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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 06:00

Bruno Latour

Au temps où j’allais aux ventes des Hospices de Beaune, le moment le plus agréable de mon séjour était le déjeuner du dimanche à la table de Louis-Fabrice Latour, il y flottait comme un je ne sais quoi du charme discret d’une longue lignée : les Latour, à cent lieues de l’ostentation de certains « nouveaux riches » châtelains bordelais, les Magrez, de Boüard et autres boutiquiers de la GD.

 

Ça tenait du rituel, le dimanche matin, Louis-Fabrice ouvrait brillamment la journée dans l’imposante et frigorifique salle des Pôvres* de l’Hospice de Beaune, par la Conférence de Presse, un vrai régal, des chiffres, des tendances, un sujet parfaitement maîtrisé. « La petite musique discrète du négoce bourguignon se doit d’être écoutée avec attention car ma vieille expérience des instances nationales m’ont appris qu’il y exerce une influence, là encore discrète mais certaine. Bien plus que la flamboyance bordelaise un peu déconnectée du ventre du marché mondial, pratiquant le grand écart entre des prix stratosphériques et des prix de misère, le négoce bourguignon avance pas à pas en prenant soin de ne pas déséquilibrer ses marchés traditionnels par des prix trop liés à la spéculation des nouveaux riches. » novembre 2010.

 

Et puis, après avoir croqué des gougères, humecté nos papilles, en procession nous nous rendions au 18 rue des Tonneliers siège de la maison Louis Latour.

 

Louis Latour, le patriarche de cette maison bicentenaire fondée en 1797 après de premières acquisitions lors de la vente des Biens Nationaux. Louis-Fabrice, qui a repris les rênes en  1999,  notait avec son humour habituel : « Au cours de son histoire la maison a fait des coups d’accordéon entre le domaine et le négoce. Elle n’était que la 40e maison bourguignonne lorsque mon père l’a rejointe aux prémisses des années 1950… ».

 

Louis-Fabrice Latour dans ses caves (Crédits photo : Manuel Braun)

Louis-Fabrice Latour dans ses caves (Crédits photo : Manuel Braun)

 

Jean-Francis Pécresse dans les Échos en décembre 2018 qualifiait Louis-Fabrice de plus Bourguignon des Bourguignons

 

« Sa destination n'est pas l'Oregon. Quand la plupart des grands noms de sa région – Drouhin, Jadot, Lafon, Méo... – sont allés tenter l'aventure américaine, dans ce nouveau Far-West viticole qu'est cet Etat au nord de la Californie, là où chardonnays et pinots trouvent des conditions similaires à celles de la Bourgogne, lui refuse de partir.

 

Et s'accroche à cette terre viticole qu'ont exploitée avant lui, depuis plus de deux siècles, onze générations de Latour - dont presque autant de Louis. Si, à bientôt cinquante-cinq ans, Louis-Fabrice Latour ne ressent toujours pas d'envie d'ailleurs, ce n'est pas par vertige des grands horizons, c'est que lui, le plus Bourguignon des Bourguignons, pense que l'on n'en a pas fini avec son pays.

 

« L'histoire de la Bourgogne reste à écrire », assure celui dont le père, Louis (!), en écrivit le récit le plus érudit.

 

Belle transition, un jour, par le courrier, me parvint la somme de Louis Latour.

 

grololo-001.JPG

26 mars 2012

La SOMME de Louis Latour «Vin de bourgogne Le parcours de la qualité 1er siècle-XIXe siècle» Belles feuilles : la variation des couleurs est une tradition bourguignonne ICI 

 

Louis Latour, né à Aloxe-Corton en 1932, est mort à Beaune (Côte-d’Or) le 5 avril. Il a été enterré dans le cimetière d’Aloxe-Corton, auprès de tous ses ancêtres. Issu d’une longue lignée de négociants en vin de Bourgogne, il était désigné comme Louis VI dans son clan familial, où les aînés portent le même prénom. ICI 

 

Bruno Latour

 

Mais restait dans cette lignée à vous parler de Bruno Latour Une star dans le monde des idées

THE GUARDIAN - LONDRES

Publié le 22/02/2020 -  ICI 

 

« Longtemps professeur à l’École des mines de Paris, avant de rejoindre Sciences Po en 2006, Bruno Latour est, selon The New York Times Magazine, « le philosophe français [actuel] le plus célèbre ». Issu d’une lignée de négociants en vin de Bourgogne (la prestigieuse Maison Louis Latour), ce sociologue et philosophe des sciences est une “figure à la renommée internationale”, qui fut au cours de sa carrière professeur invité à la London School of Economics (LSE) et au sein du département d’histoire des sciences de Harvard. »

 

Son premier livre (La Vie de laboratoire, coécrit en 1979 avec le sociologue britannique Steve Woolgar, éditions La Découverte) appliquait des méthodes ethnographiques à l’observation du quotidien d’un laboratoire de recherches. Il est resté comme “un texte fondateur dans la discipline naissante de l’étude des sciences et des technologies”, selon le magazine. Dans ses autres travaux des années 1970 et 1980, Bruno Latour a développé la thèse selon laquelle les faits scientifiques doivent être considérés comme le produit de processus sociaux et institutionnels, et non simplement comme la manifestation d’une vérité qui attendait d’être découverte. Comme l’explique The New York Times Magazine, « que les faits scientifiques soient confirmés ou démentis ne repose pas sur leur véracité proprement dite, mais sur la stature des institutions et des pratiques qui ont permis de produire ces données et de les rendre intelligibles ».

 

Un propos longtemps controversé, mais qui est aujourd’hui considéré comme l’un des modèles d’analyse les plus pertinents pour comprendre la formation et la diffusion des fake news en matière de sciences. Pour le magazine américain, Bruno Latour est même devenu un auteur essentiel « dans l’ère de post-vérité où toute notre société est maintenant condamnée à vivre ».

 

Ce sociologue et philosophe des sciences compte parmi les intellectuels français les plus réputés à l’étranger. Mais, loin de se cantonner aux amphithéâtres, Bruno Latour conçoit depuis plusieurs années avec la metteure en scène Frédérique Ait-Touati des conférences-performances uniques en leur genre.

 

La chercheuse et metteure en scène Frédérique Aït-Touati et Bruno Latour ont créé ensemble cinq spectacles, dont Moving Earths. PHOTO THÉÂTRE NANTERRE-AMANDIERS

PHOTO THÉÂTRE NANTERRE-AMANDIERS

 

Bruno Latour est un philosophe qui met en scène des vérités difficiles. Dans son étonnante conférence-spectacle Moving Earths, il décrit « la trajectoire parallèle de l’ordre social et cosmique, en route vers un double effondrement politique et écologique ». Latour a abondamment utilisé le théâtre pour présenter ses réflexions sur des questions aussi variées que la microbiologie, le discours politique, la géologie, la cosmologie, la démocratie, la théologie et tous les aspects de l’existence qui sont aujourd’hui profondément ébranlés par les dérèglements climatiques.

 

À mi-chemin entre le spectacle, le sermon, l’expérimentation, l’hypothèse et l’incantation, Moving Earths dresse un parallèle entre la théorie héliocentrique – et hérétique – de Galilée et « l’hypothèse Gaïa » avancée dans les années 1970 par le climatologue James Lovelock, qui conçoit la Terre comme un système dynamique, autorégulé et en lien intime avec les activités humaines.

 

Oser « épater la galerie »

 

Le spectacle s’achève sur deux images fortes : une photo des représentants du G7 attablés comme dans la Cène lors du sommet de Biarritz – avec le fauteuil vide du Judas-Trump ; et le regard furieux de Greta Thunberg en direction de Trump alors que celui-ci lui passe devant dans un couloir des Nations unies. Pour le philosophe, ces deux protagonistes « habitent deux planètes radicalement différentes : celle de Trump est infinie ; celle de Greta est une planète de finitude qui s’émeut [un écho à la célèbre exclamation de Galilée à propos de la Terre : ‘Et pourtant, elle se meut !’, également traduite ‘Et pourtant elle tourne !’]. Nous nous rendons compte que nous la connaissons très mal et qu’elle change aujourd’hui de manière incontrôlée. »

 

La suite ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de la salle des pôvres"

*La salle des Pôvres inaugurée en 1542, aux dimensions majestueuses (46,30 m de long et 16 de haut), avec sa superbe  voûte en carène de navire. Elle abrite les couches des malades, toutes couvertes de rouge, et orientées vers la chapelle afin que les pensionnaires puissent suivre les offices dans les meilleures conditions possibles. C’est  un bijou d’architecture, comme l’ensemble, dû à Nicolas Rolin où tout y est « Plus beau, plus grand, l'Hôtel-Dieu de Beaune sera achevé en neuf ans, mobilisant les artistes les plus prestigieux du pays des Flandres, associés à ceux du vieux cœur de la Bourgogne. Loin d'être passive, la population prêta son concours à l'édification de ce chef-d'œuvre de l'architecture gothique. »

Le 23/02/2020

Bruno Latour, sa pensée et son influence ICI 

 

Sociologue, anthropologue, philosophe, Bruno Latour est l'un des intellectuels les plus traduits et commentés au monde. "Soft Power" consacre une émission-portrait à ce penseur hors-normes en se concentrant sur sa pédagogie, son rapport aux arts et aux numérique.

 

En ce dimanche de chasse-croisé des vacanciers des zones A, B et C, nous avons souhaité prendre un peu de recul (ou plutôt « atterrir » sur terre », sur le terrestre) dans « Soft Power » en nous intéressant à un penseur « hors-norme », un philosophe « hors champ » qui est aussi un historien des sciences et un sociologue : Bruno Latour. 

L’œuvre de Latour influence aujourd’hui nos secteurs créatifs, celui des medias, du numérique, de l’art et son influence, d’ailleurs, dépasse largement nos frontières. L’oeuvre de Bruno Latour a été présenté régulièrement sur cette chaine dans “Affinités électives”, dans “La Suite dans les idées”, dans “Les chemins de la philosophie” ou encore dans “Hors Champs” ou “Place de la Toile” et nous écouterons d’ailleurs dans cette émission plusieurs extraits empruntés à ces programmes. 

 

Ses ouvrages les plus connus sont La Vie de laboratoire (1979) , La Science en action (1987) et Nous n'avons jamais été modernes (1991). Parmi ses principales influences, on peut mentionner Ludwik Fleck, Michel Serres, Harold Garfinkel (ethnométhodologie), David Bloor, Gilles Deleuze et Gabriel Tarde.

Bruno Latour est membre du comité d'orientation de la revue Cosmopolitiques.

 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 07:00

Affiche publicitaire pour la cigarette Marocaine, produit phare de la manufacture de tabac de Grandson, réalisée en 1945 par   André Simon. Museum für Gestaltung Zürich, Plakatsammlung, Zürcher Hochschule der Künste.

La Journée des Droits des Femmes est née en Russie.

 

Le 8 mars 1917, à Petrograd, devenue Saint-Pétersbourg, des femmes descendent dans les rues pour faire entendre leur voix. Elles réclament de quoi manger et le retour de leurs époux partis au combat : c'est le début de la Révolution russe mais aussi celle des femmes du globe. Face à la misère et au froid, elles font grève et demandent la paix en marchant pacifiquement. C'est ainsi que la date du 8 mars est devenue une date-clé. En 1921, Lénine proclame le 8 mars comme étant la Journée des Femmes, en mémoire à celles qui ont fait naître la Révolution russe. Discours et affiches de propagande invitent les travailleuses opprimées à se rallier aux contestations communistes pour défendre leurs droits.

 

REVUE DE PRESSE HISTORIQUE du TEMPS de Genève

 

Les femmes stigmatisées

 

«Souvent stigmatisées pour leur participation» aux manifestations de mécontentement, les femmes furent par exemple «les instigatrices d’une grève à la fabrique de cigares Vautier d’Yverdon, en mai 1907». Fermée par British American Tobacco en 1975 qui l’avait rachetée quinze ans auparavant, la plus ancienne et plus importante manufacture de tabac vaudoise s’était étendue de Grandson à Yverdon en 1858, où apparurent les premières machines à fabriquer des cigarettes en 1893. Industrie aujourd’hui en déliquescence, mais qui a longtemps fonctionné dans la Broye et le Nord vaudois avec des «petites mains» en majorité féminines.

 

A cette époque, «l’opinion publique, hostile aux grévistes en général, se montre particulièrement dure envers les femmes». La Gazette de Lausanne du 30 mai 1907 fustige les ouvrières en grève qui ont la prétention de continuer d’amener leurs enfants à la crèche, alors que cette dernière est faite pour celles qui travaillent. Mais comme cette presse-là est jugée bourgeoise, on l’envoie au diable, et l’on appelle déjà à la révolte contre la «double journée».

 

«Tout commence, comme le racontait La Liberté en 2014, lorsque, début mai, des ouvrières tentent de créer un syndicat.» En représailles, leur patron, Henri Vautier, licencie sept travailleuses le 23 mai: «Depuis quelque temps, […] quelques [ouvrières] circulaient dans les ateliers avec des listes et forçaient plus ou moins les autres à signer comme quoi elles s’engageaient», lit-on dans un rapport de police cité par l’historien Claude Cantini. Le soir même, un secrétaire ouvrier négocie le réengagement des ouvrières remerciées, comme le résumera à la une le Journal de Genève une semaine plus tard, certain et rassuré que les autorités sauraient «sans doute faire cesser rapidement cette agitation».

 

Un événement emblématique la suite ICI 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 06:00

 

Au temps où je courrais les galeries j’ai acquis à la Galerie Flak 8 rue des Beaux-Arts dans le 6e arrondissement un tableau de la période Toscane (2004) de Didier CARFANTAN. Je crois me souvenir que nous avons échangé du courrier mais je n’en retrouve pas la trace.

 

Ce tableau est accroché en bonne place, en pleine lumière du sud, dans la pièce à vivre chez moi. (Photo titre)

 

Dimanche matin dernier, suite aux louanges de la mouche du coche, je ne sais quelle autre mouche m’a piqué mais j’ai entrepris une recherche sur internet pour retrouver les œuvres de cet artiste.

 

Peu sauf, ce tableau.

 

Oeuvre de Didier Carfantan, La petite Table, à l'huile sur toile

La petite Table , 1992

huile sur toile vendu le 18 janvier 2018 par Mutual Art

 

J’ai appris que l’artiste était décédé en 2007.

 

Puis, j’ai découvert qu’en mai 2011 l’association les « Ailes Du !… » organisait un exposition au Château de l’Hermine à Vannes

 

Enfin, à travers cette manifestation, l’association a également souhaité rendre hommage à Didier CARFANTAN, artiste peintre disparu en 2007. Son oeuvre, tout autant que ses qualités humaines restent présents dans la mémoire de ses amis.

 

 

« Cette association qui s’inscrit dans la continuité de Pigment Actif. Elle regroupe des artistes plasticiens et des créateurs de Vannes et ses alentours. Par goût du partage, du jeu et de la surprise, la réalisation de projets collectifs sur l’espace public est une des formes d’action privilégiée de cette association. Mais ce groupement d’artistes est avant tout une somme d’univers singuliers, parfois secrets

 

 « Ailes Du !… » ICI  Un nom « suffisamment vague et dynamique pour être complétée à la guise de chacun, est aussi symbole d’envol »

 

« Ce n’est ni une école artistique qui imposerait une certaine vision de l’art ou un idéal esthétique à la manière des impressionnistes de Barbizon ou des Nabis de Pont-Aven, ni un groupe figé défendant un pré carré », préviennent-ils.

 

« L’art peut s’afficher hors des musées »

 

Leur leitmotiv est de « faire vivre l’art contemporain dans une ville comme Vannes, c’est dire que cette ville au très riche patrimoine historique et culturel est aussi traversée par des courants proches de la modernité artistique. Nous voulons montrer que l’art peut aussi s’afficher hors des musées et animer l’espace urbain. »

 

Je jette donc ma bouteille à la mer.

 

Merci par avance, si elle est ouverte dans la baie du Morbihan, pour le retour.

Publié le 14 mai 1997

« Sables », par Didier Carfantan peintre de l'éphémère ICI 

Ce conseiller pédagogique en arts plastiques, après quelques années de peintures figuratives, a produit sur des plages de Carnac, des milliers de traces - suite à la vision des andains de pailles brûlés par les sillons des collines de la terre rouge de Sienne en Toscane (Italie).

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 06:00

Image d'en-tête pour le site

« Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin…

Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,

Pour les Belges, y en a plus, pour les Belges, y en a plus,

Ce sont des tireurs au cul. »

 

Petite explication de texte officielle du Ministère des Armées pour comprendre les paroles du refrain de la marche de la Légion étrangère.

 

Tout d’abord, le boudin : avis aux amateurs, il ne s’agit pas ici de charcuterie mais de la toile de tente ou du paquetage que les légionnaires mettaient en bandoulière et dont la forme rappelait le boudin.

 

Concernant les Alsaciens, Suisses et Lorrains, il s’agit ici d’une allusion à une décision ministérielle du 6 mars 1871, rappelée par une circulaire du 27 novembre 1873, qui avait suspendu d’une manière générale les engagements volontaires des étrangers et spécifié que les Alsaciens, les Lorrains et les Suisses pouvaient seuls obtenir des autorisations.

 

Et les Belges ? Selon la version reconnue, en 1870, lorsque la guerre franco-prussienne éclate, la France décide que la Légion étrangère doit y participer. Le roi des Belges, Léopold II, demande formellement que les légionnaires ressortissants de son pays ne participent pas à ce conflit en raison de la neutralité de la Belgique. Le gouvernement français accède à cette demande et les légionnaires en partance chantent à leurs malheureux camarades belges obligés de quitter les rangs ces paroles quelque peu désobligeantes.

 

« Son rythme fait marcher la troupe à la cadence de 88 pas par minute, alors que généralement les marches des autres régiments sont fondées sur une cadence de 120 pas par minute. Le « pas Légion » est donc si lent qu'il oblige la Légion à défiler en dernier lors des cérémonies officielles. La lenteur de son pas reflète la force tranquille qui caractérise ce corps prestigieux. »

 

30 avril 1863, 11 heures du matin. Après le premier assaut des Mexicains sur l'hacienda de Camerone, les légionnaires de la troisième compagnie prêtent serment au capitaine Danjou de se battre jusqu'à la dernière extrémité.

 

Alors, dans ces terres chaudes, sous un soleil de feu, se déroule le combat légendaire entre une poignée d'hommes et toute une armée." Une lutte de géants", dira le maréchal Forey, commandant le Corps expéditionnaire.

 

Certains ont dit que sur ce petit coin de terre mexicaine a jailli, voilà plus d'un siècle, une source d'énergie capable d'aider des hommes à vivre et leur apprendre à mourir. Voici le Boudin, un autre symbole, l'hymne de la Légion Étrangère.

 

Il a été composé par Monsieur Wilhem en 1860.

 

Emmanuel Macron : pourquoi on lui a chanté “Tiens voilà du boudin” au milieu de l’océan Indien

 

Si l'origine de ce chant n'est pas clairement déterminée, néanmoins, elle a donné lieu à une tradition pour l'apéritif dans les casernes. Car désormais, c'est du boudin, et bien de charcuterie cette fois, qui y est servi, avec du vin blanc provenant du Domaine Capitaine Danjou, qui appartient à l’Institution des Invalides de la Légion étrangère à Puyloubier (Bouches-du-Rhône), et qui a pour but de réinsérer dans la vie civile les anciens légionnaires et les invalides. Et Emmanuel Macron n'a évidemment pas manqué ce moment, puisqu'il a également partagé le traditionnel BVB (Boudin vin blanc) avec les légionnaires…

 

14 août 2013

De fil en aiguille : Jean-Paul Kauffmann répond au Taulier pour nous amener jusqu’à Puyloubier «légion de vin d'honneur» ICI 

 

-          partir du côtes-de-provence mystérieux, millésime 1985 bu par JPK et ses deux compagnons de marche dans un petite baraque perdue au Val Travers sur les îles Kerguelen.

 

-          poser la question à JPK : se souvient-il d’où venait ce côtes-de-provence?

 

-          recevoir de Jean-Paul Kauffmann en retour la réponse :

 

Cher Jacques Berthomeau,

 

Il s'agit de Puyloubier, vignoble détenu par la Légion étrangère. Je crois qu'une cuvée se nomme Esprit de Corps. Je ne le mentionne pas dans le livre mais j'avais apporté six magnums de Lynch Bages 82 dégustés avec les hivernants à Port aux Français (…)

 

-          rechercher sur la Toile des éléments sur ce vignoble de la Légion étrangère,

 

-          trouver un très bel article du Monde Lifestyle du 21.05.2010 par Carole Rap Puyloubier, légion de vin d'honneur dont voici quelques extraits.

 

« Le vin fait partie de la culture de la Légion. Avant, à table, il y avait le quart de vin réglementaire. Après plusieurs jours sur le terrain, on buvait un bon coup, pour se décontracter et faire la fête", se souvient Nicolas Dadiani, un Géorgien de 62 ans dont vingt-cinq passés à la Légion ; »

 

« En janvier, ils sont une dizaine à tailler les sarments, parfois chaussés de rangers ou vêtus de pantalons treillis. "Mes respects mon adjudant-chef", lance un ouvrier agricole en passant devant le chef de viticulture Alain Lonjarret, retourné à la vie civile depuis peu, après trente ans de Légion. "Bonjour Picard", rétorque celui-ci, usant du seul nom de famille comme il le faisait en "opération", quand tout devait aller très vite. »

 

« Le raisin, apporté à la cave coopérative du mont Sainte-Victoire (la plus grosse cave en appellation Côtes-de-Provence), est désormais vinifié à part, dans cinq cuves en inox spécifiques à la Légion. Ainsi est née la cuvée Esprit de Corps – 80 000 bouteilles en 2008, plus haut de gamme que les cuvées dites Classique et Terroir – 60 000 bouteilles chacune, destinées aux régiments. Bien que réduite de 20 %, suite à la grêle du début août, la récolte 2009, de 227 tonnes, porte ses fruits. Pour la première fois, Esprit de Corps en rouge sera assemblé à partir de Mourvèdre, aux côtés des traditionnels cépages syrah et grenache. »

 

Aucune description de photo disponible.

Yohan Lastre  et  Marion Sonier

 

Aucune description de photo disponible. Lastre sans apostrophe 188 rue de grenelle 75007 Paris

Lastre Sans Apostrophe ou l’amour du bon ICI

 

S’ils maîtrisent leur sujet, ils montrent leur talent de l’entrée au dessert en passant par le plat. Oeufs mimosa à 63°, tête au carré, boeuf mode, boudin noir en terrine **avec des morceaux de tête et de poitrine fumée. Pour les becs sucrés : tartes aux fruits, aux pralines, biscuits de Savoie, riz au lait ultra crémeux, le flan de Mémé André, des shortbreads** à faire bisquer un écossais, un cake au citron qu’on vous défie de ne pas engloutir d’une traite…

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:00

Jean Viard

Ce groupe de réflexion multidisciplinaire rassemble une quinzaine d’universitaires, de chercheurs, d’experts publics et de responsables professionnels, figurant parmi les meilleurs connaisseurs du monde agricole et rural français et international. Ont participé notamment à ces travaux : Gilles Allaire, économiste, Jacques Berthomeau, spécialiste de la viticulture, Vincent Chatelier, économiste, Jean-Claude Flamant, agronome, Bertrand Hervieu, sociologue, Jean-Luc Mayaud, historien, Jean Viard, sociologue… Ces échanges réguliers ont pour objectif d’éclairer les enjeux, les dynamiques et les tensions qui traversent nos territoires ruraux afin de contribuer à revisiter le projet de l’agriculture et de la ruralité, de ses territoires, ses fonctions, ses hommes et ses femmes. En clair, une redéfinition des politiques agricoles en France et en Europe. Avec pour but d’intégrer les données économiques, sociales et environnementales afin de proposer une vision partagée par le plus grand nombre, capable d’offrir aux agriculteurs un revenu, une reconnaissance et une légitimité dans la société.

 

J’en ai fait partie jusqu’en 2007, je l’ai quitté car j’estimais qu’il manquait autour de la table les principaux intéressés : les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs ce qui conférait à nos réflexions un côté hors-sol c’est—à– dire déconnecté de la réalité. ICI 

 

Jean Viard est un garçon fort sympathique, très disert, charmeur, il aime s’entendre parler, né en 1949, il habite à La Tour-d'Aigues, dans le Luberon de Jean-Louis Piton (président de l’INAO). Il est directeur de collection aux éditions de l'Aube, dont il est le fondateur avec Marion Hennebert. Diplômé en économie (DES, Aix-en-Provence), et docteur en sociologie de l’EHESS (1982). Il est directeur de recherche au CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

 

Sociologue engagé à gauche, en 2017, il rejoint En marche !. Il est candidat aux élections législatives de 2017, dans la 5e circonscription de Vaucluse. Il arrive en tête du premier tour avec 33,3 % des voix, loin devant le député sortant. Mais, il n'obtient que 49,11 % au second tour et se trouve battu par Julien Aubert LR réélu avec 459 voix d'avance.

 

Dommage, Jean Viard aurait apporté aux godillots LREM une once d’intelligence dont ils sont dépourvus et son lien avec les fameux territoires délaissés qui ont fait le lit des Gilets Jaunes. Le Vaucluse, ancienne terre socialiste, est farouchement à la droite extrême. Pas sûr, que la politique du 78 rue de Varenne lui  aille mais je ne peux penser à sa place.

 

Jean Viard est un excellent communicant :

 

« Il est l’un des meilleurs connaisseurs du territoire français. Plus encore que ses titres – sociologue, directeur de recherche au CNRS… – c’est son éclectisme qui fait sa richesse.

 

« Et puis on se met à penser aux discours des hommes politiques qui se présentent à nos suffrages : ils devraient visiblement lire Jean Viard ! » Médiapart

 

Il dirige les éditions de l'Aube. ICI 

 

 

Jean Viard vient de publier Le sacre de la terre avec Michel Marié et Bertrand Hervieu (un compagnon de route du Taulier)

 

J’avoue que je ne prise guère ce titre…

 

La référence à la terre éveille en mois des relents de « la Terre qui ne ment pas » chère au Maréchal, « La terre qui meurt »  de René Bazin, de même que l’adoration de nos fameux terroirs…   

 

« Aucun métier n’a connu une telle destruction des structures familiales. »

 

Mais le modèle industriel promu depuis lors – toujours plus d’hectares, de matériels, d’intrants, d’emprunts – est aujourd’hui confronté à la « révolution écologique ». Pourtant l’agriculture « est l’avenir de l’humanité, car c’est par définition un métier du renouvelable qui travaille avec le sol, le vent, le soleil, l’eau et les savoirs locaux ».

 

Le sociologue souligne que les agriculteurs ne sont pas restés passifs face aux nouveaux enjeux de l’écologie. « 20 % des fermes sont passées au bio, l’agriculture de proximité se développe (…) Le modèle des fermes qui fournissent directement les cantines scolaires se développe. 32 % des poules ne sont pas élevées en cage… »

 

Mais le monde paysan, classe dominante qui produisait plus de rente que l’industrie jusqu’aux années 1950, « a encore du mal à s’adapter à son statut de minorité, à discuter, négocier, mais aussi à se faire respecter, en particulier de la grande distribution ».

 

Le climat pour nous réconcilier avec la politique

 

Jean Viard, est intervenu aux assises du Vivre ensemble à Rennes, le 18 janvier, publie Le sacre de la terre. « Le changement climatique va nous obliger à recréer du commun. Sinon, on est mort », estime le sociologue.

 

  • C’est autour de l’écologie qu’il faut réinventer la politique ?

 

Les structures issues de la révolution industrielle se délitent. Les crises se multiplient. Nous sommes désormais une société d’individus qui se disent d’ailleurs le plus souvent heureux dans leur famille, leur quartier ou leur travail mais inquiets quant à l’avenir de la société. Le changement climatique peut être une chance en nous permettant de nous réinventer un avenir commun. La politique demain ne sera plus bâtie sur l’affrontement entre le capital et le travail mais autour des questions écologiques. Il y aura une droite et une gauche écologique.

 

  • La France est-elle bien placée pour relever ce défi ?

 

On ne peut plus tenir la nature à distance. Il y a eu des avancées. Plus de 30 % du territoire est classé en parcs et réserves. La loi littoral a permis la préservation et la restauration de nombreux rivages : des Agriates corses à la Guyane en passant par l’île de Tatihou à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) ou la pointe des Poulains de Belle-Île (Morbihan). On crée même de l’agriculture urbaine. Même s’il ne faut pas trop rêver. Paris consomme quotidiennement 1,2 million d’œufs. Il n’y aura jamais 1,2 million de poules dans la capitale.

 

  • Mais on continue aussi à beaucoup gaspiller.

 

On ne peut plus continuer à consommer chaque semaine 1 100 hectares de terre agricole. La France c’est aussi 63 000 ronds-points contre 10 000 en Allemagne et 5 000 aux États-Unis. Le temps est venu de sanctuariser les terres arables comme ont su le faire les Suisses ou les Canadiens. Notre survie dépend d’abord des sols, des écosystèmes, des travaux des champs et des fermes. Nous devons inventer un nouveau modèle agricole pour nous nourrir, capter du carbone et définir des paysages.

 

  • Comment réinventer de nouvelles relations ville-campagne ?

 

C’est un fait, la révolution numérique a concentré la création de richesses dans 200 métropoles réparties dans le monde. La France en compte huit qui représentent 61 % du PIB et où le prix du foncier, des bureaux et des logements a explosé. La France est encore trop organisée en silos alors que nous entrons dans un monde de mobilité. Il y a surtout un vrai sujet avec le périurbain dont toutes les cartes électorales nous montrent que c’est là que se développe le vote populiste. En France, le pourcentage du vote Rassemblement national double quand on est à 20 kilomètres de plus d’une gare.

 

Je n'ai pas encore eu le temps de me plonger dans ce gros livre, 469 pages, dès que j'aurai du temps j'y puiserai sans doute des sujets de chronique.

Pour le sociologue Jean Viard, l'agriculture ne sera probablement jamais 100% bio ICI
 

Selon Jean Viard, environ 50.000 fermes françaises sur 500.000 sont désormais converties en bio. Mais la perspective d'une production agricole complètement bio à l'avenir semble peu envisageable pour le sociologue. "Si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", rappelle-t-il lundi sur Europe 1.

INTERVIEW

L'année dernière en France, plus de 7.000 agriculteurs ont fait le choix de se convertir à l'agriculture biologique. Désormais, environ 50.000 fermes sur les 500.000 exploitations que compte la France fournissent une production bio, selon Jean Viard, sociologue et auteur du livre Le sacre de la terre. Invité du Grand journal du soir, délocalisé lundi à Langouët, cette commune d'Ille-et-Vilaine devenue célèbre en 2019 par l'arrêté anti-pesticides pris par son maire, Jean Viard confie ses doutes : il dit ne pas être "sûr" que la production agricole française sera 100% bio à l'avenir, même dans trente ans. "Ce qui est sûr, c'est que si on on veut que l'agriculture change, il faudra y mettre des moyens", affirme-t-il.

"L'agriculture et les pesticides tels qu'on les connaît n'existeront plus"

 

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 06:00

Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

Le feuilleton AOP camembert de Normandie vient de trouver son épilogue : Guerre du camembert : le camembert AOP reste 100 % au lait cru

 

Le syndicat du camembert d’Appellation d’origine protégée de Normandie a voté définitivement, mardi 3 mars, contre le projet de « grande AOP » autorisant le lait pasteurisé. ICI 

 

Véronique Richez Lerouge la reine du lait cru  triomphe :

 

OUF ! Après ce nouveau vote négatif contre la grande #AOP, l'#Inao doit encore statuer. Réunion prévue le 18 mars 2020. Je reste très attentive car dans ce dossier si complexe, il peut y avoir des rebondissements. L'#AssociationFromagesdeTerroirs est mobilisée pour aider la filière laitière à valoriser le #lait de #Normandie et à trouver une sortie de crise après deux ans de réunions qui n'ont abouti à rien. Tout reste à construire !!

 

Périco Légasse l'empereur du camembert tonne :

 

Soutien inattendu de Véronique Richez Lerouge au lobby industriel laitier, notamment le groupe Lactalis, qui a tout fait pour que capote le projet de nouvelle AOP camembert de Normandie. Ce projet prévoyait en effet la suppression et l'interdiction du "camembert fabriqué en Normandie", formulation illégale et malhonnête mise à profit par les industriels pour écouler des fromages au lait pasteurisé de provenance non spécifiée n'ayant rien à voir avec le camembert.

 

Une infamie commerciale qui trahit les producteurs de vrais camemberts et trompe le consommateur sur la nature du fromage. "Fabriqué en Normandie" signifie que l'usine d'où sortent ces fromages industriels à la chaine se situe sur l'un des cinq départements normands, en aucun cas que le lait qui les compose provient du territoire normand. Pourtant, ces fromages, dont certains conservent l'étiquette qu'ils avaient du temps où ils étaient de vrais camemberts d'appellation d'origine au lait cru, arborent en toute impunité le mot camembert et le mot Normandie. Il s'avère qu'un règlement européen interdit cette formule abusive et trompeuse et que, forts du silence, de la résignation, de la lâcheté des pouvoirs publics et des élus, les industriels l'utilisent depuis 20 ans dans l'indifférence générale. Combien d'honnêtes consommateurs croient-ils acheter un vrai camembert parce qu'il est "fabriqué en Normandie" alors que le lait qui le compose provient de Mayenne, de Pologne, d'Allemagne ou de Roumanie ?

 

Jamais nous n'avons entendu l'Association des fromages de terroir monter efficacement au créneau pour dénoncer ce scandale. Il s'avère que la nouvelle AOP, elle, lui tordait définitivement le cou. Elle autorisait, certes, la production de camembert AOP avec du lait chauffé, mais 100% normand et issu au minimum à 30% de vaches normandes nourries à l'herbe, et instaurait une autre AOP "Véritable camembert de Normandie", 100% lait cru de vaches normandes nourries à l'herbe. Projet soutenu en conscience par le président de l'organisme de défense du camembert de Normandie AOP, Patrick Mercier, par le président du Comité national laitier de l'INAO, Patrice Chassard, et par le président national de l'INAO, Jean-Louis Piton.

 

Amateurs vigilants et consommateurs avisés auraient fait la part des choses et chacun aurait su, enfin, ce qu'il mettait dans son assiette. C'était une conquête ! Le renoncement des industriels à la très bénéfique formule "fabriqué en Normandie" était donc un leurre car on sait aujourd'hui qu'ils avaient décidé depuis le début de ne rien lâcher. Il leur manquait juste des arguments éthiques, ceux sur lesquels ils ont toujours craché, pour torpiller la nouvelle AOP au dernier moment. Ces arguments leur ont été fournis par l'Association des fromages de terroir. Donc, le camembert de Normandie AOP reste au lait cru et l'on s'en réjouit bien sûr, avec ses 6.000 tonnes par an, mais le "camembert fabriqué en Normandie" sauve sa tête et continuera à sévir, en toute impunité, avec ses 60.000 tonnes par an et sa précieuse manne financière. Les industriels peuvent dire merci à Véronique Richez Lerouge.

 

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Moi je me gondole comme un touriste à Venise :

 

20 mai 2018

C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça ! ICI 

 

  • Instruisons le dossier AOP fromagères

 

Les fromages français AOP kidnappés par les industriels

 

Fierté nationale, ils font la renommée de notre gastronomie partout dans le monde. En France, 45 fromages bénéficient du label AOP, « appellation d’origine protégée ». En principe une garantie de qualité, de produits du terroir fabriqués dans les règles de l’art.

 

70% des fromages AOP seraient industriels

 

La réalité est tout autre : 70% des fromages estampillés AOP sortent en fait de chaînes de production industrielle. Les multinationales du secteur laitier comme Lactalis, Savencia ou Sodiaal sont les trois multinationales françaises qui grignotent de plus en plus de parts de marché. Elles sont accusées de tirer les prix vers le bas au détriment de la qualité.

 

Frais, crayeux ou crémeux, à pâte cuite pressée ou lavée… la France compte plus de 300 fromages. Parmi eux, 45 bénéficient d’une appellation d’origine protégée, ou AOP, censée valoriser économiquement un savoir-faire local.

 

ICI 

 

Lactalis : le fromager aux vingt-sept AOC

 

L'industriel mayennais, connu pour le camembert Président, la mozzarella Galbani ou le lait Lactel, continue de produire des spécialités artisanales dans de minuscules ateliers du XIX e siècle. Paradoxes et ambitions d'un leader mondial.

Par Marie-Josée Cougard

 

Publié le 15 oct. 2010 Mis à jour le 6 août 2019

 

Les fromages qui fleurent bon le terroir ont-ils encore un avenir face au fromage à pizza, aux crèmes à tartiner, aux roues de Gouda néerlandaises et... aux barrières sanitaires ? Pour Lactalis, la réponse est un « oui » franc et massif. Dans la famille Besnier, où on est fromager de père en fils, on tient à la tradition du goût comme à la maîtrise totale du capital du groupe. Le mystérieux Emmanuel, qui a succédé à son père Michel et refuse tout contact avec la presse, estime avoir le devoir de perpétuer la diversité des plateaux de fromages à la française. Quitte à ne produire que de toutes petites quantités défiant les règles des économies d'échelle caractérisant... des entreprises de l'importance de Lactalis. Entre 400 et 500 tonnes dans la plus petite unité, contre 90.000 tonnes dans les plus grosses usines du groupe, dédiées aux fabrications industrielles sans prétention gastronomique. Seul 1 kilo de fromage sur 10 produits en France bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC). Un tout petit marché...

 

A 800 kilomètres du siège mayennais de Lactalis, Roquefort-sur-Soulzon : le village du célèbre fromage bleu s'étire comme un gros chat, à l'ombre du plateau du Combalou. En plein coeur de l'Aveyron, à 600 mètres d'altitude. Cette montagne émerge du paysage depuis qu'un énorme chahut de la croûte terrestre, il y a 1,5 million d'années, a provoqué l'effondrement d'une partie de la falaise rocheuse. Sous terre, des grottes aérées par les « fleurines », de longues failles très étroites, où filtre le vent du plateau. C'est là, dans ces lieux naturellement ventilés, que les fromages de Roquefort sont fabriqués et affinés depuis des siècles. A vrai dire, les historiens ne savent pas très bien en dater l'origine. « La recette est apparue à l'époque où les hommes ont domestiqué les animaux et commencé à boire leur lait », raconte la guide des caves.

 

Créée en 1925, l'appellation d'origine contrôlée Roquefort est la toute première née des 47 AOC que compte actuellement la France, sur un total de 400 fromages. Elle a fait l'objet d'une loi à cette époque, à la demande des habitants de la région de Roquefort, désireux de mettre un terme à la concurrence de tous les bergers du Grand Sud, qui baptisaient leur bleu « roquefort ». « Des caves bâtardes », dit-on encore dans la commune, où seuls les camions livrant du lait de la zone protégée par l'appellation sont admis, par crainte d'un nouvel accès de concurrence déloyale.

 

« Valise diplomatique »

 

Le groupe Lactalis est l'heureux propriétaire d'une grande partie de ce bleu historique, fait à base de lait cru. Diderot l'appelait « le Roi des fromages ». Pour beaucoup d'étrangers, il est un des symboles de la gastronomie française. Pour Lactalis, c'est surtout la plus rentable des AOC maison.

 

La famille Besnier a acheté les caves Société à Nestlé en 1992, lorsque le géant suisse lui a vendu sa production de lait de brebis pour faire l'acquisition de la source Perrier. Cette marque représente désormais 60 % du marché total du roquefort, estimé à 18.500 tonnes par an. « Une niche, si on la compare à l'ensemble de la production de fromage en France, qui atteint 730.000 tonnes. » Mais c'est celui qui s'exporte le mieux. « On le trouve dans 180 pays », précise Thierry Zurcher, patron de la division AOC chez Lactalis. « La valise diplomatique est pour beaucoup dans sa large diffusion, mais le nombre de marchés significatifs ne dépasse pas la cinquantaine », ajoute-t-il. Le précieux bleu dégage la meilleure marge à laquelle cette industrie puisse prétendre. Elle serait de l'ordre de 8 %. Un pourcentage important dans le secteur du fromage. Beaucoup plus faible que celui des yaourts, en tête de la rentabilité dans le classement des produits laitiers, indique Luc Morelon, le porte-parole de Lactalis. Le lait de brebis, matière première du roquefort, se paie nettement plus cher que le lait de vache, et celui destiné à la fabrication de roquefort 40 % de plus que le lait de brebis réservé à d'autres usages. Compte tenu de toutes les contraintes réglementaires et des soins extrêmes requis par les fabrications au lait cru, le roquefort coûte entre 10 % et 20 % de plus à produire que les fromages pasteurisés. Le lait de brebis est, en outre, très gourmand en main-d'oeuvre, dix fois plus que le lait de vache. « Une véritable richesse pour une zone difficile », affirme José Bové, éleveur à Millau (Aveyron), avocat infatigable du roquefort.

 

L'AOC fromagère la plus connue à l'étranger n'a pas été épargnée par la crise. C'est même celle qui a le plus souffert en raison de son prix élevé et de son exposition aux caprices des monnaies étrangères. Très prisé au Royaume-Uni, le roquefort a perdu beaucoup de terrain auprès des consommateurs britanniques ces derniers mois, tout comme il en a cédé aux Etats-Unis, où, en outre, il sert de cible, avec le foie gras et les échalotes, aux représailles de Washington contre le refus européen des importations de boeuf américain aux hormones. « Une AOC, ce n'est pas une assurance tous risques », relativise-t-on chez Lactalis. « C'est une garantie de qualité, en revanche. C'est aussi tout un pan de la tradition fromagère française. » Des valeurs auxquelles Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis est très attaché. « On ne peut pas vouloir devenir le premier fromager mondial sans détenir un savoir-faire complet », explique Thierry Zurcher.

 

Risque sanitaire

 

C'est ce raisonnement qui a conduit le groupe mayennais à enrichir sans cesse son portefeuille d'AOC, au point d'en posséder aujourd'hui 27, dont 22 françaises, soit près de la moitié de toutes les appellations nationales fromagères. Elles ne représentent que 5 % du chiffre d'affaires global de Lactalis (8,5 milliards d'euros en 2009). Et beaucoup sont produites dans de très petits ateliers de fabrication artisanale, où les conditions de travail contrastent singulièrement avec la course à la rentabilité du géant fromager. Un des plus grands paradoxes de cette entreprise, qui, tout en vantant la tradition, a renoncé il y a deux ans au lait cru dans la fabrication de deux de ses plus célèbres camemberts AOC de Normandie : Lepetit et Lanquetot. Motif : le risque sanitaire. La décision lui a valu les foudres de nombreux artisans fromagers, des crémiers et de violentes critiques dans la presse. Beaucoup de procès de mauvaises intentions aussi, le groupe se voyant accusé de vouloir industrialiser toutes les productions fromagères, quitte à en sacrifier les qualités gustatives. En chauffant le lait cru, on en élimine les éventuels germes pathogènes, mais, disent les gourmets, on en perd toute la richesse bactérienne qui donne son goût au fromage au gré de l'affinage.

 

Des critiques pas toujours infondées... Ses détracteurs doivent pourtant lui reconnaître le mérite d'investir encore beaucoup dans des microfromageries, dont la seule raison d'être est la volonté de préserver un savoir-faire et une tradition séculaire. C'est le cas du moulin de Carel et de la laiterie de Jort, les deux unités de production des Laiteries de Bernières dans le Calvados. Une dizaine de salariés fabriquent le camembert de Jort au lait cru moulé à la louche selon les méthodes anciennes codifiées par le décret définissant l'appellation du camembert de Normandie. Pour combien de temps encore ? Les « loucheurs » y travaillent dans des conditions de labeur d'un autre temps. Il règne une moiteur tropicale avoisinant les 30 degrés dans l'atelier où, cinq heures et demie durant, en torsion permanente, ils déposent les couches successives de caillé. Première étape de l'élaboration des camemberts fabriqués avec une extrême minutie, en très petites quantités. A Bernières, on sert les crémiers parisiens à la carte, au degré exact de maturité qu'ils souhaitent, dans la boîte qu'ils ont choisie avec l'étiquette imprimée au dessin et au lettrage qu'ils ont sélectionnés ou proposés. Les Laiteries de Bernières ont leur fabricant de boîtes à la carte et un designer d'étiquettes, qui ne refuse aucun caprice. La haute couture du fromage. Les caractéristiques du lait sont elles aussi très clairement établies par l'Institut national des appellations d'origine contrôlée dans un décret de 2007. Les contraintes sont très importantes, et peu de jeunes éleveurs ont envie d'y souscrire.

 

« Pas des philanthropes »

 

A Allanches, en plein Cantal volcanique, Lactalis exploite depuis 1945 la plus petite usine de France de Saint-Nectaire, avec une dizaine de salariés. La tournée de lait, spécifiquement collecté pour ce fromage, se fait en montagne, à 1.000 mètres d'altitude au moins, dans des conditions de circulation parfois périlleuses. Du lieu de fabrication et de l'origine du lait dépend l'octroi de l'appellation d'origine. Dans certaines estives, on trait encore les vaches au pâturage, à la trayeuse électrique alimentée par le tracteur. Le lait est pasteurisé dès son arrivée à l'usine. Les contrôles inopinés du respect du cahier des charges sont redoutés, car ils sont susceptibles de remettre en cause la détention de l'AOC. Gare aux erreurs de salage, déterminant pour le goût et pour la conservation... L'affinage, lui, peut se passer ailleurs. A Riom, dans ce cas précis. « La concurrence est rude. Le nerf de la guerre, c'est le volume de lait », explique le directeur de l'usine d'Allanches. « On donne une prime importante aux éleveurs pour les fidéliser. Les Auvergnats ne sont pas des philanthropes », ajoute-t-il avec un sourire entendu.

 

Sur fond de restructuration, au rythme de 40 départs de producteurs par an, l'ambiance est souvent tendue dans la région. Les plus petits sont éliminés. Les petites fromageries aussi ferment. « Trop d'acteurs, c'est trop d'hétérogénéité et le risque de perdre l'AOC », explique René Condamine, chargé de la collecte du lait pour Lactalis en Auvergne. Et la bataille pour valoriser les appellations auprès de la distribution est rude. « Le consommateur réclame de la qualité mais il n'est pas prêt à payer plus cher une AOC », dit-il. Un paradoxe de plus, qui pèse sur l'avenir des fromages sous appellation.

 

MARIE-JOSEE COUGARD

 

  • Trop de labels, tue le label. Dominique Schelcher Président de Système U ICI 

 

Multiplication de labels. J’en compte 28 et ai la conviction de la non-exhaustivité de mon recensement.

 

Certains sont publics, d’autres privés.

 

Certains sont sérieux, d’autres moins.

 

Une étude de 2016 de Que Choisir montre que seulement 5 labels ont un taux de compréhension de leur sens supérieur à 50% (AB, Label Rouge, AOC, Viandes de France et Fairtrade).

 

La même étude montre que seulement 4 labels dépassent les 50% de taux de confiance (AB, Label Rouge, AOC et Viandes de France).

 

Seulement 4 labels sur 28 inspirent confiance à plus de 50% des consommateurs !

 

  • Comment Lactalis veut devenir numéro 1 mondial du bio

 

Déjà leader du bio en France, Lactalis s'est fixé, pour 2025, de devenir le numéro 1 mondial du bio. Une ambition qui passe par le développement des marques existantes en bio, le développement sur de nouveaux marchés et éventuellement des acquisitions.

 

Grand absent des précédentes éditions du Salon de l'agriculture, le très discret Lactalis a changé de stratégie pour l'édition 2020. Impossible de manquer son stand dans le hall 1. Juste à côté de son logo blanc et bleu, le groupe de Laval n'a pas oublié de mentionner son nouveau slogan : "Bio engagé".

 

ICI 

 

Le goût de la discrétion sans doute. Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers n’était jamais venu au Salon de l’agriculture. L’oubli est réparé. Clic-clac.  Dites « cheese » et repartez avec une boîte de fromage !  On se bouscule sur le stand du champion français de l’agroalimentaire : 15 000 salariés dans l’Hexagone, dont la moitié dans l’Ouest, pour une collecte laitière de 5,6 milliards de litres.

 

Traditionnellement, février est marqué par les négociations commerciales avec la grande distribution. Mais cette année, c’est le coronavirus qui donne le ton.  La Chine est le premier importateur mondial de produits laitiers.  Les mesures prises par Pékin bloquent la chaîne logistique.  Les ventes de mars ont été annulées.  Au sud de Shanghai où Lactalis dispose d’une usine,  l’activité reprend après avoir été arrêtée plusieurs semaines.  En Italie touchée à son tour, l’industriel craint des répercussions.  Nous avons un centre logistique dans la zone concernée. Pour l’instant, il fonctionne.

 

Autre inconnue, liée au Brexit. Lactalis dispose de trois usines au Royaume-Uni,  un des premiers marchés européens . Le groupe français (20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, soit une hausse de + 8 %) y exporte aussi des fromages à pâte molle et des produits laitiers ultra-frais.  Nous avons toujours dit que nous saurions nous adapter. Mais pour l’instant, le sujet reste entier.

 

Lactalis, douzième groupe agroalimentaire mondial, emploie 85 000 salariés dans le monde. Il investit chaque année 200 millions d’euros dans ses 70 sites de production français, vient de rappeler Emmanuel Besnier, son président, dans un entretien au Journal du dimanche.

 

Et pendant ce temps-là le syndicat des vins naturels prêche pour l’érection d’un nouveau label vin méthode naturelle » ça ne peut que réjouir les petits squales du vin, tel Gégé, qui surfent sur la tendance bio-biodynamie, vin sans soufre, faites-leur confiance pour trouver des gens qui leur fourniront le produit avec tous les tampons de la DGCCRF.

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 06:00

 

25 août 2015

 

Humour d’été : les saillies de De Gaulle « Alors Massu, toujours aussi con ? Oui toujours gaulliste mon général ! »

 

Les plus fidèles de mes lecteurs, pas sûr que Pax soit du lot, se souviennent sans doute du De Gaulle à la Plage de Jean-Yves Ferri.

 

Humour d’été : les saillies de De Gaulle « Alors Massu, toujours aussi con ? Oui toujours gaulliste mon général ! »

 

« Juin 1956. Le capitaine Lebornec, aide de camp du général de Gaulle, chargé de recueillir les mémoires du grand homme durant les vacances que ce dernier s’est octroyées en famille sur les plages bretonnes, fait l’inventaire du contenu du cabas qu’il transporte. L’attirail semble complet : thermos, protection solaire, de quoi écrire, des tongs …

 

Des quoi ?

 

« Des tongs mon Général ! »…

 

Le capitaine Lebornec l’aide de camp du Général dans la BD est le capitaine de corvette François Flohic l’aide de camp du Président de la République, la Ve, de 1959 à 1963, puis de 1965 à 1969, date  du retrait du Général suite au désaveu du  référendum.

 

De Gaulle intime

 

Son aide de camp raconte chez Archipoche 

 

En novembre 1958, François Flohic, capitaine de corvette, est désigné par la Marine pour être l’aide de camp du chef de l’État. Il le restera jusqu’en 1969, avec une interruption de deux années.

 

C’est un intime qui, de l’homme qu’il a connu au quotidien, donne ici « une image différente de celle qui apparaissait en majesté sur les écrans de télévision ». Et atteste, à l’inverse de Malraux, « qu’il n’a cessé d’exister un Charles qui regardait agir le Général, l’encourageait et le jugeait ».

 

Du fondateur de la Ve République, on découvre les habitudes et les réflexions, sur fond de retour aux affaires, de drame algérien ou de contestation sociale. Dès le 28 avril 1968, à quelques jours de l’embrasement, la lassitude lui fait dire : « Cela ne m’amuse plus beaucoup ; il n’y a plus rien de difficile ni d’héroïque à faire. » Un mois plus tard, seul témoin et organisateur de la « fuite » à Baden-Baden, François Flohic décrit un chef désemparé, inquiet de sa « déchéance », songeant même à l’exil en Irlande où il l’accompagnera sitôt son retrait du pouvoir.

 

« Le Président Coty invite De Gaulle à reprendre la barre du navire « France ». Bientôt installé à l'Élysée, le couple De Gaulle se met en quête d'un nouveau « chef » aux cuisines. Sachant d'expérience que l'on mange bien sur les bâtiments de la Royale, le nouveau Président charge son aide de camp, l'amiral Le Flohic*, de lui dénicher la perle rare. Ce fut Marcel Le Servot. La République est en déshérence. La cave de l'Élysée aussi, que le nouveau « chef » se met en devoir de regarnir. Oh, pas avec des « Petrus » et autres « Yquem ». Madame de Gaulle, la parcimonieuse « Tante Yvonne », ne l'aurait pas admis. Des Bordeaux à des prix abordables, il en est, n'est-ce pas ? Entre autres, un « Château Poujeaux », un rouge de Moulis de bonne extraction. »

 

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*François Flohic terminera sa carrière comme vice-amiral mais à l’époque que capitaine de corvette, il est mort le 5 septembre 2018 à Toulon.

Ce petit livre est passionnant.

 

Laissant de côté les grands événements, j’ai choisi de vous citer les passages de l’intimité de tante Yvonne et de Charles…

 

  1. Le 26 décembre 1959, Pierre de Gaulle, frère du Général, meurt d’une rupture d’anévrisme dans le bureau de Jacques Foccart. Profondément affecté de gaulle décide après les obsèques de se rendre à l’hostellerie de l’abbaye de la Celle, proche de Brignoles dans le Var.
  2.  

Le trajet s’effectue par la route le 4 janvier 1960.

 

Madame de Gaulle a fait préparer un panier en prévision d’un pique-nique. À l’heure du déjeuner, près de Tournus je fais obliquer le convoi dans les monts du Mâconnais afin de trouver un endroit favorable. Nous découvrons une jolie clairière. Sans plus de façons, le Général s’assied sur une souche, le sandwich à la main. Un petit soleil hivernal éclaire la scène. Et voilà que des bûcherons descendent vers la vallée, leur travail terminé. Ils ont repéré les deux DS immatriculées 75 mais n’ont pas reconnu le président de la République.

 

Goguenards, ils s’adressent à notre groupe :

 

- Alors, les Parisiens, on se les chauffe ?

 

De Gaulle ne bronche pas et les laisse poursuivre leur descente.

 

  1. L’attentat du Petit Clamart le 22 août 1962

 

Le Général, après avoir passé en revue le piquet d’honneur (ndlr à l’aéroport de Villacoublay) comme si de rien n’était, déclare cependant que « cette fois, ça été tangent » avant de monter dans l’avion.de son côté, Mme de Gaulle s’enquiert de ses poulets achetés chez Fauchon pour le déjeuner du lendemain, et qui étaient dans la voiture d’accompagnement. Elle pense à ses poulets et non pas aux policiers qui se trouvaient dans la même voiture !

 

  1. Voyage officiel en URSS du 20 juillet au 1er juillet 1966 messe dite à Saint-Louis-des-Français.

 

Peu avant la communion, je vois, en effet, le responsable de l’organisation du voyage s’Approcher de Mme de Gaulle et lui parler à voix basse ? Par un signe de tête, Mme de Gaulle acquiesce à ce qu’il vient de lui dire. Elle entraîne alors son mari à la sainte table où tou deux reçoivent la communion. Cela me paraît proprement extraordinaire et provocant de sa part : étant chef d’un État laïque, jamais au grand jamais, je ne l’ai vu communier dans une cathédrale lors d’une célébration officielle.

 

À peine sortis de l’église et monté en voiture, il m’interpelle :

 

- Pourquoi m’a-t-on fait communier ?

 

 

Je n’en sais rien et je n’y suis pour rien !

 

 

À la résidence qui nous a été réservée, l’organisateur du voyage essuie une sévère réprimande. Mme de Gaulle, pour atténuer l’admonestation, recueillera le coupable au sortir du bureau de son mari.

 

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  1. Le voyage en Roumanie pendant les évènements de 1968

 

J’apporte ces mauvaises nouvelles au Général qui reçoit le choc sans broncher. Une fois seulement, Mme de Gaulle, sortant de sa réserve habituelle, déclare, sibylline :

 

- Il ne faudra pas tarder à référer.

 

C’est-à-dire à organiser un référendum.

 

  1. La mise en bière du Général

 

Le signe le plus évident de la rupture définitive entre les deux hommes, c’est Mme de Gaulle qui le donne en faisant fermer la bière de son mari, le10 novembre 1970, avant l’arrivée à la Boisserie de Georges Pompidou, président de la République.

 

  1. De Gaulle en Irlande un reportage de MATCH

 

Il aura fallu que son photographe rampe dans les buissons pour tâcher, en vain, de surprendre le Général et sa femme dans leur retraite protégée. Sur l’une des deux photographies de la chambre, on voit une silhouette que la légende indique comme étant celle de Mme de Gaulle. Celel-ci, choquée, remarque :

 

- Je ne me charge pas de faire les vitres.

 

  1. En Irlande lady Grosvenor au Dairy Cottage du château de Kenmare

 

Par trois fois Lady Grosvenor refuse jusqu’au moment où Childers, ministre de la santé, trouve enfin l’argument convaincant :

 

- Bah, vous n’êtes qu’une vieille fille qui ne s’intéresse qu’à votre troupeau de vaches hereford.

 

D’une visite de courtoisie chez Lady Grosvenor que j’ai organisée sur ordre, à l’heure du thé, Mme de Gaulle revient amusée :

 

- Vous avez vu, me dit-elle, cette vieille fille ! Pas étonnant qu’elle n’ai pas trouvé de mari.

 

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8- Brigitte Bardot

 

C'est Brigitte Bardot qui, selon moi, a produit la plus forte impression sur lui. André Malraux, ministre des Affaires culturelles, avait convaincu le Général de donner une réception pour les Arts et Lettres. Le président de la République reçoit donc, des Ambassadeurs. La réception est déjà bien avancée quand appariassent Brigitte Bardot et Gunther Sachs. Brigitte Bardot, habillée en hussard de la mort avec brandebourgs dorés, est véritablement éblouissante. Alors qu'elle attend d'être annoncée par l'huissier, le Général, l'apercevant, donne un coup de coude à Malraux :

- Chic, un militaire.

Il avance ensuite vers elle et lui dit :

- Je suis un militaire en civil et vous, une civile en militaire.

Puis il l'entraîne au buffet de la salle des Fêtes.

L'huissier n'aura pas eu à présenter et crier :

- Madame Brigitte Bardot

 

Humour d’été : les saillies de De Gaulle « Alors Massu, toujours aussi con ? Oui toujours gaulliste mon général ! »

 

 

« De Gaulle », le Général entre Yvonne et la France

Gabriel Le Bomin met en scène « l’homme du 18 juin », incarné par Lambert Wilson, et le mari et père de famille, mêlant la grande et la petite histoire. ICI

Par 

 

En choisissant l’homme du 18 juin, Gabriel Le Bomin et sa scénariste, Valérie Ranson Enguiale, n’ont pas seulement fait le choix prudent de limiter l’action du film à la période allant des mois de mai à juillet 1940, en évitant de se lancer dans une lourde fresque historique. Ils ont aussi épinglé de Gaulle, interprété par Lambert Wilson, à un moment de sa vie où, à 50 ans, fragile et romanesque, il doute de son destin.

Soit les événements lui concèdent une courte biographie de militaire rebelle, mais snobé par l’état-major, bon mari et bon père de trois enfants, dont Anne, trisomique ; soit ils lui offrent une postérité de chef de guerre et d’homme d’Etat visionnaire. Entre Yvonne (Isabelle Carré) et la France, son cœur balance. Finalement, ce sera la France. La scène d’ouverture où le Général est langoureusement et tendrement allongé contre son épouse apparaît à cette aune comme le dernier repos du guerrier.

« De Gaulle », film français de Gabriel Le Bomin. Avec Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet (1 h 48).

 

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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 06:00

 

En période de crise, ici sanitaire, « le kilo sucre » de nos grands-mères reste l’étalon de la panique qui peut saisir la population, de bas en haut.

 

Pandémie.

 

Confinement.

 

Clusters ?

 

Quarantaine !

 

Recherche éperdue d’un vaccin.

 

Thrombose hospitalière…

 

Ruée  sur les masques et les kilos de sucre…

 

En haut, les Bourses dévissent, Bernard Arnault voit fondre sa pelote comme une motte de beurre oubliée au soleil. ICI

 

En bas, les grands distributeurs ne le clament pas sur les toits mais le phénomène de stockage de produits de première nécessité a commencé même en Suisse. On se prenait pour des êtres avancés? Nous nous replions doucement sur notre cerveau reptilien, celui de la survie, prêts à accumuler des vivres au fond de notre grotte.

 

Au milieu, du point de vue économique, la mise aux urgences d’une bonne partie de la Chine bloque les chaînes manufacturières et d’approvisionnement sur toute la planète. Des composants viennent déjà à manquer dans les usines.

 

« L’Occident prend brutalement conscience que toute la production de ses biens a été délocalisée au point de ne plus pouvoir satisfaire ses besoins urgents en cas de crise sanitaire, comme celui de disposer de suffisamment de masques de protection.

 

Nous sommes tout à coup démunis. La mondialisation nous a rendus migrateurs: que ce soit pour le travail ou nos loisirs, nous avons pris l’habitude de parcourir le monde à bas prix et presque sans entraves. Là aussi, le virus nous impose de réviser nos habitudes et coupe nos ailes. »

 

Le groupe français Sanofi veut créer un leader européen des principes actifs pharmaceutiques, visant un chiffre d'affaires annuel de 1 milliard d'euros, dans un contexte de dépendance croissante des laboratoires mondiaux vis-à-vis de la production asiatique. ICI  

 

Partout, du côté technologie, c’est le même embarras. « Nous avons beau faire partie de sociétés incroyablement sophistiquées, un virus qui s’est transmis d’un animal à un autre puis à un humain se trouve en passe de mettre à terre toute notre organisation savamment pensée. L’intelligence artificielle, CRISP-R et autres prouesses actuelles comme l’informatique quantique témoignent d’une civilisation à l’apogée de son ère technologique.

 

Au quotidien, armés de nos smartphones il n’y a plus aucune friction qui vient entraver le déroulement de notre vie. Mais tous nos arcs et nos flèches du troisième millénaire ne peuvent rien contre un phénomène vieux comme le monde, celui d’une peste qui se propage à toute vitesse et sans contrôle. Pire, notre manière de vivre n’a fait qu’accélérer la propagation du Covid-19.

 

Pensez-donc, nous ne pouvons plus nous serrer la main, mais le faisions-nous avant puisque celle-ci restait agrippée au foutu smartphone ; quand à s’embrasser moi je suis assez satisfait de ne plus avoir à subir les embrassades de certains qui se disent mes amis et que j’ai relégué depuis longtemps dans l’enfer de mon mépris.

Reste plus pour nos chers concitoyens, confinés, qu’à se shooter à la peur devant les chaînes en continue même que Télérama titre Coronavirus : les chaînes info contaminées par l’extrême droite ICI 

 

« L’OMS parle d’une pandémie ! D’une pandémie ! » Gilbert Collard s’épouvante sur le plateau de LCI. Cette semaine, le coronavirus a totalement contaminé les chaînes, qui lui consacrent des heures et des heures de débat avec les plus grands spécialistes en virologie, épidémiologie, pneumologie et démagogie : outre Gilbert Collard, citons Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Éric Ciotti, André Bercoff, Jordan Bardella, Ivan Rioufol ou encore Pascal Praud, pour qui « c’est délicat de ne pas être dans la position de celui qui jette de l’huile sur le feu ». Je compte sur l’animateur de CNews pour en déverser des chaudrons.

 

Je pourrais aussi méditer sur les sages paroles d’Ivan Rioufol, pour qui cette épidémie révèle une véritable crise de civilisation. « Je me demande si c’est le virus qui est le plus dangereux ou l’amateurisme de la classe politique, s’inquiète-t-il sur CNews. Il y a ce rejet du repliement, face à une menace mondialiste. » Un virus mondialiste ? L’éditorialiste du Figaro aurait préféré un virus nationaliste. « Le repliement est un mot interdit chez eux. » « Le repliement, vous y seriez favorable ? », s’enquiert Pascal Praud. « Il existe : on parle de confinement. Donc tous ces mots qui sont des mots interdits, toute cette doxa universaliste, mondialiste, du vivre ensemble, devient inutilisable. » Le coronavirus prouve qu’il faut vivre séparément. « J’ai l’impression qu’il vous plaît, d’une certaine manière, ce coronavirus », note Pascal Praud. Sur France 2, Anne-Sophie Lapix vante la politique du gouvernement avec une « nouvelle étape dans la lutte contre le communautarisme, le séparatisme islamiste ». Et le séparatisme rioufoliste, on en parle ?

 

Enfin 3 sujets toxiques à éviter :

 

  • La réforme des retraites et le 49/3

 

  • Le César de Polanski (voir le témoignage de sa victime ICI

 

  • L’agribashing cher à la FNSEA et aux journalistes stipendiés…
  •  

Bonne journée, lisez mes chroniques elles sont un excellent antidote au Covid-19, elles n’ont nul besoin d’être prise en charge par la SS puisqu’elles sont gratuites.

 

Je vous embrasse virtuellement.

 

Source : 

Ce que le coronavirus dit de nous ICI 
Ce n'est plus une blague, la bière Corona souffre vraiment de son association avec le coronavirus ICI

 

 

Corona

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 06:00

Marinetti en 1933

Marinetti en 1933 devant un portrait de lui avec sa famille ( Gerardo Dottori )

Cette chronique en étonnera certains mais le sujet me semble d’actualité à vous de voir pourquoi…

 

Instagram... pic et pic et colegram...

 

 

Le « Manifeste de la cuisine futuriste » fut publié en 1931 par Filippo Tommaso Marinetti, le père du Futurisme. « Non content des immenses victoires picturales, littéraires, artistiques en somme, qu’il accumule depuis vingt ans, le Futurisme italien vise aujourd’hui à un renouvellement fondamental : il ose affronter une fois encore l’impopularité avec un programme de renouvellement total de la cuisine.»

 

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Ce texte trouve son origine dans le premier des Manifestes du futurisme  publié dans le Figaro en février 1909, qui pose les fondamentaux d’un mouvement dont les maîtres mots sont l’amour du danger, l’audace, la rapidité et l’agressivité.

 

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Le slogan  basta la pastasciutta ! «À bas les pâtes»

 

« Les macaroni, pouah ! » Marinetti fait table rase des traditions du passé il accuse cette « absurde religion gastronomique italienne » de rendre « pessimiste, inactif, nostalgique… » et de laisser « une boule que les italiens portent dans leur estomac comme des forçats ou des archéologues. »

 

« Certes il y a de l’audace, et même de ma témérité à vouloir, dans un pays comme l’Italie, faire triompher un tel slogan – que le Manifeste, fer de lance de la croisade anti-pâtes, n’ait pas connu un authentique succès populaire…

 

« … ce militantisme diététique ne vise nullement au simple bien être individuel (…) il s’agit avant tout, et très explicitement, de nourrir le peuple italien de façon à lui faire retrouver sa pugnacité, sa virilité (car la pastasciutta freinerait les élans amoureux), et la prépondérance mondiale à laquelle à bon droit il aspire. Sans compter que, d’un point de vue économique, l’abandon des pâtes délivrerait l’Italie de sa dépendance envers les blés étrangers.

 

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Placée sous l’égide de Mussolini, cette argumentation épouse parfaitement le contexte politique de l’époque, et l’on y retrouve des principes qui, aujourd’hui, apparaissent comme typiquement fascistes. Principe, par exemple, d’homogénéisation autoritaire de la société par l’imposition d’un même corps pour tous : c’est l’idéal du consensus autoritaire, qui réclame la participation de « toutes les catégories sociales », mais sans qu’il faille pour autant « tenir compte du goût personnel des convives ». Ensuite, un élitisme déclaré, la haine du peuple trouvant son expression dans l mépris de la nourriture populaire, celle qui « tient au ventre », ou du macaroni « dont le nom même évoque le peuple », fruste et huileux comme  le tas d’ordures qui l’a vu naître » et qui « sous ses nouveaux apprêts garde les manières et la vulgarité du parvenu ». Enfin, une xénophobie hautement revendiquée, où le nationalisme exacerbé aboutit au quolibet raciste et, finalement, à cette véritable profession de foi obscurantiste qu’est le texte – pierre de touche du futurisme plus mussolinien – où Marinetti entend soumettre au mot « Italie » ceux de génie, d’intelligence, de culture et de vérité, etc. »

 

Voilà pour le contexte historique, revenons à la cuisine dites futuriste « cette cuisine est donc bien, avant-gardiste en tant que, d’un point de vue culinaire, elle privilégie la transgression des usages alimentaires ; artistique en tant que, utilisée comme un véritable moyen d’expression, elle emprunte ses signifiants au domaine des arts (traditionnels ou potentiels) ; futuriste en tant que la signification des plats ‘inspire fréquemment des thèmes privilégiés du futurisme.

 

Mais est-elle mangeable ? »

 

« … l’esthétisation de la surface poussée au point où la dégustation devient quasiment symbolique ? Et enfin, dans ce qu’on a récemment appelé la « Nouvelle Cuisine », n’y avait-il pas aussi la même ostentation de la petite quantité, du « menu » ramené à sa primitive expression, l’assignation volontaire à la portion congrue ? »

 

« Il semblerait, par conséquent, que cette cuisine futuriste ait en quelque sorte préfiguré des usages ou des modes promis à un réel succès. Et pourtant ce fut un échec : elle n’est pas restée dans les annales de la gastronomie. »

 

Revenons à la question titre: l’artification de la gastronomie

 

« La réponse, on l’aura deviné, est ambiguë. Certes, toutes sortes de signes incitent à considérer que la gastronomie est devenue un art, qu’énumère Roberta Shapiro dans l’article qu’elle a consacré à la question : l’artification de la gastronomie.

 

« En 1998, le magazine spécialisé Beaux-Arts, qui traite de peinture, de sculpture et d’objets précieux, avait inauguré une rubrique « gastronomie ». Le magazine Art Press consacre un numéro spécial à la gastronomie en 2008. En 2007 le magazine M du journal Le Monde avait titré « Cuisine d’auteur » à propos du chef Jean-François Piège. Plus tôt, la même année, avait paru dans Le Monde un long article illustré de photographies à l’esthétique soignée intitulé « De la cuisine au musée ». Sous ce titre impropre, puisqu’il s’agissait non pas de musée mais d’une importante exposition internationale d’art contemporain, le rédacteur célébrait la programmation du chef catalan Ferran Adrià à la Documenta de Kassel, en Allemagne. Mieux : en traçant des parallèles entre les productions du chef et celles des peintres Malévitch, Rothko, Tàpiès, César et Hirst, il veut le faire entrer dans l’histoire de l’art. L’année suivante, c’est un autre rédacteur du Monde qui qualifie les chefs d’ « artistes ». En 2017, lors d’un débat public organisé par le quotidien, Pascal Barbot, chef triplement étoilé et copropriétaire du restaurant du restaurant L’Astrance, évoque longuement des « collections » de carottes et d’agrumes. Il est décrit comme un cuisinier novateur et un artiste. »

 

« Mais quelques exceptions ne font pas une règle, et la spectacularisation de la pratique gastronomique, assortie de la starisation d’un petit nombre de chefs, ne suffit pas à imposer une représentation consensuelle de la cuisine comme étant un art à part entière, jouant dans la même catégorie que la peinture et la sculpture, la littérature ou la musique. »

 

La cuisine futuriste

 

Tous les propos entre guillemets sont de Nathalie Heinich ICI traductrice de La Cuisine Futuriste F.T. Marinetti&Fillia 

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 07:00

Saison d'exposition du printemps 2020 La Piscine - Musée d'Art et d' Industrie André Diligent

J’ai une longue période galeries de peinture, j’y allais tel un collectionneur, bavardait avec les galeristes qui me prenaient pour un connaisseur, j’allais de temps en temps à la Galerie de la Présidence, située face au Palais de l’Elysée, pour m’imprégner des toiles de Marcel Gromaire.

Marcel Gromaire 1892 – 1971. « La Guerre », 1925. Huile sur toile, 130 × 97 cm. Legs du Docteur Maurice Girardin en 1953. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris – Inv. AMVP 649. © ADAGP, Paris, 2019. © Musée d’Art Moderne / Roger-Viollet.

 

Il y tenait, et il y tient toujours, une place toute particulière pour Marcel Gromaire « Marcel Gromaire, figure majeure du XXème siècle, est représenté en permanence à la Galerie et Françoise Chibret-Plaussu, sa fondatrice, a réalisé en collaboration avec François Gromaire, le Catalogue Raisonné des huiles de Marcel Gromaire (publié en 1993). »

 

Saison d’exposition du printemps 2020 du samedi 14 mars au dimanche 31 mai à La Piscine – Musée d’Art et d’Industrie André Diligent

MARCEL GROMAIRE

 

« Inédite par son ampleur et sa richesse, l’exposition présente d’emblée les racines et les sources de l’artiste, son attachement à son village natal de Noyelles-sur-Sambre, dans le Nord. Elle s’attache aussi à la marque du traumatisme de la Grande Guerre et exprime la dimension primitiviste d’un message artistique très singulier, ses connexions avec l’art nègre ou avec l’art roman et gothique. Entre la rigueur de la grille cubiste qui hanta cette génération sur la scène artistique française et l’expressionnisme flamand qui trahit l’origine septentrionale de l’artiste, des premières recherches aux œuvres des dernières années, l’exposition souligne la définition progressive d’une manière personnelle unique et étonnamment reconnaissable, marquée par une géométrisation vigoureuse des volumes, un cerne graphique très présent et une palette simplifiée. »

 

Marcel Gromaire 1892 – 1971. « Portrait de l’artiste », 1921. Huile sur toile, 55 × 46,5 cm. Legs du Docteur Maurice Girardin en 1953. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris – Inv. AMVP 645. © ADAGP, Paris, 2019. © Musée d’Art Moderne / Roger-Viollet.

 

« À 19 ans, le jeune homme abandonnera rapidement des études de droit pour se consacrer à la peinture, mais aussi à la gravure, puis au renouveau de la tapisserie d'Aubusson ou encore à la critique de cinéma. 

 

Ami de Matisse qui le conseille au début de sa carrière et de Fernand Léger, Gromaire travaille pourtant à l'écart des groupes et courants de son époque, tout en intégrant les apports de la modernité et en rejetant toute rupture avec la tradition.

 

Son rayonnement intellectuel en fait le porte-parole de l'art indépendant durant les années 1920 à 1950. Il sera un des professeurs de la sculptrice franco-américaine Louise Bourgeois, figure majeure de l'art contemporain. »

 

 « Je suis resté fidèle à mon pays, parce que nulle part je ne me sens plus à l'aise que dans sa magnifique lumière, dans sa couleur profonde; parce que les hommes y sont beaux de travail et d'effort, et que je déteste la facilité. 

 

Parce que de son sol ont jailli les cathédrales et les beffrois; parce que de Jean Mabuse à Henri Matisse en passant par Watteau, il est un pays de peintres", disait l'artiste, né à Noyelles-sur-Sambre (Nord). »

Sélection d’œuvres de Marcel Gromaire disponibles et 

Marcel Gromaire : portrait d’un peintre indépendant

 ICI

Etude de nu au manteau 1929 Musée d’Art moderne de Paris

Les buveurs de bière 1924 :
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