui le seront en Europe et ailleurs ont pour seul objet de préserver la protection juridique accordée aux appellations d'origine contrôlée, source de valorisation des productions agricoles et éléments du patrimoine national »

 

En effet, le Tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 28 octobre 1993, annulait la marque "Champagne" et interdisait son utilisation. A la suite d'un appel effectué par la société Yves Saint-Laurent, la Cour d'appel de Paris, dans un arrêt du 15 décembre 1993 confirmait ce jugement de première instance. Selon la Cour, "en adoptant le nom Champagne pour le lancement d'un nouveau parfum de luxe, en choisissant une présentation rappelant le bouchon caractéristique des bouteilles de ce vin et en utilisant dans les arguments promotionnels l'image et les sensations gustatives de joie et de fête qu'il évoque, la société Yves Saint-Laurent a voulu créer un effet attractif emprunté au prestige de l'appellation Champagne ; ... de ce seul fait, elle a, par un procédé d'agissements parasitaires, détourné la notoriété dont seuls les acteurs et négociants en Champagne peuvent se prévaloir pour commercialiser le vin ayant droit à cette appellation". YSL se pourvoira en Cassation en pure perte.

 

La marque Champagne sera définitivement interdite et pour la petite histoire, Loïc Le Floch Prigent, célèbre pour ses multiples démêlés judiciaires, alors qu’il est le tout puissant patron d’Elf maison-mère de Sanofi, contraindra Dehecq à se défaire d’YSL qui via Gucci tombera dans l’escarcelle de François Pinault grand « ami » comme chacun sait de Bernard Arnault. Champagne !

Parfum "Champagne" Yves Saint Laurent

 

 

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Rubrique

Collections - Parfums

 

Parfum "Champagne" Yves Saint Laurent

 

 

 

 

 

 

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 00:42

 

« Comme un lundi… », reprendre le collier est, pour certains, difficile, alors, comme vous avez pu le remarquer, ces trois derniers lundis je vous ai proposé des textes lestes, coquins, pas forcément à mettre entre toutes les mains, mais toujours à déguster avec ce qu’il faut de distance pour en goûter l’érotisme coquin. Celui de ce matin, signé de Manuel de Guez, fait dans la langue crue et saillante, grivoise et salace, alors que celles et ceux qui préfèrent le tiède et le rond, le pudibond et le prude, passent leur chemin et qu’ils aillent se plonger dans les œuvres de la comtesse de Ségur née Rospotchine, les malheurs de Sophie par exemple, qui, entre nous, sont à mon sens d’une bien plus grande obscénité.

 

Extrait d’une cuisine bien épicée

 

En résumé : Tante Thyne « qui est méridionale, aime la cuisine relevée c’est-à-dire ayant beaucoup de goût… » Son médecin estime que cette nourriture est « trop échauffante » et veut mettre la tante « au régime ». Celle-ci n’est pas d’accord et le dit à son médecin.


«  Je sais très bien de quel remède j’ai besoin. Ce que je veux c’est goûter à ton andouillette. Déboutonne-toi donc un peu, mets bas ta culotte, prends ta chemise entre les dents et viens me rejoindre au lit. Pendant ce temps Ninon nous regardera en écossant le petit pois. Elle poursuivra ainsi son éducation pour sa plus grande satisfaction.


Pensez-donc que je me suis conformée avec zèle à cette recommandation !


Ensuite tante Thyne s’est retournée sur ses oreillers pour lui offrir son large derrière en lui disant :


-         Maintenant mon ami tu vas m’enculer proprement pour finir d’édifier notre élève qui a abrégé sa leçon l’autre matin. Ninon s’il te plaît, montre lui de que tu as appris hier et astique-lui son lard avec la vaseline qui est sur ma table de nuit.

 

J’avais beau frotter ferme, l’andouillette du bedonnant médecin pendouillait tristement entre ses cuisses.


Tante Thyne, les fesses en l’air ne gouttait guère la situation, et pour manifester son mécontentement elle lâcha un gros pet qui retentit dans la pièce comme une protestation, puis elle accabla le pauvre homme :


-         Eh bien, mon vieux complice, tu n’es plus très ferme des rognons toi non plus. Mais je connais un remède qui va te remettre d’équerre. Ninon cours à la cuisine, et ramène la moutarde, notre belle écumoire en cuivre et cette grosse andouille de Guéméné que j’ai mise à fumer dans la cheminée.


Je partis au double trot et revins avec le tout sur un plateau, craignant qu’une telle collation n’arrange pas les entrailles de tante Thyne. Mais je me trompais.


-         Ninon, arme-toi de cette belle écumoire et frappe vigoureusement le gros pot-au-feu de Diafoirus.


À mon grand étonnement le bon médecin se prêta fort complaisamment à cette punition et son andouillette de vit commença en effet à se redresser...

à suivre...


mais étant donné que cette suite "Aux grands mous, les grands remèdesest fort "épicée", même très hot, dans la grande tradition de la littérature ieterdite qui circulait sous le manteau - n'y voyez aucune allusion - je la mettrai en ligne en loucedé, la nuit, sans vous prévenir, dans le courant de cette semaine. Donc à vous d'aller marauder sur www.berthomeau.com pour la découvrir.

 

Bonne chance...

Dernière précision : " La cuisine érotique de tante Thyne enseignée aux jeunes filles " éditions L'Archange Minotaure a été composée : " dans la cité qui épèle vent "

Pouvez-vous me dire quelle est cette ville chère au coeur de mon ami Jean-Louis ?

à vos claviers !

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 00:09

En rentrant, à l’heure du laitier, j’eus la surprise de croiser dans la coursive qui conduisait à notre cabine un Franchey d’Espéruche qui faisait les cent pas en grillant une cigarette tel un futur père attendant avec angoisse l’heureux évènement. Le cendrier bourré de mégots, le nuage bleuté stagnant à mi-hauteur et l’odeur âpre du tabac brun attestaient que la culotte de peau devait se tenir là depuis un bail. En m’apercevant, il ne pouvait réprimer un enchainement de tics partant d’un rictus qui déclenchait un léger séisme sur sa joue gauche qui lui faisait fermer l’œil puis lever le sourcil en circonflexe pendant que ses épaules, la droite d’abord, enchaînaient un mouvement de vis sans fin et que ses mains se malaxaient avec frénésie. Bêtement je renfournais mes pans de chemise dans mon pantalon. Lui demander les raisons de sa présence me semblait superfétatoire je l’invitai donc à entrer dans la cabine en lui signifiant d’un coup de menton d’éteindre sa cigarette. D’Espéruche s’exécutait avec précipitation. Je fis de la lumière dans le petit salon de réception. D’Espéruche se figeait en découvrant le désordre qui y régnait. Tels les cailloux du Petit Poucet, les vêtements, les dessous et les escarpins de Chloé jonchaient la moquette depuis le milieu de la cabine jusqu’à la porte de la salle de bains. Vanné je me laissais choir sur le canapé en lançant d’un ton rogue : « Que voulez-vous ? »

-         Vous parler…

-         Ça ne pouvait pas attendre l’heure du petit déjeuner ?

-         Nous n’en sommes pas très loin…

-         D’accord, puisque vous êtes ici déballez votre marchandise vite fait car j’ai envie de dormir.

-         Désolé mais vous seul pouvez me tirer de ce mauvais pas…

-         Vous avez fait une connerie ?

-         Oui

-         Une grosse connerie ?

-         Oui

-         Réparable ?

-         Je ne sais pas…

-         Accouchez, merde !

-         Ce n’est pas facile à dire…

-         Arrêtez de jouer les chochottes où je vous fous dehors.

-         D’accord, je vous dis tout. Je viens de perdre 5 millions au poker…

-         Des anciens j’espère !

-         Oui bien sûr mais pour moi c’est une fortune.

-         Vous avez, je suppose, signé une reconnaissance de dette ?

-         Oui.

-         À qui ?

-         Je ne sais pas.

-         Vous êtes naze. Où avez-vous joué ?

-         Dans le salon des Frenkel.

-         Une table de combien ?

-         Cinq avec moi.

-         Frenkel en était ?

-         Non.

-         Il était présent ?

-         Non.

-         Comment avez-vous atterri dans cette partie ?

Franchey d’Espéruche suait sang et eau. Ses tics l’agitaient à intervalles réguliers. Il m’expliquait qu’après le dîner, le second du navire, qui semblait très sensible aux charmes de Chloé, lui avait présenté deux pékins qui se révélèrent être des anciens colons d’Algérie. Des types avenants et sympathiques, bien sûr, et la conversation avait roulé sur la félonie du Général. Le Champagne coulait à flot. Une femme était venue les rejoindre. On la lui présenta comme étant une ancienne meneuse de revues, une belle femme avec quand même beaucoup d’heures de vol. Vers minuit, un éphèbe, avec une chemise rose à jabot et un pantalon moulant, s’était joint à eux. Très vite il leur avait proposé une partie de poker. Les deux ex-colons avaient décliné l’invitation mais la femme acceptait en proposant de compléter la table avec deux de ses amis. Le petit cul les avait conduits jusque chez les Frenkel où une armoire à glaces les accueillit. D’Espéruche soupirait « j’aurais du me méfier, ce type avait une gueule de barbouze… » Je ricanais « et vous êtes un expert en ce domaine mon vieux ». Il acquiesçait. Depuis un moment une question me brûlait la langue alors, désireux d’en finir, je la transformais en affirmation « vous êtes resté à cause du micheton, pas vrai… »  Son regard agité de tics se figeait. Il concédait « Au point où j’en suis, oui je ne peux résister aux tapettes ». Pour l’enfoncer plus encore j’ironisais « vous êtes tombé comme dans la bleusaille dans un guet-apens de vieux routiers du poker… Sûrement des professionnels marseillais spécialistes du plumage des gogos… »

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:16
À quoi rêvent les jeunes filles ? Je ne sais ! Au prince charmant ou au dernier-né des I-pod, aux deux sans doute, peu importe, ce qui compte en ce temps postmoderne, si l’envie vous prend de leur conter fleurettes, c’est de bien prendre le vent de la tendance pour choisir le lieu et le moment où vous allez les inviter. Les lieux à la mode sont comme tous les objets de mode, ils viennent souvent de nulle part, vivent le temps d’une foucade ou d’un emballement, pour disparaître sans préavis dans le néant. Mais, comme diraient les modeux, restent les incontournables, ceux qui résistent à tout, le Flore par exemple, où vous pourrez croiser BHL et Arielle ce qui peut impressionner votre jeune compagne ; ou bien les classiques bars d’hôtel : l’Hemingway du Ritz, le Raphaël ou le bar Ernest du Lutetia, si vous sortez une intellectuelle ;  ou bien encore un minable café du coin dans un quartier incertain si votre dulcinée préfère les jeans troués et les petits trucs roulés. À vous donc de dénicher le lieu où vous pourrez faire rêvez les jeunes filles ou plus si opportunité.
Certes, le choix du lieu peut s’avérer déterminant pour le succès de vos entreprises cependant celui du moment peut se révéler tout aussi important. Bien sûr il y a le before, ce qui en bon français se traduit par le début de soirée, qui convient bien pour les premières approches en terrasse de café, sans forcément se la jouer jeune premier. Plus complexe lafter qui lui demande une belle santé pour affronter les disc-jockeys survitaminés et les copines évaporées de votre dulcinée. Le meilleur plan, jusqu’à ces derniers jours restait, bien sûr, le brunch, variante branchée du déjeuner sur les coups de dix heures de mon grand-père. Le brunch est un mot-valise anglais, qui combine les mots breakfast (petit-déjeuner) et lunch (déjeuner). Douce et belle nuit sous la couette, à deux, grasse matinée, et autres légèretés. S’habiller à la va que je me pousse. Sortir encore tout ouatés de sommeil.  Se rendre au Loir à la Théière. Bruncher ! Le pied ! Fort bien mais cela supposait d’enchaîner : before, after, de séduire et, comme ce sont toujours en définitive les femmes qui choisissent, suivre la belle qui vous ensorcelle là où elle veut bien vous mener.

Mais, et c’est le Ribaut du Monde, qui le dit, le dernier cri, aujourd’hui c’est de druncher. Le drunch, encore un mot-valise, né de la fusion entre dinner et lunch c’est, écrit-il : « une nouvelle manière, dit-on, de se nourrir sinon de s'alimenter, au gré de son humeur, en famille ou entre amis, à la maison et, c'est nouveau, au restaurant. Le brunch est le plaisir des lève-tard ; le drunch est aujourd'hui l'affaire des couche-tôt ». Le mot est lâché : les couche-tôt, papy-boomers amortis, banquiers privés de bonis, bobos en quête d’amis, écolos qui veulent économiser l’énergie, tous «  à partir de 18 heures, autour d'un buffet ou d'une table dressée en toute liberté » puis extinction des feux à 21 heures, charentaises, bonnet de nuit et, pourquoi pas à la bougie, avec la belle de vos nuits, que vous aurez séduit en drunchant (on dit aussi « slunch » : souper et lunch réunis). au Mini-Palais* , tout en picorant dans des verrines – c’est ultra tendance – vous pourrez soit effeuiller la marguerite, compter les moutons, jouer à les sauter ou dormir car, comme le disait un sage, « le lit est aussi fait pour dormir ».

 

Alors, quand j’entends monter le lamento des « ceuss » qui pourfendent le Big Mac ou le soda d’Atlanta, je préfère sourire qu’écrire. Qu’ils se rassurent, le poulet au Coca n’est pas au menu du drunch car c’est ringard. Out ! Dépassé. Sans avenir. La tendance ne naît pas dans les zinzins à CVO mais dans l'Upper East Side à New-York. Nos amis américains, comme le montre l’étude VINEXPO-IWSR, vont devenir les premiers consommateurs mondiaux de vin tranquilles. Moi, du haut de la rue St Jacques, berceau des vignes de Lutèce, j’ai l’extrême prétention d’être un vrai « humeur » de tendances et je trouve dérisoire nos prétentions à vouloir faire inscrire notre gastronomie au Patrimoine immatériel de l’Unesco. Nous ne sommes menacés par aucune barbarie mais par notre inertie, par notre goût à vouloir défendre nos exceptions. Vivons ! La vie, celle que je viens de décrire dans ce billet au masculin, mais que j’ai conjugué avec le féminin, en est la preuve. Le bien manger s’accompagne du bien boire. Les occasions de consommation se multiplient. Les femmes, comme je l’avais écrit en 2001, sont de la partie. Et pourtant ce sont toujours les mecs qui s’arrogent le droit de donner le la. Alors au lieu de me tomber sur le râble une nouvelle fois, de demander ma tête, accordez-moi tout le crédit que mon statut « d’homme qui aime les femmes » me confère. Croyez-moi, c’est du béton.

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 00:08


Depuis octobre 2008 et jusqu’au 30 mars 2009, à l’ARCHEOPOLE D’AQUITAINE
Esplanade des Antilles à Pessac archeopole@u-bordeaux3.fr propose une belle exposition « Entre Méditerranée et Atlantique LA VOIE DE ROME ». Comme l’écrit Romain Tardi dans la revue Histoire : « Relier la Méditerranée (le mare nostrum des Latins) à l'Atlantique (mare exterior) : l'axe aquitain a été essentiel dans l'histoire économique de l'Occident romain […] On découvre ainsi comment s'est structuré économiquement le grand Sud-Ouest gaulois du IIe siècle av. J.-C. jusqu'au IIIe siècle ap. J.-C. Tout tourne autour de Narbonne : c'est par ce port qu'il faut passer pour accéder au plus vite à Toulouse, puis à Bordeaux et au bassin de la Garonne, qui permet ainsi d'accéder au mare exterior. »

N’en déplaise à nos amis bordelais, les Bituriges Vivisques, leurs ancêtres, étaient avant la conquête romaine des buveurs de cervoise qu’ils fabriquaient avec de l’orge. Au début du 1ier siècle de notre ère, Strabon, dans sa description de la Celtique océanique, y souligne l’absence de vignes. Pour lui c’est un critère de barbarie. La seule partie de la Gaule touchée par la « civilisation » de la vigne et de l’olivier est la zone de Narbonne où les romains, entre la fin du IIe siècle-début du 1ier avant JC, dans des paysages qui leur sont familiers, introduisent et développent un vignoble. Cette zone devenue productrice va aussi devenir un nœud de transit pour les vins italiens distribués dans toute la Gaule conquise au goût du vin, y compris les habitants de Burdigala. C’est donc de Narbonne via Toulouse que Bordeaux est approvisionné, au prix fort, par des negotiatores. La cité est un emporium à vocation maritime, elle réexpédie les vins vers les Iles britanniques. Les fouilles archéologiques de ces dernières années ont mis à jours plus de 500 amphores témoins du commerce des vins. « Certaines d’entre elles sont marquées sur leur col d’un cachet d’un négociant Marcus Porcius ; il s’agit d’un riche colon, grand producteur de vin, vivant à Pompéi au 1ier siècle avant notre ère. Dans la Burdigala préromaine, on buvait donc, comme à Toulouse, à Agen  du vin pompéien » (in Bordeaux vignoble millénaire). « Le trésor de l'oppidum celtique de l'Ermitage (dominant aujourd'hui Agen), mis au jour dernièrement, a fourni deux tonnes de fragments d'amphores et de la vaisselle métallique. Parmi celle-ci, une cruche du Ier siècle av. J.-C., attestant une précoce culture du vin : « Le personnage au sourire réjoui sculpté au bout de l'anse nous invite à en vider le contenu », note le commissaire général de l'exposition, Pierre-Yves Saillant. »

Le vin importé coûte cher, il est réservé à l’élite, l’aristocratie locale qui le considère comme un produit exotique, un produit de luxe. Comme toujours c’est le commerce qui tire le vignoble et la place de Bordeaux va distribuer le vin des nouveaux vignobles de Catalogne et du Narbonnais. Roger Dion émet l’hypothèse que le vignoble de Gaillac, capable d’acclimater un cépage méditerranéen, sera créé au dès le 1ier siècle. Et puis tout naturellement ces flux et d’autres facteurs vont favoriser l’émergence d’un vignoble bordelais «au premier chef, la réticence des bordelais à payer aux marchands de Narbonne et de Toulouse les droits sur les vins qu’ils jugeaient prohibitifs. Conjointement le contexte de paix dans l’empire a favorisé l’établissement d’un vignoble local. La conquête de la Bretagne par Claude en 43 ap. JC a ouvert pour Bordeaux de nouveaux marchés ; en échange de l’étain armoricain Burdigala peut exporter son vin. C’est bien la vocation portuaire et atlantique de la ville qui a décidé du vignoble bordelais appelé à jouer, dès ses origines, un rôle commercial majeur. »

En conclusion de son article, Romain Tardi, écrit : « Grâce aux recherches sur les zones portuaires, on sait comment les ingénieurs romains ont systématiquement cherché à réduire les distances et les coûts d'infrastructures : les ports de l'estuaire de la Gironde étaient installés dans des estays, affluents du fleuve permettant de les abriter et de remonter plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres. Cet axe commercial d'Aquitaine fut pérenne ; aux voies antiques se superposent les réseaux de communication actuels. La région tire avantage, aujourd'hui encore, du tracé des routes, du développement des ports et des villes induits par les échanges entre Rome et Bordeaux. »

Alors, si vous passez par Pessac, allez donc découvrir cette exposition fruit de la collaboration des chercheurs du CNRS et de l’INRAP, du Ministère de la Culture, des universitaires de Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix, Marseille qui ont réuni pour l’occasion les résultats des toutes dernières campagnes de fouilles, sur terre et sous la mer.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 00:05

Flâner chez Galignani, « the first English bookshop established on the continent », au 224 rue de Rivoli, un samedi, c’est participer à l’extension du domaine du plaisir : atmosphère impalpable, hautes travées de livres, boiseries patinées, un parquet lustré qui chuinte sous les pas, le parfum subtil des mots imprimés, le touché des jaquettes glacées, le silence feutré, quasi-religieux, la quête de l’opus rare, l’excitation de la découverte, l’addiction radicale, la légèreté de l’âme, la petite mort de l’esprit…

Je pense à vous. Je flaire. Dans la pénombre il est là, enserré, prêt à s’offrir à mes mains. Je le libère. Je le caresse. Je l’ouvre. C’est toute une histoire. Celle de Valentino Monticello, à Vicenza, ses parents tiennent un hôtel. Il a le manger et le boire dans le sang: « he was brought up with food and wine in his blood. » À l’âge adulte, en 1950, lorsqu’il déménage à Londres c’est tout naturellement qu’il devient sommelier au Club 21. Comme de bien entendu, ça va de soit, même pour un italien, il tombe amoureux de nos grands vins de Bourgogne et de Bordeaux avec une vraie passion pour le Château d’Yquem. Dans le milieu des années 1980, il est promu Sommelier du prestigieux "Harry's Bar" de Londres qui, comme chacun sait ou ne le sait pas, propose sans doute la meilleure cuisine italienne de cette capitale. Mais notre homme a d’autres cordes à son arc, la peinture et le dessin, c’est un artiste. Il lui faut libérer son énergie créatrice. Étrangement, sa première commande publique est une fresque murale destinée à une maison de retraite. Au lieu de peindre, il choisit de faire un collage en utilisant les étiquettes de vin… Il les découpe, les organise avec un souci incroyable du détail. Il créé une scène fascinante qui illumine la vie des résidents.

 

Dans le milieu des années 1980, Valentino Monticello, passionné d’opéra – ses racines italiennes : il connaît les acteurs, leurs performances ; il connaît la partition et la libretti en détail ; il connaît les mythes et les légendes qui entourent l'opérail a l’ambition de produire un livre « Opera & Wine ». Les textes seront écrits par son ami Luciano Citeroni, rencontré au Vinaly de Verone: « Throughout the journey we passed the time by talking about wine and music and I was greatly impressed by his considerable knowledge on both subjects. We subsequently became very good friends.” . Une fois qu’il a trouvé une scène spécifique, il l’illustre à l'aide d'étiquettes de vin du pays où l'opéra a été écrit. Par exemple, « La Bohème » de Giacomo Puccini utilise uniquement des étiquettes de vin français… D’autres opéras sont spécifiques à des régions viticoles, par exemple « Il viaggio a Reims » de Gioacchino Rossini propose uniquement les étiquettes de vins de Bourgogne. La confection de ce livre prendra de nombreuses années. Son lancement se fera à la National Gallery de Londres en 2002.

 

Une belle histoire ne trouvez-vous pas chers lecteurs !

 

L’album est scindé en 2 parties : Opera&Wine (Opera for America, Opera for Europe… etc.) et Wine in Opera (Wines of America, Wines of Europe…etc.) c’est une mine d’or.

Valentino Monticello a créé  74 planches originales.








Pour que vous vous fassiez une petite idée de la structure de l’ouvrage (qui est en anglais) je vous offre : La Bohème de Puccini : page de gauche la planche de Valentino Monticello, page de droite le texte de Luciano Citeroni : l’historique de l’opéra et un extrait du livret…

 












La Bohème

Music Giacomo Puccini

Libretto Giuseppe Giacosa&Luigi Illica

First Performance 1st February 1896, at theTeatro Regio, Turin

 

C’est l’ACTE 2 qui se passe sur la terrasse du café Momus

 

Schaunard et Colline : « Allegri, e un toast ! » - « Joyeux amis portons un toast ! »

Marcel (au garçon) : « Qua del Liquor ! » - « Ici, de l’alcool ! »

Mimi, Rodolfo et Marcello : « E via i pensier, alti i bicchier ! Beviam ! » - « Et trêve de réflexion ! Levons nos verres ! Buvons !»

Tous : « Beviam ! » - « Buvons ! »

Marcel : « Ch’io beva del tossico ! » -  « Et que moi je boive du poison ! »

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:21

Le titre de ma chronique peut choquer, en effet pourquoi mettre en avant ceux qui, par la naissance ou du fait d’un accident de la vie, subissent le poids d’un handicap ? Jamais je n’aurais titré : vins de travailleurs bien-portants. Si j’ose c’est en réponse à l’évitement, celui de nos regards, de nos mots qui fuient la réalité en se référant à notre norme : les aveugles deviennent des non-voyants, les sourds des malentendants ; c’est surtout pour reconnaître la valeur de leur travail dans la vigne, dans les chais, au regard de la facilité de nos actes du quotidien… Nommer c’est percer le mur de l’indifférence, dire avec les mêmes mots c’est écrire l’histoire de la main de l’Homme sans laquelle le terroir et le vin n’existeraient pas : la leur, la nôtre, avec le même lien.

Cette chronique est née d’une info dans le magazine Régal, sous la rubrique : bruits de casseroles. « Ils sont une quinzaine en France et le vignoble du Paradis est l’un d’eux. Un établissement et service d’aide par le travail (ESAT), vignoble de 30 ha mené par des vignerons atypiques, tous travailleurs handicapés. Ni vin social, ni vin alibi, ni vin compassionnel, cet excellent Paradis 2007  n’a rien à envier à ses pairs. Ne buvez plus idiot, buvez utile ! »

6 euros Vignobles du Paradis, la Roche-Clermault (Indre-et-Loire) Tél. 02 47 95 81 57

Trop de négation, de justification, un numéro de téléphone qui n’est pas le bon (j’ai rectifié) et une chute calamiteuse (je préfère l’humour corrosif de Stéphane Guillon) mais c’est une info qui déclenche ma petite boîte à chroniques. Me voilà sur la Toile à la recherche d’un éventuel annuaire des ESAT vignerons. Rien ! Alors je fouine.

 

- Le premier qui tombe dans mon escarcelle c’est Madiran.fr   www.vins-madiran.fr/edito-esat.php « Madiran et Pacherenc, crus des Pyrénées de 20 viticulteurs de Madiran et diffusés par les travailleurs handicapés de l’ESAT de Madiran ». Je passe la plume au directeur de cet établissement Gabriel GAUDEBERT : « Il faut savoir que nous sommes en premier lieu un établissement médico-social : un ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail, nouvelle dénomination des CAT) et notre objectif n’est pas de faire du commerce mais de proposer à des personnes en situation de handicap une activité professionnelle adaptée à chacun. La préparation et l’expédition de ces commandes est une nouvelle activité que nous espérons voir se développer car elle est en phase avec les potentialités des employés les plus âgés. »

« Les travailleurs handicapés de l’ESAT nommés dans notre centre « employés » sont déjà connus et appréciés dans le vignoble pour le traitement chaque année de 1.5 millions de pieds autant en taille, tombage, liage, ébourgeonnage, palissage, épamprage, effeuillage et enfin vendange. Contrairement à nos collègues de l’ESAT de Diusse, propriétaire et aussi distributeur de leurs crus sur Vins-madiran.fr, l’ESAT de Madiran n’intervient que par prestations chez les viticulteurs. »

 

- Ensuite, juste au-dessous, je découvre Le Domaine René Rieux www.domainerenerieux.com/l 1495 route de Cordes 81600 Gaillac téléphone: 0033(0)563572929 domainerenerieux@wanadoo.fr est « un Établissement de Service et d'Aide par le Travail (ESAT). Sa vocation est double. Il s'agit de permettre à des adultes déficients intellectuels d'acquérir des savoir-faire, d'exercer un emploi, d'avoir une vie sociale. La qualité des vins produits est incontournable pour la reconnaissance des savoir-faire des ouvriers du Domaine. »

- Puis bien plus loin c’est Le domaine du Bercail   www.domaine-du-bercail.com/  Etablissement de Services et d’Aide par le Travail E.S.A.T. ADAPEI du Var. 864 Chemin de la Plaine 83480 Puget-sur-Argens « Depuis sa reprise en 1984 par l’A.D.A.P.E.I. du Var, le Domaine le Bercail situé sur la propriété communale de Puget sur Argens s’étend sur 15 ha dans l’aire des Côtes de Provence, aux portes de Fréjus, en bordure maritime au voisinage du massif des Maures et des contreforts de l’Estérel. »

 

- Persévérant je continue pour trouver E.S.A.T. du Joncheray Entreprise d'insertion et opérateur de l'agriculture biologique Le Haut-Joncheray  49330 Contigné Tel: 02 41 33 93 93 Etablissement médico-social qui offre aux personnes handicapées des activités diverses à caractère professionnel et un soutien médico-social et éducatif en vue de favoriser leur épanouissement personnel et social : ils sont employés à faire pousser des fruits et des légumes bio. Vente à la ferme mercredi et vendredi de 9h-13h00/14h00-18h30 et samedi 9h-13h00, Vente de paniers par abonnement. Vins issus de raisins de l'agriculture biologique.

 

-  Tenace je trouve la communauté de la Rebellerie « La communauté de la Rebellerie donne un lieu de vie et un travail à des personnes en situation de handicap mental. Ce travail permet à chacun d'acquérir une dignité humaine et une intégration sociale. Notre activité viticole, du travail de la vigne jusqu'à la commercialisation du vin, est entièrement assurée par les personnes accueillies, entourées d'assistants qui les accompagnent. Depuis 2002, tous nos vins sont « issus de raisins de l'agriculture biologique », et certifiés « AB. » Ce choix de produits naturels pour la protection de la vigne et un travail essentiellement manuel du soin de notre vignoble à la vendange contribuent autant à la qualité de nos vins qu'à celle de notre projet de développement humain.
Depuis 2003, nous produisons également une gamme de « confitures extra », travail sédentaire répondant aux attentes de ceux pour qui le travail agricole n'est plus adapté
.

En achetant ces produits, vous contribuez au développement d'une économie solidaire et vous participez à l'intégration et à la reconnaissance des personnes handicapées qui les fabriquent. »
Site Internet:
www.arche-larebellerie.org/
E-mail:
larebellerie.rc@unimedia.fr

 

- Enfin sur un site boursier où je découvre avec plaisir que la compagnie Air France se définit comme « Naturelle héritière du savoir vivre français »  qu’elle a « l'ambition de réaffirmer sa position d'ambassadeur des terroirs français. » et la volonté « d'offrir un service de haute qualité repose sur une longue tradition française, faite des plaisirs de la table et des sens, d'élégance et de discrétion » et que « d'autre part, Air France a également souhaité s'investir dans un ESAT (ex Centre d'Aide au Travail) afin de concrétiser son engagement d'entreprise. »

 

- Et puis vous pouvez aussi lire Des femmes et des hommes en vert  de Michel Sidobre, illustré par des dessins au crayon de Jean-Philippe Cluzeau, paru en 2001. « Le maître d'œuvre de ce travail est Bernard Ollagnon, alors directeur du C.A.T. Les 3 terroirs ; il a été publié par le C.A.T. et réalisé par l'imprimerie de Bourg à Narbonne. Cet ouvrage présente, en effet, des personnes handicapées d'ESAT - à l'époque C.A.T. - travaillant au cours des 4 saisons dans les espaces verts et contribuant ainsi à l'aménagement touristique de la station aux côtés des personnels des services municipaux. »

Il me restait plus qu'à essayer de trouver le fameux Paradis 2007 de Régal. Je téléphone donc au numéro indiqué. Je tombe sur le répondeur d'un particulier. J'ai un doute. Je consulte l'Internet pour découvrir que les vignobles du Paradis  2, impasse du Grand-Bréviande 37500 La-Roche-Clermault Indre-et-Loire  Centre, France sont dotés d'un autre n° Tél : +33(0)247958157. J'appelle. Je tombe sur madame Bretaudeau. Je l'interroge sur les points de vente à Paris. Elle me répond qu'elle ne sait pas mais qu'elle va se renseigner et que je n'ai qu'à rappeler jeudi en début d'après-midi. Je la remercie. Je rappelle donc madame Bretaudeau jeudi dernier après-midi. Elle a des adresses, 3 en banlieue, une seule à Paris : les caves de Jussieu 193 rue de Vaugirard. Je la remercie à nouveau. Je consulte Pages Jaunes : l'enseigne existe et je note le numéro de téléphone. J'appelle à plusieurs reprises : numéro occupé. De guerre lasse je prends le métro jusqu'à Pasteur, c'est sur ma ligne et à 5 stations. Je débarque rue de Vaugirard et au 193 plus de trace de la boutique. Je jette l'éponge. Fin de l'épisode. Morale de l'histoire : messieurs les cavistes parisiens merci de vous intéresser d'un peu plus près aux vins de travailleurs handicapés pour que nous puissions les acheter.

 
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 00:06
Oui mes très chers lecteurs, la nuit dernière j’ai eu  une vision d’horreur, un cauchemar ! Par je ne sais quel engeance d’un diable habillé en Prada Me Gilbert Collard apparaissait sur une batterie d’écrans plats avec le dossier typicité sous le bras. L’horreur quoi ! Je m’éveillais en eau, ruisselant, et me mettant sur mon céans une question s’installait dans ma tête : « comment peut-on, une seule fraction de seconde, envisager de s’offrir les services de Me Gilbert Collard pour se défendre ? Quelles motivations ? Sans doute, pour faire la une des journaux télévisés, jouer la diversion médiatique plutôt que de voir triompher ce qui devrait être une juste cause. Bon, d’accord, plus c’est gros plus ça passe. Retour à l’esprit de sérieux qui me va comme les chapeaux à madame de Fontenay, la trotskyste des miss France.
Je sais, je suis chiant. J’énerve les filles qu’ont du boulot. Mais bon, rappeler que le combat contre la typicité je l’ai entamé y’a un bail n’est pas une grossièreté. En effet, le 20 février 2006 je raillais la définition des « chercheurs de l’INRA » drivés par le besogneux Jean Salette – directeur de recherches émérite de l’INRA et membre de l’Académie d’Agriculture de France. Ses travaux actuels s’orientent autour de deux axes : une analyse épistémologique critique des recherches agronomiques finalisées et de l’application de leurs résultats ; une étude des relations entre les terroirs et les produits. Il a également une activité de consultant dans le domaine des produits de terroirs et des appellations d’origine dans une chronique baptisée : « C’est typique » http://www.berthomeau.com/article-1930747.html.

 Si je rappelle cette antériorité ce n’est ni pour me pousser du col ni frictionner mon incommensurable orgueil mais tout bêtement pour constater que depuis ce premier coup de gueule contre les petits brasseurs de pseudosciences, ceux-ci, sans faire de bruit ni rencontrer une réelle opposition, tel le ver dans le fruit, sont en train de faire triompher leurs concepts fumeux dans les directives du CAC de l’INAO ou leur application par les technos des zinzins me dit-on. En juin dernier, le 9 très exactement, effaré par la lecture de ces fameuses directives j’ai fait une piqure de rappel en vilipendant   Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC, en mettant en lien ces directives pour que les vignerons les lisent. Qui s’est mobilisé face au croskill du CAC ? Pas grand monde, seuls les gars de SEVE se sont bougés le cul et ont obtenu la tenue d’une réunion sur ce sujet au siège de l’INAO . C’était le moment de se fédérer, de faire taire les bisbilles, mais, en ce temps-là, beaucoup de ceux qui semblent aujourd’hui, m’accuser de diviser le front, de chatouiller mon ego, d’être à l’origine de la chamaillerie, où étaient-ils ? Ont-ils battus le rappel ? Mobilisés les médias qu’ils aiment tant ? La réponse est clairement, non. La raison de ce silence : le goût immodéré du fractionnisme. En bon français : SEVE créé dans la boue du saumurois n’est plus du goût de certains. Grand bien leur fasse mais que le président du Comité Vins de l’INAO reçoive es-qualités cette association devrait valoir autre chose que la mise en avant de querelles de personnes sous couvert de débats philosophiques. Ce ne sont pas mes oignons je ne fais que relater des faits.

 

En effet, mon intérêt pour agir dans cette affaire n’est en rien lié à un quelconque fond de commerce. Depuis presque 4 ans, sur cet « Espace de Liberté » je tente de susciter le débat. De faire réfléchir. De proposer des principes d’action, sans exclusive, ni anathème. Je ne suis affilié à aucune chapelle, à aucune coterie, à aucun sponsor. Alors de grâce, lorsque avec impertinence et, sans doute, une bonne dose de mauvaise foi, je raille l’appel à la mobilisation générale de Deauville, à aucun moment je ne conteste le fond du dossier et je ne m'évertue ni à récupérer un quelconque bébé qui n’est pas le mien, ni à chercher des poux dans la tête des Jeanne Hachette organisatrice d’évènements révolutionnaires. Non, je me permets de mettre en doute l’efficacité à long terme d’une telle démarche pour faire avancer et triompher la cause défendue. La caisse de résonance médiatique joue un rôle, je ne le conteste pas, mais seule la mise en place d’un réel rapport de forces fondé sur un dossier solide, des appuis locaux et régionaux, peut permettre de traduire dans les textes la prise en compte de la différence, de la diversité. Pour tout dire, moi qui ai mené tant de combats minoritaires – bonne retraite Michel – j’en ai un peu ras la casquette de voir tant de gens sincères, d’amis, se fourvoyer dans des exercices d’autocongratulations. Comme disait pépé Louis à sa pieuse épouse, ma mémé Marie, « au lieu de nous engueuler en chaire, le curé ferait mieux d’aller convaincre ceux qui ne viennent pas à la messe… »

 

L’ami Bazin Février sera chaud! me reprochait gentiment samedi, après mon petit coup de sang, de vouloir m’arroger la conduite du combat pour la défense de la veuve et du vigneron. Je l’ai rassuré de suite en soulignant que les veuves, comme les vignerons, je les aimais joyeuses. Moi je ne défends personne. J’essaie, en bon expert du cambouis des zinzins et autres usines à gaz, jour après jour, vaille que vaille, mal sans doute, de faire avancer des causes qui me semblent aller dans le sens du bien public. C’est tout et ça suffit à mon bonheur. Accordez-moi au moins ce crédit car "ma mère me croît banquier alors que je suis pianiste dans un bar à vins."

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 01:31


« Elle s’étendait à plat ventre cette fois, et découvrais ses hanches, puis elle remplissait de boisson deux verres, les plaçait chacun sur le sommet d’une de ses fesses, qui tremblotaient à chaque mouvement tant elles étaient grasses. Ensuite, elle secouait ses deux fesses ensemble avec habileté, de façon symétriques afin que les récipients vinssent à s’entrechoquer, tout en restant sur sa croupe, au sommet de ses fesses. C’était là un spectacle qui remplissait l’esprit de stupeur, un spectacle qui surprenait les regards. Tout en agissant ainsi, elle chantait cette strophe :

 

Mes fesses dansent avec deux verres.

Mes instants durent avec mes joies.

Ô toi, l’amant, es-tu saoul,

Ou es-tu dégagé de l’ivresse ?

Lève-toi, prends-moi,

Renverse-moi, couvre-moi.

Par ma vie, lève-toi pour m’embrasser

Les sommets de mes joues. »

 

Ali Al-Baaghdâdî (XIVe siècle)

 

Les fleurs éclatantes dans les baisers et l’accolement  éditions Phébus

Traduction de René Khawam


Si vous avez envie de propos plus sérieux mais saignants, comme certains d'entre vous les aiment, pour ceux qui ne l'aurait pas lu, allez consulter ma chronique supplémentaire de samedi " L'important c'est moi et mon vin " http://www.berthomeau.com/article-27117637.html

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 00:03

 

Le Mermoz cadrait bien avec le public de la croisière, son luxe copié, parfois avec bonheur comme pour tout ce qui touchait la table, sur les transatlantiques mythiques se complaisait dans le toc petit bourgeois. Les Frenkel avaient mis les petits plats dans les grands pour séduire les rentiers. Ces cons pensaient sans doute que le couple les régalait sur sa cassette personnelle alors que, bien sûr, ils le faisaient sur leur bas de laine. J’ai toujours été fasciné par l’acharnement des à grippe-sous à grappiller, à vivre sur les autres, à accumuler, à compter, besogneux, méfiants et âpres, paraissant insusceptibles de se laisser aller à céder à la séduction d’aventuriers vendeurs de pacotille. Et pourtant, la perspective d’un taux à deux chiffres, dans le confort et la « solidité » d’un statut juridique chanté par les  gnomes de la rue de Rivoli, leur faisait abandonner la plus élémentaire prudence. Les fourmis devenaient lucioles autour des feux de l’or. Les rombières éblouies exhibaient même leur quincaillerie sur leurs poitrines molles et autour de leurs doigts boudinés. Leurs vieux coqs, semblables à des chapons enserrés dans des costumes trois pièces qui sentaient la naphtaline, profitaient de l’aubaine pour mater sans vergogne les quelques dames tarifées embauchées pour l’occasion par le couple infernal. La volaille dodue s’offraient sans résistance, le croupion frétillant et la crête enflammée, aux mains agiles des aigrefins pour se faire plumer en dansant sur des valses de Strauss. Et moi je me retrouvais démuni face aux assauts de la belle Angéline qui voulait valser dans mes bras.

 

Riez ! La bonne chère et le vin du dîner m’emplissaient d’une douce béatitude et, comme souvent, lorsque l’on se retrouve sans défense, béat, démuni, un chapelet de petits ou grands désagréments vous tombe dessus vous laissant dans un état proche de la charpie. Alors que je m’apprêtais à rejoindre le fumoir pour m’offrir, le cul lové dans un profond Chesterfield,  un Monte-Cristo n°5, Angéline glissait son bras nu sous le mien et m’entraînait aux bords de la piste de danse où déjà quelques couples valsaient avec une légèreté qui contrastait avec leur embonpoint. « Faites-moi danser ! »

-         En dehors du rock je ne sais pas danser…

-         Sous entendu va te faire voir vieille taupe !

-         Faux, je n’ai jamais pu enchaîner les pas de la valse ça ne m’inspire pas.

-         Et moi je vous inspire ?

-         Oui.

-         Prouvez-le !

Je commandai une bouteille de Cordon Rouge millésimée et nous allâmes nous poser en retrait sur un canapé à deux places. Je cherchais Chloé du regard sans la trouver. Le parfum capiteux d’Angéline me donnait envie de gerber. Elle venait de poser sa main sur le gras de ma cuisse. Il me fallait à tout prix donner le change.

 

La Bérézina s’avançait à grands pas mais je ne le pressentais pas tous en progressant, avec une fausse légèreté, dans la coursive qui menait à la cabine d’Angéline. Rien ne laissait présager la débâcle. Tous mes attributs semblaient en ordre de marche. Les bulles alliées aux doigts experts d’Angéline me maintenaient à la bonne pression. Tel un étalon dédié à la monte publique je me sentais apte à remplir ma fonction. C’était sans compter sans la vision qui s’offrit à mes yeux lorsque, avec une fougue non feinte, je délestais celle que je devais honorer de son bustier. Les seins libérés de leur soutien filaient, tels des outres à moitié vides, pendouillaient flasques et ridés. Ma fermeté virile me fuyait à la seconde. Pour la ranimer je me ruais pour découvrir ce qui restait encore couvert. Espérance déçue par une culotte de cheval de belle envergure agrémentée des vagues molles d’une peau d’orange blanchâtre. Je savais déjà ma défaite consommée. Elle, à genoux, s’employait avec ardeur à ranimer ma hampe proche d’un drapeau en berne. Elle y parvint. Je la basculai sans ménagement sur le tapis. J’aurais du fermer les yeux. Au lieu de cela j’eu des visions de mottes de beurre avant de sombrer corps et biens. Ce qui me sauva de la déroute totale c’est que je me laissai choir aux côtés d’Angéline et que, dans un dernier sursaut de volonté, j’entrepris de la caresser là où toutes les femmes aimaient qu’on les caressât. Très vite je sentis que j’allais transformer ma honteuse défaite en victoire. Angéline se révéla être une femme fontaine éruptive.

 

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