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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 00:09

Vous auriez tort de ne pas ouvrir ce message du samedi sous prétexte que le samedi je ne cause pas du vin et de ne pas le parcourir jusqu'à son terme car je révèle une très belle adresse où l'on déguste chez le pêcheur de la langouste tout juste sortie de la mer... En bonus je vous offre de la lire en musique en écoutant le titre culte d'I Muvrini : a voce rivolta.
 J’adore Pétillon dans l’Enquête continue... suite du best-seller l’Enquête Corse... quelques instantanés savoureux.

 

À Sagone, en allant acheter du poisson, je découvre une pizzeria enkystée sous un immeuble lépreux face à un parking poussiéreux. Dans la rue, aucun panneau n’indique son existence. De retour j’interroge mon propriétaire sur les raisons de cette discrétion. Réponse « ils ne veulent pas être embêtés mais ils font les meilleures pizzas du coin. Les gens ici le savent... » Le soir illico cap sur la discrète pizzéria. C’est de la vrai pizza croute fine à l’italienne. Le serveur est sympa... Vivons heureux vivons cachés...

 

Lu dans un supplément de Corse-Matin, une déclaration de Toni Casalonga, l’un des piliers du riaquistu du Pays de Balagne, à propos des conseils à donner à ceux qui font des paris fous :

 

« - Premier conseil : on ne peut gagner que les paris que l’on fait, et il faut en les faisant accepter de pouvoir perdre.

-         Deuxième conseil : se faire du temps un allié, ne jamais abandonner un projet, profiter du temps qui passe pour l’améliorer. Et saisir les occasions de réaliser au vol

-         Troisième conseil : agir avec, agir pour, et non pas contre, utiliser l’accélérateur plutôt que le frein, les outils plutôt que les armes. »

 

Merci, à utiliser y compris sur le continent.

 

Déjeuner à l’auberge du pêcheur sur la route du golfe de Lava, des langoustes toutes fraîches pêchées, un délice dans une ambiance familiale sous la tonnelle, entre gens du cru – il faut savoir et trouver – le fils et la mère sans chichi, ça bourdonne sous la charmille, le soleil tape dur, on est au bout de nulle part et la myrte, fabriquée par le fiston féru d’herbes sauvages, douce, aux senteurs fortes du maquis ajoute en fin de repas à la douce béatitude...

 

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 12:35

Pour l'exaltation de notre belle culture française du vin icon_biggrin.gif et avec beaucoup de retardicon_redface.gif, et je prie ceux qui ont pris la peine de répondre à mon abécédaire des amoureux du vin de m'en excuser car mes activités diverses m'ont mobilisées, je lève l'insoutenable suspens en vous livrant les réponses de ce grand et inégalable concours de l'été (si je ne m'envoie pas des brassées de fleurs qui le fera ?)

Aucun de ceux qui ont répondu n'ont totalisé les 78 bonnes réponses mais certains ont réalisé de bons scores j'y reviendrai auprès d'eux directement pour leur attribuer une belle bouteille.

QUESTION N°1 : A

 

-         comme ABV : Amicale du Bien Vivre, ces 3 initiales sont, à l’origine, celles d’un groupe de produits, lequel ?

 

Apéritif à base de Vin

 

-         comme Olivier Ameisen : quel le nom du médicament générique avec lequel il s’est guéri de son alcoolisme ?

 

Baclofène

 

-            comme Aramon : un jeune vigneron sur les hautes terres de Comberousse vinifie un Aramon en rosé : quel est le nom de baptême de sa cuvée ?

 

Grigri



QUESTION N°2
 : B

 

-         comme Baco, quelle AOC française conserve dans son encépagement cet hybride ?

 

L’Armagnac

 

-         comme Bizeul Hervé, hormis d’être tous les deux des blogueurs émérites, dans quel annuaire national à la couverture rouge nous retrouvons-nous classés à la lettre B.

 

Le Who’s who

 

-            comme Bordeaux fête le vin en quelle année s'est déroulé la première édition de cette manifestation ?

     

     1998

 

QUESTION N°3 : C

 

-         comme C.A.C, déclinez les initiales de cet organisme que j’ai qualifié de croskill des AOC.

 

Le  Conseil Agrément et Contrôles

 

-         comme Carrefour, quel le patronyme et le prénom du dernier né en vin de pays du Mammouth endormi de la GD ?

 

Augustin Florent

 

-            comme Croix, quel le nom du château de l’Appellation Pomerol qui s’est vu attribuer l’Oscar du meilleur second rôle pour son millésime 2006 par mon jury de dégustation ?

 

Vray Croix de Gay



QUESTION N°4 : D

 

-         D comme Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, quel est le patronyme de l’Amiral à qui j’ai emprunté une partie de son nom pour en affublé jacques Dupont ?

 

L’Amiral Merveilleux du Vignaux

 

-         D comme Dame-jeanne, qu’est-ce donc ?

 

Bonbonne clissée qui sert à garder et transporter le vin

 

-              D comme Duras, les Côtes, mais pour Marguerite qui écrivit son premier roman au château de Duras et lui emprunta son nom d’écrivain quel était son patronyme de naissance ?

 

     Marguerite Donnadieu

 

Précision : dans la question N°3 concernant Carrefour, qui était fort imprécise, je précise que le dernier-né dont je demande le nom est une gamme de vin de pays. Vous pouvez rectifier pour ceux qui auraient eu du mal à comprendre.

 

 

QUESTION N°5 : E

 

-         E comme Embres&Castelmaure, quel est le nom du président de cette cave coopérative des Corbières ?

 

Patrick Hoÿm de Marien

 

-         E comme Eros, dans l’une de mes chroniques de 2009 intitulée « Les Vins d’Eros » l’un d’eux : le vin faramineux a pour base un cru du Languedoc, lequel ?

 

Le Faugères

 

-            E comme Est ! Est !! Est !!! qui est un vin blanc de Montefiascone, près du lac de Bolsena ou le vin souabe préféré d’Erich Honecker le dernier président de l’Allemagne de l’Est ou un cru très rare du gris de Toul ? (j’ai écrit une chronique en 2007 sur lui).

 

Le  vin blanc de Montefiascone

 

QUESTION N°6 : F

 

-         F comme Fion, hormis le sens vulgaire ce mot désigne aussi, sous l’appellation Fiounaïe, un dessert de Pâques en Vendée, traduit en français c’est un F… ?

 

Flan

 

-         F comme Fillette, « décoiffer une fillette… » ou pire… que désigne cette fillette-là ?

 

« Petite bouteille : le 1/3 de la pinte, du litre, de la bouteille, de 30 à 35 cl environ » Marcel Larchiver

 

-            F comme les Fiefs Vendéens) VDQS qui se répartissent en 4 appellations : Vins de Mareuil, Vins de Brem, Vins de Vix, et Vins de … Quelle est la petite dernière ?

 

     Pissote

 

QUESTION N°7 : G

 

-         G comme Got Claude, de quel Ministre de la Santé ce « grand » communicateur a-t-il été le Conseiller Technique ?

 

Jacques Barrot puis Simone Veil

 

-         G comme Garage, quel est le nom du château du célèbre « garagiste » Jean-Luc Thunevin ?

 

Valandraud

 

-            G comme Gros Plant, quel est le cépage de ce VDQS voisin du Lac de Grandlieu cher au cœur de Gaston Chaissac ?

 

     Folle Blanche

   

 

QUESTION N°8 : H

 

-         H comme Hospices de Beaune, quelle est la nationalité de l’acquéreur du tonneau de charité de la dernière édition de la célèbre vente des Hospices ?

 

Écossais

 

-         H comme Hospitallet, le château cher au cœur de Gérard Bertrand, lors de l’édition du festival de jazz 2008 de l’Hospitallet quel était le chanteur français qui tenait la tête d’affiche ?

 

Michel Jonasz

 

-            H comme Haute-Marne, dans son livre préfacé par Jean-Paul Kauffmann dans sa réédition: « L’âme du vin » - écrit en 1932 - Maurice Constantin-Weyer, regrettait la quasi-disparition du vin de son pays, de quel vin de pays s’agit-il ?

 

     Les Coteaux de Coiffy

 

QUESTION N°9 : I

 

-         I comme vin d’Ischia, sous quel nom, d’une île voisine célèbre, les officiers américains dans la Peau de Curzio Malaparte désigne-t-il aussi ce vin ?

 

Le vin de Capri

 

-         I comme Irancy, à quel canton, au nom qui coule si bien, est rattachée cette commune qui donne son nom à l’appellation ?

 

 Coulanges-la-Vineuse

 

-            I comme Irouléguy, quel est le nom du grand peintre basque exposé au musée de Bayonne qui illustre ma chronique « vin Basque » publiée en mai 2007 ?

 

 Ramiro Arrue

 

QUESTION N°10 : J

-         J comme Jaja de Jau, quel peintre signe l’étiquette de ce jaja célèbre ?

 

Ben  

-         J comme Jacob Creeks, à qui appartient cette marque de vins australiens ?

 

Orlando Whyndam filiale du groupe Pernod-Ricard

 

-            J comme Jasnières, comme j’adore les blancs du Domaine de Bellivière, quel est le cépage de cette minuscule appellation de 5 km de long sur 300 mètres de large ?

 

     Chenin Blanc

 

QUESTION N°11 : K

 

-         K comme Kauffmann Jean-Paul, dans sa préface à la réédition de « L’âme du vin » - écrit en 1932 – de Maurice Constantin-Weyer, Jean-Paul Kauffmann rappelle que celui-ci obtint le Prix Goncourt en 1928, quel est le titre de ce roman ?

 

Un homme se penche sur son passé

 

-         K comme Kiravi, à quelle société très connue et avec laquelle j’ai eu des liens appartient cette vieille marque de Vin de Table ?

 

La Société des Vins de France groupe Castel

 

-            K comme Klein Etienne, dans quelle grande École d’Ingénieurs enseigne cet écrivain de la science qui a répondu à mes 3 Questions ?

 

      L’Ecole Centrale

 

 QUESTION N°12 : L

 

-         L comme Lacryma Christi, sur les flancs de quel volcan célèbre ce vin moelleux quoiqu’assez sec les vignes sont-elles cultivées ?

 

Le Vésuve

 

-          L comme Latour, la maison Louis Latour, le Grand Ardèche (chronique d’octobre 2008): avec quel président des Vignerons Ardéchois ce premier vin de cépage a-t-il été conçu et développé ?

 

Georges Champetier

 

-         L comme locavores (chronique mai 2008),   « les membres de cette tribu ont fait vœu de ne manger que des produits locaux. Adieu café, riz, chocolat et huile d’olive : tout ce ni pas été produit, préparé et emballé dans un rayon de 160 Km est interdit dans les assiettes… » Pourquoi 160 km ?

 

Un mile = 1,6 km donc limite des 100 miles

                                                           

QUESTION N°13 : M

 

-         M comme Manga, quel est le titre du Manga japonais à la gloire du vin ?

 

Les Gouttes de Dieu

 

-         M comme Marsannay en quelle année cette appellation situées aux portes de Dijon et appartenant au prestigieux vignoble de la Côte de Nuits a-t-elle été  promue au rang d’Appellation communale ?

 

 1987

 

-            M comme Mastroquet, que désigne ce mot au XIXe ?

 

      Marchand de vin au détail, tenancier d’un débit de boisson

 

QUESTION N°14 : N

-         N comme Noah, en quelle année ce cépage hybride a-t-il été prohibé en France ?

 

La loi du 24 décembre 1934 introduit de manière légale la notion de "cépages interdits" en viticulture

 

-         N comme Négrette, ce cépage noir des vins de Fronton, est désigné en Vendée sous un nom étrange, lequel ?

 

Le ragoûtant

 

-            N comme Nabuchodonosor, combien de litres dans cette bouteille ?

 

     15 litres soit 20 bouteilles

 

QUESTION N°15 : O

 

-         O comme Orsenna Erik, dans son livre sur l’eau notre académicien part avec quelques larrons en dégustation dans un prestigieux domaine, lequel ?


La Romanée Conti


-         O comme Oxygène, quel est le réalisateur qui a popularisé la formule « oxygénez, oxygéner… » ?


Jonathan Nossiter


-            O comme ODG, comme OI, que signifient ces initiales chères au cœur de l’INAO, Q ?


ODG (organisme de défense et de gestion) - OI (organisme d'inspection)


QUESTION N°16
 : P

  -         P comme Perico Légasse, quel métier exerçait-il avant de  chroniquer dans Marianne ?


Chauffeur de Jean-François Khan


-         P comme Pennautier, le château des Lorgeril près de Carcassonne, quel roi de France y a séjourné ?


Louis XIII


-            P comme Patrimonio, quel est le cépage phare des vins rouges de cette appellation ?


Nielluccio


QUESTION N°17
 : Q

  -         Q comme Quichenotte, que désigne ce nom ?


Coiffe de toile portée autrefois par les paysannes en Vendée et en Saintonge


-         Q comme Quiot Jérôme de Châteauneuf-du-Pape, président du Comité Vins&Eaux-de-vie de l’INAO mais aussi du CNIV, que désignent ces initiales ?


Le Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine


-            Q comme Queue, que désigne ce terme en matière de distillation des Eaux-de-vie ?


« Ni la tête ni la queue » produits de fin de distillation qui ont le point de distillation le plus élevé et passent les dernières

 
QUESTION N°18 : R

           R comme René Renou, quelle était le nom de l’appellation chère au cœur de l’ancien président du Comité National Vins&Eaux-de-vie de l’INAO ?


Bonnezeaux


-        
R comme Rosé, en quelle année l’OIV a-t-elle acté l’assemblage blanc rouge pour produire du rosé comme une pratique œnologique reconnue et autorisée ?


1985

-         R comme Retour des Indes, aux dires de Féret, dans son dictionnaire-manuel de 1896, il s'agissait… Il s’agissait de quoi pour un vin de Bordeaux ?


Vin auquel on a fait faire un long voyage pour le vieillir, le bonifier.

  
QUESTION N°19 : S

  -         S comme Sideways, quelle est la vraie vedette de ce road-movie américain ?


Le Pinot Noir


-         S comme Smith Michel, dans la chronique qu’il a écrit pour Vin&Cie quel est le cépage qui y tient la vedette ?


Le Rolle


-         S comme Sulfites, depuis quelle date la mention « contient des sulfites » ou «contains sulfites » est-elle obligatoire ?

Le 25 novembre 2005 

 
QUESTION N°20 : T

  -         T comme la montée de Tonnerre, 1ier cru du Chablis, quel Ministre de l’Agriculture a été maire de Tonnerre ?


Henri Nallet

-         T comme Toques&Clochers, en quelle année a eu lieu la première édition de cette belle manifestation des Vignerons de Sieur d’Arques ?

1990


-         T comme vin de Table, sous quel nom désignait-on ces vins avant la nouvelle dénomination communautaire ?


Vin
de Consommation Courante


QUESTION N°21
 : U

  -         U comme Ugni blanc, à Cognac où ce cépage règne en maître il est aussi désigné sous un autre nom, lequel ?


Saint Emilion


-         U comme Uchau, dans quelle région de France est-ce autrefois une mesure de capacité pour les liquides, principalement le vin ?


Dans le Sud-Ouest


-            U comme URSS, quel était dans l’ancien empire des Soviets la principale République productrice de vin ?


La Géorgie


QUESTION N°22
 : V

  -         V comme Veuve Clicquot, quels étaient les prénoms et le nom de jeune fille de la plus célèbre veuve du Champagne ?


Barbe Nicole Ponsardin


-         V comme Viognier, dans quelle AOC rouge ce cépage est-il autorisé ?


Côte Rôtie


-         V comme Vin, quelle est la définition du Vin par l’OIV ?

 
« Nul autre produit que celui qui provient de la fermentation alcoolique du jus de raisin frais ne puisse recevoir l’appellation de vin ».


QUESTION N°23
 : W

 -         W comme Walden, à quel auteur américain Hervé Bizeul a-t-il emprunté ce nom ?


Henry David Thoreau


-         W comme Wagon-citerne, dans quel charmant port ai-je réceptionné des vins de table de South of France en Wagon-citerne ?


Le port de Gennevilliers


-            W comme Wagner, le Vaisseau Fantôme (Der Fliegende Holländer) est répertorié dans l’ouvrage Opéra&Wine sous la rubrique Wines of the Netherlands, quel est l’auteur de cet ouvrage ? (chronique en janvier 2009)


Valentino Monticello

 
QUESTION N°24 : X

  -         X comme XO, que cachent ces initiales ?


Extra Old 


-         X comme classé X, dans l’une mes chroniques les plus consultée il est question des « Enfers » que cachent-ils au grand public ?


« Il existe à la Bibliothèque nationale un dépôt qui n’est jamais ouvert au public : c’est l’Enfer, recueil de tous les dévergondages luxurieux de la plume et du crayon ».


-            X comme Xérès, quel est la couleur du Fino ?


Or pâle, jaune paille


QUESTION N°25
 : Y

 

-         Y comme d’Yquem, Alexandre de Lur Saluces l’ancien propriétaire a présidé pendant des années une mutuelle agricole de Gironde, laquelle ?


La Mutualité Social Agricole


-         Y comme Yvresse, dans une récente chronique quel grand auteur français orthographiait ainsi l’ivresse ?


Montaigne


-         Y comme Yaka, à quelle date le rapport Yaka plus communément connu sous le nom de rapport B a-t-il été publié?

 
Août 2001


QUESTION N°26
 : Z

  -         Z comme Zoé, quel est le nom du domaine d’un banyulenc ami qui baptisé ainsi une cuvée pour  affirmer que le vin, comme le pain, était indissociable de notre culture et de notre amour de la vie, en grec Zoi, traduction de Eve "La Vivante", mère de l'Humanité." ?


Domaine de la Rectorie


-         Z comme Zinfandel, la cuvée Z du domaine de l’Arjolle est-il un Vin de Pays ou un Vin de Table ?


Un Vin de Table


-            Z comme Zinc, qu’est-ce donc qu’un Zinc ?


Le bar au sens du comptoir

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 00:05

Le vin fait couler beaucoup d'encre et de salive ces derniers jours : tout le monde se rue sur le dernier sujet qui fait peur : le dérèglement climatique même que la frétillante Isabelle Giordano avait organisé un débat sur son Service Public à partir d'un article d'un certain Claude-Marie Vadrot sur le sujet dans Politis.  Le titre de l'émission valait déjà son pesant de cacahuètes : AOC : un label qui ne veut plus rien dire ? Faudra expliquer à la dame que l'AOC n'est pas un label de qualité. Bref, Denis Saverot a du ramer sec pour faire entendre des arguments intelligents. Notre ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, absent car en voyage, avait lui exécuté Vadrot par mail " rien qu'un tissu de conneries ". N'ayant pas lu la prose du sus-dit car je croyais Politis définitivement coulé en dépit de la nième souscription de soutien, je ne ferais présentement aucun commentaire mais l'audition de ses propos m'ont laissé songeur : amalgames, approximations, tout un laïus de sauveur de la viticulture française menacée, références constantes à ses copains vignerons pour justifier son pathos. Bref, ça avait le goût de bouchon de vieux con qui s'autoproclame expert de pinard comme y dit. Bref, puisque la séduisante Isabelle Giordano fait dans l'AOC discrédité moi ce matin je la prends à contre-pied et je la déclasse en IGP : facile Berthomeau !  

En effet ce matin je vais vous parler polar, d'un polar qui a deux ans tout juste et qui a connu un grand succès d’audience. Lors de sa sortie ses 3 auteurs Richard et Eric le Boloc’h et Yann Marchesseau confiaient au journal Sud-Ouest : « Bientôt Saint-Emilion sera plus connue pour ses crimes que pour ses crus ». Un autre média girondin s’enflammait « les auteurs inventent le thriller œnologique. » N’étant ni un spécialiste de l’éreintement, ni un adapte de l’encensoir, en parler avec le recul du temps m’est plus facile.

En effet, ce bouquin est sympathique, précis et très bien documenté « nous avons rencontré 21 médecins, des kinés, des prêtres, des notaires dans le coin et des viticulteurs pour comprendre la fabrication du vin. On a refait le chemin des meurtres » précisent les auteurs, j’ajouterais trop bien documenté pour les descriptions des lieux et des sites : comme une impression de plaquettes de syndicat d’initiative. La mise en place est besogneuse mais ensuite, lorsque les cadavres s’accumulent, le polar prend son rythme et le scénario bien ficelé capte l’attention : c’est clair j’avais envie d’aller au terme. Mais Dieu que le présent de l’indicatif est plat ! Mais Dieu que le verbe être et avoir sont transparents ! Mais, à tout pécheur miséricorde, nos trois auteurs sont des hommes de l’image pas encore des écrivains.

Alors me dire-vous, pourquoi chroniquer sur eux ? 3 raisons essentielles :

- la première : j’ai acheté le livre donc je l’ai lu et lu jusqu’à la dernière ligne même si je zappais sur la fabrication des cierges ou sur des descriptions du genre « Nadya avance un peu plus dans la nef, attirée par quatre peintures circulaires sur fond bleu turquoise. Un écriteau indique qu’il s’agit d’une fresque du XIIIe siècle représentant le martyre de Ste Catherine. Sur la gauche, dans la saillie, une Vierge étirée semble pointer du doigt les quatre médaillons. ». De plus comme la seconde moitié est bien plus efficace que la première l’impression finale est bonne. C’est comme si nos trois lascars se bonifiaient en écrivant.

- la seconde est plus complexe à exprimer, en effet, dans la mesure où nos jeunes pousses lisent peu ou pas du tout, si par bonheur le succès de ce polar est en partie dû à un lectorat jeune c’est tout bénéfice pour l’amour des livres. Que les trois auteurs me pardonnent, leur modeste cru, qui n’a d’ailleurs pas la prétention d’être un GCC, est un bon produit technologique. Un produit d’initiation pour néo-lecteur, comme le sont pour vins dit technologiques. Le succès des vins rosés en atteste. En poussant le bouchon un peu plus loin j’écrirais à propos d’AOC que c’est un excellent livre sans IG, un honnête vin de cépage. Un livre d’hommes d’images proches de la culture de la Toile. Mon propos n’a donc rien de condescendant, bien au contraire il reconnaît que nos goûts d’initiés, de gens qui se disent cultivés, doivent, sans pour autant jeter par-dessus bord notre culture, s’ouvrir à une forme de simplicité. Le polar qui a gagné ces dernières années ses lettres de noblesse me semble être un bon terrain d’initiation.

- la dernière je la trouve (voir la phrase en rouge dans l’avant-dernier paragraphe du commentaire) dans un commentaire trouvé sur le Net « J’ai acheté ce polar uniquement pour le plaisir futile d’avoir une dédicace d’un des auteurs, présent dans le Carrefour ou je faisais mes courses. Bon, j’aime aussi les polars, les français particulièrement, mais sans ça je n’aurai probablement pas acheté ce livre.

J’ai pu donc discuter avec Yann Marchesseau, un monsieur très sympa et avec qui j’ai échangé quelques avis sur le polar français,.

Bref, qu’en est-il de cet AOC ?

J’en suis fort désolé mais je suis très mitigé.

Le côté narratif est plutôt bon, notamment ce qui tourne autour du vin. Mais les dialogues, très présents, sont plus laborieux. J’ai l’impression que les auteurs ont voulu faire réalistes, les phrases fusent comme dans une vraie discussion, mais j’ai trouvé ça assez artificiel justement. A force de vouloir faire vrai ils sont arrivés à quelque chose qui sonne faux.
Les personnages des flics sont assez creux, surtout celui du capitaine Cuche, absolument pas crédible dans son emploi des termes anglais dans sa discussion, genre all right pour dire d’accord. Ça me fait penser à Tintin en Amérique

Les autres personnages sont des stéréotypes de notables d’une petite ville de province : le député forcément arrogant et avec le bras long, le couple de pharmaciens, la maire, l’aristo du coin…

L’intrigue en elle-même, le meurtrier, son mobile, tout ça est plutôt bon, sans être renversant, mais ce n’est pas non plus le but recherché. Au final, ça se lit sans déplaisir malgré ses défauts, mais aussi sans surprise.

Reste que ça permet de découvrir le monde du vin, et ça c’est toujours intéressant.

Par contre, j’ai trouvé que tel quel ce roman ferai une bonne série policière en deux épisodes sur France 2. Limite le scénario pourrait-être le livre lui-même. Bien filmé, bien joué (en enlevant les tics de langage du flic), ça pourrait être bien sympa. »

 

Normal nos trois larrons, conseillés par François des Ligneris, étaient entourés de bons conseils sur l’univers de la vigne et du vin de Saint-Emilion

 

Au final, je ne jouerai pas au verre à moitié vide ou à moitié plein mais je vous recommande d’aller sur leur site www.aoc-leroman.com pour découvrir leurs « teasers » sur leur premier livre dont je viens de vous parler et leur nouveau, écrit à 4 mains cette fois-ci, les frères le Boloc’h, « Le sang des Immortels » Pour ce faire une fois sur le site cliquer sur films.

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 00:06

Ce matin je relève un réel défi : vous présenter mon invité, Jean-Michel Laporte, alors que lui et moi n’avons fait que nous croiser et converser. Mais, comme nous avons en commun, d’aimer le rugby – lui l’a pratiqué pendant 15 ans – de ne pas fuir les défis mais les relever et d’avoir choisi le vin, lui comme vigneron, moi comme écrivaillon, par passion alors que nous ne sommes pas issus du milieu, je me sens plus à l’aise pour accomplir ma tâche. Il n’a que 34 ans, l’avenir est devant lui mais avec déjà une belle expérience lui l’Ingénieur formé à la belle École d’Agriculture de Purpan à Toulouse – pendant mes années ors de la République je trouvais toujours du temps pour nos grandes écoles publiques ou privées – puisqu’avant d’arriver au château La Conseillante il a passé 4 ans au château Pey La Tour vignobles Dourthe, du CVBG cher à l’ami Jean-Michel Chadronnier.

Lorsqu’il cite Winston Churchill : « En matière de vin, je suis un amateur facile, je me contente toujours du meilleur » je goûte l’humour So british du vieux lion conservateur et me pare sans complexe de cette superbe appellation. Oui, je me sens un amateur facile. L’homme est aussi d’un contact facile, simple et solide, carrure rugby, direct, courageux aussi comme en témoigne sa position de bon sens sur la question des chais de Pomerol. Reconnu de ses pairs Jean-Michel Laporte a, depuis son arrivée en 2004 au château La Conseillante www.laconseillante.fr , mis en pratique son approche vigneronne. Ainsi confiait-il à l’ami César Compadre de Sud-Ouest « Tout commence à la vigne, où nous avons identifié 18 parcelles aux profils distincts (sols, cépages, âge des vignes, maturité…). Les raisins récoltés sont vinifiés dans 11 cuves, mais nous projetons la construction d'un nouveau chai avec 22 cuves » Projet différé par la crise mais l’objectif reste bien de vinifier séparément toutes les parcelles de la Conseillante. Perfectionniste, alors qu’auparavant les vins qui n’entraient pas dans l’assemblage de la Conseillante était vendu en vrac, depuis 2007, avec la naissance de Duo le 2d vin du château, l’exigence est encore plus grande. N’étant pas classé dans le cénacle des longs nez et des becs fins qui savent traduire en commentaires experts leur dégustation je ne m’aventurerai pas à vous donner les miens sur les vins du château La Conseillante. Je confie donc ce soin à mon ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble qui a écrit un jour : «  Quand La Conseillante exprime bien son terroir, c'est fabuleux ! Un bouquet frais, balsamique, violette et cèdre, très racé, une bouche élégante, fruit mûr, un corps plein, délicat, une assise crémeuse de tanins ronds, une finale fraîche, mentholée avec des notes confites. » Merci Jean-Michel Laporte d’être venu sur mes lignes...(ce matin j'ai beaucoup fait dans les amis, j'en ai...

 

Votre vertu préférée : la justice


Vos qualités préférées chez l'homme : la franchise, l’honnêteté


Vos qualités préférées chez la femme : la douceur, la beauté


Votre occupation favorite : passer du temps avec mes amis


Votre caractéristique maîtresse : mon relationnel


Votre idée du bonheur : un lagon paradisiaque avec mes proches


Votre idée du malheur : la mort de mes êtres chers


Vos couleurs et votre fleur préférées : le bleu et l’orchidée


Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : mon grand-père paternel


Où aimeriez-vous vivre ? : au pays de Cocagne

 
Vos auteurs préférés en prose : Emile Zola, Harlan Coben


Vos poètes préférés : Baudelaire, Ronsard


Vos peintres et compositeurs préférés : les impressionnistes : Monet, Manet, Renoir


Vos héros préférés dans la vie réelle : Nelson Mandela et mon grand-père paternel


Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : ma compagne, infirmière en maison de retraite


Vos héros préférés dans la fiction : Astérix et l’homme invisible

Vos héroïnes préférées dans la fiction : Lara Croft


Votre mets et votre boisson : Une bonne côte de bœuf, accompagnée d’un Conseillante 2006, ou d’un Vega Sicilia Unico 1990


Vos prénoms préférés : Valentin, le prénom de mon fils


Votre bête noire : mon handicap au golf !


Quels personnages historiques méprisez-vous ? : Joseph Goebbels


Quel est votre état d'esprit présent ? : Concentré : nous tenons un grand millésime, il faut transformer l’essai


Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : La faute d’orthographe…

Votre devise préférée : nunc est bibendum

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 00:00

Dans un temps « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » lorsque nous négociions, Henri Nallet étant Ministre, les AOP-IGP, j’adorais titiller les petits grisouilloux de Bairlaymont* (ne pas confondre avec les petits gris dit lumas) ou les Paganini des panels de feu le GATT avec le concept d’Appellation d’Origine Contrôlée. Ça les mettait en transes. Imaginez leur désarroi : une zone délimitée pouvant aller jusqu’à la parcelle, des rendements plafonnés, des cépages déterminés, des trucs et des machins décidés par les intéressés eux-mêmes, trouvant force de loi par des signatures ministérielles. L’abomination de la désolation pour ces gnomes shootés au dogme de la concurrence pure (normal les substances prohibées sont radicales qu’à l’état pur) dont l’exécration pour la main de l’Etat pouvait s’assimiler à celle de l’évêque de Rome pour les condoms. Normal la main invisible est plus discrète pour pécher en solitaire. « Ententes ! Rareté artificielle ! Prix gonflés ! » bramaient-ils. Goguenard je leur offrais une coupe de Champagne, quintessence d’une gestion bien cadenassée d’un Grand Vignoble. Bref, je jouissais.


Depuis, par la grâce de nos errements dans les « grands lacs de vin », nous nous sommes placés entre leurs mains faute d’avoir balayé à temps devant nos portes, d’avoir eu le souci que sous les grandes ombrelles des AOC les promesses des décrets soient tenues. Certains crient « au feu ! » J’ai très envie de leur répondre « Qui l’a mis ? » Comme d’ordinaire je digresse avant d’en venir à un double monopole : celui du Gringet et celui de Dominique Belluard sur le Gringet. www.domainebelluard.fr/  


-         Qu’est-ce que c’est le Gringet ?


-         Bonne question, en dehors de ceux qui lisent le blog d’Olif, et ils sont nombreux, qui connaît le Gringet : pas grand monde. En effet, il ne faut pas confondre les Gringets « cépages de mâturité tardive typiques de la région savoyarde qui peuplent les 2/3 du vignoble : Roussette d’Ayze ou Mondeuse blanche, la Grosse Roussette ou Marsanne, et le Bon blanc ou Fendant vert... » avec le Gringet...


-         Aux faits Berthomeau, aux faits !


-         Doucement, y’a pas le feu au lac ! Je donne la parole à Dominique Belluard : « Il y a deux ans, un microbiologiste suisse a réalisé un séquençage ADN du Gringet. Il est arrivé à la conclusion que celui-ci n’était ni un Traminer, ni un Savagnin.  Selon lui, il s’agirait plutôt d’un dérivé de l’Altesse. Voilà où l’on en est aujourd’hui, je n’en sais toujours pas plus ! » Le Dr José Vouillamoz, Université de Neuchâtel, Pôle de Recherche National « Survie des Plantes, le microbiologiste suisse dont il s’agit, ajoute : «  Il n’est d’ailleurs identique à aucun autre cépage de ma banque de données (2000 cépages du monde entier), c’est donc un cépage unique. »


-         D’accord c’est une antiquité mais pourquoi crier au monopole ?


-         Je cite toujours Dominique Belluard : « Il en subsiste 22 Ha, j’en cultive 12. Je suis le plus gros domaine, on tombe ensuite à 3 Ha, 1,5 Ha, 1 Ha…ensuite, ce sont de petits vignerons amateurs qui bossent sur des parcelles de quelques centaines de mètre carré, pour le fun. »


-         Oui mais rien n’empêche de l’implanter ailleurs pour faire un vin de cépage Gringet...


-         Bien sûr en ce bas monde mondialisé tout est possible mais rappelons tout de même que le Gringet, cépage endémique de la Savoie présent avant l’arrivée des Romains, n’est cultivé que dans le vignoble d’Ayse, l’un des 22 crus savoyards, et nulle part ailleurs. En plus, il est avec ses collègues savoyards : Jacquère, Mondeuse, Altesse, Persan interdit de séjour jusqu'en 2013 sur les étiquettes de ces bâtards de vins sans IG.
 

-         Pourquoi la Savoie ?

 

- Mon petit doigt qu'a traîné au 78 rue de Varenne ne te le dira pas...

 

- Donc, comme de coutume Berthomeau tu t’es fait mousser...

 

-         Vous ne sauriez si bien dire car l’idée de cette chronique m’est venue après m’être shooté au Brut Zéro 2005 de D&P Belluard, méthode traditionnelle AOC Savoie Ayse www.ochato.com C’est l’Everest ! pardon le terroir du Mont Blanc. De quoi convertir une secte entière de prohibitionnistes patentés. D’abord la bouteille est blonde, belle et pure, d’une beauté glaciale qui vous met le feu. Ensuite, si je puis m’exprimer ainsi, c’est une bouche fraîche pleine de promesses. Reste le corps enfin, découverte, caresses, montée du désir, explosion du plaisir. Le 7ième Ciel et, à peine remis de l’extase, l’absolue, l’impérative nécessité de s’offrir une nouvelle escalade...



 

 

-         Eh bien Berthomeau ce matin tu ne fais pas dans la pure minéralité, les fragrances de glycine ou les pointes d’épices, c’est du torride...


-         Oui, c’est sans doute l’un des effets sur moi du réchauffement climatique. Je plaisante, en revanche j’adore croquer les glaces et m’offrir des douches chaudes. Je déteste le tiède. Le plaisir, quelle qu’en soit l’origine, c’est sortir de soi, se laisser emporter, ne plus rien maîtriser, le bord du gouffre, la petite mort...


-         Tout le contraire de la modération...


-         Oui, j’ai déjà commis une chronique sur le sujet Au risque de choquer : modération et tolérance ne sont guère mes tasses de thé … j'suis tendance bon vivant et accueillant... http://www.berthomeau.com/article-29416108.html


-         C’est de la provocation ?

-         Non, j’adore les cuves ovoïdes du domaine Belluard...

-         Qu’est-ce cette nouvelle pirouette ?

-         Allez donc voir le blog d’Olif  http://www.leblogdolif.com/archive/2007/01/29/ayze-281-283-rue-du-gringet.html

   

-         Mais encore ?


-         Rien si ce n’est que je vais faire expédier une caisse de Brut Zéro à Mariann Fisher Böhl notre commissaire européenne pour l’Agriculture qu’est sur le départ pour son pot d’adieu en espérant que le rougissant Jean-Luc Demarty, ci-devant Directeur de l’Agriculture, se débloquera en se souvenant du temps où, dirigiste en diable, il nous sommait d’abaisser le calibre de la pomme de terre pour faire baisser les prix afin d’améliorer le fameux indice des prix. Je le rassure après 2 coupes de ce détonnant nectar le coq ne chantera pas 3 fois s’il met un peu d’eau dans son vin à propos de la régulation du marché du lait.


-         Je n’y comprends goutte à vos histoires à tiroir...


-         Normal, la Savoie c’est aussi le pays du fromage, alors un morceau de Tomme des Bauges sur un quignon pain le matin c’est tout de même mieux qu’un « faux emmenthal » fabriqué avec de la poudre de lait et de l’huile palme que t’achètes à 2 balles chez un « casseur de prix »


-         Tu retombes toujours sur tes pattes Berthomeau c’est lassant...


-         Oui c’est l’effet pulse du Brut Zéro, à bientôt sur mes lignes...

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 00:02

Considérant qu’en dépit du réchauffement continu et inquiétant du climat sur notre planète Terre nous assistons parallèlement à un grave et tout aussi préoccupant refroidissement des relations entre les hommes ;


Considérant
que pousser des hommes à bout pour qu’ils fourguent un maximum de « petits insectes noirs » dans lesquels des gugusses et des nanas, une fois sur deux, se contentent d’articuler « t’es où ? » est représentatif de l’état de nos sociétés humaines ;

 

Considérant que les syndicats agricoles ne semblent pas porter Jean-Louis Borloo dans leurs cœurs ;

 

Considérant que Claude Allègre ne sera jamais admis à l’ABV ;

 

Considérant que le réchauffement climatique pousse, dit-on, nos cépages vers des degrés extrêmes ;

Considérant qu’il est patent que se promener nus dans les vignes est contraire au message des autorités de Santé Publique qui préconisent « Malgré la canicule : sortez couverts » ;

 

Considérant que le Pape Benoît XVI réprouve aussi ardemment les deux attitudes ;

 

Considérant l’échec patent de l’appel du Secrétaire-Perpétuel à plébisciter la révélation intégrale de sa nudité (voir chronique : cliquez sur http://www.berthomeau.com/article-chaud-devant-nus-dans-les-vignes-quand-le-cul-se-substitue-au-qi-c-est-qu-ya-le-feu-au-lac-37346528.html ) ;

 

Considérant qu’il est urgent d’agir ;

 

Vus nos statuts qui n’existent pas,

 

Décidons, nous, Présidium * de l’Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants :

 

de suivre l’exemple, de notre vénéré Secrétaire Perpétuel autoproclamé et de son aide de camp, de revêtir une chaude tenue campagnarde (photo du haut tendance hobereau avec chapeau, photo du bas tendance koulak avec chapka)  conforme à la grandeur et à l’excellence de nos terroirs viticoles ;

 

de bénéficier des hauts degrés de nos vins pour nous concocter de savoureux Vins Chauds pour réchauffer nos corps, égailler nos cœurs, alléger nos âmes et si possible rire de bons coups.

 

























Le bol ci-dessus ne contient que la valeur d'une bouteille de 75 Cl.

 Pour ampliation et publication dans les meilleures gazettes :

 

Le Secrétaire Perpétuel de l’A.B.V

 

Jacques Berthomeau

  

* cet organe collégial est, comme vous vous en doutez, totalement bidon, mais même s’il se réunissait cela ne changerait rien à la gouvernance de l’ABV qui est totalement soumise aux élucubrations et aux lubies de votre serviteur.

Vous pouvez lire ou relire une vieille et courte chronique du 15 novembre 2005 Nouveau Produit : le vin chaud http://www.berthomeau.com/article-1205998.html

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 00:03

 

Oui   chers lecteurs, tout arrive à qui sait attendre, Périco Légasse et moi, pour une fois, nous nous  accordons, et de belle manière, sur les vins et plus particulièrement le grand blanc de « mourredon ». Le mont-rond sur le plateau qui surplombe Châteauneuf-du-Pape, c’est le château Mont-Redon où Jean Abeille et Didier Fabre œuvrent pour nous proposer une palette de vins que je qualifierais de vins de gentlemen, d’une élégance sobre, sans être austères, dépourvus d’afféterie, précis et raffinés, loin de l’ostentation propre à l’air du temps, étonnamment modernes, « gorgés de fruit et de fraîcheur » comme le note Périco pour le blanc 2007, alors qu’ils ne sacrifient en rien aux modes. En effet, les hommes de Mont-Redon font, ce qui peut paraître une évidence alors que ce n’en est pas une, à chaque millésime, le vin du Château Mont-Redon pour chacune de leurs appellations (Chateauneuf-du-Pape, Lirac, Côtes de Provence, Côtes-du-rhône) : une cuvée par couleur. Choix courageux, assumé, face à « l’impérialisme » de ce cher Bob Parker qui n’aime rien tant que les cuvées « dé à coudre ».  

                                    
Sans vouloir taquiner mon éminent et très médiatique « confrère » je crois que je l’ai précédé dans mon amour pour le Châteauneuf blanc du Château-Mont-Redon. Je m’explique. Un beau matin de fin de siècle, adoubé par une missive ministérielle, j’ai débarqué au volant de la petite auto de la DDAF du Vaucluse, à Dallas, pardon dans le charmant village de Châteauneuf-du-Pape « gouverné » d’une poigne de fer par un maire au nom prédestiné, pour tenter d’y ramener la paix. Le terrain était miné : un POS très orienté, une déviation bizarre, des scuds entre les 2 syndicats, des histoires autour de la bouteille écussonnée, j’en passe pour ne pas vous lasser. Plein de gens importants, dont une Garde des Sceaux qui lorgnait sur la cité des Papes, il fallait que je fasse gaffe. Alors, qu’ai-je  fait pour ne pas me retrouver à faire la manche sur les trottoirs du festival d’Avignon ? J’ai d’abord écrit une missive à chacun des vignerons pour leur proposer de me rencontrer pour tailler une bavette ; puis je me suis enfermé dans les locaux de l’INAO d’Avignon pour me plonger dans les archives de l’appellation chère au BARON PIERRE LE ROY DE BOISEAUMARIE. Ensuite ce fut une histoire pleine de surprises et de rebondissements mais c’est dans ce contexte « agité » que je suis allé rencontrer Jean Abeille au Château Mont-Redon.


La fonction de médiateur public a des exigences particulières où il faut, bien sûr,  ne pas prendre parti pour ou contre l’une des parties tout en préconisant un compromis le plus proche possible de l’intérêt général. Pour ce faire il est nécessaire de s’appuyer sur des hommes droits qui avancent et tenter d’éviter les hommes courbes qui se défilent. Sans conteste, dès notre premier contact, je rangeais Jean Abeille dans la première catégorie. L’homme a des angles, des convictions, mais surtout une ligne de conduite lisible : celle d’un vigneron toujours en recherche, précis, perfectionniste qui ne se paye pas de mots. Que n’avais-je entendu comme « horreurs » sur le terroir urgoniens, le 3ième de Châteauneuf après les fameux galets roulés du haut et les sables du bas, et, avec lui, je découvrais un vignoble planté sur des urgoniens respectueux de son environnement, mené avec intelligence, qui donnait naissance, à mon humble avis, à l’un des très grand Châteauneuf-du-Pape blanc.


Pour autant Jean Abeille ne tire pas la couverture à lui, l’œuvre est commune avec Didier Fabre que je connais moins bien – c’est pour cela que ma plume reste discrète à son propos – et il a donné beaucoup de son temps au collectif de l’appellation avec Jérôme Quiot, Alain Jaume et le regretté Paul Avril. De plus, et c’est important dans les entreprises familiales, la transmission générationnelle est sur les rails avec Pierre Fabre qui est le jeune vinificateur et éleveur des différents domaines, Yann Abeille qui, après 2 années passées en Australie et Nouvelle-Zélande, s’occupe de la partie culture et parc matériel. Pendant ce temps-là Christine Fabre travaille à Paris pour O.Bertrand distribution, Jérôme Abeille circule dans les USA en tant que VIE pour le compte de 4 caves et Patrick Abeille se forme à l’INSEC de Bordeaux.


À tous ceux, financiers de hedges funds et rentiers des fonds de pension, qui n’ont à la bouche que le fameux concept de création de valeur alors qu’ils passent leur temps à la détruire je dis venez donc salir vos escarpins dans ces petits morceaux de France où des hommes entreprenant en créant, eux, de la valeur, la fixent au sol, générant de l’emploi et de l’activité réelle se traduisant dans les chiffres de notre balance commerciale. À tous ceux aussi qui, crise aidant, trouvent commode de ne voir que ce qu’ils ont envie de voir en rêvant d’un monde englouti, j’écris que le dynamisme de nos territoires ruraux passe aussi par des « modèles » Château Mont-Redon.

Et oui 170 ha d’un seul tenant dont 100 en vignes sur les trois terroirs de Châteauneuf : 60 dans la partie haute des galets roulés avec ses cépages puissants qui donnent au vin sa charpente, 20 dans les sables dont les cépages syrah, cinsault, mourvèdre confèrent au vin ses saveurs de fruits rouges et 20 sur les urgoniens ces cailloux calcaires qui, avec un cocktail de 40% de grenache, 20% de Clairette, 20% de Bourboulenc, 10% de Roussane et 10% de Picpoul, offrent à Périco et à votre serviteur leur grand blanc. Avec une telle diversité, une telle palette de terroirs, des volumes significatifs, chaque millésime du Château Mont-Redon peut toucher bien plus qu’un petit cercle d’initiés fortunés. Beaucoup d’amateurs peuvent ainsi inscrire sur leurs tablettes de superbes vins de Châteauneuf  sans pour autant casser leurs tirelires. Cet aspect des choses, trop souvent négligé par les faiseurs de guide, de l’accessibilité par le plus grand nombre aux grands vins, est capital pour l’avenir du vin dans notre pays.


Mais Mont-Redon ne s’est pas fait en un jour. Lorsqu’Henri Plantin hérite en 1923, de 2,5 ha de vignes en 12 parcelles sur une zone boisée qu’il va défricher avec des treuils à vapeur achetés aux stocks américains pour être le premier à y planter des vignes, rien n’est évident. Travail de pionnier, cette ténacité et cette clairvoyance que l’on retrouve encore dans le travail de Jean Abeille et de Didier Fabre est comme une empreinte génétique marquant l’esprit Château Mont-Redon. Dans un temps où beaucoup se préoccupent, à juste raison, des questions d’environnement je suis admiratif du travail d’horloger mené sur ce beau terroir. Précision, réflexion, souci des grands équilibres, la démarche est pensée et se traduit par exemple dans le traitement des effluents : domestiques (le château reçoit 25 000 visiteurs par an), de cave, des phytosanitaires, totalement autonome. Remarquable ! À voir par tous ceux qui se contentent de blablater. Un détail, qui n’en est pas un, sur l’absolue nécessité de protéger la santé des travailleurs de la vigne, à Mont-Redon c’est une réalité vérifiable dans les procédures mises en place pour éviter le contact. De même les bâtiments HQE (haute qualité environnementale, tout est recyclable) témoignent de ce souci du durable. Je sais que certains vont m’accuser d’une forme d’hagiographie mais si le monde de la vigne et du vin désire, face aux attaques dont il fait l’objet, au lieu de brailler, apporter du concret en réponse, seules des démarches comme celles-ci sont en capacité de convaincre.


J’ai encore tant de chose à écrire sur le surgreffage, dans la partie Côtes du Rhône, des vieux ceps de Carignan avec de la Counoise afin de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques ; sur les nouvelles tables de tri visioniques expérimentées cette année ; sur l’avenir du secteur qui préoccupe Jean Abeille et Didier Fabre... mais il est temps de conclure. Je vais le faire en évoquant le père de Jean Abeille qui a quitté sa confortable fonction d’Inspecteur Général des Eaux et des Forêts pour l’aventure du Château Mont-Redon car, dans un temps où la transmission héréditaire de charges publiques revient au goût du jour, il me semble qu’il est important de distinguer ceux qui se contentent d’hériter et ceux qui créent. Mon cœur tout autant que ma raison penchent pour ces derniers ; pour les autres je me dis dans ma petite Ford intérieure qu'à 23 ans j’étais Docteur en Droit Public et... j’ai construit ma vie...  



                                                                                                 

 


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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 00:05

 

Les courants étaient portants, nous nous posâmes à Campo del Oro, débaptisé au profit du grand homme d’Ajaccio, avec un quart d’heure d’avance. Pendant le vol Jasmine s’était assoupie, la tête posée sur mes genoux, et le rythme régulier de sa respiration m’avait empli d’une grande paix intérieure. Le ciel était pur et l’air d’une tendre douceur. En tongs et chapeau de paille d’Italie Raphaël nous attendait dans le hall. La Méhari, même si elle peinait dans les lacets, nous porta en douceur jusqu’à notre maison de Tiuccia. Le déjeuner était prêt car Raphaël avait recruté une jeune marocaine pour tenir notre intérieur. Je retrouvais sitôt mes marques. Jasmine ouvrait une bouteille de rosé du Clos d’Alzeto pendant qu’Aïcha taillait, sans se soucier de la proximité impure du « ralouf », des tranches de saucisson corse. À l’aéroport, Raphaël avait acheté la presse parisienne. Moi qui ne lisais jamais le Figaro, en le feuilletant négligemment, je tombai coup sur coup sur deux infos qui me mirent en joie. La première concernait le projet cher à notre Président et à son porte-flingue à l’égo plus large que la porte d’Aix : Christian Blanc, le Grand Paris. J’adore les petits meurtres entre anciens amis : Blanc et Huchon sont de ceux-là, Michel Rocard fut leur étoile. Je passe sur les détails mais, à propos d’un transfert à la hussarde des actifs du Syndicat des Transports Parisiens, dont il est le président, le tout rond Huchon, criait au hold-up en concluant : « On revient au temps de Pompidou et de l’affaire Aranda, la République sert maintenant les affaires privées... »

« Tu as un sens aigu d’être au bon endroit au bon moment. Tu devrais te reconvertir soit en stratège, soit en gourou... » me conseillait un Raphaël qui, tout en me charriant, appréciait tout particulièrement la plastique pulpeuse de notre Aïcha qui elle aussi ne restait d’ailleurs pas insensible à son empressement à la seconder dans ses tâches ménagères. Jasmine absorbait un cocktail de fruits mixé à quatre mains par les deux larrons. Mon « Ah ! Ben merde alors ! C’est vraiment le jour d’Aranda concentra tous les regards sur moi. Le titre de l’article pétait pour moi comme une claque sur la gueule du minus habens réfugié en Suisse « Comment les services secrets anglais ont recruté Mussolini » Quand je pense que du temps de Pompidou notre Archange, avec son bouquin délirant, « La Stratégie soviétique dévoilée »  soutenait que « Mussolini, le « Duce » ne fut même en 1940 qu’un « agent communiste » ! au service « d’un vaste plan machiavélique conçu à Moscou » pour mettre la main sur le monde. Là, dans le Figaro, Peter Martland, un historien de Cambridge, qui s'est plongé dans le passé d'agent jusque là mal connu du Duce, écrivait « qu’en 1917, le MI5 a payé pendant un an le futur dictateur, alors jeune journaliste, pour faire campagne en faveur du maintien de l'Italie aux côtés des alliés pendant la Première Guerre mondiale » Raphaël rengaina derechef ses railleries pour me décerner l’Oscar du meilleur dénicheur de scoops. Nous descendîmes sans coup férir la bouteille de Clos d’Alzeto.

Jasmine qui n’avait pas pipé mot pendant nos congratulations vint se poser sur mes genoux. « Si tu veux bien écouter mon avis, à propos de ce que tu m’as confié ce matin, garde ton secret bien enfoui. N’écris rien tant que ta plume s’y refusera. Tel que je te connais je suis persuadée qu’un jour tu délieras ce nœud sans aucune espèce de difficulté. Quand j’étais petite j’adorais embrouiller les écheveaux de laine de ma grand-mère comme si c’étaient des spaghettis juste cuits, mous et fluides, pour mieux les démêler avec la patience d’une araignée tissant sa toile. »  Je lui caressais la nuque en soupirant « il faut que tu saches ma belle que tout homme à un prix, pour Benito c’était 100 £ de l’époque par semaine, soit 4 misérables millions d’anciens francs, et tout ça, sans doute, pour entretenir ses maîtresses... Le cul tient les hommes par les couilles et ceux qui écrivent l’Histoire avec un grand H sont bien dépourvus face à la toute puissance des femmes... » Aïcha qui dressait la table me contemplait en écarquillant ses grands yeux noirs. Me prenait-elle pour un démon ou pensait-elle à tout le parti qu’elle pourrait tirer de ces paroles pour mener ce grand nigaud de Raphaël par le bout du nez ? Je me crus obligé, pour la rassurer, d’ajouter « c’est un juste retour des choses, les femmes utilisent au mieux les armes dont elles disposent... » Jasmine me tambourinait la poitrine en protestant « tu te trompes il est aussi des femmes qui aiment pour aimer tout simplement... »    

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 00:00

L’horreur des meurtrissures des incendies de forêt : tout un massif sur les flancs de la route qui mène à Péri, paysage calciné, arbres pétrifiés... puis, de nouveau, lors d’un voyage vers les dentelles de Bavella, sitôt Petreto-Bicchisano, sur la route du col de Tega, sur des kilomètres un paysage d’apocalypse sous le soleil naissant. Ça sent la cendre. Ça sent la mort. Des blocs de fougères vert tendre, ça et là, accrochés aux flancs carbonisés, affichent la vie.

 

L’hippodrome de Zonza, niché au cœur de la Corse, le temps de mon vieil ami Jacques Geliot et le lancement de la 1ière Journée Nationale du Cheval, qui fêtait ses 20 ans cette année le 20 septembre  www.journeeducheval.ffe.com, mais qui se souvient des pionniers qui l’ont lancé ? Personne !    


En descendant sur la côte orientale, près de l’étang d’Urbino, le domaine de Pinia, souvenirs...
Rapport N°1077 fait au nom de la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur l’utilisation des Fonds Publics et la Gestion des Services Publics en Corse présidée par Jean Glavany « L’affaire du domaine de Pinia à Ghisonaccia dans la plaine orientale l’illustre parfaitement (les liens entre certains milieux nationalistes et les institutions en charge de l’agriculture en Corse.)  «Ce domaine, exploité d’abord par des agriculteurs rapatriés, a été occupé en 1979 par un groupe d’éleveurs corses. Le domaine a alors été racheté par une filiale du Crédit agricole, la Segespar, qui l’a d’abord donné à bail à la SAFER. Devant l’impossibilité de l’allotir, celle-ci suspend le bail. En 1985, la Segespar le donne à bail à la SCA Di a Pieve di castellu, fondée par des militants nationalistes et dont le gérant est M. Mathieu Filidori. Cette société a bénéficié d’importants crédits de la caisse régionale du Crédit agricole, de subventions publiques ainsi que des « mesures Balladur » et Juppé. Comme l’indique le rapport de l’Inspection générale des finances, la société «  exerce une activité assez réduite compte tenu de la taille du domaine de Pinia qui lui est donné à bail (880 hectares). En revanche, (elle) est au cœur d’un écheveau de sociétés regroupant les mêmes associés, qui exercent des activités diverses (restauration, chasses, gestion immobilière en association avec un groupe italien (…) ».
C'est ce même Mathieu Filidori qui à la Préfecture, derrière ses petites lunettes cerclées de métal, me lançait des regards méprisants, en me traitant de représentant du pouvoir colonial.


Lu, entre autres, le livre d’Ariane Chemin, « Fleurs et couronnes » chez Stock. Six enterrements, de Georges Marchais, le 20 novembre 1997, à Rafaël Kuderski, un SDF débarqué de Pologne à Paris, inhumé le 15 janvier 2008, en passant par Gérard Brach, Maurice Kriegel-Valrimont, Alain Robbe-Grillet et Robert Feliciaggi enterré le 13 mars 2006.

 

« On s’embrasse devant l’église Saint-Pancrace. On se salue dans l’air piquant de Pila-Canale, en attendant le convoi qui monte d’Ajaccio. Au pied des micocouliers, on ressuscite le mort, le temps d’un baiser. « Robert lui aussi embrassait toujours tout le monde. 

[...] Robert n’était pas un voyou comme certains sur son île, pas non plus un parrain comme le furent un ou deux de ses amis. C’était un « homme à services » - un omu a manu -, comme on dit. Faire un geste pour un « petit parent » en quête de subventions, payer de sa poche un ancien footballeur professionnel pour devenir le président du Gazélec d’Ajaccio et même donner un coup de pouce pour que la Bible soit traduite en Corse...

[...] Dans quelques minutes, l’évêque d’Ajaccio va bien résumer les choses : «  Ici, ce n’est pas un rassemblement de gens parfaits. Mais que Dieu nous pardonne nos péchés. » Et chacun avait profité de cette absolution collective pour se signer avec empressement.

[...] Pour « Robert », on est « monté » au village bien avant l’heure des obsèques, sachant que les places seraient rares. Les voitures se serrent les unes contre les autres le long de la route, garées dans le sens du départ : précaution de montagnards ou de monte-en-l’air, indispensable sur la route du Taravo.

[...] Tout ce que le département compte de notabilités s’est habillé pour l’occasion. Les commerces sont « fermés pour cause d’enterrement », et mêmes les agences bancaires observent le deuil. Les Ajacciennes ont sorti la fourrure et les belles pièces de chez Lily B., grande amie du disparu, dont la boutique, avenue du Premier-Consul, au-dessus de la place des Palmiers, est un must de la cité impériale. Devant le tabernacle de bois sculpté, elles affichent au village leurs cheveux brillants, leurs ongles vermillon et leurs parfums musqués.

Pantalons à pinces et manteaux d’alpaga, jeans repassés et parkas mi-saison, les hommes se tiennent dehors, comme au temps des maquignonnages, sans jamais franchir la porte de l’église : en Corse, le passage des âmes appartient aux femmes, de la naissance à la mort.

[...] On a tout de suite « su », pour le « pauvre Robert ». Dans la nuit, les téléphones ont sonné. « Anu tombu Robert ! » « Ils ont tué Robert ! » Le lendemain matin, tous ont vérifié dans Corse-Matin, le quotidien de l’île, qu’ « u tintu Robert » était bien mort. Chacun a échafaudé une hypothèse, mais l’a gardée pour l’oreille de son voisin. La Corse affiche plus volontiers sa dignité qu’elle ne manifeste son indignation. L’île ne connaît pas les marches blanches : devant la mala morte – la mort soudaine et violente -, elle préfère cultiver le noir et la pudeur, le sentiment du sort et sa couleur. »

 

6 belles chroniques, à lire absolument ; un seul reproche à Ariane Chemin, ou à son éditeur, page 88, lors du déjeuner offert, fin 1982, par JP Elkabbach à Georges Marchais chez le Divillec, la cantine du François de Jarnac, comment peut-on laisser passer une telle coquille « Pour le vin, il n’avait pas hésité : un Latache. C’était la bouteille la plus chère. »

« La Tâche balaie de haut en bas toute la zone des grands crus, sur une superficie totale de 6 ha. La Tâche et la Romanée-Conti rivalise de complexité, mais se sont des complexités différentes. A son fruit, La Tâche allie de manière caractéristique des senteurs plus végétales, des souvenirs de tendres labiées, de foin fraîchement coupé, de feuille de thé, de salades sauvages, la fumée de bois fruitiers, les feuilles en décomposition... La Tâche est élégance et vigueur. La Tâche, sous la fréquente dureté des tannins, la passion brûle, maîtrisée par une élégance de cour ».

Mon ami Gérard Muteaud à du travail à faire au sein du Nouvel Obs. ?

à suivre... 

 

 

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 00:07

 

Dans le prolongement de ma chronique « Faut-il sauver le soldat Bio ? » http://www.berthomeau.com/article-34775411.html , je vous propose trois rubriques tirées du livre de 3 journalistes : Christophe Labbé et Olivia Recasens du Point et Jean-Luc Porquet du Canard Enchaîné « Vive la Malbouffe » chez hoëbeke. Dans cet opus, assez bien documenté, le vin, qui ouvre le bal, n’est pas trop mal loti, les 4 chroniques qui lui sont consacrés ne cassent pas 3 pattes à un canard. Pour le reste c’est assez « goûteux » et moi qui ne suis pas adepte de la bouffe toute prête pour micro-ondes ou autre surimi ou pizza Hunt j’ai pu y faire des découvertes pleines d’enseignements.

1-    Le poulet fade c’est meilleur

« Il y a trente ans pour faire grossir le poulet d’un gramme, il fallait lui en verser cinq dans la gamelle, alors qu’aujourd’hui deux grammes de nourriture font l’affaire. Un carburant hyper-énergétique qui permet au volatile industriel d’atteindre son poids d’abattage en 40 jours contre 84 pour son cousin élevé en plein air. Du coup la viande pousse tellement vite qu’elle n’a pas le temps de maturer. Ce qui donne un poulet fade et dur à mâcher. Excellent pour les muscles maxillaires ! »

2-    Une viande plastique c’est bon

« Un jour, les ingénieurs agronomes* ont découvert que pour produire un gramme de gras, un cochon devait ingurgiter quatre fois plus d’aliments que pour produire un gramme de muscle. Au nom de la rentabilité donc, exit le gras et vive le muscle. Grâce à la sélection génétique, les élevages industriels se sont mis à fabriquer des animaux à « viande maigre » bâtis comme des athlètes. Le porc, par exemple, a gagné en quinze ans 9% de muscle et perdu dans le même temps onze millimètres de lard sur le dos.

Les ingénieurs ont juste oublié un paramètre : le goût de la viande. C’est en fait le gras constitué à 85% de lipides qui fixe les arômes et, ce faisant, donne la saveur à la viande. Comme les muscles contiennent 70% d’eau, le consommateur écope en prime d’une viande qui s’évapore dans la poêle ! Quand elle arrive dans l’assiette, la côtelette industrielle est plus dure à mâcher, et sa saveur persillée a pris un goût plastique. Ce qui est vachement moderne ! »

·       * disons plutôt les zootechniciens

3-    Le goût c’est dégoutant

« Malgré tout ce que l’on nous rabâche sur les vertus des fruits et des légumes, les Français en mangent de moins en moins. Et c’est encore plus vrai quand on n’a pas un radis : les plus pauvres en avalent trois fois moins que les riches. Est-ce uniquement une question de prix ? Dans un rapport pondu en 2007, l’INRA a fait son mea-culpa, reconnaissant en termes fleuris que « la qualité nutritionnelle  n’a été que rarement un critère de sélection direct, sauf pour contre-sélectionner des aspects défavorables » ou des « caractéristiques gustatives défavorables ». En clair, pendant des années, la quantité de vitamines et autres antioxydants a été le cadet des soucis de l’INRA. Idem pour le goût. Ses ingénieurs étaient sans doute trop occupés à mettre au point, pour l’agro-alimentaire et la grande distribution, des variétés tape-à-l’œil, à haut rendement, longue conservation, parfaitement calibrez, avec une peau bien épaisse pour résister aux chocs. Prenez la fraise des bois : son pouvoir antioxydant est trois fois plus élevé que celui de sa cousine industrielle. Et la pêche sauvage ? Elle a plus de polyphénols (une molécule anti-maladies cardio-vasculaires) que la pêche sélectionnée de nos supermarchés. Et que dire de la tomate ? Dans les années 1990, on l’a dotée d’un gène qui lui a permis d’allonger de trois semaines sa durée de vie après cueillette. Sauf que plus une tomate squatte les étals, plus sa vitamine C fiche le camp. Cerise sur le gâteau, ce gène « longue vie » dépouille la tomate de ses arômes et lui donne une chair farineuse. Tout l’inverse des petites tomates bannies des rayons pendant des années parce que leur cueillette coûte 2,5 fois plus cher en main d’œuvre. Sans compter qu’avec tout ça, la biodiversité en a pris un sacré coup. Alors qu’il existe en France plus de 300 variétés de tomates, le choix en grande surface tourne autour d’une dizaine de modèles standardisés. À l’INRA, on jure avoir fait marche arrière toute. Exemple : on trouve en rayon des tomates « cœur de bœuf », du nom d’une ancienne et goûteuse variété ; mais comme elles sont industrielles, elles sont presque aussi fades que les autres, ouf ! »

4-    Merci Pr Maraninchi de l’Inca

« Diminuer de 40% la quantité de pesticides vaporisés dans les champs et les vergers, c’est ce qu’on fait les Scandinaves. Et nous ? Avec 77 000 tonnes utilisées chaque année, la France est champion européen de la catégorie. Au Grenelle de l’environnement, un groupe de travail a planché sur la réduction des pesticides. D’un côté, la majorité des participants (une cinquantaine) souhaitait une diminution de 25 à 50% ; de l’autre, ceux qui pensaient qu’il suffisait de retirer les molécules les plus toxiques. Les « autres » en question étant le président du groupe, Dominique Maraninchi (par ailleurs, patron de l’Inca), les représentants du ministère de la santé et, comme c’est curieux, de l’industrie agrochimique. Bilan du Grenelle : plus question de diminuer les quantités utilisées. Décision est prise de se contenter de d’éliminer les pesticides les plus dangereux… »

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