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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 11:32

Sous les grandes ombrelles de l’origine contrôlée

Se cachent des vins indignes du terroir revendiqué

Avais-je écris

En un moment de folie.

Dégustés

Agréés

Tamponnés.

La grosseur des trous de la passoire

La rendait dérisoire.

Tous ou presque passaient.

S’épandaient.

Polluaient

La belle image de nos terroirs.

Alors décrétons le grand soir !

Sur le métier remettons l’ouvrage.

Sages

Trions le bon grain de l’ivraie

Et notre belle conception de l’appellation renaît.

Oui mais ce n’était sans compter avec les compteurs de petits pois

Les faiseurs de lois.

Calibrés

Pas une seule tête ne doit dépasser.

Typicité !

La famille assemblée en rangs serrés.

Alors on rabote le haut

Tous ces vignerons qui font bon

Mais qui n’entrent pas dans les conceptions

Des gardiens de l’appellation.

Dehors les atypiques !

Que des mystiques !

Carton rouge !

Allez rejoindre la cohorte des gars du gros rouge.

Moi je demande un temps mort

Car pour certains d’entre eux c’est la mort

Économique, certes, mais que n’ai-je entendu sur l’agrément social

Alors sans faire de scandale

Je demande à l’arbitre d’accorder un moratoire aux exclus

Ni passe-droits, ni privilèges, un simple du

Exception qui confirme la règle d’airain

L’alliance de l’intelligence et du cœur : ouvrir de belles perspectives pour demain...

Si vous vous associez à cette supplique joignez-vous à moi, signez-là, diffusez-là, faites-là signer, ensemble nous seront plus forts...

- rubrique contact en bas du blog
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- jberthomeau@hotmail.com

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 00:00

Paris est une ville pleine de surprises, surtout lorsqu’on s’y meut à vélo. Dans les quartiers où les bourgeoises à l’ancienne – comme le pâté – permanentées et manucurées et les jeunes bourgeois échevelés ou rasés, en jeans et baskets, font la queue,  tels de vulgaires consommateurs de l’ex URSS face aux magasins d’Etat,  devant les échoppes gorgées de bons produits naturels, les devantures affichent des quasi-professions de foi. Dans la bonne bouffe on milite alors que dans la malbouffe on communique. Donc, en une belle fin de journée je pédalais joyeusement lorsque le rouge d’un feu m’obligeait à mettre pied à terre. Ce temps de latence je le mis à profit pour lécher les vitrines avoisinantes. Bien m’en pris car je découvris sur l’une d’elle une dénomination de choc : « Vins de Paysans éclairés » accompagnée de clichés des dits paysans éclairés. Permettez-moi de décrypter en commençant par le qualificatif éclairé.  


 

 

Dans l’histoire des Idées politiques, ce qualificatif fut mis en lumière par les philosophes des Lumières (facile j’en conviens) à propos du despotisme. Pour eux, les despotes  éclairés, des monarques,  guidés par la raison exerçaient leur  pouvoir absolu en se présentant comme les premiers serviteurs de l’Etat. Les plus emblématiques furent Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie qui ont entretenus une correspondance avec les philosophes du siècle des Lumières et les ont soutenus financièrement. Voltaire dans Candide dresse le portrait de ce monarque idéal. Qualifié de modernes ces despotes, même s’ils mettent en place certaines réformes, ne font que mettre au service de l’ordre établi les idées philosophiques de leur temps.

 

Appliqué à nos temps postmodernes pour les hommes et les femmes de la vigne et du vin, englobés ici sous l’appellation générique de paysans – je vais y revenir – le qualificatif d’éclairé prend un éclat tout particulier (facile je sais). En effet, face au pouvoir absolu des grands groupes, aussi bien de l’agro-alimentaire que de la distribution, qui ne rêvent que de normalisation réductrice de la diversité, transformant ainsi les paysans en fournisseurs de matières premières à bas coût, se dressent des irréductibles gaulois. L’image est belle et séduisante, réconfortante aussi mais un peu trop saint sulpicienne.

 

Que les Nestlé, Unilever, Danone&Cie ou les Wall Mart, Carrefour, les saint Jean bouche d’or de Leclerc et autres hard discounter soient des vecteurs d’un modèle alimentaire réducteur et obsolète, je suis le premier à le reconnaître mais pour éclairer les pousseurs de caddies qui sont le plus grand nombre les petites bougies ne suffissent pas. Sans ironiser sur leur côté sandales, shorts et chemises à fleurs, très babas cool ou néo-ruraux, nos paysans éclairés, aussi sympathiques qu’ils fussent, ne feront pas bouger d’un millimètre les lignes.

 

Pour autant je ne m’agenouille pas devant les propres sur eux, les cols blancs comme dirait l’ami Bizeul, mais je continue de penser que pour influer, changer les pratiques, il faut regrouper tous ceux qui se retrouvent autour d’une conception du vin adaptée à son temps sans renier la tradition. Une Claire Naudin, vigneronne en Bourgogne, présidente du suivi aval qualité au BIVB fait plus que bien des paysans éclairés pour que notre petit monde du vin retrouve ses marques.


 

 

Paysan, quel beau nom pour moi qui suis un fils de paysan du bocage vendéen ! Mais entre le paysan du « bonjour notre maître », de la « Terre qui meurt » de René Bazin, de la Corporation Paysanne de Pétain et le « Paysan-Travailleur » cher à Bernard Lambert devenu dans les années Mitterrand Confédéré Paysan, il y a un voisinage – un voisinage pas une communauté de pensée, on n’est jamais responsable des idées de ses voisins – qui me met mal à l’aise. Affirmer que seule une agriculture proche de la terre, paysanne, maitrisant la chaîne de ses produits, non marchande ou si peu,  soit une alternative crédible à une agriculture productiviste c’est entretenir de l’illusion et rendre impossible ou difficile la nécessaire transformation de nos systèmes de production. Entre l’agri-manager et le paysan éclairé je continue de croire qu’il existe des femmes et des hommes entreprenants, soucieux de leur environnement, désireux de créer de la richesse pour leurs enfants et leur pays, sans pour autant ruiner l’avenir de la planète, qui sont prêts à faire émerger des entités à taille humaine s’appuyant sur des modes de distribution innovants.

 

Dans ma lettre aux vignerons et vigneronnes du Languedoc, j’ai osé écrire qu’il n’y avait pas de sot métier, ni des métiers de cons, si on veut bien se prendre en mains, redonner au statut coopératif tout son sens : faire ce que le paysan viticulteur ne peut faire seul, du vin, pour vivre dignement au pays et non perdurer avec des expédients. Même si c’est ronflant de l’écrire tel est pour moi le sens profond du bien public : se mettre au service du plus grand nombre. Agir sur le réel ne change pas le réel mais fait que l’avenir soit le plus possible ce que l’on souhaite qu’il fut. Réformer est moins excitant que Révolutionner mais, dans l’Histoire des Hommes, c’est ce que j’ai trouvé de mieux en magasin…

 

À propos de magasin, un petit mot de celui qui promeut les vins de paysans éclairés : Arold 3, rue Monge, dans le Ve arrondissement cher à Jean et Xavière Tibéri, cher à mon cœur aussi, dont le patron est un homme jeune et avenant. Profession : Traiteur et un récent n° du Point sur les bonnes adresses parisiennes du bien manger accorde à sa terrine de campagne des lauriers en indiquant aussi la qualité de sa cave de vins "natures". Pour la petite histoire sur la photo le vigneron en pantalon est : Claude Courtois de Soings en Sologne, Loir-et-Cher et le vigneron en short est Olivier Cousin de Martigné-Briand dans le Maine-et-Loire.

 

 

Bien sûr j’ai acquis des flacons de ces deux paysans éclairés. Ils feront l’objet d’une dégustation dans le cours de l’été.

 

 

Par qui ? That’s the question…

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 00:00

 

Né en 1936,

Chef de service d'anatomie pathologique à l'hôpital Ambroise Paré de Boulogne du 1.10.1985 au 1er septembre 1997

Professeur à la Faculté de Médecine de Paris-Ouest (Université René Descartes) du 1.10.1970.au 1er septembre 1997

Professeur honoraire à compter du 1er septembre 1997.

Président du Collège scientifique de l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) (1999-2005)

Membre du Comité d'experts auprès du Conseil National de Sécurité Routière (CNSR)

Orientations professionnelles

-         Activités de recherche dans le domaine de la biomécanique des chocs et de l'accidentologie, qui ont contribué à faire adopter des mesures de sécurité routière (port obligatoire de la ceinture, limitations de vitesse, normes de casques, contrôles préventifs de l'alcoolémie...). Cette activité se situe actuellement dans le cadre d’une structure associative réunissant les constructeurs automobiles Français et des chercheurs (Centre Européen d’Etudes sur la Sécurité et l’Analyse des Risques : CEESAR). La production de ce site internet est indépendante de ces fonctions.

-         Conseiller technique dans le cabinet de Simone Veil en 1978/1979 (loi sur la réforme des études médicales, la formation des généralistes et des spécialistes, et le numerus clausus des médecins en formation pour adapter la démographie médicale aux besoins),

-          Conseiller technique dans le cabinet de Jacques Barrot en 1979/1981 (textes d’application de la loi de 1979 sur les études médicales).

Cette activité professionnelle a provoqué sa participation à de nombreuses structures de conseil  ou de commissions constituées pour répondre à une expertise spécifique :

· Haut comité d'études et d'information sur l'alcoolisme à partir de 1978,

· Commission qui a rédigé le rapport sur l’alcoolisme de 1980 à la demande du Président de la république (1 vol. documentation française 1980).

· Commission sur la démographie médicale présidée par le Pr Etienne (1980),

· Rédaction d’un rapport sur le sida en 1988 à la demande de Claude Evin, ministre de la santé (éditions Flammarion, 1 vol. 340 p.). Ce rapport était destiné à conseiller les pouvoirs publics dans leur organisation face à l’épidémie provoquée par le VIH. Il a été suivi de la création des trois organismes de conseil et de gestion assurant la liaison entre le gouvernement, l’administration d’une part, les structures associatives, les chercheurs, et la société d’autre part.

· Rédaction d’un rapport sur la santé publique en 1989 avec Gérard Dubois, François Grémy, Albert Hirsch et Maurice Tubiana. Ce rapport à fondé un ensemble de mesures de santé publique dont la loi Evin (janvier 1991) concernant la publicité pour le tabac ou l’alcool et la protection des non fumeurs.


· Commission Giraudet qui a rédigé en 1989 le livre blanc de la sécurité routière (1 vol. documentation française 1989).

· Haut comité de santé publique, de la création de cet organisme à juin 1992, démission à cette date, cet organisme n'ayant pas les moyens financiers ni l’indépendance indispensables à ses missions.

· Conseil d’orientation de l’observatoire national de sécurité routière depuis 1993.

· Expert auprès de l’OMS (renouvellement pour 4 ans en 1997).

· Intercommission « prévention et évaluation des soins » de l’INSERM (1992-1995).

· Commission rédigeant le livre blanc « Sécurité routière, drogues licites ou illicites et médicaments » (1 vol. documentation française 1996).

· Rapport sur l’autopsie médico-scientifique en France après le vote de la loi sur la bioéthique de 1994. (1 vol. 1997).

· Rapport sur les risques liés à l’amiante (décembre 1997-mars 1999) – Ce rapport est le produit d’une mission demandée par Martine Aubry et Bernard Kouchner (1 vol. 1998).


Les 3 Questions qui suivent, et les réponses, sont extraites d’un entretien avec Claude Got de Jean-Yves Nau et Franck Nouchi du Monde sous-titré « On ne peut privilégier la vie en profitant de l’argent de la mort » et aux inserts « j’essaye de créer une hiérarchie entre les libertés » et « la liberté de vivre passe avant la libre cupidité de ceux qui commercialisent des produits potentiellement dangereux » daté du 21 décembre 1993. Les réponses même quinze ans après sont très instructives.

1ière Question
 : Comment un contre-pouvoir d’experts peut-il fonctionner sans tomber dans les excès d’une forme de médiatisation qui, bien souvent, aggrave les passions et les conflits.


Réponse de Claude Got : Le débat social est impossible si les propositions des experts sont inaccessibles et notre groupe avait fait le choix d’une collaboration avec les médias qui le souhaitaient pour influer sur les pouvoirs publics. Nous savions que nous subirions les excès de la médiatisation-spectacle, mais il fallait choisir entre l’expert dans ses pantoufles attendant que le ministre lui pose une question et l’activiste qui pose un problème et défend ses propositions. Il risque d’être qualifié d’ayatollah, de vichyste sournois, d’hygiéniste rétrograde et liberticide, mais ces excès sont préférables à l’absence de débats d’idées. Les propositions des experts doivent être commentées par des généralistes de la pensée et de l’action sociale.


Le risque, ici, serait que le débat soit monopolisé par des groupes d’intérêt qui, bien souvent contribuent à rendre illisible l’évolution sociale en multipliant les informations et les interprétations contradictoires. Une communauté humaine en évolution rapide a besoin de maîtres à penser. Une société sans doctrines dans laquelle chaque individu doit construire toutes ses références s’atomise et s’autodétruit. Elle accentue les processus de sélection développant l’inégalité sociale, en particulier dans le domaine de la santé. L’échec du totalitarisme communiste renvoie le balancier vers un libéralisme extrême et l’aveuglement de ceux qui veulent situer toutes les responsabilités au niveau de l’individu est aussi dangereux que la tutelle dictatoriale.


2ième Question : Au fond, sur quelle doctrine repose votre utilisation du pouvoir médical pour faire prendre des décisions de « santé publique » ?


Réponse de Claude Got : j’essaye de créer une hiérarchie entre les libertés en utilisant des situations concrètes. Un enfant, un adulte vulnérables, n’ont pas à être piégés par le risque, et leur liberté de vivre passe avant la libre cupidité de ceux qui commercialisent des produits potentiellement dangereux. Je crois au rôle de l’Etat pour concrétiser une solidarité sans laquelle une société se déséquilibre. Je n’ai pas la prétention d’organiser le monde, mais je tente d’identifier et de neutraliser ceux qui le désorganisent. C’est un mélange d’égoïsme social, concevant mes intérêts particuliers comme dépendant de la prévention de certains risques, et de respect de la démocratie me faisant écarter les méthodes qui ne sont pas souhaités par une majorité de la population. Le port obligatoire de la ceinture, les limitations de vitesse, la suppression ou le contrôle de certaines publicités, le respect des non-fumeurs, sont des décisions souhaitées et acceptées par une large majorité des Français. Je tente d’identifier ce que je refuse, sans tenter de reconstruire un monde dont les finalités m’échappent.


3ième Question : Ces interventions au nom de la solidarité doivent-elles faire redouter la suppression des plaisirs liés à des risques au profit d’un idéal peu séduisant de société totalement sûre mais mortellement triste ?


Réponse de Claude Got : Vous formulez ici le choix classique entre la vie intense mais courte associée au risque et la vie longue et ennuyeuse qui serait le sous-produit de la prudence. C’est la représentation la plus perverse des actions de santé publique que l’on puisse faire. Elle méconnaît un fait essentiel : les risques les plus importants induits par notre société sont masqués et à faible plaisir ajouté. Une planche à voile procure une impression de vitesse, une émotion, plus importantes que celles produites par une voiture insonorisée et bien suspendue qui vous tuera sur un arbre à la sortie d’un virage pris trop rapidement, ou dans une collision en chaîne sur l’autoroute, sans excitation ni jouissance, uniquement par une anesthésie de la perception du risque. Je pouvais trouver un exemple comparable dans la première cigarette fumée sans plaisir, par conformisme social. Un des objectifs de la santé publique est de promouvoir le plaisir de vivre et de se livrer à des activités diverses et excitantes, éventuellement avec un risque ressenti élevé, mais avec un risque réel faible ou nul. Il faut apprendre à choisir ses plaisirs, à les raffiner, c’est un objectif de santé mentale individuelle bien différent de la chute dans un piège que l’on a pas vu.

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 00:03

 

Quel rapport entre le bœuf de Bazas et le vin de Duras ?

 

 

Aucun à priori, sauf pour moi qui aime les rimes riches. Et pourtant, les deux gros bourgs sont aquitains, placés en presque vis-à-vis sur les deux rives de la Garonne, Bazas sur la gauche, Duras sur la droite, une grosse cinquantaine de kilomètres les séparent. Le premier est une cité gasconne de 15 siècles située au sud des vignobles de Sauternes et au nord de la forêt landaise qui compte 4300 habitants et s’enorgueillit, outre de son fameux bœuf, de sa cathédrale romane classée au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du classement des chemins de St Jacques de Compostelle depuis 1998. Evêché du Ve siècle jusqu’à la Révolution et sous-préfecture jusqu’en 1926, j’ai découvert Bazas grâce à mon professeur de zootechnie qui, en abordant les grandes races bovines, classait dans les races brunes des Alpes et dérivées la race Bazadaise. Il la décrivait à robe gris blaireau foncé, notait qu’on la rencontrait dans les Landes, le Gers, le Lot-et-Garonne et la Haute-Garonne et jugeait qu’elle possédait d’indéniables qualité pour la boucherie et le travail. Donc je connus Bazas par la maman du bœuf de Bazas (pour les jeunes urbains je signale que pour faire un bœuf il faut qu’une vache vêle d’un veau de sexe masculin que l’on castrera) qui, de nos jours, est doté d’une IGP (le bœuf de Bazas et le vin de Duras relèvent donc de l’INAO). Pour faire plaisir à Hervé Bizeul le bœuf de Bazas est produit que par une petite dizaine d’éleveurs, abattu dans un seul abattoir et exclusivement commercialisé par une douzaine de bouchers. Sa renommée est grande et son prix élevé.



 

 

 

Pour Duras je me dois de commencer par Marguerite – et ce n’est pas un dérapage berthomesque – puisque Marguerite Donnadieu écrivit, au château de Duras www.chateau-de-duras.com  son premier roman « Les Impudents » où elle exalte la beauté des paysages de son adolescence et elle devint célèbre sous le pseudonyme de Duras. Le bourg est plus modeste que celui de Bazas, 1200 habitants, mais il est le centre d’un « vignoble à portée de mains » celui des Côtes de Duras. Avec celles-ci j’ai entretenu des relations d’embouteilleur au temps de la SVF puisqu’elles étaient l’une de nos principales références en vin blanc d'AOC : 3 à 4000hl sous la marque Combastet (400 000 litres ou 440 000 bouteilles).


 

Quelques années plus tard, alors que je sillonnais la France des vignes pour faire le service après-vente de mon rapport, le syndicat de défense des Côtes de Duras m’invitait à passer une journée à Duras. J’ai le souvenir d’un accueil simple et chaleureux. Á la maison des vins, en fin de soirée, l’assistance m’écouta poliment élucubrer sur mes vins pilotés par l’aval. Propos de mécréant dans un vignoble qui connut son essor au XIIe siècle et qui fut l’un des premiers à être classé en 1937 en AOC. Comme ces derniers jours sur Vin&Cie l’espace de liberté, en bon « stipendié des vins industriels » mais aussi en grand pourfendeur de la « typicité » chère à certains normalisateurs de l’INRA j’ai mis un peu d’ambiance et d’audience dans le Landerneau de la viticulture française je me sens soudain une dette à l’égard de tous ces vignerons qui se retroussent les manches pour se donner un avenir.

 

Ceux des Côtes de Duras sont de ceux-là. Alors j’ai décidé de leur offrir ma petite tribune pour promouvoir leur Nuit Blanche :

 

« Duras Fête le vin, Faites nuit blanche ! »

 

 

Dimanche 10 août, rendez-vous à Duras pour 24 heures de fête non-stop. Les Côtes de Duras célèbrent leurs vins et vous invitent à un jour et une nuit de fête entièrement gratuite, du dimanche au lundi de 10 heures à 10 heures ! Au programme : Eve Angeli, Michelle Torr, DJ Greg Cerrone, DJ Missill mais aussi des randonnées dans le vignoble, des rencontres avec les vignerons et, avis aux amateurs, plus de 150 références de vin offertes à la dégustation…


 

Cette année il y en aura pour tous les goûts ! En 2007, la Nuit Blanche avait créé l’événement à Duras. Décalée, innovante et branchée, elle avait enthousiasmé le public venu en masse fêter les 70 ans de l’AOC. En 2008, la Nuit Blanche fusionne avec la traditionnelle Fête du Vin du mois d’août pour offrir encore plus d’animations et de spectacles gratuits !


 

Après un départ en musique le dimanche matin, Batucada déambulatoire dans le village, c'est le Maréchalat de Duras qui donnera en fin d'après midi le coup d'envoi de la Nuit Blanche. En journée, des randonnées pédestres et VTT ouvriront les portes du Pays de Duras et de ses vignobles aux sportifs, tandis que Di-vin Détour chez le Duc sera une belle occasion de se laisser entrainer dans la toute nouvelle visite guidée du château des Ducs et de découvrir la Maison des Vins de Duras.



Et pour aller jusqu’au bout de la nuit, les fêtards pourront compter sur une programmation musicale éclectique. En début de soirée, c’est la tournée d’été du magazine Ici Paris avec Eve Angeli puis Michelle Torr, qui, après une semaine à l'Olympia, sillonnera les routes de France jusqu'à Duras. Leur succèderont Docteur Country et Terraboa Brazil. Passé minuit, les DJ enflammeront la nuit jusqu’au petit matin : Dj Missill, la tornade des platines, Greg Cerrone et Dj Costello !


 

A noter enfin que « Fête du Vin, Faites Nuit Blanche » c’est tout le vignoble à portée de main.


 

Une occasion unique de découvrir en un même lieu toute la gamme des vins de l’Appellation.


 

Rouges, blancs, rosés, moelleux, bio : une trentaine de vignerons vous invitent à déguster leurs vins au coeur du village, plus de 150 références au total. De quoi garnir votre cave en bénéficiant de leurs précieux conseils !


Une date à inscrire dans les agendas des vacances de cet été : Fête du Vin, Faites Nuit Blanche le 10 août à Duras.

Contact : Maison des Vins - 47120 Duras - Tél : (0)5 53 94 13 48

Toutes les infos sur : www.cotesdeduras.com - Email : contact@cotesdeduras.com

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 00:08

Chères lectrices et chers lecteurs,

Ce matin je suis très fâché. Excédé par l’impudence, le mépris, l’arrogance, l’indécence des gnomes du groupe Carrefour. Communiquer je veux bien, c’est de bonne guerre, sponsor de l’équipe de France de football pourquoi pas, mais oser étaler sa charité en des encarts publicitaires relève d’une vulgarité indigne d’un grand groupe. Tout y est : le visuel et le texte ci-dessous sont à chier. Je m’emporte mais jusqu’où ira-t-on dans l’hypocrisie auto-justificatrice ? Le groupe Carrefour, que je sache, n’a pas pour objet social de faire l’aumône aux indigents. C’est un gros épicier qui achète pour revendre et faire des bénéfices. Je n’ai rien contre et je n’ironiserai pas sur les brillantes performances économiques et financières du mastodonte mais qu’il nous épargne des tirades destinées à faire accroire au bon peuple que chez Carrefour on a le cœur sur la main. Non, messieurs de Carrefour, vous ne mettez pas votre métier au service de la solidarité. Que les « petits génies » de BETC Euro RSCG, jamais en reste d’une belle image choquante, c’est leur job, n’aient rien trouvé mieux que cette autocongratulation pour redorer l’image de votre groupe en dit bien plus que de longs discours sur votre capacité à comprendre les attentes des gens de peu qui sont aussi des gens de bien.

 



















Méditez messieurs et mesdames, dirigeants du groupe Carrefour, sur l’interrogation de Marivaux « qu’est-ce qu’une charité qui n’a point de pudeur avec le misérable, et qui, avant que de le soulager, commence par écraser son amour-propre ? » et sachez que dans notre civilisation devenue très individualiste – j’en suis, et ne m’exonère en rien de ce constat – on ne parle plus de charité, car c’est trop péjoratif, mais d’appel au don. Des associations caritatives se substituant à l’aumône chrétienne, administrent l’assistance. Elles s’adressent à tous et, il est démontré que ce sont les moins riches qui proportionnellement font le plus gros effort par rapport à leur capacité contributive (ramené au CA du groupe Carrefour les 22 millions de repas représentent une contribution minable)  Eux, bien sûr, n’ont pas les moyens, comme vous, de se payer 2 pleines pages dans le Nouvel Observateur pour vanter leur vertu. La charité, la vraie, celle du cœur, est silencieuse, discrète. On ne l’étale pas. On ne s’en prévaut pas. Enfin, sans vouloir vous faire de procès d’intention, mesdames et messieurs de Carrefour, je suis intimement persuadé que dans vos fors intérieurs vous pensez aussi que votre vertu ostensiblement affichée s’adresse à ceux qui ne sont pas capables de se prendre en charge.

 

 

Par bonheur pour vous, Coluche et Desproges ne sont plus là pour vous rudoyer bien plus que je n’ai su le faire. C’eut été un vrai bonheur que de les entendre vous étriller et vous offrir à la vindicte du bon peuple des pousseurs de caddies. Allez, ne vous inquiétez pas, les « charitables » de Carrefour, mon papier va peut-être faire remonter le cours de votre action à la Bourse de Paris qu'est totalement à la rue. Et puis, pour en finir avec vous, permettez-moi de soumettre à votre réflexion, tout d'abord, une maxime délivrée par l'un des seuls réels philosophes du XXe siècle, Pierre Dac, " Quand les bornes sont dépassées y'a plus de limites..." et enfin l'avertissement d'un encarté : " le client à toujours raison..."

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 00:06

À la GP, comme l’initiative des actions relevait de la soi-disant volonté des larges masses, la réflexion d’un héros de Kafka « je suis mandaté, mais je ne sais pas par qui ! » s’appliquait sans aucune limite. Ma hiérarchie, très laconiquement m’avait prévenu, le plus difficile ne serait pas de m’infiltrer mais d’influer sur les décisions car la bureaucratie du premier cercle veillait sur Pierre Victor, comme des ouvrières obnubilées sur la Reine de la ruche. Dans une configuration normale mon rôle d'infiltré aurait du tendre à manipuler les dirigeants, à les pousser à la faute pour que l’opinion publique ait peur, qu’elle se réfugie sous le manteau protecteur du pouvoir en place. Raminagrobis de Montboudif voyait d'un très mauvais oeil la montée de l'Union de la Gauche. Il ne voulait pas laisser le monopole de l'ordre au PC saoûlé de coups par les gauchistes à qui les socialistes jouaient une danse du ventre effrénée. Ici, la tactique était inverse, nul besoin de manipuler les maos, il suffisait selon mes chefs de leur laisser la bride sur le cou. Facile à dire : conduire un attelage de cette nature, en lui laissant la bride sur le cou, relevait du n’importe quoi. Et c’était du n’importe quoi. J’allais le vérifier dans les heures qui suivirent. À ma grande surprise je voyais débarquer d’un bloc l’état-major de la branche armée, avec ce je ne sais quoi de morgue propre à ceux qui dressent des plans en chambre, qui envoient la piétaille se faire massacrer, qui sont prêt à tout sacrifier, sauf eux, à la cause. Dans la clandestinité, la vraie, celle où sa vie en jeu, on cloisonne, on se fait discret, on évite de se réunir en des lieux connus et surveillés par la police, alors que ces petits messieurs au verbe haut plastronnaient. Aux côtés d’Olivier, le Gamelin de la GP, se tenait, hilare face à mon étonnement non feint, l’inénarrable Gustave, plus Gustave que jamais.

Les présentations relevèrent du grand guignol. Gustave déjà fortement chargé, se plantait face à moi, rotait tout en grattant de sa main gauche ses burnes dans le tréfonds de son calbar, empoignait de son autre main velue et sale le bras du général en chef, qui semblait apprécier au plus haut point cette familiarité, et avec toute la vulgarité dont je le savais capable il lançait à la cantonade : « Ce gars-là, y’a pas mieux en magasin les têtes d’œufs ! L’a pas fait vos grandes écoles à la con et jamais pété dans la soie, lui, mais sous sa tronche de beau gosse qui peut se tringler les plus putes de vos putes de sœurs quant y veut ou il veut, y’a du répondant. Ça turbine sec les méninges. Pas votre bouillie pour chiots les phraseux, du chiadé… » Gustave laissant ses glaouis en paix, en un geste circulaire et théâtral, pointait son index en direction des officiers subalternes et autres porte-serviettes : « mon petit poteau à moi, qu’en a autant que vous là-haut, lui y sait se servir de ses dix doigts. Pas manchot ou mains blanches, le meilleur artificier que je connaisse. Pas un fabriquant comme vous de petites merdes qui pètent très fort, non, des trucs pour tuer. Des bouts d’os, de la bidoche et du sang sur les murs qui sont le meilleur lieu pour la racaille du patronat et les lopes politiciennes. Avec lui on ne va pas se faire chier. Je propose qu’on l’appelle : Maroilles car putain de Dieu y’a pas meilleur qu’un bout de Maroilles trempé dans ton café au lait. Ça vous ne pouvez pas le comprendre vous qu’avez tout juste sucé que les tétons de votre mère… » Ponctuant ses fortes paroles bues par une assistance recueillie Gustave pétait à se déchirer la rondelle. La messe était dite. J’en étais et il ne me restait plus qu’à suivre la troupe drivée par l’improbable couple Gustave-Gamelin.

L’heure de la contre-attaque avait sonné. La commémoration du premier anniversaire de l’assassinat de Gilles Tautin allait servir de détonateur pour libérer l’autonomie des ouvriers de Flins étouffée par l’alliance des chiens de garde syndicaux et des bureaucrates de la direction de la Régie. En souvenir du premier martyr de la longue marche version française la GP allait montrer concrètement aux forces capitalistes que les grilles, les nervis, les CRS, tout l’arsenal répressif, n’étaient pour elle que l’équivalent de la maison de paille des petits cochons. Le souffle brulant des larges masses allait balayer ces ridicules défenses. La violence insurrectionnelle, braise sous la cendre, exploserait, nécessaire et légitime. Bien sûr le détail de l’opération restait secret. Rendez-vous était donné dans l’église d’Elisabethville prêtée par un curé sympathisant. Cette fois-ci, le chef des opérations militaires déconseillait de se rendre sur le théâtre des opérations via l’autoroute de l’Ouest. July et Prisca Bachelet, la première fois, juste après le Pont de Saint-Cloud s’étaient fait cueillir par les gendarmes et embarqués pour Beaujon. Quand à Edern Hallier, il n’aurait pas à prétexter un départ «en week-end» à Deauville avec sa Jaguar car on avait omis de le mettre au parfum. Trop bavard ! Moi je savais tout car l’immonde Gustave avait déjà bavé à son correspondant des RG. Les troupes de choc de la GP allait pénétrer de force dans l’usine de Flins et affronter l’encadrement. Ensuite, repli en bon ordre et évacuation par une tranchée d’égout à ciel ouvert. Ce vieux salaud de Gustave se marrait doucement car lui n’en serait pas alors que moi il venait de me jeter dans les pattes des frelons arythmiques.

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 00:05

 

Le céteau est si minuscule, 10 à 20 cm, si plat, qu’on le prendrait facilement pour une langue de chat, toute brune, je ne plaisante pas, à Bordeaux, on le nomme aussi langue d’avocat. On dirait une petite sole mais ce n’est pas, n’en déplaise aux eurocrates, une petite sole (1) c’est un céteau.

 

Ce petit poisson aime nager en eaux troubles, se vautrer dans la vase et sa tiède chaleur, dans les fonds marins entre les Sables d’Olonne et le bassin d’Arcachon. Le coquin a la peau toute bronzée et la chair d’une blancheur nacrée. Il est fragile et fin. On le pêche à partir du mois de mars lorsque les eaux se réchauffent et qu’il s’approche des côtes jusqu’à novembre où il s’en éloigne pour s’envaser.

 

L’Europe bleue, en 1983, l’ignora. Les eurocrates alertés préférèrent fermer les yeux en conseillant la discrétion (sic). Les pêcheurs du port de la Cotinière, qui assurent 50% de la production nationale de céteaux, loin de se contenter de ces arrangements précaires et soumis au bon vouloir de l’Administration ont « démontré que les volumes de pêche étaient les mêmes depuis longtemps et que l’espèce n’était pas menacée par le niveau de capture (…) que les autres pièces ramenées dans les chaluts étaient inférieures à 10% ». Enfin, en 1996, l’un des chouchous du François de Jarnac, Le Divillec, parrainait la promotion du céteau.


 (1) André Forest de l'IFREMER l'a démontré en 1979


Le vendredi, jour maigre dans ma Vendée profonde, le poisson occupait nos assiettes et, comme nous étions à la Mothe-Achard à quelques lieues des Sables d’Olonne et de son port de pêche de la Chaume, le céteau faisait parti de notre ordinaire. Fricassé, bien sûr, après avoir été, comme les électeurs, roulé dans la farine sans même qu’on eut besoin de le vider. Saisi dans un grésillement mousseux de beurre de pot le petit céteau se dorait la pilule.

 

Pour les ignorants, le beurre de pot, est du beurre salé conservé dans un pot de terre pour l’hiver. Aigrelet mais sans égal pour croustiller la peau du petit céteau. On le mange avec ses doigts sans le dépiauter, tout entier. On se lèche les doigts qui sont bien gras. On passe un bout de pain dans le fond de l’assiette pour recueillir le beurre frit qui reste. Et avec ça qu’est-ce qu’on boit les gars ? Un Fiefs Vendéens La cuvée les Clous 2003 du Domaine Saint Nicolas de chez Thierry Michon http://www.domaine-saint-nicolas.com/fr/?m=cuvee&c=6

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 00:02

 

 Se prénommer Noah, certes avec un h, être un écrivain américain à succès – étasunien plus précisément – vous prédispose assurément à écrire un livre émouvant, d’une beauté simple, juste et vrai, sur le voyage initiatique à la fin du XIXe siècle d’un jeune vigneron du Languedoc à la Catalogne. Lisez-le vous y retrouverez, dans une langue sans fioriture, tout ce qui fait la grandeur et la servitude du métier de vigneron. Une autre époque certes, dure, implacable, mélange de soumission et de fierté d’une communauté humaine liée à sa terre, solidaire dans sa condition de servitude, d’apparence immuable, miséreuse mais d’une grandeur d’âme sans pareille. L’amour, toutes les passions humaines, la politique, la religion, l’argent, le commerce et, bien sûr, la culture de la vigne et l’élaboration du vin, donnent aux femmes et aux hommes de cette terre aride de Santa Eulalia, une vérité humaine émouvante. Sans vouloir extrapoler j’estime que bien des ingrédients de ce beau livre donnent à réfléchir sur les temps que nous vivons. Josep, le héros, fort de l’expérience acquise chez Léon Mendès dans la vallée de l’Orb, veut faire son vin sur la terre de ses ancêtres, du Vin à boire, et non du mout pour la vinaigrerie. Dit par un mécréant comme moi c’est un peu une saga : du vin industriel au vin de terroir… Bonne lecture.

 

« Comme il n’est que le fils cadet, Josep Alvarez sait depuis toujours qu’il n’héritera pas de la bodega familiale : les vignes qui poussent sur le sol aride de Santa Eulalia reviendront à son frère aîné. Josep s’engage donc dans l’armée, où, en échange d’une maigre solde, il est propulsé dans l’horreur des guerres carlistes.

Désertant une unité dont il est le seul survivant, il se réfugie de l’autre côté des Pyrénées, au cœur du Languedoc. Un vigneron français lui apprendra les secrets de la vigne, et lui transmettra sa passion. Dès lors, Josep n’aura qu’une seule obsession : fabriquer son propre vin, dans sa propre bodega. »

Extrait de la 4ième de couverture La Bodega de Noah Gordon chez Michel Lafon

 

« Le jour où tout changea, Josep travaillait depuis l’aube dans les vignes de Léon Mendès.

C’était une journée exceptionnellement belle dans un mois de février maussade. L’été était frais, mais le ciel semblait ruisseler de soleil. Josep s’était mis à l’ouvrage poussé par une sorte de frénésie. Passant de cep en cep, il taillait les sarments épuisés d’avoir porté jusqu’en octobre un raisin dont chaque fruit débordait de saveur comme une femme dans la fleur de l’âge. Sa main rapide coupait au plus près. Quand il tombait sur une grappe de fer servadou ratatinée oubliée par les cueilleurs, il la mettait de côté dans un panier, non sans en goûter au passage un grain aux arômes délicatement épicés. Arrivé au bout de la rangée, il entassait ses sarments, puis les embrasait à l’aide d’un brandon prélevé dans le feu précédent ; et l’odeur âcre de la fumée ajoutait au plaisir n é de son effort. »

Extrait du premier paragraphe de la première page

 

« Le village de Roquebrun se nichait sur la pente d’une colline, dans une boucle de rivière passant sous un pont de pierre en dos-d’âne. Josep s’approcha. On respirait ici un air doux, odorant. Les feuillages étaient verts. La rivière était bordée d’orangers. Le village était propre bien tenu, empli de mimosas d’hiver dont les fleurs évoquaient tantôt des plumes d’oiseau, tantôt des flocons amassés par le vent. »

Extrait page 145

 

« Durant l’automne qui suivit son retour à Santa Eulalia, Josep éprouva une joie toute neuve en voyant se métamorphoser les feuilles sur ses pieds de vigne. Le phénomène ne se produisait pas chaque année. Par quoi était-il déclenché ? Josep l’ignorait. Peut-être était-ce dû à cette saison particulière où les nuits glaciales succédaient à de brûlants après-midi. Ou bien fallait-il chercher du côté d’un mélange particulier de soleil, de pluie et de vent. Quoiqu’il en soit, les feuilles se transformèrent en ce mois d’octobre, et Josep y trouva un écho de lui-même. Soudainement, les pieds d’ull de llebres offrirent une variété de nuances qui allaient de l’orangé au rouge vif. Dans le même temps, les grenaches d’un vert lumineux tournaient au jaune, tandis que leurs tiges brunissaient. Les feuilles de Carignan, elles, restaient d’un vert riche, et leur tiges devenaient rouges. Tout se passait comme si les pieds de vigne défiaient leur mort prochaine ; mais pour Josep, tout cela relevait d’un renouveau, d’une renaissance, et il arpentait ses rangées avec un enthousiasme tranquille. »

Extrait page 151

 

« Avant son séjour en France, il ne s’était jamais avisé de compter les bourgeons apparus sur les sarments, mais, à présent que ses propres vignes prenaient vie, il en vérifiait chaque cep. Il nota que la plupart donnaient environ soixante bourgeons, sauf les plus anciens, qui en produisaient une quarantaine. Léon Mendès voulait, lui, que ses ceps donnent entre quinze et vingt bourgeons, pas plus. Josep se mit à élaguer ses vieilles vignes pour les réduire au-dessous de ce chiffre. Maria del Mar, qui venait récupérer son fils, le vit jeter des bourgeons qui pour elle représentaient autant de futures grappes.

- Qu’est-ce qui te prends ? s’écria-t-elle.

- Moins il y a de bourgeons, répondit-il, plus le goût se concentre dans le raisin. La saveur se met dans les grappes qui restent. Dans celles où même les pépins mûrissent. J’ai l’intention de faire du vin.

- Ce n’est pas ce qu’on fait déjà ?

- Je veux faire du vin, répéta Josep. Du bon vin. Du vin que les gens auront envie d’acheter. Si j’arrive à en produire et à le vendre, je ferai plus d’argent qu’en vendant du moût à Clemente ! »

 

Extrait page 239

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 00:09

Au temps où les matches du Tournoi des 5 Nations se jouaient au Parc des Princes, je me rendais toujours avec plaisir au repas d’avant-match au restaurant de Roland-Garros organisé par le club Quinze d’Antoine Verdale avec Michel Pons comme homme orchestre. Au menu l’invariable cassoulet de Castelnaudary accompagné d’autres nourritures roboratives, le tout arrosé de vin de Buzet. L’ami Jean-Marie Hébrard, omniprésent, souriant, nous accueillait, nous régalait, l’ambiance était bon enfant, les langues se déliaient et les gens, dit importants, retrouvaient le plancher des vaches des bons vivants. Souvenirs, souvenirs, des liens privilégiés avec la cave des Vignerons de Buzet que le temps, comme souvent, a distendu.

 

Ce matin l’occasion m’est donnée de chroniquer sur leur dernier-né : le Bib de fille baptisé Vinity Case qui s’inscrit dans la tendance que j’évoquais dans mon papier du 20 mai 2008 « Pink&pink et colégram »  http://www.berthomeau.com/article-19794749.html Nos amis de la Journée Vinicole parlent d’une « véritable Révolution », je n’irai pas jusque là mais, comme Gallo avec son Hand Bag (voir Wine News de la Toile N°18) les Vignerons de Buzet s’inscrivent avec, créativité et talent, dans la tendance très rétro des Sixties. Mais comme le temps est au prémâché communiquant, le produit s’accompagne d’une fiche d’identité, je cite : « sa forme ronde, associé à ses couleurs acidulées, au vichy et à la clarté du message, en font un message identitaire à part entière (...) Ce premier Bag-in-Box rond aux couleurs tendres s’adresse essentiellement aux femmes et s’inscrit dans la volonté des vignerons de Buzet d’instaurer une véritable parité dans le monde du vin. »

 

Je dois avouer que ce genre de littérature, très chef de produit, me dérange. Pourquoi diable, en lançant un nouveau contenant innovant se livrer à de telles déclarations d’intention ? Pour convaincre les acheteurs de la GD me rétorquera-t-on ? Fort bien mais, entre nous, sans vouloir froisser l’ego souvent fortement dimensionné de ces fins connaisseurs, que connaissent-ils des filles d’aujourd’hui ? Ce que leur disent les panels, les études ou je ne sais quoi, me direz-vous doctement. Sans doute mais, n’en déplaise aux « rayonneurs » de la Grande Distribution, ou aux vendeurs d’idées en kit, le vin de fille ça n’existe pas. Les filles, comme les garçons d’ailleurs, s’approprient, détournent, s’identifient à certains produits, à certaines marques : cf. Lacoste, Burberry’s ou même les petits sacs blancs de Vuitton, mais vouloir leur forcer la main, les flécher, leur dire c’est pour vous qu’on l’a fait n’est pas un bon plan. Les success stories naissent en dehors de toute planification marketing rationnelle. De même, dire que le produit s’inscrit dans le grand combat de la parité homme /femme me laisse rêveur.

 

Bon, ce n’est que mon opinion, elle n’engage que moi et elle n’aura guère d’incidence sur le succès éventuel du produit. Que les Vignerons de Buzet n’en prennent pas ombrage car leur Vinity Case je lui trouve beaucoup de séduction, de fraîcheur primesautière et je lui souhaite une longue et fructueuse vie. Mon propos se cantonne à affirmer que l’on ne créé pas des musts, des objets cultes par la seule affirmation d’une volonté aussi cohérente et rationnelle soit-elle. Devenir un accessoire indispensable aux soirées en vogue ne se décrète pas. Pour s’insérer dans ce type de manifestations il faut en être : les champenois et les « ambassadeurs » des grands spiritueux à la mode, le savent mieux que quiconque et leurs moyens leur permettent d’influer sur les boissons branchées. En écrivant ce que j’écris je m’adresse à ceux qui pensent qu’une bonne idée, qu’un concept nouveau : Vinity Case en est un, génère une marque. Une dénomination commerciale, aussi géniale soit-elle, aussi surprenante et originale qu’elle fût ne s’installe pas dès son lancement dans un statut de marque. Une marque est une construction de longue haleine où le produit qui la supporte génère les moyens de son expansion et de sa diffusion. Inverser les facteurs, s’autoproclamer marque, mettre en avant ce que l’on estime être ses attributs c’est mettre la charrue avant les bœufs et enfermer le produit dans un univers restreint. Je l’ai déjà écrit, donner un sexe au vin, c’est le priver de son atout essentiel, comme l’est le jeans, d’être unisexe.  

 

Sans conclure, deux exemples : l’Avantime de Renault et « Angel » de Mugler, soit un succès annoncé qui se termine en fiasco commercial et un succès imprévu et durable d’un parfum sans grand moyen.

 

« L’Avantime de Renault incarne un bon exemple d’échec commercial dans le domaine automobile. Pourtant, en apparence, le véhicule était parfaitement en phase avec les tendances. Cette voiture lancée par Renault en 1999 partait d’une logique simple : puisque les Français aimaient les coupés et achetaient des monospaces, il devait exister un marché pour des « coupéspaces ». Conscient de la difficulté de la difficulté de lancer un modèle sur le segment haut de gamme, Renault estimait pouvoir en vendre 15000 par an. En réalité, la première année, le constructeur ne parvint qu’à en vendre 5000. Cet étrange engin ne parvint pas à bousculer les tendances classiques du haut de gamme, selon lesquelles une automobile doit être une berline statutaire à trois volumes, à l’instar des modèles allemands. » Guillaume Erner

 

« L’idéologie de la marque domine ces professionnels ; pour eux, c’est elle et rien d’autre qui distingue deux rouges aux lèvres. Ces utopistes, tendance nihiliste, pensent régner sur un monde où le rêve immatériel serait devenu une réalité, où le produit ne constituerait plus qu’un problème secondaire. Dans ce contexte, le parfum constitue l’incarnation idéale du rêve de l’immatériel, une traduction marketing de la poésie baudelairienne. Pour en lancer un, des sommes considérables sont investies dans tout ce qui n’est pas le produit, autrement dit dans le marketing, entendu au sens large. Si « Angel » (1) de Thierry Mugler a été lancé en 1993 sans grands moyens, la plupart des parfums font l’objet de dépenses publicitaires énormes (LVMH parfums investit par an 25% de son CA en publicité » Guillaume Erner

 

 

(1)  le phénomène « Angel » reste en tête du hit-parade mondial des meilleures ventes (je propose à Claude Sauser, qui a travaillé pour ce produit, de nous expliquer pourquoi…)

(2)  « C’est la vie » de Christian Lacroix avait tout pour réussir ce fut un bide dans la longue liste des succès annoncés.

 

 

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 00:04

C'est un de mes sujets favoris : convaincre une majorité de nos concitoyens, l'opinion publique comme on dit, que le vin est, tout en étant une boisson alcoolisée, un vecteur puissant de socialisation, de lien social, de convivialité et de bien vivre. La pente à remonter est importante. Les clichés d'un autre âge ont toujours cours et les prohibitionnistes masqués mènent, avec toujours la même vigueur et une forte dose de mauvaise foi, leur apostolat. Le monde du vin n'a pas toujours été exempt de reproches : positions ambiguës et défense brouillonne et agressive. Le travail de fond entrepris par Vin&Société constitue pour moi un grand progrès dans l'élaboration d'une réelle stratégie de reconquête de l'opinion. Je remercie donc madame Marie-Christine Tarby-Maire la présidente de Vin&Société d'avoir bien voulu se soumettre à mes 3 Questions.

 1ière Question : Vin et Société : vaste programme aurait dit le général de Gaulle, vous êtes face à un chantier difficile madame la Présidente. Pouvez-vous éclairer notre lanterne : quelle mission s’est donné votre association ? Qu’elle est sa philosophie ? Lobby or not lobby ?

 

Réponse de MC Tarby :

Vin et Société rassemble toute la filière vin française dans le but de défendre la place du vin dans notre société et tout particulièrement de promouvoir un mode de consommation compatible avec les objectifs légitimes de santé publique.

Le mot lobby en France a mauvaise presse. Nous défendons notre filière et nous sommes un interlocuteur des pouvoirs publics sur le thème de la place du vin dans la société. Nous essayons de tenir compte des évolutions de la société, de partager avec notre filière ce que nous estimons être la meilleure attitude pour l’avenir.

Nous avons choisi, comme l’ensemble de la filière vins européenne, de promouvoir la modération, ce n’est en rien un renoncement, c’est un acte civilisé certes mais qui permet de se faire plaisir souvent et longtemps.

Les consommateurs ne veulent pas vivre dans un monde d’interdits, ils veulent pouvoir profiter de la vie. La gastronomie, la convivialité sont des éléments essentiels de la vie. Le bon sens va prendre le dessus face aux excès de ceux qui ne voient que le mal.

 

 

2ième Question : Dans notre société où l’on a de plus en plus tendance à épouser les humeurs de l’opinion publique, à décider au vu des majorités dégagées par les sondages, que comptez-vous faire pour transformer la sympathie réelle de beaucoup de nos concitoyens envers les vignerons en compréhension et en soutien dans la confrontation toujours difficile entre la communication sur le vin et les politiques de santé publique ?

 

Réponse de MC Tarby :

Nos concitoyens ont une belle image du vin, (toutefois 40% des plus de 15 ans sont non-consommateurs) et à juste titre, c’est un des plus beaux, si ce n’est le plus beau, produit de la terre et des hommes, un produit chargé d’histoire, de terroir, qui éveille tous les sens … et apporte beaucoup de plaisir. Mais ils sont aujourd’hui extrêmement attentifs à leur santé. Ils évaluent leur alimentation au regard de son effet sur leur santé et sont souvent traumatisés par des messages anxiogènes des pouvoirs publics ou des médias.

Nous devons calmer le jeu et donner au consommateur les clefs de la bonne consommation, par respect pour eux, pour les rassurer, pour construire notre avenir, pour pérenniser l’image noble et sympathique du vin et la fierté de notre filière.

Nous essayons d’informer les médias de cette démarche afin qu’ils puissent la relayer. Nous nous heurtons souvent à l’incrédulité, à la suspicion mais petit à petit le message passe.

Nous avons lancé un site internet www.vinetsociete.fr qui diffuse ces clefs de la consommation.

Nous comptons aussi sur tous les membres de notre filière pour relayer ces messages, ce qui, du fait du grand nombre d’opérateurs dans notre filière, nous donne une force de frappe importante.

Les choses bougent, vous étiez à Bordeaux vous avez lu les articles en première page dans le quotidien Sud Ouest sur Bordeaux fête le vin, joyeusement tout le monde a évoqué la modération avec fierté.

Les félicitations des préfets ou procureurs sur le respect des taux d’alcoolémie au  volant dans les fêtes viticoles ne sont pas rares. Les abus nous nuisent et nuisent bien souvent aussi à leurs auteurs, nous apportons notre contribution.

Notre souhait demeure intact : apporter du plaisir à nos clients et que du plaisir, pas de méfaits.

C’est aussi simple que cela.

 

3ième Question : Puisque vous êtes sur un petit média du Net, mon blog, pourriez-vous dire à mes lecteurs ce que vous faites, après l’affaire dites Microsoft, pour que la loi Evin puisse être adaptée à ce nouveau support sans pour autant bloquer ou anéantir toutes les possibilités de ceux, vente en ligne, sites de vignerons, ou même blogs, qui fondaient de grands espoirs pour faire du commerce sur l’Internet ?

 

Réponse MC Tarby :

Comment faire un plan de modernisation de la filière vins sans autoriser l’usage d’internet ? Il est bien évident qu’il faut de façon très urgente résoudre ce désordre juridique qui a suivi le jugement Heineken.

Les ultimes négociations avec le gouvernement nous amènent à penser que le groupe de travail constitué par le gouvernement sur ce thème devrait rendre rapidement ses conclusions, dès la 3ème semaine de juillet. Si ce groupe répond à la demande faite par le gouvernement, ce serait la première fois que trouverions  autour d’une même table avec toutes les parties prenantes dont les organisations de santé, une solution à un problème qui se pose à notre filière.

Soyons positifs et espérons que la solution va venir et permettra à la filière vin de communiquer et de vendre sur internet, aux médias internet de parler du vin, aux bloggeurs de se parler via internet, aux régions de parler de leurs vignobles………, à la culture du vin de se diffuser via internet car elle est porteuse en elle-même de modération.

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