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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 06:00
Tout fout le camp ma bonne dame, mais où est passée la grandeur de la France : même la haute-cuisine serait en crise !

Même si dans notre pays on voue un véritable culte aux Monuments Historiques, qui sont même dotés de Conservateurs, j’avoue avoir beaucoup ri en lisant sur le site Slate la chronique de Nicolas de Rabaudy La grande cuisine française est-elle en crise?

 

Elle avait échappé à mes filets lorsqu’elle a été mise en ligne le 25.09.2016

 

Ce cher homme vénéré par ses pairs se lamente :

 

« L'époque est au mélange des saveurs, à l'essor d'une cuisine cosmopolite nourrie par l'arrivée aux manettes des plus grandes tables de chefs étrangers. Au détriment de la gastronomie traditionnelle française? »

 

C’est dans l’air du temps, on s’en poindre la nostalgie des souverainistes, va-t-il valoir prendre des mesures protectionnistes, édicter des quotas… Je plaisante bien sûr mais j’ai le droit de rire à gorge déployée de ce type de papier évoquant la grande cuisine française.

 

Un exemple :

 

« Au Four Seasons George V, José Silva, directeur général, a créé en lisière de l’imposant patio le George, un restaurant italien élégant dont le maestro actuel est Simone Zanoni, ex-bras droit de Gordon Ramsay, trois étoiles à Londres, auteur de la première carte étoilée du Trianon à Versailles. La pasta remplace le Black Angus et le minestrone la blanquette de veau et le brochet au beurre blanc, c’est l’évolution du temps: l’Italie en plein boom, la cuisine française en déclin? »

 

Vous pourrez juger par vous-même ICI si j’ai tort ou raison. Qu’importe, la seule référence dans le domaine de la grandeur est bien évidemment notre Grand Charles qui, en bon général qu’il était, préférait les pieds de cochon aux mets raffinés des étoilés à la française.

 

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a en moi d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J'ai, d'instinct, l'impression que la Providence l'a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S'il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j'en éprouve la sensation d'une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »

 

Une certaine idée de la France. Mémoires de guerre. L'Appel, 1940-1942. Plon, 1954

 

Et Rabaudy de conclure :

 

« À la grande table, au centre du grand restaurant de Vonnas, 80 couverts pas plus ce samedi soir: un couple de grands-parents invités par leurs enfants pleurent d’émotion. Les délices des préparations, les goûts fins, la délicatesse des sauces et la chaleur familiale aux côtés des enfants ont déclenché des larmes de joie intime: c’était la première fois que les grands-parents originaires de Mâcon étaient conviés à partager ces plats d’anthologie, escortés de vins de Bourgogne blancs et rouges, en compagnie de leur progéniture. »

 

Alors, tout va bien, ce n’est parce qu’on ouvre le champ des possibles que l’on enterre les racines de notre cuisine, bien au contraire nous pouvons choisir et c’est heureux monsieur de Rabaudy… Faut sortir, ouvrir portes et fenêtres, ça évite le confinement et l’entre-soi…

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 06:00
Aquilino Morelle, avec 2 l et 1 e, mais pourquoi diable être resté si longtemps sur la galère du père François dit « l’autre connard » ?

Monsieur,

 

Comme phonétiquement votre nom sonne Morel le patronyme du François que j’aime, j’ai tenu à en épeler la finale.

 

En parodiant ce cher Jack Lang, le plus mitterrandolâtre des mitterrandolâtres, Aquilino Morelle vous êtes passé de l’ombre à la lumière le jour où vous fûtes viré sans ménagement par votre maître élyséen pour des motifs domestiques sur lesquels je m’abstiendrai d’ironiser.

 

Sans aller à assimiler votre fonction au rang de domestique, comme moi vous fûtes, et vous êtes encore, un serviteur de l’État Républicain, il vous rémunère pour ce faire : vous êtes fonctionnaire de l’IGAS.

 

Vos origines modestes, né dans une famille d'immigrés espagnols asturiens vous passez toute votre enfance dans le quartier de Belleville, votre père était ouvrier affûteur chez Citroën à Nanterre, votre belle méritocratie, docteur en médecine, interne à l’AP-HP, Sciences Po, l'ENA dont vous sortez en 1992 dans la promotion Condorcet pour intégrer l’IGAS, ne vous confèrent aucun droit supplémentaire mais, bien au contraire, vous marque d’une exigence absolue, le devoir d’exemplarité.

 

Rassurez-vous, je ne vais pas troquer ma plume pour celle d’un procureur, mais permettez-moi de vous dire que dans le domaine de l’exemplarité je ne vous proposerais pas comme modèle à mes petits-enfants.

 

Comme tant d’autres de vos pairs de la haute fonction publique vous avez joyeusement pratiqué, sous son beau manteau protecteur, le mélange des genres : la politique, donc engagé, et le service de l’État en tant qu’Inspecteur Général, donc soumis au devoir de réserve.

 

Attention, je ne vous reproche pas de vous être engagé, de vous être présenté à une élection, c’est le droit de tout citoyen, mais d’avoir, comme tant de « petits marquis » de la rue de Solférino, navigué, bien au chaud, dans les délices des oripeaux d’éminence grise.

 

Ces allers-retours sans risque, même si votre séjour chez Euro-RSCG m’interrogent, vous  revenez vite à vos amours et prenez la roue du flamboyant Montebourg qui se plaça comme 3e homme lors de la primaire de la Gauche et rallia sans grand état d’âme le futur vainqueur.

 

Vous profitez de ce ralliement opportuniste pour faire votre nid auprès de François Hollande, on vous dit « nègre », et vous vous retrouvez dans le cœur du pouvoir au palais de l’Élysée. Belle revanche qui, même si vous n’en conviendrez jamais, comme tant d’autres que j’ai pu observer dans mes fonctions de Directeur de cabinet, vous grise. On vous craint, vous vous comportez, même si aujourd’hui vous dites le regretter, comme un insolent et imbuvable « petit marquis » à qui, tout ou presque, est permis.

 

Mais ça c’est votre problème, je vous laisse le soin chaque matin en vous regardant dans la glace d’estimer que vous avez été à la hauteur de vos fonctions de conseiller du Prince.

 

Mon propos matinal va bien au-delà de votre comportement domestique. Ce que je conteste c’est votre impudence lorsque vous affirmez dans votre livre L'Abdication et dans une interview au journal Le Monde :

 

« …la véritable rupture d'opinion entre Hollande et les Français, qui s'est produite dès la fin de l'année 2012. Dès cette date, les Français se sont détournés du président car ils ne lui pardonnaient pas sa première abdication, l'abdication de sa volonté d'exercer réellement le pouvoir.

 

  • Comment s'est manifestée -celle-ci, selon vous ?

 

Très vite. Alors qu'il bénéficiait de l'onction du suffrage universel, alors qu'au premier G8, à Camp David, le 19 mai 2012, le président Obama l'avait assuré de son soutien et avait plaidé pour une relance économique en Europe, alors que les dirigeants italien et espagnol souhaitaient qu'il prenne la tête de l'Europe de la croissance, François Hollande a, au contraire, fait le choix de la résignation. Il n'a jamais voulu devenir ce leader d'une nouvelle Europe. Et au sommet européen du 29 juin 2012, il a enterré tout espoir de changement en se résignant à l'austérité, en acceptant, sans véritable renégociation, le pacte budgétaire européen imposé par Merkel et signé par Sarkozy. Ce renoncement inaugural a précédé et déterminé tous les autres. C'en était dès lors fini du discours du Bourget. La vérité est simple et cruelle : François Hollande ne voulait pas exercer le pouvoir ; il voulait seulement être président de la République. »

 

Mais alors, sieur Morelle, qu’êtes-vous resté faire tout ce temps dans cette galère ?

 

Comme votre maître « félon », qui ne voulait être que Président de la République, vous êtes resté pour n’être qu’un conseiller du Président de la République. Là, j’ose écrire un domestique de luxe.

 

Vous avez donc travailler pour un « traître »...

 

De grâce ne venez pas me dire que vous êtes resté parce que vous estimiez pouvoir infléchir le cours des choses. Argument dérisoire et peu glorieux, pourquoi avoir attendu de vous faire salement virer, oser dire que votre exfiltration des ors de la République, comme celle de votre mentor, de « génocide du Rwanda » ?

 

Mais pour qui vous prenez vous, Aquilino Morelle ?

 

Vous n’avez été ce que vous avez été que par le fait du Prince, alors que vous soldiez vos comptes dans un livre, qui se veut un réquisitoire politique impitoyable contre le président ayant, selon vous, fait perdre son âme à la gauche, est de ces entreprises que l’on peut qualifier de minables.

 

Pire, c’est un exercice égotique sans l’once d’intérêt !

 

Je vais vous faire une confidence, passé l’instant médiatique de la sortie de votre opus, vous allez retrouver l’ombre besogneuse de l’IGAS.

 

Qui se souviendra d’Aquilino Morelle ?

 

Pas grand monde, pas grand monde, sauf si vous êtes vraiment un militant de votre cause, Morelle, et que vous quittez le cocon douillet de l’IGAS et des « ménages » accessoires, pour vous engager vraiment, pour vous faire élire par vos concitoyens, abandonnant ainsi votre posture de conseiller du Prince répudié.

 

Sans cet acte fondateur vos écrits, vos paroles, aussi brillants soient-ils, ne seront, ni plus ni moins, que ceux d’un citoyen lambda, de monsieur tout le monde quoi.

 

Je n’ai pas de mots pour vous saluer mais je le fais par simple urbanité.

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 08:00
Joseph Staline : "On m'a imposé les purges"

Joseph Staline : "On m'a imposé les purges"

Je ne sais pas. J’en suis là, dans un état proche de l’indifférence, les yeux grands ouverts, immobile, étonné que nous en soyons arrivés là. Le privilégié que je suis ne sait plus ce qu’il doit faire devant tant de médiocrité. Orgueil ! « J’ai le plus profond respect pour le mépris que j’ai des hommes. » C’est inclusif, j’en suis. Pour autant je ne verse pas dans les outrances des chevaliers de l’Apocalypse, les profiteurs de crise qui, à l’image des BOF de la France occupée, pratiquent le marché noir. Onfray, Polony, Finkielkraut et tant d’autres surfent sur le désarroi des gens pour se faire de belles pelotes.

 

Que me reste-t-il pour tenir le choc ?

 

L’amour !

 

« George était arrivé un quart d’heure en avance. Dexter lui avait aussitôt apporté son double expresso. Il ne s’était pas rasé depuis quelques jours et se demandait si cela plairait à Keiko. Il feignait de lire Le Parisien, mais tournait régulièrement la tête vers l’entrée. Impossible de se concentrer. Dans les quelques minutes qui allaient suivre, leur destin se déciderait. Elle l’accompagnerait dans son studio, rue de Babylone. Et ce serait la joie des retrouvailles, la fête des sens, le bonheur d’être enfin réunis. Ou alors elle prétexterait un rendez-vous avec une amie qui tenait absolument à la voir avant son départ pour le Japon. Un peu présomptueux, il misait sur la première hypothèse. Mais il savait aussi que dans ce domaine rien n’est jamais joué, qu’on conquiert un être ou qu’on le perd à chaque minute. Il en était là dans ses réflexions un peu oiseuses, quand une voix féminine murmura « George » à son oreille. Elle s’installa au comptoir à côté de lui. Il caressa sa main. Dexter apporta deux autres cafés italiens. Ils n’échangèrent pas un mot. Tout se jouait dans leurs regards. Et, eux, contrairement aux mots, ne mentaient pas. Dehors, il pleuvait. On était déjà fin mai et le printemps tardait. Les mains de Keiko étaient glacées. Il les réchauffa. Quelques heures plus tard, dans son studio, leurs corps s’unissaient enfin, la pluie contre la fenêtre accompagnait maintenant les baisers qu’ils échangeaient comme des affamés de l’amour, de leur amour. George contemplait le corps de Keiko comme la plus belle œuvre d’art qu’il ait jamais imaginée. Elle était à lui, rien qu’à lui. Keiko, elle, se laissait bercer par les vagues de volupté qui l’envahissait chaque fois qu’il l’enlaçait et la couvrait de baisers. Elle se donnait entièrement, afin que la mort n’ait plus rien à prendre. Ils étaient comme deux enfants jouant sur le sable. Tous les amants connaissent ces instants où le temps s’abolit et où la passion ouvre une fenêtre sur l’éternité. George et Keiko vivaient ces instants goulûment. Lui, conscient que la vie ne les offre que parcimonieusement. Elle aspirant à les prolonger indéfiniment. Bientôt, la pluie cessa de tambouriner. Elle se blottit encore plus profondément contre lui et s’endormit. Quand il fut certain de ne pas la réveiller, il se leva, admira encore la grâce de son corps, se dirigea vers la cuisine et but une gorgée de whisky. Lui qui ne croyait en rien, se trouvait dans l’étrange situation, étrange pour lui tout au moins, d’exprimer une forme de gratitude… À qui ? Il ne le savait pas trop. Mais qui le sait ? Keiko, elle, rêvait. Mais à quoi rêve-t-on quand son rêve vient de s’accomplir ? N’y aurait-il pas une forme de désespoir à voir nos rêves s’accomplir ? »

 

Roland Jaccard Une Japonaise à Paris

 

Revenons à ce cher Onfray qui se répand à nouveau dans les médias pour promouvoir sa marchandise.

 

« En 2015, Michel Onfray s'est lancé dans une Brève encyclopédie du monde. Inaugurée avec Cosmos, qui proposait une « philosophie de la nature », elle se poursuit avec Décadence, une fresque d'une ampleur impressionnante, truffée de références théologiques et philosophiques. De Jésus à Daech, en passant par saint Paul, François d'Assise, l'empereur Constantin, Jan Hus, Christophe Colomb, Lucrèce, Montaigne, Hegel, Huntington..., le philosophe parcourt l'histoire de la civilisation judéo-chrétienne à un galop d'enfer. Au terme de sa chevauchée érudite, il conclut à l'épuisement de l'Occident. Il dépeint un paysage en ruine. « L'Europe est à prendre, sinon à vendre, écrit-il. [...] Le judéo-christianisme est une puissance qui a fait son temps. » Ce n'est pas seulement la thèse centrale de l'ouvrage qui fera débat, mais aussi certaines considérations pour le moins abruptes sur le christianisme, Hitler, l'islam et le libéralisme. »

 

Onfray et la décadence de l'Occident

 

EXCLUSIF. Et si la civilisation judéo-chrétienne avait vécu ? C'est la thèse du philosophe Michel Onfray dans son nouveau livre, "Décadence" (Flammarion).

 

PROPOS RECUEILLIS PAR SÉBASTIEN LE FOL

 

Le Point : Votre nouveau livre s'intitule Décadence. Cette notion a de quoi surprendre sous la plume d'un intellectuel de gauche. Jusqu'à présent, on la trouvait à droite, voire à l'extrême droite. Après Paul Bourget et Oswald Spengler, vous vous inscrivez dans une filiation pour le moins surprenante...

 

Michel Onfray : Dans Le Déclin de l'Occident, rédigé avant la Première Guerre mondiale, Oswald Spengler utilise une grille de lecture systématique et figée, alors que la mienne est plastique et vivante. À mes yeux, les cultures sont vivantes. Cela dit, il est vrai que la décadence est habituellement un thème de droite. La gauche étant progressiste et... réactivant le vieux schéma chrétien de la parousie, de la fin de l'histoire heureuse, elle n'en parle pas, ou alors en travestissant la réalité. Pour désigner la « chute de Rome », elle emploie le terme d'« Antiquité tardive ». N'étant ni progressiste ni de droite, je ne me reconnais pas dans ceux qui parlent habituellement de décadence. Les intellectuels de droite, pessimistes, préoccupés par elle, en appellent à un retour au passé. Pas moi. Les intellectuels de gauche, optimistes, préoccupés par la marche indéfinie du progrès, ont confiance en l'avenir. Pas moi. Ni pessimiste ni optimiste, mais tragique, je pense qu'on ne peut rien faire pour sauver une civilisation qui se meurt.

 

Comment définiriez-vous la décadence ?

 

C'est le moment des craquements qui précèdent l'effondrement d'une civilisation sur elle-même.

 

N'y a-t-il pas un jugement moral derrière ce terme ?

 

Non, un effondrement n'est ni bien ni mal, c'est un fait qui constate le fissurage avant la chute. Toutes les civilisations ont connu cette loi de l'Histoire. Pourquoi la nôtre, après deux mille ans d'existence, y échapperait-elle ?

 

Quels sont les symptômes de notre décadence ?

 

Le nihilisme, autrement dit « tout vaut tout » donc « rien ne vaut plus rien » ; un égocentrisme forcené ; une incapacité à penser en termes de grande communauté ouverte avec un repli sur des communautés tribales fermées ; une domination des passions tristes en général, et plus particulièrement du ressentiment et de l'envie ; un triomphe de la négativité ; pour reprendre une formule de Sade, une fois n'est pas coutume : prospérités du vice et malheurs de la vertu...

 

Les écrits des premiers chrétiens dans La Pléiade sont un succès de librairie ; le succès de François Fillon à la primaire de la droite et du centre a été interprété comme un réveil des catholiques... Et, malgré ces signaux, vous annoncez la mort de la civilisation judéo-chrétienne !

 

Je vous répondrai en horticulteur : quand la plus belle floraison d'un arbre a lieu, l'année suivante est celle de sa mort. Face au progrès d'une spiritualité musulmane, le retour au catholicisme est pour certains un moyen de résistance et de réarmement moral. Je ne pense pas que nous assistions à un retour du sacré. Cet engouement de surface est davantage d'ordre identitaire.

 

Pourquoi cet acharnement de votre part contre le christianisme ?

 

Je ne m'acharne pas ! Je tente de comprendre cet objet magnifique que fut une civilisation, la nôtre, la mienne. Un anatomiste ne s'acharne pas sur le corps qu'il ausculte.

 

J'aurais pu devenir moine contemplatif... si j'avais eu la foi, c'est la moindre des choses !

 

Quel a été votre premier contact avec la religion chrétienne ?

 

Enfant, dans mon village natal, mes parents m'ont envoyé dans une petite école privée tenue par une ancienne gouvernante, Mme Haÿs. Elle nous apprenait à lire, à écrire et à compter avant l'école primaire, puis le nom des arbres, des oiseaux, des fleurs et l'histoire sainte. Au moment du carême, elle nous offrait des bonbons qu'il fallait rendre !

 

C'est freudien, votre histoire ! Privé de bonbons par une bonne de curé, vous en avez conçu de l'amertume à l'égard du catholicisme !

 

Je n'ai pas souffert de cette éducation catholique. Je rends grâce à cette femme de m'avoir appris à lire avec la méthode syllabique.

À l'âge de 10 ans, vous entrez dans un orphelinat catholique tenu par des prêtres salésiens. Vous l'avez décrit comme une « fournaise vicieuse ». Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

J'ai été frappé par l'écart entre l'enseignement des vertus catholiques et la pratique de ces gens-là. Ils étaient violents, certains étaient pédophiles. J'ai assisté à des passages à tabac. Tel ou tel - une minorité, il est vrai - organisait des punitions collectives à 3 heures du matin dehors, en pyjama et en chaussons dans la neige. L'incapacité de ces prêtres à vivre l'éthique chrétienne et à être à la hauteur de ce qu'ils enseignaient m'a montré que l'idéal de cette religion était inhumain. Je suis depuis attaché à la congruence ! Si on se dit de gauche, alors il faut mener une vie de gauche. Si on est chrétien, alors il faut mener une vie chrétienne. L'ordre des salésiens a été créé par Don Bosco, qui célébrait le travail manuel. Certains pères que j'ai côtoyés méprisaient les intellectuels et vénéraient les sportifs. Quand ils me voyaient lisant dans un coin, cela les horripilait. Je voulais être biologiste à l'époque, parce que j'avais lu Jean Rostand et que j'aimais le moraliste et le penseur chez lui. Eux voulaient que je fasse un CAP de tourneur-fraiseur.

 

À vous écouter, on se dit que vous n'en avez pas fini avec vos blessures d'enfance...

 

Je suis fidèle à mon enfance, oui. Je n'oublie pas les moments d'humiliation infligés à mes parents. Ce dimanche que nous avions prévu de passer en famille, par exemple. Il faisait beau. Mon père se rasait quand le chef de culture est venu le chercher avec un ton de caporal pour partir illico à la moisson. Le dimanche fut effacé et pas payé... Je n'oublie pas non plus la première fois que j'ai vu apparaître le papier d'aluminium à la maison. Ma mère faisait le ménage chez des bourgeois. Sa patronne avait emballé les restes de leur repas familial dominical pour ma mère en lui disant que, si elle ne les prenait pas, ça irait à la poubelle...

 

Avez-vous déjà cru en Dieu ?

J'ai probablement cru en Dieu comme j'ai cru au père Noël. Je n'ai aucun souvenir de la disparition de ces deux croyances dans ma vie...

 

La suite ICI 

 

Pour sortir de l’étouffoir national je me tourne vers nos voisins suisses.

 

Michael Hermann: «Les Suisses ont une peau de bébé»

 

Le politologue phare des Alémaniques signe un livre consacré au «ciment de la Suisse». Il souligne que, malgré toutes ses qualités, le pays a de la peine à se réformer. Et qu’il doit éviter le «syndrome bernois», où un conservatisme rural dicte sa loi aux villes

 

- Vous prétendez que Donald Trump ne fait qu’emprunter des recettes qui ont fait le succès de l’UDC en Suisse. N’est-ce pas plutôt la politique suisse qui s’est américanisée?

 

- Les deux choses sont vraies. D’une part, bien sûr que les Etats-Unis ont inspiré l’Europe dans sa manière de faire de la politique et ses méthodes de communication. Mais d’autre part, je suis frappé par le fait que Donald Trump ait repris au cœur de son message des thèmes qui nous sont familiers depuis des décennies, comme la limitation de l’immigration et la fermeture des frontières. En Suisse, c’est James Schwarzenbach qui a le premier thématisé la «surpopulation étrangère» en 1970. Notre système de démocratie directe a permis de déceler beaucoup plus vite qu’ailleurs les soucis des gens. Il joue depuis longtemps ce rôle d’exutoire assumé aujourd’hui par les réseaux sociaux.

 

L’article ICI

 

Terminons par l’un de ces petits marquis de la République Aquilino Morelle, congédié, le 18 avril 2014, de l'Elysée après les accusations par Mediapart d'une prise illégale d'intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques – classée sans suite en mars 2015 – et l'affaire de ses chaussures cirées. Il publie le 11 janvier L'Abdication (Grasset, 416 pages, 22 euros), livre dans lequel il revient sur son expérience du pouvoir.

 

Le Monde déclare :

 

« Aquilino Morelle est un homme prudent. Contre toute attente, serait-on tenté d'ajouter. Ceux qui imaginaient son livre, annoncé depuis plusieurs mois, comme un règlement de comptes sanglant avec François Hollande, qui lui a fait l'affront de le congédier de l'Elysée après l'affaire des " chaussures cirées " au printemps 2014, en seront pour leurs frais. »

 

« L'homme est malin, aussi : tout au long des 416 pages de L'Abdication, à paraître le 11 janvier chez Grasset, l'ancien conseiller du chef de l'Etat a mis un soin méticuleux à ne pas (ou peu) tendre le bâton pour se faire battre. Pas de scandales ou de petites phrases, pas de bruits de couloirs. Chapitre après chapitre, M. Morelle s'efforce de ne relater que des scènes auxquelles il a assisté durant ses vingt-quatre mois passés au Château. Même la crise conjugale entre François -Hollande et Valérie Trierweiler, au début de l'année 2014, est évacuée en quelques -lignes, sans détails. Morelle ne sera pas le chroniqueur des trous de serrure élyséens, lui que tant décrivent en privé comme un véritable pourvoyeur de formules assassines ou d'anecdotes croustillantes.

 

Son livre se contente d'être un réquisitoire politique impitoyable contre le président qui a, selon lui, fait perdre " son âme à la gauche ". Un président qui n'aurait pas abdiqué en réalité le 1er décembre 2016, mais dès le début de son quinquennat, en refusant d'appliquer le programme pour lequel il avait été élu. Au fil des pages, M. Morelle revient sur différents épisodes qui illustrent cette défaite originelle, de l'affaire Florange à l'accord passé, dans son propre appartement, le 2 novembre 2013, entre -Manuel Valls et Arnaud Montebourg pour changer de politique. Accord que le futur premier ministre ne respectera pas, selon lui, une fois installé à Matignon. »

 

La renonciation de M. Hollande ôte à l'ouvrage une grande part de son pouvoir de nuisance. M. Morelle a beau se défendre d'avoir voulu donner avec L'Abdication le dernier coup de poignard au chef de l'Etat, la date de parution du livre laisse penser l'inverse : en ce début d'année, M. Hollande devait être lancé à fond dans la campagne de la primaire à gauche… Comme si ce dernier restait, quels que soient les scénarios, un président insaisissable.

 

 

  • Pourquoi avoir écrit ce livre ? A-t-il encore une utilité après la renonciation de M. Hollande ?

 

J'ai écrit un livre politique, étayé et argumenté, qui veut répondre à la question que tous les citoyens, de gauche ou pas, se posent : comment en est-on arrivé là ? Comment la gauche, qui détenait toutes les puissances en 2012 – l'Elysée, Matignon, l'Assemblée nationale et même, pour la première fois, le Sénat, les régions, les départements, les villes – n'a-t-elle pas eu la force d'exercer le pouvoir que les citoyens lui avaient confié et s'est-elle perdue dans une gestion résignée ? Pourquoi le président n'a-t-il pas tenu les engagements pris devant le peuple français lors du discours du Bourget - le 22 janvier 2012 - ?

 

Comment expliquer cette situation inédite dans l'histoire de la Ve République : un président sortant dans l'incapacité même d'être candidat ? Mon livre se veut utile, c'est celui d'un acteur et d'un témoin privilégiés, qui invite le lecteur à un voyage au centre de l'Etat, qui veut apporter des réponses à tous ces questionnements. Je le crois plus que jamais d'actualité après l'abdication de François Hollande.

 

  • Pourquoi M. Hollande a-t-il été contraint de renoncer ?

 

Ce sont les Français, par leur défiance massive, qui ont imposé au président d'abdiquer. Juste avant la " sage décision " que certains -observateurs commentent complaisamment, François Hollande n'était plus crédité que de moins de 10 % d'intentions de vote : être candidat dans de telles conditions relevait du vœu pieux. Cet affaissement sans précédent fut la traduction ultime de la véritable rupture d'opinion entre Hollande et les Français, qui s'est produite dès la fin de l'année 2012. Dès cette date, les Français se sont détournés du président car ils ne lui pardonnaient pas sa première abdication, l'abdication de sa volonté d'exercer réellement le pouvoir.

 

  • Comment s'est manifestée -celle-ci, selon vous ?

 

Très vite. Alors qu'il bénéficiait de l'onction du suffrage universel, alors qu'au premier G8, à Camp David, le 19 mai 2012, le président Obama l'avait assuré de son soutien et avait plaidé pour une relance économique en Europe, alors que les dirigeants italien et espagnol souhaitaient qu'il prenne la tête de l'Europe de la croissance, François Hollande a, au contraire, fait le choix de la résignation. Il n'a jamais voulu devenir ce leader d'une nouvelle Europe. Et au sommet européen du 29 juin 2012, il a enterré tout espoir de changement en se résignant à l'austérité, en acceptant, sans véritable renégociation, le pacte budgétaire européen imposé par Merkel et signé par Sarkozy. Ce renoncement inaugural a précédé et déterminé tous les autres. C'en était dès lors fini du discours du Bourget. La vérité est simple et cruelle : François Hollande ne voulait pas exercer le pouvoir ; il voulait seulement être président de la République.

 

  • Quel regard portez-vous sur l'homme et sur le président ?

 

Toutes les qualités de l'homme, celles qui lui ont permis de conquérir le pouvoir, se sont retournées contre lui, une fois à l'Elysée. Ce qui faisait la force du candidat a signé l'échec du président. Son intelligence ? A force de tout comprendre, il lui est arrivé trop souvent de ne rien décider. Son habileté ? La ruse ne sert plus au pouvoir, il faut alors la force, celle de s'imposer aux autres et aux événements. Son art de " la synthèse " ? Vain et illusoire quand on est aux commandes, et qu'il faut trancher.

 

Ce qui m'a frappé très vite, et que ses confidences viennent de tristement révéler au grand jour, c'est son incapacité à comprendre et à respecter les règles de l'exercice de l'Etat ; quelque chose, au fond de lui, s'y refusait obstinément. Il est toujours resté comme extérieur à la fonction présidentielle, qu'il n'a jamais su, ou peut-être voulu, incarner. C'est certainement parce qu'il pressentait ce malaise que François Hollande a inventé la formule du " président normal ", une manière pour lui de prévenir les Français et, peut-être, dans son esprit, de conjurer le sort… Etrange président que cet homme plein de charme et dénué de toute autorité.

 

  • Vous donnez une explication historique à l'échec de M. Hollande. Pensez-vous la gauche condamnée en cette année électorale ?

 

François Mitterrand a confié l'essentiel de l'explication : " Après moi, il n'y aura plus de grand président. Ce sera l'Europe. La mondialisation. Il n'y aura plus que des comptables et des financiers. " Nous y sommes. Ce qu'il n'a pas dit, mais qu'il ne pouvait ignorer, c'est que ce seraient des socialistes français qui déchaîneraient le tsunami de la finance -dérégulée, façonneraient la mondialisation libérale, en déclenchant l'engrenage libéral de l'Europe, celui prévu dans le traité de Rome. La suprême habileté politique de Mitterrand aura été, en 1983, d'effectuer un magistral tour de prestidigitation, escamotant le socialisme, mais faisant apparaître l'européisme pour consoler la gauche.

 

Dès 1957, Pierre Mendès France avait dénoncé, avec lucidité, " l'abdication d'une démocratie " à laquelle aboutirait la construction de l'Europe telle qu'envisagée. Pour cette raison, il avait voté non à la ratification du traité de Rome. Tant que la gauche européenne ne sortira pas de l'européisme et du libéralisme dans lequel elle s'est perdue, les peuples se détourneront d'elle. En particulier en France. Tant que la gauche française ne renouera pas avec le message de Mendès France, elle ne retrouvera pas la confiance des Français ni leurs suffrages.

 

  • Vous datez " le début de la fin du quinquennat " de l'affaire Florange, à l'automne 2012 lorsque M. Hollande refuse la nationalisation des hauts-fourneaux proposée par Arnaud Montebourg, que vous souteniez. Pourtant, vous êtes resté à l'Elysée.

 

Florange a signé l'arrêt de mort de ce qui faisait l'esprit du discours du Bourget : le volontarisme politique et le patriotisme éco-nomique. Alors qu'il avait face à lui Mittal, l'incarnation de ce " monde de la finance " qu'il avait désigné comme son " adversaire ", Hollande a refusé le combat, se coupant définitivement des classes populaires. En ce sens, Florange a bien représenté le début de la fin du quinquennat.

 

Partir à ce moment-là était une possibilité ; je l'ai envisagée. Mais le président n'avait été élu que depuis six mois, il m'avait demandé de le suivre à l'Elysée, j'étais fier et heureux de servir mon pays et mes convictions et j'ai cru qu'à ma place, je pourrais infléchir le cours des choses, résister. Je me suis trompé, la suite des événements a prouvé que c'était impossible, et j'ai donc échoué. Reste que j'ai alors fait un choix de responsabilité, difficile et douloureux.

 

 

  • Vous reconnaissez avoir commis " une faute " lors de l'affaire du cireur de chaussures. Cet épisode a été vu comme -l'illustration de la déconnexion d'une certaine gauche. Regrettez-vous un tel comportement ?

 

Bien entendu, je regrette cette faute de comportement, et je m'en explique dans mon livre. Encore faut-il rappeler qu'il s'agit là d'un épisode unique et qui n'a pas coûté un seul euro au contribuable. Mais ce que je regrette aussi, c'est d'avoir été aveuglé et de ne pas avoir compris que ceux qui voulaient, pour des raisons politiques, m'abattre, se saisiraient de cet épisode pour le faire.

 

Ce que je regrette surtout, c'est que le président, que j'ai toujours servi loyalement, se soit abaissé à utiliser cette faute pour se débarrasser de moi. Que pendant un an, alors qu'il avait été mis au courant de ce faux pas, il ne m'ait jamais parlé, jamais tancé. Que pendant un an, il m'ait menti, trahi méthodiquement, me souriant dans le même temps où il organisait mon éviction.

 

J'ai commis une faute ? Certainement. Qui n'en commet pas ? Lui a consenti à un coup bas. François Hollande est un faux gentil et un vrai méchant. Et je regrette infiniment que le fils d'ouvrier et d'immigré que je suis, qui s'est frayé, seul, un chemin dans la vie, ait pu être assimilé, même à tort, à l'image que vous évoquez.

 

Quant aux raisons de mon élimination, elles sont très claires : défenseur de la ligne politique du Bourget, j'étais devenu gênant au moment où le président avait décidé de faire son " coming-out " libéral ; l'ayant soutenu lors de la crise politique et intime de janvier 2014 - la rupture avec Valérie Trierweiler - , j'avais alors vu " le roi nu " et il ne supportait dès lors plus mon regard sur lui ; ayant participé au changement de premier ministre et ami personnel de Manuel Valls et Arnaud Montebourg, je l'ai payé. Et puis, il y avait la coalition des rancunes et des jalousies liguées contre moi. Cela faisait beaucoup. Trop, pour un seul homme.

 

  • Vous avez travaillé avec Emmanuel Macron à l'Elysée. Comment lisez-vous sa candidature à la présidentielle ?

 

C'est un homme intelligent et habile. Son ambition est grande et ancienne ; il croit en lui et en son destin, depuis longtemps. Il a une cohérence politique, celle d'un vrai libéral, de l'économie aux questions internationales, en passant par le social et le culturel. A ce titre, il est le fils spirituel de François Hollande. Nous verrons bien si ce libéralisme complet et assumé convaincra les Français. En tout cas, sa stratégie est claire : il parie sur l'effondrement prochain du " vieux monde " politique, et escompte apparaître alors comme " le " recours. Il joue du rejet profond que suscite le système politique actuel auquel il semble étranger aux yeux de nos concitoyens, en tout cas pour l'instant.

 

  • Soutenez-vous Arnaud Montebourg à la primaire ?

 

Mes convictions et mes amitiés sont connues et n'ont pas changé : je soutiens Montebourg car, comme des millions de Français de gauche, je suis resté fidèle à l'esprit et aux engagements du discours du Bourget.

 

Propos recueillis par, Bastien Bonnefous

 

© Le Monde

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 06:00
1 photo sortie de l’oubli, Robert Linhart, auteur de “L'Etabli” sort de son silence et me voici quai de Javel chez André Citroën…

La photo, vous l’avez sous les yeux, short, chemisette et tennis blanche, c’est ma pomme posant devant la deuche de mon père. Celle avec laquelle j’apprendrai à conduire sur le chemin de la Garandelière (la clé de contact était de jour comme de nuit enclenchée, et la 2CV garée sous le hangar ouvert à tous les vents).

 

Le XVe, l’arrondissement le plus grand, le plus peuplé et le plus triste de Paris… un quartier résidentiel comme on dit.

 

Et pourtant, au début du XXe siècle, en 1915, sur les bords de la Seine, quai de Javel, l’ingénieur André Citroën offre ses services au Ministère de la Guerre pour produire en grande série des obus qui manquent cruellement au front. En 3 mois l’usine est née et des millions de pièces y seront fabriquées jusqu’à l’armistice.

 

L’industrie de guerre ça rapporte et avec les capitaux accumulés Citroën se reconvertit dans l’automobile. André Citroën la connait bien puisqu’il avait été directeur des usines Mors 48 rue du Théâtre. Il créé la marque aux chevrons symboles d’un procédé d’engrenage qu’il a breveté. En 1912 il a visité les usines Ford et il sait que l’avenir est à la production de masse et non à l’artisanat.

 

La première voiture de la marque est la Type A produite à raison de 30 exemplaires/jour en 1919 et 100 l’année suivante. Citroën innove, lance de nouveaux modèles, créé un service de pièces détachées, lance le crédit acheteur, les tests qualités, investit dans la publicité : en 1925 la Tour Eiffel est transformée en panneau publicitaire et une forme moderne de sponsoring avec la traversée du Sahara et la Croisière Jaune…

 

En 1933, André Citroën, transforme son usine du quai de Javel en un outil moderne pouvant produire 1000 véhicules/jour. C’est de là que va sortir la mythique Traction avant qui lui causera avant bien des soucis techniques.

 

Mais les soucis financiers s’accumulent et en 1935 son principal créancier Michelin prend les rênes. Ce sera la 2 CV et la DS 19, elles aussi culte mais l’innovation ne paie pas et Citroën est absorbé par Peugeot en 1973.

 

La dernière DS sort en 1975 des chaînes de Javel qui sont transférées à Aulnay-sous-Bois. L’usine est détruite de 1976 à 1984 pour laisser la place en 1992 au Parc André Citroën.

 

Source : Souvenirs de Paris

 

Mais l’ex 60 huitard que je suis a lu le livre de Robert Linhart, L'établi, aux Editions de Minuit.

 

 

Les établis furent des intellectuels qui s’embauchèrent comme simple OS dans les usines.

 

« Dans cet ouvrage étincelant comme une pièce d’usinage, net et précis, l'intellectuel proche de Louis Althusser raconte son expérience de manœuvre à l’usine Citroën de la Porte de Choisy, en 1968. Tout y est dit de la pénibilité des tâches, de la violence du management, du racisme décomplexé, de l’anéantissement de la volonté individuelle ou encore de la psychologie de la grève. Ce témoignage, le fondateur du mouvement maoïste français a mis dix ans avant de l’écrire. »

 

« Robert Linhart étant toujours en vie, il fallait l’interroger. Or depuis une tentative de suicide, en 1981, le philosophe s'est réfugié dans le silence. Dans l’intimité, comme l’a raconté sa fille Virginie dans le passionnant Le jour où mon père s’est tu (Editions du Seuil, 2008), mais aussi dans la vie publique. Une seule fois, Laure Adler l’a convaincu de se confier à elle pour son émission Hors Champs, sur France Culture; allait-il la recevoir une nouvelle fois, lui que la maladie bipolaire tient à l'écart de la société ? Ce fut encore oui.

 

D’une voix affaiblie, l’homme raconte comment, tant d’années après, il continue de rêver de la cadence de production, qu’il « n’arrive pas à suivre ». Entre deux souvenirs, les silences paraissent longs comme le passé. Quand il s'agit de tirer les enseignements de ses années militantes, les affirmations se font chancelantes. « Est-ce que vous pensez que la révolution était une illusion ? » le bouscule Laure Adler, cruelle malgré elle. « Oui, enfin bon, répond dans un murmure l’ancien militant de la Gauche prolétarienne. La révolution… Y avons-nous cru vraiment ? Je ne sais pas. » Un aveu qu’on dirait sorti d’un songe...même si, il y a près de 50 ans, ce rêve lui semblait bien réel. »

 

Sami Frey lit "L'établi" de Robert Linhart ICI 

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 00:06
L’hommage posthume nouveau marqueur égotique de certains accrocs des réseaux sociaux…

Même avec la mort c’était mieux avant, je veux dire par là que selon les accrocs des réseaux les gens connus, les stars, les chanteurs, passaient moins l’arme à gauche qu’avant…

 

Plaisanterie mise-à-part, dès qu’une mort est annoncée, parfois faussement, c’est la ruée, non pas vers l’Ouest mais sur la citation qui vous pose un homme.

 

C’est simple comme Wikipédia ou Google : tu tapes citations de… et tu peux, comme la confiture, étaler ta science aux yeux de tes amis.

 

Les journalistes officiels sur Twitter sacrifient à la vitesse de la lumière à ce petit jeu. Grand bien leur fasse ce n’est pas ainsi qu’ils regagneront de la crédibilité tout comme la volaille politique qui, souvent par le truchement de community-manager plus ou moins inculte, fait de même.

 

Laissons-là ces « beaux cas », comme disait le vétérinaire de mon grand-père lorsqu’une vache vêlait en siège, pour redescendre au niveau du vulgum pecus.

 

Là, lors du décès de Michel Déon, un blogueur s’est surpassé en torchant vite fait bien fait une chronique sur le gaz Mort d'un immortel consistant à affirmer dans un maigre paragraphe que « Comme certains savent jouer au piano, d'autres jongler avec les chiffres, d'autres encore découper la viande, Michel Déon avait un métier, mais un métier qui ne s'apprend pas: écrire. Très vite, comme un hommage à cet immortel (bien au-delà de la Coupole) de la Littérature, j'ai attrapé sur le web un texte extrait d'un des romans qui lui survivront, Les gens de la nuit.

 

Lisons. »

 

C’est beau comme une bavette bien découpée.

 

Et toc un copié-collé et c’est emballé…

 

Michel Déon ne fait pas partie de ma bibliothèque pour des raisons qui sont miennes et qui, en l’occurrence, n’ont rien à voir avec les raisons qui ont poussé l’auteur de ces lignes à les publier.

 

Au temps où il vantait les mains calleuses de vignerons d’un village trou-du-cul du monde, avant de les vouer aux gémonies car en fait elles votaient Font National, j’ai écrit « lui se vivait comme un « hussard » à la Roger Nimier.

 

Ça lui avait plu car c’est ainsi qu’il se reconnaissait dans cette droite réactionnaire…

 

Alors cette chronique torchée n’est que le miroir qui reflète l’image qu’il veut donner de lui-même : un pourfendeur des bonnes consciences, un solitaire « talentueux » et mal aimé.

 

C’est beau comme l’antique.

 

Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Michel Déon : un Hussard et un mousquetaire par Jean des Cars Le Figaro.  ICI 

 

« On sait qu'il avait rejoint le mouvement littéraire dit des Hussards, galopant aux côtés de Roger Nimier et d'Antoine Blondin et autres talentueux pourfendeurs des bonnes consciences «intellectuelles» et de l'esprit de gauche qu'on respirait alors du côté de Saint-Germain-des-Prés. Anarchiste de droite, Michel Déon n'était pas réellement ni seulement un nostalgique. Il était, comme les Hussards, différent d'auteurs ayant droit aux honneurs. Et pourtant, comblé de grands prix, dont celui du roman de l'Académie française pour le fameux «Taxi mauve» en 1973, il n'arrêtait pas d'écrire en voyageant et de voyager en écrivant, suivi par un public de plus en plus vaste. Il rejoignait Paul Morand quand il m'expliqua, d'une manière lumineuse, comment Londres est une ville exotique. Il savait voir, raconter, décrire la nature, les sentiments. Beaucoup de ses admirateurs et lecteurs furent surpris qu'il se présente à l' Académie française. N'était-ce pas une concession au conformisme qu'il avait combattu et qu'il avait fui? Il fut élu au fauteuil de Jean Rostand. Michel Déon passait pour un pessimiste. En réalité, il était lucide et plein d'humour. A Spetsai, alors que nous buvions un inévitable ouzo sur le port, voyant des pêcheurs qui, dangereusement, étaient tous sur le même côté d'une barque vacillante, il me dit: «Vous voyez, contrairement à ce qu'on croit, les Grecs ne sont pas un peuple de marins!».

 

L'illustration titre est tirée de Causeur feuille de chou de la droite dites décomplexée, il s'agit de Roger Nimier amateur de grosses cylindrées

On aurait tort d’avoir tort avec Sartre

Pour le cinquantenaire de la mort de Nimier, plusieurs livres font revivre « l’esprit hussard »

 

Le 28 septembre 1962, Roger Nimier meurt dans un accident de voiture, avec la blonde romancière Sunsiaré de Larcône, alors qu’ils se rendaient dans la maison de campagne des Gallimard. En plus de la photo de son cadavre dans Paris Match, Nimier aura droit à quelques nécrologies fielleuses : il a eu ce qu’il méritait. Pour certains, les « hussards » ne sont qu’une invention de Bernard Frank qui, dans Les Temps modernes, a sonné la charge contre une poignée d’écrivains : Roger Nimier, Jacques Laurent et Antoine Blondin − Michel Déon venant s’ajouter plus tard à la fine équipe. Leurs torts sont multiples : ils aiment la vitesse, l’alcool et les jeunes filles. Ils n’écrivent que pour divertir. Ils ont un certain succès. Ils sont de droite. Si Frank se moque, en dilettante, de cet art de vivre qui est pourtant le sien, Sartre, lui, a des comptes à régler. Jacques Laurent l’épingle dans Paul et Jean-Paul, un pamphlet qui fait mouche et qui fait rire, car assimiler le penseur révolutionnaire à Paul Bourget, incarnation XIXe de la bien-pensance bourgeoise, il fallait oser !

 

 

 
En 2017, je m’autocélèbre sur Twitter

 

Grâce au retweet, les orgueilleux peuvent s’exprimer en toute liberté, via leurs admirateurs. Une pratique courante pour assurer sa communication.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 

Le message est apparu sur le fil Twitter du prochain président des Etats-Unis, après sa victoire : « Félicitations à Donald Trump élu par le collège des grands électeurs ». Non content d’avoir remporté l’élection présidentielle, Donald Trump a besoin de retweeter l’hommage de son numéro deux, Mike Pence. Il fut longtemps d’usage de répondre à un compliment par un excès de modestie invraisemblable (« C’est rien, j’ai juste eu de la chance »), voire par un simple merci. Les réseaux sociaux permettent de crier à tous ceux qui nous entourent : « Vous avez entendu ce qu’on vient de me dire ? » Le retweet a mis l’autocélébration à portée de tous les ego.

 

Voilà des gens habitués au succès se comportant sur les réseaux sociaux comme des blogueuses de mode étourdies par le succès. C’est Marc Levy qui retweete l’avis d’un lecteur inconnu sur son dix-septième roman : « Je viens de finir L’Horizon à l’envers, magnifique. » « Brillantissime Raphaël Enthoven ce matin », retweete le professeur de philosophie, animateur sur Europe 1, en toute simplicité. « Nagui et Michel Cymes animateurs préférés des Français », retweete Nagui. « Criant de profondeur ce poème de Frédéric Lefebvre », recrie Frédéric Lefebvre, député (LR) des Français de l’étranger, ancien ministre de Nicolas Sarkozy« Votre livre, Joan Sfarr, est bouleversant. Merci. », retweete Joan Sfarr, bouleversé. Le compliment retweeté, c’est le selfie de l’écrivain.

 

La suite ICI


 
 

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 06:00
Les pépites Clos Rougeard/ Bonneau du Martray et les scories des vins AOC : le début de la fin de l’illusion de l’exploitation familiale…

De tous les coins de l’hexagone, qui sait encore combien il y en a, montent des cris d’horreur, la peur s’emparent des chroniqueurs, pensez-donc deux pépites de nos belles AOC blindées de typicité le Clos Rougeard 11 ha à Saumur et Bonneau du Martray 11 ha en Bourgogne, vont quitter les braves mains de l’exploitation familiale(les frères Foucault et la famille Le Bault de La Morinière depuis 200 ans) pour tomber dans l’escarcelle, comme l’aurait dit feu Georges Marchais, entre les mains du grand capital : Martin Bouygues béton&téléphon pour le premier, et Stanley Kroenke, riche homme d'affaires américain qui a construit une partie de sa fortune dans l'agriculture et qui possède des participations dans plusieurs équipes de la NBA, principal actionnaire du club de football d'Arsenal au Royaume-Uni. « Il possède surtout, en Californie, l'un des plus grands vins de la Napa, Screaming Eagle, dont chaque millésime est délivré au compte-gouttes à des clients priés de réserver leur allocation des mois à l'avance. Il possède également en Californie les domaines Jonata et The Hilt. »

 

Pourquoi ?

 

À priori pour régler ou anticiper des problèmes de succession… je ne connais pas le fond des deux transactions sauf que dans le cas de Bonneau du Martray il s’agit d’une prise de participation majoritaire dans le capital et pour Clos Rougeard d’une vente de propriété pure et simple.

 

J’entends à nouveau monter les lamentations et surtout la fureur des chroniqueurs : tout ça c’est la faute au grand prédateur fiscal qu’est l’État français.

 

Je suis tout prêt à en convenir, les droits de succession obligent souvent les familles à vendre pour satisfaire le financement des parts des héritiers non exploitants.

 

Cependant, je me permets de faire remarquer que les choses ne sont pas aussi simples :

 

  • Dans une vente il y a bien sûr deux parties, ce qui a pour conséquence que le ou les vendeurs cherchent à valoriser au mieux leur bien et qu’ils se tournent vers ceux qui peuvent satisfaire leurs exigences. Les bons sentiments et le reste n’ont guère de prise sur cette dure réalité.

 

  • Et là, en fonction de la notoriété commerciale du cru, intervient la valeur foncière, gros mot par excellence mais qui, si je puis l’écrire, n’est qu’un plancher, l’acheteur, et dans les 2 cas c’est le cas, est prêt à aller bien au-delà pour emporter l’affaire.

 

  • Alors, le transfert ne se fera plus de famille à famille, il y a belle lurette que c’est le cas à Bordeaux, mais en direction de mains capitalistiques pour qui, rapporté à leurs moyens financiers, cet achat représente l’épaisseur du trait.

 

  • N’oublions pas, qu’à St Emilion, le classement à la mode d’Hubert avait pour objectif principal de booster la valeur du foncier des propriétés du haut du panier. Là, c’est un peu le pompier pyromane…

 

  • Rappelons aussi comment Bernard Arnault a exfiltré Mr de Lurs Saluces d’Yquem avec la complicité des nombreux ayants-droits et plus modestement comment François Des Ligneris dû baisser pavillon face aux exigences de ses sœurs.

 

  • Y’ a aussi les SAFER, mais que peuvent-elles ou que veulent-elles vraiment ? Aux professionnels qui les dirigent de nous le dire.

 

  • Quantitativement ces quelques hectares ou ouvrées ne vont pas changer la face du monde du vin en France et il faut savoir raison garder. Les acquéreurs ne vont pas tuer la poule aux oeufs d'or.

 

Mais, même si tout ne fout pas le camp, il est tout à fait légitime de se poser la question : Que faire donc face à cette règle d’airain de la concentration entre quelques mains des plus belles pépites, qui prévaut depuis toujours et partout dans le monde des affaires ?

 

À l’époque où j’occupais un fauteuil sous les ors de la République, alors que les prix des terres n’avaient pas encore été saisi par la folie des grandeurs, j’avais demandé à la CNAOC et à son président de l’époque : Mr de Lambert, propriétaire du château de Sales le plus étendu de Pomerol, d’entamer une réflexion sur ce sujet.

 

Des solutions pour éviter de vendre la propriété en cas de succession il en existe dans le droit actuel, je ne vais entrer dans le détail du droit des sociétés (Bonneau du Martray en est une), mais si l’on souhaite innover en matière d’exploitation familiale on se heurte très vite à la réalité de ce qu’elle est, car les biens servant à l’exploitation sont des biens personnels.

 

C’est donc la quadrature du cercle, chacun reste sur des positions de principe, car étant donné l’hétérogénéité économique des exploitations familiales, une petite minorité assise sur un tas d’or potentiel, et le reste qui n’a rien à envier aux autres exploitations agricoles, au nom de l’égalité de traitement cher au Conseil Constitutionnel, je ne vois pas de solutions juridiquement applicables.

 

Que faire alors face à un tel blocage ?

 

Sortir de l’illusion, regarder la réalité bien en face, arrêter de se bercer d’illusions, de se raconter de belles histoires, pour aborder ce que sont réellement nos fameuses AOC-IGP, les viticulteurs et les vignerons qui en constituent la pâte humaine, et réfléchir, anticiper, sur la nouvelle donne économique, commerciale et sociale.

 

Les deux ventes évoquées, qui ne touchent qu’une poignée d’hectares survalorisés, ne sont que les symptômes de l’accélération de changements profonds. D’un côté les pépites, de l’autre les scories de nos AOP-IGP bradées à deux balles dans la GD, avec certes entre les deux des vignerons qui s’en sortiront et avec qui il serait urgent d’élaborer un droit adapté à leur situation.

 

Choisir !

 

Ce n’est qu’un vœu de ma part, c’est l’époque, je ne suis plus qu’un observateur engagé, qui a, en son temps subi la loi des yaka et des faukon, l’inertie des dirigeants et des gens de pouvoir, mais qui, au travers de son petit espace de liberté, perçoit des signaux à bas bruit qu’il faudrait cesser de traiter par le mépris.

 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 06:00
Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…

« Il fut un temps où l’Auvergne était à la mode. On venait prendre les eaux dans des stations thermales toutes neuves, jolies comme des pâtisseries, posées sur la vieille montagne du Massif Central. On s’était aperçu qu’en plus des volcans et du saint-nectaire, la région produisait de l’eau miraculeuse. Il en jaillissait de partout, de chaque recoin de vallon, de chaque sommité volcanique. Mille sources gorgées de soufre, de chlorure de sodium, de bicarbonate, de cuivre, de calcium, de fer et d’arsenic. Mille bouillons chimiques venus des entrailles de la terre, et capable de soigner l’intestin, les bronches et les reins, la peau et les allergies. »

 

Ça avait commencé dès le Second Empire…

 

« … les demoiselles un peu trop pâlottes et les messieurs congestionnés partaient illico à Vichy. À la Belle Époque, on se rendait à Royat-Chamalières, Néris-les-Bains ou Bourbon-l’Archambault. Les dames portaient des corsets, des bottines lacées et des ombrelles. Les messieurs, des vestons et des montres à gousset. On croisait Sacha Guitry et Buster Keaton à La Bouboule, Sarah Bernhardt à Royat-Chamalières, Marcel Proust au Mont-Dore, Maupassant à Châtel-Guyon, pour ne rien dire des têtes couronnées. Bien avant Saint-Tropez, Gstaad ou Ibiza, le gotha mondain se pressait dans le Puy-de-Dôme. »

 

Mais il y eu Giscard, son accordéon et surtout Danièle Gilbert.

 

Je plaisante bien sûr, mais les stations thermales sont quasi-tombées dans l’oubli…

 

Par bonheur, il y eut Patrick Bouju !

 

Mais avant lui, Jean-Louis Murat chanta :

 

Les enfants forment une ronde

Les monos sont jolies

Allez suer belles têtes blondes

Aux thermes de Choussy

Allez soigner à l’arsenic

Vos souffles affaiblis

L’air est si doux dans la bruyère

Au mont Sans-Souci.

 

La Bourboule, au temps de ma jeunesse, fut la plus importante station thermale de France pour enfants, on y soignait l’asthme. Murat y est né et n’habite pas loin. Le mont Sans Souci se dresse à la sortie de la ville.

 

Sa chanson Au mont sans-Souci sur l’album Mustango fait partie de mon petit bagage musical.

 

Source : Tour de France des villes incomprises Vincent Noyoux 

Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…

Et puis vint le vin de Patrick Bouju.

 

Est-ce un vin de punk ?

 

Une spécialiste caviste, blogueuse, qui écrit aussi dans la presse répond à cette question.

 

PUNK ET VINS : ANARCHIE DANS LE VIGNOBLE

 

Sandrine Goeyvaerts 1 Juillet 2016 

 

La Bohême, c’est le domaine de Patrick Bouju se répartit entre trois communes, Égliseneuve-près-Billom, Chauriat et Corent car selon ses convictions, il est « à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme »

 

Que dit Patrick ?

 

« Les vignes sont morcelées car je suis à la recherche des meilleurs terroirs connus ou oubliés du Puy-de-Dôme.

 

Ce sont en majorité de vieilles vignes avec des densités de plantation élevées (10000 pieds/ha) et la doyenne a 116 ans.

 

Ces vignes sont d’une biodiversité étonnante, on trouve de multiples cépages, comme le Limberger, le Mirefleurien, gamay Fréau, gamay de Bouze et de multiples variétés de gamay à petit grain ou gros grain.

 

En ces périodes d’uniformisation, ces cépages sont une richesse inestimable.

 

Ces vignes sont cultivées avec un grand respect de la nature. Les vignes sont enherbées.

 

Pour les traitements, j’utilise des produits à base de cuivre et de soufre ainsi que des extraits fermentés de plantes ou des tisanes comme l’ortie, la prèle, la consoude pour renforcer les défenses naturelles de la vigne.

 

Je n’utilise pas de désherbant ni de produits chimiques de synthèse.

 

La majorité des travaux à la vigne se fait manuellement. Dans mes vins, il y a du raisin et de la sueur... »

Hier les bourgeois venaient prendre les eaux en Auvergne, maintenant les bobos y prennent leur vin chez Patrick Bouju…
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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 09:00
Appel à François Audouze : cherche absolument 1 flacon d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux…

C’est une bouteille à la mer, une bouteille de vin ancien, que je jette dans le flot ininterrompu de la Toile, en espérant que, sur le flamboyant paquebot de l’Académie des Vins Anciens, son pacha François Audouze, me déniche un flacon introuvable.

 

Je m’explique :

 

 

  • un lecteur attentif me pose la question à propos des vins accompagnant les mets de ce repas cérémoniel : l’Alrokan c’est quoi ?

 

  • ignorant je me précipite sur la Toile et là c’est la diète, sauf qu’en fouinant je découvre ce texte de François Audouze :

 

Académie des vins anciens

 

mardi, 8 août 2006

 

Jean-Philippe Durand, invité à passer quelques jours dans notre maison du Sud, décide de prendre en mains le dîner de ce soir. Ma femme a dû regarnir la maison d’une tonne de nouveaux matériels sophistiqués pour mixer, mélanger, hacher, concasser. Entre deux séances de tennis, Jean-Philippe prépare ses sauces, hume les évolutions. La cuisine d’été est envahie d’assiettes diverses garnies d’ingrédients qui auront, à l’heure prévue, leur utilité. Mon gendre prépare le barbecue qu’il va faire fonctionner au petit bois, sans autre apport.

 

« Dans les grands dîners, j’aime toujours ajouter des vins inconnus. Plus inconnu que celui-là, je ne vois pas, car imaginez ce nom : Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux 1964, Mr Bossetti à La Rochelle. La bouteille est belle, avec une étiquette sobre passe-partout. Le liquide est joliment doré d’un jaune discret. Le nez est calme. La bouche est prudente. Je ne m’attendais évidemment pas à trouver un goût d’Yquem. Mais sur un roquefort artisanal, le vin s’ébroue avec intelligence, et sur une poêlée de mangues au gingembre, le vin devient charmant. Mission accomplie. »

 

Rien d’autre !

 

C’est frustrant, pas de photo, et bien sûr pas de possibilité de trouver un flacon de cet Alrokan qui manifestement n’est plus sur le marché.

 

Après une nuit de réflexion je me suis dit : puisqu’en 1960, vu ton âge : 12 ans, tu n’as pu goûter cet Alrokan, alors si tu veux tremper tes lèvres dans ce nectar il ne te reste plus qu’une seule solution, te tourner vers le sieur Audouze afin qu’il te le déniche.

 

Comme je me doute bien que, chaque matin, Françoise Audouze, avant son petit déjeuner, ne se précipite pas sur son ordinateur pour « déguster » mes chroniques, c’est pour cela que je lance cette chronique sur la Toile.

 

Bien évidemment, si l’une ou l’autre de mes fidèles lecteurs peut me dénicher une bouteille d’Alrokan grand vin moelleux, Bordeaux… je suis preneur.

 

Merci par avance… à tous…

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:00
« La pasta, est le mode d’expression le plus abouti du néo-réalisme italien… » signé le critique gastronomique masqué.

Les cuisines ouvertes sur la salle des restaurants contemporains permettent à des zozos comme moi de se muer dans la peau de nos éminents critiques gastronomiques qui adorent faire des phrases.

 

Le texte qui suit est la transcription à ma sauce d’un texte parodique d’un célèbre cinéaste dont je vous laisse le soin de découvrir l’identité.

 

« Les fettucine de Roberto Rossellini, bien que plissées d’une façon diabolique, doivent beaucoup à Luchino Visconti, dont l’utilisation des fettucine comme instrument du progrès social est universellement connue.

 

La différence réside dans le fait que chez Visconti, le client est fondé à espérer des fettucine blanches, et les obtient. Ici, chez Rossellini, il se voit servir des fettucine vertes. Pourquoi ? Tout cela semble gratuit. En tant que consommateurs, nous ne sommes pas préparé au changement car comme l’écrivit Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change »

 

Désormais la nouille verte ne nous amuse plus. Elle nous déconcerte d’une façon non préméditée par le chef. Les lasagne, en revanche, sont parfaitement délicieuses sans être le moins du monde didactiques. À vrai dire, il y réside un sournois relent marxiste, mais qui est dissimulé par la sauce. Rossellini a milité des années durant dans les rangs du Parti communiste italien, et s’est révélé par l’inclusion subtile de son marxisme dans ses tortellini.

 

J’ai commencé mon repas par un antipasto, qui me sembla de prime abord dénué d’intérêt, mais qui, lorsque je découvris les filets d’anchois, me devint plus clair. Rossellini tentait-il d’exprimer que la vie entière était symboliquement représentée dans ce hors-d’œuvre d’anchois allongés où les olives noires évoquent incoerciblement la mort ?

 

Mais où se trouvait donc le céleri ?

 

L’omission était-elle délibérée ?

 

Chez Vittorio De Sica, l’antipasto est entièrement constitué de céleri. Mais De Sica est un extrémiste. Il entend attirer l’attention sur l’absurdité de la vie. Qui pourrait oublier ses scampi : quatre crevettes fourrées à l’ail disposées de façon à en dire plus long sur notre intervention en Irak que les innombrables livres sur le sujet ?

 

Aujourd’hui, ce plat est insipide auprès de la piccata de Pasolini, une saisissante tranche de veau attachée à un drapeau noir. Pasolini s’exprime toujours mieux dans le veau que dans le poisson ou le poulet.

 

Rossellini, à l’encontre de ces chefs d’avant-garde, va rarement jusqu’au bout de ses idées. Il hésite, comme dans ses spumoni, et quand ils arrivent à table, ils sont ramollis.

 

Avant sa psychanalyse, Rossellini, qui avait la phobie des coquillages, répugnait à les sacrifier de façon barbare, eut toutes les peines du monde à réaliser des spaghetti vongole.

 

Chez lui, la touche artistique réside dans son poulet désossé à la Parmigiana. L’intitulé est au deuxième degré, puisqu’il a fourré le poulet de petits os supplémentaires, comme pour signifier que la vie ne doit pas être consommée trop vite ou sans précaution. L’obligation d’ôter constamment de petits os de sa bouche et de les déposer sur l’assiette donne au repas une sonorité mystique.

 

On est obligé alors d’évoquer Webern qui semble ressurgir à tout instant dans la cuisine de Rossellini. Gérard Depardieu, parlant de Stravinsky, suggère un intéressant rapprochement entre l’influence de Schoenberg sur les salades de Rossellini, et l’influence de Rossellini sur le Concerto en ré pour cordes de Stravinsky. À cet égard, le minestrone est un superbe exemple d’atonalité. Accompagné tel qu’il est de croûtons aillés et de petits morceaux de légumes, le dîneur, quand il le boit est obligé de faire des bruits harmonieux avec la bouche.

 

Ces accords sont disposés selon un rythme précis, et se répètent dans un ordre immuable. La première fois que suis allé dans son restaurant, deux clients, un jeune garçon et un gros homme, mangeaient leur soupe à l’unisson, et l’émotion fut telle qu’ils reçurent une vibrante ovation. Comme dessert, nous eûmes des tortoni, ce qui me rappela cette remarquable phrase de Leibnitz : « Les monades sont des fenêtres. » Quelle lucidité ! Les prix chez lui, sont, ainsi que me le dit un jour Hannah Arendt, « raisonnables sans être historiquement inévitables ». Je souscris à ce jugement. »

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 06:00
Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Même si je suis un mécréant, je suis bardé de tous les certificats de l’Église de Rome : le baptême, la petite communion dites privée, la grande communion dite solennelle et j’ai été confirmé par Mgr Cazaux évêque de Luçon, l’ex de Richelieu dit le plus crotté de France.

 

Enfant de chœur, même boss des enfants de chœur : porter la croix, balancer l’encensoir, porter le seau du goupillon, poser la chape sur le dos du curé pendant les Vêpres, baptême, mariage, enterrement, messe du matin, grand-messe du dimanche, chemin de croix du Carême, périple à travers champs pour les Rogations, Fête-Dieu avec pétales de fleurs… J’en passe et des meilleures.

 

La Totale.

 

Pour couronner le tout depuis la Maternelle au Secondaire en passant par le Primaire, je suis un pur produit de l’enseignement catholique : les petites sœurs de Mormaison et les Frères de St Louis Grignon de Montfort.

 

Parcours sans faute qui me permet de crier camembert à l’engeance qui nous gonfle avec sa France aux racines chrétiennes.

 

Et alors, c'est 1 grande part de notre Histoire mais pas que !

 

J’en reviens à mes communions. Pour vous en parler rien de mieux que le journal La Croix. ICI

 

En dépit de mon parcours sous la protection de l’Église j’ai toujours été très désinvolte avec la pratique, surtout avec la confession avec la question rituelle du curé sur le péché de chair « seul ou avec d’autres… »

 

Je vais donc à partir de 2 photos faire quelques commentaires :

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la première, celle de ma petite communion, prise devant la maison du Bourg-Pailler, je porte un blazer bleu marine sur culottes courtes, œuvre de ma couturière de mère, un nœud papillon tenu par une élastique (très Pax quoi), des gants blancs symbole de ma pureté. À l’avant-bras gauche je porte mon chapelet de communion. Dans ma main droite je tiens une couronne de fleurs naturelles car aux Vêpres nous chantions :

 

Prends ma couronne, je te la donne.

 

Au ciel n'est-ce pas, tu me la rendras (bis)

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard

Sur la seconde, celle de ma communion solennelle, prise à l’entrée du jardin, je porte une aube blanche, une croix en bois et je tiens le missel que l’on m’a offert avec mon nom gravé à l’or sur la couverture. Aux pieds ma mère avait poussé le détail jusqu’à m’acheter des chaussures blanches. À ma gauche, Berthe ma mère puis ma marraine Gaby épouse du frère de maman Philbert Gravouil. À ma gauche, la tante Jeanne, sœur de maman et surtout ma cousine Maryse qui m’a beaucoup appris des choses de la vie. Que des femmes !

 

Enfin, le menu :

 

Je vous laisse le découvrir mais vous pourrez constater qu’à la maison on ne lésinait pas sur le nombre de plats et des vins.

Le menu de ma Communion solennelle le 5 juin 1960 à la Mothe-Achard
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