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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 06:00
Et Dieu créa le pesto… génois, un plat de pauvres, et Alessandra Pierini en fit un championnat du monde.
Et Dieu créa le pesto… génois, un plat de pauvres, et Alessandra Pierini en fit un championnat du monde.

Les réseaux sociaux regorgent d’opportunistes qui enfourchent tous les sujets tendance pour montrer qu’ils sont dans le coup ; en ce moment dans le marigot du vin c’est à qui fera des gammes sur le sans soufre en essayant de faire accroire que c’est le sésame de l’obtention du jaja pour bobo : le vin nu.

 

À mon arrivée à Paris la gastronomie italienne n’était guère mise en valeur, sauf dans quelques belles tables dans les beaux quartiers. Pizza et pasta à la chaîne, vins sans caractères, constituaient le gros de l’offre.

 

J’ai dû attendre mon premier voyage à Rome, où mon Ministre, le Rocard agricole, m’avait dépêché, pour amorcer la désescalade sur le dossier chaud des importations de vin, pour découvrir l’extrême richesse de la palette de la cuisine italienne.

 

Je suis tombé amoureux de l’Italie.

 

Et puis, à Paris, qui n’est pas le centre du monde, il y a une dizaine d’années, cette facette de l’Italie a eu enfin droit de cité. Pour moi elle prit le visage souriant et avenant d’Alessandra Pierini.

 

Alessandra Pierini, native de Gênes, venait d’ouvrir un restaurant RAP au 24 rue Rodier et une épicerie en face au 15 de la rue. Auparavant elle avait tenu, pendant 17 ans une épicerie « Pasta e Dolce » qui faisait restaurant à midi dans le quartier St Giniez à Marseille (8 arr.).

 

Le 9 février 2011, j’y déjeunais avec Alberto Toscano.

 

 « La carte est courte : deux antipasti, deux primi, trois secondi et trois dolce mais offre un réel choix. C’est fin, frais, plein de saveurs préservées. De la vraie cuisine toute en finesse qui ravit et nourrit. Entre autres j’ai beaucoup aimé les Tagiolini in sugo di anatra al cedro (tagliolini, sauce de canard au cédrat), les Filetto di branzino, sugo di vogole e carciofi (filet de bar de ligne, jus de palourdes et artichauts) et la Pastieria napoletana con salsa di arancia rossa (pastieria napolitaine à l’orange sanguine). »

 

Lire ICI

 

De découvertes en découvertes, la belle génoise me fit découvrir le vrai pesto alla genovese de Ligurie

 

Le 10 juillet 2012

 

« Le pesto est vraiment un plat original de la cuisine ligure, on pourrait même dire que c’est notre plat national. Il est composé d’ingrédients qui poussent ici, chez nous, et qui ne coûtait rien autrefois ; un plat de pauvres. Le nom de pesto provient de pestare, écraser, car autrefois on pilait les ingrédients dans un mortier en marbre… » ainsi s’exprime Larissa Bertonasco dans joli petit livre de recettes de sa grand-mère : La nonna La Cucina La vita. « Toute la Ligurie, écrit-elle embaume des senteurs de mon enfance. Mes souvenir sont mêlés à l’odeur de la mer et du bois, du romarin et de la sauge, de la naphtaline aussi, et de l’alcool rectifié. »

 

Lire ICI 

 

Alessandra fut mon guide, mon conseil, mon amie dans la découverte des merveilles de l’Italie. Grâce à elle j’ai exploré la superbe palette de ses fromages, j’ai découvert le lard de Colonatta et bien sûr j’ai pu enfin boire d’excellents vins nu italiens.

 

Ambassadrice de l’Italie, la génoise infatigable organisa à Paris, un concours du pesto au mortier placé sous la haute autorité de l’Associazione Culturale dei Palatifini, initiateur du championnat à Gênes, avec la présence de Roberto Panizza, Président du Pesto Championship. Tout ça se déroulait, dans une ambiance résolument italienne et ligure, au Purgatoire, au 54 rue de Paradis (Paris, 10ème).

 

Ce fut un succès et les 1-2 juin prochains c’est la troisième édition du concours du pesto au mortier. Si ça vous dit vous pouvez vous inscrire. ICI

 

 

Mais notre Alessandra ne pouvait en rester là, elle vient de nous offrir, aux éditions de l’Épure : le pesto, dix façons de la préparer.

 

ICI 

 

Dans sa préface, Alessandra nous parle de son pays :

 

« Je suis née à Gênes. Écrire sur le pesto, est pour moi un peu comme entreprendre un voyage sentimental, affirmer mes origines à travers une simple recette dont l’ingrédient principal embaume toute la Ligurie. Rochers, falaises, vagues, maisons couleur pastel et, à quelques pas, des collines qui parfois prennent l’aspect revêche des montagnes. À partir du bord de mer, des dizaines de sentiers, véritables chemin de muletier, qui montent jusqu’aux crêtes, délimités par-ci, par-là par des terrasses cachées par des buissons de myrte, thym, lentisque. Le vent et les flots sont impitoyables et ils fouettent une côte souvent si pauvre en appontages que, par le passé, les hommes ne pratiquaient que très peu la pêche. Dans cette merveilleuse terre encore inexplorée, écrin de biodiversité, où les montagnes se jettent dans la mer, la cuisine mélange et profite des saveurs de tous ces paysages.

Et Dieu créa le pesto… génois, per favore. »

 

 

Sans rouler des mécaniques je ne suis pas totalement manchot pour pilonner du pesto alla genovese ou du pesto rosso.

 

Alessandra a été élue par sa ville « ambassadrice de Gênes dans le monde »

 

Son épicerie à émigrée 4 rue Fléchier dans le 9e au flanc de l’église ND de Lorette.

 

ICI 

 

Dans les 10 recettes j’ai choisi le Pesto Dolce que je vais expérimenter avec la venue des fruits d’été.

 

 

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 07:00
Tous logés à la même enseigne face à l’alcool : est-ce le flacon comme exutoire le responsable de l’addiction ?

Je vous livre brut de décoffrage, à vous de forger votre opinion, l'enquête sur la consommation d’alcool des Français et leur dépendance menée par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) auprès de quelque 200.000 Français, âgés de 18 à 64 ans.

 

Selon ses auteurs elle trahit le rapport dangereux des consommateurs à l'alcool, à rebours également des clichés sur la dépendance.

 

« Les relations dangereuses entre les jeunes français et l'alcool sont bien connues. On pourrait notamment citer les adeptes du célèbre binge drinking, dit aussi "cuite express", qui trahit un mode de consommation effréné. Mais selon une étude de très grande ampleur, présentée lors d'un colloque organisé par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) les phénomènes de dépendance pourraient s'étendre bien au-delà de la jeunesse. »

 

« Les Français consomment trop d'alcool. 200.000 personnes entre 18 et 64 ans ont été interrogées dans cette enquête baptisée "Constances". Et ses résultats sont édifiants. : 36% des hommes de moins de 35 ans, soit plus d'un tiers des personnes masculines interrogés pour cette étude, ont un usage dit "à risque" de l'alcool. C'est-à-dire dangereux pour leur santé, ou sont même carrément dépendants. Chez les femmes du même âge, cette proportion est de 15%. À titre de comparaison, une maladie comme le diabète, jugée comme "la maladie du siècle", ne touche "que" 5% de la population. Avec l'alcool, les niveaux sont de loin très supérieurs. »

 

« Pour évaluer son niveau de consommation, l'Organisation mondiale de la santé a mis en place un test rapide qui, en dix questions, permet au consommateur de savoir si son rapport à l'alcool présente un risque faible ou dangereux de dépendance, ou s'il est complètement accro à l'alcool.

 

Les femmes cadres sup particulièrement touchées. Toujours selon cette étude, aucune catégorie sociale n'échappe au phénomène. Ainsi, contrairement aux idées reçues, les plus défavorisés, ouvriers ou artisans, ne sont pas plus accro que les ingénieurs ou les médecins. Chez les femmes, c'est même l'inverse ; les cadres sup qui ont une famille et un métier prenant sont particulièrement vulnérables. "Vous êtes seules dans votre cuisine, et vous vous dites que la journée à été dure, quelque part c'est une récompense, une façon de décompresser de la journée de travail, de la maison à gérer avec les courses à faire", rapporte Sophia, une cadre commerciale dans l'industrie pharmaceutique, qui a elle aussi souffert d'un problème d'addiction. » 

 

 

« La bouteille comme exutoire. Aucun métier ne protège de l'alcool. L'étude "Constances" montre que la surconsommation vaut pour tous les secteurs : l'administration comme l'industrie, mais les métiers du commerce, des services à la personne ou encore de l'éducation restent particulièrement touchés. Soit tous les métiers en contact avec du public - élèves, clients ou malades -, ce qui peut être un facteur de stress. "Il m'est arrivé d'avoir des gardes particulièrement lourdes, avec des patients qui décèdent, avec des familles qui, tout d'un coup, tombent de l'armoire. Je rentrais le dimanche soir en me disant : heureusement qu'il y a la bouteille de whisky à la maison", rapporte Florence, une infirmière a qui l'alcool a servi d'exutoire. "Je n'arrivais pas à penser à autre chose, à me concentrer sur un film à la télévision ou un livre", raconte-t-elle. "Un premier, un deuxième, un troisième verre de whisky… On commence à souffler. Ça donne un sentiment d'exister", conclut-elle. »

 

Quel est votre niveau de dépendance à l'alcool ? Faites le test ICI

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 06:00
Évangile selon St Jacques Dupont  14e apôtre : « Le 7e jour Dieu emplit de l’ivresse de son œuvre créa les AOC sur le terroir de France »

Chez les 12 apôtres de Jésus-Christ, deux Jacques, le majeur et le mineur, même que certains affirment que ce dernier, dénommé aussi Jacques le juste, était le frère du Christ (lire ICI ). Je dois à la vérité historique de mettre à jour deux éléments inédits : les apôtres étaient 14 et le quatorzième était encore un Jacques, dit le bas-bourguignon, d’où son surnom le juste  « juste un petit verre. »

 

C’est lui qui, lors des Noces de Cana, glissa dans l’oreille de Jésus « Seigneur j’ai le gosier en papier buvard vous devriez changer cette eau en vin… » Ce qu’il fit et, là encore le nouveau testament est muet sur le cépage de ce vin nouveau : c’était du pinot noir !

 

 

Le 14e apôtre, le 3e Jacques s’attira les foudres des Pharisiens et de la cohorte des prêtres en sarreau blanc qui, furibards proclamèrent « Dès le premier verre t’es bourré, faut jamais toucher à cette drogue dure… » Ainsi naquit après les noces de Cana l’ANPAA, et c’est dans les saintes écritures que Claude Evin, escorté de Jérôme Cahuzac, plongea sa plume pour rédiger sa loi félonne.

 

Et pourtant, lorsque Jésus proclama, lors de la sainte Cène : (Matthieu 26) « Ceci et mon corps, ceci est mon sang… »,  c’est bien du jaja qu’il consomma. «  Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant: Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.… »

 

Normal, là encore le bon peuple ignore que Dieu le Père, avec l’accord du Saint-Esprit, le 7e jour, encore emplit de l’ivresse de l’érection de son œuvre, juste avant de créer Adam avec une côte d’Ève, confia à Jésus « La France, qui sera la fille aînée de la future église, doit recevoir de ma part un privilège en or massif : et il créa les AOC ! »

 

Ça vous surprend, ça vous étonne, et pourtant c’est écrit noir sur blanc dans la nouvelle bible du XXIe siècle sous la plume du nouveau pape des vins habillés, qui n’est pas logé à Avignon mais dans un petit bourg bas-bourguignon.

 

Jacques le 14e se pose, dans sa première épître, la question que tous les croyants se posent : À quoi servent les AOC ?

 

« La création des appellations contrôlées dans les années 1930, à la suite d'une crise longue et sévère, a sauvé des vignobles et préservé les autres de la médiocrité. Elle a aussi créé une forte ambiguïté. Une de ces exceptions à la française qui évite de maintenir éveillées l'intelligence et l'exigence. Combien de consommateurs ont en effet été déçus après l'achat d'un puligny-montrachet faiblard ou d'un saint-émilion osseux ? Elles restent cependant deux appellations contrôlées de prestige ...

 

L'appellation ne garantit pas le goût d'un produit concurrentiel et évolutif comme le fait une marque (pensons aux alcools de grains, ou même aux marques de champagne), mais davantage l'origine. Dans l'esprit des fondateurs, notamment le député Joseph Capus qui fut à l'origine des différentes étapes fondatrices de ces appellations, il n'y avait pas de doute : l'AOC devait définir l'origine, la loyauté des vins, organiser un système qui garantisse aux consommateurs l'authenticité et signifier la qualité. 

 

Mais une AOC qu'est-ce que c'est ?

 

Un groupe humain autour d'un terroir, et qui dit groupe humain dit aussi des bons et des moyens, des intelligents et des crétins. Comment faire la différence ? »

 

La suite ICI 

 

Pour la vérité historique, je me dois de signaler que notre Jacques number 3, cédant à la vague verte, nous recycle une épître de mai 2006 publiés dans la bible « Les meilleurs vins ». Mais, comme pas un mot, une virgule, une phrase, de cette sainte parole, n’avait vieilli, tout comme les AOC dont on nous chante qu’elles sont gravées dans le marbre, mettre de nouveau en avant les fondements de la religion du terroir, c’est faire œuvre utile afin que nos petites louves et petits loups, qui pensent que le monde est né en même temps qu’eux.

 

Dans le second versant de son épître notre bas-bourguignon, arpenteur annuel de la  Gironde et de la Champagne, met le doigt sur les plaies cachées du Grand Corps des AOC. Haro sur l'agrément : « Pour n'avoir pas su aller jusqu'au bout et dépasser cette contradiction – c'est-à-dire garantir sérieusement la qualité –, ce système a échappé en 2010 à ceux qui l'ont inventé. Nos vieux syndicats d'appellation où chacun comptait pour une voix se sont métamorphosés en ODG, Organismes de défense et de gestion. Un intitulé plus politiquement correct et qui, par l'ajout du mot « gestion », souligne un changement d'époque.

 

La différence principale vient de l'adhésion. Au syndicat, c'était volontaire ; à l'ODG, c'est obligatoire. Une manière subtile de faire rentrer dans le rang ce petit monde remuant et de mieux le contrôler administrativement. Roland Feredj, ancien directeur général de l'interprofession bordelaise, n'hésita pas à parler de la part de l'État : « C'est en quelque sorte une O.P.A. amicale mais ferme, qui donne le sentiment que tout continue comme avant, alors qu'il n'en est rien. » 

 

Enfin, passant le glaive à Saint Patrick, le Baudouin du Layon, l’ex-Mao revenu au pays, celui que le regretté René Renou surnommait le José Bové du vin, guerroyeur infatigable, sachant dégainer son Capus à bon escient, l’un des fondateurs et pilier de l’association Sève, sorte de PSU du vin regroupant de multiples tendances jamais en reste de scission, notre Saint Jacques du Point, tente de jeter à bas, tel une statue de Staline ou de Saddam Hussein, la fameuse « typicité » du vin produit sur un terroir donné…

 

«  Le goût unique, référent, n'existe pas. Le prétendre est une contre-vérité scientifique : les chercheurs savent aujourd'hui qu'entre la variabilité génétique individuelle, l'histoire de la relation du plaisir de chacun aux goûts et les cultures différentes, le goût est autant dans ce qui est goûté que dans celui qui goûte, chaque goûteur étant, lui, unique. Comme vouloir définir une famille organoleptique par AOC est une impasse scientifique, en imposer une revient dans la pratique à imposer une stratégie d'entreprise particulière à toutes les autres, à éliminer la diversité des goûteurs et du marché, à nier la complexité de l'identité des terroirs, et le droit de chaque homme à avoir sa propre identité gustative. »

 

Lisez ce que Claire Naudin, vigneronne des Hautes-Côtes, déclarait en 2008 :

1 juillet 2008

 

Paroles simples d'une vigneronne bourguignonne sur la typicité...

 

La typicité d'une AOC, extraite d'un document INAO-INRA. (2006)

 

TYPICITE : défini comme état et caractère de ce qui est typique. Un produit doit être typique de son appellation. Le type peut être décrit par l'ensemble des perceptions que tout sujet a d'un produit, notamment par des critères sensoriels d'ordre subjectif qui dépendent de la culture de chaque personne.

 

Mon commentaire de l’époque : « Une telle définition c'est, au mieux, de la bouillie pour chats, au pire, une escroquerie intellectuelle... »

 

De la conjonction d’une dégustation entièrement tournée sur la dénonciation des défauts et la recherche de l’air de famille nait un schisme qui ébranle le socle des AOP : les rejetés, les exclus, loin de se passer la corde au cou, font un bras d’honneur aux gardiens du temple, affichent joyeusement sur leurs étiquettes : Vin de France.

 

À quoi servent les AOC ? (2)

 

ICI

 

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 07:00
Jean-Paul Sartre et François Mauriac donnent le 22 juin 1957, à Paris, une conférence de presse dans un café du Palais Royal. • Crédits : AFP

Jean-Paul Sartre et François Mauriac donnent le 22 juin 1957, à Paris, une conférence de presse dans un café du Palais Royal. • Crédits : AFP

Et pendant ce temps-là La Cause du peuple couvrait le terrorisme de mille fleurs, ses rédacteurs frustrés, dans leur prose toujours aussi lourdingue, posaient sur lui des regards énamourés qui déplaisaient fort à Marcellin qui faisait embastiller ses directeurs de publication successifs : Le Dantec et Le Bris, rien que des petites pointures. Pour juguler l’hémorragie, les maos sollicitaient Sartre soi-même en se disant que le pouvoir n’oserait jamais mettre à l’ombre le vieux fumeur de Boyards. Il acceptait. Mauriac, dans l’un de ses derniers blocs-notes du Figaro Littéraire, le 28 mai 1970, juste avant sa mort, ironisait méchamment « Il suffit que Sartre assume la direction d’un journal qui veut tout mettre à feu et à sang pour que ce journal devienne anodin… Sartre est incurablement inoffensif » Du côté de la CGT de la Régie et du PC, les camarades, eux, n’appréciaient guère le caractère anodin des coups de barre de fer des « établis » - intellos travaillant sur les chaînes - de l’Île Seguin. La coupe débordait, Bernardini était dans le coma. Ils décidaient de faire un exemple. À la pause de midi, un commando de soixante-dix militants, conduit par le barbu Certano, fondaient sur la chaîne de la sellerie au 2ième étage et embarquaient Bouboule un mao particulièrement grande gueule, fils d’un grand chirurgien, pas un perdreau de l’année puisqu’il passera 4 ans en usine. Le transport, sur plus d’un kilomètre, par la rue Emile Zola qui traverse l’usine du Sud au Nord, fut du genre cochon mené à l’abattoir. Arrivés à la porte Zola, côté Boulogne, les jeunes cégétistes voulaient le foutre à la baille mais la vieille garde les tempéraient et ils se contentaient de balancer le Bouboule sans ménagement sur le bitume. Dans la foulée celui-ci se retrouvait viré de la Régie ce qui permettait aux maos de hurler à la collusion Direction-CGT et ils n’avaient pas tout à fait tort.

 

Du baston entre les cocos et les frelons ça donnait à Benoît des fourmis dans les jambes et, comme sous les ors de l’hôtel de Roquelaure il gérait au mieux l’archange, avec Chloé et Armand, ils décidèrent de faire un retour en force dans le giron de la Gauche Prolétarienne qui, depuis le 27 mai 1970, était une organisation interdite. Ça pimentait leur retour. Ils y furent accueillis avec l’aura de ceux qui, de retour d’Italie – c’était leur version pour expliquer leur longue absence – apportaient au chef officiel, Benny Levy alias Pierre Victor, des nouvelles fraîches du véritable front où le combat venait de réellement commencer. Celui-ci, tapi au fin fond de Normale Sup se la jouait Grand Marionnettiste clandestin tirant les ficelles de sa bande de peine à jouir. Clandestinité d’opérette bien sûr, la grande maison avait des zoreilles partout. Leur venue annoncée, avec tambours et vents, par leur vieille connaissance Gustave la balance fit de l'effet sur la troupe inquiète. Cette raclure, retournée comme une crêpe se gaussait d'être le chouchou de Maurice Clavel et de la Marguerite Duras. Avec son bagou et son accent ch’timi il paradait de plus en plus ce qui limitait beaucoup son activité militante et son utilité mais, comme il continuait de bénéficier auprès de l’état-major de la GP d’un crédit important lié à son statut de représentant des larges masses, Benoît bénéficiait encore par lui d’infos de première mains qu’il distillait à sa hiérarchie. Celle-ci avait baptisé le nid de frelons pot au miel, le commissaire Bertrand ne manquait pas d’humour et considérait Benoît comme son meilleur infiltré. Le plus drôle dans cette affaire c’est que jamais aucun de ses fins limiers ne détecta sa présence dans l’entourage du Ministre de l’Equipement et du Logement. Ils vivaient une époque formidable.

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 06:00
Dernier appel le 5 janvier 2012 : modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison, j’attends toujours la réponse des pétitionnaires pour la défense du vrai camembert !

J’ai, dans la dernière ligne droite de ma carrière, bourlingué dans les territoires oubliés en tant que médiateur laitier. Les grands groupes laitiers je connais, tenter de faire plier le genou à Lactalis est un exercice s’apparentant au combat de David contre Goliath.

 

En 2012, le sieur Le Maire, Ministre de l’Agriculture de l’époque, me dépêcha au chevet de la Fourme de Montbrison où la dernière fromagerie artisanale venait de mettre la clé sous la porte : l’entreprise Forez-Fourme (10.5 Ml et 70 producteurs va être mis en liquidation judiciaire et depuis le 31 décembre leur lait n’est plus collecté. »

 

Ce jour-là, investi par un Ministre de la République, je n’ai pu tordre le bras du salarié représentant Lactalis – le pauvre n’ayant aucune marge de manœuvre – j’ai vu un grand gaillard pleurer : « monsieur qui va ramasser mon lait ? ».

 

Ce soir-là en rentrant dans le TGV je n’étais pas fier de mon impuissance alors, rentré chez moi, j’ai écrit cette chronique modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison

 

« J’avoue humblement que, jusqu’à il y a quelques jours, j’ignorais qu’il existât une AOP fromagère : Fourme de Montbrison. Celle d’Ambert, oui je connaissais, mais sa cousine germaine nichée dans le Forez n’avait jamais eu l’honneur de mes plateaux de fromage. »

 

 

« Je vous propose donc un geste simple : dès que vous irez chez votre fromager vous lui demanderez « comme un seul homme » : une part de Fourme de Montbrison. S’il n’en n'a pas : tant pis mais peut-être, si vous un bon client, ça lui donnera l’idée d’en commander. Bien sûr ma plume brûle de vous donner plus d’explications mais vous comprendrez que je ne puis, pour l’instant, aller au-delà de ce minuscule coup de pouce à la notoriété de la Fourme de Montbrison. Mais, pour faire simple, si nous voulons que des producteurs « s’accrochent » à certains territoires difficiles, il est vital, qu’en l’occurrence dans le cas présent, leur lait soit valorisé au mieux par les produits transformés. Une AOP ne suffit pas en elle-même à générer cette valeur si le consommateur n’est pas au rendez-vous. Bien sûr celui-ci est en droit de demander, en contrepartie, d’en avoir pour son argent. C’est un « cercle vertueux » qu’ont su construire certaines AOP fromagères, à nous consommateurs de contribuer à donner leurs chances à ceux qui souhaitent s’engager sur ce difficile chemin. Pas simple dans une conjoncture où le facteur prix et le mode de distribution donne le la à la consommation. »

 

Ce fut, dans le plus pur style, de « Taïaut, Taïaut, Taïaut ! Ferme ta gueule, répondit l'écho. »

 

Ils étaient où les grands chefs de cuisine, les critiques gastronomiques, les belles âmes signataires de pétition pour défendre las fromages au lait cru ?

 

Aux abonnés absents !

 

Ils s'en tamponnaient la coquillette !

 

Qu’étais-je pour braire ainsi ?

 

Un confetti sans intérêt pour la notoriété des étoilés, valait mieux pour eux passer de juteux contrats avec les grosse boîtes qu’ont du blé.

 

Silence complice !

 

6 ans déjà, « Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. » Douglas MacArthur

 

Lisez : Lactalis : le fromager aux vingt-sept AOC

MARIE-JOSEE COUGARD - LES ECHOS | LE 15/10/2010

 

J’assume ma part de responsabilité, même si dans la bataille pour le rachat de la Société des Caves de Roquefort par Lactalis je me suis battu bec et ongles pour lui faire barrage, trahi en fin de parcours par la Caisse Nationale de Crédit Agricole actionnaire minoritaire.

 

Les Ponce-Pilate, les ouvriers de la 25e heure, les alliés objectifs du système de concentration du capital entre quelques entreprises, les belles âmes à deux balles, les cireurs de leur propre fonds de commerce – c’est si facile de donner une signature, et ça fait vendre – très peu pour moi ! 

 

Je suis et je reste un défenseur du lait cru.

 

J'achète et je mange du Champ Secret l’un des derniers camembert fermier bio au lait cru mais pas que, les vaches sont des normandes et sont nourries à l’herbe. En effet, un lait cru produit pour faire du camembert par des pisseuses de lait bouffant de l’ensilage maïs ça fait du mauvais camembert même moulé à la louche. Ce n’est pas la mention « fabriqué en Normandie » qui a banalisé le camembert mais l’industrialisation de belles marques de camembert AOP de Normandie. Réécrire l’histoire, même pour de belles raisons, c’est nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

Que sont donc ces camembert au lait cru vendus réfrigérés, dur comme du plomb par la GD ? La majorité ! Comme l'aurait dit le père Coffe : de la merde ! Michel-Edouard Leclerc et ses frères sont bien plus toxiques que la lait cru que les ronds de cuir de l'INAOQ.

 

Qu'on ne me taxe pas d'élitisme, oui c'est plus cher mais c'est le prix d'un produit d'exception, l'AOC c'était la rareté, la manière la plus intelligente de bien rémunérer le travail du producteur. Nous réclamons un camembert au lait cru pour tous ! c'est beau comme un slogan mais c'est comme pisser dans un violon. 

 

 

Rappelons que le combat de Graindorge contre Lactalis et la Coopérative d’Isigny s’est terminé par la vente de son entreprise par celui-ci à Lactalis. Bruno le Maire m’avait désigné, avec un vieux routier aveyronnais du fromage AOP, pour une médiation sur cet épineux dossier, devinez qui nous a claqué la porte au nez : le sieur Graindorge. Je signale qu’à cette époque les 2 dominants étaient prêts à transiger, non pour des raisons éthiques, mais pour de basses raisons commerciales.

 

Enfin, sans faire du mauvais esprit, combien des signataires étoilés proposent des plateaux de fromages qui puent à leur clientèle ?

 

Bref, en étant grossier ce type de pétition c’est du vent, un vent, un pet de travers, ça soulage mais ça ne sert à rien si ce n’est qu’à flatter l’ego de certains signataires qui signalent sur twitter leur courageux engagement.

 

Que l'INAOQ soit devenu une boîte bureaucratique je l'écris ici en long en large et en travers ; que l'AOP n'est plus ce qu'elle était, je le répète à l'envi, mais pour les fromages AOC, avant qu'ils n'entrent dans le giron de l'INAO dans les années 90, quelle était la tendance : l'hygiénisme des vétérinaires et des fraudes qui pilotaient le système.

 

Je suis un vieux con ronchon, j’assume !

 

Alors vous comprendrez aisément que je ne mêlerai pas ma modeste signature à la pétition des belles âmes, les où étiez-vous ? ci-dessous :

 

« La France, reconnue comme le pays du fromage, irait-elle à contre-courant ? Le fromage au lait cru se développe partout, même aux Etats-Unis ! Si les géants industriels veulent bénéficier de l’image de l’appellation d’origine, qu’ils se mettent à faire de la qualité en fabriquant exclusivement au lait cru l’incomparable exception française.

 

Nous réclamons le droit au bien-manger pour tous dans la République française. Le véritable camembert au lait cru ne doit pas être réservé à une certaine catégorie de consommateurs, mais un produit fier de ses origines populaires et rustiques.

 

Durant toute la Première Guerre mondiale, il nourrissait les soldats dans les tranchées, il était fabriqué dans toutes les régions de France, il trônait sur les tables paysannes et embaumait les cuisines. Les étiquettes en témoignent. Vouloir en faire un produit de luxe est une injustice et une insulte à l’histoire.

 

Monsieur le président de la République, monsieur le ministre de l’Agriculture, nous réclamons un camembert au lait cru pour tous ! Aidons les producteurs laitiers en visant la qualité dans le respect de nos traditions ! »

 

Liberté, égalité, camembert !

 

Premiers signataires

Chefs : Olivier Roellinger, Sébastien et Michel Bras, Anne-Sophie Pic, Arnaud Daguin, Michel et César Troisgros, Emmanuel Renaut, Jean-Michel Lorrain, Christophe Bacquié, Franck Pelux, Jany Gleize, Xavier Mathieu, Cédric Béchade, Julien Dumas, Mathieu Guibert, Ronan Kervarrec, Philippe Mille, Nicolas Magie, Guillaume Anor, Julien Lucas, Patrick Henriroux, Christopher Coutanceau, Jean-Georges Klein, Guy Martin, François Pasteau, Vincent Betton, Jean-André Charial, Jérôme Artiguebere.

 

Vignerons : Olivier Cousin, Sylvie Augereau, Nicolas Reau, Alexandre Bain.

 

Personnalités : Ali Badou, Jacques Bonaffé, Camille Labro, Jacques Weber, Carlo Pedrini, Pierre-Brice Lebrun, Sébastien Demorand, Luc Dubanchet, François-Régis Gaudry, Eric Morain…

 

Fromagers : Xavier et François Bourgon, Philippe et Romain Olivier.

 

Véronique Richez-Lerouge Présidente de l’association Fromages de terroirs.

 

 

Le plus populaire des fromages tricolores, le calendos, né dans les limbes de la Révolution française au cœur du bocage normand, va basculer dans la pasteurisation. Autant dire qu’il va perdre son caractère et sa typicité, pour devenir une vulgaire pâte molle sans goût. Ce n’est plus du camembert !

Honte, scandale, imposture… les mots ne sont pas assez forts pour dénoncer la forfaiture dont la France, créatrice du système des appellations d’origine qu’elle brandit partout en modèle, sera accusée d’avoir commis si les Français ne protestent pas. Au nom de la loi économique, fallait-il sacrifier le vrai camembert qui doit sa singularité au lait cru (non chauffé) et au moulage à la louche, seuls aptes à développer une intensité et une complexité aromatiques et à restituer le terroir normand ? Cela ressemble à un mauvais rêve qui se répète. Mais cette fois-ci, on se réveille avec la gueule de bois.

Le 21 février dernier, sous l’égide de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), les poids lourds du secteur ont remporté le morceau. Un accord entre tous les fabricants a ouvert la voie à la pasteurisation et plus seulement au lait cru, dans un cahier des charges de l’appellation d’origine protégée (AOP) « Camembert de Normandie ».

Notre symbole national si populaire, le « véritable camembert de Normandie » sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un ersatz fabriqué selon les méthodes industrielles. Pour les uns, le lait cru, moulé à la louche, aux arômes complexes. Pour les autres, un plâtre pasteurisé mais pouvant néanmoins se réclamer d’une appellation d’origine protégée (AOP) Camembert de Normandie. Voilà ce que les « sages » de l’Inao appellent un bon accord !

À quoi sert l’Inao ?

Il est en principe chargé d’être le garant des usages « ancestraux, loyaux et constants, », ces valeurs sont les piliers des signes de qualité. Le lait cru vivant et savoureux est de toute évidence un marqueur de ce patrimoine fromager à préserver. Or, sous couvert de protéger une zone géographique « Normandie », le compromis rédigé au burin techno-bureaucratique consacre deux versions de camembert. L’une respecte la tradition et le palais du consommateur ; l’autre, de piètre qualité gustative, a pour vertu essentielle d’être adaptée au modèle économique mortifère de la grande distribution, autant dire 9 camemberts sur 10 (60 000 tonnes contre 5 400 tonnes). L’original sera englouti dans un océan de médiocrité.

À quoi sert l’Inao si un signe de qualité cautionne l’original et sa copie ?

Tous les fromages d’appellation qui ont choisi la voie de la pasteurisation, ont dégradé la qualité tout en ne réglant rien à la question de la rémunération des producteurs laitiers. Seuls les grands groupes y ont prospéré. Certaines AOP ne comptent presque plus de fabrications artisanales. La cohabitation lait cru – lait pasteurisé, pratiquée dans plus de 50 % des AOP nationales – pont-l’évêque, neufchâtel, livarot, ossau-iraty, cantal, fourmes d’Ambert et de Montbrison, bleu d’Auvergne, époisses, maroilles, munster... Le bleu des Causses AOP ne compte plus aucun fermier. Demain, ce sera le brie de Meaux, l’autre pâte molle, qui pasteurisera sans états d’âme ! Puis le reblochon…

La France, reconnue comme le pays du fromage, serait-elle à contre-courant ? Le fromage au lait cru se développe partout, même aux États-Unis !

Si les géants industriels veulent bénéficier de l’image de l’appellation d’origine, qu’ils se mettent à faire de la qualité en fabriquant exclusivement au lait cru, l’incomparable exception française.

Nous réclamons le droit au bien-manger pour tous dans la République française.

Le Véritable camembert au lait cru ne doit pas être réservé à une certaine catégorie de consommateurs, mais un produit fier de ses origines populaires et rustiques. Durant toute la Première Guerre mondiale, il nourrissait les soldats dans les tranchées, il était fabriqué dans toutes les régions de France, il trônait sur les tables paysannes et embaumait les cuisines. Les étiquettes en témoignent. Vouloir en faire un produit de luxe est une injustice et une insulte à l’histoire.

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre de l’Agriculture, nous réclamons un camembert au lait cru pour tous ! Aidons les producteurs laitiers en visant la qualité dans le respect de nos traditions !

 LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CAMEMBERT !

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H à la fac de Nanterre. Des gauchistes, maos, anars, trotskards, « la bande à Jospin », y avaient agressés de « braves » étudiants communistes e (95)

Benoît avait besoin de changer d’air, de ranger ses belles fringues, de se replonger dans les spasmes de la Gauche Prolétarienne. Pour ce faire il adopta les 3x8 : 5h-13h dodo, 13h-21h cabinet et mondanités, 21h-5h un mix réunions enfumées de la GP et son travail de nègre. Tout ça avec Armand en porte-flingue. Tous deux dormaient peu, Chloé leur fournissait les substances ad hoc pour gérer leur suractivité. Son besoin de revenir me mêler à la mouvance activiste prenait sa source dans les évènements violents qui ponctuèrent l’année 1970. « Du 15 avril 1970 à la fin mai, il y eu 82 attentats avec explosifs assurait le Ministère de l’Intérieur. » Avant que la loi-anticasseurs fut adoptée le 8 juin 1970, et même après, tout l’arsenal terroriste fut développé par les groupuscules gauchistes : incendies au cocktail Molotov, bombes artisanales, cassages de gueule, bastonnades, manifestations violentes, séquestrations de patrons. Bien évidemment tout ne venait pas du même camp, le SAC de Charles Pasqua et du père Foccart jetait de l’huile sur le feu : ainsi, au Palais de Justice de Besançon, les braves pandores eurent la surprise de mettre la main sur des militants du très vertueux Service d’Action Civique qui leur déclarèrent pour se justifier « Qu’ils avaient agi ainsi pour protester contre le terrorisme gauchiste. » Le PCF et la CGT fournissaient des listes de Mao à la police. Cependant notre terrorisme à la française restait « bien tempéré » à côté de ce qui se passait en Italie où, le 12 décembre 1969, la bombe déposée Piazza Fontana, officiellement par les futurs brigadistes, avait fait 16 morts et 87 blessés. En fait, c’était le début de la « Stratégie de la Tension » développée par les mouvances d’extrême-droite de l’Armée et des Services Secrets de la République Italienne. Chloé lui avait dressé un tableau effrayant de la situation.

 

En France, le très sérieux Commissariat au Plan, sous la houlette d’un obscur Ingénieur des Mines : René Montjoie, avait pondu un document prospectif exposant divers scénarios visant « à en finir avec le gauchisme avant la fin de l’année 1970 ». Les experts s’étaient débridés en jetant sur le papier « des sabotages en usine commis par des militants maos ou assimilés, le crash d’un avion qui leur serait attribué – les palestiniens innoveront en ce domaine avec un art consommé du chantage – des batailles rangées dans les facultés à risques faisant une vingtaine de morts , dont deux membres du service d’ordre… » Tout ça pour faire monter la pression dans l’opinion publique, justifier une répression ferme mais « limitée » et faire apparaître le gouvernement comme seul garant de la sécurité et de l’ordre à la vieille des élections municipales des 14 et 21 mars 1971.

 

Le point de focalisation de l’agitation se situait dans le bastion CGT de l’Ile Seguin à Billancourt. À l’intérieur des ateliers, comme aux portes de l’usine l’affrontement des Maos et des Cégétistes était permanent. Bien sûr, la direction, Pierre Dreyfus en l’occurrence, un social-traître qui sera le Ministre de l’Industrie de Pierre Mauroy en 1981, ne bronchait pas. Elle laissait faire. Cependant, en février 70, l’étincelle qui allait mettre vraiment le feu aux poudres viendrait, non  de la Régie, mais de la fac de Nanterre. Des gauchistes, maos, anars, trotskards, « la bande à Jospin », y avaient agressés de « braves » étudiants communistes et les avaient séquestrés dans un amphi.  Sur ordre de la direction du PCF, Pierre Bernardini, un ancien de la CGT Renault, rassemblait une dizaine de militants devant les douches de Nanterre. À leur arrivée la volaille gauchiste s’égaillait. Les étudiants cocos étaient donc libérés et tout ce petit monde repart en ordre dispersé. Erreur funeste car les gauchos n’avaient fait qu’un repli tactique pour mieux revenir à la charge sur le parking de l’Université. Avant qu’ils ne passent à la charge une salve de bombes artisanales : des poches pleines de poudre, de tessons de verre et de grenaille, tombait sur les cocos. Attaque à la barre de fer, l’Austin des amis de Bernardini – un comble pour des communistes défenseurs de l’industrie nationale – fut totalement défoncé. Ils réussissaient quand même à s’échapper. Bernardini se retrouvait seul, mains nues, face à la meute. Les coups pleuvaient. « Crève salope ! ». Bilan médical : double fracture du crâne et dix jours de coma. Commentaire désabusé du dit Bernardini à propos de ses agresseurs, lorsque Jospin sera 1er  Ministre de Chirac « il y en a aujourd’hui qui se pavanent dans les Ministères… »

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 06:00
Une mosaïque vieille de 2400 ans a été trouvée en Turquie par des archéologues, avec comme illustration un squelette très décontracté, entouré d'une miche de pain et d'une outre de vin, donnant ce sage conseil : "Sois joyeux, vis ta vie."

Une mosaïque vieille de 2400 ans a été trouvée en Turquie par des archéologues, avec comme illustration un squelette très décontracté, entouré d'une miche de pain et d'une outre de vin, donnant ce sage conseil : "Sois joyeux, vis ta vie."

Avant de me jeter dans la fosse aux lions, tel Daniel dans la fosse aux lions, permettez-moi d’apporter un peu d’eau à mon moulin.

 

Les 5 du vin je connais, je fus l’un des fondateurs au salon des vins de Loire. Si j’ai passé la main c’est que mon blog me prenait suffisamment de temps et que, n’étant pas comme mes collègues, un dégustateur patenté, je faisais un peu tache. Mon successeur, que j’ai adoubé, voit rouge lorsqu’on évoque les vins bio, frise l’apoplexie à propos de la biodynamie et, cerise sur le gâteau, gerbe sur les vins nus.

 

Ça ne me pose aucun problème, chacun ses goûts, l’acceptation de la pluralité des points de vue fait partie de ma culture, en revanche je n’ai que peu de goût pour la vindicte systématique.

 

Les catalans du nord, je connais, ayant sévi pendant quelques temps dans le département des Pyrénées-Orientales, comme médiateur lors de la grande débandade des Vins doux naturels. Je l’ai arpenté ce département sinistré, j’ai mesuré ce qu’une petite rente pouvait engendrer comme désastre économique et social, j’ai côtoyé ceux qui tenaient les manettes des organisations professionnelles, bref, sans me pousser du col, je suis de ceux qui peuvent mesurer la renaissance du métier de vigneron dans cette belle région.

 

Alors, lorsque Marie–Louise Banyols, des 5 du Vin, souligne dans sa chronique – Salon des vins naturels des Catalognes et d’Occitanie à Perpignan – le 10/05/2018, que « Ce salon confirme qu’un vent nouveau souffle depuis quelque temps sur le vignoble du Roussillon, grâce aux nombreuses installations de jeunes vignerons, souvent orientés vers une viticulture bio et une vinification naturelle. » j’apprécie.

 

Mais pourquoi diable se déclare-t-elle surprise ?

 

« Mais, c’est vrai aussi pour la Catalogne du Sud ou l’Occitanie. Ça ne cesse de me surprendre, ils étaient près de 90 exposants, certains déjà bien connus, d’autres,  les «nouvelles pousses», comme les appelle Jean Lhéritier, ne demandent qu’à être découverts. C’est bien que Perpignan s’affirme comme un lieu de rencontre commun à tous ces «indigènes»; pour une fois, nos vignerons catalans n’ont pas à «s’expatrier» pour faire déguster leurs vins ! »

 

Pis encore, pourquoi regrette-t-elle, que ces nouvelles pousses fassent bande à part ?

 

« Un seul regret, les vignerons traditionnels et Dieu sait qu’ils sont également nombreux et de qualité, ne peuvent pas s’y exprimer! Normal, me direz-vous, ils ne sont pas natures ! Je répète les propos que je tenais l’an dernier en commentant ce même salon: faut-il vraiment diaboliser, pour employer un terme à la mode, écarter les vins traditionnels, pour mettre en avant les vins naturels ? Les deux peuvent parfaitement cohabiter, et tous les vins traditionnels ne sont pas ultra-standardisés, comme tous les vins nature ne sont pas à mettre à l’évier. Quand les vins sont bons, je ne leur demande pas leur feuille de route et je respecte le savoir-faire des vignerons « normaux », ceux qui vinifient en nature ne détiennent pas le monopole de la passion pour le vin, ni du plaisir des papilles ! Voilà  ceci étant réaffirmé, je peux continuer… »

 

Je trouve assez plaisant l’inversion de l’argumentation en faveur des vins dit normaux, quant à mettre la passion pour le vin dans la balance pour plaider la cohabitation c’est pousser le bouchon au-delà de l’ostracisme dont ont été l’objet les vins nus de la part de la corporation des dégustateurs patentés.

 

Que de quolibets, de qualificatifs déshonorants : «Franchement votre vin d’évier qui pue, qui sent la bouse de vache, la serpillière mal essorée, la souris, les pieds mal lavés, le bouiboui, vous n’allez pas nous en faire tout un fromage qui pue… » proclamais-je en tant que procureur fasse à Me Morain lors du procès du vin nu intenté par Antonin le grand défenseur du vin nu.

 

Je poussais le bouchon très loin en martelant « Quand allez-vous arrêter de faire chier, avec vos breuvages indignes de la France profonde des terroirs, ces bons gaulois qui s’échinent à pulvériser, à araser, à round-uper, à faire vivre toute une flopée de marchands du temple, à donner une belle typicité à leur jaja en le boostant à coups de poudre de perlimpinpin.

 

Ce n’est pas en faisant faire trempette à vos gonades poilues, en foulant de vos pieds mal lavés les grappes vendangées par des bobos en manque de nature, que vous tirerez la quintessence du vin. »

 

ICI 

 

Je ne conteste pas que les adeptes du vin nu peuvent être chiants, parfois arrogants, qu’ils font beaucoup de bruit médiatique, qu’ils savent bien communiquer, surfer sur la vague de l’opinion publique de plus en plus soucieuse de ce qu’on lui fait ingurgiter, mais n’oublions pas ce qu’ils ont pris dans la gueule par les tenants d’une viticulture qui n’a rien de normale, d’une œnologie corrective qui se planque sous le progrès, ils sont minoritaires, ignorés par les pontes de la FNSEA et consorts, alors à chacun son pré et les vaches seront bien gardées !

 

Voilà, c’est écrit, sans esprit de chapelle mais en étant soucieux de ne pas badigeonner l’histoire de bons sentiments qui n’ont pas été au rendez-vous lorsque les jeunes pousses ont pointé le bout de leur nez. Je ne demande à personne de battre sa coulpe, je ne bats pas la mienne, mais de grâce cessez de nous la jouer bisounours, « tous ensemble, tous ensemble, tous ensemble… »

 

Les vins nus ont foutu un grand coup de pied dans la fourmilière, et c’est heureux, qu’ils veuillent préserver leur écosystème des opportunistes, des gros faiseurs ouvriers de la 25e heure, c’est normal.  Pour autant, je ne suis pas partisan de la stratégie de la forteresse assiégée, si des ponts se jettent entre celles et ceux qui promeuvent une viticulture soucieuse de son environnement, qui ne se cachent pas derrière un statut d’artisan pour vinifier comme les machines à faire du vin standard, je prends.

 

Bravo à Marie–Louise Banyols de s’être aventurée, pour la seconde fois, sur les terres de la bande d’illuminés des vins nus.

 

« C’était les 29 et 30 avril dernier à Perpignan, à la chapelle Saint-Dominique. Ils sont revenus, c’était la deuxième édition, j’avais beaucoup aimé l’ambiance bon enfant de la première, celle-ci s’est révélée encore plus agréable, moins de monde, week-end du 1er Mai oblige, même les aficionados des vins naturels font le pont ! Tant mieux, on y respirait mieux ! »

 

Indigènes II – Salon des vins naturels des Catalognes et d’Occitanie à Perpignan

10/05/2018 par Les 5 du Vin

 

Lire ICI 

 

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H « Le chef de l’Etat, au début de sa conférence de presse vient de dire que vous aviez prévu l’assassinat du président Kennedy en 1963. Est-ce vrai ? (94)

« Verba volent, scripta manent… » la parole de l’archange contre celle du président Pompe ne pesait pas lourd alors que ses propres écrits l’accablaient : comment pouvait-il nier sa démarche à l’ambassade des USA, sa lettre au Premier Secrétaire du PCUS, le bonnasse  Khrouchtchev avec sa godasse de l'ONU, alors que nous le tenions par la peau des couilles car, bien évidemment, nous avions laissé filtrer auprès de certains journalistes que nous avions les preuves de ce que le Président avançait. Entre services secrets alliés ou même adversaires, se donner un coup de main en de telles circonstances relevait de la pure solidarité et de l’espérance d’un retour le moment opportun. Nos collègues du SDEC nous avaient donc fourni le matériel ad hoc. D’ailleurs, dans son livre « L’Etat piégé » notre homme se contente de contester la véracité du lien entre sa nouvelle démarche à propos de la mort de Kennedy, sur tout le reste il observe un silence total. En effet, le 21 septembre, à sa sortie de chez le juge Galmiche, saisi de l’affaire, flanqué de Me Floriot son défenseur, Alain Fernbach de Radio-Luxembourg lui tend son micro « Le chef de l’Etat, au début de sa conférence de presse vient de dire que vous aviez prévu l’assassinat du président Kennedy en 1963. Est-ce vrai ? Est-il exact aussi que vous ayez demandé une autorisation de port d’armes ? » Sa mise au point, le lendemain au Georges V, devant une cinquantaine de journalistes ne convainquit personne, sauf lui.

 

Benoît avait réussi son coup, l’archange même s’il secoua très fort les haubans de la République Pompidolienne venait de recevoir la première banderille qui, ajoutée à d’autres, le ferait se dégonfler. La participation, plus qu’active, de benoît à l’élaboration du contenu de la contre-attaque présidentielle lui valut une aura toute particulière dans le marigot des officines. Sans rouler des mécaniques il était devenu pour eux « l’homme du Président », celui qui avait su se montrer bien plus machiavélique que ce pauvre dénonciateur qui cachait ses messages sous des arbres, dans la forêt de Fontainebleau pour le premier. Il n’était pas de taille ce boy-scout qui se prenait pour un génie de la finance, ils allaient le bouffer tout cru. Cependant, cette « célébrité » précipitera Benoît, quelques années plus tard, dans une fuite peu glorieuse. En ce mois de septembre 1972, en chaussant des bottes, trop grandes pour sa petite personne, il s’engageait sur une terra incognita : celle des grands prédateurs du monde économique et financier où il allait vivre des moments rares tout en se mettant en permanence en danger. Chloé, de retour pour un temps de son escapade transalpine, le prévint : «Tu es trop seul, trop coupé de tout ce monde interlope, tu n‘as pas d’équipe, alors prend garde à toi, au premier faux-pas au mieux ils te casseront, au pire ils te tueront… »  Benoît avait ri.

 

Le premier appeau qu’il avait mis entre les blanches mains de l’Archange fut le rapport de l’Ingénieur Général de la Construction Leguern sur la catastrophe de Tignes-Val d’Isère due à des avalanches ayant détruit des immeubles et fait de nombreuses victimes. Pour que ce cher homme soit persuadé que ce dossier lui tombait dessus par le plus heureux des hasards il avait chiadé la mise en scène : une chemise bien jaunie astucieusement glissée dans une pile de dossiers sur le bureau d’une des secrétaires du service du courrier parlementaire. L’archange fouineur adorait fureter, à l’heure du déjeuner, ce lieu était pour lui une mine recelant une extraordinaire diversité de cas bien gratinés. Dès qu’il eut les 50 feuillets du rapport Leguern entre les mains,  Benoît sentit comme une lueur d’euphorie s’inscrire sur son visage de clerc de notaire bouffeur de salade. Son choix était judicieux car les pièces accumulées par le haut-fonctionnaire étaient accablantes : ainsi sous la référence 1 G 70 22 du 10 novembre 1970 était mentionné que « 1044 logements, 704 lits, 514 chambres d’hôtel et 41 constructions à usages divers » avaient été autorisés dans les zones exposées à des risques d’avalanche. Tout ça ne datait pas d’hier : les permis de construire, avec avis favorable ou pas d’avis du maire, dans des zones dangereuses s’accumulaient, ainsi que quelques victimes par ci par là. Pas de quoi émouvoir les bétonneurs des neiges mais vraiment tout ce qu’il fallait pour mettre l’archange dans un état de lévitation proche de l’extase. Le « pigeon » était vraiment ferré restait à entretenir son appétit pour les affaires qui puaient

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 06:00
Isabelle Saporta se met à nu, c’est cru !

« ... la vie est un roman qui a besoin d'être récrit. »

Julien Green

 

À la bonne distance :

 

Dans ma vie antérieure, du côté du 78 rue de Varenne, derrière mon bureau empire, j’aurais dit à mon Ministre : « C’est une emmerdeuse, elle va te séduire pour mieux t’assassiner… »

 

Le jour où elle chercha des poux dans la belle crinière argentée d’Hubert, l’homme aux bottes immaculées dans son chai, je la qualifiais de gourgandine.

 

Et nous sommes devenus amis, je ne suis pas son psy, ni son petit ami, son ami tout court, simplement un mec qui apprécie son courage, sa ténacité, sa pugnacité, face au torrent d’injures que déversèrent sur elle les stipendiés des châteaux.

 

Nous sommes voisins. Ses deux choupettes sont belles.

 

Je ne pose jamais de questions à mes amis, avec ou sans e, mais si ça leur dit je les écoute, on me dit distant alors que j’essaie de me situer à la bonne distance, sans intrusion ni une compassion de façade.

 

Il faut dire que mon élevage dans les jupons du clan des femmes du Bourg-Pailler a développé ma part féminine, la double peine des filles qui ont un job c’est, hormis de contribuer à faire bouillir la marmite, se taper le versant ménager.

 

Face à ça je peux dire je sais car je fais.

 

Ceci est écrit pour vous prévenir que la chronique à venir sur le premier roman d’Isabelle, Le Prince Charmant, c’est vous ! se situe à la bonne distance, c'est le regard amical d’un ami dépourvu de complaisance et d’un quelconque renvoi d’ascenseur.

 

Dans le roman d’Isabelle où la narratrice est dépourvue de prénom, deux personnages sont de vrais héros de roman : l’artisan, monsieur je sais tout faire, qui rénove la chambre de bonne sous les toits, roi du devis à rallonge, des reports en cascade, il m’a fait penser au roman, qui a rendu Peter Mayle célèbre dans le monde entier, dans lequel il dressait un portrait des artisans du Luberon avec un humour so british.

 

Le second héros c’est son psy. Je n’ai rien contre les psys et ceux qui les consultent mais ces rebouteux de l’âme, ces réparateurs de cœurs meurtris, ces sondeurs des plis et des replis de leurs patients, ne sont pas ma tasse de thé. Il faut dire que j’ai été vacciné, les curés, les bons frères, toute cette engeance qui me bassinait pour savoir si je visitais la culotte des filles ou si je pratiquais la lessive à la main, m’ont immunisé. Je suis bio nature dans mon petit jardin d’intérieur, j’arrache les adventices de mes mains, sans main-d’œuvre extérieure.

 

Celui de la narratrice est très intrusif et directif, en plus il est docteur, rien à voir avec le guignolo, ex-mao de Gauche Prolétarienne, le Gérard Miller, grand défenseur du service public, pourfendeur des élites, qui envoie sa progéniture à l’École Alsacienne.

 

Les autres mâles du roman, la moitié, l’amant gay, vous les découvrirez et je dois vous avouer que je ne passerais pas des vacances avec eux, drôles d’oiseaux, ils sont d’un convenu, chacun à leur manière, désespérant.

 

Avant de passer aux choses sérieuses, une mention spéciale au portrait de son avocat de droite, le roi du tweet, j’adore, c’est tout lui, courses à terroir d’avenir et vin nu.

 

Ma sainte mère aurait dit de la narratrice « elle porte la culotte ! »

 

Certes, elle la porte mais avec la cohorte des doutes, de la mauvaise conscience vis-à-vis des enfants, de l’envie qu’on s’occupe d’elle la forte, l’indestructible, elle est le portrait-type des femmes de 40 ans qui bossent, avec pour elle, cerise sur le gâteau, une bernique accrochée à elle comme sur un rocher.

 

Les mâles autour de moi me reprochent mon environnement quasi-exclusivement féminin, le vieux entouré de minettes. C’est un choix de vie, je l’assume sans flagornerie. Il me repose du féminisme de pacotille d’une génération qui se la joue cool. Je m’étonne souvent auprès de mes amies de leur constance à s’enticher, à tomber amoureuse, de loulous sans colonne vertébrale, inconsistant, fort en bouche et beaucoup moins dans l’héroïsme du quotidien.

 

Le roman d’Isabelle c’est du Saporta, sans fioritures, quand elle baise elle baise, quand elle pleure elle pleure, quand elle flippe elle flippe, c’est du cru, du très cru, elle ne brosse pas son portrait à son avantage.

 

Les bonnes âmes, les faux-cul, les hypocrites, et je ne parle pas des margoulins du vin, vont s’offusquer de cette mise à nu, de ce politically incorrect, grand bien leur fasse mais la narratrice ne charge pas la barque de sa bernique accrochée à son rocher, elle lui décerne un brevet de bon père, elle se dit heureuse qu’il soit le père de ses filles, elle ne se donne pas le beau rôle.

 

Sous ses grands airs de pourfendeuse, de redresseuse de torts, de chieuse, Isabelle cache une sensibilité à fleur de peau, c’est une belle personne et si, même si, elle hérisse le poil de beaucoup, bien-pensants ou simplement braves gens, elle mérite qu’on l’aime.

 

Lisez son roman, ce n’est pas du Harlequin ni du jus de tête pasteurisé, c’est du lait cru, du vécu, avec des odeurs, des pleurs, des rires, du brutal, de la tendresse, une tranche de la vie que l’on vit, ça fera du bien à certains d’entre vous, faire cuire un œuf et laver ses chaussettes ça ne tue pas l’amour et je rappelle que le mariage est avant tout un contrat civil.

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H« J’ai perçu chez 2 ou 3 le vilain frémissement des narines qui sentent venir les boules puantes et qui se régalent à l’idée de renifler les odeurs d’égouts. » Pompidou (93)

Pour la première fois Benoît rédigea une note blanche très précise et très détaillée sur l’opus de l’archange. Ce type lui donnait le sentiment d’avoir une soif éperdue de reconnaissance, il voulait être reconnu dans la cour des Grands. Il rosissait de plaisir d’avoir reçu une lettre du général de Gaulle qui trouvait, affirmait-il, sa thèse intéressante – le pauvre croyait sans doute que le chef de l’Etat avait pris le temps de lire son pensum, alors que le rédacteur du courrier en réponse s’était contenté des formules habituelles pour ce genre d’accusé de réception –, et il se gargarisait d'un petit mot d’André Malraux. Naïveté et orgueil enfantins d’un type gavé de lectures mal assimilées. Son handicap majeur, insurmontable, c’était le point de départ de son parcours : en France pour accéder à l’Olympe du pouvoir politique et économique mieux vaut sortir de Polytechnique que des cours du soir. Sa référence permanente à Machiavel et son admiration sans borne pour Talleyrand le prédisposait à voir des complots partout. D’ailleurs, lorsque l’affaire éclaterait, le président Pompe se permettrait lors de sa conférence de presse du 21 septembre 1972, en une longue digression, d’exploiter l’épisode des « menaces de mort » que l’archange aurait reçu suite à son livre. L’audition de ce morceau de choix d’un Pompidou au sommet de sa forme reste le meilleur moyen de saisir tout le suc de cet épisode rocambolesque

 

Discréditer d’abord son adversaire en évoquant d’un ton faussement patelin, en se tenant aux faits, sa visite à Matignon pour remettre sur le tapis sa thèse du grand complot soviétique en indiquant qu’il en avait informé l’ambassade des USA et que le président serait mis au courant et, cerise sur le gâteau, sa lettre à Khrouchtchev portée à l’ambassade d’URSS, dans laquelle il demandait une audience au 1er Secrétaire du PCUS ce « convoquez-moi ! » pour « avoir la preuve de ses dires », afin d’éviter le scandale était un bijou de manœuvre de diversion. Comment prendre au sérieux ce Tintin au pays des Soviets ! Mais, plus la ficelle est grosse, plus il faut tirer dessus pour prouver qu’elle est solide : le madré de Montboudif évoqua le retour à la charge de l’illuminé à la suite de l’assassinat de John Kennedy car celui-ci serait la conséquence de la découverte de son secret… N’en jetez plus, la coupe est pleine. C’est alors que l’ancien pensionnaire de Normale Sup, en faisant référence à ses 11 années de cabinet auprès du Général, qualifia de « déshonorante » la manière de faire de ce paranoïaque : « soutirer des documents… se constituer des dossiers… les distiller dans des feuilles spécialisées… » Lui a observé les règles les plus élémentaires de la moralité. La chute du propos du Président est remarquable, toutes incisives dehors, le voilà qui pointe le doigt vers les feuilles spécialisées (Le Canard Enchaîné puis l’Aurore)  en déclarant avec mépris « J’ai perçu chez 2 ou 3 le vilain frémissement des narines qui sentent venir les boules puantes et qui se régalent à l’idée de renifler les odeurs d’égouts. » Un chef d’œuvre de désinformation.

 

Benoît fut à l’origine de l’angle de contre-attaque du Président. Dès la parution, le 13 septembre 1972, des premières révélations de l’archange dans le Canard Enchaîné, il avait immédiatement fait parvenir par le canal direct du Secrétaire-Général de la Présidence de la République – pour être plus précis par la blanche main de la mère de Chloé – sa note blanche accompagnée d’une offre de services. La réaction ne se fit pas attendre, il fut convoqué nuitamment au Palais. La garde rapprochée du Président Pompe, suspicieuse, l’interrogea sur l’origine de son intérêt pour le livre de l’archange. Sa réponse les cloua au sol : la protection de mon Ministre – qui d’ailleurs ne l’était plus depuis le vidage de Chaban – et par contrecoup celle des intérêts de la majorité présidentielle. Seul Foccart restait suspicieux : « Pourquoi n’avait-il pas transmis à sa hiérarchie cette note blanche ? » Benoît le regarda droit dans les yeux : « Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que nos services de renseignements sont des paniers percés et, tant que ce mythomane en restait là, il ne mettait pas en danger la République… » Le vieux renard ne le lâcha pas pour autant : « Vous le soupçonniez d’être un type à cracher dans la soupe ? »  Benoît sourit et d’un ton sarcastique lui répondit « Oui mais j’attendais qu’il se découvre pour le coincer » Sa réponse le fit sursauter. Il le toisa « Vous vous êtes fait prendre de vitesse, cher monsieur… » Sans me démonter il rétorqua « Oui mais c’est la faute du remaniement qui a bouleversé mes plans… » Foccart s’étonna « Au nom de qui dressez-vous des plans ? » La réponse de Benoît relevait du quitte ou double « De celui qui m’a convoqué à cette charmante sauterie… » À sa grande surprise il venait d’emporter le morceau.

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