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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 06:00
Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »

« À la fin du ce même siècle, naissait un autre illustre personnage : Auguste Escoffier (1846-1935). Celui qu'on surnomme le « chefs des rois et roi des chefs » fit rayonner la gastronomie moderne française à l'étranger. Il fut l'auteur de plusieurs livres culinaires, dont Le Guide culinaire (1903) - bible des plus grands chefs d'aujourd'hui - et un manager hors pair (il mit en place le système des brigades en cuisine). Au début de sa carrière de cuisinier à Nice, Escoffier créa, aux alentours de 1864, la Poire Belle Hélène. Des poires pochées nappées d'une sauce au chocolat. Encore aujourd'hui, le succès de ce dessert ne se dément pas. Un hommage à La Belle Hélène, un opéra-bouffe créé en 1864 par Offenbach. Une attirance pour l'art lyrique qui se manifestera une seconde fois, mais trente ans plus tard, avec une nouvelle création : la Pêche Melba. Un dessert glacé mythique et incontournable présent sur la carte de nombre de restaurants. Sur une glace à la vanille, sont déposées des pêches blanches pochées dans un sirop vanillée, le tout nappé d'une purée de framboises fraîches. Telle est la véritable composition de ce dessert gourmand et parfumé. Vous noterez donc que la chantilly et les amandes de Polignac n'existent pas dans la version originelle. Ce sont pourtant deux éléments qui caractérisent aussi aujourd'hui la Pêche Melba. »

 

La Pêche Melba : histoire d'un dessert mythique

par Catherine Lasserre - 4 sept. 2014

 

Avec « Saucisse Melba », l’espace d’art La Placette répond à l’invitation de la Ville de Lausanne à valoriser la rotonde de la Maladière au moyen d’une intervention artistique en rapport avec la saison et le lieu. Pour ce faire, La Placette s’est laissée inspirer par une anecdote du début du siècle passé :

 

« Derrière Saucisse Melba se cache d’abord une anecdote cocasse. En 1902, la cantatrice australienne Nellie Melba – inspiratrice de la fameuse pêche – et Enrico Caruso se trouvent au Royal Opera House, à Londres, pour interpréter La Bohème. En incorrigible farceur, le ténor napolitain veut infliger une leçon à l’imbuvable et capricieuse diva. Au moment de chanter «Quelle petite main froide, laisse-moi te réchauffer», Caruso lui glisse entre les doigts une saucisse brûlante, qui finira sa course dans le public. »

 

RODOLFO

 

Votre petite main est glacée !

Laissez-moi la réchauffer.

À quoi bon chercher ?

Dans le noir, nous ne trouverons rien.

Mais, heureusement,

ce soir la lune luit ;

et la lune, ici, est notre voisine.

Tenez, mademoiselle,

je vais vous dire en deux mots

qui je suis, ce que je fais et comment je vis

 

Avec des œuvres de : Nastasia Meyrat, Céline Peruzzo, Jessica Russ, Hadrien Dussoix, Paul Lipp & Reto Leuthold, Thomas Rousset, Sebastien Verdon.

 

Performance culinaire : Lio Gino Grivet

Performance musicale : MusicForEggplant

Stand de boissons tenu par Vins vivants

Stand de glace tenu par Labo Gelateria

Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »

Madame Nellie Melba, grande cantatrice de nationalité australienne, chantait à Covent Garden à Londres avec Jean de Reszke en 1894. Elle habitait le Savoy Hôtel près de Covent Garden, époque où je dirigeais les cuisines de cet important établissement. Un soir où l'on donnait Lohengrin, Madame Melba m'offrit deux fauteuils d'orchestre. On sait que, dans cet Opéra, il apparaît un cygne. Madame Melba, donnait le lendemain soir un petit souper à quelques intimes dont Monseigneur le Duc d'Orléans était parmi les convives. Et pour lui montrer que j'avais agréablement profité des fauteuils qu'elle m'a gracieusement offerts, je fis tailler dans un bloc de glace un superbe cygne et, entre les deux ailes [je mis] une timbale en argent. Je couvris le fond de la timbale de glace à la vanille et sur ce lit de fine glace, je disposai des pêches à chair blanche et tendre […] pochées pendant quelques minutes dans un sirop à la vanille et refroidies. Une purée de framboises fraîches couvrait complètement les pêches. Un léger voile en sucre filé [recouvrait] les pêches. […]

Mais ce n'est qu'en 1899 à l'ouverture du Carlton à Londres que la Pêche Melba a conquit sa popularité. Dans le service courant, la « Pêche Melba » est le dessert le plus facile à préparer : il suffit de couvrir le fond le fond d'une coupe en cristal  […] de glace à la vanille. Déposer sur la glace des pêches à chair blanche et tendre, mûries à point, débarrassées de leur pelures, pochées pendant quelques minutes dans un sirop léger parfumé à la vanille. Puis masquer les pêches d'une purée de framboises fraîches, sucrées. Facultativement, on peut jeter sur les pêches, un léger voile de sucre filé.

Auguste escoffier

Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »
Quel est le rapport entre la pêche Melba et la saucisse Melba : une histoire d’opéra « Votre petite main est glacée ! »
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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H l’important c’était d’entretenir la machine, de développer le fonds de commerce du renseignement, de pomper le maximum de crédits aux gouvernements, d’entretenir l’illusion de la menace, de conforter les chefs dans leur paranoïa (130)

Le retournement de Sacha passait bien sûr par les femmes, Karen et Chloé s’y employèrent avec la rouerie du sexe dit faible en exploitant sans vergogne le goût qu’ont les nabots pour les hautes tiges. Pour ne pas éveiller de soupçons Benoît servit d’intermédiaire en plaçant lors d’une beuverie en tête à tête avec Sacha que Chloé en pinçait pour lui. Il s’esclaffa bruyamment avant de lui servir que ses responsabilités de chef lui interdisait de se laisser aller aux folies de l’amour, baiser lui suffisait. Cette profession de foi déboucha, dès le lendemain soir, par une irruption de Sacha dans l’alcôve où Chloé qui, comme par hasard, dormait dans les bras de Karen. Elles le consommèrent, telles des mantes religieuses, sans répit, le pompant, l’asséchant, le réduisant à l’état de serpillère essorée.  La nuit n’y suffit pas, elles ne le lâchèrent qu’en fin de matinée. Karen vint rejoindre Benoît alors qu’il s’apprêtait à sortir. Dans son style inimitable elle entreprit de le délester de la semence qu’il avait dû accumuler en pensant à elle toute une nuit sans elle. Son agenouillement fut sublime et, pendant que ses longs doigts glacés le défaisaient, elle lui disait que tout ce qu’elle venait de faire avec Sacha c’était pour lui qu’elle l’avait fait, par amour. À l’instant où elle désincarcérait son sexe déjà en érection Karen, lui jurait une fidélité absolue. Lui seul pouvait revendiquer la possession absolue de son corps. Il était son homme, son maître, le futur père de ses enfants.

 

Le plan des américains consistait à faire en sorte que Sacha, soi-disant démasqué par leurs services, passe le Mur pour se réfugier en RDA et, bien sûr, de continuer de travailler là-bas pour la Stasi à d’autres tâches – le travail de flicage ne manquait pas dans cette sinistre démocratie populaire – tout en entretenant, avec l’accord de ses chefs, des relations avec ses anciens copains de l’Ouest qui, bien sûr, lui fourniraient des renseignements gracieusement offerts par les services occidentaux. Ce type d’opération relevait du pur classicisme sans pour autant qu’une quelconque des parties en présence puisse réellement savoir au bout du bout qui intoxiquait qui, qui manipulait qui. Avec le recul Benoît était intimement persuadé que tout le monde s’en foutait, l’important c’était d’entretenir la machine, de développer le fonds de commerce du renseignement, de pomper le maximum de crédits aux gouvernements, d’entretenir l’illusion de la menace, de conforter les chefs dans leur paranoïa, de se donner l’illusion de vivre dangereusement. La grande famille des espions se serrait les coudes, elle pratiquait un marketing de l’offre très efficace pour une demande qui ne recelait aucune limite. Restait à convaincre cette bourrique de Sacha d’entrer dans le jeu sans qu’il ait le sentiment de trahir ses idéaux.

 

Comme toujours la solution vint de là où ils ne l’attendaient pas : de Sacha lui-même. Son entichement pour Chloé relevait du calcul : pour lui, elle seule, du fait de sa culture politique, de son sens aigue de la stratégie, de son goût du pouvoir, pouvait prétendre au titre envié de compagne officielle du guide suprême. Il la saoulait de ses analyses alambiquées mais elle tenait bon. Bien lui en pris car un soir, après un dîner arrosé et pour une fois plantureux car l’un de leurs nouveaux camarades venaient de débarquer de son Piémont avec une valise pleine de victuailles, il se déballonna sans qu’elle ne lui demande quoi que ce soit. Pour lui, la cause de la paix, le triomphe des travailleurs, passait non par nos manifestations stupides au cœur du Berlin embourgeoisé mais par la RDA qui, en dépit de ses insuffisances, de ses atteintes aux libertés, de sa soumission aux Soviets, recelait encore des ingrédients susceptibles de bouter l’impérialisme américain hors d’Europe. Son projet, qu’il murissait depuis des mois, était de plier bagages et de passer à l’Est. Chloé tenta pour la forme de le dissuader. Imperator il la coupait « tu viens avec moi, bien sûr ! » Alléluia le poisson était bien ferré, elle lâcha du fil en l’assurant qu’elle le suivrait mais qu’il lui fallait faire un aller-retour en Italie avant. Pour encore mieux le tenir au bout de sa gaule Chloé ajoutait qu’il valait mieux qu’elle ne le rejoigne que plus tard pour que les pointilleuses autorités de la RDA évite de les soupçonner de je ne sais quel coup tordu. Sacha apprécia à sa juste valeur cette précaution et intima l’ordre à Chloé de satisfaire son péché : se caresser devant lui, ce qu’elle fit avec un réel enthousiasme.

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29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 06:00
Jean-Luc Mélenchon au stade Vélodrome pour la demi-finale aller de Ligue Europa OM-Salzbourg. Crédit photo AFP

Jean-Luc Mélenchon au stade Vélodrome pour la demi-finale aller de Ligue Europa OM-Salzbourg. Crédit photo AFP

J’aime le sport, collectif ou individuel, et je ne crache pas sur le football même si l’argent y règne en maître.

 

Je n’aime pas une âme de supporter, j’aime le beau jeu, je ne dis pas « on a gagné », l’équipe de France se sont 11 joueurs contre 11 joueurs sur une pelouse pendant 90 mn ou plus, rien de plus, rien de moins.

 

De ce Mondial j’ai regardé 2 matches intégralement : celui des Croates, merveilleux artistes, l’équipe de l’ex-Yougoslavie était une merveille de technicité, contre l’Argentine de Messi. Très beau match ! Puis j’ai voulu voir le Brésil de Neymar contre la Serbie, de beaux moments.

 

J’ai ignoré les matches de l’équipe de France car j’avais mieux à faire.

 

Les déchaînements nationalistes m’insupportent.

 

L’Allemagne qui gagnait toujours à la fin selon l’anglais Gary Lineker a chuté contre la Corée du Sud. C'est une première!

 

Et voilà que le lider minimo dégaine un tweet qui pue, transpire une forme de haine « Joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop fort les Coréens. »

 

Le 2 juillet 2014 j’écrivais une chronique :

 

« Séville ! Le 8 juillet 1982 à 23 heures, France-Allemagne, le match du siècle » écrivait Pierre-Louis Basse en 2005 le grand Max ICI 

 

« Une dramaturgie absolue : l'agression de Schumacher sur Battiston, l'épreuve des tirs aux buts où mon poulain le grand Max Bossis qui avait tout donné échouait... »

 

On ne twittait pas en ce temps-là mais en dépit de l’agression de Schumacher sur Battiston nulle trace de haine.

 

Aujourd’hui Mélenchon retrouve le surnom que nous les rocardiens lui donnions : Méchant Con (c’était au temps de son alliance avec Julien Dray dans la Gauche socialiste et nous les appelions pas très gentiment, mais eux ne l’étaient pas nous étions la gauche américaine, les social-traîtres, Gueule de Raie et Méchant Con)

 

Je reprends ici la réponse sur Face de Bouc de Vincent Mareschal

 

Mélenchon ou Bidochon ?

 

« Populisme humaniste », comme il aime à qualifier sa démarche, ou beaufitude hargneuse et démagogique ?

 

Qu'il se réjouisse de la victoire des Coréens soit (j'aurais beaucoup mieux compris qu'il se réjouisse de la qualification d'une équipe africaine) mais pourquoi ressentir et exprimer ainsi "une joie pure" à l'élimination de la Mannschaft ?

 

J'ai l'impression qu'au fond de lui il pense :

 

"Joie pure : la Wehrmacht est éliminée." 😡

 

SI je chipotais plus encore, je m'attarderais sur l’adjectif "pure" (alors qu'il aurait pu écrire intense par exemple) qui rappelle le sang impur dont on voudrait abreuver nos sillons.

 

Qu'a-t-il à reprocher aux joueurs allemands ? Il les connait personnellement et ce seraient majoritairement des cons, voire des salauds ?

 

Ou bien serait-ce une façon indirecte de se "venger" du modèle économique allemand ?

 

Dans ce cas y opposer la Corée du Sud, le pays de l’ultra capitalisme, du "marche ou crève", de Samsung ou Hyundai et d'autres, me semble être un choix peu cohérent : "Parmi les États industrialisés membres de l'OCDE, la Corée du Sud est le pays où le taux de suicides (24,7 suicides pour 100 000 personnes en 2005) est le plus élevé : le suicide est la première cause de décès entre 20 et 40 ans."

 

C'est également le pays de l'ultra concurrence scolaire : "une étude universitaire sud-coréenne révèle que ces adolescents sont les plus malheureux de tous ceux des pays de l’OCDE. Pas moins de un sur cinq dit d’ailleurs avoir déjà songé au suicide, qui, depuis 2011, est la principale cause de décès chez les jeunes."

 

En tout cas, si jamais j'avais la moindre hésitation, ce n'est pas lui qui pourrait m'inciter à céder à la tentation de voter. Au contraire.

 

Ma contribution :

 

« La bêtise, naguère secrète, honteuse, moquée, réprimée, est  déjà notre régime. Elle pérore dans les médias, sur les tribunes, règle des échanges, juge, légifère, s’affiche, se défend. On a vu qu’elle n’était pas seulement « vigoureuse », mais puissamment armée faisant le vide autour d’elle, terrassant ce qui la gêne. Il semble établi que tout la renforce : la vision à court terme, la production de masse, l’emballement des techniques, la tyrannie de la majorité aussi bien que celle d’une minorité, la division de la société humaine en près de deux cents pays indépendants et souvent rivaux. Comment un cours si impétueux pourrait-il se tarir ou s’inverser ? »

Le triomphe de la bêtise Armand Farrachi

 

 

Le racisme tranquille de la France insoumise

 

« Hier soir, alors que l’équipe de foot allemande était éliminée par la Corée du Sud, plusieurs parlementaires et cadres de la France Insoumise ont fait part de leur jubilation à travers des tweets tous plus obscènes les uns que les autres.

 

Mélenchon écrivait ainsi : « joie pure : la Mannschaft est éliminée. Trop forts les Coréens. » ou « Expression allemande : ‘shadenfreude’… traduction : ‘joie à propos du malheur des autres’. Comment ai-je pu vivre sans le foot ? Merci l’OM ! », Adrien Quatennens lui mélangeait tout et n’importe quoi : « On finit toujours par payer ses excédents budgétaires ! » et Manuel Bompard tentait également le rapprochement avec la politique : « le dégagisme frappe aussi la coupe du monde. L’Allemagne est éliminée dès la phase de poule. En 2019, on dégage la politique allemande dès le premier tour ! »

 

Je n’ignore rien de la part de moquerie et de « chambrage » qu’inclut le fait d’être un vrai fan de football. Mais de vrai fan, il n’y a pas : Mélenchon n’avait jamais mis les pieds dans un stade il y a encore 2 mois et s’était surtout fait connaître par ses propos démagogiques sur l’argent dans le sport et déclarait même en avril dernier « s’il y a un mec dans tout le pays qui ne s’intéresse pas au foot, c’est moi ».

 

Et puis surtout, d’où mêle-t-on la politique et le sport de cette façon ? Mettons que l’on suive deux secondes leur logique : mais alors où étaient les tweets des insoumis pour se féliciter de l’élimination de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou encore de la Pologne, pays dont on peut discuter du régime politique ? Non là, le seul plaisir, c’était de taper sur l’Allemagne et les Allemands, encore et toujours, avec une délectation à forte connotation raciste.

 

L’Allemagne cible favorite de Mélenchon

 

J’assume de parler de racisme car l’Allemagne est une vieille cible de Jean-Luc Mélenchon et donc de ses lieutenants insoumis. Il y avait par exemple consacré un livre il y a quelques années — qui s’était bien vendu d’ailleurs — dans lequel il n’avait pas de mots assez durs pour qualifier nos voisins d’outre-Rhin.

 

La suite ICI 

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H S’en tenir au discours bêlant des pacifistes « plutôt rouge que mort » ou à celui des partisans de la lutte armée des FAR débouchant sur le vide et la violence aveugle, c’était se donner bonne conscience (129)

Contrairement aux versions officielles que les bonnes âmes nous servent aujourd’hui, les allemands de l’Ouest, ceux de Bonn la petite capitale de la RFA, n’aimaient guère les Berlinois de l’Ouest. Deux années avant la chute du mur, la vitrine la plus avancée de l’Occident libre, le petit joyau enfoncé dans le cul des pays du Pacte de Varsovie, et plus concrètement dans celui de l’autre Allemagne dite Démocratique, coûtait aux contribuables ouest-allemands la bagatelle de 22 milliards de deutschemarks, soit comme l’écrivait un de ces économistes adepte de la formule qui frappe les esprits « 41 857 marks à la minute ». Berlin-Ouest relevait pour beaucoup de la danseuse coûteuse et, chaque fois qu’ils postaient une lettre, le timbre de solidarité obligatoire du Notopfer Berlin – 10% de sacrifice pour la détresse – ça leur laissait, de 1948 à 1956, un goût amer sur la langue. Bien sûr, l’image humble et courageuse, du bourgmestre Willy Brandt qui saura par des gestes symboliques, lors de la répression sanglante par les russes de l’insurrection hongroise en 1956, où  il prit la tête dizaine de milliers de jeunes manifestants se mettant en route vers la porte de Brandebourg au cri de « Russes dehors ! » ou lors de son agenouillement en 1970 devant le mémorial du ghetto juif de Varsovie, masquer toutes ces petites mesquineries petite bourgeoise.

 

 Pour en revenir aux petits jeux du Berlin des années 70, qui peuvent prêter à sourire en ce début du XXIe siècle, où par-delà les effets d’intoxication du camp de ceux qui justifiaient l’enfermement, donc l’asservissement de leurs populations à un régime policier et bureaucratique, par la résistance à une autre mainmise : celle de l’impérialisme américain, choisir son camp relevait d’un vrai courage. S’en tenir au discours bêlant des pacifistes « plutôt rouge que mort » ou à celui des partisans de la lutte armée des FAR débouchant sur le vide et la violence aveugle, c’était se donner bonne conscience. Chloé et Benoît avaient choisi de se situer à la lisière mais d’en être, de se plonger les mains dans la merde même si les éclaboussures les transformaient en « traîtres à la cause des peuples opprimés ». La responsabilité des communistes occidentaux et de leurs compagnons de route, dans ce partage stupide en deux camps irréductibles, était entière. Qu’ils viennent aujourd’hui, surtout en France, se recycler en derniers défenseurs des opprimés les glaçait et les énervait à la fois. L’Opération Rouge Gorge, même si elle était foireuse, relevait du seul vrai combat, celui qui permettait d’entretenir la flamme dans les têtes de ceux qui ne voulaient ni fuir la RDA, ni se coucher ou coucher avec les séides de la Stasi. Pourrir la vie des hiérarques calcifiés d’en face et foutre la merde chez les allumés des FAR, même avec le fric et la logistique des services américains, c’était inconfortable mais fichtrement plus utile que les soit disant engagements de Sartre et des frelons de la GP.

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 06:00
La CANA coop de gauche, les coteaux d’Ancenis, Joseph Toublanc l’homme des VDQS, LeRouge&le Blanc… et les vins de la Paonnerie

Les défricheurs de terroirs profonds que sont les journalistes du LeRouge&le Blanc, lorsqu’ils foulent les arpents d’un de ces territoires – c’est ainsi que l’on désigne de nos jours la campagne – ignorés des beaux nez du vin, en l’occurrence les coteaux d’Ancenis, titillent ma mémoire.

 

 

Ancenis, dans ma jeunesse, n’a jamais évoqué le vin en dépit des riches heures de son port très bien évoqué par les 3 compères du LeRouge&le Blanc.

 

Pour nous Ancenis c’était la CANA la coopé grande rivale de la CAVAC sise à la Roche-sur-Yon ; conflit idéologique, l’une était étiquetée de gauche, l’autre de droite. Du côté d’Ancenis, un homme se dressait contre l’intégration des productions hors-sol naissantes, volailles et porc, par les firmes d’alimentation du bétail : Bernard Thareau. Celui-ci sera président de la FNP, Fédération Nationale Porcine, avant d’être débarqué par la direction de la FNSEA de l’époque, Michel Debatisse l’homme de la Révolution silencieuse. En Vendée, Auguste Grit, secrétaire-général de la FNSEA, poussera après mai 68 un jeune : Luc Guyau, son voisin de Thorigny, qui ensuite gravira, en bon apparatchik, tous les échelons de la grande maison jusqu’à succéder à Raymond Lacombe.

 

Luc, je peux l’appeler par son prénom puisque nous avons usé nos fonds de culotte sur les mêmes bancs de l’école d’agriculture de la Mothe-Achard, la CANA lui donnait de l’urticaire.

 

Les temps ont bien changé la CANA est devenu Terrena un grand groupe coopératif qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux grands groupes privés de l’agro-alimentaire.

 

« Jusqu'au début des années 1950, l'agriculture du grand Ouest vivait dans un régime semi autarcique. Dans les années 1960-1970, sous l'impulsion d'une génération de jeunes agriculteurs issus de la JAC (Jeunesse agricole catholique), on assiste à un mouvement de transformation, de révolution agricole. C'est en effet à partir des années 1960 que l'agriculture du grand Ouest se confronte au mode de production capitaliste et que se pose la question de son intégration dans ce système économique. L'orientation la plus souvent préconisée par le mouvement syndical a été l'agriculture de groupe, soit dans une coopérative, soit dans une SICA (Société d'Intérêts Collectifs Agricoles) de commercialisation. Le passage de la théorie à la pratique se fit selon des modalités variables concernant aussi bien l'achat de fournitures que la vente et la transformation des produits.

 

Pour intégrer les différentes fonctions de production, de transformation et de commercialisation, il fallait des coopératives fonctionnant avec les ressources et le mode de fonctionnement des firmes industrielles. Le cas de la coopérative d'Ancenis-Saint-Mars-la-Jaille en Loire-Atlantique, à l'instar par exemple d'UNICOPA (UNIon des COoPératives Agricoles) ou encore de l'Office central de Landerneau en Bretagne, reflète parfaitement ce mouvement d'expansion et de transformation des coopératives dans les années 1960.

 

«Fondée en 1932, la coopérative agricole de Saint-Mars-la-Jaille spécialisée dans les céréales, s'oriente en 1942 vers l'activité laitière. En 1952, cette coopérative en plein développement s'installe à Ancenis, et prendra par la suite le nom de Coopérative agricole La Noëlle Ancenis (CANA). Au cours des années 1960-1970, elle va diversifier ses activités. Celles-ci portent désormais sur les aliments du bétail, la production laitière et animale (bovins, porcs, poulets). Puis, dans les années 1970-1980, la CANA construit une fromagerie, une beurrerie et un abattoir. Loin d'arrêter alors son développement, elle s'unit en 2000 avec la Coopérative angevine du Val de Loire (CAVAL). Enfin en 2003, dans une même logique de développement et d'expansion territoriale, on assiste au regroupement des coopératives CANA, CAVAL et du Groupe Centre Atlantique (GCA), donnant naissance au groupe coopératif TERRENA qui regroupe aujourd'hui 21 000 adhérents. »

François Lambert

 

« La viticulture chez Terrena est une affaire de passion, de terroir, d’innovation et de qualité. Nichée au coeur du Val de Loire, la filière viticole de la coopérative produit une large gamme de vins allant des fines bulles aux vins tranquilles. »

 

Voir ICI 

 

Fin du premier épisode de mes souvenirs.

 

Le second concerne la longévité de Joseph Toublanc, président du syndicat viticole de la région d’Ancenis pendant plus de 50 ans, de 1954 jusqu’en 2007, puis à la tête de la Fédération des VDQS de 1982 jusqu’en 2004.

 

Les VDQS étaient l’œuvre d’une grande figure du grand Sud : Philippe Lamour

 

Jean Clavel écrit :

 

« Philippe Lamour réussit à convaincre, avec difficulté, le ministre des finances du gouvernement De Gaulle, Pierre Mendes-France, qu'il faut créer une famille de vins de qualité, capable d'entraîner cette viticulture, vers une amélioration de leur production. Ce seront les VDQS (Vins délimités de qualité supérieure, loi de 1946). Dans un domaine agricole plus large et national, c'est sous son impulsion que naît la Confédération générale de l'agriculture, (CGA) dont il devient le secrétaire général. Il s'agit alors de redonner à l'agriculture française et à ses organisations syndicales, financières et mutualistes une structure cohérente et représentative. À cette époque, les moyens de production sont détruits, et les restrictions alimentaires frappent encore durement la population. Il s'attache, en collaboration étroite avec le ministre de l'Agriculture, Tanguy-Prigent, à obtenir, dans le cadre du plan Marshall, les indispensables dotations en matériel, engrais et semences. Son action est déterminante. L'agriculture française entre de plain-pied dans l'ère moderne.

 

Voir la totalité de la chronique ICI 

 

J’ai le souvenir lorsque j’étais sous les ors de la République de la défense sans failles des derniers VDQS par le Président Toublanc. Jean Pinchon président de l’INAO, lui aussi d’une grande longévité de Président, le soutenait au nom de l’histoire.

 

 

Joseph Toublanc, toute une vie consacrée au vin

 

« Je suis né dans un cep de vigne. » Joseph Toublanc préside le Syndicat viticole de la région d'Ancenis depuis maintenant 56 ans. À la retraite depuis 1996, il consacre encore beaucoup de son temps à la vigne et au vin. À bientôt 82 ans, il promeut chaque jour les vins locaux à la maison des vins, à Ancenis. « Le syndicat l'a achetée grâce à une dévolution d'une coopérative en 1995 pour en faire une porte viticole », raconte-t-il.

 

Il apprend le travail de la vigne dans le domaine de son père aux Pierres-Meslières à Saint-Géréon. « À 22 ans, ma mère souhaitait que je m'installe dans une ferme. J'ai accepté, mais en tant que viticulteur seulement. »

 

À l'époque, les exploitations viticoles ne sont pas aussi spécialisées. Il faudra attendre la Seconde Guerre mondiale. En cas de catastrophe sur une culture, une autre venait compenser. « Moi, j'aimais bien les vaches, mais je ne voulais pas trop m'y intéresser. J'ai trouvé une exploitation de 2,5 ha pour y travailler la vigne. » Il enrichit sa formation en suivant des cours à la Marchanderie à Ancenis, en se plongeant dans les livres de vinification. Et au contact « d'un viticulteur de vieille souche, Armand Bourdeaut, qui m'a conseillé ». Il agrandit son domaine en louant des terres, portant ainsi son exploitation jusqu'à 18 ha.

 

De la charrue aux vendanges mécaniques

 

Joseph Toublanc aime à rappeler qu'il a suivi le cheval et la charrue. « On n'avait besoin ni de faire de sport, ni de somnifère », plaisante-t-il. Mais il n'a jamais tourné le dos aux évolutions. Le viticulteur a même été l'un des premiers du secteur à s'équiper d'une machine à vendanger. C'était en 1981. La première sortant des établissements Braud, à Saint-Mars-la-Jaille. « Les vendanges donnaient lieu à des moments très sympathiques, se souvient-il. Des fêtes communales étaient organisées. Ainsi que des concours de vins. »

 

La suite ICI 

 

J’en ai terminé de la longue évocation de mes souvenirs, si vous voulez tout savoir sur les Coteaux d’Ancenis achetez le n°129 du LeRouge&le Blanc.

 

 

Le domaine de la Paonnerie de Jacques et Agnès Carroget il fait l’objet d’une pleine page.

 

Je suis un fidèle buveur des vins du domaine.

 

 

Petit clin d’œil : la photo titre est celle d’une cuvée Vin de France Rien que melon

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H y’a pas à dire c’est un plus avec les puritains de la Côte Est pour qui un petit pompier en loucedé ce n’est pas péché (128)

Chloé lisait au-dessus de l’épaule de Benoît. Les amis américains les observaient avec une fausse décontraction fortement teintée de condescendance. Lecture faite, Benoît décidait, à nouveau, de cogner fort et, pour corser son propos, de truffer son attaque d’un vocabulaire inaudible par la quasi-majorité des cow-boys présents. Son entame se fit mielleuse « Merci, mon cher Bob, vous êtes trop bon de porter à mes yeux de second couteau une telle littérature. Vos services n’ont pas perdu la main. Ils continuent d’arroser au plus haut niveau et la récolte est fructueuse... » Chloé lui massait le cou. Il montait en régime : « Après m’avoir offert comme mise en bouche deux beaux spécimens du Département d’État ; à propos de mise en bouche, entre nous, cher Bob, votre Eva m’a tout l’air d’une vraie goulue, y’a pas à dire c’est un plus avec les puritains de la Côte Est pour qui un petit pompier en loucedé ce n’est pas péché. Je constate que vous ne me démentez pas... » Bob restait impassible sûr qu’il était que ses coéquipiers n’entravaient rien des propos de Benoît. Chloé allumait une cigarette. « Donc, avec le PQ du père Debré payé à prix d’or vous me faite le coup classique du mépris. En clair, primo tu me mets sous le nez que vos affidés : les rosbifs et les teutons de Bonn font tout pour nous enfiler, ça s’est un scoop ! Même les bourrins de la DST l’ont compris, c’est dire ; deuxio, tu me montres qu’en dépit de nos rodomontades nous sommes tout juste capables d’avoir assez de carburant pour que nos chars aillent jusqu’à Varsovie, après faut qu’on vous demande de l’aide. Bref, tu me balance que nous ne sommes que des va de la gueule ! Entre nous je vais te dire : tout ça pour ça ! Tu me déçois beaucoup Bob. Il va me falloir du plus costaud si tu veux que je te donne un coup de main pour ton opération Rouge Gorge. »

 

Comme dans un vaudeville Eva Harriman pointait, au beau milieu de la péroraison de Benoît,  son joli petit bout de nez poudré. Il se fit grossier « Alors ma poule : on écoute aux portes ! » Elle ne bronchait pas. Avec une froideur inhabituelle Chloé prenait la parole « Et si nous passions vraiment aux choses sérieuses. Virez-moi la volaille et puis causons entre gens du même monde ! » Ils ne restèrent plus que quatre, Chloé et Benoît sur le canapé, Bob debout derrière le fauteuil où venait de prendre place Eva qui croisait ses belles jambes sans aucun souci pour la vision qu’elle offrait. Elle attaquait dans un français pointu « La clé de la question européenne est l’Allemagne. Elle est au cœur de l’Europe et, en dépit de ses liens culturels et économiques avec l’Occident, elle risque toujours d’être attirée vers l’Est qui détient des millions d’allemands en otage. Notre intérêt bien compris c’est d’arrimer chacune des deux Allemagnes à leur bloc respectif. La construction européenne piège la RFA en l’obligeant à tenir compte de la France. Pour la RDA le lien est plus fort mais l’attrait de l’Ouest pour ses habitants reste un problème préoccupant. Chez nous, avec l’amendement Mansfield au Sénat, pour un désengagement américain en Europe, l’important est d’agiter la menace que fait planer sur l’espace européen l’arsenal militaire soviétique. Les russes savent pertinemment que sans le bouclier nucléaire américain l’Europe est en danger. Ils jouent la France contre la RFA. Sur cet échiquier les mouvements gauchistes sont les seules pièces qui peuvent perturber les règles du jeu. Nous avons donc décidé, avec l’Opération Rouge Gorge, de noyauter leurs principaux chefs en donnant des gages à tous. Vous êtes nos virus... »

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 06:00
Bordeaux primeurs 2017 : château Ausone est un vin rare, ce matin je me fais le passeur de Jacques Perrin du Club des Amateurs de Vins Exquis à Gland Suisse.

Ce matin je joue passeur, normal en ce temps de Mondial, que je ne visionne pas mais que je suis sur la Toile, la passe décisive, est un geste de toute première importance.

 

Les primeurs de Bordeaux j’ai fait en des temps anciens mais, comme je ne suis pas un pro de la profession, j’ai décidé d’être le passeur d’un excellent professionnel suisse : Jacques Perrin.

 

« La Suisse déjà en route pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde de football? Pas si vite. L’équipe nationale pourrait être privée de ses deux principales stars et de son capitaine si la FIFA juge que ces derniers ont «provoqué le public» en faisant le signe de l’aigle albanais après la victoire de vendredi soir. La décision est attendue ce lundi.

 

Présent lors du match gagné contre la Serbie, notre journaliste Lionel Pittet explique le geste des joueurs suisses par les provocations… du côté serbe. Et juge révoltant le procès en loyauté nationale intenté aux joueurs d’origine kosovare par une partie de la droite helvétique. »

 

 – Sylvain Besson, rédacteur en chef adjoint ICI 

 

Chère Madame, cher Monsieur,

La campagne Primeurs Bordeaux 2017 bat son plein et la majorité des vins sont désormais sortis.



Sur notre site web, vous retrouvez pour chaque cru son prix, la note et le commentaire de Jacques Perrin ou Nicolas Herbin.



Aussi, afin de vous proposer une vision synthétique, nous vous joignons ci-dessous un récapitulatif de l'offre complète, téléchargeable en format .jpg, facile à imprimer et à croiser avec le Vinifera que vous avez reçu ces jours-ci. Vous retrouvez même un résumé des notes sur le blog de Jacques Perrin.



Vous pouvez commander directement en ligne, par mail ou téléphone au 022/354.20.20.



Nous vous souhaitons une excellente campagne !

 

Le CAVE S.A.

Bonne lecture

Bordeaux primeurs 2017 : château Ausone est un vin rare, ce matin je me fais le passeur de Jacques Perrin du Club des Amateurs de Vins Exquis à Gland Suisse.
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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Il convient de considérer ces thèmes d’ordre général, autant que ces invites précises, comme des pièges. (127)

Ils échangèrent longuement sur la politique étrangère du Président Pompe qui rassurait un peu plus les Yankees que celle du Grand Charles. Benoît le titillait sur l’impasse vietnamienne. Robert J. Parker lui Ie branchait sur les grands châteaux de Bordeaux et lui disait toute son admiration pour Albert Camus. Bob Dole leur servait du café avec des précautions de châtelaine. La blonde contemplait Benoît avec des yeux qui en disaient plus long qu’une invitation, celui-ci savourait sa victoire. La tournure des évènements prenait tout le monde à revers, y compris Chloé. Pour la rassurer, lui faire bien comprendre qu’il allait bien suivre ses instructions, alors qu’elle le regardait intriguée Benoît fermait les yeux de façon ostensible. Quand il les rouvrit elle lui souriait. Parker et son adjointe, Eva Harriman, la blonde aux cuisses de velours, des diplomates du Département d’État, croyant la partie gagnée, prirent congés. Ils allaient enfin pouvoir passer aux choses sérieuses entre gens du même monde, celui des coups tordus où tout le monde trompe tout le monde et où chacun en arrive souvent à se tromper soi-même. Ici, avant même que Bob ne lui explique les tenants et les aboutissants de l’opération Rouge Gorge Benoît savait par avance qu’il allait s’engager sur des sables mouvants. Il se sentait revivre car, comme il n’avait depuis fort longtemps aucun état d’âme, ni la moindre réticence morale, seul l’attrait d’une réelle mise en danger le motivait. Passer de l’autre côté du mur valait son pesant d’adrénaline. Le faire en confiant ses intérêts à Chloé lui donnait le sentiment d’être un fil-de-fériste aux yeux bandés se moquant des Vopos.

 

Bob Dole lui tendait une note :

 

 N. AN-5 AG-2/1014

Le Ministre d’État chargé de la Défense Nationale

Le 11 février 1971

 

Note à l’attention du Président de la République

 

« Peu de temps après votre élection, vous avez dit de la politique européenne : « Pour la France, c’est avant tout d’être bien avec Washington et Moscou. »

 

S’il est un domaine où cette réflexion s’applique entièrement, c’est bien celui de la Défense. Il convient d’autant plus d’en être convaincu que la tentation de « coopération européenne » risque de nous attirer dans une situation où nous perdrions le bénéfice de notre indépendance, sans contrepartie sérieuse. J’ajoute que l’organisation de notre défense et notre capacité de puissance militaire ne nous permettent pas des engagements inconsidérés.

 

Je reprends ces deux points.

 

Le premier est celui de la coopération européenne en matière militaire.

 

Nous sommes l’objet d’actions de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne qui sont présentement séparées, mais qui peuvent un jour être jumelées. Les deux pays se servent, pour nous tenter, de thèmes d’ordre général. Du côté allemand, on estime avoir besoin d’un soutien pour compenser le désengagement américain... Du côté anglais, on se fait et on se fera de plus en plus le champion d’une défense européenne dont il sera dit qu’elle est la première étape pour acquérir, à l’égard des États-Unis, une situation militaire crédible.

 

Ces thèmes d’ordre général servent de prélude à des invites précises : participation du comité nucléaire de l’O.T.A.N. ; à l’organisme dit « Eurogroup » ; demande de participer à des discussions de planification pour les forces conventionnelles et d’emploi pour les forces nucléaires.

 

Il convient de considérer ces thèmes d’ordre général, autant que ces invites précises, comme des pièges. Il s’agit en fin de compte de nous enlever notre indépendance et de modifier nos conceptions stratégiques. Sans doute ne peut-on pas toujours répondre par des négatives, et ce n’est pas altérer substantiellement nos conceptions que d’admettre dans des conversations d’état-major une discussion dur certains plans communs d’action, à condition d’affirmer toujours qu’il s’agit là, à nos yeux, d’hypothèses parmi d’autres.

 

Aller plus loin serait un risque considérable ou, plus exactement, une certitude de voir altérer nos relations tant avec les Etats-Unis qu’avec l’Union Soviétique...

 

 Un second point doit être mis en lumière : l’organisation de notre capacité militaire... Notre puissance militaire est orientée vers l’augmentation progressive de notre capacité propre de défense, sans doute en nous permettant, le cas échéant, de faire bonne figure dans une stratégie interalliée, mais en fait notre capacité à participer dans n’importe quelles conditions, dans n’importe quel endroit, à une longue ou dure action militaire, à caractère continental est limitée, et ne peut pas l’être, compte tenu de l’ensemble des données, notamment financières qui commandent notre politique.

 

Cette réflexion est capitale pour notre diplomatie : nos engagements doivent être limités à notre capacité d’intervention, qu’il s’agisse de l’Europe ou de l’outre-mer.

 

Michel Debré

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:00
Y’a bon le jargon : voilà la crafterisation soit en bon français le retour au local, la revalorisation des savoir-faire, de l’artisanat, du fait main et de la qualité des produits…

«Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur

 

Les Mariés de la Tour Eiffel de Jean Cocteau

 

Il en va ainsi dans le petit monde du marketing, des grosses agences de publicité qui n’ont rien vu venir accrochés à leurs gros clients et à leurs bonnes vieilles recettes.

 

Face à un mouvement né dans les tréfonds de la micro-économie, ces invisibles, ceux que l’on raille et que l’on méprise, ces gens sans moyens qui sortent des sentiers battus, qui soudain fait irruption sur le devant de la scène, ces concepteurs inventent un néologisme barbare : la crafterisation.

 

Et bien sûr ces ingénieux inventeurs énoncent les codes du Craft pour les nuls

 

  • Une mise en avant de l’origine du produit,

 

  • Un pack différent, qui ose, qui inspire, qui raconte une histoire,

 

  • Un intérêt particulier porté à la composition des produits et à l’histoire qui l’entoure (on notera ici le succès des packings colorés de Kusmi Tea).

 

  • Mais attention, le public reste sensible à la sincérité de la démarche des marques, et la trahison est mal vécue si une « supercherie » est dévoilée au grand jour.

 

J’adore !

 

Dans le cas présent il s’agit de la montée en puissance des bières artisanales face aux Mammouth de la pisse d’âne.

 

Ça me fait penser à l’irruption sur le marché du sel dominé par les grands du sel de Guérande et, du côté du vin, à celle du vin nature mais le marché du vin n’est dominé par aucune grande marque, sauf en Champagne, ça n’intéresse pas les cadors de la pub.

 

Source Tendances food : la crafterisation gagne nos assiettes ICI 

 

Définition : Crafterisation

écrit par B.Bathelot, mis à jour le 20 mars 2018.

 

Le néologisme de crafterisation désigne une démarche par laquelle on donne un caractère artisanal, traditionnel et « authentique » à un produit ou un service. Selon les cas, la crafterisation peut être le fruit d’une réelle démarche dans le cadre de la politique produit (matières, procédés de fabrication, …) ou être éventuellement plus artificielle et relever d’une « manipulation » dans le domaine de la publicité, de la communication et du packaging.

 

Le terme est essentiellement utilisé dans le domaine de l’alimentaire où les produits « crafterisés » s’opposent alors aux produits alimentaires ouvertement industriels. La crafterisation est un levier de différenciation et permet éventuellement de pratiquer des marges plus élevées. L’essor des micro-brasseries sur le marché de la bière est souvent cité comme l’exemple emblématique de la démarche de crafterisation.

 

La démarche n’est pas nouvelle en soi, mais le terme de crafterisation a été semble-t-il initialement popularisé par l’agence Australie. »

 

L’artisanat, le « vrai », l’authentique

 

« Le renversement des références entre l’industriel et l’artisanat, l’authentique. Ainsi, on passe d’une catégorie où l’étalon est la production aseptisée et formatée à un univers où le défaut devient une qualité, où le droit de se tromper ouvre les portes de l’innovation. Les micro-brasseries (16,2% d’augmentation des micro-brasseries aux USA entre 2015 et 2016 d’après la Brewers Association) ou distilleries (45 nouvelles micro-distilleries en Grande-Bretagne en 2016 d’après The Guardian), la recrudescence du métier de boucher, la croissance continue du nombre de cavistes, mais également l’explosion du fait maison (+ 23% de croissance des céréales à préparer en 2017 d’après LSA)… Tant d’indicateurs qui montrent que le savoir-faire de l’individu passe avant celui de la marque. »

 

L’irrespect des standards

 

L’explosion des références : on compte désormais 2 000 références différentes de bières en France (Brasseurs de France).

 

Parmi les signes à observer, le premier est l’apparition ou la croissance anormale de boutiques spécialisées. Caves à bière (20% de croissance entre 2013 et 2014 d’après LSA.

 

Mais nos conseilleurs qui ont pris le train en marche se raccrochent aux branches :

 

« De cette explosion des références naît un besoin naturel : celui d’être guidé et accompagné. Ce besoin d’en apprendre plus est souvent ce qui va guider le consommateur dans sa découverte, mais aussi ce qui va poser un réel défi à la distribution pour repenser le linéaire de la manière la plus pertinente. »

 

La crafterisation, une tendance de fond

 

Mais ouf : « La crafterisation d’un secteur ne sonne pas pour autant le glas des grandes marques industrielles, parce que le marché n’a pas vocation à se crafteriser à 100%. Les impératifs de prix et de quantités donneront toujours une place à l’industriel. »

 

Une remise en question en profondeur des prix du secteur.

 

Ben oui, pour faire bon en petites quantités on n’écrase plus les prix, au mieux on survit ou du moins on en vit.

 

Un témoignage d’agence sur la tendance de crafterisation :

 

La "crafterisation" rebat les cartes de la grande consommation ICI 

 

David Leclabart, patron de l'agence Australie, revient dans cette tribune pour LSA sur les enjeux de la "crafterisation". Cette tendance qui tire son nom de la montée en puissance des bières artisanales et traditionnelles a gagné de nombreuses catégories et s'est révélée être un changement de long terme dans nos rapports de consommateurs à l’industrie, au plaisir, à l’individualité.

 

Ces dernières années ont vu l’essor des bières artisanale dans les linéaires de la grande distribution. D’après The Beverage Information Group’s 2017 Beer Handbook, aux Etats-Unis, le marché de la bière craft (artisanale et traditionnelle) a crû de 6% en 2016 alors que dans le même temps, le marché général de la bière baissait de 0,3%. Passée d’un phénomène cantonné aux amateurs prêts à faire la démarche d’aller voir un caviste spécialisé à une profonde mutation du marché de la bière, cette mouvance craft a remis en question bon nombre de fondamentaux de la catégorie.

 

Autrefois reines, les lagers telles que la Heineken se voient reléguées de plus en plus à un rôle utilitaire peu valorisé (bière de foot, bière de déménagement). Les bières d’abbaye, même industrielles, deviennent une porte d’entrée vers un monde de découverte plus vaste. Une catégorie entière de bières, les ales, méconnues jusque-là, deviennent soudainement la référence du goût en renversant le rapport que le marché entretenait avec l’amertume.

 

Ces changements en profondeurs ont un impact clair sur les linéaires. De moins en moins de place dédiée aux grandes marques nationales et internationales historiques, un nombre de références qui explose, c’est toute une catégorie qui devient d’un seul coup plus difficile à appréhender pour le consommateur, mais également plus difficile à prévoir pour les grands acteurs industriels.

 

Qui plus est, la bière est loin d’être le seul marché à suivre cette mutation. Ce que nous observons sur la bière n’est que la partie émergée de l’iceberg de la craftérisation : un mouvement plus profond, un changement de long terme dans nos rapports de consommateurs à l’industrie, au plaisir, à l’individualité. Loin d’être une menace, ce changement est une opportunité pour les consommateurs, pour les marques, mais également pour la distribution.

 

La suite ICI 

 

 

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 07:00
Veronica Lake by George Hurrell, c. 1942 

Veronica Lake by George Hurrell, c. 1942 

« Fais-moi une confiance aveugle... » Le message de Chloé avait le mérite d’être simple et clair. Benoît réduisait le bristol en mille morceaux et il tirait la chasse d’eau. Pendant sa courte absence le cercle s’était élargi de deux unités : debout derrière Bob Dole un grand noir, sosie de Sidney Poitier, costume gris perle impeccable, qui mâchouillait du chewing-gum d’un air las et, assise aux côtés de Chloé une femme blonde, très fardée, en tailleur noir dont la veste cintrée soulignait une taille de guêpe. Elle affichait en le voyant un sourire carnassier dévoilant une dentition blanc de blanc. Pour me conformer au désir de Chloé Benoît  s’abstint de toute remarque même si le côté mise en scène de cette étrange réunion commençait à lui taper sur le système. Nonchalamment le grand noir venait vers lui, le prenait par le bras et l’entrainait vers un grand Chesterfield au cuir craquelé qui occupait une sorte d’alcôve recouverte d’une grande verrière donnant sur un jardin potager. La blonde sophistiquée vint les rejoindre lorsqu’ils furent assis. Avec une décontraction surjouée elle se posait sur l’un des accoudoirs du canapé et sa jupe droite, en un retrait qu’elle ne cherchait pas à contrecarrer, dévoilait des cuisses d’un galbe impeccable et surtout le haut de ses bas retenus par un porte-jarretelles. En plongeant son regard dans son entrecuisses Benoît l’apostrophait grossièrement « Ma poule je carbure au café. Alors magne ton beau cul pour aller m’en chercher... » Ses faux-cils tressautèrent sous l’effet d’une incompréhension manifeste. En prenant le grand noir à témoin Benoît ajoutait « désolé mais ne comptez pas sur moi pour faire l’effort de parler votre putain de langue...»

 

Le français de Benoît les déroutait. Sur un claquement de doigt du grand noir Bob Dole rappliquait à grandes enjambées. Benoît exigea sitôt la présence de Chloé. La blonde, pensant qu’il n’entendait rien à leur sabir compressé et débité à la hache, s’adressait à Bob Dole d’un air courroucé en lui disait en substance « Que me veux cette petite merde de français ?» Bob, chagriné, tentait de l’apaiser en lui expliquant que Benoît tentait une diversion. Elle fronçait ses sourcils. Bob reprenait l’initiative « il nous comprend mais il fait sa forte tête et exige de ne parler que français. » La blonde suffoquait. Benoît en profitait pour lui tendre un index d’honneur. Chloé lui empoignait l’épaule « arrête tes conneries ! » Bob surenchérissait « vous jouez à quoi ? » Benoît explosait « au con bordel de merde ! J’en a plein le cul de votre cinéma. Si ça vous a échappé je viens de passer trois jours formidables dans un trou à rats trois étoiles entre les mains de nazillons à la manque qui m’ont attendri selon votre expression. Je croyais que nous étions raccord Bob, cartes sur table et voilà que vous tentez de me bluffer en me sortant cette pouffiasse qui se prend pour Veronica Lake et ce gandin qui joue les muets du sérail. Puisqu’avec votre arrogance congénitale vous prétendez tout savoir sur tout moi le petit con de français je vais vous dire ce que vous ne savez pas sur moi. Je bouffe à tous les râteliers. Pour du fric et du cul je vendrais ma mère, je prostituerais ma sœur et je trahirais même mon putain de pays... » Au grand étonnement de Benoît, dans un français impeccable, sans le moindre accent, le grand noir impassible interrompait ma diatribe d’un « ce jeune homme à parfaitement raison. Nous nous sommes mal conduits à son égard. Entre alliés ce n’est pas correct... » Il lui tendait sa grande main « Robert J. Parker ancien attaché financier à Paris. J’étais très ami de Claude Pompidou et du couple Chalandon... » Son large sourire soulignait la grosse perche qu’il venait de tendre à Benoît qui  lui secouait la main en se disant qu’il savait maintenant dans quelle catégorie il devait boxer.

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