« Ô pudeur ! que tu es faible quand Vénus et Bacchus te livre à la fois la guerre ! Mais est-il absolument impossible que tu leur résistes ? Ou n’es-tu pas plutôt charmée de ce que la puissance connue de leurs forces justifie ton heureuse défaite ? C’est ainsi que Félicia commente, non sans une once d’hypocrisie, une de ses aventures, présentée par Nerciat comme une « orgie ». (1)
Dans son succulent ouvrage : « L’amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle » éditions la Musardine www.lamusardine.com , Serge Safran fait la part belle, au travers des œuvres libertines, à la partie liée de l’amour et du vin. « L’issue de ce genre de combat ne fait aucun doute pour le moine Ambroise du couvent de Sainte-Marie-des-Bois, dans la Nouvelle Justine. Ivre, il déclame à la cantonade que « les forces prêtées par Bacchus à la déesse de la Lubricité tournent toujours au profit de cette dernière ».
Mais « Si boisson et fornication sont ainsi associés, la bonne chère vient presque toujours à la rescousse, pour de meilleurs résultats. C’est d’ailleurs le cas de l’orgie à laquelle participe Félicia, œuvre d’un « monseigneur » ayant le « génie des fêtes ». « La chère était exquise. Les vins les plus rares, et en quantité, défiaient la soif et la curiosité des convives. » (1) En 1755, Casanova rencontre ce tiercé libertin à Venise, en la personne de Murrai, ministre résident d’Angleterre qu’il dépeint « prodigieusement amateur de du beau sexe, de Bacchus et de la bonne chère ». À la fin d’un « joli souper bourgeois » concocté par sa jeune maîtresse Tonine, cette dernière reste « fort étonnée que le Résident était parti frais comme une rose après avoir vidé six bouteilles ». Et Casanova de conclure, pour la touche esthétique qu’il affectionne : « Murrai avait l’air d’un beau Bacchus peint par Rubens. » La fête donnée au couvent de Sainte-Marie-des-Bois, quand à elle, ne déroge point à la trilogie : « À l’égard de la chère, écrit Sade, elle était exquise. La profusion, l’abondance, la délicatesse, tout y régnait ; les vins les plus rares ne s’y servirent que jusqu’à l’entremets : on ne vit plus, dès lors, que les plus spiritueuses liqueurs ; et les têtes furent bientôt prises. » Et qui dit les têtes… » (2)
(1) Félicia ou mes fredaines, Andréa de Nerciat 1775(2) Histoire de ma vie, Casanova






Inscrit au fronton de la Grande Epicerie de Paris, digne héritière d’Aristide et de Marguerite Boucicaut, « une cathédrale de commerce pour un peuple de clients. » comme l’écrivait Emile Zola dans « Au bonheur des Dames », Domaines en Famille ça sonne mieux que foire aux vins. Dans la vie il faut savoir assumer son statut, soigner sa différence sans l’afficher, être présent dans le barnum mais avec la touche du bien comme il faut tout juste teintée d’un zeste d’impertinence pour ne pas tomber dans le convenu.
Le catalogue Domaines en Famille en main – comme toujours celui-ci est très classe – je peux ensuite filer jusqu’à la cave où sont concentrés dans 2 des espaces : l’offre des châteaux Bordelais et une sélection de vins originaux. À noter qu’en façade de chacun de ces espaces la dégustation d’un des vins en catalogue est organisée (Cairanne de Marcel Richaud en l’occurrence pour l’un). Avant l’accès à la cave, une présentation en caisses bois ouvertes propose l’essentiel de l’offre Bourgogne. Dans la cave elle-même, sur les présentoirs les vins sélectionnés présents habituellement sont signalés par le logo Domaines en Famille. Enfin, dans le magasin d’autres présentoirs circulaires proposent l’offre des vins roturiers de la sélection. Bref, c’est très professionnel et très agréable, le client est naturellement drainé vers les prescripteurs.





