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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Marcellin est comme Hoover, c’est un obsédé du complot, une raclure pétainiste (74)

Le père de Marie, le grand homme, la coqueluche des galeristes newyorkais, l’éphémère beau-père, de Benoît claquait des doigts, sans un mot, pour congédier son petit monde froufroutant. La volaille s’éclipsait alors qu’il se rhabillait tout sourire. Surprise par la tournure prise par les évènements, Yvonne le Bellec, plantée face à eux deux, le magnum de champagne niché de ses bras, hésitait sur la conduite à tenir. Prévenant Benoît la libérait de son précieux fardeau tout en lui brossant un rapide tableau de la situation. Sa brève histoire lui plaisait et, lorsque le grand homme ce fut resapé il prenait Benoît par le bras en lui disant : « Je t’emmène au Harry’s Bar… » Au dehors la place des Vosges baignait dans un halo de ouate rouge tendre. Soudain Benoît se récriait « Chloé ! Je ne peux pas la laisser tomber comme une vieille chaussette…

 

-         La fille de cette vieille maquerelle de Rainieri. Tu as vraiment bon goût mon garçon !

 

-         Vous la connaissez ?

 

-         Oui, je l’ai croisée en compagnie de sa mère à un vernissage. Beau brin de fille, pas pétroleuse pour deux sous en dépit de ses liaisons avec les guignols de la Gauche Prolétarienne…

 

-         Comment êtes-vous au courant de tout ça ?

 

-         Mes vieux réseaux de la Résistance, tout se sait mon garçon. La Gauche Prolétarienne est un gruyère de fils de bourgeois infiltré par tous les trous…

 

-         À qui le dites-vous !

 

Au Harry’s bar ils burent beaucoup, de la stout bien épaisse, costaud, à mâcher comme de la soupe de pois cassés. Benoît mit le grand homme au parfum de l’opération double chevron. Chloé dormait sur l’épaule de Benoît. « Mon petit Benoît nous allons leur pourrir la vie un maximum. J’adore la grande Claude Pompe, elle a de la classe mais, de Gaulle parti, son gros Georges, en bon banquier louis-philippard, va ouvrir les vannes et les affairistes vont sortir leurs groins du marigot et, crois-moi, ils vont se goinfrer. Marcellin est comme Hoover, c’est un obsédé du complot, une raclure pétainiste, les « enragés » ne sont que des fils de famille qui jettent leur gourme en jouant aux révolutionnaires. Crois-moi Benoît, sans l’épreuve du feu, les combats verbeux ne sont que des discours romantiques. À l’arrivée, les plus mauvais feront de la politique, les plus astucieux du blé et les plus cons finiront sans doute à Clairvaux. Puisque ton choix c’est de flamber ta vie moi je vais te fournir le carburant : mon fric. Nous avons aimé la même personne mon grand et nous allons lui offrir le feu d’artifice du siècle. Avec cette grande seringue tu vas former un couple d’enfer… »

 

Le président Pompe se méfiait, à juste raison d’ailleurs, l’affaire Markovic le démontrera, des « demi-soldes » du SAC où se mêlaient, autour du noyau dur de la diaspora corse, d’authentiques héros de la Résistance et de vrais truands. Comme l’heure n’était plus aux combats de l’ombre contre les « soldats perdus » de l’OAS ou à la défense de la Vème menacée, alors Pompidou avait demandé à Marcellin de débarrasser le SAC des éléments les plus douteux. Tâche malaisée car ce petit monde de reitres désœuvrés, naviguant en marge de la légalité, vivant d’expédients, cultivait un sentiment de toute puissance, au nom des services rendus au Général, et pensait que leur impunité ne saurait être remise en cause. La cellule « MR », Mouvements Révolutionnaires, créée au sein de la DST par le Fouché du Morbihan, dont dépendaient Armand et Benoît, allait, par le biais d’une de ses recrues les plus prometteuses, en provenance de Lorient, un « pistonné », jouer un rôle actif dans l’infiltration du SAC.

 

L’irruption du père de Marie, familier de Claude, l’épouse du président Pompe, et gros poisson des réseaux gaullistes de la Résistance, le fugace « beau-père » de Benoît, l’inséra avec un savoir-faire remarquable dans les filières où l’on ne vous pose pas de questions lorsqu’on est adoubé par un référent de cette dimension. Pour la première fois, depuis la disparition de Marie, Benoît retrouvait foi en sa destinée. Bien sûr ce n’était plus pour lui le bel avenir de ma jeunesse : la résistible montée vers les sommets, la griserie du pouvoir, le grand amour, qu’il avait en ligne de mire mais, de nouveau, même si ça peut paraître étrange et paradoxal alors qu’il pataugeait plus encore dans les égouts de la République, de nouveaux repères balisaient sa route et il se sentait rasséréné, optimiste même. Lorsqu’ils étaient sortis du Harry’s Bar, en dépit de leurs protestations, il les avait ramené chez lui. En ouvrant la porte de son appartement il avait dit à Benoît « Tu es ici chez toi ». Chloé et le grand homme passèrent le restant de la nuit à converser sous la verrière de son grand atelier. Benoît s’effondrai d’un bloc, tout habillé, sur le grand lit où il avait dormi avec Marie.

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 06:00
« Chaque verre, au-delà des 10 par semaine, raccourcit la vie de 15 minutes. Bien sûr il appartient à chacun de voir s'il pense que ça vaut le coup » David Spiegelhalter, professeur à Cambridge

C’est bien connu, notre président Emmanuel Macron, n’aime pas les retraités puisqu’il affirme « boire du vin le midi et le soir », ce qui veut dire en moyenne 14 verres par semaine.

 

Si on applique le savant calcul du professeur David Spiegelhalter faite le compte ! 

 

Ça fait un paquet en moins à émarger…

 

Vendredi 13 avril des chercheurs, épidémiologistes ou spécialistes de santé publique, dans une étude publiée dans The Lancet ont établi que le niveau de consommation sans danger exagéré était de 100 g d'alcool pur par semaine. Cela correspond à 10 verres « standard »: 25 cl de bière, 10 cl de vin, ou 3 cl d'alcool fort.

 

Ce niveau, le plafond du « risque de mortalité minimal toute cause confondue », a été calculé en examinant la durée de vie et les causes d'une éventuelle mort chez environ 600.000 buveurs, sujets de 83 études médicales.

 

L'étude dans The Lancet ICI indique qu'à l'âge de 40 ans, on diminue son espérance de vie de six mois en consommant de 100 à 200 g d'alcool par semaine, d'un à deux ans avec 200 à 350 g, et de quatre à cinq ans avec plus de 350 g.

 

Les conseils de modération semblent de toute façon mal suivis. Parmi les personnes étudiées, « environ 50% ont dit boire plus de 100 g d'alcool par semaine, et 8,4% plus de 350 g par semaine », notent les auteurs.

 

Je ne vais pas vous raconter de carabistouilles, ce genre d’étude me laisse songeur car j’ai l’impression que les scientifiques british nous prennent pour des rats de laboratoires.

 

Je n’ironiserai pas non plus sur le patronyme, Ducimetière, du président du comité d’experts français.

 

Dix verres d'alcool par semaine, la nouvelle limite fixée par les experts français

 

Des experts recommandent aux hommes et aux femmes de limiter leur consommation d’alcool à dix verres par semaine. Encore mieux, ils préconisent de s’octroyer deux jours d’abstinence par semaine pour réduire sensiblement ses effets néfastes sur la santé.

 

Un groupe d’experts de l'agence Santé Publique France et de l'Institut national contre le cancer vient de publier ses recommandations en terme de consommation d’alcool. Et celles-ci sont plus strictes que les recommandations habituelles. Ces experts fixent à dix le nombre de verres d’alcool à ne pas dépasser par semaine, indifféremment du sexe.

 

Deux jours d’abstinence par semaine

 

Dix verres par semaine correspondent à une moyenne de 1,5 verre par jour. Toutefois, les experts conseillent d’adopter un rythme différent: boire au maximum deux verres par jour pendant cinq jours, et se restreindre à l’abstinence les deux jours restants. Dans tous les cas, le groupe rappelle qu’adopter ces mesures permet de réduire les dangers de l’alcool sur la santé, mais aucunement de les éliminer.

 

« Il ne s'agit pas de définir des seuils, avec des injonctions « buvez comme ci, buvez comme ça ».  En fait, nous éclairons la population sur le fait que si elle boit plus, elle prend plus de risque que ce qui peut être considéré comme acceptable », a expliqué Pierre Ducimetière, le président du comité d’experts.

 

Des recommandations de plus en plus strictes

 

Ces dernières données sont plus drastiques que celles publiées ces dernières années… et notamment plus strictes que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. D’après l’OMS, le seuil de risque pour les hommes est atteint à partir de 21 verres par semaine, et à partir de 14 verres pour les femmes. L’OMS recommande par ailleurs un seul jour d’abstinence par semaine.

 

C’est également la première fois que la consommation d’alcool conseillée est la même pour les deux sexes. Une étude avait pourtant révélé fin 2016 que les femmes sont plus exposées aux risques liés à l’alcool que les hommes.

 

Les Français, dans leur globalité, font partie des plus gros consommateurs de la planète. Ils se placent au sixième rang du classement émis par l’OCDE. D’après l’INSEE, l’alcool est responsable de de 49.000 décès chaque année en France.

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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 07:00
https://louisbourdon.com/bretagne9.php

https://louisbourdon.com/bretagne9.php

À l'office, assise sur une chaise paillée, égrenant un chapelet aux grains usés, une déjà vieille, vêtue de noir, accueillait Benoît avec un large sourire édentée. « Mon petit gars, je suis la nounou de Jean-Edern, qu'est-ce-que je peux faire pour ton service ?

 

- Ne vous dérangez pas je vais me servir un verre d'eau.

 

- T'es bien le premier que je vois boire de l'eau dans cette maison...

 

Benoît lui trouvait un air de famille ce qui l'amenait à lui poser une question que d'ordinaire il se serait bien gardé de poser.

 

- Vous êtes née où madame ?

 

- En pays bigouden, à Pouldreuzic, je suis gagée depuis l'âge de 14 ans et y'a ben longtemps qu'on ne m'a pas donné de la madame. Ici, c'est Yvonne par ci, Yvonne par là, y'a que ma grande ficelle qui continue de m'appeler Lolo Bellec. Faut vous dire que je suis une Le Bellec, la douzième, et que je sais plus à quel âge il a arrêté de me téter ma grande ficelle. Quand il est fin saoul, comme l'était si souvent mon père et mon bonhomme, y vient pleurer dans mon giron et y me dit que j'suis bien la seule qui l'aime.

 

- Vous avez eu beaucoup d'enfants ?

 

- Non mon petit gars, trois seulement, un par an avant que mon bonhomme se fasse écraser par un wagonnet dans la ligne Maginot. Que des gars, y font des cochons au pays et leurs femmes font leurs commissions en auto. Y n’viennent jamais me voir. Z'ont honte de moi, j'suis qu'une bonniche pour eux, alors le soir je dis des chapelets pour mes petits-enfants.

 

Benoît s'était assis en face d'elle. Le temps passait, hors du temps il l'écoutait dévider ses souvenirs en pensant à sa mémé Marie.

 

Au-dessus de sa tête une sonnerie à mi-chemin entre le grelot et la clochette d'enfant de chœur le tirait de ses rêves éveillés. Yvonne soupirait « C'est son heure. Avec lui c'est réglé comme du papier à musique. Après ses galipettes c'est, comme y'me dit toujours de sa belle voix, Champagne ! » En l'écoutant Benoît se tordais le cou pour observer le panneau d'où provenait la stridulante injonction ; une petite merveille en loupe de noyer sertie de cuivre avec, sur deux rangées, des ampoules rouges et des sonnettes surmontant des plaques de porcelaine où, en écriture romaine, était indiqué le lieu de provenance. L'ampoule clignotait au-dessus de « Bibliothèque ». Yvonne se relevait pesamment pour aller ouvrir la porte supérieure d'un frigo, façon boucher, encastré dans le mur qui faisait face à la lourde cuisinière de fonte encadré par un grand évier de granit et un plan de travail en bois patiné. « Même s'il a drôle de manières que notre religion réprouve cet homme, mon garçon, est bon et généreux. Lui quand il m'appelle Yvonne je n'ai pas le sentiment qu'y me traite comme un vieux torchon. L'a des yeux qui rient. Y prend, comme toi, le temps de me causer. Et puis, y trouve toujours l'occasion de me donner la pièce. Y m'dis, Yvonne « achetez-vous un beau foulard pour aller avec vos prières ». Le rit avec ses belles dents. Jamais moqueur, un peu taquin, y fait toujours attention à moi... » Les bras chargés du magnum, trainant ses savates, Yvonne Le Bellec, sur le pas de la porte, lançait, sans même se retourner, « et si vous veniez avec moi je suis sûr que ça lui ferait plaisir... »

 

Pour se rendre à la bibliothèque, afin d'éviter les pièces où se tenait la réception, Yvonne les fit passer par le jardin. Sous la lumière crue de la pleine lune les gravillons blancs des allées, tels des amas de vers luisants, traçaient d'étranges filaments sur la masse sombre des massifs. Ils contournèrent l'hôtel par la droite et leurs pas désaccordés résonnaient dans l'étrange amphithéâtre formé par les immeubles avoisinants qui découpaient dans le ciel blafard d'inquiétantes figures sans relief. Provenant d'une porte-fenêtre ouverte l'écho d'une voix reconnaissable entre mille faisait sursauter Benoît. Coup au plexus solaire, il marquait un temps d'arrêt. Yvonne s'inquiétait « z'êtes où ? » Se tirer ! Fuir. Benoît hésitait. La voix interpellait Yvonne qui se tenait sur le petit perron donnant accès à la bibliothèque : « Alors sainte femme, j'espère ne pas avoir interrompu votre Rosaire ! Ne restez pas plantée dehors, entrez donc dans ce lieu de perdition... » Yvonne lui répondait qu'elle n'était pas toute seule. Elle hélait Benoît « J'vous ai pas demandé votre petit nom mon garçon alors je ne sais pas comment vous appeler. J'vous aurais pas cru si timide. Allez venez y va pas vous manger... » Un grand éclat de rire accueillait sa déclaration « Mais on dirait que notre Yvonne nous amené une petite nouveauté qui fait des manières... » Benoît ne pouvait plus reculer et, d'un pas mal assuré, il rejoignait Yvonne Le Bellec sur le perron. « Ha, bien merde alors, te voilà enfin Benoît... » Debout, pieds nus, en caleçon, face à lui, le père de Marie n'en croyait pas ses yeux.

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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 06:00
Fidèle parce que l'on veut être honnête avec notre terroir, que le raisin puisse s'exprimer comme il est... comme le climat et la terre nous permet de le faire, ici. Loin des modes…

Vendredi matin dernier, mon goût immodéré pour le farniente, soleil aidant – oui, oui, le voilà qui pointait le bout de ses rayons pour mieux repartir me dit-on – me jetait dans les bras de deux ami(e)s Éva Robineau et Laurent Bazin pour qu’ils fassent mon job à ma place : écrire une chronique sur un des défricheurs du champagne tel que je l’aime, la cuvée Fidèle Vouette et Sorbée de Bertrand Gautherot.

 

Tout était parti d’une belle invitation à venir, à Ici-Même, sur l’autre rive de la Seine, goûter les nouvelles cuvées de la maison Gautherot, Bertrand et Hélène. ICI 

 

L’homme de l’art, la veille, à la clinique Arago, m’avait donné mon bon de sortie pour aller et venir comme avant avec mon nouveau cardan. Cependant, la météo me dissuada d’enfourcher mon vélo alors je pris le métro.

 

Sur le coup de 6 heures de l’après-midi – 18 heures ça fait chef de gare et ces jours-ci la vie du rail est très perturbée – je poussais la porte de ma cave préférée.

 

 

La maison Gautherot m’y attendait et, ô surprise, le nouvel étoilé de Table, Bruno Verjus, dans une seyante canadienne, s’y trouvait. Il s’extasiait face à la variété et la qualité  de l’offre de vins nu d’Ici-Même. Bravo Claire !

 

J’avais même invité Jean-Paul Kauffmann grand licheur de champagne devant l’éternel mais le chanceux a pris ses quartiers d’été dans ses Landes préférées et s’était excusé.

 

Et puis l’amie Isabelle Spiri arrivait avec sa jeune pousse en poussette : son Augustin.

 

De concert nous dégustâmes les cuvées ci-dessous en photos, celles de la maison Gautherot et celles de son petit négoce, clandestin, piloté par Benoît Jousseau.

 

De la belle ouvrage de précision, comme toujours, tout en finesse, en respect de l’expression de l’esprit du lieu, la patte de Bertrand Gautherot.

 

Vu mon peu de goût pour les commentaires de dégustation je pris sur le champ deux décisions :

 

  • La première assisté des conseils de Claire : acquérir une bouteille de Fidèle pour mon habile mécanicien, le chirurgien ayant changé mon cardan droit ;

 

 

  • La seconde de piocher dans mon stock de chroniques pour écrire la présente chronique.

 

Premier à venir à la rescousse : l’ami Laurent Bazin au temps où il tenait son blog le Vin de mes amis. 

 

Ce n’est pas tout neuf ma bonne dame et mon bon monsieur, le  mardi 19 février 2008, dix ans déjà, il titrait : Bertrand Gautherot, dans les bras de Sorbée...

 

« …Dans cette région qui veut sans cesse produire plus et rêve de s'agrandir, les Gautherot prônent pratiquement l'abstinence: ils cultivent 4 hectares à peine, produisent 10.000 bouteilles les bonnes années. Mieux : dans cette Champagne qui traite massivement ses vignes (rudesse du climat oblige, dit-on souvent...), Bertrand a décidé de la jouer bio.

 

« J'ai toujours voulu faire du raisin, explique-t-il. J'attendais seulement que mon père me passe la main. En attendant, je travaillais comme concepteur produit dans l'industrie du luxe : je concevais des étuis de rouge à lèvres en élastomère... Donc, en 93, je reviens ici, dans une région qui est sans doute la plus traitée au monde : engrais pesticides... La Champagne dépense en moyenne 2200 euros/hectares en produits. Venant de cet univers de luxe, je me suis dit : « attends... Entre l'image et le produit, il y a quelque chose de malhonnête. Ça déconne... ». C'est comme ça que j'ai basculé. J'ai arrêté tous les traitements. J'ai eu envie de rendre la vigne à sa nature et d'accepter ce qu'elle me donnerait »

 

[…] Au début donc, logiquement, les Gautherot font du raisin. Du raisin bio, qu'ils livrent à la coopérative […]  Et puis un beau jour passe un certain Anselme Selosse. En voisin, mais aussi en mentor, ce vigneron atypique, pousse les Gautherot a faire eux-mêmes leur vin. En 99, Bertrand plante donc des Chardonnay à côté de ses pinots et en 2001 il sort ses premières bouteilles. »

 

La chronique ICI 

 

Et puis je redescends dans le temps jusqu’au 23 avril 2013 où l’amie Éva ROBINEAU sur son blog, pour fêter le vote par l’Assemblée Nationale, de la loi le mariage pour les personnes de même sexe, se posait la question 

 

Que boit-on pour célébrer cela ?

 

Réponse : Liberté, égalité, Vouette et Sorbée

 

« .. Alors après ce long aparté, dans un contexte de fête, je conseillerais d’ouvrir pour l’occasion une très belle bouteille. Des bulles exceptionnelles, parce que cette avancée est exceptionnelle. Je choisirais Fidèle, de Vouette et Sorbée. Parce que c’est un Champagne comme je les aime, avec un nez très séducteur, une explosion d’arômes fins, subtils, sur l’oxydation mais de manière légère et plaisante. L’oxydation qui dure en bouche aussi, à travers ses fines bulles, et une belle tension. Une longueur en bouche parfaite. Et même si la couleur peut surprendre, tirant un peu sur le rose passé, pas de crainte, vous serez séduit par le vin tout entier. »

 

La chronique ICI 

 

Me voici donc bien aise avec le sentiment du devoir accompli : rien faire et laisser dire !

 

La conclusion je la confie à Bertrand Gautherot, c’est qu’il disait à Laurent Bazin en 2008 :

 

« Fidèle parce que l'on veut être honnête avec notre terroir. Je veux que le raisin puisse s'exprimer comme il est... Comme le climat et la terre nous permet de le faire, ici. Loin des modes. C'est aussi pour ça qu'au lieu de donner à la Maison un nom Tartanpion ou Durand, on l'a nommée du nom des deux lieudits où poussent les vignes : Vouette et Sorbée. C'est une façon de rendre leur vérité aux cépages et aux sols dont j'ai hérité ».

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Il se laissait choir sur le sofa auprès d’Anna qui confiait à Chloé : « vraiment ce July ce n’est pas une lumière… »     (72)

Les premiers échos de la seconde bataille de Flins arrivaient. Il se disait que la femme de l’ex-grand chef de l’UJ, la Nicole, qui avait pour mission de récupérer dans un minibus, une poignée des assaillants, s’était égarée. Qu’elle avait tout de même retrouvé son chemin mais, quand elle était tombé sur ses camarades, Gamelin en tête, blessé, celui-ci n’avait dû son salut qu’à la présence d’une voiture qui l’avait embarqué en dépit de ses protestations, les véhicules des gardes mobiles s’engageaient dans le chemin forestier et alors elle avait détalé. Tout ce beau monde gloussait en se léchant les babines encore humides de caviar. Edern pérorait. Gustave éclusait cul sec des petits verres de Vodka frappés. Chloé sur un sofa, à l’écart du brouhaha, devisait avec Anna. Benoît abandonnait Aline au milieu d’un paquet de ses sœurs de militance qui se payaient la fiole de la pauvre Nicole : « Elle n’aurait jamais dû quitter son officine. Faut rester lucide faire pharmacie c’est comme s’engager dans l’épicerie ce n’est pas l’antichambre idéale du mouvement populaire. Avec son Robert, le visionnaire, ils font vraiment la paire. Des petits bourgeois étriqués… » Ça fusait. Benoît se retenait de leur dire que le Robert en question s’esquintait la santé chez Citroën mais, comme le temps n’était plus pour lui à jouer les redresseurs de torts, il se contentait de lâcher un lourd « bande de connes » qui les conforta dans leur allergie de plus en plus prononcée pour les porteurs de slip kangourou. Il se laissait choir sur le sofa auprès d’Anna qui confiait à Chloé : « vraiment ce July ce n’est pas une lumière… »   

 

Pour Benoît cette soirée au cœur de la gentry intellectuelle parisienne, qui ne pouvait être en ce temps-là que de gauche, une gauche qui se voulait rebelle, engagée, pétitionnaire, révolutionnaire du modèle « tigre de papier », bavarde, intolérante, bien logée, protégée, donneuse de leçons, internationaliste versus Classe Affaires d’Air France ou de la Pan Am, que la droite n’osait pas encore la qualifier de caviar, était une première. Tel un jeune ethnologue débarquant en Papouasie Nouvelle-Guinée, le cul posé sur le sofa, il observait les mœurs de la peuplade en faisant semblant de s’intéresser à la conversation de ses voisines. Les vieux mâles de la peuplade paradaient, prenaient des poses tout en surveillant, d’un œil qui se voulait indifférent, la superficie et la qualité des cercles de leurs concurrents. Deux ou trois spécimens remarquables, très Collège de France, mandarins marxistes, crinière blanche et ongles manucurés, portant beau, drainaient l’essentiel d’une population féminine qui devait avoir passé beaucoup de temps à s’enlaidir et à choisir des fringues informes. On aurait dit des hordes de sorcières dépenaillées, les plus vieilles tétaient des cigarettes américaines alors que celles qui auraient pu être leurs filles se refilaient des joints. Toutes buvaient sec. Que du menu fretin sans intérêt, pour espérer lever des espèces rares il fallait qu’il aille jeter ses filets en des eaux moins poissonneuses mais plus profondes. Il claquait une bise sur le front de Chloé avant de se lancer dans la pêche au gros.

 

Jean-Edern, l’œil de traviole, cerné par une nuée de godelureaux, en futal pattes d’éléphant, vestes à carreaux cintrées sur chemises à jabot, gesticulait et pérorait en postillonnant sur ses adorateurs. Sur une bergère Louis XV Gustave, entouré de deux filles défoncées qui gloussaient en fourrageant dans sa braguette, pionçait la bouche ouverte. Dans le couloir qui menait à l’office un grand type sans âge, aux yeux globuleux et inexpressifs, bien mis, vomissait avec élégance dans un vase de Sèvres. Indifférent à la présence de Benoît, toujours avec des gestes précieux, il se débraguettait pour aller pisser sur la terre sèche d’un grand Yucca en pot. « J’amende, jeune homme… j’ensemence aussi… si ça te dit je peux m’astiquer le membre rien que pour toi… J’ai une faculté d’érection hors du commun… d’ailleurs c’est bien ma seule supériorité… j’adore me faire défoncer par de beaux étalons comme toi… si ça te dis ton prix sera le mien… » Sans prendre la peine de répondre à sa proposition il se contentait d’empoigner ses fesses étiques fermement « avec un tel matériel, ma pauvre fiotte, t’es tout juste bon à faire des passes gratos, pour les toxicos en manque, à la vespasienne du boulevard Arago… »

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 06:00
Le faux-nez, un grand classique du Carnaval de Paris (Le Petit Parisien, du 19 Février 1893).

Le faux-nez, un grand classique du Carnaval de Paris (Le Petit Parisien, du 19 Février 1893).

Une agence de com – dans un fichier un jour, dans un fichier toujours – a déposé dans ma boîte mail un petit baratin pour vanter les mérites de son client.

 

Je cite :

 

« Découvrez la quintessence du Papillon Blanc ! Hélas* vous propose une approche du vin résolument moderne. Hélas, l’autre en latin, incarne un autre style de vin. Sans sulfite, il se veut résolument moderne et différent. Du raisin et rien que du raisin, il célèbre le papillon blanc, dans sa plus pure expression. Bio, sans sulfite et vegan, une cuvée rafraîchissante, idéale pour fêter l’arrivée du printemps. »

 

En rouge ce que j’ai modifié : nom du cépage et de la cuvée.

 

Donc, vous vous en doutez, la tendance est, comme dans beaucoup de produits alimentaires transformés, au sans, c’est tendance, ici c’est résolument moderne.

 

Je laisse de côté l’adhésion au veganisme qui me laisse d’une froideur glaciaire pour vous confier que la tendance au sans me fait immédiatement penser si c’est mieux qu’avant pourquoi le faisiez-vous avant ?

 

Par facilité ?

 

Sans souci de notre santé ?

 

Sans respect de l'authenticité ?

 

Je ne sais !

 

Ce que je sais en revanche c’est que si vous affirmez « Du raisin et rien que du raisin » là vous flirter, sans l’avouer, avec le pur jus, essence même du vin nu.

 

Si tel est le cas, ne vous arrêtez pas en si bon chemin, dites-le nous.

 

Dites-nous tout !

 

C’est simple comme une information consommateur.

 

En revanche, si vous avez fait un peu de tambouille il ne faut pas vous faire plus beau que ne vous l’êtes et nous communiquer la liste des avec.

 

Ce coitus interruptus me gêne – et là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir, dit-on – auriez-vous honte d’avouer certaines pratiques ? 

 

Je n’ose y croire…

 

Être résolument moderne c’est de ne pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes, car, comme le faisait justement remarquer Francis Blanche, on se brûle !

 

Bien sûr, je comprends, on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment, mais à trop vouloir singer la tendance au pur jus, au vin nu, qui énerve tant les œnologues et autres vendeurs de poudre de perlin-pinpin, ceux qui traquent les  défauts, afin de séduire une génération qui transgresse, casse les codes, font des bras d’honneur aux experts, on ne rallie pas les afficionados du vin nu qui ne sont pas dupes car ces jajas, dit modernes, peuplent les rayons de la GD, alors que les pur jus sont chez des cavistes bien estampillés ; pour les autres consommateurs, est-ce un argument pertinent, un attrait qui attire le chaland ?

 

J’en doute fortement !

 

Alors, quand va-t-on cesser ce petit jeu stupide qui consiste à se lover dans une tendance sans en adopter tous les codes ?

 

C’est vouloir le beurre et l’argent du beurre…

 

Être soi-même, sans artifice de communication, écrire et faire savoir : voilà ce que je fais sans cachotteries ça évite ou ça vous évitera un jour d’avoir à avouer, à écrire, sous la pression réglementaire, sur vos étiquettes le détail intime de votre cuisine.

 

Authenticité, respect du terroir, sont chantés en chœur par tous vos communicateurs, faites en sorte de ne pas être chopés par la patrouille lorsque vous prenez quelques libertés avec la vérité. Mentir par omission c’est mentir insistait mon confesseur lorsque je rechignais à avouer mes péchés de chair…

 

Alors sans sulfites ajoutés, mais alors pourquoi pas sans désacidification, sans chaptalisation, sans filtration… je ne sais : dites-nous tout ou alors ne venez pas nous draguer avec un faux nez !

 

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H « Viens avec nous le surineur. Ne fais pas cette tête-là. Crois-moi tu es un bon coup Gustave, je n’ai jamais joui comme ce soir … » (71)

Gustave débandait, bras ballants, résigné, il chouinait : « Putain de merde t’as vraiment juré de me casser tous mes coups… », le coup en question rectifiait avec dignité sa position tout en cherchant du regard sa petite culotte alors que Gustave dubitatif  contemplait l’étendue du désastre qui remettait en cause sa virilité. Benoît raillait « Dis donc mon Gustave t’es une bête de sexe. Infatigable l’enflure toujours sur la brèche, si je puis m’exprimer ainsi chère madame, allons Gustave tu manques à tous tes devoirs de gentleman, présente-moi à ta charmante partenaire…

 

- T’es naze mec, c’te pouffiasse j’la connais même pas.

 

- Alors présente-moi ça permettra à madame d’élargir le cercle de ses relations.

 

- Tu fais chier chais même pas qui tu es…

 

Sensible aux lazzis de Benoît la dame retrouvait de sa superbe, elle lui tendait une main aux ongles finement manucurés « Aline de Lescure » qu’il effleurait d’un baiser avant de lui lancer, bravache, « Léon Béria, de la police politique du Président Pompe… »

 

-         C’est quoi cette nouvelle engeance ?

 

-         Mon bon plaisir Gustave, tu devrais remonter tes brailles sinon madame de Lescure va te prendre pour son garde-chasse…

 

-         Ta grande sauterelle t’a bourré le pif de poudre mon gars. Arrête ton char sinon…

 

-         Sinon tu vas me dénoncer Gustave la balance…

 

-         Faut pas l’écouter madame il n’est pas dans son état normal…

 

-         Même s’il me prend pour une pauvre conne ce jeune homme me semble très pertinent. Soyez sans crainte gros tas de merde vos affaires tordues j’en ai rien à foutre…

 

-         Tu faisais moins la fière tout à l’heure pouffiasse…

 

-         Allons Gustave c’est à une dame que tu causes…

 

-         Je préfère les putes…

 

-         Pour toi toutes les femmes mariées sont des putes Gustave. Je compatis chère madame, vous devez vraiment souffrir pour en arriver à vous faire mettre par cette raclure…

 

-         Je ne te permets pas…

 

-         Mais si Gustave, tu permets tout pour toi ce n’est qu’une question de prix…

 

-         Ce n’était qu’une expérience, j’ai toujours eu le phantasme du camionneur…

 

-         Sans vouloir être mufle, chère Aline, si vous me permettez cette familiarité…

 

-         Après ce que vous venez de voir vous êtes sans pitié avec moi jeune homme…

 

-         Dans votre cas c’est une bonne thérapie mais là n’est pas le problème. Comme je m’apprêtais à vous le dire, assimiler Gustave à un camionneur c’est faire insulte à une corporation, certes un peu brut de décoffrage, qu’aime bien les fachos, mais qui a reçu ses lettres de noblesse depuis le Salaire de la peur…

 

Gustave atterré perdait pied. Aline, qui venait de récupérer sa petite culotte que Gustave avait délicatement posée sur l’abondante chevelure d’un Beethoven en buste qui trônait sur le manteau de la cheminée, lâchait elle aussi prise. Mon verbiage fumeux lassait, moi le premier.

 

Pendant qu’Aline de Lescure se repoudrait le nez et se redessinait les lèvres, Gustave, avachi dans un fauteuil crapaud, observait Benoît d’un œil mauvais en ruminant sa contre-attaque. L’intrusion brutale dans le beau nid douillet que lui offraient ses thuriféraires des hautes sphères de la GP risquait de fiche en l’air tout le bénéfice qu’il tirait de son statut de « prolo officiel ». Après l’avoir bousculé, déstabilisé il fallait à Benoît prendre appui sur sa mauvaise humeur pour le cadrer. Le marché était d’une grande simplicité : Benoît offrait à Gustave de conforter, auprès du locataire de la place Beauvau, son statut d’indic n°1 au sein de la GP en échange d’agir selon sa volonté. Gagnant/gagnant : pour lui la pérennisation de sa situation de coqueluche idolâtré lui ouvrant tous les avantages collatéraux : baise, fric, fréquentation de la crème gépéiste : Clavel, Duras, Claude Mauriac, Joris Ivens et même Godard, vie facile ; pour Benoît, se dégager des tâches subalternes, manipuler tout le monde, s’infiltrer dans les cercles du pouvoir pour leur pourrir la vie. Bien évidemment, avec Gustave il n’entrerait pas dans ces subtiles considérations. Comme il le tenait à la fois par les couilles et par la peur, lorsqu’il lui ferait part de ce que seraient à l’avenir leurs relations ce serait comme sur le foirail, entre maquignons, qui baise qui, on ne sait pas vraiment, mais au bout du compte on tope-là.

 

Au lieu de se coltiner le Gustave en tête à tête dans cette chambre, théâtre de ses ébats interrompus, Benoît se tournais vers Aline de Lescure pour l’inviter à regagner la réception à son bras. De très bonne grâce, elle se pliait à cette bonne manière des plus bourgeoise en taquinant au passage le Gustave : « Viens avec nous le surineur. Ne fais pas cette tête-là. Crois-moi tu es un bon coup Gustave, je n’ai jamais joui comme ce soir … » À la tête qu’il fit, étonnée et satisfaite, en se rengorgeant, benoît comprenait que le compliment, même s’il flattait l’enflure, chagrinait son machisme profond : la qualification de « bon coup » ne pouvait s’appliquer qu’aux pétasses. Pour emporter la décision Benoît lui passait une nouvelle couche : « Avec la pub que va te faire Aline tu vas pourvoir te constituer un harem sacré veinard ! » Sourire retrouvé, Gustave relevait sa grosse carcasse en lâchant un vent chuintant et odoriférant. « Ça dégage ! » commentait-il avec son intonation ch’timi qui chuintait elle aussi en « décache ! ». Au bras de benoît, la zélote d’Antoinette Fouque, réprimait un haut le corps. Plein de commisération hypocrite Benoît lui tapotait la main. « Les luttes de libération, Aline, passent souvent par des chemins de traverse un peu fangeux. On ne fait pas la Révolution sans se salir les mains… » Gustave dodelinait sa grosse tronche, l’air de dire, ce mec c’est vraiment qu’un phraseur mais sans pour autant se sentir visé par la réflexion de Benoît puisqu’il leur balançait : « Ce n’est pas mon cas, moi j’ai jamais eu les mains aussi propres que depuis que je me suis embarqué dans la Révolution… » Et de rire grassement en postillonnant sur le dos dénudé d’Aline.

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 06:00
AU BON BEURRE Edouard Molinaro 2004

AU BON BEURRE Edouard Molinaro 2004

Dans le petit commerce d’autrefois, du côté des BOF, des bouchers, des charcutiers, des épiciers… madame Michu, monsieur ne s’abaissant pas à faire les courses, y venaient pour acheter mais aussi pour papoter avec le petit commerçant, s’enquérir de la fraîcheur de ses œufs, de son beurre, de chez qui il avait acheté le cochon dont il avait fait du boudin, de quelle bête venait le paleron pour mettre dans son pot-au-feu et pour le vin en litre étoilé elle s’en foutait car c’était monsieur Michu qui le lichait.

 

Bref, dans les villages, les gros bourgs, les petites, moyennes et grandes villes, il en était ainsi ce qui ne veut pas dire pour autant que ce qui était vendu par les petits commerçants était bon. Le système de la distribution de l’époque fonctionnait sur l’empilement d’intermédiaires qui collectaient, assumaient la fonction de gros, de demi-gros.

 

J’ai bien connu ce système avec les marchés du vendredi de la Mothe-Achard : marché au beurre, aux œufs, aux volailles, aux lapins… et, une fois par mois, la foire avec les bovins et les cochons, y’avait pas de moutons dans le coin. Toute une armée de maquignons en blouse noire, avec de gros portefeuilles plein de biftons, des petits et gros rapaces qui faisaient la pluie et le beau temps sur le marché. Au roulement de tambour du garde-champêtre soit ils fondaient sur la belle marchandise qu’ils avaient repérés, les prix flambaient, soit ils restaient entre eux à fumer, laissant les paysannes mariner pour mieux les contraindre à lâcher la marchandise en fin de marché à prix cassé.

 

Et puis le père Édouard de Landerneau est arrivé bientôt suivi par l’irruption des hypermarchés – gros pourvoyeurs de dessous-de-table pour les élus – plus de vendeurs avec qui papoter, pousser le caddie en toute liberté dans les allées, passer à la caisse avec les prix cassés, charger le coffre sur le parking, bourrer le congélo…

 

Libre-service mon amour !

 

Et ce fut l’hécatombe dans les villages, les gros bourgs, les petites, moyennes et grandes villes, partout sauf à Paris où le père Chichi ferma le périphérique à la GD (qui en ce moment revient par la petite porte du commerce de proximité). Il y eu des résistants, surtout dans les grandes villes, jouant la carte de la qualité, mais dans nos belles provinces la bagnole aidant les centres-ville devinrent des déserts pourris et les périphéries des horreurs architecturales.

 

Qui sont les responsables ?

 

En premier lieu, nous les consommateurs et, bien évidemment dans la foulée les élus locaux toujours friands de brosser leurs électeurs dans le sens du poil.

 

Le mal est fait, pousser des ébraiements ne sert strictement à rien, seul le choix individuel est pertinent si l’on veut favoriser le développement des produits de qualité.

 

M’objecter que c’est là une réflexion de nanti, de quelqu’un qui n’a pas des fins de mois difficiles, est recevable mais à la condition de faire l’inventaire des caddies populaires. Ce qu’ils contiennent n’est pas forcément à l’avantage de leur pouvoir d’achat.

 

À vouloir tout globaliser, à ne s’en tenir qu’à une vision étriqué du pouvoir du consommateur on se prive de répondre à la question initiale : comment bien choisir son boucher ?

 

Je laisse de côté les prétendus journalistes de la trempe d’un Périco Légasse qui ne prennent même pas la peine de travailler leur dossier se contentant de dérouler leur logorrhée recuite.

 

Pour madame et monsieur tout le monde mon conseil est simple : poser des questions à votre boucher, de quartier ou de GD, du genre achètent-ils des carcasses ou des muscles ? D’où vient sa viande, quel éleveur, quel abattoir, quel intermédiaire ?

 

S’il vous envoie balader, aller voir ailleurs…

 

Certains bouchers affichent la provenance de leurs bêtes, y’a des labels, des indications géographiques, il suffit  d’exercer sa curiosité, de cesser d’acheter à la va vite, conseil que je donne aux retraités, très addicts de la GD, vous avez du temps alors prenez-le au lieu de toujours râler même le samedi où vous encombrez les magasins.

 

Quand j’écris addict j’ai des preuves : lorsque je séjourne en Corse dans un petit village du littoral, un couple de retraités, au lieu de faire vivre le petit commerce du lieu, prend sa voiture pour faire deux fois 30 km pour aller pousser le caddie dans la GD d’Ajaccio.

 

Pour conclure, j’en ai ras la coupe de ceux qui traitent les consommateurs comme des assistés à qui il faudrait tenir la main pour qu’ils fassent fonctionner leurs neurones, choisir quoi.

 

À quand l’instauration de la Sécu alimentaire ?   

 

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Jean Edern vilipendait les petits maquignons du Bureau Politique qui allaient faire bronzer le gros cul de leur bobonne aux frais des cacochymes du Kremlin et qui en profitait pour se faire sucer le membre pendant la sieste par des jeunes beautés slaves.  (70)
  • Aide-moi beau légionnaire, je n’ai jamais su choisir…

 

Habiller une fille pour la sortir, l’exposer en public à son bras, relève d’une forme jouissance de la plus haute perversité. D’ordinaire, les femmes décident de ce qu’elles veulent montrer ou cacher et, en dépit des glapissements féministes sur le thème : nous portons des strings pour nous faire plaisir, ce que les femmes montrent c’est ce qu’elles exposent d’elle-même pour que ce soit vu et, ce qu’elles cachent à peine sous des robes moulantes, courtes ou fendues, c’est ce qu’elles offriront à celui ou à celle qui saura leur plaire ou sur lequel elles auront jeté leur dévolu. L’histoire des gorges pigeonnantes, des culottes fendues, des voiles et des bas est là pour en témoigner. Dans le jeu de la séduction la femme tient toutes les cartes maîtresses et surtout, presque toujours, c’est elle qui choisit.

 

Habiller Chloé comblait Benoît qui se sentait libre de ses choix puisqu’entre eux deux le seul lien existant était le n’importe quoi ou, plus exactement, comme il était allergique à l’utilisation de toutes les formes d’adjectifs de possession, elle, était elle, et lui était lui. Chloé avait optait pour la dérision. Le vêtement étant la seconde peau, celle qu’on choisit, Benoît n’eut aucune peine à assembler dans sa tête celle de Chloé. Pour le haut, une pure merveille de chic provoc : un petit débardeur noir tricoté à collier de chien clouté de billes d’acier, dont Vivienne Westwood ferait plus tard l’un de ses musts. Ainsi les regards se scotcheraient sur le si beau cou de Chloé, oubliant ses épaules étroites et sa poitrine plate. Pour le bas, un short bouffant en satin noir s’imposait : les compas de Chloé et sa taille de guêpe en étaient magnifiées. Restait le choix des chaussures. Complexe eu égard à la pointure de l’asperge : 40, tout lui semblait lourd et emprunté jusqu’à l’instant où, ayant vissé sur les cheveux courts de Chloé un bonnet de feutre noir, l’évidence des ballerines de danse s’imposa.

 

Anna, l’épouse d’Edern, les reçut avec beaucoup de gentillesse. Italienne comme Chloé, riche héritière, elle se mouvait dans cette étrange assemblée avec un détachement amusé. Elle complimentait Chloé pour sa tenue et s’attira cette répartie : «  Chère Anna, il me voit belle, il me veut belle, alors il me fait belle, il est exceptionnel mon beau légionnaire… »  Avec son Perfecto, son jeans Benoît  faisait un peu tache à côté d’Edern qui lui arborait ce soir-là une chemise blanche à jabot très Mick Jaeger sous une veste en soie jaune canari, mais ça excitait plutôt la concupiscence d’un cheptel féminin, tendance Simone de Beauvoir non révisée, bandeau et morgue incorporée. Le champagne coulait à flot et ce fut la première fois que Benoît mangea du caviar. Jean Edern proclamait à la cantonade qu’ils pouvaient se goinfrer sans remord puisque les fameux œufs d’esturgeon lui avaient été offert par un hiérarque du PC à son retour de vacances dans une datcha des bords de la Mer Noire. Avec son intonation si caractéristique et son rire nasillard le grand escogriffe vilipendait les petits maquignons du Bureau Politique qui allaient faire bronzer le gros cul de leur bobonne aux frais des cacochymes du Kremlin et qui en profitait pour se faire sucer le membre pendant la sieste par des jeunes beautés slaves. « Des porcs ! » La cour riait. La cour l’entourait. La cour se bâfrait. Benoît s’emmerdait. Tout ce champagne lui donnait envie de pisser, un larbin lui indiquait que c’était au premier, il s’égarait, poussait des portes, découvrait à quatre pattes sur un tapis de la Savonnerie une quadragénaire, cul à l’air, qui se faisait tringler par un gros type futal sur les chaussettes. La représentante du « deuxième sexe » approchait de l’extase et le proclamait d’une voix haletante. Le gros boutait ce qui donnait à ses fesses poilues des ressauts ignobles. « T’inquiète pas ma grosse vache quand ça va gicler t’en auras pour ton taf ! J’chui même capable d’en garder un litre pour t’en mettre aussi plein la rondelle… » La voix de l’ignoble Gustave, et surtout son putain d’accent, ne laissait aucun doute à  Benoît  sur l’identité de l’usineur de celle qui se révéla être par la suite une ardente militante du droit des femmes à disposer de leur corps.

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 06:00
Vous connaissez le système D mais connaissez-vous la méthode D comme Dupont le bas-bourguignon ?

Système D & pratiquer le système D ; système D comme démerde – locution

 

« À bien des égards, cette génération est décevante, mais pour tout ce qui est malhonnêteté foncière, débrouillardise récupératrice et système D comme démerde, elle est imbattable. » A.D.G. 1980. Pour venger Pépère

 

 

«C'était mon pépère à moi et il espérait terminer sa vie tranquillement, à taquiner le goujon et à bêcher son jardin sur les bords du Cher. Une bande de salopards en rupture de Communauté en a décidé autrement et je me suis mis en piste. J'ai trouvé du beau monde : un fils-à-papa plutôt répugnant, ledit papa pas ragoûtant et toute une cohorte de rats à gerber.

Pépère, si tu me voyais !»

 

Si je fais référence à un polar ce n’est pas le fait du hasard, en effet le Jacques Dupont a aussi du nez pour la série noire, il est juré du prix « Le Point » du polar européen, qui a été attribué cette année à la romancière suédoise Malin Persson Giolito avec « Rien de plus grand » (Presses de la Cité).

 

 

Portrait de la lauréate et de ses talentueux rivaux par Julie Malaure, Hannelore Cayre, Jean-Louis Debré, Jacques Dupont, Jean-Louis Pietri et Irène Frain. ICI 

 

 

L’an dernier la Daronne d’Hannelore Cayre était un vrai bijou : lire 2 avril 2017 ICI

 

J’ai tiré plus vite que Jean-Louis Debré président du jury du polar européen du POINT en primant avant lui La Daronne d'Hannelore Cayre 

 

Conclusion : un gars, tout bas-bourguignon qu’il fût, qui a du nez pour dénicher des histoires de série noire doit être qualifié pour déguster à l’aveugle, chaussette noire, les primeurs de Bordeaux.

 

Du côté  de Vitisphère le gars Abellan Alexandre n’y va pas avec le dos de la cuillère pour présenter le Jacques qualifié de célèbre journaliste vin de l’hebdomadaire Le Point.

 

Et pourtant, le Jacques il a un côté cistercien, comme le montre sa première remarque :

 

« La dégustation des vins en primeur est la plus dure qui soit. C’est celle qui rend le plus humble. Il faut deviner, au travers des filtres, ce que le vin va devenir »

 

Son compère Olivier Bompas renchérit « Les primeurs sont un exercice de style où il faut distinguer le vin de la prise de bois. C’est l’une de mes dégustations préférées, c’est la plus technique»

 

Fort bien me direz-vous mais canaillou vous nous avez appâtés en nous vendant la méthode D, comme Dupont.

 

Comme je n’ai pas tout compris je vous renvoie au texte d’Alexandre Abellan ICI pour que vous sachiez ce qu’elle est cette fameuse méthode D. 

 

Pour finir, je vous offre en exclusivité une photo du Jacques en pleine délibération avec à son côté Hannelore Cayre elle-même chaperonnée par Jean-Louis Debré.

 

 

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