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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 07:00
Voici venu le temps de la conversion, l’effet cash Investigation, il est loin le temps des bio-cons de Bettane, les de Boüard ont la foi des nouveaux convertis.

Rendons à Michel Bettane ce qui appartient à l’Histoire, dans ses Carnets de Route le n°40 du 30 juillet 2007 titre Non aux bio-cons ! ICI  il reconnaît à la culture biologique du raisin des mérites (en ce temps-là seuls les raisins pouvaient être labellisés bio), avec écrivait-il « une préférence pour l’école biodynamique. »

 

Sous ce titre il pourfendait en fait « les mauvais vinificateurs qui prétendent faire du vin naturel, sans soufre »

 

« Sus donc aux rouges puants, car les mauvaises levures indigènes, si avides de cannibaliser les bonnes quand le vinificateur laisse faire, sont les mêmes à travers toutes la planète et unifient par leurs arômes animaux tous les cépages e tous les terroirs, à bas les sucres traînants, les robes louches et instables et les saveurs approximatives, halte aux blancs oxydés et morts dont, après coup, on nous explique qu’on a « ménagé » la décomposition. »

 

Les « intellos dérangés » en prenaient plein la gueule mais l’outrance fut bien mal récompensée par l’Histoire, les « cons de naturistes » ont depuis gagné la bataille de la notoriété en s’affichant jusque sur la carte de restaurants étoilés.

 

Mais que fait Thierry Desseauve ?

 

Il fourbi ses armes pour aborder le virage à 180° ?

 

Le bel Hubert de Boüard de Laforest est 100% raccord avec Bettane dans Autour d’une bouteille avec Hubert de Boüard Gilles Berdin : « On peut avoir du respect pour les gens qui font du bio ou de la biodynamie, mais sur la question du soufre, on est dans le dogme pur, avec des fous-furieux. La belle affaire ! Je maintiens que, pour l’expression du vin rouge, le soufre est intéressant. Il confère une certaine fraîcheur et permet au vin de rester sur le fruit, sans avoir ce côté évolutif dans la dégustation. »

 

Et sur le bio que nous dit ce bon Hubert ?

 

  • J’essaie de donner une cohérence dans ce que je fais et c’est ainsi qu’au mois de juillet (2010), je vais organiser une réunion de réflexion avec les gens avec lesquels je travaille, sur la gestion des écosystèmes, sans forcément parler de bio.

 

  • Est-ce de la lutte raisonnée ?

 

  • On met un peu tout dans ce terme de lutte raisonnée et, sous ce prétexte, les gens font un peu n’importe quoi. Je ne veux pas non plus tomber dans un discours type : « Je suis bio et je n’accepte rien d’autre ». Je ne veux pas employer le mot « bio » pour laisser à chacun la possibilité de prendre la carte qu’il souhaite, je veux seulement penser à une agriculture propre. Je vais initier cette étude car elle va dans le sens de l’Histoire et je pense que je serai suivi. Pour ce faire, j’aimerais faire appel à un universitaire qui nous aiderait à travailler de façon scientifique sur cette démarche de propreté, tout en mutualisant les coûts. »

 

7 ans après, nulle trace de cette belle et généreuse étude, mais un communiqué est tombé : château Angélus 1er Grand Cru Classé ‘A’ de Saint-Émilion annonce entamer une conversion vers l’agriculture biologique.

 

« Depuis plus de 15 ans, Château Angélus s’attache à protéger son magnifique écosystème, à limiter les interventions, à mettre en place une réflexion pour transmettre aux générations suivantes un environnement préservé. Tout cela avec un raisonnement scientifique et un suivi technique. »

 

« Il y a trois ans, le Château Bellevue, Grand Cru Classé de Saint-Emilion contiguë à Angélus et copropriété de la famille de Boüard de Laforest est entré en conversion bio. »

 

« Aujourd’hui, Stéphanie de Boüard-Rivoal et Thierry Grenié de Boüard, actuels dirigeants du domaine, font entrer, à son tour, Château Angélus en conversion bio. »

 

« Cette évolution sera gérée par une équipe technique performante encadrée par Hubert de Boüard de Laforest : Emmanuelle d’Aligny-Fulchi/directrice technique, Didier Vallade/chef de culture, Gérald Gabillet/directeur technique adjoint et Benjamin Laforêt/coordinateur technique recherche et développement. »

 

Plus de prises de bec que de compromis entre antiphyto et interpro

Lundi 12 mars 2018 par Alexandre Abellan

ICI 

 

 CMR

 

Exemple avec les produits Cancérigènes Mutagènes et Reprotoxiques (CMR). Tenant de modérer le débat dans le cadre de l’ordre du jour, Allan Sichel estime ainsi que « le CIVB préconise d’éviter totalement les CMR, mais n’a pas le pouvoir de les interdire. Notre discours, c’est de demander l’évitement. Ce qui se concrétise, avec une diminution de 55 % du recours aux CMR entre 2014 et 2016 en Gironde. »

Paul François, le paysan contre Monsanto

 

Empoisonné par un pesticide commercialisé par Monsanto, l’agriculteur charentais a osé s’attaquer au grand industriel américain. Sa vie en a été changée à jamais: pour le meilleur, et pour le pire ICI

 

https://www.letemps.ch/societe/paul-francois-paysan-contre-monsanto?utm_source=amp

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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H (44) c’était le quatrième jour d’Armand alias Marc chez Citroën à l’usine du quai Michelet à Levallois-Perret, celle où l’on fabriquait la « deuche » la chouchoute des futurs babas cools.

Selon la version officielle, Gustave Porcheron avait connu Armand au garage de mécanique générale Brouckère, dans l’ancien quartier des chiffonniers, où il allait faire réparer sa moto, une Terrot à courroie. Il leur expliquerait –  ces gogos gobaient tout ce qu’il disait – que s’il l’avait à la bonne c'était que, très vite, il s’était aperçu qu’Armand était un sale petit fouteur de merde, de la graine de risque tout, et en plus pas con du tout car toujours fourré dans les livres quand il ne semait pas le bordel aux grilles des hauts-fourneaux. Ils militaient au Secours Rouge, étrange organisation sans véritable structure ni direction, simple nébuleuse rassemblant des culs bénis de gauche, des militants révolutionnaires, des syndicalistes radicaux, quelques féministes, qui se mobilisaient pour soutenir les victimes de la répression patronale et policière. Alors, comme Armand, baptisé Marc par les RG, venait de trouver une place d’OS, chez Citroën, à Javel par un copain de régiment de son père le Gustave l’avait pensé que ce serait une bonne recrue pour ses amis de la GP. Bien huilée la mécanique de ces messieurs, dans le dossier qu’ils avaient filé à Armand, un dossier émanant de personne bien sûr, sans en tête, tous les détails de sa soi-disant vie d’avant se résumaient en deux feuillets dactylographiés. L’opération double chevron, en référence au logo de Citroën, était classifiée « secret défense » et, au cas où elle déraperait, ou si Armand se faisait cravater par des collègues, bien évidemment il devrait tout prendre sur lui. Il n’aurait aucun officier référent. Ses rapports, en un seul exemplaire, il les déposerait dans une boîte aux lettres tout près de son domicile, au 31 de la rue des Cinq Diamants, à la Butte aux Cailles, dans le treizième où la grande maison lui avait trouvé un réduit humide dans un petit immeuble ladre, WC et douche sur le palier, plein d’arabes silencieux. Dans un élan de générosité il l’avait doté d’une Mob bleue d’occasion gonflée, munie d’un pot silencieux, qui selon les chefs le rendrait très mobile. L’avenir leur donnerait raison. Avant de s’immerger dans le sous-prolétariat de Citroën, comme un plongeur respecte des paliers, il dut s’astreindre à toute une série d’épreuves, dont la dernière, au garage central de la PP, pour qu’il s’imprègne du suint des ateliers de mécanique, pour que ses doigts et ses ongles se garnissent de cambouis, et pour qu’il acquière le B.A-BA du grouillot de garage en se familiarisant avec la tôlerie des bagnoles.

 

Le 4 septembre 1969, c’était un jeudi, et c’était le quatrième jour d’Armand alias Marc chez Citroën à l’usine du quai Michelet à Levallois-Perret, celle où l’on fabriquait la « deuche » la chouchoute des futurs babas cools. Pour lui c’était, tout, sauf cool, mais la galère. Son boulot, boucheur de trou sur la chaîne de montage de la « caisse », consistait à charroyer entre l’atelier de soudure et celui d’emboutissage des structures métalliques pour pallier les anomalies constatées sur certaines caisses et éviter un trou dans l’assemblage. Entre les deux ateliers, cent mètres où il devait pousser, courbé, arc-bouté, une sorte de fardier, dont les toutes petites roues collaient au goudron, rempli de carcasses en tôle tout juste sorti des presses. Il en chiait, ça lui sciait les reins et, comme ce sadique de contremaître, lorsqu’il lui avait demandé poliment des gants, lui avait ri au nez en lui balançant goguenard « Tu te démerdes sans, y’en a pas… » – y’avais jamais rien dans cette boîte de merde c’était comme ça chez Citroën le royaume du bout de ficelle – Armand se faisais bouffer les mains par le nu tout juste refroidi de la tôle et cisailler les doigts par tous les angles de ces putains de pièces. Les nervis, la couche de brutes épaisses qui évitait à la caste des ingénieurs géniaux – les pères de la DS – de se préoccuper de la lie des OS, l’avait classé bizarrement dans la catégorie « intellos », tous ces branleurs qui venaient les faire chier et foutre le bordel en s’immergeant dans la classe ouvrière, ici fortement représentée par les « bicots » et les « crouilles » ex-fellaghas coupeurs de couilles des braves défenseurs de l’Algérie Française. La manœuvre des « génies » de la place Beauvau fonctionnait à merveille : Armand alias allait plaire aux illuminés de la Gauche Prolétarienne.

 

Quand il s’était pointé le premier jour aux bureaux du quai de Javel, pleins de cols blancs et de petits culs frais de dactylos arpentant les couloirs, après les formalités d’usage, paperasses diverses, on l’avait dirigé vers le bureau du responsable du pointage où officiait, derrière un petit bureau métallique, un grand mec au crâne rasé qu’avait une gueule de juteux de l’armée, et qui s’avéra par la suite être un ancien sous-off qu’avait fait l’Indochine et l’Algérie, plus caricatural que nature, raide et con à la fois. Manifestement la gueule d’Armand lui déplaisait et, pour le faire chier, il l’avait collé dans l’équipe de nuit : il embauchait à neuf heures du soir et finissait à cinq heures du mat. À part les affres de son Golgotha quotidien, ça lui allait comme un gant car ça lui laissait du temps pour aller traîner mes grolles du côté des réunions secrètes de ses amis les « tigres en papier ». Mais le 4 septembre Armand n’en était pas encore là et, lorsqu’il sortit de l’usine, encore plein du fracas des presses, cassé par la nouvelle gestuelle que lui imposait le charroi de pièces en tôles coupantes qui mettait ses mains en sang, vidé de toute envie et affamé, il enfourcha sa mobylette, fonça jusqu’à son gourbi de la Butte aux Cailles pour se jeter sous une douche bouillante. Décapé, propre sur lui,  Armand gagnait Montparnasse où il allait, dès l’ouverture, poser son cul sur la paille des fauteuils nickel du Sélect. En dépit de son décrassage il devait suinter l’ouvrier car les garçons lui tiraient des mines dégoûtées en prenant sa commande. Armand les ignorais en s’empiffrant de leur petit déjeuner continental. La faune matinale lui plaisait ; des femmes entre deux âges le mataient ; des intellos en velours côtelé péroraient ; quelques filles en mini-jupes et bouquins sous le bras faisaient escale et pépiaient ; de vieux messieurs à rosette lisaient la presse du matin ; lui somnolait doucement jusqu’aux environs de neuf heures.

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 07:00
Les confidences de Philippe de Rothschild : le Médoc féodal, Goering  et Mouton…
  • Comment expliquer que l’on soit resté si longtemps féodal, ici, en Médoc ?

 

  • Parce qu’on était en  dehors de tous les courants. La première fois que je viens ici, je prends le train de nuit à Paris à dix heures du soir, j’arrive à sept heures du matin à la gare Saint-Jean, à Bordeaux, je prends mon petit déjeuner à l’hôtel Terminus, puis un fiacre qui m’amène à la gare Saint-Louis, de l’autre côté de Bordeaux, et enfin un dernier train à huit heures et demie… le reste du trajet s’effectuant en carriole.

 

  • La légende veut que Goering se soit approprié Mouton et Lafite…

 

  • C’est effectivement une légende ; Goering n’est là qu’un symbole. Les deux propriétés ont été nationalisées par Vichy, fort heureusement. Elles étaient sous la garde du Führer des Vins, car il y avait un Führer du Vin de Bordeaux ! En principe, les cuvées étaient réservées pour les grands nazis. Mais comme elles avaient été nationalisées par Vichy, même si l’Allemagne avait gagné la guerre, il aurait fallu qu’ils achètent à Vichy…

 

  • Ce qui fait que le vin a été protégé, ici ?

 

  • Complètement, le vin a été bien protégé pendant la guerre. La propriété était administrée par les Domaines, et le bonhomme qui s’est occupé de Mouton était de premier ordre ; dès que je suis  arrivé, il m’a dit : « Monsieur, nous avons gardé la propriété pour vous. » Tout  de suite, sans hésitation.

 

André Harris/Alain de Sédouy Les patrons Seuil pages 366 et 367

 

En 1941, une belle prise: les caves du Château Mouton Rothschild

 

Mais "l'Ogre", comme le surnomme Michel Tournier dans son roman Le Roi des Aulnes, ne se contente pas de spolier les musées. Amateur de bonne chère, il dévalise aussi les caves des grands restaurants, comme la Tour d'Argent, à Paris. Car cet esthète raffole des grands crus, et notamment des bordeaux. Albert Speer, l'architecte du Reich, racontait qu'il y avait peu de choses qui rendaient Göring aussi heureux que de s'affaler dans un fauteuil, tard dans la nuit, et de déboucher une bouteille de château-lafite. 

 

Göring va donc charger Heinz Bömers, grand négociant d'avant-guerre en spiritueux, d'une mission d'importance: organiser l'importation, en Allemagne, du vin français. Les négociations ont lieu à Paris, à l'hôtel Majestic (aujourd'hui, Le Peninsula). La région bordelaise traverse une grave crise de surproduction, depuis la fin des années 1930, et les viticulteurs français sont ravis de vider leurs chais: année après année, les volumes ne cessent d'augmenter, pour atteindre 232000 hectolitres en 1944. Mais le vin en vrac, transporté en Allemagne dans des wagons-foudres, c'est bon pour les soldats, pas pour le palais délicat du Reichsmarschall Göring.

 

Afin de satisfaire son maître, Heinz Bömers se rend dans les plus grandes maisons bordelaises. Il paie rubis sur l'ongle, en profitant d'un taux de change très favorable. "Et quand les domaines appartiennent à des Anglais ou à des juifs, il confisque purement et simplement les vins", précise Sébastien Durand, enseignant-chercheur à l'université de Bordeaux Montaigne et auteur d'une thèse sur "Les Entreprises de la Gironde occupée (1940-1944)". En 1941, sur les ordres de Göring, il met la main sur Château Mouton Rothschild et, surtout, sur ses précieuses caves. Après d'intenses négociations, l'Ogre se contentera de 10% des stocks. Ce sont ces bouteilles, sans doute, qui dorment aujourd'hui dans les caves de Cricova.

 

Ce vin français enfoui dans le trésor nazi de Göring

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, "l'Ogre" nazi a aussi pillé les plus prestigieux domaines viticoles français. Surprise: des grands crus bordelais de sa collection ont été retrouvés dans les caves moldaves réputées de Cricova! Histoire d'un incroyable périple qui passe par Moscou.

 

Des bouteilles, poussiéreuses, reposent sur le flanc, dans une petite cavité creusée dans le calcaire. Les étiquettes, pommelées d'humidité, sont illisibles, mais à côté, un écriteau doré indique ces quelques mots: "Château Mouton Rothschild Pauillac, 1er cru classé, 1936." Plus loin, dans d'autres alvéoles, d'autres noms prestigieux: "Richebourg - Domaine de la Romanée Conti, 1935", côte-rôtie, pommard, châteauneuf-du-pape...

 

Suite ICI 

 

Hermann Göring ou Hermann Goering ICI 

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H C’est tentant tu sais de chier dans les bottes de tout le monde. Moi, depuis que j’ai commencé à balancer je peux plus m’arrêter, ça me soulage comme quand je dégueule le lendemain d’une sale biture (43)

Les politiques pétaient de trouille face à ce groupuscule sans adhérents revendiqués, cultivant la Révolution en serre comme une plante en pot, étrange cercle d'initiés cooptés, forme vide où, entre la périphérie et le centre va et vient une fluence insaisissable, floue, pas de chef connu, rien d'interprétable, de la bouillie de chiots enragés. À la GP tout semblait provisoire, intérimaire, inorganisé au nom de la primauté des masses – des larges masses aussi maigres qu'improbables comme le vocabulaire de leurs tracts était lui aussi boursouflé que prévisible – cette volonté maladive de s'effacer, de laisser les manettes aux prolétaires lorsqu'ils prendraient les armes. Comme l'aurait dit sa mémé Marie, pour tout ce beau monde calamistré de la place Beauvau, ça n'avait ni queue ni tête car dans les usines les plus dures, en dehors des poches connues et circonscrites d'anarcho-syndicalistes, d'agitateurs de l'extrême-gauche non communiste, toujours les mêmes, aucun élément identifié ne permettait d'accréditer que le couvercle de la marmite allait sauter sous la pression de la base. La base jardinait, picolait, forniquait sans porter grande attention à ces gamins aux mains blanches faisant le pied de grue aux grilles de l'usine pour leur fourrer des tracts baveux d'encre, illisibles et déconnectés de leur saloperie de vie. En bons flics opportunistes qu'ils étaient, les tenanciers de la Place Beauvau, face à ce nid de frelons qui bourdonnaient dans un creux de mur, calmaient les angoisses de leur Ministre et de son cabinet avec l'opération foireuse baptisée pompeusement : double chevron.

 

Armand allait être cornaqué par une grosse enflure : Gustave Porcheron. Gustave la balance, électricien au service d’entretien chez Wendel, que ces petits cons de la GP considéraient comme un vrai révolutionnaire, alors que les RG le tenaient pour une poignée de biftons, et un peu de cul dans une boîte des Champs. Il avait pu ainsi accéder au saint des Saints de la GP, mais sa fiabilité douteuse nécessitait qu’il soit surveillé de près. Les deux hommes s’étaient retrouvés au buffet de la gare du Nord. Le Gustave, nippé prolo du dimanche, avec casquette huileuse, rouflaquettes roussâtre, plus vrai que nature, joues couperosées couleur brique, nez bourgeonnant et bedaine épandue au-dessus de la ceinture, adepte de la Valstar en litre, du rot et sans doute de la main baladeuse, une vraie raclure. Sans jamais regarder Armand dans les yeux, ce salopard avait d’abord tenté de l’amadouer, avec un abominable accent chti, tout en descendant sans respirer des bocks de bière pression : «  T’sé mec comme je suis un bon zig, et même si je m’occupe de ce qui ne me regarde pas, faut que je te dise que je ne comprends pas tout ce tintouin qui font pour cette bande d’enculeurs de mouches. Que des va-de-la-gueule ! Toi, je ne sais pas d’où tu sors, mais je t’aurai prévenu, faudra pas dire que t’savais pas, tire tes arpions de ce nid de petits frelons, y sont tellement cons qu’un jour y seront capables d’en faire des grosses conneries. Tu vois ce que je veux dire… »

 

Gustave poussa son bouchon plus loin, en se faisant d’abord obséquieux puis menaçant. « Pour eux, un gars comme toi, celui qu’on va dire que tu es, c’est une putain de recrue. Méfies-toi de ne pas te prendre à leur petit jeu et de ce que veulent entendre les chefs. C’est tentant tu sais de chier dans les bottes de tout le monde. Moi, depuis que j’ai commencé à balancer je peux plus m’arrêter, ça me soulage comme quand je dégueule le lendemain d’une sale biture. Alors je raconte des craques à tout le monde. Je n’ai pas envie que tu tues la poule aux œufs d’or mec ! Alors déconne pas, ne m’enlève pas le pain de la bouche sinon je cafte le morceau à mes potes révolutionnaires et je suis certain que tu passeras un sale quart d’heure… » Armand prit l’air de celui qui avait reçu le message cinq sur cinq pour jurer mes grands dieux à Gustave que jamais il ne lui chierait dans les bottes. Le vieux saligaud, rassuré, tout en se grattant les roustons, crut bon de se justifier. « Pour sûr que j’suis pas trop fier de baver pour le compte des bourres mais, moi le Gustave qu’est pas d’instruction, j’les respecte car eux, au moins, y me prennent pour ce que je suis : un enculé à qui on ne peut pas faire confiance, alors que cette bande d’intelligents qui me lèchent le cul comme si c’était d’la Chantilly, me donnent envie de leur chier dessus. Te méprend pas mon gars quand j’te dis que chui un enculé, c’est façon parler, car moi les tarlouzes j’leur bourre la gueule pas le fion… »

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 07:00
Le Normandie à New York (© : SNTP / COLLECTION CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Le Normandie à New York (© : SNTP / COLLECTION CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

  • Pourquoi New York est-elle surnommée la grosse pomme ?

 

Dans les années 1900 des courses hippiques avaient lieu un peu partout ainsi qu’à New York City, et les gagnants se voyaient remettre une pomme comme récompense. Il s’agissait des prix les plus importants et c’est pour cela que plusieurs personnes commencèrent à surnommer New York comme la grosse pomme, ainsi toutes les courses qui avaient lieu dans les banlieues de New York étaient communément appelées courses « autour de la pomme ».

 

Plus tard dans les années 1970 une campagne touristique appelait officiellement New York, la grosse pomme et attirait des voyageurs du monde entier. Le lien établis avec des vraies pommes rouges dans la campagne permettait de changer les mentalités des gens qui pensaient que New York était une ville dangereuse. Et cela fonctionna véritablement ! La grosse pomme est aujourd’hui l’une des destinations les plus populaires et convoitées par des milliers de personnes à travers le monde !

 

Bien évidemment le lien avec la Normandie, paradis de la pomme à cidre, du Calvados et du Pommeau, est facile d’autant plus que pendant des décennies les paquebots transatlantiques partirent du Havre.

 

Le Normandie fut l’un des plus mythiques paquebots de l’histoire et, pour beaucoup, le plus fabuleux liner jamais réalisé en France. La France, c’est d’ailleurs ce qu’il était. Une ambassade flottante, le représentant unique du meilleur de la technologie, du raffinement et de l’art de vivre de tout un pays. Une véritable gloire nationale. Il y a 80 ans, le Normandie faisait ses débuts au sein de la Compagnie Générale Transatlantique. La légende venait de naître.

 

Une carrière de quatre ans seulement

 

Commencée en mai 1935, sa carrière s'est interrompue du fait de la guerre, à laquelle il ne survivra pas. Saisi par les Américains le 12 décembre 1941 à New York, où il avait été mis en sécurité en 1939, le navire, rebaptisé La Fayette, est en cours de transformation en transport de troupes lorsqu’un incendie éclate dans le grand salon première classe, suite à une étincelle de chalumeau. Nous sommes le 9 février 1942 et cette journée sera fatale pour le fleuron de la marine marchande française. Pour éteindre le feu qui le ravage, les remorqueurs new-yorkais déversent tellement d’eau sur la coque que le bateau finit par chavirer. Le Normandie est renfloué à l’été 1943 et conduit en cale sèche à Bayonne, dans le New Jersey. Les dégâts sont très importants et les Américains abandonnent sa remise en état, jugée trop complexe et coûteuse. En 1945, lorsque la guerre cesse, la France renonce aussi à récupérer le Normandie. L’épave, mise en vente en août 1946, elle finalement adjugée à un ferrailleur de Newark, qui achèvera sa démolition en octobre 1947.

 

La suite ICI 

 

C’est donc tout naturellement que le Consulat Général  de France de New-York donne sur son site Recipe of the month: Apple Tart from Normandy [fr]

 

ICI

 

 

Traduction

 

La cuisine normande est déterminée par sa position géographique, qui bénéficie des fertiles terroirs de la Normandie, qui lui fournissent à foison les produits agricoles, tandis que la mer la pourvoit généreusement en poissons et crustacés divers. Les Normands aiment la bonne chère et leur cuisine se distingue essentiellement par ses productions agricole et piscicole.

 

Les pommes jouent un rôle prépondérant dans la cuisine normande, tant dans les desserts que dans la fabrication du cidre, ainsi que de l’eau-de-vie de cidre, appelée Blanche, dite calvados. Le trou normand est un petit verre de calvados, avalé d’un seul coup en plein milieu du repas, pour stimuler l’appétit. Le pommeau, apéritif à base de calvados et de cidre, est de plus en plus exporté.

 

La tarte normande est, comme son nom l’indique, une pâtisserie typiquement Normande à la pomme et au Calvados. La clef d’une tarte réussie réside dans vos pommes. Si elles sont de qualité, elles tiendront facilement à la cuisson et pourront être joliment caramélisées. Voici donc la recette très simple à réaliser et que vous pouvez accompagner d’une glace vanille.

 

Recette pour 4 personnes :

 

Préparation de la pâte sucrée

• 125 g de beurre

• 250 g de farine

• 1 œuf

• 90 g de sucre glace

• 30 g de poudre d’amande

 

Préparation de la crème normande

 

• 1 œuf

• 18 g de sucre semoule

• 12 cl de crème liquide

• ½ gousse de vanille

• 1 c. à s. de Calvados

 

Préparation des pommes

 

• 2 pommes golden moyennes

• 12 g de beurre

• 5 g de sucre semoule

• 2 c. à s. de Calvados

 

Préparation de la pâte sucrée

 

Tamiser la farine. Mettre le beurre en pommade : il doit être souple pour éviter de trop travailler la pâte. Ajouter le sucre glace, la poudre d’amande et l’œuf. Mélanger le tout. Lorsque la préparation est bien homogène, incorporer la farine tamisée. Rouler la pâte en boule, l’envelopper de film étirable. Réserver 12 heures au réfrigérateur.

 

Préparation du fond de tarte

 

Beurrer un cercle de 14 cm de diamètre. Abaisser la pâte sucrée sur une épaisseur de 3 mm et en garnir le cercle. Le déposer au réfrigérateur pendant 10 min. Chauffer le four à 160°C. Cuire la tarte à blanc puis la réserver.

 

Préparation de la crème normande

 

Casser l’œuf dans un saladier. Ajouter le sucre. Fendre la gousse de vanille, récupérer les graines avec la lame d’un couteau et les ajouter. Verser la crème et bien mélanger le tout. Puis ajouter le Calvados. Bien mélanger. Réserver au frais.

 

Préparation des pommes

 

Laver, éplucher, citronner les pommes. Les couper en cubes. Dans une poêle, faire fondre le beurre et le sucre. Ajouter les pommes et faire sauter quelques minutes. Arroser d’un peu de Calvados. Débarrasser et réserver à température ambiante.

 

Préparation de la tarte normande

 

Préchauffer le four à 180°C. Garnir le fond de tarte avec les pommes sautées puis le recouvrir de crème normande. Cuire pendant 15 minutes. Contrôler celle-ci avec la pointe d’un couteau : il ne doit plus rester d’humidité sur la lame. Débarrasser la tarte sur une grille. Saupoudrer du sucre glace sur la tarte.

 

Je voudrais rendre hommage à un très grand chef qui nous a récemment quitté, le Chef Alain Senderens, précurseur de la nouvelle cuisine, 3 étoiles au Guide Michelin durant vingt-huit années à Paris.

« Au même titre que la littérature, la « science de gueule » chère à Montaigne n’est-elle pas à la fois savoir, sentiment technique et art, quête d’harmonie et de sagesse ? »

Chef Alain Senderens (2 Décembre 1939 – 25 Juin 2017)

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H Alors il fallait s'immerger dans la glue des masses, apprendre d'elles en s'inspirant de la Révolution culturelle chinoise. (42)

« Le pouvoir au bout du fusil ! » ça claquait, non, et ça foutait les pétoches aux rentiers de la NAP Neuilly-Auteuil-Passy, hein ! Et pourtant, sous l'héroïsme de pacotille du slogan, rien qu'une poignée de minoritaires, farouchement minoritaires, quelques retranchés solitaires persuadés que leur solitude était l'essence même de la force irrépressible qui les meut : aller au contact de la réalité des masses, foin des programmes éculés des syndicats officiels, seule la parole des prolos compte... C'est beau, dur et caricatural, une esthétique réaliste, ouvriers du soviet de Petrograd et marins du Cronstadt unis, comme sur une fresque d'Octobre 17 ! Pour eux, l'urgence était la formation de groupes armés car le reflux qui avait suivi le raz de marée gaullien n'avait qu'enterré la violence, elle était toujours là sous le dépit des opprimés, nichée dans les ateliers de Sochaux ou des Batignolles, elle affleurait prête à gicler le moment venu. La rage du sous-prolétariat exploité était le levain de l'insurrection générale où les comités de grève, cette fois-ci, ne se laisseraient pas rouler dans la farine par des apparatchiks syndicaux. Rien que des traîtres à la cause du peuple ! Dans leur camp retranché de la rue d'Ulm, ce dernier carré de têtes bien faites, ces cousus de diplômes, pensait que la reprise en main n'était qu'un trompe-l’œil, que les prolétaires frustrés de leur victoire par le tour de passe-passe du Général, allaient prendre en main leur destin. Alors il fallait s'immerger dans la glue des masses, apprendre d'elles en s'inspirant de la Révolution culturelle chinoise. S'ils étaient « maoïstes » c'était en référence à l'appel aux masses, à la contre-offensive solitaire de Mao pour faire imploser les intellectuels. Passer à l'acte sur le champ de ruines du marxisme-léninisme, c'était comme plonger dans du beurre, le labour y serait aisé car l'humus révolutionnaire, libéré des révisos, était vierge. Purs combattants, sans états d'âme, quasi asexués, drapés dans leur splendide isolement, aristocrates de la Révolution, ces jeunes hommes de 20 à 25 ans vouaient en découdre.

 

Bien sûr, pour les chevaux de trait, les bourriques des RG, avec leur vue basse, leurs œillères et leur QI de pois chiches, plus fouille-merde patentés que fins analystes des derniers écrits du Grand Timonier, cette logorrhée vindicative et délirante, prise au premier degré, ne pouvait que déboucher sur une forme inédite de guérilla larvée difficile à maîtriser. Compréhensible leur angoisse, ces normaliens survitaminés du stylo ne faisaient pas partie du cheptel relevant d'ordinaire de leur paroisse. Totalement dans le bleu les pauvres se repliaient sur les bonnes vieilles méthodes. Les infiltrer c'est déjà fait mais leurs informateurs ne bitaient rien au délire, ne faisait que de la figuration inefficace. D'où l'idée géniale de leur chef  d'un agent dormant, capable de décrypter le sabir de la GP. Sur cette initiative, ces obsédés de la menace soviétique, ces Paganini de l'instrumentalisation de la guerre froide, ces couleurs de muraille que sont les délirants de la DST opinaient même si, pour eux, cette agitation allait se dissoudre dans la maladie infantile du gauchisme : l'inorganisation, et que les risques de passage à l'action étaient mineurs car ces intellos n’étaient que des amateurs qui allaient s'enliser dans les scissions et les exclusions. S'ils participaient à l'opération c'était pour parer l'infiltration de ces illuminés par l'Internationale terroriste des poseurs de bombes et des coups de mains sanglants.

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 07:00
Quand la moutarde vous monte au nez faites-vous un cataplasme mais ne mettez pas de moutarde dans votre mayonnaise !

L'origine du mot « moutarde », viendrait de deux mots latin mustum ardens ) qui signifiaient « le moût ardent » car de tout temps on a préparé la moutarde avec du moût (jus de raisin non fermenté). Ce mot aurait donné ensuite le mot " mustard " en anglais.

 

Hippolyte Etiennez dans son Livre de la Phagotechnie universelle, avance cette anecdote :

 

« Pour terminer, disons un mot de la moutarde. Ce ne sera pas la première fois qu’on aura servi de la moutarde après le dîner. Les anciens connaissaient parfaitement cette graine. Pline assure qu’elle est le contrepoison des champignons vénéneux. Mais elle n’a pas toujours porté ce nom de moutarde. On l’appelait autrefois sauve ou sénevé ; ce ne fut qu’en 1392 qu’on la débaptisa. Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, ayant marché contre les Gaulois révoltés, et Dijon lui ayant fourni pour cette expédition mille hommes d’armes, le duc, reconnaissant, accorda à la ville, entre autres privilèges, celui de porter ses armes avec sa devise moult me tarde. La ville fit sculpter l’un et l’autre sur sa porte principale ; mais un accident ayant détruit le mot du milieu, on ne lisait plus que moult tarde, et l’on donna, par dérision, ce nom au sénevé que fabriquaient en grande quantité les habitants de Dijon.

 

Ceci nous rappelle une autre anecdote. Un fabriquant de la même ville avait écrit sur sa porte cette phrase : multum tardat divio nixam. Les érudits ne manquèrent pas de s’arrêter devant l’inscription, et se mirent à la torture pour en trouver le sens ; mais ils n’y purent parvenir, et dénoncèrent le fabricant, qui, obligé de traduire son enseigne, le fit ainsi : moult tarde Dijon noise (moutarde dijonnaise).

 

« L'origine géographique de la moutarde reste imprécise. Certains situent ses origines en Afghanistan entre 5500 et 2300 av. JC. Pour d'autres, elle est de l'est de l'Inde et la Chine. La moutarde brune est maintenant cultivée et utilisée sur les cinq continents dans les régions à climat subtropical tempéré. Mille ans après les Sumériens (3000 ans av. JC) à qui on doit les premières traces de moutarde, cette espèce est cultivée par de nombreuses civilisations (Egyptiens, Grecs, Romains...). Elle fut introduite en Gaule par les Romains il y a environ 4000 ans. La moutarde est connue, dans l'ancien testament, sous le nom de sénevé. L'apôtre Matthieu, nous en parle dans la parabole du grain de sénevé. »

 

Ce sont vraisemblablement les romains qui importèrent vers la Gaule, l'usage de la moutarde de table. Puis, plus tard Charlemagne recommanda de cultiver cette épice dans tous ses états généraux ainsi que les jardins bordant les monastères en banlieue de Paris. La culture de la moutarde gagne progressivement l'Allemagne puis l'Angleterre. En Europe du nord, une croyance voulait que l'on répande quelques graines de moutarde autour de sa maison pour y chasser les mauvais esprits ...

 

La moutarde de table s'y adapta facilement : la vigne, mère du vin et grand-mère du vinaigre et la moutarde firent bon ménage. Les graines de moutarde poussaient naturellement en abondance. »

 

 

« La moutarde est une plante de la famille des Brassicacées (crucifères) dont les graines servent à fabriquer le condiment du même nom. Pour la fabrication de la moutarde les graines sont d’abord nettoyées puis trempées dans le verjus (le jus acide des raisins n’ayant pas mûri), avant d’être broyées pour obtenir une pâte qui sera tamisée afin d’éliminer les sons puis laissée au repos quelque jours en fûts. La saveur piquante du condiment est due à sa richesse en sénevol, essence issue de la dégradation enzymatique d’un sinigroside contenu dans la graine. Néanmoins, « Il n’appartient pas à tout vinaigrier de faire de la bonne moutarde », c’est pourquoi en France, les moutardiers ou « faiseurs de moutarde » sont reconnus comme tels dès 1412. »

 

L'implantation des moutardiers en Bourgogne est liée à deux principales raisons :

 

- l'abondance des vignes offre le verjus nécessaire à la pâte ;

 

- le sénevé cultivé au 19e s. par les charbonniers de Morvan et de l'Auxois, produisant du charbon de bois pour les premières usines sidérurgiques de Bourgogne (Le Creusot, Montbard, Buffon). En effet, le sénevé poussait très bien sur les sols utilisés par les charbonniers pour carboniser le bois. Depuis longtemps, les charbonniers ont disparu et à présent le sénevé est essentiellement importé du Canada.

 

« Au XVIIIe siècle, une famille dijonnaise (les Naigeon) donne à la moutarde de Dijon ses lettres de noblesse en la confectionnant non pas avec du vinaigre mais avec du verjus (jus de raisin vert). C'est là toute la spécificité du produit.

 

« Il n’est moutarde qu’à Dijon »

 

Dès le seizième siècle, la moutarde de Dijon l’emporte sur toutes les autres. Grimod de La Reynière écrira qu’elle « se distingue encore de beaucoup par son mordant et une saveur piquante ».

 

Au XVIIIe, la concurrence se focalise entre la moutarde parisienne et dijonnaise. À Paris dominent Bordin et Maille, qui s’intitulait modestement « vinaigrier-distillateur du roi ». Ce dernier diversifie déjà ses produits en proposant de la moutarde à l’ail, à l’estragon, à la romaine, aux truffes…

 

Au XIXe siècle, Maurice Grey conçoit et réalise à Dijon une machine destinée à améliorer la production et le rendement de la moutarde. En pleine période de développement économique, c'est le succès immédiat pour la moutarde de Dijon. »

 

Grâce à ce moulin, un homme peut faire 50 kg de moutarde par jour, contre 16 à 17kg avec le procédé manuel. De l'atelier on passe à l'usine qui sera hydraulique à vapeur. Des brevets royaux, on passe à l'ère des brevets d'invention et des expositions universelles, ou chacun concoure pour les médailles les plus recherchées du moment.

 

Le 20ème siècle connaîtra de nombreux bouleversements, essentiellement économiques. Les réglementations sont de plus en plus strictes, à l'image du décret de 1937 qui a défini les conditions de fabrication et de dénomination des moutardes.

 

La « Moutarde de Dijon » correspond ainsi à un procédé bien précis. Elle est fabriquée avec des graines de moutarde noire et/ou brune, blutées ou tamisées. Cependant, le consommateur ne doit pas s'y méprendre : il ne s'agit pas là d'une appellation d'origine.

 

Si quelques fabricants utilisent encore aujourd'hui le procédé traditionnel, c'est à dire le broyage à la meule, la fabrication artisanale tend à disparaître au profit de quelques marques. Amora ou Maille.

 

La production locale de graines de moutarde ne suffisait plus au développement galopant de l'industrie condimentaire (depuis la révolution industrielle, à partir de 1850). Il a fallu importer des graines. La culture de la moutarde disparut de la région vers 1950, victime de ses faibles rendements. Elle fut remplacée par le colza et le tournesol plus rémunérateurs pour l'agriculteur.

 

Depuis 2009, il existe une indication géographique protégée (IGP) : la « Moutarde de Bourgogne » Ce produit est confectionné à partir de grains cultivés en Bourgogne.

 

 

« Amora Maille et Fallot, trouvant dangereux de n’avoir qu’une seule source d’approvisionnement, décident de relancer la production de graines de moutarde en Bourgogne », raconte Marc Désarménien, petit-fils d’Edmond Fallot et Directeur général de la moutarderie familiale Fallot, installée à Beaune depuis 1840. Une poignée d’agriculteurs se lance dans l’aventure, un programme de sélection variétale permet d’améliorer les propriétés génétiques des graines, et peu à peu, la production renaît. « Aujourd’hui 5 000 hectares sont cultivés en Bourgogne », se réjouit Jérôme Cadet, agriculteur et président de l’association moutarde de Bourgogne.

 

« Si la moutarde vous monte parfois au nez, sachez qu'elle peut aussi le déboucher en cas de rhume ! »

 

 

Utilisée en cataplasmes, cette plante dégage les voies respiratoires, décongestionne les bronches et soulage le nez bouché.

 

Pour préparer un cataplasme de moutarde, mélangez 2 cuillerées à soupe de farine de moutarde ou de graines de moutarde broyées avec de l'eau tiède.

 

Appliquez une gaze sur votre poitrine, étalez cette pâte par-dessus et recouvrez d'une seconde gaze. Laissez poser 10 minutes.

 

Il est normal que ça chauffe. En revanche, si votre peau est irritée, retirez le cataplasme immédiatement.

 

Ce remède de grand-mère est d'ailleurs déconseillé pour les enfants car les sensations de chaleur peuvent être désagréables.

 

Pas de moutarde dans la mayonnaise

 

« Indispensables sauces de notre table, la mayonnaise et la rémoulade ont su s’affirmer pour accompagner nos plats de tous les jours. Pourtant une chose les oppose : La moutarde. En effet, si la mayonnaise se prépare avec des jaunes d’œufs, du vinaigre blanc, du sel et du poivre, la rémoulade suit la même recette au détail près que le vinaigre est remplacé par un scrupule de moutarde ! »

Sources : Histoire de la moutarde Chambre d’agriculture de la Côte d’Or

La Moutarde de Bourgogne maison Fallot.

À propos de la moutarde Menu fretin

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 06:00
La résistible ascension de Benoît H Féroces, les irréductibles jetaient le « caïman » de la rue d'Ulm aux chiens : « Althusser à rien ! » « Althusser pas le peuple ! ». (41)

Le grand Armand Boutolleau lorsqu’il aperçut Benoît se précipita vers lui, l’enserra très fort dans ses bras. « Putain que je suis heureux que tu sois là ! Je finis mon service dans un quart d’heure, nous allons aller manger des huîtres au Wepler… » Ils s’installèrent à une table isolée, commandèrent une bouteille de Muscadet pour accompagner leurs fines de Claire. Armand, d’ordinaire jovial, semblait préoccupé, il pétrissait ses grandes mains, se tortillait sur la banquette en skaï rouge.  « T’as des soucis l’ami ? » s’enquit Benoît. « Plutôt de gros emmerdes, le genre dont tu ne peux de sortir que le cul sale… »

  • Allez, vide ton sac !

« C’est un peu compliqué mais je vais faire simple. Pendant le raout de la rue Gay-Lussac, comme je te l’ai dit avec ma Violette et ses camarades, une chouette nana de la Sorbonne, une tête mon Benoît et pas que, on s'était réfugié dans un hôtel, on s’était installés dans les chambres aux étages pour pas que les bourrins flairent notre présence. Avec Violette qu’était chaude bouillante on s’en est payé une bonne tranche. Je ne te raconte pas ! Bref, quand tout s’est calmé on s’est tiré discrètement. Je ne suis pas allé bosser, j’me suis fait porté pâle grâce  au père de Violette qu’est toubib. Tout allait comme sur des roulettes, on était de tous les bons coups. Quand le soufflé est retombé j’ai repris le turbin avec pas beaucoup d’entrain. Et puis, un matin deux mecs en civil qu’avaient des gueules de flics, et c’était des flics, des gars des RG, se sont pointés à mon boulot. Ils m’ont mis sous le nez ma carte d’identité. Je savais que je l’avais perdu, sauf que je ne savais pas que c’était en baisant Violette à l’hôtel de la rue Gay Lussac. Tu vois le travail mon Benoît. Le propriétaire de l’hôtel avait porté plainte pour les dégâts que nous avions faits dans sa Taule. La douloureuse était lourde et comme j’étais le seul identifié c’est moi qui allais morfler. Putain quel con j’étais ! Les deux gars se marraient. « Nous on n’en rien à foutre de l’hôtelier, si tu acceptes notre marché tu ne seras pas mis en cause… » Benoît ça sentait mauvais mais j’étais coincé comme un rat. Je n’avais pas le choix. J’ai accepté… »

  • T’as accepté quoi Armand ?

 

  • D’infiltrer la Gauche Prolétarienne !

 

Armand tendait à Benoît une note blanche, rédigée par les fins limiers des RG. Affligeant ! C'était un ramassis de lieux communs, où l'on trouvait tout et son contraire, alarmiste tout en soulignant l'absence de réel passage à l'acte, torchée dans une langue de béton par de vieux routiers de l'anticommunisme primaire habitués au format immuable des cellules du PC et des sections de la CGT, qui accolaient à la Gauche Prolétarienne le label d'organisation paramilitaire alors que le premier abruti venu savait qu'en dépit de ces appels à l'insurrection populaire, la poignée de jeunes bourgeois exaltés, épaulés par deux pointures en mal de point de chute, Geismar l'un des boss de 68 connu du grand public qui veut se fondre dans le gris des opprimés, et le tout en os déjà opportuniste July, dit « l'italien » au temps de l'UJC, se saoulait de palabres échevelés et débitait à la chaîne des tracts incendiaires distribués au petit matin aux portes des usines pour finir leur courte vie dans la merde des caniveaux.

 

Mai, le printemps de la parole, des discours enflammés, des rêves fous, des slogans libertaires, des affiches provocatrices, se figeait dans le plomb groupusculaire. La masse des insurgés, les joyeux dépaveurs casqués, bien vaccinés contre la dictature des encartés, des porteurs de certitude, fondait sous le soleil des plages aux côtés des Français de la France profonde qui se remettaient de leur grande trouille. Même les évènements de Prague, le cliquetis des chenilles des chars des pays frères, ne les avaient pas tirés de leur léthargie bronzifaire. Ceux qui restaient, le noyau dur des militants professionnels absorbés par leurs psychodrames internes, s'enfouissaient afin de préparer leur longue marche. L'ordre régnait à nouveau, pesant. La Vermeersch démissionnait du Comité Central du PC pour protester contre les réserves émises, par ce brave plouc de Waldeck Rochet, au coup de force de Prague ; une stal de moins mais déjà la trogne noiraude de l'immonde Marchais pointait son groin dans le paysage dévasté de la gauche française. Féroces, les irréductibles jetaient le « caïman » de la rue d'Ulm aux chiens : « Althusser à rien ! » « Althusser pas le peuple ! ». De Gaulle exhortait les Français : « Portons donc en terre les diables qui nous ont tourmentés pendant l'année qui s'achève ». Les socialos cliniquement morts, les PSU en voie de fractionnement nucléaire, les Troskos pathologiquement sectaires, les révisos marxistes-léninistes hachés menus et en décomposition avancée, laissaient le champ libre aux purs révolutionnaires.

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 07:30
Ce matin je vous propose un texte qui me va comme un gant : sans la contrainte d’un délai je suis vraiment un fainéant…

Mon statut d’allongé pendant un bon mois m’a permis, outre de lire une palanquée de livres voir ICI, de me poser la question : que vas-tu faire lorsque tu vas retrouver la plénitude de ta locomotion ?

 

Du vélo sans doute mais comme je ne saute jamais le périphérique mon rayon d’action reste fort limité.

 

Que faire ?

 

Glander ?

 

Me laisser vivre comme un retraité…

 

Pourquoi pas ?

 

Comme je suis un retraité aisé, le modèle-type frappé par l’augmentation de la CSG – ce dont je ne me plains pas – je pourrais me payer des croisières culturelles pimentées par la présence de la fine fleur de nos intellectuels : Zemmour, Luc Ferry, FOG, BHL…

 

Me ferais trop chier !

 

Autre piste : me transformer, comme le gros Hercule Poirot, en écumeur de 3 étoiles, me la péter au Plaza ou au Meurice, me prendre pour un succédané de Pudlo, gratter comme lui des chroniques que personne ne lit, faire accroire, comme lui, que je suis un grand dégustateur…

 

Que nenni, je fuis ces nouveaux temples pour nouveaux riches, au décor pompeux, aux assiettes chichiteuses et aux caves atrocement conventionnelles.

 

Alors aller au ciné, au théâtre, au concert, au stade, au casino, à l’Assemblée nationale, au Sénat, à Vinexpo, à Vinisud, à Vinovision, à la Dive…

 

Certes, mais pourquoi me cacher derrière mon petit doigt ce qu’il me faut pour me maintenir en vie c’est encore une bonne dose d’adrénaline afin de lutter contre ma nature profonde de fainéant.

 

 

« Schneiderman était le principal chroniqueur d New York Herald tribune, un métier accaparant qui l’obligeait à sortir presque tous les soirs pour assister à des concerts, des récitals et des opéras, il avait ensuite un délai très court pour écrire sa critique et la faire parvenir le soir même au secrétaire de rédaction en charge des pages artistiques, ce qui paraissait à Ferguson une tâche pratiquement impossible, il n’avait que deux heures ou deux heures et demie pour mettre en ordre ses impressions sur la représentation qu’il venait de voir et d’entendre et pour écrire à son sujet quelque chose de cohérent, mais Schneiderman avait l’habitude d’écrire dans l’urgence et la plupart des soirs il achevait ses articles sans même lever les mains de son clavier et lorsque Ferguson lui demanda comment il pouvait produire les mots à une telle vitesse, il répondit à son beau-fils, je suis vraiment paresseux, Archie, et si je n’avais pas la contrainte d’un délai à respecter je ne terminerais jamais rien, et Ferguson fut impressionné de voir que son beau-père pouvait ainsi se moquer de lui-même car bien évidemment il était tout sauf paresseux. »

 

4321 Paul Auster page 258 Actes Sud

"4 3 2 1" : pourquoi le dernier roman de Paul Auster est exceptionnel

 

 

Paul Auster publie "4 3 2 1" (Actes Sud), un roman monumental qui met en scène la vie d'un garçon d'origine juive né en 1947. Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant 4 scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. "4 3 2 1" est un roman exceptionnel. On vous dit pourquoi.

 

ICI https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/la-rentree-litteraire/4-3-2-1-pourquoi-le-dernier-roman-de-paul-auster-est-exceptionnel-267719

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 06:25
La résistible ascension de Benoît H La face plate de la rame Sprague déboucha du tunnel Le chef de train, un long vouté, dominait la masse, et sa tronche renfrognée sous sa casquette ridicule ressemblait à un bouchon balloté par la houle. (40)

Quand Benoît s’est enfournés dans la bouche du métro, la glue poisseuse des mal-éveillés giclant de toute part l’a dégluti, absorbé, digéré. Des fourmis aveugles, programmées, progressaient en files denses, se croisaient sans se voir. Portés par elles, dissous puis coagulés, étrons parmi les étrons, il prenait place dans le troupeau. Ce grouillement souterrain, malodorant, informe, chaîne de résignés, de regards vides, bizarrement le rassurait. La quête têtue et empressée du bétail à se fondre, à n'être qu'anonyme, correspondait bien à ses aspirations du moment. La face plate de la rame Sprague déboucha du tunnel et, comme Benoît était en tête de ligne, elle s'immobilisa, dans un crissement aigu de freins, à sa hauteur. La rame dégueulait ses encagés sous les regards impatients de ceux qui allaient les remplacer. Le chef de train, un long vouté, dominait la masse, et sa tronche renfrognée sous sa casquette ridicule ressemblait à un bouchon balloté par la houle.

 

Leur périple sous terre, tels des lombrics entrelacés, teintait d'un plaisir malsain son blues matinal. Ici, dans cette ville grouillante, indifférente, se fondre dans son magma serait un jeu d'enfant. Sa nouvelle vie de merde se présentait sous les meilleurs auspices. Pour la première fois depuis longtemps il esquissa un sourire. Benoît allait rejoindre son vieux pote Armand Boutolleau dans un café de la Place de Clichy où il avait trouvé une place de garçon. La rame s'immobilisait à la station Assemblée Nationale, son wagon se délestait d'un fort contingent de costumes gris et de jupes tristes. Benoît se familiarisait avec l’entrelacement des lignes, les correspondances, les stations terminus. Là, pour  aller place Clichy, il empruntait la ligne 12, celle qui dessert l'Assemblée Nationale, jusqu'à Saint-Lazare pour rattraper la ligne 13. Bien plus tard, en tripotant un plan de métro, il s’aperçu que la ligne 14 avait disparu. Ça lui avait fait tout drôle. Un collègue dont le frère marnait à la Régie a éclaira sa lanterne. Les blaireaux avaient creusé un tunnel sous la Seine pour relier Invalides à Concorde et connecter la 13 à la 14, et la ligne 14 a disparue. Elle a ressuscité avec dans les profondeurs d'Eole, la ligne automatique. Benoît la prenait souvent depuis la bouche de la place du Havre qui l'impressionnait, ces messieurs les ingénieurs, dans la démesure du chantier, avaient retrouvé la veine du film Brazil avec l'entrelacs des escalators, la plongée des escaliers larges comme des boulevards, la froideur des dallages minéraux, la démesure des rotondes gigantesques et l'infini du quai où s'étiraient les deux longs serpents de verre gainé d'acier.

 

Benoît, dans la ville capitale, repensait à son bocage crotté, aux Boux de Casson et autres notables élus par le petit peuple qui, dans leurs discours de comices agricoles, se pourléchaient, auprès de leurs électeurs goguenards, paysans madrés, maquignons vicieux, bigotes au bras de leurs époux, journaliers endimanchés, raillaient les gens de la ville, si éloignés de la terre nourricière, celle qui ne ment pas. Dans leur péroraison, au moment où il leur fallait marquer les esprits, mettre les rieurs de leur côté, mains sur les hanches, ils prenaient leur auditoire à témoin, l'air entendu de celui à qui on ne la fait pas : « Moi, mes chers amis, je ne suis pas comme ces beaux messieurs les scribouilleurs de feuilles de choux parisiennes qui nous donnent des leçons, nous traînent dans la boue, je ne crains pas, comme vous de me mettre les mains dans le cambouis, pour vous aider... » L'image leur parlait, elle tenait de l'évidence, se salir les mains pour ses électeurs quoi de plus respectable ! Les prébendes sont le juste prix du scrutin d'arrondissement.

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