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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 06:10

 

À première vue cette information sur la cérémonie d’investiture de Joë Biden : Le violet porté par Kamala Harris, Michelle Obama et Hillary Clinton, tout sauf anecdotique, semble encore traiter l’actualité par le petit bout de la lorgnette.

 

 

Pas si sûr, même si, sauf, à  ce que je sois daltonien, Michelle Obama me semble plutôt vêtue d'un ensemble * lie de vin et Kamala Harris d'un ensemble bleu. Seule Hillary est clairement en violet.

 

En effet, je suis de ceux qui estiment que les choix vestimentaires relèvent d’une volonté claire d’afficher la couleur.

 

Afficher la couleur ! C’est jouer cartes sur table ; faire connaître clairement ses intentions…

 

Revenons à l’info :

 

Les anciennes Premières dames Michelle Obama* et Hillary Clinton, ainsi que la nouvelle vice-présidente Kamala Harris. Très élégantes, elles étaient habillées sobrement mais de la même couleur symbolique, le violet.

 

 « Bien plus qu’une jolie couleur. » Comme l’explique le magazine américain Cosmopolitan, les tenues violettes de Kamala Harris, Michelle Obama et Hillary Clinton, qui ont attiré l’attention des réseaux sociaux lors de la cérémonie d’investiture de Joe Biden, étaient porteuses de messages allant bien au-delà de simples considérations esthétiques.

 

Selon [la journaliste africaine-américaine] de CNN Abby Phillips [qui a évoqué le sujet en direct sur la chaîne], Kamala Harris a souvent porté cette couleur lors de sa campagne présidentielle comme un clin d’œil à Shirley Chisholm, qui fut la première femme noire à se présenter à la présidence en 1972, pour le Parti démocrate, et la première femme noire élue au Congrès des États-Unis. Chisholm avait utilisé la couleur violette sur ses prospectus de campagne. »

 

 

Un coloris qui n’a pas été choisi au hasard par les trois grandes dames des États-Unis. Le violet est en réalité la couleur qui symbolise une volonté bipartite et le rassemblement de l’Amérique, car la combinaison du rouge (qui représente le Parti républicain) et du bleu (qui représente le Parti démocrate) donne du violet.

 

D’ailleurs, les swings states, ces États clés comme l’Ohio, la Floride ou encore le Michigan, susceptibles de pencher d’un côté ou de l’autre et où se joue toujours la présidentielle américaine, « sont souvent appelés des États violets ».

 

Drapeau violet, blanc et or de l'Union du Congrès, qui devint plus tard le Parti national de la femme. Avec l'aimable autorisation du National Museum of American History

 

En outre, le « purple » est aussi la couleur du mouvement des suffragettes, ces militantes qui se sont battues pour le droit de vote féminin. « Le violet est la couleur de la loyauté, de la constance dans le but, de la constance inébranlable dans une cause », précisait le National Woman’s Party américain ICI dans un communiqué en 1913.

 

Alice Paul coud une étoile sur le drapeau de ratification du Parti national de la femme, représentant la ratification par un autre État du dix-neuvième amendement. Avec la permission de la Bibliothèque du Congrès

violet d'évêque

C'est ce gris qui rejoindra le gris de l'hiver, le poussant juste un peu, dans les lointains, vers un violet d'évêque in partibus.

Jean Giono

 

 

Signification de la couleur "Violet"

Couleur violetLe violet est une couleur royale qui représente la subtilité, le mystère, le romantisme, l’idéalisme, la protection, la mélancolie, la fraîcheur, la pureté, la paix et le luxe.


Le violet est, dans la synthèse soustractive (peinture, encre), une couleur secondaire issue du mélange entre le bleu et l’orange et, dans la synthèse additive (lumière), une couleur tertiaire obtenue par le mélange du bleu et du magenta qui lui-même est issu du mélange entre le bleu et le rouge.



Nuances violetQuelques nuances de violet : ICI
Héliotrope, Indigo, Lilas, Magenta, Mauve, Orchidée, Parme, Prune, Violine, Zizolin ….


Le violet est une couleur froide qui se situe sur la zone de transition. Cette couleur peut être chaude si le dosage de la couleur chaude est plus important. S’il est foncé, il donne une impression de chaleur et s’il est clair, il donne, au contraire, une sensation de fraîcheur.


La couleur complémentaire du violet est le jaune, c’est donc la couleur qui le fait plus ressortir.


Le violet foncé représente l’audace, l’assurance, la forte personnalité et l’originalité, il absorbe la lumière contrairement au violet clair qui reflète la lumière et donne de la clarté. Ce dernier est plutôt reposant, doux et élégant.


En décoration, le violet peut paraître en même temps raffiné et décontracté. Le violet foncé a la particularité d’être un choix audacieux et très élégant tout en n’étant pas très oppressant. Comme pour les couleurs chaudes, si les murs d’une pièce sont peints en violet foncé, cela donnera une sensation de rapprochement comme si la pièce était plus petite alors que s’ils sont peints en violet clair, cela donnera une impression que la pièce est plus grande.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 06:00

 

Je ne vais pas à nouveau vous servir mon petit couplet sur la mise au rebut des grands principes mutualistes et coopératifs qui furent le socle de l’émergence puis du développement d’entreprises qui revendiquaient d’être gérées différemment, un homme une voix, de permettre aux agriculteurs, aux éleveurs, aux vignerons, d’être maîtres de leur destin.

 

C’est de l’histoire ancienne.

 

Pouvaient-elles faire autrement que de se fondre, de se diluer dans le grand chaudron des entreprises capitalistiques ?

 

La réponse est non.

 

Elles sont entre les mains de leur technostructure qui s’appuie sur une forme de nomenklatura d’élus issue du moule de la FNSEA, pour faire prospérer leur mainmise sur des outils de pouvoir.

 

L’exemple récent de la lutte pour le pouvoir au sein du groupe sucrier coopératif Tereos en est une démonstration éclatante. ICI 

 

L’argent interprofessionnel, les fameuses CVO, a permis, via le fonds financier Sofiprotéol, de faire naître le groupe Avril. ICI

   

Sans la complicité d’Unigrains, le fonds financier des céréaliers, Bigard, le viandard, ne serait pas devenu ce qu’il est après avoir absorbé Socopa.

 

Les grands groupes coopératifs bretons, régnant sur le lait, le cochon, la volaille sont des copies conformes de leurs concurrents du secteur dit privé.

 

Quant à la coopération viti-vinicole, celle du Midi de la France a échouée, celle de Champagne : Nicolas Feuillatte, Jacquard… s’est moulée dans le modèle des grandes marques, citez-moi  à Bordeaux le nom d’un groupe coopératif, du côté de l’Alsace, de la Corse… ça ne brille pas non plus beaucoup, quelques exceptions : Mailly, Plaimont, Rasteau, Tain

 

Dans cette énumération manquent les coopératives de collecte et d’approvisionnement qui ont prospéré grâce à la fois au soutien de la PAC et du dernier avatar du marxisme agraire l’ONIC né en 1936 et de la vente des engrais, des produits phytosanitaires, des conseils, et du succès des jardiniers du dimanche : Gamm-Vert. En revanche, le groupe de l’avenue de la Grande Armée, devenu InVivo, est resté un nain dans le trading des céréales, laissant à son voisin Louis Dreyfus et aux Archer Daniels Midland (ADM) Bunge Cargill le « Big 4 » le soin de dominer le marché mondial.

 

Dans le petit monde des céréaliers français les grosses coopés et les négociants en grains se sont toujours joyeusement détestés. Je peux en attester car en tant que PDG de la SIDO je les ai vus à l’œuvre.

 

Et puis, l’un des fleurons du privé le groupe Soufflet est à vendre et qui se porte acquéreur ? InVivo.

 

Cocorico !

 

Rachat de Soufflet par InVivo: les secrets d’un deal à 2 milliards d'euros ICI 

 

Eric Treguier

 

Le rachat du N°1 mondial des céréales, le français Soufflet par la coopérative Invivo, pour plus de 2 milliards d’euros, crée un géant de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L'objectif: profiter de la soif mondiale pour… la bière. Les secrets d’un des plus gros deals de l’année.

 

Yvonne doit se retourner dans sa tombe. Yvonne, c’était la grand-mère Soufflet, décédée il a quelques années. Elle incarnait cette génération dure à la tâche, née dans cette champagne pouilleuse, loin des vignes de la champagne "à bulles" et de ses richesses. Avec son mari, Jean, elle avait travaillé dur pour faire grandir leur modeste entreprise de négoce de blé. Elle n’aurait jamais imaginé que son petit-fils, Jean-Michel, vendrait un jour ce patrimoine familial, devenu le premier céréalier-malteur privé au monde, à une coopérative de paysans, comme InVivo.

 

Lorsque la famille, en 1957, confie les rênes du petit groupe champenois à Michel Soufflet -père de Jean-Michel- il n’a que 26 ans. "J'étais chauffeur, j'étais l'homme à tout faire, j'étais le bouche-trou. On n'était pas beaucoup à l'époque, on était sept", se souvient-il. Aujourd'hui, le groupe a mille fois plus de collaborateurs. Car le jeune Michel a en tête des rêves qu’on trouve alors totalement farfelus: exporter. Mais bientôt il fait construire un silo à Rouen, pour mieux organiser l’export, puis ouvre des filiales à l’étranger, d’abord en Grande-Bretagne, puis, dans les années 1990, dans ces pays (Brésil, Russie, Inde, Chine…) qu’on dit alors émergents.

 

Alwar, en Inde, tombe dans son escarcelle, comme la malterie de Shobnall, en Grande-Bretagne… Le groupe, au passage, croque quelques petites sociétés françaises comme le boulanger industriel Neuhauser et la chaine de restauration rapide Pomme de Pain. Mais elles pèsent peu dans le chiffre d’affaires et encore moins dans les bénéfices. L’activité boulangerie industrielle pèse moins de 400 millions d’euros et est à redresser. Pour Marc Auclair, directeur général du groupe, "cela fait dix ans que le chiffre d'affaires de Neuhauser diminue chaque année. Mais, les ventes se sont stabilisées". En 2001, Michel (87 ans aujourd’hui) se retire pour présider le conseil de surveillance. C’est donc son fils, Jean-Michel, qui a signé –ou plutôt qui va signer- le rapprochement avec InVivo.

 

Une coopérative très riche

 

Car, pour le moment seul un protocole d’accord a été signé. Selon nos informations, la signature définitive ne devrait intervenir qu’à l’automne, au mieux, après une revue complète des comptes et des possibilités de restructuration, avec l’aide des deux banques conseils: BNP Paribas pour Soufflet et Crédit Agricole pour InVivo. Il faut aussi préparer un passage très délicat par Bruxelles, où les autorités européennes devront approuver l’accord. Car le nouveau groupe, qui va peser plus de 10 milliards d’euros de chiffres d’affaires, sera en situation de quasi-monopole dans de nombreux domaines. Même si la direction d’InVivo affirme que "la combinaison des activités, très majoritairement complémentaires, du groupe InVivo avec celles du groupe Soufflet préserverait dans la durée leurs structurations par métiers, leurs cohérences, leurs positionnements et leurs identités respectives". Dans le milieu, on n’est pas dupe: c’est bien InVivo qui rachète Soufflet, et il faudra sans doute se séparer de quelques activités…

 

C'est bien InVivo qui rachète, en effet. Et comme toutes les coopératives agricoles, InVivo a un gros appétit et de gros moyens. Sur ces deux dernières années, le monde des coopératives a réalisé une centaine de rapprochements, dont une cinquantaine avec des entreprises privées. Boortmalt, la filiale de la coopérative céréalière Axéréal (3 milliards d'euros de chiffre d'affaires), a racheté les activités malt du géant américain Cargill (140 milliards de dollars) et a ainsi donné naissance au numéro un mondial de la malterie, avec 27 usines sur 5 continents. InVivo, de son côté, s’est rapproché de NatUp pour former Excellience, dans les semences, secteur très porteur. Il s’est aussi renforcé dans la jardinerie (Jardiland, Gamm Vert et Delbard) et dans le vin, tout en augmentant son trésor de guerre, grâce à la vente de son activité alimentation animale Neovia, qui était de toute façon trop exposée à la concurrence à bas coûts.

 

L'enjeu du rachat: la bière

 

Quel est l’enjeu véritable de ce rachat de Soufflet? La bière. Le groupe Soufflet ne gagne pas d’argent, ou presque pas, sur la meunerie, c'est-à-dire son activité liée au transport du blé et à sa transformation en farine. Il en perd sur la boulangerie industrielle. Par contre, sa branche malterie est florissante, même s’il ne donne pas de chiffres. Tous les fabricants de malt mondiaux affichent des résultats à faire pâlir d’envie les start-up de la Silicon Valley.

 

Le malt? C’est la matière première de la bière. Et il n’y a pas assez de malteries pour satisfaire la soif mondiale pour cette boisson ambrée, dont la consommation est en forte hausse depuis des années et frôle les 2 milliards d'hectolitres par an. C’est pour prendre des parts sur ce marché très rentable que la groupe s’est tant développé à l’étranger, qu’il a racheté les maltiers Alwar en Inde et Shobnall en Grande-Bretagne, deux pays très gros consommateurs de bière.

 

Soufflet "s'est historiquement développé autour d'une stratégie de volume", expliquait en début d’année, lors d’une conférence de presse, son président, Jean-Michel Soufflet. Mais en préférant les volumes rentables. Or, le marché mondial du malt est tenu par trois "frenchies" qui pèsent un tiers des volumes: Soufflet (bientôt filiale de la coopérative InVivo), Boortmalt (filiale de la coopérative Axéréal) et Malteurop (filiale de la coopérative Vivescia). Tous les grands brasseurs comme Heineken, Calsberg, et AB InBev (Budweiser, Stella Artois…) puisent dans les stocks de ces trois français, dont la production à augmenté de 20% en dix ans, au même rythme que la consommation mondiale de bière. La Chine a même créé des taxes spéciales anti "malt français" pour préserver ses deux grands producteurs: Supertime Malting et Cofco. Enfin, le malt, c’est aussi le whisky, un marché qui croit de 6% par an. Et qui exige du malt de très haute qualité, qui se négocie jusqu’à 1.000 euros la tonne.

 

Pas si cher que cela

 

Compte tenu de tous ces éléments, les coopérateurs d'InVivo ont-ils surpayé leur achat?

 

Pour s’en faire une idée, il faut d'abord estimer combien vaut la famille Soufflet, propriétaire de la quasi-totalité du capital. Nous l’avions estimée l’an dernier à 750 millions, mais seulement après une négociation serrée avec les représentants du clan, qui soulignaient l’endettement de leur groupe. D’autres publications avaient même estimé le groupe en dessous, autour de 600 millions… Il s’agissait d’une valeur patrimoniale du moment. Depuis, les valorisations ont plutôt monté dans le secteur et surtout l’appétit des acquéreurs a augmenté.

 

Beaucoup sont prêts à casser leur tirelire pour avoir une part du gâteau… au malt. Plusieurs concurrents étaient d'ailleurs sur le coup pour racheter Soufflet. Mais en mettant, selon les confidences d'un banquière, près de 2,3 milliards d’euros, InVivo a devancé tous les autres. Pour un groupe qui réalise environ 5,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires, cela peut paraître cher, mais c'est une valeur d'entreprise, qui inclut la reprise des dettes. Et qui n'a pas surpris les professionnels: déjà, en 2008, Malteurop avait acheté ADM Malt au groupe Archer Daniel Midlands pour 150 millions d’euros, alors que le chiffre d'affaires d'ADM était de 330 millions d'euros... Il y a deux ans, le patriarche expliquait: "on n'a jamais distribué de dividendes aux actionnaires, parce que de toute façon on n'a pas besoin d'argent, on n'a pas le temps de le dépenser". Maintenant, il a le temps. Et il a l'argent.

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 06:00
Poubelle de l’Histoire : À PROPOS D'UN PROCÈS le 26 janvier 1977 Le Monde publiait 1 communiqué « si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire ? Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit » cosigné par une soixantaine d'intellectuels, dont Kouchner, Lang, Sartre, de Beauvoir, Barthes, Gluksmann, l'académicienne Danièle Sallenave.

Autre temps, autres mœurs disaient certains, absolument faux, ces mœurs étaient celles revendiquées et défendues par une nomenklatura « intellectuelle » qui se sentait au-dessus de la loi, dont la transgression confortable se fondait sur un sentiment d’impunité de l’élite.

 

La quête des signatures fut menée par Matzneff, avec l’aide de Guy Hocquenghem. Selon lui, la plupart des personnes contactées se montrèrent favorables. Parmi les refus, Marguerite Duras, Hélène Cixous, Xavière Gauthier, et Michel Foucault.

 

En 2013, Matzneff ne renie en rien les valeurs exprimées par cette pétition : « J’en suis très fier et, si je l’écrivais aujourd’hui, je n’en modifierais pas le moindre mot, car elle est encore plus actuelle, nécessaire aujourd’hui qu’en 1977. »

 

Le communiqué :

 

Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d'assises des Yvelines, vont comparaître, pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, qui, arrêtés à l'automne 1973, sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de la liberté des inculpés.

 

Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de " mœurs ", où les enfants n'ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d'instruction qu'ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse.

 

Aujourd'hui, ils risquent d'être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels.

 

Nous considérons qu'il y a une disproportion manifeste, d'une part, entre la qualification de " crime " qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d'autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l'existence d'une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire ?).

 

La loi française se contredit lorsqu'elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de treize ou quatorze ans qu'elle peut juger et condamner, alors qu'elle lui refuse cette capacité quand il s'agit de sa vie affective et sexuelle.

 

Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhardt ne retrouvent pas la liberté.

 

Ont signé ce communiqué :

 

Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, docteur Michel Bon, psychosociologue, Bertrand Boulin, Jean-Louis Bory, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Gilles et Fanny Deleuze, Bernard Dort, Françoise d'Eaubonne, docteur Maurice Eme, psychiatre, Jean-Pierre Faye, docteur Pierrette Garrou, psychiatre, Philippe Gavi, docteur Pierre-Edmond Gay, psychanalyste, docteur Claire Gellman, psychologue, docteur Robert Gellman, psychiatre, André Glucksmann, Félix Guattari, Daniel Guérin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, docteur Bernard Kouchner, Françoise Laborie, Madeleine Laïk, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Michel Leyris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Monteil, docteur Bernard Muldworf, psychiatre, Négrepont, Marc Pierret, Anne Querrien, Griselidis Real, François Régnault, Claude et Olivier Revault d'Allonnes, Christiane Rochefort, Gilles Sandier, Pierre Samuel, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Thérame, Marie rhonon, Catherine Valabrègue, docteur Gérard Vallès, psychiatre, Hélène Vedrines, Jean-Marie Vincent Jean-Michel Wilhelm, Danielle Sallel nave, Alain Cuny.

 

L'amour est-il un crime ?

Par GABRIEL MATZNEFF.

Publié le 08 novembre 1976

 

L'AN dernier, une plainte pour détournement de mineurs, actes contre nature et incitation de mineurs à la débauche - qui, selon le code pénal, sont des " crimes " justiciables de la cour d'assises - avait été déposée contre un écrivain que je connais un peu, pour des propos sur l'adolescence tenus à l'émission télévisée de Bernard Pivot, " Apostrophes ". Menacé de la sorte, l'écrivain s'attendait à être défendu par les spécialistes de la pétition en tous genres, les durs de durs de la conscience universelle, et à voir se constituer un comité de belles âmes qui se chargerait de collecter les signatures en sa faveur et de publier un communiqué indigné.

 

Curieusement, ce fut le silence. Les chers confrères, si prompts à s'émouvoir de la moindre atteinte à la liberté d'expression commise à Madrid ou à Moscou, se bouchaient les yeux pour ne pas voir ce qui se passait du côté du jardin du Luxembourg. Soudain, la cécité complète. La raison en était double. D'abord, cet écrivain n'appartenait à aucune chapelle, à aucune coterie, à aucune secte : un homme isolé, un homme libre, autant dire un homme sans importance. D'autre part, la liberté sexuelle des enfants et des adolescents est un thème qui n'inspire guère les partis politiques. La droite, à cette seule évocation, grince des dents. Quant à la gauche, son idéal secret demeure la planche à clous et la continence de Rachmétoff, le héros de Que faire ? de Tchernychevski, bible des marxistes russes : comme on dit en charabia d'aujourd'hui, l'amour est " démobilisateur ", il distrait les chères têtes blondes et brunes de la nécessaire lutte des classes. L'oncle Lénine veut des disciples chastes. Et, de fait, la gauche n'a pas entièrement tort : une passion amoureuse, quand on s'y donne à fond, cela prend du temps.

 

Cette gêne, teintée de réprobation, voire d'hostilité, explique que dans la France de 1976 des hommes, pour s'être livrés " à des actes immoraux et à des attentats à la pudeur sans violence sur des mineurs de moins de seize ans, garçons et filles ", puissent moisir en prison depuis plus de trois ans, sans avoir été jugés, et que ce scandale ne scandalise personne, ou quasi. Arrêtés en octobre 1973 (1), le docteur Gallien et ses amis auront subi une détention préventive de près de quatre ans lorsque, l'été prochain, ils comparaîtront devant la cour d'assises de Versailles. Je ne suis pas juriste, mais une si longue détention préventive, pour instruire une simple affaire de mœurs, où les enfants n'ont été victimes de la moindre violence, mais au contraire ont précisé au juge instructeur qu'ils étaient consentants et que cela leur avait été fort agréable, me paraît une injustice monstrueuse. Le 20 octobre dernier - trois ans jour pour jour après son arrestation, - l'un des trois accusés, M. Bernard Dejager, a enfin obtenu de la chambre criminelle sa mise en liberté provisoire. Je l'ai rencontré à sa sorte de la prison de Fresnes. C'est un homme cassé, écorché vif, révolté par le traitement subi, que pétrifie l'attente de la cour d'assises, qui peut-être le condamnera à une peine de cinq à dix ans de réclusion criminelle.

 

Cinq à dix ans de réclusion criminelle ! En vérité, c'est la justice du père Ubu, et il est urgent que le législateur modifie les articles du code pénal qui regardent la protection de l'enfance et de l'adolescence, - singulièrement le courtelinesque article 330 et l'article 331 qui établissent que " tout attentat à la pudeur consommé ou tenté sur la personne d'un enfant de l'un et l'autre sexe âgé de moins de quinze ans sera puni de la réclusion criminelle à temps de cinq à dix ans ". Articles d'autant plus odieux qu'ils opèrent une discrimination entre l'hétérosexualité et l'homosexualité : l'ordonnance du 25 novembre 1960 et la loi du 6 août 1942, signée de Pétain, Laval et Abel Bonnard, validée par une ordonnance du 8 février 1945, qui constituent respectivement les articles 330 § 2 et 331 § 3 de l'actuel code pénal.

 

Que les viols et les violences soient punis avec rigueur, les amoureux de l'extrême jeunesse sont les premiers à le souhaiter. Ce que nous combattons, c'est cette idée, qui semble être la pierre d'angle de l'actuelle législation, que l'éveil de l'instinct et des pratiques sexuels chez la très jeune fille ou chez le jeune garçon soit nécessairement nuisible et funeste à leur épanouissement. Cela n'est pas vrai. Ce qui est néfaste, ce sont les contacts sexuels mécaniques, sans tendresse, sans amour ; mais les lettres de l'adolescente que j'ai publiées dans les Moins de seize ans témoignent, me semble-t-il, qu'une relation d'amour entre un adulte et un enfant peut être pour celui-ci extrêmement féconde, et la source d'une plénitude de vie. Aimer un être, c'est aider à devenir celui qu'il est. Or cette quête d'identité, qui a pour but la possession et la connaissance de soi, est aussi une quête d'identité sexuelle. Une relation amoureuse, dès lors qu'elle est fondée sur la confiance et la tendresse, est le grand moteur de l'éveil spirituel et physique des adolescents. Les perturbateurs des moins de seize ans ne sont pas les baisers de l'être aimé, mais les menaces des parents, les questions des gendarmes et l'hermine des juges.

 

(1) Le Monde du 30 octobre 1973

 

GABRIEL MATZNEFF.

L'enfant, l'amour, l'adulte

Par PIERRE GEORGES.

Publié le 29 janvier 1977

 

Trois hommes, un médecin, un visiteur médical, un employé de la R.A.T.P., ont comparu, jeudi 27 janvier, à Versailles, devant la cour d'assises des Yvelines. Motif : attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de quinze ans. Cette affaire a été évoquée à deux reprises dans le Monde. Une première fois, sous la signature de M. Gabriel Matzneff, dans un point de vue, plaidoyer pour la pédophilie au titre choc " L'amour est-il un crime ? " (Le Monde du 7-8 novembre 1976). Une seconde fois sous forme d'un communiqué-pétition signé par une soixantaine de personnalités indignées du sort réservé aux trois inculpés maintenus en détention provisoire depuis trois ans " pour des caresses et des baisers " (le Monde du 27 janvier).

 

N'ayant ni la conviction de l'un, ni l'autorité des autres, nous avons assisté à la première audience de ce procès à Versailles, pour lequel le président, M. Ramin, malgré le caractère délicat des débats, a jugé nécessaire de ne pas prononcer le huis clos. Tant mieux : cela aura permis, à d'autres qu'aux seuls jurés de se faire une opinion sur la nature des faits reprochés aux trois inculpés et de savoir ce que recouvraient exactement les mots " caresses et baisers " ou cette notion d'amour.

 

Eh bien, disons-le, il est inadmissible que deux hommes, deux adultes, soient maintenus en détention provisoire pendant plus de trois ans, le troisième n'ayant été libéré sous caution que depuis quelques mois, avant d'être jugés. Quelle que soit la nature des faits qui leur sont reprochés. Là s'arrêtera l'indignation.

 

Ce procès n'est pas celui d'une société qui refuserait de prendre en compte la sexualité des adolescents, des préadolescents même, d'une société ultra-répressive, face à la sexualité des plus jeunes. Il est simplement celui de trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, les pulsions sexuelles de très jeunes garçons et filles.

 

Ce procès est celui de trois adultes qui ont appris l'amour à six jeunes âgés de douze à quinze ans : l'amour avec un grand A, " photos et films naturistes avec conclusions érotiques ", c'est-à-dire pornographiques, caresses, c'est-à-dire masturbation réciproque, baisers, c'est-à-dire fellations réciproques, partouzes, c'est-à-dire une fille de treize ans et deux garçons dont son frère du même âge, nus dans un même lit pour des exercices pratiques, allant jusqu'à la sodomie.

 

Ces jeunes ont aimé ce scénario imaginé par leurs aînés. Ces jeunes n'ont été ni contraints ni menacés. Ils n'ont eu avec deux des adultes que des rapports sexuels limités, fellations et caresses, et consentis. Les adultes aussi ont aimé, au point de se constituer une collection de photos et de films parce que dira l'un " ce qui m'intéressait, c'était de voir la sexualité des enfants ". Mais il est naturel de ne pas aimer cette forme d'amour et cet intérêt.

 

PIERRE GEORGES.

 

Affaire Duhamel : le boomerang de la pétition pro-pédophilie de Gabriel Matzneff ICI 

 

40 ans après, les signataires d’une pétition datant de 1977, parmi lesquels figurent Jack Lang et Bernard Kouchner, sont sommés de s’expliquer.

 

Pédophilie. LesObservateurs.ch ont dénoncé la pédophilie des  "progressistes" depuis de nombreuses années et à de multiples reprises. -  Les Observateurs

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 08:00

 

« Elle ne marche pas vite. Elle a des engelures. Aux pieds. Elle en a tous les hivers ou presque. Il n'y a plus qu'elle pour avoir ça, des engelures… »

 

À l’école Sainte Marie, y’avait des gars, plutôt ceux des métairies éloignées venant à pied, qui l’hiver souffraient d’engelures aux mains, au bout de leur nez, la peau devenait plus pâle que d’habitude prenait une apparence cireuse avec des plaques rouges plus ou moins boursouflées.

 

Je n’ai jamais eu d’engelures et je croyais que sous notre climat, où les hivers sont plutôt cléments, celles-ci ne sévissaient plus, sauf peut-être chez les mal-logés.

 

Et puis voilà t’y pas qu’avec la Covid 19 les engelures sont de retour.

 

La science a découvert pourquoi le coronavirus provoque des engelures

 

Des doigts rouges ou violacés à cause du froid sont souvent le signe d’engelures. Ces atteintes cutanées avaient été observées au début de l’épidémie comme un symptôme du Covid-19. Une étude révèle dans quelles mesures ce symptôme survient.

 

Signe d’une « immunité efficace »

 

Selon l’étude menée en avril par les chercheurs au CHU de Nice sur 40 patients, ces lésions seraient le signe d’une immunité innée « particulièrement efficace » de l’organisme face aux agents pathogènes.

 

Sur les 40 patients étudiés et qui souffraient de ces engelures, les tests PCR s’étaient tous révélés négatifs, et pour seulement un tiers d’entre eux, la sérologie était positive. Ce, alors qu’ils avaient tous été cas contact ou suspectés d’être infectés par le Covid-19 lors des trois semaines précédentes.

 

Pour confirmer ces premiers résultats, les chercheurs ont mesuré et comparé in vitro l’activité des cellules de l’immunité innée entre trois types de patients : ceux qui présentaient des engelures, ceux qui souffraient de formes non-graves du coronavirus et ceux de patients hospitalisés. Ainsi, il s’est avéré que « les cellules des premiers présentent des taux d’expression de l’IFNa bien plus élevés que celles des deux autres groupes. Les taux mesurés dans les cellules des patients hospitalisés, avec des formes sévères de Covid-19, sont même particulièrement bas », explique le Pr Thierry Passeron, qui a dirigé l’étude.

 

Alors que le monde fait face à la deuxième vague de la pandémie, le dermatologue relève de nouveau l’augmentation des cas d’engelures. « Il faut néanmoins rassurer les personnes qui en souffrent : même si elles sont douloureuses, ces atteintes ne sont pas graves et régressent sans séquelles […] Elles signent un épisode infectieux à SARS-CoV-2 qui est déjà terminé dans la majorité des cas. Les patients concernés ont éliminé le virus efficacement et rapidement après leur infection », souligne-t-il, cité par l’Inserm.

 

Ainsi, peut-on lire sur le site de l’Inserm, si les formes graves de Covid-19 semblent liées à un défaut de l’immunité adaptative, qui rend impossible une production suffisante de cellules et d’anticorps spécifiques du SARS-CoV-2, les engelures pourraient se situer à l’autre extrémité du spectre, et constituer l’illustration d’une surréaction de l’immunité innée.

 

L’Inserm précise encore que ces observations vont dans le sens de celles constatées lors de précédentes épidémies à coronavirus (SARS et MERS), au cours desquelles les personnes les moins symptomatiques produisaient peu d’anticorps, fruits de la seconde ligne de défense immunitaire après l’intervention de l’immunité innée. Des questions restent toutefois en suspens, comme la contagiosité des patients qui présentent ces engelures, ou leur capacité à être contaminés une seconde fois. Le décryptage des mécanismes de la réaction immunitaire au niveau de l’épithélium respiratoire pourrait aussi apporter de précieux enseignements.

 

 

SOS engelures ICI 

 

Pas forcément. Mais ça peut vite le devenir dans des situations extrêmes de froid prolongé. Que vous voyagiez dans des contrées glacées ou skiiez par temps très froid, misez plutôt sur la prévention pour préserver vos extrémités. Voici quelques conseils à suivre venus du grand nord.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 06:00

 

 

Les coopératives sont, selon l'expression de Charles Gide, grand universitaire, oncle de l'écrivain et théoricien des coopératives de consommation, « filles de la misère et de la nécessité » : pour ceux qui sont dépourvus de moyens financiers, le regroupement et la solidarité sont les seules armes disponibles. Charles Gide, en 1890, espérait que les principes coopératifs, en se généralisant, changeraient à la longue la nature même du système social, et qu'une « République coopérative » pourrait ainsi voir le jour, qui permettrait le dépassement des antagonismes de classe et la naissance d'un autre système social, ni capitaliste ni socialiste.

 

Dans ma vie professionnelle j’ai assisté au massacre des beaux principes de la mutualité et de la coopération avec le sommet que fut la privatisation du Crédit Agricole Mutuel, accompagnant l’érection des grosses coops de collecte de céréales, d’approvisionnement, laitières… etc. gérés comme des groupes capitalistes. Quant à la coopération viti-vinicole, elle n’a rien accouché de solide qui puisse contribuer à dynamiser le secteur.

 

Mais là, à propos de Biocoop, il s’agit d’une coopérative de consommation, franchisant des magasins de proximité.

 

Je suis depuis toujours client de Biocoop, pas par militantisme mais parce que j’y trouve des produits qui me conviennent. J’ai assisté ces deux dernières années à la dérive du modèle.

 

Biocoop : quand le modèle coopératif lorgne sur la grande distribution ICI 

 

par Anne-Laure ChouinCellule investigation de Radio France

 

Que se passe-t-il dans le réseau Biocoop ? Les récents conflits sociaux qui ont éclaté sont les révélateurs d’une crise de croissance. En se développant rapidement sur un marché concurrentiel, la coopérative s’est peu à peu éloignée de ses principes fondateurs.

 

Si l’on en croit la publicité que Biocoop diffuse actuellement à la télévision, la façon de commercer de Biocoop est bien différente de celle des autres magasins alimentaires : plus démocratique, plus sociale, et bien sûr : coopérative. Mais dernièrement cette belle image s’est fissurée. 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 06:00

"Louis XVI éclairant le serrurier Gamain en train de confectionner l'armoire de fer", illustration extraite de l'"Histoire des Girondins" (1866), de Lamartine. Photo © Leemage

Je passe sur l’affaire du Masque de fer pour évoquer au passage l’Affaire de l’armoire de fer de Louis XVI.

 

À l’annonce de la fuite du roi Louis XVI, François Gamain, qui fût son serrurier, dénonce au Ministre de l’Intérieur, Roland de La Platière, l’existence d’une armoire cachée au château des Tuileries : « L’armoire de fer ».

 

L’armoire est un trou, ouvert dans un mur près de la chambre à coucher du couple royal, dissimulé derrière un panneau de lambris et fermé par une porte de fer. Elle était destinée à dissimuler la correspondance secrète de Louis XVI (entre autre, les correspondances avec Mirabeau et La Fayette) et avait été installée par Gamain.

 

Montée en épingle par la presse (Notamment par « l’Ami du peuple » de Marat), l’affaire fera grand bruit et aura un effet désastreux sur l’opinion publique. Si le roi cache quelque chose, c’est qu’il est coupable…

 

« Je viens rapporter à la Convention Nationale plusieurs cartons remplis de papiers qui, par la nature et par le lieu où ils ont été trouvés, m’ont paru de la plus grande importance »

 

Louis XVI y perdra le peu de crédit qu’il avait. La Convention décidera, le 3 décembre, la mise en jugement du roi. Les documents de l’armoire de fer seront produits à charge.

 

Chaque lettre dénonce les ennemis de la nation et parmi eux; Mirabeau.

 

Le 12 septembre 1794, Mirabeau sera exclu du Panthéon et enterré au cimetière de Clamart.

 

Le squelette de Mirabeau sortant de l’armoire de fer

 

La découverte de papiers compromettants pour Louis XVI fut-elle une machination destinée à perdre le roi ?

 

L'énigme de la semaine. ICI

 

La découverte, dans la fameuse « armoire de fer »

 

Tout commence le 20 novembre 1792, à 2h30 de l’après-midi, lorsque le ministre de l’Intérieur, Jean-Marie Roland, annonce solennellement, à la tribune de la Convention, que plusieurs cartons de documents compromettants pour le « ci-devant roi » viennent d’être trouvés dans une cachette dissimulée derrière un lambris, au château des Tuileries. Une découverte rendue possible par les révélations du serrurier François Gamain. Ancien employé à Versailles, ce dernier est, en effet, venu raconter avoir posé aux Tuileries une porte de fer devant une anfractuosité creusée par Louis XVI en personne dans un mur de l’exigu couloir reliant la chambre royale à celle du dauphin. Et avoir vu le souverain placer dans cette petite cavité des liasses de papiers.

 

Déchu le 10 août, emprisonné avec sa famille au Temple le 13 août, Louis XVI attendait, depuis lors, d’être fixé sur son sort.

 

Serait-il jugé ?

 

Selon la Constitution de 1791, qui avait posé le principe de son inviolabilité, il ne pouvait l’être. Mais faisant valoir (au mépris du principe de non-rétroactivité) que la proclamation, le 22 septembre, de la République, rendait cette Constitution caduque, l’avocat Jean-Baptiste Mailhe avança l’idée que l’ancien roi était, au contraire, justiciable « devant la nation tout entière ». La révélation de l’existence de l’“armoire de fer” arrivait à point.

 

Que contenait donc cette fameuse “armoire” ?

 

Au total, 726 pièces, censées accréditer la collusion de «Louis Capet» avec les puissances ennemies de la Révolution.

 

Dans une étude très fouillée, publiée en 1982, Paul et Pierrette Girault de Coursac ont conclu à une forgerie* destinée à perdre le roi.

 

La forgerie est un acte de tromperie qui consiste à fabriquer un faux en écriture, soit de toutes pièces, soit en réutilisant des parties authentiques existantes, auxquelles des parties forgées sont ajoutées habilement de façon à laisser croire que l'ensemble serait authentique.

 

Sans valider totalement cette thèse, la plupart des historiens admettent, aujourd’hui, que de nombreuses zones d’ombre subsistent. Notamment concernant le rôle de Roland Girondin, haï par la Montagne, celui-ci, grâce à l’“armoire de fer”, entendait « [redonner] à son parti le premier rang des accusateurs » ( Jean-François Chiappe).

 

Se livra-t-il, pour cela, à des manipulations de documents ?

 

 

La rumeur en avait couru à l’époque.ne machination contre lui ?

Ne pas confondre l'armoire de fer des Tuileries avec celle-ci

 

L'armoire de fer : ce coffre-fort indestructible au cœur de Paris

ICI

 

L'armoire de fer a été créée pour certains documents particulièrement précieux de l'histoire de France. Elle est visible en de rares occasions aux Archives nationales à Paris.

 

Indestructible et inviolable. L’armoire de fer, réalisée en 1790, est un coffre-fort ultra-sécurisé qui se trouve actuellement à l’Hôtel de Soubise, propriété des Archives nationales, rue des Archives à Paris.

Mais à quoi sert-elle ? 

Des documents d’une valeur inestimable
 

L’armoire de fer des Archives nationales a été réalisée sur ordre de l’Assemblée constituante du 30 novembre 1790 afin d’abriter à l’origine les formes, planches et timbres employés dans la fabrication des assignats, puis l’acte constitutionnel et les minutes des lois et décrets révolutionnaires. 

 

Elle est constituée de deux énormes caissons métalliques emboîtés. Trois clefs, qui étaient réparties entre le président de l’Assemblée, son secrétaire et son archiviste,  la commandent.

La suite ICI 

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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 06:00

RAY

L’audition de Jamie Foxx par Ray Charles (2004) ICI

Le couvre-feu qui a fermé les salles de ciné me précipite certains soirs devant mon écran plat pour voir ou revoir des films. Je branche, je cherche, je trouve parfois.

 

Ainsi RAY

 

2004 Etats-Unis Réalisé par Taylor Hackford 2h32 avec Jamie Foxx, Kerry Washington, Regina King.

 

Les râleurs hypocrites de Télérama aiment un peu, comment mon Dieu peut-on aimer un peu ?

 

Ce n’est pas un grand film mais je partage le point-de-vue des Inrocks

 

La réussite exceptionnelle, tant artistique que financière, d'un petit moricaud aveugle sorti de la campagne constitue une trame à la fois cousue d'or et fort prévisible. Hackford a donc voulu la pimenter de quelques contre-vérités historiques dont nous nous abstiendrons de juger l'opportunité.

 

La culpabilité qui, à l'écran, hante l'artiste sa vie durant après la mort de son petit frère George est proprement inventée (dans Brother Ray, son autobiographie, le chanteur est formel là-dessus : il n'a jamais rien ressenti de tel). Mais elle fournit, il est vrai, une fêlure à travers laquelle il devient aisé d'explorer la détresse cachée derrière ces lunettes noires et cet éternel sourire de bon gars de la campagne.

 

De même, les scènes de désintoxication relèvent de la pure fantaisie. Ray a toujours affirmé qu'il lui avait été plus difficile d'arrêter de fumer que de décrocher de l'héroïne.

 

Sans cette dramatisation, Hackford a dû sans doute penser qu'allait lui échapper le vertige secret de cet homme qui a fait chavirer son époque. Que Ray Charles n'ait été qu'un Noir invraisemblablement doué pour la musique, malin en affaires, qui baisait comme un bouc et se shootait comme une machine à coudre, tout en s'efforçant de mener une vie de famille normale, ne pouvait-il suffire ? Et la culpabilité n'est-elle pas au final celle qu'interroge Hackford en lui-même ?

 

Bon, à dire vrai, on s'en tape.

 

Le spectacle ne manque pas d'attrait. Le plus indiscutable étant Jamie Foxx qui est plus Ray que nature. Sa performance est tout bonnement digne de celle de Robert De Niro jouant Jack La Motta ou de Tom Hulce inventant son Mozart dans Amadeus. Hmm... Ça sent l'oscar.

 

Bonne pioche Jamie Foxx d'obtenir l'Oscar du meilleur acteur en 2005 pour son interprétation du rôle-titre ainsi que le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie.

25 janvier 2015

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi… j’aurais pu être noir » Ray Charles ICI 

 

« Il est également invité à jouer dans une salle de Géorgie en 1959, mais refuse d'y entrer à cause de la loi de ségrégation de l'époque : il est donc interdit de jeu en Géorgie. Après la fin de la ségrégation, le gouvernement de Géorgie lui présente des excuses publiques et choisit la chanson « Georgia », fameusement interprété par Ray Charles, comme hymne national. »

 

 

Ray Charles

 

Chanteur, pianiste, organiste, compositeur et chef d'orchestre (1930, Albany - 2004, Beverly Hills)

 

Surnommé « the Genius » par Frank Sinatra, Ray Charles (vrai nom Ray Charles Robinson) figure parmi les plus grands musiciens du jazz et surtout du Rythm’n blues. Il est aussi l’un des fondateurs de la musique « soul ». Récompensé par douze Grammy Awards, il fut à l’époque de la ségrégation raciale, le chanteur préféré d’un public noir et blanc. ICI 

Olympia, 1970

 
DIX ANS DÉJA
Ray Charles, la clé de soul du jazz
Paris Match |
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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 08:00

 

C’est aussi, depuis fort longtemps, mon opinion.

 

OPINION. Invité de l'émission «Répliques» sur France Culture, le correspondant américain du «Washington Post» s'est vu reprocher de ne pas comprendre la France, et surtout de la critiquer sur la laïcité.

Les Français ne feraient-ils pas mieux de se regarder plus souvent dans ce miroir déformant qu'est la presse étrangère?

Richard Werly

Publié mercredi 13 janvier 2021

Modifié jeudi 14 janvier 2021

 

Je ne connais pas James McAuley, le correspondant en France du Washington Post, tout juste nommé éditorialiste en charge de l'Europe. J’ai d’ailleurs choisi de ne pas le contacter avant cette chronique, qui porte moins sur son travail et sa vision de la France que sur le traitement dont il a récemment bénéficié dans l’émission Répliques de France Culture.

 

McAuley, parfaitement francophone, sera en outre l’un des invités, en juillet prochain, du Festival international de journalisme de Couthures organisé par Le Monde du 9 au 11 juillet, dont Le Temps est partenaire. Nous débattrons avec lui de l’image de l’Hexagone et des Etats-Unis. Tant mieux. L’occasion sera belle, pour le public, de nous contredire ou de nous critiquer ensemble, aux côtés de confrères et consœurs espagnols, britanniques, allemands ou africains…

 

Exécution programmée

 

Le sujet n’est donc pas de porter assistance à un confrère blessé sur le champ de bataille de l’opinion et de l’information. Le Washington Post, quotidien prestigieux possédé par Jeff Bezos, le patron du géant Amazon, n’a pas besoin d’un soutien helvétique. C’est la méthode qui nous intrigue ici. Invité de l’une des émissions phares du paysage intellectuel français, James McAuley est tombé dans une embuscade. Il ne s’agissait pas, pour son animateur Alain Finkielkraut (qui vient de provoquer une nouvelle polémique sur LCI, à propos des accusations d’inceste portées contre le constitutionnaliste Olivier Duhamel) et son invité et vieux complice, le romancier essayiste Pascal Bruckner, d’écouter ce que ce correspondant étranger avait à dire sur la France, sa laïcité et son rapport aux religions. Le but était de le sommer de s’expliquer, après la parution de plusieurs articles critiques de l’Hexagone dans… le New York Times. Accusé, levez-vous: le tribunal vous écoute. Sans surprise, l’exécution est apparue, au fil de l’émission, programmée…

 

La suite ICI 

 

« …ut sunt Gallorum subita et repentina consilia » (« …étant donné que les Gaulois ont des résolutions soudaines et inattendues »

Jules César Guerre des Gaules, III, 8

 

Napoléon Bonaparte qui déclarait au Conseil d’État à propos de la Légion d’Honneur en 1803 : « C’est avec des hochets que l’on mène les hommes […]. Je ne crois pas que le peuple français aime la liberté et l’égalité ; les Français ne sont pas changés par dix ans de révolution ; ils sont ce qu’étaient les Gaulois, fiers et légers. Ils n’ont qu’un sentiment : l’honneur ; il faut donc donner de l’aliment à ce sentiment-là, il leur faut des distinctions. »

Cité par Jean Tulard dans Napoléon et la noblesse d’Empire, Tallandier, 1979)

 

Chateaubriand lui-même considérait que « Le Français a été dans tous les temps, même lorsqu’il était barbare, vain, léger et sociable. Il réfléchit peu sur l’ensemble des objets, mais il observe curieusement les détails... »

Chateaubriand, Génie du christianisme, 1828, Troisième partie, livre III, chapitre IV,

 

Ernest Lavisse, écrit de son côté : «  Les Gaulois habitaient des maisons faites avec de la terre et couvertes en paille. Ces maisons n’avaient qu’une porte et pas de fenêtres. La fumée sortait du toit par un trou parce qu’il n’y avait pas de cheminée. Vous n’aimeriez pas habiter de pareilles cabanes. La fumée vous piquerait les yeux et vous ferait pleurer. […] Les Romains savaient faire beaucoup de choses que les Gaulois ne savaient pas faire. Mais les Gaulois étaient très intelligents. Ils apprirent à faire tout ce que faisaient les Romains. » »

Ernest Lavisse, Histoire de France, 1913

 

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 08:00

 

André Le Troquer et sa maîtresses ont participé à d'étranges parties fines © AFP

La fabrique de l’élite française est dans la tourmente depuis que les accusations d’inceste contre le constitutionnaliste Olivier Duhamel ont été rendues publiques.

 

Que penser du fonctionnement d’une école qui a couvert les agissements du patron de la Fondation nationale des sciences politiques?

 

Richard Werly

Publié mardi 12 janvier 2021

 

Quatre lettres. Depuis sa création en 1945, la FNSP ou Fondation nationale des sciences politiques accompagne l’exercice du pouvoir en France. C’est en son sein que se recrutent les politologues qui décryptent chaque scrutin. Et c’est à Sciences Po, à l’Institut d’études politiques (IEP) qui en dépend, situé au 27 rue Saint-Guillaume (dans le quartier des ministères), que sont formés une bonne partie des futurs hauts fonctionnaires, diplomates et… journalistes de l’Hexagone.

Plus révélateur encore de l’emprise de cette institution sur une partie de l’élite tricolore? Le «moule» Sciences Po – antichambre de l’Ecole nationale d’administration – est dénoncé pour son mélange d’uniformité de pensée, d’aisance intellectuelle et d’arrogance parisienne: «Vous avez ici le condensé de ce qui ne va plus en France, s’énervait devant nous, en novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la gauche radicale. Ce qu’on ne nous pardonne pas, à nous les élus de terrain, en prise avec les «gens», c’est de nous insurger contre les critères économiques enseignés à Sciences Po.»

Directeur averti

Un autre des critères de l’école, l’éthique, est en train d’exploser depuis la parution, le 7 janvier, du livre La Familia grande de l’avocate Camille Kouchner, fille de l’ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner. En accusant son beau-père Olivier Duhamel – deuxième époux de sa mère Evelyne Pisier – de s’être rendu coupable d’inceste sur un de ses frères adolescent, l’intéressée a lancé une grenade dégoupillée sur la «péniche», le banc de bois qui trône au milieu du hall d’entrée de Sciences Po. Motif: la «loi du silence» dont a bénéficié ce constitutionnaliste réputé, professeur de droit très apprécié par ses élèves, ancien député européen, président du club Le Siècle (dont les dîners réunissent le Tout-Paris) et… président de la FNSP depuis 2016.

 

Publiées depuis la sortie du livre, une série de révélations et de confidences démontrent que l’actuel directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, avait été averti du comportement passé d’Olivier Duhamel et qu’il n’en a tiré aucune conséquence.

 

Appels à la démission la suite ICI 

 

Olivier Duhamel au sortir de l'Elysée le 29 octobre 2007. Alors membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, appelé plus communément comité Balladur, créé par Nicolas Sarkozy.

Mandarin des lettres et de la politique

 

Voici, rapidement résumée, l’affaire qui, depuis ce lundi 4 janvier, secoue l’élite intellectuelle française. Et en partie sa frange de gauche, ces compagnons de route du Parti socialiste, enfants de Mai 68, qui flamboyèrent sous les deux septennats de François Mitterrand puis, pour certains, misèrent plus tard sur l’ascension d’un certain… Dominique Strauss-Kahn. Au premier rang: Olivier Duhamel. L’archétype du «mandarin» des lettres, du pouvoir et des médias. Charismatique en diable. Ténor de Sciences Po, l’une des fabriques de l’élite parisienne. Directeur, aux Editions du Seuil, de la revue Pouvoirs dont le titre dit tout. Mais aussi chroniqueur sur la chaîne d’information LCI et Europe 1. L’homme qui, en 1988, interviewa François Mitterrand sur sa pratique de la fonction suprême. L’homme qui, tout en dissertant sur les liens entre la presse et Nicolas Sarkozy, n’hésita pas à s’en prendre violemment, en 2011, aux journalistes qui relataient les accusations de viol portées, à New York, contre Dominique Strauss-Kahn…

En 1959 déjà, les «ballets roses»

 

Une chose est certaine à la lumière des commentaires parus dans la presse et de la confirmation par le procureur de la République de Paris d'une enquête ouverte sur les faits en 2011, puis classée sans suite: tout le monde savait. A commencer par l’ancien ministre Bernard Kouchner, qui voulut jadis «casser la figure» au second mari de sa première femme et a confirmé la véracité des faits via son avocat. A commencer aussi par Marie-France Pisier, interprète fétiche des films de François Truffaut, dont le décès dans sa piscine est aujourd'hui largement considéré comme un suicide. Et tous les autres? Les journalistes familiers de la table familiale ? Les politiques, d’autant plus informés lorsqu’ils sont au pouvoir ? Une information donnée par Le Monde ajoute au trouble, même si elle n'a pas de rapport direct avec le livre et les faits relatés: Camille Kouchner n'est autre que l'actuelle compagne de Louis Dreyfus, le PDG du quotidien du soir, partenaire et actionnaire du Temps.

 

Bref, la France intellectuelle a, ces jours-ci, de quoi être assommée. Olivier Duhamel était une vigie et un repère pour ses étudiants. Séisme assuré

Colette et Jacques DUHAMEL, Olivier

Le politologue Olivier Duhamel titre son premier roman des prénoms de ses parents. Colette et Jacques, à paraître le 10 janvier chez Plon, retrace en fiction l’engagement du couple dans la vie culturelle et politique du XXe siècle. Car si Jacques Duhamel, résistant dès ses 17 ans, est devenu un personnage public marquant de la IVe et Ve République, Colette ne saurait être placée dans l’ombre. Directrice de La Table ronde avant de rejoindre la maison Gallimard, elle est présentée comme "une femme libre, directe, à rebours des conventions de son époque et de son milieu", souligne Jean-Claude Perrier dans son avant-critique pour Livres Hebdo. "Histoire, politique, édition, littérature se mêlent ici, incarnées par tous les beautiful people du siècle dernier, dont certains assez oubliés. Les Duhamel, par exemple, qui méritaient bien ce roman-témoignage", conclut-il.

 

ICI 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 08:00

 

22 janvier 2020

 

Les « janvier sec » des prohibitionnistes masqués et les « buvez du vin sur ordonnance » de Vin&Société me gonflent à parts égales ICI 

 

Nous ne vivons pas dans un pays de prohibition, le vin est en vente libre et, en dehors de quelques restrictions justifiées, de la loi dites Evin, il est possible d’acheter la boutanche chère à son cœur aussi facilement que sa botte de poireau.

 

 

 

Alors en faire des tonnes, comme Saverot, Bettane et Pousson sur le nouveau joujou des prohibitionnistes masqués « Dry January » relève d’un réflexe pavlovien qui plaît beaucoup aux prohibitionnistes masqués pour taper sur le lobby du vin.

 

 

Je ne m’étendrai donc pas pour ces joutes dénuées d’intérêt.

 

 

En revanche, même si les buveurs de la perfide Albion sont désarrimés de notre UE, ils vont continuer de picoler nos jajas gaulois et l’opinion d’un journaliste du quotidien britannique The Guardian Toby Moses qui explique pourquoi il renonce à faire Dry January présente un réel intérêt. ICI

 

 

Tous les ans, je fais le vœu de ne plus manger de gâteaux. Ces bonnes résolutions durent généralement un mois, avec un peu de chance, parce qu’en février c’est mon anniversaire et qu’il est très malpoli de refuser une part de gâteau. Ou même deux, ou trois. Mais cette année j’ai pris une autre résolution.

 

En janvier, avec un bébé de trois mois très gourmand en attention, les bouteilles d’alcool gentiment offertes en cadeau prennent la poussière et les virées au pub appartiennent au passé. Comme bonne résolution, j’ai donc décidé de boire plus souvent. Certes l’idée peut paraître dangereuse, mais je pense que c’est le moment idéal pour apprendre à boire avec modération. Avant, j’avais cette attitude toute britannique vis-à-vis de l’alcool, c’est-à-dire que j’avais tendance à me prendre des cuites monumentales et à le regretter amèrement le lendemain matin.

 

Avec un bébé, ce n’était plus du tout faisable (sans parler des dégâts infligés à mon foie vieillissant). Et puis ce serait vraiment du gâchis de boire sans apprécier cette belle bouteille de gin maison que Tante Isa nous a offerte pour la naissance du bébé. J’ai donc décidé que quelques verres de vin ou quelques bières pourraient égayer un peu ces soirées d’hiver passées en intérieur avec mon fils, certes adorable, mais qui ne parle pas beaucoup.

 

Prendre l’engagement de boire davantage nécessite quelques garde-fous. Boire tous les soirs est sans doute une mauvaise idée, tout comme commencer l’apéro à 17 heures. Je ne le conseillerais pas non plus à quelqu’un qui a des problèmes d’alcool. Mais pour quelqu’un comme moi qui a tendance à boire sans modération, un verre de vin avant le dîner me permet d’avoir une attitude plus raisonnable à l’égard du démon de la boisson.

 

J’ai également décidé d’être plus exigeant sur la qualité de ce que j’ingurgite. Comme je ne sors pas, et que le bébé ne coûte pas grand-chose pour l’instant, j’ai décidé d’arrêter de me contenter des bouteilles en promo du supermarché. Je me suis donc aventuré chez un caviste du quartier, et j’ai dépensé plus de 10 livres pour une bouteille. Une folie, je sais, mais si je dois boire moins et plus régulièrement, je peux bien dépenser l’équivalent de trois pintes au pub.

 

 

Pour tout vous dire, je n’ai pas eu de mal à tenir cette bonne résolution – même s’il faut remplir plus souvent le frigo de bières. Ma résolution a coïncidé avec le début du confinement; c’était plutôt agréable de se détendre à la maison autour dun verre et c’était (presque) normal. Dans tous les cas, avoir un enfant est un excellent échauffement en cas de pandémie (sortir? quelle drôle didée). Et les apéros en visio avec les copains ont permis de donner une tournure sociale à notre consommation dalcool domestique.

 

La transition s’est faite en douceur et comme notre pub préféré, qui pourtant accepte les enfants, est fermé depuis cet été, les soirées cocktails dans le salon risquent de continuer encore longtemps.

Toby Moses

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