
À l’heure où, sur la Croisette, le 7ième Art fait son cinéma sous la houlette de Sean Penn, que le tapis rouge des célèbres marches est foulé par les stars américaines : Harrison Ford, Clint Eastwood, Woody Allen, Steven Spielberg, Angelina Jolly, Dustin Hoffmann… j’en profite pour pointer la focale de mon téléobjectif sur l’image du français de France telle qu’elle s’inscrit dans l’imaginaire de nos voisins du Nouveau Monde. Plus que des mots, l’étiquette de la marque de vin français – d’Oc plus précisément – Red Bicycle de Gallo, nous donne une première réponse : le black béret et la baguette de pain. Fort bien me direz-vous mais encore, où veux-je en venir ? Deuxième image extraite du site de la marque SVP : qui vois-je ? Une scène bistrotière où le cycliste sert à sa charmante invitée un verre de vin. Fort bien mais sur la table, hormis la baguette, que voyez-vous dans une assiette : un camembert ! Par ailleurs, si vous êtes connaisseur et observateur, notre homme au black béret à un look plus normand que nature : blouse courte et foulard, un peu père Magloire, un peu affineur de fromage. Bref, j’espère que vous pressentez où je veux vous mener. Tout simplement au mariage naturel d’un vrai camembert au lait cru étendu sur une tranche de baguette croustillante avec son ami de toujours : un kil de rouge…

Comment se fait-il que mes très chers amis de South of France ne profitent-ils pas d’un autre festival, certes moins prestigieux, mais dont on cause dans le poste et dans les lucarnes piège à conso, celui du film américain de Deauville – c’est du 5 au 14 septembre – pour se faire un petit pince-fesses sympathique, genre casse-graine du terroir : camembert et fontaine de vin guilleret ? Un petit truc sans chichi ni paille dans les sabots en partenariat avec les fabricants de camembert au lait cru, sur les planches, ça changerait des petits fours et du champagne nos chers étasuniens. Je vous assure ce serait très tendance. Très évènementiel en diable comme dirait nos communicants patentés. Bon, je sais, les objections vont me tomber dessus comme les shrapnels à Gravelotte mais, que voulez-vous, je suis un indécrottable optimiste et comme le dit le titre de ma chronique : supplique pour être écouté à la plage de Sète – en référence à l’une des plus belles chansons du Georges Brassens http://www.youtube.com/watch?v=hNwBo9bl7-g – j’espère être entendu par les plus entreprenants de cette belle région : pourquoi pas Gérard Bertrand. Ainsi, nous pourrions – je dis nous car la Normandie je connais ayant présidé l’interprofession des AOC cidricoles pendant 5 ans – allez de concert voir le maire de Deauville : mon ami Philippe Augier, grand amateur de vin, pour voir comment notre petit raout pourrait s’organiser. Je me tiens sur mon 31 prêt à mettre le cap sur la Normandie où les vaches ébahies nous regarderons passer nous les gars de la Méditerranée…
« Aujourd’hui, Karambolage innove : car si ce Monsieur que vous reconnaissez est bien sûr un monsieur français, figurez-vous que ce monsieur-ci, mais oui, que vous connaissez bien lui aussi est également un monsieur français. Je vous l’avais dit : Karambolage innove. Ils s’apprêtent à déguster un délicieux en-cas : voici donc une baguette bien croustillante, un bon camembert normand et, bien sûr, un petit ballon de vin rouge. »
Bon, il fait maintenant tourner le couvercle jusqu’à ce que l’autre paroi vienne se caler sur le camembert entamé. Voilà ! »
