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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 00:04
 
Comme vous le savez, ma petite liberté de ton, mon impertinence acidulée, mon goût immodéré de n’être jamais là où certains voudraient me cantonner pour m’étiqueter, ma légèreté blâmable, ma coquetterie, mon côté je ramène ma science sur tout, ma façon de me vêtir, de me comporter, d’écrire, d’aimer les femmes, ma manière d’être en général, mon inoxydable capacité de croire au triomphe de l’intelligence, mon statut d’ex-soixante-huitard « non révisé » qui dit assumer ses contradictions, mon long passage dans les lieux de pouvoir, mon fichu rapport qui n’en finit pas d’exister, et toute une cotriade d’autres travers, exaspèrent un panel très hétéroclite de gens. Qui puis-je ? Rien ! À mon âge on ne se change pas mais, comme je n’en tire aucune gloriole et que je ne cultive pas ma différence, ce matin, permettez-moi de vous confier le pourquoi de cette insoutenable façon d’être.
 
Je vous fais grâce des traditionnelles explications puisées dans les molles sciences que sont la psychologie et la sociologie et, bien sûr je ne m’aventurerai pas dans l’univers impitoyable des cliniciens. Pour moi, c’est tout simple, le seul et unique responsable de mon état : c’est mon vélo ! D’où la répartie immédiate de ceux que j’exaspère : « On vous l’avait bien dit, ce type à un petit vélo dans la tête » dont j'aurais pu m’emparer derechef pour en faire le titre de cette chronique. Et pourtant, ce que je vais écrire à propos de mon vélo et sur son rôle éminent dans ma façon d’être est frappé au coin du bon sens, et surtout, riche d’enseignements pour tout ceux qui croient qu’il faut défendre notre art de vivre, alors qu’il suffit tout bêtement de vivre.
 
À mon arrivée à Paris, deux évidences s’imposèrent à moi : vivre dans Paris, c’est-à-dire y habiter, et m’insérer dans les plis de cette ville, en clair aller et venir en toute liberté. Très vite, pour vivre ma ville, bien la connaître, la découvrir, la sentir, il me fallait l’investir à l’air libre, donc marcher – la mode des rollers dans les années 70 n’avait pas encore touché les urbains – ou pédaler. J’ai commencé par marcher : un petit matin d’un samedi de printemps j’ai même plongé dans l’étrange saignée de la Petite Ceinture. Et puis un jour, lorsque j’en ai eu les moyens, j’ai fait l’acquisition d’un vélo de ville : un grand tout noir hollandais, un Royal Batavus, trois vitesses au moyeu, freinage par rétropédalage, chaîne carénée, selle Brooks, le nec plus ultra, indestructible : pour preuve il est toujours là, fringant, vaillant, admiré de tous. Choix de vie, autonomie et liberté, ce fut fondateur.
 













À vélo, dans la ville, hormis que pour y survivre face à la horde motorisée – qui ces dernières années avec le boom des scooters est devenue quasi-sauvage – et l’indiscipline des piétons, on apprend la civilité et le calcul de la bonne trajectoire en partant du principe que pour les maîtres de la chaussée, les impérieux à moteur, le cycliste est un importun. Comme me le faisait remarquer finement, lors d’un déjeuner en ville, le gros Gérondeau, passé de la Sécurité Routière au tout pour la bagnole – c’est plus juteux – « le vélo n’a pas sa place à Paris… » L’est vert le Gérondeau avec le succès du Vélib mais ça ne l’empêche pas de vociférer contre l’arrogance des néo-cyclistes qui, entre nous soit dit, sont assez cons pour mettre leur vie en danger et, en plus, de faire réélire Delanoë. Même Bernard Arnault s'y met, chez Louis Vuitton les abonnements à Vélib (29 euros/an) sont pris en charge par la maison.
 
Dans la ville les « sauvageons » en col blanc sont légions : sus aux feux rouges, pas de rémission, la rue est aux astucieux insoucieux des règles du code de la route et de la bienséance, insultes, bras d’honneur, même ces dames s’y mettent. Mon drame c’est que ce sont eux qui donnent le la : le néo-cycliste est trop souvent un automobiliste à vélo. Les gardiens de l’ordre, eux, majoritairement automobilistes dans l’âme, sont beaucoup plus préoccupés par la fluidité du trafic, la verbalisation aveugle mais juteuse, le rodéo hurlant, que par la protection des usagers les plus faibles. La rue c’est la jungle, le vert en moins, les gaz d’échappement en sus ! Reste, les derniers aristos du vélo, dont je suis, soucieux de leur vie et de celle des autres, qui survivent dans cet univers impitoyable.
 
Alors, certains d’entre vous m’objecteront qu’il faut être fou pour persister dans cet exercice où l’on risque de finir sa vie sous les roues d’un Cayenne rutilant. J’en conviens mais ranger définitivement mon fier destrier dans sa sombre écurie ce serait pour moi déjà mourir un peu. Pour moi faire du vélo de ville en ville – les dératés en VTT et combinaison moule-bite ne font pas du vélo, ils pédalent – est un exercice vital. En effet, enfourcher ma monture c’est brûler mon stress, être ponctuel, admirer le lever du soleil en traversant le pont Royal, réfléchir, décanter ma pensée, repérer les nouveautés des vitrines, mater les filles, sourire aux jolis femmes, indiquer leur chemin à des américains, s’arrêter boire un verre à une terrasse, faire ses courses, narguer la maréchaussée en train de débiter des PV, bronzer, chanter, bavarder aux feux tricolores avec d’autres vélocipédistes, flâner, garder la ligne, être border line au resto avec le picolo mais pas trop, porter une brassée de fleurs sans me prendre pour le roi de la pédale, faire un saut chez le boucher sans râler, découvrir des rues inconnues et des inconnues tout court, écrire une chronique sur son blog, bref concilier l’utile à l’agréable.
 
Vivre quoi !
Bateaux-et-Sexe-020.jpg Vélo Bling Bling by Chanel 8900 euros pièce. Philippe c'est ça le luxe des nouveaux riches...
   
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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 00:03

Puisque mes amis de Sève l'affirment : leur bébé est l'enfant naturel de René Renou et de moi-même, je suis disposé à entamer une reconnaissance de paternité. En effet, j'ai toujours rêvé d'être le père d'un enfant naturel car, comme vous le savez peut-être, alors que dans le cas d'un enfant légitime la présomption " pater is est..." s'applique : le père de l'enfant est le mari de la mère (art.315 du Code Civil) dans le cas de l'enfant naturel il faut le reconnaître. René ayant tiré sa révérence un peu trop tôt à notre goût, je suis donc le seul à pouvoir effectuer les démarches. Je le fais avec plaisir car cet enfant, sans mère connue, mais pourvu de deux pères qui partageaient le même goût pour le débat, la même passion de convaincre, doit être doté d'un solide tempérament. Bien sûr, certains objecteront que René, lui,  était un sage, un vrai défenseur du terroir, un pur vigneron en nos appellations, alors que moi, je ne suis qu'un plumitif apatride, qu'un mondialiste forcené non agréé par la CNAOC, qu'un gars pas très sérieux tout compte fait. Ben oui mais les lois de la génétique sont telles qu'avec un tel bagage l'enfant ne peut-être qu'un génie. Bref, trêve de plaisanteries, la parole est aux vignerons de Sève.

Une des dernières photos de René Renou en compagnie de membres de Sève... 

1ière Question : SEVE c’est quoi ? SEVE c’est qui ? Un groupuscule de vignerons intellos rêveurs ? L’aile marchante des tenants du retour aux sources de l’AOC ? Les mouches du coche enlisé des « conservateurs des droits acquis » ? Une confrérie de doux naïfs que l’on mène en bateau ? D’où venez-vous ? Qui êtes-vous ? Où allez-vous ? Dites-nous tout gens de SEVE !

 

 

 

Réponse :Par provocation j'aurai tendance à dire que Sève est l'enfant naturel de Jacques Berthomeau et de René Renou, de cap 2010 et de la réforme de l'agrément des AOC ! Mais plus sérieusement des vignerons – c'est d'ailleurs notre point faible parce que nous sommes très « pris » par notre métier de vigneron et que nous ne sommes pas des « professionnels du syndicalisme viticole » - des vignerons donc qui, suite aux conseils d'un Jacques Berthomeau ou de René Renou, ont réinvesti leur syndicat d'appellation pour faire entendre une autre voix, moins corporatiste dans certains cas – et on nous le reproche assez – plus élitiste dans d'autres parce que nous pensons par exemple qu'un segment AOC qui représente plus de 50% des vins français est une aberration !
Nous ne souhaitons surtout pas être une secte ou une chapelle, chose fort courante dans le monde du vin et en particulier dans une période où un grand nombre de repères ont disparu. J'aurais tendance à dire également que ce « club » est animé par des producteurs de toutes les régions viticoles françaises qui ne veulent pas dissocier réussite économique et vie collective au service de leur appellation ! Enfin on peut aussi considérer qu'il s'agit d'un groupe de vignerons européens parce que cette conception est partagée par des vignerons italiens, espagnols, portugais, allemands qui pensent que la viticulture de terroir est un humanisme ou pour le dire autrement qu'il ne peut y avoir de viticulture de terroir qui ne soit durable à moins tout simplement qu'on imagine, longtemps encore, prendre les consommateurs pour des imbéciles et le terroir pour un piège à cons !

 

2ième Question : Certaines personnes bien informées, comme on dit dans les antichambres du pouvoir, affirment que nous entrons à nouveau dans une ère de grande glaciation des AOC, que la réforme engagée ne changera rien aux questions de fond, qu’elle n’est qu’un leurre, que toute la pesante mécanique mise en place va coûter cher pour un résultat mineur, que la catégorie des vins sans IG issue de la réforme de l’OCM va devenir le bassin déversoir des excédents des AOC, j’en passe et des meilleures… Beaucoup de bruit pour rien ou le début d’une ère nouvelle, que pensent les « réformateurs » de SEVE du processus engagé ?


Réponse

 

: Nous pensons que la réforme en cours était une opportunité à saisir parce qu'elle introduisait la notion de contrôle indépendant – les vignerons, enfin, n'étant plus juge et partie – et parce qu'elle permettait d'intervenir dans les contrôles en amont, sachant qu'à ce jour nous continuons en France à produire des vins dont nous attendons la réalisation pour se poser la question de savoir s'ils sont aptes ou pas (à exister) et aptes à quoi (à quel marché) . La réforme introduisait donc une « philosophie » nouvelle, le respect des conditions de productions devait garantir la qualité du produit, le produit étant à priori conforme et son contrôle en tant que tel aléatoire.
Malheureusement les tenants et défenseurs de la « typicité », notion creuse au contenu scientifique approximatif

, menacent les côtés positifs de cette réforme : Sève dès 2005, avec le concours de l'INAO, du prof. Mac Leod, de Marc Danzart, de Dominique Valentin, etc., de l'INRA d'Angers (travail d'Yves Cadot) ont démontré la vanité de la détermination scientifique de la définition du terroir par la caractérisation organoleptique du produit d'une part et l'approximation inévitable de l'utilisation du goût comme outils de contrôle d'autre part ! Mais rien n'y fait le formatage de l'industrie agro-alimentaire est en marche ! En fait la viticulture ne veut pas de vrai contrôle en amont et préfère en rester à un contrôle produit « bidon » donc sans conséquence sur la « qualité » de la production ; cette conception « irresponsable » de la production est fortement ancrée dans les mœurs et donc très difficile à faire évoluer : « nous on produit à vous de vous « débrouiller » pour vendre »!

 

3ième Question : Dans l’hypothèse où la dérive des grands territoires d’AOC perdurerait, que le retour aux sources de l’AOC pour lequel vous militez depuis presque 10 ans serait étouffé sous le poids des conservatismes, qu’on se contenterait d’une simple cosmétique des textes, qu’envisagez-vous de faire ? D’après-vous est-il possible de peser dans les débats hors des organisations traditionnelles ? Le risque de voir s’exacerber l’antagonisme un peu factice entre une viticulture « artisanale » vertueuse et une viticulture « industrielle » néfaste pour le vin à la française n’est-il pas le seul résultat que nous allons récolter au terme de la période Cap 2010 ?

 

Réponse : Ce comportement est d'autant plus regrettable que la réforme accompagnée d'une segmentation ou hiérarchisation intelligente aurait permis de répondre aux besoins et aux attentes des vignerons qui au sein même de leur entreprise avaient besoin des deux mouvements, mouvements de libéralisation des conditions de production pour le plus grand nombre de cas et mouvement de renforcement des contraintes de production pour essayer, pour tenter de cerner ce qui pouvait permettre de révéler le lien au terroir, partant du principe qu'en ce domaine rien n'était acquis mais tout à prouver, si je puis dire.

Ce qui a faussé beaucoup de chose dans le monde viticole, c'est le fait que nous vivons une période où les gourous sont roi : ni Dieu, ni Maître comme dirait l'autre, mais le problème c'est qu'en l'absence des deux, les chapelles sont pleines et la part laissée au doute de plus en plus étroite; or on ne fait pas du vin avec des idées et des dogmes mais des raisins différents chaque année et c'est ce qui fait l'intérêt de ce métier .

Le lien au terroir personne ne sait ce que c'est ! J'espère en avoir l'intuition, l'appréhender mais le mettre en équation : que dalle ! Ce métier demande un minimum de modestie que tous, à part quelques très grands comme Aubert de Villaine ont perdu. La seule chose que je sais, chaque année, face à la vendange c'est que je ne sais pas grand chose et que je vais essayer de comprendre ce qui s'est passé, ce qui va se passer demain : le doute est au coeur du métier ; si on arrête de se poser des questions dans ce métier alors il faut en changer ! on a voulu faire croire, les journaleux, les flatteurs de tout poil, que ce métier était un métier de seigneur ! Tu parles ! C'est un métier d'esclave au sens où la «  grande Simone » l'emploie en évoquant les paysans portugais ! 
Je parle bien sûr de ceux qui continuent à faire du vin chaque année, chaque année différente un vin différent qui a des choses à dire, à raconter sur l'année passée. Il y a bien longtemps qu'on ne fait plus de vin à B. puisque chaque millésime est celui du siècle ! À B. aujourd'hui on fait du pognon, on spécule, on fait des affaires ! du vin ça se saurait et ça se boirait ! Ce vin là d'ailleurs ne se boit plus, il se stocke dans des galeries à l'abri des regards, à l'abri des gorges chaudes, c'est un produit froid stocké en caisse de douze au fond des galeries chez Legrand au Chemin des Vignes dans des cimetières à vin, plus personne ne sait qu'ils sont là, ils sont oubliés, la famille ne les attends plus, souvent elle ne connaît même pas leur existence ! C'est terrifiant cette histoire. Certains de tes lecteurs ne me croiront pas ! Je connais un caviste à Lyon qui m'expliquait qu'aujourd'hui quand il vendait des « grandes bouteilles » il voulait les ouvrir avant de les vendre pour être sûr qu'elles soient bues et ne terminent pas dans le coffre d'une banque !!!

Certains penseront que je m'énerve ; pas tant que ça, je veux simplement dire au consommateur de vin, ceux qui en boivent , ceux qui aiment ça – j'en fais partie et je n'aime que les « petits » vins, les « grands » m'emmerdent sauf ceux qui ont la délicatesse d'être discret, de ne pas se faire voir, d'arriver en douce, sans se montrer- je veux leur dire qu'il est des vignerons qui en ont assez, assez de toutes les bêtises, de tous les mensonges qu'on leur raconte sur le vin. Sève est né aussi de ça, du fait qu'en 2007 comme en 1907 la fraude et le cinoche sont au coeur du dispositif et qu’il faut que cela change !

Pour revenir à la réforme je pense qu'il ne faut pas opposer viticulture artisanale et viticulture industrielle parce qu'il est des producteurs de grandes structures qui sont intègres et font de très beaux vins avec plus de rigueur et d'exigences que des Châteaux où les grands crus n'ont pas grand chose à voir avec une expression de terroir ; le terroir est une donnée nécessaire mais pas suffisante, comme la partition qui n'existe que par le musicien qui la joue, ou qui la massacre ! Malheureusement nous allons devoir envisager, pour ceux qui veulent continuer à faire des vins qui auraient une intimité avec leur terroir, de mettre en place d'une façon libre pour le vigneron mais lisible pour le consommateur une ébauche de garantie : je revendique le désir, la volonté de rechercher ce lien, je me mets dans les conditions que je crois être les meilleures pour exprimer ce que peut être le terroir ! Je garantis non pas une fin inaccessible mais des moyens mis en œuvre pour tenter d'y arriver! Je n'en suis pas sûr mais je m'autorise à penser que l'addition de certains comportements – la réalisation d'une bouteille ce sont des milliers de gestes de la naissance de la vigne à la vinification dans la cave – oriente le vin dans l'expression d'une chose ou d'une autre et j'ai la conviction que si je plante de la vigne à n'importe quel endroit en utilisant le maximum de technique et d'intrants, il y a un rapport entre la fin et les moyens ou plus exactement, que plus il y a de moyens plus il est difficile de saisir la fin !

Le philosophe Jacques Ellul a écrit des choses superbes là-dessus et je reste persuadé que nous vivons une époque où nous avons plus besoin de philosophes que de techniciens. Ce n'est pas une question de refus de la technique et de la modernité, c'est le problème posé par le lien entre la technique utilisé et son influence sur le produit lui-même parce qu'il y a un lien entre l'un et l'autre, et je vais prendre un exemple simple : je vinifie dans une région où il existe une technique ancienne qui consiste à élever les vins au soleil afin qu'ils « ranciotent ». Et bien cette technique a une telle influence sur le produit qu'elle gomme totalement l'effet terroir c'est à dire que si tu prends un Banyuls et un Maury jeune et non oxydé tu vois la différence entre les deux vins alors que sur les mêmes vins ranciosc'est impossible parce que l'oxydation l'emporte sur le reste et modifie complètement le produit.

La question que nous posons à Sève, c'est qu'en l'espace de quarante ans les techniques à la vigne et à la cave ont beaucoup évolué et cela a forcément une influence sur le vin et le lien du vin avec son terroir. Il n'y a pas de techniques mauvaises en soi, il y a simplement la nécessité de poser la question : est-ce que l'utilisation des « nouvelles techniques » ne nous a pas éloigné de l'effet terroir et n'a pas uniformisé le style, le goût de nos vins ? Quel est notre capacité à accepter le « défaut » du terroir puisque par définition le terroir c'est l'acceptation de la différence, de l'exception ! Quelle est la place dans une société mondialisée, uniformisée pour des vins qui sont le résultat d'une histoire particulière dans des lieux difficiles avec des hommes et des femmes qui ont su garder une certaine originalité, particularité et qui se permettent quand la mode est au vin boisé, puissant etparkerisés de faire des vins légers et délicats. Pourra-t-on le faire au sein des AOC, j'aimerais, mais je préfère n'en dire pas plus pour l'instant.

pour Seve, Marc Parcé www.seve-vignerons.fr/

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 00:09

 

Mon premier se nomme Google, mon second Chusclan, mon tout tapez Chusclan sur Google vous obtenez tout en haut de la page : « une cave…très particulière » celle de Chusclan www.vigneronsdechusclan.com/ Si ce matin j’ai pris ce détour en passant par l’ogre de la Toile et le dialecte de Shakespeare la raison en est simple : dans le vaste village mondial une bourgade du Gard provençal de 928 âmes, située sur la rive du Rhône, avec des hivers modérés, des étés chauds et secs et une influence importante du vent du Nord (Mistral) due à son emplacement dans le couloir rhodanien, dotée d’un nom pour beaucoup imprononçable, peut être connue de tout un chacun. Et pourquoi diable, me direz-vous, viendrait-il à l’esprit d’un résident du quartier de Chelsea de chercher sur Google où se situe ce patelin au nom étrange ? Tout simplement parce qu’il vient de découvrir, en commandant chez Direct Wine limited, le Côtes-du-rhône Villages des vignerons de Chusclan. C’est leur cuvée Excellence : 60% de Syrah, 40% de Grenache noir, un vin de belle ampleur, grenat profond, capable de réchauffer les cœurs et les âmes de nos chers voisins anglais.

Mon choix, comme celui du consommateur de Chelsea, ne doit rien au hasard, il se fonde sur un constat simple : pour trouver la pleine expression de son terroir un vin a besoin de la main de l’homme. À la cave des Vignerons de Chusclan, le mot coopération  prend tout son sens : la mise en commun de moyens, avec « l’homme comme moteur et l’innovation à son service ». Par-delà les mots, ce sont les actes qui donnent à l’engagement des vignerons tout son sens. L’excellence est le fruit d’un travail engagé de longue date dans les vignes et à la cave : dès 1998, deux techniciennes amont et qualité sont engagées pour mettre en œuvre un programme ambitieux : mener de front le développement des surfaces cultivées sous cahiers des charges restrictifs et qualitatifs (50 ha en 2000, 400 ha en 2003, 700 ha en 2005), et les certifications ISO 9001 pour l’ensemble de la Cave et Agri Confiance pour le vignoble . En 2004, la Cave des Vignerons de Chusclan obtiendra cette certification, la première en Côtes-du-rhône, de la vigne à la bouteille. Mais, au-delà de la froideur des normes, ce qui frappe c’est la constante volonté de permettre à chaque vigneron d’apporter sa contribution à l’édifice commun. Ainsi, depuis 2002, la mise en place d’une cuverie de petits volumes permet, dans un souci de sélection, à certains vignerons la possibilité de vinifier eux-mêmes leur propre domaine. Oui, Chusclan est vraiment une cave très particulière.

Chusclan c’est 100 adhérents fidèles, depuis sa création aucun vigneron n’a quitté la cave pour se mettre à son compte. Ici l’aide à l’installation des jeunes ne se résume pas à un dossier administratif et à des subventions, c’est le pied mis à l’étrier, c’est le premier lien avec le terroir : en 1984 ce sont 4 jeunes qui bénéficient de 3 ha de baux sur le vignoble situé au pied du château de Gicon acheté par la cave et qui fait l’objet d’un important programme de rénovation. En 1990, ce sont 52 ha d’un vignoble expérimental qui sont confiés à des jeunes et en 2006 dans le cadre d’un vignoble vitrine 7 ha sont donnés en fermage à des jeunes. Dans beaucoup de milieux bien pensants on aime se référer à l’économie solidaire, au commerce équitable, très loin, dans des pays où l’on paye les gens au lance-pierres ou avec des coups de pieds au cul, mais on ne prend même pas la peine de s’intéresser à ce qui passe près de chez nous. Si la coopération à une fonction première c’est bien celle d’arrimer des hommes et des femmes à des territoires et de les y faire vivre dignement. J’ai bien écrit vivre, pas vivoter et, tant que certains n’auront pas compris que le dynamisme premier de notre secteur se situe dans les vignes nous sommes de bons candidats à l’arrachage. N’ayons pas peur des mots : il faut que chaque hectare de vigne gagne de l’argent qu’il soit en Côtes-du-rhône, en vin de pays ou en vin de table. À Chusclan, ce sont 1350 ha, 1000 en AOC, 350 en vin de pays qui produisent 67 000 hl de Côtes-du-rhône et 22 000 hl de vin de pays.

 

Oui mais quand le vin est tiré il faut le vendre et l’on sait bien que dans notre beau pays c’est là que le bât blesse. Les dirigeants de la cave, Claude Rivier en tête, ne sont pas restés les deux pieds dans leurs vignes et leurs belles installations de vinification. Plus de 50 % de leur vin sont conditionnés et vendus par eux : 60 % en France (25% en GD, 25% traditionnel et 10% au caveau) et 40% à l’export. Nos voisins anglais s'offrent 1,2 million de cols et 4000 hl de vrac partenariat (la mise région de production n'est pas toujours la solution comme le pensent certains puristes). C'est bien sûr le plus gros marché export de la cave et Direct Wine limited, évoqué au début, distribue par correspondance les vins de Chusclan depuis 40 ans (la fidélité est la marque d'une réelle satisfaction).
Dernière indication, pour les amateurs de chiffres, le Chiffre d'Affaires de Chusclan-Laudun c'est 15 Millions d'euros dont 40% à l'export. Le slogan de la cave « Partager notre terroir avec les consommateurs du monde », être à l’écoute des tendances et des attentes du consommateur voilà des mots qui sont doux à mes oreilles. Alors, puisqu’il faut conclure, permettez-moi d’écrire que les succès de demain se préparent aujourd’hui et que, si nous voulons redonner de l’élan au plus grand nombre, bousculer les sceptiques, surmonter la morosité et sortir du marasme, il faut que dans les Conseils d’Administration de certaines Caves ou chez certains particuliers, la même feuille de route que celle que s’est donnée Chusclan sous l’impulsion de Claude Rivier son président : "la qualité de la vigne" à la bouteille soit à l’ordre de jour. Des vignes et des outils de production adaptés aux vins que l'on veut vendre. Des vins voulus pas des vins subis soumis au bon vouloir des ramasseurs de vins. C’est la seule voie, c’est le seul remède, tout le reste n’est que posologie de Diaforus d’une autre époque qui mènent le vignoble à sa perte.
 

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 00:05
  La série entretien continue, mon nouvel invité est Michel Issaly, secrétaire-général des VIF : les Vignerons Indépendants de France. Au temps où mon rapport provoquait des remous dans certaines sphères syndicales, surtout chez ceux qui ne l'avaient pas lu, avec Xavier de Volontat et Michel Issaly l'accueil a toujours été chaleureux, convivial et le dialogue constructif la règle et, comme vous pourrez le constater dans l'entretien qui suit, sur le fond des choses, les passerelles existent. Reste à les emprunter mais c'est une autre histoire que nous écrirons sans doute ensemble. C'est donc avec un réel plaisir que j'entame cet entretien avec Michel Issaly artisan-vigneron d'un pays où j'allais, il y a fort longtemps, passer des vacances dans un gîte rural appartenant à un vieil original et ses deux fils célibataires, vignerons et écolos avant la l'heure - une dame blanche : une chouette effraie se promenait la nuit dans le grenier au-dessus de nos têtes - à Cahuzac s/Vère.
 

JB : «  Bonjour Michel Issaly, comme je suis un vieux briscard, de mon temps, on disait "caves particulières", j'ai même été le premier membre de cabinet à représenter le Ministre à l'un de vos Congrès à Blois, maintenant vous êtes les VIF, les vignerons indépendants. Eclairez ma lanterne et celle des lecteurs de Vin&Cie Michel Issaly, dites-nous ce qu'est un vigneron indépendant ? »

 

MI : « Un vigneron indépendant est d’abord un homme ou une femme, c’est ensuite un chef d’entreprise qui a pour spécificité de produire du raisin, dans ses vignes, de le transformer en vin ou eau de vie, dans sa cave et ensuite de le commercialiser. Ce qui fait du métier de vigneron indépendant une des professions les plus complètes qui puisse exister dans le monde de l’entreprise. Rare sont ces corps de métiers ou l’on demande autant de spécificité à un seul homme. »

 

JB : « Chef d’entreprise aux compétences très larges et très variées le vigneron indépendant  doit aussi, dans les appellations surtout, prendre sur son temps pour participer ou s’intéresser à tout ce qui tourne autour. Je veux parler tout particulièrement des fameuses ODG. Votre organisation, les VIF, s’est portée en première ligne, vent debout, pour contester leur mise en place. Pourquoi, Michel Issaly ? Qu’est-ce qui ne vous va pas : le fond de la réforme ou ses modalités de mise en œuvre ? Que souhaitiez-vous ?

 

MI : Ce qui nous va bien c’est la grande idée de cette réforme : séparer le lieu de gestion d’une AOC du lieu d’agrément. Il était enfin temps de mettre un terme aux dérives qui sont apparues  depuis 15 ou 20 ans dans la gestion de nos AOC. Nous étions un certain nombre à penser, qu’il allait y avoir enfin, une réelle occasion de revenir à une véritable politique de vin construite sur cette notion de terroir que le monde entier nous envie. Je rappellerai aussi pour la petite histoire que les entreprises vignerons-indépendants produisent environ 60% des AOC françaises.

Malheureusement, les modalités de mises en œuvre ont été à nos yeux désastreuses. D’un coté, il fallait absolument que les nouvelles ODG permettent de garder le pouvoir et les moyens financiers des syndicats de production et, de l’autre coté, des « apprentis sorciers » se sont fait plaisir à rédiger des cahiers d’habilitation d’entreprises ressemblant à des usines à gaz. Et, au milieu, personne n’a pensé à d’abord, dire ce que nous voulions faire de nos AOC et quelles places elles auraient dans une segmentation enfin lisible de notre offre. Les vignerons indépendants de France attendaient et attendent encore ce grand débat. À nos yeux, il nous semblait qu’il aurait fallu commencer par là. Une fois de plus, la filière viticole française a mis la charrue avant les bœufs.

Nous pouvons également noter un manque criant de concertation des acteurs de la filière sur une réforme majeure de notre viticulture. Le réveil risque d’être brutal pour un certains nombre de producteurs, mais aussi pour certains négociants lorsqu’ils demanderont leur habilitation.

La mauvaise nouvelle dans tout cela, c’est que cette réforme va rentrer en application dés cette récolte 2008 et que les producteurs de base sont loin, très loin d’en connaître les contours et la philosophie. Nous nous posons également des questions quant  au coût réel de la mise en œuvre de cette reforme qui risque d’être au-delà du raisonnable pour que nous restions compétitif sur le marché mondial.

 

JB : Notre compétitivité sur le marché mondial, c’est-à-dire notre capacité à accompagner la croissance de la consommation dans certains pays, à conquérir de nouveaux consommateurs, à reprendre des parts de marché à nos concurrents, pensez-vous Michel Issaly que le récent compromis sur la réforme de l’OCM vin ait pris la pleine mesure de ce défi pour la viticulture de l’Ancien Monde dont la France est et reste le moteur ? Quelle est l’analyse des Vignerons-Indépendants sur ce nouveau cadre communautaire ?

 

MI : Non, c’est nous qui n’avons pas pris la mesure du véritable défi qui nous attends, pour la bonne et simple raison que nous continuons à faire des discours et que nous oublions l’essentiel : les actes, car la course contre la montre a débuté depuis un certains temps partout ailleurs.

Les Vignerons Indépendants ont été les seuls avec le négoce à vouloir une reforme profonde de l’OCM, orientée vers les marchés et les consommateurs, avec une déréglementation d’une partie de notre viticulture. D’ailleurs OCM veux bien dire Organisation Commune du MARCHE, il faut donc qu’il nous donne les moyens de maintenir et de conquérir de nouveaux débouchés. Même si la première mission de cet OCM est de garantir un revenu convenable à tous les producteurs, c’est bien par notre capacité à réussir notre implantation sur tous les marchés que nous les garantirons.

La viticulture française à absolument besoin de changer, d’évoluer, tout en gardant la force de son histoire et son enracinement territorial. C’est cet exercice qui est le plus difficile à faire pour un vieux pays viticole comme le notre.

C’est par notre capacité à créer une offre lisible, sans contrainte sur le bas de la pyramide (là ou il y a le plus de concurrence) que nous pourrons adapter une partie de notre production aux exigences de ces nouveaux modes de consommations. Pour arriver à réussir ce challenge, il faudra en réussir plusieurs à la fois. Tout d’abord augmenter l’exigence de notre production AOC sur de vraies valeurs de terroir, mais aussi en tenant compte des valeurs humaines. C’est ce que nous appelons, la viticulture « artisanale », celle qui fait du cousu main autour d’un véritable savoir faire. Pour réussir ce premier challenge le retour à une vraie notion basée sur le terroir est indispensable. La France, est, et c’est la sa force, le pays le plus riche au monde en terme de diversité agronomique. Redonner vie au sol et être exigeant sur leur préservation doit être le rôle essentiel de nos nouveaux ODG. Un vin AOC devrait d’abord se faire à la vigne et pas dans la cave.

Mais nous savons tous, que cette viticulture ne pourra plus représenter 57% des volumes produits en France comme c’est le cas aujourd’hui, car il n’y a pas encore de par le monde assez de consommateurs pour la comprendre. A côté de cette viticulture il faut créer une offre basé sur des valeurs agro-alimentaires,  tournée vers le goût et les besoins des consommateurs en s’appuyant sur des marques fortes. Marques, qui malheureusement nous font défauts aujourd’hui, en tout cas celles de poids suffisant pour peser sur l’offre mondiale. Dans ce secteur, tout reste à construire. Pour réussir dans cette compétition, il fallait absolument une libéralisation des contraintes réglementaires. Ce nouvel OCM nous donne enfin les outils pour la construire.

Toutes ces évolutions vont amener un changement profond de notre viticulture, il ne faut pas en avoir peur, mais l’accompagner de toute notre force. Ce sera le dernier OCM spécifique au vin, il me semble qu’il a réellement pris en compte la mesure des enjeux. En tout cas si nous faisons les bons choix il va nous donner les moyens d’accompagner cette mutation. Nos entreprises ont absolument besoin de rentrer dans une aire d’intelligence économique pour voir et anticiper ces évolutions et être demain plus compétitives. Si la filière française dans son ensemble sait utiliser les moyens mis à notre disposition et en construire de nouveau, si elle sait aussi être innovante, il y a de grandes chances, grâce également à ses atouts actuels, qu’elle occupera durablement le poste de leader mondial de la viticulture.

 

JB : Cette analyse me va bien Michel Issaly mais avons-nous placé le Ministre français dans les meilleures conditions de négociations ?

 

MI : Sur la dernière question, je pense que la France a adopté, lors de cette négociation une position de défense et non une position d’attaque. Malgré tout, la proposition de la commissaire Européenne Marian Fischer-Bold reste tout de même assez ouverte, même si la libération des plantations a été repoussée. Cet OCM grâce notamment à une libéralisation de l’étiquetage avec une politique de vin avec IG (indication géographique) et sans IG  va nous permettre de nous donner les moyens pour occuper tous les segments de marchés.

Les Vignerons Indépendants de France avaient d’ailleurs demandé que cet OCM nous donne enfin la possibilité d’utiliser les mentions de cépage et de millésime sur les vins sans indications géographiques. Comment voulez-vous conserver ou gagner des parts de marchés si vous n’avez pas les mêmes règles que vos concurrents ?  Aujourd’hui nous avons les mêmes armes que eux, on verra enfin si nos gros metteurs en marchés sont capables de mettre des actes en face de leurs discours tout en garantissant enfin un revenu honorable aux producteurs.

Pour terminer et à titre personnel, je souhaite que la filière française réussisse à faire vivre ensemble ces deux visions différentes mais complémentaires de notre production viticole. Les pouvoirs publics auront aussi une très lourde part de responsabilité pour ne pas condamner un secteur au profit d’un autre et renouveler ce qui c’est produit au niveau des fromages où l’on a tué dans ce pays le secteur artisanal.

 

JB : Vous comprendrez bien sûr Michel Issaly que je sois de ceux qui appelle, comme vous, de tous mes vœux à ce vivre ensemble. Pour clore cet entretien, permettez-moi de revenir quelques instants à la vigne et au vin, parlez-nous un peu  de votre entreprise artisanale de vigneron, ce domaine de la Ramaye à Ste Cécile d’Avès, dans le gaillacois, auquel vous êtes très attaché.

 

MI : Oui je suis très attaché à mon Domaine ainsi qu’à ma région, qui est comme vous le comprendrez la plus belle région de France. Ce Domaine existe depuis 1847 et a toujours appartenu à ma famille. La notion de transmission du savoir faire est donc importante et capitale dans le choix du style de vin que nous réalisons.

Nous faisons un métier extraordinaire et passionnant surtout lorsque nous avons cette chance de pouvoir être en permanence au contact du consommateur.

C’est cette relation privilégiée avec notre clientèle qui m’a permis de faire un choix assez particulier par rapport à mes collègues puisque au lieu de grossir j’ai préféré diminuer ma surface de production pour me consacrer uniquement à ce que je savais faire : une politique de production où l’homme fait corps avec son terroir et son millésime, et où le vin exprime cette diversité. Je suis donc passé en 1993 de 13 ha de vigne à 5 ha. Choix difficile, mais si aujourd’hui avec le recul il me fallait le refaire, ce serait exactement le même.

Nous avons à Gaillac une richesse extraordinaire en cépages autochtones : le mauzac, le lenc de l’el, l’oundenc, le duras, le braucol, le prunelard… J’ai restructuré mon entreprise pour ne vinifier que ces raretés.

Même si ce sont des vins compliqués, plus chers que la moyenne, je me rends compte tous les jours que le public s’ouvre d’avantage à eux. Il m’a quand même fallut plus de vingt ans pour asseoir la notoriété de cette marque personnelle, en ne m’étant jamais réfugié derrière la marque collective. Je connais donc le travail et l’exigence nécessaire pour créer et continuer à garantir l’attente du consommateur, la remise en question est permanente.

Nous commercialisons aujourd’hui une grande partie en France auprès d’un public de particuliers mais aussi pour plus de 40% auprès des restaurants, cavistes ou bars à vins. Environ 15% de nos ventes se réalise à l’export (Belgique, Allemagne, Suisse, Québec…), même si le plus souvent c’est un marché d’opportunisme car je suis en rupture de stock au moins quatre mois dans l’année. J’entretiens bien sur la rareté de mon produit, c’est ce qui me permet d’augmenter ma valeur ajoutée, mais il n’est pas encore question d’augmenter la surface de mon vignoble car la demande sur le type de vins que je réalise n’est pas du tout élastique

 

JB : Merci pour votre disponibilité Michel Issaly. Les lecteurs de Vin&Cie apprécieront votre liberté de ton et votre engagement. J'ai eu l'occasion de goûter votre vin rouge lors d'une manifestation qui se déroulait dans le nouveau  Bercy - un beau clin d'oeil - et je puis assurer mes fidèles lecteurs que, même si je ne suis pas le top du top des dégustateurs, c'est de la belle ouvrage d'artisan vigneron. D'ailleurs, s'ils le souhaitent, ils peuvent se rendre sur votre site www.michelissaly.com/

 

 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 00:09

 

Le 4 septembre 1969, c’était un jeudi, et c’était mon quatrième jour chez Citroën à l’usine du quai Michelet à Levallois-Perret, celle où l’on fabriquait la "deuche" la chouchoute des babas cools. Pour moi c’était, tout, sauf cool, mais la galère. Mon boulot, boucheur de trou sur la chaîne de montage de la « caisse », consistait à charroyer entre l’atelier de soudure et celui d’emboutissage des structures métalliques pour pallier les anomalies constatées sur certaines caisses et éviter un trou dans l’assemblage. Entre les deux ateliers, cent mètres où je devais pousser, courbé, arc-bouté, une sorte de fardier, dont les toutes petites roues collaient au goudron, rempli de carcasses en tôle tout juste sorti des presses. J’en chiais, ça me sciait les reins et, comme ce sadique de contremaître, lorsque je lui avais demandé poliment des gants, m’avait ri au nez en me balançant goguenard « tu te démerdes y’en a pas… » - y’avais jamais rien dans cette boîte de merde c’était comme ça chez Citroën le royaume du bout de ficelle – je me faisais bouffer les mains par le nu tout juste refroidi de la tôle et cisailler les doigts par tous les angles de ces putains de pièces. Les nervis, la couche de brutes épaisses qui évitait à la caste des ingénieurs géniaux – les pères de la DS – de se préoccuper de la lie des OS, m’avait classé dans la catégorie « intellos », tous ces branleurs qui venaient les faire chier et foutre le bordel en s’immergeant dans la classe ouvrière, ici fortement représentée par les « bicots » et les « crouilles » ex-fellaghas coupeurs de couilles des braves défenseurs de l’Algérie Française. La manœuvre des « génies » de la place Beauvau fonctionnait à merveille : j’allais plaire aux illuminés de la Gauche Prolétarienne.

 

















Quand je m’étais pointé le premier jour aux bureaux du quai de Javel, pleins de cols blancs et de petits culs frais de dactylos arpentant les couloirs, après les formalités d’usage, paperasses diverses, on m’avait dirigé vers le bureau du responsable du pointage où officiait, derrière un petit bureau métallique, un grand mec au crane rasé qu’avait une gueule de juteux de l’armée, et qui s’avéra par la suite être un ancien sous-off qu’avait fait l’Indochine et l’Algérie, plus caricatural que nature, raide et con à la fois. Manifestement ma gueule lui déplaisait et, pour me faire chier, il m’avait collé dans l’équipe de nuit : j’embauchais à neuf heures du soir et je finissais à cinq heures du mat. À part les affres de mon Golgotha quotidien, ça m’allait comme un gant car ça me laissait du temps pour aller traîner mes grolles du côté des réunions secrètes de mes amis les « tigres en papier ». Mais le 4 septembre je n’en étais pas encore là et, lorsque je sortis de l’usine, encore plein du fracas des presses, cassé par la nouvelle gestuelle que m’imposait le charroi de pièces en tôles coupantes qui me mettait les mains en sang, vidé de toute envie et affamé, j’enfourchais ma mobylette et je fonçais jusqu’à mon gourbi de la Butte aux Cailles pour me jeter sous une douche bouillante. Décapé, propre sur moi, je gagnais Montparnasse où j’allais, dès l’ouverture, poser mon cul sur la paille des fauteuils nickel du Sélect. En dépit de mon décrassage je devais suinter l’ouvrier car les garçons me tiraient des mines dégoûtées en prenant ma commande. Je les ignorais en m’empiffrant de leur petit déjeuner continental. La faune matinale me plaisait ; des femmes entre deux âges me mataient ; des intellos en velours côtelé péroraient ; quelques filles en mini-jupes et bouquins sous le bras faisaient escale et pépiaient ; de vieux messieurs à rosette lisaient la presse du matin ; moi je somnolais doucement jusqu’aux environs de neuf heures.

 Requinqué, je commandais alors un croque-monsieur avec un verre de Brouilly et je me plongeais dans la lecture du Monde l’austère que j’avais acheté à un vendeur à la criée. Dans les cafés parisiens, surtout les plus chics, seul le statut d’habitué vous donne droit à un traitement chaleureux, qui parfois confine au larbinisme, surtout lorsque, comme moi, on arrose le personnel de pourboires généreux. Sans rouler sur l’or, comme la grande maison continuait de m’assurer mon traitement de fonctionnaire de police, qu’elle prenait en charge le loyer de mon gourbi de la Butte aux Cailles, et que la maison Citroën m’assurait le maigre salaire d’un OS – toujours assez mince même si les accords de Grenelle avaient rallongé un peu la sauce – je pouvais me permettre de claquer un peu de blé pour me faire plaisir. Ferdinand, qui était de service le matin, après m’avoir battu froid les premiers jours, face à ma munificence et ma lecture du Monde, me prit très vite sous sa protection. Archétype du vieux titi parisien il alternait des réparties désopilantes et des propos de la France un peu rance qui râle à tout propos sur tout et rien. J’étais bon public, me gondolais à la plus petite plaisanterie, approuvais ses pires insanités. Le Fernand appréciait. Le seul nuage obscurcissant un peu  notre lune de miel provenait du flou de mes réponses lorsqu’il tentait de me pousser aux confidences sur mes activités. Je le faisais, non que je craignais son indiscrétion, d’ailleurs j’aurais pu m’inventer une troisième vie, mais parce que voulais le tenir un peu à distance avec juste ce qu’il faut de mystère. Lorsque je découvris l’entrefilet annonçant la fin tragique de Gabrielle Russier Ferdinand compris que je venais d’être touché au cœur.
                                           ***************

Et toujours l'info sur Vin&Cie l'espace de liberté : les "Wines News de la Toile" le n°10 est en ligne : trafic de vin toxique en Italie se reporter en haut à gauche du blog sous la rubrique Pages en vis-à-vis du titre de la chronique. Bon dimanche à tous.

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 00:01

Quand on tombe au hasard d’un surf sur la Toile sur un témoignage exclusif intitulé : Michel Rocard au Ministère de l’Agriculture* et qu’on a été comme moi son porteur d’eau au 78  rue de Varenne, en parodiant le Che – celui de Belfort – on le lit et, soit on ferme sa gueule, soit on fait du Berthomeau.

* Propos recueillis par Christophe Bellon les 23 et 27 janvier

Je vous offre donc des petits morceaux choisis avec un tout petit commentaire : « Non cher Michel, tu n’as pas inventé la DO en te rasant… ce serait sans doute top moumoute et, même si j'eusse préféré te voir prendre, en ce temps-là, le même chemin que Nicolas, je me dois d'écrire que ce fut vraiment une œuvre collective à laquelle André Lachaux et ma pomme avons beaucoup donné, et si notre cher Antoine Verdale, qui ne portait pas de formidable béret basque et qui était un peu plus grand que tu ne le dis, t’avait entendu dire qu’il était du Sud-ouest il t’aurait rétorqué de sa voix rocailleuse : « qu’assez curieusement d’ailleurs, même s’il était un adepte du cassoulet de Castelnaudary, Trèbes ce n’était pas dans le Sud-Ouest mais dans le Midi… » Pour tout te dire, cher Michel Rocard, la musique de ton interview est assez juste mais, par moment, tu te prends un peu les pieds dans les paroles. Ce n'est pas grave, l’important dans tout ça c’est que tu aies été un bon Ministre de l’Agriculture et, même si certains peuvent estimer que je suis mal placé pour l’écrire : je confirme, tu as été un Ministre de l’Agriculture courageux et efficace…


Extrait n°1 : Michel Rocard fait du Rocard
  

  

Q : Dans votre dernier ouvrage – le livre d’entretiens Si la gauche savait [1], vous décrivez votre présence au 80, rue de Varenne, siège du ministère de l’Agriculture, comme « les deux plus belles années » de votre vie politique. Il ne faut pas oublier que vous preniez une succession délicate. Le ministre sortant, Édith Cresson, était impopulaire…

 

MR : C’est une litote.

 

MR : « Pourquoi ? D’abord, on ne sait plus quoi faire de moi au Plan parce que je suis encombrant. Mais je suis trop populaire pour qu’on se débarrasse de moi comme ça. L’idée de me coller à l’Agriculture a tous les avantages puisqu’il y a de grandes chances de s’y planter ou d’y échouer, ce qui débarrasserait la scène politique française de mon modeste personnage. Et si je réussis, ce qui va être le cas, c’est pour le compte du gouvernement tout entier et du président de la République qui, dans sa sagesse, m’aura mis là. Donc, tout le monde y gagne. »


Extrait n°2 : Rocard et Mitterrand, le grand amour…


MR : Il m’est donc arrivé d’avoir recours à l’arbitrage du président de la République, en serrant les dents et en ayant très peur. Cet homme ne m’aimait pas et je ne l’aimais pas. Nous nous étions construits une vive inimitié au moment de la guerre d’Algérie. Je l’avais tout de même traité d’« assassin ». Il avait envoyé au peloton d’exécution une vingtaine d’Algériens qui, après tout, étaient des résistants, même s’il était question de sabotage ou de terrorisme. Mais il m’a donné raison les trois fois, parce que c’était un rural. D’abord, il sentait très bien que j’aurais du mal à être solidaire d’une décision négative et, d’autre part, qu’il y avait un intérêt d’ordre public et un intérêt électoral à ne pas faire de drame, notamment dans ce monde rural auquel lui, un peu seul, était attaché. Et, petit à petit, je suis devenu un ministre encombrant. C’est vrai. Cela m’amusait beaucoup d’ailleurs.


Petite note d'explication
: Avant son meeting - le troisième de sa campagne et l'un des rares auquel il participera - François Mitterrand accompagné de Michel Rocard a tenté l'ascension du pic Saint-Loup. Brouillard et pluie forçant, ils se sont contentés d'une promenade de deux heures sur les sentiers en contrebas. Le lendemain, la presse relèvera le message de cette nouvelle alliance politique, de cette distinction appuyée. Dans tous les quotidiens régionaux et nationaux, on découvrira la photo de ces deux hommes en singulière tenue de randonneur : celle de Solutré pour Mitterrand, les chaussures montantes et l'imperméable pour Rocard.(extrait Midi Libre)

Au printemps 1988, Michel Rocard vient, une fois de plus, de se désister en faveur de son aîné pour la présidentielle. Mais il n'en a pas terminé avec l'humiliation. Pour bien lui monter à quel point il le domine, Mitterrand le convie à une curieuse promenade à la campagne. Dans son ouvrage « Si la gauche savait » (Robert Laffont), Michel Rocard raconte : « C'est le branle-bas de combat. J'ai à peine le temps de passer chez moi prendre un imper et de me procurer des chaussures de marche adaptées à la cambrousse. Cet accoutrement va faire de moi la risée de la France entière. Sur la photo, on me voit dans la boue à côté d'un Mitterrand impérial, avec -mes- énormes chaussures et -ma- casquette trop grande (...). Il ne voulait que ça, à l'époque, une photo avec moi. C'était bon pour les sondages ».


Extrait n°3 : Rocard et son cabinet fabuleux

 

Q : Quel rôle a joué votre cabinet ministériel ? On y croise déjà ceux qui vous suivront longtemps : Yves Colmou, Guy Carcassonne, Jean-François Merle, Jean-Paul Huchon.


 MR : Vous venez de citer, à juste titre, tous ces excellents polyvalents. Mais il y avait aussi des spécialistes du monde agricole, et j’ai eu une chance de plus, celle d’avoir effectivement un cabinet fabuleux. Il y a des hasards de carrière partout. J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ici Bernard Vial, Bernard Candiard, Jean Nestor, Jacques Berthomeau et François Gouesse, parmi d’autres. Et puis, j’ai eu des relations amicales. Je me suis trouvé lié d’une amitié qui existe toujours, avec le très puissant directeur général de l’INRA, Jacques Poly, en retraite aujourd’hui et dont la complicité, par des entretiens officieux, m’aida beaucoup. Ajoutons que l’INRA réfléchit non seulement sur les techniques du monde agricole, mais aussi sur sa macroéconomie. Tout cela était très précieux. J’ai donc été un ministre puissant, encombrant, jalousé.


Rocky.jpg


Extrait n°4 : Michel Rocard se la joue grave…


«  Et un beau jour, c’est en me rasant le matin - ça peut faire rire aujourd’hui, car l’image a servi récemment – que j’ai eu l’idée confinant à l’œuf de Christophe Colomb. Il s’agissait de rendre obligatoire la distillation qui n’était que facultative et la rendre obligatoire avec des volumes parfaitement massifs, de manière à essayer d’obtenir que le total de la production tombât au-dessous du niveau de la demande, pour relancer le marché… »

Note de l'auteur des notes sur la distillation obligatoire : on peut toujours écrire l'histoire comme ça mais la distillation obligatoire c'est une autre histoire mon cher Michel... C'est comme pour l'Antoine ci-dessous : pas de béret et sous la toise, sans te manger de la soupe sur la tête, il tangentait avec le mètre 70... Souvenirs, souvenirs...



Extrait n°5 : Rocard et l'Antoine Verdale de Trèbes

  

Q : Quelles sont vos relations, sur ce problème de la vigne, avec vos interlocuteurs et notamment avec le plus puissant d’entre eux, le président de la Fédération des caves coopératives viticoles ?

MR : C’est un peu grâce à lui aussi que l’affaire va être gagnée. D’ailleurs, il se passe une scène extraordinaire que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter. Je crois bien que c’est la première fois que je raconte toute cette période avec force détails. L’homme puissant était précisément le président de la Fédération des caves coopératives viticoles. Il s’appelait Antoine Verdale et il était de l’Aude. Je me dis alors que seul Verdale peut ou non décider d’avaler ça. Si ça ne passe pas avec lui, on fera ce qu’on pourra, mais on ira à la guerre civile. Avec son accord, c’était presque assuré. C’était un potentat. Il terrorisait un peu. C’était un vieux de la vieille de la SFIO que j’avais le souvenir d’avoir rencontré dans quelques congrès. Bref, on se connaissait un peu. En qualité de vieux militants socialistes, nous nous tutoyions. Mais depuis que j’étais ministre, c’était complètement banni. Bref, je le convie. Il arrive dans mon bureau. Il mesurait 1,55 m. Il ne dévissait pas d’un béret basque formidable. Il l’enlève cependant pour me saluer et me dit avec un bel accent du Sud-ouest : « Comment allez-vous, Monsieur le Ministre. Ça me fait plaisir de vous voir ». Je ne comprenais que 25 % de ce qu’il me disait. Son accent était plus prononcé que l’Aveyronnais. Bref, c’était dur. Alors, je lui dis : « Ça va, Monsieur le Président. On réussit des choses ». On venait de passer le Conseil européen de février 1984 et j’avais déjà quelques succès à afficher. Je revois très bien l’atmosphère de cet entretien dans mon bureau de ministre. C’était le printemps, il faisait beau. C’est alors que je lui explique l’idée de la distillation obligatoire. Un long silence s’ensuit et il me répond à peu près ceci : « Monsieur le Ministre, je vous demande pardon. Je n’ai pas fait les écoles, moi. Je ne suis pas énarque. Vous pouvez me réexpliquer ? » Je prends un crayon et un papier et je lui fais un schéma. Il s’ensuit un long, très long silence, invraisemblable. Un silence de deux minutes, c’est l’éternité. Il cogitait. Et puis, tout à coup, il explose, se lève d’un seul mouvement et me lâche : « Écoute, petit, oh pardon, Monsieur le Ministre, je crois que je comprends ton truc, oh pardon, votre truc, Monsieur le Ministre. C’est pas tout à fait impossible ». Le tour était joué. La qualité des relations personnelles est l’une des clefs des grands dossiers. On passe du temps, il réfléchit bien. J’attends qu’il fasse accepter l’idée par son conseil, ce qu’il fait. Personne n’en sait rien. Rien n’est public. Et puis, il a fallu que j’aille vendre ça aux autres. N’oublions jamais cela : le vin, ce n’est pas un produit. C’est une civilisation. Souvenez-vous ce qu’avait prescrit l’empereur Domitien au iiie siècle de notre ère : l’arrachage de toute vigne en Gaule pour ne pas concurrencer la vigne romaine. C’est quand même beau comme l’Antique.

Antoine Verdale fait valider ce que je lui avais proposé par le conseil d’administration de la Fédération des caves viticoles et je sais que c’est une proposition secrète. À ce moment-là, il fallait l’accord de l’Italien. Il y avait 5 pays qui distillaient : la France, l’Italie, l’Allemagne avec les vins de la Meuse et du Rhin, le Luxembourg et la Grèce. Pour ma chance, le ministre italien était tout nouveau. Quand j’étais arrivé à l’Agriculture, son prédécesseur était un mafieux sicilien, un forban effrayant avec lequel il aurait été extrêmement difficile de travailler. Il était devenu un peu voyant et encombrant pour l’Italie et avait fini par démissionner du gouvernement. Il fut remplacé par un professeur de philosophie de Pergame, Filippo Pandolfi, un admirable bonhomme qui avait essayé de moraliser la démocratie chrétienne dont il était. C’était un ami proche. Nous passions des week-ends ensemble. Alors, j’explique le tout à Pandolfi. Je crois même que j’ai fait le voyage pour cela à Rome. Et j’obtiens l’accord de l’Italien. « Ecoute, c’est risqué, mais on peut tenter », me dit-il." 


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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 00:04

Dans la compétition mondiale des vins, trop souvent, afin d’éviter les sujets qui fâchent, dans notre beau pays, en un raccourci rapide et commode, certains attribuent les difficultés que nous rencontrons sur les marchés extérieurs aux seuls du vins du Nouveau Monde qui, bien sûr, dans notre vision hexagonale sont produits hors toute réglementation contraignante. C’est un peu simpliste même si les rendements, qui sont les meilleurs diviseurs de coûts de production, donnent à ces vignobles un avantage indéniable. Dans sa veille concurrentielle 2007, Viniflhor, note «  En comparant les périodes 1995-2000 et 2000-2005, il ressort que les pays du Nouveau Monde de la veille voient leur rendement moyen se contracter de 2,5% alors que celui des pays européens progresse de 4,5%. La différence entre les deux zones qui était de l’ordre de 40hl/ha en faveur des pays du Nouveau Monde dans les années 90 n’est plus que de 35hl/ha entre 2000 et 2005. Comme diviseur de coûts, le facteur rendement doit également être considéré au regard de la densité de plantation (rendement par pied de vigne). Ainsi, dans un contexte de densité de plantation faible, l’Espagne qui voit ses rendements passer de 27hl/ha à 42 hl/ha en l’espace de 10 ans, améliore significativement son potentiel de compétitivité. »

 

 

 

L’Espagne, le nom est lâché, notre voisine, si proche, dernière arrivée dans la cour européenne, perfusée de fonds structurels, ambitieuse, mets les gaz et roule plein pot. De l’autre côté des Alpes, nos chers amis italiens, qui adorent nous embêter depuis que le Marché Commun du vin existe, ne sont pas en reste. Ils taillent leur route avec leur pragmatisme légendaire. La France, embourbée dans ses débats microcosmiques, combine baisse de la surface de son vignoble et recul des rendements (– 5% contre +31% en Espagne et +4,5% en Italie entre les moyennes 19995-2000 et 2000-2005). Par rapport à un indice (basé sur  pondérée de 15 pays producteurs), le prix du raisin en 2006 en France s’élevait à 173 (124 si l’on exclut le champagne) contre 152 pour l’Italie (ce pays a aussi des vignobles très abaisseurs de coûts) et 47 pour l’Espagne. Sans vouloir jeter un pavé dans la mare, tant qu’en France nous n’accepterons pas de voir la variable rendement, dans les vignobles de masse, régulée par les opérateurs, quels qu’ils soient et sous une forme contractuelle à négocier, nous nous continuerons de nous tirer une balle dans le pied et nous condamnerons beaucoup de viticulteurs à l’arrachage de leurs vignes. Le revenu de ces vignes ne peut se faire qu’avec un rendement adapté générateur d’un prix du raisin en capacité de soutenir la concurrence mondiale. Les meilleurs marketeurs du Monde ne peuvent donner que ce qu’ils ont. Pour ce type de vins, si l’on veut leur faire supporter les coûts d’un vrai marketing puissant, il faut générer du revenu à la vigne en jouant sur l’optimisation des rendements en fonction des qualités recherchées par le concepteur.

 

 

Tout part de la vigne pour finir dans une bouteille qu’il faut vendre. La veille de Viniflhor écrit «  le pilotage de l’offre par l’aval renforce la capacité des pays à conquérir les marchés internationaux. Posséder un vignoble en propre, sécuriser ses contrats d’approvisionnements est toujours d’actualité (...) L’acquisition de vignoble reste très attractive. Certains fonds américains sont maintenant présents dans le vignoble (cf.Penaflhor). » Tiens, il me semble avoir entendu cette petite musique quelque part ! Comme c’est bizarre, y’a des trucs qu’on jette par la porte et qui rentrent par la fenêtre… » Sur le critère de « la capacité des opérateurs à conquérir les marchés » la veille de Viniflhor ne classe la France qu’en 6ième position, loin derrière l’Australie, l’Afrique du Sud, les USA, l’Espagne et le Chili. Nos champions nationaux, Castel et Grands Chais de France, même s’ils se situent dans le top 10 des volumes commercialisés en 2006, mais leurs 375 et 400 millions de cols se situent très loin derrière les poids lourds de Gallo 780 millions de cols et Constellation avec son milliard de cols. En valeur, le fossé serait encore plus profond et bien sûr je n’ose parler de profitabilité car c’est péché mortel. À noter que nos prix pratiqués départ chai : 2,26 euros la bouteille hors champagne sont 46% supérieurs que le prix moyen export monde.

 

En faisant ces constats je ne charge pas la barque et je n’aurai pas l’outrecuidance de faire certains rappels à propos de certains écrits, mais quand même pourquoi une telle inertie, un tel aveuglement ? Pour preuve, le Fonds d’Investissement Vin, dont la préfiguration sous sa forme actuelle qui date de mai 2007 – fonds privé de type classique où les metteurs en marché auraient une place au comité d’engagement – s’englue, s’enlise, se dilue dans le scepticisme de ceux qui ne voient que midi à leurs portes et qui pensent qu’ils seront les seuls tirer les marrons du feu. C’est affligeant ! C’est désolant ! C’est attristant ! La filière manque-t-elle de capacité à mobiliser des capitaux ? Non, via les CVO, elle draine des sommes que nous envieraient bien des secteurs. Séduit-elle les investisseurs ? Oui, pour les musts ; non pour les entreprises de mise en marché françaises qui s’épuisent dans une concurrence du toujours plus bas pour tenter de séduire les Galec and Co de la Grande Distribution. En ce temps où l’on parle beaucoup de gouvernance de la filière, qu’on le veuille ou non, celle-ci se situe aux deux niveaux que je viens d’évoquer : au plus près de la vigne et au plus près du marché, tout le reste n’est que littérature.

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 00:07

 

Comme vous le savez, je n’édite aucun guide avec des étoiles, des notes et des bonnets d’âne ; j’avoue sans fausse honte mon total amateurisme dans le domaine de la dégustation car, comme je l’ai déjà écrit, je suis un adepte de la diagonale du ouf. "Entre le vin et moi, rien de rationnel, comme pour ce qu'on dénomme amour entre adultes consentants c'est d'abord le corps, dans toutes ses composantes, qui exulte. Nul besoin de mots, même si bien sûr ils sont aussi de la fête, j'aime ou je n'aime pas. C'est la sublime simplicité de l'amour. Tous les jours, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, où que ce soit, je suis toujours prêt à tomber amoureux. Dire pour autant qu'elle soit belle, que je la classifie, l'épingle sûr un tableau de chasse, la compare en une verticale ou une horizontale, relèverait d'une forme vulgarité à laquelle je ne succombe pas. Seul compte l'échappée belle, la diagonale du ouf, où l'avant est toujours sublime, l'instant parfois céleste, l'après souvent dissous dans le flou des souvenirs. Qu'importe ! C'est l'insoutenable légèreté de l'être insoucieuse des docteurs de la loi, des pharisiens, des juges aux élégances ou autres docteurs ès-bouches cul-de-poulizées. Le plaisir, rien que le plaisir, et le plaisir si l'on se laisse aller dans le toboggan de la diagonale du ouf on peut le trouver partout. "

 

Alors, loin des chapelles de toutes obédiences, des modes du retour des bons produits d’autrefois, des petites polémiques sur les bio-cons ou les pétitions bio-chics de la Confpé contre le massacre à la tronçonneuse des vins de terroir, moi j’aime trainer mes grolles dans les salons dit Bio : Marjolaine au parc floral de Vincennes, où j’ai mangé au soleil des brochettes d’agneau sublissimes, grillées par une matrone limousine (l’éleveuse des moutons), avec des frites coupées gros (les services sanitaires n’auraient pas apprécié le côté bonne franquette, mais putain que c’était bon), où j’ai acheté de la Verveine et du Tilleul odoriférants, un Comté de 2 ans d’affinage d’un fruité extraordinaire, où j’ai bu un belle bière au chanvre, et bien sûr goûté et acheté des vins issus de l’agriculture biologique ou à celui de Montreuil la nouvelle verte : «  Sous les pavés, la cave… » logé sous les tôles des anciens studios Pathé : j’ai bavassé avec l’ami guide du Pous et des lecteurs assidus de mon blog, picolé et empli mon cabas de boutanches exquises. Bref, en avisé commerçant que je suis devenu, j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle crèmerie : « Nature&Découvertes : les bio-bons… »

Ronde-des-vins-011.jpg

J'inaugure cette nouvelle chronique avec le Clairet de Château Cajus
www.chateau-cajus.com  que j'ai découvert au salon Marjolaine sous un millésime médaillé d'or - j'ai oublié lequel - au concours de Bordeaux. Ma première sensation : de l'allégresse en bouteille, de suite on a envie de s'en envoyer quelques belles rasades, ça passe sans agresser, avec douceur et légèreté. C'est un rosé rouge qui vous chauffe le coeur et vous rend l'âme légère en toutes circonstances. Pour les puristes c'est 70% de Merlot, 30% de cabernet sauvignon et franc. Les propriétaires sont avenants, souriants, pour tout vous avouer : très loin de l'image type du producteur bio militant et chiant, y z'ont des gueules de vignerons tout simplement. Allez sur leur site découvrir la gamme de leurs produits. La bouteille en photo est un Clairet 2006, médaille d'or 2007 au concours bio d'Aquitaine.
Ronde-des-vins-010.jpg

" En 1435, des paroissiens d'Eysines, Miqueu de Caseras et Peyrona de Neolet, son épouse, versent au chapitre Saint-Seurin, leur seigneur, en guise de cens pour dix tenures en vignes, une demi-pipe de vin clar, bon, pur, noed e marchant ; une formulation assez commune en Bordelais. On y retrouve le fameux terme gason de vin clar, anglicisé en "claret" ou "clairet", qui caractérise, dans l'esprit des contemporains, la production vinicole locale. Les autres qualités exigées reflètent davantage des préocupations commerciales : il faut un vin bon, nouveau et marchand ; en clair, un vin destiné à la vente et à l'exportation." in Bordeaux Vignoble millénaire.

Pour conclure, et même si je vais m'attirer les foudres de mon "ami" l'éminent et pertinent directeur du CIVB, j'avoue que j'ai du mal à comprendre le retard à l'allumage des vins de Bordeaux sur le marché florissant des rosés : quand on a la chance de détenir une dénomination comme Claret - que je préfère à Clairet - et que ce sont les Californiens qui sont les leaders pour ce produit sur le marché anglais, on fonce dans la brèche, on met le paquet. Combien de cols ? Merci à mes lecteurs bordelais qui ont accès aux statistiques du CIVB de me les communiquer.

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 00:06
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La Chine s’est éveillée. Est-elle pour autant dangereuse ? Les docteurs tant mieux répondront que sa forte croissance à des conséquences favorables sur l’économie mondiale. Les brancardiers du monde rétorqueront qu’elle casse des emplois chez nous, qu’elle pollue, qu’elle induit par sa pression sur les marchés  des matières premières des  envolées des prix qui pénalisent et les pays développés et les PVD… Sans alimenter les craintes ou les peurs de certains face à la nouvelle donne mondiale qu’induit le développement à marche forcée de la Chine ou céder en réaction au réflexe très français de l’édification d’une « ligne Maginot » il me semble sain de mettre sur la table quelques données qui donnent à réfléchir et permettent de proposer une stratégie, non en défense, mais en contre – au sens sportif du terme, c’est-à-dire prendre le compétiteur à son propre jeu, le pousser à la faute en pratiquant un marquage serré et l’interception – pour ne pas perdre pied.

 

Le grand barnum des JO de Pékin sous l’œil de milliards de téléspectateurs, hormis même la question d’un éventuel boycott pour protester contre les exactions du pouvoir au Tibet, est une occasion unique et importante pour travailler au corps la classe moyenne émergeante, celle qui ne voyage pas, celle qui aspire aussi bien à notre société de consommation qu’à notre mode de vie où les libertés tiennent une place centrale. Face au cocktail, jusqu’ici détonnant, d’un capitalisme débridé et d’un pouvoir politique tenu dans une poigne de fer par la caste des apparatchiks du PC, la « perversion démocratique », ce petit ferment insignifiant, raillé par les partisans du réalisme économique, moqué par ceux qui dans leurs postures dédaigneuses prennent les « droitsdel’hommiste » au mieux pour des bobos, au pire pour des gauchos, instillé par tous les canaux médiatiques, constitue le moyen privilégié pour lézarder les murailles des empires, fussent-elles celles de la Chine millénaire. Certes, le facteur temps, dans nos sociétés pressées, speedées, où l’Histoire des peuples est ignorée, doit être intégré aussi bien par les « bonnes âmes » que par les « réalistes » dans ce processus d’érosion du pouvoir dit communiste.

 

L’empire soviétique s’est effondré faute d’avoir su comprendre la société postindustrielle, érodé par l’incompétence et la corruption de la bureaucratie, plombé par l’omnipotence de la caste militaire et la déliquescence des gérontes. La Chine, en une poignée d’années, enjambe la société industrielle, s’engouffre dans celle des nouvelles technologies, assèche ses campagnes en urbanisant des populations que le pouvoir aura beaucoup de mal à encadrer et contrôler. L’irruption des « classes dangereuses » dans le paysage des mégapoles va provoquer dans la caste des « nouveaux riches », détenteurs du vrai pouvoir, l’envie de faire de la politique en lieu et place des hommes de l’appareil. Alors, la lutte pour le pouvoir s’engagera et la masse des classes moyennes constituera l’enjeu essentiel pour sa conquête. Reste, en attendant, à être attentif aux grandes évolutions économiques et sociales, à dépasser les strictes réactions compassionnelles, pour participer à ce grand mouvement de l’Histoire.  

à suivre...

*
Le drapeau tibétain a été déployé à 3.650 mètres de hauteur, l'altitude de Lhassa, mais ... au-dessus de Strasbourg, en signe de solidarité avec les Tibétains, par trois personnes, lors d'un saut en parachute, a-t-on appris lundi auprès de l'un des manifestants.

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:00

 

La vie prend parfois des détours singuliers, sans vraiment le vouloir on se laisse aller à prendre des décisions qui, de prime abord, semblent n’engager en rien votre avenir. Tel fut le cas lorsqu’au cours du mois de mai 2006 je me suis lancé dans l’aventure de mon espace de liberté Vin&Cie. Mon ami Jean-Louis, bordelais d’adoption et compagnon de route du groupe stratégique, me voyant à quai, dans un placard comme on dit, m’avait lancé  « et si tu faisais comme Alain Juppé, si tu ouvrais un blog… » Le maire de Bordeaux, exilé au Québec, pour maintenir le lien avec sa ville et son pays, venait en effet d’ouvrir cette étrange lucarne sur la Toile. Comme toujours dans notre beau pays cette initiative fut accueillie avec scepticisme et ironie, le blog n’était pas encore à la mode.

Mon entreprise, plus modeste, et bien sûr moins médiatique, commença dans le petit bureau du 2ième étage du défunt Onivins, au 232 rue de Rivoli. Au tout début je pataugeais dans un univers qui m’était totalement étranger puis, sur les conseils de l’avisé André B, je changeais d’hébergeur à la fin du mois de mai. Sur Over-blog l’aventure de Vin&Cie, l’espace de liberté commençait et, ce qui m'étonne toujours encore aujourd'hui, c'est qu'elle dure.


Une poignée d’entre vous, présents dès le début, m’est resté fidèle. Ce fut mon premier étonnement que cette constance accompagnée d’une montée régulière du lectorat à qui pourtant je faisais subir, j’en conviens, ma boulimie d’écriture : plus un jour sans une chronique. Les chiffres de mars 2008 sont fantastiques : l’étiage des 10 000 visiteurs/mois sur lequel je voguais depuis septembre 2007 est pulvérisé : 12 736 visiteurs ce mois-ci et 52 563 pages lues, soit 6000 pages de plus que le meilleur des mois de 2007, novembre avec 46 229 pages lues. Le cercle s’est élargi, autour du noyau très professionnel du départ se sont agrégés de nouvelles strates de lecteurs venant de tous les horizons et de toutes les classes d’âge.

À ce jour j’ai commis 865 chroniques – toutes ne sont pas en ligne – ainsi vous avez subi mes humeurs, mes foucades, mes coups de cœur, des morceaux de ma vie, des points de vue parfois excessifs, mes lectures, mes films, mes souvenirs, mes recettes de cuisine, mes initiatives diverses et variées : le grand pique-nique, l’ABV… la vie de Louis Bachelier, les aventures loufoques du petit Pochon, et puis mon essai de roman en ligne chaque dimanche. Bref, vous me lisez – du moins ouvrez-vous mes messages – et c’est pour cette raison que j’ai décidé de faire évoluer le contenu de Vin&Cie, d’en faire un petit média de la Toile.

 

 

Ainsi, vous avez vu apparaître :

-         des portraits de gens du vin 

-         les 3 questions à…

-         la chronique de Paul Bats

-         entretien avec…

-         nature&découvertes

-         les « Wines News de la Toile »

Et très prochainement, le samedi, bistro philo… et sans doute d’autres chroniques extérieures…

 

La montée de l’audience semble m’indiquer que vous appréciez cette nouvelle formule. Je vais donc continuer dans ce sens et, bien sûr, je suis très preneur de toutes suggestions, critiques ou contributions émanant de vous.

En effet, dans cette petite entreprise individuelle qu’est Vin&Cie deux obstacles restent difficiles à surmonter : votre temps et le mien.

Mon rêve initial, et ma volonté intacte, c’est qu’au travers de mon espace de liberté se nouent des liens, s’établisse un dialogue entre vous et moi, et entre vous lecteurs, mais, il y a un mais : la plupart d’entre vous jonglez avec un emploi du temps blindé et le temps vous manque pour faire des commentaires à chaud. Je le comprends mais comme je suis un obstiné, permettez-moi de vous faire une double suggestion :
la première c’est qu’un jour, un jour seulement, à la manière du courrier des lecteurs vous preniez votre plume pour me faire part de vos sentiments (via Contact en bas du blog ou sur mon adresse perso jberthomeau@hotmail.com si vous souhaitez la confidentialité) ;
la seconde, pour les plus entreprenants, c’est d’engager, comme je le fais dans mes entretiens, sur mon adresse perso ci-dessus, un dialogue avec rebonds qui pourrait, avec votre accord, être publié sur le site.

 

Du côté de mon temps, c’est le même problème. J’éprouve de grosses difficultés d’intendance pour assurer le suivi de certaines de mes initiatives : tout dernièrement l’ABV… Alors, si certains d’entre vous ont un peu de temps de libre, peut-être pourraient-ils se joindre à moi pour m’aider. À votre bon cœur chers lecteurs !

L'aventure continue. J'y croît. S'implanter durablement sur la toile pour y faire prévaloir, face à nos concurrents, nos détracteurs, nos décideurs, nos amis, nos consommateurs, une certaine idée simple et ludique du vin à la française, cocktail d'art de vivre, de civilisation et de bien-être ; d'y affirmer sans fausse honte que nous sommes un secteur vital pour notre beau et vieux pays, la France, nos territoires ruraux, que nous sommes aussi créateurs d'emplois, de richesses, générateurs d'attractivité pour notre territoire, des gens qui luttent positivement dans le cadre de la mondialisation ; d'y faire avancer les sujets qui fâchent face au conservatisme et à l'inertie des zinzins ; d'y promouvoir tous les vins sans esprit de clan, de chapelle et d'oukases, en s'adressant aux gens tels qu'ils sont et non tels que nous voulions qu'ils soient ; oui tisser des liens sur la Toile, même avec de petits moyens, je l'affirme sans crainte d'être démenti, vaut toutes les communications coûteuses de nos goinfrés de CVO.

Merci de votre fidélité. À vous lire, entendre ou voir sur Vin&Cie et avec mes amitiés les plus sincères.

Jacques Berthomeau


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