Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 06:00

Image associée

9 français sur 10 consomment du pain de mie.

 

Ça doit plaire à la boulangère Emma Ducros.

 

Je fais partie du 1/10, je ne suis ni club-sandwiche, ni croque-monsieur ou madame…

 

Pain de mie, pain viennois : outre les constituants classiques du pain, ces pains comportent de la matière grasse, du sucre et du lait. Suivant leur forme, canapés ou baguette, le dosage peut sensiblement varier. Le pain viennois comporte en outre des œufs (un ou deux par kilo de farine).

 

Les appellations des pains sont conformes :

 

• soit à des textes réglementaires (pains bio, pain “maison”, pain au levain, pain de tradition française).

 

• soit, pour la plupart, aux usages loyaux et constants du commerce (distinction des appellations baguettes et flûtes ; un “Recueil des usages” définit les produits de panification française, complété par la définition du pain de tradition française du décret du 13 septembre 1993).

 

• soit encore, plus rarement, à la jurisprudence (pain cuit au bois).  ICI 

 

 

Pour les nutritionnistes, le pain de mie industriel est une bombe calorique sans aucune valeur nutritive. Plein de graisses, de sucres et d’additifs.

 

Jusqu’à 18 ingrédients peuvent entrer dans la composition d’un pain de mie industriel dont : une farine ultra raffinée, des acides gras, du vinaigre, de l’huile de colza ou de palme, des émulsifiants, des conservateurs qui permettent de le garder 3 à 4 mois.

 

Les apports caloriques sont vides c’est à dire sans valeur nutritive (vitamines, minéraux, fibres). Le produit est mou donc on ne le mâche pas. Non seulement on en mange plus mais encore on le digère mal.

 

C’est pratique, c’est facile, çà n’a pas de goût, mais c’est vraiment mauvais pour la santé. Consommé régulièrement, le pain de mie industriel génère un risque accru de diabète de type 2 et d’obésité.

 

Quitte à consommer du pain de mie, achetez-le chez votre artisan boulanger. Le pain de mie artisanal ne comporte que 6 ingrédients : farine, beurre, sucre, levure, sel fin, lait.

 

La mie n’est pas blanche mais blanc-cassé ou crème. La texture a une bonne résistance et n’est pas collante. Ce produit sain ne se stocke pas : il se consomme frais, comme vos fruits et légumes que vous ne conservez pas 3 à 4 mois !

 

C'est l'un des chouchous des Français au petit-déjeuner mais le pain de mie blanc industriel est loin d'être satisfaisant sur le plan nutritionnel. C'est même une véritable bombe calorique qui contient, pour certaines recettes, des additifs potentiellement néfastes pour la santé.

 

Dimanche 19 janvier, France 5 diffusait un documentaire passionnant sur l’un des aliments préférés des Français au petit-déjeuner : le pain de mie. Super moelleux, ultra-pratique, il a les faveurs des petits et des grands et s’accommode tout aussi bien en recette salée que sucrée. Très apprécié donc, il représente, au pays de la baguette, 10% des ventes de pain. Mais son impact sur la santé est loin d’être neutre surtout lorsqu’il est issu de l’industrie. Aux États-Unis, pays où l'obésité concerne 40% de la population, c’est même un fléau : le pain de mie blanc représente 90% de la consommation de pain. C’est d'ailleurs le premier aliment que les diététiciens interdisent à leurs patients lorsque ceux-ci entament un régime.

 

Des recettes riches en "faux ingrédients"... et en air !

 

A l’origine, le pain de mie, même artisanal, est un aliment riche : de la farine, du beurre, du lait, du sucre et du sel. Mais dans la plupart de ses versions industrielles, il devient carrément un aliment potentiellement dangereux pour la santé. D’abord parce que pour obtenir un pain de mie moelleux bon marché, les industriels ont tendance à remplacer les ingrédients de base par des alternatives moins chères aux qualités nutritionnelles quasiment inexistantes.

 

Dans son documentaire, France 5 a demandé un artisan boulanger passionné de décomposer la recette de l’une des références les plus vendues en France. Constat : le pain de mie industriel est généralement constitué de poudre de lait, d’une quantité importante de sel pour améliorer le goût, de faux sucre, le fameux sirop de glucose et d’huile. Mais aussi une quantité importante de levure qui permet d’emprisonner un maximum d’air et d’obtenir un pain très volumineux mais finalement très léger. Environ 30% plus léger qu'un pain de mie artisanal qui paraît pourtant bien plus léger.

 

Conclusion : on achète beaucoup d'air lorsque l'on choisit un pain de mie industriel.

 

Des conservateurs aux effets mal connus à long terme

Le reste de l’étiquette a été étudié par une diététicienne qui note la présence, dans de nombreuses références de pain, d’une quantité de sel, de matière grasse ou de sucres simples bien trop importante (jusqu’à 50% du produit final). Sans oublier la présence de conservateurs, tels que le propionate de calcium. Ce produit chimique utilisé pour ses vertus fongicides retarde l’apparition des moisissures est connu sous l’appellation E282. S’il n’est pas classé comme dangereux pour la santé, des scientifiques ont observé qu’il pouvait entraîner des troubles gastriques sur ses consommateurs, et des troubles de l’attention chez les enfants.

Partager cet article
Repost0
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 06:00

Chou-7074.JPG

Tout fout le camp, le gaulois, black béret, baguette de pain, kil de rouge et calendos est une espèce en voie de disparition faute de munitions.

 

Le black béret qui n’est pas basque, est passé de mode. Le qualifier de basque est une mposture absolue que continue de colporter le digne Robert en dépit des origines béarno-gasconne du berret qu’il atteste dans sa définition. Si voulez faire sortir sa rapière à tout gascon qui se respecte qualifiez de basque son inséparable couvre-chef.

 

6 mars 2010

Le Black béret * c’est 100% made in André Dubosc le winemaker gascon. ICI

 

Le kil de rouge, cher à Roland Barthes dans Mythologies, coulé par la religion des AOC

 

« Le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Bachelard a déjà donné la psychanalyse substantielle de ce liquide, à la fin de son essai sur les rêveries de la volonté, montrant que le vin est suc de soleil et de terre, que son état de base est, non pas l'humide, mais le sec, et qu'à ce titre, la substance mythique qui lui est le plus contraire, c'est l'eau.

 

A vrai dire, comme tout totem vivace, le vin supporte une mythologie variée qui ne s'embarrasse pas des contradictions. Cette substance galvanique est toujours considérée, par exemple, comme le plus efficace des désaltérants, ou du moins la soif sert de premier alibi à sa consommation ("il fait soif"). Sous la forme rouge, il a pour très vieille hypostase, le sang, le liquide dense et vital. C'est qu'en fait, peu importe se forme humorale ; il est avant tout une substance de conversion, capable de retourner les situations et les états, et d'extraire des objets leur contraire : de faire, par exemple, d'un faible un fort, d'un silencieux, un bavard ; d'où sa vieille hérédité alchimique, son pouvoir philosophique de transmuter ou de créer ex nihilo.

 

11 janvier 2008

Le Vin et le lait ICI  

 

Ne parlons pas du camembert, c’est la bérézina.

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça !  ICI 

 

Restait, la baguette de pain !

 

Résultat de recherche d'images pour "Steven L. Kaplan"

 

Vu du Royaume-Uni. C’est la fin de la traditionnelle bonne baguette française

 

Au fil des siècles, la qualité de la baguette, symbole du terroir français, s’est dégradée. Ce quotidien conservateur britannique s’appuie sur l’ouvrage d’un historien américain pour expliquer le phénomène.

 

« La baguette n’en a plus pour longtemps », déplore The Daily Telegraph. En s’appuyant sur l’ouvrage de l’historien Steven L. Kaplan, le quotidien britannique conservateur dresse un bien triste constat :

 

Image associée

 

La France est en train de perdre la bataille pour sauver le bon pain, car la renaissance toute gauloise d’une élite de boulangers* n’a pas suffi à détrôner l’insipide baguette blanche.

 

Selon le spécialiste, l’hexagone serait confronté à « une conjugaison insurmontable de facteurs, allant de la mondialisation à la complaisance, boulangers et consommateurs ayant cessé de se soucier de la qualité de la miche, s’ils sont même encore capables de l’apprécier ».

 

Baisse de la consommation

 

Cela fait des années que l’Américain prévient, “la qualité est en chute libre !” Le “déclin” remonterait “aux années 1920, avec le passage d’un processus de fabrication lente à base de levain à un système plus rapide avec de la levure”. Et “la mécanisation des années soixante” aurait “accéléré la dégringolade vers un pain de plus en plus insipide”. Résultat ? Une baisse de la consommation : on est passé d’une moyenne de 600 grammes de pain consommés par personne et par jour à la fin des années 1880, à seulement 80 grammes aujourd’hui.

 

Pourtant, un espoir était né au début des années 1990, ajoute The Daily Telegraph : le gouvernement avait en effet publié un décret pour créer le label pain de tradition française défendant la recette typique.

 

Parallèlement, les minotiers ont proposé de la farine de meilleure qualité, et le célèbre boulanger parisien Lionel Poilâne a associé la production à grande échelle à des pratiques artisanes, comme une fermentation lente à base de levain et la cuisson au four à bois.

 

Mais cela n’a pas suffi et « au lieu d’une augmentation d’ensemble de la qualité du pain, le décret n’a déclenché qu’une renaissance de niche dans les rangs d’une élite de boulangers incroyablement imaginatifs et audacieux, dont certains des pains sont si bons qu’ils sont à mettre sur le même plan que des vins comme un Cheval Blanc ou un Château-Latour ».

 

Baisse de la qualité

 

Par conséquent, si quelques boulangeries proposent de la qualité, nombreuses sont celles qui « continuent d’offrir un pain médiocre aux Français », note le quotidien britannique. Et le comble, c’est que ceux-ci s’en contentent volontiers. Pour l’historien Kaplan, « la mondialisation en est en partie responsable” puisqu’“elle a profondément sapé le terroir – cet attachement des Français au goût local et national – et généralisé l’envie de consommer des produits mous et moelleux qui ne nécessitent pas de mâcher ».

 

Mais ce serait aussi « la fin du règne hégémonique » des Français en tant que « source des arts de la table, domaine qu’ils dominaient depuis le XVIIe siècle », juge encore The Daily Telegraph. En témoignent les résultats de la dernière coupe du monde de boulangerie qui a eu lieu à Paris ce mois-ci : sur le podium, on a retrouvé la Chine, le Japon, le Danemark… mais pas de Français !

 

*en français dans le texte

 

Rassurez-vous il nous reste le vin qui pue...

 

 

  • STEVEN L. KAPLAN, Raisonner sur les blés. Essais sur les Lumières économiques, Paris, Fayard, 2017, 868 p., ISBN 978-2-213-67116-1
  • Arnaud Orain ICI
Partager cet article
Repost0
2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 07:00

Le dernier tournant, Pierre Chenal, 1939

Je ne suis pas cinéphile, j’aime le cinéma, en salle, même si je n’y vais plus guère, et la nuit sur mon écran plat.

 

Adolescent j’écoutais sur mon transistor le Masque et la Plume le dimanche soir

 

17 novembre 2006

Le Masque et la Plume

 

L'oreille collée au transistor, dans ma jeunesse, le dimanche soir, dans mon lit, j'écoutais le Masque et la Plume animé par Michel Polac puis François-Régis Bastide. Les joutes entre Jean-Louis Bory de l'Obs et Georges Charensol de France-Soir, me fascinaient. ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "claude jean philippe"

 

Le Palace de Beaumont-sur-Oise, qui apparait dans le générique de l'émission.

Le Palace de Beaumont-sur-Oise, qui apparaît dans le générique de l'émission La Dernière Séance 

 

Ma culture cinématographique s’est enrichie grâce à Claude-Jean Philippe avec le Ciné-club, le vendredi soir sur Antenne 2 puis France 2, de 1971 à 1994, soit environ 1 000 films qu'il introduit, pendant une quinzaine d'années, à la fin de l'émission Apostrophes de Bernard Pivot et à Eddy Mitchell avec La Dernière Séance essentiellement consacrée aux classiques du cinéma américain Coproduite et réalisée par Gérard Jourd'hui, Patrick Brion assurant la partie éditoriale, elle tire son titre de la chanson homonyme d'Eddy Mitchell1, parue sur son album La Dernière Séance. La première diffusion eut lieu le 19 janvier 1982 sur FR3 (qui deviendra par la suite France 3). La chaîne décida de retirer le programme de sa grille après une dernière émission le 28 décembre 1998.

 

Donc, l’autre soir, je pianote sur la télécommande et je tombe sur l’annonce du Dernier tournant de Pierre Chenal sur Ciné Classic, en version restaurée.

 

Le dernier tournant, Pierre Chenal, 1939

 

J’apprends que c’est la première adaptation du célèbre roman noir de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois (The postman always ring twice, 1934) sa traduction, publiée quelques mois plus tard chez Gallimard, qui sera ensuite adapté par Visconti (Les amants diaboliques, 1943), Tay Garnett (Le facteur sonne toujours deux fois, 1946), Bob Rafelson (Le facteur sonne toujours deux fois, 1981) et Christian Petzold (Jerichow, 2009).

 

Résultat de recherche d'images pour "The postman always ring twice livre photos"

 

Je me dis bonne pioche d’autant plus que des cinéphiles affirment ICI 

 

La moins connue des quatre, c'est pourtant peut-être la meilleure. L'érotisme du film doit beaucoup aux dix-neuf ans de Corinne Luchaire. Cora Marino a accepté son mari pour échapper à la misère :

 

  • ...Mais maintenant il m'appelle sa petite colombe. Est-ce que j'ai l'air d'une petite colombe Frank ?.

 

  • Tu m'as plutôt l'air d'être une belle garce, oui tien.

 

  • Toi tu es propre, tu n'es pas graisseux. Tu sais ce que cela veut dire Frank ? Sans doute non. Ce n'est pas possible. Un homme ne peut pas savoir ce que c'est pour une femme ; être tout le temps avec quelqu'un de gras, quelqu'un qui vous soulève le cœur dès qu'il vous touche. J'en peux plus.

 

  • Une belle garce, oui. C'est pas possible, tu dois sortir de l'enfer toi, sans quoi tu ne me convaincrais pas comme ça.

 

Fernand Gravey trouve ici son meilleur rôle en interprétant Frank. Sans doute à cause de son physique, il était plutôt enclin à jouer les godelureaux ou les aristocrates ruinés, mais moins souvent les voyous et les marginaux. Ici il manifeste une vraie inquiétude, une fragilité.

 

Corinne Luchaire est grandiose. Il est du reste étonnant qu’elle ne tournât pas durant l’Occupation. Elle représente ici une détermination bornée qui frise l’hystérie sournoise, mais en même temps, elle accède à des sentiments amoureux et passionnés. Elle joue aussi bien la jalousie que l’alanguissement. Son physique curieux l’aide bien. Une mélancolie neurasthénique se dégage de son personnage.

 

Michel Simon dans le rôle du mari cocu, mais content, est sans doute le moins convaincant des membres de ce trio infernal. Il ne connait guère la sobriété dans le jeu. Mais enfin il tient bien sa place.

 

La prestation de Robert Le Vigan, grand délateur, antisémite notoire et pote avec l’infâme Céline, est un peu du même tonneau : beaucoup de cabotinage, un jeu très peu moderne qui sent son théâtre de province d'avant-guerre à un kilomètre.

 

Plus étonnant est sans doute Marcel Vallée dans le rôle du juge d’instruction qui harcèle Frank pour lui faire signer n’importe quoi avec la volonté confuse de perdre le couple en les jouant l’un contre l’autre. Il est excellent. L’action se passant en Provence, Charles Blavette fera un petit rôle de composition. On y verra aussi Marcel Duhamel dans le rôle du témoin pressé, c’est un peu une façon anticipé de rendre hommage au père de la Série noire qui n’existait pas encore. Et puis l’épouse de Pierre Chenal, Florence Marly au physique curieux – elle était d’origine tchèque, dans le rôle de Madge, l’étrange dompteuse de fauves, chasseuse émérite.

 

Bon, Télérama trouve Michel Simon, époustouflant, il fait du personnage du gentil mari trompé un être ambigu, qui a sans doute deviné ce qui se tramait dans son dos et l'adaptation de Pierre Chenal s'appuie avec bonheur sur les comédiens, tous plus ou moins à contre-emploi : Fernand Gravey était jusque-là plutôt spécialisé dans les comédies ; Corinne Luchaire s'approprie un rôle qui semblait destiné à Viviane Romance : elle est moins glamour, mais plus fatale.

 

Ce n’est pas du tout mon avis, j’ai trouvé ce film sans consistance, faussement esthétisant, sonnant le faux, bâclé à la fin, des images, rien que des images, ça ne fonctionne pas, ça ne tient pas la route.

 

Mais, pour la première fois, j’ai pu voir jouer Corinne Luchaire, « la fille de Jean Luchaire, personnage sulfureux, collaborateur notoire et sans scrupule qui profitait de tout ce que la collaboration pouvait lui offrir : l’argent les femmes, une position sociale avantageuse, en échange desquelles il régnait sur l’ensemble de la presse collaborationniste. Il sera fusillé en 1946. Sa fille connut aussi un destin tragique, mais pour bien d’autres raisons. Droguée, partouzarde, elle fut mariée plusieurs fois et mourut en 1950 de la tuberculose après avoir été condamnée à 10 ans d’indignité nationale pour ses relations sexuelles avec un officier autrichien avec qui elle aura un enfant. Elle n’avait même pas trente ans. Il ne semble pas qu’elle se soit intéressée plus que ça aux questions politiques. Elle avait connu la gloire dans Prison sans barreau de Léonide Moguy… »

 

Comme je suis un grand lecteur, et que ce qui touche à la Collaboration m’a toujours intéressé, j’ai acheté et lu le livre autobiographique de Corinne Luchaire Ma drôle de vie

 

 

À travers le regard sincère et souvent ingénu de Corinne Luchaire, ses confidences et ses souvenirs - notamment ses rencontres ou ses amitiés dans le monde de la politique (Otto Abetz, Curzio Malaparte, le ministre de Mussolini Pavolini, les Français de Sigmaringen, etc.) et du spectacle (Jean-Pierre Aumont, Danielle Darrieux, Fernand Gravey, Michel Simon, Charles Trénet, Ray Ventura, etc.), tous les événements dramatiques, mais aussi bouleversants et fascinants d'une époque qui ne cesse encore aujourd'hui de nous hanter.

 

Corinne Luchaire, a tourné jusqu'en 1940 dans une dizaine de films. On la comparait à Greta Garbo.

 

Ma drôle de vie raconte surtout ce qu'elle a vécu, auprès de son père, pendant l'Occupation, la fuite des collaborateurs vers Sigmaringen, son arrestation et sa maladie contractée en prison. L'ombre après la lumière.

 

On sent une grande sincérité dans ce récit autobiographique mais pas le moindre regret de ce que fut la vie dangereuse d'être intime avec l'Occupant.

 

Le Dernier Tournant, sorti en 1940, eut des malheurs : il fut interdit par l'occupant, Pierre Chenal étant juif, puis quasiment banni à la Libération ; Robert Le Vigan était accusé de collaboration, tandis que Corinne Luchaire était la fille d'un patron de presse fusillé pour ses amitiés nazies. Une double malédiction !

Partager cet article
Repost0
2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 06:00

Dans les années 1950, des jeunes Albanais sont partis étudier en Union soviétique ou dans un autre pays du bloc de l'Est et sont revenus au pays accompagnés d'une épouse russe, polonaise, hongroise ou bulgare.

 

L'Albanie et l'URSS étaient alors alliées et Enver Hoxha vouait une admiration sans bornes à Joseph Staline.

 

Dans la nuit du 24 au 25 février 1956, à Moscou, les délégués du XXe Congrès du Parti Communiste d'URSS s'apprêtent à quitter la salle après dix jours de débats sans anicroche ni surprise. Les journalistes et les délégués étrangers sont déjà sortis...

 

Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du parti, demande alors aux délégués de se rasseoir et pendant quatre heures, il va leur lire un rapport secret dont il leur sera expressément demandé de ne divulguer aucun extrait écrit à l'extérieur.

 

Devant les délégués abasourdis, le secrétaire général accuse son prédécesseur Staline de crimes ignobles, hélas bien réels. Notamment de la mise en accusation et de l'exécution de nombreux dirigeants communistes lors des grands procès de Moscou, vingt ans plus tôt. Il condamne également le culte de la personnalité qui a entouré le « petit père des peuples » et met en cause ses qualités de stratège pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Mais il reconnaît à Staline un « rôle positif » dans la collectivisation des terres et l'industrialisation, même si ces opérations se sont soldées par la déportation et le massacre de plusieurs millions de Soviétiques dans les années 1931-1936 !

 

Malgré toutes les précautions prises par les Soviétiques, le New York Times publie des extraits du rapport secret dès le 16 mars. Le texte a été bienveillamment fourni au quotidien de New York par la CIA (Central Intelligence Agency), qui l'a elle-même obtenu d'un leader communiste polonais juif, irrité par des allusions antisémites de Khrouchtchev, par l'intermédiaire du Mossad (les services secrets israéliens).

 

Le rapport est publié in extenso quelques semaines plus tard. Il consacre la prise de pouvoir par Nikita Khrouchtchev et clôt son entreprise de « déstalinisation », trois ans après la mort du Vojd (« Guide » en russe, surnom de Staline).

 

C'est la rupture entre le dictateur albanais et l'URSS « révisionniste » et ses satellites est-européens.

 

« L'Albanie bascule dans la paranoïa de l'espionnage qui touche tragiquement les familles mixtes », dit à l'AFP Ismaïl Kadaré, qui signe là son premier scénario.

 

« Les personnages auxquels je m'intéresse sont des victimes oubliées ou peu connues parmi les victimes du communisme, des étrangères, retenues en Albanie et persécutées sauvagement par le régime ».

 

Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

Résultat de recherche d'images pour "En Albanie, l'amour au temps d'Enver Hoxha"

 

Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Juste après le divorce entre Moscou et Tirana, ces femmes avaient eu le choix de rentrer dans leur pays ou de rester auprès de leur mari, se condamnant alors à l'enfermement dans une Albanie hermétiquement close. A l'inverse, des étudiants albanais ont dû abandonner l'URSS en laissant derrière eux leur bien-aimée.

 

Résultat de recherche d'images pour "En Albanie, l'amour au temps d'Enver Hoxha"

 

« Tant de destins individuels brisés par l'Histoire », constate l'auteur du "Grand Hiver", né comme Enver Hoxha à Gjirokastra, ville du sud de l'Albanie aujourd'hui classée au patrimoine de l'Unesco.

 

 « Deux fois plus cruel »

 

L'un de ces destins est celui d'Irina Sallaku, 88 ans aujourd'hui. Elle avait épousé un Albanais rencontré pendant ses études d'ingénieur à Leningrad. En 1955, le couple mit au monde deux jumelles avant de partir vivre à Tirana.

 

« Les étrangères qui avaient fait un acte de résistance de cœur en choisissant de vivre en Albanie ont été nombreuses à avoir un destin tragique », raconte-t-elle à l'AFP, les yeux remplis de larmes. Elle se réjouit qu'un film permette de « comprendre l'ampleur du crime ».

 

Son mari accusé de « sabotage » fut exécuté en 1977. Elle fut envoyée avec leurs deux filles dans un camp de travail dont elles ne sortirent qu'en 1988.

 

« Tout Etat est cruel mais l'Etat communiste l'était deux fois plus », constate Iouri Arabov.

 

Il n'existe pas d'estimations du nombre de couples mixtes persécutés. Au total, 5.577 hommes et 450 femmes ont été exécutés par le régime communiste (1944-1991), selon l'Institut des études sur les crimes communistes. Des dizaines de milliers d'opposants ont été condamnés aux travaux forcés ou à la prison.

 

Le film, provisoirement intitulé "Gjirokastra", est "un drame historique qui rend hommage à toutes les victimes innocentes des régimes totalitaires", souligne Iouri Arabov.

 

C'est une fiction mais Loreta Mokini, la coproductrice albanaise, explique avoir par souci de véracité consulté les archives du ministère de l'Intérieur et parlé à d'anciens condamnés.

 

L'amour en vrai

 

Le film raconte l'histoire d'une étudiante russe, Katia, qui rencontre à Moscou son futur mari, Arjan, archéologue albanais avec qui elle refait sa vie en Albanie.

 

Après le divorce entre Tirana et Moscou, Arjan est arrêté pour "sabotage" puis exécuté. Katia finit emprisonnée dans la citadelle de Gjirokastra, forteresse du XIIe siècle utilisée comme geôle par les communistes comme les nazis avant eux.

 

Si le plus clair du tournage s'est déroulé à Gjirokastra, des scènes ont également été filmées dans la maison d'Enver Hoxha à Tirana.

 

Deux acteurs albanais jouent le dictateur mort en 1985 et son épouse Nexhmije, 99 ans aujourd'hui.

 

 Résultat de recherche d'images pour "enver hodja et sa femme"

 

Toujours dans l'ombre l'un de l'autre, ils se parlent à voix basse en français, la langue préférée du dictateur. Celui-ci avait imposé sa psychose paranoïaque au petit pays de trois millions d'habitants, où il fallait être en permanence prêt au combat face aux menaces venues de toutes parts - URSS, Etats-Unis ou Yougoslavie titiste.

 

Le montage commencera fin janvier. Mais déjà, dans les coulisses du tournage qui vient de s'achever, les collaborateurs ont vu naître un nouvel amour, entre Polina Grishina, l'actrice russe qui interprète Katia et Besmir Bitraku, l'acteur albanais qui joue son époux.

 

« C'est sûr: l'amour est aveugle, il ne tire pas de leçons de l'Histoire », sourit Loreta Mokini.

 

AFP, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 06h45

Résultat de recherche d'images pour "En Albanie, l'amour au temps d'Enver Hoxha"

Partager cet article
Repost0
1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 06:00

 

Les mois passent et, à mon grand étonnement, vous êtes là chaque matin à lire mes billets, et pire vous êtes de plus en plus nombreux.

 

Et y’en a même qui s’abonnent spontanément.

 

En novembre 2019

28 792 Visiteurs uniques

36 581 Pages vues

 

En décembre 2019

30 822 Visiteurs uniques

39 205 Pages vues

 

En janvier 2020

35 549 Visiteurs uniques

44 603 Pages vues

 

Les gens du champagne Mailly Grand Cru sont fidèles en amitié, c’est si rare par les temps qui courent que je me devais de les remercier de leurs bons vœux manuscrits.

 

 

13 janvier 2010

Champagne Mailly Grand Cru : une belle histoire d’hommes debout... ICI  

 

Quant à Louis-Fabrice Latour, je ne sais s’il fait encore imprimer par sa fidèle collaboratrice mes billets matinaux pour les lire, mais ce que je sais c’est qu’en début d’année un livreur frappe à ma porte. Merci à lui.

 

 

Partager cet article
Repost0
31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "Cyrano de Bergerac photos"

À la fin de l’envoi, je touche.

 

C’est enlevé, j’adore !

 

Que nous sommes loin des besogneux, des qui appellent de leurs vœux des cahiers des charges, des fers aux pieds, souhaitent des geôliers, des barbelés, s’enfermer dans leur pré-carré, exclure les rétifs, attribuer le label…

 

J’exagère !

 

Si peu, le vieux que je suis a vu défiler au fil des années ce type d’engeance toujours prompte à enfourcher la tendance, la confisquer, s’ériger en défenseurs de la veuve et de l’orphelin qui ne leur demandent rien.

 

Celles et ceux qui font le vin sont cernés par tous ses gens qui veulent leur bien en vivant sur la bête…

 

Règne l’entre-soi.

 

Ce n’est pas ma philosophie, j’aime le débat pas les séminaires de procureur, d’instructeur à charge…

 

Notre italien éruptif, est libertaire et anarchiste, grand bien lui fasse. Ce n’est pas ma famille mais je ne suis pas sectaire, mon enseigne est un Espace de Liberté.

 

Aucune description de photo disponible.

 

Je préfère les sulfites aux règles dans les vins naturels

 

J'écris cet article en français pour rendre hommage à un peuple qui m'accueille toujours avec grâce et respect, mais surtout parce que c'est l'un des rares peuples qui s'indigne encore et qui est le phare du monde du vin naturel.

  

Tout le monde sait que je n'aime pas les sulfites et que j'ai toujours considéré le vin naturel qui, après divers processus de compétence et de connaissance, est également sans sulfites ajoutés. Mais, il y a un mais. J'ai toujours considéré le mouvement des vins naturels français et après mondial, comme un mouvement libertaire et anarchiste. 

 

Une révolution de la pensée et une manière d'être différente: libre sans harceler sans règles. Parce que la liberté ne les admet pas ! 

 

Un mouvement de sensibilisation, également un guide spirituel pour de nombreuses jeunes générations qui ont considéré les vignerons naturels comme des exemples à suivre. 

 

Il est vrai que cette dichotomie existe entre l'entreprise et le mouvement culturel, niant que ce serait stupide ; d'une part le vigneron / entrepreneur doit penser à son entreprise et joindre les deux bouts, d'autre part il doit suivre une éthique et une pensée libre et sévère afin d'exprimer un monde meilleur dans lequel vivre.

 

Les règles sont les antithèses de ce monde, un frein et un poids énorme qui feraient disparaître le sens libertaire et au-delà des frontières du vin naturel.

 

Alors?

 

20 mg ou 30 sulfites ajoutés ?

 

Pouah qui s'en soucie !

 

Chacun agit sur la base de ses propres idées, mais surtout sur la base de son courage et de sa propre technique, tant de gens qui doivent savoir le savent! Mais limiter un monde dans une concoction diabolique de règles stupides, a moins de sens, me fait penser à la tristesse du cru de Bordeaux ou du premier cru et grand cru de Bourgogne, qui ont besoin de définitions, d'un stupide catalogage uniquement à des fins economici…

 

Pouah

 

N'emprisonnez pas la liberté et le génie, vous ne pouvez pas arrêter le vent avec vos mains.

 

Franchement, c'est agréable de voir autant de jeunes qui abordent le monde de l'agriculture viticole, cela signifie beaucoup, c'est la vraie victoire du vin naturel et il n'a pas eu besoin de règles, mais de sensibilité et d'idées

 

Gianluigi Carlino (DIA BOLIK) ICI 

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 06:00

La nouvelle chasse au bitard sur les 2 rives de la Gironde : James Suckling ou l’art du traquenard pour gogos…

Le rédac-chef en mode Full Métal Jacket :

 

  • Mon coco faut que tu sois omniprésent sur les réseaux sociaux ! 

 

Le journaliste affecté aux barriques et flacons de haute lignée :

 

  • Chef, oui chef…

 

  • Faut que ça saigne, une boucherie à faire chialer les vegan !

 

  • Chef, oui chef…

 

  • Tu sulfates à mort les bobos qui ne lichent que des vins qui puent !

 

  • Chef, oui chef…

 

  • Un peu d’encens sous le pif des bios et biodynamiques ça enjolivera le tableau coco !

 

  • Chef, oui chef…

 

  • Tu buzz à fond la caisse !

 

  • Chef, oui chef...

 

 

Et c’est parti pour un long feuilleton qui fera jouir les peines à jouir des jajas convenables… et rugir les préposés au vin qui puent, les dresseurs de barbelés autour du pré-carré des vins nu.

 

Mais à quoi bon ?

 

Hormis les sus-cité, ça n’intéresse absolument personne cette minuscule tempête dans un verre Riedel de vin…

 

Le drame du petit monde du vin c’est son entre soi ridicule, sous prétexte que le vin occupe dans la tradition française une place de choix, il croit que les consommateurs sont des amateurs de vin, conforté en cela par la petite musique de vin et société.

 

Que nenni, ces braves gens achètent massivement leurs vins, d’ailleurs de moins en moins, c’est la faute à Evin, dans les murs glacés de la GD.

 

Ces vins on n’en voit nulle trace dans les écrits des grands critiques du vin, c’est le monde de madame Michu qui achète la boutanche ou le cubi du père Boudu qui roule encore ses cigarettes. C’est le monde des ronds-points cher aux Gilets Jaunes, ceux d’en bas. Je caricature à dessein sans vergogne ayant embouteillé et vendu du Vieux Papes et millions de litrons étoilés du côté de Gennevilliers.

 

Revenons à la crème de la crème qui peuple l’univers papier glacé des magazines, loin de la vulgaire bibine, pour prendre l’exemple du tonneau de Bordeaux descendu aux abîmes. Pour les grands chefs, longtemps allergiques au bio-cons, fraîchement convertis à la nouvelle religion, en paroles surtout, c’est la faute à ces petits cons érecteurs des vins qui puent , nom de baptême Bordeaux bashing. Si la situation de ces vignerons n’était pas dramatique, j’en rirais. Je ne ris pas, j’accuse ces mauvais guides d’avoir menés leurs ouailles dans le mur. Lorsque j’ai mis sous leur nez mon foutu rapport en 2001, ils ont demandé ma tête, ils l’ont eu, comme si l’annonciateur de la tempête était la cause de la tempête.

 

Je ne suis d’aucune chapelle, je me contente de constater, comme le faisait Churchill à propos de la démocratie, que « le bio est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres », quand à la biodynamie elle n’existe que par la réussite de d’excellents vignerons, grâce au retour aux fondamentaux de l’agronomie. Je parle ici de la vigne, le nouveau label vin bio n’est qu’une construction juridique, fruit d’un compromis à Bruxelles, ça n’est pas ma tasse de thé. Quant au HVE, je ne sais quoi en penser tellement c’est nébuleux.

 

Pour ne rien vous cacher je suis 100% Claire Naudin : « Le bio est une évidence pour moi depuis que j’ai pris la tête du Domaine Naudin-Ferrand, en 1993. Le bio, j’y suis et je n’y suis pas, je n’ai pas de label. Etre certifié en bio, ce qui entraîne des pratiques coûteuses et l’impossibilité de faire un seul traitement sans perdre sa certification, n’est pas évident au niveau financier. Tout dépend de mes parcelles.

 

Sur mon grand cru échezeaux, je ne vois aucun argument qui justifie de mettre de la chimie – c’est viable économiquement. En revanche, sur les appellations régionales, la problématique est différente. Si on va trop vite, si on enlève tout produit, et que la vigne est mise à rude épreuve à cause de la météo et de maladies, on peut y laisser sa boîte ! J’ai donc opté pour une transition douce, afin que les équipes s’y préparent et que le domaine puisse l’encaisser économiquement. »

 

Claire Naudin : Je vous donne cet exemple. En 2016, à la suite d’un gel, je me suis retrouvée avec une parcelle sans aucun traitement et qui n’a donné qu’un tout petit rendement, soit 5 hectolitres par hectare. Cela pour rappeler que les traitements sont là pour permettre une augmentation des rendements. Si demain on veut zéro traitement, alors il faut imaginer un autre modèle culturel et économique.

 

Et si j’allais au-delà du bio et de la biodynamie, en faisant zéro traitement, sans soufre ni cuivre ? J’aurais alors de très faibles rendements. Intellectuellement et techniquement, ce n’est pas aberrant. Mais cela induit une bouteille qui dépasse les 100 euros pour que je puisse m’en sortir. Pour le consommateur, cela implique qu’il boive ma bouteille de bourgogne non plus une fois par mois, mais une fois par an. C’est un changement fondamental pour moi et pour le consommateur. C’est un modèle radical, il y en a sûrement d’autres…

 

Claire Naudin : Nous butons sur un problème de formation, et même un problème culturel. J’emploie des jeunes qui vinifient chez moi tout en suivant en parallèle un BTS dans un lycée agricole. Eh bien, ils sont sanctionnés par leur école s’ils ne « cassent » pas ma démarche, parce que je vinifie sans soufre ! Les enseignants poussent leurs étudiants à critiquer le bio.

 

C’est très bourguignon comme attitude… Et dramatique face à l’enjeu sociétal. Mais je suis optimiste parce que les mentalités commencent à changer. Les enseignants traditionnels partent progressivement à la retraite. A la faculté d’œnologie de Dijon, ce sont les étudiants qui ont fait bouger l’ancienne garde. Mais on a quand même quinze ans de retard…

 

Claire Naudin : Il y a eu aussi une évolution sur le grand cru échezeaux. Il y a quinze ans, seule ma vigne était en herbe, j’étais la cochonne du coin. Et aujourd’hui, c’est drôle, cela s’est inversé, et il n’y a plus que la vigne de mon voisin qui est désherbée. Par contre, je suis déçue parce que sa fille est arrivée, et elle est pire que le père. Et on a des jeunes dans la côte de Nuits qui revendiquent la chimie. Mais si ces jeunes étaient passés entre de bonnes mains, s’ils avaient eu les enseignants adaptés, ils n’en seraient pas là.

 

Claire Naudin : Oui, il faut piocher la terre. Je croise pas mal de stagiaires qui ont la quarantaine et qui sont « habités » par un appel de la nature. Je les emmène alors piocher deux heures dans mon échezeaux, en leur disant que c’est une chance de piocher mon grand cru ! Au bout de deux heures, ils n’en peuvent plus, ils ont les mains en sang et mal au dos. Moi, je fais ça neuf heures par jour, six jours par semaine, pendant trois semaines. Discuter le glyphosate, c’est aussi ça…

 

Claire Naudin : Pourtant, beaucoup de vignerons seraient moins effrayés par le bio si on leur disait que, pour sauver une récolte, de façon ponctuelle, ils étaient autorisés à un traitement chimique. J’ai fait accepter le bio à mon équipe en lui disant que, en cas de gros problème climatique, je ferais marche arrière afin de ne pas couler la boîte. C’est pour conserver cette possibilité que je n’ai pas choisi la certification. Avec le bio, un tas de personnes vous tombent dessus : le banquier, le notaire, le comptable, la famille… Il faut pouvoir résister.

 

Ce discours-là ne plaît à aucun des 2 camps retranchés, trop raisonnable, trop bien argumenté, « ça ne fait pas vendre du papier mon coco… Atèle-toi au nouveau bourricot, oui les vins qui puent la selle de cheval, payes-toi la fiole de ces petits branleurs de bobos… »

 

Le problème c’est que les vins nu, les vins qui puent, n’existent pas au sens légal et, n’en déplaise aux partisans des barbelés, ils n’existeront jamais. C’est heureux, ils naissent dans un espace de liberté, ils renouent le lien effiloché entre ceux qui le produise et ceux qui l’achète chez des cavistes qui font leur métier. Il est facile de se moquer lorsqu’on ne met jamais les pieds en ces lieux, ces bars à vin qui ne vendent ni ne servent que des vins nus. Se gausser, lâcher des tirades de lieux communs, triompher sans gloire sur une cible dont on ignore les contours.

 

Je trouve ça totalement con car ces petits cons sont des néo-consommateurs de vin très impliqués, se moquer d’eux c’est se tirer une balle dans le pied, mais que voulez-vous dans un monde de vieux, j’en suis un, les vieux s’accrochent à leurs illusions.

 

Foutez-moi la paix, si ça vous plaît de me classer dans la catégorie des buveurs mauvais goût je m’en fous, lâchez-moi la grappe, je suis amateur des vins aimé par Jancou, j’en ai rien à branler de vos railleries qui riment avec conneries, buvez ce que vous voulez, cela m’en touche une sans faire bouger l’autre comme disait le défunt Jacques.

 

Conclusion, plutôt que de tirer à vue sur les vins qui puent je conseille aux derniers survivants des notateurs des vins convenables de se livrer à la chasse au dahu.

 

Pour moi tout ce battage s’apparente à la chasse au bitard, dénommée aussi chasse au dahu, qui est l’art du traquenard pour jobards.

 

« La « chasse au dahu » ou « mission absurde » est un canular, qu’on retrouve dans différentes sociétés et cadres institutionnels, qui consiste à pousser les « victimes » à accomplir des actions manifestement stupides.

 

Pour faire intello :

 

Les canulars combinent deux traits caractéristiques de la socialité humaine : la tromperie et l’humour. Considérés comme des blagues, ils « sont révélateurs des situations sociales dans lesquelles ils se produisent » (Douglas 1968 : 366). J’avancerai qu’une blague particulière – la « mission absurde » – montre que les canulars peuvent aussi être l’expression de traits plus généraux de la communication et de la cognition humaine. La mission absurde est une manière humoristique d’exploiter un aspect vulnérable de la confiance dans la communication au sein de contextes sociaux où existent des asymétries épistémiques entre les victimes et les farceurs. »

 

Et comme tout ce qui vient des Amériques s’implante comme dans du beurre dans notre pays gaulois poussif lisez ceci :

 

Le Monde en 2020.

Les millenials
boudent l'alcool

 Dessin de Kazanevsky, Ukraine.

Publié le 

 

 

En quête d’une meilleure hygiène de vie, les jeunes Occidentaux consomment davantage des boissons peu ou pas alcoolisées, obligeant les grands brasseurs à revoir une offre longtemps négligée. Un article à retrouver dans notre hors-série Le Monde en 2020, en vente actuellement.

 

Le Volstead Act interdisant la consommation d’alcool pendant la période de la prohibition est entré en vigueur en 1920 et a été appliqué jusqu’en 1933. Cent ans plus tard, il est largement considéré comme la preuve (si besoin était) que l’interdiction de l’alcool – alors que sa consommation était déjà répandue – ne fut pas une bonne idée.

 

La prohibition a donné naissance au crime organisé, les réseaux mafieux ayant bâti des fortunes sur l’alcool de contrebande. Manquant de soutien populaire, la loi n’était en outre guère respectée. Selon une estimation, on ne dénombrait pas moins de 20 000 bars illégaux à New York pendant la prohibition. Lors d’une descente de police dans un bar de Denver, les agents y ont découvert un parlementaire de la région, et le maire et le shérif de la ville attablés autour d’un verre.

 

La prohibition est pourtant toujours en vigueur dans certaines régions de la planète, et pas seulement dans le monde musulman. Aux États-Unis, près de 500 comtés, la plupart évangéliques, continuent de la pratiquer, notamment le comté de Moore, dans le Tennessee, qui abrite pourtant sur son territoire Lynchburg, la ville où est né le whisky Jack Daniel’s (où les visiteurs de la distillerie sont néanmoins autorisés à emporter une bouteille “souvenir”).

 

Les normes sociales ont évolué

 

Partout ailleurs, la plupart des gouvernements se contentent de décourager la consommation d’alcool en appliquant des taxes, en limitant la publicité et en encadrant les ventes d’alcool. Toutes ces politiques fonctionnent. Toutefois, si la consommation d’alcool est aujourd’hui sur le déclin, c’est pour une tout autre raison : l’évolution des normes sociales chez les jeunes dessine un autre avenir pour cette industrie.

 

Dans presque tous les pays occidentaux, la consommation d’alcool des adolescents est de plus en plus tardive. Cela tient en partie au fait que les jeunes se socialisent désormais beaucoup plus en ligne qu’en chair et en os. L’éducation joue peut-être aussi un rôle. L’histoire montre que plus les jeunes commencent à boire tard plus leur consommation d’alcool sera réduite une fois qu’ils seront adultes. Les millennials, qui ont aujourd’hui entre 20 et 40 ans, boivent moins que leurs aînés. La modération fait partie de leurs principes, et la recherche d’une bonne hygiène de vie semble être devenue une vraie tendance de fond.

 

Les premiers clients du secteur sont aujourd’hui des consommateurs d’âge mûr. Dans certains pays riches, ces derniers boivent même plus que les générations précédentes au même âge. Consommé à faible dose, l’alcool reste cancérigène, mais la plupart des gens ne le savent pas. Certains responsables de la santé publique envisagent de créer des visuels et des avertissements sanitaires comme ceux qui figurent sur les paquets de cigarettes. À l’heure actuelle, seule la Corée du Sud a rendu cet étiquetage obligatoire ; l’Irlande a également adopté une loi en ce sens en 2018, mais elle n’est pas encore mise en œuvre.

 

Les bières sans alcool représentent 10% des ventes en Allemagne

 

Les grands alcooliers ont bien reçu le message et étoffent à présent leur offre de boissons sans alcool ou faiblement alcoolisées. L’innovation dans ce domaine explose. Le goût de la plupart de ces nouveaux produits ressemble en tout point à celui de leurs versions alcoolisées. Le groupe Heineken propose désormais une version sans alcool pour une cinquantaine de ses marques. Ces offres parallèles constituent encore une nouveauté dans la plupart des pays riches mais les ventes augmentent rapidement. En Allemagne et aux Pays-Bas, pays leaders dans ce segment, ces boissons représentent 10 % des ventes de bières.

 

Parallèlement, l’industrie de l’alcool suit l’exemple des fabricants de tabac et se met en quête de nouveaux consommateurs. Les dix marchés en plus forte croissance pour la consommation d’alcool se trouvent dans des pays émergents, essentiellement en Asie et en Afrique. (La Chine fait ici exception, les ventes d’alcool y sont en recul.)

 

Dans une ou deux générations, la consommation d’alcool dans les pays riches pourrait paraître bien démodée. En attendant, l’alcool reste une source majeure de problèmes dans les domaines de la santé publique et de la productivité.

 

Des cohortes de lobbyistes

 

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 06:00

Comme quelques-uns des membres de sa famille, le bernard-l'ermite terrestre fraise (Coenobita perlatus), que l'on trouve ...

Acte 1 : le crime de lèse-majesté post-mortem du guide du pneu, la rétrogradation de Bocuse, enfer et damnation, y’en a même qui affichent sur Face de Bouc « je suis Paul », le ridicule n’a jamais tué personne, haro sur le guide rouge, les demi-soldes se déchainent dans le sillage de la grosse caisse de Périco Légasse. Certes le geste n’est ni très courageux, ni très élégant, mais c’est la loi du genre de ce type de classement.

 

Lire Quand les grands chefs dégustent : les incertitudes de l’évaluation à la lumière des étoiles Michelin  ICI 

20 janvier 2020

 

Ça vole plus haut que les pépiements des demi-soldes.

 

Résultat de recherche d'images pour "le macaron vert du guide Michelin"

 

Acte 2 : Exit le grand Paul, l’heure est à la nouvelle pluie d’étoiles 2020 du guide du pneu. Nos petites plumes s’agitent, frétillent, cancanent, quel sera le prochain sacrifié, untel va-t-il enfin monter en grade, attente insoutenable, des pronostics… de la petite mousse dans le petit marigot. Le palmarès tombe, les demi-soldes s’agitent, se réjouissent, félicitent les heureux récipiendaires : ça peut leur  valoir une belle invitation, et tous se précipiteront à la cérémonie ringarde du guide du pneu pour afficher sur face de bouc : j’y étais !  

 

Explications :

 

DEMI-SOLDE, subst.

 

A.− Subst. fém. Solde réduite de moitié que perçoit un militaire placé en position de disponibilité :

1. « Confusément, le collégien soupçonnait l'existence réelle, à Paris, d'un bazar qu'administraient deux colonels en demi-solde, employant pour commis d'anciens soldats bonapartistes ou jacobins. » Adam, L'Enfant d'Austerlitz, 1902, p. 266.

 

B.− Emploi subst. masc. Officier ayant servi dans les armées napoléoniennes et mis en disponibilité par la Restauration.

 

− P. anal. Personne arbitrairement ou injustement exclue d'un mouvement auquel elle avait activement participé :

« Quand cette paix boiteuse eut été signée, quand M. de Pressensé fut devenu un demi-solde du dreyfusisme, il perdit complètement le nord. »

Péguy, L'Argent, 1913, p. 1234.

 

Pour ne pas se faire voler leur coquille, les pénis des bernard-l'hermites se sont allongés ICI 

 

Les bernard-l'hermite dépensent beaucoup d'énergie à « remodeler » l'intérieur de leur coquille, qu'ils ne fabriquent pas eux-mêmes contrairement à la plupart des crustacés.

 

Bon nombre de ces charismatiques crustacés possèdent quelque chose de surprenant et de bien caché : de très longs pénis, mesurant parfois la moitié de la longueur de leur corps ancré dans une coquille. Selon une nouvelle étude, si ces animaux ont développé un organe aussi grand, c'est pour s'accoupler sans quitter leur maison.

 

Résultat de recherche d'images pour "le macaron vert du guide Michelin"

 

À quoi sert un guide ?

 

À guider des clients vers des restaurants !

 

Michelin : ce que signifie exactement le classement des 1, 2 ou 3 étoiles

 

Créé en 1900, et donné en cadeau aux clients de l'entreprise (Michelin, c'est d'abord un fabricant de pneus), il fournissait aux cyclistes de l'époque et aux premiers automobilistes, un certain nombre d'informations utiles (cartes routières, plan des grandes villes, liste des garages…).

 

Plus tard, le guide proposera une sélection d'hôtels, puis de restaurants à partir de 1920. Mais c'est en 1931 qu'on distribuera à ces restaurants les fameuses étoiles. Et pour un automobiliste en vadrouille, en vacances ou en voyage d'affaire.

 

  • une étoile attribuée à un restaurant signifie que la cuisine y est "d'une grande finesse" et qu'elle "vaut l'étape", c'est à dire qu'on peut s'y arrêter en chemin.

 

  • Deux étoiles désignent "une cuisine d'exception" qui "vaut le détour" (on peut faire quelques kilomètres de plus pour aller y manger),

 

  • tandis qu'un trois-étoiles propose une "cuisine unique" qui "vaut le voyage". Carrément ! Et de fait, certains clients fortunés, sont prêts à venir du bout du monde pour déjeuner ou dîner dans ces adresses prestigieuses.

 

Être dans le Michelin ce n’est pas rien pour un restaurant, car c’est bien au restaurant que les étoiles sont attribuées, le chef de cuisine est bien sûr très important mais, en dépit de la starisation des chefs, ce n’est pas tout.

 

Bref, ce qui fait bander les demi-soldes ce sont les chefs, alors on flatte leur ego, on brosse bien dans le sens du poil, allergique à la critique nos petites plumes, encensent, dans ma longue carrière de blogueur j’ai rarement lu de leur part un papier vachard, sauf parfois au détriment de ceux qui les remettent à leur place : la petite.

 

Pour en revenir au guide du pneu il rame, le papier ne se vend plus, l’internet ne paie pas, il achète à tout va : le fooding, la boîte à Bob Parker et dernièrement cède Bookatable à la Fourchette. La transaction constitue l'un des volets d'un large partenariat stratégique conclu avec Tripadvisor.

 

Les affaires sont les affaires, reste la crédibilité du guide du pneu mais est-ce un problème dans un monde où la crédulité est une valeur sûre ?

 

Pour être dans la tendance le Guide Michelin créé une étoile verte pour récompenser les chefs qui allient écologie et gastronomie. Encore un mot valise, un fourre-tout bien commode, pas très sérieux dans la mesure où le guide du pneu ne va pas inventorier tout au long de l’année les achats de ces étoilés verdis.

 

Résultat de recherche d'images pour "le macaron vert du guide Michelin"

 

À la place des demi-soldes de la critique j’irai faire brûler un cierge à la chapelle des âmes du Purgatoire en l’église Saint-Sulpice chère au cœur de Jean-Paul Kauffmann … pour que le Michelin, leur coquille de bernard-l'hermite, ne soit pas emporté par la tempête de la gratuité.

 

 

Le restaurant Paul Bocuse perd sa troisième étoile : "Les gens du Guide Michelin ne savent plus manger", lâche Périco Légasse ICI
Partager cet article
Repost0
28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 06:00
Nathalie Kosciusko-Morizet prise en photo en train de fumer avec des SDF à Paris. En pleine campagne municipales 2014, cliché publié par VSD, lui avait attiré les foudres des internautes. Romuald Maigneux Elle était surnommée par ses amis mâles de l’UMP « longueurs et pointes »

Nathalie Kosciusko-Morizet prise en photo en train de fumer avec des SDF à Paris. En pleine campagne municipales 2014, cliché publié par VSD, lui avait attiré les foudres des internautes. Romuald Maigneux Elle était surnommée par ses amis mâles de l’UMP « longueurs et pointes »

J’habite Paris, depuis 45 ans, ou presque, un peu banlieusard 3 ans lorsque je travaillais à la SVF à Gennevilliers, ermite dans une maison dans la forêt, 4 ans, car j’y travaille.

 

C’est un choix. Ne pas avoir à subir la contrainte du transport quotidien, pouvoir profiter de l’offre culturelle de Paris, aller au boulot à vélo, mais c’était accepter de vivre plus à l’étroit. Comme la majorité des Parisiens je ne suis pas un Parisien de souche, suis un émigré de l’intérieur, sans patrimoine, d’abord locataire puis, par un heureux concours de circonstance, marché immobilier en berne, vente par la Ville de Paris de logements sociaux, propriétaire depuis plus de 20 ans.

 

Le 75, parigot tête de veau, est la tête de turc préférée des provinciaux car il est par construction, arrogant, imbu de sa supériorité, vantard, c’est un privilégié… Pas faux, le parisien en vacances ou de retour au pays, est chiant ; nous sommes dans un pays où tout converge vers Paris : le chemin  de fer, les autoroutes, le pouvoir politique, économique, administratif, culturel, c’est la fameuse centralisation jacobine qui a maté les provinces rétives.

 

Je n’y suis pour rien même si j’ai travaillé 10 ans sous les ors de la République.

 

Après avoir, pendant les fameuses 30 glorieuses, exporté les couches populaires, celles qui habitaient tout en haut des immeubles et dans les arrondissements à gros numéros, dans le neuf3 et plus loin encore dans les champs de betteraves, Paris, comme le disent les sociologues, se gentrifie, c’est-à-dire qu’il accouche dans les 11 et 12e des fameux bobos.

 

morvan-2007.jpg

 

Je n’y suis pour rien, mon 14e limite 13e, face au métro aérien, n’entre pas dans cette catégorie tout en ne faisant pas partie des beaux quartiers de l’Ouest.

 

Et pourtant, mon front est barré par l’étiquette : « privilégié ». J’assume j’ai payé mes 80 m2 avec terrasse de 10 m2, à crédit sur 15 ans à des taux qui n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Si les prix de revente sont indécents je n’y suis pour rien : je ne spécule pas.

 

Bref, en dépit des lazzis, des moqueries, de mon étiquette d’infamie, je suis heureux de vivre à Paris pour y couler une retraite de vieil homme indigne.

 

Mais Paris c’est le siège du pouvoir, tout ce qui manifeste converge vers Paris pour défiler. Fut un temps où les manifs Nation-République, bien encadrées, par les services d’ordre ne perturbaient guère notre vie. Depuis quelques années, la violence s’est installée et depuis l’irruption des Gilets Jaunes, des Black Block, des grèves à rallonge, des anti-PMA, c’est la guerre dans les rues.

 

Denfert-Rochereau est souvent un point de départ. Alors, autour de chez moi, c’est fort Chabrol, ça ne me dérange pas trop vu que je circule à vélo mais les chenilles de cars qui crachent leur gaz d’échappement, les sirènes, la brigade motorisée, les pétards, les fumigènes, les lacrymogènes, les haut-parleurs braillards, le feu dans les poubelles, la destruction du mobilier urbain, l’explosion des vitrines c’est d’abord pour notre gueule.

 

Ça coûte un bras aux finances publiques tout ça.

 

À qui la faute me rétorquera-t-on ?

 

Aux gouvernants bien sûr qui ne savent pas négocier, qui se la jouent Thatcher…

 

Aux extrémistes de Sud, de la CGT-rail et énergie, à la base, la lutte finale, le capitalisme terrassé…

 

Minceur des effectifs syndicaux, confusion entre défense du service public et défense d’un statut, une opposition inconsistante, sans projet alternatif, des gouvernants déconnectés, un haut patronat vivant dans une autre sphère, pour réformer il ne reste plus que le passage en force que permet la constitution de la Ve République.

 

Tout ça pour dire que PARIS reste le point de coagulation, de crispation de notre vieux pays et que l’habitant de Paris que je suis, aux prochaines élections municipales, va devoir compter sur un mode de scrutin particulier, que cette ville capitale partage avec Marseille et Lyon.

 

C’est l’œuvre de Gaston Deferre.

 

Résultat de recherche d'images pour "photos defferre Edmonde Charles Roux"

 

Gaston Deferre, l’indéboulonnable maire de Marseille, le mari d’Edmonde Charles-Roux la romancière d’oublier Palerme, l’ex monsieur X de JJSS et de Françoise Giroud, celui qui avait pris une belle veste à la Présidentielles de 1969, celui sans qui le vorace Mitterrand n’aurait pas fait une OPA sur le PS au Congrès d’Epinay au détriment du vertueux Savary, fut en 1981, l’un des poids lourds du gouvernement Mauroy (Ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, le premier de la liste – il y avait 5 Ministre d’Etat : Nicole Questiaux Solidarité Nationale pour le Cérès, Michel Jobert Commerce Extérieur, le rallié, Michel Rocard le Plan et l’Aménagement du Territoire un placard pour la 2e gauche, Jean-Pierre Chevènement , la Recherche et la Technologie, pour le calmer face à Jacques Delors le réformiste à l’économie et finances.)

 

Le Tonton savait doser en fonction des courants du PS. Dans le gouvernement Mauroy 2, suite à la marée rose et le ralliement du PCF, Nicole Questiaux sera rétrogradée au profit de Charles Fiterman, n°3, Ministre des Transports.

 

La grande œuvre du début du septennat de l’homme aux incisives rabotées, hormis bien sûr l’abolition de la peine de mort, fut sans conteste la décentralisation.

 

Adoptées à partir de 1982, les lois Defferre  correspondent à la volonté politique de la gauche, de réaliser une profonde décentralisation de l’administration française. Je ne vais entrer dans le détail de ces textes, ce serait peu digeste, mais simplement souligner que Deferre, maire de Marseille, a pris sa revanche sur la tutelle des Préfets.

 

« Gaston Defferre avait le soutien et de Pierre Mauroy, qui était un décentralisateur convaincu, et de François Mitterrand, qui avait donné la consigne d'appliquer ses 110 propositions. Le ministre d'Etat était favorable aux communes, tandis que le Premier ministre et son conseiller, Michel Delebarre, étaient des partisans de la région. Quant au président de la République, il était admis qu'il était départementaliste, car il avait été président du conseil général de la Nièvre. Mais il est peu intervenu. Entre tous les échelons de collectivités, Gaston Defferre n'a pas voulu trancher. Il voulait avant tout avancer et ce genre de questions aurait entraîné un blocage.

 

A l'Assemblée nationale, la droite a ouvert le procès du "démantèlement de l'Etat". En outre, la pérennité du gouvernement socialiste n'étant pas, selon la droite, assurée, nous étions accusés de vouloir créer des fiefs pour pouvoir, plus tard, rebondir localement. Après ce procès politique assez spectaculaire, mené notamment par Michel Debré, le Sénat nous attendait avec l'intention délibérée de retarder l'adoption du texte par tous les moyens. La discussion a effectivement été très longue jusqu'au mois de novembre. A ce moment, nous avons conclu avec l'opposition un accord politique sur la question du statut de Paris. Le gouvernement avait dans un premier temps écarté l'idée de transférer l'exécutif départemental au maire de Paris – à l'époque il s'agissait de Jacques Chirac, qui était aussi le chef de l'opposition. Le jour où Gaston Defferre a donné son feu vert à un transfert de l'exécutif départemental à Paris, la discussion au Sénat a avancé plus rapidement. L'Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi dans la nuit du 27 au 28 janvier 1982. Nous voulions que la loi soit promulguée avant les élections cantonales de mars 1982 : notre objectif était atteint.

 

Éric Giuily a été l'un des principaux artisans de la réforme, conseiller de Gaston Defferre de mai 1981 à novembre 1982, puis directeur général des Collectivités locales (DGCL) jusqu'en juin 1986

 

D’où la loi Paris–Marseille–Lyon

 

La loi no 82-1169 du 31 décembre 1982 relative à l'organisation administrative de Paris, Marseille, Lyon et des établissements publics de coopération intercommunale, dite loi PML d'après le nom des villes concernées (à ne pas confondre avec PLM, correspondant à la Ligne de Chemin de Fer Paris - Lyon - Marseille), fixe un statut administratif particulier applicable à ces trois villes les plus peuplées de France. Elle a été adoptée dans le contexte de la loi de décentralisation (dite Loi Defferre) du 2 mars 19822.

 

Les anciennes mairies d'arrondissement sont transformées en structures élues à l'échelon local. Elles ne sont toutefois pas des mairies de plein exercice, et ne lèvent notamment pas d'impôts, mais répartissent les crédits qui leur sont délégués par la mairie centrale.

 

La loi PLM a été codifiée dans le Code général des collectivités territoriales.

 

Pour Paris, la loi PLM établit que les deux collectivités territoriales établies sur le territoire de Paris (la commune et le département) sont désormais gérées par des organes communs : le maire de Paris et le conseil de Paris.

 

Les compétences du maire de Paris demeurent par ailleurs limitées par les pouvoirs spécifiques dont dispose le préfet de police, issus notamment de l'arrêté des consuls du 12 messidor an VIII (qui détermine les fonctions du préfet de police à Paris) et par les textes qui l'ont modifié.

 

La ville de Paris a été découpée en arrondissements à la fin du XVIIIe siècle. A Lyon, leur création débute en 1852, et ceux de Marseille existent depuis 1946. Mais c'est la loi "PLM" qui a attribué un véritable rôle administratif et politique à ces subdivisions.

 

Depuis les élections municipales de 1983, chacun des 20 arrondissements parisiens et des 9 arrondissements lyonnais constituait un secteur électoral. A partir de 2020, Paris ne comptera plus que 17 secteurs après la fusion administrative des quatre premiers arrondissements. Fusionnés, ils s'appelleront "Paris Centre". Marseille est pour sa part composée de 8 secteurs électoraux qui regroupent, chacun, deux des seize arrondissements de la ville.

 

Pour schématiser, on peut dire qu'il y a autant de "mini-élections municipales" qu'il y a de secteurs électoraux. Chaque secteur, selon sa taille, envoie un certain nombre d'élus au conseil municipal.

 

En même temps que les conseillers municipaux, les électeurs élisent des conseillers d'arrondissement (ou de secteur à Marseille), qui figurent sur la même liste. Ces derniers désignent ensuite en leur sein le maire d'arrondissement. Les conseils d’arrondissement ont surtout un rôle consultatif pour toutes les affaires concernant leur territoire. Ils possèdent toutefois un pouvoir de décision sur l'équipement.

 

Comment est élu le maire de la ville ?

Comme pour les autres communes, les maires de Paris, Lyon et Marseille sont désignés par les conseillers municipaux élus. Dans chaque arrondissement, les conseillers municipaux sont désignés comme lors d'une élection municipale classique, au scrutin mixte de liste. La liste atteignant la majorité absolue au premier tour, ou arrivant en tête au second, remporte d'office la moitié des sièges. La moitié restante est partagée à la proportionnelle entre toutes les listes ayant dépassé les 5%, y compris celle arrivée en tête.

 

Prenons l'exemple d'un arrondissement où 12 sièges sont à pourvoir.

 

Dans l'hypothèse d'un second tour où une liste A l'emporte à 55% sur une liste B, la liste A remporte la moitié des sièges (6 sièges). Les 6 sièges restants sont répartis à la proportionnelle. Soit, dans l'exemple ci-dessous, 4 sièges pour la liste A et 2 pour la liste B. Au final, la liste gagnante obtient donc 10 sièges, contre 2 pour la liste défaite.

 

Pour remporter la ville, un camp doit gagner la majorité absolue des sièges au conseil municipal.

 

Aux municipales de 2014 :

 

Le 23 mars sur l'ensemble des arrondissements, les listes d'union de la droite UMP-UDI-MoDem soutenant la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet à la mairie de Paris devancent d'une courte tête les listes de gauche 35,91 % « Paris qui Ose » 34,40 % défendant Anne Hidalgo pour la succession du maire sortant Bertrand Delanoë, déjouant la plupart des pronostics et démontrant une certaine revitalisation de la droite parisienne, qui profite de son union au premier tour (son score est semblable au total UMP et MoDem de 2008) et de la baisse des listes socialistes. Néanmoins, le rapport de force global reste favorable à la gauche en son ensemble, laquelle est aussi particulièrement dominante dans les arrondissements stratégiques. L'affaiblissement relatif de la gauche à Paris, malgré une dynamique de campagne et un rapport de force en sa faveur, illustre la tendance nationale au fort recul du PS et de ses alliés dans un contexte de grande impopularité du Président de la République et du Gouvernement.

 

Les listes d'union UMP-UDI-MoDem sont les seules à remporter des arrondissements en un unique tour : les 1er, 6e, 16e et 17e accordent une majorité absolue aux listes conduites par Jean-François Legaret, Jean-Pierre Lecoq, Claude Goasguen et Brigitte Kuster, tandis que Philippe Goujon frôle l'élection au premier tour dans le 15e face à la liste menée par Anne Hidalgo elle-même. Contrairement à 2008, aucune liste de gauche ne fait de même. Toutefois dans les deux arrondissements clefs nécessaire à la droite pour reprendre la capitale, le 12e et le 14e — dans lequel se présente Nathalie Kosciusko-Morizet — les listes «Paris qui ose» sont nettement en tête. Les listes de Nathalie Kosciusko-Morizet et d'Anne Hidalgo sont les seules en mesure de se maintenir dans tous les seize arrondissements restant à pourvoir pour le 30 mars, et ainsi de récolter une majorité absolue sièges au Conseil de Paris à l'issue du second tour.

 

Les écologistes de Christophe Najdovski arrivent en troisième position dans la ville et améliorent sensiblement leurs résultats de 2008 : Europe Écologie Les Verts progresse de plus de deux points par rapport aux Verts six ans auparavant en récoltant 8,86 % des suffrages exprimés. Le seul maire écologiste sortant, Jacques Boutault arrive nettement en tête dans le 2e arrondissement contrairement à l'élection précédente. Les listes écologistes atteignent ou se rapprochent des 10 % dans la plupart des arrondissements (principalement à gauche) et peuvent ainsi se maintenir dans huit d'entre eux, détenus par la gauche, qui ne leur permettraient néanmoins pas, même dans le cas théorique d'une victoire totale dans ces huit secteurs, d'obtenir une majorité absolue au Conseil de Paris. Ils peuvent fusionner partout excepté dans les 7e, 8e et 15e arrondissements. Les négociations s'ouvrent au soir du premier tour avec le Parti socialiste, ouvrant la voie à une éventuelle fusion avec les listes socialistes et à un désistement de Christophe Najdovski en faveur d'Anne Hidalgo pour la mairie de Paris.

 

Après la signature d'un accord programmatique entre le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts le lundi 24 mars, les listes socialistes et écologistes sont fusionnées et portent les couleurs de la candidature d'Anne Hidalgo dans les seize arrondissements restant en jeu, conduites par les têtes de listes socialistes du premier tour, excepté dans le 2e arrondissement, où le maire écologiste sortant Jacques Boutault conduit le rassemblement de la gauche et des écologistes.

 

En revanche, il n'est pas trouvé de terrain d'entente avec Danielle Simonnet qui ne souhaitait qu'un accord technique de fusions tandis que les équipes d'Anne Hidalgo ne voulaient de fusion qu'en cas d'accord programmatique de majorité. Danielle Simonnet se maintient ainsi dans le 20e arrondissement et ses listes ne fusionnent nulle part. Le maintien de la candidature de Danielle Simonnet est également la conséquence d'une rencontre tendue entre Alexis Corbière, Paul Vannier, Sylvie Aebisher, Pierre Yves Legras, Pierre-François Grond, Roland Mérieux du parti de gauche d'un côté, et de Ian Brossat et Igor Zamichei du PCF Paris et de Rémi Féraud et Mao Peninou du PS, de l'autre côté, qui s'est déroulée le lundi 24 mars entre 2h30 et 4h00 du matin, au siège de la Fédération socialiste du PS, pour discuter de l'entre -deux-tours.

 

En 2020 le paysage a changé :

 

  • Y’a plus de PS ou presque.

 

  • Les écologistes ont le vent en poupe profitant de l’appel d’air créé par la déconfiture du PS.

 

  • En Marche se paie le luxe de 2 candidats : 1 Griveaux sous-produit du PS peu sympathique et  Villani, ancien président du comité de soutien d’Hidalgo en 2014, un peu foutraque mais séduisant.

 

  • Les Républicains avec la Dati qui plaît à la NAP.

 

  • La France Insoumise de Mélenchon en proie aux aigreurs du chef et de sa stratégie populiste.

 

Les sondeurs qui, en temps ordinaire, ont toujours eu du mal à sortir des pronostics fiables pour Paris vont être bien en peine pour tracer une tendance crédible.

 

Virer en tête ne suffit pas, il faut au second tour disposer de réserves de voix dans les arrondissements stratégiques.

 

La clé pour Hidalgo ce sont les Verts avec qui elle a gouverné.

 

Si, En Marche exclut Villani celui-ci deviendra la clé soit pour les Verts, soit pour Hidalgo, Griveaux prendra une belle veste, maintiendra-t-il  ses listes ou tentera-t-il de faire liste commune ? Mais avec qui ?

 

Dati disposera d’une réserve de voix chez les électeurs de droite de Griveaux au premier tour si celui-ci se retire.

 

L’entre-deux tours va être sportif.

 

Une certitude, ou presque, le parti présidentiel sera considéré comme le grand perdant.

 

Une incertitude : les Verts sauront-ils nouer les bonnes alliances pour gagner ou se jetteront-ils dans les bras d’Hidalgo ?

 

Une tendance : comme Emmanuel Macron Anne Hidalgo risque de bénéficier de l’éparpillement de ses adversaires et des voix de certains électeurs de FI pour qui elle est encore de gauche.

 

Une constatation : le 14 e sera déterminant, ma voix contera...

 

Une remarque : aux Municipales de 2014

Nathalie Kosciusko-Morizet dit qu'elle est majoritaire en voix à Paris. Et si elle avait raison? ICI 

 

Je préfère la vraie citation :

 

« La couronne vaut bien une messe. »

Sully (1560-1641)

 

Mot sans doute jamais dit par Henri IV, malgré ce qui est souvent écrit - et Paris remplace la couronne, d’où deux erreurs pour six mots. La citation est attribuée à Sully, dans le recueil satirique des Caquets de l’accouchée (1623), satire anonyme. Elle résume la situation de fait et l’état d’esprit du roi qui finira par se convertir au catholicisme. Sully, quant à lui, restera protestant. La religion d’un ministre des Finances n’a pas la même importance que celle du roi de France !

 

Henri IV fait annoncer sa prochaine conversion-abjuration par l’archevêque de Bourges, le 17 mai 1593. C’est bien joué contre ses ennemis de la Ligue ultracatholique qui tient Paris, avec les Espagnols (nos ennemis).

 

En effet, deux cas de figure :

 

  • pour garder sa couronne avec qui Hidalgo va-t-elle s’allier au second tour ?

 

  • pour gagner la couronne d’Hidalgo avec qui les Verts vont-ils s’allier au second tour 

 

Affaire à suivre même si Paris et les Parisiens vous sortent par les yeux…

Municipales 2020 à Paris : Isabelle Saporta rejoint finalement Cédric Villani, « un homme libre » ICI 

Après avoir lâché Gaspard Gantzer, l’ancienne journaliste préfère soutenir le mathématicien dissident plutôt que les écologistes.

L’ancienne journaliste Isabelle Saporta rejoint Cédric Villani en vue des municipales 2020.

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 06:00
Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

J’ai croisé de Kervasdoué au temps où, chez Pierre Mauroy, premier Ministre de Tonton première formule, il occupait le poste au cabinet, dirigé par Robert Lion, de chargé de mission pour l’agriculture. Ses relations avec Edith Cresson, la toute nouvelle ministre de l’Agriculture, et son cabinet composé d’une bande d’étatistes forcenés, relevaient de la guerre larvée. Il fut exfiltré et nommé au Ministère de la Santé comme directeur des hôpitaux, ce qui ne manqua pas de surprendre les hauts représentants des paysans.

 

C’est un IGREF,  titulaire d’un MBA et d’un doctorat en socio-économie de l'université Cornell aux États-Unis. L’homme est impérieux, tranchant, bardé de certitudes, délivrant ses sourates d’ingénieur, à l’époque où je le croisais, tirant sur sa pipe, j’avais le sentiment qu’il était totalement hors-sol.

 

Sa fiche Wikipédia oublie cet épisode de son parcours professionnel, tout comme la période d’avant 1981 où il fut très proche de Pierre Méhaignerie au Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture. Il n’est plus que le directeur des hôpitaux au ministère de la Santé, de 1981 à 1986. Il a quitté la fonction publique à la fin des années 80.

 

Jean de Kervasdoué (nom usuel de Jean de Kerguiziau de Kervasdoué) est un professeur d'économie français né le 28 décembre 1944 à Lannion. Il est titulaire de la chaire d'économie et de gestion des services de santé du conservatoire national des arts et métiers (CNAM)] et membre de l'Académie des technologies

 

Économiste spécialiste des hôpitaux, il est très critique du système de santé français, dénonçant le peu d'attention accordée au malade et la trop grande intervention de l'État. Il plaide par exemple pour une plus grande autonomie des hôpitaux et dénonce les acteurs des hôpitaux, qui, selon lui, « confondent service du public et service public, voire défense du statut public ». Il dénonce la centralisation excessive du système de santé et prêche pour l'autonomie complète des établissements hospitaliers.

 

Il est très critique envers les média et le manque de professionnalisme de certains journalistes et est opposé à l’inscription, sous sa forme actuelle, du principe de précaution dans la Constitution du 4 octobre 1958, écrivant ainsi : « La faille la plus profonde de ce principe de précaution, son péché originel est un péché d'orgueil. Il laisse croire que l'on pourrait se prémunir de tout car l'on pourrait toujours déceler la cause d'une catastrophe potentielle »

 

Comme je suis un fouineur j’ai retrouvé enfoui au CNAM son CV ICI

 

Résultat de recherche d'images pour "Jean de Kervasdoué photo"

 

ETUDES

 

1971-1972 Université « Cornell » Doctorat en Socio-Economie (Ph.D.)

 

1969-1970 Université « Cornell » Master in Business Administration (MBA)

 

1967-1969 Ecole Nationale du Génie Ingénieur du Corps du GREF

 

1964-1966 Institut National Agronomique Ingénieur Agronome (Paris)

 

1966-1967 Service Militaire Détachement du Corps du GREF au  Ministère de la Coopération. Affectation à l’Union Nigérienne de Crédit  et de Coopération, responsable de cet  organisme pour les provinces de TAHOUA  et AGADES

 

EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

 

1980/1981 Directeur du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1979/1980 Directeur adjoint du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1975/1979 Responsable des Etudes Economiques à  l’Assistance Publique de Paris

 

1973/1980 Chargé de Recherche à l’Ecole polytechnique, puis Maître de Recherche (directeur de recherche de deuxième classe) à partir de  1980.

 

Bien sûr, il chronique au POINT, voiture-balai des penseurs soi-disant iconoclastes, des convenus, des sachants assommants, des hors-sol suffisants.

 

Pour autant le sieur Jean de Kerguiziau de Kervasdoué ne profère pas que des insanités, je partage beaucoup de ses vues sur les hôpitaux, mais, à sa manière, sous le vernis de l’ingénieur, c’est un rageux. Notre vieux pays s’installe ainsi dans l’affrontement, les postures extrêmes, l’excommunication de l’autre camp, tout ce qu’un vieux rocardien comme moi exècre.

 

Nos penseurs sont hors-sol, loin du cambouis du terrain, ils pontifient, se mettent en valeur, ne cherchent pas à convaincre, contribue à fragmenter notre société déjà bien éparpillée. Nous avons un stock de sociologues et d’autres logues qui fait son miel des Gilets Jaunes, du glyphosate, des OGM, de l’agribashing… tels les missionnaires de mon enfance vendéenne ils prêchent du haut de leur chaire… par bonheur, eu égard au discrédit de la presse, les paroissiens se font rares.

 

Résultat de recherche d'images pour "Jean de Kervasdoué photo"

 

Mais, comme je sais trier le bon grain de l’ivraie, que je n’adore aucun dieu biodynamique ou cultive des croyances vertes, que je suis un bon vivant qui mange bon, boit bien, et autres plaisirs, je vous invite à le faire dans sa dernière chronique dans la rubrique Débats :

 

Kervasdoué – Révolution dans la cuisine publié le 20/01/2020

 

Il n'existe pas de produit miracle ou très mauvais pour la santé. L'alimentation reste donc un merveilleux terreau pour les charlatans de tout poil. Par Jean de Kervasdoué

 

La cuisine est un des ciments de la société française. Si, autour de la machine à café, la conversation se porte sur le gigot de sept heures ou la tarte Tatin, chacun évoquera avec passion les grandes lignes de sa recette, et cela, quel que soit le milieu social. Des concours de cuisine sont projetés sur les chaînes de télévision aux heures de grande écoute. La pâtisserie se vend comme des produits de luxe et les grands chefs sont plus que jamais des stars médiatiques. L'excellence française est, dans ce domaine, mondialement reconnue.

 

La continuité des habitudes alimentaires n'est toutefois qu'apparente, car cuisiner prend du temps et devient une occupation de week-end. On ne déjeune plus en semaine à la maison, l'épouse ne prépare plus de « gamelle », d'autres habitudes se sont prises à la cantine ou au restaurant d'entreprise. Le soir, le prêt-à-manger fait la fortune des fabricants de surgelés et des livreurs à domicile. En quelques années, l'offre des marchés forains s'est enrichie de plats cuisinés. Alors que la choucroute et le poulet rôti-pommes de terre ne datent pas d'hier, les marchands de paella ou de potée auvergnate remplacent aujourd'hui les étals traditionnels. Quant aux supermarchés, outre les conserves et les plats surgelés, on y trouve des fruits prédécoupés, des salades, des entrées froides, des gâteaux… si bien qu'il suffit de sortir ces mets de leur emballage avant de passer à table.

 

Les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie

 

À Paris, 25 % des habitants ne préparent plus jamais de repas et, en toute logique, des appartements sans cuisine se vendent. Quant aux plus aisés, s'ils aménagent des cuisines luxueuses, ils ne se servent quotidiennement que du congélateur et du four à micro-ondes. Le rythme des repas change. On mange à toute heure, et si les fast-foods servaient déjà en permanence, c'est aussi le cas des restaurants traditionnels des quartiers touristiques.

 

La diversité de l'offre se manifeste aussi par le choix du type de cuisine : chinoise, japonaise, italienne, grecque, turc, marocaine, basque, bretonne, corse, lyonnaise, alsacienne… sans parler des plats végétariens, voire végans, avec ou sans gluten ! Ces choix multiples bouleversent l'industrie agroalimentaire et l'organisation de sa chaîne de distribution. Il n'y a plus deux ou trois types de consommateurs, mais des dizaines et quelques tendances fortes : les boucheries ferment, les poissonneries se font rares et les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie en demandant le taux d'antioxydant d'un fruit, ou le pourcentage d'oméga-3 d'une huile végétale. Les applications du téléphone portable (Yuka, Kwalito, Open Food Facts, Foodvisor…) se multiplient et précisent le contenu nutritionnel de ce qui a été acheté, il suffit alors de scanner le code-barres de l'étiquette ; quant à « Fruits et légumes de saison », ce site Internet rappelle qu'il y a des saisons et que les fruits et les légumes ne viennent pas à maturité tout au long de l'année en culture de plein champ ! Alim'confiance permet de consulter le circuit de distribution des aliments et se base sur les informations fournies notamment par l'Inspection des fraudes. Enfin, il ne faut pas oublier Nutri-Score qui, par un code couleur allant du A (vert) au E (rouge), indique, nous dit-on, « la qualité nutritionnelle d'un aliment ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on tente d'informer les Français qui ont aussi en tête les messages du ministère de la Santé rappelant qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour, éviter de grignoter, de manger trop gras, trop salé, trop sucré et faire de l'exercice physique.

 

La suite ICI

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents