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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec «les Français ne veulent ni d'un ludion narcissique aux Ray-Ban d'aviateur, ni d'un Félix Faure en scooter en butte, à minuit, au démon de midi».

Cette semaine j’ai revu URGA un film de Nikita Michalkow que j’avais beaucoup aimé lors de sa sortie sur les écrans en 1991. Les paysages de la steppe de la Mongolie intérieure, en territoire chinois, m’avaient fasciné et j’avais formé le projet de m’y rendre. La vie en a décidé autrement. Histoire simple de Gombo, éleveur, qui vit selon la tradition dans sa yourte, avec sa femme, Pagma, ses enfants, Bourma et Bouin, et Babouchka, la grand-mère. L’oncle, Bajartou, figure de légende, apparaît parfois sur son cheval. Gombo rêve d’une vie ancestrale, et, selon la coutume, plante son «urga » devant sa yourte pour annoncer qu’il fait l’amour.

 

Faire l’amour !

                  

Je pense à elle, elle qui refuse d’être heureuse…

 

La loi chinoise impose la limitation des naissances et Pagma, qui vient juste d’accoucher d’un 3e enfant, se refuse à son mari, mais ne voulant pas priver son époux de leurs rapports amoureux, elle l’envoie en ville acheter des préservatifs. Auparavant était survenu, Serguei, un Russe, tombé en panne avec son camion. Une amitié inattendue naît entre les deux hommes. Suivant Serguei, Gombo va s’enivrer des plaisirs de la vie urbaine. Il vient au secours de Serguei, arrêté par la police chinoise, parce qu’il est suspecté de subversion après être monté sur scène pour chanter une valse torse nue. De retour chez lui, Gombo se désintéresse rapidement de la télévision qu’il a ramenée pour faire plaisir à Pagma.

 

Têtu il veut un 4e enfant car Gengis Khan était le 4e de sa lignée…

 

Lion d’Or de Venise en 1991, Urga est un film bouleversant par sa justesse et son intelligence.

 

Et si un jour elle comprenait  que son bonheur passait par moi je pourrais enfin croire à l’amour.

 

Retour au marigot fangeux de nos politiques, ça pue de plus en plus pour le plus grand plaisir de la fille du borgne, ils pataugent, s’enfoncent dans le cloaque, c’est à gerber, comment les supporter.

 

Ce fut une semaine de l’exécrable Patrick Buisson, le mentor répudié qui déballe tout dans son pamphlet « La Cause du Peuple » qui est déjà un succès de librairie... au bout de 24 heures. Sorti jeudi, l'ouvrage de l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy s'est déjà vendu à 75.000 exemplaires, selon son éditeur.

 

Ces ventes surpassent largement celles du lancement de « Tout pour la France », le livre de Nicolas Sarkozy paru fin août (32.000 exemplaires écoulés en trois jours), pourtant lui-même considéré comme un succès.

 

Juste retour des choses, lorsqu’on dîne avec le diable, pendant des années et des années, avec une petite cuillère, fut-elle en argent, il ne faut pas s’étonner qu’après l’avoir répudié pour haute trahison, celui-ci se venge. Bien sûr il se venge au moment où ça fait le plus mal, il attend, la vengeance on le sait est un plat qui se mange froid, il frappe là où ça fait mal, tirant de leur long compagnonnage, de leur extrême proximité, cette capacité à fendre l’armure, à jeter aux chiens les petitesses de celui qu’il a fait Roi. Et Dieu sait que le petit agité n’est pas avare de phrases qu’il veut assassines, il est toujours si content de lui, sur ses talonnettes il plastronne, vilipende, insulte « casse-toi pauvre con ! », casse ses jouets, exhibe sa nouvelle épouse, l’hyperprésident disait-on, rien qu’un pauvre ludion sans convictions. Alors que Buisson dise la vérité ou non, peu importe, ce qui compte c’est qu’il fut tout au long d’un quinquennat le conseiller écouté du Prince vulgaire, que leur couple fascinait les médias, et que leur concubinage notoire a laissé des traces, que dis-je des trainées de boue.

 

« Dans ma vie j’en ai connu des trahisons, mais comme celle-là, jamais »!  Nicolas Sarkozy n’avait encore pas tout vu, tout lu, lorsqu’il s’affligeait ainsi à la télévision, le 21 septembre 2014, de la félonie de son conseiller privilégié, son inspirateur premier, on avait même dit son âme damnée, Patrick Buisson, lequel avait enregistré leurs conversations et échanges à son insu. Brutalement remercié pour ce manquement élémentaire aux relations de confiance, l’indélicat est allé beaucoup plus loin que cette fourberie qu’il maquille grossièrement des exigences de l’historien. Il a fait de son livre à prétention d’essai (1) un brûlot dévastateur contre ce maître qu’il a servi, et qui l’a grassement enrichi, tout en affirmant aujourd’hui qu’il « n’a jamais été dupe du personnage, qui n’était pas son genre ». A se demander quand même comment un homme qui a une si haute idée de lui-même, et de son intelligence, a pu pendant près de dix ans perdre ainsi son temps auprès d’un leader politique, qu’on a pu critiquer, et qu’on critique encore, mais qu'il passe, lui, au karcher de son encre noire afin qu’il n’en reste rien. Jugez en…

 

Buisson, Trierweiler... : ces« ex » à la vengeance médiocre

 

Lire ICI 

 

« Je vais te dire ce qui nous différencie des autres, c’est que toi (Buisson) et moi (Sarkozy), on est des mauvais garçons » lance ainsi Nicolas Sarkozy à son conseiller à deux mois de son élection en 2007. Pour Buisson, Nicolas Sarkozy était « un trader de la politique, un court-termiste qui avait le goût des allers-retours spéculatif ».

 

« Chirac aura été le plus détestable de tous les présidents de la Ve. Franchement, je n'ai jamais vu un type aussi corrompu. Un jour, il a voulu me faire signer un contrat avec l'Arabie saoudite. Je me demande encore comment il a osé me mettre ça sous le nez. Il en a tant fait qu'il était fatal que ça lui pète à la gueule. J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi méchant et avide. »

 

Fillon, lorsque le Premier ministre inaugure une mosquée à Argenteuil le 28 juin 2010, le chef de l'Etat n’hésite pas à le taxer de « pauvre type, minable. » Et de lâcher : « Tant qu'il y est, il n'a qu'à venir mercredi au Conseil des ministres en babouches et avec un tapis de prière ! »

 

François Baroin, son probable Premier ministre s’il venait à gagner la présidentielle de 2017, en prend également pour son grade :

 

« Je l'ai acheté à la baisse. Trop cher, je te le concède, pour un second rôle », aurait déclaré l'ancien président, toujours d’après les extraits du livre.

 

Xavier Bertrand : « Dix ans à essayer de placer des assurances en Picardie, dix ans à taper aux portes et à se prendre des râteaux, ça a de quoi vous rendre méchant pour le restant de vos jours. C'est d'ailleurs pour ça que je l'avais choisi. »

 

Son pote Christian Estrosi n'est pas épargné : « Cet abruti d'Estrosi qui a une noisette dans la tête. »

 

Sur l'art constituer un gouvernement

 

En juin 2007 : « Je sais bien que je suis le Tom Cruise du pauvre, mais, enfin Gérard Larcher, ministre, ce n'est pas possible : il est trop laid ! Tandis qu'avec Rachida et Rama, on va leur en mettre plein la vue. »

 

Sur lui-même

 

En mars 2007 : « Ils s'en moquent, les Français, que je sois sympathique ! Ils veulent que je fasse le job. Est-ce qu'on demande à Rocco Siffredi d'avoir des sentiments ? »

 

Sur Carla Bruni

 

« Crois-tu que notre histoire à Carla et à moi aura un impact favorable sur le moral des Français ? »

 

Mais ce n'est pas tout. En plus de critiquer son entourage, le livre révèle que Nicolas Sarkozy se serait rapproché de Jean-Marie Le Pen avant l'élection présidentielle de 2007. Voyant la victoire se profiler face à la socialiste Ségolène Royal, il aurait dit à son expert en analyse de l'opinion :

 

« Appelle Le Pen. Demande-lui ce qu'il veut. Faut-il que je le reçoive ? S'il faut le recevoir maintenant, tu sais, je le recevrai. Je ne suis pas comme les autres. Je sais prendre mes responsabilités, moi. »

 

Comme les jugements sont assez pertinents pourquoi douter de la véracité des écrits de Buisson ? C’est un  féroce Buisson, comme savait le faire l’extrême-droite d’avant-guerre, sûr de son intelligence, de sa supériorité sur les médiocres, ne négligeant pas ses intérêts, il vise la mise à mort de son ancien poulain qui l’a jeté comme une pomme pourrie.

 

Et le vibrion, jamais en reste de se faire mousser, confirme, hors son mentor, qu’il est méchant, une teigne, un  sale mec :

 

Le 4 janvier 2015, Sarko interrogé le soir lors d’un dîner, après avoir été reçu à l’Elysée dans l’après-midi : « Alors, comment l’avez-vous trouvé ?

 

-          De près, immonde, a-t-il répondu. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il  a des petites jambes d’enfant. »

 

De la part d’un géant juché sur de misérables talonnettes c’est révélateur de sa morgue, de son mépris, de sa vision de lui-même qui mérite l’exécration d’une large tranche de la population.

 

Mais il n’y a pas que Buisson qui veut lui faire la peau, le roquet de Meaux, n’est pas en reste :

 

Jean-François Copé, accuse Nicolas Sarkozy, mis en cause dans plusieurs affaires dont Bygmalion, d'être candidat pour échapper à la justice, dans Le Monde daté de vendredi. « J'ai compris qu'il y avait un alignement d'intérêts entre des écuries différentes. J'apparaissais pour chacun d'eux comme le coupable idéal, l'alibi parfait», déplore le député-maire de Meaux, cité dans un long article que lui consacre le quotidien.

 

Nombre de candidats à la primaire, accusés de l'avoir poussé hors de la présidence de l'UMP en 2014, en prennent pour leur grade, comme Nathalie Kosciusko-Morizet – « Elle a besoin d'exorciser sa défaite à Paris » –, Alain Juppé – « Il prend deux fois la parole pour que je quitte mes fonctions, il ne voit pas que si je pars, c'est Sarkozy qui arrive. »

 

Il affirme avoir dévoilé ce qu'il savait sur cette affaire à Nicolas Sarkozy en mai 2014, quelques jours après que le responsable opérationnel de Bygmalion, Franck Attal, lui eut révélé la fraude : « J'explique ce que je sais et, là, j'ai un mur de silence. J'ai compris rétrospectivement pourquoi », a-t-il déclaré. Jean-François Copé accuse par ailleurs Nicolas Sarkozy de vouloir échapper à la justice en se présentant à l'élection présidentielle.

 

« Sa mise en examen n'est pas que technique, elle porte sur une vingtaine de millions d'euros, qui en réalité sont un détournement ! C'est une fuite éperdue en avant. [...] Il voudrait que vous l'élisiez pour ne pas aller au tribunal ! » a-t-il assuré au quotidien.

 

L'attaque la plus virulente est cependant réservée à l'ancien Premier ministre, François Fillon : « Fillon passe après, [lors du bureau politique] la main sur le cœur : Mon éthique, mon sens de la responsabilité, tu dois partir... Dix jours après, il va bouffer avec Jouyet pour finir Sarkozy. Assez bête pour penser que Jouyet a la moindre prise sur le parquet. Il est d'une naïveté invraisemblable ! »

 

En face, le désamour entre le Président et son ex-protégé se traduit par des sobriquets bien puérils :

 

Selon Le Canard Enchaîné du 28 septembre 2016, Emmanuel Macron s’en serait violemment pris à François Hollande lors d’un déjeuner de presse organisé la semaine dernière. Il aurait déclaré : « Moi, je ne vais pas attendre de savoir si tarte molle y va ». Une petite remarque sympathique qui fera plaisir à François Hollande, lui que Martine Aubry avait traité de "mou", il y a quelques années. Cette phrase rapportée par le Canard a été démentie par l’entourage d’Emmanuel Macron qui affirme que l’ancien ministre ne parlait pas du président de la République.

 

C’est de bonne guerre, même si vole bas ! En privé, François Hollande appellerait l’ancien ministre, Emmanuel « Macaron ». Selon le président, son ancien ministre serait sucré à l’extérieur mais mou à l’intérieur. Des échanges d’amabilités qui risquent d’encore un peu plus d'envenimer une relation qui n’est pas au beau fixe depuis quelques mois.

 

Même Juppé se lâche il répond avec humour à son adversaire François Fillon qui le compare à une «tisane» il lui suggère de faire « attention à l’excès de vodka », fine allusion aux positions pro-russes de l’ex-cocker triste de la Sarthe réfugié dans le douillet 7e arrondissement de Paris.

 

Il s'est déclaré «violemment modéré» mardi dernier dans l'hebdomadaire La Vie. «Je sais que pour certains, je ne vais pas assez loin, qu'il faut faire des chocs. La mode est aux chocs, choc fiscal, choc social… Mais à force de faire des chocs sur la France, on risque bien de casser la mécanique»

 

Buisson au 20h de France 2: une diabolique opération de com' contre Sarkozy

 

« Quelle étrange fascination pour un personnage qui ne mériterait que l’indifférence… Depuis quarante-huit heures, Patrick Buisson est l’homme autour duquel la vie publique s’organise… On ne parle que de lui, on ne débat que de lui… Ce mercredi soir, il était posé en majesté au journal de 20h de France 2, dénonçant Nicolas Sarkozy, ses reniements et ses trahisons. Ce jeudi, il sera de nouveau convié par un grand média, Europe 1, pour répéter encore et encore, que Nicolas Sarkozy est un reniement et une trahison…

 

Patrick Buisson, qui est tout autant communicant qu’idéologue, a bien choisi son moment pour sortir son pamphlet anti-Sarkozy. Fin septembre, soit en un temps où il pouvait anticiper que Nicolas Sarkozy serait candidat déclaré à la Primaire et où le momentum de la Primaire commencerait à s’enclencher. Fin septembre, c’était la date idéale pour lancer un missile contre l’ancien président en campagne, au moment où les électorats potentiels de la Primaire ne sont pas encore cristallisés de manière plus ou moins définitive, mais en phase d’observation et d’évaluation des forces en présence. Détruire Sarkozy avant qu’il n’ait pu construire les fondations de sa victoire de manière irréversible.

 

Patrick Buisson connaît bien la sphère politico-médiatique. Il en sait les us et coutumes, les appétences et les révérences. Il a donc attendu patiemment les circonstances propices au lancement de sa torpille sur le croiseur Sarkozy, le moment où l’actualité politique lui assurerait une couverture médiatique massive, deux ans après sa disparition totale des radars audiovisuels. »

La suite ICI 

 

Affaire Bygmalion: cet intrigant Copé qui trahit Sarkozy

 

 Un grand sentiment de malaise. Il faut voir et revoir les quelques minutes où apparaît Jean-François Copé dans le reportage de l’émission Envoyé spécial consacrée à l’incroyable affaire Bygmalion, accablant récit d’un dérapage politique, moral et financier, engendré par la mégalomanie d’un candidat en campagne, soit Nicolas Sarkozy en 2012.

 

Il faut visionner et revisionner ce grand moment de télévision où, l’espace d’un instant, apparaît la vérité d’un homme, d’un système, d’une époque, et révèle finalement la maladie profonde du système sarkozy.

 

La suite ICI 

 

FOG - Sarkozy, candidat des grands médias

 

Alors que Nicolas Sarkozy subit toutes sortes d'avanies, du livre de Patrick Buisson à la relance de l'affaire libyenne, le « système » a décidé qu'il devait gagner les primaires de la droite et du centre. D'où la campagne, plus ou moins ouverte, de la plupart des grands médias ou des groupes de presse parisiens en faveur de l'ancien président.

 

Qu'ils me pardonnent de briser l'omerta, mais à lire, voir ou entendre ces grands médias, on ne peut qu'être étonné par leur bourrage de crâne obsessionnel ou par leur tendance enfantine à camoufler certains sondages dès lors qu'ils sont défavorables à leur champion.

 

Ne sommes-nous pas devenus une république bananière ? La question n'est pas nouvelle, mais elle mérite plus que jamais d'être posée. Depuis des années, la France vit sous le signe du mélange des genres et son jacobinisme naturel n'arrange rien : tout est régenté depuis Paris par ce « microcosme » que fustigeait Raymond Barre et où trempent, dans le même marigot consanguin, la politique, la banque, la presse et le monde des affaires.

 

La France vit ainsi sous un régime qui n'est pas sans évoquer celui que les communistes appelaient jadis, pour l'exalter, le « centralisme démocratique ». Ses méthodes sont certes plus sophistiquées, mais il ne laisse guère de place au pluralisme. Les voix discordantes sont priées de se taire : tous derrière Sarkozy, tel est le mot d'ordre donné aux soldats du « microcosme ».

 

Après ça, il ne faut pas s'étonner si le FN ou le Front de gauche, hérauts du dissensus, ont le vent en poupe. Le populisme ne se nourrit pas seulement des peurs ou du sentiment de déclassement de classes moyennes en voie de prolétarisation. Il est aussi alimenté par notre déficit démocratique, qui provoque en chacun de nous, à intervalles réguliers, une sensation d'étouffement sous une chape de plomb. Pitié ! De l'air !

 

Au XIXe siècle, le prophétique Tocqueville (1) nous avait mis en garde contre la mauvaise pente de la démocratie qui nous mènerait peu à peu vers une sorte de « tyrannie douce ». Eh bien, nous y voilà ! La logique de cette dégringolade mentale est de réduire les électeurs à l'état de « moutonnaille », comme disait Rabelais, avec pensée unique, plat unique, son de cloche unique... et candidat unique.

 

Le « microcosme » a souffert sous Hollande, qui, contrairement à ce que disent les prétendus frondeurs, s'en est toujours tenu à distance. C'est pourquoi sa mouvance rêve aujourd'hui de Restauration, Sarkozy étant son Louis XVIII, le charisme et la niaque en plus, bien entendu. Sous sa présidence, l'« établissement » concubinait avec l'Élysée, il se sentait écouté et associé. Il était, pour ainsi dire, partie prenante. Il est donc normal qu'il ait une vive nostalgie de cette époque.

 

Si les médias nous servent du Sarkozy matin, midi et soir, c'est certes parce que l'ancien président est depuis longtemps passé maître dans l'art de lancer à tout vent des débats de toutes sortes, sur le burkini, l'identité ou les Gaulois. C'est un indéniable talent. Mais pourquoi faut-il que nos chers confrères minimisent ou sous-estiment systématiquement les campagnes des autres candidats des primaires ?

 

Comme par hasard, les rivaux de Sarkozy ne vaudraient pas un clou. Rares sont les grands médias qui leur donnent leurs chances. Oyez les rumeurs qu'ils distillent depuis la rentrée. Alain Juppé serait ennuyeux ; François Fillon, fade ; Bruno Le Maire, léger ; Nathalie Kosciusko-Morizet, superficielle. Même quand ils sont intéressants, leurs livres-programmes ne sont recensés qu'avec dédain ou mépris.

 

Plutôt que d'encenser leur héros à tout bout de champ, les grands médias préfèrent - technique plus maligne - dénigrer les adversaires de Sarkozy, sans regarder de près ni de loin leurs propositions supposées barbantes. Un pilonnage insidieux et de tous les instants.

 

La primaire de novembre est-elle déjà jouée ? Sans doute pas. Le temps est loin où la presse faisait la loi, quand le dramaturge Maurice Donnay disait qu'il suffirait d'une campagne de presse bien menée pour qu'au bout de deux mois les Français crussent en Dieu. Les électeurs ne se laissent plus manipuler si facilement, comme on a pu l'observer pendant la campagne de 1995, quand tous les grands médias français, y compris Le Monde, soutenaient la candidature de Balladur à la présidence avec la subtilité d'un rouleau compresseur. On connaît la suite.

 

Les temps ont changé. Que les grands médias américains fassent campagne pour Hillary Clinton et dénoncent sans cesse Donald Trump, ce n'est pas forcément un atout pour la première ni un handicap pour le second, qui se targue avec ostentation de l'animosité de la presse à son égard. Quand les médias sont présumés suspects par l'opinion, leur hostilité peut se retourner contre eux et devenir une force pour ceux qu'ils cherchent à détruire. C'est vrai en France comme aux États-Unis.

 

Quant aux affaires ou aux scandales, on peut toujours leur survivre. Nicolas Sarkozy n'en a-t-il pas été jusqu'à présent la preuve vivante ?

 

  1. voir De la démocratie en Amérique.

 

Pour m’extraire du cloaque je lis :

 

- Vous avez une idée mesquine de la liberté, crie le Journaliste.

 

Derrière son bureau, le ministre de l’Intérieur répond :

 

- Tu es sectaire. Tu ne mérites pas la liberté.

 

Le détenu s’exalte :

 

- Sectaire d’une grande secte, pas de petits copinages comme vous.

 

Le ministre insiste en lissant le pan de sa veste :

 

- Le copinage est une coïncidence d’intérêts, une socialisation, c’est de la politique. La secte, c’est le fanatisme, l’intransigeance, le dédain insolent des autres.

 

Le prisonnier tape du poing sur la table :

 

- La secte est une vertu et une fonction sociale. La secte à un fond géométrique, d’une géométrie spéciale, bien articulée. La secte fait avancer les idées, les passions, elle ébranle et accélère le temps. Vous râlez contre les sectes. Que sont donc les jésuites, les augustins qui vous donnent des ordres et vous inspirent, et loin desquels vous avez l’impression de perdre toute autorité, tout pouvoir, toute volonté ? Notre secte est animée d’impulsions cosmiques, pas de théologies écœurantes. Les planètes d’autres systèmes traiteraient le nôtre de sectaire parce qu’il tourne autour du Soleil. Ce système est une secte comme la nôtre. La nature est sectaire, elle aime la géométrie invariable et permanente. Je suis sectaire ! Soyons tous sectaires ! La discipline et la géométrie nous sauveront ! »

 

Ramón Sender dans O.P. [Ordre Public] années 20 dans la plus grande prison pour hommes de Madrid, la Moncloa.

 

Allez, pour sourire un peu :

 

Fabrice Luchini est-il un conseiller occulte de François Hollande ? En tout cas, ces deux-là sont amis. Selon l'hebdomadaire people Closer, le président de la République a passé le week-end dernier dans le Loir-et-Cher à Chambon-sur-Cisse, dans la maison de celui qui incarna Beaumarchais à l'écran.

 

«Pour justifier un tel déplacement, le chef de l'Etat a décidé d'ajouter à son agenda une visite inopinée au maire de Blois», croit savoir le magazine.

 

L'histoire ne dit pas si Julie Gayet accompagnait le chef de l'Etat. François Hollande a, en tout état de cause, passé un moment avec l'acteur déjanté amateur de Céline et des fables de la Fontaine. Selon l'hebdomadaire le comédien est aussi un proche de Brigitte Macron, la femme d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'économie de Manuel Valls.

 

Dans son livre paru en début d'année, Luchini racontait sa rencontre avec Hollande : « Il est parfait. Pas une question bidon. Pas un compliment étrange. » Et celle avec Macron : « Il est bien séduisant Macron. Il rit. Il jubile. Il travaille. Son épouse veille sur lui. Il est puissant et concentré. Il est exceptionnel, ce Macron. » 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, mon père est hongrois, mon grand-père maternel est grec, je parle français… cherchez l’erreur dans la gauloiserie de Sarkozy…

Je suis très triste Chimulus mon illustrateur préféré est mort...

 

« Ne comptez pas trop sur moi pour la promo et les signatures » nous avait-il prévenu. Avec James Tanay, on préparait la publication de son premier livre de dessins.

 

Chimulus a hélas tenu parole, il est mort le 17 septembre 2016 d’un cancer qu’il avait caché à tous. Le livre paraîtra fin octobre comme prévu même si on est profondément triste et c’est rien de l’écrire. »

 

Fils du dessinateur du Figaro Jacques Faisant, Chimulus avait commencé au JDD et au magazine ELLE avant de contribuer ensuite à La Tribune, Le Post et plus récemment pour l'OBS.

 

 

Retour sur la terre : je ne dirai plus un mot de trop à propos de Michel Onfray depuis que j’ai lu : L'hommage de Michel Onfray à Michel Rocard

 

Prospérités du vice et malheurs de la vertu : le philosophe loue la rigueur protestante de Michel Rocard, qui l'a protégé... et perdu.

PAR MICHEL ONFRAY

Publié le 07/07/2016 à 06:52 | Le Point

 

« Je ne suis pas sadien, on le sait, mais le marquis avait, hélas, raison de constater que, dans le monde, il y avait prospérités du vice et malheurs de la vertu. La mort de Michel Rocard en permet une illustration. Les morts sont tous des braves types, on le sait. Déluge d'hommages, de Le Pen l'ennemie de la gauche à Mélenchon l'ami de Mitterrand, qui était l'ennemi de Rocard. Laissons cela.

 

Rocard n'a pas été président de la République, au contraire de Mitterrand, en partie parce qu'il était protestant et que le fils du vinaigrier de Jarnac était catholique. De même, Jospin a manqué l'élection parce qu'il était lui aussi parpaillot alors que Hollande l'a gagnée car il était catholique - du moins : d'origine et d'éducation catholique.

 

Je m'explique : les protestants économisent les intermédiaires entre eux et Dieu. Ce qui est dit ou fait, péché ou bienfait, est su par Dieu, qui s'en souviendra le jour du Jugement dernier. On peut être athée mais éduqué par une famille ou dans un pays protestant et penser selon cet ordre, on vit imprégné par cette vision ontologique du monde : Dieu voit ce que nous sommes.

 

Les catholiques installent une multitude de chicanes entre eux et Dieu. Dont celle de la confession auriculaire : on pèche, on se confesse, on obtient l'absolution (jadis on pouvait même acheter des indulgences pour accélérer le processus du pardon divin, ce qui a fâché Luther, on le sait...), on sort du confessionnal avec l'obligation de réciter des pater et des ave - et l'on peut recommencer. Dieu n'est pas regardant.

 

Mitterrand a menti, trahi, trompé : il a été élu et réélu. Rocard, en disant la vérité, est resté fidèle à ses idéaux : il n'a pas été élu.

 

Voilà pourquoi dans les pays protestants, notamment dans les pays nordiques, les journaux sont en accès libre dans la rue, à charge pour l'acheteur d'en prendre un et un seul, puis de le payer en glissant sa monnaie dans une boîte à l'air libre, alors qu'en pays catholique, en France par exemple, pareil dispositif serait ravagé par un type qui embarquerait la collection de journaux, la caisse avec l'argent et qui irait revendre plus loin les journaux en empochant les bénéfices - avant d'aller se confesser. La repentance est aujourd'hui la forme postmoderne de cette logique.

 

Des manifestations d'extrême droite de sa jeunesse au dernier déjeuner élyséen au cours duquel il entretient Jean d'Ormesson de la puissance du lobby juif, Mitterrand a menti, trahi, trompé, mystifié, abusé, dupé, escroqué, berné : il a été élu et réélu. Rocard s'est refusé au vice, notamment en disant la vérité, en ne mentant pas, en restant fidèle à ses idéaux : il n'a pas été élu. Jospin a été digne, il n'a pas fait un concours du plus gros mangeur de tête de veau, il a refusé les mains au cul des vaches dans les comices : il n'a pas été élu. Chirac a été élu et réélu.

 

Plus tard, c'est Hollande, l'homme de toutes les ondulations vipérines présentées comme un art de la synthèse, de tous les renoncements maquillés en fidélités, de toutes les compromissions exhibées tels des compromis, qui a été élu. En France, on aime les voleurs de journaux, pourvu qu'ils volent à grande échelle. Je me sens chez moi dans les pays scandinaves. »

 

 

Le 24 septembre 2000 la France adoptait le quinquennat présidentiel par référendum avec le tandem Jospin #Chirac, pour la première fois de ma vie de citoyen je ne suis pas allé voter et je regrette cette abstention : j’aurais dû voter contre mais je ne voulais pas mettre ce brave Jospin dans la panade.

 

Le résultat est là : 5 ans de tunnel, un Président qui ne pense qu’à se représenter, le perdant du tour précédent à se venger, une opposition bête à manger du foin, une majorité qui s’étripe, plus aucun recours démocratique pour redonner de l’air au système parlementaire favorisant ainsi les aboyeurs démagos exclus du jeu. La Ve a été taillée pour De Gaulle contre ce qu’il qualifiait, à juste raison, le régime des partis, alors le package élection présidentielle-élections législatives, qui aurait dû lier la nouvelle majorité au programme du nouveau président, transforme l’Assemblée Nationale en lieu de résistance au couple exécutif.

 

Dans le bordel des Primaires de la Droite, comme dans celles de la Gauche, des écolos, nouvel échelon dans la désagrégation gaullienne, tout le monde semble oublier que la victoire s’obtient au deuxième tour de scrutin et que c’est l’électorat central qui fait pencher la balance du bon côté. Sarkozy en mettant la barre à l’extrême-droite fait la même erreur que lors du premier tour de la Présidentielle, sans doute arrivera-t-il en tête mais où seront ses réserves de voix pour vaincre au second tour. De plus, une Primaire ouverte est par définition ouverte à tous ceux qui y trouvent un intérêt : plus Sarko met la barre à l’extrême-droite plus il motive les électeurs de gauche à aller voter à la Primaire pour lui faire barrage et s’éviter un second tour de la Présidentielle : Sarko-Le Pen. Pour la Gauche : imaginez un seul instant Mitterrand se présenter à une primaire ? Impensable !

 

Et puis, supposons que le Sarko passe la barre des Primaires puis soit élu au ras du cul à la Présidentielle face à la Marine (je ne participerai pas au second tour et je ne serai pas le seul), aux législatives il n’est pas assuré de trouver une majorité dans les urnes face à un FN qui mettra les Républicains au pied des désistements circonscription par circonscription. Bref, le risque d’un beau bordel en perspective. Je ne sais si nous sommes des Gaulois mais je ne suis pas loin de penser que l’autre enflure de Depardieu n’ait pas un peu raison dans les colonnes du journal italien «Corriere Della Sera», où notre Gégé ex-national s’est offert une énième sortie médiatique où il tacle sévèrement la France et plus largement le peuple français. L’acteur star, en promotion pour son livre «Innocent», commence fort en déclarant : «Je ne me sens plus français mais citoyen du monde». Mais pourquoi ? Il s’explique. «La France risque de devenir un Disneyland pour les étrangers, peuplé d’imbéciles qui font du vin et du fromage qui pue pour les touristes. Il n’y a plus de liberté, les gens sont manipulés».

 

Même si le fil qui me retient est de plus en plus tenu, elle souffle le chaud et le froid, pourquoi refuse-t-elle obstinément d’être heureuse, je m’en tiens là sinon je prendrais deux sacs et je me casserais vite fait bien fait au soleil dans une grande maison sur les hauts de Monticello où j’accueillerais mes vrais amis !

 

Et un petit coup de misogynie corse :

 

« … Je connais une flopée de vieilles qui s’habillent comme des jeunes filles et qui sont toujours désirables. Le temps d’une nuit d’aveuglement. Si on fait abstraction du lard qui dégouline et de l’usure des chairs. Trajan prétend quant à lui qu’il y a une luminosité particulière qui permet de mettre une vieille en valeur dans une chambre. Mais je crois que, même dans l’obscurité, l’image d’une carcasse livrée aux e ne quitte pas votre esprit, et que les types comme moi, laids mais présentables – propres en tout cas – s’en iront en courant plutôt que de supporter le supplice des effluves de chair pourrissante. Peu importent les tartines de pommades qu’elles se balancent sur la tronche, et leur string coincé entre leurs fesses flasques, tout ce qu’on veut c’est avoir le droit de regarder dans d’autres directions.

 

Je sais, je pourrais me mettre à la place de ces vieilles peaux, j’aurais l’air moins misogyne. Mais que m’apporte de me mettre à leur place ? D’autant que je suis convaincu qu’elles sont aussi vénales et corrompues que les plus jeunes. Peut-être davantage encore, on ne peut leur trouver l’excuse de la candeur. »

Marc Biancarelli

 

Et pour finir un petit coup de Macron pour la route rien que pour faire bisquer la hollandie !

 

Macron : « Ne surtout pas faire le même coup que Le Maire »

 

L'ancien ministre de l'Économie et probable candidat pour 2017 sera à Lyon samedi, avant de présenter son "diagnostic" pour la France. Au compte-gouttes.

PAR CHARLOTTE CHAFFANJON

 

Emmanuel Macron s'attendait à prendre des coups. Avant même sa démission du gouvernement, alors que les polémiques se multipliaient comme des petits pains, celle de son ISF payé rétroactivement notamment, il nous lâchait : « Ce n'est que le début... » Il voyait juste. Alors qu'il sera demain à Lyon pour un colloque des sociaux-démocrates européens, plusieurs responsables ont renoncé à venir pour ne pas apparaître à ses côtés. Deux d'entre eux assument publiquement. Le commissaire européen Pierre Moscovici et le président de la fondation Terra Nova, qui confie au Monde : « Nous ne pouvons pas participer à ce qui est devenu une réunion de soutien à Emmanuel Macron. »

 

La suite ICI 

 

La présence de Macron fait fuir les invités du colloque des réformistes

Par Arthur Berdah Mis à jour le 23/09/2016 à 16:11 Publié le 22/09/2016 à 15:19

 

Le leader d'En Marche!, qui prononcera le discours clôturant ce rendez-vous européen, risque de se retrouver face à un public amoindri. Ses proches accusent l'Élysée de ne pas y être étranger.

 

La campagne est bel est bien lancée. Tandis que le désormais ex-ministre de l'Économie a quitté le gouvernement à la rentrée pour se consacrer pleinement à son mouvement En Marche! et préparer une éventuelle candidature à la présidentielle, les embûches se multiplient déjà sur sa route. Dernière en date: le colloque des de réflexion, et au cours duquel il est censé prononcer le discours de clôture.

 

Mais le public face auquel Emmanuel Macron s'exprimera sera plus réduit que prévu. Comme l'a révélé cette semaine Le Canard enchaîné, plusieurs défections de personnalités soucieuses de ne pas croiser l'ancien banquier d'affaires ont été constatées. C'est notamment le cas du premier ministre italien Matteo Renzi ou du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. Selon l'hebdomadaire satirique, ces désistements seraient dûs à une intervention de l'Élysée: François Hollande aurait téléphoné en personne aux deux dirigeants. »

 

Collomb dénonce la «foudre obsidionale» des soutiens de Hollande

La suite ICI 

 

Macron : Henry Hermand, l'ami qu'on ne voudrait pas avoir

 

Le "mécène" d'Emmanuel Macron se lâche dans une interview au "Figaro". L'ex-ministre doit ruminer l'adage de Voltaire : "Mon Dieu, gardez-moi de mes amis..."

PAR EMMANUEL BERRETTA

Modifié le 20/09/2016 à 11:51 - Publié le 20/09/2016 à 09:46 | Le Point.fr

 

« Emmanuel Macron a eu de quoi s'étouffer en découvrant, lundi, dans Le Figaro, l'interview d'Henry Hermand, celui qu'on présente comme son « mentor » en politique. Un entretien au ton paternaliste qui infantilise l'ancien ministre... C'est l'interview que François Hollande aurait rêvé écrire tant le « mécène » de Macron, qui a fait fortune dans la grande distribution, y multiplie les maladresses et les critiques envers son poulain...

 

Cela commence dès la deuxième question quand Le Figaro lui demande quel rôle il joue auprès du présumé candidat à la présidentielle. « Je ne le quitte jamais ! » lâche tout de go le vieil homme. Et de révéler (si c'est bien vrai) qu'il est à l'origine de l'adoption par Macron de l'expression « progressiste » et l'abandon des notions de « social-libéralisme » ou « social-réformisme », dont Macron se réclamait dans les premiers temps. Ce genre de conseils, en principe, sont de nature à rester discrets. Hermand, lui, les affiche haut et fort, comme s'il avait peur de ne plus être sur la photo. »

 

Les pro-Hollande jubilent

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Vous disiez, madame que ce procès est celui de la trahison. C'est vrai, il a trahi ses parents, sa famille, ses amis de la politique, ce monde qui est si transparent… »

« Je t'ai détesté, Jérôme. Je me suis dit : Pas ça, pas toi. Celui qui nous a présentés l'un à l'autre doit se retourner dans sa tombe », démarre l'avocat, évoquant sans aucun doute le constitutionnaliste Guy Carcassonne, décédé quelques semaines après les aveux de Jérôme Cahuzac en 2013 « Vous disiez, madame", dit-il en regardant la procureure Éliane Houlette, « que ce procès est celui de la trahison. C'est vrai, il a trahi ses parents, sa famille, ses amis de la politique, ce monde qui est si transparent… » ironise-t-il.

 

C’est ainsi que Me Jean-Alain Michel, l’un des avocats de Jérôme Cahuzac, commença sa plaidoirie pour le défendre, avec les mots les plus durs qui soient, et l'ancien ministre du Budget s'effondra en larmes note le journaliste.

 

Quelle peine pour son client ?

 

« Me Jean-Alain Michel ne rigole pas du tout lorsqu'il s'adresse à la cour de Jérôme Cahuzac qui cherche à affronter « sans peur et sans colère ce qu'il lui reste de vie et ce qu'il lui reste d'avenir ». « La juste peine est celle qui n'accable pas plus que nécessaire un homme fini, cassé, fracassé. C'est celle qui permet le rachat, qui autorise un avenir. »

 

Il raconte enfin que dans un petit village corse, où Jérôme Cahuzac passe désormais le plus clair de son temps dans la maison familiale, les habitants n'attendent que lui pour reprendre le cabinet médical qui va fermer. Eux, comme Cahuzac, connaîtront le verdict jeudi 8 décembre, à 10 heures. »

 

L’intégrale ICI 

 

Qui savait ? Le secret était celui de Jérôme Cahuzac uniquement, la plaidoirie est ici uniquement politique, sur un ton qui ne laisse plus la place à aucune plaisanterie. Sont visés François Hollande et ses proches.

 

« L'homme le mieux informé de France ne savait pas ? Dont acte. Son meilleur ami, avocat de Médiapart, parrain de ses enfants [Jean-Pierre Mignard] ne savait pas ? Dont acte. Le journaliste [Edwyn Plenel] ne lui a rien dit ? Dont acte. Le président n'a pas dit à Jérôme Cahuzac : « J'ai besoin de toi pour trois lois capitales qui se profilent à l'assemblée » ? Dont acte. »

 

Lire ICI Procès Cahuzac : l'amitié pour défense

 

 

Derrière Cahuzac, y-a-t-il vraiment la main de Rocard?

 

Le 14.09.2016 à 10h44

 

Les récentes révélations de l’ex-ministre du Budget sur l’origine de son compte suisse, ont été balayées d’un revers de la main, y compris par ses juges. Quand on regarde le dossier, elles ont pourtant un air de crédibilité qui mériterait d’avantage d’attention.

 

En 1992, Cahuzac évolue parmi les proches du système rocardien

 

Que sait-on aujourd’hui de la situation et du rôle joués par les principaux acteurs du dossier. En 1992, on l’a dit, Michel Rocard était, pour la troisième fois de sa carrière, candidat potentiel à l’investiture des socialistes pour une élection présidentielle. Pour celle de 1981, il avait renoncé. Pour celle de 1988, il s’était encore effacé devant François Mitterrand après avoir déclaré, urbi et orbi, qu’il serait en lice «jusqu’au bout». Pour celle de 1995, il pensait avoir enfin le champ libre.

 

A ceci près que le contrôle du PS lui échappait encore largement. Pour faire vivre son courant, pour constituer une équipe de campagne digne de ce nom, il ne disposait pas des moyens indispensables à quiconque nourrit d’aussi hautes ambitions. D’où la nécessité d’une cagnotte. D’autres que lui, à la même époque, n’ont pas procédé différemment. Dans le respect de la loi? C’est toute la question.

 

Dans la promotion du système rocardien, deux hommes ont occupé à l’époque une place centrale, côté recettes. L’un s’appelle Tony Dreyfus, futur député-maire du 10ème arrondissement de Paris. C’est un avocat d’affaire prospère qui suit Michel Rocard depuis l’époque du PSU. Il a hérité en 1988 d’un secrétariat d’Etat qui est celui des dossiers que l’on dira spéciaux. Son cabinet est la plaque tournante de la rocardie hors parti. Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, ami intime de Jérôme Cahuzac, y a gite et couverts.

 

L’autre pilier du système s’appelle Claude Evin. Lui aussi a fait ses classes au PSU. Député de Loire-Atlantique, il a cumulé les postes de porte-parole du gouvernement et de ministre des Affaires sociales lorsque Michel Rocard siégeait à Matignon. Autour de lui s’active la fraction du courant la plus hostile à la mitterrandie. L’un de ses conseillers est Jérôme Cahuzac. Il est chargé de suivre l’activité des laboratoires pharmaceutiques. C’est une tâche à laquelle il se consacre avec une énergie et une poigne qui annonce déjà celle dont il fera preuve, après 2012, au ministère du Budget.

 

Lire ICI l’intégrale 

 

Qui s’approche de la vérité ? Sûrement pas Bazin, vieux journaliste de couloir, avec ses petites fiches bien tenues et ses copinages, oui il sait, il sait ce qu’on lui a distillé complaisemment dans l’oreille mais que sait-il au fond : rien de bien nouveau. Les dernières vérités de Cahuzac touchent elles bien plus à la réalité : que son premier compte fut ouvert sur la base de « bonnes intentions » : financer la future campagne de celui qu’il avait choisi comme poulain, c’est crédible.

 

« Jérôme Cahuzac est heureux et fier. Il prépare les synthèses et est chargé des collectes [financières] auprès des mastodontes de l'industrie pharmaceutique. Ce n'est pas suffisant. Il faut préparer la cagnotte, le trésor de guerre. Pourquoi Jérôme Cahuzac accepte-t-il de mettre les mains dans la boue ? Il entre davantage dans le saint des saints. Il est flatté que l'on le lui demande à lui. »

 

« C'est vrai que c'est du financement politique. Des preuves ? Non il n'en a pas donné. Mais qu'est ce qu'on aurait dit s'il avait donné des noms ? Les quelques hommes qui sont concernés par cet antique financement sont bien vivants et dans les allées du pouvoir. Ceux qui savent se taisent. Fallait-il briser leurs vies pour ça ? Mais Jérôme Cahuzac n’est pas seulement un tricheur. C’est quelqu’un qui a été adoré par ses électeurs ».

 

La plaidoirie est habile mais montre crûment ce qu’est Jérôme Cahuzac : un ambitieux qui sait où il va, qui sait ce qu’il fait, aimable avec ceux qui lui assureront sa juste place, impitoyable avec les autres qui pourraient lui barrer la route. C’est un homme avec sa part d’ombre et ses contradictions, ni plus, ni moins, quant à Michel Rocard nul besoin de le béatifier, il en sourirait, mais au temps où Cahuzac prenait sa roue, ses préoccupations, je puis l’assurer étaient bien loin du petit monde qui l’entourait. Laissons ça de côté, ça n’a que peu d’intérêt, nous sommes au tribunal correctionnel pour l’une des plus grosses fraude fiscale d’un personnage public pas à un procès de financement politique.

 

Avec Sarko, le nouveau climato-sceptique, il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat ». « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement », nous sommes à un autre niveau d’arrogance, de mensonge et de girouette s’adaptant à son auditoire.

 

Plusieurs mensonges sur l’affaire Bygmalion

 

CE QU’IL A DIT

 

« J’ai été mis en examen, ce sera facile de vérifier, pour le seul délit formel de dépassement du plafond de la campagne. »

 

Nicolas Sarkozy a raison sur un point : il est facile de vérifier. Mais pas dans le sens où il l’espérait. Il a été mis en examen pour « financement illégal de campagne électorale » (article L113-1 du code électoral). Ce motif de mise en examen recoupait cinq faits différents, dont celui d’avoir « recueilli et accepté des fonds en violation du code électoral » et non pas seulement d’avoir « dépassé le plafond des dépenses électorales ». C’est pour ce même motif que le parquet de Paris a requis son renvoi devant un tribunal correctionnel.

 

L’affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle il aurait été « lavé de toute accusation mettant en cause [sa] probité dans l’affaire Bygmalion » a donc de quoi surprendre.

 

L’ex-chef de l’Etat a également assuré que le Conseil constitutionnel s’était déjà prononcé sur le dépassement du plafond. Un argument déjà développé par son avocat récemment, mais qui occulte plusieurs choses. Tout d’abord, le dépassement constaté en 2013 n’avait aucune mesure avec ce que l’enquête sur l’affaire Bygmalion a ensuite révélé :

 

 

 

Par ailleurs, de nouveaux faits sont reprochés à l’ex-président par rapport à 2013, comme par exemple d’avoir « fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés ». Autrement dit, le Conseil constitutionnel n’avait pas connaissance du système de fausses factures que l’enquête a ensuite montré.

 

L’ex a coutume de placer sa citation fétiche :« Quand je m'ausculte, je m'inquiète. Quand je me compare, je me rassure. » et nous, nous ne sommes pas rassurés du tout de le revoir s’agiter du haut de ses talonnettes et de son arrogance : ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Que sera, sera, il sera toujours temps d’aller voter à la Primaire de la droite et du Centre pour lui faire barrage.

 

Ce qui est sûr c’est qu’il n’aura jamais ma voix même au second tour face à la fille du borgne, qu’il se démerde pour aller à la pêche aux voix lui qui est si doué pour dire tout et le contraire de tout.

 

J’émigrerai.

 

J’épouserai Emilie !

 

Ma vie est un roman que je suis en train d’écrire :

 

- Qu’est-ce qui t’arrive ?

 

- Rien de grave. Je ne suis pas d’humeur à rester seul. Et puis, comme ça, on pourra parler de l’enquête.

 

Elle accepta. Alberto passa la prendre en bas de chez elle.

 

Chiara avait beau se montrer méfiante, elle se présenta dans une tenue suspecte, propre à embraser les fantasmes : jupe moulante, s’arrêtant quatre doigts au-dessus du genou et qui remonta de plusieurs crans lorsqu’elle prit place dans la voiture, ne laissant pas grand-chose à couvert. Alberto ne se fit aucune illusion : Chiara était comme ça, d’une beauté fracassante qu’elle se plaisait àexhiber, elle savourait les sensations brûlantes qu’elle déclenchait chez les hommes.

 

« Bon, mais là, quand même… » fit-il semblant de protester, les yeux rivés sur ses jambes, qui faisait prendre un peu d’air à la chair située plus haut que la lisière des bas autofixants.

 

Chiara sourit. Sans se soucier de remettre de l’ordre dans sa tenue.

 

Alberto reconsidéra la situation :même si, depuis un an, Chiara tuait dans l’œuf toutes ses tentatives d’approche, une exception restait possible, du genre une fois n’est pas coutume, il lui trouvait d’ailleurs un regard un peu fébrile. Pendant qu’il déjeunaient au restaurant panoramique, il eut l’impression que sa fièvre grimpait. Il se dit que ça valait la peine de la titiller à l’aide du vin : quand elle en buvait trop, elle devenait plus libre, moins inihibée. Si elle se laissait faire et acceptait ensuite de passer chez lui pour jeter un coup d’œil au dossier, ça pourrait se conclure par un bout de viande sur le gril.

 

Chiara but joyeusement. Et se déclara d’accord pour étudier le dossier. Chez elle. Où, vautrée sur son sofa, elle offrit des paysages dignes des plus belles estampes. Quand une feuille glissa au sol et qu’elle se baissa pour la ramasser, de son chemisier échancré juste d’un bouton de trop pointa librement un sein nu et ferme. Chiara se mit à rire tout en le rangeant à sa place. Elle se laissa aller contre le dossier du sofa. Bomba le torse et leva les bras bien haut. Ses seins, aplatis par la tension du tissu, révélèrent des mamelons dont on aurait dit qu’ils venaient d’être taillés en pointe.

 

Alberto apprécia d’un froncement des lèvres. Il jeta ostensiblement une autre feuille par terre.

 

Chiara soupira malicieusement et se baissa pour la ramasser, interrompant son mouvement à mi-chemin pour offrir le même spectacle.

 

« Ne bouge plus, ne bouge plus, reste comme ça », fit Alberto.

 

Elle rit. D’un rire rauque. Resta penchée. Sans cesser de le regarder.

 

Alberto glissa une main – Chiara frémit –, puis il la releva et l’allongea sur le sofa.

 

Chiara le laissa faire, docile, abandonnée. Il se mit à la fouiller ici et là, dans son chemisier, entre ses jambes. Elle poussait de chauds soupirs, se contorsionnait sous ses doigts légers, le laissait poser des baisers n’importe où. Soudain, elle sursauta comme sous l’effet d’une décharge électrique : elle tenta de se retirer, mais sans grand succès, la passion l’avait déjà poussée trop loin. Elle se débattait, lançaient des protestations pétries de désir, gémissait entre plaisir et dépit, sentait sa chair s’abandonner, sa raison perdre du terrain. Alberto lui arracha tous ses vêtements, bien décidé à la posséder, sord à ses résistances hésitantes, ponctuées de halètements, de petits cris, de hurlements de colère contre elle-même. Les quelques secondes où Chiara baissa la garde, par lassitude, suffire pour qu’Alberto s’introduise, afin qu’ils ne forment qu’une seule chair. Chiara s’accrocha à lui. Quand ce fut fini, elle se cacha sous les draps.

 

Alberto ne savait quoi faire. Il craignait d’avoir passé la mesure. Et n’osait pas s’approcher d’elle qui, toute nue, lui tournait le dos. Sans qu’elle émette pourtant aucun son, il comprit qu’elle pleurait. Il tendit la main pour lui caresser la joue : elle était baignée de larmes. Chiara éclata brusquement en sanglots.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, Cahuzac n’a jamais été rocardien mais toujours « tout pour ma gueule… »

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder ils s’habitueront. »

René Char

 

Pour bien comprendre un personnage public, tenter de cerner ses ressorts profonds, au-delà des apparences, de l’image qu’il souhaite donner aux autres, le meilleur poste d’observation est de le côtoyer lorsqu’il fait ses premières armes, s’aiguise les dents sur la piétaille.

 

Tel fut mon cas, lors de la bataille qui mena à l’adoption de la fameuse loi Evin.

 

Le jeune homme, bien mis, froid et tranchant comme une lame, sur de lieu, dominateur, intransigeant, sans concession, un pur qui veut consacrer sa vie à nettoyer les écuries d’Augias et à faire triompher un bonheur hygiénique. Pensez-donc, c’est un prometteur bourgeon de l’Assistance Publique, un futur mandarin de la cardiologie, un mec qui veut toujours prouver qu’il est le meilleur de la classe, proche des puissants, ceux qui font les carrières.

 

Ce garçon avait déjà l’art de se placer au bon endroit au bon moment et chez Evin, compagnon de route de Michel Rocard, il en a fait une brillante démonstration en se moulant dans la stratégie de Claude Got et de son Groupe des 5 Sages pour faire passer la fameuse loi Evin.

 

L’attaque. Elle est sans concession. La veille de tout débat parlementaire, c'est la publication d'une tribune dans « Le Monde » et l'envoi d'un signal très clair au ministre de la Santé ; en substance, il lui est dit que, s'il recule, le groupe des 5 le dénoncera « pour lâcheté politicienne ». C'est le combat frontal contre un conseiller du ministre, en l'occurrence le docteur Marschall, jugé trop mou. Et son remplacement par le docteur Cahuzac, considéré comme un des leurs. C'est un travail de lobbying, constant et dévoué : ce sont d'interminables soirées passées, pour Claude Got, dans son petit bureau de l'hôpital, où il écrit, sans fin, sur son Macintosh. C'est enfin le vrai sourire, le premier depuis des années, lorsque le combat paraît gagné, et que la fameuse loi interdisant toute publicité est votée, dans une nuit froide de décembre. »

 

Et puis, voilà que la brillante jeune pousse délaisse les tristes couloirs de l’AP, sans doute y trouverait-il la gloire, puis l’argent, mais il n’a pas le temps, l’homme ambitieux est pressé, il va au plus près du blé, là où il coule à flots, dans la poche des riches : la chirurgie des implants capillaires n’a rien de glorieuse mais elle est une source quasi-inépuisable de liquide. Mais l’homme n’a pas renoncé à ses ambitions premières, il sait que le marigot politique est peuplé de médiocres, de traîne-lattes, de petits apparatchiks, alors il jette son dévolu sur le chouchou des sondages, Michel Rocard, et, puisque son séjour à la Santé, pas la prison mais la crèmerie de la place Fontenoy, lui a fait fréquenter le beau linge des grands laboratoires pharmaceutiques, l’ambitieux va investir pour préparer l’avenir, faire cracher au bassinet les monstres des pilules, planquer le tout en Suisse et attendre la suite des évènements. Apporter de l’eau au futur moulin d’une présidentielle c’est se valoir une reconnaissance éternelle de la part de ceux qui œuvrent dans l’ombre pour porter leur poulain sur la plus haute marche.

 

Tel fut le calcul de Jérôme Cahuzac. Il renouvellera la manœuvre avec Hollande, non sans doute avec un magot, mais avec son art de se rendre indispensable au beau milieu de ceux qu’il méprise, la volaille socialiste, caquetante, fainéante, incompétente…

 

On ne tire pas sur une ambulance disait Françoise Giroud mais il n’est pas interdit de remettre Cahuzac à sa place, celle d’un ambitieux qui s’est pris les pieds dans ses œuvres, rien de plus, rien de moins.

 

Loin du prétoire, assis face à la mer, je lis.

 

« Une femme revient de la rivière, une corbeille remplie de poissons posée sur sa tête, une tunique de laine enserre ses hanches pleines et superbes, des enfants s’amusent à sauter par-dessus des cabris et se disputent la possession de quelques rochers. Une bande de chasseurs surgit dans la clairière portant un vieux mouflon ligoté sur une perche. Un homme en cuirasse, deux petites cornes plantées sur un casque en bronze, apparaît en haut de la tour et observe l’horizon où, blanchie par la lumière du soleil, la mer va se confondre avec le ciel. »

 

« Je ne supporte pas les phrases proustiennes alambiquées, ce style précieux et cette âme parisienne. Je ne saisis pas ce qu’il veut me raconter avec son histoire de traversins, ses conneries de madeleine pour hermaphrodites. Faire la cartographie d’un traversin ou déblatérer sur des madeleines, voilà des choses qui pourraient me pousser à mourir. Qu’est-ce que je peux avoir en commun avec cette âme-là ? Avec ce snobisme intellectuel parisien ? Je vis en montagne et je traque le sanglier, là mes seuls compagnons sont les corbeaux et les êtres les plus rustres de la Création. Mais honnêtement je ne me sens pas plus étroit d’esprit que les bobos parisiens, le seul désir qui m’anime lorsque je les vois sur mon écran de télé est de flanquer des gifles sur les tronches des mecs et les fesses des filles. À mon avis, ils ne sont pas ouverts d’esprit tant que ça. Je les vois comme fermés au monde, repliés sur leur orgueil et leur posture arrogante. L’universel, ce n’est pas Proust et sa madeleine, c’est moi, le désespéré des montagnes, le désespéré des montagnes, ce sont ces types qui errent sur la route en pleine neige chez McCarthy, c’est Mansuetu, Trajan et moi nous gavant d’eau-de-vie et de fromage pourri… »

 

« Oui, je suis fou et en plus je ne compte pas vivre au milieu de cette pagaille touristique, dans un endroit qui est déjà la propriété des étrangers, alors ou bien je te le vends (un champ) ou bien j’en fait profiter une infection parisienne ; puisque ça ne te dérange pas de vivre au milieu de ces gens-là, achète-le, tu t’agrandiras et ça me fera plaisir, j’irai respirer l’air pur là où je ne peux pas les voir, eux et leurs gueules de cochon. »

 

Marc Biancarelli

 

Jérôme Cahuzac, ou la chronique d’un scandale ambulant

 

« Comment ne pas s'étonner de la double indélicatesse qu'il commet avec cette révélation de circonstance ? D'une part, il peut être soupçonné d'avoir attendu la mort de Michel Rocard, survenue cet été, pour sortir cette bonne excuse de son chapeau sans risquer d'être contredit, puisqu'il se refuse à donner le nom d'éventuels intermédiaires ou témoins des tractations. D'autre part, il contribue à rabaisser un peu plus auprès de l'opinion publique l'image de la politique, qui n'a pas besoin de cela. »

 

Au premier jour de son procès pour fraude fiscale et blanchiment, ce lundi, l’ancien ministre français du Budget a lâché une bombe : son premier compte occulte a été ouvert, en Suisse, en 1992, pour le « financement des activités politiques » de Michel Rocard.

 

Et si le faux-départ de ce procès avait changé la ligne de défense de Jérôme Cahuzac ? Celui qui devait initialement être jugé en février était de retour, ce lundi, devant le tribunal correctionnel de Paris. Le procès avait été postposé suite à une question de procédure de la défense (Le Soir du 4 septembre). Entre ce "vrai faux" procès et celui de septembre, un homme est mort. L’ancien Premier ministre (de mai 1988 à mai 1991) Michel Rocard a succombé à un cancer, le 2 juillet dernier.

 

« En 1992, j’ai demandé à Philippe Péninque (un intermédiaire proche de l’extrême droite, NDLR) d’ouvrir un compte en Suisse. Ce compte, c’est du financement d’activités politiques pour un homme dont j’espérais qu’il aurait un destin politique national », lâche à la barre l’ancien ministre et député socialiste. Cet homme, Michel Rocard, « n’en a probablement rien su », précise Jérôme Cahuzac devant ses juges. Il ménage un homme pour qui « il avait une grande admiration ».

 

En mai 1991, Michel Rocard est débarqué du gouvernement par son meilleur ennemi, François Mitterrand. Jérôme Cahuzac, de son côté, quitte le cabinet du ministre de la Santé, Claude Evin, où il était en charge des médicaments et des équipements lourds. Il commence ses très lucratives activités de chirurgien esthétique, spécialiste des implants capillaires. Et se met au service de la cause rocardienne, la « deuxième voie » de gauche. En 1993 Michel Rocard s’empare du Parti socialiste. Et après ? L’argent suisse devait « servir à financer la campagne de 1995, on espérait que Rocard se présenterait » à la présidentielle, explique Cahuzac. Problème : le financement politique commence (tout doucement) à être régulé. L’ancien ministre du Budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, révèle : « Il m’est dit que la seule façon d’aider ne peut être que de façon occulte et parallèle. Il m’est dit : pourquoi pas, mais pas en France. J’avais compris. Je vais voir certains responsables de laboratoires » pour solliciter des financements. « Certains refusent, certains acceptent », raconte l’ancien ministre.

 

Deux versements de Pfizer

 

En quelques minutes, Jérôme Cahuzac vient de lever le voile sur un secret de son compte suisse qui n’a jamais été effleuré par les investigations du juge d’instruction. Il précise que deux versements ont été effectués en 1993 par le laboratoire Pfizer. Bravache : « Les labos pharmaceutiques ont financé tous les partis politiques, tous ! »

 

D’abord conciliant, Jérôme Cahuzac se tend à mesure que les questions du président Peimane Ghaleh-Marzban et – surtout – du procureur, se font plus précises. Les noms de Michel Rocard et Pfizer seront les seuls concédés au tribunal. « Une seule autre personne était au courant » pour le compte. Jérôme Cahuzac refuse catégoriquement de le nommer. « Des gens sont encore aux responsabilités ? », tente le président du tribunal. Fou rire dans la salle, grand sourire du prévenu.

 

Ce financement occulte d’activités politiques, Cahuzac jure qu’il n’a duré que 7 mois. En 1994, le clan rocardien est déjà moribond. Cahuzac se rencarde auprès du (ou des) mystérieux initiateur(s) du financement : que faire de ce compte ? « On me dit ‘tu ne bouges pas, on te dira’. On ne m’a jamais dit ». « Par précaution », Jérôme Cahuzac transfère les fonds vers un nouveau compte personnel, à l’UBS de Genève. Un compte qui restera dormant jusqu’au début des années 2000. Quand il sera à nouveau alimenté, ce sera par « les fruits de mon travail, que je ne déclarais pas », avoue Cahuzac.

 

25 ans plus tard, la « part d’ombre » du ministre déchu n’a pas livré tous ses secrets. Le tribunal a deux semaines pour tenter de les percer.

 

Cette piste de la corruption, les investigations n’ont fait que l’effleurer, sans jamais pouvoir la prouver. Dès 2013, Mediapart, à l’origine de l’affaire, évoque des pots-de-vin, pratique semble-t-il courante du temps où Jérôme Cahuzac est membre du cabinet du ministre de la Santé. De 1988 à 1991, Cahuzac est chargé des médicaments et des équipements lourds. Mediapart soulève le cas de la société israélienne Elscint, qui aurait versé des dessous-de-table pour obtenir le droit de vendre ses scanners ou systèmes d’IRM en France.

 

Dès sa sortie du ministère, en plus de son activité de chirurgien, Cahuzac développe son activité de consultant pour les laboratoires. Parallèlement, il ouvre le premier compte occulte et sollicite les labos pour « soutenir » Rocard. Le président du tribunal, pas convaincu par l’histoire du financement politique, a questionné le prévenu sur ses activités de lobbyiste. Médicament au prix de vente surestimé, liens troubles avec l’agence du médicament… : sur ces questions, Jérôme Cahuzac s’est montré très silencieux.

 

Cahuzac ne donne pas de noms

 

Interrogé à ce sujet, Manuel Valls a nié en bloc. « On a du mal à suivre Jérôme Cahuzac [...] Je n'ai pas envie de rentrer dans cette discussion. [...] C'est à lui de s'expliquer, à ses manquements », explique-t-il, se disant « triste » et « dégoûté ». « Ce type de déclarations, elle est faite pour instiller le doute, y compris à l'égard 'un homme qui vient de disparaître », tonne-t-il.

 

Qui pouvait être au courant de l'ouverture de ce compte en Suisse et qui lui a demandé de l'ouvrir? Jérôme Cahuzac est resté mutique au tribunal. Tout juste donnera-t-il le nom du géant pharmaceutique Pfizer qui, d'après le principal intéressé, a donné de l'argent qui été ensuite viré sur le compte bancaire suisse.

 

L'occulte financement des partis dans les années 90

 

Sur Europe1 mardi matin, Jean-Luc Barré, un proche de Jérôme Cahuzac et auteur de Dissimulations - La véritable affaire Cahuzac a assuré de son côté qu'une partie de la famille politique de Michel Rocard était au courant. « Toute la vérité sur l'affaire Cahuzac, un jour ou l'autre, on la saura. Le fond de l'affaire, c'est qu'est-ce que savait sa famille politique de l'existence de ce compte, du plus haut de l'exécutif jusqu'à sa famille originelle qui sont les rocardiens? », explique-t-il.

 

S'il refuse, lui aussi, de donner des noms, il évoque toutefois celui de Pierre Fabre ou encore celui d'Yves Colmou, « un proche conseiller de Rocard à l'époque, et proche conseiller de Valls aujourd'hui ».

 

Au début des années 90, le financement des partis politiques était encore relativement occulte et les entreprises pouvaient mettre la main à la poche. « Jusque dans les années 1980, il n'y avait aucun contrôle sur l'argent de la politique », rappelle Europe1.fr. Les premières tentatives de réglementation apparaissent en 1990, portées notamment par Michel Rocard, avec le vote d'une loi pour plafonner les dépenses des campagnes et organiser le contrôle sur leur financement. Mais des systèmes parallèles existaient néanmoins.

 

Hollande à Wagram ou comment étouffer Macron, Montebourg, Valls et Hamon

 

François Hollande est candidat, et il n’est pas candidat. En vérité, c’est d’une totale limpidité. Le président est le candidat Descartes que l’on sort au meilleur moment. "Je pense candidat, donc je suis candidat", et nul besoin de le dire, d’autres s’en chargeront pour moi.

 

La consigne a été passée cette semaine par Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, lors d’une réunion des cadres supérieurs de la majorité du PS. En substance, il leur a ordonné d’aller partout et répéter sans cesse que François Hollande est candidat, et qu’il n’en est pas d’autres, à gauche de crédible. Hollande, The Special One, le seul capable de battre la droite, Sarkozy et Le Pen. Hollande le rempart républicain. Le discours de Wagram, nouveau credo de la Hollandie.

 

La stratégie est simple: il faut empêcher les empêcheurs. Les prendre à leur propre jeu. Retourner contre eux la force qu’ils prétendent exercer contre Hollande pour le contraindre à renoncer. Le discours de Wagram est un fusil à deux coups. Premier coup: je cible la droite de nouveau saisie par le vertige Sarkozy, l’ennemi idéal, et menacée d’étranglement par le FN. Je me pose en bouclier de la République. Second coup: mieux placé que je suis par fonction pour être ce bouclier, fort de ma légitimité présidentielle, les autres sont disqualifiés d’avance. Trop jeunes. Trop inexpérimentés. Trop à gauche. Trop à droite. Trop caractériels. Trop tendres…

 

Nous entrons ici dans les coulisses de la préparation de la campagne Hollande 2017, dont le discours de Wagram a posé le décor. Moi ou le chaos, le chaos, c’est les autres. Montebourg, Hamon, Valls et Macron ne sont pas à la hauteur du défi de l’histoire.

 

La suite ICI 

 

Duflot, Hamon, Mélenchon, Montebourg : à la Fête de « L’Huma », à chacun sa présidentielle

 

LE MONDE | 10.09.2016 Par Raphaëlle Besse Desmoulières


Il régnait un parfum de présidentielle, samedi 10 septembre, à La Fête de L’Humanité, qui se tient jusqu’à dimanche à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Rares étaient les candidats de la gauche non-gouvernementale qui n’avaient pas fait le déplacement ; étaient présents, entre autres, Jean-Luc Mélenchon, qui se présente sous les couleurs de « La France insoumise », les socialistes Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ou encore l’écologiste Cécile Duflot.

 

Depuis vendredi, il a été beaucoup été question de « convergences », de « points d’accords », « d’unité ». Notamment dans la bouche du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui assure ne pas avoir renoncé à une candidature commune de la « gauche d’alternative », seule solution à ses yeux pour éviter un second tour droite – extrême droite. Les communistes n’ont toujours pas tranché leur stratégie pour 2017 et ne le feront pas avant novembre. Même si la voie qu’il a choisi d’emprunter fait tanguer son parti, le sénateur de Paris, qui a écarté pour l’heure une candidature communiste, veut continuer à faire dialoguer les différentes forces en présence.

 

Son idée : élaborer un « pacte d’engagements communs » sur lequel chacun se mettrait d’accord. « Sommes-nous la gauche la plus bête d’Europe ? », a-t-il lancé, un brin provocateur, lors d’un discours samedi. « On continue à faire marcher la machine à perdre en multipliant les candidatures, a-t-il déploré. Il existe une majorité sociale dans ce pays, à nous de la transformer en majorité politique. » Oui, mais comment tant chacun semble suivre son propre sillon ?

 

Il y a bien l’opposition à la loi travail qui relie nombre de ces candidats, mais pas besoin d’aller bien loin pour entendre ce qui les sépare. A sept mois du premier tour de la présidentielle, quand ce ne sont pas des questions de fond qui les divisent, ce sont des stratégies différentes qui les éloignent. Il suffisait de se rendre à l’Agora, le principal lieu de débats de la Fête, où plusieurs d’entre eux étaient invités à répondre à la question « la gauche peut-elle gagner en 2017 ? ». A la tribune, Benoît Hamon a, certes, pointé de « véritables convergences » avec le PCF, Jean-Luc Mélenchon ou Cécile Duflot sur la démocratie, la VIe République, un nouveau modèle de développement. Mais l’ex-ministre de l’éducation en tire la conclusion que la solution à la dispersion reste une primaire – lui se présente à celle du PS. « Au risque de ne pas vous plaire, oui, je pense qu’il faudrait qu’on ait une primaire qui nous permette de nous départager pour n’avoir qu’un candidat et être présent au second tour », a-t-il lancé.

 

« Avancer ensemble »

 

Arnaud Montebourg lui a succédé quelques heures plus tard sous les huées du public avant d’être applaudi au fil de ses réponses. L’ancien ministre de l’économie a lui aussi estimé qu’il était possible « d’avancer ensemble » en citant la VIe République, l’austérité en Europe ou encore la question des services publics. « Ce sont là des points importants qui peuvent structurer une offre politique de gauche rassemblant l’ensemble des composantes de la famille de gauche pour éviter un nouveau 21 avril 2002 », a-t-il expliqué. Mais le chantre du « made in France » n’a pas voulu lever l’ambiguïté du cadre de sa candidature – au sein de la primaire du PS ou en dehors. « Si je ne peux pas exprimer [dans la primaire] ce que j’ai ressenti quand j’étais au gouvernement (…), je prendrai mes responsabilités », a-t-il redit.

 

Pour Cécile Duflot, les choses étaient plus claires : la députée de Paris est candidate à la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Et l’ex-ministre du logement entend bien qu’un candidat écologiste soit présent en 2017 sinon « on n’a plus qu’à rentrer chez nous ». « Je suis candidate pour que l’écologie gagne, qu’il y a une présidente écologiste et une majorité écologiste, a-t-elle expliqué. Le pire qui puisse nous arriver, c’est de ne plus y croire. »


Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a bien fait comprendre que rien ne le ferait dévier de sa voie. « Ne biaisons pas, a-t-il souligné devant un public bien fourni. Je ne suis pas un type qui sort de l’ENA et qui se demande s’il va être à gauche ou à droite et s’il va faire ministre ou président de la République, a-t-il ajouté. Ma vie est faite ! » Pour le fondateur du Parti de gauche, « il n’y a pas de martingale pour gagner ». « L’enjeu numéro un est celui du plus grand nombre, a-t-il indiqué. Si nous rejouons le cartel de partis, c’est perdu d’avance. »

 

Il a beau rappeler le « retard » pris par rapport à 2011 – à cette époque, sa candidature comme candidat du Front de gauche était lancée, le député européen n’entend pas faire pour le moment un geste en direction du PCF. Ces derniers refusent de s’inscrire dans le cadre qu’il propose, celui de La France insoumise. « C’est tout ce qui les dérange ?, s’est agacé en fin d’après-midi Jean-Luc Mélenchon devant quelques journalistes. Vous croyez que je vais retourner couper les cheveux en quatre dans la coordination du Front de gauche ? Ce n’est pas Pierre Laurent que je dois convaincre mais 3 millions de personnes de plus [qu’en 2012] de venir voter pour nous. » Au final, chacun des candidats aura profité de la Fête pour se montrer, faire bonne figure et surtout faire campagne. Pour les communistes, c’est retour à la case départ.


Nadine Morano échoue à se qualifier pour la primaire de la droite

 

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, Zemmour « Le droit doit se soumettre à la sauvegarde de la nation en péril. Ce n'est qu'à ce prix que nous desserrerons l'étreinte de notre triangle islamique invasion, colonisation, conflagration. »

Tu prends les cartes, tu brasses les cartes, tu coupes… Dame de pique… Dame de cœur… Poker menteur… Je suis joueur… Interdit, je me suis fait interdire des tables de jeu… Interdit d’amour aussi. Je brouille les cartes… Fausses pistes… Trier le bon grain de l’ivraie… Écarter les pourquoi… Ne rien attendre… Écrire…

 

Des scories d’abord !

 

À Ajaccio le soleil se levait, l’air était tendre et la lumière fine, au marché nous avons baguenaudé entre les étals et Raphaël a fait une provision de charcuterie et de fromages de brebis, corses bien sûr, dans un grand cabas d’osier qu’il venait d’acheter au bazar qui jouxte le marché. Mon estomac criait famine. Jasmine, qui jusqu’ici planait dans la gaze de sa nuit blanche, me tirait par la manche en pointant son index sur des petites boules de pâte dorée constellées de sucre en poudre « j’en veux plein… je suis en manque de sucre… »

 

Sur la terrasse du bar PMU où nous nous étions assis, Jasmine, les lèvres barbouillées de sucre, me taquinait « Toi mon coco je suis sûre que tu tires ta science d’un séjour prolongé dans les bras d’une femme de braise de ce beau pays… »

 

- Tu te trompes jolie cœur. C’est pire !

 

- …

 

- Je connais les moindres replis de cette île.

 

- Et pourtant tu nous as dit n’y avoir jamais mis les pieds…

 

- Exact ma belle sucrée…

 

- Ne cherche pas à détourner la conversation en me flattant. Tu as encore pataugé dans les égouts…

 

- C’est mon fonds de commerce, tu le sais bien !

 

- Arrête ton char ! Ne fais pas ton Pasqua ! Je n’aime pas ça !

 

- Canal historique ou canal habituel ?

 

On s’acheminait doucement vers l’heure de l’apéro et les accros du Tiercé nous environnaient. Que des vieux comme seule la Corse sait en faire, en grappes, avec la somme de leurs petites habitudes. Jasmine s’est levée. Elle m’a souri en me caressant les cheveux puis, empoignant son sac, d’un pas décidé elle s’est engouffrée dans la salle du café. Les vieux n’ont pas levé les yeux. Je rêvassais. Raphaël dépiautait Corse-Matin. Et puis, alors que je m’assoupissais, une forme étrange de houle, imperceptible mais palpable, me ramenait à la surface. Les vieux avaient rectifié leur position. Il faut dire que le spectacle qui s’offrait à eux en valait la peine : Jasmine avait troqué son jean pourri et son sweet informe pour une ravissante et très courte robe à bretelles qui donnait un aperçu complet et convaincant de ses charmes. Sa peau mate déjà dorée, ses cheveux jais taillés courts, son air canaille et ses sandales de moines la plaçaient dans la catégorie des inaccessibles, celles qui choisissent. Elle se plantait face à nous « et maintenant que la fête commence ! »

 

Vous êtes perdus, moi aussi…

 

« Si tu restes toute la nuit éveillée à faire l’amour, disait-elle, tu te sens vraiment beaucoup plus reposée que si tu ronfles comme un bœuf pendant des heures. »

 

Salman Rushdie

 

Encore un retour en arrière et puis c’est fini :

 

Je lâchai prise, coupai tous les ponts, mais sans fuir. Sonné, KO debout, je me laissai glisser, comme ça, sans réagir, doucement, les yeux grands ouverts. Ce fut une glissade un peu raide mais toujours contrôlée, bien maîtrisée. Je savais ce que je voulais, mourir, mais à petit feu. Mon but : aller au bout de mon chemin, sans contrarier la nature, en me contentant de contempler ma déchéance. Simple spectateur de ma vie. Emmuré dans le chagrin, mes yeux restaient secs. Pleurer c'était prendre le risque de fendre ma carapace, de m'exposer à la compassion. Pour tenir je devais faire bonne figure. Alors, j'allais et venais, affrontant l'intendance qui suit la mort avec le courage ordinaire de ceux qui assument les accidents de la vie. Mon masque de douleur muette, souriante même, me permettait de cacher, qu'à l'intérieur je n'étais plus que cendres. La mort rassemble. Autour de la grande table chez Jean, le soir, nous parlions. Nous parlions même d'elle. J'acceptais même de parler d'elle. Nous buvions aussi. Le vin délie les langues et allège le coeur. A aucun moment nous étions tristes. Marie, couchée dans le grand lit de Jean, nous imposait son silence éternel.

 

On prit mon emmurement serein pour du courage. Aux yeux des autres, mes proches, mes amis, ceux de Marie, ses parents, j'étais admirable. Non, j'étais déjà mort. Seul Jean pressentait mon délitement intérieur. Il bougonnait, tournait en rond, maudissait le ciel et me pistait comme un vieux chien fidèle. Les mots des autres filaient sur moi sans y laisser de traces, alors que les miens, précis, menaient leur dernier combat. On me laissait faire. Avec Jean, nous décidions de porter nous-mêmes Marie en terre au cimetière de Port-Joinville. Qu'elle restât sur notre île, sans fleurs ni couronnes, relevait pour nous de la pure évidence. Ça ne se discutait pas. Le maire obtempérait, et c'est dans notre C4, au petit matin, avec Achille coincé entre nous deux, que nous sommes allés jusqu'au trou béant. De la terre remuée et ce ciel pur, cette boîte en chêne vernis à poignées argentées, un moment j'aurais voulu qu'on chantât le Dies Irae. Des mains serrées, quelques pelletées, des baisers, des étreintes, des sanglots étouffés, encore des mots échangés et nous sommes allé au café. Là, j'aurais bien voulu pleurer.

 

Sur la dalle, avec Jean, nous avions fixé une petite plaque en terre cuite émaillée – c'est un de nos amis potier qui nous l'avait confectionné – « Marie fleur de mai ». Il me fallait quitter l’île. Le père de Jean, vivant à demeure à Port-Joinville, me promit de venir chaque semaine lui porter des fleurs de son jardin. Dans un ailleurs flou, j’accueillais toutes ces attentions avec le sourire. Je n'étais pas malheureux. Je n'étais plus rien, un galet roulé, lisse, sur lequel je laisserais glisser ma vie. Avant de partir je suis allé sur la lande cueillir une brassée de fleurs. Jean m'attendait devant le portail du cimetière avec le grand vase de vieux Rouen qu’aimait tant Marie. Nous sommes descendus nous bourrer la gueule au port. Les marins piquaient le nez dans leurs verres. Le bateau a appareillé, sur le quai, Jean et Achille figés, vigies d’un temps heureux, me semblaient déjà s’engloutir dans le marais de mes souvenirs.

 

Revenons à la réalité, au bal des vanités.

 

Zébulon, l’écrivain par intérim, est donc désormais officiellement candidat à l’élection présidentielle, pardon à la primaire de la droite qui n’est pour lui qu’une simple formalité. Il va tous les bouffer ! Il a légué à ses petits copains, le Fou du Puy, Laurent Wauquiez qui tient maintenant les rênes du parti Les Républicains. Tout ça, selon Sarko à roulettes, c’est la faute à NKM qui aurait pu, si elle avait gardé pour elle ses ambitions présidentielles, occuper le poste de Laurent Wauquiez.

 

Dans Le Point du jeudi 1er septembre, il déclare droit sur ses talonnettes : «Elle a été ma porte-parole, numéro 2 du parti, et elle n'est même pas foutue de réunir les signatures de militants ? Elle serait restée bien tranquille, elle serait aujourd'hui présidente du parti ! » Normal, pour notre Sarko aux trois femmes officielles, il en est ainsi : les gonzesses doivent rester à leur place, bien tranquilles. Pas sûr qu’avec la Carla, multirécidiviste de mecs en tout genre, le concept dure aussi longtemps que les contributions indirectes. Une gamelle à la primaire et patatras retour à la maison la queue entre les jambes. Dur, dur, et plus dure sera la chute !

 

Pour l’heure celui que Jérôme Lavrilleux, ancien bras droit de Jean-François Copé, désignait comme « une raclure » suscite aussi les commentaires acerbes de certains membres de la direction du parti. Également cité par Le Point, Éric Woerth, secrétaire général de LR et donc deuxième tête de la direction du parti, lâche ainsi : C'est un fou ! Il est sans filtre, sans limite.



Luc Chatel aussi fait part de son effroi de voir une telle personne diriger le premier parti d'opposition. Cité par l'hebdomadaire, le président du conseil national des Républicains dit : Quand il me parle, il me glace. Il a zéro conviction mais il bosse énormément, ce qui le rend d'autant plus dangereux.

 

En résumé : Wauquiez est un fou dangereux sans filtre, sans limite et sans conviction. Ce qui est plutôt rassurant.

 

On se souvient qu'en décembre 2014, celui qui était alors n°3 du parti avait fait mesurer son bureau de l'UMP pour s'assurer qu'il était de la même taille que celui de NKM… Dernièrement, c'est sur le titre même de son poste que Laurent Wauquiez s'est insurgé. L'élu LR n'apprécie pas trop de voir accolé à son poste de président de Les Républicains le terme "par intérim". Il l'a donc fait supprimer des communiqués officiels, précise Le Point.

 

Nous vivons une époque formidable

Découvrez qui sont les 82 candidats déjà déclarés à l'élection présidentielle de 2017

 

A sept mois du premier tour, la liste des prétendants est pléthorique.

 

Benoît Zagdoun France Télévisions

 


publié le 02/09/2016 | 17:16

 

La succession de François Hollande fait visiblement des envieux. A sept mois du premier tour de l'élection présidentielle, au moins 82 Français ont déclaré leur intention de se présenter, selon un décompte réalisé par franceinfo et publié vendredi 2 septembre. Certains sont bien connus, d'autres au contraire en sont à leur toute première tentative… Pour s'y retrouver dans cette jungle des candidatures, franceinfo a établi un trombinoscope des prétendants à l'Elysée. Cliquez sur la photo de chacun des candidats pour découvrir son profil détaillé. Filtrez et triez cette liste selon les critères de votre choix.

 

ICI 

 

Mais ce n’est pas tout voici le Macron qui sème la terreur sous les lambris dorés du château :

 

Candidature Macron: ces chiffres qui font peur à l’Elysée

 

Par Ghislaine Ottenheimer

 

L’ex-ministre de l’Economie, presqu’aussi populaire qu’Alain Juppé, est le seul, selon les sondages, à avoir une chance de qualifier la gauche au second tour. Et de battre Sarkozy!

 

ICI

 

 

Le couple Macron à la Une: les nouveaux Sarkozy de la politique?

 

Par Bruno Roger-Petit

 

La ménagère ne parle plus macreuse, elle parle Macron. Et cela énerve la classe politico-médiatique traditionnelle. Macron à la Une deParis Match. Macron à la Une de VSD. Emmanuel et Brigitte, couple uni en route vers l’Elysée. « Ringard » et « vintage », « old school » et « années 80 » disent les critiques de l’establishment. Oui, sans doute, à ce détail près que dès que Paris Match affiche Macron en tête de gondole, les ventes de l’hebdomadaire s’envolent.

 

Le paradoxe est pour le moins surprenant. Voici un pur produit de la verticalité française, passé par l’ENA et la Banque, l’Elysée et le gouvernement, parrainé par les puissances de l’époque, qui font et défont les carrières, lancé tel une torpille contre le système qui l’a fait roi, en écho avec l’aspiration contemporaine à l’horizontalité. Macron est vilipendé par les journaux politiques de la tradition, qui par vocation détestent les détournements people de la politique, mais adulé par les journaux destinés à la ménagère en mal de nouvelle sensation.

 

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Hollande est-il vraiment plus bavard que ses prédécesseurs?

 

Par François Bazin

 

Ainsi donc deux questions d’une extrême gravité dominent-elles les débats de cette rentrée politique. La République est-elle soluble dans l’eau de mer dès lors que les femmes qui s’y baignent portent un burkini? La même République est-elle abaissée dès lors que le Président semble passer plus de temps à fréquenter les journalistes qu’à redresser le pays?

 

Faute d’avoir un avis tranché sur la première question, on se contentera ici de mettre notre grain de sel dans les discussions passionnées que soulève la seconde. L’auteur de ces lignes fait partie de ceux auxquels François Hollande fait parfois l’honneur d’ouvrir les portes de son bureau. Exceptionnellement, cette chronique traitera donc d’un sujet qu’il connait autrement que par ouï dire.

 

«Combien de fois?» me demandait récemment un confrère curieux. Bêtement, j’ai failli lui répondre : et dans quelles positions? J’avoue ne pas avoir compté le nombre de mes rencontres avec le chef de l’Etat depuis qu’il est en fonction. Ce qui est sûr, c’est que mes performances sont très nettement inférieures à celles de ces nouveaux Don Juan de la presse politique que sont mes confrères Rissouli et André (20 fois) et Davet et Lhomme (60 fois).

 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « En Corse, fais comme les Corses ! »

Tout au long d’une vie qui s’est écoulée sans grandes vagues, aucun ouragan, nulle mer d’huile, des certitudes je n’en ai guère eu, sans doute inconscient ou trop confiant dans une destinée douce et heureuse. Là d’où je venais, ce pays crotté, enserré, étouffé, baignant dans l’eau bénite, me préparait à confondre une liberté tranquille avec le bonheur. J’ai donc laissé filer, délaissant des amours que je jugeais impossibles. Mon tout ou rien me plaçait hors du champ des possibles. Et puis, patatras elle est arrivée, que dis-je elle a surgi, occupé tout mon espace, mis à bas tous mes remparts. J’étais nu, désemparé. Que faire ? L’aimer sans retour. Jouir de sa simple présence. Ce fut difficile mais j’y suis parvenu avec le temps réfrénant mes impatiences, une jalousie si neuve, un amour radical. L’important c’est elle, rien qu’elle, je l’aime c’est tout.

 

Dans mon ermitage d’écriture je lisais une nouvelle d’Eric Holder

 

« … Je procédais par tâtonnements. Par erreurs. Vers 12 ans, la vision d’une paire de fesses enserrant un gant de toilette faillit me faire croire à la transcendance des trous de serrure. À 13, Marie-Anne (ma cousine), à la mystique de ces maniements destinés aux anachorètes, mais qui, lorsqu’ils sont effectués par un tiers, fût-il de lignée germaine, laissent entrevoir la gamme des sentiments propres aux leçons de catéchisme. Dans cette jeunesse certes tendre, et cependant assombrie par le minuit de la passion véritable, j’allais jusqu’à la compagnie des jésuites (car c’était sous cet ordre qu’était placée la bonne marche de notre pensionnat). Cela se passa une nuit, dans le faible éclat des veilleuses à neuf watts, avec cher Alexis, mon condisciple. J’eus plus de chance que Casanova, qui, comme on s’en souvient, fut fouetté à San-Dominio parce qu’un élève s’était trompé de lit, l’on avait cru que, et pourtant rien n’avait eu lieu. J’eus également plus de chance que ce cher Alexis, qui trouva cela plaisant, et moi, pas terrible. Voilà qui m’éviterait, des années plus tard, de dilapider un patrimoine à Taormina, comme ce fut son cas.

 

Non, mes goûts allaient dans le sens de la procréation et de l’héritage, encore fallait-il qu’ils empruntassent des sentiers encore inconnus, là où les feuilles de Whitman se mêlent à la terre de Zola, les bêtes de Gascar aux cailloux de Caillois, bref, dans les étagères, au milieu des maroquins à gros grain, par les bibliothèques. »

 

[…]

 

« J’atteignais vingt ans et mon bac. J’aurais voulu faire Lettres, pour les raisons que l’on sait. J’allais à Assas, pour ne désobliger personne.

 

J’avais espéré tirer quelque émoi de la contemplation discrète de mes voisines d’amphi. Las ! Le Dalloz n’est pas Anna Karénine, et elles riaient trop fort. Pour que quelqu’un me plaise, il faut, je le sais, cette vie de la main devenue autonome, ces yeux qui virent au rêve, ce calme qui les auréole et les embellit toujours. Croit-on que le code pénal ou le droit canon les mettaient dans cet état qui précède le mien ? Non, ma lectrice idéale tirait sa pâture d’un in-16 bien tassé, d’un bon gros Gallimard, d’un roman. Certains soirs, quand, fatigué de ne point veiller à deux, je remuais sous la couette, j’agitais également ma belle inconnue. »

 

Et puis, dans ma quête d’écriture, j’élaguais pour atteindre l’essentiel.

 

Je lâchai prise, coupai tous les ponts, mais sans fuir. Sonné, KO debout, je me laissai glisser, comme ça, sans réagir, doucement, les yeux grands ouverts. Ce fut une glissade un peu raide mais toujours contrôlée, bien maîtrisée. Je savais ce que je voulais, mourir, mais à petit feu. Mon but, aller au bout de mon chemin, sans contrarier la nature, en me contentant de contempler ma déchéance. Simple spectateur de ma vie. Emmuré dans le chagrin, mes yeux restaient secs. Pleurer c'était prendre le risque de fendre ma carapace, de m'exposer à la compassion. Pour tenir je devais faire bonne figure. Alors, j'allais et venais, affrontant l'intendance qui suit la mort avec le courage ordinaire de ceux qui assument les accidents de la vie. Mon masque de douleur muette, souriante même, me permettait de cacher, qu'à l'intérieur je n'étais plus que cendres. La mort rassemble. Autour de la grande table chez Jean, le soir, nous parlions. Nous parlions même d'elle. J'acceptais même de parler d'elle. Nous buvions aussi. Le vin délie les langues et allège le coeur. A aucun moment nous étions tristes. Marie, couchée dans le grand lit de Jean, nous imposait son silence éternel.

 

On prit mon emmurement serein pour du courage. Aux yeux des autres, mes proches, mes amis, ceux de Marie, ses parents, j'étais admirable. Non, j'étais déjà mort. Seul Jean pressentait mon délitement intérieur. Il bougonnait, tournait en rond, maudissait le ciel et me pistait comme un vieux chien fidèle. Les mots des autres filaient sur moi sans y laisser de traces, alors que les miens, précis, menaient leur dernier combat. On me laissait faire. Avec Jean, nous décidions de porter nous-mêmes Marie en terre au cimetière de Port-Joinville. Qu'elle restât sur notre île, sans fleurs ni couronnes, relevait pour nous de la pure évidence. Ca ne se discutait pas. Le maire obtempérait, et c'est dans notre C4, au petit matin, avec Achille coincé entre nous deux, que nous sommes allés jusqu'au trou béant. De la terre remuée et ce ciel pur, cette boîte en chêne vernis à poignées argentées, un moment j'aurais voulu qu'on chantât le Dies Irae. Des mains serrées, quelques pelletées, des baisers, des étreintes, des sanglots étouffés, encore des mots échangés et nous sommes allé au café. Là, j'aurais bien voulu pleurer.

 

Et pendant ce temps-là, au dehors, notre classe politique mâle se déchirait sur le burkini, symbole de son incapacité à se saisir du réel, de se débarrasser de ses réflexes pavloviens. La loi est votée pour protéger le faible contre le fort, la lutte contre la servitude des femmes, leur infériorité proclamée, demeure un combat de tous les instants mais ce ne sont pas des arrêtés municipaux débiles qui leur permettront de vivre comme bon leur semble, débarrassée de la férule de frères obtus et rétrogrades. Il ne faut pas transiger sur les principes mais cesser de traiter les problèmes dans une atmosphère de guerre civile.

 

Corse. La fièvre de Sisco Paris Match | Publié le 24/08/2016 à 15h16

Emilie Blachère, envoyée spéciale à Sisco.

 

« En Corse, fais comme les Corses ! » L’adage, bien connu des touristes et des résidents de l’île de Beauté, s’est vérifié une nouvelle fois dans une minuscule crique, au pied du bourg de Sisco. Le décor : une anse émeraude bordée de rochers, découpée dans la côte abrupte du cap corse, ­rendez-vous depuis toujours des villageois dont elle porte le nom, Scalu Vechju. Sur la plage de galets, ce 13 août, une ­poignée d’adolescents, une pincée de touristes et une famille marocaine élargie composée de quatre frères, trois femmes et leurs enfants. Un banal samedi estival. Quel mauvais génie ­saisit alors les Maghrébins qui s’attribuent la plage en tentant de ­chasser les autres occupants ? Provocation ? Communautarisme ? Inconscience ou stupidité ? L’été, en Corse, c’est la saison des rixes. Le soleil cogne et les esprits s’échauffent. Les ­agresseurs n’ont rien trouvé de mieux que de placer un panneau d’interdiction sur le chemin escarpé. La suite est aussi prévisible qu’affligeante. Les jeunes remontent au village, alertent leurs parents. L’alarme se répand comme un feu de maquis. Echauffées par les rumeurs, une quarantaine de personnes dévalent vers la crique, bien décidées à en découdre. Pendant deux heures, invectives, coups, jets de projectiles. D’importantes forces de CRS et de gendarmes sont appelées. Le bilan – trois véhicules incendiés et cinq blessés légers – est relativement bénin au regard de ­l’effervescence. L’arsenal saisi – un fusil harpon, des couteaux de pêche et une batte de ­base-ball – plutôt modeste. Vu après coup, le pire a été évité. »

 

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Sisco : l'exil forcé à Paris des protagonistes de la rixe par AZIZ ZEMOURI

Publié le 26/08/2016

 

Jamel B., 29 ans, ne se sent plus en sécurité dans la région de Bastia où il vit depuis treize ans depuis la rixe du 13 août, après laquelle le jeune homme inconnu des services de police a été placé sous contrôle judiciaire. Cet ouvrier dans le BTP, titulaire d'un CAP obtenu dans un lycée bastiais et arrière-petit-fils d'ancien combattant marocain ayant participé à la libération de la Corse, est arrivé à Paris le 25 août avec femme et enfant pour y déposer une plainte pour menace de mort, dit-il, et consulter un collectif d'avocats qui s'est manifesté pour le défendre, lui et ses deux frères, dont l'un est incarcéré.

 

Nous n'avons pas privatisé la plage

 

Le Point.fr a rencontré le jeune homme « traumatisé » par cette rixe aux répercussions nationales et internationales dans son hôtel francilien. Sur son visage, il porte les marques de la bagarre déclenchée, selon lui, par des motivations racistes. « On est allés sur la plage de Sisco qui se trouve à 45 minutes en voiture de chez moi pour être tranquilles et faire preuve de discrétion. À aucun moment, nous n'avons privatisé la plage. C'est à tout le monde. Près de nous, d'autres gens se baignaient, il n'y avait aucun problème », dit-il de sa voix très douce. Le frêle jeune homme n'est pas vraiment taillé pour chercher la bagarre : « Je n'ai jamais eu de problème en Corse auparavant. Ma famille a des liens avec la région depuis 1943 quand mon arrière-grand-père a participé à la libération de la Corse. Son nom est inscrit sur le monument au col de Teghime [qui domine Bastia et rebaptisé col des Goumiers, NDLR]. »

 

Personne ne nous protège

 

« Je quitte la Corse, car personne ne nous protège, pas même l'État. On nous a menacés de mort, les gendarmes ont été impuissants devant la horde qui attaquait des femmes et des enfants. Ils ont brûlé nos trois véhicules, j'ai 10 jours d'ITT [incapacité totale de travail, NDLR], alors que l'hôpital de Bastia m'a demandé de quitter mon lit le soir même de mon transfert par hélicoptère. Durant mon transfert, sur la civière, j'ai été frappé et on m'a craché dessus. » Selon lui, la situation s'est tendue quand des Corses de Sisco ont commencé à prendre des photos de sa femme portant un hidjab.

 

Jamel détient un harpon. Comme de nombreux Corses, il s'en sert pour pêcher. Selon lui, il était rangé dans sa voiture quand la bagarre a éclaté. « Après la première altercation, on a rangé nos affaires pour quitter les lieux et le harpon était dans le coffre quand les villageois nous sont tombés dessus. Comme ils ont mis le feu aux véhicules, je pense qu'il ne peut plus servir à l'enquête, assure-t-il, [sur procès-verbal, un protagoniste adverse affirme avoir été touché par une flèche de harpon, NDLR]. Mais durant la bagarre, je suis tombé dans les pommes. Je me souviens seulement de mon dernier geste, j'avais mis mon enfant entre mes jambes et j'étais recroquevillé sur lui pour éviter qu'un caillou ne le blesse. On s'est d'ailleurs tous assis d'ailleurs, car derrière nous, c'était le vide... »

 

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« Lactalis n’est pas responsable de la crise laitière »

 

ENTRETIEN Pour Michel Nalet, directeur de la communication du groupe Lactalis, le n° 1 mondial du lait est le bouc émissaire d’un syndicalisme agricole qui refuse les réalités du marché. « Lactalis est prêt à dialoguer avec les producteurs, mais les actions de blocage doivent cesser », explique-t-il.

 

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Lactalis, la famille en or et le lait opaque

 

Il fuit les journalistes et les photographes, se tient systématiquement éloigné des mondanités, assiste aux matchs de football du Stade lavallois (qu’il sponsorise) dans une loge privée aux vitres teintées, et son visage est à peine connu de ses employés… Emmanuel Besnier, «l’homme invisible», 45 ans, treizième fortune de France et PDG du groupe familial Lactalis, leader mondial des produits laitiers, est aussi devenu ces derniers jours l’homme le plus demandé de l’Hexagone. Du moins par ses fournisseurs, les producteurs de lait, qui aimeraient le faire venir à la table des négociations. Et ce afin d’obtenir des explications de la part de cet industriel qui pratique les plus bas tarifs du marché français (257 euros les 1 000 litres de lait).

 

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Primaire à droite : dans le camp Juppé, «on n'a peur de rien ni de personne»

 

Au 29 Boulevard Raspail, le QG du maire de Bordeaux, il n'y a guère que la météo qui inquiète. Samedi, Alain Juppé fera sa rentrée «joyeuse et conquérante» dans les Yvelines, à Chatou, sur l'Île des Impressionnistes. Un cadre bucolique sous 36 degrés pour entamer la dernière ligne droite de la primaire de la droite, moins de trois mois avant le premier tour. «C'est un élu du Sud-Ouest, il devrait supporter le coup de chaud», s'amuse Édouard Philippe, juppéiste de la première heure. Le maire du Havre n'est pas mécontent d'entamer «cette phase nouvelle». «Pendant deux ans, Alain Juppé a fait tranquillement un travail de fond nécessaire, qui est indispensable mais pas spectaculaire. Maintenant il faut expliquer et convaincre», note-t-il. Mais en douceur. Pas question, assure-t-on, de suivre la tonalité tonitruante de Nicolas Sarkozy. «Quand les gens sont inquiets, ils s'échauffent, ils ont des expressions rudes», raille Édouard Philippe qui espère qu'il en résultera un «effet de contraste» positif pour Alain Juppé.

 

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François Hollande élu grâce à "l'islam politique"? Eric Ciotti mélange tout (et c'est une habitude)

 

PRESIDENTIELLE 2017 - Avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, les attaques en dessous de la ceinture sont lâchées et autant vous dire qu'elles ne font pas dans la nuance. Ce jeudi 25 août, le futur porte-parole sarkozyste Eric Ciotti s'est livré à un stupéfiant amalgame contre les musulmans pour tenter de délégitimer l'élection de François Hollande de 2012. Un avant-goût des boules puantes qui devraient rythmer la longue bataille présidentielle qui s'amorce.

 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « Nicolas Sarkozy est désormais trop dans lui-même, il ressemble à Louis de Funès, il se singe souvent. » Benoist Apparu le bras droit de Juppé.

Prendre du champ, qui n’a pas un jour dans sa vie souhaité s’extirper du train-train quotidien, lever le nez du guidon, faire le point, souffler, prendre un nouveau départ, changer de vie. Vaste programme jamais vraiment mis en œuvre, trop souvent on biaise un pied dedans, un pied dehors, la peur de se voir exclure du jeu, de perdre pied, d’être oublié.

 

L’avantage de la vieillesse, si tant est qu’il puisse y en avoir, c’est que beaucoup de portes sont définitivement fermées. Nul besoin de rêver à un je ne sais quel renouveau, la dernière pente, même si elle est douce, est inexorable, imprégnée d’un sentiment fort de finitude. Aimer, être aimé en retour, n’est plus de saison, le temps long manque, les projets buttent sur le délitement du corps.

 

Se résigner serait une défaite, alors prendre du champ, non pour s’éloigner mais pour contempler, voir, admirer, se contenter du possible, attraper du bonheur, vivre à plein la chance de côtoyer l’aimée.

 

C’est simple comme l’amour lorsque celui-ci ne se vautre pas dans la possession…

 

Dans mon refuge suisse je lis un inédit de Calaferte dont j’adore la chute.

 

Je te voudrais perdue épave des naufrages

Que le passé ne soit qu’un titre marginal

Échouante sur mon fanal

Terme de ton dernier voyage

Mettre à l’élan un point final

Recouverte déjà de la mousse des âges.

Nous éloigner si loin dans la nuit des grimoires

Passagers disparus qui eurent leur saison

Une obscure conjugaison

Dont tous les temps sont illusoires

Avec la mort pour guérison

De ce tourment des corps qui lès la mémoire.

T’avoir tant parcourue et t’avoir découverte

Sauvagerie en friche à l’écart du chasseur

Tel un royal envahisseur

Que ton mystère laisse inerte

Endolori de ta fureur

Je voudrais qu’après moi tu demeurâs déserte.

 

Et j’aligne des lignes déjà tracées, le temps est à la confection, j’assemble les pièces et je surfile…

 

Avec Marie nous évoquions, pour la rentrée, notre installation. Mon pécule gagné sur l'île, plus la petite rente que lui versait son père, nous permettraient de louer soit un studio, soit un petit deux pièces dans la partie populaire de Nantes. Pour vivre ensuite, les petits boulots ne manquaient pas. Nous aviserions. La perspective d'entamer notre vie commune, rien que tous les deux, nous rendaient plus amoureux encore. Marie me rendait simple. Je ne fabriquais plus de nœuds. Depuis notre première jour, à aucun moment, nous nous étions livré au ballet traditionnel du je me présente sous mon meilleur jour et je me garde bien de remarquer, les grandes et les petites choses, qui m'agacent chez l'autre. Pour ce qui me concerne, ça tenait de l'exploit. Avant elle c'était mon mode fonctionnement exclusif. Quant à Marie, comment le dire sans paraître prétentieux, elle me dispensait, à doses quasi égales, ce qu'il me fallait, et d'admiration, et de franchise. Avec son petit air pince sans rire, et sans jamais me faire la morale, elle mettait le doigt sur mes si nombreuses contradictions. Elle me rendait léger. Nous aimions être ensemble. Nous aimions nous retrouver. Je ne lui cachais pas son soleil et elle me donnait sa lumière.

 

Ce lundi-là, le père de Marie, ce cher maître, annonçait par téléphone son arrivée sur l'île pour le lendemain. Branle-bas de combat pour Marie, il lui fallait mettre la villa en ordre de marche. Bien sûr, il ne venait pas seul, une cour de beaux jeunes gens l'accompagnait. Pendant toute la journée Marie vaqua. Le soir venu, j'allai la chercher pour que nous dînions à la Ferme des 3 Moulins. La pauvre était fourbue. Pour lui redonner des forces je lui fis des spaghettis à la carbonara. Marie tombait de sommeil. Comme elle devait rentrer à la villa je lui proposais de la raccompagner. « Non, non me répondait-elle, je prends le solex, ça m'oxygènera et toi tu dois attendre le coup de fil de Jean... » En effet, celui-ci, qui était toujours sur le continent m'appelait tous les soirs au téléphone aux alentours de minuit. Je bougonnai que Jean pouvait attendre. Marie me faisait les grands bras « Je suis une grande fille mon amour, les loups garous ne vont pas me manger en chemin. Tu sais bien que si tu n'es pas au bout du fil quand il appellera, grand zig va paniquer... » De mauvaise grâce je cédai. Avant qu'elle n'enfourche le mini-solex je la serrai fort. La nuit était claire. Le lit grand et froid. Comme ce cher maître refusait d'installer le téléphone dans la villa, je ne pouvais même pas appeler Marie. Le sommeil me précipitait dans une nuit agitée. On tambourinait à la porte d'entrée. J'étais en nage. Dans l'encadrement, sous la lumière jaune du lumignon, le capitaine de gendarmerie Thouzeau, en se tordant les mains me disait d'une voix enrouée « Il vaut mieux que je vous le dise tout de suite monsieur, elle est morte. C'est encore un de ces fichus poivrots... »

 

Et puis, lorsque je pose mon ouvrage, vient le temps de l’exaspération :

 

Je me souviens de mes années d’enfant de chœur, le clergé, toutes les cléricatures, remisait la femme au rang de procréatrice, allant jusqu’à exiger après la maternité une cérémonie de purification, les relevailles, ne tolérant pas les têtes nues, femmes tentatrices, objet du péché de chair, prisonnière de ses désirs… Ces religions dominées par les hommes rendent vaines toutes les paroles, écrits, sur la liberté des femmes de vêtir comme bon leur semblent. Le poids des pères, des frères, et même des mères, ne laisse que peu d’espace aux filles. Libre à elles, clament certains, pourquoi pas mais tant que des femmes seront lapidées parce qu’elles souhaitent assumer pleinement leur liberté, messieurs les beaux parleurs fermez-donc votre gueule !

 

Mais les signes extérieurs de la religion reviennent en force dans le poulailler politique en plein caquetage pré-électoral:

 

Mais qu’est-ce donc ces pluri-divorcés, le sur talonnettes en tête avec le score de 2, et 3 épouses à son compteur, le Juppé juste derrière, vivants dans le péché qui s’exhibent en bons fidèles à la messe pour l’assomption de la Vierge le 15 août ? Des hypocrites, des qui n’ont pas honte de bafouer le sacrement du mariage qui ne peut être rompu que par Dieu. Vraiment je me marre comme un vieux fou de ces bondieuseries de circonstances, ils n’ont vraiment pas de honte les pépères.

 

« L’ancien président de la République a fait une apparition remarquée ce lundi matin à l’église du Lavandou (Var). Accompagné de sa femme Carla, Nicolas Sarkozy s’est rendu à la messe de l’Assomption dans cette commune sur laquelle est située, au Cap Nègre, la propriété de la famille Bruni-Tedeschi.

 

Les paroissiens, dont les sacs avaient été fouillés à l’entrée par des policiers, ont vu le couple arriver par l’allée centrale à 9h35. Longuement photographiés, les Sarkozy ont assisté à l’office religieux. A l’issue de la cérémonie, ils ont serré quelques mains.

 

Peu après, le président du parti Les Républicains s'est également fendu d'un tweet à l'intention des «catholiques de France qui prient pour notre pays si durement éprouvé ces derniers mois».

 

Nicolas Sarkozy ✔ @NicolasSarkozy

En pensée avec les catholiques de France qui prient pour notre pays si durement éprouvé ces derniers mois #perehamel #15aout - NS

 

A Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, où au moins 22.000 fidèles étaient présents, le maire de Bordeaux Alain Juppé a assisté avec sa femme Brigitte Juppé à la messe dans la matinée, et participé en début d'après-midi à la "prière pour la France" dans les sanctuaires, lieux de culte catholique au pied des Pyrénées. Se définissant comme catholique et prenant soin de préciser venir régulièrement à Lourdes pour le 15 août, l'ancien Premier ministre a exprimé son "soutien" aux catholiques après les attentats et salué le message de "concorde" de l'Eglise de France.

 

« Je crois qu'il était important d'adresser un message de fidélité et de soutien aux catholiques de France. Je comprends leur inquiétude, je suis moi-même catholique, je pense aussi aux chrétiens d'Orient qui sont déracinés par la guerre et la violence de leurs terres ancestrales », a déclaré le favori des sondages.

 

Alain Juppé ✔ @alainjuppe

15 août à Lourdes. Comme il y a 2 ans, comme à chaque passage depuis tant d'années, je ressens la même émotion. Lieu où souffle l'esprit.

15:51 - 15 Août 2016

 

Heureusement il reste encore chez les Républicains de bons chrétiens :

 

Fillon dans la Sarthe, Bruno Le Maire discret

 

François Fillon était lui à l'abbaye de Solesmes, dans son fief de la Sarthe, pour la célébration de l’Assomption. Pour « retrouver nos racines chrétiennes et l’esprit des Béatitudes », a-t-il tweeté.

 

François Fillon ✔ @FrancoisFillon

A l’abbaye de Solesmes pour la célébration de l’#assomption de notre Dame. Retrouver nos racines chrétiennes et l’esprit des Béatitudes.

13:12 - 15 Août 2016

 

En revanche, le député de l'Eure Bruno Le Maire a lui préféré rester discret. « Il estime que sa vie de chrétien ne regarde que lui. Cela change de l'impudeur de certains qui s'affichent un 15 août, mais qui peuvent omettre que la foi catholique est avant tout des pratiques de vie et des valeurs quotidiennes », explique un de ses proches au Parisien. « Il n’a pas à prouver qu’il est catholique. Il ne veut pas faire de la politique clientéliste", fait par ailleurs valoir son entourage auprès du Lab d'Europe »

 

Bravo Bruno !

 

Les enjeux de la visite de François Hollande au Vatican

 

L'historien des religions Jean-François Colosimo a apporté son éclairage sur la rencontre du président de la République avec le pape qui a eu lieu mercredi.

 

Trois semaines après l'assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray, François Hollande se rendra, ce mercredi au Vatican où il sera reçu en audience privée par le pape François.

 

Le déroulé

 

Le président de la République sera accompagné du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve en sa qualité de ministre des cultes. Il existe deux sortes d'audience du pape. Les premières ont lieu à Saint-Pierre de Rome ou dans des grandes salles. Il s'agit des audiences générales. A cette occasion, le Saint-Père reçoit des groupes de pèlerins pour s'entretenir avec eux et leur faire la catéchèse.

 

Les secondes sont appelées les audiences spéciales. Elles sont réservées aux évêques, aux cardinaux de passage à Rome et aux personnalités de la société mondiale: artistes, scientifiques et aussi les chefs d'Etat. Ces derniers sont reçus selon un protocole très clair. Ils doivent en faire la demande et ne peuvent venir qu'en petit groupe ne dépassant pas une dizaine de personnes. « Parfois, c'est la famille comme dans le cas des Obama », rappelle le spécialiste. L'audience dure entre une demi-heure et trois-quarts d'heure.

 

La rencontre est suivie d'entretiens entre « les responsables des Affaires étrangères des deux niveaux ». L'idée est de « dissocier le caractère courtois, amical, finalement personnel de la rencontre avec le pape et le fait que, malgré tout, on va traiter de sujets », précise l'historien des religions.

 

Un contexte tendu

 

Plusieurs contentieux ont émaillé les relations entre la France et le Vatican depuis le début du quinquennat de François Hollande. Cela a commencé avec la loi sur le mariage pour tous. La manière dont la manif pour tous et l'épiscopat ont été traités, à ce moment-là, a déplu au Saint-Siège.

 

Il y a également eu un différend lors de la nomination de l'ambassadeur français au Vatican. « Un premier candidat avait été annoncé sans concertation par Paris. Il a été finalement refusé parce que bien que catholique, il avait la réputation d'être gay », rappelle Jean-François Colosimo. Pendant 15 mois, il n'y a pas eu d'ambassadeur.

 

« Une relation désastreuse »

 

Enfin, le fait que la secrétaire d'Etat à l'aide des victimes, Juliette Méadel ait « demandé la démission du cardinal Barbarin sans même penser à la présomption d'innocence » a ajouté de l'huile sur le feu. Le primat des Gaules était mis en cause pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs et non-assistance à personne en danger. L'enquête a finalement été classée sans suite.

 

« Il y avait une espèce de relation désastreuse entre Paris et le Saint-Siège », résume l'historien des religions. Pour la réparer, un nouvel ambassadeur a été nommé. « Le père Hamel et la tragédie qui a suivi ont montré que finalement l'église catholique était très sérieuse, que s'il y avait un grand groupe qui adhérait à la laïcité en France, c'est elle par ses paroles d'apaisement », souligne-t-il.

 

Des enjeux politiques

 

François Hollande ira se recueillir en l'église Saint-Louis-des-Français, l'église nationale des Français à Rome. « C'est une première pour lui. C'est une habitude normalement protocolaire. Tout président qui se rend à Rome doit passer par là », rappelle Jean-François Colosimo. En janvier 2014, le chef de l'Etat avait refusé d'entrer à l'intérieur par « signe de désaccord diplomatique et aussi par une sorte de démonstration de laïcité, pure, dure et intransigeante », estime le spécialiste. Cette fois-ci, il ira se recueillir dans l'enceinte du bâtiment religieux en pensant aux victimes des attentats.

 

En France, l'église catholique ne donne pas de consignes de vote mais traditionnellement, les catholiques pratiquants votent plutôt à droite « à trois quarts ». Ils ont actuellement tendance à se rapprocher de la tendance nationale en se dirigeant plus vers le Front national, indique Jean-François Colosimo. « C'est une cause, un peu perdue », estime l'historien des religions. Mais François Hollande se doit de ne pas être trop distancié par ses adversaires à la présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy s'est rendu à la messe de l'Assomption sur son lieu de vacances et Alain Juppé était de son côté à Lourdes.

 

Nicolas Sarkozy, le "sang-mêlé" contre le droit du sol

 

Avec la primaire en ligne de mire, le concours Lépine des propositions radicales bat son plein à droite. Nicolas Sarkozy réclame ainsi une "modification substantielle" du droit du sol en inventant la "présomption de nationalité". Lui qui se définissait comme "un petit Français de sang-mêlé", et qui s'est longtemps méfié des remises en cause d'inspiration maurassienne du droit du sol, se vautre dans une radicalité motivée par sa soif de revanche.

 

Un peu plus de trois mois. Cent six jours exactement. C'est la durée qui nous sépare de l'issue de la primaire de la droite. Ça va être long... Quand on observe le rythme effréné sur lequel s'est engagé le concours Lépine des propositions les plus radicales censé servir à désigner le vainqueur de cette compétition, on se dit que le trimestre qui s'ouvre va être long, très long. Et franchement pénible pour tous ceux qui demeurent attachés par-dessus tout aux valeurs républicaines.

 

Quand on aime, on ne compte pas, l'axiome est connu. Et, quand on aime plus que tout gagner, quand on est prêt à tout, ou presque, pour y parvenir, on ne s'embarrasse pas d'« arguties juridiques » susceptibles d'entraver sa marche triomphale vers la victoire. Tel est à peu près l'état d'esprit de Nicolas Sarkozy au moment d'engager très officiellement le fer avec ses frères ennemis pour reconquérir ce qu'il considère comme son dû, son trône élyséen.

 

Ainsi donc, l'ancien président de la République ose-t-il proposer une « modification assez substantielle » du droit du sol. Il prétend lui ôter tout caractère d'automaticité, laquelle n'existe pourtant déjà pas aujourd'hui pour ceux qui naissent sur le sol français de deux parents étrangers. Peu importe, l'ex-chef de l'Etat veut aller plus loin et restreindre la portée d'un droit de la nationalité bien moins généreux qu' aux Etats-Unis ou au Canada.

 

La suite ICI 

 

Primaire PS: ce que cache la candidature de Benoît Hamon par François Bazin

Publié le 18-08-2016

 

Sur l’aile gauche du PS, il y aura bientôt plus de candidats qu’il n’y avait de tendances dans l’ancien parti de Michel Rocard, le PSU. Leur seule ambition n’est pas de gagner en 2017 mais de contrôler une part de marché de ce qui restera demain du PS.

 

Au suivant! Sur ce qu’il est convenu d’appeler l’aile gauche ou l’aile frondeuse du PS, Marie-Noëlle Lienemann est partie la première, avant l’été, suivie bientôt par Gérard Filoche. Pour ceux qui s’intéressent plus au mercato de la Ligue 1 de football qu’aux méandres de la vie politique, il convient de rappeler que la première est, à 65 ans, sénatrice de Paris, qu’elle a été deux fois ministre –de Pierre Bérégovoy puis de Lionel Jospin– dans des gouvernements qui ont mal fini à force de pencher à droite. Elle a par ailleurs suivi une carrière erratique d’élue locale entre l’Essonne et le Pas-de-Calais où elle fut un temps l’héritière présomptive de Jacques Mellick. Et qu’avant d’animer un courant du PS avec Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, elle avait été l’une des chefs de file de ce qu’on appelait, au début des années quatre-vingt, "les néo-rocardiens", lesquels plaidaient alors pour une réponse libérale aux défis de la crise.

[…]

Dans pareil contexte, l’encombrement des ambitions face au Président sortant est à la fois logique et suicidaire. Vu l’état où est aujourd’hui la gauche, cela ne changera rien au destin d’une présidentielle dont on voit mal comment elle pourrait ne pas la perdre avec fracas. La primaire du PS ne règle d’aucune façon la question de la dispersion du camp progressiste dès lors que les écolos de Cécile Duflot n’ont pas renoncé à faire entendre leur petite musique et que Jean-Luc Mélenchon poursuit avec méthode son œuvre de destruction massive.

 

Si on lève le nez en regardant plus loin que 2017, on constatera simplement, à l’épreuve des faits, que pendant que les uns réinventent la SFIO et les autres le Parti communiste d’autrefois, certains, comme par réflexe, rejouent les grandes heures du PSU, de ses querelles d’apothicaire et de ses multiples tendances, toutes plus radicales les unes que les autres. C’est seulement en ce sens que la candidature Hamon dépasse l’anecdote. Elle relève de la mise en scène dans ce remake que la gauche est en train de rejouer. »

 

La chronique intégrale ICI 

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, Jacques Anquetil à Raymond Poulidor avant de décéder « Je pars le premier tu vas devoir encore te contenter de la deuxième place. »

Avec elle tout arrive à qui sait attendre, c’est ce qui fait son charme. Elle est venue alors que je ne l’attendais plus, aérienne, belle comme au premier jour. Tout au long de ce temps à nous, rien qu’à nous, nous savons, l’un comme l’autre, qu’il est précieux, unique. Nul besoin pour nous deux de revenir sur le bloc incompressible qui nous sépare depuis le premier instant. De ce temps partagé, léger, intense, rieur, je sors à nouveau vivant.

 

« Avant qu’elle ne meure, Leonard Cohen a fait parvenir à sa muse, Marianne Ihlen, une lettre d’adieu magnifique. Elle avait notamment inspiré “So long, Marianne”, et “Bird on the Wire”.

 

La muse de Leonard Cohen, Marianne Ihlen, qui a inspiré Bird on the Wire et So Long, Marianne, est décédée le 29 juillet en Norvège, à l’âge de 81 ans. Ils s’étaient rencontrés dans une épicerie de l’île d’Hydra, en Grèce, dans les années 1960, et étaient devenus amants. Pendant des années, Marianne Ihlen et son fils Axel Junior ont partagé la vie de Leonard Cohen en Grèce et au Canada. »

 

Maintenant, avant que je disparaisse, écrire pour elle, mon Émilie, ma muse.

 

Le « Tu peux monter vos affaires dans ta chambre... » fut le sésame de maman. Après le dîner nous prîmes le frais dans le jardin. Comme je l'avais prévu, mon mendésiste de père, prit un malin plaisir à mettre Marie sur le grill en la prenant à témoin de la légèreté et de l'inconsistance du mouvement de mai. Pratiquant à merveille le billard à bandes en fait c'est moi qu'il visait. Pour lui, avec ce qu'il me reconnaissait de talent, j'avais joué au révolutionnaire par pur plaisir esthétique et romantique. Mes petits camarades gauchistes et moi, avec le soutien branche pourrie des communistes de la CGT, en nous contentant de psalmodier notre vulgate révolutionnaire, nous venions de priver la gauche réformiste, celle de PMF, la seule capable de tenir ferme le gouvernail et de moderniser la France, d'une éclatante victoire dans les urnes. En ressoudant aux gaullistes, la droite rentière des Indépendants, et celle encore bien planquée, sans leader, mais toujours chevillée à une part de la France xénophobe, nous avions fait le lit de Mitterrand. L'ambiguë de Jarnac saurait lui, le Florentin, s'asseoir sur le PCF pour mieux l'étouffer. Marie bichait. Elle virevoltait pour le plus grand plaisir de mon séducteur de père.

 

Avoir Marie à mes côtés dans mon lit d'enfant ravivait les souvenirs de mes soirées passées, sous la tente de mon drap, à ériger mes cathédrales, à imaginer tout ce qu'allait m'apporter mon bel avenir. Dans l'obscurité, Marie, me chuchotait « Je suis bien mon amour. Ici je me sens toi. Toute à toi. Je t'aime... » Comme nous ne galvaudions pas les je t'aime, ceux de ce soir-là, mêlés à nos caresses, à notre osmose, nous haussaient en des espaces qui donnent à l'amour un goût d'éternité. Amour sensuel, accord parfait, nous ne nous sommes même pas aperçu que ce n'est qu'aux premières lueurs de l'aurore que nous nous sommes endormis. La maisonnée s'était donné le mot pour que notre grasse matinée ne soit pas troublée par la préparation du déjeuner. À notre éveil, vers dix heures, ils étaient tous partis à la grand-messe. Dans la cuisine, où notre petit déjeuner nous attendait, la logistique du repas de midi impressionnait Marie. Tout était en place, le clan des femmes, mobilisé et efficace, avait donné le meilleur de lui-même. La brioche de Jean-François était mousseuse à souhait. Maman nous avait préparé un cacao ; plus exactement le cacao qu'elle préparait chaque matin pour son écolier de fils.

 

Le service fut assuré par la femme du cousin Neau lui-même préposé aux vins. Alida, la laveuse de linge, assurait la plonge. Maman, qui avait fait la cuisine, orchestrait l'ensemble avec autorité et doigté. A l'apéritif, Banyuls pour tout le monde, on disait vin cuit en cette Vendée ignare. Le menu : vol au vent financier, colin au beurre blanc, salade, de la chicorée – mon père avait droit à une préparation personnelle avec croutons aïllés – fromages : du Brie de Meaux et du Gruyère, et en dessert : un savarin crème Chantilly, évitait à mon cordon bleu de mère de passer trop de temps devant ses fourneaux. Le seul moment grave, bien sûr, avait consisté à monter le beurre blanc. En l'absence de maman, son époux facétieux informa Marie que sa Madeleine de femme avait des doigts de fée. Du côté des vins, du Muscadet sur lie, un Gevrey-Chambertin et du Monbazillac. Je haïssais le Monbazillac qui m'empâtait la langue. Tout atteignait l'excellence, même le café que maman passait dans une cafetière à boule de verre qu'elle ne sortait que pour les grandes occasions. Papa nous empesta avec ses affreux petits cigares de la Régie. Les yeux de Marie brillaient. Nous étions heureux. »

 

 

Ce texte qui suit est à la fois pertinent mais conforte mon analyse sur l’énorme responsabilité politique de François Mitterrand dans l’effondrement moral et électoral de la gauche non communiste. « François Mitterrand était un conquérant monstrueux » oui certes « mais nous en payons lourdement et sèchement les conséquences aujourd’hui.

 

Celui des deux qui avait le plus réfléchi à ce que pouvait être, pour la gauche, l’art d’un changement véritable qui ne soit pas l’accumulation de promesses verbales, n’a jamais été en mesure de mettre son projet en pratique. Michel Rocard était plus fait pour l’action gouvernementale qu’aucun autre de ses camarades socialistes. Comme Pierre Mendés-France avant lui, il avait pour cela une culture, un talent et une morale personnelle qui le plaçait, sans conteste, au-dessus du panier. »

 

« Ce pouvoir, François Mitterrand l’a conquis avant de l’exercer, sur la durée, comme Michel Rocard craignait qu’il ne le fit, jusqu’à échapper à la morale de son camp. C’est par cette liberté qu’il a rejoint la France, sous le regard médusé des Français. »

 

Oui les Français, Bazin, mais de grâce ne vous joignez pas à eux pour vous plaindre de l’état de la France et des Français ; ils n’ont que la classe politique qu’ils méritent, celle qui les subjugue par de belles promesses pour mieux les leurrer par une politique de clans sans morale. Bien fait pour eux, qu’ils morflent un max, tant mieux. Je ne tirerai pas mon mouchoir car leur situation ne me tire aucune larme.

 

 

12 juillet, 2016

 

La vie rêvée de Rocard par François Bazin

 

Même à l’heure des hommages posthumes, il faut aussi parler vrai puisque l’expression coule de source, s’agissant du défunt. La différence entre François Mitterrand et Michel Rocard est qu’à la mort du premier, personne n’avait songé à le comparer au second alors qu’aujourd’hui, l’inverse s’impose d’évidence. Le nom de l’ancien président de la République s’invite dans la biographie de celui qui fut son Premier ministre comme il n’a cessé de le faire durant l’essentiel de sa vie politique. François Mitterrand explique et éclaire Michel Rocard. Il le résume par contraste. C’est à partir de lui qu’on mesure l’originalité de son parcours mais aussi la force de ses échecs et, du même coup, la faiblesse relative de sa trace au regard de l’Histoire.

 

Jusqu’à son dernier souffle, Michel Rocard n’a eu de cesse que de faire le procès de François Mitterrand comme s’il n’était jamais parvenu à échapper à cette figure honnie, quasi-paternelle. «C’était un homme de droite», confiait-il encore au Point dans un entretien-fleuve, il y a à peine deux semaines. Par ce jugement lapidaire et sans doute un peu sot au regard de l’œuvre de son ancien adversaire, Michel Rocard entendait surtout signaler qu’il était, lui, l’incarnation de la gauche et que sa boussole politique n’avait jamais varié. Il fut un temps où François Mitterrand portait des jugements aussi peu dignes de son intelligence à l’encontre de quiconque osait contester son autorité à la tête du PS. Et puis, il est passé à autre chose. Si Michel Rocard n’y est pas parvenu, c’est d’abord que dans cette rivalité, il portait l’habit du vaincu.

 

Pour le dire autrement, François Mitterrand appartient désormais à l’Histoire de la France alors que Michel Rocard s’inscrit dans celle de sa famille politique. Il laisse derrière lui une pensée suffisamment singulière pour que sa marque ne soit pas seulement celle d’un petit maître, à la manière d’un Pierre Mauroy, d’un Lionel Jospin ou d’un Laurent Fabius. Mais en même temps, dans cette génération qui est celle des enfants de l’après-guerre, il est passé trop loin du pouvoir et de son exercice véritable pour qu’on puisse le ranger dans la catégorie des très Grands. C’est là qu’on en revient à François Mitterrand. À deux reprises, en 1981 puis en 1988, c’est lui qui a imposé sa loi et sa puissance. À deux reprises, Michel Rocard s’est écarté parce qu’il n’avait pas les ressources nécessaires pour agir différemment.

 

François Mitterrand était un conquérant monstrueux. Son règne fut de quatorze ans. Michel Rocard, au sommet de sa gloire, n’est resté que trois ans à Matignon. Sa carrière ministérielle, au Plan ou à l’Agriculture, avait été auparavant sans relief véritable et l’Elysée d’alors avait veillé à ce qu’il en soit ainsi. Cette comptabilité un peu sèche dit une hiérarchie de destin. Celui des deux qui avait le plus réfléchi à ce que pouvait être, pour la gauche, l’art d’un changement véritable qui ne soit pas l’accumulation de promesses verbales, n’a jamais été en mesure de mettre son projet en pratique. Michel Rocard était plus fait pour l’action gouvernementale qu’aucun autre de ses camarades socialistes. Comme Pierre Mendés-France avant lui, il avait pour cela une culture, un talent et une morale personnelle qui le plaçait, sans conteste, au-dessus du panier. À l’heure du bilan, c’est ce qui rend d’autant plus curieux ce parcours inabouti au regard de ses propres critères. Sauf à en trouver la cause dans la malignité d’un seul homme – François Mitterrand, en l’occurrence –.

 

Michel Rocard a fini par se résigner à cette explication ressassée qui est d’ailleurs celle à laquelle se raccrochent aujourd’hui commentateurs et historiens. Quand il disait que François Mitterrand était «de droite», il signalait une forme de mystification – ou de trahison – dont il aurait été la première victime. Il fut pourtant un temps où ses arguments furent plus sophistiqués. Au-delà de deux caractères et de deux conceptions de l’action, il pointait alors deux cultures, bref deux gauches. Ce qui n’était pas tout à fait la même chose et donnait, du même coup, à l’affrontement de deux hommes un tour essentiellement idéologique. Cette distinction, Michel Rocard l’avait bâtie à l’heure des premières escarmouches alors que la domination mitterrandiste n’était pas encore telle qu’on l’a connue par la suite. C’était l’expression d’un défi. Congrès de Nantes, 1977, diront les spécialistes.

 

Deux gauches, donc. La première et la seconde. Dans cette formulation passée depuis dans le langage courant, il y avait déjà, soit dit en passant, l’esquisse d’une hiérarchie. La vraie et la fausse ? L’ancienne et la nouvelle ? Sans aller jusqu’à le dire à voix haute – quoi que… – Michel Rocard faisait de ce clivage une histoire de famille qu’il suffisait de raconter pour en trouver l’origine. D’un côté, une gauche républicaine plus que socialiste, adepte du changement par le haut et l’Etat, celle que Proudhon appelait «la gauche des blagueurs» pour mieux dire qu’elle était celle du verbe et des ruptures sans lendemain. De l’autre, une gauche du mouvement, venue d’en bas et portée par le mouvement social dans un radicalisme ignoré des élus et de leurs comités. Nationalisation contre autogestion, pour faire court.

 

À partir de là, tout se déclinait comme dans un de ces tests estivaux dont raffolent les hebdomadaires en mal d’imagination. Socialistes, vos papiers ! Cochez les cases du questionnaire et découvrez votre identité véritable ! Première gauche pour les uns, seconde gauche pour les autres. Mitterrandistes ou rocardiens puisqu’il faut bien personnaliser. Sur le papier, ça fonctionnait d’autant mieux que tout n’était pas faux dans cette taxologie nourrie par l’expérience de l’Histoire et que les protagonistes n’étaient d’ailleurs pas loin d’accepter comme une vérité d’évidence dans l’éternel débat entre la conquête et l’exercice du pouvoir.

 

Ce pouvoir, François Mitterrand l’a conquis avant de l’exercer, sur la durée, comme Michel Rocard craignait qu’il ne le fit, jusqu’à échapper à la morale de son camp. C’est par cette liberté qu’il a rejoint la France, sous le regard médusé des Français. Le drame de Michel Rocard est que dans cet exercice de haute voltige, il n’avait pas sa place. Son erreur fut d’essayer d’en trouver une en cessant d’être lui-même, c’est-à-dire vraiment rocardien. Dans son opposition affichée au mitterrandisme triomphant, il s’est progressivement soumis à la loi du vainqueur. Il a cru qu’après être l’opposant principal, à l’intérieur de la famille socialiste, il allait pouvoir en être l’héritier naturel. C’est toute l’histoire de son bref mandat à Matignon marqué par davantage de patience résignée que par un élan réformateur assumé.

 

À force de vouloir être «un briseur de rêves», à force aussi de théoriser à son poste «un devoir de grisaille», le héraut de la seconde gauche s’est désarmé. Ce faisant, il s’est normalisé, au sens hollandais du terme. Le rocardisme des origines, celui du PSU, était une critique du modérantisme réel d’un projet mitterrandiste trop classiquement étatique pour être vraiment révolutionnaire. Il reposait sur des analyses qu’on a peine à relire aujourd’hui tant elles étaient pleines de ces délires abscons nourris par la pensée soixante-huitarde. Le rocardisme des années Mitterrand, inauguré en 1979 dans la bataille du congrès de Metz et réaffirmé une fois passée l’alternance de 1981, est devenu, à l’inverse, un réformisme conforme à l’air du temps et aux exigences d’un monde nouveau. Il ne manquait pas de rigueur. Il signait les noces d’une social-démocratie à la française et d’un réalisme un peu court, dans une version technocratique propre à la Cinquième République.

 

François Mitterrand, en ce sens, n’a pas piégé Michel Rocard. Il l’a dominé et, à ce jeu, il l’a laissé tomber là où il jugeait qu’il penchait. Ailleurs, c’est-à-dire nul part, à ses yeux. C’est pour cela qu’il confiait volontiers que son passage à Matignon serait le révélateur de sa nature ordinaire et qu’il a pu le licencier en lui faisant le reproche d’une trop grande timidité dans la gestion des dossiers de l’Etat. Un comble ! De même, il n’est pas indifférent que la fin véritable de la carrière politique de Michel Rocard, avant la présidentielle de 1995, ait été le fruit d’une double concurrence à gauche, incarnée par Bernard Tapie d’un côté et de Jacques Delors, de l’autre. Pour vider le rocardisme de sa dernière substance, il suffisait donc de lui opposer un modernisme dévoyé, un brin populiste, et un réformisme recentré de pur affichage. Les électeurs et ces sondages qui font la réputation médiatique ont fait le reste, détruisant ainsi ce qu’ils avaient promu.

 

Si Michel Rocard n’a pas su résister à cet assaut croisé au moment décisif, si une fois encore il a préféré jeter l’éponge, c’est qu’il n’était plus alors qu’une ambition sans objet. C’est en tous cas ainsi que l’a compris François Mitterrand avec ce réalisme glacial dont il était coutumier et que l’approche de la mort n’avait fait que durcir. Il a fallu du temps à Michel Rocard pour surmonter son échec et surtout pour en analyser les ressorts. Les vingt dernières années de sa vie ont été celles d’une reconstruction nourrie d’un anti-mitterrandisme viscéral dont l’unique fonction était d’expliquer ce qui ne pouvait l’être autrement que dans la relecture douloureuse de tant de rendez-vous manqués.

 

Cette détestation sans cesse réaffirmée fut une manière d’antidépresseur qu’il lui fallait consommer chaque jour afin de ne pas s’effondrer. Mais on retiendra surtout – parce que c’est plus honorable et que l’homme savait tenir son rang quand bien même ce n’était plus le premier – que, dans cette ultime épreuve, Michel Rocard a su retrouver à gauche, sa vraie famille, le rôle qui, au fond, n’appartenait qu’à lui. Celui de vigie et d’agitateur d’idées à la fois, fidèle aux siens, ouvert aux autres dans une tension créatrice qui lui a permis, malgré le poids des ans, de rester jusqu’au bout ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Rocardien, pleinement rocardien.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 08:00
les gendarmes travaillent dur ces temps-ci

les gendarmes travaillent dur ces temps-ci

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage.

 

Ma capacité à rester immobile n’a aucun équivalent, le calme qui précède la tempête, l’attente du moment où il faut surgir, saisir, faire. J’adore l’expression dormir debout, elle me va très bien, mais pas au sens commun, comme quelqu’un qui sait vivre un rêve éveillé, debout quoi. Mon immobilité fut ma force, ma protection, mon arme. Elle troubla, intrigua, me fit passer pour ce que je n’étais pas, et pourtant le moment venu je forçais le pas pour être là où il fallait, au bon endroit. Agir, être à la manœuvre exige d’avoir l’esprit clair, disponible, débarrassé du fatras du quotidien, ne pas tergiverser au moment décisif, le choix est toujours une douleur.

 

Reste l’amour, pourquoi me suis-je évertué à ce qu’il rime avec toujours ?

 

Sans doute parce que le premier fut si beau, si court, si fort qu’il ne pouvait que durer, ne jamais me quitter. Toute ma vie je fus en état d’attrition jusqu’à cet instant où elle apparut. Sidération !

 

Tomber.

 

Tomber amoureux !

 

Si tard !

 

Quelle revanche pour l’amour !

 

Aux deux bouts de ma vie, la boucle est bouclée, je suis emprisonné.

 

Je trie. Je tente de rabouter les deux bouts de ma vie qui va de Marie à Émilie.

 

J’écris.

 

« Je vais te présenter à maman Marie... »

 

Son regard se voilait d'un léger nuage et, pour faire diversion, elle voltait pour que sa jupette tournoie :

Je vais tout faire pour lui plaire mon Benoît…

 

Achille, lui aussi, esquissait une gigue pataude. Jean, de derrière son journal ouvert, en bon célibataire inoxydable commentait « vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... »

 

Accoudés au bastingage, sur le pont supérieur de la Vendée, tels de grands voyageurs rompant les amarres avec leur vie d'avant, nous quittions l'île d'Yeu. La veille au soir, Jean, égal à lui-même, nous avait sorti le grand jeu. Tournée des grands ducs chez nos plus gros clients puis dîner chez Van Strappen, un antiquaire très blonde oxygénée avec solitaire au petit doigt. Maître d’hôtel noir, langoustes au grill, bar en croute de sel, arrosés au Krug accompagnant une conversation très langue de pute. Barbaresco, le grand noir homme à tout faire de Van Strappen, flambait des langoustes au Richard Hennessy en un rituel sauvage : sur un billot de bois d'un coup précis de hachoir de boucher il les tranchait vivantes en deux, sans s'émouvoir de leurs violents et désespérés coups de queue, puis les grillaient sur de la braise vive. Les chairs exhalaient leur puissant parfum de roche iodée. La flambée, haute et incandescente, illuminait la terrasse et Jean, ludion, n'en finissait pas de lever sa coupe en marmonnant « le problème avec la champagne c'est que ça pétille, les bulles mes amis sont des traîtresses, elles amusent la galerie, vous font des ronds de jambes, vous aguichent et pfutt, disparaissent... » Marie, halée pain d'épices, au dessert, mangeait des boudoirs de Reims rose qu'elle trempait dans le champagne aux fines bulles.

 

Au cours de la traversée nous découvrîmes, blotti dans un rond de cordages, notre cher Achille tout penaud. Comment s'était-il faufilé sur le bateau sans éveiller l'attention de l'équipage, lui seul le savait ? Très, le chien d'Alexandre le Bienheureux, il nous la jouait regard implorant et queue qui frétille. Marie ne cédait pas au chantage de notre astucieux bâtard, à l'arrivée elle le confiait à Antoine Turbé, le charcutier de Port-Joinville, qui rapatriait ses carcasses de cochons dans sa fourgonnette frigorifique. À Fromentine, Lucien Button, le menuisier qui rafistolait nos meubles, nous attendait. C'est lui qui, à la demande expresse de Jean, faisait office de chauffeur. J'avais eu beau protester, Jean n'avait rien voulu savoir. Je compris pourquoi lorsque ce tordu, alors que je m'apprêtais à grimper sur le bateau, m'avait marmonné pipe éteinte au bec : « Tu me diras au retour ce que tu penses de Button. Ce n’est pas une lumière mais il est sérieux. Tu comprends, ça me ferait un bon associé ».

 

En traversant le bourg de St Julien-des-Landes un détail d'intendance s'installait dans ma petite tête : maman allait-elle nous proposer de faire chambre à part ? Au lieu de m'inquiéter, cette question, qui peut vous paraître saugrenue aujourd'hui, mais qui, en août 1968, aux confins du bocage vendéen, sentait le péché, déclenchait chez moi un irrépressible fou rire. Entre deux hoquets réprimés, afin de ne pas vexer le brave Lucien Button qui s'échinait à entretenir la conversation avec Marie sur des sujets aussi importants que le nombre de voitures d'estivants qui passaient devant chez lui depuis que son voisin avait ouvert un camping dans son pré ou le prix de l'essence qui avait augmenté à cause des évènements, je proclamais « … des souvenirs de jeunesse qui remonte… » Marie, pas dupe, même si elle n'y comprenait goutte, me raillait gentiment « … le jeune homme retrouve son terroir… Button, bon prince, sans poser de questions, affichait le contentement du type qui a la chance de côtoyer des gens qui ne sont pas de son monde.

 

La maisonnée nous attendait en faisant comme si de rien n'était. Maman cousait. La mémé Marie égrenait son rosaire pendant que la tante Valentine lisait Le Pèlerin sans lunettes. Papa, avec le cousin Neau et mon frère, s'affairaient autour de la moissonneuse-batteuse. Ma sœur n'était pas là, bien sûr, puisqu'elle s'était mariée en 65. Avant de pousser la porte de la maison j'avais affranchi Marie de la raison de mon fou-rire. Très pince sans rire elle me répondait du tac au tac « Tu sais je n'avais pas l'intention de partager ton lit cette nuit. Je ne suis pas une Marie couches-toi là mon petit Benoît en sucre… » Mon soupir et mon haussement d'épaules la faisaient s'accrocher à mon bras « Ne t'inquiètes pas nous ferons comme ta maman voudra... » Au premier coup d'oeil sur maman je sus que la partie était gagnée. Marie était digne de son fils chéri. Papa, l'oeil coquin, fut le premier à l'embrasser. Dans son coin, la mémé Marie, devait adresser en direct à la Vierge du même nom, un Je vous Salue Marie de satisfaction. Même la tante Valentine, d'ordinaire avare de compliments, dodelinait de la tête pour marquer son assentiment. »

 

L'agenda d'Himmler révèle son quotidien glaçant

 

Dîners, famille, discours et visites de camps de la mort: l'agenda de Heinrich Himmler, publié tout au long de la semaine par le quotidien allemand Bild, détaille avec une précision glaçante le quotidien de l'un des principaux acteurs de l'Holocauste.

 

Les notes dactylographiées, retrouvées en Russie en 2013, égrainent parfois au quart d'heure près l'activité frénétique de l'un des dirigeants nazis les plus proches de d'Adolf Hitler et organisateur de l'extermination des juifs.

 

Les documents «aident à mieux ordonner les événements et à comprendre qui a participé aux décisions du régime», explique à l'AFP Matthias Uhl, chercheur à l'institut historique allemand de Moscou, qui travaille sur les documents.

 

«Nous pouvons maintenant dire exactement avec quelle personne Himmler s'est entretenu chaque jour, où il était, et qui étaient ses plus proches conseillers», dit Matthias Uhl.

 

Il se mêlait de chaque détail

 

Les documents, retrouvés dans les archives du ministère de la défense russe, couvrent les années 1938, 1943 et 1944, et l'institut allemand compte en publier une version annotée fin 2017 ou début 2018. Les calendriers pour 1941 et 1942 avaient déjà été découverts en 1991 en Russie, où se trouvent plus de 2.5 millions de documents de la Wehrmacht. «On est choqué par le besoin de Himmler de se mêler de chaque petit détail», atteste Matthias Uhl.

 

A travers les documents, on découvre un homme proche de sa famille, tout en orchestrant l'horreur nazie. Le 3 janvier 1943, Himmler se fait faire ainsi un massage thérapeutique, participe à des réunions, téléphone à sa femme et fille, avant d'ordonner, vers minuit, la mort de plusieurs familles polonaises.

 

«Le nombre de contacts, ainsi que les tentatives de Himmler de gagner en influence, grâce à la SS, sur les instances importantes du parti, de l'Etat et de l'armée sont impressionnants», commente encore Matthias Uhl.

 

Étendre son pouvoir

 

Selon Bild, Himmler a rencontré plus de 1600 personnes entre 1943 et 1945. «Il essayait, au cours de la guerre, d'étendre son pouvoir», explique l'historien.

 

Les secrétaires de Himmler notaient aussi ses visites très régulières de camps: le 10 mars 1938, au lendemain d'une visite à Dachau, Himmler se rend à Sachsenhausen, en région berlinoise, avec le chef de la propagande nazi, Joseph Goebbels. Le 12 février, il inspecte le camp d'extermination de Sobibór.

 

«Himmler voulait avoir une démonstration de «l'efficacité» de l'extermination au gaz», détaille Bild.

 

Vie privée

 

Dans les extraits publiés par le quotidien, on retrouve aussi des aspects de sa vie privée. Comme le 3 mars 1943, lorsque après une série de rendez-vous et réunions il achève sa journée en «regardant les étoiles» de ohoo à 0h15.

 

«L'homme qui a planifié l'holocauste organisait sa vie privée avec obsession. Entre le gaz, les ordres d'exécutions et de milliers de rendez-vous, (il) s'occupait de sa famille, de sa maîtresse, de ses hobbies», relève Bild.

 

La chronique mensuelle de Michel Onfray | N°135 – Août 2016

 

LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA -

 

Je retrouve pour dîner un vieil ami, le fils de ma libraire d’Argentan, qui vit au Japon et qui est de passage à Paris. Nous sommes à la brasserie Mollard qui a l’avantage d’être à côté de mon hôtel quand je dois venir chez les Jacobins.

 

Juste à côté de nous, un couple de jeunes chinois. Une petite trentaine. A eux deux, ils ont mon âge… Il a déjà la bedaine des gens repus, mais à son âge, son ventre est celui d’un héritier – c’est celui d’un autre. Elle a le corps d’une enfant et, de la tête au pied, porte des vêtements signés. Sur la table, un plateau de fruits de mer : elle casse les pattes du tourteau avec les dents. Ils photographient le plat, bien sûr. Il y a du vin blanc dans un seau, certes, mais aussi un verre de coca avec une rondelle de citron sur la table. Coca et bulot mayonnaise, c’est en effet le mariage du bon goût.

 

A leurs pieds, comme avec les sapins de Noël, des paquets en quantité débordent de sacs siglés : Chanel, Louis Vuitton, Saint-Laurent… Il y en a pour une fortune.

 

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Lettre ouverte aux candidats au djihad par Zineb El Rhazoui (*)

 

Avant ton grand départ, je voulais t’écrire comme on jette une bouteille à la mer, car je sais que tu ne lis pas. Je ne te connais pas, mais je sais beaucoup de choses sur toi. Je sais par exemple que tu n’es pas allé t’attabler ce matin avec ton Figaro Magazine sous le bras pour prendre ton café et saluer ceux de ton quartier. Tu me liras probablement en tapant djihad sur ton clavier, car c’est ainsi que tu procèdes. Ton moteur de recherche te proposera peut-être ma lettre parmi la longue liste de sites qui t’ont appris que le crime de masse était ton identité, que pour aimer ton Dieu, il fallait haïr les hommes.

 

Ton identité supposée, celle que tu penses avoir perdue et qui t’a fait entreprendre cette quête, c’est aussi la mienne. Lorsque nous étions enfants, puisque nous avons le même âge, je m’étonnais que tu m’appelles "cousine" quand je venais du bled pour passer mes vacances en France. Je trouvais alors que tu avais beaucoup de chance de vivre ici. Tu avais des droits que je n’avais pas, tu allais à l’école républicaine pendant que je vomissais les cours de religion obligatoires. Tu faisais du sport, alors que le terrain de handball de mon collège était un vaste champ de boue, et que la moitié de mes camarades de classe avaient renoncé aux cours d’éducation physique parce qu’ils ne possédaient qu’une paire de sandales en plastique. Toi, tu venais frimer en été avec tes baskets dernier cri, tu te soignais gratuitement dans des hôpitaux équipés, alors que seuls les plus nantis parmi nous pouvaient se payer des médicaments. Aujourd’hui, tu prônes la médecine mahométane dans des conférences en France, pays de l’hôpital public, tu conseilles de se soigner au Coran, au miel et à l’urine de chameau. Demande à tes cousins du bled, ils ont déjà essayé, ça ne marche pas.

 

Pourtant, tu te sentais exclu. Tu disais que tu n’avais pas eu les mêmes chances que les autres, et tu as oublié que nous, ceux du bled, n’avions jamais eu les mêmes chances que toi. Tu nous as donné beaucoup d’espérance, lorsque enfants, nous t’avons vu t’élever contre le racisme, revendiquer ton droit à l’égalité et à l’intégration. L’antiracisme est devenu un étendard d’espoir, nous avions alors cru à des lendemains républicains meilleurs, à une France qui serait enfin fière de sa diversité. Certains de tes "cousins" ont saisi l’air du temps, ils sont devenus fonctionnaires, enseignants, ministres, avocats ou policiers.

 

Lorsque tu as sombré dans la petite criminalité, ils t’ont trouvé des excuses pour mieux s’attirer le vote de tes pères. Pas moi.

 

Et toi, regarde-toi. Tu as fait de l’antiracisme non pas un combat pour l’universalité des droits, pour gommer les différences entre les citoyens d’un même pays, mais une petite lutte pour faire valoir ta portion congrue. A ta décharge, je reconnais que tu n’y serais jamais arrivé sans l’aide de certains politiques, pour qui l’antiracisme n’était qu’un slogan électoral. Ils ont fait de toi leur chasse-gardée, leur fonds de commerce. Ils t’ont expliqué que toi, né en France, tu étais différent et que tu le serais toujours, car c’est ainsi qu’ils te voient, pas moi. Moi qui fus ta cousine, je sais que tu n’es pas exclu ipso facto, mais que tu te complais dans cette posture pour mieux haïr. Ils t’ont appris que ce n’était pas la peine d’apprendre à l’école, car tu ne trouverais jamais de travail. Pendant ce temps, chaque jour, de nouveaux arrivants en France s’élevaient par le savoir. Ils t’ont ôté toute notion de mérite en te consacrant des quotas, convaincus que c’était le seul moyen pour toi d’intégrer les grandes écoles. Lorsque tu as sombré dans la petite criminalité, ils t’ont trouvé des excuses pour mieux s’attirer le vote de tes pères. Pas moi. Car je sais que si tous les hommes sont égaux en droits, ils le sont aussi en devoirs. Les politiques de ce pays t’ont expliqué que ta religion prônait la paix et l’amour, alors que ton imam t’expliquait qu’il fallait battre ta femme. Que dis-je? Tes femmes! Lorsque tu as arboré un accoutrement afghan pour revendiquer ton identité de Nord-Africain, ces mêmes politiques t’ont expliqué que tu avais le droit de te ridiculiser dans l’espace public, car il s’agissait de ta "culture". Moi, je sais que ce n’est pas l’habit qui fait l’Arabo-Berbère, l’Amazigh, qui dans la langue de Jugurtha, veut dire l’homme libre.

 

Tes droits, tu les as toujours obtenus en français, et pourtant, tu hais cette patrie.

 

Sais-tu au moins ce que le mot djihad veut dire avant d’y aller ? Toi qui baragouines l’arabe depuis que tu appliques à la lettre la foi de Mahomet ? Je gagerais que non. Ton arabe, celui que j’ai tété du sein de ma mère, ce dialecte que parlent tes parents et que tu n’as jamais appris, ne connaît pas ce mot. Tu n’as jamais eu à défendre tes droits en arabe. Tu n’as jamais eu à répondre à ton agresseur parce que tu es une femme, tu n’as pas eu à corrompre un fonctionnaire pour te délivrer ton acte de naissance, ni à expliquer à un policier ce que tu fais avec ta petite amie, ni à chanter les louanges d’un dictateur, ni à supplier à l’entrée d’un dispensaire pour que l’on daigne te soigner. Tes droits, tu les as toujours obtenus en français, et pourtant, tu hais cette patrie. Djihad veut dire effort, mais quel effort as-tu déjà fait avant de te résoudre à faire celui de la guerre? Ton islam à toi, celui que tu penses être ton identité retrouvée, n’est qu’une maladie mentale, une nécrose de la raison, une défaite de ton humanité.

 

Lorsque tu cesseras de te faire passer pour une victime alors que tu es ton propre persécuteur, lorsque tu accepteras d’être enfin ton seul maître, et non le mercenaire et l’esclave d’une idéologie qui te méprise tout autant que ces politiques qui ont fait de toi le parent pauvre de la République, je pourrais te dire, moi ta lointaine "cousine" du bled, comment faire pour t’intégrer en France tout en retrouvant enfin ton identité. Pour l’y avoir étudiée, je pourrai te démontrer que ta langue, l’arabe, est remarquablement enseignée dans notre pays. Je t’apprendrai que Paris est la capitale de la culture arabe, celle qui n’a pas droit de cité sous les cieux de nos dictatures. Je t’emmènerai voir des spectacles d’artistes arabes qui ne peuvent plus se produire dans leur pays à cause de tes idéologues. Je te montrerai que la France est aussi la Mecque de ceux parmi nous qui défendent les droits humains dans des pays qui les violent allègrement. Si tu es encore parmi nous, tu verras qu’il est possible de renouer avec ton identité perdue, tout en étant plus français que jamais.

 

Z.E.R.

 

(*) Zineb El Rhazoui est journaliste à Charlie Hebdo. Rescapée de la tuerie du 7 janvier 2015, Zineb El Rhazoui est l’une des femmes les plus protégées de France et vit depuis 2009 sous protection policière en raison de ses propos sur l’islam. Née à Casablanca, au Maroc, en 1982, elle est diplômée de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et titulaire d’une maîtrise en sociologie des religions.

 

Source : Le Figaro du 25 juillet 2016.

 

« L'erreur de l'Europe est de penser l'islam sur le modèle du christianisme »

 

Opinion | Quelles sont les sources théologiques dans lesquelles l'État islamique puise ? Comment peut-on continuer à appréhender la religion musulmane à travers le prisme du christianisme ? | Par Rémi BRAGUE, de l’Institut, professeur émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la philosophie médiévale arabe, membre du Conseil d’orientation de l’Institut Thomas More | Publié par Le Figaro, 19 juillet 2016

 

Mohamed Lahouaiej Bouhel, à en croire ses proches, n'avait pas le profil d'un djihadiste. Le ministre de l'Intérieur a parlé de « radicalisation express ». Que vous inspire cette réflexion ?

 

Pas mal de perplexité. Dans le cas précis du tueur niçois, nous ne sommes pas encore totalement au clair sur ses motivations. Et, quel que soit le rythme auquel elle s'opère, la « radicalisation » n'est pas une notion claire. Il faudrait d'abord se mettre d'accord sur ces « racines », auxquelles le mot renvoie. Pourquoi retourner aux racines devrait-il mener au crime ?

 

La vie de l'individu (viveur, buveur d'alcool, danseur de salsa) témoigne de son éloignement de l'islam. Les hommes du 11 Septembre étaient aussi, en apparence, des « Occidentaux » dans leur mode de vie. Comment expliquer cette schizophrénie ?

 

Il faudrait d'abord vérifier les déclarations de ceux qui parlent de cet individu. Bon nombre de ceux qui se sont fait exploser ou ont tué sont présentés après coup comme de gentils garçons serviables et sans problème, voire, suprême compliment, jouant au foot... Schizophrénie ? Peut-être pas... Il se peut que la pratique d'un djihad violent soit aussi, pour certains, une façon de « se faire pardonner » une adaptation trop facile à des mœurs occidentales jugées corrompues, voire de se punir soi-même de ces compromissions. Se faire exploser est plus rapide qu'entrer dans un processus long et pénible de conversion.

 

La suite ICI

 

Ce que n’ose pas encore dire Sarkozy par François Bazin

 

"Les arguties juridiques" dénoncées par Nicolas Sarkozy après l’assassinat du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray ne sont rien moins que des règles d’ordre constitutionnel. A ce titre, les mots choisis par le président des Républicains sont à la fois dangereux et indécents. On ne les retrouve pas dans son interview au Monde et c’est heureux. Les propositions avancées dans cet entretien précisent les intentions d’un ancien chef de l’Etat qui aspire à le redevenir. Ce qui est logique et normal dans un débat démocratique digne de ce nom, même si le projet qu’elles dessinent attentent, en bloc et en détails, à ce qui en constitue le fondement.

 

Les institutions de la Cinquième République ne sont pas un bloc intangible. Elles peuvent être modifiées. Elles l’ont été à de nombreuses reprises. François Hollande avait d’ailleurs souhaité qu’elles le soient à nouveau au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 sur l’état d’urgence et la déchéance de nationalité. Ce n’est pas parce qu’il a échoué dans cette tentative sous les tirs croisés d’une partie de la gauche et d’une fraction de la droite que toute tentative de révision doit être exclue par principe, dans un avenir proche.

 

De ce point de vue, Laurent Wauquiez est plus explicite et plus franc que Nicolas Sarkozy quand il suggère aujourd’hui, dans Le Figaro, d’«adapter» notre loi fondamentale aux exigences de la lutte anti-terroriste telle qu’il la conçoit. Sur la présomption d’innocence, via le sort réservé aux fichés S, la droite ne pourra pas avancer demain, si elle revient au pouvoir, qu’en modifiant le préambule de la Constitution qui se réfère explicitement à la déclaration des droits de l’homme de 1789. Rien ne le lui interdit à condition, bien sûr que cette révolution juridique soit validée par le peuple français, selon les procédures qui sont celles de notre démocratie. En l’occurrence, on imagine mal que tout cela ne passe pas par un référendum, en bonne et due forme.

 

Le jeu de l’émotion dans un calcul politique

 

Là est la vraie limite de cette stratégie du «toujours plus» qui sert de boussole à la droite depuis quelques semaines. Dans un premier temps, au lendemain de l’attentat de Nice, elle n’a eu pour seul objectif que de casser les réflexes d’unité et de rassemblement qui s’étaient manifestés dans la rue en janvier 2015, après Charlie et l’Hypercacher, puis, en novembre, au congrès de Versailles, après la réplique du Bataclan. Pour parvenir à ses fins, elle a utilisé toutes les armes de la polémique, fussent-elles les plus basses, face à un pouvoir d’autant plus faible qu’il ne dispose plus de bases politique suffisantes pour lui assurer une crédibilité minimale, au sein d’une opinion taraudée par la peur.

 

Christian Estrosi et, sur un mode mineur, Éric Ciotti, ont été les artisans de cette politique insensée, dictée par le court-terme, qui vise à rendre tout gouvernement, par nature, non pas responsable mais coupable de la moindre action terroriste sur le sol national. Sans doute fallait-il des hommes de sac et de cordes pour en arriver là. Mais comment ne pas voir qu’on ne peut à la fois admettre que le pays est «en guerre» pour longtemps tout en s’en prenant par principe et à la moindre occasion à l’action de ceux qui sont chargés de la mener?

 

Sur de telles bases, on souhaite du plaisir à quiconque prétend aux plus hautes fonctions de l’Etat alors que chacun sait bien que face au terrorisme le risque zéro, hélas, n’existe pas. Personne n’a jamais contesté qu’on puisse faire mieux dans ce combat-là. Mais ce n’est pas faire preuve d’on ne sait quel «fatalisme» que de dire aux Français qu’il ne sera pas gagné de sitôt. Le profil du tueur de Nice montre en tous cas combien il est illusoire de tout prévoir et de tout surveiller. Si la droite s’est saisie de ce drame pour faire le procès du gouvernement, c’est d’abord par calcul. Derrière l’émotion du moment, il y avait une intention déclinée de sang-froid.

 

On remarquera au passage que les leaders les plus «modérés» de la droite n’ont pas su résister à cette stratégie de délégitimation systématique, dictée par des enjeux liés à la future primaire de l’opposition. Alain Juppé a ainsi montré sa faible capacité de résistance aux ultras de son camp. Le maire de Bordeaux est peut-être «droit dans ses bottes» mais celles-ci sont en caoutchouc. S’il devient un jour Président, ce n’est pas ainsi chaussé qu’il parviendra à ne pas être, à son tour, un de ces «petits bouchons» ballotés par les frondeurs de tous poils.

 

Le chef des «Républicains» s'attaque aux traditions ... républicaines

 

Pour sortir de ce piège qu’elle a elle-même creusée, il fallait donc que la droite, par la voix de ceux qui, dans ses rangs, conservent un sens minimum de l’Etat, sache trouver autre chose que des coups de dagues destinés à faire tomber, un jour le ministre de l’Intérieur, un autre le Premier ministre, et à interrompre de facto le mandat du Président, neuf mois avant son terme. Nicolas Sarkozy s’y emploie à sa façon. A chaque attentat, depuis un an et demi, il procède de la sorte.

 

En janvier 2015, il n’avait rien trouvé mieux que de proposer une révision… du régime d’heures supplémentaires des policiers. En novembre 2015, il avait expliqué, au grand dam d’Alain Juppé, que «solidarité» ne signifiait pas «unité» avant de suggérer, face à un Président attentif, l’armement permanent des forces de sécurité ainsi que la déchéance de nationalité. Cette fois-ci, il s’engage sur un terrain qu’il avait jusque-là évité, en dépit des pressions de certains de ses proches, tel Laurent Wauquiez.

 

Dans l’arsenal sarkozyste, figurent désormais des mesures qui visent à créer, sur le plan juridique et pratique, ce qui ressemble trait pour trait à un Guantanamo à la française. Ce faisant, il répond aux injonctions d’une partie de la droite qui n’hésite plus à parler de la nécessaire «israélisation» de nos politiques anti-terroristes, sans d’ailleurs voir que ni les Etats-Unis, ni même Israël, n’ont su dresser les barrages qui les mettent à l’abri du moindre attentat. Ces politiques ne sont pas en soi illégitimes. On peut les défendre dans le cadre d’un débat politique démocratique. De même qu’on peut les combattre en notant qu’elles remettent en cause ce qui constitue le cœur de nos traditions judiciaires et, au-delà, de nos traditions républicaines.

 

Il n’est pas anodin que les révisions que ces projets impliquent renvoient à la déclaration des droits de l’homme de 1789. Si Nicolas Sarkozy préfère, pour une fois, ne pas aller jusqu’au bout de son raisonnement et que Laurent Wauquiez choisit d’euphémiser son propos en ne parlant que d’«adaptation» de la Constitution, n’est-ce pas aussi parce qu’ils mesurent l’ampleur du saut qu’ils proposent? «Le discours de la gauche ne correspond plus à la réalité», vient de dire le président des Républicains dans son interview au Monde. La question est maintenant de savoir si le nom de son parti est lui aussi conforme à cette réalité. Elle sera, quoiqu’il arrive, au centre de la campagne de la prochaine présidentielle et, après tout, au point où on en est, c’est très bien ainsi.

 

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... » et Emmanuel Tood dans tous ses états.

L’absence, le silence, l’oubli peut-être, je ne pouvais que subir. Me taire, ravaler ma fierté, me réfugier dans l’écriture. Ne rien lâcher, résister. Surtout ne pas geindre, me plaindre, pester contre le sort. C’est dans la douleur muette et la colère contre soi-même que l’on peut espérer accoucher ce que l’on porte au plus profond de soi-même. Je m’y employais en retrouvant Marie.

 

« Le matin nous allions à vélo, par le sentier côtier, jusqu'à l'anse des Vieilles. Au soleil levant l'eau, d'une extrême transparence, semblait de pur cristal. Marie l'intrépide s'y plongeait sans la moindre hésitation et, de son crawl fluide et silencieux, elle filait vers le large. Moi je m'adossais à la pente sableuse pour lire. De temps à autre je relevais les yeux pour repérer le point blanc du bonnet de bain de ma naïade favorite. La montée du soleil m'emplissait d'une douce chaleur mais je ne pouvais réchauffer la pointe d'angoisse qui ne disparaîtrait que lorsque Marie serait de nouveau à portée de ma brasse minable. L'océan, avec ses airs paisibles, me déplaisait. Je connaissais sa nature profonde, charmeuse et hypocrite comme celle de tous les puissants. À la fin juillet, en un accès de rage soudain, de ses entrailles obscures, il avait enfanté une tempête féroce. Avec Marie, blottis dans la faille d'une falaise, à l'abri du vent et des embruns, pendant des heures, nous nous étions grisés de ses outrances. Dans le grand lit de la Ferme des Trois Moulins, ce soir-là, pour conjurer mon angoisse, j'avais pris Marie avec une forme de rage désespérée. Après notre étreinte, blottie dans le creux de mon épaule, elle m'avait dit « tu m'as baisé mon salaud et c'était vachement bon... »

 

Marie m'ôta ce carcan de froideur. Moi le silencieux, le garçon qui tient tout sous contrôle, je me laissais aller à lui confier mes peurs et mes faiblesses. Cet abandon je le devais à l'absolue certitude, peut-être que le temps m'aurait démenti, que jamais Marie ne retournerait ces armes contre moi. Nous étions si différents, nos origines étaient aux antipodes, mais notre nous s'érigeait sans question, avec naturel. Elle me donnait la chance de m'aimer moi-même, de me départir de la protection de mes hautes murailles. Jamais nous ne faisions de projets. Nous vivions. À chaque moment, seuls ou ensemble, nous inventions notre vie. Tout ce j'écris semble idyllique, une reconstruction du passé idéalisée, alors que nous eûmes des orages, des divergences mais ce ne furent que des scories dont nous avions besoin de nous débarrasser. J'abordais notre vie à deux avec dans ma besace de jeune homme rien de ce qui encombre les gens de mon âge : tous ces désirs refoulés qui le jour où la flamme décline resurgissent à la surface.

 

Pour maman j'étais l'expression la plus aboutie de ce qu'une mère pouvait rêver. Ses amies lui disaient « Madeleine comme vous en avez de la chance, votre Benoît a tout pour lui... » Ce statut d'enfant doué, à qui l'on donnait le bon dieu sans confession, j'en avais joué tout au long de ma prime jeunesse pour préserver mon petit jardin d'intérieur mais aujourd'hui, introduire entre maman et moi, une femme aimée, celle avec qui je voulais partager mes jours et mes nuits, n'était pas chose simple. Jusqu'à ce jour, même si mon goût pour le butinage devait lui causer quelques frayeurs, un accident était si vite arrivé en ces temps obscurs, ma chère maman s'accommodait fort bien de ne voir aucune fille s'installer dans mon coeur d'artichaut. Lors de ma dernière visite je m'étais bien gardé de préparer le terrain. Maman n'avait rien perçu, les mères aimantes sont aussi aveugles que les maris trompés, ou les épouses d'ailleurs. Pas un mot sur Marie, je m'en voulais de ce manque de courage et, chaque matin qui se levait, je me disais que j'allais lui écrire une belle lettre et, chaque soir, en me glissant au plus près du corps de Marie, la mauvaise conscience s'installait. Comment le lui dire ? Lui dire tout simplement.

 

Dans nos conversations, parlant de mon pays crotté, de mon enfance de sauvageon, de mes ballades dominicales dans les métairies, avec mon père, pour voir ses clients si peu pressés de lui régler son dû, je ne cessais de dire à Marie « Tu vas lui plaire, il va t'adorer... » ce qui me valait en retour de ma douce et tendre un beau sourire ponctué d'un regard rieur que je traduisais « … et ta maman, elle, elle va me détester. Je suis une voleuse, la rivale absolue, celle par qui le cordon invisible se rompt pour toujours... » Jamais elle n'allait au-delà, Marie attendait. À la veille du 15 août je revins de Port-Joinville avec deux allers-retours pour le continent. « Je vais te présenter à maman Marie... » Son regard se voilait d'un léger nuage et, pour faire diversion, elle voltait pour que sa jupette tournoie « je vais tout faire pour lui plaire mon Benoît… » Achille, lui aussi, esquissait une gigue pataude. Jean, de derrière son journal ouvert, en bon célibataire inoxydable commentait « vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... »

 

Et pendant ce temps-là la vie de tous les jours suit son cours avec son lot d’horreurs déchainant sur les réseaux sociaux la haine ordinaire de ceux qui n’en peuvent plus de n’être que ce qu’ils sont : des moins que rien.

 

Emmanuel Tood, à l’image de notre caste intellectuelle, qu’il pourfend pourtant, est tout à la fois un historien, un anthropologue, un démographe, un sociologue et un essayiste. L’homme parfait, bien fait, qui sait tout sur tout, sûr de lui et dominateur, arrogant et méprisant sous des dehors de fausse humilité. Et pourtant il faut le lire attentivement. C’est ce que je fais.

 

Atlantico : Le 23 juin, le Royaume-Uni a fait le choix de sortir de l'Union européenne. Emmanuel Todd, on vous imagine très satisfait de ce résultat…

 

Emmanuel Todd : C'est une évidence mais ce n'est pas vraiment le problème. Je m'intéresse à ce qui se passe en tant qu'historien de l'Ecole française de la longue durée, celle de Fernand Braudel et de mon maître Emmanuel Le Roy-Ladurie; j'essaye de m'extraire du court-termisme de l'agitation des hommes politiques. Le Brexit fait partie d'un phénomène global sur lequel je travaille et qui concerne l'ensemble des sociétés les plus avancées, incluant l'Amérique, le Canada, l'Australie, le Japon : la divergence. Les démographes savent que les niveaux de fécondité sont très différents, que certaines populations se reproduisent, que d'autres n'y arrivent pas, que certaines doivent donc faire appel à l'immigration et d'autres non ; les travaux d’Atkinson et de Piketty montrent que la vitesse et l’ampleur de la montée des inégalités sont différentes.

 

L’anthropologie des structures familiales permet de comprendre l’origine de ces différences et de cette divergence généralisée. Ce qui se passe actuellement, dans le contexte de la globalisation, ce n'est pas seulement que les cultures nationales résistent, mais que le stress et les souffrances de la globalisation conduisent les sociétés, non pas à s'ouvrir plus et à converger, mais au contraire, à trouver en elles-mêmes, dans leurs traditions et dans leurs fondements anthropologiques, la force de s’adapter et de se reconstruire. C'est ce que j'observe, et ce, bien au-delà du contexte européen.

 

Le Japon est dans une période de recentrage sur lui-même, des gens rêvent de la période d'Edo durant laquelle le pays se développait de manière autonome, et à l'insu de l’Europe. Ce sont des forces du même ordre qui ont permis l'émergence de candidats comme Bernie Sanders ou Donald Trump aux Etats-Unis, et qui exigent une sortie du "consensus de Washington" et du discours mondialisé, avec un rêve de refondation de la nation américaine.

 

En Europe, c'est encore plus intéressant parce que nous sommes un système de vieilles nations. L'Europe s’est engagée la première dans ce processus parce que l'Allemagne est partie la première. La problématique du retour à la nation a été imposée à l’Allemagne en 1990 par sa réunification. C’était son devoir, elle devait reconstruire sa partie orientale. Elle a eu une sorte de temps d'avance qui l’a menée, presque par accident, à sa situation de prééminence sur le continent européen depuis 2010 environ. Le deuxième pays en Europe qui se soit recentré sur un idéal national, après bien des troubles, c'est la Russie. L'Empire soviétique s'est décomposé, la Russie a traversé une période de souffrances terribles entre 1990 et 2000, mais l'accession de Poutine a finalement incarné ce retour de la Russie à un idéal national, recentré sur une notion néo-gaulliste d'indépendance. Il a fallu une quinzaine d'années aux Russes pour se retrouver en situation économique, technologique et militaire de ne plus avoir peur des États-Unis. Ce que l'on a pu constater, par étapes, en Géorgie, en Crimée, puis en Syrie. On en arrive àune situation où les armées occidentales qui veulent survoler la Syrie doivent demander l'autorisation aux Russes.

 

Ce référendum sur le Brexit, dans cette logique, c'est l'étape numéro 3 : la réémergence du Royaume-Uni en tant que nation.

 

Et quelle serait la spécificité du Royaume-Uni dans cette dynamique de retour à la nation ?

 

Ils ne sont pas les premiers mais c'est probablement l'étape la plus importante parce que c'est l’un des deux pays leader de la mondialisation. Avec Margaret Thatcher, ils avaient un an d'avance sur les Etats-Unis dans la révolution néo-libérale. Ils font partie de ces pays qui ont les premiers impulsé cette logique. Un re-basculement anglo-américain vers l’idéal national est plus important que l'émergence allemande ou la stabilisation russe. Depuis le XVIIe siècle, l'histoire économique et politique du monde est impulsée par le monde anglo-américain. La nation anglaise a deux caractéristiques combinées et contradictoires. Il s'agit d’abord de la culture la plus individualiste d'Europe, la plus ouverte ; c'est le pays qui a inventé la liberté politique. Ensuite, et paradoxalement, c'est aussi une identité nationale à base ethnique pratiquement aussi solide que celle des Japonais. Comme les Japonais, les Anglais savent qui ils sont.

 

Si l'on suit votre raisonnement de retour à la nation, après l'Allemagne, la Russie, et maintenant le Royaume-Uni, quel pays est le suivant ?

 

Pour accepter ce que je vais dire, il faut sortir des poncifs sur l'Angleterre, ces Anglais bizarres qui ont des bus à deux étages, qui roulent à gauche, qui ont de l’humour, une reine respectée, etc…Tout cela est vrai. Mais il faut surtout voir les Anglais en leader de notre modernité, dans la longue durée braudélienne. La révolution industrielle est venue d'Angleterre et d’Ecosse, et elle a économiquement transformé l'Europe. Les révolutions industrielles française, allemande, russe et les autres n’en sont que les conséquences. Mais avant même la transformation économique, les Anglais ont inventé notre modernité libérale et démocratique. Le véritable point de départ, c'est 1688, ce que les Anglais appellent la "Glorious Revolution" par laquelle la monarchie parlementaire a été établie. Si vous lisez les "lettres anglaises" de Voltaire de 1734, vous verrez son admiration pour la modernité anglaise, avec des choses très drôles sur les quakers ou l'absence de vie sexuelle de Newton. En 1789, le rêve et l’objectif des révolutionnaires français, c'est de rattraper l'Angleterre, le modèle de la modernisation politique. C’est le modèle, que j’accepte, de Daron Acemoglu et James Robinson, dans leur bestseller Why Nations Fail, d’autant qu’ils sont très sympas pour la France; ils soulignent que l'apport de la Révolution française à l’ensemble du continent a été capital, que notre Révolution a généralisé l’idéal d'inclusion du peuple. Reste que c’est l'Angleterre qui a inventé le gouvernement représentatif.

 

Dans ce contexte, il n'est pas illogique de constater que le premier référendum qui aura vraiment des conséquences pour l'Union européenne, le référendum historique, a eu lieu au Royaume-Uni. Un référendum est une procédure inhabituelle en Angleterre. Mais l'objet de ce référendum, et cela est très clair, c’est que la première motivation des électeurs du Brexit, selon les sondages "sortie des urnes", c'est, avant l’immigration, le rétablissement de la souveraineté du Parlement. Car jusqu'au Brexit, le Parlement anglais n'était plus souverain alors que le principe de philosophie politique absolu pour les Anglais, c'est la souveraineté du Parlement.

 

Je conclus : logiquement, l'étape numéro 4, après le réveil de l'Allemagne, de la Russie, et du Royaume Uni, doit être le réveil de la France. Suivre les Anglais est conforme à notre tradition révolutionnaire.

 

A vous entendre, finalement, et en suivant votre logique, l'axe qui convient pour "changer l'Europe", n'est plus le couple franco-allemand, mais le couple Paris-Londres ?

Oui. Il y aura une Europe des nations. Mais dans cette Europe des nations, pacifique, j’espère, il y aura toujours des problèmes d'équilibre des puissances et, bien entendu, l'Allemagne va rester quelques temps encore la puissance économique prédominante. A moyen terme, la crise démographique et l’aventurisme migratoire des Allemands laissent présager une grave crise politique dans le pays, et sur le continent - mettons dans les 20 ans qui viennent.

 

L’une des fautes majeures des dirigeants français est de ne pas avoir compris, de ne pas avoir été capables d’anticiper que le bon rééquilibrage avec l'Allemagne, ce n’était pas l’euro, qui nous détruit, mais l’axe Paris-Londres, inéluctable à moyen terme, qui ne définira pas un couple de circonstance parce qu’il est dans la logique des forces et des cultures.

 

Il y a un grand mensonge des élites françaises lorsqu’elles prétendent se méfier de l'Angleterre. C'est en réalité le seul pays européen auquel nous faisons absolument confiance et c’est pour cela que c’est le seul pays avec lequel on peut efficacement collaborer sur la sécurité militaire. Ce n'est pas technique, cela révèle un rapport de confiance extrêmement fort. Continuons à dévoiler la réalité. Il n’y a que quelques dizaines de milliers de Français à Berlin alors qu’il y en a des centaines de milliers à Londres. Comme il y a des Anglais en France. Il y a deux mégalopoles jumelles en Europe, qui sont Londres et Paris. Les dynamiques démographiques des deux pays sont les mêmes, proches de deux enfants par femme. Le discours sur l’opposition entre l'Angleterre néolibérale et inégalitaire et sur la France de l’Etat social contient un élément de vérité, mais lorsque l'on observe ces deux pays, on voit qu’ils évoluent en parallèle, sur l’oppression des jeunes, les privilèges des vieux. Toutes les nations sont différentes. Mais l’objectivité comparative doit nous faire admettre que le véritable monde étranger, avec ses jeunes si rares, ses loyers bas dus à la dépression démographique, son union structurelle de la gauche et de la droite, son autoritarisme social, c’est l’Allemagne, pas l’Angleterre.

 

Et comment s’opérera cette période de transition vers une Europe des Etats-nations ?

 

D’abord sur le continent, malheureusement par une accélération et une accentuation de la dérive antidémocratique. Désormais, avec une Angleterre libérale qui nous a quittés pour se refonder, les ordres vont arriver encore plus brutalement de Berlin. Sans masques. Les classes dirigeantes – pardon dirigées – françaises doivent s’attendre à être publiquement humiliées. N’oublions pas qu’avec le départ des Britanniques, les Etats-Unis aussi perdent définitivement le contrôle de l’Allemagne. Avec le Brexit, la germanosphère prend son indépendance officielle. Le niveau de contrôle des Américains, avait été bien affaibli par le "Nein" stratégique allemand à la guerre d’Irak. Nous avons pu constater l’impuissance américaine dans le refus catégorique des Allemands d’obéir aux injonctions économiques des Etats-Unis, les adjurant de contribuer à la relance économique mondiale en augmentant leurs dépenses. Le Brexit, c’est la fin de la notion de système occidental. Tous les réalignements sont désormais possibles. C’est la vraie fin de la Guerre froide. Et Poutine, par ses commentaires extrêmement prudents, montre qu’il l’a compris.

 

La situation devient dangereuse, effectivement, mais pas pour les raisons avancées par les euroconformistes.

 

C’est vrai, on garde cette sécurité qui vient du fait que personne ne veut la guerre, que nos populations sont vieilles, et riches encore, pour quelques temps. Mais il y a des éléments violents d’affirmation nationale. Il y a la violence de la prise de contrôle économique du continent par l’Allemagne. Il y la violence de la politique allemande d’immigration qui suit logiquement sa politique austéritaire de destruction des économies de la zone euro, avec ce rêve hyper violent de l’Allemagne de récupérer pour sa propre économie les jeunes qualifiés espagnols, italiens, portugais, grecs et bientôt français, réduits au chômage. Il y a la violence avec laquelle l’Allemagne a rejeté les Etats-Unis.

 

L’anti-américanisme français est une blague comparé à celui de l’Allemagne. Je pense que les Allemands considèrent la victoire américaine de la Seconde Guerre mondiale comme illégitime parce qu’ils savent que la vraie victoire, celle du terrain, fut celle des Russes, qui ont fourni 90% de l’effort humain. La politique américaine de maltraitance de la Russie après l’effondrement du bloc soviétique fut une énorme faute stratégique. Les Américains, ivres de leur réussite dans la Guerre froide, ne se sont pas rendus compte qu’ils déstabilisaient l’Allemagne. Les Américains ont humilié les vrais vainqueurs de l’Allemagne, les Russes, ce qui revenait à dire, dans un certain sens, que la Seconde Guerre mondiale n’avait même pas eu lieu. Plus de vainqueur, plus de vaincu. Dès lors, l’Allemagne a été libérée de son passé. La stratégie américaine anti-russe a détruit la prise américaine sur l’Allemagne. De leur côté, les Français, au lieu d’agir comme un contrepoids à l’Allemagne en copinant avec les Anglais, ont passé leur temps à dire que l’Allemagne était merveilleuse. Leur servitude volontaire a contribué à renationaliser l’Allemagne.

 

La suite ICI 

 

Et puis une parole nue et vraie : Va, vis et deviens Français

6 février 2015

Le témoignage d'Ahmed Meguini, athée.

 

« Je m’appelle Ahmed et je ne suis pas Musulman. Habituellement, comme tous les athées, je le tais. D’abord parce que c’est intime, l’athéisme est une solitude et la solitude ça ne se partage pas. Il y a une autre raison : j’ai souvent eu peur de froisser mes ex- coreligionnaires. Pour un grand nombre de Musulmans, je suis ce qu’il y a de pire : un apostat. Dans la plupart des pays musulmans, je risquerais la mort pour cela.

 

Je suis un citoyen français et je n’ai pas d’autre identité à défendre que celle qui a permis mon émancipation. Je suis libre de croire ou de ne pas croire et pourtant, pour ma sécurité, jusqu’à aujourd’hui, j’ai cru bon de ne pas exposer ma non–foi.

 

Cette lâcheté, que j’assume comme telle, n’est plus permise aujourd’hui. En nous attaquant et en nous tuant, les assassins on révélé une terrible faille sismique. Elle n’était pas nouvelle mais, comme vous, je me mentais à moi-même.

 

Je n’ai pas pu avoir la même rapidité d’analyse que ceux qui ne souhaitent « ni rire ni pleurer » et qui, en un temps record, ont mis sur pied un débat sur la place des jeunes Musulmans en France. Non je n’ai pas pu, et n’en déplaise à Spinoza, j’étais occupé à pleurer. »

 

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Et pour finir un petit flash sur l’opération Chartrons : Ils sont de gauche et vont squatter la primaire de droite. Voici leurs raisons

 

270.000 sympathisants de gauche s’apprêtent à voter à la primaire de droite, selon un sondage Ipsos. Nous avons demandé à soixante d’entre eux de nous expliquer pourquoi ils s’infligent cette torture.

 

Près de 3 millions de Français se déclarent d’ores et déjà certains d’aller participer à la primaire organisée par le parti Les Républicains, en novembre 2016. Et au milieu, quelques intrus: on trouve 9% de sympathisants de gauche, selon un sondage Ipsos paru le 6 juillet. Autrement dit, 9% de squatteurs qui vont s’incruster dans une fête à laquelle on ne les aura pas invités, puisqu’ils devront signer un texte avec lequel ils ne peuvent, en toute logique, pas être d’accord: «Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France.» Un chiffre qui représente quand même potentiellement 270.000 personnes. Mais qu’est-ce qui pousse donc ces hommes et femmes de gauche à glisser un bulletin dans des urnes a priori «hostiles»?

 

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