Vin & Cie, en bonne compagnie et en toute liberté ...
Extension du domaine du vin ...
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, sur cet espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que c'est autour de la Table où l'on partage le pain, le vin et le reste pour " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes ... "
Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter , colonne de droite (c'est gratuit ) surtout ne pas décocher chroniques (sinon vous ne recevrez rien) ou placez www.berthomeau.comdans vos favoris .
Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.
Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.
En France, les corbeaux, les délateurs, font partis du paysage national avec une pointe au bon vieux temps du bon Maréchal Pétain qu’aimait bien le champagne.
L’Anpaa a demandé à madame Sophie Claeys de supprimer l’un de ses articles écrit le 2 juillet concernant un pochon imaginé par la maison Lanson (qui est partenaire officiel du tournoi de Wimbledon).
Un de nos adhérents m’a signalé un article sur votre site évoquant le partenariat entre Wimbledon et Lanson, ainsi que la bouteille spéciale éditée à l’occasion, uniquement disponible au Royaume Uni, et pour cause, elle est illicite en France. La jurisprudence est claire au sujet du type d’articles que vous rédigez : il s’agit de publicité au sens de la loi Evin. Par conséquent, vous êtes tenue de respecter les termes de cette loi en veillant à respecter le contenu limitativement exposé par l’article L3323-4 du code de la santé publique. Évoquer un lien entre le sport et l’alcool est interdit en conséquence de cet article.(il est erreur 404 depuis ICI
Je vous demande par conséquent de supprimer cet article de vos pages et vous invite pour l’avenir à plus de vigilance.
Ce courrier a une visée essentiellement préventive, mais je vous informe malgré tout que le non-respect de la loi Evin est une infraction pénale.
Je vous prie d’agréer Madame, l’expression de mes salutations respectueuses.
Pensez-donc Tonton, les ravages qu’aurait pu faire dans notre belle jeunesse la vision de ce pochon, pire qu’une incitation à la débauche, encore un coin planté dans la splendide loi attribué à ce pauvre Claude Evin.
De la gueule de qui se fout-on ?
De la nôtre, sans aucun doute, braves cotisants obligatoires qui, par nos beaux impôts et nos cotisations sociales diverses et variées finançons ce « club » de blouses blanches qui se cooptent depuis des générations.
Comme le disait ma grand-mère « ils n’ont que ça à faire ? »
Ben oui, comme toute technostructure, l’ANPAA justifie son existence par ce genre d’action sans intérêt.
À la limite leur signalement aura l’effet inverse à celui qu’ils disent vouloir obtenir : le pochon de Lanson pour Wimbledon va devenir un objet culte sur les réseaux sociaux.
L’union de Reims écrit :
« Voilà un partenariat historique. Ce 1er juillet s’ouvre le tournoi du grand chelem britannique à Wimbledon pour une quinzaine de jours. De nouveau et comme depuis 42 ans, la maison de champagne rémoise Lanson est partenaire de l’événement. Le partenariat a même été renouvelé pour cinq années supplémentaires. Pour cette nouvelle édition, la maison a imaginé cette année un pochon vert ou rose, uniquement disponible au UK. »
Pour contempler dans toute son horreur le pochon de Lanson à Wimbledon il vous suffit d’aller sur Google et d’inscrire dans la petite fenêtre le pochon de Lanson à Wimbledon.
C’est vraiment une horreur !
Je suis tout tourneboulé.
C'est la porte ouverte au malheur…
Par bonheur, notre France, fille aînée de l’Église, contrairement aux affreux antipapistes de l’autre bord du Channel, est préservée de telles images corruptrices de sa belle jeunesse en fleurs !
Sur Youtube c’est pire qu’une video porno : Lanson & Wimbledon - the perfect partnership
Merci, merci, l'ANPAA, madame Claeys dites 3 pater et 2 ave dans la cathédrale de Reims pour votre pénitence…
La nouvelle intéresse la presse, et c’est normal, l’homme en vaut la peine, le Point ICI titre Fin de partition pour le juge Van Ruymbeke: « aujourd'hui, les affaires ne sont plus étouffées »
Kerviel, Karachi, Cahuzac... L'emblématique juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke a incarné la lutte contre les fraudes et la corruption en se confrontant souvent aux hautes sphères du pouvoir. A l'heure de la retraite, ce magistrat mesure les progrès réalisés. Mais « il n'y a jamais eu autant d'argent sale ».
De ses débuts à Caen au pôle financier de Paris, « ce fut un parcours tout sauf paisible, semé d'embûches, mais je n'ai jamais renoncé », raconte dans un entretien à l'AFP le juge, pianiste à ses heures, qui se décrit comme un « besogneux » à l’ «intelligence moyenne »
« J'ai commencé dans une période où l'on ne traitait pas des dossiers politico-financiers, cela n'existait pas », témoigne ce fils d'un haut fonctionnaire énarque.
Et là je me dis, moi je connaissais bien le papa André Van Ruymbeke le patron du FORMA.
Ce que je vais écrire n’est ni un procès à charge à son endroit, ni une pierre jetée dans le jardin de son fils, simplement le témoignage qu’en ce temps-là, ce temps que l’on badigeonne aujourd’hui du c’était mieux avant.
En effet, le couplet de nos jours c’est que sous de Gaulle puis Pompidou la France naviguait sur un océan de bonheur béat, consommait à tour de bras dans les nouveaux temples inventés par le père Leclerc et les fondateurs de Carrefour, tout était net et propre, les Français ne râlaient pas ils partaient joyeux et contents en congés-payés à Palavas-les-Flots, tout allait bien madame la marquise.
Mais, à y regarder de plus près, il est tout de même permis de noircir un peu ce tableau idyllique en pratiquant un zoom arrière sur cette période.
Je planchais alors sur ma thèse de doctorat sur le porc et je montais à Paris pour alimenter ma documentation. J’allais bien évidemment rue Barbet de Jouy, siège de la DIAA, la direction des Industries Agro-alimentaires, mais aussi au FORMA, Fonds d’Organisation et de Régulation des Marchés Agricoles, sis rue Saint-Charles.
Qu’était-ce donc le FORMA ?
Là où se situait le pouvoir économique des subventions et du pognon de dingue que déversait le Marché Commun pour soutenir les prix agricoles. C’est un peu court comme définition mais ça reflète la réalité de l’époque : le directeur du FORMA discutait d’égal à égal avec le Ministre de l’Agriculture.
Et puis le Monde du 4 août 1971 titrait :
M. VAN RUYMBEKE QUITTE LA DIRECTION DU FORMA pour celle d'un grand groupe coopératif de l'Ouest
M. André Van Ruymbeke quittera à la rentrée la direction du Fonds de régularisation des marchés agricoles (FORMA) pour prendre celle de la société d'intérêt collectif agricole Ouest-Lait.
Cette société regroupe plusieurs affaires importantes, notamment l'Union laitière normande et Négobeureuf ; elle a une participation dans l'Union des coopératives Fromançais et dans le Comptoir agricole français, deux sociétés commerciales. L'ensemble forme un groupe qui réalise près de 2 milliards de francs de chiffre d'affaires. Il compte parmi les toutes premières firmes de l'industrie alimentaire française et se classe au premier rang du secteur coopératif.
L'Union laitière normande et Négobeureuf avaient cependant connu ces derniers mois des difficultés financières. Leur réorganisation en cours a déjà conduit à un rapprochement avec UNI-COPA, un autre groupe coopératif important de l'Ouest. L'arrivée de M. Van Ruymbeke se situe, estime-t-on, dans cette perspective de regroupement des industries coopératives de cette région.
Né le 17 mars 1921 à Lausanne (Suisse), M. Van Ruymbeke a été successivement administrateur civil au ministère des affaires étrangères, administrateur civil, puis sous-directeur à l'administration centrale des affaires économiques, avant d'être nommé, en 1966, chef de service à la direction des relations économiques extérieures (D.R.E.E.). M. Van Ruymbeke devait, de février à août 1968, occuper le poste de directeur des industries agricoles et alimentaires au ministère de l'agriculture, puis être nommé directeur du FORMA.]
Il en était ainsi dans les années Pompidou un haut-fonctionnaire, qui avait la main sur la distribution d’argent public, national et communautaire, et le secteur du lait était l’un des principaux bénéficiaires, partait gentiment sous les applaudissements gérer la plus grande entreprise laitière de l’hexagone (en effet, à cette époque Besnier était encore une petite boîte de Laval fabricant du calemdos)
Qu’entendrions-nous aujourd’hui sur les réseaux sociaux, dans la presse bien-pensante, chez les politiques de tous poils avec mention spéciales aux deux bouts, du côté des bons français bouffant du haut-fonctionnaire matin, midi et soir.
Cette pratique, à l’ULN, perdura, puisque lorsqu’André Van Ruymbeke parti à la retraite c’est Denis Gautier-Sauvagnac énarque qui devint directeur général entre 1981 et 1985, puis lorsque celui-ci devint directeur de cabinet de François Guillaume ministre de l’Agriculture, Christian Prieur, directeur du FORMA, prit sa succession.
L’ULN rompit avec cette pratique lorsque la perfusion de subventions atteint ses limites, que le soutien communautaire au beurre et à la poudre de lait ne faisaient pas une politique commerciale, en embauchant Alain Juillet ancien cadre du groupe Pernod-Ricard, parent du Juillet de Pompidou, comme directeur général adjoint chargé du développement international (1988-1992), puis directeur général (1992).
Ce ne fut pas une bonne pioche, notre amena joyeusement l’ULN à la faillite mais c’est une autre histoire.
(1) Wikipédia
André van Ruymbeke, participe activement à la Résistance, durant l'Occupation allemande. Il rejoint le Maroc, puis participe au débarquement de Provence, et à la libération de Toulon.
Licencié ès lettres, il entre en 1947, à l'ENA dans la même promotion que Michel Poniatowski.
Il intègre la direction des affaires administratives et sociales du ministère des affaires étrangères en 1949, puis il entre au secrétariat d'État aux affaires économiques en 1958. Il est nommé sous-directeur de l'administration des finances en 1962, puis prend la tête de la division chargée des relations avec les pays sous-développés au sein de la Direction des relations économiques extérieures (DREE).
En avril 1966, il devient chef de service et chargé des négociations internationales et administrateur de l'organisme franco-algérien de coopération industrielle.
Directeur des industries agricoles et alimentaires au ministère de l'agriculture à partir de février 1968, il est nommé en août directeur du Fonds d'orientation et de régularisation des marchés agricoles (FORMA) en remplacement de Pierre Lelong.
Il devient dans les années 1970-80 directeur de l'Union laitière normande, alors première coopérative française avec 11 000 employés. Il habite alors le château d'Agneaux dans la Manche.
Il se retire par la suite dans le Var, où il sera maire de Cogolin.
Il est le père du magistrat Renaud van Ruymbeke et de l'historien Bertrand Van Ruymbeke et le grand-père de l'éditeur Thomas van Ruymbeke, directeur des Éditions Les Perséides
URBA ET ORBI
Jeudi, 16 Janvier, 1992
PREAMBULE:
Tout part en 1971 de la décision de François Mitterrand, devenu premier secrétaire du nouveau PS, de créer une société chargée essentiellement de centraliser et de récolter des fonds perçus à l'occasion de la passation de marchés publics, en vue des campagnes électorales à venir. La perquisition effectuée mardi par le juge Van Ruymbeke au siège du PS à Paris est le dernier épisode d'une histoire commencée en juin 1990 par un banal accident du travail au Mans (Sarthe).
INTRODUCTION:
Une dalle de béton s'effondre sur un chantier de construction d'un immeuble destiné à abriter des services de la Communauté urbaine. Deux salariés de l'entreprise Heulin trouvent la mort. Le juge Thierry Jean-Pierre instruit le dossier.
CHAPITRE No 1:
Le 8 janvier, «je débouche par hasard sur un témoin, membre du PS, qui me parle d'autre chose et notamment de l'attribution de marchés publics dont les commissions vont au Parti socialiste», confiera plus tard le juge au cours d'une interview accordée à «l'Humanité» (17-4-1991). Le parquet ouvre alors une information contre X pour extorsion de fonds, faux et usage de faux et corruption.
CHAPITRE No 2:
L'ex-inspecteur Gaudino vient de publier le livre «l'Enquête impossible». Il s'agit de l'affaire des fausses factures de Marseille mettant en cause la SORMAE, Urba, sept responsables politiques de droite, six socialistes ainsi que Gérard Monate, socialiste et P-DG d'Urba. L'inspecteur dévoile le mécanisme du financement du PS après le refus du parquet d'ouvrir une information judiciaire et la mutation du policier dans un autre service. Il sera d'ailleurs ensuite révoqué de la police pour avoir publier ce livre. Lors d'une perquisition au siège marseillais d'Urba, l'inspecteur Gaudino avait mis la main sur les fameux cahiers d'un certain Delcroix. Ce militant PS a noté avec application le contenu de toutes les réunions d'Urba. Le 28 mars, le juge s'intéresse à ce document.
CHAPITRE No 3:
Grâce aux cahiers, le juge Jean-Pierre met en lumière le rôle de Christian Giraudon, délégué régional d'Urba pour les Pays de la Loire, qui est interpellé, inculpé et écroué. Urba au Mans, Urba à Marseille, Urba au niveau d'une région, les ramifications se précisent. Poursuivant son enquête contre X, Thierry Jean-Pierre décide le dimanche 7 avril de perquisitionner dans les locaux parisiens d'Urba. Il est aussitôt dessaisi de l'affaire, le garde des Sceaux, Henri Nallet, ex-trésorier de la campagne présidentielle, qualifiant la perquisition d'«équipée sauvage» et le ministre de la Justice parlant de «cambriolage judiciaire». Le juge confiera son amertume à «l'Humanité»: «1981 marquait pour moi l'arrivée d'une éthique, d'une certaine morale. (...) C'est pour cela qu'on élit la gauche. Et quand on voit ce qu'elle est devenue dix ans plus tard, c'est vrai que ça rend très très amer.» La procédure mise en oeuvre par le juge sera néanmoins déclarée le 19 avril «conforme au droit» par la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Angers.
CHAPITRE No 4:
Fin décembre 1991, reprenant le dossier ouvert par le juge Jean-Pierre, Renaud Van Ruymbeke enquête sur une autre affaire de commissions sur des marchés publics au Mans. La piste Urba, encore. Il effectue des perquisitions le 13 janvier, notamment dans les locaux de la fédération du PS de la Sarthe. Jacques Jusforgues, premier secrétaire, conseiller régional PS, et Pierre Villa, ancien adjoint au Mans, sont interpellés.
CONCLUSION (provisoire):
Le juge décide de perquisitionner au siège parisien du PS le 14 janvier. Puis il inculpe, le 15, les deux élus PS du Mans.
Du jamais vu en 14 ans de blog, exceptionnel, vous avez répondu à mon injonction : lisez et relayez le cri de Catherine Bernard et bougez-vous le cul !
Grand Merci.
Je n’écris pas en qualité de vigneronne.
Je n’écris pas non plus en qualité de vigneronne victime d’une calamité agricole, d’une catastrophe naturelle ou d’un accident climatique.
J’écris en qualité de témoin du changement climatique à l’œuvre, qui est en fait un bouleversement, qui ne concerne pas ici des vignerons, là des arboriculteurs, hier des pêcheurs, demain des Parisiens asphyxiés, mais bien tous, citadins ou ruraux, habitants du Sud comme du Nord, de l’Ouest, ou de l’Est.
J’écris en qualité d’hôte de la terre. Nous sommes chacun, individuellement, interdépendants les uns des autres.
Comme l’a écrit Catherine, il ne s’agit pas de son cas personnel, ni de faire pleurer Margot, mais de tenter de comprendre, de ne pas s’en tenir à des explications simplistes, de ne panser que les plaies, de se contenter de mettre des cautères sur une jambe de bois, la Chambre d’Agriculture de l’Hérault s’en occupe, pour elle malheur est bon pour augmenter son emprise sur les vignerons.
Le Ministre de l’agriculture va faire un petit saut dans l’Hérault avec à ses côtés le sieur Despey bardé de ses présidences de la Chambre d’agriculture, du conseil vins de FranceAgrimer, de sa vice-présidence de la FNSEA, qui dira des sous et de l’irrigation.
J’ai connu ça, le préfet veillera à ce que les suiveurs du ministre soient estampillés professionnels agréés. Je les connais, leur expertise de la culture de la vigne est à la hauteur de leur présence dans leurs vignes. Ils délèguent ça aux conseillers des chambres et autres organismes.
Les je sais-tout type Bizeul ironiseront sur les bio-cons qui ayant fait souffrir leurs vignes, les ont poudré de soufre sont les artisans des brûlures de ce putain de cagnard… Les bavassous, type Gerbelle, pontifieront dans les médias, ça pourrait élargir leur étroit fonds de commerce.
Et les vigneronnes-vignerons dans ce concert de sachants ?
Que faire pour que ceux qui n’ont pas de voix puisse se faire entendre ?
Telle est la question que nous nous posons avec Catherine ?
Nous réfléchissons à une plate-forme d’échanges et de retour d’expérience entre vigneronnes-vignerons.
Souvenir de notre arrivée, Pierre, Alain et moi, dans le cénacle du Conseil Général du Ministère de l’Agriculture, CGAER, plus communément dénommé gagatorium, accueillis avec une certaine hauteur frisant la condescendance, que venaient foutre ces 3 vilains petits canards noirs dans la belle basse-cour des ingénieurs, des vétérinaires et des administrateurs civils. Même pas fonctionnaires ! Simples mise à disposition !
Ces messieurs me ménageaient un peu tout de même, un ancien directeur de cabinet ça faisait bien dans le tableau, Alain Cointat portait le nom de son père Ministre, restait l’ami Pierre Fouillade un homme discret qui ne cherche pas la lumière.
Pierre, je l’avais appelé au cabinet pour prendre en mains le dossier difficile des productions animales, simple ingénieur, homme de terrain, crédible, pragmatique, il déminait les dossiers, écoutait, bâtissait des voies de sortie face à une administration plus encline à imposer sa vision qu’à comprendre ceux qui font. Cette administration, rancunière, lui gardera un chien de sa chienne, en le faisant virer de la direction de l’Office des Viandes (OFIVAL)
Bref, tout pour plaire à la cotriade des IGREF devenus IPEF, Pierre et moi partagions le même petit bureau. Maire de Valette dans le Cantal, petite commune de moins de 500 habitants, Pierre déployait une énergie folle au service de ses administrés qu’il allait rejoindre le week-end par le tortillard de la SNCF.
Pierre était un bourreau de travail, très vite, sans se pousser du col, il s’imposa comme celui qui, dans cette enceinte de penseurs en chambre, maîtrisait le mieux les questions de l’élevage. Je dois reconnaître que mes chers collègues furent beaux joueurs, ils confièrent les guides de rapports importants à Pierre. Moi je riais dans ma barbe de trois jours, en rajoutant dans l’ironie rosse lors de nos réunions.
Nous sommes, Alain, Pierre et moi à la retraite, mais pour mes deux compères elle est active et engagée. Je n’en dirai pas plus pour ne pas faire rougir Pierre et mettre à l’épreuve sa modestie naturelle. Simplement, ce matin j’avais envie de lui donner un coup de chapeau.
Je profite de l’occasion pour publier un extrait de Alto Braco de Vanessa Bamberger, abordant la question de l’exportation des veaux vers l’Italie, rien que pour mettre à l’épreuve les relations amicales entre les aveyronnais et les cantalous…
Là, ce sont des aubracs ! ai-je presque crié. Regarde les petits veaux !
Ils seront bientôt vendus aux italiens pour en faire des escalopes.
Devant mon air surpris, elle m’a révélé la spécificité des éleveurs français : c’étaient des naisseurs, pas des engraisseurs. La vache développait son muscle en mangeant des protéines végétales, herbe en été, foin en hiver, ensuite il fallait l’alimenter en céréales pour le persillé, le gras. De quoi les Italiens se chargeaient.
Si au moins ils ne les gavaient pas de maïs après les avoir piqués aux antibiotiques, a-t-elle enchaîné. Et d’autres choses pas très catholiques, si tu veux mon avis.
Pourquoi ne m’en avait-elle jamais parlé auparavant ? Ce genre de sujet me passionnait, elle le savait bien. Du reste, elle me demandait toujours ce que j’avais à m’énerver contre les industriels de l’agroalimentaire si c’était pour ne rien en faire. À ce qu’elle sache, je mangeais régulièrement des croque-monsieur et des salades César. Pensais-je donc qu’on y mettait du jambon de qualité, du poulet fermier ? Elle pointait du doigt mon ambivalence. Tu es bien comme ta grand-mère, concluait-elle systématiquement.
Tu n’aimais déjà pas la viande, je n’allais pas en plus te raconter qu’elle n’était pas toujours produite correctement ! Avec Douce, on gardait un petit espoir que tu changes d’avis… De toute façon on n’a jamais servi que du bœuf dont on connaissait la provenance. La traçabilité est la clé. Le jour où il y aura un énième scandale sanitaire, le marché italien s’effondrera et ces couillons aubracois finiront le bec dans l’eau parce qu’ils n’auront rien anticipé. C’est dommage, parce que l’engraissement est le maillon le plus important de la chaîne, et la seule source de plus-value possible. Ce que font les Italiens, nous sommes capables de le faire, en mieux.
[…]
Au moment où nous allions franchir la route, un grand camion rouge est passé à toute vitesse. Cela n’a duré qu’une poignée de secondes mais j’ai eu le temps de voir la plaque d’immatriculation italienne, les dizaines de veaux entassés à l’intérieur. Je suis restée ahurie un instant, incapable de faire le moindre geste.
Note Pierre que l’auteur remercie Jocelyne Porcher une élève de notre Joseph Bonnemaire, encore un coup du père Joseph…
En France
L'exportation d'animaux est une activité très importante pour le négoce de bestiaux. En effet, chaque année de plus 1 million d'animaux sont exportés de la France :
en 2017 BOVINS : 1 million 467 205 bovins exportés dont environ 1 million 4 destinés aux pays de l'Union Européenne.
en 2017 OVINS : 489 milles 657 ovins exportés toutes destinations (99% de l'Union Européenne), (Eurostat, 2017).
Nos principaux clients sont : l'Italie (broutards), l'Espagne (veaux et broutards) et également les pays du Maghreb tel que l'Algérie, Liban, Suisse et Maroc. Ces animaux sont généralement transportés en camion vers l'Italie et l'Espagne et par bâteaux pour les pays du Maghreb.
Nos concurrents
L'Europe de l'Est commence à exporter vers l'Italie des volumes de plus en plus importants, l'Espagne exporte également ses broutards en Italie, au Liban, en Turquie et en Libye. L'Espagne est donc un de nos principal concurrent du fait qu'elle exporte vers les mêmes débouchés que ceux de la France.
On constate également une augmentation de l'exportation en 2017 sur la figure ci-dessous. Les pays hors UE et notamment le Brésil, l'Uruguay, l’Afrique de l'Est, exportent vers le bassin méditerranéen, avec des volumes bien plus conséquents par rapport à l'activité de la France (CHOTTEAU C., 2018) .
La France, grande exportatrice de broutard(e)s
Dans un contexte où l’Algérie et la Turquie ont rouvert leurs frontières aux exportations de bovins français, Interbev a souhaité faire le point sur plusieurs années d’export dans la filière bovine, lors du Sommet de l’élevage. Enseignements. ICI
Suite à la charge violente d’Emmanuelle Ducros contre Isabelle Saporta dont le crime à ses yeux avait été de partager la couche de Yannick Jadot tout en chroniquant sur RTL sans en informer officiellement les gardiens de l’éthique journalistique, les purs, les sans taches, ceux qui font le job sans se salir les mains dans le bourbier des lobbies, j’ai balancé titrer :
Pourquoi Emmanuelle Ducros se décarcasse pour le glyphosate ?
Quel beau titre !
J’avais envie de remettre les pendules à l’heure en rappelant ce que j’ai vécu aux premières loges du côté de la rue de Varenne face aux fonctionnaires de la Protection des Végétaux et de leur environnement industriel, l’agrément des produits phytosanitaires, les proximités de certains d’entre eux avec ceux qui en étaient allés faire un peu de blé dans le privé, l’argument de la science pour tout justifier face aux politiques qui bitent que dalle et qui laissent filer.
Je n’ai donc pas le nez propre ce qui me permettait de moucher cette Emmanuelle sûre d’elle et dominatrice grande adepte de Twitter.
Je ne l’ai pas fait car, tout compte fait, c’est un grand classique : la presse économique a de tout temps été stipendiée.
Pour autant, je ne suis pas antiscience, anti-vaccin comme madame Rivasi, écologiste militant, je me contente de m’efforcer de mettre mes actes en conformité avec mes idées.
Et puis, dans la bataille de chiffonnières que vois-je ? Que lis-je ?
Emmanuelle Ducros a-t-elle fait des ménages rémunérés pour les lobbies agro-alimentaires ? La journaliste de "L'Opinion", défenseuse sur les réseaux sociaux des pesticides et de l'agriculture industrielle, a toujours soutenu que non. Dans une enquête publiée ce 27 juin, Checknews vient prouver que c'est pourtant le cas.
Jusqu’ici, elle avait toujours nié avoir fait des "ménages". Et pourtant, la journaliste Emmanuelle Ducros a bien été rémunérée par un groupe issu du secteur de l’agroalimentaire. C’est ce que démontre ce 27 juin une enquête du service Checknews de Libération qui s’est penché sur les activités de Ducros, lorsqu’elle ne couvre pas le secteur agricole pour L’Opinion.
Voilà des mois que, sur Twitter, la journaliste s’écharpe avec plusieurs journalistes qu’elle accuse de discours alarmistes sur les questions liés à l'agroalimentaire, et en particulier au glyphosate (voir notamment nos articles ici et là). Depuis la diffusion en janvier d’un numéro d'Envoyé spécial sur le pesticide, le ton n’a cessé de monter entre, d’une part, Elise Lucet, Tristan Waleckx (Envoyé spécial, France 2) ainsi que Stéphane Foucart (Le Monde). Et d’autre part, Emmanuelle Ducros (L'Opinion) et Géraldine Woesner (Europe 1). Ces dernières accusent leurs confrères de verser dans le catastrophisme et l’agri-bashing. Une position qui a récemment valu à Ducros et Woessner d'être érigées en journalistes de choc par Le Point qui leur a consacré un portrait tout en rondeur dans un numéro intitulé "Ecologie : Vérités et fariboles".
Ce que ne dit pas le portrait du Point, c'est qu'en retour Ducros est fréquemment accusée par ses confrères d’être rémunérée par les lobbys de l’agro-industrie. "Une simple recherche Google permet, en effet, de constater que depuis 2016, Emmanuelle Ducros – qui a une société enregistrée à son nom depuis juin 2016 ayant pour activité le «conseil pour les affaires et autres conseils de gestion» – n’est pas seulement journaliste", pointe Checknews qui rappelle qu’elle anime (ou participe) aussi à des tables rondes et conférences, le plus souvent sur des thèmes agroalimentaires. A-t-elle pour autant été rémunérée ? Jusqu’ici, la journaliste avait toujours soutenu que non.
"SA PRESTATION A ÉTÉ RÉMUNÉRÉE"
Et voilà que l’enquête de Checknews montre qu’elle a bien été payée par la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) lors d’une table ronde organisée en Autriche, en juin 2018, intitulée "Adapter la boulangerie-pâtisserie aux attentes des consommateurs". Interpellée sur Twitter le 14 juin dernier par le journaliste de Mediapart Karl Laske, Ducros avait balayé cette accusation d'un revers de main.
Dans le jargon journalistique, on désigne par le terme « ménage » le fait, pour une personnalité, de mettre sa notoriété au service de la communication d’un organisme (entreprise commerciale, association, mouvement politique, collectivité publique, etc.).
Faire un ménage consiste souvent à jouer un rôle d'animateur lors d’un événement promotionnel (congrès, convention, séminaire, etc.).
Cette prestation est généralement rémunérée en fonction de la notoriété du journaliste.
Deux expériences vécues de ménage :
Dans ma vie de cadre supérieur à la Société des Vins de France, filiale du groupe PernodRicard, j’ai vécu une grande convention des cadres en 1988. Le grand jeu, la maison gagne un pognon de dingues, sauf nous les pinardiers, alors pas de souci pour financer cette grandmesse. Le maître de cérémonie était JeanMarie Cavada qui, tout en étant journaliste, mettait du beurre dans les épinards via une petite société aux petits oignons. Bien évidemment je n’ai pas consulté la facture mais sans aucun doute ça ruisselait.
Au cabinet d’Henri Nallet je suivais le dossier des courses de chevaux et j’avais noué des liens d’amitiés avec José Covès pronostiqueur d’Europe 1. Un beau jour celuici me dit « tu devrais venir déjeuner chez Edgar avec les journalistes fumeurs de cigares ? » (le CIJAC) Comme j’étais dans ma période barreau de chaise j’acceptai. Le club exclusivement masculin était présidé par Philippe Gildas, regroupait la fine fleur des journalistes parisiens sous la coupe de Zino Davidoff. J’étais placé à la droite de Philippe Gildas, à l’heure du café, comme ce petit monde se faisait offrir des voyages d’agrément, il me vint une idée que je lui soumis : « Et si je vous emmenais dans le Bordeaux des châteaux GCC ? » Approbation enthousiaste immédiate, topelà. Quelques temps après nous nous retrouvâmes à la gare Montparnasse pour un WE bordelais avec un déjeuner le dimanche chez Philippine de Rothschild, sauf que, au dernier moment, manquèrent à l’appel 2 ou 3 journalistes, dont Patrick Poivre d’Arvor. Goguenards, leurs collègues me dirent « ils vont faire des ménages ! » Le voyage se déroula dans la joie et la bonne humeur avec le souvenir de Jacques Lanzmann filant le parfait amour avec joli et jeune brin de fille.
À l’été 1976, putain qu’il faisait chaud, je n’étais pas trop indisposé car je rentrais tout juste d’Algérie, de Constantine très précisément, où les températures étaient très élevées.
En juin 1976, j’étais aux premières loges, au 2e étage de la rue Barbet de Jouy, avec mon ami Claude Sauser nous vaquions à nos occupations lorsque notre jeune directeur, Bernard Auberger, inspecteur des finances, en fin de journée nous fit l’honneur de se déplacer jusqu’à notre minuscule bureau où mon collègue pianotait sur le seul ordinateur de la direction : un tout petit Wang.
Tout de go il nous fit part de ses inquiétudes, l’épisode de sécheresse touchait durement les éleveurs et, le premier Ministre Chirac se préoccupait beaucoup du cul des vaches, le Ministre de l’agriculture était un breton, Christian Bonnet, alors nous était-il possible avec notre petite machine de dresser rapidement une carte des impacts de la sécheresse sur les zones d’élevage ? Les gens du SCEES, le service « statistiques » ne pouvait le faire dans un délai aussi court.
Nous répondîmes que oui même si les données à notre disposition étaient aussi rares que l’eau dans le désert du Sahara.
Nous nous mîmes au travail avec les données de la météo et celles du SCEES nous bricolâmes une carte de l’impact de la sécheresse sur les zones d’élevage.
Une agricultrice de l'Orne regarde sa mare asséchée par la sécheresse le 16 juin
Auberger était ravi, les services moins : l’ingénieur Cornet en bon IGREF sous-directeur de l’élevage nous prit de haut mais il dut se résigner, sur ordre du chef, de nous voir l’accompagner à la réunion du cabinet du Ministre convoquée dans la salle à manger du 1er étage de l’hôtel de Villeroy.
Au grand désespoir de Cornet nous fîmes forte impression sur le quarteron de conseillers techniques du Ministre. Cependant, doctement, il préconisa de faire faire par nos services un bilan fourrager dans chaque département.
Le résultat de ce brillant exercice fut que les chiffres qui remontèrent étaient plus le fruit d’accords avec les FDSEA locales que du génie mathématiques de nos ingénieurs, la France de l’élevage y apparaissait ravagée. Pas un cm2 de prairie n’étaient épargnée, et comme Chirac venait de décréter en août, juste avant de claquer la porte de Matignon, une indemnisation des éleveurs, ce tableau mettait en transe les budgétaires du Ministère.
Claude et moi, tranquilles comme Baptiste agitions nos cartes pour dire qu’elles étaient bien plus fiables que les chiffres du fameux bilan fourrager.
Dès que les rumeurs du départ du grand Jacques filtrèrent je fis un pronostic qui étonna mon compère, le successeur ce sera Raymond Barre lui dis-je car il a le profil qui convient à Giscard. Lorsque la nomination du susdit intervint je devins aux yeux de ce cher Claude une sorte d’oracle politique, statut qui me colla à la peau par la suite. J’avais le nez politique.
Le 25 août, Jacques Chirac démissionne de son poste de Premier ministre. Juste avant de partir, il a pris une ultime décision lors de son dernier Conseil des ministres : le déblocage de 2.2 milliards de francs pour venir en aide aux éleveurs victimes de la sécheresse. Selon les régions, les éleveurs toucheront de 500 à 200 francs par tê cette année les gros et les moyens contribuables.
Ces mesures ont donc entraîné pour certains une hausse de 10% de leur impôt sur le revenu cette année-là. Le gouvernement aurait pu emprunter pour financer cette mesure mais il ne voulait pas alourdir la dette du pays et reporter le poids financier de cette aide à plus tard. Cela a donc constitué un épineux problème de plus à gérer pour le tout nouveau Premier ministre, Raymond Barre.
Un beau cadeau de Chirac à ses agriculteurs chéris, même que les céréaliers de la Beauce purent s’offrir de beaux appartements de rapport dans la bonne ville de Paris que le grand Jacques conquerra à la hussarde contre le giscardien mou Michel d’Ornano.
Fin de l’épisode politique.
Yves Mourousi dans son bulletin météo sur TF1, au début du mois de juillet : « Du côté du ciel, pas de changement. Cet après-midi, de la Normandie à l'Alsace, le temps sera ensoleillé et chaud. Il fera environ 35°C ».
Une canicule et une vague de sécheresse frappaient la France depuis un certain temps. C'était la première grande canicule du XXème siècle même s'il y avait eu des épisodes de forte chaleur estivale dans le passé. En 1976, il a commencé à faire chaud dès le mois de mai : « On enregistre 30°C dans le sud-ouest de la France. La température grimpera à 40°C au cours de l'été » explique un reportage.
En 1976, la période la plus sèche fut observée du 2 juin au 7 juillet où aucune perturbation ne traversa la France, toutes rejetées par une puissante dorsale de l'anticyclone des Açores. Seuls des orages parfois violents mais localisés éclatèrent. Une canicule aggrava la situation et marqua les esprits du 22 juin au 6 juillet
Plus de 40 ans après, alors que nous traversons un épisode de canicule assez violent, la sécheresse de 1976 reste gravée dans la mémoire collective de ceux qui ont en souffert et de ceux qui payèrent l'impôt sécheresse décidée le 25 août 1976 par le Président Giscard d'Estaing. Cette sécheresse fut remarquable par sa durée (9 mois), son intensité et son étendue sur les 3/4 de la France (à l'exception du bassin méditerranéen) jusque vers la Suisse, l'Allemagne, le Benelux et le Sud de l'Angleterre.
Les déficits pluviométriques débutèrent dès l'automne 1975 et se prolongèrent jusqu'en juillet 1976 au Sud et septembre 1976 au Nord. On n'a jamais observé de premier semestre aussi sec depuis celui de 1976, seul celui de 2011 s'en approchant.
Les agriculteurs sont les premiers à souffrir de ces fortes chaleurs. Le 28 mai, le suicide d'un agriculteur du Pas-de-Calais, incapable de nourrir ses bêtes, choque l'opinion publique. Le 30 juin, le gouvernement Chirac envoie l'armée pour récolter et transporter le fourrage vers les régions qui en manquent le plus. Le samedi 3 juillet, 40% des conducteurs de bus de la RATP refusent de sortir des dépôts pour protester contre un pic de chaleur de 59°C dans les véhicules.
• "Au printemps, l’herbe n’a pas poussé"
Marie-Ange Seveno, Montcuit (50)
"Les pluies ont cessé très tôt en 1976. Au printemps, l’herbe n’a pas poussé: ces six mois de sécheresse ont été les plus longs sans eau dans notre Basse-Normandie où mes parents étaient agriculteurs. J’avais 22 ans et, en août, j’ai encadré un camp d’adolescents dans le Lot. Nous logions sous des tentes et je n’ai jamais autant apprécié les douches froides! Au final, ce furent des vacances heureuses. Mais mon retour en Normandie a été douloureux: le long des routes, les berges étaient jaunies. Le fourrage était rare pour les vaches laitières. Pour le remplacer, les agriculteurs ont fait venir de la paille de régions voisines. Nous avons alors commencé à voir beaucoup de camions remplis de paille sillonner nos routes. L’impôt sécheresse est venu à point pour aider les agriculteurs!"
• "L'impression de marcher dans un four"
Rose-Marie François, Francheville (69)
" En ce mois de juin 1976, j’étais opératrice au centre téléphonique de la rue des Archives à Paris, tout près du BHV. J’habitais rue de Lille, dans le foyer des dames des PTT. C’était très propre mais d’un confort modeste et nous n’avions pas de réfrigérateur individuel. Conserver la nourriture était une gageure! Je plaçais ce que je pouvais dans une cuvette d’eau froide. La nuit, je mouillais un linge pour rafraîchir le lit…Au travail, nous étions jusqu’à 80 opératrices réparties dans de grandes salles, côte à côte, face à notre 'meuble', un casque sur la tête. Très peu d’aération. L’après-midi, le service se prolongeait jusqu’à 21h, l’atmosphère devenait de plus en plus moite et étouffante à mesure que l’heure avançait. Lors des pauses, je me désaltérais et je m’humectais le corps avec un gant de toilette passé à l’eau froide, avec la hantise des odeurs dues à la chaleur. Le règlement nous octroyait une pause supplémentaire de dix minutes, certaines opératrices ayant eu des malaises. À la fin de la journée, remonter la rue des Archives était pénible: la chaleur accumulée dans la journée par les hauts immeubles me donnait l’impression de marcher dans un four. Et puis, le temps a passé et la chaleur a décru à mon grand soulagement. Ironie du sort, mi-juillet, quelques jours de congé m’ont été octroyés. J’espérais me ressourcer dans ma campagne corrézienne: il a plu… tous les jours!"
• "C'était le bagne"
Claudine Laruelle, Camphin-en-Pévèle (59)
"En 1976, je travaillais dans la culture de l’endive, dans le Nord, près de la frontière belge. J’avais 29 ans et je m’en souviendrai toute ma vie. Nous travaillions dans les champs sur les petites pousses sous un soleil torride. Le sol était devenu si dur que notre outil rebondissait sur la terre.Nous commencions à 5 h 30 et reprenions à 16 h, pour pouvoir avancer. Notre dos courbé nous faisait mal et la chaleur nous usait. La récolte a été moindre, naturellement, mais les patrons mécontents s’acharnaient sur nous, pauvres employés non déclarés. C’était le bagne!"
Le 25 août 1976, Raymond Barre entrait à Matignon : retour sur une vraie rupture
Alain Fabre 25 août 2016
La nomination de Raymond Barre comme Premier Ministre le 25 août 1976, au moment où Jacques Chirac opte pour l’affrontement avec le Président Giscard d’Estaing, constitue une vraie rupture. La désignation de cet économiste universitaire réputé mais inconnu de l’opinion et du personnel politique traditionnel malgré sa nomination au Commerce extérieur en janvier 1976, officialise le divorce politique entre chiraquiens et giscardiens : le néophyte de la politique, « homme carré dans un corps rond » devra affronter cinq ans durant et malgré son succès aux législatives de 1978, le travail de sape systématique de son action par les chiraquiens. Leur domination structurelle sur les droites conduira au torpillage du giscardisme en 1981 puis du barrisme en 1988. Raymond Barre, plus démocrate-chrétien que l’orléanisme giscardien, n’aura ainsi pas plus réussi que les variantes précédentes du libéralisme français, finalement absorbé dans l’UMP en 2002, à conjurer sa faiblesse structurelle pour en faire une force structurante de la vie politique.
Si l’héritage politique du barrisme demeure très réduit, la politique économique à laquelle il continue d’être identifié – rigueur à droite, austérité à gauche – constitue en revanche une rupture de grande ampleur avec l’après-guerre économique. Ce qu’incarne au fond le cap fixé par Raymond Barre en 1976, c’est la nécessité de sortir d’une stratégie de croissance en économie faiblement ouverte, où la concurrence joue un rôle marginal, et où domine le dirigisme industriel et régulateur de l’Etat. Il s’agit pour lui d’adapter la France à l’internationalisation et à la compétition accrues des économies, en mobilisant l’investissement et l’innovation des entreprises, et ce dans une logique d’intégration économique et monétaire européenne.
Pour le nouveau Premier Ministre, la crise qui sévit depuis 1973 avec le premier choc pétrolier, n’est pas de nature conjoncturelle et les plans de relances inspirés de la vulgate keynésienne, amplifient les déséquilibres, sans effets durables sur la croissance et l’emploi.
Pour Raymond Barre, la France des années 1970 voit s’achever la phase de rattrapage d’après-guerre des « Trente glorieuses » dans laquelle l’inflation et la dévaluation donnaient l’illusion de pouvoir éviter la pression de la concurrence tout en permettant des progressions de revenus supérieures à celle de la production. En fait la France des chocs pétroliers est confrontée à une mutation structurelle dont la pièce maîtresse est la compétitivité, c’est-à-dire l’aptitude des entreprises à soutenir la concurrence internationale par la maîtrise des prix et des coûts, ainsi que par l’innovation et l’investissement. L’inflation et la dévaluation ne créent pas de croissance durable ; elles pénalisent les entreprises dont la compétitivité insuffisante affaiblit l’aptitude à s’imposer à l’extérieur et à résister à la concurrence mondiale sur le marché intérieur. Qui plus est, la perte de valeur interne et externe de la monnaie entretient le sentiment qu’on peut indéfiniment s’accommoder des rigidités et des rentes.
Pour Raymond Barre, dans la lignée de Schumpeter et Ricardo, la croissance provient avant tout de la capacité des entreprises à innover, investir et exporter
Pour Raymond Barre, qui le dira dès son discours de politique générale le 5 octobre 1976, la stabilité des prix s’impose donc comme « la grande affaire du gouvernement ». Dans un contexte de forte inflation et de chômage élevé, lié à une compétitivité mise à mal et à l’obligation de restructuration de secteurs industriels entiers (sidérurgie, etc..) jusque-là préservés de la concurrence, Raymond Barre s’est affranchi des illusions d’un arbitrage possible entre les deux. Au contraire, la maîtrise de l’inflation est la condition nécessaire pour enraciner une croissance régulière et créatrice d’emplois.
C’est la conception même de la politique économique qui est revue : la politique budgétaire et la politique monétaire doivent assumer une fonction de stabilité afin d’établir des conditions favorables au développement des entreprises. D’où le choix - faussement paradoxal en période inflationniste - de libérer les prix qui intervient en 1978. D’où la volonté de réduire la croissance monétaire pour lutter contre l’inflation et d’équilibrer le budget afin de diriger l’épargne des ménages vers le financement des entreprises et non vers la dette publique. La concurrence ne peut jouer pleinement son rôle qu’avec une autonomie accrue de gestion des entreprises favorisée par la maîtrise des dépenses et des déficits publics, l’accumulation des gains de productivité et la lutte contre la spirale des revenus et des prix qui alimente un excès de consommation sur la production, c’est-à-dire qui accroît les déficits extérieurs. Pour Raymond Barre, dans la lignée de Schumpeter et Ricardo, la croissance provient avant tout de la capacité des entreprises à innover, investir et exporter.
En dépit d’un contexte international tourmenté par deux chocs pétroliers – les prix pétroliers ont été multipliés par 16 de 1973 à 1979 – qui ont masqué les résultats de la lutte contre l’inflation, les cinq années de Raymond Barre à Matignon, marquées par un redressement spectaculaire en 1978, suivi d’une rechute en raison du second choc pétrolier en 1979, ont permis néanmoins d’affermir la croissance (de l’ordre de 3 %), de maîtriser les comptes publics et extérieurs, de contrôler l’endettement public (20 % du PIB). Dans un contexte de hausse généralisée du chômage – 6,2 % dans l’Europe des 9 contre 6,4 % en France en 1980 – même la performance de la France barriste au niveau de la moyenne européenne, demeure très honorable.
L’autre grande rupture qu’incarne Raymond Barre, c’est la dimension européenne de sa conduite de la politique économique. Auteur en 1969, comme vice-président de la Commission européenne, du premier rapport sur l’Union économique et monétaire, Raymond Barre a inscrit son action dans la perspective d’intégration économique et monétaire européenne dont la France, avec l’Allemagne, devait être un élément moteur. Une perspective inatteignable pour des économies européennes chroniquement déstabilisées par des dévaluations répétitives résultant d’écarts d’inflation excessifs.
Après la sortie du franc du Serpent européen en mars 1976 sous l’effet de la politique de relance de Jacques Chirac, Raymond Barre a plus résolument qu’auparavant recherché à doter la politique française d’une contrainte de change avec la mise en place à partir de 1979 du Système monétaire européen (SME), composante déterminante d’une stratégie économique de stabilité et moyen puissant d’incitation interne à la désinflation et à la compétitivité. Dans cet esprit, il était impératif pour un adepte de l’économie de marché sociale sur le modèle rhénan que la France poursuive un objectif de convergence et de compatibilité de sa politique économique avec l’ensemble des économies européennes et principalement avec l’Allemagne.
La modernisation de la France et la construction européenne constituaient en définitive les deux faces d’une même médaille : Raymond Barre était conscient de l’importance de l’intégration européenne, notamment par la stabilité des taux de change, comme facteur d’incitation de la France à la maîtrise de ses comptes publics et aux réformes de structure. Inversement, il était convaincu que la construction européenne s’avérerait impossible sans une France économiquement performante et convergente avec ses partenaires. C’est tout le problème posé par le décrochage de la France vis-à-vis du reste de la zone euro aujourd’hui.
Quarante ans après, la classe politique française est toujours sujette à la même schizophrénie qu’en 1976. La vie politique française n’a toujours pas résolu son problème de fond : démagogie proclamée aux élections, réalisme inavoué au gouvernement.
Un regard rétrospectif sur les années Barre appelle deux observations. La tentation de sortir de la « stratégie » fixée en 1976 par Raymond Barre n’a jamais entraîné que des catastrophes comme le rappelle cruellement la politique de François Mitterrand en 1981. La gauche a tort de ne pas se flatter d’avoir renoué avec elle à partir de 1983 : le choix de la rigueur par Pierre Mauroy et Jacques Delors – « du barrisme sans Barre » - explique à la fois les bonnes performances observées à la fin des années 1980 et les conditions assez favorables dans lesquelles la France est entrée dans l’euro à la fin des années 1990. Mais quarante ans après, la classe politique française est toujours sujette à la même schizophrénie qu’en 1976. La vie politique française n’a toujours pas résolu son problème de fond : démagogie proclamée aux élections, réalisme inavoué au gouvernement.
Ce qui en 1976 distinguait Raymond Barre - que le Président Giscard d’Estaing qualifiait à l’annonce de sa mort le 25 août 2007, de « meilleur Premier ministre de la Ve République » - de la plupart des responsables politiques français, c’était au fond le rapport au monde réel. L’un voulait le voir en face pour le maîtriser, les autres ne songeaient qu’à y échapper. Quarante ans après, la France qui s’enlise dans le déclin demeure confrontée à la même alternative.
« Sophia Loren avait réussi l’exploit de concilier l’inconciliable dans l’Italie des années 60. Elle était à la fois un sex-symbol et une mère, une icône hollywoodienne inaccessible et une courageuse fille de Naples. Elle devint un objet d’adoration pour le public. In cucina con amore fut publié en 1971, pendant l’âge d’or de l’actrice, qui était alors une jeune maman au sommet de sa carrière. Sophia Loren est un cordon bleu, tout le monde s’accorde à le dire. Toutefois son livre n’est pas un hommage à ses compétences en cuisine. Il combine toutes les contradictions qui ont fait d’elle une actrice adulée des foules. Notamment une bonne dose de sex-appeal, surtout sur les photos. L’une d’elle nous la montre dans une robe légère et échancrée, caressant rêveusement la queue d’un faisan farci, élément charcutier qui ne peut être qualifié de rococo. »L’auteur de ces lignes est un journaliste américain John Dickie dans un livre publié en 2007. »
19 mai 2012
In cucina con amore « tout ce que vous voyez je le dois aux spaghettis » Sophia Loren en 1971
Sophia Loren est en train de changer la perception qu'on a de la vieillesse lorsqu'elle est apparue dans une magnifique robe blanche lors d'un événement, samedi dernier. Le temps semblait n'avoir eu aucune emprise sur elle.
La femme de 84 ans était tout aussi glamour que pendant sa jeunesse lorsqu'elle a assisté à la cérémonie de baptême du paquebot de croisière de luxe, MSC Bellissima.
Debout au City Cruise Terminal de Southampton, Loren brillait de mille feux dans une robe blanche très pailletée avec plusieurs bijoux assortis.
La robe de sirène italienne à manches longues à encolure basse est tombée jusqu'à ses pieds. Les diamants et les paillettes à l'ourlet de la tenue éblouissent les yeux.
Tout ça pour rappeler que Sophia Loren est napolitaine, cordon bleu, et ce n’est pas une vue de mon esprit échauffé que de vouloir lui demander de me préparer des ciccimmaritati !
C’est quoi les ciccimmaritati ?
Explications de gravure :
Nelide préparait les ciccimmaritati, une soupe traditionnelle du Cilento comportant au moins une vingtaine de légumes et de céréales différents. Rosa estimait que l’orgueil d’une femme du Cilento ne pouvait ignorer ce plat, et avait l’intention de mettre sa nièce à l’épreuve.
[…]
La jeune fille passa timidement sa main rugueuse sur la planche de formica, aussi lisse que la tablette de bois brut à laquelle était habituée. Rosa apprécia cette méfiance face à l’artificialité du matériau, et fut heureuse de voir sa nièce s’adapter et avoir repris les gestes de l’ancien rituel, disposant les ingrédients sur la table : le blé Cappella à épis noirs, le maïs, les fèves, les gesses, les haricots Régina, blancs et ronds, les tabaccuogni, petits et marron, les pois chiches et les mimiccole, les lentilles. Le tout en petits tas bien distincts, pour ne pas se tromper dans les proportions. Dans une assiette creuse il y avait les châtaignes janghe, séchées et décortiquées à l’avance, qui donneraient de la douceur à la soupe.
[…]
À côté des petits tas de légumes et de céréales, la jeune fille aligna épices et condiments : ail, huile d’olive, sel, l’incontournable papauolo, le piment sec très piquant, et la tomate en conserve prise de la buatta, la boîte en fer recouverte d’un torchon, rangée sur la planche la plus haute du buffet. Maintenant, je veux te voir faire, pensa Rosa depuis sa chaise adossée au mur, les mains croisées sur son ventre. Jusque-là, la nièce était restée dans les limites de la stricte orthodoxie, mais maintenant, le moment de la touche personnelle était venu. On l’avait, ou on le l’avait pas.
[…]
Nelide fit un signe vigoureux de la tête, comme si elle avait reçu un ordre péremptoire. Elle se dirigea vers le buffet, attrapa une boîte et ajouta à ses ingrédients une cuillerée de saindoux. Maintenant, oui, il ne manquait plus rien à la préparation des ciccimmaritati, et on allait pouvoir s’attaquer à la cuisson. Elle regarda la tante, en quête d’une approbation, et prit une marmite.
Extrait de L’enfer du commissaire Ricciardi de Maurizio De Giovanni
Dialogue entre Rosa la vieille tante du commissaire Ricciardi qui s’occupe de son ménage et sa jeune nièce Nelide venue l’épauler.
Le Cilento : terre campanienne aux douces collines recouvertes d’étendues d’oliviers se reflétant dans la mer Tyrrhénienne est un endroit magique, un ancien carrefour de civilisations et traditions. Traversé par des torrents et riche en bois de châtaignes et de chênes verts, ce splendide paysage est enrichi par la présence de petits villages perchés sur les roches ou situés au bord de la mer. C’est ici que surgit le magnifique Parc national du Cilento et du Vallo Diano, avec les sites archéologiques de Paestum et Velia et la Chartreuse de Padula, inscrits en 1998 sur la World Heritage List de l’UNESCO.
Le magnifique Parc National du Cilento et du Vallo Diano, le deuxième parc en Italie en termes de dimensions, s’étend de la côte tyrrhénienne à l’Apennin méridional entre la Campanie et la Basilicate et conserve d’anciennes traces de présence humaine sur le territoire. Le Parc inclut les sommets des monts Alburni, du mont Cervati et du mont Gelbison, ainsi que les contreforts côtiers du Mont Bulgheria et du Mont Sella.
Le patrimoine floristique du Parc se compose d’environ 1800 espèces de plantes, autochtones et spontanées, et sa faune est tout aussi riche grâce à la grande variété d’environnements naturels qui caractérisent le territoire. Aires côtières et de montagne, fleuves et ruisseaux, déterminent la présence de différentes communautés faunistiques, dont certaines espèces jouent un rôle très important en termes d’équilibre écologique, comme par exemple le faucon pèlerin.
Les sommets, les prairies d’altitude et les falaises sont souvent habités par les loups, l’Aigle Royale (Aquila chrysaetos) et ses proies préférées: la bartavelle (Alectoris graeca) et le lièvre de l’Apennin (Lepus corsicanus).
A l’extraordinaire richesse naturelle liée à l’ hétérogénéité du territoire, s’ajoute le caractère mythique et mystérieux qui caractérisent cette terre riche en histoire et culture: de l’ appel de la nymphe Leucosia aux plages où Palinurus et Enée se séparèrent, aux ruines des colonies grecques d’ Elée et Paestum à la magnifique Chartreuse de Padula.
Sur l’immense Toile qui nous enserre, qui dévore nos enfants, quand tu n’as pas d’idées pour un anniversaire ou un dîner chez ta belle-mère tu tapes des mots-clés, le moteur se met en branle et crache une brassée de réponses.
J’ai renseigné la lucarne Google : les fleurs et le vin pour offrir.
Sur la première page j’ai trouvé ceci :
Mademoiselle B® vous propose ici une douce association entre une composition de fleurs pour Madame et une bouteille de vin pour Monsieur.
C’est très original, très sexué, et les propositions de MademoiselleB® sont d’un conventionnel, comme on dit du côté de la vigne officielle. J’ai fuis !
Mais comme je suis d’un naturel un peu farceur je me suis dit que du côté des rédacteurs du Le Rouge&leBlanc qui se conjuguent presque totalement au masculin je pourrais reprendre l’idée et leur offrir une caisse de 12 de vins nu bien barrés ou perchés pour fêter les 35 ans.
Pour mon amie Sonia j’opte pour un bouquet de pivoines.
L’édito du numéro anniversaire à un titre très 68 hard : Le combat continue.
Me reste plus qu’à griffonner sur une petite carte de visite un gentil petit mot pour ces sympathiques et courageux résistants.
Je patauge grave, dois-je placer autant que fois que possible : terroir ? Me hasarder sur le millésime de naissance du Le Rouge&leBlanc 1983, mais vu mon ignorance je m’abstiendrai ? Faute d’idée originale je me suis rabattu sur ce que crois savoir faire : une chronique !
Et, en ce domaine, vu mon ego volumineux, je commence par parler de moi puisque le seul sujet que je maîtrise à fond c’est bien ma pomme (objet des risées des détracteurs de vins nu, la pomme)
Comme j’ai des lettres je cite cette phrase culte.
« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Paul Nizan Aden Arabie
Je la reprends à mon compte en la tordant « J’avais 35 ans en 1983 et ce fut le plus bel âge de la vie. »
Grâce à Tonton le fils du vinaigrier de Jarnac devenu Président en mai 1981, Michel Rocard, l’ennemi intime du Florentin devenait ministre de l’agriculture le 22 mars 1983 dans e gouvernement Mauroy 3 afin de pacifier le terrain enflammé par la pétroleuse Édith Cresson.
5 avril 2008
C'était au temps où Michel Rocard s'éclatait au 78 rue de Varenne ICI
MR : Vous venez de citer, à juste titre, tous ces excellents polyvalents. Mais il y avait aussi des spécialistes du monde agricole, et j’ai eu une chance de plus, celle d’avoir effectivement un cabinet fabuleux. Il y a des hasards de carrière partout. J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques-unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ici Bernard Vial, Bernard Candiard, Jean Nestor, Jacques Berthomeau et François Gouesse, parmi d’autres.
À l’horizon les négociations européennes pour l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans le Marché Commun, le dossier vin est en première ligne car nos amis italiens nous abreuvent de mauvais de coupage pour les boutanches 6 étoiles, les gars du CAV grands amateurs de cagoules et de mèches lentes, voient d’un très mauvais œil l’inclusion du vignoble de la Mancha dans le lac du vin de table.
C’est chaud bouillant !
Et me voilà chargé au sein du cabinet de ce dossier qui sent le soufre politiquement, le Languedoc est un terroir rose, socialement car le vin de table produit dans cette région était entré dans sa phase terminale.
Médecine de choc : distillation obligatoire au-dessus de 90 hl/ha, arrachage des vignes à haut rendement, ça gronde, Tonton n’est pas content, mais il va entériner à Dublin notre accord car il débloque la négociation européenne.
Tout ça pour vous dire qu’en ce temps-là, les vins fins, les vins bouchés, les AOC, relevant de l’INAO, organisme poussiéreux, nous n’en avions rien à cirer. Il nous fallait éponger le gros rouge, ce qui fut fait.
Nos amis du Le Rouge&leBlanc, les bonzes de la RVF, étaient pour nous de parfaits inconnus, le vin populaire peu prisé par ces éminents dégustateurs qui affichaient, à juste raison : « Boire moins, mais boire mieux », suffisait à notre bonheur.
Mon premier contact avec, non pasLe Rouge&leBlanc, mais François Morel qui deviendra rédacteur-en-chef par la suite, date de l’après-rapport. Ce fut là encore chaud bouillant, l’élitisme pur et dur de François ne pouvait s’accommoder de mes propositions qui embrassaient tous les vins, ceux du haut comme ceux du bas, et ceux du milieu. Par la suite nos rapports se sont pacifiés, nul d’entre nous deux n’a mis de l’eau dans son vin, nous nous sommes mieux compris. D’ailleurs, le temps aidant, j’ai doublé François à gauche en devenant un licheur exclusif de vins barrés.
Je remercie Le Rouge&leBlanc pour sa fidélité au vieux bloggeur, un peu vanneur, que je suis.
En gardant l’esprit des origines, la rédaction est passée du bulletin paroissial à un format magazine de qualité, et cerise sur le gâteau, d’ouvrir un site sur le woueb ICI allez-y !
Joyeux anniversaire donc !
Comme je ne suis ni dégustateur, ni amateur, mais simple buveur, je me permets une double suggestion à la rédaction :
- mettez un peu plus de piments dans Le Rouge&leBlanc, le vin est un produit de convivialité, de fête et de partage, un soupçon, une larme, comme le disait le capitaine Haddock, de joie, d’humour, ne nuirait en rien au sérieux de votre magazine ;
- osez plus encore les vins nus, les vins barrés !
Enfin, j’aurais bien vu un petit pince-fesses pour fêter votre anniversaire chacun de nous apportant flacons et victuailles pour ripailler…
La première fois que je suis allé sur l’Aubrac – on ne dit pas en Aubrac mais sur l’Aubrac – c’était en autocar, un autocar officiel qui abritait la fine fleur du gotha agricole aveyronnais, sauf André Valadier bien sûr… Raymond Lacombe, Marcel Bruel, André Laur pour montrer au commissaire européen à l’agriculture Andriensen ce qu’était la réalité de « l’exception agricole française » c’est-à-dire la fameuse exploitation familiale laborieuse.
Nous avons déjeuné dans un buron où l’on tira l’aligot en trinquant avec du Marcillac. Le commissaire, blond comme les blés, était rouge de plaisir. Il parlait un français impeccable, madame Andriensen étant gauloise.
Bref, ce fut une bonne journée. J’y suis retourné à plusieurs reprises avec André Valadier pour le Laguiole, pour ma mission de médiation laitière où le fils de Raymond Lacombe commençait son ascension qui le mènera à la tête de Sodiaal, lors de mon unique voyage de presse pour la transhumance.
16 juin 2011
Deux hommes et un dessein : l’Aubrac d’abord ! Christian Valette et André Valadier ICI
L’Aubrac, l’Alto Braco, le haut lieu, il est rare que dans un roman, en l’occurrence Alto Braco de Vanessa Bamberger chez Liana Levi, on écrive avec autant de justesse, de précision, avec finesse et humour, les réalités de l’élevage dans cet Aveyron plus connu pour ses exilés parisiens que pour ses vaches.
Et pourtant :
« Les vaches avaient par ici davantage de valeur que les êtres humains. On y trouvait plus de vétérinaires que de médecins. »
[...]
La narratrice se balade en auto sur l’Alto Braco avec sa grand-tante dites Granita :
Elles sont vraiment jolies, ces reines d’Aubrac, ai-je déclaré d’un ton empathique, en désignant un troupeau qui paissait à l’orée d’une prairie.
Oui, sauf que ce sont des limousines, a rectifié Granita qui avait chaussé ses lunettes grossissantes.
J’ai ralenti pour les examiner. Robe roux clair, yeux albinos, muqueuses roses, cornes droites. De loin, on pouvait s’y tromper.
Mais que font-elles là ? ai-je protesté d’un ton offusqué, m’étonnant de ma propre réaction.
C’est la course à la grosse vache, s’est moquée ma grand-tante. Les paysans font venir de la limousine parce que, pour un poids carcasse égal, elle donne plus de viande, elle est mieux conformée. C’est aussi pour cette raison qu’ils ont acheté des taureaux charolais, afin de donner naissance à des génisses labellisées « Fleur d’Aubrac », une race croisée créée pour gagner sur la bête. Une chair plus grasse, plus molle que la viande cent pour cent Aubrac, elle-même rustique et ferme, de l viande à mâche, superbe mais difficile à vendre aux Parisiens, qui n’y connaissent rien, ces ânes. »
[…]
Là-bas, ce sont des aubrac ?
Non des salers. Tu as pourtant de meilleurs yeux que moi ! Elles sont plus rouges.
Granita disait vrai, la salers empruntait sa teinte acajou aux feuilles d’automne des frênes. Bien qu’elle soit d’origine cantaloue, on n’en trouvait beaucoup moins que des limousines, à peine cinq pour cent de la vacherie du plateau. Malgré son statut de cousine du Massif central, la salers connaissait des difficultés d’adaptation, l’herbe du plateau lui convenait moins bien. De toute façon, il n’existait pas meilleure vache ça nôtre, a affirmé ma grand-tante. Une bête légère, capable de vêler sans assistance, de s’adapter à la rudesse des éléments et supporter le sol en béton les mois d’hiver, de faire des réserves, puiser dans ses ressources, de ne pas se laisser périr :une bête « accordéon ». Parfois si maigre qu’on l’appelait clède, du nom donné aux barrières dans les prés. »
Superbe !
Et ce n’est pas tout, je vous livrerai dans une prochaine chronique une description hilarante de la filière italienne des maigres…
GÉNISSE FLEUR D’AUBRAC IGP
Les Génisses « Fleur d'Aubrac » sont nées de mère de race Aubrac et de père de race Charolaise. Le climat de l'Aubrac permet à ces animaux d'avoir un mode d'élevage par alternance pâturage/étable. Nourris d'herbe, de foin et de fourrage de l'exploitation, leur viande est goûteuse et tendre.
Et si nous allions visiter le musée Estèvevaleur à l’Hôtel des Echevins de Bourges. ? ICI
Et nous avons pris le train pour Bourges ?
Estève, le grand Maurice Estève élevé par ses grands-parents paternels. « Cette enfance de petit paysan va le marquer d’autant plus profondément que sa grand-mère est une figure assez exceptionnelle. Totalement illettrée, elle décela très vite la personnalité de son « travail » avec beaucoup de respect, quand il installait sur le carrelage même de la salle de séjour, dès l’âge de huit ans, des objets et des fruits pour les dessiner. »
Aquarelle de 1966 et un fusain, crayons jaune et bleu de 1979
C’est ce jour-là que j’ai découvert l’existence de Marcel Bascoulard.
Le 12 janvier 1978, la population berruyère apprend avec stupeur le meurtre de Marcel Bascoulard. C'était son peintre fétiche, un marginal qui faisait partie de la ville. Il avait dessiné et peint tant de rues et de monuments du cœur de Bourges. La Ville décide de prendre en charge ses obsèques et la concession au cimetière Saint Lazare (massif 7, ligne 11, fosse 152).
Son assassin, Jean Claude S.., âgé de 28 ans sera condamné à 15 ans de prison l'année suivante.
Qui était donc ce Marcel Bascoulard ?
Je vous le dirai plus tard.
Le jour où Bascoulard a refusé de sortir de prison, parce qu'il n'avait pas terminé son dessin
Publié le 12/01/2018
Le dimanche 4 janvier 1942, Marcel Bascoulard était arrêté par les Allemands, soupçonné d'espionnage alors qu'il dessinait des trains. Il se retrouvait alors à la prison du Bordiot, à Bourges.
Marcel Bascoulard dessinait. En l’absence de papier il avait choisi les murs de la minuscule cellule où on l’avait jeté pour y inscrire les paysages intérieurs qu’il portait en lui. Des rails qui s’entremêlaient, se croisaient, se perdaient dans des horizons incertains, sur lesquels circulaient des locomotives flambant neuves d’où s’échappaient des paquets d’étoupe grisâtre. Il voyageait où et quand il voulait sans avoir à bouger de là où il se trouvait.
Il entendit la porte de sa geôle s’ouvrir dans un grincement de fer rouillé, mais ne tourna pas la tête pour autant. Il était concentré sur l’œuvre en cours.
— Bascoulard ! T’es libre. Allez, suis-moi…, proféra le gardien Justin Bichon avec un fort accent berrichon.
Il ne répondit pas. Il continuait à couvrir les murs de voies ferrées et de wagons.
— Eh ! T’es sourd ou quoi ? On te libère, t’entends ? On veut plus de toi ici ! Tu peux rentrer tranquillement chez toi.
— Je suis… chez moi… ici, répliqua l’artiste de sa voix lente.
Bichon jouait avec ses clés. Il se demandait ce que ce drôle de prisonnier pouvait bien vouloir dire. Il était chez lui en prison ? Cela n’avait pas de sens.
Personne n’est chez soi en prison.
— Fais pas d’histoires, Bascoulard… J’ai l’ordre de t’emmener au guichet, pour qu’on te donne ton ordre d’élargissement.
— Reviens plus tard.
Justin Bichon ne savait plus quoi faire. En trente ans de Bordiot, c’était bien la première fois qu’un détenu refusait d’être libéré. Il en avait pourtant croisé, des énergumènes. Des costauds qui pleuraient comme des mioches qu’on a privé de dessert. Des croyants qui réclamaient le secours d’un prêtre. Des rusés qui cherchaient à obtenir du tabac ou de l’alcool en échange de promesses de rétribution qu’ils n’avaient bien entendu pas les moyens d’honorer. Des désespérés qui tentaient de se suicider avec leur fourchette. Des fous qui hurlaient de jour comme de nuit. Mais des prisonniers qui refusaient la liberté, il n’en avait jamais vus. Et il n’avait pas été formé pour répondre à ce type de situation.
— Plus tard, plus tard… T’en as de bonnes, toi. C’est que j’ai mon service à faire. T’es pas le seul, ici, mon gars ! Et puis, je dois rendre des comptes, moi.
Plus tard, c’est pas possible. C’est maintenant que je dois te conduire dehors.
— Pas avant… que j’ai fini… mon dessin, articula l’artiste.
Bichon, d’une main, releva son képi pour se gratter le front. Il cherchait désespérément l’argument décisif qui emporterait l’adhésion de l’artiste têtu. Il essaya la menace :
— Si tu attends trop longtemps, ils risquent de revenir sur leur décision, mon gars ! Si tu veux pas partir, ils vont te garder, et pour longtemps !
— Ça me va, répliqua sobrement Bascoulard tout en traçant avec minutie les rayons d’une roue de locomotive.
Justin Bichon était au désespoir. Décidément, il n’y arriverait pas tout seul. Il lui fallait des renforts.
— Puisque c’est ça, je te laisse, Bascoulard ! Viens pas pleurer, après !
Il sortit et referma la porte derrière lui, puis attendit un moment, au cas où le prisonnier aurait changé d’avis. Mais non. Il ne percevait que le frottement du crayon sur les murs.
Bichon redescendit jusqu’au guichet où se trouvait les autres gardiens du Bordiot.
— Les gars, j’ai un problème avec Bascoulard.
— Qu’est-ce qu’il a encore inventé, ce maboul ? fit un gros geôlier au nez rubicond.
— Il veut pas quitter sa cellule. Pas avant d’avoir fini son dessin.
— Tu essayes de nous mener en bateau, Bichon ! répliqua un grand maigre qui flottait dans son uniforme.
— Je t’assure que non ! Il veut rien savoir ! Vous voulez pas m’aider, les gars ? A nous trois, on va bien réussir par le foutre dehors !
— Des qui refusent de venir ici, j’en connais. Mais des qui veulent pas en partir, c’est du jamais vu ! philosopha le gros.
— Bon, on y va ? J’ai pas fini ma tournée, moi ! se lamenta Bichon.
— Pleure pas, on vient ! le rassura le maigre.
Tous trois escaladèrent l’escalier qui conduisait à la cellule de Bascoulard.
Justin Bichon fit jouer le pêne et ouvrit la porte en grand.
A l’intérieur se trouvait Marcel Bascoulard, debout, les yeux dirigés vers eux.
— J’ai fini… mon dessin. Je veux bien… partir… maintenant.
Marcel Bascoulard, né le 10 février 1913 à Vallenay dans la vallée du Cher il vit à Saint Florent, la famille habite dans le fond d'une cour, sur la route de Châtillon. Son père, Léon est ouvrier maçon, il a quelques ouvriers avec lui, c'est un homme que l'on dit volontiers rigoureux. Il avait dans cette profession, une vision très personnelle pour installer les échafaudages, ce qui lui vaudra le surnom de "Le Cordiau", car ces barres devaient être parfaitement alignées.
Sa mère est née Marguerite Mulet, il est le second enfant du couple, il a une soeur Marie-Julie qui est l'aînée, elle vit le jour en 1909, et meurt en 1952, quant à son jeune frère, Roger, il est né en 1921 et est mort en 1984.
Le petit Marcel Bascoulard commence à l'école de Saint Florent sur Cher, et à la rentrée de 1926, il entre au Collège situé route de Bourges, aujourd'hui rue Gabriel Dordain, juste en face du centre Louis Aragon. Il sera aidé par ses professeurs dont Robert Vergnoux qui va tout faire pour encourager le jeune Marcel vers « les Beaux Arts ».
Marcel sera très moyen dans ses études, aimant le Français, les langues et le dessin, mais très faible en mathématiques et en sciences. Il est semble-t-il un élève assez dissipé. A 17 ans, il a le Brevet d'Etudes Primaires Supérieurs, et il fréquente l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges, place Cujas et rencontre le sculpteur André Bezart, lequel va l'orienter vers la sculptures et c'est lui qui fera après sa mort son buste que l'on peut voir à Bourges.
Le jeune Marcel commence à dessiner des maisons qui sont autour de Saint Florent.
Le 25 septembre 1932, il a moins de vingt ans, c'est le drame. Sa mère Marguerite abat son père Léon, âgé de 55 ans, d'un coup de revolver acheté deux mois auparavant dans une armurerie de Bourges. Elle avait éloigné ses deux enfants Marcel et Roger. Jugée irresponsable elle sera internée à Bourges à Beauregard, l'Hôpital spécialisé. Elle meurt le 1er juin 1944, à Limoges, car Beauregard avait été décentralisé de Bourges à Limoges.
Après ce drame familial, pour se rapprocher de sa mère, il s'établit à Bourges. Sans argent, déjà marginalisé, il habite dans des cabanes dans les Marais, mais aussi dans un grenier à Fenestrelay ou près de la route de Nevers. Enfin, il trouve une cabine d'un bas situé dans le quartier Avaricum, un lieu mal famé.
Pendant longtemps, il va vivre dans une vieille maison devant être détruite à l'emplacement actuel du quartier Avaricum. Dans ces années 1935, il signe ses dessins "Bascoulard-Mulet", et comme un hommage à sa mère, il signe à l'endroit, à l'envers, et parfois dans d'autres langues qu'il semble un peu connaître.
En 1934, il commence à dessiner dans les rues de Bourges, et suit des cours d'art de Marcel Pinon.
« Si je me promène en tenue féminine, c'est que j'est me (sic) cette tenue plus esthétique. Pour les besoins de l'art, lorsque je revêts la tenue féminine, je prends avec moi mon appareil photographique et je fais faire des clichés de moi-même par des gens de connaissance. »
Bascoulard est connu par son curieux accoutrement, il porte " des chaussures éventrées, sur ses jambes nues bat une éternelle blouse jadis grise ". Pour regagner sa demeure, après avoir dessiné une fois encore la cathédrale de Bourges, vu de la rue Porte Jaune, " il utilise une machine bizarre, hybride, sorte de tricycle que bien souvent, il pousse ou traîne au lieu de pédaler ".
C'est en 1938 qu'il fait fabriquer par André Narcy, commerçant de cycles qui était à l'angle de la rue de la Poissonnerie et de Bourbonnoux, c'est à dire place Gordaine, un tricycle pour transporter deux personnes et un peu de matériel. Il va payer cet engin avec ses dessins. C'est ce qu'il fera toujours.
10 ans plus tard, nouveau tricycle, mais toujours chez Narcy, mais il n'est pas très stable, il y a quelques chutes et s'il est très connu alors dans Bourges pour ce véhicule, ce n'est pas la panacée pour se déplacer.
À partir de 1955 il vit alors dans une sorte de cabine de camion en pleine nature avec ses chats au lieu-dit "Les Gargaudières". Pour vivre, il dessine, il reproduit à l'encre ou au crayon le Palais Jacques Coeur, les vieilles rues de Bourges, les Eglises et surtout la Cathédrale Saint Etienne.
Il dessine le Bourges éternel, " appuyé contre un mur, perché tel un échassier sur une seule jambe contre laquelle l'autre s'est repliée ", ses dessins sont remarquables, d'une très grande précision, ils ont une âme. Il mange comme autrefois, sans assiette ni fourchette, il utilise un canif un peu rouillé, et dors à même le sol, sans se soucier du lendemain, ni du temps, il ne possède pas de montre…. Ni de peigne. Il vit par son art.
Votre Taulier ne rechigne jamais, même pendant les mois d’été, à explorer les plis et les replis de la libido du buveur. Mais, comme il est aussi un fieffé ramier, il ne crache pas sur le recyclage de chroniques anciennes. Pour sa défense, celle que je...
Puisque certains n'ont pas compris mes conneries de la saison 1 ICI link j'en remet une louchée. C’est donc l’histoire d’un mec qui passait sa vie avec les bandits manchots dans les casinos. Il jouait à tout. Il pariait sur tout. Il grattait. Il se faisait...
Fenêtre sur cour, L’amour Est un crime parfait, Des mots noirs De désespoir Jetés sur un petit carnet. Mère au foyer sans foyer À nue Toute nue. Sur sa peau lisse tout glisse. Ses grains de beauté Fixés sur mes clichés volés. Sente blanche de ses hanches...
1- J'adore les mecs, le cul vissé sur le siège de leur scooter, qui m'invectivent parce que sur mon vélo je ne démarre pas assez vite aux feux tricolores... Bienheureux les beaufs ! 2- J'adore les nanas, les fesses posées sur le cuir des sièges de leur...
Sur la Toile faut s’attendre à tout lorsqu’on est comme moi un VB, vieux blogueur, un VC, vieux con, un VD, vieux débile qui crache sa bile comme dirait l’immense Mimi, mais un qui a aussi le bras très long, un influenceur de Première League, un gars...
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.