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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 00:01

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" La mention apparaît vers le milieu du XIXe siècle et se développe jusqu'à la période phylloxérique, notamment dans des livres de négociants et sur des étiquettes. Avec quelques variantes dans l'intitulé (retour des Indes, retour de Calcutta, retour de Chine...), elle s'accompagne souvent d'une image représentant un navire au long cours, de préférence un voilier.
Aux dires de Féret, dans son dictionnaire-manuel de 1896, il s'agissait bien là d' "un vin auquel on a fait faire un long voyage pour le vieillir, le bonifier". Depuis que l'on avait pris goût aux vins vieux, on avait remarqué que le transport par mer - en raison des mouvements de roulis et de tangage - accélérait le vieillissement. La question reste de savoir quand et pourquoi le procédé s'est développé. De fortes présomptions inclinent à croire que des Médocains l'auraient inventé, singulièrement le sieur Louis Gaspard d'Estournel, lequel était en relations commerciales avec les Indes dès avnt 1840.Autant que la mise au point d'une technique, fort coûteuse au demeurant, il faut peut-être y voir une ruse pour commercialiser au mieux des invendus, en fait des vins qui n'avaient pas trouvé preneur aux Indes. Les volumes concernés - le plus souvent des vins vieux en bouteilles - semblent d'ailleurs peu importants. L'opération n'a pas survécu à la Première Guerre mondiale."

extrait de Bordeaux, vignoble millénaire de G.Aubin,S.Lavaud&Ph.Roudier aux éditions L'Horizon Chimérique 1996

" Autrefois, on parlait beaucoup des vins "retour des Indes". Qu'elle est, au juste, la valeur de cette expression ?
   La question nous a été posée.
   Certains imaginent qu'il suffisait d'embarquer du vin sur un navire et de le faire naviguer pour accroître singulièrement sa qualité.
        Il y a là une exagération.
      Certains vins, très alcooliques, chargés d'éléments qu'ils ont besoin de dépouiller pour vieillir, les Porto, les Xérès, parfois même des Bordeaux ou des Bourgognes très corsés, mûrissent plus rapidement si on les soumet pendant un certain temps à un brassage, particulièrement à celui d'un voyage en mer.
       La navigation à voiles, qui seule existait alors, prolongeait le traitement. Les différences de température, les chaleurs de la Mer Rouge et de l'Océan Indien le renforçaient. Ainsi le vin revenait ayant devancé le temps où, laissé à lui-même, iol eût paru en bonne forme sur la table : le voyage, qui forme la jeunesse de l'homme, avait aussi formé la sienne.
       Mais c'est là tout.
       Notez que des vins légers et fragiles pourraient se trouver fort mal d'une telle épreuve, et même ne s'en jamais guérir.
        La méthode, qu'on ne saurait recommander, n'a plus qu'un intérêt documentaire. La vapeur, en abrégeant la durée des voyages, et l'augmentation du prix des transports font, comme on dit, que le jeu n'en vaut plus la chandelle. "


Paul Cassagnac Les Vins de France Hachette 1927   

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 00:07


« Les tendances sont tendance. Nous voilà intrigués par ces focalisations du désir, par lesquelles des individus différents les uns des autres, sans s’être concertés, se découvrent les mêmes envies. Ces convergences du goût collectif ont par exemple plébiscité le moelleux au chocolat puis les macaronis, le tennis puis le golf, les voitures hybrides après les « 4x4 ». Les médias accordent une grande attention à ce phénomène, consacrant un large espace à ce que nos contemporains aiment ou… devraient aimer » Guillaume Erner, sociologue des tendances, qui parle gravement des sujets légers, petit-fils de tailleurs, fils de confectionneurs, travaillant depuis 12 ans dans l’épicentre des tendances : la mode sait « parler chiffons » en s’intéressant aux entreprises qui les font et les griffent. Je vous invite à lire sont Que sais-je ? « Sociologie des tendances », c’est très agréable à lire et très profitable. À lire aussi, c'est un peu plus dense, mais passionnant, "Victimes de la mode" du même auteur aux éditions La Découverte/Poche.

 

 

«  L’objet de l’étude de la sociologie des tendances ce sont les objets et les pratiques révélant les goûts collectifs soudains et convergents. En somme, la sociologie des tendances consiste à discuter des goûts et des couleurs. » écrit-il. Alors, entre nous, quoi de plus cœur de cible de cette discussion que notre cher nectar ? La mondialisation des modes de consommations du vin offre bien des similitudes avec celle de la mode vestimentaire : tout en gardant les fondamentaux elle fait aussi exploser les codes, surtout auprès des nouvelles générations. Notre homme, dans l’analyse de la complexité des tendances, bien évidemment, consacre deux paragraphes au vin : « Le vin, mélange de tendances ». Le regard porté par ce spécialiste de la « futilité », des « fashion victims », explorateur de l’étonnant destin des tongs, de la résurrection de la Birkenstock pur produit de l’ex-RDA, de la saga des Tod’s de Diego Della Valle ou de Mohamed Dia le jeune styliste de Sarcelles devenu superstar aux USA, doit nous intéresser. D’ailleurs, même si ma voix tombe dans le désert habituel, j’invite nos belles organisations interprofessionnelles à lever leur nez des seuls panels ou des études copié-collé des vendeurs de prévisions, pour consacrer quelques sous à une toute petite cellule d’observations des tendances de la consommation du vin de par le monde, où Guillaume Erner pourrait jouer le rôle du « diable qui s’habille en Prada ».

 

Revenons à son regard sur le vin : « Une boisson aussi traditionnelle que le vin est désormais en proie à des tendances. Dans le rapport au vin se mêle tendances fonctionnelles et non fonctionnelles, mais aussi mode pour initiés et engouement du grand nombre. La consommation des Français dans ce domaine a diminué : en l’espace de trente ans elle est passée de 100l à 55l par personne. Cette diminution de la consommation s’explique par un rapport différent à l’alcool imposé par les nouvelles lois en vigueur. Mais elle reflète aussi une modification des tendances non fonctionnelles ; le goût des individus a changé, ils se désaltèrent désormais autrement.

En outre, les goûts du public ont évolué. Le vin est de plus en plus souvent désalcoolisé ; dans le cas contraire, il dépasserait souvent les 13°, ce qui rendrait sa consommation plus délicate. Les consommateurs préfèrent le vin vinifié sur le fruit, légèrement sucré en fin de bouche avec peu de tanin. Parallèlement, les recherches des « initiés » ont changé. Dans le petit cercle des amateurs de grand vin, la mode n’est plus au Château d’Yquem ou au Petrus. L’attention des connaisseurs s’est déplacée vers des crus rares, naguère délaissés. Désormais, les vignobles les plus en vue sont bien souvent minuscules. C’est par exemple ce qui est arrivé à un pomerol nommé « Château le Pin », petit domaine de 1,95 ha. En 1981, il est remarqué par un œnologue réputé lors d’une dégustation. Depuis, les bouteilles de cette origine se négocient à plusieurs milliers d’euros, ce qui en réserve la dégustation à quelques privilégiés. »

Bien sûr, il y a dans ces propos la part de naïveté et d’approximation du non-spécialiste, Guillaume Erner est plus à l’aise avec le décodage de Galliano, d’Elbaz ou de Li Edelkoort (la tendancières qui crèche en bas de chez moi) mais il est précieux pour nous aider à prévoir et utiliser les tendances. Comme il l’écrit : « Les tendances constituent un processus sans sujet ; personne ne règne sur elles, aucun pouvoir d’influence n’est assuré de les gouverner, seules les décisions souveraines et non concertées des individus les façonnent. À cet égard, elles symbolisent la modernité. » On comprend mieux que toutes les tentatives de modélisation quantitative des tendances sont vouées à l’échec. Cependant, les contributions de Georg Simmel et de JM. Keynes apportent un éclairage intéressant à ce processus complexe. Pour le premier (1858-1918) la tendance délivre « l’individu des affres du choix, de le signaler comme un être isolé mais comme la créature d’un groupe ». Les tendances permettent donc de concilier deux sentiments contradictoires : le besoin de distinction et le désir d’appartenance : l’appropriation des marques sportives : Nike, Reebok, Adidas ou Puma ou le détournement de vieilles marques : Lacoste, Burberry’s par les jeunes, de banlieues ou des beaux quartiers est la preuve de la permanence de l’imitation et de la démarcation.

Pour sa part, la parabole du « concours de beauté » de Keynes me semble aller comme un gant à la bonne évaluation de l’évolution des tendances du vin « loisir », du vin « futile », du vins des zappeurs, du vin des « néo-consommateurs ». Pour faire court le principe du jeu consiste non pas à agir selon ses goûts, mais à anticiper les goûts majoritaires. Le concours de beauté exige à raisonner « au troisième degré » c’est-à-dire employer « ses facultés à découvrir l’idée que l’opinion moyenne se fera à l’avance de son propre jugement » John Maynard s’adressait aux spéculateurs contraints de prendre position sur le marché boursier, et, comme l’homme adulé par la gauche sociale-démocrate fut un brillant spéculateur on peut prêter du crédit à son enseignement qu’il vaut  « mieux pour sa réputation échouer avec les conventions que réussir contre elles… » et comme le souligne Guillaume Erner « en règle générale, l’imitation est perçue comme un comportement irrationnel. Ici, ce n’est pas le cas. Cette attitude est même complètement rationnelle ; elle est parfaitement adaptée à l’exercice d’anticipation requis. »

  Mon Dieu, pardonnez-moi, je sens que je vais encore me faire des amis dans la cohorte des Pharisiens, vont-ils me faire lapider ou exiger que j'aille faire un tour du côté du Mont des Oliviers, je plaisante bien sûr, car je ne suis qu'un mec futile qui aime "le beau linge", ce fut le titre d'une chronique du 26 septembre 2005...
http://www.berthomeau.com/article-908074.html   

 

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 00:06


Être éveillé au cœur de la nuit par la sonnerie du téléphone – à l’ancienne, l’unique, celle du temps du fixe en bakélite – stresse. Le 4 avril 1985, vers trois heures du matin, mon directeur de cabinet, laconique me transmettait la nouvelle : « Michel a démissionné… » Le Michel en question, c’était Michel Rocard qui, au retour d’un dîner chez Marc Riboud – le photographe - sur la proportionnelle, quittait le gouvernement Fabius. Imaginez la tête du permanencier de l’Elysée : devait-il troubler le sommeil du Président ? Bref, en résumé, le scrutin proportionnel intégral me privait du chouchou des sondages pour me refiler Henri Nallet, le conseiller de François, qui allait profiter de l’aubaine pour se faire élire député de la 2ième circonscription de l’Yonne : Avallon-Tonnerre-La Roche Migennes. Le Chablis entrait dans ma vie. Bien sûr, par la grâce d’une finale de la Coupe de France, le 16 juin 1979, entre le FC Nantes et Auxerre, alors en D2, j’avais découvert celui qui allait devenir l’emblématique ambassadeur du Chablis, Guy Roux, mais c’est une autre histoire.

 

 

Le grand Max, qui a été mon élève au lycée agricole de la Roche/yon, deux passes décisives (des centres) pour Éric Pécout. Désolé Guy Roux...

Guy Roux : "D'habitude je suis plutôt un mauvais perdant mais, cette fois, j'oublie volontiers la petite déception de la prolongation pour ne penser qu'aux merveilleux moments que nous ont donné nos joueurs durant les 90 minutes réglementaires. Les garçons ont apposé une magnifique signature à une saison d'exception. Nantes était plus fort que nous mais il a dû longtemps s'employer pour le prouver. Les joueurs auxerrois ont effectué un match formidable."

 

Mon histoire d’aujourd’hui est celle de la Chablisienne, une vieille dame qui, tout en roulant allègrement sur ses 85 ans, garde un teint de jeune fille en fleur, aérienne et vive, une belle plante séduisante : la coopérative de Chablis. Dans le landerneau des adorateurs de vins de propriétés, la Chablisienne est de celle qui leur reste en travers du gosier : pensez-donc, la mâtine, toute coopérative qu’elle fût, elle aligne, comme les stars leurs oscars, des noms mythiques pour des vins uniques, des 1er crus : la Montée de Tonnerre, L’Homme mort, La Singulière… des grands crus : Bougros, Blanchot… et, cerise sur le gâteau, château Grenouilles. Verts qui sont les commissaires aux élégances, que des vignerons, dont les pères se sont unis dans les temps de crises pour s’en sortir collectivement, le restent alors que le succès est au rendez-vous. Mes amis de la RVF, en 1996, ont nommé la Chablisienne : coopérative de l’année. C’est good mais ce qui serait very good c’est qu’en notre douce France nous cessions d’apposer des étiquettes et de gloser sur des à-priori qui n’ont rien à voir avec la réalité.

 

En chantant les louanges de la Chablisienne je ne vole pas au secours d’un succès évident et facile. En effet, lorsqu’on pèse, depuis l’origine, 30% des surfaces et des exploitations, que l’on est partie prenante d’une énorme extension des plantations : 600 ha en 1960, 919 ha en 1972, 1332 ha en 1978, 2430 ha en 1988, un peu plus de 4000 ha en 1998, que l’on fait face à une très forte demande de Chablis sur les marchés d’exportation, céder à la facilité aurait pu être dans l’ordre des choses. Mais, comme ils l’écrivent, la Chablisienne c’est « leur maison », celle de 300 vignerons, qui « au fil du temps, pas à pas » ont inventé un mode « développement unique et original», où l’élaboration des grands vins blancs reflète le « soin extrême » qu’ils apportent à leurs vignes et « la passion » des vinificateurs. «  Accord subtil » reflets des valeurs communes qui rythment le quotidien : « mettre l’homme au centre des stratégies…Toujours anticiper et proposer des projets fédérateurs d’énergie et créateurs de dynamique, partager les responsabilités, respecter l’homme et son ancrage au territoire, aider les jeunes à s’installer au pays, partager la conviction que l’organisation collective est un facteur clé de visibilité et d’accessibilité aux marchés » Et oui, messieurs les grands-prêtres du small is beautiful, on peut : « s’adapter aux différents marchés sans perdre son âme, l’investissement dans des équipements de très haut niveau ou les prises de participation dans des structures de distribution dans les pays stratégiques (UK, Allemagne…) ne sont que quelques exemples qui traduisent notre force et notre ambition : faire de la marque La Chablisienne une référence unique dans le secteur traditionnel, en France comme à l’international »

 

Rassurez-vous, chers lecteurs, je ne vais pas entonner mon énième couplet sur mes thèmes favoris car j’ai conscience que vous pourriez me taxer de radoter, ce matin, moi qui suis un adorateur des mots et de leur assemblage, je me laisse envoûter par ceux de notre belle et éternelle Chablisienne : « C’est bel et bien le raisin et la nature qui impriment leur rythme aux vendanges » nous dit-elle à propos des sites de pressurage proche des vignes…  et, un peu muse de l’esprit du vin, la voilà qui nous enjôle : « Les vins de la Chablisienne puisent une grande part de leur âme dans les vertus de l’élevage (certainement l’un des plus beaux mots du champ sémantique du vin…) puis la voilà qui nous entraîne aux extrêmes confins du royaume du vin : « Le fût ne doit bien entendu pas dominer le vin, mais il ne doit pas non plus le supporter. À la Chablisienne, on emploie plus exactement les verbes “révéler” ou “éclater”. La nuance est fine, mais elle prend toute sa dimension dans nos assemblages. “Eclater” la matière, “révéler” le potentiel du raisin, “révéler” des facettes d’un terroir que l’inox n’aurait pas suffit à exprimer… » enfin, elle se fait pianiste pour finir de nous séduire « Nous avons su, millésime après millésime, sélectionner des tonnelleries, des chauffes et des provenances de chêne qui correspondent au mariage recherché. Derrière chaque assemblage, l’âge des fûts, le pourcentage, la durée d’élevage, constituent alors autant de touches sur lesquelles La Chablisienne ne se prive pas de pianoter. » C’est joliment dit et, comme les vins sont à la hauteur des mots, bravo la Chablisienne. Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette belle maison, alors j'y reviendrai un de  ces quatre matins pour chroniquer sur elle. À bientôt donc du côté de Chablis et en attendant, allez mon cher Guy, comme faut pas gâcher, avec le grand Gérard de Chailley, tu me l'offres ce verre de Petis Chablis, de la Chablisienne bien sûr !
 

 
Les chiffres clés

Chiffre d’Affaires HT 2006/2007 (en euros) 17 mois 66,351 millions - année civile 2007 : 46,345 millions
dont 2,044 Détail - 5,840 Traditionnel - 5,115 GD - 5,156 Négoce - 28,189 Export Le Royaume-Uni 34,45% du CA, l'UE 49,74% du CA.
                    


Récolte 2007 (en hectolitres) 73.726

Nombre de bouteilles commercialisées en 2007 (équiv. 75 cl) 7.407.867 cols 

 

Associés coopérateurs 254, dont 190 exploitants

Associés non coopérateurs 54

 

1255 hectares en production dont : 11 hectares de Chablis Grand Cru (6 climats)

107 hectares de Chablis Premier Cru (18 climats)

771 hectares de Chablis,

244 hectares de Petit Chablis,

122 hectares d’appellations régionales

 

La Chablisienne représente 25 % de l’ensemble du vignoble Chablisien

(16 % des Chablis Grand Cru, 18 % des Chablis Premier Cru, 28 % des Chablis et 38 % des Petit Chablis).

 

Chablis Grand Cru, 6 climats, âge moyen du vignoble 33 ans

Blanchot 1,13 hectares

Bougros 0,44 hectare

Les Clos 0,51 hectare

Les Preuses 1,76 hectares

Vaudésir 0,30 hectare

Grenouilles 4,69 hectares

Château Grenouilles 2,50 hectares

       
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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 00:07


Les documents d'archives sont redoutables. Celui que je vous propose ce jour de fin d'avril venteux est extrait des archives de l'INA : il date du 14 avril 1968, c'est l'ORTF, c'est Dim Dam Dom, c'est Jean Ferniot, grande voix politique de RTL, avec son éternel noeud papillon, qui signe des chroniques gastronomiques dans l'Express du sobriquet l'Oncle, qui, avec 4 compères :
- Henri Gault alors à Paris-Presse,
- Henri Philippon de Valeurs Actuelles,
- La Reynière (Robert Courtine) du Monde,
- et un chef d'un restaurant de la rue Faidherbe, va discuter d'un sujet de taille : le coq - le coq au vin s'entend - doit-il être puceau ?

Je plaisante à peine.

Présenté par Ferniot comme : 5 personnages en quête de saveur, le débat en son mitan nous offre, pour la partie vin, un de ces morceaux de connerie à la française sur le thème y'a plus de vin de Cahors, du régional de l'étape Philippon - natif du Lot selon Gault - c'est à écouter sans modération. On croirait entendre certains plumitifs contemporains sur l'inépuisable lamento : " dans notre pays, ma bonne dame, tout fout le camp..."
Ça dure presque 9 mn, pour les impatients vous pouvez avancer le curseur pour aller au morceau choisi sur le vin.
Sans vouloir vous poussez à la consommation je vous assure que l'audition vaut la peine, on y retrouve un chapelet de lieux communs, des assertions toujours d'actualité, pour moi c'est une perle, un joyau rare, tout ce qui fait de nous français, de vrais franchouillards inexportables. Le pauvre Ferniot on le sent gêné aux entournures...
Bonne dégustation !
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alain vous envoie un média sélectionné sur ina.fr.
Pour le découvrir, cliquez ici :
«
Jean FERNIOT déguste un coq au vin »


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« Jean FERNIOT déguste un coq au vin »

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 00:05

Sous forme de boutade je dirais : " nous avons les meilleurs experts reconnus par nos collègues du monde entier et nous ne le savons pas". Patrick Aigrain de Viniflhor, fait parti du cercle très fermé de ceux qui savent mettre les grandes données économiques en perspectives, les interpréter, leur donner sens. Comme son oncle Pierre - grand physicien, homme de science, certes, mais aussi homme d'action, qui va après la guerre, de la DGRST au secrétariat d'Etat à la Recherche dans le gouvernement Barre, faire connaître à la recherche fondamentale française une période faste, où l'enthousiasme et l'imagination ne sont pas bridés par la bureaucratie.Personnage atypique, Pierre Aigrain est l'un de ceux qui ont fait renaître la science française après la guerre. Son rayonnement sur la physique française est considérable - notre Patrick est lui aussi atypique, iconoclaste, curieux et dérangeant, conditions nécessaires et suffisantes pour nourrir le débat et faire que nous tenions notre rang de grand pays du vin dans le concert mondial. L'intelligence économique, notre capacité à innover, à influer sur les grandes tendances, à anticiper, participe au rayonnement de nos vins tout autant qu'une littérature célébrant nos terroirs et notre histoire. Gardons-nous de nous retirer de cette scène. Soyons soucieux, qu'à l'OIV, dans les Universités, partout où l'opinion se forme ou se déforme, des Patrick Aigrain puissent exercer un magistère intellectuel. Patrick le fait avec une modestie toute naturelle et un art consommé du maniement des chiffres et des opinions qui décoiffent. Je le remercie de m'avoir donné un peu de son temps.

La filière vitivinicole mondiale, notamment sa composante européenne si l’on examine l’évolution des cours des Vins de Table, aura finalement mis 2 ans et demi en vins rouges et rosés (un peu moins en vins blancs) pour « digérer » la forte production 2004 (plus de 300 Miohl hors jus et moûts). Cet excédent est apparu sous les influences combinées d’une rentrée en production, sans aléas climatique défavorable, des plantations accumulées notamment dans l’hémisphère sud  depuis le début de la décennie 1990 et d’une régulation communautaire inadéquate (la Distillation « Alcool de Bouche » ayant servi, comme l’on pouvait s’y attendre, à approvisionner le marché des brandies mais pas à réguler un marché communautaire du vin représentant plus de 60% de la production mondiale).

 

Plusieurs facteurs ont contribué a résorbé cet excédent conjoncturel mondial :

-         et principalement la modeste production 2007 : 162 à 165 Miohl pour l’UE à 27, et  moins de 10 Miohl en Australie, pour une prévision mondiale comprise entre 263 et  270 Miohl (-7% et – 20 Miohl / 2006 en milieu de fourchette d’estimation)

-         mais aussi, au plan hexagonal, une reprise de l’abandon définitif primé en France qui en 2 campagnes a atteint 36 mha (20 mha entre 2006 et 2007, soit 55% de la régression annuel de l’UE à 27)…

Preuve, s’il en était besoin, qu’avec un produit miscible et stockable et un appareil de production rigide, en absence de régulation, un excédent conjoncturel a toutes les chances de se pérenniser en attendant que la nature fasse son œuvre.

 

Pourtant, le marché mondial est marqué, malgré une pause en 2007 (à un peu plus de 240 Miohl), par un redémarrage lent mais avéré de la consommation mondiale de vin depuis le milieu de la décennie 1990, à un rythme de croissance d’un peu plus de 1,5 Miohl / an.

 

Si l’érosion tendancielle du niveau de consommation intérieure des pays traditionnellement producteurs se poursuit, les marchés en développement se situent principalement en Amérique du nord, dans le nord de l’Europe et en Russie.

 

La consommation de vin en Chine est, selon toute vraisemblance, croissante mais son niveau précis actuel et son rythme de croissance réel sont difficilement connaissables. En tout état de cause, si l’on s’écarte d’une approche de ce niveau de consommation par bilan – seule approche possible sur le long terme- (qui conduit à un chiffrage d’une consommation apparente incluant l’ensemble des boissons fermentées incorporant du raisin ainsi que les distillats vitivinicoles) et que l’on vise une définition du vin proche de celle de l’UE, ce niveau est de l’ordre de 5 Miohl (à plus ou moins 1 Miohl), inférieur donc à celui par exemple de la Russie de près de moitié.

 

En grande masse, le marché mondial du vin reste donc concentré géographiquement (FR, IT, USA, ALL, ESP, UK et ARG, soit 7 pays représentant en 2006 60% de la consommation mondiale), et compte tenu des politiques de santé, il est clair qu’à l’avenir la croissance de la consommation mondiale de vin sera davantage portée par une extension du nombre de consommateurs que par un accroissement de la consommation individuelle des actuels consommateurs, et donc en partie par une extension géographique du marché.

 

L’internationalisation du marché du vin se poursuit à un rythme rapide (+ de 91 Miohl échangés en 2007 : +8,4% /2006), même si pour des raisons logistiques, voire techniques (assemblage de vins de diverses provenances), la part de vins importés dans un pays puis réexportés vers le pays de destination finale croît, dopant ainsi le niveau du marché mondial (calculé comme la somme des exportations de tous les pays du monde). Ce phénomène suit en cela la poursuite de la concentration à l’échelon international de groupes vitivinicoles (souvent multi boissons), ainsi que le fonctionnement en réseau (notamment à l’égard de la distribution, qui partout dans le monde tend à se concentrer) de certaines entreprises à l’échelon de la planète.

 

On peut remarquer que le mode de croissance du marché mondial du vin repose encore très largement sur le transport des vins finis (conditionnés ou non), davantage que sur le développement de vignobles locaux censés approvisionnés des marchés en développement. Tout d’abord le vin reste un produit très majoritairement destiné encore aujourd’hui aux pays développés et, récemment, et pour ne retenir que les évolutions significatives, les nouvelles implantations ou croissances notables du vignoble de cuve, (après celles réalisées massivement dans les pays dits du « nouveau monde viticole » jusqu’au tout début de la décennie 2000 mais qui se poursuivent à un rythme global plus réduit et qui avaient pour vocation essentielle d’accroître la capacité à exporter de ces pays), n’ont vraiment vu le jour qu’en Chine et au Brésil.

 

Les pays de l’hémisphère sud et les USA continuent de prendre des parts de marché mondial en atteignant 28% des échanges mondiaux en 2007, aidé en cela par une parité euro / dollar favorable, et ce malgré le fait que l’Italie, qui n’a pas été handicapée ces 2 dernières années par un niveau faible de disponibilité, a retrouvé ses niveaux d’exportations antérieurs à plus de 18 Miohl et que dorénavant l’Espagne exporte autant en volume que la France.

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 00:03

 

L’histoire est belle et, comme vous le savez, j’adore les belles histoires alors ce matin j’ai décidé de vous la conter, je n’ose écrire vous l’écrire car il s’agit d’une partition à quatre mains et, comme je ne sais ni concevoir de la musique, en jetant des notes sur une portée, ni faire le vin, en tirant la quintessence du raisin, alors je vais me contenter de vous conter une belle aventure humaine née d’une rencontre de 2 Mondes, 2 Hémisphères dont on dit qu’ils n’ont rien en commun. Et pourtant, de toutes ces différences, réelles ou fantasmées, la même passion pour la Syrah va engendrer cette partition à 4 mains.

 

Tout commence en janvier 2007, à la cave de Tain, par l’intermédiaire d’un ami commun, Nathan Waks, président d’une Winerie, dans la ClareValley (Australie du Sud), Kilikanoon, adossée à un domaine de 500 ha, accompagné de son épouse, rencontre Julie Campos. Voyage d’agrément, envie de découvrir le berceau historique de la Syrah, curiosité intellectuelle, communauté de métier, et sans doute d’autres ondes imperceptibles, font que, très vite, l’alchimie humaine produit ses effets, les deux interlocuteurs s’apprécient. De cette confiance mutuelle, balayant les idées reçues sans pour autant abandonner leurs spécificités, leur histoire, va naître l’idée d’un échange : créer des cuvées communes. Pour Nathan Waks c’est un rêve qui devient réalité : « En tant que spécialiste de la Syrah pour les pays du Nouveau Monde, Kilikanoon a eu, depuis longtemps, ce rêve de produire une Syrah là où le cépage est né. Nous avons eu la chance de trouver un partenaire, la cave de Tain, avec à la fois les ressources, notamment le terroir, et la volonté de travailler ensemble pour réaliser ce rêve » Julie Campos, qui connaît bien son monde viticole, pressent les objections des autoproclamés gardiens de la tradition, les soi-disant grand-prêtres du vin à la française, alors avec sa pugnacité légendaire elle met en avant : « le même amour pour la Syrah, le même respect du terroir, l’intérêt réciproque d’un partage du savoir-faire des hommes, l’enrichissement mutuel que procure l’observation des différences nées de la nature, échanger, comprendre les attitudes de tous ces nouveaux consommateurs séduits par ces vins venus d'ailleurs… »

Sur la photo, autour de Julie Campos, de gauche à droite :
Daniel Brissot, Responsable Vignoble Cave de Tain
Kevin Mitchell, Senior Winemaker et Directeur de Kilikannon
Xavier Frouin, Œnologue Maître de Chais Cave de Tain
Alain Bourgeois, Œnologue Responsable Qualité Cave de Tain.

Jeter des ponts entre les hommes, leur culture, leur savoir-faire, leur tradition ; faire bouger les lignes ; s’enrichir des différences ; accepter de regarder les autres tels qu’ils sont et non tels qu’on imagine qu’ils sont ; sortir des sentiers battus en gardant le cap ; ouvrir des voies nouvelles ; c’est toute la beauté et la richesse de l’aventure humaine, celle des conquérants, celle des défricheurs du possible et, rassurez-vous, chère Julie Campos, l’osmose créée par vos 3 petites cuvées issues de parcelles sélectionnées sur les 2 AOC, Hermitage et Crozes-Hermitage, vinifiées sous la baguette de Kevin Mitchell, le winemaker de Kilikanoon, seront le symbole d’une mondialisation humaine, réussie, des vins tout ce qu’il y a de plus français, étiquetés et signés par la cave «  élevé et mis en bouteille à la Cave de Tain-l’Hermitage » L’image de l’orchestre symphonique – même si pour vous, au regard des dimensions des entreprises et des équipes, je devrais évoquer plutôt un quatuor ou un sextuor à cordes – rend bien l’esprit du projet. En effet, les grands orchestres nationaux sont souvent dirigés par des chefs étrangers, à demeure ou invités, Kurt Masur est le directeur musical de l’Orchestre National de France tout en étant le chef principal de celui de Londres, Georges Prêtre a été le premier chef français, depuis 50 ans, à diriger  l’orchestre philarmonique de Vienne à l'occasion du fameux concert du Nouvel An en 2008. Clin d’œil supplémentaire, Nathan Waks est violoncelliste au sein de l’Orchestre National de Sidney.


La musique adoucit les mœurs dit-on, c’est vrai ; le vin aussi « un peu de douceur dans ce monde de brutes ». Que voulez-vous, moi qui ne suis qu’un amateur, de musique et de vin, de toutes les musiques et de tous les vins – c’est selon le lieu, le jour, l’heure, les gens avec ou autour, la solitude aussi, mais c’est toujours la convivialité, le partage, communion païenne même lorsque je suis seul à la terrasse d’un café ou avec mon IPod – je trouve que cette partition à 4 mains, celles des vignerons de Tain et celles de ceux qui font le vin, écrite et exécutée à Tain l’Hermitage valait bien une petite chronique du matin. Reste l’essentiel : boire cette Syrah si française dans toute sa nouveauté soucieuse de la tradition. Il faut toujours savoir réinventer sinon c’est déjà mourir un peu…

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 00:07

Le grand Ferdinand, bravant son chef de rang, s’est assis face à moi et m’a dit « allez mon garçon, raconte-moi ce qui te met dans cet état. Dégorger ça fait du bien, ça essore… » Alors, tout en pensant, que le Ferdinand, avec ses kilos de préjugés, n’allait pas vraiment approuver les ébats de Gabrielle Russier, je me suis quand même laissé aller. À ma grande surprise, plus j’avançais dans mon histoire, plus le Ferdinand devenait blanc, ses grands battoirs trituraient le pan de son tablier et, un moment, je me suis dit que c’est lui qui allait se mettre à chialer. Pour ne pas rajouter à son trouble j’ai fait celui qui n’avait rien remarqué et, quand je me suis tu, d’une voix enrouée, en chuchotant, le Ferdinand a lâché « pourquoi faut-il toujours se cacher. On ne fait de mal à personne. Putain, ce n’est pas un crime de s’aimer. Même entre garçons… » Il l’avait dit, ce devait être la première fois. Je ne sais quel était le plus surpris de nous deux mais je crois que c’était lui. Tant d’audace le stupéfiait : cracher le morceau à un inconnu ça il n’y aurait jamais pensé. Comme pour se rassurer, avec un petit sourire, il ajoutait « Be oui, j’en suis… » Alors je lui ai souris. Ça lui a suffit. Il s’est levé. J’ai réglé et, en sortant, j’ai lui ai lancé un « à demain Ferdinand… » qui a achevé de le rasséréner. En écho, j’ai eu droit à mon « au revoir monsieur Benoît », ce qui, au Sélect, équivalait à une admission dans le cercle très fermé des habitués.

 

À l’usine de Levallois, mon premier contact avec le noyau dur des syndiqués, je l’avais eu avec les vendeurs du journal « l’Étincelle », des trotskystes marginaux, avec qui j’entamais des discussions animées dans les cafés environnant. C’étaient de braves mecs, englués dans leurs querelles intestines, en butte avec les membres du « parti ouvrier stalinien » qui tenaient, au travers de la cellule du PCF, les adhérents de la CGT de l’usine. Leur feuille de choux avait un certain succès auprès des ouvriers ce qui emmerdait les plus sectaires des communistes. Ils la bricolaient avec les moyens du bord, achetaient les stencils, le papier et l’encre, et avec le pognon récolté lors de l’organisation d’une tombola, qui eut un franc succès, ils purent acquérir la bécane pour tirer leur bulletin. De cette tombola, ils aimaient raconter l’anecdote des lots. Ceux-ci avaient été fournis par des copains du PSU : du vin, des conserves mais aussi des livres. Certains ouvriers, qui ne lisaient guère, leur dirent que c’était une bonne idée de placer des livres dans les lots, alors que les paniers garnis du PCF, eux, ne contenaient que de la bouffe. Lors du tirage de la tombola, autour d’un verre, les oreilles des alignés sur Moscou sifflèrent ce qui, bien sûr, mis un peu plus d’huile dans les rapports cordiaux entre la maigre poignée de militants syndicaux de l’usine.


 

Moi, ce que j’aimais par-dessus tout c’était d’entendre les histoires des anciens. Lucien, un vieux tourneur, racontait qu’à la Libération, le Parti Communiste était si puissant qu’il lui suffisait de convoquer une réunion de section pour que l’usine s’arrête. Mais, comme c’était, avec Marcel Paul Ministre de la Production Industrielle, l’époque du « produire d’abord ! » et que « la grève était l’arme des trusts », l’heure n’était pas aux débrayages, pire lorsque le directeur organisait une réunion à la cantine pour demander : « Mes amis, il serait bon qu’on puisse produire 17 tours le mois prochain ! » le responsable syndical prenait alors la parole pour surenchérir : « Camarades, nous pouvons en sortir 20 ! ». Et Lucien d’ajouter, en se marrant, « et, bien sûr, on les sortait ces putains de tours. Pour la France… ». Nous éclusions nos godets en claquant de la langue, comme si nous célébrions encore la performance. Lucien était un accro de l’Aligoté. « Ça me fluidifie le sang… » disait-il « avec toute la merde qu’on respire dans ce trou à rats c’est comme si je m’essorais l’intérieur d’un coup de bon air de Bouzeron, mon village natal… » Entre deux tournées, il se roulait des clopes au gris Scaferlati et, le jour où il m’avait raconté l’histoire du délégué syndical productiviste, un peu cabot, le Lucien avait attendu que je sois bien enveloppé des brumes de l’Aligoté, pour me livrer le plus drôle de l’histoire : « Tu sais, le gars qui joue du piano dans les fêtes syndicales, un foulard rouge autour du cou, c’est notre chef d’atelier. Celui qui nous fait suer le burnous. Be oui, l’a bien changé, mais c’est le même qui léchait le cul des copains de Thorez… »

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 00:00

 

Des évènements récents où pêle-mêle il fut question de « concours de lâcheté et d'inélégance », puis sous le couperet  d’une exclusion de plates excuses, des regrets, un mea culpa peu convaincant, et pour faire bonne mesure une mise au piquet avec privation de voyage au pays du Soleil Levant. Mais l’effet de boomerang médiatique a eu pour effet d’imposer les initiales de l’insolente repentante puisque dans un sondage pour le compte du Journal du Dimanche, les Français sont très largement solidaires de la belle X aux initiales qui claquent NKM : 78% des sondés estiment qu’elle avait raison de défendre cette position. Et 74% d’entre eux pensent que les sanctions qu’elle a subies en raison de ses déclarations sont une «mauvaise décision». Alors ce matin, permettez-moi de me laisser-aller à quelques variations sur le cas du K

 

K comme monsieur K du rapport Khrouchtchev du XXe congrès du Parti communiste d'Union soviétique entre le 24 et le 25 février 1956 et le K de Kolkhoze et de Kalachnikov avec en prime la Baie des Cochons *;

 

K comme le K de Karl Marx et de son Kapital ;

 

K comme le K de Dino Buzzati et du Kaputt le chef d’œuvre de Curzio Malaparte ;

 

K comme le K de la RKO et de Key Largo de John Huston et celui de Katharine Hepburn ;   

 

K comme le K de Franz Kafka et d’Emmanuel Kant ;

 

K comme le K de Raymond Kopa et de Jean-Claude Killy ;

K
comme le K des 2 Khan Jean-François et Axel ;

K
comme le Kir du chanoine de Dijon, le Kirsch fantaisie, le Kummel et le Kamok liqueur au café de ma Vendée ;

K comme le K du Château Kirwan ;

K comme le K du Kabinettwein ;

K comme le K de Calvin Klein ;

 

K comme le kitch du slip kangourou ;

 

K comme le K bis et le K de la SS ;

 

K comme le K de JFK de la Baie des Cochons *(lire ci-dessous) ;

 

K comme le K de DSK ;

 

K comme le K de NKM ( lire sous la rubrique Pages (colonne de gauche du blog)le N°12 des "Wines News de la toile" ;


* " Persuadé que le premier Soviétique (Monsieur K) était capable de déclencher une guerre nucléaire, Kennedy, qui donnait toutes les apparences de la fermeté, lui fit savoir qu'il ne s'opposerait pas au mur de Berlin, auquel il trouvait après tout un certain fondement de légitimité. La délimitation physique des deux blocs n'était finalement que la concrétisation d'un état de fait. mais, plus grave, Kennedy s'enfonçait dans l'image qu'il avait donné aux Russes depuis le début de sa présidence, celle d'un homme flexible jusqu'à la compromission. J'ai appris, bien plud tard, que Kroutchev s'était amusé de cet homme qui, après avoir donné le feu vert à une opération clandestine foireuse contre Cuba, s'était montré incapable de réparer l'errreur en y envoyant toute son armée. Kennedy avait auprès de lui l'image d'un faible incurable."
Propos mis dans la bouche d'Edgar Hoover patron du FBI par Marc Dugain dans son livre La Malédiction d'Edgar chez Gallimard.

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 09:50

Dernière minute : je viens de recevoir par sms l'adhésion de Pierre Desproges, grand amateur de vin, à l'ABV

Extraits de l'Almanach de Pierre Desproges : semaine du 16 au 22 avril

Le con de la semaine : Sa femme  lui ayant dit qu'il était intelligent, Yves Montand le croit et, le 19 avril 1985, au cours de l'émission  "la guerre en face", il renie un quart de siècle passé à lécher l'Étoile Rouge peut se demander tout haut si les Soviétiques seraient pas un peu cocos sur les bords.

Le Saviez-vous ? D'après Pierre Mauroy, député-maire de Lille et ancien Premier Ministre, il est pratiquement impossible d'être à la fois con et socialiste.

Ça s'est passé un 18 avril 1986 : Inconsolable, Marcel Dassault meurt deux jours après Jean Genet, le 18 avril 1986.

Ça s'est aussi passé le 18 avril mais en 1988 :



 Encart publicitaire acheté par 4 copains, inconnus de Pierre Desproges, dans Libération, le 21 avril 1988

 


Citations de Pierre Desproges :

« Le Whisky est le Cognac du con »


« Ma femme est très portée sur le sexe. Malheureusement ce n’est pas sur le mien »


« Moi j’ai pas peur du cancer, je n’en aurai jamais, je suis contre.


" Il faut manger pour vivre et non pas pour vivre pour manger. De même qu’il faut boire pour vivre et non pas vivre sans boire, sinon c’est dégueulasse. »


« Les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches. »


« Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux. C’est tout ce qu’on lui demande. »

 

Extraits du Tribunal des Flagrants délires :

14 septembre 1982 : Daniel Cohn-Bendit : où Desproges se penche sur cet "ancien combattant rondouillard qui soupire sur ses souvenirs de guerre"... « D'ailleurs, comme disait Himmler : "qu'on puisse être à la fois juif et allemand, ça me dépasse". C'est vrai, il faut savoir choisir son camp... »


23 septembre 1982 : Léon Zitrone : où Desproges déplore le niveau de français des Français, citant Léon Zitrone comme homme de grand vocabulaire. « Hélas, Dieu me tripote, hélas hélas, qui dans ce beau pays de France sait encore parler sans l'écorcher la langue de nos pères, qui à part nous deux Léon qu'on est les derniers, qui, dans cette époque que je serais heureux d'y z'avoir pas vécu au niveau de l'inculture dont au sujet de laquelle je suis été si consterné... »


28 septembre 1982 : Jean-Marie Le Pen : où Desproges pose sa question "Peut-on rire de tout ? Peut-on rire avec tout le monde ?" et parle des racistes... « Quelle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide, poil aux rides ! »


20 octobre 1982 : Gisèle Halimi : où Desproges, dans un réquisitoire échevelé, a l'impudence d'affirmer la supériorité de l'homme sur la femme devant une féministe - le public siffle... « Car en vérité, je vous le dis, l'inutilité fondamentale de la femelle ne fut jamais démontrée de façon aussi éclatante que par les moines cénobites, et nous les secouerons tous seuls... les jougs du féminisme à poils durs qui veulent nous faire pisser Lénine, lécher les plines, plier l'échine ! »


25 octobre 1982 : Jacques Séguéla : où Desproges se pose la question de savoir si Jacques Séguéla est un con, tout en parvenant à citer Alphonse de Lamartine, et son fameux quatrain Elle est si minuscule... « Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! »


30 novembre 1982 : Pierre Perret : où Desproges parle de gastronomie avec Pierre Perret, parle de vins, et donne la recette du cassoulet de Castelnaudary... « (après avoir enchaîné plusieurs blagues sur les fours des camps de concentration) Je voudrais ouvrir ici une courte parenthèse. J'ai pleinement conscience, soudain, de l'extrême mauvais goût que je montre en ricanant bassement sur un thème aussi grave que les fours crématoires. Quarante ans ont passé mais toutes les plaies ne se sont pas refermées, c'est pourquoi, afin qu'ils ne me tiennent pas rigueur de l'esprit grinçant que j'affiche dans le seul but d'être à la mode, je prie sincèrement les anciens nazis de bien vouloir m'excuser de me moquer d'eux aussi sottement et aussi peu charitablement. »

Allez faire un tour sur http://www.desproges.fr/

 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 00:02


Jean-François Collin, notre Ministre conseiller pour les Affaires Economiques à l'ambassade de France à Moscou que j'accueille ce matin sur Vin&Cie, même si sa modestie doit en souffrir, fait parti pour moi de ces hommes qui font honneur au Service Public. En ces temps où il est de bon ton de décrier les fonctionnaires, de les assimiler à des "quasi-parasites", de penser que réformer la machine de l'Etat se réduit à leur pure décrue, il m'est agréable de donner la parole à ce que, faute d'une autre appellation à ma disposition, on nomme généralement un grand serviteur de l'Etat.  L'homme a un petit côté austère, c'est sa réserve naturelle, mais il  est de ceux avec qui il est très agréable de travailler, précis, pertinent et, suprême qualité dans les palais de la République, Jean-François n'a pas l'échine souple : au service de l'Etat certes mais pas un poils serviteur. Au temps de la 1ière grande négociation sur la réforme de la PAC, il fut pour moi un collaborateur précieux, pugnace et fidèle. Ensuite, Jean-François a dirigé la barque du 78 rue de Varenne avec Louis Le Pensec, puis celle de Dominique Voynet à l'Environnement. Aujourd'hui c'est l'ami - amateur de vin, avec un faible pour l'Irancy de son Yonne natale - que j'interroge et que je remercie de nous avoir accordé un peu de son précieux temps pour nous informer. 

 


Question n°1 : Jean-François, que peux-tu nous dire sur le marché russe des vins et spiritueux ?

 

 

Réponse : C’est un marché en très forte croissance et la Russie devient, sans que nous en ayons vraiment pris conscience, l’un des grands importateurs mondiaux de vins et spiritueux.

 

Cette croissance s’explique à la fois par l’augmentation du pouvoir d’achat des Russes, et pas seulement des plus riches. Le pouvoir d’achat des ménages augmente en moyenne de plus de 10% par an malgré une forte inflation, depuis 5 ou 6 ans.  Même s’il y a des écarts considérables par rapport à cette moyenne, la part des 143 millions de Russes qui accèdent à des modes de consommation semblables au nôtres, grimpe en flèche. Et puis, il faut aussi compter avec la curiosité du consommateur russe. Les Russes profitent autant qu’ils le peuvent de la liberté, encore neuve pour eux, de voyager à l’étranger. Ils en profitent pour découvrir de nouveaux produits. Du coup, la consommation traditionnelle de vodka diminue depuis plusieurs années au profit des spiritueux importés (cognac, whisky) ou de boissons à plus faible teneur en alcool (bière, vin). Ils découvrent aussi que beaucoup d’autres pays que la France (en dehors des vins bien connus ici de Géorgie et la Moldavie) produisent du vin et du bon vin.

 

On trouve aujourd’hui des produits du monde entier chez n’importe quel caviste de Moscou, Saint-Pétersbourg ou d’une métropole régionale, ce qui était totalement inimaginable il y a à peine 15 ans.

 

Tout cela sur fond de véritable frénésie de consommation : pas un mois ne passe sans qu’un nouvel hypermarché ouvre ses portes à Moscou et dans les capitales régionales. Dans le même temps, la consommation hors domicile se démocratise avec la multiplication des restaurants. Toutes ces évolutions ont bien entendu un impact fort sur le marché des vins et spiritueux.

 

Question n°2 : Alors la Russie est-elle le nouvel eldorado pour les vins français ?

 

Réponse : Les choses ne sont pas si simples.

 

D’une part il ne suffit pas qu’un marché existe pour que nous l’occupions et d’autre part le marché russe est à la fois très concurrentiel et très segmenté.

 

La place des différents exportateurs sur ce marché a beaucoup changé depuis 2005. La Moldavie et le Géorgie fournissaient jusqu’en 2006, 80 % du vin consommé par les Russes. Les mesures d’embargo dont ces deux pays ont été frappés ont ouvert la voie a des importations massives de vin en vrac à bon marché en provenance d’Argentine, d’Espagne et … dans une moindre mesure de France.

 

93% du volume de nos exportations de vin en Russie correspondent à des ventes de vins de table et vins de pays vendus à des prix très bas, et au total cela représente environ 40% de la valeur de nos exportations. A l’inverse, les VQPRD représentent 45% de la valeur de nos exportations de vins pour 6% du volume. A noter la belle progression du Champagne (malgré la poursuite des ventes du Champanskoyé russe) qui atteint maintenant 1 million de bouteilles vendues.

 

Il y a en fait trois marchés du vin en Russie : celui du luxe, avec des vins vendus en magasins plus de 1 000 roubles (30 euros) la bouteille, sur lequel nous occupons une place significative mais contestée, le marché du vin bas de gamme vendus à des prix inférieurs à 100 roubles la bouteille (moins de 3 euros), et  le secteur moyenne gamme qui croît le plus fortement et sur lequel nous perdons des parts de marché au profit des vins du nouveau monde et des vins espagnols et italiens dont la consommation est popularisée par le grand nombre de restaurants arborant ce drapeau et accessibles au revenus moyens, à la différence des restaurants français, peu nombreux et très chers.

 

Je ne peux pas non plus passer sous silence les contraintes réglementaires lourdes qui limitent l’accès au marché : certification coûteuse (la Russie applique en effet une norme qui lui est propre : le GOST-R), enregistrement du vin auprès des autorités douanières et fiscales (après dépôt d’une importante garantie bancaire), et enfin la mise en place d’une chaîne logistique relativement compliquée via les Pays Baltes (le passage de la frontière UE-Russie peut prendre plusieurs semaines, notamment avant les fêtes de fin d’année, stratégiques pour le secteur des vins et spiritueux).

 

Mais ces contraintes ne valent pas que pour les Français, elles pèsent aussi sur leurs concurrents.

 

Question n°3 : Jean-françois que peut-on faire pour améliorer la position des vins français sur le marché russe ?

 

Réponse : Les exportateurs français de vins et spiritueux peuvent gagner beaucoup d’argent sur ce marché à condition d’être prêts à faire les investissements commerciaux nécessaires et à y passer le temps qu’il faudra. Il faut à la fois une expérience des marchés internationaux et une taille critique permettant de faire ces investissements. Cette taille critique ne peut souvent être atteinte que par les plus grands groupes et négociants ou par des regroupements à l’exportation.

 

Il faut ensuite savoir sur quel segment de marché on souhaite se positionner : le haut de gamme avec nécessairement des volumes réduits et la nécessité de présenter un produit exclusif sur un segment très encombré ou les nouveaux entrants sont rares ; ou le marché de masse en pleine expansion grâce notamment au développement de la grande distribution, en n’oubliant pas que sur ce segment, le prix est essentiel - le coefficient de multiplicateur entre le prix départ France et le prix en rayon à Moscou est supérieur à 4 ! - et on situe plus dans une logique de marque ou de vins de cépage.

 

La concurrence internationale est forte et le consommateur russe moyen est très sensible aux effets de mode et aux campagnes de publicité. La promotion joue un rôle essentiel. En-dehors de Bordeaux (2/3 des ventes de vins d’appellation français) et de la Bourgogne, les autres bassins de production français sont quasiment inconnus en Russie. Je ne peux donc qu’inciter les représentants interprofessionnels et les régions à multiplier les actions de promotion collective en Russie, à sensibiliser importateurs et grand public à l’intérêt et la qualité de leurs produits. On est encore loin de ce qu’il faudrait faire ; à l’heure actuelle, les vins français ne disposent pas d’un seul bureau de représentation permanent en Russie.

 

 

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