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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:00
Grand concours du taulier : quelle est la meilleure des 110 citations fausses ? 2 Magnums en jeu !

Sur Face de Bouc on like avec le pouce, avec 1 cœur, 1 haha, 1 waouah ! 1 triste ou 1 Grrr… On peut aussi commenter. L’ensemble est comptabilisé avec le nom du likeur.

 

Je pourrais vous demander quelle est la citation fausse qui a obtenu le plus de like, plus de 100, mais même si mon ego en fut flatté ce n’est pas l’objet du concours de ce jour.

 

Il s’adresse aux 2 populations qui me suivent : celle de Face de Bouc et celle des lecteurs de mon blog.

 

Je demande donc aux 2, sur leur support favori, de voter pour désigner la meilleure des 110 citations fausses.

 

Je totaliserai les votes sur chaque espace de commentaire et le gagnant sera celui qui aura voté le premier pour celui qui totalisera le plus de vote.

 

Un gagnant donc sur Face de Bouc et un sur mon blog.

 

Que gagneront-ils ?

 

Un beau flacon.

 

Bien évidemment tout ça est conditionné par un vote massif et significatif de votre part.

 

Je ne prends donc pas beaucoup de risques puisqu’en général mes appels au peuple sont des bides !

 

Qui vivra verra !

 

La suite donc :

 

Citations fausses n°46

« L'honneur, c'est comme la virginité, ça ne sert qu'une fois. »

Bachar El Assad

 

Citations fausses n°47

« Je me méfie des vins que l’on garde pour les grandes occasions. Quand on est mort, ce sont les autres qui les boivent.»

Moi

 

Citations fausses n°48

« Il y a des moments où la réalité dépasse l’affliction. »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°49

« La censure est en panne, empruntez l’escalier des sévices. »

Recep Erdogan

 

Citations fausses n°50

«C’est au sommet des montagnes que l’alpiniste prend sherpas»

Le Dalaï-lama

 

Citations fausses n°51

« Les ennuis, c’est comme le papier hygiénique. On tire une feuille, il en vient dix.»

Hollande

 

Citations fausses n°52

« C’est dans les vieux pot qu’on fait la bonne soupe »

Godefroy de Bouillon

 

Citations fausses n°53

« On n’est jamais trop méticuleux dans le choix de ses ennemis.»

Manuel Valls

 

Citations fausses ou presque n°54

« J'aime bien aller à la messe parce que, pendant une heure, personne ne vous emmerde »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°55

« Appuyez-vous toujours sur les principes, ils finiront toujours par céder. »

Bernard Tapie

 

Citations fausses n°56

« En toutes choses, les commencements sont beaux, les milieux fatigants et les fins pitoyables. »

Nicolas S et François H

 

Citations fausses n°57

« Le mandchou est dur, le mongol fier »

Confucius

 

Citations fausses n°58

« Avant de plonger dans le Yang-tseu-kiang Ma ôta ses tongs »

Moïse

 

Citations fausses n°59

« Si derrière toute barbe il y avait la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes. »

Fidel Castro

 

Citations fausses n°60

« Nous allons tirer la gamète des Rois »

La Pompadour

 

Citations fausses n°61

« Las de lavis, suis acheteur d’aquarelles. »

Van Gogh

 

Citations fausses n°62

« Les hommes sont comme les alarmes de voiture ; ils font beaucoup de bruit, mais tout le monde se fout. »

Isabelle Perraud

 

Citations fausses n°63

« L’oxydant chrétien. »

1 vigneron naturiste

 

Citations fausses n°64

« La terre rote sur elle-même. »

Galilée

 

Citations fausses n°65

« Un ver solitaire est un ver qui vit seul à la campagne. »

1 Vert

 

Citations fausses n°66

« La découverte de l’Amérique a été 1 chose formidable mais, si on était passé à côté, a ne serait pas plus mal. »

Mélenchon

 

Citations n°67

« Adolescent, j’étais pyromane. On m’a placé dans un foyer. »

Un pompier

 

Citations fausses n°68

« Les bonnes résolutions sont des chèques tirés sur une banque où l'on n'a pas de compte courant. »

Nous

 

Citations fausses n°69

« Certains compositeurs feraient mieux de noyer leurs portées à la naissance. »

Richard Clayderman

 

Citations fausses n°70

« Les chiffres sont accablants : il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde. »

Robert Ménard

 

Citations fausses n°71

« Dieu existe, je l’ai rencontré »

Marie de Nazareth

 

Citations fausses n°72

« Un jour faudra m'expliquer pourquoi c'est vous qui avez des cadeaux le jour de mon anniversaire »

Jésus de Bethléem

 

Citations fausses n°73

« Le péché originel, une erreur de genèse. »

Dieu le père

 

Citations fausses n°74

« Comme les vendanges, les amours tardives sont les meilleures.»

Mike Jagger

 

Citations fausses n°75

« Mourir c’est pastis un peu »

Charles Pasqua

 

Citations fausses n°76

« Être de quelque chose, ça pose son homme, comme être de garenne, ça pose un lapin »

Nicolas de R

 

Citations fausses n°77

« Une chose facile à avoir en décembre, du sang-froid »

Poutine

 

Citations fausses n°78

« Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis »

Emmanuel Reynaud Château Rayas

 

Citations fausses n°79

« Il s’est tué au goulot »

Marisol Touraine

 

Citations fausses n°80

« Pour savoir si la terre est ronde, y’a pas mieux que mes bars parallèles. »

De Kersauson

 

Citations fausses n°81

« Un Rocard sinon rien ! »

Mitterrand

 

Citations fausses n°82

« Courage Fillon ! »

Sarkozy

 

Citations fausses n°83

« C’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre… »

Juppé

 

Citations fausses n°84

« On peut se torcher avec un vin. Avec un livre aussi »

Aquilino Morelle

 

Citations fausses n°85

« Un aventurier est toujours de bas étage. S’il est de haut étage, ce serait un homme d’affaires. »

Gattaz

 

Citations fausses n°86

« Finalement, les cochons ce n’est pas méchant, c’est des jambons. »

Un Vegan

 

Citations fausses n°88

« On jamais aussi bien asservi que par soi-même. »

Onfray

 

Citations fausses n°89

« Nous ne pouvons pas toujours changer le monde, mais nous pouvons changer d’idées comme de chaussures. »

Benoît Apparu et Thierry Solère

 

Citations fausses n°90

« L’homme est un chauffage central d’appoint qui ronfle. »

Votre compagne

 

Citations fausses n°91

« Je n’aime pas les gens qui prennent de la drogue, surtout les douaniers. »

Lance Armstrong

 

Citations fausses n°92

«Mieux potard que jamais»

Mon pharmacien

 

Citations fausses n°93

« J’ai commencé ma vie par la faim. »

Un mannequin anorexique

 

Citations fausses n°94

« Les petits pains se vendent-ils aussi bien qu’on le dit ? »

Jean-François Copé

 

Citations fausses n°95

« Le ramadan creuse »

Mon dentiste

Citations fausses n°96

« Pour qu’un poisson d’avril soit réussi, il faut qu’il soit cru »

Cambadélis

 

Citations fausses n°97

« Tous les sots sont périlleux »

Anonyme

 

Citations fausses n°98

« Il est plus agréable de dilapider son talent que de ne pas en avoir. »

Fabrice Luchini

 

Citations n°99

« Le monde est bâti sur l’érection, s’il s’arrête de jouir, il s’écroule »

Casanova

 

Citations fausses n°100

« Tous les égouts sont dans la nature. »

JM Le Pen

 

Citations fausses n°101

« Il faut laisser à Dieu le bénéfice du doute. »

Le pape

 

Citations fausses n°102

« Un mélomane, c’est un mec qui entendant Laetitia Casta chanter dans sa salle de bains, colle son oreille au trou de la serrure. »

Giscard d’Estaing

 

Citations fausses n°103

« Les idées reçues n’exigent pas de remerciements »

Le tout rond bas de plafond

 

Citations fausses n°104

« À la nouvelle que l’Asie était mineure, les missionnaires sautèrent dans leurs embarcations. »

Claude Lévi-Strauss

 

Citations fausses n°105

« Qu’y-a-t-il à l’intérieur d’un jour ouvrable ? »

Myriam El Khomery

 

Citations n°106

« Morand fraude. »

Paul

 

Citations fausses n°100

« Sand, riez ! »

George

 

Citations fausses n°108

« Chassez le naturiste, il revient au bungalow. »

Michel Bettane

 

Citations fausses n°109

« On me dit qu’il faut cueillir les cerises avec la queue, j’avais déjà du mal avec la main. »

José Bové

 

Citations fausses n°110

« Je lâcherai tout, même la proie pour Londres. »

De Gaulle

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 06:00
Les 110 propositions fausses de Berthomeau une forme d’avatar de César…

Et si les fameux « amis » de Face de Bouc voulaient bien sur leur mur s’aimer les uns les autres.

 

Vaste programme !

 

Sur le mien, loin des crêpages de chignon des spécialistes du genre, qui n’hésitent pas à se plaindre des mauvaises manières des autres, un beau matin je me suis décidé, sans savoir vraiment où cela me mènerait, à me lancer dans une entreprise de faussaire.

 

Attention, je ne me suis pas lancé dans la production de fake, j’ai de suite annoncé la couleur en affichant : citations fausses.

 

À la manière de César, le compresseur, je me suis contenté de récupérer des épaves sur la Toile et dans mes bouquins, pardon des citations.

 

Pour autant je ne m’attribue pas l’appellation citations fausses, je n’en suis pas le père.

 

Celui-ci est Alexandre Breffort (1901-1971) qui, lorsqu’il se retrouve à la tête du Canard Enchaîné (qu’aime tant Pax) en 1934, après avoir été chauffeur de taxi, débardeur de péniches sur la Seine et représentant en machines à écrire, s’adonne avec bonheur à ce petit jeu. Il est aussi l’auteur, avec Marguerite Monnot pour la musique, de la célèbre comédie musicale, Irma la Douce, créée à Paris en 1956 et adapté au cinéma en 1963 par Billy Wilder.

 

Je dois cette rencontre à Jean-Louis Chiflet croisé un beau jour à la librairie du Bon Marché et qui m’a dédicacé son petit bijou de bouquin Le Bouquin de l’Humour.

 

Mes débuts dans la citation fausse furent donc d’une grande simplicité.

 

Et puis chemin faisant je me suis pris au jeu et, à la demande de certains de mes fans – oui, oui – je me suis décidé à les regrouper en 2 chroniques.

 

Comme je suis totalement bordélique, que ces citations étaient éparses dans divers brouillons, et que Face de Bouc ne permet pas facilement de retracer un historique, elles ne suivent pas forcément la chronologie de leur publication.

 

Peu importe, tout mon boulot fut : à partir de vraies citations, pas toujours certaines sont de mon cru, de trouver un signataire en phase avec le moment.

 

Mon titre : les 110 citations fausses est le fruit de mon affection émue pour les 110 propositions du père François en 1981. Je vous mets au défi, sans passer par Google, de m’en citer 10 !

 

N°90 - Un grand service public, unifié et laïque de l'éducation nationale sera constitué. Sa mise en place sera négociée sans spoliation ni monopole. Les contrats d'association d'établissements privés, conclus par les municipalités, seront respectés. Des conseils de gestion démocratiques seront créés aux différents niveaux.

Ce que nous, les rocardiens, dénommions le SPULEN, pauvre Savary.

 

N°110 - Établissement de relations étroites avec le Québec. Création d'une académie francophone.

Là, on sent que les têtes d’œufs de Solférino peinaient pour faire le compte.

 

Pour moi le compte est bon :

 

N° 1 « Ça commence bien ! »

Dieu

 

N°2 « Ne forçons point notre talon »

Achille

 

N°3 « Et se signe : un lecteur à cigüe »

Socrate

 

N°4 « Un vent de fronde a soufflé ce matin »

Goliath

 

N°5 « Soyez bref ! »

Pépin

 

N°6 « J’avais pourtant quelque chose dans le buffet. »

Henri III

 

N°7 « L’ai-je bien descendu ? »

Ravaillac

 

N°8 « Manque de pot »

Bernard Palissy

 

N°9 « zut ! J’ai loupé ma correspondance »

Madame de Sévigné

 

N°10 « Tout le monde descend ! »

Darwin

 

N°11 « Attention ! Y’a une marche ! »

Chopin

 

N°12 « C’est plus de l’amour c’est de la rage. »

Pasteur

 

N°13 « La place de la femme est au foyer »

Landru

 

Une fois la mine épuisée j’aurais pu m’arrêter mais je me suis dit pourquoi ne pas détourner de vraies citations en changeant le nom du signataire ?

 

Les Clémenceau, Coluche, Audiard, Desproges et autres sont des mines d’or. Alors, j’ai cherché.

 

Chemin faisant, j’ai aussi inventé des citations, bref chaque jour j’ai posté.

 

Citations fausses n°14 :

 

« Mettez un tigre dans votre moteur ! »

Clemenceau

 

Citations fausses n°15 :

« Un Rocard, sinon rien ! »

François Mitterrand

 

Citations fausses n°16

« J’ai fait un birdie au 7e trou »

Sade

 

Citations fausses n°17 :

« La bible ne fait pas le Moine »

Eddy Mitchell

 

Citations fausses n°18

« Enchanté ! »

Merlin

 

Citations fausses n°19 :

« Trop au lit pour être honnête »

Anonyme

 

Citations fausses n°20 :

« On est prié de ne pas claquer l’apôtre. »

Judas

 

Citations fausses n°21 :

« Tout bu or not tout bu »

Les cavistes alternatifs Paco et ses frères

 

Citations fausses n°22

« Voyons, si Dieu n’existait pas, comment aurait-il eu un fils »

Christine Boutin

 

Citations fausses n°23

« La lune est pleine, mais on ne sait pas qui l’a mise dans cet état. »

Rudolf Steiner

 

Citations fausses n°24

« Tout homme a dans son cœur un cochon qui sommeille. Qui vivra verrat ! »

D.S.K

 

Citations fausses n°25

« Prenez un cercle, caressez-le il deviendra vicieux. »

Cicéron

 

Citations fausses n°26

« Ici le ver de l’amitié c’est à toute heure. »

1 grand caviste près du Père Lachaise

 

Citations fausses n°27

« Je prends l’édit de Nantes pour une anglaise. »

Olivier Techer vigneron de la Nouvelle Aquitaine

 

Citations fausses n°28

« Un éléphant ça Trump énormément »

Hilary Clinton...

 

Citations fausses n°29

« Pas besoin d’avoir pognon sur rue. »

Patrick Balkany

 

Citations fausses n°30

« La papamobile c’est l’immatriculée conception »

François Fillon

 

Citations fausses n° 31

« Pour qu’un poisson d’avril soit réussi, il faut qu’il soit cru »

Jean-Frédéric Poisson

 

Citations fausses n°32

« Je vous ai compris ! »

Nicolas Sarkozy

 

Citations fausses n°33

« J’y suis. J’y reste ! »

Alain Juppé

 

Citations fausses n°34

« C’est pas compliqué, en politique, il suffit d’avoir une bonne conscience, et pour ça il faut avoir une mauvaise mémoire ! »

Bruno Le Maire

 

Citations fausses n°35

« Le jour est proche où nous n’aurons plus que l’impôt sur les os.»

Gérard Depardieu

 

Citations Fausses n°36

« J’aimerais être réincarné en écrevisse : on vous suce la queue.»

Rocco Siffredi

 

Citations fausses n°37

« Les femmes et le bordeaux, je crois que ce sont les deux seules raisons de survivre.»

Alain Juppé

 

Citations fausses n°38

« À chaque fois qu’on dépose une plinthe, le parquet n’est pas loin… »

Christiane Taubira

 

Citations fausses n°39

« Qui sème le vin récolte la pompette »

Jésus aux noces de Cana

 

fausses n°40

« En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »

François Hollande dans son futur livre

 

Citations fausses n°41

« San Antonio est une œuvre Dard »

André Malraux

 

Citations fausses n°42

«J’accouche mes vins au fort cep»

Hubert de Boüard de Laforest

 

Citations fausses n°43

« On n’insiste pas assez sur le caractère altruiste de Schubert »

L’abbé Pierre

 

Citations fausses N°44

« Baiser ou cunnilingus : courir 2 lèvres à la fois ; »

Brigitte Lahaie

 

Citations fausses n°45

« On dit d’un accusé qu’il est cuit quand son avocat n’est pas cru»

Jérôme Cahuzac

 

à suivre dans 2 heures...

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 06:00
Le désespoir du cidre…

Le Point, qui n’a pas mobilisé pour l’occasion Jacques Dupont, sans doute afin d’éviter une quelconque homonymie avec les excellents cidres et Calvados Louis Dupont, mais pompé, comme c’est la tradition de nos jours, dans une dépêche AFP, titre Le cidre s'offre une cure de jouvence pour séduire une nouvelle clientèle…

 

Cette ritournelle que l’ai-je entendue au cours des 5 années au cours desquelles j’ai présidé, à Caen, l’Interprofession des Calvados, cidres, poirés et pommeau d’AOC de Normandie et Bretagne réunies ?

 

Pourquoi n’ai-je rien vu venir et que je continue de douter que le cure de jouvence annoncée fera malheureusement pschitt !

 

Attention, lisez-moi bien, il y a sur le marché de merveilleux cidres de producteurs artisanaux, ils sont bien valorisés et n’ont aucune peine à séduire leur clientèle.

 

En effet, bien plus visiblement que dans le secteur du vin, il y a dans la production de cidre deux types de production bien différenciés dans leur process : l’industrielle dominante en volume distribuée dans la GD mais aussi dans le CHR, les fameuses crêperies et l’artisanale, souvent méconnue, et vendues chez les cavistes.

 

Le secteur industriel, est dominé par la coopérative Agrial avec ses marques, Ecusson et Loïc Raison 

 

Chiffres clés :

 

194 000 tonnes de fruits à cidre collectés

193 400 tonnes de pommes à cidre

600 tonnes de poires

79 % des fruits issus des vergers d’adhérents d’Agrial

110 millions de bouteilles produites

150 millions de litres vendus (vrac + bouteilles)

 

Eclor est la branche Boissons de la coopérative agricole Agrial, créée en 2004, avec l’acquisition par la Coopérative des entreprises CCLF et CSR (groupe Pernod-Ricard) alors leaders français des cidres et jus de pommes.

 

Eclor est leader sur le marché du Cidre (Loïc Raison et Ecusson), présent sur le marché des softs et de la bière (Breizh Cola et Lancelot) ainsi que sur le marché du jus de fruits (Danao, Sunny Delight et La Passion du Verger.)

 

Eclor est un acteur économique important de l’Ouest de la France. Agrial fédère 10 000 agriculteurs adhérents dont 6 000 producteurs de pommes et de poires à cidre.

 

Eclor présente trois innovations pour 2015 : Cidre blanc et Agrumes et Cidre, vodka et citron vert pour la marque Loïc Raison et cidre et pêche pour la marque Ecusson (voir les photos ci-dessous). Trois nouveautés pour mieux inscrire le cidre au moment de l’apéritif et sortir des historiques cidres doux et bruts très consommés au moment de l'Epiphanie et de la Chandeleur. « Ces nouvelles variétés ont été élaborées pour être plus rafraichissantes que des cidres classiques, détaille Franck Malinowski, directeur général d’Eclor. Notre service R&D a beaucoup travaillé sur la sélection de pommes pour que ces cidres soient faciles à boire, moins saturés en sucre qu'un doux ou un brut ».

 

Depuis 2001, ce leader du cidre avec 35% du marché (15% pour la marque Ecusson, 20% pour Loïc raison) a mené plusieurs vagues de communication, notamment l’été, une saison où les Français ne pensent pas toujours à cette boisson naturelle à base de pommes.

 

Jusqu’ici les Français ignorent qu’ils peuvent commander un cidre dans un bar ou une brasserie. Ils pensent encore que cette boisson ne se trouve que dans les quelques 3500 crêperies de l’Hexagone. « Les bars et brasseries sont un axe de développement. C’est là où les consommateurs s’éduquent », pense Daniel Alcabas directeur du marketing. Pour le moment, ce cidrier est présent dans 3000 bars (sur environ 30 000 en France).

 

À côté de ce « grand » à l’échelle du cidre mais si petit dans l’univers des monstres des soft-drink les producteurs artisanaux vivent leur vie avec les moyens du bord en cultivant leurs différences dans une Interprofession différente de celle des industriels.

 

Pour ceux des consommateurs qui découvrent ces cidres artisanaux chez les cavistes l’image du produit est positive, en revanche pour la grande masse la perception du cidre n’est guère valorisante noyé qu’il est dans le rayon des bières de la GD ou accolé ad vitam aeternam aux fameuses bolées des crêperies.

 

Le gap entre les deux produits est immense, plus encore que dans le vin, le bas bruit des cidres artisanaux bien valorisés n’est pas en mesure d’améliorer la piètre image des cidres de marque.

 

Quant à la stratégie annoncée dans l’article du POINT 

 

« Cidre rosé ou parfumé aux fruits, cidre fines bulles; nouveaux contenants, nouvel habillage : la boisson ancestrale de Normandie et de Bretagne s'offre ces dernières années une cure de jouvence en misant sur la qualité et le naturel pour séduire de nouveaux adeptes.

 

De la petite entreprise au groupe industriel, les initiatives fleurissent… »

 

Elle se perdra dans les sables faute de puissance de communication face aux géants des soft-drink et des spiritueux…

 

Comme je suis vieux, je crois plus en la Jouvence de l’abbé Soury que dans celle des cidres parfumés au kiwi…

 

Désolé !

Le désespoir du cidre…
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:00
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?

Avril 68, dans la France qui s’ennuie (dixit Pierre Viansson-Ponté) Jacques Dutronc chantait dans Il est cinq heures Paris s’éveille :

 

« … à la Villette on tranche le lard…

Tout commence avec le baron Haussmann qui affectionne tout ce qui est grand et moderne : pourquoi conserver 5 abattoirs disséminés (les abattoirs de Montmartre, du Roule, de Ménilmontant, de Grenelle et celui de Villejuif). tout autour de Paris et plusieurs marchés à bestiaux ? En 1858, le baron convainc le conseil municipal de Paris de créer un abattoir général sur la commune de La Villette dont l’annexion est imminente. Le complexe construit par Baltard est inauguré en 1867.

 

Celui-ci scindent en 2 les activités : au nord les abattoirs, au sud le marché aux bestiaux ; entre les 2 le canal de l’Ourcq.

 

Tout ça est rendu possible grâce aux chemins de fer : une bretelle de la Petite Ceinture qui encercle Paris est aménagée, elle dessert deux gares distinctes : « Paris-Bestiaux » et « Paris-Abattoirs ».

 

La difficulté pour les trains était d’emprunter le pont-levant au-dessus du canal de l’OURCQ pour atteindre les abattoirs. Certains demandent la fermeture de Paris-Abattoirs car les animaux débarqués franchissent souvent le canal sur une rampe aménagée à cet effet en 1874.

 

Paris-Bestiaux proche de la saturation est ouverte au service de nuit par rames complètes jusqu’à 24 wagons. Un « saut de loup » (fosse) établi sous les voies de sortie en 1892, prévient toute escapade d’un animal en direction des voies de la Petite Ceinture.

 

Un autre problème préoccupant c’est le grave danger que faisait courir à l’élevage français le mélange au débarquement en gare de Paris-Bestiaux des animaux à destination du marché et de ceux destinés aux abattoirs. En effet, la contamination pouvait se produire car du bétail malade pouvait être abattu et il voisinait sur le marché avec des animaux sains qui étaient réexpédié en province propageant ainsi des épizooties.

 

La décision du gouvernement en 1959 d’implanter à la Villette un MIN de la viande pour suppléer le transfert à Rungis des halles centrales de Paris, promet un nouvel avenir au complexe ferroviaire Paris-Bestiaux : nouveaux abattoirs et équipements frigorifiques, le canal de l’Ourcq par un tunnel.

 

Commencé en 1961, pour les travaux de gros œuvre en 1968, sont brutalement interrompus pour des raisons budgétaires en 1971. L’opération n’a plus de raison d’être en raison de la désaffection des utilisateurs. Laissée sans emploi la gare Paris-Bestiaux est fermée définitivement le 31 décembre 1977. Les terrains, y compris ceux du raccordement sont rétrocédés à la Ville de Paris en novembre 1983.

 

« Au moment de son ouverture les abattoirs généraux de La Villette occupaient 20 hectares et pouvaient recevoir dans ses étables et dans ses cours 1 360 têtes de gros bétail, 1 950 veaux, 3 900 moutons et 3 240 porcs. Les abattoirs comptaient alors 151 échaudoirs et 23 ateliers d’abatage; puis un abattoir spécial à porcs y fut établi en 1874. Sont alors concentrés sur un même lieu un marché aux bestiaux, un abattoir et une partie du commerce de gros des viandes mortes. Composé pour l’essentiel d’une halle centrale pour les boeufs (actuelle Grande Halle) et de deux autres halles aujourd’hui disparues, réservées aux veaux et aux moutons et d’un abattoir pour les porcs cette « cité du sang » vivait alors son âge d’or.

 

À l’aube du XXème siècle dans ce lieu consacré au négoce et à l’abattage du bétail trois mille personnes aux noms évocateurs de « sanguins », « pansiers », « fondeurs » ou encore « boyaudiers » travaillaient chaque jour sur près de 50 hectares. Les métiers pratiqués y étaient particulièrement pénibles et firent très rapidement de la Villette la « cité du sang »: 4.000 boeufs, 22.000 moutons, 4.000 veaux et de 7.000 porcs passaient alors chaque jour par les abattoirs de La Villette.

 

… certaines activités sont spécifiquement réservées aux femmes: en triperie et charcuterie notamment, avec la préparation des carcasses de porc, récupération des soies, sang et abats, dégraissage, etc… »

 

Voici ce qu’on peut lire dans Paris-Atlas (1900) de Fernand Bournon « Les étables où les malheureux animaux attendent le coup de massue ou le coup de couteau final y alternent avec les échaudoirs, nom bizarre donné aux salles où se donne la mort. On y tue pendant la nuit, on y prépare et débite les viandes dans la journée. Les ouvriers employés à ce dernier travail sont, non moins étrangement, nommés chevillards, parce qu’ils disposent les bêtes dépecées sur des crocs en fer nommés chevilles. Il parait que ce rude métier, qui exige beaucoup de force et d’adresse, ne porte pas à la mélancolie: les bouchers de La Villette sont d’humeur joyeuse, de santé robuste comme il convient à des gens qui, par métier, font des cures de sang ordonnées aux personnes débiles. »

 

En 1900 le marché aux bestiaux de La Villette est la grande plaque tournante française du trafic des bestiaux de boucherie: 300 chevillards parisiens sont regroupés à la Villette et 2 000 bouchers détaillants se répartissent dans la ville de Paris. 137 881 tonnes sortent des abattoirs cette année là pour nourrir les Parisiens. »

Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?
Lard pour l’art… mais où sont passés les chevillards de la « cité du sang » La Villette ?

De la gare de La Mothe-Achard, les jours de foire de Mothe, j’ai vu embarqués les bestiaux, des bœufs et des vaches, dans les wagons qui avaient servis à de plus sinistres usages. Les maquignons, avec leur blouse noire, ceux que le pépé Louis détestait tant, les embarquaient sans ménagement. On disait : les bêtes partent pour La Villette.

 

Tout là-haut régnaient les chevillards sous la houlette du tout-puissant président Lemaire-Audoire… Mais l’arrivée des wagons-frigorifiques vont rendre le transport des bêtes sur pied jusqu’à Paris obsolète. Place aux abattoirs dans les grandes régions d’élevage. Et pourtant, en 1959, on décide de les reconstruire. Le but ? Installer un marché d’intérêt national de la viande. Mais rien ne se déroulera comme prévu. En 1961, les travaux commencent. Mais le chantier prend du retard et ce n’est que trois ans plus tard, en 1964, qu’est achevé le bâtiment de stabulation et en 1967 que se finit la construction du bâtiment des abattages, prévu pour produire 450.000 tonnes de viande.

 

Entre-temps, les coûts s’envolent et, surtout, avec le développement du transport frigorifique, l’abattage sur les lieux d’élevage est devenu beaucoup plus rationnel… Le chantier est arrêté en 1971. L’ensemble des activités du site sera supprimé trois ans plus tard.

 

L'Affaire de La Villette

 

S'il est une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre c'est bien celle qu'on a appelée l'affaire de La Villette. Une affaire grave s'il en fut, la Commission d'enquête parlementaire, créée en vertu de la résolution adoptée par le Sénat, le 14 décembre 1970, ne concluait-elle pas son rapport par cette phrase terrible: « Le renom et l'autorité de l'État pourraient ne pas résister à une seconde affaire de La Villette. »

 

Hé, oui, même sous notre cher Général il y eut des scandales : 1 milliard de francs jetés par la fenêtre, soit actualisé à notre époque le même chiffre mais en euros.

 

Ce fut la folie des grandeurs avec du béton cher aux Ingénieurs du Génie Rural du Ministère de l’Agriculture, des étages avec des rampes par lesquelles les animaux ne pourront même pas monter il faudra construire des ascenseurs, c’est « Chicago sur Seine » 

 

Le 23 octobre 1973, les services du Premier ministre annoncent que le Gouvernement a décidé de mettre un terme à l'ensemble des activités du marché d'intérêt national à compter du 15 mars 1974.

 

Les 54 hectares de La Villette sont alors presque entièrement détruits pour faire place au Parc de la Villette et de nouveaux bâtiments et de nouvelles activités.

 

On ne conserva que la fontaine aux Lions (1811), où les animaux venaient s'abreuver les jours de marché, l'ancien fondoir à suif (1867) reconverti en Maison de la Villette, un espace d'exposition de 1 130m², l'ancien poste de police et bureau de poste, le Pavillon Janvier aujourd'hui siège de l'Etablissement, l'ancienne bourse aux bestiaux à la criée, le Pavillon de la Bourse, siège du Théâtre Paris-Villette, l'ancienne buvette du marché, le Pavillon du Charolais, l'ancienne salle de vente des abattoirs, qui abrite la Cité des Sciences et de l'Industrie, le Pavillon des Maquettes et la Halle aux boeufs, qui est aujourd'hui une merveille de la technologie : une salle de spectacles et d'expositions, dont les plateaux et les passerelles mobiles permettent de moduler les surfaces et dont un mur acoustique permet la tenue de plusieurs concerts en même temps !

 

Aujourd’hui, cet espace de 55 hectares situé entre deux portes de Paris est occupé par des lieux d’études, loisirs et distractions, comme le Parc de la Villette, la Cité de la musique, la Cité des sciences et de l’industrie, le Zénith et dernièrement la Philharmonie de Paris.

 

DIAPORAMA ICI

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 08:00
CHAP.17 extrait sec, « la panique s'installe au PS, pris en étau entre le représentant de la France insoumise et Macron, à la façon d'un casse-noix ». Mélenchon

« … c’est agréable de se balader à Rome en mars. C’est comme quand, petit, on attend un cadeau. On sait qu’il va arriver, et ces minutes d’attente sont les plus belles. On est couvert mais on sent dans ses os que tout va changer. Que le printemps arrive. Ensuite on se tourne et on s’aperçoit que les femmes l’ont déjà perçu. Le printemps. Elles le savent bien avant nous. Un beau jour on se réveille, on sort de chez soi et on les voit. Partout. On chope un torticolis, à force de les regarder. On ne comprend pas où elles étaient, avant. Elles sont comme les papillons. Elles sortent de leur léthargie et explosent d’un coup, à nous faire tourner la tête. Au printemps tous les schémas sautent. Il n’y a plus de maigres, de grosses, de sensuelles ni de belles. À Rome, au printemps il faut juste observer le spectacle en silence. Profiter. On s’assoit sur un banc et on les regarde passer en remerciant Dieu de nous avoir fait hommes. Tu sais pourquoi ? Parce que, nous, on n’arrivera jamais à ce niveau de beauté, et en vieillissant on n’a plus rien à perdre. Mais elles si. Un jour ces couleurs s’éteindront, s’évaporeront, comme le ciel de cette putain de ville, qu’on ne voit jamais. C’est terrible la vieillesse. La vieillesse, c’est la vengeance des moches. C’est un vernis qui tue toute la beauté et anéantit les différences. Et sur notre banc, quand on les regarde, on pense qu’un jour ces créatures ne se reconnaîtront plus dans le miroir. Tu sais quoi, Italo ? Les femmes ne devraient jamais vieillir. »

Antonio Manzini.

 

Le printemps je le guette sous la calotte des nuages, dès que le ciel redevient bleu de blanc le pâle soleil d’hiver me donne envie d’aimer. Et pourquoi pas, elle, sortie de nulle part ?

 

Ce matin-là il prit sa canne à pommeau et son chapeau et, avant de monter sur son fier destrier il mit ses pinces à vélo, et au petit trot, sa brassée de fleurs des champs en mains il fila jusque sous le balcon de la belle. Qu'allait-il faire à l'aurore sur l'autre rive ?

 

Rideau, vous n’en saurez pas plus, bande de voyeurs !

 

Et si j’écrivais : Chronique d’une mort annoncée : celle du PS de l’enfant de Jarnac.

 

Je n’en ai pas le courage, et puis faut-il tirer sur l’ambulance de cette primaire, bal des faux-culs, des seconds couteaux ?

 

Claude Askolovitch, le pote de la bande à Montebourg, Peillon, Hamon au temps de leurs amours déçus, s’en charge dans Comment se dire adieu aux éditions JC Lattès.

 

« La mort fut l’exactitude du quinquennat de François Hollande, son excuse et son répit. Sans le terrorisme, il ne serait rien resté de cette présidence, sinon un glissement vers la vérité du socialisme : n’être qu’une droite civilisée. Les suppliciés de Daech ont distrait le pouvoir de son indécence. Devant leurs cercueils, François Hollande s’inventa un discours, un instant fondateur, une raison d’être.

 

Le socialisme est devenu ceci : une adhésion salvatrice à la raison d’Etat, une adéquation avec les forces armées, une détestation des contestations, un assentiment aux banalités gestionnaires, un ralliement à l’identitarisme ambiant, tout ceci habillé et masqué de commémorations, emphases et ritournelles.

 

Ces hommes ne sont pas détestables. Ils font de leur moins mal. Aux prises avec un pays que d’autres poussent vers un fascisme ronronnant, les socialistes louvoient, arrangent, préservent, compromettent, et attendent de l’adversaire qu’il soit pire, pour jouir un peu plus longtemps de la morale et des palais.

 

L’auteur les aime, comme on aime ses semblables, et ce livre est un arrachement à lui-même. Tout ce qu’on racontait, jadis, sur les lendemains qui chantent étaient une plaisanterie saumâtre. Ce livre n’est pas d’anecdotes. Il n’y a rien à révéler. Tout est là. C’est arrivé. Ça nous est arrivé. »

 

L’homme écrit bien mais il se grise au seul son de ses outrances, celle d’une gauche fantasmée, celle qui ne sait gouverner, qui n’aimait rien tant que le bon temps d’opposant où l’on pouvait s’incruster dans des bastions électoraux régionaux, fabriquer des élus à la chaîne comme des saucisses, cumuler les mandats, arrondir ses fins mois, le PS quoi !

 

Notre maire de Paris, Anne Hidalgo, en est le plus bel exemple. Nichée sous les ailes de Bertrand Delanoë, vieil apparatchik jospinien, elle a fait son nid, prospéré. La voilà qui distribue les bons et les mauvais points à ses petits copains qui ont gouverné sous Ayrault et Valls. Elle soutient dans le barnum de la Primaire Vincent Peillon qui se veut l’héritier de Hollande alors qu’elle-même fait de celui-ci le syndic de la faillite de la Gauche. De grâce madame notre maire occupez-vous des ornières de la chaussée de Paris, de sa propreté, de ses transports indigents… votre étoile nationale nous nous en tamponnons le coquillard. Y’en a marre de vous et de vos petits marquis d’une fausse union de la Gauche rabibochée pour le 2d tour.

 

Que Macron vous énerve, qu’il soit l’homme qui rend fous les socialistes, j’en conviens mais à qui la faute ? Où sont les responsables ?

 

Dans le Monde du 9 janvier Françoise Fressoz analyse le phénomène :

 

« Ironie du calendrier, on n’a jamais autant parlé du bilan de la loi Macron qu’en ces temps de primaire socialiste. Le travail du dimanche ? Au terme d’un an et demi de rudes négociations, les grands magasins parisiens vont ouvrir tous les dimanches de l’année. Des contreparties en termes d’emplois, de salaires et de conditions de travail ont été trouvées qui ont singulièrement fait baisser le volume sonore des opposants à cette extension.

 

La carte professionnelle des salariés du bâtiment et des travaux publics ? Un premier spécimen a été remis, la semaine dernière, à un salarié de la société bretonne de maçonnerie Moullec par le premier ministre, Bernard Cazeneuve, et la ministre du travail, Myriam El Khomri. Le titre, sécurisé, va être généralisé à partir du mois de février pour lutter contre le travail illégal et les abus du travail détaché. C’est la loi Macron de 2015 qui l’a rendu obligatoire en prévoyant son extension aux intérimaires et aux travailleurs détachés d’entreprises étrangères.

 

La libéralisation du marché des autocars ? « 17 % des utilisateurs n’auraient pu voyager autrement », affirme l’Arafer, le régulateur du rail et de la route, dans un premier bilan publié vendredi 6 janvier.

 

Antisocial, l’ancien ministre de l’économie ? A l’intérieur comme hors du gouvernement, Emmanuel Macron est l’homme qui rend fous les socialistes. Accusé d’hérésie libérale lorsqu’il était à Bercy, il continue de les défier et s’ingénie à perturber leur primaire, convaincu qu’une « vague monte » dans le pays qui le portera jusqu’à l’Elysée.

 

Concurrence obsédante

 

Le 7 janvier, le fondateur d’En Marche ! était à Nevers, sur les terres de Pierre Bérégovoy. Cette semaine, il sera à Lille sur celles de Martine Aubry, qui furent aussi celles de Pierre Mauroy. A chaque déplacement, l’ancien banquier d’affaires creuse son sillon libéral. Il revendique la politique de l’offre, s’engage, au nom de la promotion du travail, à accorder de nouveaux allégements de charges aux entreprises et s’interdit de taxer davantage les riches qui, sinon, seraient tentés de quitter le territoire.

 

Mais il n’oublie pas le social. Après avoir promis un gain de pouvoir d’achat à la grande majorité des salariés, il double Marisol Touraine sur le front de la Sécurité sociale en promettant le remboursement à 100 % des lunettes et prothèses auditives à l’horizon 2022. Jusqu’à présent, personne n’avait osé.

 

Comment faire avec un pareil trublion ? En 2015, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, avait cru lui régler son compte en le déclarant indigne d’appartenir à la famille socialiste. Un an et demi plus tard, le même sommait, en vain, le franc-tireur de participer à la primaire de la gauche au motif qu’il n’avait « aucun potentiel important » pour faire gagner la gauche en 2017.

 

Aujourd’hui, Emmanuel Macron a atteint un tel potentiel que le premier ministre, en personne, est obligé de sortir de sa réserve pour lui faire la leçon. C’est ainsi que dimanche 8 janvier, depuis Jarnac (Charente), Bernard Cazeneuve a invoqué les mânes mitterrandiens pour condamner la « confondante immaturité » d’Emmanuel Macron, perdu dans « un ailleurs improbable ».

 

Pour tenter d’étouffer l’égaré, le chef du gouvernement a défendu la pertinence du clivage gauche-droite auquel François Mitterrand, l’homme qui avait fait gagner son camp en 1981, croyait dur comme fer.

 

Pour un premier ministre qui ne devait pas prendre parti dans la campagne de la primaire, cela ressemble fort à une opération sauvetage de Manuel Valls qui devrait, en principe, être le favori de la gauche gouvernementale et ne l’est pas à cause de la concurrence obsédante de son ancien ministre. Emmanuel Macron fonctionne en parallèle du PS avec la profonde conviction que le clivage gauche-droite est révolu. Comment dès lors le ramener au bercail ? »

 

Face à cette urticaire, la madone de la bravitude, la Ségolène des casseroles de la Charentitude, cultive l’ambiguïté chère au François enterré à Jarnac. Elizabeth Guigou, un des derniers avatars de Jospinerie en appelle déjà à l’union du gagnant de la Primaire avec le renégat. Et pendant ce temps-là dans son Palais, l’autre François, le tout rond, évoque avec une gourmandise carnassière le beau score, 5%, de Gaston Deferre, l’ex-Monsieur X.

 

La gente journalistique s’ébroue, cherche à se refaire une virginité après son flop Fillon, voit en Hamon un nouveau Fillon, surjoue Mélanchon et Macron.

 

EXCLUSIF - Selon notre sondage Kantar Sofres OnePoint, l'ancien premier ministre serait battu au second tour face à Arnaud Montebourg et arriverait à égalité en cas de duel contre Benoît Hamon.

 

Un tournant de la campagne? Une sérieuse alerte en tout cas pour Manuel Valls. Car selon notre sondage Kantar Sofres OnePoint pour RTL, Le Figaro et LCI, si l'ex-premier ministre est bien en tête au premier tour de la primaire de la gauche avec 36 % des voix contre 23 % pour Arnaud Montebourg et 21 % pour Benoît Hamon, il est désormais donné perdant au second tour face à Arnaud Montebourg, à 47 % contre 53 %, et à égalité parfaite en cas de duel avec Benoît Hamon. Ce sondage est à analyser avec prudence tant il est délicat d'anticiper ce que sera la participation au scrutin organisé les dimanches 22 et 29 janvier par le PS et ses alliés. La mobilisation sera en effet décisive. Moins il y aura de votants, plus ces derniers seraient légitimistes, donc plutôt des soutiens à l'action du chef de l'État sortant et de ses représentants, Manuel Valls en tête… Kantar Sofres table sur une participation assez large qui pourrait tourner autour de 2,6 millions d'électeurs. Selon l'institut, une participation restreinte serait limitée à 1,3 million de personnes.

 

Une bonne nouvelle aussi pour Emmanuel Macron

 

Ce sondage est en revanche une très bonne nouvelle pour Arnaud Montebourg. Le candidat du «made in France» conserve au premier tour une petite avance sur son rival de la gauche du PS, Benoît Hamon, malgré la dynamique dont bénéficie ce dernier depuis déjà plusieurs semaines. Cette étude, qui va dans le même sens qu'un sondage Ifop publié dimanche dans le JDD, est par ailleurs une nouvelle occasion de se réjouir pour Emmanuel Macron. L'ancien ministre de l'Économie mène sa propre campagne en dehors de la primaire et rêve de voir se porter sur son nom des pans entiers de l'aile droite du PS. Il juge possible un ralliement de socialistes hostiles à l'idée de faire campagne en faveur d'un frondeur qui dénonce à longueur de meeting le bilan de François Hollande et du gouvernement…

CHAP.17 extrait sec, « la panique s'installe au PS, pris en étau entre le représentant de la France insoumise et Macron, à la façon d'un casse-noix ». Mélenchon

Mais laissons-là la Présidentielle, elle sera là dans 100 jours !

 

Intéressons-nous au cas d’Alep grâce à une chronique de Jean-Claude Guillebaud :

 

Le courage d'Yves Calvi

 

Mi-décembre, l'ancien présentateur de "C dans l'air" désormais sur LCI a fait preuve de probité journalistique, qualité moins répandue qu'on ne le croit.

 

C’est un paradoxe : quand un journaliste pose un acte de courage, on en parle dix fois moins que quand un autre "dérape" (comme on dit maintenant). La chose vient d'arriver au détriment d'Yves Calvi qui reprend désormais sur LCI, sous le titre "24 Heures en questions" (du lundi au vendredi, à 18h10), une émission comparable à son ancien "C dans l'air" de France 5. De quel courage s'agit-il ? On pourrait tout aussi bien parler de probité journalistique, qualité moins répandue qu'on ne le croit. L'auteur de ces lignes a d'autant plus envie de saluer cette probité que, dans "TéléObs", il a plusieurs fois dénoncé le néolibéralisme subliminal qui ressurgissait dans l'ancien "C dans l'air" dès qu'il était question d'économie.

 

Cet acte de courage mérite donc d'être raconté. Tout commence le 15 décembre. L'émission est intitulée "Alep seule au monde". Dans sa présentation, Calvi reprend la rhétorique en usage sur le martyre de la ville, l'agonie de sa population au milieu des ruines et l'impuissance collective. Ses quatre invités sont les suivants : Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe à "la Croix", le général Vincent Desportes, ancien patron de l'Ecole supérieure de Guerre, Frédéric Pons, journaliste et professeur à Saint-Cyr, et Frédéric Pichon, auteur d'un livre remarqué sur la Syrie ("Syrie, pourquoi l'Occident s'est trompé", éditions du Rocher, 2014).

 

Dès les premiers échanges, les remarques de chacun des invités ont tout pour surprendre l'animateur tant elles prennent le contre-pied des "éléments de langage" en usage, à ce moment-là, dans les médias. On explique d'abord que ces bombardements, en effet effroyables, ne concernent pas "la ville d'Alep" mais seulement deux ou trois quartiers de l'est de la cité. Un invité précise même qu'ils correspondent à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste de la ville - Alep-Ouest - n'est pas touché, et ses habitants se félicitent ouvertement de la reconquête annoncée des quartiers Est par l'armée syrienne. Isabelle de Gaulmyn, dont le journal a suivi de très près cette actualité, ajoute qu'il fut un temps où la tragédie était dans l'autre sens. L'Ouest - notamment les chrétiens - recevait les obus et les missiles tirés par la rébellion des quartiers Est, dont les djihadistes. A ce moment-là, ajoute-t-elle, l'opinion occidentale ne s'était guère émue. Le général Desportes enfonça le clou en ajoutant qu'aujourd'hui, l'émotion — compréhensible — suscitée par les bombardements des lointains quartiers Est concernait une population civile prise en otage par les djihadistes, ces derniers, pour une bonne part, étaient les mêmes que ceux que la France bombarde avec ses avions Rafale à Mossoul, en Irak. Très vite, on sentit Yves Calvi désarçonné par la convergence de ces témoignages qui, tous, illustraient une faillite de la diplomatie française (et des grands médias hexagonaux). Laquelle diplomatie était aussi confuse et changeante que celle de Vladimir Poutine fut déterminée et constante.

 

Au final, répondant à la question d'un téléspectateur, Vincent Desportes rappela que, dans l'Histoire, les sièges des grandes villes furent à la fois très longs et très meurtriers : Leningrad, Stalingrad, Sarajevo, Falloujah, etc. Après avoir argumenté pied à pied avec ses invités, Calvi ne dissimula plus son embarras. Il confessa même sa crainte d'avoir organisé une émission "révisionniste". Du coup, moins d'une semaine plus tard, le 21 décembre, Yves Calvi choisit de revenir sur le sujet d'Alep avec, cette fois, un seul invité : Eric Denécé, directeur du Centre français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). Or, non seulement ce dernier confirma les analyses de l'émission précédente, mais il en rajouta sur les médias, en parlant d'une "énorme falsification de l'information", allant jusqu'à dire crûment : "On s'est fait rouler dans la farine avec Alep."

 

Il ajouta bien sûr que quand nos grands médias dénonçaient dix fois par jour les crimes commis en Syrie, ils étaient moins prolixes pour parler de ceux commis au Yémen par nos "amis" saoudiens, lesquels bombardent à l'aveugle la totalité du territoire et des villes yéménites.

 

Précision importante, capitale même. On a réécouté ces différents témoignages recueillis par Calvi au sujet d'Alep. A aucun moment il ne fut question de trouver des excuses à Bachar el-Assad ou de minimiser les crimes commis par son régime. Lequel restera - et reste, hélas - comme l'un des plus barbares qu'ait connu le Proche-Orient depuis le coup d'Etat de Hafez el-Assad (père de Bachar) en 1970. Soit quarante-six ans d'une tyrannie abjecte. Mais pour combattre une tyrannie, il faut s'interdire de mentir ou de truquer la vérité. Pour cette raison, merci et bravo, Yves Calvi !

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 06:00
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.

Sylvia Plath est une artiste anglaise, poète et dessinatrice, née le 27 octobre 1932, qui se suicida en février 1963. Elle avait épousé le poète Ted Hughes dont elle divorça en octobre 1962.

 

Jeune épousée elle écrit le 15 décembre 1956 à son amie Marty (Marcia) Brown Stern à propos de son mari «Il m’a remise sur la voie de l’écriture et du dessin après un mauvais hiver… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa fille Frieda Hughes note « Elle attribuait souvent à mon père le don de lui rendre son inspiration créatrice lorsqu’elle était empêchée ou ne savait pas qu’elle direction prendre. »

 

Sylvia Plath écrit à son mari, un dimanche matin 7 octobre 1956

 

Mon Teddy bien-aimé,

 

[…]

 

« Hier, sitôt le déjeuner, j’ai pris mon carnet à croquis et j’ai marché, marché jusqu’à Grantchester Meadows où je me suis assise dans l’herbe haute et verte au milieu des bouses et j’ai dessiné deux vaches, mes premières vaches. Elles sont restées couchées gentiment pendant que je dessinais la première, au repos, la tête très bovine mais le corps un peu comme un sofa en crin de cheval, tout plat et informe puis, soudain, elle sont eu faim et un troupeau entier s’est levé, je crois que c’étaient des taureaux, elles n’avaient pas l’air d’avoir de pis. J’ai déguerpi et suis allé m’installer au bord de la rivière, j’ai fait une ébauche rapide de l’une d’entre elles en train de paître ou, plus exactement, de plusieurs réunies en une seule car elles bougeaient continuellement, si bien que les muscles des flancs sont tous ratés, mais fort décoratifs. J’ai reçu de ces vaches un sentiment de paix, le don étrange de leurs regards pensifs, la merveille colossale de leurs jets de pisse et de merde. Je vais y retourner bientôt, remplir tout un cahier de dessins de vaches.

 

[…]

 

Hier j’ai dessiné avec bonheur un parapluie et une bouteille de chianti, aussi des châtaignes plus réussies, des chaussures ratées, une bouteille de beaujolais. Je ne vais pas tarder à m’attaquer avec fanatisme à de douloureux paysages d’herbe – je parie que si je couvrais une page entière de brins d’herbe ça se vendrait ; je vois l’Infini dans un grain de sable. »

 

Croyez-moi, l’ancien gardien des vaches du pépé Louis que je suis ça me parle et ça me touche au cœur.

« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
« Je vois l’Infini dans un grain de sable. » Sylvia Plath qui dessine avec bonheur une bouteille de beaujolais.
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 06:00
« Sauvez nos plants de vigne ! » les basques à la conquête de l’Ouest américain… et L. Bauchet le père de la vigne californienne

Le hasard fait souvent bien les choses. C’était un lundi matin où j’avais envie de glander. Pourquoi ne pas m’offrir un bon vieux western sur TCM ! Pile poil dès que je branche le générique de l’un d’eux défile : Thunder in the Sun, Caravane vers le soleil en français, un film de Russell Rouse sorti en 1959.

 

Que du bonheur je me dis, ça va être cliché sur cliché, et tout au début le film en empile avec un Lon Bennet, loup solitaire, cow-boy de pacotille, sans un rond, qui se fait engager par des immigrants pour aller à la conquête de l’Ouest.

 

Les deux héros, Jeff Chandler Lon Bennett et Susan Hayward Gabrielle Dauphin, campent à merveille le looser et la femme fatale dont la coiffure sera toujours impeccable tout au long du film.

 

Je visionne en VO et très vite je comprends que les immigrants sont des basques français qui étonnement s’exprime en français. Bennett découvre avec surprise, alors qu’il lorgne sur la belle Gabrielle, les coutumes de ces gens : on les fiance dès leur plus jeune âge, ils promènent avec eux des cendres ardentes de leurs ancêtres et se montrent rigides.

 

Alors que je me dis que le film va être un long chapelet de poncifs je découvre avec stupeur que l’un des chariots de ces basques transporte des plants de vigne racinés avec des feuilles bien vertes qu’ils souhaitent planter dans la terre fertile de Californie.

 

Ils sont prêts à tout pour leurs plants de vigne : partager leur eau avec eux dans le désert, risquer la vie de leurs chevaux et même la leur.

 

De quoi passionner les accros de la LPV.

 

Mais l’intérêt du film rebondit, prend sa véritable envolée lorsque les indiens menacent. Ils apportent une dimension supplémentaire à travers une troisième culture, celle des sauvages, qui intervient dans l’histoire.

 

Alors se déroule un combat étonnant, entre indiens et basques qui sont, sachez-le, de redoutables combattants des montagnes ! En sautant de pierre en pierre, en hurlant leurs cris de guerre, ils seront plus forts que la horde de sauvages qui veut les empêcher de rejoindre leur terre promise.

 

Sans déflorer la fin de l’histoire qui ne pouvait à cette époque que se terminer par un happy end, je me suis dit mais est-ce donc les basques qui ont implantés la vigne en Californie ?

 

Le site France-USA répond à ma question :

 

Les Français dans le Sud de la Californie

 

1ère partie (1779 - 1859)

 

L’influence des Français à Los Angeles a commencé avant même qu’elle ne soit fondée ! C’est en effet Théodore de Croix (Croix-Lille 1730 - Madrid 1791), capitaine général des provinces du Nord-Ouest du Mexique pour le roi Charles III d’Espagne, qui a recommandé la création d’un pueblo sur les rives de la Porciúncula. Ce voeu sera réalisé par le gouverneur Felipe de Neve qui signera la décision de fondation le 26 août 1781, le "Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Angeles" étant inauguré le 4 septembre suivant.

 

Il faut ensuite attendre l’indépendance du Mexique en 1822 pour que la Californie s’ouvre à d’autres personnes qu’aux citoyens castillans, catalans ou basques d’Espagne. La présence ancienne des Basques explique en grande partie l’attrait de la Californie chez leurs cousins français de la Soule, de Basse-Navarre et du Labourd qui ont maintenu jusqu’à nos jours une grande tradition d’éleveurs et de fermiers.

 

Les premiers immigrants français dont l’histoire a retenu les noms sont d’anciens soldats de Napoléon Bonaparte venus aider les indépendantistes mexicains et arrivés dans le pueblo en 1827 avec leur officier Louis Bauchet. Les tout premiers vignobles de la Californie ont été plantés en 1832 en bordure des rues Macy et Aliso par Louis Bauchet et Jean Louis Vignes (un natif de Béguey, canton de Cadillac, Gironde, arrivé en 1831) : ils produiront jusqu’à 150.000 bouteilles par an. En 1834, Vignes plante aussi la première orangeraie de Los Angeles. De 1832 à 1837, l’église de la plaza du pueblo a comme prêtre résident un père de Picpus, Jean Auguste Bachelot.

 

La suite ICI 

 

Les Basques dans l'Ouest américain (1900-1910)

 

Marie-Pierre Arrizabalaga

 

ICI 

« Sauvez nos plants de vigne ! » les basques à la conquête de l’Ouest américain… et L. Bauchet le père de la vigne californienne
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 06:00
Le seul intérêt de cette photo c'est la présence d'un Minitel sur mon bureau

Le seul intérêt de cette photo c'est la présence d'un Minitel sur mon bureau

Nul n’est parfait, moi le premier, un beau jour de 1978 je me suis retrouvé rue des Saints Pères à Sciences Po, par la grâce de deux de mes collègues de la rue Barbet de Jouy, siège de la Direction de la Production et des Échanges, qui estimaient que leur titre d’ingénieur d’agronomie leur barrait la route des hautes fonctions. Il voulait faire l’ENA et à la cantine ils m’avaient convaincus de les accompagner. J’y suis resté 3 mois où j’ai pratiqué, au séminaire de Gabriel Vught, qui fut Directeur (1975-78) de cabinet de Christian Bonnet (ministre de l’Agriculture), l’art de l’exposé.

 

Le sujet : le rôle du chef de bureau dans l’Administration Centrale.

 

Sans me jeter des fleurs, j’y fus brillant, ramassai une très belle note en démontrant que ce chef était le pivot de la mécanique administrative par son expertise et sa proximité des remontées du terrain. Mon départ provoqua l’étonnement de mes collègues, ils sont tous deux devenus énarques. Moi pas mais j’avais noté dans ma petite tête la réflexion ironique du Directeur, Bernard Auberger, qui m’avait recruté comme contractuel, premier Inspecteur des Finances à diriger une direction technique au Ministère, « Berthomeau l’important ce n’est pas d’entrer à l’ENA c’est d’en sortir… » Sous-entendu d’en sortir dans la botte des Grands Corps.

 

Ce cher avait décelé chez moi, une ambition, celle de tenir les manettes et non de croupir sous les ors d’une sous-préfecture. Nul n’est parfait, je l’ai déjà dit.

 

Moi je quittais Sciences-Po, et mon job de contractuel pour intégrer l’Office National des Vins de Table où je succédais à un énarque : Jacques Graindorge.

 

Pas très glorieux mais un escalier ça se monte marche après marche.

 

Si j’ai postulé à l’ONIVIT c’est sous l’amicale pression du chef du bureau du vin du Ministère, Jean-Louis Blanc, premier énarque à occuper ce poste. Ce garçon, Agro Paris et énarque marquait la fin des chefs de bureau en manches de lustrines de la rue Barbet de Jouy.

 

Il faut dire qu’en ce temps-là le Ministère de l’Agriculture, avec ses négociations permanentes à Bruxelles sur la PAC et la fixation des prix, attirait les énarques les plus brillants.

 

Jean-Louis était de ceux-là, mais contrairement aux idées reçues sur les énarques il ne vivait pas dans un autre monde fait de dossiers et de notes au Ministre. Son cocon familial le prédisposait : mère chercheuse à l’INRA et père dirigeant l’entreprise Barberet&Blanc leader mondial de l’œillet.

 

Avec Jean-Louis ce qui nous intéressait c’était le vin et les vignerons. Nous bossions avec jusque ce qu’il faut comme déconnade. Pour preuve, lors d’un remaniement ministériel, il m’avait fait appeler par un membre du cabinet de Pierre Méhaignerie pour me dire qu’on me proposait un poste de conseiller au cabinet. Flatté même si j’étais vert au sens propre, rose au plan politique, je passai ma matinée à rédiger une réponse négative.

 

Pourquoi ce matin je vous tartine des souvenirs bien lointains ?

 

Tout simplement parce que j’ai appris par Vitisphère que :

 

« Passée par l’Ecole normale et l’Ena, la jeune femme prend la suite d’Arnaud Dunand, passé inspecteur en chef de la santé vétérinaire.

 

La filière vin a une nouvelle chef du bureau des vins. Marie de Sarnez vient tout juste de prendre ses fonctions. Mais, elle ne fait pas ses premiers pas au ministère de l’Agriculture puisque, durant l’année 2016, elle a épaulé la chef du bureau des Fruits et légumes et produits horticoles, en tant que son adjointe. Agée de 28 ans, Marie de Sarnez a fait ses classes à l’Ecole normale et l’Ena et, indique son profil Linked’in, s’est particulièrement intéressée aux questions diplomatiques. Participant, le 10 janvier, au Conseil d’administration de l’Institut français de la vigne et du vin, elle s’est montrée heureuse de découvrir la filière vin. »

 

Arrêté du 7 janvier 2016 portant affectation aux carrières des élèves de la promotion 2014-2015 « Winston Churchill » de l'Ecole nationale d'administration ayant terminé leur scolarité au 31 décembre 2015.

Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

Marc DUFOURMANTELLE, Marie de SARNEZ.

 

Elle est sur Twitter depuis juillet 2009 et a 89 abonnés.

 

Elle est aussi sur Face de Bouc je vais lui envoyer une demande d’ami.

 

Pourquoi tant de sollicitude pour ce nouveau chef de bureau ?

 

Tout simplement parce que dans la dernière ligne droite de mon parcours, alors que j’officiais au « gagatorium », le CGAER, j’ai été frappé par l’absolue déconnexion de la réalité du terrain des chefs de bureau.

 

Ce n’est pas leur valeur intrinsèque que je mets en cause mais leur enfermement dans les problématiques véhiculées par les Présidents professionnels et leurs technocrates qui portent leur serviette. L’écho du terrain ce sont eux, et eux seuls qui le portent.

 

Je forme un vœu pour Marie de Sarnez : qu’elle ouvre en grand les portes et les fenêtres de son bureau pour y laisser entrer la réalité et dépoussiérer les dossiers.

 

Sans doute est-ce le syndrome du vieux que d’affirmer que l’expérience se mesure, pas que, à l’aune du temps passé à la fois au plus près de la réalité, et avec un certain recul.

 

Lorsque je suis arrivé en 1975 rue Barbet de Jouy, les vieux chefs de bureau, même s’ils étaient un peu amortis, passé le moment où ils m’ont perçu comme un trublion, m’ont transmis leur pratique.

 

Avant de quitter mon poste de « médiateur », pressentant le choc de la fin des quotas laitiers, j’ai souhaité tenter de transmettre « mon savoir-faire » à mes jeunes collègues. Peine perdue, j’ai jeté le gant au bout de 18 mois face à l’écoute polie mais sans effet.

 

Enfin, Marie de Sarnez, faites vôtre la réponse que Jean Glavany, alors Ministre, me fit lorsque je lui fis part de mon souci face à la capacité du monde du vin à relever certains défis : « Moi tu sais en dehors du Madiran je n’y connais pas grand-chose, alors au boulot ! »

 

Bon boulot à vous…

 

C'est signé : un ancien Taulier du cabinet d'un Ministre de l'Agriculture...

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 06:00
Au lieu de sucrer les fraises plantez-donc des fraisiers-ananas dans vos vignes… Vive le paysan c’est un naturaliste empirique…

Nul besoin de vous faire un dessin pour vous donner le sens de l’expression sucrer les fraises.

 

« Je l'empochai [le trousseau de clés], et tranquillisé de ce côté, m'emparai avec précaution du portefeuille qui faisait coucou. Je sucrais passablement les fraises, mais ce qui doit être fait doit être fait, et je n'allais pas laisser passer l'occasion. »

 

Léo Mallet 1955. Fièvre au Marais

 

Mais comme j’aime ramener ma fraise, alors que je n’avais pas pris le temps de lire un encadré dans le dernier LeRouge&leBlanc, Alice et Olivier de Moor sur leur mur de Face de Bouc m’ont mis la puce à l’oreille.

 

« Je me permets de faire circuler ce texte extrait de LeRouge&leBlanc.

 

Il s'agit simplement d'essayer. Ce fut une des pistes pour lutter contre le Phylloxera. A tous les vignerons, vous pouvez risquer quelques francs de pied. Si ça ne marche pas vous aurez des fraises. Mais si ça marche !!! On peut toujours l'espérer. Précision utile: à cette époque tous les fraisiers originaires d'Amérique étaient prénommés "fraisiers ananas"...

 

J'espère que vous pourrez lire cet extrait, ce qui ne vous empêche pas de vous abonner au R&B.

 

Bon jardinage !!! »

 

Vérification faite c’est Alice et Olivier qui ont confié à Sonia Lopez-Calleja un texte où il est fait état des observations de Mme Amélia de Bompar. (Ci-dessous)

 

Qui est donc cette dame ?

 

C’était la propriétaire du château Laffitte Grand Orme à Bordeaux à la fin du XIXe. Elle constata que certaines de ces vignes au milieu desquelles étaient plantés des fraisiers-ananas, étaient épargnées par le phylloxera.

 

Olivier de Moor fait remarquer à juste raison :

 

« Cette dame n'était pas une scientifique. Elle s'est heurtée au milieu scientifique et politique. De plus, c'était une femme, et en jeu il y avait 1 250 000 francs, puis deux millions de prime à qui trouverait le remède. Elle ne fait qu'observer. Et de plus c'est une femme qui propose des choses "simples" à l'observation du rapport entre plantes. Il aurait fallu mobiliser des entomologistes et étudier la piste, pour la comprendre la valider ou la rejeter. Ce qu'elle demandait. Mais déjà Amélia de Bompar se confrontait aux moyens préconisés plus lourds, donc plus sérieux d'aspect. Immersion des vignes, sulfure de carbone, et greffage. Donc à un commerce naissant. »

 

Mme Veuve Bompard explique qu'au milieu du XIXe siècle, la vigne rapportant plus que le Blé, les agriculteurs se sont convertis à la vigne avec les même moyens. Le labour, selon elle, a fait beaucoup de mal detruisant certains équilibres.

 

Cette dame a publié 3 ouvrages sur le phylloxéra.

 

  • Le Précurseur du phylloxera, par Mme Amélia Bompar [Edition de 1876]
  • La Délivrance de la vigne, ou la Découverte du trombidion dévorateur du phylloxéra, par Mme Amélia de Bompar Reliure inconnue – 1878
  • Vve Amélia de Bompar. La Vigne phylloxérée, sa guérison radicale par le fraisier1887

 

Notes : ICI et ICI

 

Voici donc le texte publié dans LeRouge&leBlanc :

Au lieu de sucrer les fraises plantez-donc des fraisiers-ananas dans vos vignes… Vive le paysan c’est un naturaliste empirique…
Au lieu de sucrer les fraises plantez-donc des fraisiers-ananas dans vos vignes… Vive le paysan c’est un naturaliste empirique…

La fraise ananas pousse lentement, en novembre et décembre, discrètement, sur les hauts plateaux chiliens. Elle ravit le palais des Sud-Américains, tandis que les Européens commencent seulement à la connaître. Une pépite blanche aux akènes grenat, un fruit rare et précieux, qui ne résulte pas d'une mutation génétique, mais serait au contraire l'ancêtre de notre fraise, la mère de tous les pieds de fraises rouges qui auraient muté génétiquement pour s'adapter.

 

Pourtant, la dame blanche a déjà fréquenté le vieux continent. Elle a débarqué sur nos terres au XVIIIe siècle, dans les bras du bien nommé Amédée-François Frézier. Cet espion au service du roi de France parcourait les côtes de l’Amérique du Sud afin de croquer les fortifications espagnoles. Botaniste dans l’âme, il a rapporté en France cinq plants de Fragaria chiloensis, au terme d’une traversée de six mois. Charnues, grosses, et à l'incomparable goût d'ananas, ces pieds ne donneront pas, sur le sol français, le résultat escompté. Les pieds abondent en feuillage mais ne produisent aucun fruit.

 

La légende se poursuit et dit qu'un jeune soldat originaire de Plougastel aurait subtilisé un plant avant de le transplanter en pleine terre au milieu de ses fraisiers. Enfin le miracle se produit : la fraise-ananas donne ses premiers fruits sur le sol français.

 

En fit, en l’absence de plant mâle, ils se sont hybridés fortuitement avec le fraisier de Virginie. Et leurs descendants ont perdu la pâleur caractéristique de l’espèce.

 

Cette nouvelle variété, le fraisier ananas (Fragaria ananassa), a fructifié en presqu’île de Plougastel-Daoulas (29). Elle est devenue, par sélections successives, la variété à gros fruits que l’on cultive aujourd’hui en Europe. La fortune de la commune finistérienne était faite, et une expression-label était née, les “ Fraises de Plougastel ”.

 

Une des particularités de la fructification du fraisier-ananas est la nécessaire pollinisation par un fraisier semblable. Il faut donc planter et entretenir deux fraisiers côte-à-côte pour espérer obtenir quelques fruits.

 

Ce processus de pollinisation explique aussi en partie la difficulté de faire pousser cette espèce dans nos contrées.

 

À noter : le fruit de la fraise, qu'elle soit rouge ou blanche, n'est pas la partie charnue dans laquelle on croque mais les akènes, ces minuscules grains répartis tout autour de la chair.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:00
En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?

Je le confesse humblement, mécréant et ignorant que je suis, jusqu’à ce qu’un vigneron bourguignon m’alertât, en m’« enduisant » avec malice en erreur sur l’orthographe du nom, j’ignorais jusqu’à l’existence du domaine Bonneau du Martray.

 

Mais je me suis rassuré en me disant :

 

- Les beaux nez de notre beau pays François n’ont guère jusqu’ici encensé le Bonneau du Martray ;

 

- Ce nectar, estampillé vieille famille, de la fameuse colline de Corton est, me dit-on, surtout exporté.

 

Une fois passé les hauts cris sur la mainmise d’un milliardaire ricain sur ces belles ouvrées bourguignonnes la question du nombre de zéro du chèque s’est bien sûr posé.

 

Comme je l’avais écrit dans ma première chronique c’est le vendeur qui a la main, c’est lui qui choisit l’acquéreur, surtout s’il est en position de force, nul n’est obligé de vendre au plus offrant.

 

La famille Le Bault de la Morinière pour régler ses problèmes de succession aurait pu choisir d’autres solutions que de céder 80% de son capital à un américain.

 

Il ne fait aucun doute qu’elle a choisi d’optimiser le montant du chèque puisque le porte-parole de la famille indique «Quand la famille Le Bault de la Morinière a décidé de mettre en vente, son conseil est entré en contact, à l'échelle mondiale, avec les dix personnes susceptibles d'acquérir le domaine».

 

Elle est entrée dans la logique des cédants d’entreprise dans un univers mondialisé : la valorisation de leur capital sur la base de son potentiel économique, commercial, qui va bien au-delà de la seule valeur comptable de son capital.

 

Bien évidemment on peut regretter que le « modèle bourguignon », dont il faudra un jour m’indiquer qu’elle est sa consistance au XXIe siècle, se pervertit en jetant aux orties le mythe de l’exploitation familiale protectrice.

 

Sans jouer le provocateur je me permets de poser la question : au nom de quoi une entreprise viticole aurait-elle un comportement différent de celui d’un entrepreneur d’un autre secteur ?

 

À noter qu’on ne brade pas le patrimoine national puisque les vignes ne sont pas délocalisables, et que l’acquéreur a tout intérêt à tirer son produit vers le haut pour amortir son investissement.

 

On va me rétorquer que ce sont là que des gros mots insupportables… Je veux bien en convenir mais il faudra que l’on m’explique concrètement comment faire pour que la transmission d’une entreprise vigneronne se fasse dans des conditions jugées acceptables par les tenants d’un autre monde ?

 

Je vais pousser la provocation un peu plus avant en affirmant que l’une des voies possibles consiste en l’émergence de vignerons ou d’entreprises vigneronnes bourguignonnes en capacité d’être des acheteurs potentiels de leurs voisins qui veulent ou qui doivent passer la main.

 

Même si tout ça me mène au bucher je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que l’AOC a été créée, non pour de seules raisons qualitatives, mais pour des motivations protectionnistes du producteur : pour qu’il puisse garder pour lui-même une part équitable de la marge générée par la vente de son produit à l’acheteur final ?

 

Ma question est simple : est-ce le cas dans la belle Bourgogne des mythes du petit vigneron accroché à son terroir familial ?

 

Je ne dispose d’aucun élément de réponse mais j’aimerais bien avant d’être vilipendé que ceux qui disposent des chiffres m’éclairent ?

 

Alors, est-ce que 100 millions d’euros pour Bonneau du Martray c‘est cher ?

 

La réponse, bien française, du porte-parole de la famille Le Bault de la Morinière, «Vous êtes loin de la réalité», le beau chèque est «très, très élevé», est en soi révélatrice.

 

En effet, comme me le dit avec pertinence un vigneron bourguignon qui sait de quoi il parle : « Entre nous je pense que c’est faible. Cela mettrait l’ouvrée à 380 000 euros. Le double, au moins, me paraitrait plus raisonnable. »

 

De plus, notre américain amateur de football y trouvera son compte, il prend bien moins de risques qu’en engloutissant ses millions dans le gouffre de la première League de nos voisins anglais.

 

Il faut toujours savoir nommer les choses ou les évènements afin de ne pas travestir la réalité.

 

La vente de Bonneau du Martray créée-t-elle un «un événement sur la Côte» - celle de Beaune ?

 

La réponse est oui au sens où elle est révélatrice d’une situation, en effet la flambée du prix des vignes n’est pas le fait de l’acheteur américain, le prix du foncier flambe naturellement, et pour une grande partie, c’est lié à l’incapacité de ce que l’on nomme la propriété à considérer le marché sur lequel se vendent ses vins.

 

Ce n’est donc pas une surprise mais le retour « normal », à la bordelaise oserais-je dire, de la valeur sur le marché mondial de vins iconiques bourguignons.

 

D’une certaine manière le monde du vin bourguignon feint de découvrir que le temps de l’entre-soi est sans doute en train de s’effilocher et qu’il serait temps de cesser de se leurrer en brassant des mythes pour regarder la réalité en face.

 

Tu vas te faire bien voir me disait souvent un collègue… Qu’importe, je suis vacciné.

 

L’important face à un tel dossier c’est d’évaluer les symptômes qu’il révèle, cliniquement, sans affect, afin de pouvoir, s’il est encore temps, et je crois qu’en Bourgogne c’est le cas, imaginer ce qu’il est nécessaire de faire.

 

En attendant, pour pallier mon ignorance je vais aller déguster un flacon de Bonneau de Martray avec une gorge profonde qui va me tuyauter sur le montant réel de la transaction.

 

Nous lèverons nos verres à la rouerie du futur gérant de Bonneau du Martray, Armand de Maigret, pour qui le domaine est tombé en de bonnes mains : «Nous sommes des viticulteurs et pas une machine marketing». «C'est une propriété qui partage la même philosophie que la nôtre en Californie, basée sur la qualité des terres et des vins. Notre travail va consister à maintenir le domaine en ajoutant de petites astuces californiennes et en transférant quelques astuces bourguignonnes en Californie».

 

Ça fait un peu cher l’échange de petites astuces, ne croyez-vous pas… une façon de dire beaucoup de bruit pour rien sauf à exciter quelques plumitifs du vin bien incapables de dépasser la fonction de haut-parleur d’une dépêche AFP.

 

C’est fait j’ai dégusté une belle lichette (grâce à la petite pompe) de ce Bonneau du Martray 2001 qui jusqu’à avant-hier n’avait de mythique que son foncier : 11 ou 12 ha d’un seul tenant. Ce n’était qu’un producteur parmi d’autres, juste avec une particule qui donnait un air vieille France. Ce n’était pas , et ce ne sera toujours pas, la Romanée Conti ou Leroy, ni même le Clos des Lambrays, les Comtes Armand ou d’Angerville.

 

Mais avec le buzz de la vente le voilà sorti de l’ombre, l’acheteur fait d’une pierre deux coups en signant un chèque probablement confortable, il s’offre une pub mondiale qui va lui permettre de faire casquer les futurs acquéreurs.

 

Alors, est-ce que tout cela est bien raisonnable ? Est-ce que notre milliardaire américain s’est offert une danseuse pour flatter son égo comme le pense le monsieur qui sait tout sur tout François Mauss ICI 

 

Je n’ai jamais vu aligner autant de poncifs au cm2 et, comme tous les fameux amateurs, il ne sait pas compter. Je le mets au défi de me faire un calcul de retour sur l’investissement qui démontre que notre américain n’est qu’un gogo qui dépense sans compter.

 

Comme me le faisait remarquer un en déjeunant ami parisien qui n’a pas sa langue dans sa poche mais qui soit compter « à la limite à 100 millions d’euros celui qui s’est fait baiser, c’est Bonneau du Martray… » avant d’ajouter « … raison pour laquelle je pense que le chèque est plus gros, parce qu’on a beau être « fin de race », un peu chétif et sans lumière à tous les étages, on a quand même le sens de valeurs. On sait ce qu’on possède. »

 

Pour le montant du chèque, dès que mes gorges profondes m’auront informé je vous le communiquerai… et comme  je ne vends pas des copié-collé de dépêche AFP, y compris dans sa version anglaise, j'aurai fait le boulot pour le plaisir d'informer...

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la dernière saillie de mon ami : parmi tous ceux qui poussent des cris d’horreurs, qui s’indignent concernant le prix de vente, je suis persuadé que pas un d’entre eux ne laisserait sa maison ou son appartement à un prix inférieur à celui du marché...

 

à méditer... 

 

En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?
En Bourgogne, t’as plus rien pour moins de 100 millions de patates, l’ouvrée de Bonneau du Martray ça vaut combien ?
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