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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 00:06

Après un déjeuner fort agréable au Verger des Papes, en ce début d’après-midi d’octobre l’air était tendre et la lumière fine sur le Comtat Venaissin – pour les cancres en géographie la plaine du Comtat est située entre Rhône et Durance et est cernée par le Ventoux, les Dentelles de Montmirail et les Monts du Vaucluse – et nous roulions en direction du château du Trignon. La cueillette des pommes du dimanche précédent ayant eu raison de mon dos, Jérôme me convoyait avec soin et sollicitude. Nous conversions. Avec Jérôme j’ai toujours le sentiment, lorsque nous nous rencontrons, de reprendre le fil d’une conversation que nous aurions interrompu la veille. La connexion est immédiate, naturelle, complice même, car nous nous adossons à notre histoire commune. Certes, nous avons, l’un comme l’autre, pris du recul vis-à-vis de la chose publique mais, dans nos conversations, nous continuons de confronter nos analyses. Jean Pinchon aimait à dire à propos des vins : « qu’il fallait savoir boxer dans sa catégorie... ». Pour notre part, Jérôme Quiot et moi nous boxions dans la même et, sans vouloir nous distribuer des médailles en chocolat, par le style nous nous rattachions plutôt aux puncheurs qui savent donner mais aussi encaisser.












Nous discutions du livre de Michel Quint « Les Joyeuses » à propos duquel j’avais commis une chronique : « Contre le bégaiement, un bon remède : le Gigondas ! »
http://www.berthomeau.com/article-34974717.html .  L’action se passe à Sablet que nous apercevions au loin. Jérôme me confiait qu’il l’avait lu pendant les vendanges. Qu’il avait bien aimé mais qu’il allait le relire dans des conditions plus paisibles. Comme l’idée d’une chronique sur le château de Trignon m’est venue au détour d’une phrase de ce livre « Alors j’ai sollicité les copains, ah tu es le petit Rico, et ton père David, comment il va, au domaine de Verquière, celui de Piaugier, de Mourchon chez Christian Bonfils, le château de Trignon à Gigondas... » je goûte tout le suc de ces fils noués par la grâce de mon petit espace de liberté. Alors que le magnifique village de Séguret, perché et fiché à flanc de colline, s'offre à nos yeux, Jérôme évoque la journée du livre de Sablet en juillet où il aime se rendre. Je note la date sur mes tablettes.

Nous y sommes. Le lieu est bucolique, le chien couché de tout son long, une maison de charme, rien d’apprêté, c’est le charme discret de la bourgeoisie terrienne. Nous nous installons sous les charmilles face à un splendide et reposant paysage, quasiment indemne de toute construction visible, je tombe sous le charme. Jérôme s’inquiète de mon dos. Je le rassure : ce que mes yeux découvrent se révèle un puissant analgésique. Alors Jérôme me parle de l’acquisition en 2006, auprès de la famille Roux, du Château de Trignon qui rassemblait plusieurs appellations : Gigondas, Sablet, Côtes-du-rhône et Muscat Beaumes de Venise. Ce fut tout d’abord, me confie-t-il, une simple recherche de diversification de la gamme des appellations de la famille Quiot qui, par la grâce et le charme des dentelles de Montmirail que l’on peut contempler tout à loisir depuis le lieu où nous sommes assis, se transformera en un véritable coup de foudre. Les petits matins d’été de Trignon sont emplis d’un charme dont seul Jérôme pourra vous confier toute la quintessence. Cette demeure recèle des ondes positives, c’est un lieu d’écriture. Pourquoi pas me dis-je !

J’entends déjà certains ricaner « ouais, ouais, c’est bien joli tout ça, ce bla bla bla de carte postale mon cher Berthomeau, mais ton boulot c’est de nous faire saliver sur les nectars du Château de Trignon... » Certes, chers lecteurs, mais de grâce ne méprisez pas le plaisir de la conversation. Le Bien Vivre, si cher aux meilleurs d’entre nous, ne se résume pas à des notes de dégustation. Comme diraient les fils de pub à mon propos « ça n’est pas écrit Bettane&Desseauve sur le fronton de ma petite maison d’écriture » Mais rassurez-vous, face aux splendeurs des dentelles de Montmirail, Jérôme et moi nous dégustions des vins de la propriété : un Sablet Rouge 2005 et une Marsanne 2008. Pas une dégustation de long nez et de bec fin une consommation d'honnêtes hommes conversant sous les charmilles  qui réjouit le cœur, raffermit les liens et aère les neurones. Comme la famille Quiot est une maison de confiance alors vous pouvez aller acquérir au charmant petit caveau du château de Trignon de beaux flacons. Depuis son acquisition la famille Quiot a rajouté 10 hectares de Vacqueyras à la pelotte du château de Trignon. Nous visitons les installations d’une méticulosité suisse. Je salue Jean-Baptiste Quiot en plein travail. Souvenir de la soirée truffes où je m’étais aspergé de Châteauneuf rouge et où l’une de ses chemises me sauva la mise. Voilà une bien belle maison : un vignoble d’exception, celui de Gigondas qui s’émancipe de l’ombre portée de Châteauneuf, un patchwork d’appellations communales, des Côtes du Rhône qui permettent de décliner des cépages blancs : Roussane, Marsanne et Viognier, des équipements impeccables, un corps de bâtiments plein de charme.

À tous ceux qui ne pensent le destin du vigneron français qu’au travers d’un artisanat de timbre poste, que j’aime et je défens aussi car il recèle bien des valeurs d’authenticité,  loin de moi de leur opposer la saga de Geneviève et de Jérôme Quiot qui n’a pas été, loin s’en faut, qu’un long fleuve tranquille. Du travail, de la ténacité, des soucis aussi, un engagement national pendant tout un temps avec son lot de grandeur et de petitesses qui vous tannent le cuir, du temps passé par Jérôme à sillonner le monde, un projet qui dérangeait le ronron de beaucoup de ses collègues. Dans notre beau et vieux pays où la réussite ne bénéficie pas d’une réelle cote d’amour, le jour où nous voudrons bien, par delà nos différences, nos oppositions réelles ou supposées, privilégier ce qui nous uni en laissant de côté pour un temps ce qui nous sépare, nous effectueront le premier pas qui nous sortira de notre immobilisme mortifère. Quand nous avons créé « Sans Interdit » avec Jérôme Quiot et d'autres tel était notre objectif premier. Il reste toujours d’actualité. Reste plus qu’à profiter du temps des froidures pour nous retrouver afin de remettre l’ouvrage sur le métier. Un grand bonjour à notre Jean-Louis du Luberon qui est lui aussi de cette aventure...
 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:00

Tout le monde depuis son accession à l’Elysée se gargarise de l’omniprésence de notre Président mais en cela, d’une manière directe, sans prendre de gant, il ne fait que pousser dans sa logique première la logique présidentielle de la Ve République voulue par de Gaulle : le Parlement c’est l’honni régime des partis de la défunte IVe. Dans son bouquin, Le Mal Français, Alain Peyrefitte, relate un entretien avec Pompidou, où celui-ci lui confie « Société bloquée, nouvelle société... ce sont les dadas du Club Jean Moulin... La société n’existe pas, il n’y a que les individus et la France... Faire du neuf, on ne fait jamais du neuf ! Ce sont des fantasmes d’adolescents ou de romantiques ! Il n’y a jamais de pages blanches ! On doit se contenter de poursuivre une tapisserie entamée par d’autres et dont la trame nous est imposée... Le patron, c’est moi. Ce que le Général aura légué de meilleur en France c’est la prééminence du Président. Laisser le pouvoir suprême repasser la Seine, permettre que les grandes décisions qui commandent l’avenir se prennent à Matignon et non à l’Elysée, cela voudrait dire à brève échéance que l’Assemblée reprendrait le dessus. On reviendrait au régime des partis et à l’instabilité ministérielle. » On ne saurait être plus clair, les parlementaires godillots et les Ministres potiches ne datent pas d’aujourd’hui mais eu égard au poids de certains, Giscard tout particulièrement, un pacte de non-agression est conclu entre l’UDR et les RI. Dans ce paysage d’apparence pacifié l’élection surprise de Michel Rocard, secrétaire-général du PSU, dans la 4ième circonscription des Yvelines, où il bat l’ancien 1ier Ministre Maurice Couve de Murville, donne la première impulsion à la trajectoire de celui qui va devenir le chouchou des sondages. En ce temps-là les challengers avaient de la moelle bien plus que les apparatchiks actuels, comme la vieille haridelle de Mélenchon ou le cul pincé de Benoît Hamon, qui n’ont jamais eu le courage de se frotter en direct aux électeurs.

Pour bien s’imprégner du climat de cette période, où la Chambre introuvable issue du raz-de-marée de juin 68 ne représente pas le pays réel mais est, selon Pompidou, un ramassis « d’attitudes mesquines et partisanes, prônant une politique d’ordre moral », il faut insister sur l’omnipotence du couple PC-CGT face au pouvoir. La gauche non-communiste est en miettes et les groupuscules gauchistes ne sont que des frelons que Marcellin attise pour placer ce couple dans une situation ambiguë face à ce que tout le monde appelle encore la classe ouvrière. Pompidou le sait « Notre tâche est de faire tomber le parti communiste dans le trou chaque fois qu’il fait une gaffe. La CGT et le PC avancent lorsqu’ils sentent du mou. Il est inutile d’être aimable avec eux, cela ne sert à rien. Cela conduit à Prague. Le 29 mai 1968, le PC n’est pas allé plus loin parce qu’il savait qu’il y avait les chars devant lui. S’il avait continué, il y aurait eu quarante morts. Je vous garantis que cela se serait passé comme cela » confie-t-il à Raymond Tournoux. Les chars sur la place de la Concorde ce n’était pas, en ces années tristes 69-70, un phantasme mais une idée bien ancrée dans la classe politique non-communiste : en mai 1981 ils seront nombreux à boucler leurs valises pour fuir vers la Suisse face à l’imminence de l’arrivée des chars du Pacte de Varsovie sur cette place-clé. La droite française ne s’est jamais caractérisée par sa finesse et son intelligence stratégique, Mitterrand saura en jouer à merveille pour prendre Marchais à son propre piège.

Etrange ce Pompidou à la fois non-conformiste et conservateur au sens des britanniques,  collectionneur d’art moderne, admirateur de max Ernst, ami de beaucoup d’artistes telle Sonia Delaunay, les recevant souvent pour des dîners intimes à l’Elysée, il veut réconcilier la France avec l’art de son temps. Ainsi, dès le 15 décembre 1969, en bousculant les pesanteurs administratives, il lance l’idée d’un grand centre d’Art Contemporain et choisit le lieu de son implantation : le plateau Beaubourg en plein cœur de Paris. Cette hardiesse irrite les milieux conservateurs qui s’étonnent qu’un homme aussi attaché à la tradition veuille marquer son mandat en érigeant un temple qui devienne le berceau d’un nouveau mai 68. Giscard est de ceux-là mais il se tait laissant son éléphantesque lieutenant le prince Poniatowski étriller l’un des barons du gaullisme, l’amer Michel Debré, en l’accusant d’avoir placé la France parmi les fournisseurs de mort en livrant des avions à la Lybie et en le comparant à Bazil Zaharof, le marchand de canons du début du siècle.  Mais tout cela n’est que clapotis face au bordel qui règne dans beaucoup de secteurs du pays. Le Président s’en irrite, il trouve que son Premier Ministre fait preuve de laxisme. En effet, l’Université reste un cloaque, le campus de Nanterre est placé sous la protection de la police, de graves incidents ont lieu à la Faculté de Droit d’Assas où le bilan est lourd : 60 policiers, autant de manifestants blessés et des dégâts matériels importants. Longuet et Madelin cassent du gaucho. Début mars 70, à la veille du congrès de la FNSEA, Hexagone l’émission de FH de Virieu brosse un tableau réaliste de l’évolution du monde paysan, « Adieu coquelicots » choque profondément les dirigeants agricoles de la FNSEA bien moins inféodés au régime que leurs successeurs. Au Parc des Princes, Gérard Nicoud, le nouveau Poujade du CID-Unati demande à tous les travailleurs indépendants de faire la grève de l’impôt et de retirer leurs fonds déposés dans les banques nationalisées. Le 7 avril dans un entretien avec Pierre Desgraupes Chaban monte sur ses grands chevaux, d’un mot percutant il résume sa contre-attaque « il est nécessaire que les casseurs soient les payeurs... »        

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 00:06

Très beau titre mes amis, raccoleur en diable, beau comme une manchette du France-Soir de Pierre Lazareff. Que cache-t-il derrière ses fagots ? Des souvenirs ! Les chemins de la mémoire prennent parfois d’étranges itinéraires. Pendant le mois d’août les grandes surfaces culturelles se sont transformées en hard-discounter : face à la dégringolade des ventes des DVD, liée au téléchargement sauvage, la braderie a fait rage. Tout à 5 euros, et pas des nanars. Ainsi, de passage dans l'une d'elles, pour l’achat d’une carte numérique pour mon Ixus je suis tombé en arrêt devant un étrange produit dans le rayon classique : Roberto Alagna chante Luis Mariano chez Deutsche Gramophon. C’était comme si, prise d’un vent de panique face à l’irruption des vins sans IG millésimés, la RVF nous proposait une verticale de « Vieux Papes »

Où que cé t’y qui va chercher tout ça ? Dans l’un des replis de ma mémoire car soudain je me rappelais que maman était une groupie de Luis Mariano. Elle alla jusqu’à aller l’écouter aux Sables d’Olonne lors d’une de ses tournées avec le cirque Pinder. Dieu sait si je l’ai raillé le beau Luis avec ses « Tchik, tchik, aïe, aïe, aïe… » et ses espagnolades à deux balles. Et pourtant, cinquante ans après, la liste des titres repris par Roberto Alagna : La belle de Cadix, Salade de fruits, C’est magnifique, Maman est la plus belle du monde, m’apparaît comme un petit bouquet de merveilleux souvenirs. L’âge bien sûr porte à l’attendrissement sur son passé mais là, ce sont des images bien précises qui sont remontées à ma mémoire : celles de la fête des fleurs de la Mothe-Achard avec ses chars et ses flonflons.

Chaque quartier avait son char : une remorque agricole tirée par un tracteur. Les fleurs étaient en papier crépon : un travail énorme que les femmes réalisaient à la veillée. Les fleurs étaient ensuite disposées sur du grillage. Le thème du char était choisi je ne sais trop comment mais, une année, ce fut Salade de fruits un tube de Bourvil. Vous vous imaginez le tableau imaginé par les artistes locaux. La totale exotique : paillotte, orange, ananas, noix de coco... Bref, tout ça me passait au-dessus de la tête sauf que, un beau matin, ma chère maman aborda la question qui fâche : à l’avant du char était prévu un couple allongé au bord du lagon, elle en pagne et lui en maillot de bain. Afin de ne pas heurter les bonnes mœurs et encourir les foudres du curé-doyen il avait été décidé que ce couple serait formé par deux enfants. Suivez mon regard. Ils m’avaient choisi pour faire le pendant à une " beauté locale" dont j’ai oublié le nom. Bien évidemment dans un premier mouvement je refusai cette exhibition pour, de guerre lasse, céder à ma chère maman. J’étais furax pour deux raisons : primo mon développement musculaire n’avait rien à voir avec celui d’Alain Bernard et deuxio je craignais les quolibets de mes copains sur le sex-appeal du « boudin » avec qui j’allais faire couple hawaïen. Le jour venu la météo n’était pas au rendez-vous. Le soleil était en berne. Je me gelais mes glaouis naissantes et je devais être proche du violet. Par bonheur aucune photo n’a survécu à ce spectacle mais les images sont remontées de ma mémoire par la grâce de Roberto Alagna exhumant le beau Luis Mariano, cher au cœur de ma chère maman, de la naphtaline du passé.

Je vous offre donc ce matin un petit florilège du répertoire de l’homme de Mexico :

-         L’amour est un bouquet de violettes qui faisait parti du répertoire de maman avec l’hirondelle du faubourg ;

-         Maman tu es la plus belle du monde par Roberto Alagna

-         Salade de fruits par l’irremplaçable Bourvil.

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 00:09

Moi, BERTHOMEAU Jacques, matricule 17044, à jour de mes cotisations à l’ANPAA 75 – 15 euros déductibles de mes revenus au titre de dons aux œuvres – ayant été convoqué à l’Assemblée Générale de l’ANPAA du 27 juin 2009,
à 9h30, à l'Asiem 6 rue Albert Lapparent - 75007 Paris mais n’ayant pu m’y rendre, étant absent de Paris ce jour-là, je vous rends compte des comptes 2008 de cette association et vous propose la passionnante et instructive lecture d’extraits de son Rapport Moral.

Bonne lecture.

  Les PRODUITS : 61 022 201 contre 57 588 986 en 2007


1- La dotation globale
 : 39 961 228 contre 38 012 545 en 2007

Elle a un caractère pérenne et représente les 2/3 des produits de l’association

Son montant a progressé de 5,1% en 2008.


2-Les subventions
 : 17 585 559 contre 16 531 844 en 2007

A la différence de la dotation globale elles ont un caractère aléatoire.

Les subventions attribuéesà l’ANPAA au titre de l’exercice 2008 ont très légèrement progressé dans leur montant (+0,17%) alors que durant les deux exercices précédents leur baisse était sensible (-4,2 % entre 2005 et 2006 et -4,6% entre 2006 et 2007).


3- les autres produits d’exploitation 
: 3 475 414 contre 3 044 597 en 2007

Noter que les cotisations 2008 s’élèvent à 22 111 euros contre 25 046 en 2007 et les abonnements (revue Addictions) à 8843 contre 10 079 en 2007.

Remarque : la cotisation de base étant de 15 euros et l’abonnement annuel à 15 euros on peut estimer le nombre d’adhérents à l’ANPAA tourne autour de 1400 et qu’entre 2007 et 2008 l’association a perdu presque 200 de ses membres. Dans la mesure où les dirigeants sont élus par les adhérents de l’ANPAA, la représentativité de ceux-ci est sujette à caution. Nous nous situons dans le domaine de la pure cooptation.

Quand à la revue Addictions vu l’état de ses abonnés, eux aussi en chute libre, de 670 à 580 (évaluation) elle doit s’assimiler à un gratuit (elle financée par la CNAMTS la caisse d’assurance maladie).

 

Les CHARGES : elles sont en progression de + 6,8% supérieure à celle des produits + 6%.


1-Frais de personnel
 80% des charges d’exploitation de l’A.N.P.A.

Ils augmentent en 2008 de 5,3% du fait de la progression des effectifs de l’A.N.P.A.A., 1 396 salariés au 31 décembre 2008 (983 ETP)» contre (945) ETP partagés par 1 353 salariés fin 2007.

« Les effectifs de l’A.N.P.A.A. en « ETP » ont ainsi progressé de près de 72% depuis 2000, c'est-à-dire en neuf ans : cette situation est la conséquence du développement de nouvelles activités (création de CCAA, de CSST, de consultations avancées d’alcoologie, de consultations de tabacologie….) ayant conduit à la création d’emplois. »


2- Rémunérations des dirigeants bénévoles et salariés :

La loi du 23 mai 2006 a introduit pour les associations dont le budget est supérieur à 150 k€ et qui reçoivent une ou plusieurs subventions de l’Etat ou d’un Collectivité territoriale supérieures à 50 k€ l’obligation de publier dans leurs comptes financiers les rémunérations des trois plus haut cadres dirigeants bénévoles ou salariés ainsi que leurs avantages en nature.

Conformément aux recommandations formulées par la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC bulletin 146 – juin 2007 p.327), cette information doit être fournie dans l’annexe des comptes annuels, de façon globale, et nous la reprenons ci-après non sans rappeler au préalable que les dirigeants bénévoles – c'est-à-dire les membres du Bureau national- ne perçoivent aucune rémunération pour l’exercice de leur mandat. Seuls les frais engagés à l’occasion de leur mission font l’objet d’un remboursement selon des règles fixées par le conseil d’administration.

Au cours de l’année 2008, les rémunérations versées aux trois plus hauts cadres dirigeants salariés ont totalisé 207 437 €. « 

 

EXTRAITS du RAPPORT MORAL de l’AG

 

« Le projet de loi Hôpital Patients Santé Territoires » relatif à la gouvernance de l’hôpital, à la création d’Agences Régionales de Santé (ARS) ainsi que portant diverses mesures de santé publique (éducation thérapeutique, dispositions limitant l’offre d’alcool...) a été discuté puis adoptée par l’Assemblée Nationale et par le Sénat.

Tout au long de ce débat nous avons multiplié les initiatives, tant auprès des politiques, ministres, députés et sénateurs, attachés parlementaires..., que vers les médias, en lien avec nos partenaires pour faire valoir notre point de vue et nos propositions d’amélioration de ce texte et pour faire entendre les voix de nos concitoyens et de la santé publique.

Nous avons notamment diffusé le rapport d’activités 2007 à chaque député avec une lettre expliquant notamment les risques d’une libéralisation de la publicité pour l’alcool sur Internet lors du vote de la loi. Nous avons encore, en collaboration avec la Ligue contre le Cancer, fait un sondage pour connaître l’opinion des Français sur les mesures limitant l’offre d’alcool contenues dans ce projet de loi ainsi que sur l’opportunité d’autoriser ou non la publicité pour l’alcool sur Internet. Les résultats de ce sondage sont éloquents. Ils montrent que notre position correspond à l’attente de la majorité de nos concitoyens et nous confortent sur la pertinence de nos préconisations sur ce sujet, à savoir : restreindre la publicité en faveur de l’alcool aux seuls sites des producteurs et des distributeurs. Plus de 75% des personnes interviewées s’expriment pour l’interdiction des ventes d’alcool aux moins de 18 ans, pour l’interdiction de l’open bar et pour l’interdiction de vente d’alcool dans les stations-services ; 78% sont défavorables à l’autorisation de la publicité pour l’alcool sur Internet.

L’Assemblée nationale avec l’aval du gouvernement a voté un amendement autorisant la publicité sur tous les sites à l’exception de ceux dédiés à la jeunesse ou aux activités sportives et le Sénat a confirmé ! Nous avons pris acte et fait le triste constat de la volonté délibérée de ne pas donner suite aux propositions constructives (par exemple l’amendement 530) des associations. Nous avons dénoncé ces votes.

 

« La publication d’une lettre ouverte, cosignée par nos partenaires associatifs et des personnalités qualifiées, est un récent exemple de partenariat et de mobilisation conjointe pour dénoncer les dangers, pour la santé publique et en particulier pour les jeunes, mineurs et jeunes majeurs, et les incohérences des positions du projet de loi « Hôpital Patients Santé Territoires » à propos de la prévention du risque alcool. La nécessité des partenariats et des prises de position partagées pour répondre aux initiatives des producteurs et de leurs soutiens parlementaires pour démanteler la loi Evin nous conduit à envisager la constitution d’une large « alliance pour la prévention du risque alcool », étendue aux acteurs sociétaux. L’approche addictologique n’interdit en rien de se mobiliser contre les initiatives visant à inciter à la consommation, notamment chez les jeunes et entraînant une augmentation des risques et des dommages. Nous ne pouvons cautionner la banalisation et la multiplication de l’offre et toute attitude de prosélytisme valorisant la consommation de ces substances, psycho-actives, addictives et toxiques, ou l’exercice des comportements à risques addictifs, comme bientôt avec les jeux en ligne. Aujourd’hui c’est sur l’alcool que les lobbies font le forcing tant sur le plan commercial que sur le plan politique. Les jeunes sont leur cible privilégiée et nous ne pouvons rester inactifs, nous devons être mobilisés. »  

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 11:00

Tel est le message de l'INPES (Institut National de Prévention et d'éducation pour la santé) que j'ai reçu hier dans ma messagerie électronique. Bien évidemment, curieux comme je suis, j'ai fait le test. Je vous encourage vivement à le faire, en cliquant sur le lien ci-dessous, car vous pourrez constater par vous même que le libellé de certaines questions est très orienté. Vos commentaires sont les bien-venus. 
http://kdp-ul.neolane.net/nl/jsp/m.jsp?c=ef465e318b63085b0d


Le document ci-dessous est le fac-similé de la page d'ouverture du test qui cache une étude en ligne. Vous pourrez noter le logo tricolore du Ministère de la Santé. Donc pour faire le test ne cliquez pas sur le fac-similé mais sur le lien ci-dessus.



INPES - Participez à une étude en ligne sur la santé et l’alcool.
Saint Denis, le 26 octobre 2009

Madame, Monsieur,

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) réalise actuellement une étude sur le thème de la santé et de l’alcool en partenariat avec le ministère de la Santé.

Ce message vous est envoyé parce que votre adresse électronique a été sélectionnée au hasard au sein d’une base de données d’adresses.

Notre étude est strictement anonyme. En y participant, vous contribuerez à faire progresser la recherche dans le domaine de la santé : en effet, cette étude cherche à savoir comment Internet peut être un outil intéressant pour la prévention.

L’étude concerne un programme d’aide en ligne pour réduire sa consommation d’alcool et s’intéresse aux changements obtenus par les internautes qui y participent.

Nous vous proposons d’abord de répondre à quelques questions afin d’évaluer votre éventuelle consommation d’alcool. Ce test, qui vous prendra 3 minutes environ, déterminera si vous pouvez participer à la suite de l’étude.

Pour faire le texte, cliquez ici
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 00:04

Il flotte ces derniers temps comme un parfum de suspicion dans les vignes et les chais, suite à l’accumulation de sujets qui fâchent :  

1° le reportage de Céline Destève, Christophe Kenck et Pierre Toury pour Envoyé Spécial sur la 2 : « Le vin est-il toujours un produit naturel ? » un reportage de Céline Destève, Christophe Kenck et Pierre Toury ;

2° l’émission d’Isabelle Giordano Service Public sur France Inter où Pierre-Marie Vadrot tenait la vedette après avoir commis un papier dans Politis : « AOC menacées, vignes arrosées, grands crus coupés d’eau, vinifications transgéniques, la foire aux vins devient une foire d’empoigne. Sauf pour les vins bio »

3° dans une moindre mesure le bouquin-torchon du Rougé pas frais « Le Vin Français un chef-d’œuvre en péril » qui cite l’intégralité de l’étude vin de Pan-Europe « message dans une bouteille » sur la présence de résidus de pesticides dans le vin.

 

Sans vouloir en rajouter pour alourdir le climat – il se réchauffe déjà alors faut être gentil avec lui – l’émission Capital de M6 est en train de préparer un sujet sur les fraudes et, bien sûr, le vin est dans le collimateur. Je me suis colleté, sans grand succès, au journaliste en charge du reportage et je puis vous assurer qu’il trimballe un paquet d’à priori. Affaire à suivre donc !

 

Certains professionnels voient derrière cette accumulation une forme de complot destiné à ternir l’image du vin.

Mais qui dit complot dit comploteurs.

Ceux-ci, dans l’imaginaire collectif français, surtout ceux de nos pères et de nos grands-pères, étant souvent manipulés par l’extérieur : la 5ième colonne, l’ennemi de l’intérieur à la solde des puissances étrangères : la main de Moscou, celle de Mao pour les gauchistes post-soixante-huitard.

 

Rassurez-vous, même si je ne crois pas à la théorie du complot pour le sujet qui nous intéresse, en faisant allusion « à l’ennemi de l’intérieur » je ne m’égare pas dans les méandres de l’espionnage, du renseignement ou de la manipulation que pratiquent les grandes puissances et les multinationales mais, comme je sens poindre une forme de « guerre civile » ou de « religions » je souhaite déminer pour pacifier le débat pour qu’il ne se transforme pas en champ de bataille où la seule victime serait le vin.

 

Déminer ne signifie pas éluder les problèmes réels, glisser la poussière sous le tapis, pratiquer une forme de langue de bois ou tenir des propos lénifiants et rassurants, mais tenter de faire en sorte que le simplisme ou le sensationnalisme ne prennent pas le dessus sur des propos fondés, expertisés, discutés afin de ne pas en rajouter sur le caractère anxiogène de la période actuelle. Nous devrions éviter d'en rajouter à la charge de nos amis les hygiénistes qui savent jouer à la perfection des peurs pour ne pas avoir à subir des présentations comme celle qui suit – celle d’Envoyé Spécial – soient tenues comme représentatives des pratiques du monde du vin et apportent de l’eau à leur moulin.     

 

« C’est « la plus hygiénique des boissons » selon Louis Pasteur. Depuis toujours, en France, le vin est considéré comme un breuvage sain, sans artifice. Un produit du terroir bon pour le moral et les artères. Pourtant, dans cette enquête inédite, nous avons découvert qu’aujourd’hui, le vin n’est plus toujours le produit naturel que l’on imagine. Dans la plupart des bouteilles, même les grands crus, se cachent des substances chimiques que le consommateur ne soupçonne pas. Des dizaines d’additifs chimiques sont utilisés dans la fabrication de certains vins. A quoi servent ces additifs ? Pourquoi ne sont-ils pas mentionnés sur les étiquettes de nos bouteilles ? Nous avons aussi découvert que, pour vendre plus cher leur vin, et tromper le consommateur, certains producteurs rajoutent encore plus d’additifs. Au-delà de la limite légale. Et ce n’est pas tout. Certains pesticides cancérigènes se retrouvent dans nos verres sous forme de résidus. Tous les vins sont-ils contaminés ? Et sont-ils dangereux pour le consommateur ? Pendant des mois nous avons enquêté dans le vignoble français pour comprendre pourquoi et comment sont fabriquées ces cuvées chimiques. »

 

Entre le « circulez, y’a rien à voir ! » des tenants des grands zinzins majoritaires et la « dénonciation médiatisée de pratiques peu respectueuses du terroir ou du vin » de groupes minoritaires le fossé semble si profond que s’employer à le combler peut apparaître une tâche aussi vaine que celle des Shadocks pompant pour les siècles des siècles.

 

Et pourtant, sauf à nous complaire dans des batailles gauloises mortifères, c’est une tâche prioritaire à laquelle nous devons nous atteler. Trouver des terrains d’entente ne sera pas simple, j’en conviens, mais si déjà nous commencions par abandonner certaines postures trop « accusatrices » pour les uns ou exagérément « victimaires » pour les autres le débat pourrait s’engager hors du tam-tam médiatique. Permettez-moi de vous proposer, en guise d’exemple d’approche raisonnée et intelligente, la lecture ou la relecture de la réponse de Jean-Yves Bizot vigneron à Vosne-Romanée à l’une de mes questions :

 

Ma question : « Lors de la conférence de presse qui s’est tenue avant la 148ième Vente des Hospices de Beaune, Rolland Masse, régisseur du Domaine des Hospices, a indiqué que ses vignes étaient en reconversion bio et que « ce n’était pas un choix philosophique, mais une obligation » tout en précisant que le mildiou et l’oïdium restaient des maladies difficiles à gérer dans les conditions climatiques vécues en 2008. Pensez-vous que l’ensemble du vignoble de Bourgogne, comme on le disait dans ma jeunesse à propos du Plan, soumis « à l’ardente obligation » de s’engager sur la voie de pratiques respectueuses de l’environnement ou est-ce le privilège des villages renommés, des 1ier Crus et des Grands Crus ? »

 

La réponse de Jean-Yves Bizot : « La question me paraît très intéressante, comme je vous l’avais déjà dit. Mais à mon avis, elle comprend deux parties.

Pour répondre à la première partie de la question : je répondrais oui, il me semble que le vignoble est soumis « à l’ardente obligation » de s’engager dans cette voie.

Le choix de Rolland Masse, en dépit du bémol qu’il ajoute, est bien philosophique (quitte à me faire arracher les yeux par les bio purs) : Si l’on considère les risques liés à l’utilisation des produits de traitement, à court terme comme à long terme, a-t-on le droit des les utiliser pour une production qui est totalement inutile ? La question devrait se poser déjà pour les productions vivrières, alors pour le vin ! En réponse à celle-ci, les entreprises de phytopharmaceutiques inventent des molécules efficaces à des doses extrêmement faibles. On arrive aujourd’hui à traiter par exemple 1 ha de culture avec 200g de produit. Mais ce choix stratégique n’est finalement qu’un leurre, une fuite en avant. Les résidus sont non dosables aujourd’hui, mais les molécules sont dans les faits beaucoup plus actives ; en outre inévitablement, elles seront détectables à l’analyse un jour ou l’autre. Il y a bien évidemment une « reconversion » (je n’aime pas trop ce terme qui a ne connotation religieuse, alors quand on parle de philosophie...) à faire, mais on ne pourra pas nier que des progrès ont été fait ces dernières années, au niveau des producteurs eux-mêmes, et des pouvoirs publics : évolution des pratiques, catalogue de produits qui a vu disparaître les plus toxiques ces dernières années. Mais il y a une reconversion à faire aussi au niveau de la recherche elle-même : l’axe principal est la destruction des organismes via une molécule. J’oserais dire que les OGM s’inscrivent aussi dans cette approche : une vieille démarche maquillée de modernisme et de science (et c’est un des deux points essentiels qui me font m’opposer à leur développement).

En 40-50 ans, aucune maladie n’a été éradiquée. Elles ont juste été contrôlées. D’autres voies sont possibles, et personnellement je crois assez aux équilibres biologiques par exemple, sans être totalement utopique. Il n’en reste pas moins que quelques maladies sont difficiles à contrôler, et ce quelque soit le choix du type de traitement.

Mais à quelle échéance ? J’ai quelques doutes que ce soit rapide au regard des formations - formatages dispensés dans les établissements et les commentaires des jurys d’examen vis à vis de toute approche technique qui sortirait un peu des sentiers battus. On pourrait aussi s’interroger sur la pertinence des choix de l’INAO dans les nouveaux cahiers des charges qui imposent 70 % de feuillage sain à la vendange. Sain est un terme non défini, mais si pour arriver à le satisfaire, il faut passer 12 ou 15 fois dans l’année, et ce qu’elle que soit l’approche technique, nous sommes très loin des orientations du Grenelle de l’environnement. D’autre part, au regard de la sanction, il est bien évident que la prise de risque va diminuer.

C’est la deuxième partie de la question selon moi. Il me semble difficile de prétendre élaborer des produits haut de gamme sans  notion de prise de risque, à tous les niveaux. Sans ce risque, on tombe en plein dans le système de rente et de privilège. La seule justification de nos appellations, finalement c’est que chacun aille chatouiller un peu la queue du dragon. Et économiquement, ce sont effectivement les grandes appellations qui devraient être en tête. »

Pour en revenir au phantasme du complot contre le vin, forme compréhensible de paranoïa qui se développe, chez beaucoup de vignerons ou de professionnels du vin, en réaction aux coups traditionnels venant tant des « ennemis de l’extérieur » que de ceux, jugés plus sournois et à la limite moins bien supportés, provenant des « ennemis de l’intérieur », il me semble important de le combattre et de l’éradiquer pour que les gens du vin, ceux qui le font, ceux qui le vendent, ceux qui l’aiment, ceux qui en parlent, puissent se retrouver sur un socle commun afin, non pas de défendre le vin, mais de faire partager au plus grand nombre sa place et son rôle dans nos sociétés d’individualisme forcené. Pour autant, je ne prône pas un unanimisme hypocrite ; je n’appelle pas de mes vœux un consensus mou ; je ne demande pas à qui que ce soit de mettre un mouchoir sur ses convictions ; je milite pour que les uns et les autres, au-delà des débats et des nécessaires confrontations, sachent faire la part de l’essentiel, laissant pour un temps au vestiaire les scories de l’accessoire.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 00:04


 

 

Avec les faits du passé lorsqu’il s’agit de répondre à la question : pourquoi n’avons-nous rien fait ou presque rien, face à une situation donnée qui, avec le recul du temps, apparaît comme ayant du provoquer une prise de conscience, déclencher un sursaut, impliquer des choix clairs, générer des décisions courageuses, deux attitudes sont à proscrire : les occulter et s’en exonérer pour ceux qui étaient en charge de décider, les ressasser et en tirer avantage pour ceux qui, sans être des visionnaires, avaient fait l’effort minimal d’analyse afin de proposer une stratégie pour tenter de relever les défis.


Pour faire simple « AGIR, plutôt que RÉAGIR... » « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire » Henri Bergson.


Fermez le ban !


Ce n’est pas moi qui repasse le plat mais le magazine US Harpers qui titre « First Berthomeau, now it’s plan B »


Dans le même temps où je découvrais cet article j’étais invité, dans un cénacle privé, à livrer mon analyse sur la situation présente du secteur du vin et à esquisser ce que nos amis anglais ont baptisé un plan B.

Comme je l’ai écrit récemment dans une chronique « Lettre d’un «émigré» de la «patrie du vin» au POINT qui l’a poussé à une telle extrémité » http://www.berthomeau.com/article-35759032.html mon envie de rechausser mes bottes de 7 lieux pour m’aventurer sur des sentiers trop connus, est inversement proportionnelle à celle de certains de mes anciens coéquipiers qui souhaitent que je sorte à nouveau du bois.

Je « refleuchis »  et pour l’heure je vous propose de prendre connaissance de la traduction de l’article de Harpers, dont le titre suggère que j’ai été le premier à mettre les pieds dans le plat et que, dix ans après le rapport B, un plan B s’impose. À vous de me dire ce que je dois faire.  À vous de contribuer au débat. À vous de faire des propositions.


Bonne lecture.


Il y a presque 10 ans, le rapport radical Berthomeau proposait ce qui pourrait être fait pour sauver les ventes de vin français d’ici 2010 – pourtant aujourd’hui encore les problèmes subsistent. David Williams demande à des grands noms de l’industrie du vin comment la situation peut être améliorée. 


Au virage de l’an 2000, le Ministère français de l’Agriculture commissionnait Jacques Berthomeau, consultant public, afin qu’il rédige un rapport pour répondre à une urgence liée à la crise qui frappait les exportations françaises de vin. Ses objectifs, selon les termes du Ministère, consistaient à proposer « une stratégie gagnante pour la France dans la perspective de l’année 2010 », et surtout d’initier un plan afin de stopper l’alarmante chute des exportations qui avait conduit, en moins de 2 ans, à la perte de 5% de parts de marché de la France au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Etats-Unis. La position prééminente de la France sur ces 3 marchés était pour la première fois menacée.


Lorsque Berthomeau publiait son rapport, long de 80 pages, l’été suivant, ses recommandations étaient sans équivoques : la France devait s’adapter et apprendre du Nouveau Monde à tous les niveaux – production, commercialisation, organisation de l’industrie du vin – afin de garder son rang en tant que producteur au 21ème siècle et de maintenir, selon Berthomeau, les « barbares » du Nouveau Monde « à la porte ».


Cependant, une décennie plus tard, alors que la période visée par le rapport touche à sa fin, Berthomeau doit se demander pourquoi il a consacré presque une année de sa vie pour écrire ce plan. La plupart des perspectives font de 2009 l’annus horribilis du vin Français dans ce qui a déjà été une décennie châtiment. Les premiers chiffres sont terribles : un étourdissant plongeon de 25% des exportations globales pour les six premiers mois de 2009, avec un constat particulièrement sombre au Royaume-Uni. Il y a seulement 12 ans, la France avait plus d’un tiers du marché total du vin et plus du double des parts de marché de ces rivaux les plus proches. Aujourd’hui, « le vin français » (ndt : en français dans le texte) se traîne en 5ème position de l’off-trade anglais, selon Nielsen (Août 2009), avec 2,8 millions de caisses (soit une part de marché de moins de 15%), éclipsée non seulement par ses ennemis familiers que sont l’Australie (à beaucoup de longueurs d’avance avec 4-7 millions de caisses) et les Etats-Unis, mais aussi par l’Italie, et, pour la première fois, l’Afrique du Sud. La performance de la France est bien meilleure sur l’on-trade, planant au sommet aux côtés de l’Italie.


Comme le dit Neil Bruce, wine director chez Waverley TBS : « Avec la France, ce sont des degrés de ratage. Il y a très peu de bonnes nouvelles. Elle est attaquée de toutes parts. »


Le diagnostic


Tel est le contexte déprimant, mais pourquoi donc la France trébuche-t-elle si gravement, et qu’est-ce qu’il faut faire pour que les choses aillent mieux ? Ou, pour le dire autrement, si le Ministère Français devait avoir une nouvelle envie de produire un rapport du style Berthomeau, cette fois-ci regardant à horizon 2020, qu’est-ce que celui-ci devrait inclure ?


Premièrement, le diagnostic. Pour Bruce, l’explication du déclin continu de la France est essentiellement de 2 types : un mélange toxique d’une compétition croissante de ses rivaux aggravée par des problèmes généraux de l’économie. « Nous avons vu les ventes du vin Français diminuer considérablement du fait de l’euro fort », selon Bruce.


« La récession mondiale l’a aussi frappé très fort : les styles classiques, tels que les Chablis, Sancerre et les plus beaux Bordeaux, sont tous des vins premium – ils sont chers. A l’autre extrémité, le vin français a été frappé par une combinaison, d’une l’Espagne prenant un rôle important, mêlée à l’assaut sans merci du Nouveau Monde – le blush rosé californien, les entrées de gamme Chiliennes et les doubles-variétés. Et puis il y a le maintien de la vigueur de l’Italien Pinot Grigio », a-t-il ajouté.


Dominique Vrigneau, Directeur des achats pour Thierry’s, le plus grand importateur anglais de vin français, pense aussi que la crise économique globale a touché fortement les français, bien qu’il croit que la force de l’Euro ne constitue pas un problème aussi important que ce que beaucoup peuvent penser. « Ces derniers mois, avec la récession, l’obsession de tous les détaillants pour l’ensemble de l’activité en magasin a pris la forme de fortes réductions de prix et de promotions, Vrigneau raconte : « En gros, d’autres pays ont répondu plus rapidement et mieux à ce défi que la France. La France n’a pas été aidée par une récolte relativement faible en 2007 et 2008. Mais, alors que le taux de change n’était pas favorable aussi aux italiens ceux-ci n’ont pas chuté, ce n’est donc pas une bonne justification ».


Richard Evans, directeur de Dedicated Wines, qui possède le Languedoc-Roussillon La Différence et importe le vin du Rhône Le Cellier des Dauphins, est d’accord avec Vrigneau.


« Les taux de change n’aident pas, mais c’est la même chose pour tous les producteurs Européens. Lorsque les taux de change vont contre les marges des détaillants, ils se restreignent et, de façon compréhensible, en promeuvent moins. Inversement, les autres pays qui ont un taux de change plus favorable gagnent en présentation/promotion. Dans un marché axé sur la promotion ceci a un inévitable effet sur la part de marché ».


En effet, Evans croit que le taux de change défavorable a simplement exacerbé une tendance sous-jacente. « La France a choisi de ne pas être active dans le marché des premiers prix comme s’il s’agissait simplement d’affaires non durables », dit-il. « C’est complètement non-économique de produire du raisin, élaborer et embouteiller du vin et de le vendre à 0,75€. Les viticulteurs français ne peuvent  pas gagner leur vie et doivent se faire une raison et arracher ».


« D’autres pays Européens sont actifs sur ce marché et gagnent ainsi des parts de marché, mais finalement ils sont liés par la même économie Européenne et vont aboutir à la même inévitable conclusion ; regardez à ce qui arrive en ce moment à l’Italie. »


Eclosion d’un plan B


Pour Evans, la France doit se faire à l’idée qu’elle ne peut pas se mettre en concurrence sur le marché  de masse des vins d’entrée de gamme et que c’est le premier pas sur la route de son rétablissement, ou du moins qu’elle peut le faire avec un projet plus réaliste de son positionnement dans le monde du vin. Une opinion partagée par Graham Nash, acheteur France à Tesco, qui croit que, derrière tous ces doutes causés par la chute de la France du sommet des classements, se cache une histoire beaucoup plus positive et un business model beaucoup plus durable.


« Contrairement aux pronostics pessimistes, la France n’est pas dans un état désespéré, il s’agit juste pour elle de trouver sa bonne position », raconte Nash. « Aucun pays n’a un droit divin à être le numéro un au Royaume-Uni et la France est toujours considérée comme le pays où il faut aller pour avoir du bon vin et où les consommateurs recherchent tradition et réconfort ».


« J’aime l’article de Victoria Moore [dans le Guardian] publié il y a 2 semaines», continue Nash, « qui met en avant que, si le top 10 des marques en UK étaient exclues de l’équation, alors la France serait toujours le pays numéro un ».


Pourtant Nash croit que la France a toujours beaucoup de points sur lesquels travailler. En effet, durant l’été, il a été l’un des 25 grands noms du groupe British trade plan B, qui comprends des représentants de Bibendum, Morrisons and PLB, à signer une lettre ouverte au Ministre français de l’Agriculture, qui disait : « Nous sommes convaincus que la France a besoin de changer sa façon de promouvoir son vin au Royaume-Uni si elle veut un jour retrouver – ou même stabiliser – ses parts de marché ».


Spécifiquement, la lettre en appelle au gouvernement français pour qu’il soutienne une campagne générique pour le Vin français, ouvre un bureau commun en UK, et de mette de côté la promotion régionale par Appellations.


Une telle démarche aurait le soutien de presque tous au Royaume-Uni. Comme le dit Bruce : « Ce serait une forte stimulation que d’avoir une approche commune, plutôt que cette obsession des français de se battre entre eux. Pour le moment, les campagnes régionales françaises semblent être ciblées contre les autres régions du pays plutôt que contre le reste du monde ».


Vrigneau ajoute : « Avec une part de marché de moins de 15% aujourd’hui dans le off-trade et la contradiction en résultant dans l’unité de gestion des stocks (SKU), il est irréaliste d’attendre que chaque région puisse être entendue et représentée convenablement chez chaque détaillant et dans le marché en général. « Maintenant, plus que jamais, un message plus global est requis ».


Cependant, personne ne croit réellement qu’un bureau commun puisse être la panacée contre tous les maux français. Il y a un large consensus, d’une part, sur le fait que la France a besoin d’améliorer son offre de marque. Comme le dit Evans : « au cours de la dernière décennie, les marques ont guidé la croissance du marché. Historiquement, la France n’a jamais eu de marques fortes dans l’esprit Nouveau Monde et par conséquent, inévitablement, sa part de marché en a souffert. La réalité est que les marques françaises sont Bordeaux, Rhône, Bourgogne et ainsi de suite, et que les marques de producteurs individuels jouent un second rôle. Mais le problème c’est la qualité variable à l’intérieur de ces marques de producteurs qui endommage l’image de la France ».


Vrigneau abonde. « La France pourrait certainement faire avec plus de marques significatives pour répondre aux besoins des clients, bien que la situation s’améliore – Caves Saint-Pierre Préférence, Châsse du Pape et Blasons de Bourgogne ont grandi à un niveau plus significatif afin de complémenter les offres bon marché de Chenet et Piat d’Or ».


Un changement radical


D’autres croient à des changements plus radicaux que celui d’améliorer le marketing – soit à un niveau général ou à celui des marques. Ceci est particulièrement vrai pour les producteurs du Languedoc-Roussillon, le cœur des producteurs de vin le plus touché  par la crise vinicole, à l’intérieur duquel une bataille politique se déroule – différente de celle qui a marqué le Royaume-Uni dans les derniers jours de l’industrie lourde dans les années 70 et 80. D’un côté, il y a le protectionnisme de gauche, plus visiblement représenté par les activistes du CRAV, qui continue d’appeler l’aide de l’état et à la protection des producteurs en difficultés. De l’autre, se situent des producteurs, tels qu’Arnaud Fabre, propriétaire du Château d’Angles, Terroir de la Clape, qui appelle à une libéralisation à large échelle de l’industrie, incluant la « privatisation » et la fusion des grosses coopératives afin de créer des entreprises de taille comparables à celles du Nouveau Monde – entreprises avec les moyens de produire des marques à forts volumes. « La crise globale actuelle démontre clairement que les pays occidentaux ne doivent pas abandonner leurs industries clés », raconte Fabre. « Les vins génériques français doivent être considérés comme une industrie et doivent être produits comme tels ».


L’analyse de Fabre – qui fait une claire distinction entre les vins AOC « les vins fins  », et ce qu’il appelle les « génériques », production à forts volumes – n’est pas très loin des idées publiées par Berthomeau au début de la décennie. Dans son rapport, Berthomeau souligne : « il y a 2 modèles dans le monde du vin. Le premier est le modèle traditionnel du vigneron, qui met l’accent sur le lieu d’origine, le terroir et l’homme. Le second est une approche ressemblant à toute autre boisson, comme la bière ou l’eau minérale, une approche basée sur la création de marques, comme le Jacob’s Creek australien ».


Berthomeau avait appelé cette division « le vin à 2 vitesses », et ajoutait : « je pense que nous devons faire les deux ». Personne ne peut soutenir que les français sont toujours les maîtres du vin à « une vitesse » - selon Nash, la France reste toujours le pays « où il faut aller » pour du vin fin et il n’y a aucune raison de penser que cela va s’arrêter. Savoir si la France a l’estomac ou l’habilité de rejoindre la course dans le marché de masse, rien n’est moins certain. 


Notes :

Off-trade : consommation à domicile (équivalent du marché grand public)

On-trade : consommation hors foyer (équivalent du marché de la revente…)

UK : Off Trade plus rapide que le On Trade 


La consommation britannique de boissons alcooliques à domicile croît plus rapidement que la consommation hors foyer, selon une étude que vient de publier Datamonitor. D’ici à 2010, la consommation à domicile - qui dépasse légèrement celle du CHR - devrait progresser de près de 15% pour atteindre une valeur de £12,3 milliards, soit quelque 18 milliards d’euros. Pour Datamonitor, les femmes se trouvent au cœur de ces évolutions, leur consommation d’alcool à domicile devant augmenter de 25% au cours des quatre prochaines années. Une plus grande liberté, un choix très important de produits proposés par les grandes surfaces et les niveaux d’investissement consentis par les consommateurs à leur domicile à la fois sur le plan financier et émotionnel se conjuguent pour renforcer l’attractivité de la consommation au foyer. Par ailleurs, cette orientation de la consommation devrait s’avérer positive pour le vin. En effet, Datamonitor prévoit une progression annuelle de 5% en valeur et de 3,2% en volume des ventes de vin à emporter d’ici à 2010. Cette évolution s’explique par une modification des habitudes de consommation et la démystification continue du vin : « Les consommateurs perçoivent le vin comme étant, sinon la boisson alcoolique la plus saine, du moins celle qui fait le moins de mal, consommée modérément » explique Matthew Adams, auteur du rapport. « L’image vieux jeu du vin, qui veut qu’il ne se boive qu’en accompagnement des repas par des consommateurs aisés ayant des connaissances approfondies pour leur permettre de bien choisir un vin et le consommer dans de bonnes conditions, a disparu ».

 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 00:03

Je commence par la fête la plus récente où je me suis rendu le mardi 20 octobre au Bar Rouge près du Carreau du Temple dans le 3ième arrondissement de notre capitale le Petit Paris futur noyau du Grand cher à notre Président. En juin déjà j’avais inscrit sur mon carnet de bal très fourni d’aller à un Apéro Vintage de Bordeaux au Progrès mais, pour je ne sais plus quelle raison, je ne pus m’y rendre. Faut dire que je me disais Berthomeau t’es vraiment pas la cible des filles du CIVB, même si tu fais du vélo, que certains te traitent de bobo, t’es un papy-boomers pas un djeune. Mais comme je suis un Grand Reporter – appellation qui s’applique à ceux qui vont sur le théâtre des opérations – à la guerre comme à la guerre, je pris mon chapeau – ce magnifique feutre que j’arborais avec mon aide de camp pour vanter le vin chaud bouillant – et pour une fois ma petite auto pour aller du Fouquet’s – une dégustation de château pas une commémoration du locataire du Château – vers le Bar Rouge. Belle image ne trouvez vous pas du Fouquet’s au Bar Rouge.


Mal m’en pris à cette heure de la journée j’avais oublié que la place de la Concorde c’est OK Corral, cul à cul, s’autobloquant, ces messieurs dames au volant sont prêt à tout pour se dégager de ce merdier. Comme j’ai une petite auto et du culot je me dépêtrais de ce sac de nœud. Puis vint l’axe Réaumur-République qui butte sur le Sébasto : patience et musique et me voilà rue de Bretagne où je me gare pour me rendre pédestrement rue de Picardie. Quand je débouchai sur le théâtre des opérations mon cœur fit un bond : face au Bar  Rouge un essaim de jeunes, verre à la main, donnait au lieu un réel air de fête. Quel plaisir de voir cette belle jeunesse papoter, aller et venir, rire... dans une atmosphère bon enfant. Mais, me dire-vous : « Qu’est-ce donc ces Apéros Vintage de Bordeaux ? »


C’est une belle initiative du CIVB. « Bravo, Roland Feredj... voilà de l’argent bien dépensé...» Ne me dites-pas que c’est ma semaine de bonté après mes accordailles avec Perico Légasse, c’est sincère. L’idée est simple : « un rendez-vous hebdomadaire, tous les mardis soirs, de 19h à 21h avec au programme : des lieux sympa, une ambiance conviviale, de nouveaux talents de la scène rock, et bien sûr la découverte de vins de Bordeaux à prix abordables. Donc je suis venu, j’ai vu, j’ai bu, j’ai entendu et je suis convaincu.et il ne me reste plus qu’à vous proposer des petites photos, une chanson de Thos Henley « jeune songwriter originaire de Southampton, qui propose des chansons folk-pop à base de balalaïka, banjo, ukulélé et guitare... » et la date et le lieu du prochain rendez-vous : le 27 octobre Le Mécano Bar 99, Rue Oberkampf 75011 Paris avec Kid Bombardos un groupe de rock bordelais.


 



 

L’autre fête c’est celle des Jardins qui se déroulait les 26 et 27 septembre. Ces jours-là s’ouvrent des jardins – tout particulièrement ceux des Congrégations – et c’est un plaisir de flâner dans ces havres de paix et de vert. Le dimanche après-midi je me rendais à une brocante rue du Ruisseau, du côté de la Porte de Clignancourt. Arrivé sur les lieux, une petite pancarte m’indique qu’elle est annulée mais qu’en remplacement, dans l’ancienne tranchée de la Petite Ceinture, une petite association : « Les amis des Jardins du Ruisseau » organisait  « Le Jardin des délices » : grand banquet solidaire en fanfare dimanche de 11 h à 19 h. La fanfare c'est Texas Couscous...

 

Je plongeais donc dans la fosse verte bordée à flanc de rive d’un long serpent de jardinets bien entretenus. Des tables, des bancs, des chaises, des jeunes beaucoup, des vieux, des couples, des enfants, des rires, des conversations et en surplomb de la voie de ceinture mangée par les herbes folles une fanfare déjantée et déchaînée épandait de la musique sur la fête. Je flânais. Je mitraillais. Et puis je tombais nez à nez avec la buvette. « La guinguette du Ruisseau » Je papotais avec les dames qui la tenaient : le rouge est un Corbières « Château les Palais » Xavier de Volontat et le blanc un Vin de Pays des Collines de la Moure en bag-in-box. J’ai dégusté le rouge car du blanc y’en avait plus une goutte. (l'effet Kir sans doute)














Bref, encore une fois, sans volonté d’enfoncer le petit clou avec un gros marteau pour renforcer ma démonstration d’hier : comment certains peuvent imaginer une fête populaire sans musique et sans vin ?  Il faisait beau, les gens étaient heureux d’être là après avoir partagé un bon repas où le vin fut un compagnon naturel. Nulle viande saoule, nul débordement, une fête tout simplement gaie et légère, conviviale, où certains buvaient autre chose que du vin, mais celui-ci était présent, affiché, proposé à qui le voulait. Allez, à la bonne vôtre, le Bien Vivre s’imposera à nous, Bons Vivants, d’être un peu plus présents sur le front de la fête...

Pour le reste allez sur la Wine News N°63 ( à droite du blog en haut) les jardins du ruisseau fêtent le vin pour des photos inattendues d'un coin enfoui de Paris. Vraiment allez-y sinon pourquoi le Berthomeau y se décarcasse ?

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 00:04

 J’ai tout à fait conscience de m’aventurer ce matin sur un terrain miné mais il faut savoir dans la vie prendre des risques, assumer des positions qui dérangent aussi bien les tenants de la prohibition non écrite que les jusqu’au-boutistes de l’ivresse, et surtout s’appuyer sur la réalité des choses : en clair ne pas continuer de véhiculer des clichés éculés ou de défendre des approches purement idéologiques.

Pour commencer  rappelons que la jeunesse, dans le découpage des âges de la vie, n’est en rien symétrique de la vieillesse qui, elle, à une limite naturelle : la mort. L’arbitraire tient au flou des réponses aux questions : à partir de quel âge est-on jeune ? Quand cesse-t-on de l’être ? Quand commence la vieillesse ? Dans mon propos de ce matin je m’en tiendrai aux chiffres : je ne parle que des jeunes adultes appréhendés en 2 tranches : les 18-25 et les 25-35 ans qui recouvrent souvent 2 phénomènes : le départ du giron familial et le début de la vie en couple.

Deuxième précision, ces tranches d’âge doivent être recoupées avec les CSP de leurs familles et celles où les jeunes vont s’agréger du fait des revenus procurés par leur activité professionnelle. Parler des jeunes en général est une stupidité, même si des traits et des goûts communs les unissent. De plus, même si là encore on assiste à des phénomènes d’uniformisation, l’origine géographique et le lieu de résidence entrent en ligne de compte.

Le jeunes donc, la fête ensuite, mais qu’est-ce donc que faire la fête ? Ce n’est pas le privilège de la jeunesse mais celle-ci est un temps qui s’y prête. Au sens où, comme le dit l’adage, « il faut que jeunesse se passe » c’est s’amuser. C’est s’amuser ensemble, au dehors, au-dedans, qu’importe ! C’est bien plus que se divertir car, de plus en plus, tout ou presque, en ce domaine dit de loisirs est organisé et souvent intéressé : l’homo ludens est exploité par la rage de l’homo eoconomicus. La vraie fête est spontanée. La fête est parfois subversive car elle s’affranchit des codes en vigueur dans l’autre social officiel. Elle peut être jugée dangereuse car elle tangente la ligne jaune, la dépasse. Acteur et spectateur à la fois le fêtard peut troubler l’ordre public. Mais la fête authentique est joyeuse, libératrice, elle n’a pas pour vocation de voir ceux qui la font finir le nez dans le caniveau.

À ce stade nous abordons les rives dangereuses des ingrédients « alcoolisés » ou autres qui accompagnent généralement certains rassemblements de jeunes très médiatisés, les raves par exemple ou les opens bars ou les beuveries de rue du samedi soir. Mais sont-ce là des fêtes ? J’en doute car aucun des ingrédients d’une vraie fête s’y retrouvent. Les lieux sont glauques, tristes, le but quasi unique étant de se défoncer. Le binge drinking n’est d’ailleurs pas une spécialité française. Comme j’habite à quelques encablures de la place Denfert-Rochereau d’où partent beaucoup de manifestations ou défilés, j’ai pu assister à la préparation de la dernière Techno parade. Qu’ai-je constaté ? Les jeunes garçons et filles, des plutôt jeunes 16-18 ans et des 20-25 ans, en paquets de 5 à 10, ont dévalisé le Franprix du boulevard St Jacques : pack de bières, coca et bouteilles d’alcool fort exhibées. Au sol, une fois leur départ je n’ai identifié aucun « cadavre » de bouteilles de vin.

Ce qui ma frappé en les observant c’est l’exhibitionnisme du flacon, comme si c’était lui qui comptait avant tout comme signe d’affirmation. Les propos de Marie Le Fourn « anthropologue et psychoclinicienne à propos de la bouteille omniprésente entre les mains de ces jeunes buveurs sont instructifs : « je me suis aperçue que beaucoup en faisait collection. Ils conservent des « cadavres », un peu comme des trophées. Des bouteilles de vodka et d’autres alcools forts, mais aussi des sodas qu’on mélange à l’alcool, et des boissons énergisantes, comme Red Bull ou Burn. La publicité pour ce type de produit circule beaucoup sous forme de vidéos sur le Web. Ceux qui les consomment y sont montés comme sexuellement super-puissants, capables de faire des tas de conquêtes en une nuit. C’est un peu leur viagra »

Comme je ne suis ni socio, ni psycho, ni anthropo, logue, je ne vais pas m’aventurer plus avant sur des terres inconnues de moi. Cependant, il est indéniable que ces pratiques largement majoritaires chez les jeunes, adolescents ou jeunes adultes, n’ont pas grand-chose à voir avec une consommation festive de vin. En dehors des bulles qui s’identifient aussi à l’univers de la nuit, des boîtes, mais le coût du flacon est un frein important, notre vin est vraiment un étranger dans ces modes d’alcoolisation. De ce constat je ne vais pas tirer des conclusions hâtives et définitives mais faire une proposition qui ne va pas plaire à nos « amis » les prohibitionnistes masqués.

Comme vous le savez ceux-ci sont des adeptes du « ni touchez jamais » à propos de toute forme de consommation de boisson contenant de l’alcool afin, affirment-ils, de restreindre la base de ceux qui verseront dans l’alcoolisme. Une telle approche, sauf pour certains individus fragiles, ne résiste pas à la réalité de nos vies en société. Comme je ne suis pas un adepte du pédagogisme, c’est-à-dire de programmes éducatifs pour les jeunes du type éduc-alcool – dont je ne conteste pas l’utilité – mon approche est plus ludique. Je m’explique. Nous devons, en dehors des festivités traditionnelles autour du vin, qui se déroulent dans nos vignobles, réinvestir l’espace festif des jeunes pour qu’ils prennent la mesure exacte de ce que le vin peut leur apporter pour faire vraiment la fête sans la finir le nez dans le caniveau.

Je sais que certains vous me traiter de fou dangereux, qui veut pervertir notre belle jeunesse, car je préconise une consommation ludique, festive, socialement encadrée, responsable, de vin en affirmant qu’elle constitue l’un des moyens les plus efficaces d’une politique de prévention contre les consommations excessives. Découvrir le vin, en parler avec ceux qui le font, l’apprécier, se retrouver ensemble sur une terrasse entre jeunes, en couples ou en bandes d’amis, se détendre, écouter de la musique, c’est ce que je continue d’appeler « un peu de douceur, de convivialité, dans un monde de brutes » Quoi de meilleur contre le stress qu’une bonne rencontre festive, en fin de journée ou pendant le week-end, où l’on peut se détendre, se laisser-aller sans pour autant se pochetroner. C’est ouvrir les écoutilles. Décompresser. C’est risqué me rétorquer-t-on. Certes, mais est-ce plus risqué que de se retrouver seul dans son studio, d’être sobre toute la semaine et de se murger à mort le samedi soir pour oublier que l’on est seul ?

Comme je l’ai déjà écrit le déni de réalité ne change pas la réalité. Réinjecter un soupçon de convivialité, de mieux-vivre ensemble, devrait faire l’objet, je suis très sérieux, d’une Grande Cause Nationale. En effet, puisque notre seule certitude c’est notre finitude n’est-il pas urgent de faire en sorte que nous vivions mieux ensemble pendant notre temps de passage. Pour ma part, vu mon âge, ce qui me soucie c’est la transmission aux générations qui sont au seuil de leur vie d’adulte et c’est pour cela, sans doute avec des maladresses, j’estime qu’au travers d’un produit millénaire nous pouvons, modestement certes, contribuer pour eux et par eux au remaillage de nos liens sociaux. C’est l’ambition de l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants et de son Secrétaire-Perpétuel autoproclamé. D’ailleurs pour ajouter du crédit à ma petite plaidoirie je me suis déplacé, sans mon célèbre aide-camp qui est très casanier, un soir de la semaine passée à une petite fête de jeunes. Alors chers lecteurs soyez patients je vous conterai cela demain sur mes lignes...

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 00:05

 

En remettant mon ouvrage sur le métier je prenais conscience que la toile de fond politique des années Pompidou, ce septennat étrange où l’héritage de l’homme du 18 juin, parti en une retraite hautaine et désabusée à Colombey, venait d’être recueilli par l’homme qui avait tué le père. Légitime certes, mais comme l’avait mis crument en lumière l’affaire Markovic Georges Pompidou n’était pas considéré par beaucoup de grognards du gaullisme, les fameux barons, comme un homme susceptible de perpétuer l’œuvre du Général. La désignation de Chaban-Delmas au poste de 1ier Ministre répondait donc au souci du normalien de Montboudif à la fois de rassurer ces derniers tout en affichant une volonté de dialogue avec des personnalités de droite jusqu’ici opposées au régime. Dans l’entourage du maire de Bordeaux les mendésistes François Bloch-Lainé et Simon Nora, le syndicaliste CFDT Jacques Delors témoignaient de ce souci d’ouverture. Mais, il ne faut pas se laisser leurrer par ces affichages dès les premiers jours du septennat, entre un Pompidou très attaché à la primauté absolue du Chef de l’État et un Chaban modelé par les jeux subtils de la IVe la ligne de fracture se dessinait.

L’UDR se taillait la part du lion dans le gouvernement Chaban : 27 maroquins – Union pour la Défense de la République, rien que ça – première déclinaison depuis la création en octobre 1958 d’un réel parti gaulliste : l’UNR héritière du feu RPF, ce dont se souviendra Jacques Chirac lors de son OPA sur la vieille maison après son coup de poignard dans le dos de Chaban en 1974 en créant le RPR habile fusion du vieux fonds de commerce gaulliste et de l’appareil verrouillant la mainmise du parti dominant sur la République. Trois Ministres d’État : l’amer Michel Debré à la Défense, le mystique Edmond Michelet aux Affaires Culturelles – on était loin des paillettes et des affaires – et l’apparatchik Roger Frey au poste clé des Relations avec le Parlement. Les centristes ralliés à Pompidou, comme toujours, jouaient les paillassons : René Pleven à la Justice, Jacques Duhamel à l’Agriculture et Joseph Fontanet au Travail. Ce ne sont pas eux qui troubleront les nuits du madré de Montboudif alors qu’en revanche le retour du déplumé de Chamalières, encore jeune et fringant, Giscard dit d’Estaing – la saillie pince-sans-rire du Général, à propos de l’annexion en 1922 du noble patronyme de d’Estaing par Edmond Giscard, lorsque le Ministre des Finances voulut que son nom, à l’instar de celui du père Pinay, soit donné à l’emprunt qu’il allait mettre en œuvre : « Vous avez raison, Giscard cela fera un joli nom d’emprunt » - ne l’enchantait guère. Il voulait Pinay au Finances et Giscard à l’Éducation pour remettre de l’ordre dans le « bordel » initié par Edgard Faure – ce dernier étant le sacrifié du nouveau régime – mais le rentier de Saint Chamond refusa car il voulait avoir les mains libres pour purger les effets sociaux des accords de Grenelle post-soixante-huitard. Georges Pompidou avait toujours en travers de la gorge, les « cactus », le « oui mais », et l’attitude de Giscard à son égard en mai 68, mais comme celui-ci l’a appuyé de manière décisive contre Poher, son entrée au gouvernement était évidente. Le maintien de Marcellin le pétainiste à l’Intérieur, étiqueté RI mais hostile au « modernisme » de Giscard, marquait la volonté de Pompidou de garder la haute main sur le Ministère de l’ordre et des élections. Les ambitions du maire de Chamalières, mijotées dans l’ombre par son porte-flingue Michel Poniatowski étaient trop voyantes pour ne pas être surveillées comme du lait sur le feu.


Pompidou ne s’en tenait pas qu’au verrouillage du gouvernement Chaban, il bouleversait aussi l’organigramme de l’Elysée en mettant fin à la dualité Secrétariat-Général et Cabinet, le premier absorbait le second. Sous de Gaulle, dans l’ombre, le Secrétaire-Général, jouait un rôle capital. Interlocuteur privilégié du chef de l’Etat il était le seul membre de l’équipe à pouvoir entrer à tout moment dans le bureau présidentiel. Le nouveau Secrétaire-Général était l’énigmatique Michel Jobert flanqué d’un adjoint le byzantin Edouard Balladur. Très vite la césure entre la tendance « rive gauche » décidée à donner ses chances à la « nouvelle société », et la tendance « rive droite » résolue à avoir la tête du folâtre Chaban, se dessinait dans l’entourage de Pompidou. L’ancien mendésiste Jobert, sincèrement européen, qui, selon Viansson-Ponté, « est le personnage le plus important de l’Elysée soutiendra loyalement les thèmes progressistes du chef du gouvernement. Balladur, « solide, subtil, distant, rapide » selon Jobert, dévoué à Georges Pompidou, même s’il jugeait aventureux certains projets de Chaban, fera preuve à son égard d’une grande correction. L’autre tendance est emmenée par un personnage qui cultivait son image de la droite France profonde, ultranationaliste : Pierre Juillet. Il était chargé de mission et flanqué de la redoutable Marie-France Garaud, jeune et ambitieuse avocate, qui avait gagné la confiance de Pompidou en démêlant l’imbroglio de l’affaire Markovic. C’était une passionnée, directe, cynique, qui gardait un chien de sa chienne à Chaban car celui-ci l’avait éconduit sèchement lorsqu’elle postulait à son cabinet de la Présidence de l’Assemblée. Impitoyable, bluffeuse, elle allait de suite tout tenter pour nuire au chef du gouvernement. En marge, à côté de ce beau monde, le très fameux secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches tenu par le redouté taulier Jacques Foccart dont les fonctions officieuses couvraient un large champ dans le marigot gaulliste où se mêlaient les services secrets, les barbouzards, les affairistes et tout un petit monde interlope où je nageais comme un poisson dans l’eau.   

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