Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:00
Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !

Mais qui c’est qui ces Roche-Mazet ?

 

Des gens du South of France qui s’affichent à Paris !

 

Des provinciaux, qui font leurs courses à Métro, sur qui je suis tombé nez à nez lorsqu’en sortant de chez moi, juché sur mon fier destrier, j’ai levé mon nez vers les panneaux que la maire Hidalgo a concédé à Decaux.

 

En effet, je suis cerné, à 2 des 3 entrées de mon immeuble, par ces grands et moches placards publicitaires.

 

Donc, je ne peux pas rater la réclame qui y est affichée.

 

D’ordinaire je n’y prête guère d’attention mais depuis quelques jours la réclame de la maison Castel « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif » m’interroge.

 

Je me dis dans ma petite Ford d’intérieur de bon buveur, genre bobo chic exécré par l’adepte de l’évier catalan, comment peut-on imaginer offrir à son gosier assoiffé un Merlot pour l’apéro ou un Cabernet-Sauvignon, tous 2 du pays d’O ?

 

Peut-être pour faire du vin chaud ?

 

Oui, je sais, j’ai l’ironie facile, mais je sais aussi que l’ambition des malheureux génies du marketing du vin, si peu écoutés, si peu considérés, est de multiplier les occasions de consommation du vin.

 

Comme je les comprends, je compatis même, mais de là à imaginer qu’on puisse ouvrir une bouteille de Roche-Mazet à ses invités pour l’apéro y’a un pas que le dernier des marchands de jaja du coin de la rue ne franchirait pas pour le conseiller même à madame Michu qui achète son vin au Super U.

 

On va me rétorquer que l’important pour la réclame, en vertu du code lessivier, c’est de placarder ROCHE MAZET à tous les coins de rue, dans toutes les villes et les villages de France, le slogan tout le monde s’en tamponne le gosier.

 

Certes, mais comme j’ai mauvais esprit j’imagine les arguments savants des communicants lors du brief de présentation de l’affiche pour convaincre la Castel compagnie qu’adore les chaînes d’embouteillage nickel chrome qui tournent comme des horloges suisses.

 

Je les vois, avec force de slides et de PowerPoint, justifier le slogan « Aujourd’hui, Roche Mazet s’invite à l’apéritif »… Ça fait genre … ça pose une marque dans l’univers post-moderne à des consommateurs, ultra-majoritaires, qui n’entendent rien au vin qu’ils achètent dans la GD sans même regarder le flacon en moins 30 secondes chrono.

 

« Oui, oui, cousins, cousines… La campagne touchera ainsi les jeunes couples de -35 ans en scooter, s’arrêtant à Prisunic, comme dirait le Juppé, afin d’acheter une boutanche de Roche-Mazet pour l’apéro qu’ils ont organisés dans leur colocation du XXe avec quelques copains, copines qui se d’ordinaire se tapent des bières… »

 

Succès garanti !

 

Bravo, bravo, retour sur investissement de la campagne d’affichage : excellent !

 

Et là, à cet instant précis, je suis pris d’un doute : et si c’était moi qui avais tort et les gars de chez Castel qui visaient juste ?

 

Eux, ils dépotent des millions de cols par palettes entières et ils savent mieux que toi ce qui s’achète.

 

Et ce qui s’achète le plus ce ne sont pas les belles quilles des guides mais celles moins glorieuses des catalogues de la GD. Ils n’en ont rien à branler des vapeurs des dégustateurs, héritiers qu’ils sont du jaja en litron étoilé.

 

Mais j’entends déjà les cris d’orfraies des adorateurs du Vin de Pays d’Oc, pardon de l’IGP Oc ! Ben oui, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt les gars, nous la jouer vendanges à la main, chai de barriques, et tout le saint-frusquin cher au terroiristes, faut accepter l’héritage de l’Histoire.

 

D’ailleurs, le logo d’Oc est tout en haut à gauche de l’affiche, preuve de l’onction de la stratégie, au ras des pâquerettes de la maison Castel, par la maison chère à Jacques Gravegeal.

 

Pour étayer mes dires qui ne sont pas des médires sur le cousinage étroit entre les ex-vins de table et les ex-vins de pays d’Oc je vous donne des prix glanés chez Franprix :

 

  • Vieux papes 2,26 € 75cl VSIG France
  • Roche Mazet cabernet-sauvignon Pays d’Oc 3,22€ 75cl
  • Foncalieu cabernet-sauvignon Pays d’Oc 2,49€ 75 cl
  • Gérard Bertrand merlot Pays d’Oc 4,80€ 75 cl

 

Vous me direz que le moins cher reste encore une AOP Languedoc de la maison Jeanjean c’est 2,19€ 75cl.

 

Donc y’a pas photo faut que ça dépote au niveau des rendements dans les Pays d’Oc pour que ça paye la sueur des viticulteurs vracqueurs. Ça passe largement au-dessus des 100 hectos dans le Pays d’O !

 

Bref, on ne change pas une recette qui gagne !

 

Même si le Pierre ce n’est pas avec le jaja qu’il a fait sa belle pelote.

 

Trêve de spéculations sur le compte d’exploitation des vignerons, revenons à l’objet de ma chronique : l’affiche !

 

J’en suis aussi à me demander si sa ringardise n’est pas, elle aussi, voulue par les concepteurs de la campagne. Faut pas les prendre pour des branques les gars de chez Castel, le jaja au mètre sur linéaire c’est leur affaire, c’est gravé dans leur ADN.

 

Faut me comprendre « Concurrent un jour, concurrent toujours… »

 

Comme je suis un gars constructif, mon vœu le plus cher dans cette affaire de vin au mètre bien habillé, les flacons sont même numérotés, c’est que nos grands dégustateurs, autoproclamés indépendant ou non, nous fasse un petit « lichage » dégustatif de ces vins d’Oc qui font le gros des volumes de la vente en GD.

 

L’Interpro de l’IGP Oc, qui n’est pas sur la paille, pourrait organiser ça à Vinisud… ça serait un acte exemplaire d’information du plus grand nombre de consommateurs… et ça permettrait à nos grands dégustateurs de se frotter à la réalité des grands volumes de vins mis sur le marché.

 

Je rêve, je rêve… un jour viendra où Nicolas… mais ça je ne l’écrirai pas… ha ! ha !

Si vous voulez vous singulariser à l’apéro invitez-donc les Roche-Mazet !
Partager cet article
Repost0
1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 06:00
Après de nombreuses années à des postes clés de la filière vin, je suis désormais critique de vins à plein temps.

Face à une telle présentation très avantageuse, et sans savoir quelles furent ces postes, je me suis interrogé : mais où sont donc situés ces fameux postes clés dans la filière vin ?

 

J’avoue, qu’en dépit de mon long charroi dans cette filière, j’ai bien du mal à les identifier.

 

Mais au fait c’est quoi un poste clé ?

 

Un poste important, stratégique, où celui qui l’occupe exerce une influence déterminante sur les choix, les politiques, les décisions importantes qui orientent, déterminent l’avenir du secteur.

 

Par exemple aux États-Unis beaucoup ont nourri, à juste raison, des inquiétudes liées aux nominations par Trump aux postes clés de la politique étrangère.

 

Dans les entreprises, petites, grandes ou moyennes, comme dans les institutions internationales, ONU, FMI, OMC… l’Église de Rome, les institutions privées, FIFA, UEFA, CIO, Croix Rouge, Grandes ONG, les partis politiques, les syndicats… il existe des postes clés très recherchés, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils sont occupés par des gens compétents, consciencieux, honnêtes, dévoués.

 

Mais, la seule bonne question pour jauger le caractère clé d’un poste est sans conteste : est-ce que le bon fonctionnement de l’entreprise ou du secteur dépend de ce poste ? Avec en corollaire : est-ce qu’une erreur dans ce poste peut causer des dommages irréversibles ?

 

Sepp Blatter, Michel Platini, DSK, Christine Lagarde, Jérôme Cahuzac… en savent quelques choses...

 

Dans une entreprise de production c’est relativement simple de répondre à ces questions alors que dans les grands bouzins administratifs privés comme publics c’est beaucoup plus compliqué. Ça fait la fortune des cabinets d’audit et le miel des DRH.

 

Mais, dans la filière vin, qui n’est dirigée par personne d’identifié, pourrait-on éclairer ma petite lanterne sur ce que sont postes clés qui conditionnent son bon fonctionnement ?

 

Sans être mauvaise langue j’ai comme l’impression que dans l’esprit de certains ce sont des postes qui tournent autour de ceux qui cultivent le raisin, font le vin et parfois le vendent.

 

Des gens qui s’estiment, se proclament importants, indispensables… des conseillers… des consultants… des communicants… des vendeurs de service de tous poils… des politiques… des fonctionnaires…

 

Pour illustrer mon propos je prends au hasard un courrier reçu le 26 janvier d’une agence de communication :

 

« En ce début d'année 2017, la Maison Bertrand Ravache annonce la sortie d'un film corporate réalisé en collaboration avec Le Jardin des Marques, agence de conseil en storytelling de marque et en communication transmedia et sa société de production audiovisuelle The Rabbit Hole.

 

Présenter la Maison Bertrand Ravache, son origine, son univers, ses valeurs et ses aspirations, tel est l'objectif de ce film qui se dévoile comme une suite logique du travail de recherche et de storytelling accompli par Le Jardin des Marques sur l'identité de la Maison depuis 2015.

 

De la mer à la terre, de l'écume à la vigne, le film nous transporte des côtes bretonnes aux vignes bordelaises en référence aux origines de Bertrand Ravache qui a su, avec le recul suffisant, apporter son regard nouveau sur les vins de Bordeaux pour s'adapter au marché et aux consommateurs.

 

Exigeant et audacieux, à la recherche perpétuelle des meilleurs terroirs, des techniques de vinification les mieux adaptées, les ambitions de Bertrand Ravache sont claires : ne jamais se limiter à l'existant.

 

Le film présente également l'équipe de femmes et d'hommes passionnés qui œuvre, chaque jour, au renouveau de la Maison Bertrand Ravache et à la mise en avant de ses vins par les sélections « Excellence » et « Audace par Bertrand Ravache ». Cette dernière gamme est signée et sélectionnée par Bertrand Ravache et Claude Gros, œnologue fin expert des terroirs du Sud, de Bourgogne et de Bordeaux.

 

Principalement diffusée sur le site internet de la marque, la vidéo se veut être un outil de communication auprès des particuliers et professionnels mais aussi auprès de la presse en complément des outils traditionnels. »

 

C’est beau, beau comme du storytelling qui s’affiche pour vous torcher une belle histoire… faut pas se gêner ne trouvez-vous pas ?

 

Vous me direz faire de la réclame n’a jamais été une œuvre de vérité ! J’en conviens aisément mais pour autant, tout ce petit monde qui tourne autour des vignerons et des négociants, occupe-t-il des postes-clés dans la filière ?

 

La réponse est évidemment non. En effet, même si certains vendeurs de services ou de produits ne sont pas forcément parasitaires, c’est à ceux qui les rémunèrent de juger de leur efficacité, ils n’en occupent pas pour autant des positions clés par rapport à cette fameuse filière.

 

En effet, ils sont très facilement remplaçables ou substituables, et ils ne jouent, ou si peu, un rôle déterminant dans le bon fonctionnement de la fameuse filière vin qui, je le répète n’est qu’une simple dénomination commode pour identifier un fonctionnement complexe qui n’a aucun organe décisionnel identifié et opérationnel.

 

Je vais même encore plus loin en affirmant qu’étant donné le caractère spécifique du vin, par rapport à d’autres filières, celle du lait par exemple, la filière vin n’est pas, et c’est heureux, soumise à l’emprise de ces fonctions qui transforment le producteur en producteur de minerai.

 

Alors de grâce, dans le petit bal des vanités des réseaux sociaux que certains cessent de s’accrocher sur leur poitrine bombée des flopées de médailles qu’ils n’ont pas gagnés, de faire de la gonflette genre grenouille qui se fait bœuf pour vendre au bon peuple des buveurs de vin ébahis leur minuscule salade.

 

Pourquoi s’émouvoir pour si peu ?

 

D’abord ça me fait du bien et je ne vois pas au nom de quoi j’y renoncerais ; ensuite la facilité avec laquelle certains sur les réseaux sociaux clament leur indépendance alors qu’ils restent dans l’opacité la plus épaisse sur leurs petits arrangements avec ceux qui les invitent à déguster ; enfin si ce n’est pas moi qui met le doigt là où ça fait mal : qui le fera ?

 

Et puis pour sourire une anecdote que je contait le 28 décembre 2008 Moi sur la photo près du Ministre 

 

« Pour finir sur ce sujet je vais vous conter une histoire vraie sur ce thème. L'homme était brave. Il montait à Paris souvent mais jamais ne voyait le Ministre comme ses collègues de son département mieux lotis que lui. Le brave homme s'en désespérait. Un jour, au téléphone l'un des grands présidents de son département me dit sur un ton limite courroucé « Tartemol a vu le Ministre... »

 

Même pas une question, une affirmation, le susdit tolérait mal cet empiètement sur son territoire. Etant le gardien de l'agenda de mon Ministre, je répondis du tac au tac : « Non, Louis n'a pas vu Tartemol... »

 

À l'autre bout du fil le soupir est empli d'aise. Intrigué je demande quand même « quand dit-il l'avoir vu ? » La réponse fuse « Mercredi dernier, le matin... » Une fois la conversation terminée je jette un oeil sur le calendrier qui m'indique que ce mercredi-là était le 11 novembre. L'énigme était élucidée. Au matin de ce 11 novembre, avant de partir au Conseil des Ministres, Louis avait déposé une gerbe devant la stèle des fonctionnaires du Ministère morts au champ d'honneur en 14-18. Ensuite il avait serré des mains. Notre homme en était. Il n'avait pas menti : il avait vu le Ministre... »

 

Je vous rassure s'asseoir dans le fauteuil de Directeur du cabinet d’un Ministre de l’agriculture n’est pas occuper un poste clé de la filière vin, sinon vous vous doutez bien que je n’aurais pas traîné à endosser l’habit de lumière de dégustateur professionnel plutôt que de chroniquer gratos tous les jours que Dieu fait…

Partager cet article
Repost0
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 18:25
Vinisud « Vide » by Pousson et c’est du bon…

Ça me démangeait mais un vieux reste de charité chrétienne je m’abstenais. Les images de Face de Bouc de Vinisud, dans le décor de carton-pâte habituel, sentaient le vide, comme bourré de figurants type Olivier Stirn.

 

Un moment je projetais de chroniquer sur un nouveau job qui revenait en boucle : coach digital. Ça me rappelait le coach matrimonial tendance je bavasse sur ce que je ne connais pas.

 

Entre nous le Pousson en cette matière il est plutôt bon, je n'ironise pas...

 

Bref, je me suis réfugié dans l’abstention jusqu’au moment où je suis tombé sur Pousson qui titrait sobrement La mort de Vinisud ?

 

Je lis et j’avoue que je retrouvais le Pousson pertinent.

 

Je le cite

 

« Tout cela évidemment relève davantage du comptage de manifs façon CGT (ou préfecture de police), nous sommes dans le ressenti. J'ai d'ailleurs, pour tenter de corroborer ou démentir ces impressions, essayé d'examiner, comme on le fait désormais pour les pré-soirées électorales, la présence médiatique des différents salons sur les réseaux sociaux. Et là encore, Vinisud (qui pourtant a mis des moyens sur ce compartiment du jeu***) m'a semblé être le grand perdant. Malgré quelques porte-voix subventionnés à l'enthousiasme quelque peu forcé, laborieux, on sentait bien que le cœur n'y était pas vraiment. Je vous épargne d'ailleurs les pathétiques directs sur Facebook de conférenciers, micro en main, Powerpoint en tapisserie, devant des chaises de jardin en plastique vides durant lesquels, à défaut de faire vendre du vin, on fourgue des concepts marketing qui coûtent au moins aussi cher que des grands crus glacés. »

 

L’intégralité ICI 

 

Pour confirmer ses dires je vous joins le JO de Vinisud

 

Vinisud 2017 : Pour un monde du vin sans frontières

 

Le soleil était de retour pour fêter la 13ème édition de Vinisud, plus grande vitrine de vins méditerranéens au monde, qui a ouvert ses portes ce dimanche 29 janvier au Parc des Expositions de Montpellier.

 

Reflétant le dynamisme qui caractérise la plus grande région productrice au monde, Vinisud a célébré son nouveau rythme annuel avec plusieurs nouveautés cette année, tout en faisant preuve de la même volonté de rester à l’écoute de la filière, voire même d’anticiper ses orientations futures.

 

L’une des grandes nouveautés, l’espace Nouvelle Vague qui regroupe de nouvelles exploitations et des reprises récentes, a ravi ses participants. « Sortir du carcan traditionnel des appellations nous permet d’affirmer le renouveau que nous impulsons dans notre exploitation », se sont réjouis Guilhem et Valérie Castan, du Domaine Castan à Cazouls-les-Béziers. « Chacun a le même stand, nous sommes donc sur un pied d’égalité avec une clé d’entrée unique pour tous ». Bastien Lannusse du Château du Pouey à Madiran partage leur enthousiasme : « Une dynamique s’est créée. Mettre en avant des jeunes, c’est un concept très attirant et valorisant ».

 

Du côté des acheteurs, cette initiative a été saluée par Julien Marson, conseiller vins auprès du groupe Mestdagh en Belgique. « La Nouvelle Vague symbolise le renouveau dans les appellations et permet de dénicher la petite perle pour se différencier ». Tout comme d’autres acheteurs et participants nombreux, l’acheteur belge a également été séduit par la masterclass dédiée au Prosecco Conegliano Valdobbiadene DOCG. Pour sa première participation à Vinisud, le consortium de la DOCG s’est appuyé sur la Master of Wine Mai Tjemsland pour sensibiliser le public aux différents échelons qualitatifs à l’intérieur d’une catégorie qui a indéniablement le vent en poupe au niveau mondial.

 

Idem pour les rosés, dont les styles méditerranéens - secs, raffinés et gastronomiques - ont donné une nouvelle impulsion à la catégorie, selon les Masters of Wine britanniques Sarah Abbott et Elisabeth Gabay : « La Méditerranée est un vivier bouillonnant de créativité ! », ont-elles affirmé. Un atout largement démontré par la sélection de vins choisie pour une masterclass dédiée, tout en nuances, origines diverses et profils originaux. Avec leur consœur norvégienne, elles ont aussi symbolisé un monde du vin désormais sans frontières, et pas uniquement géographiques.

 

La série des masterclass, conférences et autres rencontres se poursuit ce lundi.

 

Vinisud 2017 : Les vins méditerranéens ont des atouts à mettre en valeur absolument

 

Les allées étaient bien remplies lors de cette deuxième journée de Vinisud 2017 pour créer une ambiance à la fois travailleuse mais conviviale.

 

Studieuse aussi, car les masterclass, conférences et autres présentations ont attiré nombre de professionnels avides de données et de connaissances sur les vins méditerranéens. Et ils n’auront pas été déçus, à commencer par la présentation de la première vague de résultats issus de l’Observatoire économique des marchés internationaux des vins méditerranéens. Fruit d’une collaboration entre Vinisud et l’agence britannique Wine Intelligence, l’Observatoire a révélé la belle santé économique des exportations méditerranéennes, avec deux locomotives majeures que sont les vins rosés et les bulles. « Les effervescents méditerranéens représentent une bouteille sur deux exportées dans le monde » a souligné Jean-Philippe Perrouty, directeur France de l’agence.

 

La montée en puissance des rosés, qui ne se dément pas, peut être corrélée, du moins en partie, à celle de la génération dite « Millenials ». Une étude réalisée pour Vinisud par l’agence SoWine sur les tendances de consommation parmi les jeunes générations à New York et à Londres – présentée par Marie Mascré – a révélé, en effet, que leur choix porte souvent sur le rosé. L’enquête a également démontré l’excellente image des vins méditerranéens dans les deux villes.

 

Une image qui est à mettre en avant absolument, à en croire la Master of Wine Sarah Abbott : « Lorsque vous vendez des vins méditerranéens, vous vendez tout un art de vivre ». Avis partagé par Christy Canterbury MW, en visioconférence depuis New York pour participer à une masterclass consacrée à la commercialisation de vins de style méditerranéen à New York et à Londres, qui a conseillé aux opérateurs « d’inviter les sommeliers new-yorkais dans les vignobles pour qu’ils vivent en direct l’expérience méditerranéenne ».

 

Pour qu’ils apprennent aussi à mieux connaître la diversité et la longévité des vins méditerranéens, deux atouts amplement démontrés par la masterclass dédiée aux vins du Pic Saint Loup, qui a fait salle comble. « En présentant le millésime 2013, les vignerons montrent la capacité de garde de leurs vins » a estimé Elisabeth Gabay MW, tout en soulignant les déclinaisons multiples obtenues au sein d’un petit terroir et avec deux ou trois cépages.

 

Sans parler de l’excellent rapport qualité-prix des vins méditerranéens, largement appréciés par des acheteurs comme l’Américain Greg Schlagdenhauffen de la société d’importation Highland Imports : « Les vins du Languedoc, par exemple, offrent un excellent positionnement prix et de vrais petits bijoux ». Et avec une part de près de 30% de la production mondiale, les vins méditerranéens ont de quoi satisfaire non seulement toutes les bourses, mais tous les goûts aussi.

 

Nombre de visiteurs totalisé le premier jour 7 423 - 2 349 hors de France et 5 074 visiteurs français – 9 562 le deuxième jour (6 446 Français, 3 116 hors France). Nombre de visiteurs total des deux premiers jours : 16 985.

Le Glourafi ‏@le_glourafi  2 hil y a 2 heures Plus  [Témoignage] "J'aurais dû prendre une écharpe..." Sensible aux courants d'air, il attrape froid dans les allées vides de VINISUD.

Le Glourafi ‏@le_glourafi 2 hil y a 2 heures Plus [Témoignage] "J'aurais dû prendre une écharpe..." Sensible aux courants d'air, il attrape froid dans les allées vides de VINISUD.

Partager cet article
Repost0
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:00
Jean-Marc, 52 ans, viticulteur et éleveur de vaches allaitantes dans la région Bourgogne France-Comté

Jean-Marc, 52 ans, viticulteur et éleveur de vaches allaitantes dans la région Bourgogne France-Comté

Avec le natif de Semur-en-Auxois, Pascal Commère, on est à 100 lieues des 100 millions de patates de Bonneau du Martray, de l’ouvrée (4.28 ares) de montrachet de Pinault un petit 1 million d'euros et des 2 ouvrées de grand cru bâtard-montrachet aux environs de 900 000 € chacune, du mercato des vinificateurs entre le domaine de la Vougeraie (Boisset) et le domaine Leflaive, de la vente des Hospices de Beaune…

 

Les vaches allaitantes en Bourgogne

 

L’orientation technico-­économique dominante est l’élevage bovin viande qui concerne essentiellement le sud et l’ouest de la région. Les prairies permanentes occupent encore 43 % de la SAU régionale. En 2012, avec 468 521 vaches allaitantes, la Bourgogne se situe en deuxième place pour les effectifs de vaches nourrices. La race charolaise confirme sa suprématie dans la région avec plus de 90 % du cheptel. Au recensement 2010 de l'agriculture, 6 800 exploitations moyennes et grandes pratiquent l’élevage allaitant avec 66 vaches en moyenne, record national.

 

L’élevage reste généralement extensif du fait de l’orientation massive vers la production de broutards, destinés à être engraissés surtout à l'étranger, majoritairement en Italie ou vers d’autres régions d’embouche.

 

Seulement 73 587 tonnes de viande bovine finie ont été produites en 2012 en Bourgogne. Très spécialisés, les élevages sont régulièrement confrontés à des crises sanitaires ou climatiques ; valorisant principalement l'importante ressource en herbe, ils sont particulièrement fragiles relativement à la ressource en paille, indispensable aux litières.

 

La Bourgogne dispose de plaines à l'est et au nord de l'Yonne mais surtout de plateaux, au potentiel souvent limité. Les grandes cultures (blé, orge et colza notamment) dominent principalement sur ces territoires. En 2012, les céréales et oléo­protéagineux couvrent 907 700 ha soit 48 % de la SAU, ce qui place la région dans les premiers rangs pour les orges et le colza. Les rendements en céréales sont inférieurs à la moyenne française, tel le blé en 2012 qui enregistre 66 q/ha en région contre 73 q/ha en France. Mais la qualité des grains assure des débouchés en meunerie ou en brasserie et permet l’exportation vers l’Italie notamment. Le colza est la tête d’assolement incontournable sur les plateaux à faible potentiel. La Bourgogne est ainsi très sensible aux orientations de la politique agricole commune (PAC) relatives aux grandes cultures et peut s’inscrire dans la production à destination non alimentaire.

 

La suite ICI

 

Pascal Commère, le comptable, côtoie, écoute et conseille des hommes qui se confient peu, des taiseux, méfiants voire ombrageux, cultivateurs, éleveurs, bûcheron, «le noir petit monde obstiné de l’agriculture», attaché à une terre «qui blesse plus qu’elle n’apporte, quand même elle gratifierait chaque jardin d’un pied de lilas en fleur en avril, d’une touffe d’oseille acide. (…) Avec cette peur de l’inconnu, du nouveau, qui rejoint celle d’être grugés. Après quoi ils s’en remettaient à l’homme de l’art : comptable, vétérinaire, représentant en aliments, inséminateur, quand ce n’était pas au démarcheur de la Caisse locale, avec circonspection toutefois, un minimum de méfiance grâce à quoi ils accueillaient la possibilité de ne pas s’être fait avoir.»

 

« Il a circulé de ferme en ferme, pesé avec eux le pour et le contre, s’est adapté à leur façon d’être, a appris à interpréter leurs non-dits et à respecter leurs longs silences. Il a, peu à peu, gagné leur confiance. Leur a permis, en certaines occasions, de démêler des situations qui paraissaient inextricables, certaines l’étant d’ailleurs inexorablement, à force de déni et de fuite en avant, telle celle de ce fils qui finit par admettre, lors d’une réunion tendue autour de la table familiale, qu’il a bel et bien laissé filer l’héritage paternel.

 

« "Je savais pas !" Murmurait-il, et il le répéta. Ajoutant : "Que t’étais dans la déchéance..."

 

Lui de son côté ne mouftait pas. Le visage empourpré, il demeurait le fils. La honte était pour lui. Et de tout le temps que dura l’entrevue il ne leva les yeux, le front bas telle une bête nez au sol. Et pas même quand le père laissa couler une larme. »

 

Jacques Josse - 18 décembre 2016

ICI 

 

La nouvelle LIEUSE qui donne son nom à l’ouvrage, qui avait été publiée en septembre 1993, dans La Nouvelle Revue Française n°448, me touche tout particulièrement : chronique La « lieuse » de « la mémé » de Philippe Torreton ça me parle…

 

« Mémé gardait tout, car tout pouvait resservir un jour,…la ficelle à botteler le foin – on appelait ça de la « lieuse » – une grosse ficelle jaune qui se vendait en rouleaux et se retrouvait pendue à un clou dans l’étable lorsque l’Opinel avait tranché l’affaire. Avec cette ficelle nous construisions nos cabanes dans les têtards, nos échelles de corde, nos arcs, nos épées de chevalier, elle servait aussi de ceinture pour retenir les bleus de travail de notre père que l’on enfilait pour aller à la guerre dans les talus. Parfois lorsque la pluie l’emportait, on la tressait, elle devenait alors bracelet-qui-gratte. Cette lieuse sentait le végétal, imbibée d’huile, elle devenait mèche, elle nous servait à tout, cette ficelle nous rapprochait des Indiens d’Amazonie. »

 

La suite ICI 

 

Extrait

 

« De mon côté, je pensais aussi à une ficelle. Une ficelle que j’avais trouvée, un jour comme aujourd’hui où le monde semblait vide. Non pas une de ces journées de moisson où, sans interruption, les tracteurs passaient et repassaient sur la rue le long de ma permanence, tirant vers les silos de la Coopérative — auparavant ils feraient la queue devant le pont-bascule — de grandes bennes rouges ou bleues d’où tombaient par derrière et sur les côtés, à la jointure des tôles (malgré le calfeutrage au moyen de sacs d’engrais vides dont les paysans auront toujours le secret), de gros grains tout ronds qui rebondissaient sur le goudron avant de se caler entre les graviers. Et le souvenir de cette ficelle déliait mes doigts lentement, parce qu’une ficelle — rien, me semble-t-il, ne porte davantage en soi l’image de la pauvreté du monde, de sa précarité — ne prend vie qu’en bougeant, c’est-à-dire en serrant, et les nœuds de cette ficelle longtemps m’avaient retenu attaché à la terre. D’où nous venions tous deux, ma ficelle et moi, ayant l’un et l’autre traîné sur la poussière (qui laisse des marques grises sur la peau), également noués, comme serrés chacun sur soi-même, prisonniers de ce qui ne passe pas mais s’enferre davantage à chaque tour. Et c’était ça, ma ficelle, celle que j’avais trouvée, une image un peu bleue de moi, que j’enroulais autour de mon poignet. L’image de quelque chose dont on ne peut bientôt plus se déprendre. Et le chanvre — mais c’était en réalité une ficelle en plastique, comme on en voit maintenant dans les fermes, du plastique usé, effiloché aux deux bouts à tel point qu’en y regardant vite on pouvait s’abuser — et le chanvre, qui donc n’en était pas, lentement épousait la chair de mon poignet. Et mon poignet ne se défendait pas. Il y a un instant, après la tension, où le corps s’abandonne — comme l’épi battu contre le tambour, dans le vrombissement imperturbable de la machine, laisse tomber plus loin ses grains dans la trémie. »

En Bourgogne y’a aussi des paysans, le regard de Pascal Commère leur comptable sur eux.
Partager cet article
Repost0
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 06:00
En Bourgogne les 2 modèles d’entrepreneuriat monastique Cistercien en conflit : l’ordre de Cluny et l’ordre de Cîteaux.

Ce week-end la Bourgogne du vin fêtait la saint Vincent à Mercurey ça m’a fait remettre la main sur un livre de Giacomo Todeschini que j’avais acquis en 2008 :

 

Richesse franciscaine

De la pauvreté volontaire à la société de marché (1)

 

Et puis je suis allé sur le site des Vins de Bourgogne.

 

La règle monastique de Saint Bernard, un cadre propice au travail de la vigne

 

« Au 12ème siècle, l’abbé Bernard de Clairvaux impose aux Cisterciens des principes de vie stricts, qui font alterner effort et prière. Sous l’influence de cette règle, les moines accomplissent un travail phénoménal pour mettre en valeur leurs vignobles autant que leurs terres agricoles.

 

Appliquant de nouvelles techniques de vinification, ils notent méticuleusement les résultats de leurs expériences. Jusqu’à nos jours, cet héritage écrit contribue à la notoriété et à la préservation du Terroir de Bourgogne. »

 

L’ordre cistercien

 

Fondé avec l’abbaye de Cîteaux (1098), il détient des terrains en Côte de Beaune et Côte de Nuits, mais aussi vers Chablis et Chalon-sur-Saône.

 

L’ordre clunisien

 

Créé avec l’abbaye de Cluny en 909, c’est un autre propriétaire important dans la Côte Chalonnaise et la région de Mâcon. Il possède également quelques vignes plus au nord, dont l’actuelle Romanée-Saint-Vivant.

 

Sur leurs terres, les moines produisent d’abord le vin nécessaire à la célébration de la messe. Peu à peu, par un travail assidu, ils font progresser la viticulture, la qualité et les rendements. Les communautés peuvent alors vendre une partie de leur vin. Au 15ème siècle, la qualité de leurs vins est reconnue dans toute l’Europe. Chaque abbaye, chaque monastère veille à perpétuer l’excellence de sa production, pour entretenir sa renommée. »

 

Retour au livre de Todeschini page 20 :

 

« Entre le XIe et le XIIe siècle, alors que l’Europe des chrétiens croissait tumultueusement, les marchands ceux qui faisaient métier de commercer, commençaient en somme à se frayer un chemin dans le monde.

 

… monnaie et argent conféraient une visibilité à la valeur des choses et du travail, les transformant en marchandises. Mais les monnaies et argent, justement en raison de leur capacité à rendre manifeste la valeur d’une chose, faisaient de la valeur même des choses une réalité commerciale. Dès lors, quiconque possédait de l’argent et avait l’habitude de s’en servir ou de l’encaisser, pouvait l’anticiper, le prêter, le vendre.

 

… En d’autres termes, la multiplication de l’argent et des monnaies en circulation faisait du crédit une réalité toujours plus quotidienne. Qui était riche dépensait et prêtait, dépensait et empruntait, s’endettait, devenait créancier.

 

Mais qui était et avait le droit d’être riche, dans la société des XIe et XIIe siècles ?

 

… les évêques, les abbés, les seigneurs territoriaux, les souverains…

 

… De 1120 au début du siècle suivant, cette dynamique avait fait émerger directement deux « modèles » d’entrepreneuriat monastique : celui des moines bénédictins de l’ordre de Cluny et celui des moines, également bénédictins, de l’ordre de Cîteaux.

 

Clunisiens et cisterciens qui, selon le témoignage d’un leader cistercien, Bernard de Clairvaux, apparaissent comme les représentants de deux économies en conflit.

 

La première, l’économie clunisienne, économiquement perdante parce qu’orientée vers la thésaurisation de la richesse qu’elle immobilise en objets de luxe, en édifices fastueux, en habitudes transformant le monastère en une cour d’une opulence extrême.

 

La seconde, l’économie cistercienne, économiquement victorieuse, parce qu’en état de conjuguer la pauvreté des moines pris individuellement et de l’Ordre en tant qu’organisation existentielle avec des choix économiques de type productif, concrétisés notamment par le réinvestissement permanent dans l’achat de terres nouvelles de profits dérivés de l’exploitation de celles en possession de l’Ordre. »

 

Bernard de Clairvaux condamnait l’opulence en tant que blocage improductif des ressources et en tant que spectacle dont l’objectif était d’augmenter les recettes des seigneurs qu'ils thésaurisaient.

 

« Il y a une certaine adresse à semer l’argent qui le multiplie ; on le dépense pour l’augmenter, et la profusion produit l’abondance. La vue de ces vanités somptueuses et surprenantes incite les spectateurs à offrir plutôt leur argent que leurs prières à Dieu. Ainsi les richesses enlèvent les richesses, et l’argent attire l’argent. Et ne sais d’où vient que plus on voit de richesses, plus on est porté à offrir les siennes »

 

LE MARCHÉ SELON SAINT FRANÇOIS par Robert Maggiori

— 7 novembre 2008 à 06:51  ICI

 

La richesse des Franciscains. Autour du débat sur les rapports entre économie et religion au Moyen Âge par Valentina Toneatto

ICI 

 

(1) Adeptes d’une pauvreté rigoureuse et évangélique, les franciscains sont paradoxalement amenés, du fait précisément de ce choix «scandaleux», à examiner toutes les formes de la vie économique qui se tiennent entre la pauvreté extrême et la richesse excessive en posant la distinction entre propriété, possession temporaire et usage des biens économiques.

 

Selon quelles modalités les chrétiens doivent-ils s’approprier l’usage des biens terrestres? Pour répondre à cette question, les franciscains furent nombreux, depuis le treizième siècle, à écrire sur la circulation de l’argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché.

 

Dans ce cadre, la figure du marchand actif, qui sait faire fructifier par son travail et son commerce un capital – en soi dépourvu de valeur – s’affirme positivement dans la mesure où elle contribue à la croissance d’un «bonheur citadin». À l’opposé, la figure du propriétaire foncier, du châtelain, de l’aristocrate qui conserve pour lui-même, thésaurise et ne multiplie pas la richesse apparaît comme stérile et sous un jour négatif.

 

La réflexion franciscaine est donc à l’origine, avant même l’éthique protestante étudiée par Max Weber, d’une grande partie de la théorie économique européenne et, en particulier, de l’économie politique qui considère que les richesses de ceux qui forment la communauté civile sont une prémisse fondamentale du bien-être collectif.

 

Fils d'un riche marchand d'Assise, Pierre Bernardone, François arrivé à l'âge d'environ vingt-quatre ans abandonna subitement la vie laïque pour devenir ascète : le Poverello. Il n'était ni un romantique attiré par la nature ni un écologiste radical avant l'heure et dans sa règle de 1223 il souligne surtout le rejet de l'argent. « Je défends formellement à tous les frères de recevoir en aucune manière des pièces d'or ou de la menue monnaie, soit directement, soit par personne interposée…» Aussi, pour vivre modestement, les frères recherchent l'hospitalité et le travail, et refusent la propriété des biens mobiliers et immobiliers. Ils en auront l'usage, pas la propriété. Ils auront des "médiateurs" pour gérer leurs fondations.

En Bourgogne les 2 modèles d’entrepreneuriat monastique Cistercien en conflit : l’ordre de Cluny et l’ordre de Cîteaux.
Partager cet article
Repost0
29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 08:00
CHAP.17 extrait sec, Mikhaïl Gorbatchev: « tout semble indiquer que le monde se prépare pour la guerre. »

Je ne suis ni désabusé, ni même étonné, ainsi va le monde, ainsi sont les hommes, le XXe siècle, dans sa première moitié nous a « gratifié » de la boucherie de 14-18, de la shoah, d’Hiroshima et Nagasaki, pour ensuite cantonner les conflits dans certaines zones du monde, la Corée, l’Algérie, le Vietnam, l’Irlande du Nord, l’Afghanistan, le Proche-Orient, les Balkans, l’Angola… Dans notre réduit de l’Union Européenne nous nous sentions protégé tout d’abord, au temps du rideau de fer, par le bouclier nucléaire, le nôtre et celui de l’Otan, puis lorsque le mur s’ébrécha le grand vent de la liberté, des droits de l’Homme semblait balayer définitivement sur notre continent les dictatures.

 

Réveil difficile, la peur de l’autre revient en force, à nos portes des « hordes » se pressent, se bousculent, nous bousculent, des fous de Dieu sont prêt à s’immoler partout pour aviver nos peurs, attiser les rejets. Monte le repli sur soi, le populisme ravageur, les murs de la honte, les démagogues qui comme Trump s’emparent du pouvoir et semblent vouloir tenir leurs promesses. Chez nous, la vieille classe politique nécrosée, s’effrite, se délite, ouvrant un boulevard aux craintes, parfois justifiées en ce qui concerne les ravages de la mondialisation, à la vindicte du petit peuple qui se sent oublié, rejeté.

 

Que dire ? Que faire ?

 

Assumer ses propres responsabilités dans l’état de délabrement de notre paysage politique, cesser de tout attendre du pouvoir, le reprendre au plus près de chez soi en des actes citoyens, n’être ni naïf, ni prisonnier de ses peurs. En dépit des fractures, des inégalités qui se sont creusées, nous restons un pays où il fait encore bon vivre, où il est encore et toujours possible d’envisager l’avenir sans craindre pour l’avenir de ses enfants. D’ailleurs, les jeunes français continuent de faire des enfants et estiment dans la sphère privée être heureux. Alors pourquoi tant de pessimisme, d’aquoibonisme, face à la chose publique dévoyée ? Nos élus sont les reflets de nos contradictions, de notre incapacité à les assumer, à choisir. Il n’est pas interdit de rêver, mais la cause politique n’est en rien le support des rêves, c’est le réceptacle d’ambitions individuelles qui rejoignent de moins en moins la gestion désintéressée du bien public. Se dévouer, servir la chose publique, aujourd’hui ça prête à rire. Chacun pour sa peau, le changement, la réforme c’est toujours pour les autres.

 

Revenons à notre fichu monde :

 

Dimanche dernier, un jeune Gambien assis sur les marches de la gare Sainte Lucie à Venise s'est levé pour se diriger vers le Grand Canal. Il est monté sur un ponton en bois, avant de sauter dans l'eau glacée, rapporte le Corriere del Veneto. Il s’agissait de Pateh Sabally, un jeune homme de 22 ans, originaire de Gambie, qui bénéficiait depuis deux ans d’un titre de réfugié, qui s’est jeté dans le Grand Canal de Venise le dimanche 22 janvier, probablement dans le but de se suicider. Il s’est noyé sous les regards des passants et des voyageurs d’un bateau de transport en commun, sans que personne ne tente de le sauver.

 

Plusieurs vidéos montrant la noyade du jeune homme devant des centaines de personnes, indifférentes à son sort, ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant la polémique. On y voit un homme qui tente difficilement de garder la tête hors de l’eau alors que plusieurs personnes assistant au drame sortent leur téléphone pour filmer.

 

Alors qu’il se noyait, plusieurs personnes l’ont insulté depuis les bateaux : « C’est une merde », « Allez, rentre chez toi », « Laissez-le mourir ! », « Il est stupide, il veut mourir ». Dans une autre vidéo, on entend les touristes discuter : alors que certains veulent aller à l’eau, d’autres les en empêchent, estimant que c’est trop dangereux.

 

Sur l’une des vidéos, on entend un homme crier en italien « Afrique ! Afrique », puis « Lancez-lui des gilets de sauvetage ». Trois bouées sont alors lancées à l’eau mais le Gambien ne les attrapera jamais.

 

Le directeur local de la Société nationale de sauvetage a expliqué au journal Corriere del Veneto qu’un maître-nageur était sur le point de sauter mais qu’il avait été «distrait par une femme qui criait depuis le bateau que le jeune homme faisait semblant. Le temps de vérifier, il avait disparu».

 

«Quelle disgrâce de penser que cet homme n'est pas mort dans un naufrage en mer, mais dans un canal face à des centaines de personnes», a réagi l'ancienne présidente de la province de Venise, Francesca Zaccariotto.

L'ancienne ministre des droits des femmes, Yvette Roudy, à Benoît Hamon: 
CHAP.17 extrait sec, Mikhaïl Gorbatchev: « tout semble indiquer que le monde se prépare pour la guerre. »

Mikhail Gorbachev: 'It All Looks as if the World Is Preparing for War'

Jan 26, 2017

“The world today is overwhelmed with problems. Policymakers seem to be confused and at a loss.

 

But no problem is more urgent today than the militarization of politics and the new arms race. Stopping and reversing this ruinous race must be our top priority.

 

The current situation is too dangerous.

 

More troops, tanks and armored personnel carriers are being brought to Europe. NATO and Russian forces and weapons that used to be deployed at a distance are now placed closer to each other, as if to shoot point-blank.”

 

La suite ICI 

 

J’ai acheté Jean-Edern Hallier, l'idiot insaisissable, Jean-Claude Lamy, Albin Michel, 600 p., 26 euros.

 

« Laissons à Jean-Claude Lamy le dernier mot : "Une extrême intelligence, des dons exceptionnels, le courage du pamphlétaire, un sentiment d'intense solitude n'auront pas suffi à en faire ce grand écrivain que Jean-Edern Hallier a lui-même détruit par désespoir et narcissisme. »

 

La chronique livres de Bernard Pivot

« Dans Jean-Edern Hallier, l'idiot insaisissable, son biographe, Jean-Claude Lamy, qui, comme tous les journalistes littéraires des années 1960 à 1990, a bien connu le "Breton mégalo", le "Celte borgne", le cite abondamment. Et c'est l'un des plaisirs de ce livre. Retrouver la verve satirique, le style assassin, les méchantes formules, l'humour ravageur d'un écrivain taillé pour le pamphlet. François Mitterrand, très admiratif, le tenait pour un nouveau Chateaubriand. De son grand style, en effet, il s'inspirait dans ses premiers livres, Le Grand Écrivain, La Cause des peuples… Il avait aussi le génie des titres : Le premier qui dort réveille l'autre, Chaque matin qui se lève est une leçon de courage, L'Évangile du fou… Mais, poivre et Celte, il avait surtout le don d'assaisonner. De fulminer, de brocarder, de blesser, jusqu'à l'odieux, l'insupportable. François Mitterrand s'est trompé : Hallier n'était pas un académique Chateaubriand, c'était un dangereux Paul-Louis Courier. De son élection à l'Élysée jusqu'à sa mort, il eut à supporter l'irrévérence, la causticité, le chantage d'un loustic pervers, bien informé, qui connaissait la partie cachée de la vie du président (Anne Pingeot, Mazarine) et qui entendait en faire la révélation aux Français dans L'Honneur perdu de François Mitterrand. »

 

La suite ICI

 

Dans mon petit roman du dimanche, le 7 septembre 2008, j’avais écrit :

 

Anna, l’épouse d’Edern, nous reçut avec beaucoup de gentillesse. Italienne comme Chloé, riche héritière, elle se mouvait dans cette étrange assemblée avec un détachement amusé. Elle complimenta Chloé pour sa tenue et s’attira cette répartie : « Chère Anna, il me voit belle, il me veut belle, alors il me fait belle, il est exceptionnel mon beau légionnaire… » Avec mon Perfecto et mon jeans je faisais un peu tache à côté d’Edern qui lui arborait ce soir-là une chemise blanche à jabot très Mick Jaeger sous une veste en soie jaune canari, mais ça excitait plutôt la concupiscence d’un cheptel féminin tendance Simone de Beauvoir non révisée, bandeau et morgue incorporée.

 

Le champagne coulait à flot et c’est la première fois de ma vie où j’ai mangé du caviar. Jean Edern proclamait à la cantonade que nous pouvions nous goinfrer sans remord puisque les fameux œufs d’esturgeon lui avaient été offert par un hiérarque du PC à son retour de vacances dans une datcha des bords de la Mer Noire. Avec son intonation si caractéristique et son rire nasillard le grand escogriffe vilipendait les petits maquignons du Bureau Politique qui allaient faire bronzer le gros cul de leur bobonne aux frais des cacochymes du Kremlin et qui en profitait pour se faire sucer le membre pendant la sieste par des jeunes beautés slaves. « Des porcs ! » La cour riait. La cour l’entourait. La cour se bâfrait. Moi je commençais à m’ennuyer. Tout ce champagne me donnais envie de pisser. Un larbin m’indiquait que c’était au premier. Je me paumais. Poussais des portes. M’esclaffait soudain : à quatre pattes sur un tapis de la Savonnerie une quadragénaire, cul à l’air, se faisait tringler par un gros type futal sur les chaussettes. La représentante du « deuxième sexe » approchait de l’extase et le proclamait d’une voix haletante. Le gros boutait ce qui donnait à ses fesses poilues des ressauts ignobles. « T’inquiète pas ma grosse vache quand ça va gicler t’en auras pour ton taf ! J’chui même capable d’en garder un litre pour t’en mettre aussi plein la rondelle… » La voix de l’ignoble Gustave, et surtout son putain d’accent, ne me laissait aucun doute sur l’identité de l’usineur de celle qui se révéla être par la suite une ardente militante du droit des femmes à disposer de leur corps. »

 

Le manège continue :

 

Un second tour Le Pen-Macron à la présidentielle, le scénario se précise par Gérard Leclerc (le frère de Julien).

 

« Marine Le Pen, l'assure dans La voix du Nord: c'est Emmanuel Macron qu'elle affrontera au second tour de la Présidentielle, dans un duel "entre patriotes et mondialistes".

 

Au-delà des fanfaronnades habituelles du Front national et de l'escroquerie des tenants de l'anti-système dont ils sont tous les deux des dignes représentants – une héritière et un énarque – la prédiction, encore abracadabrantesque il y a quelques mois pourrait bien devenir réalité tant les représentants des partis de gouvernement s'échinent à se saborder.

 

A droite, François Fillon s'est brillamment fait élire en développant un programme qui allait droit au cœur de la "vraie" droite: libérale sinon revancharde en économie, conservatrice voire réactionnaire sur les questions sociétales, autoritaire sur le régalien. Pourquoi pas... Sinon que cette droite bourgeoise n'est pas la seule à voter à la présidentielle, et qu'elle n'est pas majoritaire en France.

 

Et là-dessus tombe l'affaire Pénélope. Et notre incrédulité: comment une fois encore une telle mésaventure peut-elle surprendre un politique qui brigue la plus haute fonction? François Fillon crie son dégoût et assure avec panache qu'il défendra, qu'il aime et qu'il protègera son épouse. Il peut faire valoir que rien n'interdit à un parlementaire de faire travailler sa femme comme collaboratrice, ce qui est impossible au Parlement européen ou au Bundestag. Plus d'une cinquantaine de députés le font, à commencer par le président de l'Assemblée Claude Bartolone. Encore faut-il prouver qu'elle a vraiment travaillé pour lui – elle-même semblait assurer le contraire! – et justifier d'un salaire payé par le contribuable beaucoup plus généreux que celui touché par les assistants parlementaires.

 

Et il reste le malaise face à un candidat héraut de la rigueur et de la sobriété, qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires, les faire travailler 39 heures par semaine et lutter contre l'assistanat...

 

Les meilleurs arguments n'empêcheront pas les humoristes d'en faire des gorges chaudes, et les politiques d'embrayer cruellement : "imagine-t-on le général de Gaulle employer tante Yvonne?" a tweeté méchamment François de Rugy, en référence aux propos de François Fillon sur les affaires de Nicolas Sarkozy.

 

Pour se savonner la planche et courir au suicide, la gauche fait aussi preuve de talents insoupçonnés. Jamais elle n'a été autant divisée, avec l'objectif affiché des deux francs-tireurs Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron de tuer le parti socialiste. Mais celui-ci y apporte pleinement sa contribution, en sélectionnant pour le second tour de sa primaire deux caricatures de candidats : Benoit Hamon qui a le mérite de soulever des thématiques d'avenir – révolution numérique, nouveaux emplois, transition énergétique – mais en y apportant des réponses illusoires ou dangereuses: revenu universel non financé, déficits, dettes... Et de l'autre côté Manuel Valls qui défend la culture de gouvernement mais qui, victime de "la malédiction Matignon", n'a pas l'ombre d'une idée nouvelle, sinon le rétablissement de la défiscalisation sarkozyste des heures supplémentaires, qui coûte cher à l'état et joue contre l'emploi...

 

Et voilà comment Emmanuel Macron, qui a au moins pour lui d'être nouveau dans le paysage, d'assumer l'Europe, les entreprises, la mondialisation, et qui peut se prévaloir de quelques actions concrètes (les cars qui roulent, les magasins qui ouvrent le dimanche) peut se retrouver face à une Marine Le Pen qui se vante, à juste titre, d'avoir son "socle électoral solide et fidèle".

 

Le Pen-Macron le scénario paraissait invraisemblable il y a peu... Oui, comme le Brexit ou l'élection de Trump ! »

 

Décret sur décret... l'étourdissante première semaine de Donald Trump à la Maison-Blanche

 

« Obamacare", environnement, avortement… depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump signe frénétiquement "executive order" sur "executive order" (l'équivalent du décret présidentiel en France). Désireux de marquer la rupture, il a d’abord symboliquement expédié les rideaux ocres du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard. Puis il a commencé sourire aux lèvres, à détricoter sous l’œil des caméras, plusieurs mesures clé de l’ère Obama.

 

Mais derrière les effets d'annonce et son slogan-punchline phare "Repeal and Replace" -"abroger et remplacer"-, certains garde-fous demeurent. Quels effets concrets vont avoir ces décrets chocs ? L'Obamacare peut-il réellement être abrogé ? Le mur entre les Etats-Unis et le Mexique verra-t-il vraiment le jour? Jour après jour, retour sur l'étourdissante première semaine de Donald Trump à la Maison-Blanche. »

 

Lire ICI 

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 06:00
Journal d’un chroniqueur de campagne (1) : les girouettes, les vestes qui se retournent, les boules puantes…

L'élection présidentielle 2017 aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017, nous sommes donc entrés dans les 100 jours.

 

Je vais tenter, au cours de cette période, de tenir une chronique dominicale où je mettrai mon grain de sel sur des sujets qui me passeront sous le nez.

 

C’est à dessein que j’ai évoqué les 100 jours. Je puise ma source dans une chronique de 2015 de Guillaume Perrault du Figaro.

 

Le 1er mars 1815, Napoléon, qui s'est enfui de l'île d'Elbe quelques jours plus tôt, débarque à Golfe-Juan. Le 20 mars, il entre aux Tuileries, que Louis XVIII a quittés la veille pour l'exil. L'Empereur a reconquis son trône sans tirer un coup de fusil. Les Cent-Jours s'achèvent à Waterloo (18 juin), qui entraîne la deuxième abdication de Napoléon et son exil à Sainte-Hélène.

 

De cet épisode romanesque et désastreux, la France subit encore les conséquences, comme le sous-sol conserve la trace d'événements géologiques lointains.

 

Le premier legs des Cent-Jours est qu'il est recommandé aux Français de regarder le dévouement et la fidélité avec méfiance.

 

On ne compte plus les personnalités qui, après avoir juré fidélité à Louis XVIII, ont retourné leur veste et se sont ralliées à Napoléon à mesure de son avancée vers la capitale.

 

Le 7 mars, le maréchal Ney déclare au roi: «Je promets à Votre Majesté de ramener le monstre à Paris dans une cage de fer.» Le 14 mars, le même adresse aux soldats qu'il commande un ordre du jour célèbre: «La cause des Bourbons est à jamais perdue!»

 

Le penseur libéral Benjamin Constant compare Napoléon à Attila. Dans le Journal des Débats, il conclut ainsi son article: «Je n'irai pas, misérable transfuge, me traîner d'un pouvoir à l'autre, couvrir l'infamie par le sophisme et balbutier des mots profanés pour racheter une vie honteuse.» Trois semaines plus tard, le même Benjamin Constant, appelé par Napoléon de retour aux Tuileries, accepte de rédiger un projet de Constitution et est promu conseiller d'État.

 

Au lendemain des Cent-Jours, un habile journaliste a publié un Dictionnaire des girouettes qui recensait tous les retournements de veste dont les contemporains avaient été témoins. «Cette époque, où la franchise manque à tous, serre le cœur, écrit Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe. Chacun jetait en avant une profession de foi, comme une passerelle pour traverser la difficulté du jour ; quitte à changer de direction la difficulté franchie (…) A cette impossibilité de vérité dans les sentiments, à ce désaccord entre les paroles et les actions, on se sent saisi de dégoût pour l'espèce humaine.»

 

Les ralliements à Macron s’accélèrent et certains sont bien gênants pour lui : Alain Minc qui soutenait Juppé à la primaire de la droite après avoir été un sarkozyste dévoué ; Bernard Kouchner… 1/3 mondiste, 2/3 mondain, intermittent du spectacle politique.

 

Le délégué général d’en Marche!, Richard Ferrand ne s’est ainsi pas vraiment montré très satisfait par cette nouvelle.

 

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent, disait Edgar Faure. Transmis à Alain Minc qui a naguère prédit et voulu notre échec. »

 

Selon Bernard Kouchner, Emmanuel Macron est «un homme qui ouvre le jeu, qui ne dit pas du mal des gens par goût électoral. Il pose des questions et il est sensible, c'est déjà pas mal. C'est l'homme qui ne s'arrête pas au clivage droite-gauche, et il reste humaniste». «C'est une belle aventure. Et j'aime l'aventure et la solidarité!»

 

Mais qui se soucie de l’avis de Kouchner ?

 

Du côté de Solférino les girouettes sont prêtes à entrer en action dès dimanche soir, le retournement de veste va être à l’ordre du jour dans les semaines qui viennent, faut les comprendre : après la Présidentielle viendront les Législatives, il leur faut choisir le bon wagon pour espérer sauver leurs circonscriptions.

 

« Une tribune en soutien à Macron. Selon les informations d’Europe 1, un texte circule en effet en ce moment de main en main entre les députés socialistes proches de Manuel Valls. Ses auteurs : Christophe Caresche, Gilles Savary ou encore François Loncle, des élus tous aujourd’hui ardents soutiens de l’ancien Premier ministre. Et leur texte n’est autre qu’un appel à soutenir… Emmanuel Macron en cas de victoire de Benoît Hamon dimanche. Cette lettre pourrait être publiée en tout début de semaine prochaine. »

 

Mais le haut fait de la semaine c’est le Pénélopegate déclenché par le Palmipède paraissant le mercredi. La sainte épouse, officiellement femme au foyer, de l’incorruptible Fillon fut pendant de longues années sa salariée à l’AN, et celle de son suppléant lorsqu’il fut Ministre, et pour mettre un peu plus de beurre dans les épinards du couple de Sablé elle émargea, entre mai 2012 et décembre 2013, à la Revue des 2 Mondes alors propriété de son ami Marc Ladreit de Lacharrière, dont elle aurait reçu, au total 100 000 euros bruts.

 

La réponse de celui-ci vaut son pesant de « circulez, y’a rien à voir, je fais ce que je veux de mon pognon ! »

 

« C’est une femme intelligente, elle a lu beaucoup de livres – dont deux résumés seulement ont été publiés. » C’est ainsi que l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière justifie d’avoir salarié pendant près de deux ans Penelope Fillon, épouse de l’ex-premier ministre, dans la Revue des deux mondes dont il est propriétaire, pour seulement deux notes de lecture.

 

La revue a seulement publié deux courtes recensions de livres écrits par Mme Fillon sous le pseudonyme de Pauline Camille, à l’automne 2012, sans que le directeur de l’époque, Michel Crépu, ne les ait jamais sollicitées. « Un après-midi, Marc Ladreit de Lacharrière m’a appelé et m’a dit : « Penelope Fillon s’ennuie. Pourrait-elle critiquer quelques livres ? », raconte M. Crépu. Je ne l’ai jamais vue, ne lui ai jamais parlé. Les deux notes ne sont pas passées par moi. »

 

Marc Ladreit de Lacharrière se justifie : « La revue voyait son chiffre d’affaires baisser chaque année. J’ai donc demandé à quelques amis et personnalités de réfléchir à son devenir, notamment en l’ouvrant vers l’étranger. » « Penelope Fillon était de ceux-là », ajoute-t-il sans donner d’autres noms. Selon l’homme d’affaires, cette « réflexion stratégique informelle » à laquelle M. Crépu, parti fin 2014, n’a pas été associé, n’a pas donné lieu à des réunions. « J’ai dans mes activités une agence de notation, avec des sièges à New York, Londres et Hongkong, je suis un homme du téléphone et de face-à-face », argumente le patron de Fimalac.

 

Mon expérience personnelle des pratiques des parlementaires de tous bords puise sa source dans les 3 années passées, 1981-83, à l’Hôtel de Lassay au cabinet du Président de l’époque. Je dois avouer que, n’ayant jamais mis les pieds dans le marigot politique, je fus estomaqué. Tout était alors possible, le budget de l’AN était secret, la Cour des Comptes n’y mettait jamais son nez, les marchés publics étaient attribués sans appel d’offres, les primes en liquide circulaient sans que cela gêna quiconque.

 

On peut railler la gauche mais tout ça a été balayé en cette période. Mais, l’entre soi cher à nos élus n’en a pas pour autant cessé : l’embauche de la parentèle sur l’enveloppe du député fait partie d’un deal entériné par la Conférence des Présidents.

 

En conséquence, Pénélope Fillon avait parfaitement le droit d’être l’assistante de son mari. L’effectivité de ses prestations est une autre paire de manches, sans nul doute elle a collaboré et utiliser la qualification « d’emploi fictif » c’est aller bien vite en besogne.

 

Pour ma part, la seule question qui se pose est simple : quel est le rapport entre la prestation et la rémunération ?

 

Et c’est là où le bât blesse, les sommes en jeu sont totalement disproportionnées avec ce qui avancé comme prestation par l’intéressé ou ses porte-paroles.

 

Lire Je suis assistante parlementaire depuis dix ans, et je suis sidérée par le Penelope Gate

ICI 

 

 Pierre Laurent : Ça devrait être le bon sens que, quand on est parlementaire, on n’embauche pas quelqu’un de sa famille comme assistant parlementaire.

- Guy Birenbaum : Ça existe chez vous ?

- Pierre Laurent : Non, ça n’existe pas.

- Guy Birenbaum : Si si, ça existe. Monsieur Carvalho, sa femme, sa conjointe, attachée parlementaire à la permanence et en partie à l’Assemblée nationale. J’étais à l’instant sur le site de la Haute autorité pour la transparence.

- Pierre Laurent : Eh bien moi je ne suis pas favorable à cela.

 

S’en émouvoir est sain, aussi bien de la part de ceux qui triment pour 2 balles dans des conditions souvent dures, que des cadres supérieurs qui touchent les mêmes émoluments pour un travail hautement qualifié.

 

Le pire dans cette affaire c’est que ce pauvre Fillon pense que lui et madame sont de bonne foi et que cette affaire relève des boules puantes balancées par ses adversaires pour nuire à son image d’incorruptible.

 

Au fait : qui donc a balancé ces infos au Canard ?

 

Sûrement une amie qui lui voulait du bien… une gorge profonde qui s’était promis de le dézinguer.

 

Que François Fillon médite sur la saillie élégante de Jacques Chirac « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».

 

Enfin, sur le thème « j’en ai vu des vertes et des pas mûres » sous les ors du pouvoir, l’un des problèmes majeurs des hommes politiques siégeant à Paris c’est la gestion de leur épouse légitime restée dans leur belle province.

 

Ce qui me reste de la charité chrétienne chère à François Fillon m’empêche d’aller plus avant dans les alcôves ou les emplois de complaisance…

 

À dimanche prochain sur mes lignes…

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 06:00
Dis papy Jacques à quelle température la guerre est-elle froide ?

Cette chronique ne trouve pas sa source dans la vague de froid qui nous touche en ce mois de janvier et je ne vais pas ironiser sur ceux qui se plaignent qu’il fasse froid en hiver alors qu’ils sont comme moi bien au chaud. Ce qui me met en colère c’est que depuis l’abbé Pierre nous n’avons jamais su ou voulu traiter intelligemment et efficacement la question des sans-abris. J’y reviendrai un de ces jours.

 

Simplement le froid ne se prêtant guère aux balades à vélo dans Paris j’ai posé mon postérieur sur le canapé face à l’écran plat de la télé pour me payer des toiles sur les chaînes spécialisées. Ainsi, j’ai visionné Farewell avec Guillaume Canet et Emir Kusturica, Mitterrand et Reagan (assez ressemblant)… Le film est, comme on dit, romancé mais assez bien mené.

 

« L'histoire (la vraie) débuta officiellement en juillet 1981, au sommet d'Ottawa, lorsque François Mitterrand rencontra en privé le président américain Ronald Reagan. Au coeur de l'entretien, la révélation du « secret Farewell ». Épaté, Reagan s'exclama : « C'est le plus gros poisson de ce genre depuis 1945 ! »

 

En tête à tête, le président français dévoila à un Reagan stupéfait que l'URSS connaissait la totalité de la couverture radar des Etats-Unis, et qu'elle pourrait anéantir la défense américaine en cas de conflit. Grâce à cette entrevue, la France de Mitterrand regagna la confiance de Washington.

 

Longtemps tenue à distance par l'administration américaine, à cause de la participation des communistes au gouvernement, Paris venait de réintégrer le club des démocraties à la pointe de la lutte contre l'empire du mal soviétique.

 

Peu après, Marcel Chalet, directeur de la DST, se rendit à Washington pour informer plus en détail le vice-président George Bush, ancien directeur de la CIA. Tout avait en réalité commencé au début de l'année.

 

La suite ICI 

 

Ensuite, dans l’une de mes razzias de livres, je me suis offert L’Atlas des Lieux Improbables de Travis Elbotough & Alan Horsfield chez La Martinière.

 

J’y ai repéré 3 lieux improbables fruit de la guerre froide :

 

  • Le tunnel d’espionnage de la guerre froide à Berlin
  • Le centre de communications protégé de Moscou datant de la guerre froide
  • Des bunkers contre la bombe à Pékin.

 

Beaucoup d’entre vous avez lus L’espion qui venait du froid de John Le Carré, mais je ne suis pas persuadé que le débat autour de Poutine activé par la position de Fillon lors de la Primaire à propos de la guerre civile en Syrie soit bien compris par nos chers enfants de la Paix qui « gobent » tout ce qui chalute sur les réseaux sociaux à ce propos.

 

La tribune « À l’OTAN, ne rejouons pas la guerre froide » publiée dans le journal le Monde en juillet 2016 avec des signataires recouvrant un large prisme politique met les choses au point ICI 

 

« Reconnaissons que la Russie n’est pas sans torts, admettons même qu’elle fasse peur : faut-il pour autant aller jusqu’aux gesticulations politiques (réunion à Varsovie) et militaires (déploiements de forces de combat à proximité du territoire russe) dont le prochain Sommet va fournir l’occasion ? »

[…]

« Les mêmes qui nous ramènent à la guerre froide sont les premiers à protester qu’ils n’en veulent à aucun prix le retour. Ils seraient plus crédibles s’ils veillaient à rassurer la Russie en même temps qu’ils rassurent pays baltes et Pologne. Il n’y aurait pour cela que deux choses à dire : la première, que les déploiements de forces sont exceptionnels et n’ont pas vocation à devenir permanents ; la seconde, que l’OTAN a fait le plein de ses membres et ne s’élargira en aucun cas et dans aucune direction à un nouveau membre.

 

La France aurait une belle occasion à saisir et s’honorerait en prenant à son compte cette double affirmation. La règle de l’unanimité en vigueur à l’OTAN lui donne les moyens d’empêcher ce qu’elle refuse. Mais, peut-être, est-ce déjà trop demander à une diplomatie qui, depuis longtemps, a désappris à dire non ? Notre retour dans l’organisation militaire intégrée ne doit pas nous priver de l’indépendance qui était la nôtre auparavant. »

 

Alors, permettez-moi de jouer à «Dis papy Jacques c’est quoi la guerre froide ?»

 

Le concept de «guerre froide» a été inauguré le 5 mars 1946 par un discours de Winston Churchill à Fulton, dans le Missouri. Celui-ci, qui avait quitté le pouvoir quelques mois plus tôt, ne sombrait pas dans l’euphorie d’après-guerre, il mesurait la duplicité de Staline et s'en était inquiété auprès du président américain Harry Truman.

 

la conférence de Potsdam qui se tient juste après la capitulation allemande, la tension devient déjà plus perceptible en raison du refus de Staline d'organiser des élections libres en Pologne. C'est le début d'une incompréhension croissante qui éclate au grand jour en 1947.

 

Harry Truman désireux de réarmer les démocraties contre la nouvelle menace venue de l'Est, invite le vieux lion britannique à prononcer un discours au collège de Westminster, à Fulton.

 

Dans son discours, le fumeur de havane et le buveur de Pol Roger, qui a 72 ans, se fait visionnaire. Il clame : «De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer s'est abattu sur le continent (...). Quelles que soient les conclusions que l'on tire de ces faits, ce n'est certainement pas là l'Europe libérée pour laquelle nous avons combattu ; et ce n'est pas non plus celle qui porte en elle les ferments d'une paix durable».

 

En 1947, Truman qui veut endiguer l'expansion soviétique en Europe, prône la doctrine du «containment» qui se traduit par le plan Marshall, dont l’objectif est d’aider ceux des pays d’Europe qui « veulent rester libres » à se relever économiquement. Seize pays d'Europe occidentale acceptent le plan Marshall, mais Staline le refuse pour l'Union soviétique et contraint les démocraties populaires à faire de même.

 

Le 22 septembre 1947, les délégués des partis communistes d'Union soviétique, de Pologne, de Yougoslavie, de Bulgarie, de Roumanie, de Hongrie, de Tchécoslovaquie, d'Italie et de France se réunissent près de Varsovie et créent le Kominform, bureau d'information installé à Belgrade et qui devient rapidement l'organe de coordination idéologique du mouvement communiste.

 

À cette occasion, Jdanov exprime la doctrine soviétique de la guerre froide, réponse à la doctrine Truman : le monde est divisé en deux camps, « un camp anti-impérialiste et démocratique », celui de l'Union soviétique, et un « camp impérialiste et anti-démocratique », celui des États-Unis. Le Kominform, réunit l'ensemble des partis communistes des « démocraties populaires » au pouvoir ou en passe de l'être, mais aussi les puissants PC italien et français.

 

En 1947, le monde est donc devenu bipolaire, divisé en deux blocs inconciliables et en réaction au programme Marshall, l'URSS institue, en janvier 1949, une coopération économique avec les pays du bloc soviétique dans le cadre du Conseil d'assistance économique mutuelle : le Comecon.

 

En février 1948, c’est le coup de Prague, le Parti communiste tchèque prend le pouvoir en éliminant tous ses opposants. Les Occidentaux, en violation des accords de Yalta, unifient leurs zones d'occupation et y mettent en place une nouvelle monnaie. L'Allemagne devient donc le point de fixation de la guerre froide, à l’Ouest le bastion de la lutte contre l'expansion soviétique, à l’Est celui de la lutte anti-impérialiste. Et Berlin est une île en zone soviétique.

 

En juin 1948, Staline réagit en décrétant le blocus des accès routiers et ferroviaires de Berlin pour contraindre les Occidentaux à quitter leurs secteurs d'occupation. Les Américains réagissent en mettant en place un pont aérien pour ravitailler la ville et menacent d'utiliser la force si les Soviétiques s'opposent à la libre circulation dans les couloirs aériens. La menace est efficace car les Soviétiques ne disposent pas encore de la bombe atomique. Et au bout d'un an, en 1949, Staline recule et lève le blocus.

 

La conséquence de la crise de Berlin est l'accélération de la division de l'Europe, division dont l'Allemagne devient le symbole puisqu'en 1949 les Occidentaux fondent la RFA et les Soviétiques la RDA. Berlin conserve son statut de ville occupée.

 

Les Américains créent l'OTAN, pacte militaire qui a pour but, en mettant toutes les armées européennes sous commandement américain, de résister à une éventuelle attaque soviétique. Les Russes, eux, en riposte créent le Pacte de Varsovie.

 

En 1949, c’est l'Asie qui devient le champ d'affrontement des deux Grands. En effet, les communistes chinois de Mao prennent le pouvoir. Les nationalistes de Tchang Kaï-chek se replient sur l’île de Formose qui deviendra Taïwan. Les Chinois de la République Populaire rejoignent le bloc soviétique. Dans le même temps, en Indochine, les communistes vietnamiens sont en guerre contre la présence française. L'Asie est déstabilisée.

 

La stratégie du containment connaît alors un sérieux revers. C'est pourquoi, en 1950, les États-Unis n'hésitent pas à entrer en guerre contre la Corée du Nord lorsque celle-ci, soutenue militairement par la Chine, attaque la Corée du Sud. La guerre, très meurtrière, dure trois ans.

 

En 1953, un armistice est signé, qui sanctionne un retour au statu quo ante. Cette fois, la stratégie de containment a été un succès. La guerre de Corée pousse les États-Unis à signer une série de pactes afin d'encercler la puissance soviétique. En 1951, c'est le pacte de San Francisco entre les États-Unis et le Japon ; en 1954, l'OTASE avec les pays de l'Asie du Sud-Est, puis le Pacte de Bagdad avec les pays du Proche-Orient.

 

La constitution des blocs s'accompagne d'une course aux armements entre les deux Grands. Dès 1949, les Soviétiques possèdent l'arme nucléaire. Et en 1953, quelques mois seulement après les États-Unis, ils possèdent la bombe à hydrogène. Les deux superpuissances sont désormais dans une situation de parité nucléaire. D'autant que toutes deux disposent également des vecteurs nécessaires (bombardiers lourds et, à partir du milieu des années 1950, grâce à la conquête spatiale, fusées).

 

Les premiers signes de détente apparaissent dès la mort de Staline en 1953. Khrouchtchev, propose aux États-Unis la «coexistence pacifique».

 

En 1956, les deux Grands interviennent, sans se concerter, pour mettre fin à la crise de Suez, qui marque le déclin de la Grande-Bretagne et de la France, concrétisant ainsi la réalité du duopole qui gouverne alors le monde.

 

La crise de Cuba, en 1962, le 27 octobre 1962 - point culminant de la crise des missiles de Cuba – on avait échappé de justesse à l'apocalypse nucléaire. Ce fut le jour « le plus dangereux de l'histoire de l'humanité »

 

La CIA a établi qu'à Cuba cinq batteries de missiles nucléaires sont désormais prêtes à l'emploi. Selon l'agence de renseignement, les Soviétiques peuvent, en quelques minutes, tirer de l'île castriste l'équivalent de centaines de bombes d'Hiroshima sur New York et Washington. Le compte à rebours est lancé. L'état-major américain supplie Kennedy de frapper le plus vite possible Cuba et ses sites atomiques, puis d'envahir l'île afin de se saisir des missiles et de renverser le régime castriste une fois pour toutes. Le président résiste. Il ne veut pas donner son feu vert. Pas encore.

 

Khrouchtchev croit - et c'est une erreur colossale ! - que Kennedy a pris la décision de frapper. Castro vient de lui écrire une lettre désespérée, dans laquelle il l'assure que les Américains vont attaquer son île dans « vingt-quatre à soixante-douze heures ». Il le supplie de bombarder le premier - avec les missiles atomiques installés sur son île et qui sont déjà pointés vers les grandes villes de la côte Est. Comme Kennedy, Khrouchtchev tergiverse. Mais à l'évidence, des deux côtés, sous la pression du Pentagone ou des Cubains, la moindre étincelle peut tout déclencher. « Cette fois, nous étions vraiment à deux doigts d'une guerre nucléaire », confiera Khrouchtchev dans une étonnante conversation tenue au Kremlin.

 

Aucune étincelle ne vient enflammer la poudrière nucléaire. Mais qu'en sera-t-il les jours suivants ? Kennedy et Khrouchtchev, qui ont tous les deux combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, le savent d'expérience : dans une situation aussi tendue et aussi complexe, ils ne peuvent tout maîtriser. D'autant que, faute d'un canal de communication direct (le célèbre téléphone rouge entre le Kremlin et la Maison-Blanche ne sera installé qu'en août 1963, à la suite de cet épisode), leurs messages n'arrivent qu'au bout de plusieurs heures. Sans se parler, les deux K parviennent pourtant à la même conclusion : pour éviter d'être précipités contre leur gré dans le stade ultime de l'escalade - la guerre -, ils doivent au plus vite mettre un terme à leur bras de fer. Et pour cela faire des concessions.

 

La crise coûta sans doute ses fonctions à Khrouchtchev, démontrant ainsi la pluralité des options au sein des dirigeants soviétiques, mais elle fut l'occasion pour les dirigeants des deux Grands de se convaincre d'organiser la détente, c'est-à-dire le maintien du statu quo qui fait qu'aucun des deux Grands ne cherche à étendre son influence au-delà de sa sphère.

 

Dans ce contexte les deux Grands vont surtout devoir apprendre à vivre avec de nouveaux acteurs sur la scène internationale : les pays du tiers-monde.

 

Le tiers-monde né avec la conférence de Bandung en 1955, où les pays sous-développés ont affirmé leur volonté de ne pas se ranger derrière l'un ou l'autre des deux Grands, adoptant une position neutraliste. En fait, le mouvement des non-alignés ne remet pas en cause la logique bipolaire : tout au plus arrive-t-il à utiliser les rivalités entre les deux superpuissances. Ainsi Nasser, en 1956, nationalise le canal de Suez et fait financer le barrage d'Assouan par les Soviétiques devant le refus des Américains de le faire.

 

C'est de l'intérieur de chaque bloc qu'apparaît véritablement une tentative de remise en cause de la logique bipolaire. Ainsi, dès 1960, les Chinois remettent en cause le leadership soviétique. Alors que l'aide soviétique aux Vietnamiens en guerre contre les Américains est volontairement limitée, dans un souci de détente, les Chinois n'hésitent pas à renchérir en soutenant le Nord Viêt Nam.

 

D'une façon générale, la République populaire de Chine va tenter de s'imposer comme pôle fédérateur des mouvements de guérilla du tiers-monde, au détriment de l'Union soviétique. La situation sino-américaine va rapidement changer sous l'administration Nixon. En effet, les responsables américains vont profiter des tensions sino-soviétiques en engageant une politique de rapprochement avec la Chine populaire.

 

Dans le camp occidental, c'est de Gaulle qui, à partir de 1958, conteste la prééminence américaine. Il fait sortir la France de l'OTAN, dénonçant ce qu'il appelle le « protectorat américain ». Pour de Gaulle, la guerre entre les deux superpuissances n'est plus à l'ordre du jour du fait de la détente.

 

Pour lui, le refus de la bipolarisation et l'affirmation de la France passent par la recherche de nouvelles alliances. En 1964, la France reconnaît ainsi la Chine populaire, s'opposant ainsi à la fois aux États-Unis (qui soutiennent la Chine nationaliste de Taiwan) et à l'Union soviétique (qui avait rompu avec la Chine en 1960). Ce qui n'empêche pourtant pas l'Union soviétique d'amorcer, à partir de 1966, une politique de coopération économique avec la France. Là encore, la superpuissance tente de profiter des tensions internes à l'autre bloc pour avancer ses pions, sans pour autant aller à l'affrontement direct avec l'autre superpuissance.

 

Le processus de détente atteint son apogée au milieu des années 1970 avec la signature des accords d'Helsinki, par lesquels l'ensemble des pays signataires s'engage à respecter les frontières issues de la Seconde Guerre mondiale.

 

Cependant, en dépit des non-alignés et des contestations internes à chaque bloc, la logique bipolaire continue à fonctionner. Le statu quo sur lequel reposait la détente est finalement remis en cause par l'Union soviétique. On revient à des rapports plus conflictuels, les commentateurs parlent de «guerre fraîche »

 

En 1975, l'URSS pousse ses pions en Afrique : elle intervient en Angola et au Mozambique par l'intermédiaire des Cubains. En Éthiopie, un régime procommuniste s'empare du pouvoir. La même année, après le départ des Américains, l'Asie du Sud-Est devient le champ clos des affrontements sino-soviétiques. Les Vietnamiens sont soutenus par les Soviétiques et les Cambodgiens par les Chinois. Ils s'affrontent dans l'un des conflits les plus meurtriers de la seconde moitié du XXe siècle.

 

En Amérique latine, les positions stratégiques américaines sont mises à mal par la révolution sandiniste au Nicaragua.

 

Au Moyen-Orient, en 1979, la révolution islamique en Iran qui renverse le Shah prive les États-Unis d'un allié. À la fin de la même année, les Soviétiques envahissent l'Afghanistan. C'est le coup de Kaboul.

 

L'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir aux USA relance la course aux armements stoppée pendant la détente. Il propose un projet stratégique connu sous le nom de «guerre des étoiles» réseau de satellites destinés à détruire les fusées nucléaires soviétiques, pour contrer l'Union soviétique.

 

Les Soviétiques répliquent. C'est la crise des euromissiles. L'enjeu est de taille : les Soviétiques installent dans les pays satellites d'Europe centrale des missiles nucléaires (les SS-20) pointés vers l'Europe occidentale. Face à cette menace, les Américains et leurs alliés de l'OTAN se proposent de répliquer en installer en Allemagne fédérale des missiles tout aussi puissants (les Pershing) orientés vers l'Europe communiste et l'URSS. Les pacifistes et gauchistes occidentaux se mobilisent contre ce projet au nom de l'aphorisme : « Plutôt rouges que morts ! »

 

Le 20 janvier 1983, François Mitterrand, président de la République française, s'exprime devant les députés du Bundestag, à Bonn (première capitale de l'Allemagne fédérale). Il emploie une formule qui fera date : « Les fusées sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest ! »

 

En 1985, Gorbatchev arrive au pouvoir en URSS dans un contexte politique très difficile. Après la mort de Brejnev, les luttes internes ont été vives et ses deux successeurs, Andropov et Tchernenko, sont décédés dans un temps très bref, ouvrant une crise de succession majeure à la tête de l'Union soviétique.

 

Gorbatchev est un réformateur. Il a conscience que l'Union soviétique n'a pas les moyens économiques et technologiques de suivre les Américains dans la course aux armements. À l'instar de Khrouchtchev trois décennies plus tôt, il considère que seule une politique de pause dans la rivalité entre les deux Grands peut permettre de sauver le système soviétique. C'est pourquoi il propose une réduction des dépenses militaires et offre aux Américains de discuter du désarmement. Tout va alors très vite.

 

D'une certaine manière, la logique bipolaire continue à fonctionner. Les Soviétiques usent ainsi de leur influence pour mener leurs alliés vietnamiens à évacuer le Cambodge qu'ils occupaient. Les Soviétiques se retirent eux-mêmes d'Afghanistan. Dans le même temps, ils cessent leur soutien aux guérillas et régimes procommunistes africains. En l'espace de quelques mois, l'essentiel des conquêtes de l'ère Brejnev est abandonné.

 

Mais la tentative de Gorbatchev de réformer le système échoue. L'Union soviétique perd le contrôle des démocraties populaires, le mur de Berlin tombe, l'Allemagne se réunifie et, finalement, l'Union soviétique elle-même implose. La Russie, qui succède à l'Union soviétique, est amputée territorialement en raison de l'indépendance autoproclamée de plusieurs anciennes républiques soviétiques.

 

En décembre 1989, lors du sommet de Malte, les leaders des deux superpuissances annoncent la fin de la guerre froide. La guerre du Golfe, en 1991, voit la Russie s'associer à une guerre contre son ancien allié, l'Irak. Les États-Unis sont désormais le seul Grand.

 

Du moins le croit-il…

 

La Chine s’est réveillée, l’ex-petite main du KGB a endossé le costume de chef de guerre, L’Iran pointe son nez, Erdogan rêve de sultanat et voilà Trump l’isolationniste…

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 06:00
La nourriture est « 1 arme de destruction massive et 1 arme d’autodéfense ! » Marc Dugain

J’ai découvert Marc Dugain dans La Malédiction d'Edgar (2005), la vie de John Edgar Hoover, chef trouble du FBI pendant quarante-huit ans.

 

Il s’est fait connaître avec La Chambre des officiers, publié en 1999, il a 35 ans et il y raconte le destin de son grand-père maternel, « gueule cassée » de la guerre de 14-18. Ce premier livre obtiendra pas moins de 20 prix littéraires dont le prix des libraires, le prix des Deux-Magots et le prix Roger-Nimier.

 

Auparavant il travaillait dans la finance avant de devenir entrepreneur florissant dans l'aéronautique.

 

Dans mes moissons de livres, avec un penchant marqué pour les petits livres que l’on glisse dans sa poche j’ai récemment acheté Claire Byache raconte Marc Dugain Du coq à l’âme dans la petite collection L’Arrière-Cuisine chez Kéribus éditions.

 

Ce n’est pas un livre de recettes, même s’il y en a, le pâté de lapin constitutif de sa famille, le riz au lait qui m’est aussi très cher, mais un parcours ponctué par une saine et roborative révolte : « Ce qui nous reste, c’est refuser. On créé des produits absolument mauvais et, une fois que les gens sont malades, on les soigne avec des médicaments que l’on a fabriqué. Au final, on a écoulé des pesticides, des produits alimentaires et des médicaments. En termes de marché, c’est formidable. Il y a dans l’alimentation, une dimension politique qui m’intéresse plus encore que le plaisir que je peux ressentir à déguster quelque chose de très bon : manger, c’est un enjeu considérable. »

 

J’ai choisi de publier cet extrait car il est représentatif d’un nouvel état d’esprit que nos élites feraient bien de méditer. Dugain n’est pas un écolo, il fut un chef d’entreprise florissant, sa voix porte.

 

« J’ai été élevé dans le Vercors, à côté d’une ferme chez ma grand-mère. Dans la ferme voisine, il y avait des vaches laitières. Pour moi, « paysan », c’était l’expression même de la santé. Je veux dire, une santé de paysan, c’était un gage de robustesse. Les paysans étaient des gens qui vivaient sainement, maîtres de leurs propres produits. »

 

Aujourd’hui, tout a changé.

 

Le monde agricole est attaqué de toutes parts.

 

« Ennemi de lui-même avant tout, le paysan subit l’utilisation dans des proportions démentes de produits chimiques. Pour que l’agriculture raisonnée prenne le pas sur le reste, il faudrait commencer par parler avec les agriculteurs et leur faire comprendre qu’ils sont les premières victimes d’un système qui vise un seul et unique but : faire toujours plus d’argent. »

 

L’argent. Qui a pris des proportions mortifères pour l’humanité.

 

« La logique de l’argent ne peut pas continuer sur son horrible lancée parce que, précisément, cette lancée est bel et bien celle d’une destruction : la destruction pure et simple de la planète. Il faut que les gens aient conscience de cette réalité. Sauver sa peau et celle de ces enfants ressemble de plus en plus à un jeu de piste dans le maquis. Je sais que manger sain et bio n’empêche pas de tomber malade, mais ce qui est certain, c’est que la prévention, de toute façon, apporte d’incontestables bienfaits.»

 

« Plus la science progresse plus on se rend compte que nous sommes seuls. À mesure que l’on recule les limites de notre connaissance, on s’aperçoit que la vie est, en vérité, une infime exception dans le cosmos, du moins au rapport des distances que l’on connaît aujourd’hui. C’est un miracle absolu, la vie. Et pourtant nous sommes engagés dans un suicide collectif… Ce qui est très clair, désormais, c’est la direction empruntée par l’humanité. On le constate au niveau de l’Europe. Depuis qu’elle existe, beaucoup de décisions positives ont été prises, oui. Mais pas seulement. L’intensification de l’utilisation des sols, la destruction écologique dans laquelle nous sommes plongés, et qui ne fait que s’accroître, est aussi une réalité. Notre système est fondé sur l’extension permanente des marchés. Il faudra bien, un jour, que l’on se réveille. »

 

Pour revenir à la table « Peu importe la carte, deux choses, à elles seules, disent immédiatement tout d’un restaurant : la propreté des toilettes et la qualité du pain. Si les deux sont mauvais, mieux vaut se lever et partir tout de suite. »

 

La recette fétiche de Marc Dugain : Crevettes sautées à l’ail et au persil.

 

C’est simple : 1 cuillère à soupe d’huile d’olive chauffée à blanc dans une poêle pour faire dorer les crevettes. Ajouter l’ail et le persil finement hachés.

 

Servir !

La nourriture est « 1 arme de destruction massive et 1 arme d’autodéfense ! » Marc Dugain
Partager cet article
Repost0
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:15
La citation fausse primée est celle que j’avais signée et les gagnants sont : François Desperriers et Plumette…

Mon ego en fut flatté puisque la citation fausse, signée MOI : «Je me méfie des vins que l’on garde pour les grandes occasions. Quand on est mort, ce sont les autres qui les boivent.» publiée le 19 décembre 2016 sur mon mur Face de Bouc avait recueilli 110 preuves d’amour.

 

Lorsque le 18 janvier je lançais mon Grand concours du taulier : quelle est la meilleure des 110 citations fausses ? 2 Magnums en jeu ! Je ne me faisais guère d’illusions sur l’écho qu’allait rencontrer :

 

« Un gagnant donc sur Face de Bouc et un sur mon blog.

Que gagneront-ils ?

Un beau flacon.

Bien évidemment tout ça est conditionné par un vote massif et significatif de votre part.

Je ne prends donc pas beaucoup de risques puisqu’en général mes appels au peuple sont des bides !

Qui vivra verra ! »

 

Tel fut le cas, ce fut comme à la Primaire de la sinistra : un flop de participation !

 

Mais je dois souligner qu’à nouveau ce fut la n°47 qui tira modestement son épingle du jeu :

 

«Je me méfie des vins que l’on garde pour les grandes occasions. Quand on est mort, ce sont les autres qui les boivent

 

  • Sur Face de Bouc François Desperriers tira le premier, à 08h 13 pour la plébisciter.

 

  • Sur mon blog c’est Plumette qui vota pour 18/01/2017 10:34

 

Je vote pour la citation 47. Elle est excellente.

 

Que faire pour les récompenser ?

 

François Desperriers je sais où il niche mais Plumette je ne sais plus trop ?

 

Alors, j’ai décidé dans ma sagesse légendaire de les inviter à déjeuner, ensemble bien sûr, si Plumette (que je connais mais dont je ne révélerai pas le nom) le veux bien, au restaurant Les Climats.

 

Comme ils sont tous deux provinciaux, preuve que je ne chronique pas que pour les bobos parisiens, ça ne sera pas forcément simple mais je suis sûr que nous trouverons l’occasion de boire des vins de garde, bourguignons puisque Les Climats ne servent que des nectars de cette région chère au cœur de François.

 

À bientôt j’espère et merci de votre fidélité…

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents