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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 00:08
Des trains entiers en provenance de Sète....
Des casiers par milliers sur le site de Gennevilliers...
Il fut VCC : de consommation courante...
Il fut VDT : de Table...
Il fut, hélas, VDPCE : de provenance de la CEE et même MVDPCE mélange de...
Il va être sans IG : Indiquation Géographique...
Espérons qu'il ne sera pas sans idée mais du Vin tout bêtement...
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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 13:51

Lorsque j’écris, à propos de la décision de Microsoft : «   Faut-il pour autant s’alarmer de ce coup de semonce ? La réponse est clairement non… » Je suis un tantinet provocateur et je vais vous expliquer pourquoi en quelques phrases.

 

Un vide juridique ça se comble.

 

Encore faut-il avoir la volonté de le combler.

 

Pour moi la peur, la crainte, ne peuvent tenir lieu à tout propos de principe d’action sinon on n‘agit plus que sous leur emprise, dans l’urgence, en prenant de plein fouet les oppositions, en provoquant l’exacerbation des rapports de force, pour déboucher le plus souvent sur des compromis boiteux tendant à ménager les parties en présence.

 

Le secteur du vin, de part ses origines agricoles, rurales, pense que seule une action de type parlementaire, en ordre dispersé d’ailleurs, est efficace. La loi Evin a été promulguée le 10 janvier 1991, soit il y a plus de 17 ans. Au cours de cette période les majorités parlementaires les plus favorables à sa modification, ou déclarées telles, ont été en mesure de refondre la loi Evin puisqu’elles ont disposé de la majorité requise pendant 10 ans et au cours des 6 dernières années.

 

Le secteur du vin néglige absolument un ressort très important dans son face à face avec les « défenseurs de la Santé Publique » : le poids de l’opinion publique (cf. la stratégie du go du Dr Got

http://www.berthomeau.com/article-18021256.html ).

Nous nous agitons entre nous, sûrs de notre bon droit, de la justesse et de la pertinence de nos argumentaires sur vin et santé, le vin culturel, l’environnement, le territoire, etc. mais, et je le regrette, l’opinion publique sur les thèmes de l’alcool ne nous est pas majoritairement favorable. Que faisons-nous pour la travailler ? Pas grand-chose et, mes petites propositions de fête de la convivialité, pour aller au devant des urbains, les rassurer, tombent dans l’indifférence des grandes organisations. Nous ne prêchons qu’auprès des convaincus. C’est facile. Inefficace. Comme lors d’un conflit on ne fait la paix qu’avec son «ennemi» et, pour ce faire, dans une démocratie, si on veut avoir une chance de contrer ses opposants il faut les mettre en minorité.

 

Quand aux ogres : Microsoft, Google, Yahoo et autres, que notre anti-américanisme viscéral et primaire nous font classer dans ceux qui nous veulent du mal… je le répète, pour le premier en l’occurrence, ne font qu’appliquer pour la France, un principe de précaution juridique. En bonnes multinationales, elles ne vont pas se priver de la manne publicitaire d’un secteur aussi important que celui des Vins&Spiritueux dans le monde. Il nous faut ramener l’affaire à sa dimension française sans pour autant négliger le travail de fond au plan de l’UE (Dg santé), de l’OMS pour suivre de très prêt l’ensemble des questions de Santé Publique…

 

Ce dernier point m’amène à ce qui était le fond de ma chronique : quand le secteur du vin français va-t-il se doter des moyens pour suivre en permanence ces questions ? On va me rétorquer qu’ils existent ces moyens et que je veux rajouter une structure supplémentaire à la pièce-montée. Faux ! Je constate simplement que tout le monde agit en ordre dispersé, chacun dans son coin, sa profession, sa région, sans grande lisibilité et surtout avec un impact sur l’opinion publique, via les grands médias, proche de zéro.

 

Ma ligne n’a pas varié d’un centimètre. Mes chroniques sur l’ANPAA en témoignent. Savez-vous que les CVO sur l’ensemble de nos beaux vignobles représentent une manne de plus de 150 millions d’euros, de quoi alimenter un travail de fond auprès de l’opinion publique pour nous permettre de sortir de notre grand et si touchant lamento…

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 00:06


La nouvelle est tombée sur le bureau du rédac chef de Vin&Cie :
«  des annonceurs du commerce du vin ont reçu un email signé “Microsoft adCenter Advertiser Support”. Le texte qui suit se fonde et reprend dans ses 2 premiers paragraphes le texte du site www.findawine.com

www.findawine.com/blog/2008/05/21/la-fin-du-vin-sur-internet-laffaire-microsoft/  

Ces entreprises, sites de vente de vin en ligne, distributeurs ou encore simples producteurs ont tous en commun d’être clients de la régie publicitaire de Microsoft. Si Microsoft est l’éditeur de logiciel le plus connu au monde le géant de Seattle s’est mué ces dernières années en vendeur d’espace publicitaires à travers ses différents sites tels que MSN, Xbox Live, Office Online ou encore Live Search. » Le mail annonçait la modification par Microsoft de sa “règle éditoriale concernant la vente d´alcool“. En effet Microsoft se refuse à partir du 1er juillet 2008 à relayer les “publicités promouvant et/ou facilitant la vente d’alcool” et désactivera donc les “mots-clés et annonces promouvant la vente de vins en ligne“. Concrètement les vignerons et plus généralement les vendeurs de vin ne pourront plus faire de publicité sur les sites contrôlés par Microsoft.

Pour justifier sa décision Microsoft s’appuie sur le vide juridique de la loi française : “la législation souligne qu’Internet ne fait pas partie des supports d’information autorisés à diffuser des messages publicitaires ayant trait à l’alcool (Article L3323-2) “ faisant  sienne l’analyse de la Cour d’Appel de Paris qui, on s’en souvient, avait dans son arrêt du 13 février 2008 fondée ainsi l’interdiction de faire de la publicité relative à l’alcool sur Internet. Attitude très américaine, constante, conforme au principe de précaution juridique préconisé par les conseils de Microsoft afin de se prémunir contre des recours type ANPAA. Faut-il pour autant s’alarmer de ce coup de semonce ? La réponse est clairement non. En effet, manifestement l’arrêt des magistrats de la Cour d’Appel relevait plus d’une volonté de sanctionner les agissements de la société Heineken que de la volonté de faire émerger une nouvelle jurisprudence en s’appuyant sur le silence de la loi, puisque celle-ci ne pouvait, en son temps, faire référence à un support qui n’existait pas. Ainsi  ils invitaient dans leurs conclusions le législateur à mettre la loi Evin en conformité avec l’apparition d’Internet. Si le législateur se refusait à combler ce vide il laisserait perdurer une rupture au principe d’égalité puisqu’il privilégierait les supports papier ou l’affichage par rapport à l’Internet. Sauf à penser que le législateur profiterait de l’occasion pour poser un principe d’interdiction du même type que celui qui prévaut à la télévision, pour des raisons de protection des mineurs très friands du Net, crier trop fort à la « fin du vin sur le Net » me semble la meilleure façon de donner des arguments à ceux qui ne manqueront pas de le demander lors des débats parlementaires.

Un lobby efficace est un lobby qui agit pas un lobby qui gémit.


Mon rédac chef furax face à ce lamento me dit : « Allez coco faut arrêter de crier au loup. Efficacité ! Ponds-moi un papier sur le sujet ! Quand est-ce que ce secteur va se comporter en grand secteur… C’est vraiment l’armée mexicaine… Faut que ça saigne coco ! »

Alors moi, bon petit soldat, j’ai mis l’ouvrage sur le métier. De fil en aiguille, mon goût pour les contes de Perrault et la référence évidente à Walt Disney le loup est devenu l’ogre et le petit poucet s’est cloné en une multitude de nains de jardin. En quatre coup de cuillère à pot ma chronique fut torchée et j’allais d’un pas guilleret la mettre sous le nez de mon rédac chef. Et là, oh surprise ! Sitôt lue, sitôt censurée, avec pour seul commentaire : « T’es louf, ils vont nous étriper… Il en sera fini de l’espace de liberté… » Je n’ai pas discuté. Mon rédac-chef à juste accepté la photo et le l’entame de mon conte : « Il était une fois dans un beau pays plein de vallons et de prairies, de coteaux ensoleillés, de bassins et de bassines, de machins et de zinzins, toute une bande de nains *… » Pour le reste, comme au temps de la censure, ce pamplhet circulera peut-être un jour sous le manteau ou on s’en fera une petite lecture un soir à la veillée entre adhérents à l’ABV… Bonne journée chers lecteurs frustrés de la lecture d'un si beau torchonnet (que ça ne vous empêche pas de réagir...)


* appellation qui ne vise pas, bien évidemment, mes collègues journalistes qui sont les seuls à tenter de faire le boulot...

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 00:03

Le Viognier cépage unique de l’incomparable Condrieu et du très confidentiel Château-Grillet qui est, je crois, avec ses 2 ha 70, la plus petite appellation française par la taille, fait partie de mon imaginaire comme une sorte de mythe initiatique par lequel, moi l’ignare vendéen ne connaissant que le noa, l'othello ou l'oberlin, je suis entré dans le Saint des saints des grands vins rares. Au temps où, à l’Hôtel de Lassay, siège de la présidence de l’Assemblée Nationale, avec Louis Mermaz, maire de Vienne et Président de la Chambre rose, je couvais de tous mes égards la cave de ce palais de la République, je les ai découvert, eux pour qui la Vve Point, du restaurant la Pyramide à Vienne, avait tant fait. Bien sûr la cave de Lassay, au départ totalement bordelaise, Chaban-Delmassienne, s'est enrichie de ces nectars rares. Bref, comme à l’accoutumée je ne vais pas vous saouler avec les aromes floraux tirant sur la violette et l'iris, ou fruités : pêche et abricot, l’explosion des notes de bouquets champêtres, sa bouche souple, onctueuse et capiteuse alliant fraîcheur et belle longueur… Pour moi il est beau ce vin d’or pâle aux reflets blonds de blé, il est rare et il a le goût exquis de la madeleine de Proust : le doux impact des souvenirs du temps de mes lointains trente ans sous les combles de l'Hôtel de Lassay…

 

Doubler la mise des ans et se retrouver, un samedi après-midi, sous la verrière de la Bourse de Paris, face au Secreto de Viu Manent, un Viognier de la Colchaga Valley au Chili, c’est faire un fulgurant retour sur le passé, un flash back puis un fondu enchaîné de souvenirs heureux… Je goûte bien sûr. C’est facile le flacon est pourvu d’une capsule à vis. Tout de fraîcheur et de légèreté, de vivacité, en dépit de ses 14,5%, il est séduisant ce Manent 2007. J’ose écrire : séduisante car ce Secreto avec sa parure surprenante, juste un soupçon provocante, d’une naïveté pleine de jeunesse et de spontanéité, semble signé d’une main féminine. « I’ love… » Le message est clair, sans ambigüité. J’en rougirais presque. Merveilleuse et lointaine alchimie que ce viognier ponctué de trois points de suspension rouges comme dans la vie que l’on vit où y’a souvent des points de suspension. Bon, pour une fois, je ne vais pas faire long, pour en savoir plus sur Viu Manent vous pouvez aller sur son site www.viumanent.cl/ où vous pourrez constater que Secreto a des petites sœurs tout à fait charmantes et pimpantes…

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 00:03

À l’heure où, sur la Croisette, le 7ième Art fait son cinéma sous la houlette de Sean Penn, que le tapis rouge des célèbres marches est foulé par les stars américaines : Harrison Ford, Clint Eastwood, Woody Allen, Steven Spielberg, Angelina Jolly, Dustin Hoffmann… j’en profite pour pointer la focale de mon téléobjectif sur l’image du français de France telle qu’elle s’inscrit dans l’imaginaire de nos voisins du Nouveau Monde. Plus que des mots, l’étiquette de la marque de vin français – d’Oc plus précisément –
Red Bicycle de Gallo, nous donne une première réponse : le black béret et la baguette de pain. Fort bien me direz-vous mais encore, où veux-je en venir ? Deuxième image extraite du site de la marque SVP : qui vois-je ? Une scène bistrotière où le cycliste sert à sa charmante invitée un verre de vin. Fort bien mais sur la table, hormis la baguette, que voyez-vous dans une assiette : un camembert ! Par ailleurs, si vous êtes connaisseur et observateur, notre homme au black béret à un look plus normand que nature : blouse courte et foulard, un peu père Magloire, un peu affineur de fromage. Bref, j’espère que vous pressentez où je veux vous mener. Tout simplement au mariage naturel d’un vrai camembert au lait cru étendu sur une tranche de baguette croustillante avec son ami de toujours : un kil de rouge…

Comment se fait-il que mes très chers amis de South of France ne profitent-ils pas d’un autre festival, certes moins prestigieux, mais dont on cause dans le poste et dans les lucarnes piège à conso, celui du film américain de Deauville – c’est du 5 au 14 septembre – pour se faire un petit pince-fesses sympathique, genre casse-graine du terroir : camembert et fontaine de vin guilleret ? Un petit truc sans chichi ni paille dans les sabots en partenariat avec les fabricants de camembert au lait cru, sur les planches, ça changerait des petits fours et du champagne nos chers étasuniens. Je vous assure ce serait très tendance. Très évènementiel en diable comme dirait nos communicants patentés. Bon, je sais, les objections vont me tomber dessus comme les shrapnels à Gravelotte mais, que voulez-vous, je suis un indécrottable optimiste et comme le dit le titre de ma chronique :
supplique pour être écouté à la plage de Sète – en référence à l’une des plus belles chansons du Georges Brassens
http://www.youtube.com/watch?v=hNwBo9bl7-g – j’espère être entendu par les plus entreprenants de cette belle région : pourquoi pas Gérard Bertrand. Ainsi, nous pourrions – je dis nous car la Normandie je connais ayant présidé l’interprofession des AOC cidricoles pendant 5 ans – allez de concert voir le maire de Deauville : mon ami Philippe Augier, grand amateur de vin, pour voir comment notre petit raout pourrait s’organiser. Je me tiens sur mon 31 prêt à mettre le cap sur la Normandie où les vaches ébahies nous regarderons passer nous les gars de la Méditerranée…
Je pourrais en rester là, mais comme je suis un flambeur je surenchéris, je double la mise sur le tapis :
« Qu’est-ce donc que cet objet ?
-         Un objet dont Karambolage a parlé…
-         Carambo quoi ?
-         Lage une émission d’Arte y’a pas mieux pour épater le bobo coco !
-         Y disent quoi tes intellos coco ?
-         Je cite : « Aujourd’hui, Karambolage innove : car si ce Monsieur que vous reconnaissez est bien sûr un monsieur français, figurez-vous que ce monsieur-ci, mais oui, que vous connaissez bien lui aussi est également un monsieur français. Je vous l’avais dit : Karambolage innove.
Tous deux sont dans leurs cuisines françaises et tous deux ont une petite faim.
Ils s’apprêtent à déguster un délicieux en-cas : voici donc une baguette bien croustillante, un bon camembert normand et, bien sûr, un petit ballon de vin rouge. »
-         D’accord coco mais ça tu l’as déjà écrit…
-         Soit ! Ne soit pas impatient, écoutes la suite.
« Regardez, d’un côté comme de l’autre, le camembert a l’air juste à point : souple sous le doigt, tendre, parfait.
Chacun s’en découpe un joli morceau, voilà… Miam. Allez, encore un petit bout…On aimerait être à leur place. Bon, il faut maintenant remballer le camembert. Et c’est là que les choses diffèrent, nous découvrant deux types de Français bien distincts.
A gauche ce monsieur français referme bien le papier autour du camembert… voilà, il le replace dans sa boîte en bois et repose le couvercle sur le dessus. Impeccable. Il le ressortira demain. »
- Passionnant, elle est haletante ton histoire coco.
- Attends la chute mon ami.
« A droite, il n’en va pas de même. Regardez, voilà que ce monsieur français, lui, nous présente une boîte en plastique ronde, une boîte bien particulière munie d’une paroi en plastique  sur le couvercle et d’une autre dans la boîte, vous voyez ? Notre ami cale son camembert dans la boîte le long de la paroi fixe, comme ceci, puis il case tant bien que mal son camembert dans la boîte, sous le regard étonné de son compatriote.

Bon, il fait maintenant tourner le couvercle jusqu’à ce que l’autre paroi vienne se caler sur le camembert entamé. Voilà ! »
-         L’objet que je t’ai mis sous le nez coco c’est donc une boîte à camembert qui scinde la France en deux celle du camembert coulant, avachi, à gauche, et à droite celle du camembert contenu, impeccable…
Bien sûr beaucoup vont se gondoler de me voir faire tout un fromage de ma boîte à camembert et de ma France coupée en deux (la gauche et la droite n'ont dans mon exemple aucune connotation politique). Ils ont tort ! Pourquoi ? Tout bêtement parce que de par notre vaste monde mondialisé le produit dérivé fait les délices des consommateurs. Ils en raffolent. Alors pourquoi lors de notre escapade normande, pour sceller le mariage heureux de du camembert et du ballon de rouge, ne tirerions nous pas une série limitée de cette objet insolite. À titre d’exemple je joins une petite photo d'une boîte à camembert rigolote : créatifs laissez libre court à votre imagination. Face aux culs pincés et aux hygiénistes opposons nos rires et le bien vivre ! 
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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 00:00

Michel Laroche a du caractère, il n'envoie pas dire ce qu'il a envie de dire et, comme vous vous en doutez chers lecteurs, ça me plaît. Nous nous sommes rencontrés dans le cadre des travaux du groupe stratégique Cap 2010 et, si je puis dire, il faisait parti de ceux qui pour moi avait tout compris. De Chablis au grand Sud, l'entrepreneur qu'il est, anticipait. Loin des débats fumeux et des batailles d'arrière-garde, il taillait sa route. C'est donc tout naturellement que je lui ai tendu le micro de Vin&Cie pour le soumettre à mes trois questions. Michel Laroche y a répondu avec son sens acéré de la formule. Je l'en remercie chaleureusement.

1ière Question
 : Dans une interview, en avril 2007, vous déclariez, à propos de vos investissements dans les vignobles du Nouveau Monde, Chili et Afrique du Sud, qu’à un horizon de quatre ou cinq ans, votre objectif serait de parvenir à réaliser 20 à 25% de votre chiffre d’affaires. Le cap est-il tenu ou y-a-t-il une inflexion ? Pensez-vous que seuls les vins du Nouveau Monde permettent une croissance à deux chiffres en gagnant de l’argent ?

 

Réponse de Michel Laroche : Nous réalisions 7% du CA dans le nouveau monde sur le dernier exercice, nous pensons atteindre 12% cette année, je pense toujours que nous pouvons doubler cette activité au cours des 2 à 3 prochaines années. Ces deux filiales seront rentables dès cette année… je ne crois pas que nous puissions réaliser ces performances en France !

 

2ième Question : À Denis Saverot de la RVF vous avez déclaré, en juin 2007, à propos du surplace français : « Je suis un libéral et je souffre de vivre dans un système où tout est règlementé, écrit, dicté. On doit nous laisser faire ! » Pour avoir tenu la plume d’un document, où dès 2002 l’on proposait d’instaurer un espace de liberté, de me revendiquer comme un social-libéral, de commettre sur mon blog des chroniques pour aller vers une nouvelle dynamique, je me pose la question du comment faire ? Ne trouvez-vous pas que l’Industrie du vin en France manque surtout d’entreprises leaders, mondialisées, capables de faire sauter ces verrous ?

 

Réponse de Michel Laroche : Il y a différentes strates dans cette question… Les politiques doivent cesser de faire n’importe quoi, en particulier de subventionner des productions qui ne trouvent pas de débouché, ensuite les producteurs doivent s’affranchir de cette mentalité « d’assistés » qui a prévalu pendant de trop nombreuses années et enfin les entreprises doivent avoir une mentalité d’entrepreneurs avec une vision stratégique à long terme au lieu de pratiquer bien souvent la spéculation à court terme. C’est à mon avis en supprimant l’assistanat et en laissant aux entrepreneurs la liberté d’agir que tout le système peut progresser.

 

3ième Question : Et maintenant Chablis, votre berceau, pensez-vous qu’avec la récolte 2007, le yoyo des prix que vous dénonciez dans la RVF s’ajoutant au ralentissement de la croissance occidentale, l’euro fort, va mettre à mal les efforts de pédagogie entrepris auprès des producteurs avec le modèle prospectif et faire baisser les ventes ? Enfin, puisque vous êtes aussi Languedocien depuis 86, pouvez-vous nous donner votre sentiment sur ce qui s’y passe, ou ne se passe pas d’ailleurs, dans le South of France ? Cette région a-t-elle laissée passer sa chance ?

 

Réponse de Michel Laroche : Bien entendu les hausses de prix non justifiées à Chablis vont faire baisser les volumes de vente et donc faire baisser les prix… quel dommage de gâcher un aussi beau non ! J’ai été président pendant deux ans du Chablisien et n’ai pas été capable de modifier les états d’esprit… c’est toujours la spéculation à court terme qui prévôt … « tu m’as eu cette année, je t’aurai l’an prochain » !

 

Dans le South of France tout semble aller pour le moment, les prix de vente sont en hausse à court terme alors on en oublie momentanément les véritables enjeux.

 

Je pense être un affreux jojo et comme je ne fais pas de politique, je peux dire ce que je pense ! je suis opposé à toute forme d’assistanat, il faut laisser le marché se réguler par lui-même… et bien entendu mettre en place la politique sociale de solidarité pour venir en aide à ceux qui doivent se reconvertir.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 00:08

Samedi matin le baromètre piquait du nez sur variable : vélo or not vélo m’interrogeais-je à l’heure de partir rejoindre l’ex-antre des boursicoteurs : le palais Brongniart, la Bourse de Paris, où la RVF tenait salon ce week-end. Allons, allons, ne riez pas sous cape, chers lecteurs, je sais bien ce que beaucoup d’entre vous pensent : mais que va-t-il faire ce gougnafier ignare qui ne sait ni déguster, ni tirer les accords parfaits entre vin et patacouffins, en ce périmètre sacré, quasi Saint des saints des grands vins, paradis des grands domaines&châteaux, nirvana des vignerons stars, jardin d’Éden des belles signatures, conservatoire de la fine fleur des nectars de la doulce France, j’en passe et des meilleures ? Souriez, souriez, vous allez en plus vous esclaffer lorsque je vais vous avouez : Outting de bobo bien sûr, qu’avec le retour des beaux jours je m’allège. Comme les bathyscaphes pour remonter à la surface j’ouvre les ballasts. J’évacue mes poignées d’amour. Je m’épure. Coquetterie diront les tenants de la virilité mâle, non pure hygiène de vie que ce temps de carburation à l’eau fraîche avec, bien sûr, son complément naturel : l’amour. Bref, c’est chez moi un rituel annuel, simple et naturel, pour cultiver avec encore plus de plaisir tous les plaisirs. Vélo donc à petites pédalées, passer la Seine au Pont Royal, filer vers l’Opéra et virer à bâbord pour rejoindre mon ponton d’amarrage.  

 

J’enchainais mon fier destrier aux grilles de la Bourse sous le regard émerveillé de Murielle Nicolas. Bernard Burtschy me confiait un sésame pour entrer verre à la main, carnet de dégustation sous le bras et stylo sur l’oreille – ne vous gondolez pas – sous la verrière où sont dressées les saintes tables. Croyez-moi, j’avais fière allure : très dégustateur en diable. Warm up : tour de chauffe en notre belle langue, ce qui consiste à repérer mes proies, ceux qui m’intéressent. Bien sûr, les amis d’abord ; ensuite au feeling : je jette mon dévolu sur les avenants, les souriants, les causants ; enfin, je l’avoue, dans ma quête matinale, je drague « les stars », des matériaux pour mes chroniques, faut bien faire tourner la boutique coco ! À ce propos, sans faire le ramenard, y’en a des qui manquent de chaleur, y’en a des aussi qui sont là en service commandé, pas trop mais moi j’adore mettre un visage sur un vin, et si possible celui qui met son nom sur la bouteille. Bon, passons, après le serrage de louches, les effusions, il me faut passer à l’action. Fais un peu moite et les allées sont un peu étroites, genre brocante sur les trottoirs sans les poussettes. Les saintes tables ne sont pas toujours atteignables, surtout celles des stars. Mais je ne suis pas là pour ronchonner mais pour bosser. Je dois avouer que je suis bluffé par les vins d’abord : l’affèterie n’est plus de mise, on revient aux choses simples, à une forme de netteté, de réelle authenticité, le retour du plaisir ; par les discours ensuite : des petites musiques plaisantes à mes oreilles, loin des chapelles, des prés carrés fermés, dans le respect de la diversité. Bien sûr, je n’ai pas la prétention de refléter l’opinion moyenne puisque mon mode de sélection très subjectif m’amène sans aucun doute vers ceux avec qui je me sens en osmose. Cependant, comme j’ai la prétention de savoir humer l’air du temps, sous la coupole du palais Brongniart, flottait un parfum de légèreté, de convivialité, de retour à un vin moins prout prout ma chère, d’un voisinage plus harmonieux, d’une approche plus ludique, un peu dépoussiérée. Certains vont m’objecter que je prends mes désirs pour des réalités mais je persiste et je signe. La RVF est une vieille dame qui vieillit bien, sans lifting, avec le charme discret de l'aristocratie.

Sans vouloir me faire reluire je constate que ma petite entreprise Vin&Cie l’espace de liberté jouit d’une bonne notoriété. J’engrange. Déguste. Ose même des commentaires. Un peu las j’ai envie de me poser et là je me permets de déposer auprès des organisateurs une petite supplique : SVP aménagez-nous donc un petit lieu sympa, confortable, où l’on pourrait poser ses fesses un instant, pour papoter, se refaire une petite santé en mangeant autre chose que des sandwiches, un espace de convivialité simple et attirant. Merci à Paul qui m’offre une délicieuse madeleine pour me tirer de mon début de déréliction : la madeleine de Paul vaut celle de Proust en cette fin de matinée studieuse. Fatigué mais heureux : pensez-donc en quelques heures mon cerveau éruptif a collationné, au bas mot, plus d’une dizaine de futures chroniques. C’est Byzance ! Je me surprends à devenir de plus en plus fourmi les amis. Les allées sont de plus en plus encombrées et comme l’après-midi est bien entamé pour moi l’heure du retour sonne. Alors je me mets en quête d’un sac pour enfourner ma doc et la flopée de cartes de visites que j’ai engrangé. Pas de sacs officiels alors, gentiment, un des exposants dont je tairais le nom pour ne pas le compromettre m’en confie un avec deux bouteilles dedans. Le sac est très élégant. À nouveau à l’air libre, un peu flapi, je constate que de grosses gouttes s’égouttent. Je pédale gaiement lorsqu’à la lisière de la place des Victoires où sous l’effet conjugué de l’eau du ciel et des trépidations mon beau sac cède. Patatras, au beau milieu de la chaussée, l’une des deux bouteilles explose, l’autre roule sur le flanc à même le macadam luisant. Stoïque face à ce coup du sort je récupère le flacon indemne et ma doc imbibée de rosé. Sur le trottoir, un peu empoté, la bouteille orpheline à la main, je me triture la tête pour savoir comment je vais la transporter. C’est alors que le miracle est arrivé : un jeune japonais souriant me tend deux pochons en plastique et, avec gentillesse, il y enfourne mon flacon. Je me confonds en remerciements. Du pas de la porte de leur boutique de produits japonais, une jeune femme – que je suppose être celle du jeune homme – me fait un petit signe de la main. Je m’incline en lui souriant. Belle leçon de solidarité urbaine mes chers amis, si rare, qu’elle valait bien la peine d’être contée. La légendaire courtoisie japonaise reste bien vivace, nous devrions en prendre un peu de la graine pour conjurer l’indifférence généralisée qui devient la règle en soi disant accueillant pays.

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 00:00

    

Mon coup de déprime fut de courte durée. Dès le lendemain, sans être un crack de la soudure à l’étain, je m’intégrai cahin-caha au circuit. La chaîne, en demi-cercle, avançait d’un mouvement continu comme une grosse horloge bruyante dont nous étions les engrenages. Toutes les trois ou quatre minutes, le pontonnier, posté en tête de chaîne, déposait, à l’aide d’un engin ressemblant à une pince à sucre, sur un plateau la carcasse assemblée des 2 CV pour que chaque poste effectue à son tour les opérations qui la transformerait en caisse : soudure, limage, ponçage, martelage. Le rythme d’enfournement dépendait du chef d’équipe, un gus en blouse bleue qui se tenait près du pontonnier : s’il décidait de bourrer pour faire du rendement c’était  à nous de suivre. Chacun avait son aire d’intervention dont les frontières étaient invisibles, alors on se démerdait en fonction de nos capacités ou de nos possibilités du moment : les plus habiles travaillaient vite, remontaient la chaîne, gagnaient du temps pour pouvoir souffler ou se griller une clope ; les besogneux se contentaient de suivre ; les branques dans mon genre accumulaient les retards au risque de foutre le bordel et de couler. Le premier jour, mon voisin de poste Rachid, sans que j’aie la peine de le lui demander, m’avait tiré d’affaire en venant, au lieu de se reposer sur son temps gagné, poser les points de soudure à ma place. Robert, lui, était déjà hors circuit. À ma différence, sa supériorité d’intellectuel le paralysait. Il ne savait pas se faire mal. Mon atavisme de fils de paysan me donnait la force de courber l’échine et de me mouler dans la routine des fourmis grises de la chaîne.

 

Hors les murs de l’usine, Robert, se révélait de la race des intellos impérieux, sûr et dominateur, incapable d’écouter, de la pâte dont sont fait les chefs qui transforment les révolutions en machines infernales au service d’une minorité. Ce que j’avais cru être chez lui du découragement était en fait un orgueil incommensurable doublé d’un sentiment d’injustice : comment était-ce possible qu’un « maître » comme lui, au sens Althussérien du terme, puisse avoir chuté de son piédestal ? L’homme brûlait d’une flamme inquiétante. Je réfrénai mon envie de le contrer, de lui dire que la vraie vie était ailleurs, qu’on ne venait pas sur les chaînes de Citroën par choix de vie mais parce qu’il fallait, pour ces algériens, yougoslaves ou turcs, quitter l’extrême misère de leur pays pour becter. Que sa seule présence, doublée de son incurie manuelle, était en soi une insulte à ces pauvres bougres. Son statut « d’établi » même fondé sur les plus belles intentions du monde menait à une impasse : on ne singe pas la condition des autres quand on a la possibilité, à sa vraie place, d’influer sur le cours des choses. Ce dévoiement absolu me débectait mais il me fallait jouer mon jeu qui n’était guère plus reluisant. Moi, faute d’avoir le courage de surmonter le manque de Marie, je bousillais ma vie pour ne pas avoir à la vivre. Avec ce fêlé de Robert nous formions une belle paire de hors la vie.

 

Entre nous deux, très vite, une forme de gêne, mélange de défiance et d’agressivité contenue, s’instaura. Robert, en dépit de son peu de goût pour l’existence des autres, sauf s’ils collaient à ses schémas préconçus, me perçut comme un type dangereux : je ne correspondais à aucun de ses stéréotypes et, sous mon apparente passivité, il sentait poindre mon hostilité. Dans sa paranoïa il me classait dans la pire des catégories : celle des pragmatiques, ceux qui s’en sortent vaille que vaille en assumant leurs contradictions. Moi j’avais surmonté l’adversité. Je suivais la chaîne. D’ailleurs si Robert n’avait pas été enfermé dans son univers étriqué de révolutionnaire de pacotille il se serait posé des questions à mon sujet : comment un type qui prétendait avoir travaillé dans un garage pouvait-il ne pas maîtriser un geste aussi simple que celui de la soudure à l’étain ? Je suis certain que le doute ne l’avait même pas effleuré. Mon échec, au fond, le réconfortait. Ce type se complaisait dans son tunnel idéologique. Il avait raison seul contre tous. Si tous ces petits copains de la GP étaient de cet acabit je n’allais pas être à la fête tous les jours et les risques de dérapages en direction d’actions violentes, voire sanglantes, n’étaient peut-être pas que des fantasmes de haut-fonctionnaires de la place Bauveau. Le nid de frelons s’avérait bien plus dangereux que je ne le pressentais. Bien sûr, les chefs ne se saliraient pas les mains, mais ils allaient sans doute voir en moi l’exécuteur des basses œuvres idéal.    

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 00:02


" Comprenons-nous bien : j'ai horreur des partouzes organisées. Je n'ai rien contre les élans librement consentis qui peuvent parfois précipiter les uns dans les autres les sacripants bronzés d'un déjeuner sur l'herbe de juin, où l'ivresse mêlée des senteurs d'herbe et de rosé frais peut pousser une secrétaire bilingue à se mélanger les langues, et l'ingénieur des ponts déchaussé à trousser à peine sa cousine assoupie contre le ventre offert et demi-nu que sa camarade de promotion du collège Sainte-Thérèse laisse frémir à la brise. Il est monnaie courante, et gentiment accidentel, que la caresse infime d'une boucle mutine de cheveux fous vienne faire bander un peu la molle pointe brune auréolant le sein au bois dormant de n'importe quelle camarade de promotion du collège Sainte-Thérèse. La faute en incombe au bon Dieu qui inventa le vent du sud pour affoler les entrejambes honnêtes des Hétéro-sapiens. On ne saurait en l'occurence parler de partouze..." 

Extrait de Vivons heureux en attendant la mort de Pierre Desproges aux éditions du Seuil

La suite du texte - un instant j'ai hésité à écrire : du sexe - est polisson en diable et politiquement incorrect. Ce n'est pas pour cette raison que je ne le reproduit pas mais tout simplement parce que je ne dispose pas des droits et qu'il m'est difficile de les négocier avec ce lâcheur de Desproges qui a eu la mauvaise idée de nous quitter.

Pour le rosé frais je vous propose :

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 00:04

 

Est-ce mon passé de précoce buveur de la limonade du père Morisset de la Mothe-Achard - l'équivalent au physique du célèbre Nectar dessiné par Dransy pour Nicolas - les bulles m'ont toujours fasciné. Tout d'abord, le rituel de l'ouverture du flacon : nul besoin de tire-bouchon, sous le muselet le bouchon-champignon coiffé de sa capsule métallique, fardée ou non, attend sa libération. Selon l'humeur du moment celle-ci peut se jouer sur le mode discret : un simple pfutt ou se laisser-aller à claquer comme un chassepot ou encore, au comble de l'excitation, se sabrer à la méthode boyard. Ensuite, comme toujours dans notre beau pays, avant que la mousse ne s'épande, le choix du receptacle fait polémique : coupe ou flûte ? La coupe a le privilège de l'ancienneté mais la flûte a, dit-on, la préférence des connaisseurs. Pour ne pas me mouiller je me contenterai de citer Barbey d'Aurevilly : "Et il leva son verre de champagne, qui n'était pas la coupe bête et païenne par laquelle on l'a remplacé, mais le verre élancé et svelte, qui est le vrai verre de champagne - celui-là qu'on appelle une flûte, peut-être à cause des célestes mélodies qu'il nous verse souvent au coeur !" Comme vous l'avez sans doute immédiatement remarqué, pour ce cher dandy catholique, la bulle c'est le champagne ; toute autre bulle est roturière dans notre doulce France où les rois allaient en la cathédrale de Reims se faire sacrer.

 

Et pourtant ce matin, par pur esprit de contradiction, mon chemin m'amène chez un gars de la marine, pardon des Causses Marines, un drôle d'oiseau qui fait aussi des bulles du côté de Gaillac. Comme il a langue bien pendue je lui laisse la soin de se présenter : "Certaines mauvaises langues l’appellent domaine de Grosses Narines. D’autres prétendent que le nom viendrait de sa fille Marine. Que nenni ! Causse Marines fut baptisé ainsi lors de son rachat, en 1993, eut égard au nom du ruisseau, Marines, délimitant le bas de la propriété. L’ensemble du vignoble s’étendant sur un Causse calcaire fort maigre, l’ambiguïté du nom était toute trouvée.
Le Lescarret ne but que du Bordeaux jusqu’à l’âge de 16 ans. Ça n’aide pas. Et quand on sait que peu après, il passa par l’Institut d’oenologie de Bordeaux, on comprendra les préjugés et le manque d’objectivité du garçon. Heureusement, un accident salvateur le frappa d’amnésie. D’abord salarié comme brandouilleur de burette à Sancerre et ensuite régisseur en Provence, il fit naïvement ses classes avant de se jeter à l’eau inconsciemment en 1993 à Gaillac Au départ sur 8 ha, aujourd’hui sur 15, nous nous efforçons de mettre à l’honneur les cépages autochtones ancestralement cultivés sur la région. Les décrets d’appellation miteux et poussiéreux (tentant d’éviter le pire, mais assurément empêchant le meilleur) ont eu raison de notre pugnacité. La plupart des vins produits aujourd’hui par le domaine sont élevés au rang de vin de table."

 

  Ses bulles à lui le Lescarret se dénomment Préambulles, belle bouteille au beau cul, étiquette mauderne viaulette, c'est djeun avec de la gueule quoi ! Faut le servir très frappé le Préambulles car il est d'une nature éruptive le bougre : un petit côté geyser. La bête est en effet nature, pas dégorgée, elle pète le fruit : un nez de pomme surprenant. Le jour où j'ai laché le muselet de la première bouteille devant un jeune public ce fut la cataracte assurée, le tapis et la table basse furent aspergés mais par la suite nos palais et nos gôsiers furent enchantés. Good, très good, le Préambulles. Bien sûr, évitez de le servir le jour de la venue de votre belle-mère où lors du dîner chic où vous avez convié votre patron, car c'est vraiment un mauvais garçon, pas gêné pour deux sous, et même si le Lescarret affirme "qu'on on peut faire bio "sans avoir le cheveu long et fumer la moquette" ; on peut faire des vins natures qui ne sentent pas le pet de vache" son Préambulles à un petit fond de soixante-huitard, il est le fils naturel de Dany le Rouge et de Joan Baëz. À boire en ce temps de haute commémoration sans aucune espèce de modération rien que pour faire un bras d'honneur aux nouveaux censeurs...

Pour le reste allez sur www.causse-marine.com

Francis Boulard est un sage. J'ai du respect et une grande affection pour les sages lorsque leur sagesse ébranle les idées reçues sans emboucher les trompettes de la renommée chères aux grands gourous qui encombrent les pages des magazines spécialisés. Discret et chaleureux, tranquille, Francis Boulard, dès notre première rencontre à Montreuil, m'a captivé. Pour faire simple, et sans vouloir le compromettre avec un affreux Jojo comme moi, il n'a pas eu besoin de traducteur pour comprendre Cap 2010. On ne réforme pas les sociétés par décret et ce n'est pas en stigmatisant les pratiques des autres que l'on fait avancer ses idées mais en les appliquant au quotidien tout simplement. 

Francis  Boulard c'est le champagne Raymond Boulard situé au coeur du vignoble, entre Reims et Epernay ; c'est une exploitation familiale de 10 ha 25 cultivé par les 2 frères Boulard et les 2 fils de Raymond ; c'est 7 Crus et 1 Grand Cru répartis sur 8 villages; c'est un savoir-faire qui s'appuie sur l'expérience de 5 générations ; c'est la mosaïque et la diversité des 21 terroirs : la vallée de la Marne et ses sols argilo-calcaires et silex, la Vallée de la Vesle et ses sols silico-calcaires, la Montagne de Reims et ses sols calcaires ; c'est les 3 cépages traditionnels cultivés à flanc de coteaux ; ce sont des méthodes culturales respectueuses de l'environnement et c'est depuis janvier 2001, sur 1 ha 20 en 2004 une conversion non certfiée du vignoble en bio-dynamie ; ce sont des vins élaborés en cuves de petits volumes, barriques et fûts de chêne qui permettent des assemblages respectant la diversité d'expression des différents terroirs ; c'est un champagne au plus près de la nature et des spécificités de l'année de sa production.

 

La cuvée dégustée : Les Rachais est un Blanc de Blancs Extra-Brut, Chardonnay des vendanges 2002 issu des raisins de la partie du vignoble cultivé en bio-dynamie. Pour moi ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Je sais que certains vont me reprocher cette métaphore mais qui puis-je, bien plus que le vocabulaire coutumier de la dégustation, elle traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel. Dans son flacon de belle facture, cette superbe cuvée est de celle que l'on réserve à des moments dont on veut souligner l'intensité et la rareté. Pour moi, les Rachais sont la touche invisible, le raffinement extrême, la note des hommes élégants qui plaisent aux femmes éternelles : l'Ingrid Bergmann de Casablanca, l'Audrey Hepburn de Vacances Romaines, la Catherine Deneuve de Belle de Jour, la Eva Marie-Saint de Mort aux trousses, l'Alida Valli de Senso, la Carole Bouquet de Trop belle pour moi...Pour plus de précisions allez sur www.champagne-boulard.com



 

 

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