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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H dans nos démocraties populaires l’Algérie de Boumediene jouit, en tant que membre éminent des non-alignés, d’un grand prestige (138)

Emma avait fait entrer le petit rouquin qui s’empiffrait de gâteaux en buvant un soda. Benoît fit part de mon marché avec lui. Emma s’expliqua en allemand avec le gamin qui, le nez dans la crème, l’écouta sans broncher. Pour elle il valait mieux que ce soit elle qui s’occupe de l’acquisition du fameux ballon car la détention d’un aussi gros billet vert par un gamin éveillerait les soupçons et le risque était grand que la police politique remonta la filière. Benoît en convint en ajoutant qu’ils désiraient aussi que les risques qu’ils prenaient pour eux aient une contrepartie. Emma se récriait « Si vous voulez que Conrad vous fiche à la porte proposez-lui vos dollars. » Le dit Conrad plongé dans l’observation attentive des genoux de Jeanne restait de marbre. Quand Benoît lui communiqua le numéro de Sacha il fronçait les sourcils et se récriait « Mais c’est le préfixe des numéros du 103 de la Ruschestrasse. Qu’est-ce que vous voulez au juste ? Me compromettre ? Qu’est-ce qu’un vieux débris comme moi peut-il encore gêner ? Vous êtes qui ? » Benoît soupira « Un agent dormant des services français... » Conrad branlait sa belle tête « Mais alors qu’est-ce que vous foutez ici en cavale ? » Jeanne prenait les devants « C’est à cause de moi ! » Cette seule déclaration rassurait le vieil homme qui se levait en enjoignant Benoît de le suivre « Venez ! Votre ami il mange à quel râtelier lui ? » La réponse de Benoît ne parut pas le surprendre « Il n’en sait rien lui-même... »

 

Sacha au téléphone fit l’âne qui veut avoir du foin, il se rua avec complaisance dans l’histoire de réponse à sa demande d’acquisition des œuvres complètes de Lénine. Pour ne pas éveiller les soupçons d’éventuelles et quasi-certaines grandes oreilles l’entretien fut assez bref. Sans que Benoît ait la peine de le lui demander Sacha lui fixait un rendez-vous à l’Alte Nationalgalerie sur l’île aux Musées pour le lendemain à l’heure du déjeuner. Y aller présentait le risque de se voir contrôler mais Conrad auprès de qui il s’en inquiétait le rassura illico « La clandestinité je connais » et il entraînait Benoît à l’étage dans son bureau encombré de livres et de piles de paperasses recouvertes de poussière. « Donnez-moi vos papiers d’identité ! » S’asseyant derrière sa table sous une lampe très puissante, avec un soin d’horloger, Conrad entreprenait l’extraction de la photo du passeport de Benoît. Toujours méticuleux et précis, penché sur son ouvrage, il indiquait qu’il allait lui établir un passeport de la République algérienne démocratique et populaire. « Pour vous ça présentera un double avantage : d’abord celui de la langue, vous pourrez vous exprimer en français ou en anglais sans que les nombreux gardes-chiourmes qui ne manqueront pas de vous contrôler s’en étonnent, ensuite vous bénéficierez du fait que dans nos démocraties populaires l’Algérie de Boumediene jouit, en tant que membre éminent des non-alignés, d’un grand prestige. Deux précautions valent mieux qu’une. En plus avec vos cheveux frisés et votre teint mat ça n’éveillera aucun soupçon... » Benoît était bluffé mais il s’inquiétait « Et Jeanne ? » Conrad sans lever le nez lui rétorquait « Elle sera votre femme, une bonne musulmane dont nous pourrons camoufler la beauté par trop occidentale sous un beau foulard et des vêtements bien amples... »

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 06:00
« Le lundi c’est ravioli, le mercredi c’est Jacques » à la table de Giovanni Passerini : le champagne qui va avec par l’écumeur Sébastien Demorand et l’interdit de séjour Antoine Gerbelle.

Si j’ai bien lu « le journaliste au casier chargé », l’Antoine Gerbelle « nous ne sommes que 18% à faire sauter les bouchons à table »

 

J’en suis.

 

Je fais du prosélytisme, ainsi j’ai offert à mon médecin généraliste une jolie boutanche pour le remercier de prendre soin de ma petite santé. Lors du rendez-vous suivant, avec un petit sourire, il m’a confié « Vous ne le saviez pas mais je n’appréciais pas le champagne mais le votre j’ai adoré… » Ma réponse l’a étonné « Bien sûr, celui-ci c’est du vin pas des bulles… »

 

 

Donc lorsque le chef de ma cantine du mercredi Giovanni Passerini m’a dédicacé : le champagne dix façons de l’accompagner aux éditions de l’Épure signé par le duo Sébastien Demorand et Antoine Gerbelle « Le lundi c’est ravioli, le mercredi c’est Jacques » j’ai de suite pensé à Boule et Bill.

 

 

Je vous laisse le soin de déterminer qui est Boule et qui est Bill.

 

Les 10 recettes sont super et les conseils du champagne qui va avec assez foutraques, un peu pour faire genre, du déjanté bien contrôlé comme l'appellation, mais je reconnais que l’exercice était malaisé : sous la belle ombrelle du champagne se prélassent beaucoup de flacons pas forcément convenables. Pourquoi ne sont-ils pas jetés à l’eau les deux suceurs de bulles, si je puis dire, pour citer sous les œuvres des chefs des cuvées bien identifiées.

 

 

Trève de chambrage, passons aux calamars frits, mayo noire, tomates précoces de Giovanni Passerini.

 

Gio connaît mon addiction aux calamars et il sait, avant même que je ne commande, qu’il va m’en préparer une assiette.

 

Photo !

 

 

Conseils de Boule et Bill ou de Boule tout seul ou de Bill tout seul :

 

« Un plat pour veufs joyeux qui broient du blanc de noirs. Et pas que pinot noir. Aussi et peut-être surtout meunier, voire en version rosée. Ce coureur de notes acidulées couvrira de ses bulles tendres le gars du calamar marié à l’indocile tomate »

 

Comme je ne suis pas un veuf joyeux mais un vieil homme indigne je me couvre la tête de cendres, je bats ma coulpe, récite mon acte de contrition, ferai pénitence pour implorer le pardon : chez Giovanni je suis pet nat.

 

Désolé comme disait le Denisot des défunts Guignols mais rassurez-vous je suis un grand siffleur de champagne de vignerons : ma dernière découverte en témoigne ICI

 

Ceci écrit les deux gars vous savez ce qu’il vous reste à faire : me rincer la dalle au champagne, pour me récompenser de mon lourd travail de promotion, au Bel Ordinaire la crèmerie de luxe du taulier Demorand.

 

 

 

 

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H ici nous n’avons même plus de flics mais rien que des mouchards, ça pullule, rien que des petits cafards qui grouillent (137)

Le moment de surprise passé, sans mot dire, ils emboitaient le pas de la vieille dame trainant ses savates, dont le chignon de guingois ressemblait à une pièce-montée en déroute, pour se rendre tout au bout d’un long couloir débouchant dans une véranda encombrée d’un capharnaüm de plantes et de statues de plâtre. Dans les bras de l’une d’elle un gros matou gris aux yeux orange les toisait sans agressivité. Jeanne frissonnait. La vieille dame, toujours dans un français chantant, s’adressait au mur vert « Conrad, tu as des visiteurs... et, se tournant vers eux, elle disait d’un air tendre « Il devient de plus en plus sourd... » Le matou gris sautait de son promontoire pour venir se frotter aux chevilles de la vieille dame alors qu’émergeait de la masse des plantes un petite homme en blouse blanche dont les yeux de myope, surmontés de sourcils filasse d’un blanc resplendissant, les observait avec un réel étonnement. Il s’avançait vers eux en souriant « Si Emma m’appelle en français c’est que vous êtes Français... » De concert, Jeanne et Benoît l’assuraient que oui, ils étaient bien des Français. Conrad, pince sans rire, tout en leur serrant avec effusion la main, surtout celle de Jeanne, les taquinait « Même si mon plaisir est immense je ne permettrais pas de dire : quel bon vent vous amène car ici aucun vent n’est bon et, comme je pense que je dois au hasard votre venue c’est que vous avez des soucis » Ils approuvaient. « Emma, voudrais-tu nous préparer du thé ? »

 

Ils passèrent dans un petit salon. Conrad, très disert, avant même qu’ils n’aient exprimé la moindre demande, les assurait qu’il ferait tout pour les aider. « Je suis un ancien des Brigades Internationales. J’ai vécu plus de 10 ans en France et c’est là-bas où j’ai épousé Emma. Vraiment vous ne pouviez pas tomber mieux. Qui vous a amené jusqu’ici ? » Benoît repensait au rouquin qui les attendait dehors. Conrad s’esclaffa lorsque Jeanne lui précisa que le gamin nous avait conduits chez lui parce que nous cherchions un docteur « Vous savez ici tout le monde est Her Doctor. Mais pourquoi diable cherchiez-vous un docteur ? L’un de vous est-il souffrant ? » Benoît le rassura en expliquant qu’ils cherchaient surtout un téléphone. Conrad chaussa ses lunettes qu’il avait jusqu’ici juché sur son front. « Vous ne seriez pas un peu flic sur les bords pour avoir l’idée de venir chez un médecin pour téléphoner. C’est astucieux. Vous savez j’ai tellement joué avec eux que je les lis à livre ouvert. Malheureusement ici nous n’avons même plus de flics mais rien que des mouchards, ça pullule, rien que des petits cafards qui grouillent. Si vous n’étiez pas tombé sur moi, même un homme ayant prononcé le serment d’Hippocrate aurait été capable de vous dénoncer. Tout le monde ici à peur, tout le monde ici crève de peur, nous sommes gouvernés par des petits hommes sans idéaux qui flattent les plus bas instincts. Ce pays, lorsque le gros Ours, pour des raisons que j’ignore, retirera sa grosse patte protectrice, s’effritera, se désagrégera, se désintégrera. Il ne restera rien. Même pas ce fichu mur... »

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 06:11
« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Pour coller à l’actualité parlons ce matin de la Russie.

 

Nous sommes à Smolensk le samedi 27 mars 1943

 

« … un homme au faciès comme une boîte de limaille de fer et avec qui, visiblement, Bartov avait été en affaire par le passé, me vendit une chekouschka, un quart de litre de vodka estonienne. La bouteille était assymétrique, de sorte que vous aviez l’impression d’être déjà ivre, et la gnôle qu’elle contenait n’avait pas l’air moins douteuse que le samogon, mais Bartov m’assura du contraire, raison pour laquelle, probablement, je décidai d’en acheter deux et lui proposai de me tenir compagnie. »

 

« Nous bûmes deux autres verres, mangeâmes le pain et les cornichons – Batov appelait ces amuse-gueule des zakouski –, et la première bouteille fut bientôt finie. Il la posa à côté du pied de la table.

 

 « En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure »

 

Le berlinois Bernie Gunther et Batov le russe discutent, ce dernier explique :

 

« Depuis la guerre de 1920, il est presque aussi difficile d’être polonais sous les bolchevicks que juif  sous les Allemends. Une vieille cicatrice historique, mais, comme toujour, ce sont des cicatrices profondes. Les Russes ont perdu, vous comprenez. Les forces soviétiques commandées par le maréchal Toukhatchevski ont été battues par le général Pilsuldski devant Varsovie – le miracle de la Vistule, comme on l’appelle. Staline en a toujours imputé la faute à Toukhatchevski, qui, de son côté, en imputait la faute à Staline. Ils ne pouvaient pas se voir, de sorte qu’on se demande comment il a duré aussi longtemps. Finalement, il a été arrêté en 1937,et lui, sa femme et deux de ses frères ont été exécutés ; il me semble que ses trois sœurs et une de ses filles ont été envoyées dans un camp de travail. Alors je suppose que nous pouvons nous estimer heureux d’être encore là pour pouvoir relater les faits, ma fille et moi »

 

  • Et moi qui pensais que Hitler était un sale type »

Batov sourit.

 

« Hitler n’est qu’un démon mineur de l’enfer, mais Staline est le diable en personne. »

 

La Pologne célèbre "le Miracle de la Vistule" le 14 août 2010

 

« La Pologne a célébré samedi le 90e anniversaire de la Bataille de Varsovie contre l'Armée rouge en 1920, qui a permis de lui barrer la route dans sa marche vers l'Europe de l'Ouest. Le nouveau président polonais Bronislaw Komorowski a assisté à une messe solennelle célébrée à l'église d'Ossow en présence de militaires hauts gradés. plusieurs centaines de personnes en uniformes d'époque et armes à la main ont pris part samedi à une reconstitution des opérations militaires, en présence des milliers de spectateurs. La Pologne a remporté cette guerre, également appelée "le Miracle de la Vistule", peu après son retour à l'indépendance en 1918, mettant fin à 130 ans de son partage entre la Russie tsariste, la Prusse et l'Empire austro-hongrois. »

 

« Les Soviétiques commencèrent à concentrer sur les frontières polonaises les meilleurs détachements parvenus de tout le pays. Le 10 mars 1920, à Smolensk, eut lieu la réunion des chefs de l’Armée rouge, du « Front occidental » et des commissaires communistes, dont Staline. C’est alors que furent prises les décisions d’attaquer la Pologne et l’Europe selon un plan qui devait se dérouler le long de la trajectoire Varsovie, Poznan, Berlin et Paris.

 

Grâce au brillant travail de l’espionnage polonais, le maréchal Josef Pilsudski, le chef charismatique de l’armée polonaise, était au courant des plans soviétiques et il décida d’agir immédiatement. Le 25 avril, anticipant l’attaque bolchevique, Pilsudski lança l’armée polonaise contre les Russes pour disperser l’Armée rouge et pour créer sur le territoire conquis un État ukrainien indépendant. Malgré la conquête de Kiev, ces objectifs ne furent pas atteints et l’armée polonaise dut se retirer. »

 

Les zakouski

 

« Il est d’usage en Russie, le jour d’un dîner, de préparer dans une pièce, laplus près de la salle à manger, une table couverte de différents hors-d’œuvre : tels que, radis, beurre, anchois, caviars, saucissons en tranches, et quelques petits hors-d’œuvre chauds de cuisine, plusieurs carafons de liqueurs, telles que : eau-de-vie blanche, amer, pomeranz, anisette, genèvre de Hollande et arak ; quelques  assiettes de tranches de pain blanc et bis. Les convives avant d’aller se mettre à table, passent dans cette pièce et s’arrêtent autour de ce buffet, pour y prendre chacun selon son goût un peu de ces hors-d’ouvre et un petit verre de liqueur ; c’est ce qu’on apelle prendre le zakouski. »

 

               

Les ombres de Katyn de Philip Kerr

 

« C'est la plus sombre des enquêtes de Bernie Gunther. Non seulement parce que, contrairement à l'habitude que nous a donnée l'auteur de La trilogie berlinoise, notre héros, Bernie, n'ouvre pas le bal avec des baffes d'anthologie balancées aux nazis de l'hôtel Adlon, mais manque de périr enseveli sous les décombres de Berlin pilonnée en 1943 par la Royal Air Force... Mais sombre, encore et surtout, parce que Philip Kerr, malgré l'alacrité de son humour anglais (qu'il est), soufflant à Bernie un esprit chevaleresque un brin misogyne (il faut bien coller à l'époque...), s'empare cette fois d'un épisode effroyable de notre Histoire. En 1940, 14 500 hommes, Polonais pour la plupart, furent massacrés et enterrés par les soldats soviétiques aux abords de la ville de Smolensk. »

 

La suite ICI 

« En Russie, une bouteille vide sur une table est de mauvaise augure » chekouschka et zakouski autour du massacre de Katyn

Katyn, l'un des pires massacres de Staline

 

Les communistes soviétiques éliminent, en avril 1940, l'élite de la Pologne. Ils feront porter le chapeau aux Allemands durant cinquante ans. Par Michel Colomès

 

C'est pire qu'un massacre, c'est un abattoir, tant les gestes sont calculés, méthodiques, froids, précis, et surtout répétés en une procédure implacable, des dizaines et des dizaines de fois. Sans un tremblement, sans l'ombre d'une hésitation, sans une pause. Un homme à la fois, d'abord un noeud coulant passé autour du cou, puis les mains garrottées derrière le dos, trois pas à peine, le temps d'ébaucher une prière, il est saisi aux épaules par deux aides, une seule balle dans la tête tirée par un troisième. Le corps est déjà poussé sur un plan incliné et la flaque de son sang lavée d'un coup de seau.

 

4 404 officiers polonais au moins sont morts ainsi, ou plus expéditivement encore, exécutés au bord de la fosse commune qui allait les ensevelir, en avril 1940, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, en Russie. À l'occasion de l'anniversaire de ce qui fut une tragédie pour la Pologne et pour le genre humain, Arte a eu la bonne idée de diffuser, le 14 avril, le sombre et magnifique film d'Andrzej Wajda, dont le père, capitaine au 72e régiment d'infanterie, fut parmi les victimes. Wajda, ardent patriote polonais, a toute sa vie voulu reconstituer l'histoire et, surtout, rétablir la vérité sur Katyn. Car à l'atrocité des faits s'est ajoutée la honte de leur négation pendant plus de 50 ans par les Soviétiques. Et leur travestissement pour accuser le coupable idéal, le Troisième Reich, responsable, il est vrai, de tant d'horreurs dans cette région d'Europe, et dans d'autres.

 

Épuration de classe

 

Lorsque les Allemands envahissent la Pologne, le 1er septembre 1939, ils sont suivis, quinze jours plus tard, par l'Armée rouge. En vertu de leur pacte d'août 1939, Hitler et Staline avaient décidé de se partager les dépouilles du pays. Tout de suite, les Soviétiques font prisonniers 250 000 soldats et officiers polonais. Les agents du NKVD, à qui Staline a demandé de s'occuper spécialement de ce dossier, libèrent une partie des soldats et livrent les autres aux Allemands. Mais ils gardent les officiers, pas seulement ceux de carrière, mais tous les réservistes, étudiants, médecins, ingénieurs, chefs d'entreprise, qui représentent l'élite de la Pologne. Afin de supprimer une menace potentielle pour le nouveau régime qu'il veut imposer à Varsovie, Staline décide de procéder à une véritable épuration de classe. Le 5 mars 1940, il donne l'ordre d'exécution des officiers polonais "nationalistes et contre-révolutionnaires". Le massacre de Katyn est acté.

 

Tout le monde l'ignorera, jusqu'à ce que l'armée allemande, qui s'est retournée contre l'URSS et a dénoncé le pacte germano-soviétique, envahisse la Russie occidentale et tombe sur les charniers. Dès avril 1941, des identifications sont faites, et de rares objets personnels rendus aux familles. Commence alors une monstrueuse polémique qui prend d'abord la forme, pendant toute la guerre, d'une campagne de propagande organisée par les nazis, accusant les officiers juifs de l'Armée rouge du forfait.

 

Des revolvers de marque allemande

 

À cette accusation répondra, pendant 50 ans, un déni total de responsabilité de la part de Moscou. Les communistes non seulement nient toute implication, mais appliquent leur tactique habituelle de l'amalgame, un terrorisme intellectuel très efficace, surtout à la fin de la guerre : ceux qui mettent en doute la thèse soviétique sont des pro-nazis. Au point qu'en 1944, Roosevelt refusera les conclusions d'une commission d'enquête défavorable aux Russes. Les Anglais feront de même après un rapport de leur ambassadeur auprès des Polonais qui aboutissait à la même conclusion. Même la Croix-Rouge refusera de rendre publique l'enquête qui lui a été remise par ses services précisant les responsabilités soviétiques du massacre. En dépit des protestations des Polonais libres - les autres sont devenus un satellite de l'URSS -, Katyn va être catalogué pendant toute la guerre froide comme "une tentative sans importance (sic) des Allemands pour retarder leur défaite".

 

Il faudra attendre Gorbatchev et la glasnost, vraie déstalinisation, pour qu'à la suite des travaux d'une historienne soviétique, l'URSS reconnaisse, en 1990, la responsabilité de sa police secrète dans la tuerie organisée par le chef du NKVD, Lavrenti Beria. Deux ans plus tard, Boris Eltsine, nouveau président russe, remet à Lech Walesa, président de la République polonaise, plusieurs documents émanant du comité central, dont l'ordre d'exécution des officiers polonais.

 

Dans ces archives, une note montre à elle seule le cynisme et la duplicité des communistes soviétiques : elle indique que les exécutions doivent être accomplies avec des revolvers Walther, de marque allemande, et des munitions allemandes, elles aussi, saisies en Estonie que l'URSS vient d'annexer. Dès 1940, alors qu'il était encore son allié, Staline avait donc monté une opération destinée à faire croire à la responsabilité de son compère Hitler dans les atrocités de Katyn.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 07:00
Ceci n’est pas une histoire belge : la Convention annexa la Belgique à la France le 1er octobre 1795.

Allez, un petit coup de foot pour la route :

 

Coupe du monde 2018 : la Belgique se débarrasse du Brésil et hérite de la France…

 

La première demi-finale de cette Coupe du monde est connue. Elle opposera la France, vainqueure de l’Uruguay (2-0), à la Belgique, qui a renversé une équipe brésilienne trop brouillonne et pas assez inspirée (2-1). Il s’agira du premier match officiel entre les deux voisins européens depuis 1986, quand ils avaient joué le match de la troisième place.

 

Hériter de la France quelle histoire ?

 

Après la victoire de Fleurus, de longs débats ont lieu à la Convention pour décider du sort des Pays-Bas autrichiens. Poussée par Merlin de Douai, la Convention craint qu'une république belge séparée, comme la République batave, soit trop faible pour résister aux Anglais et aux Autrichiens et qu'elle ne devienne un État tampon contre la République française. La Convention vote finalement l'annexion de la Belgique le 1er octobre 1795, créant les neuf départements belges : la Dyle, les Deux-Nèthes, l'Escaut, les Forêts, le Jemmapes, la Lys, l'Ourte, la Meuse-Inférieure et la Sambre-et-Meuse. Cette annexion est confirmée le traité de Campo-Formio, par lequel l'Autriche cède officiellement les Pays-Bas autrichiens à la France, puis par le traité de Lunéville en 1801.

 

 

L'histoire de la Belgique ICI

 

Revenons au foot :

 

Les Français qui ont regardé le match auront raison de se demander si une demi-finale contre leurs voisins, plutôt que contre cette équipe brésilienne un peu perdue, est vraiment la meilleure issue. La Belgique est la meilleure attaque de ce Mondial (14 buts), elle a mis deux buts à la meilleure défense du Mondial et a battu pour la première fois une équipe sud-américaine en match à élimination directe. La Belgique n’a plus perdu lors de ses 23 derniers matchs (18 victoires, 5 défaites).

 

Surtout, elle arrive en pleine confiance, consciente d’avoir frôlé la mort footballistique contre le Japon. Les Diables rouges sont devenus la première équipe à être revenue d’un déficit de deux buts, pour remporter un match de Coupe du monde dans le temps réglementaire depuis le Portugal, en 1966. « On est très fiers d’avoir gagné contre ce genre d’équipe. C’est pour vivre ça qu’on veut jouer au foot, pour vivre des matchs comme celui contre le Brésil », a dit un Kevin De Bruyne élu homme de la rencontre par la FIFA.

 

La « génération dorée » belge avait jusqu’ici échoué en quarts de finale, en Coupe du monde 2014 et à l’Euro 2016. Ils atteignent pour la première fois le dernier carré et retrouveront donc la France, pays voisin et adversaire presque frère. La demi-finale, qui aura lieu mardi 10 juillet à 20 heures à Saint-Pétersbourg, sera le 74e match entre les deux pays, un record. Et, contrairement à la dernière demi-finale des Bleus, en 2006 contre le Portugal, Thierry Henry (123 sélections, 53 buts) ne sera pas dans le coin bleu. Il sera dans le coin rouge, en tant qu’entraîneur adjoint des Belges.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 06:00
Comme c’est étrange ils parlent tous du Luberon : « Marrenon portée par un président visionnaire et combatif, Jean-Louis Piton, Mitterrand premier bobo du Luberon.

Je n’en ferai pas la liste mais dans le petit monde des gens qui écrivent sur le vin – l’appellation journaliste n’est pas ici de saison – il est des érections soudaines : aujourd’hui le Luberon.

 

C’est comme une épidémie, y’a anguille sous roche, ça sent le voyage de presse, la bonne grosse opération de communication.

 

« Les producteurs du Luberon, venus présenter une sélection de bouteilles dans la capitale, jouent désormais la carte de la biodiversité et de l’œnotourisme mais peinent encore à faire connaître leurs vins malgré un cadre de vie enchanteur et un foncier accessible entre Rhône et Provence. »

 

Même le bedeau de Bettane&Dessauve en parle  c’est dire que c’est chaud :

 

Le hashtag

#luberonçamarche 

 

Le bug

L’appellation. Mais les efforts redoublés de la filière locale, sous l’impulsion créative de l’union de coopératives Marrenon, commencent à porter leurs fruits. Et les vignerons de qualité se sentent moins seuls.

 

Ce con il écrit Lubéron !

 

« Le Luberon (du provençal lébéroun, lièvre couché) est le nom donné à un massif montagneux français peu élevé qui s'étend d'est en ouest entre les Alpes-de-Haute-Provence et le Vaucluse : ce massif comprend trois "montagnes" : le Luberon oriental, le Grand Luberon et le Petit Luberon, séparées par deux voies de communication nord-sud. Ces dernières relient Lourmarin à Bonnieux et à Apt, en passant par la combe de Lourmarin.

 

Les dictionnaires français des noms propres (Larousse, Robert...) admettent une double forme, Luberon ou Lubéron, mais les gens originaires de la région affirment que la seule orthographe et prononciation correcte est Luberon, avec un "e" prononcé comme dans "venir", l'orthographe et la prononciation Lubéron étant "parisiennes".

In 

 

Bien sûr il en profite pour cirer les pompes de Jean-Louis Descours propriétaire du Château La Verrerie, c’est bon pour les pages de pub dans En Magnum

            

« C'est en cherchant une résidence secondaire dans le Sud, que Jean-Louis Descours, ancien PDG d'André et de Weston, tombe sous le charme du Lubéron. En 1981 il acquiert le Château La Verrerie. "En bon entrepreneur, il voulait avoir quelque chose à gérer à l'heure de sa retraite", confie une des ses collaboratrice. »

 

Luberon en Une donc et j’adore la mise au point de Georges Truc sur le Luberon :

 

« Désolé, si Goult peut revendiquer les deux AOP Ventoux et Luberon, elle est distincte du Luberon géographique et géologique. Le village est construit sur la retombée méridionale des Mont de Vaucluse et son territoire recoupe la vallée du Calavon.

 

Le mot Luberon ayant acquis une connotation magique chez les bobos, tous les villages de la vallée du Calavon (ou vallée d’Apt) sont requalifiés « Luberon ». C’est ainsi que le célèbre village de Gordes « appartient » désormais à la tribu des villages du Luberon…C’est stupide, mais mais la chose est gravée dans le marbre de la com. Qu’y faire ? Rien, sans doute. »

 

C’est toujours bon et beau de dégainer son bobo pour ramener sa science, l’un des bobos célèbres de Gordes fut Tonton, le fils du vinaigrier de Jarnac, qui vint y filer le parfait amour avec Anne Pingeot.

 

 

Je cite l’une des ses lettres à Anne page 768 :

 

Carte postale de Gordes vendredi 9 avril 1971

 

« Nous aimons le Mistral depuis le fameux voyage triste, heureux, passionné de ce dernier juillet. Le matin se traîne vite, partons !

 

Je passe te prendre avec Marie-Thérèse Eyquem et nous arrivons gare de Lyon avec une avance royale. Le train s’ébranle. Ô joie ! »

 

Et voilà. Je lis Avant la guerre de Roger Grenier, toi Le Voisinage des cavernes de Cassou. Quand nos yeux se lèvent sur le paysage c’est pour trouver que tout est beau. Lyon, Valence, Avignon. Laurence nous attends. Gordes.Dîner. Notre chambre.Paix. »

 

Puis une autre carte postale dimanche 11 avril 1971 Pâques

 

« Nous déjeunons à Roussillon. Rencontre pittoresque avec Savary. À la Rose d’or, toi, les Soudet, la sœur de Laurence. L’après-midi promenade aux gorges du Régalon, puis par « le Trou du Rat » sur les hauteurs du Luberon jusqu’à ce que le soleil disparaisse dans une brume de lumière. Nous dînons à Gordes, un peu étourdis par le grand air, les enteurs violentes, la joie de vivre.

 

Pâques ensemble mon Anne. »

 

Le Luberon je connais comme ma poche, j’ai séjourné très souvent à Buoux.

 

Jean-Louis Piton, devenu grand président de l’INAO, je connais aussi.

 

Un vignoble en quête d’image

ICI

 

« La majorité des vignerons historiques disposent en moyenne de 15 à 20 ha. Le foncier reste particulièrement accessible au primo-accédants, ce qui a d’ailleurs permis à une douzaine de caves particulières de s’installer ces huit dernières années avec souvent un projet œnotouristique complémentaire de la production. Mais la jetset qui fréquente la région, en d’autres temps, Albert Camus ou Pierre Cardin, aujourd’hui Ridley Scott ou John Malkovich, ne suffisent à auréoler les vins d’une belle image sexy. La grande distribution qui a fait vivre le vignoble pendant plus de 20 ans jusque dans les années 90 représente encore plus d’un tiers en volume (28% en valeur) et a ancré dans les esprits l’image du petit vin pas cher, entre un sous côtes-du-rhone et un sous côtes-de-provence. Et déplore que l’appellation (qui a obtenu l’AOC en 1988), ne bénéficie pas encore d’ambassadeurs à forte notoriété hormis peut-être La Citadelle, La Canorgue, La Verrerie et plus récemment Fontenille.

 

Certes, la politique de l’union de coopératives Marrenon, portée par un président visionnaire et combatif, Jean-Louis Piton (aujourd’hui président de l’Inao) et un ingénieur agronome dynamique venu de chez Skalli, Philippe Tolleret, commence à porter ses fruits. Elle ne pèse pas moins des trois quarts des volumes avec une montée en qualité et en prix et des cuvées prestige comme Pétula ou Amountanage. »

 

Après son compromis vilipendé sur le camembert AOP de Normandie le Jean-Louis qui aime bien ferrailler est allé se coltiner les éclairés du bocal à Avignon au Palais des Papes – quatrième Journée Internationale samedi 30 juin des Amateurs Éclairés de Vin – c’est toujours drôle de voir les pires conservateurs faire de la provocation sur le thème : « l’Appellation est morte, vive l’Appellation ! »

 

Nos éclairés ont 3 trains de retard mais peu leur chaut y’a qu’à taper sur l’INAO

ICI  

 

« Pour autant, l’INAO reste très critiquée. « La règle protège et elle doit épouser son temps », résume Isabel Ferrando (Domaine Saint-Prefert, Châteauneuf du Pape) or on reproche à l’INAO sa lenteur (voire sa réticence) à s’adapter à l’époque : changements techniques, réchauffement climatique (Hervé Hannin (Montpellier SupAgro) a présenté la prospective du projet LACCAVE sur le sujet), demandes sociétales (pour plus de respect de l’environnement), et jusqu’à l’émergence de nouveaux terroirs avec la création de nouvelles AOC.

 

À ces attaques, Jean-Louis Piton, président de l’INAO, a répondu en renvoyant à leurs responsabilités les porteurs de ces projets, mais aussi l’Etat, arguant que, bien souvent, « un dossier qui n’avance pas est un dossier pas prêt, porté par un collectif divisé, ou dont le temps politique n’est pas celui du pouvoir. »

 

Extraordinaire propension française à colloquer, à ressasser le passé, incapacité fondamentale à anticiper et à imaginer.

 

L’Appellation n’est pas morte, elle a simplement pris beaucoup d’embonpoint, combien de vins en GD, s’est banalisée, formatée, devenu un signe de qualité de plus. Nul besoin de porter les cordons du poëlle avec des mines contrites, pire encore d’entonner des chants d’action de grâce pour sa soi-disant Résurrection.

 

J’en resterai là, tout ce beau monde, dont une partie va me rejoindre dans les délices de la retraite, pourrait me reprocher de mettre le doigt là où ça fait mal sans proposer de potion pour guérison.

 

Trop tard !

 

Je bois bon, des vins tout nu, y’en a fort peu dans le Luberon, ça suffit à mon bonheur…

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Vous savez, ici, le patriotisme claironné par la propagande de leur bel Etat démocratique ne résiste pas aux beaux billets verts. Ils ont faim (136)

Le tramway arrivait à son terminus. Ils descendirent en donnant l’impression aux autres voyageurs qu’ils étaient familiers du lieu. Pourtant, juchée sur ses hauts talons, avec ses vêtements luxueux, Jeanne jurait au milieu de ce petit monde gris, mal fagoté, dont la tristesse suintait par tous les pores de la peau de cette cohorte de mal-nourris. Benoît devait vite trouver un téléphone pour joindre Sacha à son bureau. Tout son plan reposait sur ses épaules. La cité, avec ses barres parallèles, ressemblait à un alignement de sinistres clapiers bordés d’arbres rachitiques poussant sur des plaques d’herbe rare. Plus rare encore, les cabines téléphoniques, Benoît commençait à s’inquiéter. Jeanne accrochée à son bras le suivait sans piper mot. Sur une portion de terre battue des gamins frappaient dans un ballon de cuir dégonflé. « Vous parlez bien l’allemand je suppose ? » Jeanne lui répondait que oui. « Et vous avez des dollars... » Son bien sûr indiquait qu’elle devait en posséder un beau paquet. Benoît l’entrainait vers l’aire de jeu. Le plus petit des gamins, un rouquin, qui faisait office de gardien de but entre deux poubelles, les regardait s’approcher avec un regard où se mêlait crainte et intérêt. Benoît briffait Jeanne « Vous allez lui proposer de l’argent pour qu’il s’achète un nouveau ballon en échange d’un petit service... Nous conduire chez un médecin. » Jeanne marmonnait étonnée « Qu’allons-nous aller faire chez un médecin ? » Benoît raillait « Voir si vous êtes enceinte des œuvres de votre beau Wladimir ! » Avant qu’elle ne se fâche vraiment il ajouta « nous allons téléphoner à mon ami Sacha. »

 

Dans l’intervalle qui leur restait encore à franchir pour rejoindre le gamin aux taches de son Jeanne trouvait le temps de s’inquiéter. « Mais ils vont nous dénoncer » Benoît la rassurait « Pourquoi diable nous dénonceraient-ils ? Les gamins vont s’acheter un beau ballon et notre toubib empocher de quoi améliorer sérieusement l’ordinaire. Vous savez, ici, le patriotisme claironné par la propagande de leur bel Etat démocratique ne résiste pas aux beaux billets verts. Ils ont faim...» Les mains dans les poches le rouquin toisait Jeanne comme un petit coq. Les autres cessaient de jouer. Jeanne, dans un allemand rapide, exposait la transaction. Le petit mec tendait la main. Jeanne ouvrait son sac et sortait un billet de 20 dollars d’un beau portefeuille en cuir gold. Les yeux du rouquin s’écarquillaient. Benoît retenait la main de Jeanne. « Il nous conduit d’abord. Le paiement en port du » Jeanne traduisait. Le gamin lui empoignait la main et la tirait vivement. Elle se tordait les pieds mais le gamin accélérait. Après avoir contourné un long bâtiment de briques ils débouchèrent sur une petite place entourée de pavillons assez coquets. « Dites-lui que nous doublons la mise s’il nous attend. » Jeanne transmettait. Le gamin souriait dévoilant une denture chaotique. Ils étaient devant un portillon donnant sur un jardinet. Le gamin sonnait. Une vieille femme en blouse noire entrouvrait la porte. Le gamin s’expliquait. Au fur et à mesure de ses explications les yeux de la bonne femme s’écarquillaient. Avant même qu’il en eut fini elle ouvrait brusquement la porte et leur faisait signe d’entrer. Le rouquin restait dehors. Le hall empestait le désinfectant. Jeanne profitait d’un miroir pour remettre de l’ordre dans sa coiffure. La vieille les introduisait dans un salon dont les fauteuils étaient recouverts de housses. En dépit de son invitation à s’asseoir ils restaient debout. « Dis-lui qu’elle nous mène de suite chez le toubib ! » Jeanne n’eut pas le temps de traduire, la bonne femme répliquait « J’ai compris, suivez-moi... »

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 06:00
Les cagots de Gascogne « Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison »

« On a peine à imaginer que dans le quart sud-ouest de la France, il y a moins d’un siècle encore, deux humanités coexistaient sans se mélanger.

 

En ville comme à la campagne, Français et Cagots se toisaient de loin, évitant tout contact direct. Ni guerre ni haine entre les deux peuples : les bons chrétiens acceptaient le poids d’une fatalité ancienne qui faisait considérer comme étrangers ces voisins de petite taille, aux trognes tragiques, aux oreilles curieusement découpées, avec lesquels on savait depuis l’enfance qu’il fallait proscrire tout échange organique sous peine d’être encagotté.

 

« Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison », écrit don Martin de Vizcay en 1621.

 

Dans de nombreux villages des Pyrénées et de Guyenne, existait « une fontaine des Cagots » distinctes de celle où les autres habitants allaient remplir leurs jarres.

 

« Certes les Juifs, les bohémiens étaient tenus à l’écart dans l’ancienne France, mais la religion des uns, le nomadisme des autres pouvaient encore expliquer les réactions de rejet. Quant au Cagots, également connus sous les noms d’Agotes, Capots, Gahets, Chrestiens – par anti-phrase – Gésites ou Gésitains, « ils avaient un domicile fixe, ils professaient la même religion que leurs voisins, ils  gagnaient leur vie en exerçant des métiers utiles et honorables », constate Francisque Michel, qui leur consacre l’essentiel de son livre sur les races maudites. »

 

 

« Ce qu’il y a de certain, c’est que ces êtres, dégradés par l’opinion et portant sur eux je ne sais quel sceau de malédiction, étaient bannis, repoussés de partout comme des pestiférés dont on redoutait le contact et la vue. Ils étaient sans nom, ou, s’ils en avaient un, on affectait de l’ignorer pour ne les désigner que par la qualification humiliante de Crestiaa ou de Cagot. Leurs maisons, disons mieux, leurs huttes, s’élevaient à l’ombre des clochers et des donjons à quelques kilomètres des villages, où ils ne se rendaient que pour gagner leur salaire comme charpentiers ou couvreurs, et pour assister à l’office divin à l’église paroissiale. »

 

Pour en savoir plus acheter Tour du Monde à travers la France inconnue Bruno Fuligni éditions du Trésor.

 

 

Envie de faire le tour du globe sans passer la moindre frontière ? C’est possible ! Discrètement mais sûrement, notre bonne vieille métropole cache, à travers ses peuplades méconnues, un étonnant monde miniature. Des Huns en Champagne, des Écossais dans le Berry, des Acadiens dans le Poitou, des Bédouins en Touraine, des Mexicains au cœur des Alpes, ou encore des vahinés sur la côte basque… Un voyage paradoxal : le tour du monde des grandes civilisations sans quitter l’Hexagone.

 

 

« Ils s'appelaient cagots dans les Hautes-Pyrénées, capots en Ariège, gahetz, gafets, agotas, gaouès, ladres… ailleurs. Leur particularité ? Ou plutôt leur malédiction ? Appartenir à une race qui les excluait par la naissance de la société. Plus considérés comme des bêtes que comme des hommes, ces cagots vivaient à l'écart, dans leur cagoterie. Et cela dès 1300 jusqu'au début du XXe siècle.

 

Où ?

 

Dans les vallées des Nestes, des Gaves des Hautes-Pyrénées, dans le Luchonais, l'Ariège, le Bearn, le Pays basque…

 

Sensible à ce thème de l'exclusion, Jean-Jacques Rouch, longtemps journaliste à «La Dépêche du Midi» a choisi d'aborder cette destinée méconnue et pourtant historique des cagots par la voix d'un jeune juge du parlement de Toulouse. Son roman s'intitule «Jean Le Cagot. Maudit en terre d'Oc»

 

Un musée à Arreau

 

Avant lui, un autre homme a aussi voulu rendre hommage à ce peuple persécuté pendant quelque 800 ans, en créant le musée des cagots, en 1989, dans le Château des Nestes, à Arreau, le seul qui existe en France. Il s'agit du professeur Raymond Fourasté.

 

Originaire d'Arreau, dans les Hautes-Pyrénées, bassin des cagots, le professeur Fourasté s'est intéressé à cette minorité en préparant une thèse d'état qui s'intitulait : «Analyse ethnopsychologique des identités basques et pyrénéennes». Lors de ses recherches, il est tombé sur un document du XIXe siècle, écrit par le médecin anthropologue René Collignon. «Dans ce texte, il avait classé les Pyrénéens en trois groupes. Les grands. Les moyens. Les petits. Les cagots font partie des petits. Si le terme ''petit'' n'est pas un mot d'exclusion. Celui de cagot, si !», précise le professeur.

 

«Le cagot type est plutôt blond, aux yeux bleus, et mesure entre 1 m 50 et 1 m 55. Il vit isolé en petits groupes dans les montagnes»

 

Naître cagot, c'était le rester à vie. Parias parmi les parias, les cagots ont supporté pendant des siècles le mépris des villageois. Interdiction leur était faite de vivre dans les mêmes quartiers. De marcher pieds nus. De posséder du bétail. De manipuler la nourriture. Et à l'église, ils ne pouvaient pas rentrer par la même porte que les fidèles et possédaient leur propre bénitier, le prêtre leur tend l'hostie au bout d'un bâton. Côté métiers, les cagots faisaient tout ce que ne voulait pas faire la population dominante. Ils exerçaient des métiers liés à la nature. Ils travaillaient le bois, le marbre, la pierre, l'eau. Ils étaient de très bons charpentiers, tonneliers, charrons…

 

A cette époque, les cagots effrayaient autant qu'ils fascinaient. Autour d'eux, gravitent de nombreuses croyances divines et occultes. On leur attribue le pouvoir du feu et de l'eau. Parmi les cagots, on recrutait beaucoup de guérisseurs.

 

En 1683, Louis XIV décide de les affranchir de leur condition de cagots, en leur accordant les mêmes droits qu'au reste de la population. Malgré cela, la ségrégation est restée de mise.

 

Aujourd'hui, encore le tabou demeure aussi pour ceux qui en descendent et qui en ont la mémoire. Comme une indicible douleur. »

 

Publié le 16/09/2012  dans la Dépêche du Midi :

Ces braves cagots ont été maudits pendant 800 ans 

 

 

« En 1963, un autre journaliste signalait encore à Argelès le dénommé Miquetot, « claudiquant,hébété,bonasse, sous des vêtements qui semblent toujours trop grands, grotesque et pitoyable » : haut d’un mètre vingt seulement, ce pensionnaire de l’hospice mendiait tristement par les rues, soutenant avec peine sa grosse tête disproportionnée d’où se détachaient deux oreilles que n’ourlait aucun lobe. Pauvre Alien pyrénéen, réduit à vivre de la charité publique ! »

 

« Près de 2 millions de Français portebt des noms de Cagoy=ts, sans que rien ne les distingue plus de leurs concitoyens. »

 

«Je te défens enter ès église, marché, moulin et lieux ès quels y a affluence de peuple.

 

Et te défens entrer ès tavernes et maison hors celles en laquelle est ton habitation.

 

Je te défens toucher compagnie d'aultre femme que celle que tu as espousée.

 

Je te défens toucher aucunement enfant et ne leur donner ce que tu auras touché.

 

Je te défens manger et boyre en autre compagnie que lépreux et sache que tu quand tu mourras tu sera enseveli en ta maison si ce n'est de grâce qui te sera faite par le prélat ou ses vicaires»

 

Cardinal de Pellevé, Rituel de Sens 1550.

 

Les cagots à Montgaillard et dans les Hautes-Pyrénées ICI 

 

 

 

«Je suis d'origine ariégeoise, et à Saint-Girons où j'ai vécu, il y avait la place des Capots. Cela m'a toujours intéressé», annonce Jean-Jacques Rouch, auteur de «Jean Le Cagot».

 

Après deux ans et demie de recherches, notre confrère signe un fabuleux roman historique qui rend hommage à ce peuple persécuté. Une belle leçon d'histoire et de courage. «Jean Le Cagot» a été sélectionné pour le prix national du roman historique qui se tiendra à Blois du 18 au 21 octobre.

 

«Jean Le Cagot», par Jean-Jacques Rouch, ed. Privat, 216 p, 18€.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 07:00
La résistible ascension de Benoît H Mais nous ne faisions rien dans son bureau à l’ambassade. Vous faisiez quoi alors ? Je lui donnais des cours de français. (135)

Estomaquée mais enfin silencieuse, Jeanne tendait deux tickets au contrôleur du tramway. Benoît l’entraînait au milieu du wagon. Elle s’asseyait en tirant sur son bout de jupe droite. Il se penchait vers elle raide comme la justice pour lui murmurer à l’oreille « Rassurez-vous, je ne baise qu’avec consentement » Elle lâchait entre ses belles dents « Goujat ! » Benoît lui prenait la main « C’est la seule thérapie que j’ai trouvé pour lutter contre votre panique. Désolé ! » Il sentait sa main moite frémir et, sourcils froncés, elle retrouvait un peu de sérénité : « Vous êtes vraiment désolé ? » Il lui caressait la joue « Mais oui je le suis la belle mais l’heure n’est pas, selon votre expression, à jouer les jolis cœurs. En peu de mots dites-moi ce qui vous est arrivé à l’ambassade ? » Inquiète de nouveau Jeanne jetait un regard circulaire pour s’assurer qu’aucune oreille ne trainait près d’eux. Elle inspirait une bouffée d’air. Le tramway s’immobilisait. Deux policiers en uniforme montaient. Jeanne frémissait. Il l’attirait vers lui. Elle se laissait aller. « Ne vous inquiétez pas, ces deux-là ne sont au courant de rien. Dites-moi tout pour que je puisse valider la petite idée qui me trotte dans la tête. » Benoît sentait le gras de sa cuisse se presser contre la sienne. Son érection fut immédiate. Jeanne dans un souffle murmurait « Vous avez un plan pour me sortir de là ? » Il opinait.

 

-         Wladimir s’est tiré une balle dans la tête.

-         Qui est Wladimir ?

-         Mon amant.

-         Mais encore ?

-         Le premier secrétaire de l’ambassade d’URSS à Berlin.

-         Vous l’avez connu comment ?

-         Lors d’un tournoi de tennis.

-         Où ?

-         Ici.

-         Et comment ça s’est passé ?

-         Dans les vestiaires.

-         Ok, mais après...

-         Il m’a délivré un sauf conduit et je le rejoignais à l’ambassade.

-         Etrange comme procédure...

-         Pourquoi parlez-vous de procédure ?

-         Il était marié ?

-         Je suppose que oui.

-         Ça ne vous a jamais étonné qu’il affiche sa liaison avec vous de façon aussi ostensible à l’ambassade ?

-         Mais nous ne faisions rien dans son bureau à l’ambassade.

-         Vous faisiez quoi alors ?

-         Je lui donnais des cours de français.

-         Vous plaisantez...

-         Non, je lui enseignais vraiment le français et sa secrétaire assistait à mes cours.

-         Mais alors, vous faisiez ça où et quand ?

-         Chez moi.

-         Chez vous, à l’Ouest...

-         Oui.

-         Comme c’est étrange...

 

« Votre Wladimir voulait passer définitivement à l’Ouest... » Jeanne se crispait. Benoît lui serrait très fort le poignet : « L’heure n’est pas aux cachoteries. Dites-moi tout ce que vous savez ! » Elle soupirait « Mais je ne sais rien... Wladimir n’était pas très bavard... » Benoît changeait de pied pour la déstabiliser « À votre avis, pourquoi s’est-il suicidé ? » Sa réponse le laissait pantois « Qui vous a dit qu’il s’est suicidé ? » Il ricanait « Vous ! » Butée elle répliquait « Wladimir n’était pas homme à se tirer une balle dans la tempe ! » Furibard il la tançait « Alors, donnez-moi votre version... » Jeanne fronçait les sourcils et lâchait, comme à regret, « Ce sont ses créanciers... » Le déstabilisé c’était lui « Ses créanciers, quels créanciers ? » Elle minaudait « Ceux à qui il empruntait de l’argent... » La moutarde lui montait au nez « ça suffit, crachez-le morceau, le temps presse ! » Jeanne tirait un petit mouchoir pour se tamponner les yeux. « Vous n’allez pas pleurnicher ! » Elle se cabrait « Non, dès que je suis contrariée je fais de la conjonctivite. » Benoît éclatait d’un petit rire nerveux « Pas possible, vous êtes contrariée, mais qu’est-ce qui peut bien vous contrarier ? Moi ?» À son grand étonnement elle posait sa tête dans le creux de mon épaule en chuchotant « Bien sûr que non, je vous trouve formidable... Vous avez des nerfs d’acier... Un peu comme Wladimir...» La comparaison l’emplit cette fois-ci d’une réelle hilarité. « Jeanne nous sommes à Berlin-Est, moi sans sauf-conduit, vous, si je puis dire, vous avez un macchab sur les bras, et vous ne trouvez rien de mieux à me dire que je suis superman. Nous nageons dans le bonheur. Pourquoi votre beau Wladimir avait-il des dettes ? » La réponse fusait « Il jouait ! » Les neurones de benoît opéraient une connexion rapide. « Au poker ? » Elle opinait. « Où ? » Elle murmurait « au consulat ». Tout devenait limpide. Il vérifiait son intuition : « Ses partenaires : des américains, sans doute... » Elle hochait la tête.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 06:00
Pour le magot des interprofessions et des ODG les vignerons n’ont qu’à raquer sinon ils se font rattraper par la patrouille…

En France, sans la peur du gendarme, la main ferme des services de l’État, les cotisations aux interprofessions  et aux ODG ne rentreraient pas facilement dans leurs caisses.

 

Pour en arriver là les génies de l’administration, avec la complicité des organisations professionnelles, ont inventé en 1975, les Cotisations Volontaires Obligatoires. (Voir plus bas)

 

Dans ce domaine le secteur du vin  a été précurseur, le CIVC et le défunt Comité des VDN ont été créé sous le régime du Maréchal qui aimait tant la terre qui ne ment pas ; Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a été créé par la loi du 18 août 1948. Bref, tout le monde s’y mis.

 

L’argent tombe dans les caisses régulièrement même si sa quantité dépend du volume de la production de l’année.

 

À quoi sert cet argent ?

 

Tout d’abord à faire vivre une gentille bureaucratie.

 

Ensuite, et c’est le joujou préféré des présidents et des directeurs à faire parfois de la publicité et toujours de la communication. C’est sur ce magot que vivent celles et ceux qui font profession de promouvoir le vin.

 

Ce grand tonneau est le symbole de l’ambiguïté d’une ponction généralisée dont l’affectation à la communication, et parfois à la publicité générique – putain la loi Evin – pour la promotion de tous les vins de l’appellation.

 

Sans être un grand expert de l’art de la réclame et maintenant du buzz cher aux réseaux sociaux, il est évident qu’il s’agit d’une mission impossible.

 

Les vins du haut du panier n’en ont rien à branler.

 

Le gros du panier, soit ceux vendus sur le marché domestique dans la GD, n’ont aucune visibilité pour les pousseurs de caddies.

 

Reste une poignée d’élus mis en avant par les fameux communicants auprès d’une presse spécialisée au lectorat bien maigre qui vit de la publicité des quelques annonceurs bancables : les châteaux de Bordeaux, quelques Bourguignons, le Champagne…

 

J’ai osé railler dans une chronique ce « journalisme masqué », mal m’en a pris, l’entre soi règne, les cochons de payants sont contents quand on parle un peu d’eux dans une feuille de chou ou sur le Net.

 

Alors pourquoi remettre sur le gaz cette affaire de contributions obligatoires ?

 

Tout bêtement parce que, comme le dirait notre Macron national, en même temps beaucoup de ceux qui frétillent lorsqu’un jour on les met en avant sont les premiers à rouscailler contre le fait qu’on les prend pour de vaches à lait.

 

C’est très Français de râler dans son coin tout en laissant la bride sur le cou de ceux qui ont en charge de gérer l’argent interprofessionnel.

 

En effet, c’est là que le bât blesse, les familles professionnelles font leur petite tambouille sans vraiment de contrôle de leurs mandants.

 

En débattre ne relève pas d’une volonté de mettre à bas le système mais de lui redonner du sens, de s’adapter à la nouvelle donne des marchés du vin, de renouveler les méthodes de communication, de faire que l’argent collectif soit dépensé plus intelligemment.

 

Vœu pieu sans aucun doute, ce qui ne m’empêche pas de vous livrer quelques infos :

 

  • Les budgets des interprofessions représentent des montants importants qui sont à relativiser par rapport au chiffre d’affaires du vignoble concerné.
  •  

Le ratio budget interprofession/ CA vignoble se situe entre 0.5 et 1 %.

 

« Les CVO constituent en moyenne plus de 85 % des recettes. Les autres produits correspondent à des subventions OCM pour le financement des actions de promotion sur les pays tiers et à des subventions de FranceAgriMer pour des actions de promotion sur le marché intérieur, lesquelles sont en voie de diminution.

 

Les CVO sont calculées par hl de vin ou d’alcool pur. Leur montant unitaire a assez peu évolué au cours de ces dernières années (aucune augmentation n’a eu lieu dans le Bordelais depuis 15 ans)

 

InterLoire constitue une particularité. La nouvelle orientation adoptée en août 2015 se traduit par une plus grande autonomie des appellations et s'accompagne d'une baisse significative de la cotisation interprofessionnelle de base: La CVO socle passe en moyenne de 4,20 €/hl à un taux unique de 2,50 €/hl, niveau le plus faible de France.

 

Le budget est ainsi passé de 8,8 M € à 4,6 M €. Amputée de près de la moitié de ses ressources, InterLoire a dû réduire ses charges pour équilibrer son budget.

 

Le montant global des recettes annuelles est fortement lié au volume des récoltes et peut donc varier d’une année sur l’autre.

 

Les paiements des subventions de FranceAgriMer sont perçus assez tardivement. Les retards de versements de cotisation qui existent entraînent des procédures de recouvrement.

 

Les rapports du CGEFI ne signalent pas d’interprofession en difficulté financière. »

 

INTERPROFESSIONS Viticulture rapport établi par Sylvie HUBIN-DEDENYS Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, Claude MAILLEAU Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, Georges-Pierre MALPEL Inspecteur général de l’agriculture   

                                           

Le rapport du conseil des prélèvements obligatoires de juillet 2013, portant sur la fiscalité affectée, rappelle son caractère dérogatoire, qui contourne notamment le principe d'universalité budgétaire. Les contributions volontaires obligatoires ont connu une très forte croissance, de l'ordre de 44%, entre 2007 et 2013, bien supérieure à la croissance des prélèvements obligatoires sur la même période. Le Conseil estime ainsi que « les dynamiques d’évolution des taxes ne sont pas maîtrisées, ce qui tend exonérer leurs bénéficiaires d’une participation à l’objectif de maîtrise des finances publiques », et remarque que cette hausse des cotisations entraîne fréquemment une hausse de la trésorerie et du fonds de roulement des organismes interprofessionnels. Ceci peut s'expliquer par le fait que les décisions comme le budget de ces entités bénéficiaires sont également moins contrôlés par le Parlement, privé d'une partie de ses moyens d'action.

 

Selon la Cour, les Contributions volontaires obligatoires ne permettent pas d'améliorer le consentement à l'impôt, bien au contraire. La Cour pointe le risque de politiques inefficientes, voire contraires aux objectifs poursuivis par l'État, et estime que « dès lors que les entités affectataires ne remplissent pas des missions de service public, la justification de l’existence d’une taxe affectée et de l’intervention, certes indirecte, des pouvoirs publics, peut en effet être débattue », car elle pose des problèmes de gestion et d'indépendance des organismes interprofessionnels.

 

La Cour propose un plafonnement des taxes affectées aux organismes professionnels. 

          

Quelques chiffres, certes anciens, mais aucune publication n’est accessible sur le net, le CNIV regroupant les interprofessions ne se donne pas cette peine, ils restent valables et surtout sont une bonne image des proportions entre les contributions interprofessionnelles.

 

ANIVIN                121000 €

 

Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne        8437000 €

           

BIVC      760000 €  

                                          

BNIA - Bureau national interprofessionnel de l'Armagnac         745 000 €   

                                         

Bureau national interprofessionnel du cognac                8 758 000 €

 

CIV - Corse         124000 €   

                                         

Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace   7 898 000 €     

                                     

Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux              29 730 000 €    

                                    

Comité interprofessionnel du vin de Champagne          14 994 000 €

                                        

CIVJ       243 000 €

                                            

Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc        3 508 000 €

                                                                                    

Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon        2 824 000 €   

                                       

Conseil interprofessionnel des vins de la région des Bergerac                2 071 000 €    

       

Comité national du Pineau des Charentes         1 194 000 €        

                                 

Inter Oc               2 704 000 €

                                         

InterRhône        15 528 000 €    

                                    

Interloire            8 813 000 €

 

UIVC : Union interprofessionnelle des vins de Cahors 569 000 €  

                                         

UIVD     147 000 €  

                                          

Union interprofessionnelle des vins du Beaujolais       5 585 000 €       

    

Nouvelle victoire judiciaire pour les organisations interprofessionnelles viticoles en matière de cotisations volontaires obligatoires

Communication rédigée par Olivier Mandel - Cabinet Mandel & Associés

 

« Le 14 janvier 2016, la Cour de cassation a rendu un arrêt fort intéressant en matière de cotisations volontaires obligatoires dans un litige ayant opposé un producteur viticole à Inter Rhône. Ces cotisations sont appelées et prélevées par les organisations interprofessionnelles sur tous les membres des professions les constituant. Dans cette affaire, le producteur viticole soutenait que le régime de ces cotisations volontaires obligatoires violait la liberté d'association telle qu'elle est garantie par l'article 11 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

 

Depuis plus de 40 ans maintenant, à savoir depuis une loi n° 75-600 du 10 juillet 1975, il est prévu que les groupements constitués à leur initiative par les organisations professionnelles représentant la production agricole et, selon les cas, la transformation, la commercialisation et la distribution peuvent, s’ils représentent une part significative de ces secteurs d’activité, faire l’objet d’une reconnaissance en qualité d’organisations interprofessionnelles par l’autorité administrative compétente. »

 

Cette même loi, aujourd’hui intégrée au Code rural et de la pêche maritime et qui a fait l’objet de plusieurs modifications depuis sa promulgation, notamment sous l’influence du droit communautaire, prévoit que:   

 

La suite ICI 

 

Les CVO, l’oxymore est dans la désignation : cotisation, volontaire, obligatoire :

 

« La disparition de la parafiscalité dans les bagages de la LOLF a permis aux CVO (contributions volontaires obligatoires) de faire leur apparition. En théorie, seules les cotisations des membres adhérant à l’interprofession devraient financer le fonctionnement des structures interprofessionnelles, car ils sont directement bénéficiaires de leur activité. On serait alors dans un système de « cotisations volontaires ». Mais en France, comme dans d’autres pays occidentaux, les besoins financiers de ces organisations, ont nécessité des recettes complémentaires qui ont longtemps pris la forme de taxes parafiscales. Leur suppression par la mise en place de la LOLF (suppression de l’article 4 de l’ordonnance de 1959) et le soupçon d’inconstitutionnalité pour atteinte aux droits du Parlement d’imposer (parce que leurs taux et leurs assiettes étaient fixés par voie réglementaire de façon discrétionnaire, en contradiction formelle avec l'article 34 de notre Constitution), les a fait remplacer à compter de 2003 par des recettes de substitution, les fameuses CVO. Cette construction juridique permet de passer en dehors des fourches caudines du Parlement, mais aussi des budgets publics. En effet, il s’agit de cotisations de droit privé qui n’ont pas la nature d’une imposition, dont les taux sont déterminés par l’interprofession elle-même qui revêt elle aussi un caractère de droit privé (généralement associatif). Le contentieux des CVO est donc normalement du ressort du juge judiciaire, sauf pour ce qui a trait à leurs missions de service public qui relèvent du juge administratif. »

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