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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 06:00
Photographie réalisée par Cyrille Choupas pour Usbek & Rica.

Photographie réalisée par Cyrille Choupas pour Usbek & Rica.

Il fait enfin soleil, j’enfourche mon vélo pour filer jusqu’à la librairie Jonas 14 Rue de la Maison Blanche dans le 13e.

 

Je glane et je repars m’installer face à une petite mousse en terrasse pour explorer mon butin.

 

Je commence par le plus imposant. La France chroniques Aurélien Bellanger Gallimard France Culture.

 

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Je feuillette, et très vite je tombe sur Michel Rocard.

 

Aurélien Bellanger en a croisé beaucoup de Premier Ministre mais il avoue que « Ma meilleure rencontre avec un Premier Ministre, c’était avec Michel Rocard. »

 

L’entretien est organisé par le magazine Usbek et Rica, un an avant sa mort.

 

Le père Rocard est un peu sourd croit qu’ils sont ouzbeks. Gentiment ils le font revenir vers eux en lui expliquant qu’Usbek et Rica sont les deux protagonistes des Lettres Persanes.

 

L’objet de l’entretien : Comment peut-on être français ?

 

« Là, soudain, ses yeux se sont mis à briller. Il nous a demandé si on préférait la réponse courte ou la réponse longue. On a dit : ma longue. Il nous a prévenus : ça fera quarante-cinq minutes. On a dit oui quand même. Et ça été un moment prodigieux. »

 

« L’idée de départ, c’était de monter cette rencontre aux Arts et Métiers, dans l’un des plus vieux musées techniques et industriels au monde, histoire de se mettre dans l’ambiance. Finalement, la rencontre s’est faite dans le bureau de Michel Rocard, dans le VIIe arrondissement de Paris. Moins glamour. D’autant qu’on a très vite compris que le dialogue tant attendu n’aurait pas vraiment lieu. L’ancien Premier ministre nous reçoit assis derrière son bureau, encombré de livres et de manuscrits. Dans son dos, près de la fenêtre, trône une maquette de bateau à voile. Il invite Aurélien Bellanger à prendre place de l’autre côté de la table, celui d’où l’on pose les questions. »

Photographie réalisée par Cyrille Choupas pour Usbek & Rica.

 

« Notre hôte s’engage alors dans un long mais passionnant monologue sur le rapport de la France au futur, puisant dans ses souvenirs autant que dans l’histoire de notre pays. Michel Rocard est un grand témoin que l’on écoute parler, pas un pair avec qui l’on discute. Heureusement, le romancier comprend vite de quoi il retourne et accepte de se mettre dans la peau du journaliste. Deux heures plus tard, tandis que l’ancien Premier ministre s’éclipse pour déjeuner, Aurélien Bellanger acceptera de prolonger l’échange en plus petit comité, dans un restaurant du quartier, pour nous en dire plus sur cet entre-deux siècles français qu’il met en scène dans ses romans. »

 

L’ancien Premier Ministre de la France nous a expliqué calmement que la France était un pays colonial, à ceci près que sa clonie principale, c’était la province. Il avait évoqué aussi pêle-mêle, le corporatisme des grands corps de l’État, ces modernisateurs ambigus, car tout imprégnés encore du féodalisme de la robe, l’Académie française, cette structure vestigiale de l’absolutisme, ainsi que cette perversion intrinsèque du capitalisme français, qui conduisaient des entreprises à utiliser la rhétorique de l’aménagement du territoire  pour se lancer dans des concessions impossibles – électrification de la Bretagne, le désenclavement du Massif Central – afin de revenir au plus vite se placer dans le giron de l’État, ce régime déguisé de la faillite.

 

C’était passionnant. »

 

  • Michel Rocard, dans la France de 2015, l’ambiance est au « déclinisme » : tout le monde s’alarme de la situation du pays et de sa dégradation potentielle. Dans votre nouveau livre, vous citez une phrase de l’écrivain Emil Cioran qui, bien que datant de 1941, entre en résonance avec l’état d’esprit actuel : « Une nation ne peut être indéfiniment génératrice de foi, d’idéologies, de formes étatiques et de vie intérieure. Elle finit par trébucher. » Alors, la France at-elle trébuché ?

 

Michel Rocard : Cette phrase est magnifique, n’est-ce pas ? Oui, la France se porte mal, elle est en train de trébucher.

 

Lire la suite ICI 

 

Bellanger conclut sa chronique :

 

« Je me suis souvenu de alors de l’endroit où Michel Rocard avait choisi de se reposer : à Monticello, en Corse, en haut d’une falaise et en face de la France. Il y avait, dans son bureau, des photos de lui  en planeur. Sport qu’il avait beaucoup pratiqué, et qui a pour théâtre invisible une carte des vents, carte largement corrélée à la carte géologique, mais qui repose, c’est tout le charme du vol à voile, sur l’exploitation des singularités de celle-ci, comme les arêtes rocheuses ou les falaises, qui permettent de se désolidariser soudain du pays réel. C’était comme s’il reposait là-bas, à Monticello, sur  ces légers thermiques qui lui promettaient de continuer à s’élever toujours, loin des écrasantes masses d’air de l’État nation. »

 

12 septembre 2016

Ma supplique pour être enterré dans le cimetière sur les hauts de Monticello… ICI 

 

2 novembre 2014

L’Aménagement du territoire (Gallimard, 2014). d’Aurélien Bellanger

Son deuxième roman, l’histoire d’une lutte symbolique et tragique entre un haut fonctionnaire républicain et un grand patron du BTP dans un petit village de Mayenne, où la France se révèle comme une construction historiquement artificielle et fragile.

 

Les paysans de l’Arche perdue aux marches de Bretagne (1) : « Ils parlaient un mélange de français et de patois difficilement compréhensible »

Pour bien comprendre le texte d’Aurélien Bellanger tiré de son livre paru chez Gallimard « L’Aménagement du Territoire » vous trouverez toutes les explications à la suite du texte ci-dessous :  ICI

 

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 06:00
Jean Bouise engagé, héros discret, comparse débonnaire ou salaud opaque, dessinant, au fil de seconds rôles fort peu secondaires, 1 sorte de portrait mouvant du Français, période Formica et impers couleur mastic

Je pose rarement mon cul sur le canapé pour regarder la télé, je sais tout juste manier la télécommande, pourtant un vendredi soir de retour de je ne sais où j’ai allumé la lucarne plate et je suis tombé sur ciné-classic qui affichait Jean Bouise, un héros très discret.

 

Le cul bordé de nouilles j’ai toujours été fasciné par Jean Bouise

 

La disparition des seconds rôles dans le cinéma français, ils avaient des gueules de populo…

 

Le 4 juillet 2006

Les seconds rôles

 

Seuls les gens de cinéma savent honorer les seconds rôles en leur attribuant des prix, Oscars ou César, lors de cérémonies d'autocélébration dont ils raffolent. Les seconds rôles donnent aux films leur pâte humaine, cette épaisseur des gens de peu, la petite musique de la petite vie que l'on vit. Deux acteurs, discrets et talentueux, ont représenté pour moi la quintessence de la grandeur et de la servitude du second rôle : Jean Bouise avec son regard doux de myope et sa voix chaude et profonde, Charles Denner l'homme qui aimait les femmes arpentant le monde juchées sur leurs longs compas.

 

Le documentaire est remarquable, il confirme mes intuitions sur l’homme d’abord et sur le comédien ; il a bouffé de la vache enragé avec Planchon et il a laissé un souvenir durable d’un type bien dans une profession où les gros ego sont souvent insupportables.

 

Jean Bouise, un héros très discret

Jean Bouise, un second rôle de premier plan

Cécile Mury  dans Télérama publié le 03/05/2019.

 

Qui a oublié sa silhouette mélancolique et son jeu tout en subtilité ? Avec le documentaire “Jean Bouise, un héros très discret”, et les films “Coup de tête” et “Le Vieux Fusil”, passez une soirée en compagnie d’un acteur incontournable des années 1970-1980. Vendredi 3 mai sur Ciné+ Classic.

 

Si l’on vous dit « grand escogriffe à moustache, incontournable figure du cinéma français des années 1970 », vous répondez… Jean Rochefort. Perdu : un Jean peut en cacher un autre. Jean Bouise, disparu en 1989, est un poil moins célèbre. Mais il a sans doute autant marqué son époque. Il suffit d’avoir vécu un bout des Trente Glorieuses et d’être un peu cinéphile pour identifier aussitôt sa silhouette mélancolique, son ironie finaude, son jeu minimaliste, tout en subtilité.

 

Chacun garde « son » Jean Bouise dans le patrimoine de ses souvenirs : le flic sobre et tenace qui enquête parmi les petits Blancs racistes de Dupont Lajoie (1975). Le magistrat indigné de Section spéciale (1975). Le patron de club de foot retors de Coup de tête (1978). L’ami bienveillant de Philippe Noiret dans Le Vieux Fusil (1975).

 

L’avoir à l’image, c’est presque un label de qualité, la garantie d’une œuvre soignée, taillée dans un bois solide.

 

Il est de tous les films engagés, héros discret, comparse débonnaire ou salaud opaque, dessinant, au fil de seconds rôles fort peu secondaires, une sorte de portrait mouvant du Français, période Formica et impers couleur mastic. Avec une préférence pour les notables discrets, les huiles de province dubitatives, les M. Presque-tout-le-monde, tous unis par la capacité d’incarnation de leur interprète, son humanité vibrante.

 

Sa filmographie se confond avec celle des grands cinéastes du moment (Costa-Gavras, Claude Sautet…) ou accompagne les débuts prometteurs d’une brassée de fameux débutants, de Jean-Jacques Annaud à Luc Besson.

 

Pas besoin de le chercher longtemps dans la distribution de ces films : Jean Bouise, c’est le type juste à côté de la star. A la droite de Patrick Dewaere ou Yves Montand, ou à la gauche d’Alain Delon. L’avoir à l’image, c’est presque un label de qualité, la garantie d’une œuvre soignée, taillée dans un bois solide. Le bois dont on fait les planches de théâtre : son talent singulier, Jean Bouise l’a découvert et ciselé au Théâtre de la Cité de Villeurbanne — devenu le TNP, où une salle porte son nom.

 

A gauche toute

 

Diplômé de chimie, ce natif du Havre a été détourné très tôt des éprouvettes par un coup de foudre pour l’art dramatique. Des vaches maigres au succès, il est resté le compagnon de route de Roger Planchon, s’illustrant aussi bien chez Shakespeare que chez Brecht ou Tchekhov, au long d’une carrière théâtrale aussi riche et fournie, sinon plus, que son parcours au cinéma.

 

Jean Bouise était un homme de troupe, généreux, toujours prêt à donner un coup de main en coulisses ou à jouer pour trois fois rien dans des courts métrages auxquels il croyait. Humaniste passionné, à gauche toute, il s’est même envolé pour Cuba en 1962, à l’aube de la révolution castriste. Il y a tourné deux films, avant de reprendre le cours de sa vie. A la première des secondes places

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 06:00
Brèves de lavoir (2) la mort noire 1348

La peste bubonique de 1348

 

« En quelques années, près d’un européen sur deux meurt. On ne peut plus cultiver, il n’y a plus assez de main-d’œuvre. La friche et la forêt reprennent possession des territoires. La vigne et les cultures céréalières disparaissent des paysages. Le travail des survivants devient si coûteux que la notion de servage disparaît.

 

Les villes se dépeuplent : 80 % de morts à Florence, 75% à Venise. Les maisons se vident et deviennent si bon marché que l’exode rural est facilité. En deux ans, la population française passe de 17 millions à 10 millions d’habitants. Ce bouleversement démographique et géographique provoque en quelques années une autre manière de penser la vie en société. »

 

Boris Cyrulnik  la nuit, j’écrirai le soleil « après la fin, le renouveau. »

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 06:00
« Être décontracté du gland » souvenir d’avoir croisé 1 nuit au drugstore Publicis de St Germain des Prés  Patrick Dewaere au regard halluciné…

Les Valseuses, comédie réalisée par Bertrand Blier, 1974.

 

Être décontracté du gland jaillit au grand jour en 1974 grâce à Bertrand Blier et au talent d’écorché de Patrick Dewaere, à la gouaille de Gérard Depardieu et à l’innocence de Miou-Miou.

 

Jean-Claude conduisant une DS (la voiture du président de la République pour situer le niveau de transgression) s’adresse à son poteau Pierrot :

 

– On n’est pas bien là ?

– Si.

– Paisibles… À la fraîche… Décontractés du gland. Et on bandera quand on aura envie de bander.

 

Les Valseuses, film réalisé par Bertrand Blier, 1974.

 

Si vous tancez le langage suranné d’un tant soit peu de vulgarité, il vous rétorquera que ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Et il aura bien raison : comme dirait Maurice, Messieurs les censeurs, bonsoir¹ !

 

Ceci posé, nous allons tenter sans censure ni outrance, d’aborder une définition sensible en tous points. Être décontracté du gland est une attitude oscillant entre l’apathie béate post coïtum et le lymphatisme généré par la chaleur épaisse des langueurs océanes², bref une affection de l’âme accessible par la consommation de produits illicites ou par la production d’hormones adolescentes pubères.

 

¹1971, L’insaisissable Maurice Clavel quitte un plateau télé de À armes égales, furieux d’une censure exercée sur son film d’avant débat. Un grand moment de télévision.

 

²Notamment celle du port d’Amsterdam, là où il y a des marins qui boivent, et qui boivent et reboivent, et qui reboivent encore.

 

La suite ICI

 

Le 16 juillet 1982, Pierrot, alias Patrick Dewaere, emporte avec lui l’art d’être décontracté du gland.

 

Ils étaient si proches qu’on aurait dit des frères. Avec l’aîné, Depardieu, un peu plus fort, un peu plus rentre-dedans, et Dewaere, dans le rôle du cadet, plus fragile.

 

Leur duo fusionnel dans Les valseuses, film culte sur la jeunesse et la liberté sorti en 1974 et signé Bertrand Blier, avait encore renforcé leurs liens. Dès que les caméras s’éteignaient, les deux enfants terribles restaient dans la peau de leurs personnages : ils piquaient la DS qui servait au tournage et partaient faire les voyous où bon leur semblait…

 

Il avait d’ailleurs fallu deux semaines supplémentaires au réalisateur pour terminer son film, tant les deux compères, qui semblaient s’être bien trouvés, paraissaient ingérables et ne respectaient que leurs propres règles…

 

Hélas, on le sait, Patrick Dewaere a mis fin à ses jours en 1982. Le 16 juillet.

 

En été, quand la vie semble plus douce, lui, l’acteur surdoué, a décidé que plus rien n’était possible. Il a attrapé un fusil, s’est rendu dans sa salle de bains, et là, se regardant peut-être dans le miroir, acteur et spectateur de son suicide, s’est tiré une balle sous le menton.

 

Mal de vivre

 

Bien sûr, comme à chaque fois, on a alors cherché la raison de ce geste terrible. Certes, il y avait la drogue, l’héroïne, qui adoucissait son mal de vivre. Le comédien, qui allait tourner Édith et Marcel, avait arrêté net d’en consommer, sur l’injonction de Claude Lelouch. Il était donc particulièrement fragile dans cette période de sevrage.

 

Mais il y avait aussi un chagrin d’amour. La femme de sa vie, Elsa, connaissant elle aussi des problèmes d’addiction, lui aurait annoncé qu’elle voulait le quitter. Et Dewaere était persuadé qu’elle avait une relation avec Coluche. Lola, leur fille, comédienne, âgée aujourd’hui de 37 ans, en parlait à notre confrère Paris Match, en 2010.

 

«[Ma mère] m’a dit qu’à ce moment-là elle était partie “décrocher” en Guadeloupe sur l’invitation de Coluche. C’était la première fois qu’elle n’accompagnait pas mon père sur un tournage. L’après-midi de sa mort, [mon père] a parlé à ma mère au téléphone et lui a demandé de revenir, mais elle a refusé car, m’a-t-elle dit, elle se sentait encore trop fragile. […] Je crois qu’après leur conversation téléphonique, mon père a reçu un autre coup de fil. Quelqu’un lui a balancé que Coluche et ma mère étaient ensemble. Je ne leur jette pas la pierre : à l’époque, tout le monde avait des aventures avec tout le monde. Mais, pendant cette période sans drogue, je pense que mon père l’a vécu comme la trahison suprême, Coluche étant son meilleur ami.»

 

La disparition de Dewaere, Depardieu en a aussi profondément souffert. En 1988, il a adressé une longue lettre hommage à son alter ego, une vraie déclaration d’amour. Au fil des mots, on pouvait y lire : «Ce n’est pas tellement que tu n’avais plus envie de vivre, mais tu souffrais trop, de vivre. Chaque jour, tu ressassais les mêmes merdes, les mêmes horreurs dans ton crâne. À la fin, forcément, tu deviens fou.»

 

De quoi Depardieu voulait-il parler ? Et pourquoi dit-il plus loin qu’il n’avait pas été surpris par son suicide ?

 

Aujourd’hui, alors qu’il publie un nouveau livre, Monstre, aux éditions du Cherche midi, dans lequel il évoque son ancien complice, Gérard vient de faire une bouleversante révélation, qui explique peut-être la violence avec laquelle son ami abordait l’existence. Et la violence avec laquelle il l’a quittée. «Patrick Dewaere a été abusé sexuellement durant son enfance. Il avait un encombrement en lui que la drogue a, un temps, mis en paix», a-t-il confié, le 29 octobre au Journal du dimanche.

 

La suite ICI 

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 06:00
Vous reprendrez bien une part de quatre-quarts avec votre café ?

Mémé Marie n’était pas un cordon bleu, elle assurait les tâches les plus humbles : faire un sort à la volaille, au lapin, écosser les petits pois, épibosser les tourteaux ou les araignées, faire la vaisselle, nourrir la basse-cour, mais c’était elle qui préparait le café.

 

Dans un grand faitout d’eau posé sur le coin de la cuisinière à bois, autrefois c’était sur un trépied au-dessus de la cendre chaude de la cheminée, elle versait du café moulu avec son moulin manuel, elle ajoutait de la chicorée Leroux. Fallait pas que ça bouillotte, café boulu café foutu.

 

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Le Bourg-Pailler  était une maison accueillante, les femmes du bourg, la factrice, les clients de mon père, y défilaient. La mémé, immanquablement leur proposait une petite tasse de son café. Elle plongeait sa louche dans le faitout, remplissait une cafetière en métal émaillé pour porter le café à température, et le servait. Tout le monde y ajoutait des morceaux de sucre, les hommes faisaient des rincettes avec de la goutte. Je ne peux vous dire s’il était bon car je n’étais pas autorisé à consommer du café.

 

En revanche, le dimanche, après les vêpres, le café de mémé était accompagné de quatre-quarts. Celui-ci était acheté à la boulangerie Remaud, c’était Madeleine la grande copine de ma mère qui le préparait.

 

À certaines occasions, ma dite mère, cordon bleu de première catégorie, s’en chargeait.

 

Enfin, pour les communions privées ou solennelles, on en fabriquait des fournées, qui cuisaient dans le four banal de la maison chauffé au bois par le pépé Louis. C’était pour distribuer à la parentèle et aux amis.

 

La phrase culte, citée en titre, « Vous reprendrez bien une part de quatre-quarts avec votre café ? » reste pour moi le meilleur antidote au déclin de la convivialité, de l’accueil.

 

Les bretons ont annexés le quatre-quarts, qu’ils se contentent de leur far ou de leur kouign-amann gorgé de beurre salé.

 

Le quatre-quarts est universel.

 

C’est un gâteau facile à réaliser, si ce n’est qu’il faille monter les blancs en neige dans la recette moderne.

 

 

4 œufs et l’équivalent en poids de beurre, de sucre, de farine.

 

Facile à retenir pour les sous-doués.

 

Un peu de levure l’aidera à mieux lever.

 

 

Four à 180° 30 mn

 

 

La recette classique

 

 Ingrédients

 

1 sachet de levure chimique

1 pincée de sel

4 oeufs

Le même poids que les 4 œufs

  • en farine
  • en beurre
  • en sucre en poudre
  •  

Mode opératoire

 

Tout d’abord, faites préchauffer votre four à 180° (thermostat 6).

 

Faites fondre le beurre demi-sel. Laissez-le refroidir un peu.

 

Dans un saladier, mélangez les œufs et le sucre. Réservez.

 

Dans un autre saladier, mélangez la farine, la levure et le sel. Formez un puits au milieu dans lequel vous verserez les œufs et le sucre. Battez le tout doucement avec un fouet jusqu’à que vous obteniez une pâte homogène.

 

Rajoutez le beurre fondu à votre préparation et mélangez le tout.

 

Prenez un moule à cake de préférence : beurrez-le) et versez-y votre préparation.

 

Mettez votre quatre-quarts à cuire pendant 50 mn.

 

Le quatre-quarts devant obtenir une croûte bien dorée, veillez à ce qu’il ne soit pas trop cuit sur le dessus, sinon recouvrez le dessus du moule d’une feuille en aluminium et baissez la température.

 

‍Pour faire le café comme mémé Marie :

 

BOS Buckingham Marmite en inox 21 cm 6 L

 

Mélangez le café moulu, la chicorée Leroux et l’eau dans un faitout (la proportion café et volume d’eau est laissé à votre appréciation, sachant qu’un faitout fait 6 litres) ; Remuez un peu  pour rendre l’ensemble homogène.

 

Mettez le faitout sur le feu, et  remuez le mélange de temps à autre quand il se met à chauffer. Laissez bouillir pendant deux minutes sans couvrir, avant de retirer le faitout du feu.

 

Laissez décanter.

 

Puisez le café avec précaution à l’aide d’une louche pour emplir soit une casserole, soit une cafetière traditionnelle en métal émaillé.

 

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Faites réchauffer à feu doux.

 

C’est très jus de chaussette…

 

Pour la goutte allez du côté de chez Cazottes.

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 06:40
Avant de monter au ciel est-ce-que Jésus a recraché le vin des Noces de Cana ? Sûrement pas car Vin&Société n’existait pas… Ouf !

Je suis tombé de ma chaise lorsque j’ai reçu l’invitation ci-dessus.

 

Jusqu’où ira la fausse inventivité stupide des communicants ?

 

1er campagne d’information dédiée au geste de recracher

 

Cracher ou recracher sont donc un geste ?

 

Drôle de geste que cette projection autrefois très prisée des chiqueurs qui avaient l’art dans les westerns de projeter leur glaviot de très haut dans le pot nommé crachoir. Clint Eastwood était champion peut-être faudrait-il l’embaucher pour apprendre aux licheurs de vin à recracher ?

 

22 juin 2010

Un «enchaîné» de la dégustation crache son vin dans une timbale d’argent au restaurant tel Clint Eastwood son jus de chique dans «Impitoyable»

ICI 

 

En son temps j’avais commis un libelle pour me moquer de l’apprentie Miss Glou-glou qui venait de pondre suite à son séjour à Suze-la-Rousse « Crachons le vin, c’est bon pour lui (et pour nous) »

 

« Et si on généralisait les crachoirs dans les restaurants? » soutenait-elle !

 

Et moi grivois je lui rétorquais :

 

Le vin fait est fait pour être bu, et pissé ajouteraient mes amis gascons (mais je suis grivois). Qu’on le goûtât avant de le choisir rien de plus normal. Qu’on le crachât ensuite c’est la règle de tout amateur dégustateur. Pour le reste, merci de nous lâcher les baskets miss glou-glou, surtout maintenant que nos parlementaires viennent de voter le principe des cendriers mobiles pour fumeurs invétérés vous seriez capable de leur donner des idées avec votre seau à vin.

 

Elle reçut le soutien de François AU 13 grand amateur de vins vieux qui affirmait se trimballer au restaurant avec une coupelle en argent afin d’y recracher ses nectars cacochymes.

 

Apprendre à cracher comme un pro !

 

Un atelier pour ça !

 

Après l’attaque, le milieu de bouche, la finale, c’est la bouche en cul-de-poule, inspiration, expiration, rejet en un mince filet afin de ne pas souiller son plastron.

 

Mais où va-t-on ?

 

Un de ces quatre il va falloir ouvrir un atelier pour apprendre aux mecs à pisser droit dans les cabinets, ce qui d’ailleurs serait d’une grande utilité pour la propreté des WC des bars à vins.

 

Et là-dessus, pour finir dans la joie et la bonne humeur un petit apéritif dînatoire.

 

Volent, s’envolent, les belles CVO ponctionnées sur les vigneronnes, vignerons, tout ça pour pisser dans un violon.

 

Pour sûr Vin&Société, à force de vouloir donner des gages aux hygiénistes, aux prohibitionnistes, sombre dans un ridicule achevé qui, comme chacun le sait, ne tue pas.

 

L’art de la dégustation fut longtemps le privilège des acheteurs de vin, c’est de nos jours l’art de se faire mousser en société alors de grâce laissez donc tranquille ces amateurs de gloses elles ou ils sont assez grand pour comprendre qu’il vaut mieux recracher afin d’apprécier sereinement la cotriade de vins.

 

Résultat de recherche d'images pour "les noces de cana veronese" Les noces de Cana de Véronèse : mais où sont passés les mariés ?

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 12:20
Yannick Jadot et sa compagne, Isabelle Saporta, dans le 19e arrondissement de Paris, le 26 mai. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Yannick Jadot et sa compagne, Isabelle Saporta, dans le 19e arrondissement de Paris, le 26 mai. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Le buzz de la semaine sur les réseaux sociaux c’est le coming-out amoureux d’Isabelle Saporta (1), ma gourgandine préférée, pensez-donc c’est main dans la main qu’elle a déambulé avec Yannick Jadot pendant sa campagne électorale.

 

Pour les nouveaux pharisiens, s’afficher avec un politique, comme deux amoureux, alors qu’on cause dans le poste le matin sur RTL c’est péché mortel.

 

De qui se moque-t-on ?

 

De nous, tout simplement, Isabelle travaille dans une entreprise privée, où elle délivre un billet d’humeur sociétal, ses convictions sont depuis longtemps connues, affichées, revendiquées, assumées, dans ses écrits.

 

Elle a eu droit, par l’extrême obligeance, de ce cher Hubert de Boüard de Laforest, à un séjour à la 17e Chambre du TGI de Paris. J’y étais son témoin. Elle a gagnée en première instance et en appel.

 

Chapeau Isabelle !

 

Elle assure Isabelle, élève bien ses deux filles, rame  comme beaucoup de femmes pour faire bouillir la marmite, alors je dis aux faux-culs, aux hypocrites, à la niche : les chiens aboient la caravane passe.

 

Moi, qui n’est jamais eu beaucoup de sympathie pour les Verts politiques, en déshérence socialiste, j’avoue que le succès de Yannick Jadot ne doit rien à la chance mais, sans doute grâce à Isabelle, à une perception plus ancrée dans le vécu des gens, surtout les jeunes générations préoccupées  d’un avenir climatique incertain.

 

J’ai appelé ça l’effet glyphosate.

 

Enfin, le vieux routier que je suis, peut vous assurer que l’amour, le vrai, le profond, bonifie les animaux politiques. Si Michel Rocard avait connu Sylvie bien avant je vous fiche mon billet qu’il aurait eu toutes ses chances à la présidentielles.

 

Reste à Yannick Jadot à surmonter sa victoire, à ne pas se laisser griser par une élection qui a souvent été favorable aux Verts, à reconstruire avec les débris du PS une alternative crédible à Macron.

 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai de l’estime pour Isabelle, c’est quelqu’un de bien.

 

Nous reste plus Isabelle, et pourquoi pas Yannick, à prendre un verre de vin qui pue rue Daguerre...

 

(1) Etre le parti du quotidien »

 

Autre élément essentiel pour comprendre la campagne de Yannick Jadot : le rôle qu’a joué Isabelle Saporta, sa compagne. Cette journaliste est notamment l’auteure du Livre noir de l’agriculture : comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Fayard, 2011). Elle connaît bien les questions environnementales. Elle rencontre M. Jadot à l’été 2017, lors d’un débat sur BFM-TV à propos des néonicotinoïdes. « J’ai toujours été écolo. Je pense que l’écologie, c’est du terrain », explique Mme Saporta. C’est elle, par exemple, qui va présenter M. Jadot à Benoît Biteau, agriculteur bio. Elle se tient à distance des affaires du parti mais plaide pour une ligne articulée autour de « l’écologie concrète ».

 

« L’écologie c’est la matrice par laquelle on doit tout repenser, y compris l’économie. On doit trouver des solutions, être le parti du quotidien, insiste Isabelle Saporta. J’ai poussé Yannick à faire du terrain, à rencontrer des pêcheurs, des viticulteurs, des patrons de PME, des artisans qui étaient fâchés avec EELV alors qu’ils sont tous vraiment écolos. On doit avancer ensemble, avec les bonnes idées. » Ce qui fait écho aux propos de M. Jadot lorsqu’il affirma au Point début mars : « Bien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation. »

 

ICI 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 09:45
Aux européennes : l’effet glyphosate, orange, jaune, vert…

Au dernier moment je me suis décidé à y aller… La table des bulletins de vote était à l’image de cette élection : une désolation. Le trop plein avec plein de trous (absence de bulletins). J’ai voté. Bien sûr je ne vous dirai pas pour qui.

 

La campagne électorale fut indigne, bien à la française, où le devenir de l’espace européen fut rangé au rang des accessoires inutiles au profit de nos obsessions françaises.

 

La palme de la connerie à un slogan gilets jaunes approuvé par François Ruffin qui se laisse parfois aller à la démagogie : « Faire l'amour une fois tous les 5 ans, ce n'est pas une vie sexuelle. Voter une fois tous les 5 ans, ce n'est pas une vie démocratique ».

 

Du côté des droites : l’extrême et celle qui se dit encore républicaine : deux jeunes gueules pour rafraîchir l’image.

 

Du côté Macron : l’art consommé de faire des erreurs de casting, l’énarque pleine de bonne volonté ayant autant de charisme qu’un navet.

 

À gauche, les Balkans, Gluksmann belle gueule, Hamon à la ramasse, Brossat belle gueule, Mélenchon pardon Aubry Manon transparente.

 

Les verts, Jadot fringant surfant sur l’effet glyphosate, le devenir climatique, les angoisses d’une part de la jeunesse éduquée.

 

Je jetais un œil sur les sondages qui, pour les grosses cylindrées RN et LREM me semblaient viser juste alors que pour les partis en déclin : PS et LR pataugeaient et deux inconnus : LFI et les Verts où je pressentais que Mélenchon allait prendre une claque et les verts se refaire la cerise.

 

Les annonces sur l’abstention, à mon image, montraient une masse de votants réguliers hésitants : moi qui votait à gauche je ne me sentais pas d’humeur à la faire cette fois-ci.

 

Ce qui m’étonnait c’est l’absence de flair de la majorité présidentielle sur l’effet glyphosate tout en me disant que j’étais sans doute trop influencé par les réseaux sociaux.

 

Bref, lorsque les % de participation sont tombés là mes intuitions semblaient se confirmer : les verts allaient servir de réceptacle des déçus de la gauche.

 

Les résultats :

  • Le FN confirme et est le principal bénéficiaire de l’effet gilets jaunes ; bravo la cohorte des sociologues de gôche, le peuple mon cul il n’a pas la gueule de l’emploi !

 

  • Macron résiste car il bouffe à deux râteliers : LR modéré et PS sociaux-démocrates.

 

  • Jadot doit relativiser sa victoire, en son temps Cohn-Bendit fit un très bon score avant que les démons verts dilapident ce capital.

 

  • Mélenchon prend une branlée méritée : l’effet gilets jaunes a jeté dans les bras du FN les protestataires antisystèmes.

 

  • Wauquiez est sur un siège éjectable.

 

  • Le PS s’est hollandisé il est à son étiage haut.

 

  • Hamon est subclaquant.

 

  • Le PC au trou.

 

  • DLF et la piétaille Frexitienne à la poubelle.

 

  • UDI qu’est-il allé faire dans cette galère ?

 

  • L’étonnant score du parti animaliste 2,2%.

 

Au plan européen, nous avons avec les Hongrois, les Italiens, le bonnet d’âne mais la vague populiste est contenue par une forte poussée verte en Allemagne surtout.

 

La fille du borgne, l’escroqueuse du fric européen, demande la dissolution de l’assemblée nationale : pourquoi faire ? Elle ne le sait même pas.

 

Rassurez-vous, samedi prochain les gilets jaunes seront à nouveau dans la rue, chacun va reprendre sa posture, son petit couplet, les européennes oubliées, nous allons continuer de râler, les sociologues d’analyser leur nombril, Onfray le bien nourri de se prendre pour un visionnaire, Macron dans sa tour d’ivoire, Mélenchon dans ses obsessions, Hollande dans son fiel, la France quoi alors que pendant ce temps-là les Chinois occupent l’espace face à un Trump qui flambe avant d’être réélu et se consumer.

 

Au fait mais où sont les Anglais ?

 

La palme d’or à « May n’a pas atteint Juin ! »  

 

À tous les grands perdants de ces élections ... L’esprit de Winston Churchill n’est jamais bien loin: «Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme.» 🤔

 

 

Elections européennes 2019 : Allemagne, Espagne, Hongrie, les estimations pays par pays

Le taux de participation est « le plus élevé en 20 ans », avec une estimation de 51 % pour les 27 pays de l’UE, sans le Royaume-Uni.

Le Monde avec AFP 

ICI 

ICI 

Diaporama.

Résultats européennes 2019 : les unes de la presse internationale

 

Européennes au Royaume-Uni : victoire écrasante du Parti du Brexit, précurseuse d’un « no deal » ?

ICI 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 06:00
Pourquoi les pieds sentent-ils le fromage ? Au Victoria & Albert Museum de Londres vous aurez la réponse on va y exposer des fromages faits à partir de bactéries humaines…

« Quand on passe les bornes, il n'y a plus de limites. » Alfred Jarry, Alphonse Allais… Je ne sais… mais ce que je sais c’est qu’à l'occasion de la toute nouvelle expo au Musée Victoria & Albert à Londres, portant sur l'avenir alimentaire, une expérience cherche à tester nos limites : un fromage fait à partir de bactéries humaines !

 

Alors, on goûte ou pas ?

 

Des fromages faits à partir de bactéries humaines, récoltées depuis les aisselles, les orteils, les nombrils et les narines de célébrités. Plutôt fou, non ? Parmi les premiers volontaires pour cette expérience, le célèbre chef cuisinier Heston Blumenthal et le bassiste de Blur, Alex James. Les fromages qui résultent de leurs bactéries seront donc présentés à la nouvelle exposition du Victoria & Albert Museum à Londres.

 

Appelée « Food: Bigger than the Plate », l’expo est un ambitieux projet qui compte tout explorer ; des fermes urbaines et de la gastronomie, à la politique et le développement durable du système alimentaire. Et parmi tout cela, sera exposé le “fromage d’humain” en tant qu’expérience, menée par la biologiste de synthèse Christina Agapakis et l’artiste olfactif Sissel Tolaas. 

 

Durant ces derniers mois, cinq fromages ont été laissés “mâturer” dans une cave spécialement créée à cet effet, dans un laboratoire de Londres. Pour leurs fromages, les célébrités ont donc choisi d’être recréées dans des fromages spécifiques : le musicien de Blur en fromage Cheshire, le chef Heston Blumenthal en Comté, le rappeur britannique Professor Green en Mozzarella, et le chanteur de Madness en Jeune Cheddar.

Fromage Bactéries Humaines Crédits : Open Cell

 

La suite ICI 

 

Pourquoi les pieds sentent-ils le fromage?

 

  • Un milieu propice à la multiplication de bactéries

 

Les pieds transpirent, et dans des chaussures, de l'eau s'accumule, formant ainsi un environnement chaud et humide. Cet environnement est propice à la croissance et à la multiplication de bactéries.

 

En plus d'une bonne température et d'une bonne humidité, les bactéries ont besoin de nourriture pour se reproduire. La peau est justement couverte d'une telle nourriture sous la forme de cellules mortes (de peau) et de kératine qui est une famille de protéines qu'on retrouve dans la peau, les ongles et les cheveux.

 

L'environnement décrit ci-dessus est très prisé par deux bactéries en particulier: Brevibacterium epidermidis et Brevibacterium casei. Elles font toutes deux parties d'une grande classe de bactéries, le genre Brevibacterium, et elles ont tendance à coloniser les pieds, chaussettes et chaussures.

 

  • Les Brevibacteria produisent des composés sulfurés volatils

 

Comme toute machine vivante, les Brevibacteria transforment leur nourriture en de nouveaux composés chimiques. Parmi eux, on trouve des composés volatils sulfurés, les S-méthyl thioesters, tels que l'acide isovalérianique. Ce sont eux qui ont une odeur forte de fromage. On retrouve également ces composés dans d'autres contextes. Par exemple, si tu manges des asperges, ton urine va sentir bizarre en raison de S-méthyl thioesters. En résumé, les S-méthyl thioesters puent.

 

  • Utilisation de Brevibacteria dans la fabrication de fromages

 

La raison pour laquelle on associe l'odeur associée aux produits générés par les Brevibacteria à celle du fromage est que ces bactéries sont justement utilisées dans la fabrication de fromage. Pas les Brevibacterium epidermidis, ni Brevibacterium Casei. Mais des bactéries du même genre, comme Brevibacterium linens.

 

« Lorsque les scientifiques ont vu des microbes sous leurs microscopes au 19ème siècle, ils ont réalisé que quelques-uns étaient la cause de certaines maladies. Des processus pour tuer ces bactéries se sont alors développés, tels que la pasteurisation de la nourriture et la stérilisation des instruments médicaux, qui ont sauvé d’innombrables vies humaines. Mais avec ces mauvaises bactéries, nous détruisons quotidiennement quelques-unes qui peuvent être cruciales pour notre bien-être et notre résistance immunitaire. »

 

Et avec ça vous boirez bien un vin qui pue foulé par les pieds de la vigneronne ou du vigneron ?

 

Where?

 

The Victoria & Albert Museum, Cromwell Rd, Knightsbridge, London SW7 2RL

 

When?

18 May-20 October 2019

 

How?

Advance tickets are £17, concessions from £13

 

Urban Mushroom Farm © GroCycle

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 07:00
«Dans la solitude des champs de coton» le chef-d’œuvre de Bernard-Marie Koltès, Grande Halle de la Villette, Mata Gabin Charles Berling…

C’est ainsi, à chaque fois que je me retrouve face à la Grande Halle de la Villette, je pense à l’impéritie des Ingénieurs du Génie Rural et aux politiques qui n’ont rien compris à l’évolution de l’abattage des animaux en érigeant une cathédrale de béton à la Villette.

 

 

Le chantier est arrêté en 1971. L’ensemble des activités du site sera supprimé trois ans plus tard. Excepté la Grande halle de la Villette et quelques autres éléments comme la fontaine aux Lions de Nubie, la totalité des bâtiments est démoli. (Voir plus bas)

 

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Ce jeudi soir, l’air est doux même si nous sommes bien loin d’un beau mois de mai ; les gens baguenaudent au flanc de la Grande Halle, souriants, détendus, les gens qui vont au théâtre, qui plus est voir Dans la solitude des champs de coton, portent en eux des trésors en voie d’extinction.

 

Dans la solitude des champs de coton n’est composé que d’une seule scène dans laquelle on assiste à la rencontre et à la discussion que vont avoir les deux personnages de la pièce : Le Dealer et Le Client. L’action se situe dans un lieu désert et indéterminé à une heure elle aussi indéterminée de la nuit. Les deux protagonistes dialoguent par le biais de longues tirades, sauf à la fin où le dialogue s’accélère.

 

À noter que Patrice CHEREAU a mis en scène cette pièce trois fois. D’abord au Théâtre des Amandiers à Nanterre en 1987 avec Laurent MALET (le client) et Isaac DE BANKOLE (le dealer). Puis en 1990 il reprend lui-même le rôle du dealer, et enfin en 1995 où Pascal GREGGORY prend le rôle du client (Molière de meilleure mise en scène en 1996).

 

La salle est pleine, nous sommes bien placés.

 

 

« Dans un décor monumental où les lumières jouent avec les ombres, le dealer est une femme androgyne qui se fond dans les ténèbres et l’acheteur un homme blanc en costume de ville. Dans une danse bestiale faite d’avancées, de frôlements, de reculades, de chuchotements, de cris, de défis, de replis, ces deux- là ne peuvent tout simplement pas s’éviter. Ni se confondre. Un affrontement sado-maso poétique, tout en rudesse et fragilité. »

 

« Aussi belle que complexe, la langue de Bernard-Marie Koltès est piégeuse pour quiconque veut se l'approprier. Sans pour autant en briser le mystère et en purger la poétique, Berling parvient à la rendre limpide. Le joli duo qu'il forme avec Mata Gabin confère à ce texte difficile une clarté nouvelle et met l'excellence du dramaturge français à la portée de tous.

 

Plutôt que deux monologues qui se répondraient en écho, Berling transforme l'échange entre le dealer et son client en un véritable dialogue. Se succédant à un rythme effréné dans les positions de dominant et de dominé, ils se lancent dans une joute verbale où l'attraction et la répulsion s'entremêlent jusqu'à conduire à un inévitable conflit. 

 

 

De prime abord surprenant- les deux protagonistes étant habituellement le miroir l'un de l'autre -, le choix d'un duo masculin-féminin se révèle pertinent. Quand Mata Gabin exhibe toute sa force oratoire, Charles Berling la joue plus en finesse, inversant par là même les attributs traditionnels des deux genres.»

 

Un tout petit peu plus d’une heure d’un grand bonheur, transporté, accroché par cette lutte de mots, extirpé du quotidien, tiré vers le haut, touché au plus profond, au cœur, à la tête, loin du  réalisme cru je me laisse prendre par la poétique du texte puissant, violent, organique, orgasmique… Je partage cette fusion…

 

Ne me traitez pas d’intello sinon je vais me fâcher tout rouge

 

Que se disent ces deux-là ?

 

« Des choses à la fois les plus banales et les plus belles qu’il soit, dans la langue élaborée et cadencée de l’auteur, à savoir que l’on peut tout autant s’aimer que se haïr, selon les circonstances, l’heure ou l’endroit. Seul, le désir qui a force de loi existentielle mène la danse et conduit les êtres vers leur destin. »

 

« Alors ne me refusez pas de me dire l’objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ;  et s’il s’agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d’une prison, ou dans la solitude d’un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder », invoque patiemment le dealer.

 

« Le Dealer

 

[…] Deux hommes qui se croisent n’ont pas d’autre choix que de se frapper, avec la violence de l’ennemi ou la douceur de la fraternité. […] ».

 

« Le Dealer

[…] parce qu’on n’inflige que les souffrances que l’on peut soi-même supporter, et que l’on ne craint que les souffrances qu’on n'est pas soi-même capable d’infliger. […] ».

 

Fin

 

« Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut, dans des espaces neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs, par entente tacite, signes conventionnels ou conversation à double sens - dans le but de contourner les risques de trahison et d’escroquerie qu’une telle opération implique - , à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, indépendamment des heures d’ouverture réglementaires des lieux de commerce homologués, mais plutôt aux heures de fermeture de ceux-ci. ».

 

Applaudissements !

 

Les saluts rituels.

 

Les habituels pressés sortent alors que les applaudissements crépitent, quel manque de respect pour les acteurs, même s’ils n’ont pas aimé ces grossiers pourraient rester quelques minutes de plus le cul visser à leur fauteuil sans applaudir. Sans doute leur estomac prime sur leur savoir-vivre.

 

Merci Mata Gabin Charles Berling…

 

 

Bernard-Marie KOLTES (1948/1989) est un dramaturge français. Il fait des études de scénographie au Théâtre National de Strasbourg. Il effectue aussi de nombreux voyages notamment en Amérique du Sud, en Afrique et à New York qui vont être une grande source d’inspiration dans l’écriture de ses œuvres.

 

En 1977, il écrit et met en scène La nuit juste avant les forêts qui sera présentée au Festival Off d’Avignon la même année avec Yves FERRY dans l’unique rôle de la pièce. Il s’agit d’un long monologue, d’une seule phrase, adressé à un personnage muet. C’est son premier succès en France et en Europe.

 

En 1979 il écrit Combat de nègre et de chiens, mis en scène en 1983 par Patrice CHEREAU qui deviendra son metteur en scène quasi attitré. Le succès est mondial. Il collabore à nouveau avec Patrice CHEREAU en 1985 pour Quai Ouest et Dans la solitude des champs de coton.

 

En 1988, il écrit Roberto Zucco qui reste aujourd’hui sa pièce la plus jouée de par le monde.

 

Il meurt en 1989 du virus du Sida.

 

 

Devenus symboles de gaspillage, les abattoirs de la Villette ferment leurs portes le 15 mars 1974.

 

Ils ont été construits par Baltard à l’époque de Napoléon III. En 1959, on décide de les reconstruire. Le but ? Installer un marché d’intérêt national de la viande. Mais rien ne se déroulera comme prévu. En 1961, les travaux commencent. Mais le chantier prend du retard et ce n’est que trois ans plus tard, en 1964, qu’est achevé le bâtiment de stabulation et en 1967 que se finit la construction du bâtiment des abattages, prévu pour produire 450.000 tonnes de viande.

 

Entre-temps, les coûts s’envolent et, surtout, avec le développement du transport frigorifique, l’abattage sur les lieux d’élevage est devenu beaucoup plus rationnel… Le chantier est arrêté en 1971. L’ensemble des activités du site sera supprimé trois ans plus tard.

 

Excepté la Grande halle de la Villette et quelques autres éléments comme la fontaine aux Lions de Nubie, la totalité des bâtiments est démoli. Aujourd’hui, cet espace de 55 hectares situé entre deux portes de Paris est occupé par des lieux d’études, loisirs et distractions, comme le Parc de la Villette, la Cité de la musique, la Cité des sciences et de l’industrie et le Zénith.

 

 

M. Pierre Marcilhacy : Monsieur le président, messieurs les secrétaires d’État, mes chers collègues, je voudrais qu’il fût bien entendu que c’est le sénateur qui prend la parole et non l’ancien président de la commission d’enquête sur l’affaire de La Villette, qui a fini de remplir sa mission le jour où, le 24 avril 1971, le rapport a été publié à la suite d’un vote du Sénat.


Qui est responsable de ces décisions successives ?

 

A l’origine le conseil de Paris, décision qu’on ne discute pas, veut moderniser les abattoirs de La Villette. Il décide de maintenir La Villette. C’est peut-être une erreur ; cela ne me regarde pas. Le Gouvernement y raccroche le marché d’intérêt national. Attention ! Il s’agit bien là d’une décision gouvernementale. Un marché d’intérêt national, c’est très grave, parce que, pour qu’un tel marché fonctionne, il faut lui donner les moyens de s’approvisionner. Il faut donc prendre en même temps les mesures qui doivent lui permettre de tourner. En effet, on ne demande pas aux abattoirs de gagner de l’argent, mais de tourner. Ce qui est effrayant, c’est qu’on a construit un outil qui ne pourra jamais servir. Ce n’est pas parce qu’on abat quelques tonnes de viande que l’affaire marche. Ce n’est pas vrai. C’est une absurdité.

 

Tout le processus est décrit dans le rapport et comme le ministre de tutelle est celui de l’agriculture, je suis obligé de dire que la responsabilité politique incombe au ministre de l’agriculture de l’époque. Cependant, je dois reconnaître que, dans la dernière période, sa responsabilité est diminuée puisqu’il est arrivé en prenant le train en marche et qu’il a souvent essayé de l’arrêter. Je trouve, sauf erreur, les noms de MM. Pisani, Edgar Faure, Boulin, Duhamel et Cointat. Je ne peux pas raisonner autrement et, si je suis obligé de vous donner ces noms, monsieur le secrétaire d’État, c’est parce que vous allez être amené, je l’espère, à sanctionner ces fautes administratives.

 

Or, quelle peut-être la position de ces administrateurs — le reste, je ne veux pas le savoir — maladroits, incompétents ou négligents ? Ils pourront dire : « Nous n’avons fait qu’exécuter une décision politique qui venait de très au-dessus de nous. Nous n’avions qu’à claquer des talons et à passer à l’exécution. Si vous dites que le projet a échoué et que nous avons dilapidé 100 milliards d’anciens francs, prenez-vous en à d’autres qu’à nous. » Et ils auront raison ! Cette affaire met en cause toute une série de procédés qui interviennent dans la gestion des affaires de l’État.


 

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