Vin & Cie, en bonne compagnie et en toute liberté ...
Extension du domaine du vin ...
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... "
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Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.
Emmanuel Macron a même réussi à « pervertir » les poissons plats puisque certains regardent à droite comme la sole, la plie et d’autres à gauche comme le turbot et la barbue.
Ma chronique du jour est une contribution au refus de la pêche électrique :
Pêche électrique : l'heure du choix pour l'UE
Le Parlement européen se prononce mardi 16 janvier sur l'interdiction ou l'autorisation de la pêche électrique, accusée de détruire la faune marine, mais autorisée par l'UE à titre expérimental.
Le nom de plie en français, ainsi que platija en espagnol et un des deux noms en italien de la plie, platessa, remontent au latin tardif platessa, employé dans son Épître à Théon par Ausone, qui semble en avoir fait un dérivé du grec platus « plat, large ».
En anglais, plaice est un emprunt à l’ancien français plaïs, qui désignait la plie.
On donne en français le nom de plie à une dizaine d’espèces, qui ont diverses appellations dans les autres langues. L’une des espèces importantes dans les pêches françaises est la plie cynoglosse, à laquelle Linné a donné le nom cynoglossus, à partir du grec kunoglôssa (mot à mot « langue de chien)
La pêche de la plie cynoglosse est assez importante, mais l’espèce de plies la plus pêchée est la plie commune ou carrelet.
« De la famille des poissons plats “droitiers”, la plie, aussi appelée “carrelet”, est un poisson benthique qui passe une grande partie de sa vie sur les fonds sableux ou vaseux.
En France, l’espèce représente moins de 1 % des ventes sous criée. Les plus gros débarquements sont enregistrés à Boulogne-sur-Mer (29 % des débarquements en 2015). Les autres débarquements sont répartis sur les autres ports normands.
Selon les stocks, le mâle atteint sa maturité sexuelle entre la 2e et la 6e année et la femelle entre la 3e et la 7e année, quand elle mesure 30 cm en Manche, 27 cm dans le golfe de Gascogne. La reproduction a lieu à des périodes différentes de l’année selon le lieu de vie de la plie (de janvier à avril en mer du Nord par exemple). La longévité de la femelle est de 24 ans, alors que celle du mâle est de 12 ans.
En France, la plie est principalement capturée par des leyeurs, des chalutiers de fond et des chalutiers à perche. »
La plie est un téléostéen et appartient à l’ordre des pleuronectes. Les deux yeux se trouvent du côté coloré droit du corps. La peau est lisse et la ligne latérale au-dessus de la nageoire est pratiquement droite. Les taches rouge-orangées du côté vert brun sont typiques
La chair du poisson est fine, ferme, tendre et avec un goût excellent. Cuit, poché ou étuvé, en filets ou en entier, ce poisson est un vrai régal. La plie se cuit d’ailleurs parfaitement sur la peau.
Est-ce que j’eusse dû l’écrire à l’encre sympathique ce poulet ?
Nul besoin, mon Hercule Poirot est unique, il est mien et se reconnaîtra sans peine même si j'eus aimé que son patronyme chutât du côté d’un légume cher à mon cœur de Commandeur du Mérite Agricole.
En revanche l’emploi du « Plus-que-parfait » du subjonctif pour mon interrogation lui sied parfaitement, c’est un as, un peu maniaque, de la concordance des temps.
Cet amour immodéré le rapproche de la belgitude de l’Hercule Poirot d’Agatha Christie qui se serait inspirée d'un gendarme belge, Jacques Hornais, réfugié au Royaume-Uni pendant la Première guerre mondiale pour lui donner naissance.
Mon Poirot à moi a sucé le lait du Grevisse.
Rappelons aux petites louves et petits loups ignares que le Grevisse, Le Bon usage est une grammaire descriptive et prescriptive du français, publiée pour la première fois en 1936 par Maurice Grevisse.
Belge comme Poirot, né à : Rulles, le 07/10/1895 et mort à : La Louvière, le 04/07/1980
Biographie :
« Maurice Grevisse naît d’un père forgeron et d’une mère couturière. En obtenant son diplôme d’instituteur, il s’écarte de la voie professionnelle paternelle.
Il devient alors successivement régent littéraire, professeur et, enfin, accède en 1925 au titre de docteur en philosophie et lettres à l’Université de Liège.
Ayant accepté de refondre une grammaire scolaire existante, il rédige une œuvre originale, Le Bon Usage, qui paraît en 1936 et deviendra le centre de toute une vie.
Les plus grands grammairiens et écrivains de l’époque, dont André Gide, vont saluer ce travail minutieux. Il publie également une série de manuels reconnus pour l’enseignement secondaire.
Plusieurs distinctions viendront ponctuer une carrière admirable, comme le prix De Keyn de l’Académie royale de Belgique en 1939 et la médaille d’or de l’Académie française en 1946.
Maurice Grevisse disparaît le 4 juillet 1980 après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse. »
J'ai moi aussi tété le Bon Usage mais, avec l'âge, je me laisse aller cher monsieur Poirot et c'est la Bérézina.
Alors, lorsque je vous croise, cher lecteur, vous ne manquez jamais, avec une délectation gourmande, de me cribler de flèches, je suis votre Saint-Sébastien, à l’encre rouge vous soulignez tous mes manquements au Bon Usage.
J’en conviens aisément mais, comme il est difficile d’en placer une avec vous, je n’irai pas jusqu’à dire que je m’en tamponne car ça offenserait ma défunte mère très soucieuse de la bonne orthographe et mademoiselle Brye mon institutrice qui aimait tant mes zéro fautes en dictée.
Tout fout le camp mon bon monsieur Poirot, tout décline, je ne suis qu'un vieillard indigne qui ne relit jamais ses chroniques. La gratuité a un coût cher Poireau et je suis tout disposé à vous accueillir comme correcteur en appliquant le même principe.
Mon image d’Hercule Poirot est celle de Peter Ustinov dans le film Mort sur le Nil film britannique de John Guillermin, sorti en 1978.
La moustache en plus et la calvitie en moins j’y retrouve un peu de vos rondeurs, un peu de vous qui, tel un Giscard face à un Mitterrand, aimez tant me poser des colles sur lesquelles je sèche sans honte puisque je n’ai nulle envie de répondre.
Ma devise « Sur mon lisse, tout glisse...» m'a permis de sortir indemne du marigot politique, je suis blindé.
Je vais vous faire un aveu, ou plus exactement je vous lance un défi : venez donc, sur un sujet de votre choix, exercer vos talents de plume – je ne suis pas ironique – et votre orthographe impeccable sur mon espace de liberté. J’en serais ravi.
Bien évidemment j’accueillerai, avec plaisir, toutes vos corrections à ce poulet.
Pour la chute j’ai opté pour la dernière dictée de Bernard PivotLes bienfaits de la gymnastique.
Comme je suis toujours à l'extrême pointe de la tendance j'enfourche celle du renouveau de la dictée sous le règne du jeune Macron et de son Ministre Blanquer.
«Il s'agissait d'une dictée difficile, d'un niveau qui n'a probablement jamais été aussi élevé », estimait Bernard Pivot qui signait là la dernière émission des Dicos d'Or, lancés en 1985 avec le soutien du Crédit Agricole, France 3, Larousse et Lire. « C'est une décision que nous avons prise ensemble avec nos partenaires. Il faut savoir arrêter une belle émission… Je préfère laisser des regrets plutôt que d'être poussé vers la sortie»
187 finalistes étaient réunis, dont le Ministre de la Culture de l’époqueRenaud Donnedieu de Vabres, sous le chapiteau en dur de l'académie Fratellini, centre de formation aux arts du cirque près du Stade de France
Seuls trois finalistes, un professeur de lettres classiques, un informaticien et un typographe retraité parvinrent au « zéro faute », sur un texte mêlant calembours, termes liés à l'exercice physique, mais pas seulement.
Allez, cher Poirot, soyez sport, jetez-vous à l’eau, empoignez votre porte-plume doté d'une plume sergent major, trempez-la dans l’encre violette et tapez-vous cette dictée.
Bonne journée et large soif comme le proclame le Roger Feuilly !
Petite précision pour ceux qui ne sont pas du sérail, l’INAO c’est 1 Conseil permanent et 5 comités nationaux, donc une grosse boutique administrative (voir ci-dessous).
Depuis l’an dernier Jean-Louis Piton, vigneron en Luberon et président de l’Union de coopératives Cellier du Marrenon est le président du Conseil permanent.
Je le connais bien puisqu’il fut membre du groupe stratégique qui pondit Cap 2010.
En octobre 2007, une éternité, j’écrivais sur ce blog :
« En compagnie des 5 autres pèlerins, sous ma houlette de père prêcheur, avec sérieux et courage, il a fait la campagne Cap 2010, porté et défendu les préconisations de la note stratégique : le défi des vins français. Pris des coups, fait sa mue, endossant sans complexe la tenue non camouflée de chef d'une entreprise de mise en marché qu'il fallait relancer, restructurer comme on dit. Et puis, cerise sur le gâteau, le voilà propulsé à Bruxelles à la tête du comité vins du Copa-Cogeca. À ce poste il donne sa pleine mesure, prend son pied, cherche à élaborer les compromis qui feront avancer les mentalités, pense que Mariann Fisher Böll va être celle qui va vraiment dépoussiérer l'OCM sans forcément tout passer par-dessus bord. Hélas pour lui, comme pour la viticulture européenne, la Commission et ses services, adepte des leurres, incapable de sortir de sa vision bureaucratique, enfermée dans son bunker idéologique, va profiter des divisions professionnelles pour jeter aux orties tout le travail fourni. Le déficit démocratique des institutions européennes est patent mais dans cette aventure notre Jean-Louis. »
Exercice difficile et délicat que de s'essayer à faire le portrait d'un ami, trop de complaisance, et c'est lui, soucieux de son image décalée, qui prend la mouche ; un excès de toile émeri, et là certains me taxent de provocation inutile. Mais, puisque le vin est tiré il faut le boire, avec Jean-Louis Piton tout a commencé, chez lui, dans le Luberon, sur les hauteurs d'Apt, entre cerisiers à bigarreaux et vignes, où aux premières lueurs roses de l'aurore ont peu contempler la blanche aridité du Mont Ventoux. Nous discutions beaucoup. Il roulait ses petites clopes à la main et moi, l'urbain, avec ma petite machine. En ce temps-là, le Jean-Louis était très bloc contre bloc, la coopération d'abord, militant pugnace, bien dans la ligne comme un jeune turc qui entend gravir les échelons pour entrer dans le premier cercle. Mais, handicaps majeurs, il n'est point languedocien et il répugne au maniement lyrique de la démagogie chère au bougon des cépages. Donc, en observateur intéressé, je sentais poindre sous la langue de bois officielle, le président de Sylla et du Cellier de Marrenon. Là, foin des discours, face aux dures réalités du marché français et les aléas de l'export, le Jean-Louis se posait les vraies questions. »
Depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts de la Seine, l’INAO a quitté les beaux quartiers pour migrer vers la ceinture rouge de Paris, à Montreuil-sous-Bois très exactement. Pendant que Jean-Louis se consacrait à sa boutique suite au camouflet que lui infligea Bruno La Maire en le lâchant en rase campagne pour la nomination à la présidence du Comité national des Appellations d'origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses moi je me suis retiré des voitures et nous nous sommes perdus de vue.
Le voilà donc propulsé à nouveau en haut de l’affiche et, profitant des vœux le voilà qui met les pieds dans le plat, à sa façon, en ouvrant un débat sur ce que j’appellerai « la jurisprudence Alexandre Bain »
Jean-Louis est un fin politique, il n’abat pas tout son jeu sur la table afin d’éviter les levées de bouclier, mais l’essentiel c’est qu’il ouvre un débat dans une institution qui ne les apprécie guère.
Que dit-il ?
« L’esprit d’innovation doit avoir sa place dans les signes de qualité », a-t-il déclaré lors de ses vœux à la presse le 12 janvier.
Cet esprit doit profiter aux viticulteurs singuliers et aux appellations. Jean-Louis Piton a distingué ces deux cas de figure.
« Séparer le bon grain de l'ivraie »
« Il nous arrive, par erreur, de ne pas savoir garder des viticulteurs dont les vins ont un style gustatif différent de la moyenne, a-t-il reconnu sans vouloir citer de cas précis. Nous faisons peu d’erreurs, mais lorsque c'est le cas, elles font un bruit énorme. Pendant des mois, on ne parle que de ça. C’est très préjudiciable. Il faut que l’on trouve le moyen de trier le bon grain de l’ivraie : ceux qui innovent, des suceurs de roues. On va ouvrir un chantier là-dessus. »
En voilà une bonne idée cher Jean-Louis mais il te faudra retrouver l’esprit de Cap 2010, ouvrir les portes et les fenêtres pour laisser pénétrer « ceux qui ne suivent une autre route qu’eux… »
Bon courage !
Le Conseil permanent
Le Conseil permanent est en charge de la politique générale de l’INAO, des priorités stratégiques et du budget.
Jean-Louis PITON, président
Les comités nationaux
Cinq comités nationaux ont pour mission de proposer la reconnaissance d’un produit sous signe de qualité et d’origine, d'examiner le contenu des cahiers des charges, la conformité à la définition du signe, la définition des points à contrôler et leurs méthodes d'évaluation. Ils étudient et proposent toute mesure de nature à favoriser l'amélioration de la qualité et des caractéristiques des produits.
Le Comité national des Appellations d'origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses
(+ 13 Comités régionaux de l'INAO - (CRINAO) - qui émettent des avis sur les dossiers qui les concernent)
Christian PALY, président
Le Comité national des AOP laitières, agroalimentaires et forestières
Patrice CHASSARD, président
Le Comité national des Indications géographiques protégées, Labels Rouges et Spécialités traditionnelles garanties
Dominique HUET, présidente
Le Comité national des Indications Géographiques Protégées relatives aux vins et aux cidres
Ce matin j’aurais pu me gausser de la conversation naturiste de Denis Saverot et de sa petite bande, y z’ont un petit côté « Max et les ferrailleurs » à la RVF, ils récupèrent, les voilà qui distribuent leurs Grands prix de la 2018 à Jean-François Ganevat pionnier du vin nu, à François Adam membre de l’association des Cavistes alternatifs, à Lydia et Claude Bourguignon les bannis de l’INRA, rien que des « terroristes »
Mieux vaut tard que jamais me direz-vous, mieux vaut prendre Le Dernier Train de Gun Hill que de rester sur le quai comme le couple B&D.
Ce ne serait pas très charitable de ma part, comme disait Françoise Giroud « on ne tire pas sur une ambulance… »
J’élève le débat : ce matin c’est France Profonde contre France bling-bling, le Saint-Nectaire qui pue contre les diamants du Ritz !
Les faits rien que les faits, du journalisme à l’ancienne quoi !
Il est 18h mercredi dernier Frédéric Beigbeder est attablé au bar Hemingway en train de déguster un Moskow mule pour l’interview de «Colin Field, star parisienne des cocktails »
« Soudain, un serveur est arrivé en courant et en criant: « Partez tous, partez tous! »
« Juste après, trois types cagoulés ont fait à leur tour irruption dans le bar. Ils ont juste dit : « Barrez-vous, on ne va pas vous faire de mal. » Ces quelques mots, qui se voulaient j'imagine rassurant, ont déclenché un vent de panique », relate Frédéric Beigbeder
« J'ai pensé à une attaque terroriste, car nous étions le lendemain du jour anniversaire de la mort des frères Kouachi », les auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015.
Ce n’étaient que des cambrioleurs qui voulaient faire main basse sur les bijoux et montres de luxe exposés dans l’établissement.Plus de 4 millions d'euros…
Et pendant ce temps-là, Alain Rémond dans la Croix revient à l’essentiel, au Saint-Nectaire, normal dans un journal catholique :
« Fromages contre diamants »
« Alors que les médias font grand cas du braquage de la bijouterie du Ritz, mercredi soir, par cinq cambrioleurs armés de haches, on ne peut pas dire qu’on entende beaucoup parler d’un autre braquage survenu la veille, autrement plus grave. Dans la nuit de lundi à mardi, en effet, une cave d’affinage de saint-nectaire a été saccagée et cambriolée à Murol (Puy-de-Dôme). Près de 700 fromages, dont les plus affinés (preuve que les voleurs sont des spécialistes), ont été dérobés, soit, tout de même, près d’une tonne de saint-nectaire. Ce n’est pas le genre de larcin qui se commet en 2CV-camionnette. Certes, le montant du butin de la bijouterie du Ritz a de quoi enflammer les imaginations, puisqu’il tourne autour de quatre millions d’euros. Alors que celui de la cave d’affinage de Murol ne dépasse pas les dix mille euros. Et alors? Pour la majorité de nos concitoyens, qu’est-ce qui compte le plus: les bijoux du Ritz, tellement chers que ceux qui les achètent n’osent même pas les porter, ou d’excellents saint-nectaires qui font le bonheur des tables? Poser la question, c’est y répondre. Reste maintenant à savoir qui a bien pu concevoir et perpétrer un tel crime contre le patrimoine gastronomique français. Et, surtout, comment faire pour remonter la piste jusqu’aux coupables. C’est là où, contrairement aux cambrioleurs du Ritz, ceux de Murol ont du souci à se faire: l’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais le saint-nectaire, si.
Alain Rémond
2 questions pour terminer :
Qu’est-ce que le Moskow mule ?
Créé en 1947.
En 1933, à la fin de la prohibition et de son fameux amendement n° 18, stipulant que la production, la vente et le transport de boissons alcoolisées sur le territoire des Etats-Unis étaient désormais interdits, Rudolph Kunett, qui dirigeait alors les produits de beauté Helena Rubinstein, décida d'implanter en Amérique la vodka Smirnoff, qu'il acheta le 21 août 1933 pour 8000 Dollars. Il fonda la toute première distillerie de vodka américaine à Bethel, dans le Connecticut.
Mais malgré de grosses sommes dépensées en publicité, son entreprise ne vendit, en 1934, que 6 000 caisses et se retrouva en déficit. En 1939, désespérant de l'avenir, Kunett demanda de l'aide à John Martin, patron de la société Heublein, qui produisait des boissons depuis le XIXe siècle. Il voulait utiliser la marque Heublein pour promouvoir sa vodka. Martin, de bonne humeur ce jour-là, accepta.
Quelques mois plus tard, Martin rachetait la marque Smirnoff à Kunett. Ses subordonnés pensèrent que le patron avait perdu la tête : la plupart des Américains ignoraient jusqu'au terme de "vodka", sans parler du nom Smirnoff. Ils buvaient du whisky, du gin, dans les Etats du Sud du rhum ou de la tequila, considérant la vodka comme un solvant fabriquée par des communistes russes dont ils se méfiaient. Mais Martin savait que les Américains aimaient les cocktails, et était conscient du potentiel de la vodka dans les cocktails.
Martin avait un vieil ami à Los Angeles, Jack Morgan, qui déployait des efforts considérables pour familiariser les Américains avec la ginger ale anglaise, en vain.
Un beau jour de 1947, ils se rencontrent à Hollywood, au restaurant "Cock'n Bull" et trouvent une solution à leurs problèmes en mélangeant la vodka et le ginger ale auquel on ajoute du jus de citron vert, servie dans des chopes en étain. Ce cocktail est baptisé "moscow mule" (mule-de-Moscou). Martin déclarera plus tard : "Ce nom ne voulait rien dire, il était juste accrocheur." Malgré tout, "moscow" évoquait le pays d'origine de la vodka, et "mule" était sans doute là pour suggérer que le cocktail vous assommait aussi sûrement qu'une ruade de l'animal.
Conclusion au Ritz avec Beigbeder et son Moskow mule :
« La présence de la police a fini de rassurer le people qui est retourné finir son cocktail. Trop « pimenté » à son goût. La barmaid lui a répondu : « Le chef Colin Field ne rate jamais ses cocktails, ce que vous sentez, ce sont les gaz lacrymogènes de la police. »
Deuxième question :
Mais au fait, d'où vient la couleur du saint-nectaire ?
Pour être reconnu saint-nectaire, ce dernier doit avoir été affiné pendant au moins 28 jours.
Huit jours après avoir été démoulée puis stockée en chambre froide par le producteur, la tomme arrive blanche, vierge de toute moisissure. L’hygrométrie saturée à 95 % et les 10° C de la cave, qu’elle soit naturelle ou artificielle vont changer la donne. Le travail de l’affineur aussi.
« Le fromage doit être lavé au moins deux fois par l’affineur s’il veut être reconnu comme saint-nectaire. Ce lavage s’opère à l’eau salée. Une première fois après les cinq premiers jours passés en cave. Une seconde une semaine plus tard. »
Le geste est essentiel, le sel permettant de modifier les bactéries et moisissures qui vont se développer. Exemple avec le mucor gris ou « poil de chat ». « Laver le fromage freine le développement du mucor, qui craint le sel. C’est important car si le mucor est trop présent, il va pomper l’humidité du fromage, le creuser et le rendre sec. »
Pendant ce mois d’affinage, le fromage est aussi régulièrement frotté et retourné, permettant la formation naturelle de cette croûte de couleur blanc gris orangé non uniforme.
Plusieurs bactéries – comme le brevibacterium et sa couleur orangée que l’on retrouve sur les raclettes et autres abondances ou le cylindrocarpon pour le blanc – apportent leur pierre à l’édifice d’une croûte qui ne doit donc pas être seulement grise. Si ces populations microbiennes semblent nombreuses, elles vont enrayer la prolifération de bactéries pathogènes rendant croûte et pate comestibles! blanc gris orangé non uniforme.
Grosses fermes, grosses usines avec grosses machines, grosses centrales d’achat, gros entrepôts, gros camions, gros magasins, ça dépote dans les caddies, même dans les pharmacies, « Le lait infantile n’a plus rien à voir avec ce qui sort du pis d’une vache. On part d’un lait dont on sépare tous les composants et ensuite on recombine cela différemment. Je me demande comment cela a le droit de s’appeler lait »
Tous coupables, aucun vraiment responsables, chacun se renvoie la balle, même si Lactalis et son goût du secret s’est donné des verges pour se faire fouetter.
Mais qu’a donc fait l’État avec ses services sanitaires ?
Tient soudain les fonctionnaires ont bonne presse mais, sauf à embaucher des bataillons de contrôleurs, et ce ne serait même pas efficace, c’est la conception de la chaîne alimentaire industrielle qui en question. Ses flux tendus, ses masses, son anonymat, la multiplicité des références, la rapidité des rotations, la bataille sur les prix, tout ce maelstrom qui se résume en des bras de fer permanents débouche sur ce qui vient d’arriver pour le lait infantile et se renouvellera sûrement.
L’alimentation de masse des grandes métropoles urbaines est soumise à des contraintes et mon propos ne consiste pas à préconiser un immense retour à une production et une distribution des produits alimentaires sur le modèle du Ventre de Paris.
En revanche, le consommateur-citoyen, comme dans beaucoup de domaines, les déchets par exemple, ferait bien de se remuer le popotin et de remettre les mains dans la farine en profitant d’un retour réel à un approvisionnement de proximité physique ou lien à l’Internet.
Même si ça choque certaines et certains nous avons aussi notre part de responsabilité dans L’affaire du lait infantile de Lactalis.
Affaire Lactalis : « L’alimentation industrielle est tout sauf saine »
13 janvier 2018 / Entretien avec Marie-Claire Frédéric
L’affaire Lactalis aurait-elle pu arriver dans un fromage au lait cru ? Probablement pas, assure à Reporterre une spécialiste de la fermentation. Elle défend les bonnes bactéries qui, à force d’être combattues, laissent la place aux mauvaises. Elle indique des pistes pour mieux s’alimenter, notamment les enfants.
Finalement, Lactalis reprendra toutes les boîtes de lait infantile produites dans son usine de Craon (Mayenne). Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, l’annoncé vendredi 12 janvier dans l’après-midi, après une rencontre avec le PDG du groupe, Emmanuel Besnier.
Ce rebondissement est le dernier d’une longue série, depuis l’alerte gouvernementale lancée le 2 décembre dernier, demandant le retrait du marché de 12 lots de lait infantile fabriqués dans cette usine, et possiblement contaminés aux salmonelles. Deux autres retraits ont suivi, le 10 décembre et le 21 décembre. En tout, des millions de boîtes commercialisées dans une soixantaine de pays ont dû être rappelées, selon les chiffres de Bercy.
Scandales dans le scandale, on a appris ensuite, par le Canard enchaîné, que l’industriel avait déjà repéré des salmonelles en février et en août dernier, que les services sanitaires de l’État eux-mêmes, en septembre, avaient contrôlé l’usine, et que personne n’avait rien vu — ou rien voulu voir. Puis en ce début janvier, cela a été au tour de la grande distribution d’admettre qu’elle avait failli, Leclerc puis Casino, Intermarché, Cora, Auchan, reconnaissant qu’ils avaient continué de vendre, malgré les rappels, des boîtes de lait à risque. En tout, en France, au moins 36 nourrissons ont été touchés par la salmonelle, et ont finalement pu rentrer chez eux sains et saufs, la bactérie ne présentant « pas de résistance antibiotique particulière ».
Ouf ! Mais cette croisade contre une méchante bactérie nous en ferait presque oublier les gentilles. Cette histoire aurait-elle pu arriver avec un fromage au lait cru ? Marie-Claire Frédéric, une grande copine de ces habitantes de l’infiniment petit, exploratrice de la fermentation autant dans les livres et les articles scientifiques que dans sa cuisine, répond à Reporterre.
Reporterre — Tout d’abord, que vous inspire l’affaire Lactalis ?
Marie-Claire Frédéric — J’ai repensé à une histoire : Lactalis avait accusé un producteur artisanal de camemberts au lait cru d’avoir des fromages contaminés. Ce producteur avait dû retirer tout un stock de la vente. Ensuite, on a fait des analyses, et il s’est avéré que c’était faux. Mais le mal était fait. Le gars avait perdu plein de camemberts, et sa réputation était atteinte. C’est interpellant.
Vous travaillez sur la fermentation, due à de « bonnes » bactéries. Mais comment expliquez-vous les contaminations aux mauvaises bactéries, ici dans le cas de Lactalis, aux salmonelles ?
D’une certaine manière, c’est le résultat de 150 ans d’hygiénisme à outrance. Pour vivre, on a absolument besoin des bactéries. Il y en a beaucoup de bonnes, qui nous sont utiles, et il y en a quelques-unes qui sont pathogènes, comme la listeria, les salmonelles, etc. Dans l’ensemble du vivant, ces bactéries s’équilibrent les unes les autres.
Mais, quand on éradique les bactéries, quand on utilise des produits, comme on dit dans les publicités, qui tuent 99 % des bactéries, cela éradique toutes les bonnes et celles qui restent, généralement, ce sont les pathogènes, justement. Plus on va faire la guerre aux bactéries, plus c’est dangereux, parce qu’on va sélectionner des souches résistantes aux bactéricides ou aux antibiotiques.
Lire Ce qu’il faut retenir de l’affaire du lait contaminé Lactalis
Plus d’un mois après le début de la crise, le ministre de l’économie a annoncé que la firme française devra reprendre tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon.
« Le lait est aux enfants ce que le vin est aux vieillards »
Mon titre est une citation de Marcel VIGREUX : Les nourrices du Morvan et enfants assistés au XIXe siècle Bulletin n°25 -1987 - ACADEMIE DU MORVAN, qui écrit par ailleurs « De tout temps, le Morvan a été regardé comme la terre de lait par excellence. Déjà les romains rapportaient que les gauloises de Bibracte trempaient leurs seins dans une fontaine du Mont Beuvray pour obtenir en quantité le lait qui nourrirait leurs enfants. Depuis lors, les descendantes chrétiennes de ces femmes ont été constamment recherchées. A Dun-les-Places, on est venu quérir la nourrice du Roi de Rome. D'Empury, on a fait venir celle du fils de Napoléon III. C'est cette préférence connue et reconnue pour les nourrices du Morvan qui, au XIXème siècle, peupla de nouveau-nés le moindre hameau de leur petit pays... »
Si je suis revenu me remettre les mains dans le cambouis de la « politique » en 1988 pour retravailler avec Michel Rocard, alors que j’étais Directeur à la SVF alors filiale du groupe Pernod-Ricard, c’est sur l’insistance de Jean Pinchon.
Au téléphone il me dit « Ne jouez pas au con, votre place est au 78 rue de Varenne… »
La suite de la conversation d’ordre privé touchait à une question d’importance : n’étant pas fonctionnaire, qui allait me rémunérer.
Si j’évoque Jean Pinchon c’est que dans son panthéon personnel Jacques Poly y occupait une place de choix, même la première sans doute.
Dans ses Mémoires d’un paysan (1925-2009) Jean Pinchon raconte alors qu’il vient d’être nommé Directeur du cabinet d’Edgar Faure Ministre de l’Agriculture :
« … dès que le Ministre prend ses fonctions, je m’installe avec lui rue de Varenne et, dans une atmosphère sympathique, je l’aide à constituer un cabinet qui durant longtemps, passera pour un modèle de solidité et d’efficacité. Spontanément, je m’entoure d’anciens camarades de l’Agro qui m’ont marqué par leur intelligence leur indépendance d’esprit, leur rigueur.
Je sollicite d’abord Jacques Poly, le major d’entrée et de sortie de ma promotion, généticien de grande valeur et futur président de l’INRA qui lisait L’Humanité quand nous étions étudiants et qui est resté un homme de gauche.
Quand je l’appelle, il réagit vivement : « Mais enfin, Jean, qu’est-ce que tu veux que j’aille faire dans un gouvernement de droite ? » J’insiste : « Jacques, il ne s’agit pas de droite ou de gauche ; il s’agit de se battre pour aider l’agriculture française à se moderniser à l’heure du Marché Commun. J’ai besoin de toi ; sans toi je ne peux mener mon travail à bien. Tu viens, sinon je ne peux pas rester ! »
Le site de l’INRA vient de mettre en ligne :
Dans mes fonctions j’ai bien sûr côtoyé Jacques Poly, l’homme était simple, sympathique, d’abord facile, jouant de son côté bourru pour faire passer des convictions qu’il avait bien ancré. Il aimait par-dessus tout relever les défis d’une vraie controverse.
Figure emblématique et homme de conviction, le premier président-directeur général de l’Inra a fait entrer l’agriculture française dans l’ère de la modernité et de l’efficacité.
« Il ne fait jamais avoir raison trop tôt... ni tout seul. »
Ce qui n’était qu’un trait d’esprit pour divertir ses collaborateurs résume parfaitement la carrière et la philosophie de Jacques Poly.
Né le 23 mars 1927 à Chapelle-Voland (39), ce Jurassien gardera de sa jeunesse rurale l’amour de la nature et de la forêt, mais aussi le sens concret des réalités agricoles. Jacques Poly entre à 19 ans à l’Institut national agronomique à Paris (INA, aujourd’hui AgroParisTech) et en sort major de sa promotion en 1948. Alors que toutes les prestigieuses carrières administratives lui sont ouvertes, comme le génie rural ou les eaux et forêts, il choisit la voie incertaine et peu rémunératrice de la recherche agronomique à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), qui vient tout juste d’être créé.
Confirmant son caractère audacieux, Jacques Poly opte, à la fin de son année de spécialisation, pour la discipline naissante de la génétique animale. En 1949, lors d’un congrès à Copenhague, Jacques Poly découvre le testage des taureaux d’insémination artificielle pour l’amélioration des bovins laitiers, d’une manière inédite et résolument scientifique. Commence alors sa croisade pour faire évoluer les pratiques de sélection en France, jusqu’alors dominées par des pratiques subjectives, les ventes de taureaux s’apparentant plus à des concours de beauté qu’à des choix rationnels sur les performances objectives des animaux.
De l’Inra au ministère de l’Agriculture…
De scientifique, sa carrière prend un tour plus politique en 1965 lorsqu’il est appelé au cabinet d’Edgar Faure (ministre de l’Agriculture) comme chercheur délégué pour préparer et faire aboutir une loi qui doit permettre à l’élevage français de rattraper son retard par rapport à ses partenaires européens. La moyenne de production des vaches contrôlées s’élevait alors à 2 600 kilogrammes en France, contre 4 000 aux Pays-Bas. La loi sur l’élevage du 31 décembre 1966 prévoit les structures nécessaires pour faire progresser rapidement le niveau génétique du cheptel français. Le choix des reproducteurs ne sera plus fondé sur leur apparence mais sur une évaluation objective des animaux. Se met en place une organisation de la sélection animale unique au monde : tout ce qui est pesé, mesuré, quantifié sur les animaux domestiques est centralisé à l’Inra pour une interprétation au service des éleveurs.
Cette période ministérielle passée, celui qui aimait bien citer Paul Valéry et son fameux « n’entrons pas dans l’avenir à reculons » reprend en 1971 du service en génétique animale à l’Inra. Il veillera entre autres à l’application de la loi sur l’élevage en matière d’identification des cheptels, à l’instrumentation informatique du traitement des données, ou encore à l’impulsion de l’exportation des reproducteurs des races françaises, désormais parvenues au meilleur niveau.
Figure paternaliste, Jacques Poly prend aussi le temps de connaître intimement cette désormais grande maison, tant ses hommes (plus de 6 000 personnes en 1972) que ses recherches, à lire des milliers de pages de dossiers de chercheurs lors des concours de promotion, à visiter tous les sites d’implantation de l’Inra.
De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace
Visionnaire et engagé, Jacques Poly publie en juillet 1978 un rapport fameux intitulé « Pour une agriculture plus économe et plus autonome », qu’il ouvre avec ces mots : « Notre agriculture se révèle quelque peu essoufflée à la suite d’une longue course à la productivité […]. La société est de plus en plus vigilante vis-à-vis des problèmes de pollution ou de nuisances […]. Les pratiques agricoles de demain auront certes à se préoccuper davantage de la préservation de nos ressources naturelles et d’un environnement rural agréable et harmonieux. »
L’audace paiera une fois de plus. Quelques jours après la publication de son rapport, Jacques Poly est nommé directeur général de l’Inra puis, en 1980, premier président-directeur général de l’institut. Il le restera jusqu’en 1988. Sous son influence, l’Inra investit le créneau des biotechnologies et devient l’un des tout premiers centres de recherche agronomique au monde.
Celui qui était fier d’avoir visité plus de 2 000 exploitations agricoles décède à Paris le 20 novembre 1997 des suites d’une longue maladie.
Témoignage Sept flashs sur Jacques Poly et une époque de certitude… (De 1950 à 1995).
Figure emblématique et homme de conviction, le premier président-directeur général de l'Inra a fait entrer l'agriculture française dans l'ère de la modernité et de l'efficacité. " Il ne fau...
Cette question me turlupine depuis un moment, en effet le modèle traditionnel, qui a fait le succès et la longévité de l’appellation par l’incorporation massive de marketing dans les bouteilles des grandes marques, donc dans leur prix, résistera-t-elle à un double phénomène : l’offensive de manants effervescents type Prosecco et l’émergence des champagnes de vignerons qui redonnent au champagne des lettres de noblesse plus proche de son origine, la parcelle, plus soucieux de l’environnement, de l’authenticité que d’un process bien maîtrisé par les chefs de cave des grandes maisons ?
Poser la question ne signifie pas que ce modèle soit devenu obsolète, loin de là, mais il s’essouffle en termes d’image auprès des nouveaux consommateurs comme d’une part des anciens, qui sur le base de l’échelle des prix : pour les plus bas ils se disent, qu’au même prix, d’autres effervescents sont bien meilleurs ; pour les plus hauts le doute s’instaure face à une offre de champagnes plus authentiques le différentiel de prix apparaît injustifié.
Pour l’heure, la notoriété de l’appellation champagne lui permet de résister, mais se contenter de résister peut-il constituer une stratégie à long terme pour une appellation qui va étendre son aire ?
Qu’on ne me reproche pas de remettre en question un modèle qui gagne ce n’est pas mon but mais je suis en droit de douter que le côté rouleau compresseur du : je produis des kilos de raisins dans les conditions économiques optimales sans me préoccuper des nouvelles attentes des consommateurs en termes d’environnement et de goût soit une vision d’avenir. Cette attitude me semble assez proche de de celle, à une certaine époque, des vins de Bordeaux, ceux du bas comme du haut qui a entretenu l’ambiguïté entre la grande masse et les GCC.
Reste à aborder la place des grosses coopératives en Champagne qui, ont adopté le modèle des grandes maisons.
Le petit milieu des grandes maisons, de plus en plus petit depuis que le petit Bernard a compacté des marques, longtemps a chuchoté que ces gueux de la coopé, fleurant bon à l’origine le rouge, mordrait la poussière, serait tout juste bon à écouler leurs roteuses dans la grande distribution ; ce qui ne les empêchait pas de s’approvisionner à la coopé.
La plus emblématique des grosses coopé est le Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte.
Dans le journal le Monde le journaliste s’extasie :
« La plus grande coopérative de champagne, troisième marque la plus vendue au monde, rivalise avec les maisons de renom. »
« Aujourd’hui, Feuillatte, union de 82 caves coopératives et de quelque 5 000 vignerons, peut revendiquer la première place sur le marché national du champagne et la troisième au monde. Les chiffres et les volumes claquent comme dans une superproduction américaine : 10,4 millions de bouteilles vendues en 2016 dont 80 % de brut sans année, 45 % des volumes vendus à l’international, 70 à 80 millions de cols en stock, 2 250 hectares d’approvisionnement – 40 % en pinot meunier, 35 % en pinot noir et 25 % en chardonnay –, 202 millions d’euros de chiffre d’affaires… « Aujourd’hui, dans nos cuves, on a la possibilité de vinifier l’équivalent de toute la production de la Champagne dans les années 1950, soit une trentaine de millions de bouteilles », annonce Laurent Panigai, directeur général adjoint du CV-CNF. »
Il s’interroge aussi :
« La question brûle les lèvres. Quelle peut être l’identité d’un tel mastodonte ? Les plus réservés ne manquent pas de souligner la trop grande diversité des cuvées, près de vingt. « Ça part dans tous les sens, on ne sait pas ce qu’est Feuillatte », disent les plus critiques. Réponse de la présidente de la maison, Véronique Blin, qui a pris cette charge en juin 2012, quarante ans après que son père a créé avec d’autres le centre vinicole. « Notre identité repose d’abord sur des valeurs collectives, sur l’assemblage de savoir-faire et de terroirs, sur les compétences d’hommes qui se sont unis », avance cette viticultrice qui produit aussi son propre champagne à Brugny-Vaudancourt, village de 500 habitants, au sud d’Epernay. Et de mettre en avant le nouveau slogan : « Une marque accessible qui reflète un luxe émotionnel. »
Le titre de son article est révélateur de l’état d’esprit du mastodonte :
Champagne Feuillatte, association de bienfaiteurs
D’abord satisfaire ses adhérents
« Première union de producteurs de la région, Feuillatte se doit d’abord de rendre service à ses adhérents et, accessoirement, de leur faire gagner de l’argent. Sur les 20 millions de bénéfices enregistrés en 2016, 5 leur ont été redistribués. Le projet est explicite : « Une rémunération optimale et immédiate des raisins par rapport au marché », des prestations de qualité à un coût compétitif, le développement de la marque et le relationnel avec les adhérents. »
La réponse du Président aux questions que je me pose est sans ambigüité
« Difficile aussi, devant l’étendue des approvisionnements, d’évoquer les parcelles, si célébrées aujourd’hui par les vignerons ou grandes maisons. « Dans la Champagne moderne, celle qui se crée au début du XIXe siècle, on ne parle pas de parcelles ni même de lieux-dits. L’identité repose sur le village, le cru. On assemble des cépages et des années, c’est ça l’identité champenoise, répond Laurent Panigai. La Champagne, son authenticité historique, c’est un territoire de 150 km d’est en ouest et du nord au sud. Le parcellaire, c’est pour la Bourgogne. » Derrière la puissance de la marque Feuillatte, ce dernier rappelle qu’il n’y a pas de cotation en Bourse et que le lien avec la vigne reste la priorité : « Nous sommes condamnés à réussir avec les adhérents sur leur territoire. »
Voilà, c’est dit mais comme au temps de mon rapport où j’avais rencontré, suite à sa publication, le Président de Nicolas Feuillatte, je ne suis pas sûr que les dirigeants des grandes coop, comme ceux des grandes maisons soient disposés à entamer un débat…
« Sûr d’eux-mêmes et dominateurs… » comme le disait le général sur un tout autre sujet.
Ma sainte mère voulait faire de moi un prêtre, je fus donc soumis à un pilonnage en règle de la part du haut clergé : chaque année celui que l’on surnommait « le grand inséminateur » nous visitait à l’école Sainte Marie pour susciter des vocations. À la fin de son prêche il nous faisait remplir un petit papier sur lequel nous devions indiquer ce que nous souhaitions faire dans la vie.
Las de ces sollicitations un jour je répondis « vidangeur » ce qui me valut de me faire tirer les oreilles.
Tout ça pour que vous compreniez que lorsque j’entends ou je lis, le plus souvent sous la plume du petit monde qui volette autour des vignerons, que le métier de vigneron relèverait d’un sacerdoce, je sors ma sulfateuse et je pulvérise.
De plus c’est un sacerdoce tendance silice qui, je le rappelle, pour les petites louves et les petits loups, est une tunique, une ceinture de crin ou d'étoffe rude, garnie éventuellement de clous ou de pointes de fer à l'intérieur et portée sur la chair par mortification. À ne pas confondre avec la Silice de corne (501) qui est une préparation essentielle pour l'agriculture biodynamique, elle est complémentaire et agit en polarité avec la bouse de corne (500). Elle ne s’adresse pas au sol mais à la partie aérienne des plantes durant leur période végétative.
S’ajoute à ce don absolu et désintéressé de soi, pour la plus haute sanctification du vin, un léger relent du : « seul le terroir ne ment pas », trime, donne-toi de la peine, courbe l’échine, contente-toi de peu, vis chichement, mais donne-nous ou presque, le fruit de ton labeur désintéressé puisque tu ne vis que pour l’élévation de ton sacerdoce et que ton bonheur sera dans un autre monde.
J’exagère ?
À peine, car je ne vois pas au nom de quoi le métier de vigneron relèverait de la forme la plus élevée des métiers de la terre.
Je suis né dans un pays où le froment comptait plus pour la vie des gens de peu que le vin qui, affreuse piquette à base de Noa fabriquait beaucoup d’alcooliques.
Le pain c’était sacré. Avant de l’entamer on traçait une croix sur sa face plane et le dimanche le curé distribuait pendant la messe du pain béni.
Alors je ne vois pas pourquoi le cep conférerait à celui qui le bichonne un statut sacré haut dessus de la piétaille.
Vigneronne et vigneron c’est un métier ; un métier difficile soumis aux aléas du climat, aux maladies, qui, certes peut s’exercer avec passion, mais qui reste comme on dit « un gagne-pain ».
Entendez-moi, ou lisez-moi bien, ce qui confère au métier de vigneronne et de vigneron une supériorité, c’est la capacité qu’ils ont, s’ils l’ont choisi, d’être les artisans d’un produit fini, le vin. Par rapport à leurs consœurs ou confrères agriculteurs ou éleveurs, trop souvent producteurs de minerai broyé dans la chaîne agro-alimentaire (confère le lait infantile Lactalis), elles et ils peuvent rester maîtres de la naturalité de leur produit.
Mais là encore il faut tracer des lignes de partage, le statut d’artisan n’est pas un sésame, beaucoup de vigneronnes et vignerons, dit indépendants, sous les conseils de ceux qui gravitent autour d’eux, reproduisent des schémas cousins germains de ceux utilisés par la grande cavalerie.
Bourlinguant depuis des années dans le milieu du vin je suis de plus en plus excédé par celles et ceux, y compris certains néo-vignerons, qui entonnent ces psaumes ridicules qui alimentent une littérature qui relève de la Terre qui meurt de René Bazin, dégoulinant de bons sentiments vécus sur le dos des autres.
Compatissant ils sont, dégoulinant de compassion !
« L’irritation qu’il avait ressentie des menaces du garde s’atténuait. Il n’avait qu’à se souvenir, pour ne rien craindre du marquis de la Fromentière. N’étaient-ils pas tous deux de noblesse, et ne le savaient-ils pas l’un et l’autre ? Car le métayer descendait d’un Lumineau de la Grand’Guerre.
Et, bien qu’il ne parlât jamais de ces aventures anciennes, à cause des temps qui avaient changé, ni les nobles ni les paysans n’ignoraient que l’aïeul, un géant surnommé Brind’Amour, avait conduit jadis dans sa yole, à travers les marais de Vendée, les généraux de l’insurrection, et fait des coups d’éclat, et reçu un sabre d’honneur, qu’à présent la rouille rongeait, derrière une armoire de la ferme. Sa famille était une des plus profondément enracinées dans le pays. Il cousinait avec trente fermes, répandues dans le territoire qui s’étend de Saint-Gilles à l’île de Bouin, et qui forme le Marais. Ni lui, ni personne n’aurait pu dire à quelle époque ses pères avaient commencé à cultiver les champs de la Fromentière. On était là sur parole, depuis des siècles, marquis d’un côté, Lumineau de l’autre, liés par l’habitude, comprenant la campagne et l’aimant de la même façon, buvant ensemble le vin du terroir, quand on se rencontrait, n’ayant, ni les uns ni les autres, la pensée qu’on pût quitter les deux maisons voisines, le château et la ferme, qui portaient le même nom. Et certes, l’étonnement avait été grand, lorsque le dernier marquis, monsieur Henri, un homme de quarante ans, plus chasseur, plus buveur, plus rustre qu’aucun de ses ancêtres, avait dit à Toussaint Lumineau, voilà huit ans, un matin de Noël qu’il tombait du grésil : « Mon Toussaint, je m’en vas habiter Paris : ma femme ne peut pas s’habituer ici. C’est trop triste pour elle, et trop froid. Mais ne te mets en peine ; sois tranquille : je reviendrai. » Il n’était plus revenu qu’à de rares occasions, pour une journée ou deux. Mais il n’avait pas oublié le passé, n’est-ce pas ? Il était demeuré le maître bourru et serviable qu’on avait connu, et le garde mentait, en parlant de renvoi. »
Souvenir du gagatorium lors du règne de Nicolas Sarkozy, en langue officielle c’est le CGAER : conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux regroupant la fine fleur des hauts fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture : Ingénieurs Généraux, Vétérinaires-Inspecteurs, Inspecteurs Généraux…
Je signale à tous, à Hervé BIZEUL tout particulièrement, que je n’ai jamais été ni haut, ni fonctionnaire, car un fonctionnaire est un individu des 2 sexes ayant passé avec succès un concours et qui accède au statut de la Fonction Publique, grand sac qui regroupe aussi bien les gars et les filles du haut et qui donne droit au régime des pensions de l’État.
Ma pomme ayant passé 40% de son temps dans le privé et 60 % dans le public bénéficie d’une retraite émanant de 5 caisses : MSA, CNAV, Agirc-Arcco et Ircantec.
On m’avait rattaché au gagatorium pour que je puisse mettre mes neurones au service de ce cénacle où, en dépit de mon statut de manant, mes collègues ne me prenaient pas de haut car j’étais le seul à avoir été Directeur de cabinet du Ministre (à l’époque celui qui actait leur tableau d’avancement).
Je m’enorgueillis, oui, oui, d’être une bizarrerie sous la Ve République où les titulaires de ce poste non fonctionnaire se comptent sur les doigts d’une main.
Donc, au gagatorium, au temps du Petit Nicolas, nos chefs et une bonne partie de mes collègues commençaient quasi-systématiquement leurs interventions lors de nos réunions mensuelles par « Comme l’a dit le Président… » et renouvelaient la référence dans le fil de leur propos.
Comme j’ai mauvais esprit je ne pouvais m’empêcher de penser au fils de Tonton, Jean-Christophe, lorsqu’il était le « monsieur Afrique » surnommé « Papa m’a dit… »
Ce qui suit, sous la plume du fort sympathique et médiatique, Philippe Mauguin, ex-directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, propulsé comme PDG de l’INRA, est une version moderne du « Comme l’a dit le Président… » à propos des États généraux de l’alimentation de notre sémillant Président Macron.
En face de lui, un enseignant-chercheur Olivier Mével, de l’université de Bretagne-Loire, donc un emmerdeur qui n’a nul besoin de se livrer à la génuflexion face à la statue présidentielle.
Avant de leur donner la parole, encore un petit insert personnel, dans la tradition des haut-fonctionnaires un Directeur de Cabinet suit ensuite une voie royale, celle des désignés en Conseil des Ministres, à la discrétion du gouvernement. Votre serviteur s’est toujours refusé à accepter ce type de proposition, non par vertu, mais tout bêtement parce que je n’avais nulle envie de me faire virer à la première alternance. De même être intégré à un Grand Corps, un jour François Villeroy de Galhau, alors Directeur de cabinet de DSK, aujourd’hui Gouverneur de la Banque de France, me proposa l’Inspection des Finances, lieu hautement prestigieux. Je ne l’ai pas accepté, sans en tirer aucune gloire, pour garder ma liberté et je n’ai aucun regret.
Philippe Mauguin, Président-directeur général de l’INRA, membre de l’Académie d’agriculture de France
Innover collectivement pour transformer notre agriculture et notre alimentation
Pendant 6 mois, les Etats généraux de l’alimentation lancés par le Président de la République ont permis un dialogue franc, riche et fructueux entre tous les acteurs de l’amont à l’aval et la société pour dessiner les contours d’un nouveau contrat social et productif pour notre pays.
Des systèmes agricoles et alimentaires plus durables et adaptés aux défis du monde, de nouvelles voies pour créer de la valeur et mieux la répartir, des producteurs valorisant mieux leurs savoir-faire et leurs pratiques sont désormais des objectifs partagés par l’ensemble des acteurs des filières et de la société.
Ce nouveau contrat social et productif dont nous avons collectivement tracé les contours passera par une mutation à grande échelle de nos systèmes de production et de consommation vers l'agroécologie et la multi-performance. Tout cela est non seulement souhaitable mais c’est surtout possible à grande échelle.
Au cœur de ces nouveaux systèmes de production et de consommation se pose très naturellement la question centrale de la baisse des intrants et en particulier des produits phytosanitaires ce qui nécessite une véritable transformation des systèmes et des modèles de production mais aussi bien sûr une agriculture plus intensive en savoir, en connaissances et donc en recherche. Nous devrons collectivement innover pour transformer notre agriculture et notre alimentation.
Naturellement la recherche jouera tout son rôle pour accompagner cette transformation et permettre une accélération du transfert des connaissances mais il nous faudra aussi innover en repensant les modes d’organisation traditionnels de la production et de la commercialisation.
Avec les Etats généraux la voie est tracée, les bases solides, les atouts nombreux et les acteurs volontaires et exigeants : le temps est désormais celui d’un changement profond. Dans cette période qui s’ouvre, il faudra être volontaire et optimiste, tout en étant conscient que le chemin de la transition sera long et pourra sembler difficile à certains.
Mais les leviers sont là pour obtenir des résultats concrets et regagner la confiance dans un environnement compétitif, qui doit redevenir une force de progrès pour tous.
États généraux de l'alimentation
OLIVIER MÉVEL : CES ÉTATS GÉNÉRAUX SONT « UNE PRIME À LA VIOLENCE COMMERCIALE »
PAR PIERRE-YVES BULTEAU - LUNDI 08 JANVIER 2018
Suppression du seuil de revente à perte, révision en profondeur de la loi dite de modernisation de l’économie ou responsabilisation des distributeurs et des industriels, pour Olivier Mével, enseignant-chercheur à l’université de Bretagne-Loire et spécialiste des filières agroalimentaires voilà quelques-uns des défis à côté desquels sont passés les États généraux de l’alimentation.
L’une des promesses phares de ces États généraux était de trouver des solutions pour payer au prix juste les agriculteurs. A-t-elle été tenue ?
Clairement non. Et ce n’est pas avec la hausse de 10 % du seuil de revente à perte sur les produits alimentaires que la guerre des prix va s’arrêter. Avec cette annonce, on nous fait croire que les distributeurs vont automatiquement acheter 10 % plus cher leurs produits aux industriels qui, eux-mêmes, vont proposer une revalorisation de 10 % à leurs producteurs… Dire cela, c’est nier la fonction même de la grande distribution qui est de dégager un maximum de profit, en jouant sur les marges. Même un étudiant en première année d’économie comprendrait que ce schéma ne tient pas. Pour assurer un rééquilibrage financier aux producteurs, l’État aurait dû affirmer qu’il jouerait à plein son rôle de régulateur et donc de protecteur des quinze filières alimentaires françaises en souffrance. Au lieu de cela, cette réforme du code du commerce renforce davantage l’emprise des grandes et moyennes surfaces (GMS) sur les agriculteurs. C’est une prime donnée à la violence commerciale.
La loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 était pourtant censée corriger les travers de la loi Galland de 1996 sur « la loyauté et l’équilibre des relations commerciales ». Elle n’est rien d’autre que « la loi du plus fort » dîtes-vous. En laissant de côté la LME, les États généraux ont-ils évité de s’attaquer à la concentration des centrales de distribution ?
Pour répondre à votre question, il faut faire appel à la mémoire de vos lecteurs. Et se souvenir qu’Emmanuel Macron n’était autre que le rapporteur de la Commission Attali mise en place en 2007 par Nicolas Sarkozy, à la demande de Michel-Edouard Leclerc. Et que disait ce rapport ? « Qu’il fallait instaurer le principe de liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail, en levant les interdictions de revente à perte et de discrimination tarifaire. » Une application qui, depuis 2008 et le vote de la LME, a pillé comme jamais le travail des paysans français…
… Un principe de « liberté tarifaire » sur lequel sont revenus les États généraux en annonçant, par exemple, la limitation des promotions à 34 % sur la valeur des produits alimentaires (de type trois produits pour le prix de deux) et à 25 % en volume annuel. Deux mesures qui vont être mises en place, à titre expérimental et sur deux ans, pour donner de meilleurs repères de prix aux consommateurs…
Bien, mais cela n’atténue en rien la puissance des GMS. Elle reste la même, avant et après les États généraux. Cela parce que ces derniers n’ont rien opposé au principe de « liberté contractuelle », établi en 2008 par la LME, qui a permis et permet toujours aux fournisseurs de vendre à des prix différents à chaque distributeur. Or, tant que les GMS pourront dire : « Je n’ai pas besoin de vous acheter, mais vous avez besoin de me vendre », le rapport de force sera prédominant et le partage de la valeur ajoutée, déséquilibré. C’est cela que les États généraux auraient dû réformer. Au lieu de quoi, ils ont sacralisé la domination du prix sur la qualité des produits.
Dans la deuxième partie du projet de loi, portant sur le code rural, Édouard Philippe a évoqué l’idée de la « contractualisation inversée ».Soit le contrat proposé par le producteur et non plus par l’acheteur…
Si cette annonce est suivie d’effet, avec la volonté de développer une réelle filière bio française, elle sera l’une des rares avancées de ces États généraux. En réalité, depuis qu’ils ont été annoncés et dès leur mise en route, on a pris les choses du mauvais côté en focalisant uniquement sur la guerre entre distributeurs et fournisseurs et en oubliant totalement les producteurs. C’est une injustice totale. Prenez le lait demi-écrémé UHT. Lactel et Candia, les deux principales marques de lait disponibles dans les linéaires, commercialisent la brique d’un litre à 84 centimes d’euro. Face à eux, le lait équitable Faire France ou la marque « C’est qui le patron ? » propose un lait à 99 centimes. Or, à l’intérieur de la brique, c’est le même lait ! Comment peuvent-elles atteindre ce prix alors que les deux leaders du secteur vendent le litre 15 centimes moins cher ? Par la répartition des marges en défaveur des producteurs.
De cette guerre des prix, découle un autre aspect auquel on ne pense pas toujours : l’extension mécanique de l’outil commercial en France. Des milliers de mètres carrés supplémentaires sont créés, chaque année, alors même que le pouvoir d’achat des consommateurs n’augmente pas. Et, même s’il tend à diminuer, le chiffre d’affaires annuel au mètre carré reste tout bonnement intolérable. Entre 12 000 et 15 000 euros pour un simple hypermarché. Avec de tels chiffres, le rapport de force reste, lui aussi, intolérable. Renforçant d’autant la violence des négociations commerciales. Je le redis, les États généraux auraient dû rééquilibrer ce rapport de force et empêcher les GMS de capter aussi facilement la valeur ajoutée.
Au-delà des conclusions des États généraux de l’alimentation, quel rôle peuvent jouer les consommateurs dans ces relations entre producteurs, fournisseurs et distributeurs ?
Un rôle immense. Aujourd’hui, le consommateur consacre 10 % de son revenu disponible à son alimentation. Or, la tendance est au « consommer mieux » et à l’alimentation socialement et écologiquement responsable. De plus en plus, il veut de la transparence sur les filières, de l’intégrité concernant les conditions de vie des agriculteurs et de la qualité au niveau des produits qu’il achète. Le consommateur est le premier soutien d’une innovation agricole locale qui voit un grand nombre de marques régionales émerger, jusque dans les rayonnages des supermarchés. Si ce sont encore les GMS qui fixent les prix, au final, c’est au consommateur de choisir ce qu’il veut manger et de les faire évoluer.
Je ne lisais plus Charlie-Hebdo même si j’appréciais certaines de ses plumes et crayons.
Auditeur de France Inter j’y avais découvert Bernard Maris, un non économiste, plein d’humour, de culture, un rêveur diront certains, une voix singulière qui dérangeait, ça donnait de l’air dans un univers économique bien convenu.
Si ça vous dit de découvrir sa conception de l’économie lisez : Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l’économie de Gilles Raveaud éditions les Échappés.
De ce livre je ne vous livrerai rien sauf cette citation tiré du chapitre : Le rose, ça trompe énormément.
« Maris considère qu’être socialiste c’est d’abord s’inscrire dans l’histoire, celle de la guerre d’Espagne, si proche de sa région natale (ndlr. Muret), et de la Résistance, à laquelle son père a activement participé (…) Mais l’adhésion au socialisme crée un « grand malentendu » chez le jeune Bernard, qu’il exprime ainsi : « Je croyais être du côté des socialistes et j’étais éternellement du côté des vaincus, des victimes, des faibles, des persécutés, des humiliés, des battus qui s’étaient bien battus. » donc, il s’agit là, selon lui, d’une erreur considérable. Tout d’abord parce que, ce faisant, on confond un système social et une position compassionnelle. Or rien de plus partagé que la compassion, « avec la méchanceté, la gourmandise et le mal de dos ». De plus, « il s’agit d’aider les pauvres, alors les socialistes ont perdu. Car rien de tel que le capitalisme pour enrichir les pauvres ». C’est même d’ailleurs sa seule promesse : l’enrichissement.
Il y a un second malentendu : si Maris fut socialiste, c’est d’abord parce qu’il était « farouchement anticommuniste ». C’est d’ailleurs ce qu’on lui avait appris à la section SFIO de Muret, qui recelait nombre de républicains espagnols, socialistes, poumistes, anarchistes, et pour qui les pires ennemis de socialistes étaient les communistes. Maris reproche en effet aux communistes « Cronstadt, Makhno (les anars liquidés), Katyn (les officiers polonais liquidés), Barcelone (Andres Nin et le Poum liquidés), Budapest, Prague, Mai 68, l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’Afghanistan, le Goulag… »
Je n’ai pas la même origine, ni le même parcours que Bernard Maris, mais sur tous ces points nous étions en accord même si j’estimais que le bon oncle, fin analyste, restait bien peu prolixe lorsqu’il s’agissait d’énoncer des solutions.
Mais l’heure n’est plus aujourd’hui au débat mais à la mémoire et j’ai découvert dans les pages du Monde du 04.01.2016 un texte d’Ariane Chemin qui répond parfaitement à cette exigence :
« Charlie Hebdo » : le chemin des larmes d’un sous-préfet
Je le reproduis intégralement car vous n’êtes pas tous abonnés au Monde.
Les 15 et 16 janvier 2015, en moins de 48 heures, Michel Bernard, le sous-préfet de la Marne, a prononcé l’éloge funèbre de son ami Bernard Maris, et organisé les obsèques nocturnes de l’assassin de ce dernier, Saïd Kouachi.
Monsieur le sous-préfet de la Marne va chercher l’agenda à son secrétariat et l’ouvre à la semaine du 12 janvier 2015. Celle qui suit les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. D’ordinaire, la mi-janvier sonne le temps des vœux pour la République : uniformes, visites aux corps constitués et tralala protocolaire. Dans ce journal de bord strictement professionnel, Michel Bernard ne consigne pas en principe ses activités personnelles. Mais en ce début d’année, l’ordonnancement des jours explose. Tout s’affole, tout s’emmêle. Dans la colonne du jeudi 15, à 11 h 30, il est noté : « Obsèques Bernard Maris ». Le vendredi 16 après-midi, en revanche, après les vœux au tribunal de commerce, aux prud’hommes, au tribunal de grande instance, le crayon à papier n’a pas signalé ce rendez-vous fixé in extremis à 14 h 30, à la sous-préfecture : une réunion pour préparer l’inhumation du Rémois Saïd Kouachi à la dérobée et à la nuit tombée. « Voyez, je ne me souvenais pas que c’était si rapproché, dit le sous-préfet en refermant le gros cahier, que tout s’était passé en moins de deux jours. »
Lunettes cerclées d’intello, crâne chauve et corps sec de cycliste chevronné, le haut fonctionnaire a hésité avant d’abandonner sa réserve pour raconter cette collision vertigineuse qui a fait saigner son cœur et sa République : la mort de son cher ami Bernard Maris, auquel il a rendu hommage en Haute-Garonne ; les obsèques de son assassin, qu’il a supervisées en personne à Reims. Metz, Saint-Dizier, Charleville-Mézières, Bar-le-Duc… Hormis quelques allers-retours parisiens, notamment pour préparer la loi de prévention de la délinquance au ministère de l’intérieur, en 2007, cet énarque diplômé de philosophie n’a jamais quitté longtemps les collines inspirées de l’est de la France, où il est né il y a cinquante-sept ans. Il se passionne depuis toujours pour les traces que la Grande Guerre a semées dans le paysage et l’imaginaire – Le Corps de la France, claque le titre de l’un de ses ouvrages. Ce mélomane raffole des chansons gaies et insouciantes de Charles Trenet mais son esprit n’oublie pas les champs de bataille et les ossuaires : sans doute ce qui lui permet de réfléchir si bien à ce qui s’est joué en moins de quarante-huit heures, les 15 et 16 janvier 2015.
Tout dans la somptueuse sous-préfecture respire le temps solennel de l’embaumement et de l’histoire. Ces phrases de la Déclaration universelle des droits de l’homme que Michel Bernard a fait dessiner sur le verre dépoli des isoloirs où sont reçus les candidats à la naturalisation française. Ce bureau aussi, face à la place Royale, « la chambre où a dormi le chancelier Adenauer le 7 juillet 1962 », à la veille de sa rencontre avec le général de Gaulle, pour sceller la réconciliation franco-allemande. Le 7 janvier 2015, le sous-préfet y travaille en écoutant France Musique, lorsqu’il apprend qu’il se passe « un truc grave » à Paris. « Tout s’est mêlé, la catastrophe politique, sociale, ce trou béant dans l’actualité, et les souvenirs de mon ami, avec un sentiment d’irréalité. Je me suis dit : c’est quand même incroyable que Bernard se fasse descendre alors qu’il était enfin content du titre de son prochain livre, Et si on aimait la France – sans point d’interrogation. Le soir, tout s’est mis en place, j’ai compris qu’il n’y avait pas de coïncidence. »
L’ombre tutélaire qui, de manière posthume, a forcé l’amitié entre les deux hommes, c’est Maurice Genevoix. Genevoix, le gardien des « poilus » de la « der des der » auquel le sous-préfet voue depuis toujours un culte. Genevoix, dont l’économiste avait épousé Sylvie, sa fille productrice, éditrice et écrivain – son grand chagrin, quand elle meurt en 2012. Un amour si grand que Maris avait embrassé l’aventure de la famille entière, consacrant un livre à l’académicien oublié, portant à son doigt la chevalière offerte au jeune normalien par son école à l’issue de la guerre… Il cherchait aussi, à l’approche du centenaire du premier conflit mondial, comment sortir son beau-père de l’oubli et du mépris : certains intellos ne voyaient en lui qu’un bourgeois et un « écrivain pour mulots ». En 2007, le sous-préfet publie à la Table ronde La Tranchée de Calonne, où Genevoix fut grièvement blessé en avril 1915. Le livre séduit le couple Genevoix-Maris, qui invite son auteur dans un petit restaurant parisien. « Ils étaient arrivés à scooter, raconte le sous-préfet, elle, de cette beauté indépassable des femmes qui sont à la fois belles et intelligentes, lui, dont, honte à moi, je n’avais jamais entendu parler. J’avais trouvé cet inconnu formidable. » L’un est un enfant de l’Est, l’autre du Sud-Ouest. Un croyant et un agnostique. Un homme de devoirs et un ex-soixante-huitard libertaire, mais deux « patriotes », amoureux de la province et somme toute des mêmes livres : « Dans Ceux de 14, ce sont les scènes d’intimité de Genevoix qui me bouleversent. Bernard, c’étaient les scènes de combat, par nostalgie de l’héroïsme : un trait de sa génération, il était né en 1946 et avait fait Mai 68. »
Ce 10 décembre 2014, lorsque les deux copains se retrouvent pour déjeuner à Reims, ils parlent chacun leur prochain ouvrage. Le sous-préfet doit publier le 8 janvier 2015 Les Forêts de Ravel, où il explique que « l’énorme concerto du front » de 1914 n’a jamais cessé de résonner pour le compositeur-ambulancier de Verdun. « Je le chroniquerai dans Charlie. Ce n’est pas du tout le genre de la maison, mais je m’en fous, ça les changera », rit comme à chaque fois Bernard Maris. Lui, de son côté, a du mal à terminer le sien. Il s’inquiète pour la France, dont les capacités d’intégration s’essoufflent, et du coup pour son livre, qui manque d’optimisme. « Tous les deux mois, je vois des gens en train de devenir français, tu peux pas savoir comme c’est réconfortant, c’est l’oxygène du pays », lui répète régulièrement son ami. C’est la raison du voyage de Bernard Maris à Reims.
Dès le café avalé, il accompagne le sous-préfet en uniforme dans la salle basse de la crypte du palais du Tau adossé à la cathédrale où se tient la cérémonie de remises des décrets de naturalisation. « Nous ne sommes pas dans la sous-préfecture, mais nous sommes dans un bâtiment de l’Etat, un palais prestigieux où après leur sacre les rois de France recevaient les vassaux qui leur prêtaient serment, explique le sous-préfet à l’assistance d’une soixantaine de personnes. C’était le signe de l’unité du roi et du royaume, c’est un peu ce qu’on fait à notre petite échelle : vous reconnaissez la France et la France vous reconnaît. » Sous la voûte à l’acoustique merveilleuse, Bernard Maris avait chanté La Marseillaise à l’unisson des familles. « Les tranchées, Genevoix… Ça sonnait pour lui mieux que pour personne », dit le sous-préfet. Au milieu des porte-drapeaux et des médaillés en tout genre, Légions d’honneur, ordre national du mérite, réquisitionnés pour l’ambiance, les selfies et les photos de groupe à envoyer au pays, il avait levé son verre. « Bernard était enchanté. Il en aurait fait une scène de son livre, peut-être même la dernière s’il avait eu le temps… »
Le temps a manqué. Le 7 janvier, deux Français, nés à Paris au début des années 1980 de parents algériens, lancent l’assaut contre Charlie Hebdo, ils arrosent la salle de rédaction de leurs fusils d’assaut. « Oncle Bernard » est parmi les victimes. Le 14 janvier à 16 h 45, c’est consigné dans le grand agenda, Michel Bernard atterrit à Toulouse pour assister aux obsèques de son ami, qui se tiennent le lendemain en la chapelle Notre-Dame de Roqueville, au bord du canal du Midi. « Tu n’avais pas imaginé que tu mourrais ainsi, tué par une arme de guerre et des fanatiques qui haïssent ce que tu incarnais, déclame Michel Bernard dans l’église. Tu n’aurais pas imaginé cette fin, celle d’un combattant désarmé. Tu pensais, à 68 ans, que la vertu du sacrifice en toi resterait inemployée, alors tu parlais de ton grand-père, ancien combattant de la Grande Guerre, tu parlais de ton père, résistant valeureux de 1940-1945. Tu es maintenant tout étonné d’être à côté d’eux, avec des blessures de guerre dans ton corps. »
C’est « vers midi » le lendemain 16 janvier, à son retour à Reims, qu’il reçoit le coup de fil de son supérieur, le préfet de la Marne : « Michel, il faut préparer l’inhumation de Kouachi. Bien, vite, discrètement. » Michel est « effaré ». Les deux frères djihadistes ont été abattus par le GIGN. Le permis d’inhumer a été délivré le mardi 13 janvier. L’aîné résidait dans le quartier de Croix-Rouge, au sud de la ville. Sa femme avait voulu, cinq ans plus tôt, se rapprocher de sa famille de Charleville-Mézières. « Le couple était logé par un bailleur social depuis 2012 », lorsque naît leur fils, raconte Me Antoine Flasaquier, commis d’office après les attentats, dont le récit prend ici opportunément le relais de celui du sous-préfet. Désormais veuve, Mme Kouachi a fait savoir qu’elle souhaitait que Saïd soit inhumé dans la ville.
A la radio, Arnaud Robinet, maire (Les Républicains) de Reims, a protesté : « Qu’ils aillent se faire inhumer là où ils voulaient tant partir ! » Il se reprend un peu plus tard pour expliquer que « l’Etat [l]’a rappelé à [s]es obligations ». Les édiles ne peuvent refuser un corps si le défunt habitait dans la ville, y est mort ou compte dans la cité un caveau familial. Reste à organiser l’enterrement. « En m’appelant, le préfet avait eu cette délicate attention : “Dites-moi si ça vous gêne”, raconte Michel Bernard. Je me dis : je vais faire mon travail. Je pourrais expliquer “parce qu’on est en France”, “parce que je suis chrétien”, mais non, je ne réfléchis pas à ça. Je sais seulement que Bernard m’aurait dit : bien sûr, il faut que tu fasses le boulot. On peut trouver beaucoup de critères pour distinguer le civilisé du barbare, cet enterrement en est un. J’ai eu le sentiment qu’agissait sur moi une éducation. »
Le haut fonctionnaire réunit dans une salle de la sous-préfecture les pompes funèbres musulmanes (celles qui, loin de Reims, et après plusieurs refus concurrents, ont fini par accepter la mission), avec les services de la mairie, la police et la gendarmerie, la sécurité intérieure et, enfin, l’ex-avocat de la veuve de Saïd Kouachi. Celle-ci a accepté de ne pas se rendre à l’inhumation, pour éviter que la tombe, repérée, ne devienne un lieu de pèlerinage. « Un moment délicat, commente sobrement le sous-préfet, dans lequel j’ai pris soin de ne mettre aucun affect. J’ai affaire au corps d’un homme qui est mon ennemi, il a tué un de mes meilleurs amis, mais c’est le corps d’un homme, il doit être traité dignement et il faut que ça se passe bien. » Il ne fera pas d’objection à l’observation des rites, comme le lavage du corps et la prière des morts, avant l’enterrement prévu après minuit.
Ce soir-là, Michel Bernard n’a pas manqué de penser aux milliers de dépouilles allemandes, celles qu’après 1918 les familles voyaient arriver d’un mauvais œil dans les cimetières, « mais devenus aujourd’hui un trait d’union entre les pays, ce que ne sera jamais la tombe de Kouachi », observe le représentant de l’Etat. Les pompes funèbres choisissent de creuser la tombe sans pelleteuse, pour ne pas alerter le voisinage, prolongeant les obsèques jusqu’à 3 heures du matin tant le sol a gelé dans le carré du cimetière que le sous-préfet ne citera jamais : « C’est facile à trouver, je ne veux plus savoir, je ne veux pas le dire », lance-t-il. C’est le seul moment où un haut-le-cœur, vite maîtrisé, crispe son visage et secoue son récit républicain. Comme les « poilus », il n’a mis aucun lyrisme inutile dans le récit objectif de son chemin de larmes. Dans ce précipité contemporain où l’amitié dévastée bouscule la rigueur de l’Etat, le préfet-philosophe ne décèle aucun hasard. « Bernard avait une longue fréquentation d’Homère et une densité rare. Le meurtre a fait de sa vie une tragédie pure, lui donnant un sens qu’il n’attendait pas. »
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