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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 00:25

Jusqu’à ces derniers jours pour moi le seul CAC connu était le CAC 40, celui qui défile en permanence en bas de l’écran des chaines d’info en continu. Et puis, un beau matin j’ai vu débouler comme un rouleau compresseur dans mes coursives le CAC 51. Là encore, pour moi le 51 c’était le pastis de Pernod, le concurrent du Ricard sinon rien. Alors je me suis tourné vers les oracles es-qualité pour qu’ils éclairassent ma lanterne. L’un d’eux, pour me mettre sur la voie, me lançait goguenard « tu connais la rue d’Anjou ? »


-         Yes sir ! répondis-je tel les marines de Full Metal Jacket avant d’ajouter c’est une rue pleine de banques…


-         Plus au 51, c’est le Q de l’INAO qu’est maintenant dans la salle des coffres galéjait un autre expert lui-même PQ.


-         Qu’est-ce donc ce Q rétorquais-je abasourdi.


-         C’est le Q de la Qualité placé sous les verges du CAC me répondait un éminent membre du Comité National Vins et Eaux-de-vie de mes amis.


-         Je bite que dalle à votre sabir osais-je proche de la déréliction.


-         Pourtant on te croyait, vu tes antécédents, au courant des derniers évènements me charriait un éminent président.


-         J’avoue que je m’y perds dans votre histoire de Q soupirais-je un poil exaspéré.


-         Comme nous sommes gentils avec toi nous n’allons pas te laisser le cul entre deux chaises, s’exclamèrent-ils tous en chœur, le CAC n’a pour nous aucun secret et nous allons t’initier. Avant, dis-nous pourquoi t’intéresses-tu soudain au Conseil Agrément et Contrôles, le fameux CAC 51 ?


 

Bon Prince, je leur répondais, qu’à la suite de mon coup de sang contre les PAJ de « Que Choisir ? » à propos de la labellisation foireuse des AOC, une source bien informée m’a confiée que le CAC, une invention de l’Administration, jamais en reste de la création d’un Comité Théodule supplémentaire, c’était quasiment le croskill des vins d’AOC. Mes compères éberlués face à la profondeur de ma culture se récrièrent : « Qu’est-ce que c’est qu’un croskill ? » Je les toisais goguenard. D’une traite je leur balançais « Mes petits pères ignorants le croskill est un rouleau qui sert à briser les mottes et tasser le sol. Il est composé d'une succession de disques denticulés qui travaillent indépendamment et qui sont généralement en fonte et pèsent entre 25 et 35 kilogrammes pour un diamètre de 30 à 50 centimètres. Certains ont un centre évidé pour permettre des mouvements saccadés. » Face à la beauté de ma métaphore ils tombaient en pamoison. Sans faire preuve de beaucoup d’imagination ils voyaient tous les Marcel Richaud de notre terroir martyrisé, écrasés, nivelés, réduits à n’être plus qu’un seul et même bloc compact, une morne plaine normalisée : la Brie, la Beauce, le triomphe de l’uniformité au nom de la typicité. Le triomphe du CAC 51 : « au nom du Q on ne veut voir qu’une seule tête dans les rangs ! »


 

Ma source sûre ajoutait pour me mettre en condition que dans ce CAC « Ceux qui s'y connaissent le moins en tout règnent en maître sur la base d'idées reçues. » Pourtant, m’étonnais-je, je croyais qu’un éminent membre de Seve, faisait dans le genre Vice-président du dit CAC ? « Très sympathique l’œnologue  mais adorateur de la vérification de l'appartenance organoleptique… », me répondait « gorge profonde » avant d’ajouter que « Le pire du pire était peut-être à venir », car dans le règlement d'application de l'OCM sur les AOP IGP, l'administration française a vendu son idée de « vérifier l'appartenance à la famille » et la Commission, bonne fille et elle aussi adoratrice des normes, l'a reprise dans son texte. Ce n’est pas encore plié mais il va falloir batailler sec. Moi qui suis mauvaise langue je ne peux m’empêcher de penser à haute voix, et de l’écrire, que le buiseness du contrôle a de beaux jours devant lui et que ça va douiller dans les caveaux. Après le système 100% passoire voilà le système  1000% croskill : où comment écraser les libellules avec un marteau-pilon. Je reste bouche bée d'admiration devant l’expression la plus « raffinée » de notre génie national pour inventer, non des usines à gaz, mais des essaims de tamponneurs en blouse blanche accumulant des liasses sur des paillasses de salles de dégustation high tech…

Bien sûr, en écrivant ceci je vais augmenter mon contingent de bons amis, mais qu’importe la porte de mon « espace de liberté » est grande ouverte à la défense du CAC 51 dont je vous livre ci-dessous le mode d’emploi et la composition car Vin&Cie c'est avant tout l'information.

« Le conseil agréments et contrôles est composé de représentants des organismes de contrôles, de représentants des professionnels choisis parmi les membres des comités nationaux, de représentants des administrations et de personnalités qualifiées, assurant notamment la représentation des consommateurs.


Une partie des compétences en matière de contrôle des signes est dévolue au conseil agréments et contrôles, commun à l'ensemble des comités nationaux et traitant tous les signes d'identification de l'origine et de la qualité.


Ce conseil :


- émet un avis sur l'agrément des organismes de contrôle,

- approuve les plans de contrôle proposés par les organismes de défense et de gestion,

- approuve les plans d'inspection proposés par les organismes de défense et de gestion accompagnés de la grille de traitement des manquements,

- établit les principes destinés à élaborer et à harmoniser le fonctionnement des contrôles ainsi que les modalités de composition et de fonctionnement de la commission chargée de l'examen organoleptique prévue pour les appellations d'origine.


Les ministères de l'agriculture et de l'économie ont un droit de veto pour l'agrément des organismes de contrôle et l'approbation des plans.


Les décisions du Conseil des Agréments et Contrôles prennent la forme de « directives ».


Ces directives définissent les principes présidant à l’organisation des contrôles, ainsi que ceux de la composition et du fonctionnement de la commission chargée de l’examen organoleptique auquel sont soumises les appellations d’origine. Elles complètent ainsi les dispositions législatives et règlementaires en matière de contrôles des signes officiels de qualité et d’origine. Elles fixent notamment des exigences et recommandations  en matière de plans de contrôle et d’inspection.

 

Les Directives :


 Directive n° CAC - 2008 - 01 : Procédure d’agrément prévue à l’article L. 641-5 du code rural pour les appellations d’origine contrôlées


Directive n° CAC - 2008 - 02 : Commission chargée de l'examen organoleptique

Directive n° CAC - 2007 - 03 Autocontrôle et contrôle interne

Directive n° CAC - 2007 - 04 : Contrôle externe

Directive n° CAC - 2007 - 05 : Traitement des manquements

 

COMPOSITION du CAC :

 

1o En qualité de représentants des comités nationaux de l’Institut national de l’origine et de la qualité

M. Arnal (Jean-Pierre).

Mme Branco (Alexandra).

M. Boesch (Gérard).

M. Brisebarre (Philippe).

M. Cavalier (Jean-Benoît).

M. Chambon (Dominique).

M. Le Heurte (Serge).

M. Mancel (Jean-Paul).

Mme Miclo (Pascale).

M. Perraud (Charles).

M. Samalens (Pierre).

M. Schyler (Yann).

M. Teulade (Christian).

M. Valais (Albéric).

M. Vermot-Desroches (Claude).

 

2o En qualité de représentants des organismes de contrôle

Bosteau (Marielle).

M. Faure (Antoine).

Mme M. Luquet (François).

M. Nasles (Olivier).

Mme Petit (Marianne).

 

3o En qualité de personnalités qualifiées

Mme Caillet (Marie-Madeleine).

M. Dulimbert (Guillaume).

M. Herault (Frédéric).

M. Roose (Marc).

M. Sauvageot (François).

M. Sivardiere (Patrick).

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Olivier de Moor 02/07/2008 22:00

Génial!!! le style, l' écriture, et en définitif une action prévue et prévisible...Pour ma part, à force d' expérience et questionnements, passer le permis de chasse me semble de plus en plus la bonne solution:"cible foue, visée juste; cible floue, visée juste..."Olivier

mémoire 09/06/2008 22:30


Les vingt


Ils sont symboliquement vingt ; ils sont les membres fondateurs ; ils seront les garants de l'esprit du club : le "sans interdit " s'applique à nos réflexions, explorer tous les espaces disponibles, créatifs, innovateurs, dérangeant mais aussi passerelle entre les hommes, les régions et l'ensemble de nos vins, tous nos vins, sans exclusive, sans esprit de chapelle, pour rebondir, agir, redonner de l'élan à notre secteur d'activité ; ils sont là à titre personnel, d'autres les rejoindront avec le même état d'esprit, la même envie, la même ouverture d'esprit ; ils s'exposent, ils s'impliquent, hors du champ syndical, par-delà  leurs différences, avec le respect et l'écoute des opinions des autres, ici et dans le monde. Rassemblés pour agir nous ferons en sorte d'être entendu, compris, l'enjeu est de taille car notre viticulture affronte, mal préparée, une lourde et douloureuse mutation. Nous nous adresserons prioritairement à nos consommateurs, ceux d'aujourd'hui, ceux de demain, ici et partout où l'amour du vin se développe. Nos problèmes internes n'intéressent que nous, à nous de les poser, de les analyser et de les résoudre. Sans interdit, à sa place, fera aussi entendre sa petite musique. Enfin, dans l'esprit club prévaudra l'amitié, la convivialité, une certaine forme d'élégance et de rectitude morale. C'était signé Jacques Berthomeau

JACQUES BERTHOMEAU 10/06/2008 15:05


Et alors la mémoire anonyme je n'ai pas mis en cause Olivier Nasles membre de Sans Interdit je suis en désaccord avec la philosophie du CAC c'est mon droit et celui d'Olivier d'avoir ses
opinions. Moi je signe mes chroniques pas vous qui préférez vous cacher...


Clavel 09/06/2008 08:56

Désolé de contredire ce cher oenologue membre du CAC, mais le n'approuve pas son argumentation. Il semble avoir une méconnaissance de ce qui se passe sur le terrain. Oui c'est une usine à gaz, impossible à mettre en place, dont nous constatons les dérives tous les jours, d'une complexité extrème, que les gens de terrain de l'ancien INAO critiquent fortement. La situation des agréments des vins AOC ou des vins de Pays n'était pas partout condamnable et dans certaines régions c'était du sérieux, peu couteux et efficace. On n'a pas voulu en faire une critique constructive. C'est une technocratie nouvelle qui est sortie du chapeau, et il y a peu de vignerons, ou de responsables de coopératives qui y comprennent quelque chose, le système se met en place par directives venues d'en haut, les AG des syndicats sont réalisées sans information des adhérents qui étaient libre,  deviennent des  obligatoires  et n'aurons pas d'autres issues que de louvoyer entre des obligations nombreuses, incomprises et coûteuses, et peut être trouver dans les vins sans IG de la l'OCM une solution alternative.C'est ce que je recommande à mes amis, lorsque le règlement de ces vins sans IG sortira à Bruxelles  en 2009.Jean Clavel

olivier Nasles 09/06/2008 02:56

Mon cher Jacques, Tu fais partie de ces gens qui pour faire un bon mot serait prêt à tuer père et mère voire à se facher avec la terre entière. Bien qu'étant directement visé par le texte que tu viens de publier dans ton espace de liberté, je n'y répondrai pas directement mais je souhaite simplement attirer ton attention sur l'illogisme dont tu fais preuve. En effet, toi qui régulièrement vilipende les archaïsmes, l'immobilisme de notre filière, toi qui nous montre combien d'autres que nous ont compris et nous taille des croupières, toi qui nous explique que notre filière crève de ses sachants donneurs de leçons, comment peux-tu te laisser aller à donner une image réductrice et fausse de ce qu'est le CAC. Ce fameux CAC n'est ni plus ni moins que l'application d'un système mondial de contrôle qui a fait ses preuves et s'applique dans tous les domaines y compris aux IGP, aux Labels rouge et à l'Agriculture biologique depuis maintenant 15 ans. Sur quoi la réussite du Label rouge s'est-elle appuyée ? Sur deux choses : un contrôle crédible et une communication performante. Depuis plus de quinze ans, tout le monde, et toi avec, critique le système de contrôle des AOC vins en disant qu'il ne sert à rien, que les AOC vins ne sont plus crédibles. Et aujourd'hui, alors que l'on demande AUX PROFESSIONNELS de batir un nouveau système plus crédible, plus indépendant et alors qu'il n'a pas encore commencé à fonctionner, le sport national français, c'est de le flinguer ? C'est sûr qu'à ce jeu là, on est bien meilleur qu'au foot et au tennis. Je trouve dommage qu'un esprit brillant comme le tien se laisse aller à une telle démagogie ne serait-ce que pour faire des traits d'esprits. Pour ma part, je relève que ceux qui sont les plus acharnés à combattre ce système sont ceux-la même qui ont rendu l'ancien système obsolète. De quoi a-t-on peur ? Du coût, c'est l'épouvantail que l'on agite pour mobiliser dans le monde du vin. Les cotisations qui font vivre grassement les syndicats sont largement suffisantes pour gérer le nouveau système sans aucun surcoût. Non, leur problème c'est la perte de pouvoir, de l'impossibilité de l'arrangement entre amis que je viens de vivre encore récemment et qui tue notre filière viticole. Aujourd'hui la validation du contrôle ne se fait plus entre quatre ou cinq régions viticoles qui se renvoient l'ascenseur mais dans une instance indépendante où la multiplicité d'origine limite (je dis bien limite) le risque de compromission. Depuis un an, je subis des attaques plus ou moins larvées parce que j'essaye de défendre la crédibilité de cet instance. Je dérange parce que je dis tout haut ce que personne ne veut entendre, que notre système est pourri par la compromission sans aucune vision de l'intérêt général. Quant à la normalisation organoleptique dont je serais l'adepte, elle me fait plus que sourire. Justement je défends ce système parce qu'il sort la dégustation du centre du contrôle, parce que dégustant en moyenne entre 100 et 200 vins par jour, je suis plus que quiconque conscient de la limite de compétence d'un dégustateur, à commencer par la mienne. La fameuse normalisation dont je suis accusé, c'est simplement de défendre qu'un consommateur puisse avoir une chance quand il achète un bordeaux de ne pas avoir un vin qui ressemble à un Anjou dans la bouteille. Oser dire qu'un AOC appartient à une famille, à un espace sensoriel, est un gros mot ? Alors il faudra me dire comment un consommateur peut s'y retrouver quand il achète une bouteille d'AOC. Toi qui est adepte des réussites, tu sais aussi bien que moi que la plus belle d'entre-elles est basé sur une normalisation du goût. C'est quoi qui a fait entre autres la force du Champagne ? J'ai adhéré à Sève parce que j'estime que la démarche d'un Marc Parcé, d'un JM Deiss ou d'un Jean Orliac mérite d'être soutenue. Je comprends leur position sur le contrôle organoleptique, cependant elle ne peut s'appliquer que dans un contexte très particulier de gestions de domaines d'exception. Jacques, tu commences à me connaitre, je dérange parce que je n'ai jamais oeuvré QUE pour l'intérêt général qui n'est jamais la somme des intérêts particuliers et surtout pas les miens. Certains ont trouvé judicieux d'aller demander ma tête au cabinet du Ministre, cela ne me fait ni chaud ni froid. Si je dérange, c'est probablement parce que je mets le doigt là où ça fait mal, parce que je bouscule les petits arrangements entre amis. Si demain, je suis remercié, je rentrerai chez moi et je continuerai à travailler comme je l'ai toujours fait. Je te demande simplement de ne pas te prêter à ce petit jeu qui consiste à détruire ce qui n'est pas encore construit, à donner une chance au système de faire ses preuves avant de le critiquer et puis surtout de nous aider à sortir de l'hypocrisie actuelle où l'on vend au consommateur des promesses que nous, professionnels, ne respectons pas. J'ai trop vécu le système de l'intérieur pour savoir combien tout est pourri au royaume.....Amitiés de l'oenologue très sympathique mais certainement pas adorateur de l'appartenance organoleptique.  

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