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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 07:00
David Hockney, "Hollywood Hills House", 1980, Collection Walker Art Center, Minneapolis. Gift of Penny and Mike Winton, 1983 © David Hockney

David Hockney, "Hollywood Hills House", 1980, Collection Walker Art Center, Minneapolis. Gift of Penny and Mike Winton, 1983 © David Hockney

L’appartement d’Ossie, au dernier étage d’un superbe immeuble, immense, lumineux, adossé à une terrasse-jardin embrouillamini de plantes et d’arbres exubérants, donnait le sentiment, avec ses canapés en tous sens, d’être une suite de vastes salles d’attente d’un aéroport futuriste. Peu ou pas de meubles, pas de tables ni de chaises, mais des toiles aux murs, des toiles des plus grands : de Kooning, David Hockney, Jackson Pollock, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jasper Johns… Ossie trimballait sa grande carcasse, très pulpeuse pour une anglaise, dans un sari immaculé. Ses cheveux longs, très noirs, ramenés en une longue tresse qui lui battait le bas du dos, un maquillage très élaboré, lui donnait un air de danseuse d’un temple dédié à la déesse Jivah. Des bougies et des lampes à huile posées à même le plancher ou sur les plateaux des cheminées, ainsi que des brûleurs d’huiles essentielles, et la musique Rabi Shankar en boucle, achevaient de les dépayser.

 

Chloé, après la tension de la conduite de la Norton, se laissait aller en s’avachissant sur un canapé demi-circulaire pour s’offrir quelques lignes. Ossie, elle, affichait une sérénité souriante qui la rendait disponible, elle conduisit Benoît dans la salle de bain, une vaste pièce circulaire dont le centre était occupé par une grande vasque de marbre emplit d’une eau qui exhalait des vapeurs parfumées au bois de santal, et le défit de bas en haut avec beaucoup de délicatesse ce qui lui évita d’afficher une érection. Avec toujours la même grâce elle libérait son corps du sari. La vue de sa nudité charnue précipitait cette fois-ci Benoît dans une vive bandaison. Bêtement il posait ses mains jointes sur son sexe dressé. Ossie les écartait doucement et, d’une main douce et ferme, elle apaisait ses élancements sans pour autant l’amener à la libération. Ils n’avaient échangé aucune parole, étrangement, une fois qu’ils furent plongés dans la vasque émolliente, alors que leurs corps étaient quasi enchâssés, Benoît ne ressentait plus l’envie d’aller plus avant. Son corps relâché se laissait aller aux caresses d’Ossie et, la seule envie qui l’envahissait était celle de dormir.

 

Benoît appelait Armand, il voulait lui apprendre que son contrat avec la maison poulaga avait subi une évolution favorable. Le téléphone sonnait dans le vide, Armand devait avoir regagné sa chaîne chez Citroën. Il ne pouvait s’empêcher de penser aux jeunes crétins qui ce soir allaient faire leur premier séjour  dans les geôles de Marcellin, alors que lui, lové dans un peignoir de bain floqué aux armes du Savoy de Londres, pomponné, huilé, suivait pas à pas Chloé dans sa quête de fringues pour leur sortie du soir ; une réception dans un hôtel particulier du VIIe, soit le comble, la quintessence de la vanité et de la vacuité de cette haute-bourgeoisie friquée et honnie qu’ils étaient censé combattre. Ils avaient une belle excuse, qu’ils ne revendiquaient même pas d’ailleurs, leur hôte, le totalement foutraque, Jean Edern Hallier, était estampillé compagnon de route de la GP. 

La pièce où ils se trouvaient, sans fenêtre, éclairée par des néons pendus à des filins d’acier, tenait de la caverne d’Ali Baba, au centre, des enfilades de vêtements pendus à des cintres, sur tout un pan de mur des boites à chaussures empilées, en vis-à-vis sur des guéridons, en des corbeilles d’osier, des colliers, des boucles d’oreilles, des ceintures, des bas, des porte-jarretelles, des slips et des soutien-gorge, des guêpières, des chapeaux, des foulards, des boas et tout un attirail sado-maso, enfin sur une longue planche posée sur deux tréteaux un déluge de fards, crèmes, parfums et autres ingrédients de maquillage dont raffolent les filles. Chloé voletait, oisillon paumé en mal de protection, ses grands yeux quêtaient ceux de Benoît, ses mains parfois tremblaient, hésitaient, son grand corps, comme s’il était face à un obstacle imprévu, se cabrait. 

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 06:00
Desclozeaux

Desclozeaux

Je fais parti de ceux qui achètent leur viande rouge chez un boucher traditionnel, un qui achète des carcasses et non des morceaux, de plus, ayant pratiqué la France profonde de l’élevage bovin je sais que nos concitoyens mangent le plus souvent de la vache de réforme plutôt que du bœuf ou du jeune bovin, je sais ce qu’est un taurillon, je sais ce qu’est un broutard issu de l’élevage allaitant exporté surtout vers l’Italie, je sais que les français consomment de plus en plus de viande hachée et que c’est le prix des avants, fournisseurs de cette viande à broyer, qui régente le prix des avants, que la balance import-export de viande rouge s’équilibre, et donc je ne verse pas dans une logorrhée du type « barbaque industrielle », « 90%  de carne proposée par la GD est soit issue d’un bétail nourri aux tourteaux de soja sud-américains, soit importés de pays européens dont la concurrence déloyale, au niveau des conditions et des coûts de production, ruine ou éradique les bons éleveurs français. Ainsi finissent, sous forme de produits transformés, la plupart des animaux torturés dans les abattoirs de voyous. »

 

Et un petit coup sur la tronche de ce pouvoir empli de cynisme et de mépris, un autre sur « l’agressivité du mercantilisme financier qui exige du bas de gamme pour consolider ses profits »

 

Et puis il y a « les nobles valeurs paysannes » celles du maréchal...

 

Le sieur Légasse fait dans le lourd pour défendre une juste cause mais il ignore à peu près tout de la réalité de la production de la viande bovine en France et je ne suis pas certain qu’il en sache beaucoup plus long sur celle de la consommation.

 

 

Faire du bruit, beaucoup, pourquoi pas, mais lorsqu’on se dit journaliste on commence par maîtriser son dossier  au lieu de brosser un tableau outrancier en noir et blanc, les bons et les méchants, il y a de bons bouchers dans la GD et des mauvais bouchers de quartiers, qui dessert plus la cause défendue  auprès des consommateurs qu’elle ne la fait progresser auprès d’eux.

 

La production viande bovine et ses marchés sont multiformes et s’appuient sur des modes de production variés. Il peut s’agir de production de « maigres » (broutards) ou d’engraissement spécialisé (jeunes bovins). Mais la production de viande concerne également les exploitations laitières produisant de la viande bovine (vaches de réforme et veaux) et enfin des exploitations mixtes correspondant à tout agrégat des catégories précédentes (notamment lait et viande).

 

Les « produits viande » issus de ces différents modes d’élevage sont également variés (veaux de huit jours, broutards, jeunes bovins mâles engraissés, femelles laitières). Les animaux sont de surcroît issus des types génétiques laitiers ou allaitants, voire croisés.

 

Ces modes de productions de viande bovine se conjuguent enfin avec des modes d’élevage et d’autres productions agricoles, au sein des régions d’élevage, notamment le croissant laitier pour les activités viande des troupeaux laitiers, le grand ouest pour le bassin d’engraissement et enfin la zone massif central / centre Est pour le naissage

 

Je verse à la connaissance du lanceur d'alerte d'opérette le document de l’Institut  de l’élevage sur les Prévisions viande bovine 2018, c’est moins rock-and-roll que de brasser des idées reçues qui amusent les gogos.

 

Une bonne cause, et c'en est une, n’a nul besoin d’un mauvais avocat.

 

25 janvier 2018

 

Prévisions viande bovine 2018 : Recul de la production de jeunes bovins

 

L’Institut de l'Elevage prévoit un très léger recul de la production française de viande bovine en 2018 (-1 % /2017). Les femelles devraient rester aussi nombreuses que l’an dernier, mais les sorties de mâles seront à la baisse. Après quatre années de recul, les importations de viande bovine pourraient se stabiliser. Les exportations de viande pourraient quant à elles légèrement progresser. La consommation française par bilan poursuivrait son érosion (-1%).

 

-1% pour la production française de viande bovine en 2017

 

La production nette contrôlée de bovins finis totaliserait 1,424 million de tonnes équivalent carcasse en 2018 (-1% /2016). La baisse des volumes de taurillons abattus expliquera les deux tiers du recul global.

 

Ceux de bœufs seront en retrait de même que ceux de veaux de boucherie. Sauf nouvelle crise laitière, les volumes de femelles devraient être stables. Les exportations de broutards baisseraient de 2%.

 

 

Des femelles toujours en nombre

Les abattages de femelles devraient égaler leur haut niveau de 2017, avec un peu plus de laitières et un peu moins d’allaitantes.

 

Après plusieurs années de capitalisation, le cheptel de vaches allaitantes était en recul de 2,3 % fin 2017 par rapport à fin 2016. Cette inversion de dynamique, alors que le cheptel était au plus haut, a conduit à de nombreuses réformes allaitantes en 2017. La baisse du cheptel reproducteur devrait se poursuivre au même rythme en 2018, ce qui devrait amener sur le marché très légèrement moins de femelles de race à viande que l'an dernier. Toutefois, il se pourrait qu'il y ait moins d'entrées dans le troupeau, ce qui se traduirait par plus de génisses de boucherie et moins de réformes de vache. Les poids de carcasses pourraient rester globalement stables.

 

Les réformes laitières, particulièrement dynamiques en 2015 et 2016 suite à la profonde et longue crise du secteur, ont été en retrait en 2017. Le cheptel laitier était toutefois en baisse de 1% en fin d’année, en raison de moindres entrées de primipares dans le troupeau. En 2018, la production laitière sera limitée par les contraintes de volumes imposées par des transformateurs et la lourdeur du marché des protéines (stocks publics de poudres considérables). Le cheptel devrait donc encore se réduire, d’un peu plus de 1%. Cette baisse du cheptel se traduirait par un peu plus de réformes, le nombre de génisses prêtes à entrer dans le troupeau étant relativement stable. Si la situation devenait plus difficile pour les éleveurs laitiers, les réformes pourraient être plus importantes.

 

Baisse des exportations de broutards

 

L’offre de broutards sera en baisse en 2018, en raison du repli marqué des naissances dans le cheptel allaitant, notamment depuis juin 2017.

 

La demande des engraisseurs français pourrait rester en retrait par rapport à la demande export, ce qui se traduira par une baisse très modérée des exportations (-2%). En effet, la demande italienne devrait rester dynamique, tout comme la demande espagnole. Les marchés turc et israélien pourraient rester compliqués pour les broutards français, pour des raisons sanitaires (FCO) et de prix. Mais ils continueront à drainer de nombreux veaux irlandais et des pays de l’Est, ce qui permettra à la  de renforcer sa part de marché sur ses clients historiques. La poursuite de la décapitalisation allaitante en France devrait en outre libérer davantage de petites génisses qui seraient alors disponibles pour l’export vers l’Italie.

 

Nouvelle baisse des sorties de taurillons

 

La production française de taurillons devrait baisser d’environ 2%. Un nouveau recul significatif est prévu pour les jeunes bovins laitiers. En effet, les mises en place de veaux pour l’engraissement en JB ne cessent de diminuer. Les sorties de jeunes bovins de type viande devraient progresser légèrement au premier semestre, mais seront en forte baisse au second semestre. Cette baisse de l’offre pourrait accélérer les sorties et donc diminuer légèrement le poids moyen des carcasses. Les exportations de JB vivants avaient légèrement augmenté en 2017 sous l’effet de l’aide à l’allégement des jeunes bovins. Elles devraient retrouver en 2018 leur niveau des années précédentes.

 

 

Poursuite de l’effondrement de la production de bœufs

 

Après une chute de 8% en 2017, la production de bœufs se réduira à nouveau en 2018. Les effectifs de mâles laitiers et croisés âgés de 24 à 36 mois accusaient en effet un recul de 4% au 1er décembre 2017 en BDNI. La baisse des sorties devrait donc être de cet ordre de grandeur.

 

 

Recul tendanciel de la production de veau de boucherie

 

La production de veaux de boucherie continuera sa baisse (-2% en têtes ; -1% en tonnage).

 

Le recul des effectifs (prévu à -2%) sera partiellement compensé par une hausse des poids de carcasse (+1%/2016), renouant avec la tendance observée sur le long terme. Cette nouvelle baisse de la demande des intégrateurs en veaux issus du troupeau laitiers s’ajoute à celle des engraisseurs de taurillons : il faudra trouver d’autres débouchés pour les veaux de races laitières. Ainsi les exportations de veaux de moins de 80 kg devraient à nouveau progresser, principalement vers l’Espagne.

 

 

La consommation française s’érode encore

 

Après un recul de 2% en 2017, la consommation française calculée par bilan devrait poursuivre sa baisse en 2018. L’évolution des modes de consommation ainsi que les messages négatifs à l’encontre de l’élevage conduisent à une réduction des fréquences d’achat et des volumes consommés. A l’inverse, la meilleure conjoncture économique globale, et les hausses de pouvoir d’achat attendues, pourraient jouer en sens inverse.

 

 

Après 4 années de baisse, les volumes importés pourraient se stabiliser. En effet, si la demande à l’import devrait rester modérée en raison de la stabilité des disponibilités françaises en viande de femelles, l’offre de viande de vaches laitières en Europe pourrait être un peu plus importante en raison d’une situation fragile dans le secteur laitier et du net dépassement des émissions de phosphates du secteur élevage aux Pays-Bas.

 

 

Les exportations de viande pourraient légèrement augmenter, malgré la baisse de la production de jeunes bovins. Le marché européen du jeune bovin devrait rester porteur, en particulier le débouché allemand. L’ouverture du marché chinois constitue un espoir important, mais plutôt à moyen terme. Et les larges disponibilités en viande de femelles en France conduiront les Français à consommer un peu moins de viande de jeunes bovins, viande qui sera alors disponible pour le débouché export.

 

 

Deux tiers de la viande bovine en RHD issue d’imports

 

« Les grandes et moyennes surfaces (GMS) représentent le premier débouché avec 54 % des volumes, suivi de la restauration hors domicile (RHD) avec 19 %, de la boucherie (12 %) et de l’export (15 %). Si l’on sépare viande française et viande importée, la GMS absorbe 59 % de la production française et 34 % des importations, alors que les rapports s’inversent pour la RHD qui n’utilise que 8 % de la production nationale », note Caroline Monniot, du service économie de l’Institut de l’élevage. Ainsi, 66 % de la viande bovine distribuée en RHD est issu d’imports. « On est face à un marché qui nous échappe », souligne Michel Reffay, du CGAAER(1).

 

Le secteur de la RHD est touché de plein fouet par la crise. Même si le nombre de repas augmente, en lien avec une évolution structurelle (accroissement de la population, hausse de la distance domicile – travail, hausse du taux d’activité des femmes, concentration des emplois favorable aux solutions de restauration…), « les consommateurs s’orientent davantage sur des circuits de moins en moins onéreux et des plats de moins en moins coûteux au sein de chaque circuit, ce qui a eu pour conséquence une diminution de la valeur du ticket moyen », constate Caroline Monniot.

 

Un secteur hétérogène et segmenté

 

La RHD est d’autre part un secteur très hétérogène. Il se découpe en quatre segments d’activité. On trouve par ordre d’importance du chiffre d’affaires : la restauration commerciale (chaînes de grill, cafétérias, restaurants indépendants…), la restauration collective (scolaire, entreprises, hôpitaux, sociale… autogérée - gestion en direct - ou concédée - gestion donnée à une chaîne collective), la restauration rapide (fast-foods, kebabs, livraisons pizza, sandwicheries…) et les circuits alternatifs (boulangeries, stations-service…). Ce dernier segment, bien qu’en croissance, n’utilise quasiment pas de viande bovine.

 

À l’opposé, la restauration commerciale est le secteur qui peine le plus, car fortement impactée par la crise économique. Son chiffre d’affaires décroît depuis 2011. Restauration rapide et restauration collective progressent. Toutefois, « la restauration collective est très contrainte par la maîtrise de ses charges (ticket moyen bas) et soumise au code des marchés publics qui complique la maîtrise de l’origine et de la qualité. Les caractéristiques des animaux (race, conformation, voire origine) sont moins lisibles et moins mises en avant. On observe par contre une vraie volonté de fournir des produits de qualité et de favoriser des races à viande et/ou l’origine française dans la restauration scolaire qui cherche, en lançant des appels d’offres, à déjouer les contraintes de la réglementation européenne », remarque Caroline Monniot.

 

"Nous avons une véritable volonté de travailler sur la restauration collective, et notamment scolaire. Notre enjeu est de rencontrer un maximum de collectivité et de leur expliquer le produit viande, car il y a une véritable méconnaissance sur le sujet. On leur propose également un accompagnement pour la rédaction des cahiers des charges des appels d'offres pour favoriser la viande française et/ou locale sans créer de distorsion de concurrence", explique Audrey Lebrun, d'Interbev.

 

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Massification du marché du haché et déconstruction de la valeur

Le steak haché progresse partout ! C’est une tendance de fond, avec un développement du marché du hamburger. Sa part est passée de 37 à 42 % entre 2008 et 2014, selon l’étude. De plus, ce marché se segmente sur des critères techniques (pourcentage de matière grasse, basse pression, pur bœuf… mais beaucoup plus rarement sur la race. « Or, on a un amont qui fabrique un certain nombre de produits avec une valeur d’amont mais déconstruite par le steak haché qui ne dispose pas actuellement d’une segmentation suffisante. Pourquoi je produis une viande de valeur en amont pour faire du steak haché ? C’est la question à se poser », a souligné Michel Reffay, ingénieur au conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), à la journée Grand Angle Viande, organisée par l’Institut de l’élevage à Paris.

 

Autre constat, le décalage entre production et consommation. Le secteur laitier contribue pour une part importante dans la production de viande. « Ce que l’on craint, ce sont les phases de capitalisation/décapitalisation guidées dorénavant par la politique des groupes laitiers et non plus par la gestion des quotas. »

 

Le lait est devenu un déterminant fort du secteur des viandes

 

Le marché de la viande, qui souffre déjà, devra donc encaisser les à-coups du prix du lait et ses conséquences sur le cheptel laitier. « Aussi, rien ne pourra se faire sans un travail global avec le secteur laitier », insiste l’ingénieur.

 

D’autre part, « que se passera-t-il si la viande importée d'horizon lointains sans coûts de production (sous-produit de la traction animale, zébu...) vient servir le même marché massifié, où la production a un coût. Il va falloir probablement segmenter et sans doute contractualiser ».

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Telles des fourmis tout ce petit monde des bureaux, en paquets serrés, front bas, regards fermés, se jetait dans les bouches de métro pour gagner les gares de triage. (68)

Assise à même le sol Chloé tirait sur sa petite bouiffe, ses yeux pailletés d’or souriaient l’air de dire : toi aussi mon beau légionnaire tu bouffes à beaucoup de râteliers. Pourquoi la détromper : « La mayonnaise prend ma grande, on va se payer une tranche de bordel intense qui va plaire au père Pompe. Foutre la trouille au bon peuple c’est niquer les cocos et les socialos. Mais pour cela il faut tenir les deux bouts des cordelettes des marionnettes. Bon, on y retourne ou on rentre à Paris ? »

 

-         On peut se mettre des brassards de la Croix Rouge pendant que tu y es mon légionnaire. Laisse-les se démerder ces cons, ils n’ont que ce qu’ils aiment : jouer aux martyrs. Franchement, envahir une usine pour hisser le drapeau rouge, barbouiller le monument de Lefaucheux d’un truc du genre : « vengeons Gilles Tautin », donner des coups de pieds dans les couilles de la maîtrise, casser des dents, manier le manche de pioche sur le dos des permanents CGT, ça ressemble à quoi ? À que dalle ! Ça les fait bander ces cons. Un petit séjour dans les geôles du pouvoir leur fera du bien et, crois-moi, beaucoup d’entre eux commencent déjà à faire sous eux. Viens on va s’offrir du bon temps…

 

-         T’es sûre ?

 

-         Ne fais pas l’enfant chœur mon salaud. T’en as rien à cirer de ces branleurs.

 

Collée à elle sur le biplace de la Norton Benoît se laissait aller à être heureux en se grisant de la morsure de l’air tiède de ce 17 juin 1969.

 

Chloé, après avoir traversé à vive allure la forêt de St Germain, effacé des contrées idylliques telles que Houilles, Bezons, Colombes, sans jamais enfreindre le code de la route, les fit entrer dans Paris par la Porte d’Asnières. Benoît qui l’avait pris, de prime abord, pour une évaporée déjantée, constatait qu’elle se révélait organisée, pleine de sang-froid et surtout très consciente des limites du combat révolutionnaire des zozos de la GP. Armand allait être ravi de sa liberté retrouvée, concédée par Marcellin, qui leur ouvrait de nouvelles perspectives ; l’important était d’être disponible pour saisir les meilleures opportunités qui ne manqueraient pas de s’offrir. Pour l’heure Benoît se  retrouvait dans sa position favorite : pris en main par une fille border line. Paris, en cette fin d’après-midi, commençait à déglutir ses banlieusards. Telles des fourmis tout ce petit monde des bureaux, en paquets serrés, front bas, regards fermés, se jetait dans les bouches de métro pour gagner les gares de triage. Sans vouloir jouer les sociologues de bazar, Benoît ne pouvait s’empêcher de penser que c’était eux qui comptaient, que c’était eux qui pesaient, que c’était sur eux que reposaient les contours flous d’une France qui n’avait plus rien à voir ni avec celle des paysans, ni avec celle des ouvriers. Le combat de Flins était aussi imbécile qu’inutile. Les frelons de la GP étaient inaudibles, à côté de la plaque, les derniers rejetons dévoyés des grandes croyances du XXe siècle. Tous les angles, les aspérités, le dur se floutaient, les frontières s’effaçaient, le plus grand nombre n’aspirait plus qu’à la bagnole, au week-end, au confort d’un pavillon de banlieue.

 

Les beaux quartiers résidentiels semblent toujours hors la vie, lisses, indemnes du grouillement, de la promiscuité, vides de tout. Ils enfilaient les rues paisibles et cossues du Triangle d’or, La Norton, à bas régime, crachotait des sons étouffés. Chloé les conduisaient chez l’une de ses copines anglaises, Ossie, qui l’approvisionnait en denrées diverses : fringues et pompes de Carnaby Street, de King’s Road, fragrances exotiques, vinyles des Stones, substances illicites en provenance d’Amsterdam.  Place du Maréchal Juin, ils virent passer une colonne de camions de la gendarmerie mobile qui devait sans doute filer sur le théâtre des opérations.

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 06:00
« Les Vendéens sont pas si fous, partiront pas sans croire en vous ou boire un coup » Philippe Katerine et rappeur vendéen pionnier du rap rural, MC Circulaire.

La Vendée s’enorgueillit d’avoir vu naître Maxime Bossis né à Saint-André-Treize-Voies en Vendée. Surnommé « le grand Max », 76 sélections en équipe de France, champion de France en 1977, 1980 et 1983 avec le FC Nantes et Vainqueur de la Coupe de France en 1979 avec le FC Nantes.

 

Au cours des 710 matches de sa carrière, le « grand Max » n'a récolté que 4 cartons jaunes (trois quand il évoluait au FC Nantes et un au Matra Racing). Maxime Bossis considère cette statistique, honorable pour un défenseur, comme la traduction d'un style de jeu propre et mesuré pratiqué à l'époque.

 

Max Bossis a été mon élève au lycée agricole de la Roche sur Yon où il a obtenu son bac D’. C'était un grand joueur, intelligent, infatigable, courtois, discret, un exemple... Fils de paysans de St André Treize Voies, une grande famille qui aurait pu former une équipe capable de jouer au plus haut niveau, il est pour moi le bon exemple de ce qu'était l'ascenseur social du sport avant la période fric...

 

Lire ICI 7 novembre 2005

Le grand MAX... 

 

Le club de foot chouchou des Vendéens c’est le FC. Nantes

 

Mais poussé par la magie de la Coupe de France, Le Vendée Les Herbiers Football (VHF), actuellement pensionnaire de troisième division, a réussi l'exploit d'éliminer Lens en quarts de finale le 27 février dernier et de se qualifier pour les demi-finales. Le 17 avril prochain à Nantes, dans l'antre de La Beaujoire, le onze herbretais tentera de vaincre le FC Chambly pour écrire l'Histoire.

 

Les Herbiers personne ne connaît, la commune abrite le Mont des Alouettes le point haut de la Vendée. C’est le Haut-Bocage et c’est au Grand Logis des Herbiers que les généraux vendéens choisissent Charette comme chef suprême de la Grande Armée Catholique et Royale. Deux mois plus tard, le 3 février 1794, la colonne infernale du général Amey investit le Bocage et incendie la ville.

 

La commune compte plus de 11 000 emplois, près de 150 entreprises de plus de 8 salariés. Il s'agit du 2e bassin d'emploi le plus dynamique de France : les chantiers nautiques Jeanneau, Général transmission, leader mondial d'organes de transmission pour les équipements d'entretien (tondeuse...), CWF, 1er bureau de style d'habillement pour enfant haut de gamme et de luxe en Europe (Timberland, DKNY, Hugo Boss…), le Groupe Liébot, leader dans la construction de façades métalliques et de fenêtres alu (Marque K.Line), La Boulangère, leader dans la viennoiserie, Euralis gastronomie, leader mondial dans le foie gras…

 

Mais l’évènement médiatique c’est le clip de l'inclassable chanteur Philippe Katerine, natif des Deux-Sèvres, mis en ligne sur sa chaîne Youtube le jeudi 5 avril, du clip de sa chanson "85 Rouge et Noir". En featuring avec le rappeur vendéen pionnier du rap rural, MC Circulaire, il espère que ses paroles amèneront le "Petit Poucet" rouge et noir jusqu'au bout de la compétition.

 

« Pour mettre en images son texte librement inspiré d'un chant traditionnel entonné jadis par les conscrits vendéens, l'interprète de "Louxor J'Adore" a frappé fort. Imprévisible et décalé comme toujours, en plus d'avoir réuni tous les joueurs de l'équipe, et il est parvenu à rassembler 800 supporters herbretais sur le stade Massabielle qui ont répondu présent pour mouiller le maillot et honorer les couleurs du club.

 

Retour à cette soirée de liesse, mardi 20 mars dernier: «Ça a été un moment exceptionnel, s’émeut Philippe Katerine. Déjà limportant cest de passer un moment. Cest le présent qui compte. Et ce moment à tourner ce clip était vraiment de qualité.»

 

1919: L’abbé Rousseau fonde  la première société sportive herbretaise appelée Alouette Sportive. La ville des Herbiers est la 3e ville du département de la Vendée, en nombre d'habitants.

 

Section gymnastique des Alouettes

1923: Le même abbé Rousseau fonde ensuite Les Herbiers Sports, afin d'inclure d'autre activités physiques à la pratique du club, tels l'athlétisme, le basket-ball, la natation, la gymnastique ou encore le tir.

 

1936: Première participation à un championnat.

 

1941: L'abbé Roger Foucaud crée un club rival Coqs du Bocage dans la commune voisine du Petit-Bourg des Herbiers.

 

1947: Fusion des 2 clubs sous le nom d'Entente Sportive Herbretaise.

 

2002 : Rebaptisé Les Herbiers Vendée Football.

 

2006 : Champion de CFA2, promu en CFA et rebaptisé Vendée les Herbiers Football.

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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H« Baratine, dis que t’es un supplétif de l’opération double chevron. T’es bon dans ce genre d’exercice ! » (67)

En dépit de la même dextérité que Chloé mettait, à piloter sa Norton 750 Commando Fastback sur les départementales menant à Elisabethville, qu’à conduire à fond la caisse la TR4 de sa mère sur les Champs, ils arrivèrent trop tard aux abords champ de bataille. Le repli, en dépit des ordres, se faisait dans la lenteur et le désordre. Ils ne purent que s’en tenir à observer et surtout à éviter de se faire coincer dans la poche formée par la Seine au nord et la nationale 13 au sud. Deux hélicos tournaient dans le ciel permettant aux phalanges policières de manœuvrer pour couper la retraite à Gamelin, blessé au bras et au visage au cours de l’échauffourée, et à ses troupes elles aussi bien cabossées. Comme Armand avais eu la bonne idée de transmettre un petit mémo à la hiérarchie de la Grande Maison avant la réunion de « Base Grand » dans lequel il annonçait l’imminence d’une action punitive à la mémoire de Gilles Tautin, sa crédibilité s’en trouverait renforcée à la condition qu’Armand les appelle au plus vite, comme s’il était sur le théâtre des opérations pour justifier qu’il n’avait pu les prévenir en temps réel. Chloé, pleins gaz, les sortait de la nasse, déposait Benoît quelques minutes plus tard devant la poste de Bouafle. Le calme du village contrastait avec le charivari qu’il venait de quitter. Dans son enclos grillagé la dame des postes l’accueillit, même s’il n’était pas un chevelu, sans aucune aménité. Pour hâter une procédure qu’elle se plaisait à faire traîner en longueur Benoît lui propulsa une carte de police sous son long nez pointu. Le sourire mauvais qu’elle lui allongea lui plut. Pour le renforcer Benoît lui balançait un méchant « bouge ton cul vieille chouette… »

 

Armand par bonheur n’était pas au boulot, au téléphone il m’écouta, me fila un numéro, une ligne directe, que je devais appeler immédiatement. « Baratine, dis que t’es un supplétif de l’opération double chevron. T’es bon dans ce genre d’exercice ! » Benoît repassa le plat auprès de la revêche des PTT qui exécuta la manœuvre avec une hauteur méprisante qui se transforma en étonnement lorsqu’elle obtint le correspondant. Elle ne put réprimer un « Oui monsieur le Ministre… » emprunt de déférence. En regagnant la cabine Benoît était lui-même abasourdi. Marcellin soi-même, Benoît flippait un peu. Par bonheur il  put reprendre ses esprits pendant que ce cher homme lui servait les paroles qu’on adresse aux types qui en prennent plein la gueule en première ligne. Benoît se contenta d’onomatopées vaguement approbatrices puis, profitant d’un moment où il reprenait son souffle, il passait en revue toutes les obsessions du bonhomme. Confirmant les liens des enragés de la GP avec l’Internationale terroriste, revêtant Chloé, sans la citer, mais en se doutant bien que cette enflure devait avoir une fiche sur le SG de l’Elysée, du lourd manteau de grande-prêtresse de la branche italienne qu’il dépeignit sous les traits les plus noirs. Le cher homme buvait du petit lait. Le temps était venu pour Benoît de porter l’estocade. Sans aucune précaution il lui indiquait que la couverture prolétarienne d’OS chez Citroën d’Armand l’entravait et que je serais bien plus efficace s’il retrouvait sa liberté de manœuvres. Lourdement il ajoutait que coucher avec une belle italienne servait plus les intérêts de la France que de se coltiner des ailes de 2CV ou de faire le con à un poste de soudure à l’étain. Plus c’est gros, plus c’est lourd, plus ça passe. Marcellin approuvait et donnait les instructions en ce sens. Benoît empochait sans remercier en lui signifiant qu’il devait retourner au front. Les oreilles et la queue, Marcellin se confondait en propos élogieux à son égard et à celui d’Armand.

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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 06:00
Et vous reprendrez bien 1 part d’emmenthal c’est bon pour la santé de votre intestin ! Les vegan ne vont pas être content…

« Le fromage fait partie de l’histoire de l’homme debout » Anaïs Col et le Dr Éric Du Perret.

 

N’en déplaise aux vegan qui tagguent la vitrine d’un fromager lyonnais lait= meurtre ICI 

 

« Il s’est révélé une façon astucieuse de conserver l’aliment de base des mammifères, le lait.

 

La France est le premier pays exportateur mais pas le premier pays producteur. Ce sont les Etats-Unis. Mais à part les Grecs, aucun habitant de notre planète ne consomme autant de fromage que nous. »

 

Nous en avons un nombre difficilement chiffrable « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? » proclamait de Gaulle, et surtout chez nous ils participent, tout autant que les vins, à notre identité culturelle par leur ancrage dans nos régions : Roquefort, Laguiole, Salers, Banon, Maroilles, Pont-Lévêque

 

Mais de là à se soigner avec des microbes en voilà une drôle d’idée :

 

« Un fromage standard compte 10 millions de microbes par gramme de chair et jusqu’à un milliard par gramme de croûte (on en avale 10 à 100 milliards  par jour dans une ration alimentaire moyenne en France) ! Dans la chair privée d’oxygène, des bactéries fermentent ce qui reste de lactose dont la majeure partie a été entraînée par le petit-lait) : la libération de gaz par les fermentations acétique ou propionique peut créer des trous. C’est le cas de l’emmenthal, dont la fermentation est accélérée par la conservation dans  des caves plutôt chaudes (alors que le gruyère par exemple, conservé dans des caves plus fraîches, fermente plus lentement, ce qui permet aux gaz de s’échapper au fur et à mesure, sans former de trous). Marc-André Selosse.

 

Une équipe du laboratoire Science et Technologie du Lait et de l'œuf (STLO) de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Rennes a isolé trois souches de bactéries présentes dans les fromages et utilisées dans la fermentation : Propionibacterium freundenreichii, Lactobacillus delbrueckii et Streptococcus thermophilus. Ces bactéries propioniques, connues pour être à l'origine des trous dans l'Emmental, ont également des vertus anti-inflammatoires qui peuvent améliorer l’état de la muqueuse intestinale, soit en ayant un rôle direct, soit en modifiant la répartition des bactéries au profit des bonnes dans la flore intestinale.

 

« Ces probiotiques jouent sur des facteurs comme l’immunité, l’inflammation, la digestion, la motilité, la sensibilité et la perméabilité de l’intestin ». Des essais conduits in vivo sur un modèle de souris ont déjà démontré la capacité de ce fromage expérimental à prévenir la colite.

 

Leur action pourrait en outre soigner la colite (inflammation du côlon) ou encore la maladie de Crohn (maladie inflammatoire chronique du système digestif).

 

De l'emmental comme remède

 

Gwenaël Jan, directeur de recherche à l’Inra, détaille l’expérimentation: «Nous avons demandé à un industriel breton de nous fabriquer une meule d’emmental à partir des trois souches sélectionnées». Des tests ont été réalisés sur des souris. Ils ont démontré que ce fromage freinait et prévenait les pathologies. Mais aussi «quil pouvait atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie», ajoute le chercheur.

 

Un brevet a été déposé et des industriels sont déjà intéressés par la fabrication de cet «alicament». Un essai clinique est mené depuis 2015 sur des patients du CHU de Rennes. Reste désormais, selon les scientifiques, à trouver les financements nécessaires à la validation de leurs travaux.

 

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Toi, j’en suis sûr, t’es pur comme de l’eau de roche alors que moi je suis de l’eau vaisselle maquillée en n°5 de Chanel (66)

Benoît pensais « je dois dégager un magnétisme particulier qui pousse les filles aux confidences » car lorsqu’ils s’assirent, côte à côte, en tailleur, face à la flamme du Soldat Inconnu, Chloé, après avoir posé sa tête sur son épaule, entama un long monologue. « Moi ce type, qui repose-là, broyé par les shrapnells allemands au fond de sa tranchée pourrie, bouffé par la vermine, shooté à la gnole, et qui voit maintenant défiler autour de sa tombe les culottes de peau qui l’ont envoyé à l’abattoir, comme de la chair à canon, anonyme, reproductible, simple paysan ou ouvrier, brave mec, plus con que la moyenne, il s’est sacrifié pour que moi fille de putain de luxe je vive le cul dans la soie. Ça me donne envie de gerber mon beau légionnaire. Toi, j’en suis sûr, t’es pur comme de l’eau de roche alors que moi je suis de l’eau vaisselle maquillée en n°5 de Chanel. Madame ma mère, intrigante de haut vol, après s’être vautrée dans le pieu des dignitaires du Grand Conseil fasciste de Benito s’est recyclée avec aisance et sang-froid dans celui d’un général américain de l’état-major allié. Je suis le fruit de cette copulation rédemptrice entre une grande brute blonde du Middle-West et d’une catin pur-sang bleu de l’aristocratie florentine. Comme ça tu comprendras mieux, mon beau légionnaire, que j’ai une envie folle que toute cette pourriture, maquillée sous le vernis aristocratique, leur pète à la gueule… »

 

Chloé, reprenait son souffle, se roulait une minuscule cigarette. La flamme de son briquet vacillait sous le souffle léger d’une brise tiède. Benoît se sentait tout mou, la bière lui avait coupé les pattes il avait envie de dormir. Il luttait pour ne pas se laisser choir sur le flanc et se recroqueviller dans sa position fœtale favorite. La bouiffe de Chloé exhalait une douceur odeur d’herbe qui le poussait plus encore à s’abandonner au sommeil comme lorsqu’il était enfant, étendu sous la peau de la mer, les yeux encore plein des pépites du soleil éteint, prêt à se laisser engloutir dans les abysses. Chloé lui tendait son mini pétard, il en tirait quelques bouffées qui le réanimaient. La voix rauque de Chloé, en contrepoint, le maintenait dans une conscience molle. « En Italie, tout naturellement je me suis retrouvée à la Sinistra Proletaria qui n’a rien à voir avec les enculeurs de mouches d’ici. Là-bas ce sont de vrais durs. Des brutes. Je suis sûre qu’ils iront au bout de leurs idées. Moi je suis une pétocharde, une goutte de sang et je m’évanouis, alors les amours de ma traînée de mère m’ont bien servi : Paris a des douceurs inestimables. Jamais à Milan je n’aurais trouvé un aussi beau légionnaire. Je veux dire jamais je n’en aurais trouvé un qui n’a pas envie de se foutre du sang sur les mains. Toi, je le sens, tu es là par je ne sais quel hasard, et j’ai la certitude que tu ne leur ressembles pas. Comme tout le monde tu caches quelque chose mais je m’en fous mon beau légionnaire. Je vais profiter de ton corps avant que tu ne me jettes dehors… »

 

Après il ne se souvenait plus ce qui s’était passé parce qu’il avait basculé comme une masse dans un sommeil de béton. Tout ce dont il se souvenait c’est qu’il avait rêvé de Marie. Jamais plus depuis son départ de Nantes il n’avait rêvé de Marie. Elle se promenait pieds-nus sur une plage de sable fin, tout au bord de l’ourlet mousseux qu’inlassablement les vagues dessinaient en venant mourir sur la grève. À ses côtés, Achille, le chien de Jean gambadait en pataugeant dans les flaques qui ressemblaient à des continents. Dans son rêve cerné d’un cadre noir il se sentait extérieur à l’image, tel un spectateur dans une salle obscure. Le souffle d’une légère brise de mer, qui léchait ses épaules nues, gonflait le vêtement immaculé de Marie. Tout son corps semblait désassemblé, flasque, tel celui d’une poupée de son aux membres désarticulés, pendouillant, incapables d’assumer leurs fonctions : ni marcher, ni étreindre. Sa rage impuissante consumait toute l’énergie que fabriquait sa volonté. Il n’était plus qu’une chaudière au bord de l’implosion, incandescente, pleine d’une fureur inutile. Il luttait. Dans sa bouche sèche il sentait le goût du sel, ses lèvres articulaient des mots qu’il n’entendait pas. Supplice atroce, lent, inexorable, les pas de Marie ne marquaient pas le sable mais il ne voulait pas admettre sa défaite. Il lui suffisait de garder cette image froide, de la tenir dans les rets de sa volonté. « Cette fois-ci Marie tu ne m’échapperas pas. Je te garderai à tout jamais. » Ses doigts, soudain, s’agrippaient. Il prenait peur. S’éveillait. Chloé, assise sur son céans, le contemplait avec des yeux de mère. « Mon beau légionnaire, qu’est-ce que tu as du l’aimer cette Marie… »

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 06:00
Historiquement on n’hésitait pas à uriner en foulant de raisin. Nature vous avez dit nature !

Marc-André Selosse est un drôle d’oiseau dans son chapitre XII de Jamais seul il écrit : « Où l’on vinifie en blanc, rouge, rosé, gris, jaune et même orange ! Où le vigneron agit en cave comme une vache en rumen* ; où des microbes construisent le contact et le bouquet du vin ; où certains vins prennent le voile… »

 

*Pour comprendre il faut lire « pourquoi les vaches regardent passer les trains » dans la chapitre IV « Où la vache digère ses microbes symbiotiques mais non pas l’herbe. »

 

Ceux qui  se foutaient de ma tronche avec mes histoires de vache en sont pour leur frais, ce qu’écrit Selosse sur le rumen est absolument passionnant. Les vaches sont « des animaux très chauds (40°C – nos anciens chauffaient les fermes en les mettant au rez-de-chaussée). Enfin, ce sont des animaux placides : peu actifs, ils passent une grande partie du temps allongés dans l’herbe, à mâchouiller, avec l’apparence de la plus complète indolence – à regarder passer les trains, comme on dit. »

 

Laissons-là ces braves vaches et revenons à la vinification.

 

« Geste antique renouvelé par la biochimie moderne, la vinification commence par un raisin mûr, et est assurée par des microbes, authentiques mutualistes du vigneron qui les nourrit et les choie pour préparer le vin. Dans la fermentation alcoolique, le sucre du fruit est transformé en alcool par de levures dites de « boulanger », car on les utilise aussi pour le pain (Sacchaomyces cerevisiae). Elles peuvent être spontanées, et proviennent alors plus souvent de la cave elle-même que de la peau du fruit, qui est colonisée par des souches de levures souvent peu compétitives en cave. Actuellement, les levures sont le plus souvent inoculées, pour plusieurs raisons.

 

Pour la première voir la chronique 22 mars 2018

Les levures qui tuent, celles qui ont attrapé un « bon virus » connu sous un nom inquiétant de « facteur killer » la leçon de Marc-André Selosse ICI

 

« De plus, les moûts actuels sont très sucrés car nos réglementations limitant le rendement à l’hectare conduisent à limiter le nombre de grappes, ce qui reconcentre le sucre dans les raisins restants et engendre des vins très riches en alcool. Or, beaucoup de levures sauvages ne survivent pas à des degrés alcooliques supérieurs à 11-12. En effet, elles vivent habituellement dans de vieux fruits tombés à terre, où l’alcool produit par fermentation n’est jamais aussi concentré. »

 

La seconde raison :

 

« Enfin, de façon plus récente, certaines levures ont été sélectionnées pour leur potentiel à former des dérivés aromatiques intéressants comme celles qui libèrent des thiols aux goûts de fruits exotiques dans les vins blancs, ou comme la fameuse souche 71B dont l’acétate d’isoamyle contribue aux arômes de banane ou de framboise du beaujolais nouveau. »

 

Ensuite Selosse décrit les différentes fermentations par couleurs : blanc, rosé, rouge, orange… connues de la plupart d’entre vous.

 

La suite et fin me paraît intéressante :

 

« En partant d’un moût très riche en microbes variés, les levures font rapidement place nette, car la toxicité de l’alcool qu’elles produisent en fait de puissantes compétitrices. De fait, il faut éviter que d’autres microbes que les levures de boulanger ne développent  des arômes indésirables, par exemple les arômes d’écurie libérés par les levures du genre Brettanomyces. Outre leur résistance à l’alcool, plusieurs propriétés rendent les levures de boulanger compétitives dans le vin en fermentation, en particulier les souches inoculées ou vivant en cave. Elles sont résistantes aux sulfites, un composé utilisé lors de la vinification pour sa double fonction antioxydante et antimicrobienne, qui défavorise les microbes indésirable : les levures y survivent par des mécanismes d’expulsion active des sulfites hors de leurs cellules. De plus, l’azote est limitant dans le jus de raisin, bien qu’on en ajoute souvent en début de fermentation sous forme d’ammonium, augmenté de quelques vitamines favorables aux levures : historiquement, on n’hésitait d’ailleurs pas à uriner en foulant de raisin. Les levures ont des transporteurs d’acides aminés et de fragments de protéines qui les rendent compétitives pour capter les ressources azotées. Résistance aux sulfites et à la carence azotée (qui règne malgré les apports) sont les adaptations des levures à la vie dans le vin, en cave. »

 

Bien évidemment, Selosse aborde ensuite l’évolution des vins, entre microbes et oxydation.

 

 

Pour le lire achetez le livre qui est une véritable mine sur ces fichus microbes qui « jouent un rôle en tout point essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement des microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. »

 

Je vous livre sa conclusion à propos de la vinification :

 

« Ainsi la vinification tient-elle de l’élevage microbien, où des méthodes directes (ensemencements) et indirectes (sulfites, tannins, régulation de l’apport d’air, de la température et de l’acidité) favorisent et brident en même temps les microbes, bref conduisent vers un microbiote et des transformations souhaitées. L’alcool et l’acidité stabilisent le produit final dont les métabolites microbiens construisent le goût et la structure ressentis en bouche. Cependant, le vigneron nourrit les microbes de raisin et d’azote, voire même d’apports vitaminiques : joli mutualisme quasi symbiotique du vigneron et des microbes lors de la vinification… Les procédés, brassage, apports nourriciers ou régulateurs de l’acidité et du degré d’oxydation, contrôle de la température…, évoquent, et ce n’est pas un hasard, les dispositifs biologiques par lesquels la vache contrôlait son rumen. »

 

 

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H C'est lassant le sexe mène le monde. Vive les alcôves de la République ! (65)

Le moulin de la TR4, les 4 cylindres Vanguard ronronnaient comme de gros chartreux sur un sofa douillet. Benoît, en petit mec encore plein de préjugés machistes, s’attendait au pire mais, heureuse surprise, Chloé conduisait en souplesse, sans à-coups. Elle jouait avec l’étagement des vitesses pour donner à la voiture un élan fluide sur les pavés de Paris. Jusqu’à la Concorde, sur le quai rive gauche ils  tenaient un petit 80 très familial qui permettait à Chloé d’expliquer sa technique. Elle pointait la carte de visite sous le nez des commerçants. « Téléphonez ! » Ils s’exécutaient. Au bout du fil il tombait sur l’une des standardistes de l’Elysée. « Demandez mademoiselle Stricker ! » Ils demandaient mademoiselle Stricker. On leur passait mademoiselle Stricker. « Dites-lui que c’est Chloé ». Il lui disait que c’était Chloé et ils avaient droit au petit speech comme quoi il leur suffirait d’envoyer la facture au Secrétariat général de l’Elysée et qu’ils seraient payés par retour du courrier, par chèque personnel de monsieur le Secrétaire-Général. Tout ce que je trouvais à dire c'est : « Merde la fille du SG du gros Pompe de Montboudif fraye avec les fondus de la GP…

 

-         Presque mon beau légionnaire…

 

-         Ça veut dire quoi ce presque ?

 

-         Je ne suis pas la fille du Secrétaire-Général de Pompe…

 

-         T’es la fille de qui alors ?

 

-         De ma mère…

 

-         Ça c’est un scoop ma grande !

 

-         Ma mère, la comtesse Raineri di Garofallo, présentement et durablement la maîtresse de monsieur le Secrétaire-Général de Pompe.

 

-         Very simple et le vieux crabe marche dans la combine !

 

-         Il n’a pas le choix mon beau légionnaire, ma mère, qui est une mante religieuse, le tien par où il faut tenir les mecs…

 

-         C'est lassant le sexe mène le monde. Vive les alcôves de la République !

-         Moraliste le gaucho, tu me plais de plus en plus beau légionnaire, je te sens ouvert à tous les débordements…

 

Entre les chevaux de Marly Chloé lâchait les 100 CV du petit bolide dans le faux plat qui précède la montée des Champs Elysées. « On va se faire tous les feux verts mon légionnaire ! » Comme les anglaises – les voitures bien sûr – ne brillent pas par la souplesse de leur suspension, l’exercice s’apparentait à une spéciale de Rallye sur une piste tôle ondulée du Sahara, tape cul garanti. La gueuse gagna son pari, en bouffant certes quelques feux oranges mais sans jamais se faire un rouge, en ne déviant pas un seul instant de sa trajectoire. Elle ne décélérerait qu’à la hauteur de la rue de Presbourg, sans freiner, par le seul jeu du frein moteur et d’une rétrogradation des vitesses bien maîtrisée. Du grand art ! Benoît applaudissait. Chloé, tel un winner de Grand Prix, s’offrait  en quasi roue libre deux boucles de la place de l’Étoile avant d’aller ranger la TR4 au bord du terre-plein de l’Arc de Triomphe côté avenue Foch et, alors que Benoît pensait qu’ils venaient d’effacer en quelques minutes le ruban de la revanche de la vieille garde gaulliste en juin 68, la grande Chloé, les lanières de ses sandales autour du cou, lui lançait : « Viens mon beau légionnaire on va faire une petite visite … »

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 06:00
« Le vin est femelle et le bien boire érotique » Pierre Desproges« J’ai appris à boire du vin au service militaire. J’y ai découvert l’ivresse… au 13° »

Pas sûr que le Desproges, grand adorateur du château Figeac 71 en particulier, et des GCC de Bordeaux en général, eut été un grand amateur des vins tout nu mais, pour autant, je suis absolument sûr qu’il n’aurait pas du tout aimé ce que sont devenus ses enfants chéris.

 

Il vénère le Figeac 71 « Mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue. »

 

« Ce n’est pas Dieu qui me contredira : si le sang de son fils avait été du Figeac, je n’aurais jamais sombré dans l’athéisme. »

 

Les parents de Pierre vivant au milieu des vignes de Bourgueil le goût du vin est pour Pierre Desproges un goût d’enfance. « Il achète du vin qu’il met lui-même en bouteille dans sa cave, et s’amuse à réaliser des étiquettes maison ».

 

« en 1960, mes parents avaient acheté une maison à Bourgueil et, pour la vente, l’ancien propriétaire a ouvert, en toute simplicité, une bouteille de château Margaux 28. J’étais le plus jeune et fut, de ce fait, chargé du service. Je n’avais pas vingt ans et je pris la bouteille avec toute la candide brutalité de cet âge. Huit des dix personnes présentes se sont levées, horrifiées. Un instant, j’eus la sensation d’avoir commis un meurtre. Depuis, je me rachète de ce geste brusque, impardonnable. »

 

Dans les années 80, il écrit dans Cuisine et Vins de France.

 

« J’ai appris à boire du vin au service militaire. J’y ai découvert l’ivresse… au 13° »

 

« Comble d’ironie, Desproges écrira pour les vins Margnat, qui commercialisent notamment La Villageoise. « On m’a fait beaucoup de propositions [pour la pub] mais mon principe est de demander énormément d’argent pour le plaisir de décourager les gens… Mais, parfois, je craque ! J’ai fait une campagne pour des vins de table, je ne sais plus lesquels, de toute façon ils s’alimentent tous à la même citerne. Ça m’a rapporté beaucoup de sous en très peu de temps, et avec cet argent j’ai acheté une douzaine de bouteilles extraordinaires de Margaux 47 »

 

Il a commencé sa cave en 1975.

 

Il confie à Élisabeth de Meurville : « S’il y a bien une chose que je déteste, ce sont les amitiés masculines sur un terrain de foot ou dans une quelconque confrérie. Autour du vin, c’est différent. C’est silencieux, calme, super. On ne s’embête jamais à me demander un autographe ou à me donner ses impressions sur les dernières réflexions du professeur Cyclopède. On déguste dans une complicité tranquille où sont effacées professions et célébrités. Il n’y a que des amateurs. Le vin n’est pas un plaisir solitaire. Bien que je m’ouvre aisément une bonne petite bouteille quand je suis tout seul. »

 

« Ma cave, c’est toute ma vie. Enfin presque… J’y tiens énormément ! J’y descends souvent pour parler à mes vins, les caresser du regard ! Ma cave, voutée humide et pâle sent le vieux bois, le liège et le sarment brisé. Ma cave indispensable et secrète où je parle à mon vin quand ma tête est malade, et qu’on n’éclaire qu’à la bougie, pour le respect frileux des traditions perdues et de la vie qui court dans les milles flacons aux noms magiques de châteaux occitans et de maisons burgondes. » Desproges l’aquaphile chroniques de la haine ordinaire.

 

 

Toute cette chronique est composée d’extraits de Desproges par Desproges par Perrine Desproges.

 

Les citations proviennent de : Cuisine et Vins de France, juin 1984, Play Boy septembre 1984, Bâfrons, L’aquaphile, Figeac chroniques de la haine ordinaire.  

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