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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 00:05

Chez moi le pépé Louis et Arsène mon père portait en semaine un black béret (traduire béret noir®). Le dimanche, le pépé, très soucieux de son allure, arborait un chapeau feutre qui allait bien avec ses moustaches à la Foch alors que son fils, papa, plus modeste allait tête nue. Pour nous, pauvres bouseux de la Vendée profonde, ce béret était basque. Imposture absolue que continue de colporter le digne Robert en dépit des origines béarno-gasconne du berret qu’il atteste dans sa définition. Si voulez faire sortir sa rapière à tout gascon qui se respecte qualifiez de basque son inséparable couvre-chef. Ayant sévi, dans le cadre de mes missions de pompier volant, là où le bonheur est dans le pré : le Gers, pour exercer mes « indéniables talents » de conciliateur – pensez-donc en provenance du rival honni le Cognac les gascons m’avaient réclamé – j’ai bien sûr rencontré le plus célèbre winemaker gascon : André Dubosc, l’âme de Plaimont. 


Chou-7074.JPG

 

Mathilde Hulot, dans son opus Visages de Vignerons Figures du Vin chez Fleurus, où André figure en couverture en chemisette cravate et black béret, écrit « En fait, André Dubosc est fier, si fier de son pays qu’il ne supportait plus, il y a trente ans, de voir les vins de sa terre vendus une misère – 62 centimes de francs le litre – en Vin de Table de Loire ou de Bordeaux ! On ne disait surtout pas qu’on avait acheté un vin du Gers, la honte ! « Vous imaginez ? Nous les gascons, comment pouvait-on accepter cela ? » Et pourtant, ils s’en accommodaient très bien, les vignerons vendaient leurs raisins à la coopérative du coin et filaient à la palombe. Hors de question de rater la palombe : on vendangeait vite, et tant pis si ce n’était pas mûr ! De toute façon, les jus de la treille partaient au pire, à la distillation. Pour faire de l’armagnac. Ça l’armagnac, on en était fier. Un beau produit, typique de la région, seul problème : « C’est invendable ! »

 

André fut un lecteur pointilleux, gascon pour tout dire, de mon fichu rapport. Même aujourd’hui il promène dans sa serviette une photocopie de quelques-unes de ses pages – la 61 surtout – et si vous voulez bénéficier de sa démonstration sur le force du modèle champenois marque-origine : branchez-le ! Le gascon est un bretteur et le vendéen que je suis un accrocheur, alors imaginez-vous ce qu’une discussion entre nous peut donner. Comme j’adore taquiner André, puisqu’il proclame dans le livre de Mathilde « En bon gascon, je suis fier de ne pas parler anglais. Je suis le personnage qu’on promène. » je lui ai concocté un titre so british. N’empêche, n’en déplaise aux individualistes forcenés, que ce sont des hommes de la trempe d’André Dubosc à qui nous devons l’impact d’un collectif sur l’ensemble d’un vignoble tel que celui de Saint Mont. « Tous pour chacun/chacun pour tous » proclamaient les « vignerons libres » de la « Cave coopérative commune » de Maraussan en 1901. 


photo_btlle2-b.gif

 

Alors lorsqu’à Vinisud, où les Gascons qui sont à l’Ouest de South of France avaient eu l’audace de présenter aussi leurs vins (Vinisud n’est pas Vini Languedoc), mon regard acéré est tombé sur une bouteille affichant fièrement sur son étiquette : béret noir®, je me suis dit : oui mais bien sûr ! Hommage rendu à André Dubosc qui maintenant a pris du champ et, sans faire de jeu de mots, un beau coup de chapeau à son travail inlassable que d’afficher sur un beau flacon, destiné au réseau des cavistes et du CHR, la symbolique du béret porté, chaque jour que Dieu fait, par des générations de vignerons gascons de Plaimont. Fierté de ses origines, ce béret noir® c’est bien un morceau de son pays qu’il porte fièrement sur ses flancs. Fils du cépage roi de l’appellation : le Tannat (70%) ce Saint Mont, rond et d’une belle fraîcheur, agile comme un bon bretteur, séduisant comme le chevalier de Pardaillan (nostalgie des films de cape et d’épée des années 60)  a tout pour séduire, comme le chantait Françoise Hardy lorsqu’elle avait 20 ans – moi aussi ou presque – « tous les garçons et les filles de mon âge... » Simplicité, convivialité, ce béret noir® vous allez l’adopter pour vos petites bouffes entre amis, chez vous ou au dernier petit bistro que vous venez de dénicher.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

miss béret noir 07/03/2010 09:11


sauf que comme les palombes, les bérets noirs aiment aussi voyager et s'affichent partout, dans le métro parisien...à vinisud...et même très récemment se sont offert une pause à
New York...


Norbert 06/03/2010 14:11


Fort bien, mais que devient la palombe?


JACQUES BERTHOMEAU 06/03/2010 14:25



Elle fait des folies de son corps avec Alain Bougrain-Dubourg


ou de façon plus plausible : puisque le raisin est vinifié par la cave de Plaimont le vigneron passe encore beaucoup de temps dans la palombière.



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