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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 06:00

 

Oui je suis docteur c’est certifié par l’Université…

 

J’ai été vacciné sans avoir jamais rien demandé.

 

Vu mon grand âge j’estime avoir le droit de me poser des questions sur la nouvelle vaccination anti-Covid-19.

 

Je n’ai aucune religion en la matière, les croyances ce n’est pas ma tasse de thé.

 

Bref, je m’informe et je vous informe, à chacun de choisir puisqu’on nous laisse le choix.

 

 

Vaccin Pfizer-BioNTech : que nous apprennent les nouvelles données publiées ?

 

Dans un long rapport, Pfizer a dévoilé tous les détails concernant les essais cliniques de son vaccin anti-Covid-19, sa tolérance et son efficacité. Voici, condensées, les données importantes à retenir concernant ce vaccin.

 

Elles étaient attendues depuis la parution des communiqués de presse, les données scientifiques détaillées sur le vaccin Pfizer-BioNTech, BNT162b2, viennent d'être diffusées dans un document de 92 pages. Il synthétise toutes les informations concernant les essais cliniques du vaccin contre la Covid-19, de la phase 1 à la phase 3, ainsi que des éléments précis sur l'efficacité en fonction du profil des patients.

 

Pour rappel, dans un communiqué de presse diffusé le 18 novembre, la firme pharmaceutique américaine et son partenaire allemand ont assuré que leur vaccin est efficace à 95 % sans plus de précision. Alors qu'une personne de 90 ans a reçu la première dose de ce vaccin au Royaume-Uni la veille de la parution de ce document, voyons en détail la tolérance et l'efficacité de BNT162.

 

Le saviez-vous ?

 

Le vaccin BNT162 est un vaccin à ARN messager. La seringue contient une multitude de copies de l’ARNm de la protéine S du SARS-CoV-2 encapsulées dans des microgouttelettes lipidiques. Lorsqu’elles pénètrent les cellules, l’ARNm est traduit en protéine S dans le cytoplasme. Les cellules expriment cet antigène à leur surface, ce qui stimule le système immunitaire.

 

À aucun moment, l’ARNm n’interagit avec le noyau de la cellule et l’ADN. Il est d’ailleurs rapidement dégradé par des enzymes cellulaires sans laisser de trace.

 

 

Le vaccin Pfizer-BioNTech a un profil de tolérance classique

La suite ICI 

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 06:00

The Morgue at Paris. The Last Scene of a Tragedy.

Le verbe « morguer » signifie « regarder avec hauteur ». Première dérivation de sens, la morgue désignait l’endroit d’une prison où les guichetiers dévisageaient les prisonniers avant de les écrouer.

 

Fruit de mes lectures (Pages 109 à 111) :

 

Metropolis - Philip Kerr - Babelio

 

« Le centre d’exposition des morts du Hanno, appelé également « morgue de la police », portait bien son nom. C’était un spectacle populaire, le dernier d’Europe peut-être, où l’on pouvait voir les cadavres de ses compatriotes assassinés, dans toute leur dégradation anonyme, si épouvantable fût-elle. Les gens formaient une file d’attente de Hanoversche Strasse jusqu’à Oranienburger Tor pour voir « l’exposition ». Répartis dans des vitrines autour du hall central, les corps ressemblaient aux occupants du célèbre aquarium du zoo. Assurément, nombre d’entre eux paraissaient aussi léthargique qu’une murène antique ou un homard bleu hargneux. L’entrée était interdite aux enfants de moins de seize ans, mais cela ne les empêchait pas d’essayer de tromper la vigilance des gardiens, qui n’étaient pas employés par la police ni par l’hôpital de la Charité, situé en face, mais par l’hôpital vétérinaire municipal voisin. »

 

[…]

 

« … l’exposition du Hanno avait beaucoup de succès auprès des artistes berlinois. Je supposais, à tort, qu’ils suivaient en cela la tradition de Léonard de Vinci et, peut-être, de Goya en quête de modèles qui tenaient la pose sans bouger.

 

Mais ce mardi après-midi –là, je n’en vis qu’un seul au Hanno. Et m’étonnai de constater qu’il ne dessinait pas d’études anatomiques, mais uniquement des blessures – des gorges tranchées ou des torses éviscérés – et qu’il semblait s’intéresser uniquement aux femmes, nues de préférence. La quarantaine, trapu, brun, il était habillé, pour une raison obscure, en cow-boy. Une pipe à la bouche, il ne prêtait aucune attention aux personnes qui l’entouraient. »

 

« En dépit de son accoutrement excentrique – il portait même des éperons –, ce type était bel et bien un Berlinois. Clamer ses droits face à un officiel prussien était une réaction aussi typique que son accent.

 

« Dans ce cas, vous êtes mieux renseigné que moi, Herr…

- Grosz, George Ehrenfried Grosz.

 

[…]

 

« Ils étaient sur le point de m’exécuter comme déserteur quand la guerre s’est arrêtée. Mais ce que j’avais eu le temps de voir a influé sur mon travail. Définitivement, sans doute. Voilà pourquoi mes thèmes de prédilection sont le désespoir, les désillusions, la haine, la peur, la corruption, l’hypocrisie et la mort. Je dessine des ivrognes qui vomissent leurs tripes, des prostituées, des militaires avec du sang sur les mains, des femmes qui pissent dans votre bière, des suicidés, des hommes affreusement mutilés et des femmes assassinées par des hommes qui jouent au skat. Mais mon sujet de principal, c’est la métropole de l’enfer. Berlin. Avec ses excès incontrôlables et sa décadence, cette ville semble incarner l’essence même de la véritable humanité. »

 

George Grosz - 258 œuvres d'art - peintureGeorge Grosz Self-Portrait | National Portrait Gallery

Biographie George Grosz ICI 

 

Tandis que l’Allemagne post-Première Guerre mondiale vit les dernières heures de la République de Weimar et que Berlin est alors une cité interlope pleine de bars sombres et de trafics louches, l’extrême pauvreté qui y règne alors, la mafia berlinoise, « l’Unterwelt » (en allemand, «le monde souterrain »).

 

Les nuits berlinoises avant la seconde guerre mondiale ICI 

 

La Morgue, cette institution parisienne, n’est pas une invention du XIXe siècle. Dès le XIVe, les prisons du Châtelet comportaient un dépôt de cadavres dans la basse geôle. À cette époque les morts sont entassés, et on peut les voir au travers de guichets aux fins d’identification.

 

Les personnes qui reconnaitraient quelqu'un sont priées d'en informer les gardes.

 

Le XIXe siècle institutionnalise la Morgue, établie en deux sites au cœur de la capitale, à la pointe de l’île de la Cité, ouverte quotidiennement au public. Elle est organisée en deux salles séparées par une cloison vitrée, une salle d’exposition où les cadavres quasi nus, rafraîchis par un filet d’eau, sont exposés et une salle pour le public, très souvent affluent, qui défile. Plus tard s’adjoignent des espaces spécialisés, salle d’autopsie, salle de greffes, qui répondent à la vocation première du lieu, en même temps que sont progressivement tentés différents procédés de conservation, jusqu’à l’installation du frigorifique en 1897.

 

Ce ne sont pas seulement les bandes d’adolescents qui courent à la Morgue, ni quelques marginaux en mal de sensations. Bruno Bertherat nous indique dans ses recherches sur la Morgue que les journaux de l’époque parlaient de « foule », de « cohue ».

 

Au total, l’exposition publique n’a jamais cessé d’être au XIXe siècle un spectacle populaire. Un journaliste va jusqu’à affirmer, à la fin du siècle, que « la Morgue fait partie des curiosités cataloguées “choses à voir”, au même titre que la tour Eiffel, Yvette Guilbert (la célèbre chanteuse de cabaret rendue célèbre par Toulouse-Lautrec) et les catacombes ». On peut même dire que la Morgue a été l’un des monuments parisiens les plus visités du siècle

 

Deux enfants ont passé près de moi au coin du pont. Deux enfants du peuple, deux pauvres gamins, l’un ayant dix ans peut-être, l’autre sept, gais, frais, souriants, en guenilles, mais pleins de vie et de santé, courant, riant, ayant le loisir devant eux et la joie en eux. Le petit s’est penché vers le grand et lui a dit : « Passons-nous à la Morgue ? »

Hugo, V. (1987). Choses vues. Paris : Robert Laffont, p. 833.…

 

Face à cette curiosité fascinée dont se fait l’écho littéraire les auteurs célèbres et reconnus comme Zola, Hugo ou les frères Goncourt.

 

Les autorités publiques commencent à s’émouvoir. Selon les détracteurs de la Morgue, devenue spectacle tant populaire que bourgeois, la moralité publique est en danger, menacée, exposée aux pires vices, aux effets pervers. Des voix s’élèvent pour condamner la spectacularisation de l’exposition. On commence donc par couvrir d’une pièce de cuir le sexe des cadavres ( !). Autant dire que ce qui se cachait là était l’un des objets manifestes de la fascination. La censure montrait le censuré, comme le refoulant montre le refoulé. On cherche ensuite à interdire l’accès de la Morgue aux femmes et aux enfants.

 

En 1887, le magistrat Adolphe Guillot lance une campagne virulente pour la fermeture de l’établissement, qu’il obtiendra, soutenu par les criminologues et des psychologues de l’époque comme Gustave Le Bon, dont La Psychologie des foules qui connaît un grand succès sera commentée par Freud.

 

Aussi, par mesure d’« hygiénisme moral », la Morgue ferma ses portes sur un décret du préfet Lépine le 15 mars 1907. Cette fermeture fit l’objet d’un discours lyrique et démagogique du magistrat Guillot : ICI 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 06:00

 

Quel bonheur de ne plus me croire obligé de remonter les bretelles de Bettane, sauf en cas d’urgence absolue, ni d’ironiser la vieille dame permanentée la RVF qui court derrière les buveurs de vins nus, ou de me moquer des ouvriers de la 25e heure des vins qui puent, d’ignorer les convertis de fraîche date, les détenteurs du fonds de commerce nature, les pédants, ça me saoule alors je passe mon chemin, je me la joue cow-boy solitaire tel Lucky Luke.

 

 

Suis éclectique dans mes lectures et tout se croise et s’entrecroise : le saloon de l’Ouest sauvage de Mark Forsyth et le shérif noir de Jul (successeur de Morris pour les Lucky Luke).

 

 

BASS EST L’UN DES RARES MARSHALS AFRO-AMÉRICAINS

 

Fagan, sous la direction du juge fédéral Isaac C. Parker, a fait venir 200 marshals pour calmer le chaos grandissant dans l’Ouest américain. Ces derniers sont chargés de traquer les innombrables voleurs meurtriers et fugitifs qui gangrènent ce territoire sauvage d’une superficie de 120 000 kilomètres carrés.  

 

Parmi les tireurs et pisteurs locaux recherchés pour ce poste, Bass est l’un des rares afro-américains à avoir été recruté. Grâce à ses talents de tireur et sa connaissance du terrain et de la langue indienne, il va se révéler être l’homme adéquat pour relever ce défi. Selon le biographe Art T. Burton, Reeves aurait arrêté plus de 3 000 criminels et tué 14 hors-la-loi au cours de sa prolifique carrière de Marshal.

 

Durant ses 32 années de service, le marshal se retrouve souvent dans des situations qui dépassent la fiction. Bass redouble d’ingéniosité pour appréhender ses cibles, et est parfois amené à se déguiser et à jouer un personnage pour y parvenir.

 

En une occasion, il se fait passer pour un vagabond en cavale et marche près de 50 kilomètres avant d’atteindre la demeure de ses cibles. Lorsqu’il frappe à leur porte, les criminels, ne se doutant de rien, lui proposent de passer la nuit chez eux. Bass accepte, et la famille se retrouve menottée avant le lever du soleil. Il les conduit dès le lendemain jusqu’à son campement.

 

Incorruptible et dévoué, l’US Marshal fait aussi preuve d’un code moral inaltérable. Il va même jusqu’à arrêter Bennie, son propre fils, qui sera condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa femme. Selon son supérieur, Bass aurait absolument tenu à se charger de cette arrestation, déclarant le plus tranquillement du monde : « Donnez-moi l’assignation. J’en fais mon affaire ».

 

Lire ICI 

 

 

 

 

 

Une bonne idée de cadeau de Noël pour vos ados : « Un cow-boy dans le coton est le 81e album de Lucky Luke. Cela donnerait presque le vertige d’imaginer que le héros solitaire a déjà 74 ans, et qu’il est né dans un monde totalement différent du nôtre, la France de l’après-guerre. Pourtant, Jul et Achdé nous montrent que Lucky Luke est intemporel. »

 

Un cow-boy dans le coton (Lucky Luke) - YouTube

 

Les bons sentiments ne nuisent pas à l’humour.

 

Un cow-boy dans le coton » : Jul commente quatre séquences du nouveau Lucky  Luke

"Un cow-boy dans le coton" : Lucky Luke confronté au racisme dans les plantations du sud des Etats-Unis ICI

"Un cow-boy dans le coton" est la troisième collaboration entre le dessinateur Achdé et le scénariste Jul. Cette fois, le duo nous plonge dans le sud des Etats-Unis où le Ku Klux Klan dicte sa loi, à la fin du XIXe siècle.

"Un cow-boy dans le coton", le nouveau Lucky Luke (Lucky Productions)"Un cow-boy dans le coton" (Lucky Productions)

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 06:00

 

Clint Eastwood et José Calvo dans "Pour une poignée de dollars" (1964) réalisé par Sergio Leone.© DR

Dans le cadre de mon incessant labeur d’édification des « larges masses », chères aux frelons de la Gauche Prolétarienne post-68, qui consomment des westerns américains comme des spaghetti, en ignorant tout de l’art de la pasta et de celui de Sergio Leone, ce matin je pousse la porte des saloons du Far West pour éclairer leurs faibles lanternes à propos de la buvaison de shot de whisky.

 

Dans ces lieux de perdition peuplés de cow-boys empestant, tels les vins nu, le crottin de cheval collé à leurs à leurs éperons, de chasseurs de primes, de cinglés de la gâchette, de femmes de mauvaise vie, de tricheurs, de chercheurs d’or, de bandits aux portraits affichés sur la façade du sheriff, d’aventuriers sans foi ni loi, de prêcheurs illuminés tentant  de ramener ce petit monde dans le droit chemin, deux seules boissons peuvent être commandées sans nuire à votre respectabilité sont la bière et le whisky.

 

« Et, franchement, la bière est pour le moins douteuse. »

 

« Alors vous demandez deux whiskys, un pour vous et un autre pour votre voisin. C’est la règle. »

 

« Peu importe que vous ne l’ayez jamais rencontré auparavant. Vous devez toujours offrir un verre lors de votre première commande. Vous vous y retrouverez plus tard, lorsque ce sera votre tour du prochain venu. Mais rien n’est plus mal vu que de ne pas payer un verre à son voisin, à part de ne pas l’accepter, ce qui peut vous vous valoir une bonne rossée, voire pire. »

 

Ensuite, et là pour une fois Hollywood ne raconte pas des cracs : « Lorsque le héros taciturne entre dans un saloon, il ne demande jamais le prix du verre de whisky. Il de contente de jeter quelques pièces sur le bar, et on lui rend presque jamais la monnaie. »

 

Pourquoi ?

 

Parce qu’il existe « 2 genres de saloons : le saloon à 1 bit et le saloon à 2 bits. »

 

« Le saloon à 2 bits. Est un établissement de standing avec un spectacle de variétés, un lustre et peut-être un authentique étage. Toutes les boissons s’y règlent avec deux pièces. »

 

1 cent 1851 américaine - Numicanada.com

 

« Dans un saloon à 1 bit, toutes les boissons (bière et whisky) coûtent une pièce idem pour le cigare. »

 

 

« Un bit valait un huitième de dollar, soit 12,5 cents. C’est étrange si l’on considère que le demi-cent n’existait pas. Pendant longtemps, dans les États du Sud, le dollar espagnol fut monnaie courante. Il pouvait être divisé en huit, ce qui explique pourquoi les perroquets de films de pirates n’arrêtent pas de parler de pièces de huit. Pour une raison mystérieuse, ce principe s’est transmis au dollar américain, avec la curieuse conséquence qu’il n’y avait pas moyen d’avoir le compte juste pour boire un unique verre.

 

 

À la place, si vous commandiez seulement un verre dans un saloon à un bit, vous donniez une pièce d’un quart de dollar et l’on vous rendait 10 cents. Cela signifie que vous aviez dépensé 15 cents (un « long bit »). C’est remarquablement idiot, encore plus que les fausses façades, mais c’était ainsi que les choses fonctionnaient. »

 

Dude in the Burdett saloon | Dustedoff

 

Versez-vous un verre… mais ne remplissez pas votre verre à ras bord pour autant. Ce serait interprété comme de l’avidité et de la goinfrerie, et le barman vous demanderait alors si vous compte vous baigner dedans…Portez votre verre… à vos lèvre et buvez-le cul-sec. Cela vous vaudra l’approbation et le respect de l’assistance. »

 

Qui trouve-t-on dans le saloon ?

 

« Habituellement, des hommes blancs. Un Noir, éventuellement. Pas d’Améridiens, auxquels l’entrée est légalement interdite. Mais ceux qui ne sont pas vraiment, mais vraiment pas bienvenus, ce sont les Chinois. C’est un fair aussi bizarre qu’inexplicable. L’Ouest sauvage était plein d’immigrés chinois venus travailler à la construction des chemins de fer, et tout le monde les haïssait. De toute évidence, il n’y avait aucune raison à cela, mais ils étaient que plus détestés. »

 

Définition du mot Bit 

 

Le terme bit est une contraction des mots binary digit (que l'on peut traduire par chiffre binaire en français). Il désigne l'unité la plus simple utilisée dans un système de numération. Cette unité, directement associée au système binaire, ne peut prendre que deux valeurs : 0 et 1.

 

En informatique, le bit définit de façon plus précise une quantité minimale d'information pouvant être transmise par un message. On emploie alors le bit comme unité de mesure de base de l'information. Il est important de ne pas confondre le bit (avec un b minuscule pour abréviation) avec le byte (avec un B majuscule pour abréviation ICI 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 06:00

 

À force de tourner autour du pot, et si à Bordeaux on admettait enfin que le vignoble bordelais est surdimensionné par rapport à sa capacité actuelle de vendre ses vins ?

 

« Trop chers, pas assez bio... les vins de Bordeaux boivent la tasse » FRANCOIS MIGUET  04/12/2020 dans Capital

 

Trop cher, pas assez bio, le vignoble bordelais subit de plein fouet les taxes américaines et la baisse de consommation des Français.

 

L'heure d'une remise en question ?

 

Non, ça me semble impossible vu que se remettre en question ne fait guère partie de l’ADN des chefs du CIVB, « y’a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre », du côté de Bordeaux on pratique l’évitement, on se cherche des boucs-émissaires : j’ai déjà beaucoup donné avec mes grands lacs de vin mentionnés  dans mon rapport.

 

Bizarrement, dans cet article de Capital le dernier bouc-émissaire en date, genre on nous veut du mal, s’est évaporé, plus question de Bordeaux-bashing.

 

Les « têtes d’œuf » du CIVB sont parties en chasse pour en dénicher un autre.

 

Cependant, afin d’éviter de radoter je m’abstiens d’aller au-delà de l’ironie, ça me fatigue.

 

Prenez la peine de lire l’article ICI  il ne casse pas trois pattes à un canard mais je n’ai rien de mieux en magasin.

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 06:00

Alessandra et moi, ça fait un bail qu’on se connaît, février 2011 :

 

« Et puis mes pérégrinations me menèrent dernièrement jusqu’à un nouveau restaurant italien qui venait de s’ouvrir : le RAP (comme Ristorante Alessandra Pierini celle par qui le lieu est né) au 24 rue Rodier dans le neuvième arrondissement. Heureux de mon repas avant de reprendre le collier je papotais avec Alessandra et dans la conversation j’évoquai Alberto. Bonne pioche, Alessandra avait lu « Critique amoureuse des Français » dans le TGV Paris-Marseille qu’elle empruntait pour venir prospecter afin de trouver le lieu de son restaurant parisien. La suite est facile à imaginer : je contacte Alberto et nous voici autour d’une table chez RAP. » ICI 

 

Elle a fait son chemin depuis, le restaurant n’est plus mais elle a descendu la rue Rodier pour installer tout d’abord une épicerie près de l’église ND de Lorette  4, rue Fléchier Paris 9° puis une cave 61, rue du Fg. Montmartre Paris 9° (tenue par Cécile ex-Passerini).  ICI  

 

Elle officie aussi chez François-Régis Gaudry le dimanche matin dans On va déguster.

 

Mozzarella in carrozza - Les recettes italiennes de François-Régis Gaudry,  avec Alessandra Pierini - Vidéo Dailymotion

 

Je ne suis point un auditeur de On va déguster car à cette heure-là je suis à la messe – plaisanterie de garçon de bain, désolé Me Morain qu’est lui un bon chrétien.

 

Mais, comme je suis un glaneur matinal et sur la Toile je découvre parfois le duo Alessandra-François-Régis qui officie en cuisine. Ainsi pour ce plat napolitain les «Spaghetti alla puttanesca».

 

Pour les amateurs de cuisine italienne je signale que Le François-Régis vient de publier On va déguster l’Italie – François Régis Gaudry et ses amis – Editions Marabout – 42 euros ICI  

 

On va déguster l'Italie

 

159 contributeurs ont participé à cette encyclopédie gourmande dont Alessandra Pierini bien sûr.

 

Comme je suis un mécréant, il m’arrive de jurer en italien : puttana !

 

Il ne faut pas être sorti de polytechnique, bien que, pour situer comprendre que ceux qui ont porté sur les fonds baptismaux les «spaghetti alla puttanesca», selon la légende, devaient être de grands amateurs de maisons closes.

 

« On raconte qu’un client affamé –toute ressemblance avec un personnage réel serait évidemment fortuite– se serait adressé avec mépris au petit matin à la patronne en lui lançant un gras «Fammi qualsiasi puttanata da mangiare Dio bono!». Je vous laisse traduire. Agacée, elle aurait pris tout ce qui lui restait dans les placards et lui aurait servi le tout avec des spaghetti. Toute sa colère dans son mortier en marbre quand elle écrasait les anchois, et les câpres, et le piment, et les olives, et les tomates, etc. tout en pestant contre ce maudit client. On n’est jamais à l’abri des profiteurs. Mais elle s’est tue, et elle l’a même nourri. » ICI 

 

 

Maintenant place aux artistes !

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 08:00

En mai 2019, Claire-Anne Siegrist se voit remettre la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, pour sa contribution aux progrès en vaccinologie.

archives personnelles

En France, la vaccination fait débat, 6 Français sur 10 sont partants pour se faire vacciner, d'après un sondage BVA exclusif pour Europe 1. Mais seulement 20% des Français sont d'accord pour se faire vacciner dès maintenant.

 

INTERVIEW

 

  • pourquoi sont-ils si nombreux à vouloir attendre un peu ? La directrice de l'institut de sondage BVA, Adélaïde Zulfikarpasic, invitée de la matinale d'Europe 1, explique les résultats de ce sondage.

 

Pour les Français, le vaccin a été élaboré "trop rapidement" ICI 

 

Je ne fais pas parti des anti-vaccins, mais face au matraquage actuel à propos de la future vaccination contre le Covid 19, mais en tant que vieux  je me situe dans le cœur de cible, et j’estime que je suis en droit de me poser des questions sur l’absence d’informations, vu l’extrême rapidité de leur élaboration, sur les éventuels effets secondaires de ces vaccins d’une nouvelle génération. Je signale à ce propos que Sanofi Pasteur, loin d’être un géant endormi, en retard sur le papier, le leader français mise sur son savoir-faire historique et sa force de frappe pour s'imposer. C'est le seul à mener deux projets de front.

 

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Sanofi Pasteur semble à la peine.

 

Le champion français est pourtant leader mondial, en ventes, sur les vaccins pédiatriques et la grippe, et numéro trois tous vaccins confondus. Or il ne démarrera qu'en décembre sa phase 3 d'essais, pour son projet le plus avancé, bâti avec l'autre géant de l'industrie du vaccin, le britannique GSK. Pour le second, un vaccin innovant à base d'ARN messager (ARNm), il ne promet rien avant fin 2021, quand Moderna et le duo Pfizer-BioNTech, qui utilisent la même technologie, devraient sortir les leurs dans quelques semaines. De quoi donner au pape tricolore l'allure de tortue géante courant en vain derrière le lièvre. « Quelques semaines, quelques mois, on est dans un mouchoir de poche. » Olivier Bogillot, président de Sanofirance.

 

Puisque la vaccination ne sera pas obligatoire je ne vais pas me précipiter pour me faire vacciner. J’examinerai attentivement dans le bouquet des vaccins pour choisir celui qui me convient.

 

En cela je n’estime pas être un mauvais citoyen…

 

Pour confirmer mes propos je vous propose l’interview accordée au journal le Temps par la Cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève, la pédiatre Claire-Anne Siegrist

 

Claire-Anne Siegrist  — © Anoush Abrar

 

«Il est normal que les gens se posent des questions sur les vaccins»

 

 

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont annoncé que leur vaccin contre le Covid-19 paraissait efficace. Mais pour combien de temps, et avec quels risques? Pour le savoir, un peu de recul supplémentaire sera précieux, estime la cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève

 

C’est la quête du graal de l’année 2020: la recherche d’un vaccin contre le Covid-19 semble en passe d’aboutir. Au cours de ces dernières semaines, plusieurs laboratoires ont fait état de résultats très encourageants obtenus avec leur candidat vaccin: l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, le laboratoire américain Moderna, l’alliance britannique AstraZeneca/Université d’Oxford et les Russes de l’institut d’Etat Gamaleïa. Des annonces qui ont suscité beaucoup d’enthousiasme. Mais de nombreuses questions subsistent, que ce soit sur l’efficacité de ces vaccins, leur innocuité ou la manière dont ils seront administrés.

 

Cheffe du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève, la pédiatre Claire-Anne Siegrist a déjà été confrontée à plusieurs situations de crise, que ce soit lors de la pandémie de virus H1N1 en 2009 ou pendant l’épidémie d’Ebola qui s’est déroulée en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016. Forte d’une expérience de plus de vingt ans dans la recherche, elle a longtemps collaboré avec l’Organisation mondiale de la santé et présidé le groupe d’experts chargé de conseiller la Confédération sur les questions vaccinales.

 

Le Temps: Moins d’un an après l’apparition du Covid-19, nous aurons bientôt plusieurs vaccins efficaces contre cette maladie. Comment est-ce possible?

 

Claire-Anne Siegrist: C’est vraiment stupéfiant, quand on pense qu’on met en général une dizaine d’années à développer un nouveau vaccin. Plusieurs éléments ont permis cette prouesse. En premier lieu, il y a la mobilisation sans précédent des laboratoires pharmaceutiques et universitaires, qui ont été très nombreux à réorienter leur effort de recherche vers la lutte contre le Covid. Plus important encore sans doute, tous ces laboratoires ont reçu des fonds massifs de la part des Etats, ce qui leur a permis de prendre des risques. C’est grâce à cela que des vaccins innovants à ARN ont pu être développés par Moderna et Pfizer.

 

Cette technique, qui consiste à fabriquer un «pseudo-virus» en encapsulant une partie de son code génétique dans une goutte d’huile, fait l’objet d’études depuis une dizaine d’années, mais n’était jamais passée à un stade clinique avancé en raison du risque financier. Enfin, la manière dont ces nouveaux vaccins ont été évalués explique aussi leur développement rapide: au lieu de procéder par phases successives, comme on le fait habituellement, on a procédé de manière simultanée. Par exemple, on est actuellement encore en train de tester leur stabilité, soit les conditions dans lesquelles on doit les stocker, alors qu’en parallèle leur efficacité est en cours d’étude sur des dizaines de milliers de personnes dans le monde, dans le cadre des essais dits de phase 3.

 

Certains laboratoires avancent une efficacité très élevée pour leur vaccin. Comment la calcule-t-on?

 

La suite ICI

 

Questionnaire de Proust

 

Marcel Proust répond au questionnaire - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

  • Une chose que la crise du Covid-19 vous a apprise?

 

  • à mieux accepter le doute, les questions sans réponses, et faire de son mieux chaque jour…

 

  • Ce qui vous donne espoir pour la suite? 

 

 

  • La possibilité de sortir du tunnel en pouvant protéger du Covid-19 les personnes à risques, puis tous ceux qui le souhaiteront.

 

  • Et ce qui vous inquiète?

 

  • Que le travail d’information nécessaire pour répondre aux doutes ne soit pas fait suffisamment bien pour permettre à chacun de se décider.

 

  • Votre truc pour résister dans les moments de crise?

 

  • L’auto-hypnose à haute dose… et dormir autant que c’est possible!

 

  • La liste des vaccins qui figurent sur votre carnet de vaccination?

 

  • Elle est longue! J’espère pouvoir y ajouter bientôt les vaccins Covid, une fois que je me serai décidée en connaissance de cause.

 

  • Un remède contre les théories du complot?

 

Non. Je suis pour la liberté de pensée et le respect des choix de vie – aussi longtemps qu’ils ne mettent pas les autres en danger.

 

Profil

 

1958 Naissance à Zurich.

 

1999 Nommée professeure de vaccinologie à l’Université de Genève.

 

2004 à 2014 Préside la Commission fédérale pour les vaccinations.

 

2010 Rejoint le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination.

 

2014 Participe à l’essai en urgence d’un vaccin contre Ebola.

 

2016 Développe une pathologie neurologique appelée «polynévrite».

 

2019 Reçoit la Légion d’honneur par décret du président français.

 

 

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2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 06:00

 

Au sortir de mai 68, je me suis engagé dans le sillage de Michel Rocard au PSU « petit parti, débordant de militants brillants, qui devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon une expression de Michel Rocard, un « laboratoire terrifiant », s’abîmant des nuits entières en d’obscures querelles. »

 

En 1974, toujours, en théorie, membre du PSU, Michel Rocard apporte son soutien à la deuxième candidature Mitterrand à la présidentielle et prend une part active à la campagne. Avant de rejoindre le PS la même année, avec des militants du PSU et des syndicalistes de la CFDT. Michel Rocard n’est pas vraiment accueilli à bras ouverts par tous les dirigeants. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la « droite » du PS en incarnant désormais la « deuxième gauche » : une gauche souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, qui préfère la recherche du consensus à l’affrontement, croit moins en l’Etat et plus en l’autonomie de la « société civile » que les amis de François Mitterrand.

 

Au congrès de Nantes, en 1977, il prononce un discours, resté célèbre, sur les « deux cultures » qui structurent la gauche.

 

J’ai donc fait partie de cette deuxième gauche raillée par la première jacobine, centralisatrice, étatique, nationaliste et protectionniste, revendiquée par une classe ouvrière qui exigeait une intervention maximale de l’État, en vertu d’un marxisme d’« exception française », « puisque Marx prônait au contraire le dépérissement de l’État et l’autodétermination des travailleurs ». Le CERES de Jean-Pierre Chevènement représentait ainsi à ses yeux une illustration contemporaine de cette gauche.

 

Au soir du second tour des législatives de 1978, perdues, Rocard exprime à la télévision la déception et l’amertume de la gauche, mais aussi sa foi en l’avenir. La déclaration respire la spontanéité (elle avait été répétée). Dès l'automne 1978, il condamne « un certain archaïsme politique », formule dont chacun a compris qu'elle désignait le premier secrétaire du PS, et en plaidant pour le « parler vrai, plus près des faits ». Ses adversaires, au sein du PS, n'ont pas tardé à le surnommer Rocard d'Estaing, établissant ainsi un parallèle entre le « libéralisme avancé » du président de la République et le socialisme redéfini que propose le député des Yvelines.

 

En 1979, encore un congrès historique : celui de Metz. Pour la première fois, Michel Rocard, allié à Pierre Mauroy, passe dans l’opposition à François Mitterrand. De nouveau, c’est le rapport au réel qui l’oppose aux mitterrandistes. Le premier secrétaire et ses alliés prônent la « rupture avec le capitalisme » ; Michel Rocard, suspecté – déjà – de tentations centristes, n’y croit pas.

 

Après la victoire de 1981 et le purgatoire de son premier ministère-placard, le Plan, Michel Rocard se retrouve en 1983 à l’Agriculture pour éteindre la fronde des agriculteurs déclenchée par la passionaria Édith Cresson.

 

 

« La F.N.S.E.A. triomphante a rencontré un ministre sans complexes. M. Michel Rocard avait réservé à la F.N.S.E.A., qui tenait son trente-septième congrès, du 12 au 14 avril à Grenoble, la primeur de ses intentions en tant que nouveau ministre de l'agriculture. Il propose un contrat entre le monde agricole et la collectivité publique. L'engagement financier de l'État sera maintenu, mais une meilleure efficacité économique et sociale de cet engagement devra être recherchée. « Je n'aurai pas les moyens de faire en sorte que l'agriculture échappe à l'austérité des temps », a-t-il déclaré. Il s'est quand même fait applaudir. ICI 

 

C’est à ce moment-là que je rejoins son cabinet.

 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 1985, Michel Rocard présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition irréductible à ce mode de scrutin, qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Chacun sait cependant qu’il a l’échéance de 1988 en tête. Très vite, Rocard utilise « la parole retrouvée », selon ses propres termes. Il incite les socialistes à « tenir le discours de leurs actes », rappelle avec cruauté que « ce sont les faits qui ont tranché (…) nos anciennes querelles »

 

Je pars travailler à la SVF, Société des Vins de France.

 

En mars 1988, François Mitterrand sonne la fin de la récréation, en annonçant qu’il est candidat à sa propre succession. Il ménage une place à un Michel Rocard, bombardé porte-parole d’un homme qu’il déteste, et contraint de faire contre mauvaise figure bon cœur. Une fois réélu, François Mitterrand envoie à Matignon, le 10 mai, celui des socialistes qu’il juge le plus « en situation », quoi qu’il en pense sur le fond.

 

Des années plus tard, Michel Rocard nous avait raconté l’histoire de sa nomination et la façon dont Mitterrand, avec toute la perversité dont il était capable, la lui avait apprise (L’Enfer de Matignon, Albin Michel, 2008).

 

La scène avait eu lieu à l’Elysée, lors d’un déjeuner réunissant, outre Rocard, Jean-­Louis Bianco et Pierre Bérégovoy – qui espérait alors que Mitterrand le nomme premier ministre. Mitterrand, juste avant le dessert, avait regardé sa montre : « Il ne faudrait tout de même pas oublier que, dans une heure et quart, je vais nommer un premier ministre… »

 

Puis il avait regardé Bérégovoy, qu’il tenait pour son collaborateur le plus proche : « C’est un exercice purement politique qui est totalement étranger à toute catégorie intellectuelle connue sous le nom d’amitié, de confiance, de fidélité ou de choses de ce genre. En fait, la nomination d’un premier ministre, c’est le résultat de l’analyse d’une situation politique. » Enfin, il avait délivré son jugement royal : « Et l’analyse de la situation politique actuelle est claire. Il y a une petite prime pour Michel Rocard. » Cette « petite prime » lâchée avec mépris résume le jeu subtil qui va commencer entre les deux têtes de l’exécutif. Chacun s’observe, dans cette sorte de cohabitation interne au PS, sans jamais engager de front les hostilités.

 

Je quitte la SVF le matin même pour rejoindre, en tant que directeur-adjoint, le cabinet du nouveau Ministre de l’Agriculture Henri Nallet.

 

En mars 1990, Michel Rocard joue son jeu dans l’affrontement fratricide du PS au congrès de Rennes (j’y étais), ce qui n’arrange rien. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, François Mitterrand le congédie en quelques minutes, malgré sa popularité encore confortable.

 

Michel Rocard quitte Matignon, persuadé que son destin politique n’est pas encore joué.

 

L’échec de ses successeurs Edith Cresson, puis Pierre Bérégovoy, le laisse espérer. Il décide de se lancer dans la bataille du parti. En février 1993, il réclame un « big bang » du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives.

 

L’heure de la refondation de la gauche à laquelle il aspire depuis tant d’années serait-elle arrivée ?

 

Le 29 mai 1994, il annonce que « rien », cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. Mais le président de la République n’a pas dit son dernier mot. Lors des européennes de juin, Mitterrand laisse Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, qui concurrence directement les candidats socialistes menés par le premier secrétaire. Le PS s’effondre de nouveau, à 14,5 % des suffrages.

 

Michel Rocard est débarqué aussitôt, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Symbole de sa semi-retraite, il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat.

 

Clap de FIN !

 

C’était ma gauche.

 

Avec la mort de Michel Rocard, survenue le 2 juillet 2016, une question restera à jamais en suspens. Ou plutôt chacun y apportera sa propre réponse : l’homme qui, pendant trente ans, a fait de la rénovation de la gauche la raison d’être de son engagement politique est-il passé à côté de son destin ? Ou bien a-t-il eu la trajectoire qui correspondait à ce qu’il était vraiment ?

 

Il sera couvert de fleurs, j’étais de l’hommage aux Invalides.

 

J’irai lui rendre visite à Monticello son dernier domicile connu.

 

Alors, même si ça fait ricaner certain : « Oui, j’ai mal à ma gauche, lorsque je constate les dérives de celle qui nous qualifiait de social-traître, celle qui comme l’écrit Birnbaum dans sa conclusion «  De même que Lénine définissait le « gauchisme » comme la maladie infantile du communisme, on peut affirmer que l’«islamo-gauchisme» constitue la maladie sénile du tiers-mondisme. Celle d’une gauche occidentalo-centrée, qui n’imagine pas que l’oppression puisse venir d’ailleurs. Celle d’une gauche anti-impérialiste qui voit en tout islamiste un damné de la terre, même quand il est bardé de diplômes ou millionnaire. Celle d’une gauche qui plaçait naguère sa fierté dans son aura mondiale, et qui a été surclassée par un mouvement qu’elle a longtemps regardé de si haut : l’internationale islamiste»

 

Je remercie Jean Birnbaum pour sa tribune dans le Monde du 25 novembre, j’en partage tous les points.

Michel Rocard en 2008.

 Source : Michel Rocard, l’homme de la « deuxième gauche » ICI

 

Rénover la gauche, la réconcilier avec le réel, allier le concret et la rigueur, tel fut le moteur de la vie politique de Michel Rocard, mort samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans

Par  et  Publié le 01 octobre 2014 

 

 

Marche contre l’islamophobie à Paris, le 10 novembre. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La gauche et l’islamisme : retour sur un péché d’orgueil ICI 

 

Croyant en une force internationaliste capable de briser la domination de l’Occident, certains militants de gauche étaient persuadés que, tôt ou tard, la religion serait abandonnée au profit de l’émancipation.

 

 

Analyse. Au lendemain de l’attentat contre Samuel Paty, quand a refait surface une vidéo où un prédicateur islamiste, Abdelhakim Sefrioui, appelait à la mobilisation contre le professeur, certains militants d’extrême gauche ont reconnu ce visage. Ils se sont souvenus du temps où ils avaient eu maille à partir avec Sefrioui et ses compagnons.

 

Non sans nostalgie, ils ont repensé aux manifestations propalestiniennes au cours desquelles le service d’ordre de telle ou telle organisation anarchiste ou trotskiste était encore assez vigoureux pour expulser du cortège ces partisans du djihad liés à l’ex-humoriste Dieudonné et à l’extrême droite radicale. Et puis ils ont songé à ce moment pivot, autour de 2010, où il avait fallu admettre que le rapport de forces avait changé : sur le pavé parisien, désormais, la vieille garde révolutionnaire était trop faible pour maîtriser les islamistes.

 

L’espoir algérien

 

Or ce renversement des équilibres dans la rue avait une signification plus vaste. Il scellait la fin d’une époque, celle où les gauches européennes se croyaient si désirables qu’elles pouvaient polariser toutes les colères du monde. Dès 2005, le philosophe Daniel Bensaïd (1946-2010), l’une des références de la gauche révolutionnaire, constatait que les dirigeants anticolonialistes de jadis, ceux qui se réclamaient souvent du marxisme, avaient été remplacés par des profils inquiétants : « L’heure n’est plus aux luttes de libération des années 1950 et 1960, et à leurs grandes promesses. Les leaders n’ont plus pour nom Ho Chi Minh, Guevara, Cabral, Lumumba, Ben Bella, Ben Barka, Malcolm X, mais Ben Laden, Zarkaoui ou Mollah Omar. »

 

Un parmi d’autres, Daniel Bensaïd regrettait les grandes heures de ce qu’on a appelé le « tiers-mondisme ». Dans les années 1960, les révolutionnaires occidentaux avaient constaté que le « grand soir » se faisait attendre aussi bien à l’Est, où le stalinisme étouffait toute révolte, qu’à l’Ouest, où le capitalisme semblait avoir plus d’un tour dans son sac. Ils avaient alors placé leurs espoirs dans les insurrections d’un monde « tiers », dont l’Algérie indépendante constituait le symbole le plus séduisant.

 

Les « pieds-rouges »

 

Au cœur de ce pays, pourtant, des militants européens avaient déjà conscience que les choses n’étaient pas si claires. On les a appelés les « pieds-rouges ». Ces Français avaient soutenu le Front de libération nationale (FLN) dans sa lutte pour l’indépendance. Celle-ci acquise, ils s’étaient installés en Algérie pour contribuer à y bâtir « le socialisme ». Bientôt, ils avaient été confrontés à une tout autre réalité : le nouveau régime islamisait le pays à marche forcée, organisait la chasse aux Kabyles et aux homosexuels, s’en prenant même à ses plus fidèles soutiens européens.

 

 

Certains d’entre eux réaliseront alors leur erreur : si le FLN avait une face laïque, il en possédait aussi une autre, profondément religieuse. Le nom de son journal, El Moudjahid, ne signifiait pas « le combattant », comme ils l’avaient cru, mais « le combattant de la foi ». Bannis d’Algérie, la plupart des pieds-rouges garderont pour eux ce qu’ils ont vécu (il ne fallait pas « faire le jeu » de l’extrême droite), et leur silence pèsera lourd sur la mémoire « algérienne » de la gauche française.

 

Des années plus tard, en 1980, ils liront dans Le Monde un entretien avec l’ancien président algérien, Ben Bella. « C’est l’islamisme qui offre les meilleures chances d’une libération réelle », dira-t-il, établissant même une continuité entre les combats du FLN et la révolution islamique qui venait de triompher en Iran.

 

Doute après le triomphe des mollahs

 

Cette révolution marque une autre étape dans les relations entre l’islam politique et la gauche européenne. Avec le triomphe des mollahs, le doute commence à s’installer : bien que la religion soit toujours considérée comme un « opium du peuple » voué à s’évaporer, on doit concéder que ses effets se révèlent tenaces. A Téhéran, les insurgés qui défendaient le socialisme n’ont-ils pas été balayés par ceux qui promettaient l’avènement du royaume divin ? Cependant, pour beaucoup de gens à gauche, cela ne changea pas grand-chose. « Tout ce qui bouge est rouge », disait un slogan bien connu des soixante-huitards. A coup sûr, Marx finirait donc par l’emporter sur Allah.

 

 

Il faut avoir tout cela en tête au moment d’ouvrir la brochure intitulée Le Prophète et le prolétariat. Parue en 1994, rédigée par Chris Harman, figure du trotskisme britannique, elle analyse le défi que l’islamisme représente pour la gauche. Contrairement à ce qu’on affirme souvent à son propos, Chris Harman ne prône pas une alliance systématique avec les islamistes. Les considérant comme une force tantôt réactionnaire, tantôt subversive, il propose de marcher à leurs côtés partout où leurs actions minent l’impérialisme occidental et les Etats qui le servent. « Avec les islamistes parfois, avec l’Etat jamais », écrit-il.

 

Cette formule résume le credo durable d’une partie de la gauche européenne, credo qui repose sur trois articles de foi : 1) il n’y a qu’une domination réelle, celle qu’exerce l’Occident ; 2) la seule force qui peut en finir avec cette domination sans frontières est une gauche internationaliste, qui connaît le sens de l’histoire ; 3) quand les dominés se soulèvent au nom de Dieu, il ne faut pas juger le « détour » qu’ils empruntent, car tôt ou tard ils délaisseront les chimères de la religion pour la vérité de l’émancipation.

 

Partout où il a pris ses aises, l’islamisme a écrasé la gauche… Il suffit de penser à l’Iran. Ou à la « décennie noire » en Algérie

 

Cette façon de voir pouvait se prévaloir d’un précédent historique. En effet, les militants de gauche qui saluaient le potentiel révolutionnaire de l’islam invoquaient souvent l’expérience latino-américaine des années 1960-1970. A l’époque, les guérilleros marxistes avaient pu compter sur l’appui de ce mouvement chrétien qu’on a appelé la « théologie de la libération » : conjuguant évangiles et lutte de classes, ses animateurs en appelaient à la rébellion, et des prêtres y ont laissé leur peau. Par la suite, ce compagnonnage sera invoqué : si nous avons pu recevoir le soutien de croyants chrétiens, pourquoi ne pourrait-on s’appuyer sur des fidèles musulmans ?

 

Bientôt, cependant, apparut une différence de taille : partout où il a pris ses aises, l’islamisme a écrasé la gauche… Il suffit de penser à l’Iran. Ou à la « décennie noire » en Algérie (1991-2002), quand des intellectuels, des syndicalistes, des féministes étaient égorgés quotidiennement. « L’intégrisme islamique, en règle générale, a crû sur le cadavre en décomposition du mouvement progressiste », constate le marxiste libanais Gilbert Achcar.

 

« Islamo-gauchisme », une étiquette hasardeuse

 

Même à terre, cependant, ce cadavre bouge encore. Mieux, il continue à se croire universellement désirable. Si « islamo-gauchisme » est une étiquette hasardeuse, trop souvent utilisée pour dire n’importe quoi et disqualifier n’importe qui, il n’en désigne donc pas moins quelque chose de solide. Mais, plutôt qu’une complaisance cynique, il nomme un péché d’orgueil, reposant lui-même sur une croyance obsolète : parce que la gauche est seule à pouvoir canaliser les espérances, toute lutte qui se réclame de Dieu finira par être aimantée par l’idéal de l’émancipation sociale.

 

 

Bien plus encore que les calculs clientélistes qui permettent à telle ou telle mairie de se cramponner au pouvoir, c’est cette prétention qui éclaire les épisodes au cours desquels la gauche a cru pouvoir côtoyer l’islamisme sans se brûler : la gauche antiraciste s’est retrouvée en compagnie d’intégristes musulmans au sommet de Durban, en Afrique du Sud, en 2001 ; la gauche altermondialiste a invité Tariq Ramadan au Forum social européen de Paris, en 2003 ; la gauche propalestinienne a laissé proliférer plus d’un slogan haineux dans les défilés auxquels participait le prédicateur Abdelhakim Sefrioui… Entre autres.

 

Or, autant il est faux d’affirmer que la masse des militants et des intellectuels de gauche ont consciemment « misé » sur l’islamisme comme force politique, autant on peut considérer qu’ils ont longtemps manifesté, à son égard, une forme d’indulgence. Là encore, toutefois, cette indulgence relève d’abord d’un complexe de supériorité.

 

De même que Lénine définissait le « gauchisme » comme la maladie infantile du communisme, on peut affirmer que l’« islamo-gauchisme » constitue la maladie sénile du tiers-mondisme. Celle d’une gauche occidentalo-centrée, qui n’imagine pas que l’oppression puisse venir d’ailleurs. Celle d’une gauche anti-impérialiste qui voit en tout islamiste un damné de la terre, même quand il est bardé de diplômes ou millionnaire. Celle d’une gauche qui plaçait naguère sa fierté dans son aura mondiale, et qui a été surclassée par un mouvement qu’elle a longtemps regardé de si haut : l’internationale islamiste.

 

Jean Birnbaum

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 08:00

 

Comme j’ai la chance, le privilège ironiseront certains, pendant le confinement j’ai pu acheter des livres dans une librairie : un coup de fil, au bout quelqu’un note ma commande, si les livres sont en stock pas de soucis, sinon lorsqu’ils sont arrivés on me prévient par SMS.

 

J’ai donc acheté, entre autres, 1 bande dessinée de Mathieu Sapin publiée chez Dargaud « Comédie française: voyages dans l’antichambre du pouvoir », qui est à la fois une sorte de reportage sur la présidence d’Emmanuel Macron et une réflexion historique sur la relation entre l’artiste et le pouvoir, et Président cambrioleur une enquête de la journaliste Corinne Lhaïk le livre pour comprendre cet inconnu nommé Macron.

 

J’ai parcouru la BD mais je préfère pour l’heure me référer à des spécialistes de la BD :

 

album comedie française: voyage dans l'anti-chambre du pouvoir

 

Mathieu Sapin, auteur de BD, s’est fait connaître dans les années 2000 avec Supermurgeman un anti-héros très parodique. Il a beaucoup publié pour les enfants en participant par exemple à la longue série Sardine de l’espace. En 2010, il publie Feuille de Chou, une sorte de reportage sur le tournage de Gainsbourg, vie héroïque, le premier long-métrage du dessinateur Joann Sfar.

 

Il débute ainsi dans la BD documentaire qu’il va poursuivre en passant six mois dans les coulisses du quotidien Libération puis en suivant Gérard Depardieu dans quelques voyages. Au même moment il débute un reportage en bande dessinée sur la campagne de François Hollande qui débouche sur la publication de Campagne présidentielle en 2012. Il entame ensuite une longue plongée dans la vie de l’Elysée qu’il décrit avec beaucoup d’humour et de détails très journalistiques dans Le Château – Une année dans les coulisses de l’Élysée en 2015.

 

Cette plongée dans la vie politique se conclut en 2020 avec Comédie française : voyages dans l’antichambre du pouvoir qui lui permet de raconter quelques voyages du président Macron. Il en profite pour réfléchir à la relation de l’artiste et du pouvoir politique en se plongeant dans l’histoire. Pour cela il se penche longuement sur le dramaturge Jean Racine dont il raconte la relation avec Louis XIV. Nous lui avons demandé quel bilan il tirait de cette expérience de dessinateur en plongée dans les arcanes du pouvoir.

 

La suite ICI 

 

 

Le Président cambrioleur je ne l’ai pas encore ouvert donc je vous livre l’article d’Eric Mandonnet publié le 25/11/2020 dans L’Express :

 

Président cambrioleur : le livre pour comprendre cet inconnu nommé Macron ICI 

 

Ce prisonnier est un cambrioleur. Faut-il y voir là la vengeance de l'Histoire ? Emmanuel Macron se trouve aujourd'hui prisonnier de trois crises, sanitaire, économique, terroriste, mais ce président est un "cambrioleur", selon le titre de l'ouvrage dont L'Express publie des extraits inédits (parution ce 26 novembre aux éditions Fayard). Ce n'est pas seulement son élection qui a pris les allures de "casse du siècle", c'est tout son mandat qui met l'hôte de l'Élysée en situation de piller les idées des autres, sans que l'on sache s'il se les approprie vraiment ou s'il ne s'en sert que pour neutraliser les adversaires. Il ne faut dès lors pas s'étonner que l'insécurité gagne jusqu'à ses électeurs de 2017, qui peinent parfois à reconnaître leur champion de l'époque.

 

Qui connaît M. Macron ? Ce livre servira de référence sur un homme et un quinquennat aussi insaisissables l'un que l'autre parce qu'il privilégie l'enquête, oserait-on dire à l'ancienne, au prêt-à-penser. La journaliste Corinne Lhaïk, hier à L'Express, aujourd'hui à L'Opinion, a commencé à le suivre en 2011. Elle l'a observé comme ministre, scruté comme président et revu pour ce récit. Elle a également rencontré une centaine de personnes : l'épouse du chef de l'État, des ministres, responsables politiques, collaborateurs, économistes, intellectuels. 

 

Chez lui, tout est calcul, même les improvisations la suite ICI

 

à bientôt sur mes lignes, patience Jean-Yves je vais tenter de dresser la liste des livres que j’ai aimés…

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 06:00

Amazon.fr - Metropolis: Bernie Gunther 14 - Kerr, Philip - Livres

© Alberto Estevez/EPA

« À l’instar de Balzac ou de James Ellroy, l’œuvre de Philip Kerr pourrait donner lieu à divers diagrammes illustrant, dans le temps et dans l’espace, les récurrences de personnages fictifs ou réels (hauts ­dignitaires nazis comme Heydrich, ­Himmler, Goering ou Goebbels, mais également des artistes, peintres, cinéastes, écrivains). Car il y a beaucoup de revenants et de retrouvailles dans la série « Bernie Gunther ».

 

Mireille Descombes, le lundi 30 novembre 2020, dans le Temps annonce  :

 

« Il y a des romans que l’on tarde à ouvrir pour gagner du temps, pour leur conserver leur part de mystère et de leur précieux parfum d’inédit. Metropolis de Philip Kerr appartient à ces livres-là. Impossible de l’appréhender sans émotion quand on sait qu’il n’y en aura plus d’autre. Achevé peu avant sa mort en mars 2018, à 62 ans, Metropolis est donc le troisième et dernier polar de l’écrivain britannique publié en français à titre posthume. Il nous offre la quatorzième… et de fait première aventure de Bernie Gunther puisque, comme l’a fait également Henning Mankell, Philip Kerr se plaît ici à revenir a posteriori sur les jeunes années de son enquêteur fétiche. »

 

 

« Metropolis couvre un angle mort : la formation de Gunther auprès de son mentor, qui n’avait été jusque-là qu’évoqué. Bernhard Weiss (1880-1951), directeur de la police criminelle de Berlin et ardent défenseur de la démocratie parlementaire, lui aurait appris les techniques d’interrogatoire, lui conseillant : « Laissez le silence travailler à votre place » (L’Offrande grecque, Seuil, 2019). Dans Une douce flamme (Le Masque, 2010), il n’a pas non plus oublié les ragots et le surnom antisémite dont on affublait son « vieux patron et ami ». Par la suite, le farouche adversaire de Weiss au sein de la police de Berlin, Arthur Nebe (1894-1945), qu’on voit, dans Metropolis, au début de sa néfaste carrière, sera promu chef de la Kripo. Il réapparaît dans Vert-de-gris, La Dame de Zagreb et Bleu de Prusse (Le Masque, 2013 et 2016, Seuil, 2018). »

 

Philip Keer prolifique, auteur écossais, maître du polar historique, père du célèbre détective Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé spécialiste des personnes disparues opérant durant le Troisième Reich, qui exhume les spectres de l'Allemagne nazie, « Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930 : un homme solitaire, témoin de son époque. »

 

La «Trilogie berlinoise» (1989-1991) L'Été de cristal, Pâle figure, Un requiem allemand.

 

critiquesLibres.com : Trilogie berlinoise Philip Kerr

 

Premier volet de sa fameuse série au succès mondial, est L'Été de cristal

 

« En Bernie, Philip Kerr injecte son âge (un peu moins de quarante ans) et son caractère (volontiers sarcastique et mélancolique). Nous sommes en 1936 et le Troisième Reich file sa troisième année d'existence. Le détective, allergique aux sbires d'Hitler, est chargé d'enquêter sur la mystérieuse disparition de la fille d'un riche industriel - et parallèlement sur celle de sa compagne Inge. Ce qui le mènera aux prises avec la Gestapo, à la rencontre du personnage historique Reinhard Heydrich, bras droit d'Himmler, jusqu'au camp de concentration de Dachau. »

 

22 juillet 2018

 

Les liaisons dangereuses d’Elisabeth Schwarzkopf avec Joseph Goebbels ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande  ICI 

 

Les liaisons dangereuses d’Elisabeth Schwarzkopf avec Joseph Goebbels ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande

 

20 juillet 2018

Les allemands aimaient autant le Calvados que le schnaps alors les normands ont obtenus l’AOC en 1942… ICI

 

Sources :

Les adieux de Philipp Kerr

LIVRES

Dans «Metropolis», son dernier polar, le romancier britannique disparu remonte le fil du temps et évoque les débuts de son héros dans le chaudron berlinois de l’après-Grande Guerre. Magistral ICI

Mireille Descombes

Publié lundi 30 novembre 2020 à 11:26
 

Nous sommes en 1928. Berlin bouillonne comme un chaudron aux exhalaisons méphitiques. L’alcool et la drogue peinent à cautériser les plaies de la misère. Les rues sont pleines d’estropiés rescapés des tranchées de la Grande Guerre. Faute de revenus suffisants, de nombreuses femmes en viennent à se prostituer pour boucler leurs fins de mois. Les communistes manifestent, les nazis ont le vent en poupe, les juifs sont de plus en plus attaqués pour le simple fait d’être juifs. Bref, la situation est si tendue que le moindre faux pas peut déclencher une catastrophe.

 

[…]

 

Dans Metropolis, comme dans tous ses romans noirs, Philip Kerr marie avec une époustouflante virtuosité les faits historiques et la fiction. Plusieurs de ses personnages, dont Bernhard Weiss, ont réellement existé. Dans les marges du récit, on croise aussi Thea von Harbou, la femme du réalisateur Fritz Lang, en quête d’informations pour un futur scénario, et le peintre George Grosz, habillé en cow-boy et dessinant des gorges tranchées et des corps éviscérés à la morgue de Berlin. Un sinistre lieu qui, apprend-on, était alors ouvert au public et où l’on se pressait pour voir «les cadavres de ses compatriotes assassinés, dans toute leur dégradation anonyme, si épouvantable fût-elle».

 

L’écrivain écossais Philip Kerr, à Edimbourg, en 2011.

L’écrivain écossais Philip Kerr, à Edimbourg, en 2011. Phil Wilkinson/Writer Pictures/Leemage

 

Philip Kerr et Bernie Gunther : trente ans de route commune ICI 

 

Le romancier écossais est mort en 2018. Il aura écrit quatorze aventures de son héros, un policier allemand avant, pendant et après le IIIe Reich. Dont « Metropolis », roman posthume qui narre les débuts de l’enquêteur et conclut ce remarquable exercice d’ambivalence.

 

Par Macha Séry Publié le 01 novembre 2020 

 

Avec son héros avançant sur une ligne de crête, d’une viscérale ambivalence, Philip Kerr a tracé une nouvelle voie dans le polar comme dans le roman historique. Résultat : une fresque réaliste et terrifiante, véritable morceau de philosophie morale et politique. Dans la préface à l’édition anglaise de Metropolis, l’écrivain Ian Rankin conclut son hommage par ces mots : « Je suis si reconnaissant à Philip Kerr d’avoir été un guide expérimenté pour beaucoup d’entre nous à travers son dédale de pièces et de couloirs ­enténébrés. » Passage en revue de quatre points nodaux d’une œuvre maîtresse dans la bibliographie de Philip Kerr, auteur par ailleurs de livres pour enfants et de la série « Scott Manson ».

 

BIOGRAPHIE ICI

Mort de l'écrivain Philipp Kerr, auteur de polars à succès

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AVENTURES DU DÉTECTIVE BERNIE GUNTHER

 

  1. L’ été de cristal (Le Masque 1994. Livre de Poche 1995)
  2. La pâle figure (Le Masque 1994. Livre de Poche 1996) Ressorti sous le titre :
  3. Un requiem allemand (Le Masque 1995)
    • Ces 3 premiers tomes sont ressortis regroupés sous le nom La trilogie berlinoise (Le Masque 2008. Livre de Poche 2010)
  4. La Mort entre autres (Le Masque 2009. Livre de Poche 2011) Prix Polar Européen 2009
  5. Une douce flamme (Le Masque 2010. Livre de Poche 2012)
  6. Hotel Adlon (Le Masque 2012. Livre de Poche 2013)
  7. Vert-de-gris (Le Masque 2013, Livre de Poche 2014)
  8. Prague fatale (Le Masque 2014, Livre de Poche 2015)
  9. Les ombres de Katyn (Le Masque 2015, Livre de Poche 2016)
  10. La dame de Zagreb (Le Masque 2016, Livre de Poche 2017)
  11. Les piège de l’exil (Seuil 2017, points seuil 2018)
  12. Bleu Prusse (Seuil 2018, points seuil 2019)
  13. L’offrande grecque (Seuil 2019)
  14. Metropolis

 

La suite ICI 

 

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