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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 06:00
Non avec le vin de France le vin de table ne prend pas sa revanche n’en déplaise à ceux qui pensent que l’histoire commence avec eux…

J’en appelle à la mémoire de mon ami languedocien Jeff Coutelou pour remettre le fameux vin de Table, quasi-mort et enterré, en perspective.

 

Même si ça fait vieux con, j'assume mon humeur !

 

Le vin de table à l’ancienne est quasi-mort, sans fleurs ni couronnes, et l’irruption du Vin de France dans le paysage ne procède en rien de ce qu’il fut.

 

Il ne s’agit en rien d’un nouveau nom de baptême pour le vin de table mais d’une nouvelle approche du vin popularisée par une nouvelle génération de vignerons qui ne trouvent pas leur compte dans les catégories existantes et qui se sont engouffrés dans un espace de liberté.

 

Les derniers consommateurs de ce qu’on appelle dans le jargon communautaire : les vins sans indication géographique ex-Vin de table n’ont rien à voir avec les licheurs de Vin de France.

 

Certes, « Cette catégorie de vins plaît beaucoup à l’international », se réjouit Valérie Pajotin, directrice de l’Association nationale interprofessionnelle des vins de France. « Elle a été rebaptisée dans ce but, car le nom de notre pays est à lui seul une référence. Et puis il s’est passé quelque chose de singulier : les vignerons y ont vu un espace de liberté, un refuge pour des vins atypiques absents des appellations classiques. »

 

Mais là aussi nous sommes loin des vins à 2 balles qui constituaient la masse des vins populaires chers à Roland Barthes.

 

La catégorie Vin de France est, comme son nom l’indique, une dénomination géographique alors que dans le fourre-tout des VSIG il est possible de tout mélanger.

 

Vous me direz c’est compliqué. J’en conviens, mais les Français adore classer, constituer des catégories…

 

Ce qui prime, et c’est une réelle novation, même une révolution dans la conception française, avec le Vin de France c’est la notion d’espace de liberté. Pas celle de faire n’importe quoi, mais le retour à la main du vigneron tout au long de la chaîne production et vente.

 

Le vin de Table, avec ses marques moquées : Préfontaines, la Villageoise, le vin des Rochers (le velours de l’estomac), Kiravi, était un vin de négociant, ce qui n’est pas forcément un péché mortel mais change l’approche du vin.

 

Ce qui me plaît dans les Vins de France de vignerons parfois rebelles c’est leur approche de la vigne et du vin. Ils sont parfois raillés par les dominants parce qu’ils sont les promoteurs des vins dit nature mais par-delà ces débats, pas toujours bien argumentés, ce qui est fort et intéressant c’est cette nouvelle proximité très éloignée des grosses machines à vendre le vin.

 

Ils ne sont donc pas les fils des vins de table, ils n’ont recueilli aucun héritage, bien au contraire, et ils n’offrent à ce quasi-défunt aucune revanche. Ceux qu’ils emmerdent, permettez-moi l’expression, ce sont les tenants du tout AOC à deux balles. Ben oui, les Vins de France au Lapin Blanc comme chez Philippe au Lieu du Vin bataillent dans la catégorie allant de 10 à 30 euros ce qui n’a rien à voir avec le jaja en litres 6 étoiles que j’embouteillais à la SVF.

 

Voilà c’est dit, pour ceux qui veulent bien accepter que le monde ne commence pas avec eux, remettons l’Histoire à l’honneur. Ça aide à comprendre je vous l’assure.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, en France on vénère les catégories.

 

Nos aïeux inventèrent les AOC sous la houlette du baron Le Roy avec un Institut : l’INAO, les VDQS Vins Délimités de Qualité Supérieures pour faire plaisir à Philippe Lamour et dénommèrent les autres vins sans particules : V.C.C. Vins de Consommation Courante avec son Institut l’IVCC.

 

Et puis vint le Marché Commun où nos hauts fonctionnaires imposèrent, dans ce que l’on nommait les OCM, notre classification. À cette occasion les VCC changèrent de nom et devinrent les Vins de Table. Jacques Chirac après les évènements de Montredon créa l’ONIVIT : l’office des vins de table. Les vins d’AOC et VQPRD entrèrent dans un sac dénommé VQPRD : vin de qualité produit dans une région déterminé.

 

Mais l’irruption de nos amis italiens dans le jeu des vins populaires, en substitution des vins de l’Algérie perdue, imposa le coupage économique et une catégorie émergea : les VDPCE les vins de différents pays de la Communauté.

 

Très sexy comme dénomination et surtout accueillant des jajas assez abominables. Bref, jusqu’au jour où les Italiens eurent la bonne idée pour renforcer leur piquette d’ajouter du méthanol. Résultat : quelques morts dans la Péninsule. Alors, apparurent les Vins de Table Français.

 

Entretemps étaient apparus les vins de pays, qui pouvaient être de département : l’Hérault par exemple, de petite région : vin de pays des collines de la Moure par exemple et enfin ceux de grandes zones, qui se développèrent suite aux accords de Dublin qui pénalisaient les hauts rendements par une distillation obligatoire, avec un poids lourds les Vins de Pays d’Oc.

 

Mais la chute du vin populaire inexorable n’ouvrait qu’une seule voie celle de la dénomination, avec une voie royale celle de l’AOC et une autre peu valorisante celle des Vins de Pays.

 

Et puis les barbares du Nouveau Monde débarquèrent avec leurs vins de cépages bouleversant le paysage à l’exportation où ils nous taillèrent des croupières.

 

Un Ministre, ça arrive, s’en émut.

 

Ça donna lieu à une vraie réflexion stratégique qui déboucha sur un document Cap 2010 le défi des Vins Français.

 

« Notre ambition est toute autre ; nous voulons tirer le meilleur parti de notre antériorité, de notre tradition, tout en innovant sur les segments les plus porteurs ; nous voulons être créateurs de vins à vivre pour nos clients présents, de vins bien dans leurs baskets pour les nouvelles générations ; nous voulons une fois pour toute dire à ceux qui sont en charge de la chose publique que le vin, que nos vins, sont des produits de civilité, de convivialité, de bien vivre ensemble et que nous sommes tout autant qu’eux soucieux de la santé publique, de la sécurité de nos concitoyens. »

 

Je vous passe les détails du document mais il déboucha au plan communautaire sur une nouvelle classification : AOP - IGP - VSIG soit nos ex-AOC –VDQS, nos vins de pays et nos vins de table.

 

Mais, dans ce document stratégique les auteurs appelaient de leur vœu l’émergence d’un espace de liberté qu’ils dénommèrent prudemment vin des cépages de France.

 

Et c’est ainsi, malgré les tirs de barrage des maîtres du jeu il fut créé, sous l’impulsion d’un certain négoce, une dénomination Vin de France pour justement démarquer des vins qui n’étaient pas les héritiers des anciens vin de table.

 

Le plus drôle dans cette histoire c’est que ce sont des vignerons iconoclastes ou rejetés qui ont créé la notoriété de cette nouvelle dénomination voulue par le négoce…

 

En fait, le Vin de France est un superbe pied-de-nez à la banalisation des A.O.C sous la forme de signes de qualité. Quelle qualité ? C'est le fond d'un débat que rejettent les dominants de l'I.N.A.O dans les 2 comités A.O.P et I.G.P... 

 

Rappelons qu'autrefois on déclassait les vins d'AOC en Vin de table alors qu'aujourd'hui certains producteurs d'AOC choisissent la catégorie Vin de France, ça fait une sacrée différence, non !

 

Actualité

Entre producteurs de vins du Languedoc-Roussillon et producteurs de vin Espagnols, la tension monte. Hier, les producteurs de vins de pays d'Oc ont dénoncé une concurrence ibérique déloyale.

«Le phénomène d'entrée de gros volumes espagnols en grande distribution en France est très spectaculaire depuis deux ans sur les vins premiers prix et se renforce», a expliqué Florence Barthès, directrice du syndicat des producteurs de vins d'indication géographique protégée (IGP) Pays d'Oc qui tenait hier son Assemblée générale à la Grande Motte (Hérault).

«Les coûts de production et la fiscalité française ne permettent pas à la France de produire des vins sans indication géographique (ex-vin de table) à bas prix», souligne-t-elle, expliquant que «de ce fait, la grande distribution (…) s'est tournée vers un approvisionnement espagnol».

 

La revanche du vin de table : 
M LE MAGAZINE DU MONDE | 
 
 

 

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:00
Les lignes frontalières « des millions d’hommes sont morts à cause de ces lignes » Georges Pérec…

Les migrants !

 

Qu’est-ce qu’une frontière ?

 

Une ligne tracée par la main de l’homme !

 

Qui se souvient de la ligne Oder-Neisse ?  

 

Et le rideau de fer ?

 

L'expression « Rideau de fer » a été popularisée par Winston Churchill lors d'un discours prononcé le 5 mars 1946 à Fulton (USA) lorsqu'il a déclaré que « un rideau de fer s'est abattu sur le continent européen de Stettin à Trieste »

.

Et celle tracée par les accords Skype-Picot au Moyen-Orient ?

 

« Malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, la France et la Grande-Bretagne découpent ainsi le Moyen-Orient : une zone rouge formée par la Mésopotamie est sous administration directe de la Grande-Bretagne tandis que la France s’approprie une zone bleue comprenant le Mont-Liban, la côte syrienne et la Cilicie. La Palestine est pour sa part internationalisée, Jérusalem étant une ville sainte pour les trois monothéismes.

 

Pour le reste, les Etats arabes indépendants gérés par les Hachémites sont partagés en deux zones d’influence et de tutelle : la zone A au nord revient à la France et la zone B, au sud, à la Grande-Bretagne. Cent ans plus tard, à l’exception de la Palestine et de la Transjordanie devenue Jordanie (la déclaration Balfour de novembre 1917 prévoyant la création d’un Foyer national juif), les lignes créées par les accords Sykes-Picot sont toujours en place, tant bien que mal. « Ces découpages territoriaux ont été d'une importance capitale puisqu'ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d'accès à la mer, l'identité de ses voisins*. »

 

Tim Ingold, anthropologue anglais, dans son livre : Une brève histoire des lignes écrit :

 

« Comment pourrait-il avoir des lieux si les hommes ne se déplaçaient pas ?

 

La vie sédentaire ne peut pas engendrer d’expérience du lieu, donner le sentiment d’être quelque part. Pour être d’un lieu, il faut que tous ces « quelque part » se retrouvent sur une ou plusieurs trajectoires de mouvement qui proviennent ou s’orientent vers d’autres lieux.

 

… nous passons notre vie, non seulement dans des lieux, mais aussi sur des chemins. Or les chemins sont en quelque sorte des lignes. C’est aussi sur des chemins que les individus se forgent un savoir sur le monde qui les entoure, et le décrivent dans les histoires qu’ils racontent.

 

C’est pourquoi le colonialisme ne consiste pas tant à imposer une linéarité à un monde non linéaire qu’à imposer sa ligne au détriment d’un autre type de ligne. »

 

[…]

 

« Suivre un trajet est, je crois, le mode fondamental que les êtres vivants, humains ou non humains, adoptent pour habiter la terre. L’habitation ne signifie pas selon moi le fait d’occuper un lieu dans un monde prédéfini pour que les populations qui y arrivent puissent y résider. L’habitant est plutôt quelqu’un qui, de l’intérieur, participe au monde en train de se faire et qui, en traçant un chemin de vie, contribue à son  tissage et à son maillage. Même si ces lignes sont généralement sinueuses et irrégulières, leur entrecroisement forme un tissu uni aux liens serrés. »

 

[…]

 

« Mais il y a eu des époques où les puissances impériales ont tenté d’occuper le monde habité, en jetant un réseau-filet [network] de connexions sur ce qui à leurs yeux, ne ressemblait pas à un tissu de pistes mais à une surface vierge. Ces connexions sont des lignes d’occupation. Elles facilitent le passage d’homes et de matériel vers les sites de peuplement et d’exploitation, et assurent l’acheminement en retour des richesses qui y ont été extraites. Contrairement aux chemins tracés par des pratiques de trajet, ces lignes sont contrôlées et construites en prévision de la circulation qui va y passer. Elles sont généralement droites et régulières et lorsqu’elles se croisent, c’est en des points nodaux qui symbolisent une forme d’autorité. Tracées à travers champs, elles font généralement comme, par exemple, une route nationale, une voie de chemin de fer ou un gazoduc coupent les routes secondaires que les hommes et les animaux fréquentent dans les peu de cas des lignes d’habitation qui ont été tissées dans le pays ; elles les coupent découpant la surface occupée en plusieurs blocs de territoire. Ces lignes frontières, plutôt construites pour contenir le mouvement que pour le faciliter, peuvent sérieusement perturber la vie des habitants dont les chemins croisent ces dernières. Comme l’a écrit Georges Perec, « des millions d’hommes sont morts à cause de ces lignes » (Perec, 1974, p.147). »environs. Les lignes d’occupation relient des points, mais elles divisent également,

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 09:55
Jacques Dupont préfère-t-il le saucisson Fleury-Michon à celui du charcutier de son quartier ?

La question, essentielle, capitale pour éclairer le débat entre les ayatollahs qu’ils soient nus ou barbus, a le mérite d’être posée, chez All About Burgundy (je croyais que seuls les bordelais avaient été un temps anglais, mais bon ça fait chic, comme un air de Parker a minima).

 

En effet, notre bas-Bourguignon qui se dit inquiet pour la Bourgogne est un anti-pétiste, adorateur de Roger Dion, n’est pas des plus clair sur la question de ses préférences pour le choix de son saucisson.

 

Sur Face de Bouc, les naturistes, qui le trouvent sympa, l’ont chambré sur cette interrogation.

 

Voici les faits :

 

  • Côté production,  vous évoquez la vogue de la dénomination « vin nature » ou « naturel ». Dogme ou pas ?

 

Le vin c’est le génie humain. Le premier signe de civilisation, c’est la maitrise de la fermentation. Dire que l’idéal c’est le vin naturel, qu’il serait une génération spontanée, comme une espèce de résurgence divine… Oui, tout ça m’emmerde complétement. A partir d’un même terroir, l’homme va apporter des choses différentes, suivant son intelligence, sa perception. C’est un équilibre entre la nature et l’homme. Les grands terroirs sont toujours dans des zones marchandes, de commercialisation. Les évêques d’Autun n’ont pas développé la Côte de Beaune ou de Nuits parce qu’un jour Dieu leur est apparu disant : « Vous avez là de grands terroirs sous les cailloux ». Ce n’est pas Neptune qui a suggéré aux gens autour du port de Bordeaux d’aller planter du cabernet-sauvignon. Vous ne verrez pas de grands vins dans les zones où il n’y a pas de circulation.

 

  • Pourquoi ces réactions épidermiques de la part de certains amateurs ou producteurs quand on rappelle ces évidences ? 

 

 C’est ce que le sociologue Gérard Mermet appelle le culte du « petisme ». Si vous dites dans une conversation : « Oh je connais un industriel qui fait un saucisson formidable ! », on va vous regarder avec des yeux comme ça. En revanche si vous dites : « Oh je connais un petit producteur qui fait un saucisson formidable ! ». Là, on vous demande l’adresse. Le côté naturel s’opposant au mythe de l’industrie… Quand on lit sur des blogs qu’il y d’un côté les vins naturels et de l‘autre des gens qui mettent des produits chimiques dans leur vin, c’est insupportable.

 

Blague dans le coin je vous invite à lire cette interview ICI 

 

De mon côté, même né dans la patrie de Fleury-Michon, comme pour le tango, je suis 100% saucisson corse !

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 00:06
« Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »

Comment parler d’Alep par-delà notre impuissance de citoyen et sans entrer dans les affrontements idéologiques qui ne sont que trop souvent le reflet de notre inhumanité et de notre confort.

 

Halap : le lait frais, nom sémitique, Alep représente le poste avancé des Sémites.

 

Dans sa plus ancienne histoire d’Alep le R.P Dhorme écrit en 1927 :

 

« Alep ! Il est peu de cités, dans tout le Proche-Orient, qui produise sur le voyageur une plus forte impression. Ses admirables bazars voûtés, où le passant circule à l’abri des pluies d’hiver et de l’ardent soleil d’été,  ses khans somptueux, où s’amoncelle toute la Syrie, l’Anatolie, la Mésopotamie produisent de plus précieux ; ses places larges et bien aérées, où se coudoient les échantillons les plus purs de nomades et de citadins de toutes races ; autant d’attraits qui retiennent l’étranger et lui font apprécier, comme il convient, l’hospitalité légendaire des habitants. Ceux qui ont visité cette ville n’hésitent point à prendre à leur compte ce qu’écrivait, en 1848, Jules David dans l’Univers Pittoresque : « Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »

 

La situation de la ville est l’une des raisons de sa prospérité et de son charme. C’est là que confluent les caravanes qui viennent de la Mer Noire ou de l’Euphrate. C’est là que le monde méditerranéen rencontre les avant-gardes de la Mésopotamie, de la Perse et des Indes, qui choisissent ce chemin pour éviter le désert syrien qui barre l’accès à Damas. Les eaux du Koweik permettent à une grande agglomération de cultiver la campagne aux alentours, cependant qu’un tell  majestueux, surmonté encore d’une citadelle incomparable, pouvait servir d’acropole, surveiller la plaine environnante, défendre la cité contre les invasions. Pareil site interdit à ceux qui, de tous temps, l’occupent, d’être de ces peuples heureux qui n’ont pas d’histoires. Et, instinctivement nous nous demandons jusqu’où nous pouvons remonter, à travers les siècles, pour retrouver la cité d’Alep mêlée aux grands évènements du monde oriental ? »

 

Plus prosaïquement Alep c’est le savon d’Alep, qui depuis le VIIe-et VIIIe siècles, où les savonneries s’y développent. Il est à l’origine des premiers savons durs au monde. Son procédé de fabrication originel, fait appel aux produits locaux abondants dans cette région: l'huile d’olive et l'huile de baies de laurier. Le savon d’Alep est uniquement fait à base d’huile végétale.

 

La fabrication est restée artisanale: transmission du savoir-faire de la saponification de père en fils. La découpe artisanale et manuelle de ce savon, son mode de séchage en tours, à l’abri du soleil pendant 9 mois minimum en font un savon tout à fait authentique, aux contours irréguliers, mais respectueux de votre peau et de l’environnement. Suivant sa composition, son degré de séchage, et sa qualité, la couleur du savon peut varier du jaune très pâle au vert sombre.

 

Très doux, il peut être utilisé en toilette quotidienne aussi bien pour le corps que le visage et les cheveux. A 20% d’huile de baies de laurier et au-delà, ce savon pourrait être considéré comme un savon de soin, un savon traitant. Sa formule ancestrale, sa fabrication artisanale, l’évidence de ses composants d’origine locale et ses qualités propres d’utilisation ont fait l’histoire de ce savon.

 

Voici le mien :

 

Et si je savais prier, mais je ne le sais pas, je prierais leur Dieu, un singulier bien trop pluriel, mais je n’en reconnais aucun d’eux...

« Contrairement à ce qui arrive d’ordinaire en Turquie, on n’éprouve aucun désenchantement en pénétrant dans Alep. »
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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 06:00
Le champagne vu de Gauche à Droite en passant par le Centre : de Télérama au Monde en passant par le Point…

Longtemps, tel Claude Imbert, le fondateur du Point, j’ai ingurgité des « champagnes de pot de départ à la retraite » et, plus encore, des bordeaux « de banquets de planteurs de betteraves ou autres… fruits de la terre.» Pour moi ce n’était que des bulles que je noyais dans le jus d’orange et du vin que je laissais discrètement dans mon verre.

 

Et puis vint le bas-bourguignon du vin qui, chaque année, prenait son bâton de pèlerin pour aller à l’automne arpenter les terres girondines en des hameaux ne respectant pas toujours son auguste fessier et, sitôt son labeur achevé, entamait une nouvelle mission entre Reims et  Épernay en passant par Aÿ ou Cumières.

 

Pas le temps pour lui d’aller se recueillir en la cathédrale ND de Reims où, de 816 avec Louis le Pieux à 1825 avec Charles X, nos rois de France furent sacrés ou de tremper son biscuit rose de la maison Fossier dans sa coupe de champagne en compagnie de quelques permanentées…

 

Non, lui, il goûte !

 

Il le connaît jusqu’au bout des doigts son vignoble champenois :

 

« C'était avant. La bonne blague que se répétaient dans les Salons professionnels les vignerons des autres régions : « Ça va mal en Champagne, ils ont eu le gel de printemps, la grêle en juillet. - Oui, cette année, ils ne feront que 30 % de plus que le rendement maximal autorisé... »

 

Le seul vignoble où on ne calcule pas la récolte en hectolitres mais en tonnes a connu en effet des temps d'abondance où, dans certains lieux, on totalisait 30 000 kilos à l'hectare quand le plafond était fixé à moins de la moitié. Il n'était pas rare alors de voir des parcelles non vendangées, car le producteur avait déjà fait le plein de sa cuverie avec les vignes les plus proches de la maison. »

 

Il sait se faire pédagogue :

 

« La Champagne possède un fabuleux avantage sur d'autres vignobles : celui de pouvoir mélanger les années. La très grande majorité des bouteilles qui sortent d'Épernay ou de Reims est désignée par les professionnels sous la dénomination de brut sans année (BSA). Cela représente plus de 80 % de la production. Le travail du vigneron ou du chef de cave consiste à assembler les vins sans bulles de différentes années pour obtenir un champagne qu'on pourra déguster dès sa mise en marché. »

 

Tout ça pour aborder le sujet chaud : le réchauffement climatique

 

« Moins de récolte, mais en contrepartie des raisins plus mûrs, plus sains, de meilleure qualité et des conséquences en cascade sur les vins, les approches œnologiques, les goûts et même les prix… »

 

« C'est d'ailleurs pour cela, pour équilibrer, pour compenser cette acidité parfois mordante, qu'on « dosait », qu'on ajoutait du sucre après dégorgement. Dans la plupart des grandes maisons, il y a une vingtaine d'années, ce dosage variait entre 12 et 14 grammes de sucre par litre pour un brut. Ce qui semblait alors ridicule par rapport aux 20 ou 30 grammes qui étaient la mode dans l'entre-deux-guerres. Aujourd'hui, tout le monde a revu ces ajouts à la baisse. Pour un brut, on évoque plus souvent des fourchettes de 8 à 10 grammes et on voit se multiplier les cuvées « nature » (sans aucun sucre ajouté) ou « extra-brut » (très faiblement dosé). »

 

Cette évolution correspond aussi à un goût plus affirmé chez les consommateurs pour de « vrais vins », ceux qui racontent leur origine, leur terroir, leur cépage sans le maquillage parfois outrancier d'autrefois. « La beauté se raconte encore moins que le bonheur », disait Simone de Beauvoir.

 

Lire Changement climatique oblige, l'heure n'est plus à la forte production : moins de récolte, mais des raisins plus mûrs, plus sains et de meilleure qualité. ICI 

 

Position centrale, donc centriste, un tantinet Macronienne, avec juste ce qu’il faut de hauteur pour embrasser l’ensemble de la situation champenoise au regard de son histoire et de son modèle économique.

 

Tout nouveau arrivé, sur le flanc gauche de Jacques Dupont, le sieur Couston de Télérama, ardent défenseur des naturistes, avec un penchant Mélanchonien non révisé.

 

Mais pourquoi diable ce diable de garçon qui arpente les vignobles sur son vélo aux pneus ballons vient-il prêcher la bonne parole dans un organe de l’ancienne Bonne Presse passée dans les rets du groupe le Monde de B.N.P, consacré à la Télé et au cinéma ?

 

Les mauvaises langues, j’en connais beaucoup, vont répondre que c’est parce que les bobos constituent le socle du lectorat de Télérama. Ce n’est pas tout à fait faux mais ça n’épuise pas la question. À mon sens cet intérêt est bien plus large, il participe à l’extension du domaine du vin par une nouvelle génération de consommateurs.

 

Ça ne plait pas à tout le monde, pour preuve dès que l’on met les pesticides, herbicides, intéressant ne sort de cette foire d’empoigne.

 

En bon encerclé du périphérique le Jérémie Couston explore les vignerons de la périphérie du champagne, les gueux de l’Aube et de l’Aisne ! La lutte des classes toujours et encore !

 

Mais je vous laisse lire la prose de Couston.

Le champagne vu de Gauche à Droite en passant par le Centre : de Télérama au Monde en passant par le Point…
Le champagne vu de Gauche à Droite en passant par le Centre : de Télérama au Monde en passant par le Point…
Le champagne vu de Gauche à Droite en passant par le Centre : de Télérama au Monde en passant par le Point…

Le champagne avant la Noël possède aussi une rare vertu : celle d’attirer la publicité sur le papier journal. Le Monde ne fait plus exception.

 

L’ex-feuille de référence d’Hubert Beuve-Méry fait maintenant dans le people chic, genre charme discret de la bourgeoisie de Buñuel, pour nous offrir en Une de son Monde des Vins un déjeuner Les Rémois passent à table

 

J’ai lu.

 

Je me suis forcé à tout lire, faut dire que j’étais dans le TGV.

 

Six personnalités rémoises ont -déjeuné, le 24  novembre, aux Crayères, restaurant étoilé de Reims, pour parler du champagne. Au menu : risotto de courge et noix de saint-jacques, pièce de veau rôtie au beurre demi-sel, soufflé chaud praliné amande. Autour de la table : Claire Peillod, -directrice de l'Ecole d'art et de design de Reims ; Cécile Oudiette, directrice d'Innovact, qui soutient les start-up ; -la chanteuse -Milamarina ; Catherine Vautrin, députée (Les Républicains) de la Marne ; l'avocat -Gérard Chemla et le philosophe Gérard -Lemarié. Nous restituons leur conversation.

 

Gérard Chemla : Vous savez ce qu'on dit à Reims : " Ouvrez un robinet, et regardez ce qu'il en sort, c'est du champagne. " Il n'y a pas une manifestation dans la ville, même la plus simple, sans une coupe.

 

Catherine Vautrin : Tenez, dimanche dernier, j'étais à l'inauguration d'une caserne de pompiers, à 9 h 30. On aurait bien pris un café ou un thé, eh bien, on nous a offert une coupe de champagne. Certains ont bu un jus de fruit, mais c'était loin d'être la majorité. Boire une flûte à 9 h 30 fait partie de la tradition locale. C'est difficile d'éviter une petite coupe par jour. La légende veut que, lors d'une naissance, on trempe son doigt dans un verre de champagne pour le mettre dans la bouche du bébé.

 

Gérard Lemarié : Quand je suis arrivé ici, je jouais au football le dimanche matin. Une chose m'a étonné. A la fin des matchs, on ne sortait pas le pastis ou la bière. C'était champagne. Même quand on perdait. Et quand tu vas au stade pour voir les pros, c'est champagne dans les tribunes. Pareil pendant un concert de rock. Enfin, peut-être que j'exagère…

 

Catherine Vautrin : C'est Churchill ou Mme  Bollinger – au choix –, qui disait : " Du champagne il en faut quand je gagne pour fêter, et il en faut quand je perds pour me consoler. Et puis l'après-midi pour se donner du courage ! "

 

Milamarina : J'ai fait mes études à Reims, et on se retrouvait souvent en soirée entre étudiants. Normalement, à cet âge, pour des questions d'argent, c'est plutôt le pack de bières. Mais on a toujours un copain, un cousin, qui a son papa ou son oncle qui possède une petite propriété dans le coin. Je me souviens de nombreuses soirées au champagne avec la bouteille sans étiquette piquée dans la cave de tonton.

 

Cécile Oudiette : Habiter la région et ne pas aimer le champagne, c'est jouable, mais c'est compliqué. J'ai vécu pendant treize ans à Vertus, un village de la côte des Blancs. Les gens que je côtoyais, notamment beaucoup de fils et filles de vignerons, prenaient relativement mal que mon ex-mari ne boive pas d'alcool. Qu'il ne fasse pas l'effort de goûter. Pour eux, le champagne, ce n'est pas de l'alcool.

 

Gérard Lemarié : Il faut quand même dire que l'on trouve dans des dîners des amphitryons qui n'aiment pas le champagne – ça me perturbe toujours. Je connais une personne qui en a trop bu, n'en peut plus, et est passée au bordeaux. J'ai aussi un ami qui boit du pastis, c'est vraiment incongru.

 

Gérard Chemla : C'est un cas exceptionnel.

 

Claire Peillod : Il y a une chose qui surprend quand on arrive dans la région : le moindre bistrot du coin a du champagne à la flûte. C'est le demi local ! C'est une boisson populaire.

 

Gérard Lemarié : Je ne dirais pas populaire. Tu t'éloignes de 200  km, les gens n'en boivent pas ! Pour eux, c'est presque du luxe.

 

Claire Peillod : Mais ici, ça n'a rien à voir avec le luxe. On s'en rend compte lors du traditionnel " concert pique-nique ", l'été, au parc de Champagne. La société rémoise, dans toutes ses -dimensions sociales, a une coupe à la main. Ça a une incidence sur le budget familial, quand même. Et même sur celui des institutions !

 

Gérard Chemla : A l'apéritif, tu ouvres facilement une, deux, trois bouteilles. Quand tu les paies, ça fait cher ! Mais ça s'offre beaucoup.

 

Catherine Vautrin : Quand on quitte la -région, il faut faire attention. Ailleurs, cette -habitude d'offrir du champagne à l'apéritif te fait vite passer pour bling-bling ou nouveau riche.

 

Cécile Oudiette : J'ai vécu dans la Drôme et j'ai arrêté d'offrir du champagne à l'apéritif parce que les gens, qui sont plutôt clairette de Die au dessert, trouvaient ça acide !

 

Gérard Chemla : Si vous me servez un champagne avec de la bulle qui ressemble à une eau gazeuse, j'aurai du mal… Mais il y a de moins en moins de mauvais champagne, et dans la -région, on sait les éviter. On les boit souvent bons et on les boit bien. Quand je suis arrivé ici, on le prenait en dessert avec un boudoir sucré. C'était extrêmement mauvais. Personne autour de cette table n'est spécialiste, mais on a appris à distinguer entre ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas.

 

Tous : Oui !

 

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Si vous ne l’êtes pas je peux vous transmettre le texte par e-mail.

 

Qu’en dire ?

 

Rien !

Je m’abstiens…

 

J’aime trop le champagne !

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:00
Moi j’aime le fût boujut court et ventru pour faire le Pur Jus de la Juju et de la Fleur !

Laissons de côté celui du canon, pour ne s’intéresser qu’à la barrique qui, selon Pierre Boujut avec un T pour ne pas le confondre avec Patrick Bouju sans T, la star des naturistes, est « une invention loufoque, burlesque, à contre-courant, à contre-raison, à contre-utilité »

 

Comme il le fait justement remarquer, il n’y a pas de modèle dans la nature de ce montage de morceaux de bois, les fameuses douelles, forts difficiles à assembler, pour recueillir et conserver du liquide.

 

« Le récipient naturel, c’est l’amphore, le vase, fabriqué à la façon de l’arbre creux, de la pierre creuse que l’on copie en moulant de l’argile humide ; ou bien, c’est l’outre que l’on trouve toute faite en cousant de la peau de bouc. »

 

Comme le fait malicieusement remarquer Pierre Boujut « Les Grecs et les Romains, éminemment rationnels et utilitaires, ne pouvaient pas inventer autre chose. Tandis que les Celtes, peuple de rêveurs, insoucieux du temps et de la vie pratique, imaginèrent le fût, qui, comme quelques autres inventions de poètes, s’avéra pourtant plus utile, plus adéquat à son but que tous ses équivalents ; et ils lui donnèrent sa forme définitive dès l’origine, puisqu’il n’a subi aucune modification essentielle au cours des âges. »

 

Donc ce sont les Celtes qui ont inventé la barrique en bois, quelques décennies avant l’ère chrétienne. C’est en Gaule que les Romains en ont appris l’usage. Le célèbre tonneau de Diogène n’était qu’une grosse amphore. Les peintures antiques en font foi. »

 

Mais, si la barrique n’a pas changé de forme, elle est de nos jours largement entre les mains froides des robots et aussi entre celles des faiseurs d’arômes.

 

Je vais donc m’en tenir au large éventail des mots pour le désigner.

 

Chez nous, en Vendée voisine des Charentes, on parlait de tonneau ou de tonne, ce qui est assez normal vu que l’art de la barrique c’est la tonnellerie

 

Selon la contenance de l’objet, on dit :

 

  • Le demi-muid, fut gros et court de 600 à 800 litres ( le muid état une vieille mesure pour  marquer 18 hl)
  • Le tierçon, fût  de de 550 litres, mas plus étroit et plus allongé ;
  • La barrique, de 200 à 450 litres ;
  • La demi-barrique, de 10 à 180 litres ;
  • Le quart ou quartaut, de 50 à 90 litres ;
  • Le barrillage ou barricot, de 10 à 40 litres.

 

Laissons de côté le baril ça fait pétrole, pour évoquer le tonnelet et le foudre ( de fuder en allemand) qui est un tonneau de grande capacité, souvent de forme ovale.

 

Du côté du négoce, on parle de pièce, synonyme de tierçon, « la pièce de vin ».

 

Pour terminer revenons sur le fût boujut dénommer ainsi parce qu’il a du bouge, c’est-à-dire du ventre.

 

Enfin, vous pouvez vous reporter à une chronique de la nuit des temps le 8 octobre 2008 : Vive le kitch Berrichon : « entonnailles »  ICI

Moi j’aime le fût boujut court et ventru pour faire le Pur Jus de la Juju et de la Fleur !
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 00:06
Cette photo prise le 15 avril 2014 montre un homme contrôlant un drone pour pulvériser des pesticides sur une ferme à Bozhou, dans la province d’Anhui, dans le centre de la Chine. - / AFP

Cette photo prise le 15 avril 2014 montre un homme contrôlant un drone pour pulvériser des pesticides sur une ferme à Bozhou, dans la province d’Anhui, dans le centre de la Chine. - / AFP

Mes compétences dans le domaine de la technologie sont aussi minces que le papier dans lequel je roule mes cigarettes mais ça ne m’empêche pas de m’intéresser de très près aux innovations qui envahissent l’univers agricole.

 

Faut-il les craindre, se mettre la tête dans le sac ou s’enthousiasmer ? Je ne sais mais ce qu’il ne faut surtout pas faire c’est de laisser aux autres, en particulier les multinationales, le soin de mettre la main dessus.

 

Dans les papiers sur Vinitech je n’ai rien vu sur le sujet.

 

Certains, tel l’inénarrable Bernard Magrez, qui allie les bœufs et les drones, font joujou avec pour faire joli. Il n’empêche que ces drôles d’engins, qu’il ne faut pas réduire à un nouveau moyen d’épandage de saloperies, vont bouleverser la donne agricole, et bien sûr viticole, comme l’indique The Motley Fool http://www.fool.com/investing/2016/11/25/drone-usage-in-agriculture-could-be-a-32-billion-m.aspx fait remarquer que les drones ont d’abord été commercialisés au Japon à des fins agricoles ?

 

L’éco-quotidienne du Monde de vendredi rapporte : qu’un « rapport récent de PwC estime le marché potentiel pour les drones agricoles à 32,4 milliards de dollars (30,5 milliards d’euros), juste après seulement les infrastructures. Bank of America Merrill Lynch anticipe que l’agriculture pourrait représenter près de 80 % du marché des drones commerciaux à l’avenir, avec le potentiel de générer 82 milliards de dollars d’activité économique aux Etats-Unis entre 2015 et 2025. Il n’est donc pas surprenant que de grands fabricants de drones, comme AeroVironment Inc., se concentrent de plus en plus sur l’agriculture.

 

En fait, même les sociétés de technologie s’intéressent aux drones agricoles, comme Raven Industries. Et les entreprises agricoles se préoccupent sérieusement des drones. En avril, DuPont a investi une somme non révélée dans la compagnie de drones PrecisionHawk. Quant aux fabricants de matériel agricole, ils numérisent tranquillement les fermes en adoptant une agriculture de précision.

 

Au fil du temps, l’agriculture de précision s’est considérablement étendue touchant le GPS, les systèmes automatisés, la cartographie et les images satellites. Les drones s’ajoutent à cette liste. Aujourd’hui, les agriculteurs sont confrontés à l’un des plus grands défis du monde : alimenter une population croissante sur fond de catastrophes météorologiques et de recul des terres arables. La clé réside dans la stimulation des rendements des cultures, que les drones peuvent aider. Les drones agricoles sont des systèmes de haute technologie qui peuvent réaliser les tâches qu’un agriculteur ne peut pas faire : analyser chaque recoin des champs pour évaluer le sol, surveiller l’état sanitaire des cultures, déposer des engrais, suivre les conditions météorologiques et estimer les rendements, puis collecter les données et les analyser pour une action rapide. En bref, les drones peuvent mécaniser toutes les étapes de l’agriculture, éliminer les coûts des erreurs humaines et permettre aux agriculteurs de réagir rapidement aux menaces (comme les conditions de sécheresse et les insectes destructeurs. »

 

Notre grand secteur viti-vinicole, dont on nous rabâche les équivalents Rafale, qui a été aussi insoucieux de l’état sanitaire de son vignoble, des grandes attentes de la société, ne pourrait-il pas permettre l’incubation de vraies start-ups qui innovent dans l’utilisation de ces nouvelles technologies ?

 

Dans les fameux incubateurs je ne vois rien de bien innovant… nos têtes chercheuses préfèrent faire joujou avec des outils numériques sur lesquels nos concurrents ont  des longueurs d’avance.

 

L’argent il est où pour servir de pied de cuve à ces initiatives ?

 

Essentiellement dans les Interprofessions qui continuent d’user jusqu’à la corde des vieilles recettes sans grandes retombées sur le devenir des vignerons.

 

Réveillez-vous les mecs !

 

Connectez-vous !

 

Bougez-vous !

 

Les drones attaquent…

 

Jusqu’où iront-ils ?

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 08:00
« La tombe de la mère de Camus est tout en bas du cimetière, contre le mur d’enceinte, au milieu de la rangée… » de l’indifférence des ayants-droits de l’écrivain.

L’humble cimetière chrétien d’El-Madania, où étaient enterrés des Européens qui avaient pris fait et cause pour l’Algérie indépendante. Établi sur les hauteurs, boulevard des Martyrs, anciennement boulevard  Bru, à l’ombre de hauts cyprès, dominant le quartier Belouizad, anciennement Belcourt et quai.

 

Il y revint en avril, sous un ciel bleu et un ciel superbe, très tôt, un dimanche matin, « dans un calme à peine troublé par le roucoulement des pigeons. À cette heure de la journée, la vue de la mer dorée, qui se confondait avec le ciel, était somptueuse. »

 

C’est le père Guillaume, prêtre de la Mission de France et directeur du centre diocésain Les Glycines à Alger, habitué à guider les chercheurs venus du monde entier en pèlerinage sur les traces d’Albert Camus, qui lui avait indiqué où se trouvait la tombe de sa mère.

 

« Pour trouver la tombe de la mère de Camus, il se fraya un chemin au milieu des herbes folles et arracha des plantes qui avaient poussées entre les stèles. Il était absolument seul dans le cimetière. »

 

« Il trouva ce qu’il cherchait. Une plaque de béton grise, ornée d’une croix, brisée en deux, avec une plaque de marbre portant ces simples mots :

 

Vve Lucien Camus

Née Catherine Sintes

1882-1960

 

La mère d’Albert Camus était donc morte la même année que son fils, huit après, avant l’indépendance de l’Algérie. En apprenant l’accident de son fils elle avait dit « C’est trop jeune. »

 

« Il déposa délicatement son rosier sur sa sépulture abandonnée, et dit une prière en songeant à tous ceux qui, de l’autre côté de la Méditerranée, continuaient de vivre grâce à l’œuvre de Camus, ses ayants-droits, son éditeur, sans s’être soucié d’honorer la mémoire de la femme qui lui avait donné le jour en entretenant sa tombe. »

 

Cette chronique doit tout au très beau petit livre Théorie d’Alger de Sébastien Lapaque.

 

Pour terminer :

 

Amar, né en 1954, dans le quartier de la Redoute, employait des mots forts et clairs pour évoquer son affection pour la France :

 

« Nous avons quand même vécu cent trente ans ensemble. »

 

Il aimait ce genre de pensée dont il pouvait bien sentir, avec certitude, qu’elle était susceptible d’exaspérer les imbéciles des deux côtés de la Méditerranée.

 

L’inscription, sur une mosaïque de l’abside de ND d’Afrique, derrière l’autel, dont tous les amoureux d’Alger lui avaient parlé avec émotion :

 

« Notre-Dame d’Afrique priez pour nous et pour les musulmans. »

 

 

« La tombe de la mère de Camus est tout en bas du cimetière, contre le mur d’enceinte, au milieu de la rangée… » de l’indifférence des ayants-droits de l’écrivain.
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 06:00
« Je fais 1 centimètre et demi de plus que Nicolas Sarkozy. Je fais 1 mètre 67 sans talonnettes » Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve n'est surtout pas le dernier à se moquer de lui-même, que ce soit quand il évoque sa DS vintage, son look de "notaire de province" ou sa taille « à chaque fois, il y a eu des articles sur la « révélation Cazeneuve ». J’ai été « révélé » trois fois, et personne ne s’en était aperçu ! Cela doit tenir à ma petite taille ».

 

Mais sur le podium des élégants Bernard Cazeneuve est le n°1, François Fillon le 15e et Emmanuel Macron le 20e 

 

ICI le diaporama des 20

 

Ce dimanche à nouveau je sombre dans l’extrême futilité mais vous comprendrez aisément que de ma part c’est une forme de thérapie adaptée à la morosité du temps et au bal des prétendants de BALPOP.

 

La revue GQ a classé les 20 Français les mieux habillés en 2016.

 

Elle a eu le nez creux car comme je l’indique dans mon titre notre nouveau premier Ministre Bernard Cazeneuve décroche la plus haute place du podium.

 

« Capable de se moquer de sa taille devant l’Assemblée, le ministre de l'Intérieur a tout compris: l’élégance n’est pas une question de physique. L’ancien député-maire de Cherbourg-Octeville est l’homme politique français qui affiche le plus d’attention et de connaissance en matière de vêtements. Sur le terrain ou au Parlement, il sait parfaitement adapter sa mise à son environnement rester chic en toutes circonstances. Même avec une veste matelassée, Bernard Cazeneuve reste fidèle à la devise de GQ : rester chic en toute circonstance. »

 

Ça n’avait pas échappé à un autre élégant, François Fillon, classé 15e, il avait confié à Karine Le Marchand dans Ambition intime  «Ce qui m'agace c'est quand je baisse dans les classements. Il y en a un récent où le ministre de l'Intérieur était devant moi. Je lui ai fait part de mon mécontentement. (…) Je lui ai envoyé un message pour lui demander de quelle(s) perquisition(s), il avait menacé les journalistes.»

 

« S’il peut passer pour l’un des plus sérieux d’entre tous, l’ex-Premier ministre se permet pas mal de fantaisies vestimentaires: chemises à rayures avec des cravates à pois, chaussettes de couleur, vestes matelassées de gentleman-farmer… François Fillon est l’un des rares hommes politiques à avoir une vraie prestance vestimentaire sans en faire trop. Ou comment s’habiller en adulte responsable sans tomber dans le piège du conformisme. »

 

Le style des deux hommes, plutôt tradi, est comparable, écrit Sandra Lorenzo dans le Huffington Post :

 

« Au jeu des ressemblances, on trouve par exemple, le même intérêt pour ce type de vestes matelassées.

 

La comparaison s'arrête là. « Si François Fillon est un dandy qui s'ignore, avec Bernard Cazeneuve, il n'y a pas de hasard, tout est travaillé, maîtrisé, sophistiqué. Il ne fait aucune faute de goût », remarque Samir Hammal.

 

Bernard Cazeneuve un dandy ?

 

Deux accessoires qu'affectionne particulièrement le Premier ministre montrent bien qu'il ne s'agit pas seulement de s'habiller pour sa fonction mais d'aimer soigner ses tenues. Peu d'hommes de sa stature arborent une pochette soigneusement pliée dans leurs costumes ou encore le port du chapeau en hiver.

 

Une collection de chapeaux sur laquelle Bernard Cazeneuve avait d'ailleurs refusé de s'appesantir, interrogé par Jean-Pierre Elkabbach. Il avait seulement accepté de dévoiler qu'il possédait « une dizaine de chapeaux»

 

Si les pochettes sont plus faciles à porter avec une tenue très habillée, le Premier ministre les affectionne au quotidien avec une simple veste de costume ou un blazer. Et ce détail a son importance selon Samir Hammal: « C'est un accessoire à l'origine porté par la noblesse au XVIIe siècle puis par les hommes de pouvoir. Les Mad Men, Sean Connery dans James Bond ou encore Jean Dujardin dans OSS 117. Mais Bernard Cazeneuve ne porte pas n'importe quelle pochette, les siennes sont à pli bouffant, elles sont plus vaporeuses que les traditionnelles carrées. »

 

Don Draper à Matignon? C'est presque ça. »

 

Le dernier de la liste c’est le ni gauche ni droite Emmanuel Macron

 

« Contrairement aux propos d'un Nicolas Sarkozy en meeting qui lui reprochait “d'enlever sa cravate avant d'aller à la télévision” pour faire “jeune”, “chic” et “décontracté”, Emmanuel Macron ne fait pas semblant d'être moderne : il suffit de regarder la finesse de ses revers de veston pour s'en convaincre. Le ministre de l’économie a gardé de son passé de banquier d’affaires un goût pour les costumes discrets et bien coupés, même s'il affectionne de temps à autres arborer la rayure tennis (très associée à la finance) et le nœud windsor. Dans le monde très compassé de la politique, il est aussi l’un des rares à porter la cravate fine et à miser sur la chemise bleu ciel pour garder bonne mine. »

 

Bruno Roger-Petit note avec pertinence à propos du nouveau 1er Ministre

 

« Tout électeur de gauche ayant quelque chose en lui de Mitterrand ne devrait pas demeurer longtemps insensible à Cazeneuve. Le chapeau. Le manteau. La démarche. La froideur. La pudeur. Le pas mesuré. Le bras figé. Cette façon d’être là, d’en imposer, tout en marquant la distance. Cette allure de gentleman-farmer à la française. Entre François Mitterrand et Philippe Noiret, la figure Cazeneuve est une permanence comme la France les aime. Le nouveau Premier ministre est une façon provinciale de réconcilier la gauche avec une certaine forme d’authentiquement français. »

 

« Il suffit à Cazeneuve de se coiffer de son élégant chapeau de chasse, et nous voici plongés au cœur de la règle du jeu, les pieds dans la terre, la forêt en lisière... La vie est à nous, partie de campagne et déjeuner sur l’herbe... Nous sommes alors loin, très loin, trop loin de la grande illusion Manuel Valls, portée par des éléments de langage qui ont le défaut d’être trop perceptibles pour être authentiques. Il faut cinq minutes à Manuel Valls pour évoquer l’esprit français là où Cazeneuve n’a besoin que de se coiffer d’un chapeau. La vérité d'un homme, ça ne se décrète pas. Le feutre, ce n’est rien. Et c’est tout."

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 08:00
Fidel Castro a apprécié le Cognac lors de sa soirée chez Georges et Liliane Marchais, rue Guy Môquet à Champigny, le 13 mars 1995.

Fidel Castro a apprécié le Cognac lors de sa soirée chez Georges et Liliane Marchais, rue Guy Môquet à Champigny, le 13 mars 1995.

Commençons par l’amour !

 

Oui, l’amour, avec les yeux de l’amour ravivé par son allure et sa beauté, belle pour moi, et si c’était vrai, qu’importe, l’important c’est qu’elle soit entrée dans ma vie, qu’elle m’est fait tomber et que je n’ai eu à aucun moment envie de me relever.

 

Mais ce matin c’est d’un autre amour dont j’ai envie de vous parler.

 

Évelyne Pisier ça ne vous dit rien sans doute, sauf peut-être qu’elle pourrait la sœur de la défunte Marie-France Pisier. Ce qui est la réalité.

 

Pour moi, vieux 68 hard, ce fut Évelyne Pisier fut d’abord Kouchner avec un trait d’union, un prof de droit à Paris I. 3 enfants puis un divorce avant de se remarier avec Olivier Duhamel le fils de Jacques Duhamel ancien Ministre.

 

Mais ce ne sont ces amours-là, bien trop conformes, qui me passionnent mais un amour de jeunesse.

 

J’avais 23 ans et je commençais une histoire d'amour avec Fidel Castro, qui durera 4 ans

 

« Après une enfance et un début d'adolescence marqués par le pétainisme et le maurrassisme de mon père, je me suis rebellée. Une rébellion qui m'entraîna, comme tant d'autres à l'époque, vers le gauchisme, l'anticolonialisme et l'anti-impérialisme. De manifestation en manifestation, nous dénoncions notamment les guerres d'Algérie et du Vietnam. Et comme tant d'autres aussi, jeunes et moins jeunes, de Paris à Santiago du Chili, de la Californie à l'Asie du sud-est en passant par l'Europe et l'Afrique, nous nous sommes enthousiasmés pour la Révolution cubaine.

 

Et il y avait de quoi s'enthousiasmer. Songez à la figure mythique d'un Fidel Castro, âgé de 26 ans et luttant contre Batista, ce dictateur à la solde des USA, à son incarcération, à sa plaidoirie "L'Histoire m'acquittera", à sa création du Mouvement du 26 juillet, à sa libération, à son exil et à son débarquement en décembre 1956 aux côtés du non moins mythique Che Guevara sur le bateau Granma! Une douzaine de guérilleros pourchassés par deux mille soldats du dictateur mafieux. Et deux ans après, ils ont soulevé le peuple et renversé Batista, pourtant soutenu par les Etats-Unis!

 

Après cette victoire incroyable, Fidel Castro a déclaré: "Le capitalisme sacrifie l'homme. L'État communiste, par sa conception totalitaire, sacrifie les droits de l'homme. C'est pourquoi nous ne sommes d'accord ni avec l'un ni avec l'autre. [...] Cette révolution n'est pas rouge, mais vert olive". Vert olive: la couleur des uniformes des guérilleros!

 

Oui, il y avait de quoi s'enthousiasmer. Fidel a posé la priorité absolue de l'éducation et de la santé. Et en quelques années, l'illettrisme fut réduit, les soins médicaux rendus accessibles à tous... De quoi s'enthousiasmer avec Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Agnès Varda, Chris Marker, Andy Warhol, François Maspero et tant d'autres...

 

Je dévore Federico Garcia Lorca: "Iré a Santiago en un coche de agua negra"... Bref, je ne rêve plus que d'aller à Cuba... Un rêve qui se réalise en 1964 lorsque l'Union des Étudiants Communistes (UEC) organise le premier voyage d'étudiants français à Cuba, sous la responsabilité de Bernard Kouchner. Nous atterrissons à Santiago la veille du 26 Juillet où Fidel Castro, devant une foule impressionnante, fait un long discours non moins impressionnant.

 

J'ai bientôt 23 ans et commence une histoire d'amour, qui durera quatre ans. Fidel est d'une tendresse incroyable. Et, même si je n'ai pas le choix parce qu'il est un héros, notre relation se transforme peu à peu: il suffit qu'il enlève son ceinturon et ses armes, j'oublie le Lider Maximo, désormais, je me persuade que Comandante ou pas, c'est bien l'homme que j'aime.

 

La suite ICI

 

Laissons les amours de jeunesse de côté pour nous pencher sur le grabat de la Gauche en route pour une déroute présidentielle. Avec l’exercice de la Primaire de tous les bords de la gauche, certains en appelle à faire le tri pour ne présenter un seul héraut face à Fillon-Le Pen. C’est beau comme une gauche qui, une fois s’être pris le nez violemment, se réconcilierait pour aller au combat, la main dans la main, oublieuse des déchirements passés.

 

De la gueule de qui se fout-on ?

 

C’est quoi la Gauche au juste aujourd’hui ?

 

Sans remonter à la SFIO au temps où le PCF plumait la volaille socialiste, que le MRP se jetait dans les bras de la droite et que le grand parti radical, en dépit de Mendès-France, sombrait corps et bien.

 

Il suffit de se référer à Mitterrand, créateur de l’Union de la Gauche :

 

« Je vais voter contre de Gaulle. Il y en a pour 20 ans. Mais après, je ferai 3 choses : je ramènerai les communistes à 10%, j’accrocherai une casserole à la droite et je gouvernerai au centre. » mai 1958

 

Mitterrand une histoire de Français Jean Lacouture

 

Laissons de côté la gauche plurielle de Lionel Jospin qui fut sabordée par l’icône de la gauche actuelle Christine Taubira et par l’inconsistance des Verts.

 

En fin 2016 où en sommes-nous ?

 

À l’éclatement de l’ambiguïté Mitterrandienne qui fait imploser la façade en trompe-l’œil du PS.

 

Le Mélanchon, vieux routier de Solférino, l’a bien compris, il ne veut pas s’associer au naufrage et surtout ne pas faire de compromis avec les socio-démocrates.

 

En effet, la Gauche avec un Grand G n’a jamais existé, sauf sur le papier de Programmes dit Commun, même si en 81 Mitterrand s’est fait élire sur son bric-à-brac des 110 propositions sans tenir compte du PC, et surtout cette gauche abstraite n’a jamais gouverné car elle dans le système actuel bien incapable d’atteindre le deuxième tour et, si elle y arrivait, son incapacité à rassembler la ferait perdre.

 

Bref, oui il y a des gauches inconciliables !

 

Ce vieux renard de Bazin le dit bien :

 

La politique et avec elle, le monde des médias, adorent ces mots valises, pleins de concepts flous, qui animent des débats d’autant plus animés qu’on les cite de travers ou de manière tronquée tout en les agitant comme des oriflammes censées délimiter le champ de la bataille. Hier, c’était « le monde de la finance » -  devenu subitement «la finance » tout court - dont François Hollande avait fait son « ennemi » sans que l’on ait jamais su s’il s’agissait de l’abattre ou de le remettre à sa place, ce qui n’est quand même pas tout à fait la même chose

 

Aujourd’hui, avec l’entrée en campagne de Manuel Valls, changement de décor, changement de formule mais même procédé. C’est le caractère « irréconciliable » des « positions » défendues par les diverses fractions de la gauche qui constitue l’ordinaire du commentaire dominant, lequel réduit les propos tenus par l’ancien Premier ministre en janvier 2016, à une formule-choc – «il y a en France deux gauches irréconciliables » - quitte à oublier au passage qu’à ses yeux, l’ennemi de l’intérieur, si l’on ose dire, avait à l’époque le visage d’un seul homme: Jean-Luc Mélenchon, coupable d’avoir déclaré que Hollande suivait «en pis » les traces de Sarkozy. Rien de moins…

 

Ce sont là des simplifications dont il est aisé de comprendre la genèse dans un combat politique aussi binaire que sommaire. Quant aux ressorts de ces raccourcis hasardeux, ce sont ceux, comme d’habitude, d’une communication mal maîtrisée ou alors à courte vue. Mais dès lors que le débat prend l’ampleur que l’on voit, mieux vaut sans doute le décortiquer plus avant plutôt que de s’en tenir à la réalité formelle des propos qui sont censés le nourrir.

 

La primaire saura-t-elle arbitrer et hiérarchiser les ambitions rivales?

 

Qu’en France, la gauche soit multiple ou plurielle – au choix – et que ses divisions aient atteint aujourd’hui un niveau rarement égalé est une vérité d’évidence. Nul besoin pour s’en convaincre d’invoquer les mânes des grands ancêtres. Que son histoire soit rythmée par des controverses violentes et de réconciliations éphémères n’a pas besoin d’être davantage rappelé. Que son unité, fut-elle partielle ou bancale, soit la condition de son accession au pouvoir est enfin un constat d’une rare banalité.

 

Au fond, la gauche française est une famille traversée de projets rivaux qui n’ont jamais été réconciliés. Sinon, comment expliquer la pluralité de sa représentation partisane? Mais, elle a été pourtant capable de compromis qui lui ont permis d’éviter des conflits destructeurs. Comment comprendre autrement qu’elle ait su parfois trouver le chemin du gouvernement, via l’Elysée ou Matignon?

 

Aujourd’hui, la question n’est donc pas de savoir si une quelconque synthèse peut être faite entre les idées défendues par ceux qui entendent porter ses couleurs à la prochaine présidentielle. Entre Mélenchon et Valls, ou entre Macron et Montebourg, il y a de telles divergences de fond que personne n’imagine sérieusement que les uns et les autres puissent signer on ne sait quel programme commun. La seule question qui demeure donc est de savoir si le processus de la primaire peut arbitrer entre des ambitions rivales, non pas en effaçant ce qui les fondent mais en hiérarchisant ce qui les nourrit.

 

Là encore, force est de constater que le désaccord est total entre ceux qui acceptent de se soumettre à ce processus de sélection – Valls et Montebourg notamment – et ceux qui s’y refusent – Mélenchon et Macron, pour ne pas les nommer. Si l’on écoute d’ailleurs attentivement le porte-drapeau de la France insoumise, rien n’indique qu’il ait même l’intention d’appeler à voter pour le candidat de son camp le mieux placé au soir du premier tour de la présidentielle dans le cas, improbable il est vrai, où celui-ci se serait qualifié pour le duel final.

 

Deux gauches? Seulement deux?

 

En attendant, qui peut enfin jurer que les participants de la primaire accepteront son verdict en faisant campagne pour celui qui en sortira vainqueur? Si Hollande avait été désigné, Montebourg, on s’en souvient peut-être, avait déclaré qu’il irait durant quelques mois à la pêche à la ligne. Qu’en sera-t-il demain si Valls l’emporte? Vers qui iront les caciques du PS si le héraut du made in France décroche le pompon?

 

C’est en ce sens qu’on peut dire en effet que les gauches irréconciliées sont devenues irréconciliables. Faire pareil constat n’est pas le théoriser mais assumer une vérité dont on s’étonne surtout qu’elle puisse être contestée. Le reste qui est peut-être l’essentiel, vue la nature du combat politique, relève de la pure gesticulation verbale. Les formules qui l’accompagnent appartiennent au répertoire classique de la gauche quand elle s’envoie de la vaisselle à la tête. « L’union est un combat » ou « soyons unitaire pour deux », c’est selon et c’est surtout pareil.

 

Manuel Valls le décline à son tour. Candidature oblige. Ceux qui lui en font le reproche oublient qu’avant de vouloir rassembler, ils auraient mieux fait de ne pas dénonçant dans les rues ses prétendues turpitudes. Entre les courants de la droite - et fracturer, cinq ans durant, l’unité de la majorité, soit en frondant en son sein, soit en même entre celle-ci et le Front national -, il y a désormais moins de divergences de fond qu’entre les différentes familles de la gauche. L’étonnant, dans ce contexte, serait que ces dernières resserrent les rangs plutôt que de régler leurs comptes.

 

Face au risque de sa liquidation, lors de la présidentielle du printemps prochain puis à l’occasion des législatives qui lui succéderont dans la foulée, il est encore possible que ses porte-drapeaux sachent faire preuve d’un minimum de retenue dans l’art de la baston. Mais ce qu’il y a entre eux de détestation est désormais trop profond pour que ces réflexes de survie évitent le désastre qui s’annonce.

 

C’est ce qui donne un aspect surréaliste au débat sur la réconciliation des gauches dont tout indique le caractère propagandiste et donc insincère aux yeux des électeurs pourtant les mieux disposés à entendre les calembredaines de la politique ordinaire. Deux gauches « irréconciliables »? C’est tellement vrai qu’au lieu de se demander pourquoi il faudrait le taire, on ferait mieux de se poser cette simple question: pourquoi seulement deux?

 

J’en reste là tout en me posant la question : que vais-je faire dans les prochains mois ?

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