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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 00:05

Ce lundi en début d’après-midi que de vent, au flanc du Palais de l’Elysée il fait un temps digne de la Recouvrance, un temps à lire Paris-Brest de Tanguy Viel et pourtant, sitôt poussé le tambour du Bristol, je change de monde. Tout y est feutré, chaud, cossu, un peu désuet, hors du temps. Face aux hommes aux clés d’or en livrée noire je croise Olivier Poussier en coup de vent. Nous nous rappellerons. On m’informe que ces dames ont pris du retard, alors je me réfugie sur un canapé au bar pour lire « La sculpture du vivant » de Jean-Claude Ameisen. Avec mon café je commande un fraisier. Mes papilles frémissent. Certains doivent se dire mais que va-t-il faire ce bobo dans ce palace ? Travailler chers lecteurs ! Oui ce lundi je vais à la rencontre des femmes du vin du Wine Women Awards. À la table d’à côté une dame très étasunienne se régale d’un faux-filet frites accompagné d’un verre de vin rouge. La pauvre si elle savait la somme de risques qu’elle prend ? Par bonheur les « horreurs » de nos Diafoirus modernes ne troublent pas son plaisir. Le fraisier est grand. On m’avertit que les réjouissances commencent alors je hèle le garçon qui m’indique que c’est pour la maison. Comme vous vous en doutez, au Bristol, accueillir le Secrétaire-Perpétuel de l’Amicale du Bien Vivre est un « évènement ». Que l’ami Michel Smith se rassure je ne portais pas mon emblématique chapeau aux armes « Dauré » et j’avais revêtu mon célèbre costume Kennedy bleu marine.


À peine étais-je entré dans l’arène que ces dames de l’Armagnac : Château de Castex d'Armagnac g.desaintpastou@tel2.fr, Château Garreau
www.chateau-garreau.fr et la Maison Castarède www.armagnac-castarède.fr me prirent dans leurs rets pour que je m’attelle à la dégustation. De bien belles Eaux-de-vie, aux aromes délicats qui vous donnent envie de vous caler dans un fauteuil profond, d’allumer un cigare et de vous prendre pour un lord Anglais. J’ai tout particulièrement apprécié le millésime 1975 de Château Castex d'Armagnac: un grand, un très grand Armagnac d’une finesse et d’un soyeux exceptionnels. Mais à trop chanter les louanges de l’Armagnac, qui par ailleurs n’en n’a nul besoin pour prouver son excellence, ne serais-je pas en train d’être infidèle à mes anciens mandants du Calvados ? Alors je parle – je bavasse tout le temps, je suis saoulant – de mes missions à Cognac d’abord, dans le Gers ensuite et, de fil en aiguille, ces dames fines mouches mettent en avant leur dernière née : la  Blanche d’Armagnac que l’INAO, dans sa grande mansuétude, a bien voulu reconnaître AOC voici 2 années. Comme son nom l’indique : la Blanche est une eau-de-vie blanche issue de la distillation de vins de la région d’Armagnac. Elle n’est pas vieillie en fûts de chêne. Me voilà donc sauvé. Je déguste : l’une, celle de Castarède qui est issue de Folle Blanche, l’autre, celle de château Garreau de Baco.


J'exultais ! Rassurez-vous je suis resté sobre. La Blanche est faite, en dépit de ses belles origines, pour s’allier avec des jus plus roturiers.  Mon contentement jubilatoire tenait à l’évocation du cépage Baco. Son nom sonne comme ma jeunesse studieuse à l’École d’Agriculture de la Mothe-Achard où le frère Bécot savait vinifier le Baco de ses vignes – il était bien le seul – toutes complantées d’hybrides Le baco blanc est une obtention de François Baco (1865-1947). Son origine génétique est vérifiée : c'est un croisement des cépages Folle Blanche et Noah réalisé en 1898. Ce cépage est le seul hybride producteur direct faisant partie de l'encépagement d'une AOC, l'Armagnac. En France, il couvrirait 2.103 hectares (2004).


Qu
elques mots sur la Folle Blanche extraits du Volume IV « Les Plantes à Boissons » du beau livre de Désiré Dubois Les Plantes Alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges édition de 1937. « Cépage cultivé surtout dans les Charentes, dont il est vraisemblablement originaire. Les documents anciens qui le concernent montrent qu’il a été toujours considéré comme étant de première valeur pour la production de l’eau-de-vie de Cognac (ou Fine Champagne). Les feuilles sont moyennes, très denses, à grains moyens, un peu ellipsoïdes, verdâtres, se dorant un peu au soleil, à chair acidulée. La Folle Blanche formait la base essentielle des vignobles dans les Charentes, où elle donne le Cognac ; elle y occupait parfois les neuf-dixièmes de l’encépagement, et y dépassait généralement la moitié (1). Dans le Gers et les Landes, on en tire l’Armagnac, et il en est de même dans la Gironde (région dite d’Entre-deux-Mers). On la cultive aussi dans la Dordogne, la Vendée, la Loire-Inférieure, la Vienne et la Haute-Vienne, sur les bords de la Garonne ; mais le terrain et le climat ont une grande influence sur la qualité de son eau-de-vie, et l’on sait combien le Cognac se distingue de l’Armagnac par son parfum »

(1)    La Folle Blanche tend à disparaître des Charentes ; on lui substitue le Saint-Émilion (l’Ugni blanc) note de M. Prosper Gervais.

L’évocation de ma Vendée natale me permet, bien évidemment, de faire la transition avec le Noah. Ah, le Noah, que d’histoires a-t-on raconté sur toi ! Cépage prohibé depuis 1935 comme cinq autres du même groupe : le Clinton, l'Herbemont, l'Isabelle, le Jacquez et l'Othello. C'est un cépage hybride producteur direct de Vitis riparia et Vitis labrusca. Interdit avec arrachage obligatoire primé par l’IVCC dans les années 50 car, disait-on, le taux de méthanol contenu dans le vin de Noah était beaucoup plus élevé que dans celui des Vitis vinifera et qu’il rendait fou et aveugle. Certains contestaient cette version en soulignant que c’était le contexte de surproduction qui a poussé les pouvoirs publics à  rendre obligatoire l’arrachage de ce cépage, très productif et très « écologique » puisqu’il ne nécessitait pas de traitements phytosanitaires, car il était le principal vecteur de l’autoconsommation paysanne dans des départements comme la Vendée (classé 10ième département viticole dans les années 50 avec ses bouts vignes dans tous les villages) Il fallait faire de la place pour les vins du Midi coupés avec ceux de l’Algérie vendus dans le commerce (encore un mauvais coup du négoce prédateur…)


Pour ma part, lors des battages, j’ai vu monter dans des paniers d’osier les bouteilles de Noah pour « désaltérer » ceux des gerbes comme ceux du pailler et la consommation de ce breuvage titrant 7 à 8°, d’une couleur incertaine jaune brun n’avait rien de modérée. Est-ce pour autant la « qualité » Noah qui pourvoyait l’asile de la Grimaudière en de très nombreux adeptes des cures de désintoxication à répétition, je ne sais. Autre temps qui a forgé l’état d’esprit de beaucoup de militants de l’abstinence via des mouvements tels la Croix d’Or. Temps révolu, enfoui, mais pas totalement oublié par ceux qui font du vin l’ennemi héréditaire. Bref, j’ai bien sûr goûté du Noah, comme on goûte un fruit défendu, mais, vu la qualité de la vinification vendéenne, c’était franchement imbuvable, alors le vin de Noah n’a pas été mon vin initiatique. En revanche, la confiture de raisins de Noah de mémé Marie : le raisiné était une pure merveille. Bien noire, fruitée, nous l’étendions sur nos galettes de blé noir lorsque celles-ci en arrivaient au dessert.


Et oui l’irruption du baco, dernier vestige des hybrides, ravivait sous les ors du Bristol, par la vertu d’une nouvelle appellation : la Blanche d’Armagnac, mes souvenirs de sauvageon de la Vendée profonde. Histoire revisitée par les souvenirs, la première part de mon après-midi, par la grâce de ces dames de l’Armagnac, avait un doux parfum d’enfance. C’est l’âge diront certains esprits acides, peut-être, mais c’était surtout l’absolu mérite de l’art de la conversation qui permet de nouer des fils, de raconter une histoire : celle d’un père indigne le Noah et d’une mère Folle Blanche engendrant un « résistant » le Baco qui permet de jeter des ponts entre les générations. Bon vent à la Blanche d’Armagnac et à l'Armagnac tout court!

 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 00:00

Ne zappez pas, c’est une histoire de vin, même si Capri, pour les uns, c’est fini sur radio Nostalgie avec l’inoxydable Hervé Villard, pour d’autres, plus intellos, c’est « Le Mépris » de Jean-Luc Godard avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance et Fritz Lang dans le rôle de Fritz Lang et, pour moi, bouffeurs de mots et de cinéma, pour faire le lien, c’est la casa « Come Me » * de Curzio Malaparte, là où fut tourné le film.

 

« J’étais sur le point de m’attendrir, quand j’entendis la voix du général Cork.

-         Croyez-vous qu’il existe, en Italie, un vin plus exquis que ce délicieux vin de Capri ?

Ce soir-là, en l’honneur de Mrs. Flat, à côté de l’inévitable lait en boîte, de l’inévitable café, de l’inévitable thé et de l’inévitable jus d’ananas, le vin avait fait son apparition sur notre table. Le général Cork nourrissait pour Capri une tendresse presque amoureuse, au point d’appeler « a delicious Capri Wine » ce petit vin d’Ischia, qui tire don de l’Epomeo, le grand volcan éteint qui se dresse au cœur de l’île ».

Ce soir-là – les citations sont extraites de La Peau de Malaparte – le vin de Capri accompagne un menu américain « Après les carottes à la crème, assaisonnées de vitamines D et désinfectées dans une solution à 2% de chlore, l’horrible spam arrivait sur la table, le pâté de viande de porc, gloire de Chicago, disposé en tranches couleur pourpre sur une épaisse couche de maïs bouilli. Je reconnu que les valets étaient Napolitains, moins à leur livrée bleue, aux revers rouges de la maison du duc de Tolède, qu’au masque d’épouvante et de dégoût imprimé sur leur visage.

Je n’ai jamais vu de visages plus méprisants que ceux-là. C’était le profond, l’antique, l’obséquieux, le libre mépris de la valetaille napolitaine pour tout maître étranger et rustre. Les peuples qui ont une antique et noble tradition d’esclavage et de faim, ne respectent que les maîtres qui ont des goûts raffinés et des grandes manières. Il n’est rien de plus humiliant, pour un peuple réduit à l’esclavage, qu’un maître aux manières frustes et aux goûts grossiers. Parmi ses nombreux maîtres étrangers, le peuple napolitain n’a conservé un bon souvenir que de deux français, Robert d’Anjou et Joachim Murat : le premier savait choisir un vin et apprécier une sauce, et le second non seulement savait ce qu’est une selle anglaise, mais savait aussi tomber de cheval avec une suprême élégance. À quoi bon traverser la mer, envahir un pays, gagner une guerre, couronner son front du laurier des vainqueurs, si l’on ne sait pas se tenir à table ? Qu’étaient donc ces héros américains qui du mangeaient du maïs comme les poules ? »

 

* «  Casa « Come Me » : la maison « Comme Moi » !

Parbleu ! une fois dépassés les Faraglioni et la Monacone, soudain la côte de Matromania s’offrit à nous tout au long du sentier cimenté, aux courts escaliers de briques, courant comme un pâle serpent au flanc embaumé de la montagne. Et là, tout en bas, allongée sur l’abrupt rocher de la pointe de Massullo, solide comme une casemate, insolite comme une architecture de Chirico, avec son escalier-terrasse de trente-deux marches en forme de trapèze, montant vers le ciel, impressionnant comme un temple aztèque, et ce blanc solarium à figure d’épure dont l’audace mérita les éloges de Le Corbusier, avec des à-pics de soixante mètres au-dessus de la mer, jaillissant, libre et nue, des touffes d’euphorbes et de campanules, enfin nous apparut, solitaire et de bon augure, la casa « Come Me » : la maison « Comme moi » !

Extrait de Du côté de chez Malaparte par Raymond Guérin éditions Finitude www.finitude.fr

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:05

Matthieu, l’un des petits copains de ma fille, vouait une admiration pour les lippotames et les licoptères… Sa mère bossait à la Une pour les émissions enfantines ce qui valut à Anne-Cécile le plaisir de côtoyer, sur « l’île des enfants », le bouffeur de gloubiboulga : Casimir. Alors, l’embonpoint et la bouille réjouie du logo d’Hippopotamus, me fait toujours sourire et même si je ne suis pas un adepte des Hippo, l’étude de l’offre vins de cette chaîne de restaurants avec ses 113 implantations, assez bien réparties dans la France entière, avec son service continu et ses horaires d’ouverture de grande amplitude, qui attire une clientèle de la middle-classe, des jeunes, des voyageurs ou touriste à budgets serrés, des familles, me semble digne d’intérêt. Avant de vous plonger dans la carte des vins, il me semble nécessaire de donner les repères de prix des formules et des plats qui feront l’addition.

Les formules sans boisson : Hippo malin (entrée&plat ou plat&dessert)  14,90 euros Hippo duo (entrée&plat ou plat&dessert) 16,90 euros, Hippo trio (entrée-plat-dessert) 20,50 euros.

Les formules avec boissons :

Hippo déj. : Plat + boissons (servi qu’à midi et du lundi au vendredi) 11,90 euros

Hippo plaisir : entrée+plat+dessert+boissons 29,90 euros

Les boissons hors vins proposées sont pour les 2 formules : Coca Cola 33cl, Fanta orange 33cl, Jus d’orange Pampryl 20cl, Heineken pression 25cl, Perrier-Vittel 50cl ;

Les vins pour la formule déj. : 1 verre de VdP des Bouches du Rhône 12,5cl et pour la formule plaisir : soit 1 verre de Haut Ségur Lussac St Emilion 12,5cl, soit ½ bouteille 37,5cl avec un supplément de 5 euros.

Pour ceux qui préfèrent la CARTE :

-         les entrées se situent dans une fourchette de 4,90 à 8,90 euros

-         les plats se situent dans une fourchette de 14,90 à 17,50 euros

-         les salades composées de 13,50 à 14,50 euros

-         les burgers de charolais : simple de 15,50 à 16,50 euros, double de 17,50 à 20,90 euros

-         les viandes de 12,50 euros (steak haché œuf à cheval) à 28,50 euros (filet de bœuf Rossini)

-         le Charolais de 16,50 (pièce du boucher) à 42 euros (Côte de bœuf de 1,4 à partager)

-         les desserts de 3,90 à 7,90 euros

-         un fromage : camembert au lait cru 3,90 euros

 

Les vins recommandés pour accompagner certains plats :

-         pour accompagner le bloc de foie gras à 8,90 euros : Muscat de Frontignan le verre 12,5cl 3,50 euros

-         pour accompagner le Charolais Château Picourneau Haut Médoc 24,90 euros la bouteille

-         - pour accompagner les salades Altivo Malbec de Mendoza Valley rosé la bouteille 18,90 euros

 

Analyse de l’offre vins :

1-    en apéritif :

Champagne coupe 11cl 6,50 / carafe 21,90 / bouteille 29,90

Kir 11cl 3,90 Kir Royal 11cl 6,50 /

Muscat de Frontignan 3,50

 

2-    vins au verre :

9 vins proposés dont 1 argentin/

6 rouges, 1 blanc/ 2 rosés /

de 2,90 à 6,50 euros /

2 Bordeaux, 2 Vallée du Rhône/1 Beaujolais/ 1 Bourgogne/ 1 Loire et 1 Provence

 

3 -pots&pichets :

3 vins proposés 2 rouges et 1 rosé /

1 VdP, 1 cru du Beaujolais et un Lubéron

le pichet de 31 cl de 4,90 à 6,20 et celui de 46 cl de 8,90 à 11,90

 

4-    vins de l’ardoise :

4 vins tous rouges, 2 étrangers Chili et Espagne, 1 VdP AB, 1 Fitou /

de 14,90 à 19,90 euros.

 

5-    Vins rouges :

9 vins /

2 Val de Loire, 2 Vallée du Rhône / 1 Beaujolais /  3 Bordeaux / 1 Bourgogne /

la bouteille de 15,90 à 29,90 euros

la ½ bouteille de 9,50 à 15,50 euros

 

6- Vins blancs :

3 vins /

1 VdP, 1 Chablis et 1 Bordeaux /

de 19,50 à 23,50 euros / le Bordeaux est en bouteille 50cl

 

7- Vins Rosés :

3 vins dont 1 argentin/

2 Provence /

de 15,90 à 22,90 euros la bouteille de 75 cl / 1 en ½ 9,9à euros et 1 en 50cl 16,90 euros.

 

8- Sélection Grands Vins :

3 vins

Savigny-les-Beaune 2005 1ier cru « Aux clous » 34,90 euros

Château Batailley Grand Cru classé Pauillac 2001 49,50 euros

Domaine du Vieux Lazaret Châteauneuf-du-Pape 2006 39,90 euros

 

Quelques remarques :

- offre très resserrée : 28 vins, 25 français, 3 étrangers, 1 VDN, 1 Champagne, 18 rouges, 5 rosés, 3 blancs, 3 Vins de Pays et 23 AOC.

- offre assez représentative de l’idée que ce font du vin une grande majorité des français avec peu de vin de pays 3 représentant l’Oc, les AOC emblématiques : Bordeaux 4, Bourgogne 4, Vallée du Rhône 4, Beaujolais 2, Val de Loire 2, Provence 2, des rouges majoritaires, avec une pincée de vins étrangers et un vin bio ;

- présentation claire et prix raisonnables pour toutes les bourses ;

- les prix au verre (12,5cl) sont calculés au plus juste par rapport au prix de la bouteille (75 cl) avec des différences :

Côtes du Rhône Villages : 17,50 la bouteille / le verre 2,90 x 6 = 17,40 soit – 0,10 euros

Chinon : 19,90 la bouteille / le verre 3,90 x 6 = 23,40 soit + 3,50 euros

Lussac St Emilion : 22,90 la bouteille / le verre 3,90 x 6 = 23,40 soit + 0,50 euros

La Moutète Côtes de Provence : 22,90 la bouteille / le verre 3,90 x 6 = 23,40 soit + 0,50 euros

Le Petit Chablis 23,50 la bouteille / le verre 4,50 x 6 = 27 soit + 3,50 euros

Le Haut Médoc 24,90 la bouteille / le verre 4,30 x 6 = 25,80 soit + 0,90 euros

Le Châteauneuf-du-Pape 39,90 la bouteille / le verre 6,50 x 6 = 39 soit – 0,90 euros.

 

- Si l’on rajoute un verre de vin aux formules sans boisson en adoptant une gradation de prix au verre en fonction de celle-ci l’addition est la suivante :

Hippo malin (entrée&plat ou plat&dessert)  14,90 euros + 1 verre de Côtes du Rhône Villages 2,90 soit un total de 17,80 euros

Hippo duo (entrée&plat ou plat&dessert) 16,90 euros + 1 verre de Chinon 3,90 soit un total de 20,80 euros

Hippo trio (entrée-plat-dessert) 20,50 euros + 1 verre de Châteauneuf-du-Pape 6,50 soit un total de 27 euros.

Il est donc plus intéressant de choisir son vin plutôt que d’adopter une formule avec boisson où l’offre vin est assez calamiteuse.

 

- Si l’on s’amuse, comme moi, à faire des repas-types d’un nouveau type ça peut donner les appellations et les additions suivantes :

 

Menu nanas picoreuses mais 1 chouia buveuses : 1 salade crétoise 13,50 + 1 verre de Petit Chablis 4,50 = 18 euros

 

Menu nanas pimentées : 1 assiette exotique 17,50 + 1 verre de Côtes de Provence 3,90 = 21,40 euros

 

Menu djeunes : 1 Hippo Burger version DS 17,50 + 1 verre de rosé Argentin 3,50 = 21 euros

 

Menu du mec qui drague avec des moyens limités : 2 chèvres chauds à la provençale 7,50x2, 2 bavettes d’aloyau 16,50x2, 2 crèmes brulées 6,90x2, 1 pichet de Côtes de Lubéron 6,20 = 68 euros.

 

Menu d’un mec qui se la pète devant sa meuf : 2 coupes de champagne 6,50x2, 2 crevettes croustillantes par 5 8,90x2, 2 cœurs d’aloyau 60 euros, 2 profiteroles gourmandes 7,90x2, 1 château Batailley 49,50 = 156,80 euros déboursés et pas forcément en forme pour la 3ième mi-temps.

 

Menu du couple qui n’a plus grand-chose à se dire : Elle = tartare de tomates au guacamole 6,20 + filet de tilapia à la plancha 14,90 + ½ Vittel 3,90 et Lui = 1 Kir 3,90 + 1 os à moelle 5,90 + 1 tartare de charolais 15,90 + 1 part de camembert au lait cru 3,90 + 1 ½ bouteille de Touraine 9,50 + 1 Calvados 4,90 = Elle 25 euros Lui 44 euros Total = ils s’engueulent au moment de l’addition 69 euros.

 

Menu pour 2 mecs de retour du salon des dessous féminins Porte de Versailles : 1 bouteille de Champagne 29,90, 2 blocs de foie gras de canard 5,90x2, 2 verres de Muscat de Frontignan 3,50x2, 1 Côte de bœuf 1,4 kg 84 euros, 2 part de camembert 3,90x2, 2 île flottante 5,90x2, 1 bouteille de Vieux Lazaret 2006 39,90, 2 poire William 4,90x2 soit un total de 202 euros.


Si vous souhaitez visionner la carte des vins d'Hippopotamus aller à la rubrique Wine News N°53 (en haut à droite du blog) 

 


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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 00:09


Ce n’est pas une galéjade même si ça en a tout l’air lorsque l’on découvre les bouteilles sérigraphiées de
www.vinsdeparis.fr affichant des quartiers de Paris : les Champs Elysées (chardonnay), Saint Germain des Prés rosé), Montmartre  (petit verdot) ou celle que j’ai choisi d’acquérir à la Grande Epicerie du Bon Marché : Odéon petit verdot 2007 à 7 euros la bouteille. Impression renforcée lorsque l’on découvre au cul du flacon que ce petit verdot est un brave vin de pays des Bouches du Rhône mis en bouteille à la propriété de P et MC. Henry du côté d’Arles. Alors on veut en savoir plus  et vite on clique sur www.vinsdeparis.fr  pour découvrir un Paris nocturne vu du ciel, où scintillent la Eiffel Tower et les Invalides, surmonté un bandeau : « découvrez en exclusivité notre collection ». Tout excité vous cliquez sur le bandeau et là, déception, on vous propose de vous inscrire à leur newsletter…

Reste le flacon d’Odéon sur le dos duquel nos brillants concepteurs des vins de Paris, afin de dégrossir les pauvres provinciaux et éclairer le touriste étranger, un texte français et anglais qui, le moins que l’on puisse dire, ne brille pas ni par sa précision, ni par son originalité. Comme j’ai mauvais esprit je vous proposerai une étiquette plus trash pour cet Odéon.

« C’est en 1770, avec la création de son théâtre qu’Odéon prend toute son essence culturelle et humaniste. Louis XV en commande en effet la construction pour y accueillir les « comédiens français » qui ne prirent jamais vraiment possession du lieu alors que le peuple y fit de grandes et petites révolutions. Avec ses petites rues commerçantes, ses cafés, ses pianos-bars et ses cinémas de quartier, Odéon est un quartier incontournable de la capitale. »

J’adore le concept de quartier incontournable car ça me donne envie, en effet, de le contourner comme dans le cas du quartier de l’Odéon qui est certes animé mais où les cinémas de quartier ont disparu depuis fort longtemps et où les cafés sont devenus des entonnoirs à touristes et djeunes du samedi soir et les commerçants se résument aux marchands de fringues. Bien sûr il y a quelques îlots de résistance mais je ne vous les dévoilerai pas, à vous de les découvrir c’est bien plus excitant que de suivre un guide ou pire son GPS…

Proposition d'étiquette pour Odéon petit verdot 2007

Comme le petit verdot 2007 ODEON ne casse pas 3pattes à un canard, et qu’il n’est pas donné, sans médire sur les mérites des vins des Bouches du Rhône espérons qu’un de ces 4 nos flacons parisiens seront remplis de vins franciliens.

« Les représentants de la viticulture francilienne ont dévoilé le projet d'une indication géographique protégée Vins de Paris-Île-de-France au Salon de l'Agriculture le jeudi 26 février 2009.

L'Ile-de-France était au 18e siècle la plus grande région viticole de France avec ... 42 000 ha.

Aujourd'hui, les vignerons franciliens soulignent que l'Ile-de-France a :
- un climat très favorable à la culture de la vigne ;
- des sols bien adaptés à une production de qualité ;
- des vignes et des chais de haut niveau technique sur 2 ha;
- des projets de plantation viables pour près de 300 hectares ;
- des viticulteurs qualifiés ;
- des vins répondant aux exigences qualitatives actuelles ; et une foule de consommateurs qui demandent à acheter des vins authentiques et de proximité.

Ils demandent donc à ce qu'elle soit reconnue comme le 11e bassin de production viticole français.

En tout état de cause, la région a les moyens de réaliser une viticulture nouvelle, pédagogique, culturelle, touristique et commerciale de haut niveau. »

Vive l’authenticité et la proximité ! Quand les céréaliers franciliens s’y mettront p’tète qu’on pourra embouteiller à nouveau du vin à Gennevilliers charmant port de pêche…

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 00:08

 Nous laissâmes le Gustave s’enfiler sa mousse en lui laissant croire qu’il allait s’en tirer à un si bon compte. D’Espéruche l’observait avec la sordide gourmandise d’un charognard qui attend que sa proie soit suffisamment faisandée pour aller la déchiqueter à sa guise. Raymond ronflait béatement en rêvant sans doute aux charmes exquis de sa nouvelle dulcinée car il poussait, par instant, des légers gloussements de plaisir. Un coup de sonnette intempestif le ramenait brutalement à la réalité. Gustave rotait puis éructait dans son dialecte chuintant « qu’est-ce qu’elle vient encore me faire chier celle là !  Moi j’en ai marre qu’elle me pisse dessus en écoutant de la musique de nègres… » D’Espéruche méprisant lui claquait le bec « elle ne te pisse pas dessus tas de saindoux. C’est une femme fontaine. Tu devrais lui lécher la chatte au lieu de brailler comme un goret… » Le Gustave se rengorgeait « mais qu’est-ce que tu nous chantes pauvre fiotte, quand je dis qu’elle me pisse dessus c’est qu’elle me pisse dessus la salope… » Raymond haussait les épaules « je vais ouvrir. Te donnes pas la peine de lui expliquer c’est du lard rance qu’il a dans le ciboulot. Tu ferais mieux de le cuisiner car on a mieux à faire… » Gustave blêmissait « me cuisiner c’est quoi  s’t’engeance ! » D’Espéruche lui envoyait en guise de réponse deux mandales appuyées.


Gustave pissait le sang sur la moquette immaculée. Aux côtés de Raymond, une belle bourgeoise trentenaire, en tailleur Chanel court et quincaillerie ad hoc, contemplait la scène avec gourmandise en serrant son petit sac à main sur sa poitrine. D’Espéruche bourrait de coups de pieds les flancs de Gustave qui chouinait « mais pourquoi vous me faites ça moi j’chui prêt à tout pour vous… »  Je ricanais « c’est bien ça qui nous défrise roulure tu es prêt à tout pour tout le monde. T’es le VRP multicartes de la balance Gustave. Nous on veut l’exclusivité de tes services alors on te fait bénéficier d’une petite avance sur recette pour que tu saisisses bien ce que nous attendons de toi. Si t’es réglo pas de problème tu pourras continuer de bénéficier des grandes eaux de madame. Sinon, du côté eau ce sera plutôt la politique de l’entonnoir. Pigé ! Qu’en pensez-vous chère madame ? » Elle ôtait ses gants et me tendait une main aux ongles parfaitement manucurés « vous avez l’âme d’un chef, Adeline de Lucigny-Ducinge… » Je lui baisais la main ce qui soulevait un cri désespéré du Gustave « à ben merde les v’là qui s’font des lècheries… » Du bout de ses escarpins vernis Adeline écartait les pans de la braguette ouverte de Gustave en commentant à mon adresse « voyez-vous cher monsieur, j’aime ce qui est sale, ce qui pue. Et le bout de viande, dont ce gros porc est fier, empeste comme le Maroilles dont il se goinfre. Quand je l’enfourche, même s’il bande un peu mou, j’ai vraiment la sensation de m’enfiler un ver blanc… et ça me mets dans des états pas pareil… »


Dans la 403, alors que nous filions vers chez Yvette sa sœur Raymond philosophait. « Tu vois mon grand je crois que votre petite sauterie de mai a pété toutes les digues. Marcellin croît que ce sont les fêlés de la GP qui vont mettre le bordel. Il se fout le doigt dans l’œil jusqu’à l’os. Le bordel il va venir des femmes. Elles vont tout péter et ça va être une chienlit pour de vraie. Pas pour un petit mois, non, non du définitif.  Fini les femmes au foyer ! Elles vont faire chier les mecs, les tenir par la queue bien plus encore qu’avant. Libérer les femmes c’est ouvrir une boîte de pandore dont personne ne mesure les conséquences. Va y’avoir du dégât, ça va déménager et ça c’est une vraie révolution. Tu vois je t’envie d’être jeune car j’aimerais vivre ça…» Je l’écoutais s’épancher en pensant que nos affaires roulaient bien. Nous avions laissé Gustave et Adeline aux bons soins de D’Espéruche car cette dernière, outre son goût prononcé pour la viande faisandée, semblait apprécier au plus haut point les manieurs de schlague. Gustave tiendrait la bougie pendant que la culotte de peau la pendrait en mains. Les temps étaient interlopes et le président Pompe allait, avec l’affaire Markovic, en faire la très cruelle expérience. Comme le disait justement le Raymond nous avions fait sauter la bonde du tonneau et la séquence « on baise à tout va » s’ouvrait. Elle se butterait, une décennie plus tard, sur le VIH.

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 00:02

 

Enfin nous sommes là, entre nous, tous les deux
Seul à seul, tête à tête et les yeux dans les yeux
J'avais tant à te dire mais par où commencer ?
Deux verres, une bouteille, je crois que j'ai trouvé !

Le vin délie la langue, il entrouvre le cœur
Il donnera ce soir le ton et la couleur
Rouge ardent de la braise et cristal du désir
A notre nuit d'amour, buvons pour le plaisir !

Qu'il soit de Blaye ou d'Echeronne,
De Vacqueyras ou de Tursan
(De Vacqueyras ou de Tursan)
Le vin réjouit le cœur de l'homme
Et de la femme, évidemment !
(Qu'il soit de Blaye ou d'Echeronne)
(Le vin réjouit le cœur de l'homme !)

Né d'une âpre Syrah, d'un peu de Carignan
D'une terre solaire, des mains d'un paysan
C'est avec ce vin-là qu'on dit qu'Ulysse a mis
Le cyclope à genoux et Circé dans son lit

Le vin délie les sens, il entrouvre les draps
Et pourtant, sous sa coupe je ne mentirai pas
Je bois, moi, pour le goût mais aussi pour l'ivresse
Pour cette nuit d'amour, soyons donc sans sagesse !

Les joues vermeilles, les yeux qui brillent
Chavirés par de doux émois
(Chavirés par de doux émois)
Le vin réjouit le cœur des filles
Et des garçons, ça va de soi
(Les joues vermeilles)
(les yeux qui brillent)
(Le vin réjouit le cœur des filles)

Noé sur son raffiot en prit quelques futailles,
Aux noces de Cana, au milieu des ripailles,
C'est ce vin que Jésus fit d'une eau ordinaire
Et notons qu'il n'a pas eu l'idée du contraire

Le vin délie les âmes, il entrouvre le ciel
De sa petite messe gourmande et solennelle
Prions saint Emilion, saint Estèphe et les autres
Pour une nuit d'amour, voilà de bons apôtres !

De Kyrie en Te Deum
Vin du Cantique et sang divin
(Vin du Cantique et sang divin)
Le vin réjouit le cœur de l'homme
Du Père, du Fils, de l'Esprit Saint !
(De Kyrie en Te Deum)
(Le vin réjouit le cœur de l'homme)

Le vin comme l'amour, l'amour comme le vin,
Qu'ils soient impérissables, qu'ils soient sans lendemain
Qu'ils soient bourrus, tranquilles, acerbes ou élégants,
Je suis sûre qu'il ne faut pas mettre d'eau dedans !

Oh, ne partageons pas ces amours qui s'entêtent,
Pas plus que ces vins-là qu'on boit pour l'étiquette
Tu es ce que tu es, je suis comme je suis
A notre vie d'amour, buvons jusqu'à la lie !

Mais taisons-nous et voyons comme
Finit cette nuit attendue
(Mais taisons-nous et voyons comme)
(Le vin réjouit le cœur de l'homme !)
Le vin réjouit le cœur de l'homme
Et puis le mien... bien entendu !


Nom :
Petite Messe Solennelle

Interprète : Juliette
Chanson : Petite Messe Solennelle
Dans l'album :
Bijoux & Babioles sur le label : Polydor
Sortie en  : 2008  

                                             
 
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 00:00

J’adore les belles histoires. Celle-ci est contée par Frédérique, Agathe et Delphine qui « sont trois sœurs. Loin de celles de Tchékhov que « la vie a étouffées comme une mauvaise herbe », ces trois-là ont joyeusement laissé pousser autour d’elles toutes les herbes folles de la création au gré de leurs voyages, de leurs rencontres, de leurs envies… ».


Goûts du Gois les éditions de l’épure www.epure-editions.com est le fruit d’une de leurs créations à trois : « Nous avons fait ce livre comme s’il s’agissait d’un petit mémoire des délicieuses parenthèses passées à Noirmoutier, en famille ou entre amis, depuis tant d’années. C’est souvent autour d’une table que l’on a partagé des moments inoubliables, ceux de tous les jours et les autres, plus festifs. »

 

« J’ai mis cinq heures de Paris.

-         Moi une heure et quart de Nantes.

-         Tu as pris le pont ou tu as goisé ?

-         Le pont, à cause de la marée, et puis il y avait du monde à Bouin alors j’ai bifurqué par St Gervais. Là j’ai pris Saint-Urbain et j’ai filé vers la Barre-de-Monts et enfin l’Océan.

-         Je ne sais pas si c’est mieux, mais peu importe, nous sommes là.

-         Oui nous y sommes, sur notre chère île de Noirmoutier. »

Frédérique Decré, Delphine Boju et Agathe Stefani

 

Pour ceux qui ne le saurais pas encore, je suis né à la Mothe-Achard en Vendée et, dans mon enfance nous allions parfois le dimanche, dans la C4 de Louis Remaud le boulanger, à Noirmoutier par le Gois. Mon propos de ce matin, ne sera pas d’égrener mes souvenirs mais de chanter les mérites et la beauté d’un tubercule : la pomme de terre pendant longtemps décrié, comme le pain d’ailleurs, par les « nutritionnistes ».

 
La patate revient de loin et les Noirmoutrins, la coopérative agricole tout particulièrement, sont de ceux qui lui ont redonné ses lettres de noblesse. Mes trois sœurs en parlent avec passion, je laisse donc avec plaisir la plume à ces consœurs dignes de l’Amicale du Bien Vivre.  

 

« Beaucoup plus qu’une pomme de terre, la bonnotte est un bijou. Songez qu’elle s’est vendue jusqu’à 3000 francs le kilo à Drouot en 1996 ! Peu de tubercules peuvent s’enorgueillir d’un tel parcours : variété originelle de l’île apportée de Barfleur par le cabotage des marins, la bonnotte finit par être boudée pendant des années car elle est trop fragile et ne produit pas assez. Elle est réintroduite à Noirmoutier à l’initiative de la coopérative agricole et grâce aux chercheurs de l’INRA. C’est vraiment elle, aujourd’hui, la petite chérie de l’île ! Au point que les non-initiés nomment bonnottes toutes les pommes de terre primeurs.

Mais non, la bonnotte est une variété unique de tubercule, elle est la pomme de terre du cinq mai, jour de son arrachage à l’ancienne. Elle fait alors l’objet de toutes les attentions : on l’arrache à la fourche et on la cueille à la main. Il est vrai qu’elle rafle tous les suffrages : on se l’arrache dès qu’elle est arrachée. C’est peut-être parce qu’elle est si éphémère qu’elle est si précieuse, joli calot rond et doré qui, en roulant au fond des paniers pendant une semaine entraîne dans sa renommée ses sœurs du printemps : la sirtema, sa presque jumelle, la charlotte, l’amandine ou la lady christl ; toutes ces petites nouvelles qui excitent nos papilles et ne demandent qu’à être cuisinées toutes habillées, comme au cinq mai. »

 

D’ordinaire ma bonnotte je l’achetais chez Monop mais cette année la petite récolte fait qu’il faut s’adresser directement à la coopérative. Donc si vous voulez acheter les précieuses bonnottes allez sur le site www.laprimeurdeliledenoirmoutier.com ou écrivez à  contact@coopnoirmoutier.com ou téléphonez au : 02 51 35 76 76.

Mais, comme je m’essaie, pour faire plaisir à Goulebeneze, à défaut d’être aimé de tous, à être aimable avec vous mes chers lecteurs, mon histoire aura une suite la semaine prochaine lorsque j’aurai réceptionné mes 5 kg de bonnottes par les transports Joyau. En effet, je vous proposerai une recette inédite de bonnottes et le vin qui va avec. Dans le cadre de l’Amicale, si des adhérents parisiens veulent goûter mes œuvres on peut trouver le moyen de faire un mâchon autour de ma recette à condition de trouver un lieu pour le faire : la boîte à idées est ouverte…

Affaire à suivre…

 

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 00:09

De mon passé lointain – ne ricanez pas – de basketteur à la Vaillante Mothaise – maillot blanc avec numéros bleu cousus par nos mères, short blanc et Hutchinson dépareillées – je garde le goût du jeu. Dans le jargon moderne les coaches traduisent par produire du jeu, en langage courant faire du spectacle. Pour ce faire il faut être deux, c’est-à-dire que les 2 équipes se livrent sans tout sacrifier au seul résultat. Gagner avec la manière quoi de plus gratifiant surtout lorsqu’on mouille le maillot dans un match de division départementale devant une poignée de spectateurs pour la gloire.


Récemment, à la suite de 2 chroniques très consuméristes sur les initiatives marketing de Carrefour et de Monoprix, Catherine Bernard, dans sa brillante et documentée Revue de Presse de Vitisphère, me faisait l’honneur d’un sous-titre : Leçon de déshabillage. Raccourci un peu osé et trop rapide, chère consœur, car autant du côté du Mammouth assoupi j’étrillais le fond pour ce qui concernait Monop je regrettais que ses innovations marketing soient gâchées par une mise en rayon par trop traditionnelle et peu compréhensible pour le consommateur : le trop fameux mur de vins. Donc, comme je m’y attendais, mes banderilles n’ont eu aucun effet sur les « génies de l’organisation » du N°2 mondial de la Distribution qui, tels les bureaucrates du Gosplan, penchés sur leurs graphiques de parts de marché et sourcilleux de leurs seules procédures, n’en ont rien à traire.


En revanche, chez Monop, le retour fut immédiat, beau joueur, et rendez-vous fut pris, avec Jean-François Rovire, sur le terrain du nouveau Monop Store de Bercy Cour St Émilion pour échanger nos points de vue sur « le service rendu à l’acheteur » par le distributeur. Comment capter l’attention du néophyte ? Comment mettre en avant les signatures « Monop » pour les rassurer ? Comment informer les acheteurs des innovations ? Comment les aider dans la jungle induite par les classements croisés : AOC et non AOC, couleurs et prix… Contraintes des lieux, hétérogénéité des magasins, variabilité de la chalandise selon les quartiers, absence de réelles marques nationales… Intéressant et surtout très porteur avec le retour en force en ville des magasins de proximité. Même en période de récession, l’obsession du prix pour le prix, surtout pour un produit comme le vin, ne peut tenir lieu de politique pour une enseigne. Quand les citoyens consommateurs, justement soucieux de la défense de leur emploi, prendront enfin conscience des dégâts causés par le géant de la distribution Wal&Mart à l’économie américaine, peut-être retrouverons-nous de vrais distributeurs et non de simples « tueurs » de prix. Bien plus que la reprise espérée, de nouveaux termes des échanges mondiaux devront être trouvés, tout particulièrement avec la Chine et les grands pays émergeants, par le développement de leurs marchés domestiques. C’est une autre histoire que j’ai déjà abordée dans mes chroniques sur la Chine.

 

Mais revenons à des questions plus réjouissantes, à la suite de notre rencontre en magasin, rendez-vous est pris pour le nouvel exercice orchestré par Michel Bettane et Thierry Desseauve pour labelliser les vins signés Monoprix Gourmet (exit Gault&Millau qui ne sont plus qu’une marque). Ça se passe chez Grains Nobles, 8 rue Boutebrie dans le 5ième www.grainsnobles.fr  à partir de 9 h30. Le temps est beau mais avec une petite touche de fraîcheur. Nous officions – JF Rovire et moi-même en simples observateurs – dans une belle cave voutée. C’est Thierry Desseauve l’ordonnateur de la séance. Autour de lui 5 consommateurs-dégustateurs testés en laboratoire (celui d’Arc sur Argens) et retenus, non pour la pertinence de leurs connaissances, mais parce qu’ils sont cohérents dans la dégustation. Les vins présentés le sont, bien sûr par JF Rovire, et en général ils sont regroupés en 2 séries de 12. Exceptionnellement ce jour-là, la première série en comptait 16 et la seconde 15. Le rituel est très codifié : bouteille sous chaussette numérotée, service 2 à 2 avec l’indication de la provenance et du prix consommateur. Les consommateurs-dégustateurs ont à leur disposition un carnet de dégustation avec une rubrique : mes commentaires et un cadre défini de préconisation « le recommanderiez-vous à un (e) ami (e) ? OUI – PEUT-ÊTRE – NON. Du pain et de l’eau sont à disposition. Thierry Desseauve ou Michel Bettane ne disposent que d’un droit de veto mais pas du pouvoir de décision.

 

Rassurez-vous je ne vais pas vous infliger le compte-rendu de la dégustation des 31 vins mais exprimer mon ressenti après avoir assisté à l’exercice :


-          tout d’abord, l’organisation est impeccable, l’atmosphère studieuse, le lieu : une cave voutée se prête bien à cette forme de rituel ;


-          les dégustateurs, assez jeunes, que des garçons, sont précis, gardent leur quand à soi, argumentent bien leur prise de position chacun dans leur registre ;


-          Thierry Desseauve précis, rassurant, donne du rythme, anime, laisse bien les dégustateurs s’exprimer avant de communiquer son point de vue avec doigté, très convaincant sans être péremptoire ;


-          Sur le vocabulaire de la dégustation je suis toujours assez surpris par certaines expressions : nez d’hydrocarbures, de vernis à ongles, de terre mouillée, vin de mouchoir où l’on retrouve en bouche ce que l’on a identifié au nez, et puis, bien sûr toute la cotriade de fruits mûrs, les sous-bois et les champignons et l’éternelle minéralité… Mais je dois à la vérité que nos consommateurs-dégustateurs restaient dans une norme acceptable pour un consommateur moyen : nez rigolo, bouche franche, agréable, vin droit, bien fait, vin sympa, j’aime bien, un vin qui se tiendra bien à table etc…


-          Sur la distance le consommateur-dégustateur fatigue, perd un peu de sa concentration et de sa lucidité, il est donc préférable de ne pas dépasser la douzaine d’échantillons ;


-          Je suis assez « content » de moi car mes impressions de dégustateur-muet se trouvaient corroborée par celles de Thierry Desseauve ;


-          Un point me semble, non pas faire problème, mais jouer un rôle, c’est l’indication du prix consommateur qui influence le consommateur-dégustateur selon son échelle personnelle de prix par rapport à une appellation. Le c’est trop cher pour… ou à ce prix là on peut lui trouver des excuses… sont sans nul doute des réflexes de consommateurs mais comme ceux qui dégustent ne sont pas représentatifs des classes d’âges, sexes, CSP, il me semble nécessaire de redresser ou de pondérer le rapport qualités reconnues/prix ;


-          Une autre réflexion proche liée à la dégustation à l’aveugle : certaines étiquettes connues ou disons aussi des vins de statut du type GC de Bordeaux sauveraient leur peau si on opérait un mix entre l’opinion des dégustateurs, le prix et leur attractivité auprès des acheteurs de vins chez Monoprix. N’oublions pas que le but final c’est que le vin se vende ;


-          J’ai trouvé que nos consommateurs-dégustateurs ont eu la dent dure avec les vins de la vallée du Rhône, certains méritaient le label ;


-          En revanche leur opinion sur la série rosé de Provence, assez négative, que je partageais devrait faire réfléchir les laudateurs de la tradition et de l’authenticité de certains rosés provençaux : peuvent mieux faire ;


-          Toujours dans le plus pur style content de lui, et ce sera la seule exception à la règle que je m’étais fixé, j’ai reconnu un vin à la dégustation : le Pic St Loup de l’Hortus…

 

Pour les statisticiens ci-dessous les 2 séries de vins et les résultats de l’exercice. Merci à Jean-François Rovire, à son équipe et à Thierry Desseauve pour cette matinée studieuse pour un cancre comme moi…

 

1ière Série : 2 Champagne à 18,90 et 29,95 euros /2 Vins de Loire blancs à 10,90 et 11,90 euros / 2 Alsace à 12,80 euros / 4 Bordeaux à 7,90, 11,50, 12,50 et 16,90 euros / 6 Vallée du Rhône à 4,90, 5,90, 5,95, 8,90, 9,5 et 13,95 euros…


2ième Série : 4 Provence blancs à 6,90, 9,90, 9,95 euros, 1 Vallée de la Loire rosé 5,40 euros / 4 Provence rosé à 7,90, 7,95, 9,90 et 10 euros/ 1 Languedoc rosé 4,50 euros / 2 Vallée du Rhône rosé 4,85 et 5,90 / 1 Languedoc rosé à 5,50 euros /2 Languedoc rouge à 8,50 et 9,50 euros.

 

Dans la 1ière série :

-          5 vins ont été labellisés : 1 Muscadet sur lie 2002, 1 Alsace Riesling 2008,1 Médoc 2006, 1 St Emilion Grand Cru 2004 et 1 Vacqueyras 2007.


-          3 vins seront représentés ultérieurement : 1 Champagne, 1 Côtes de Provence blanc 2008 et 1 St Emilion Grand Cru 2006.


-          7 vins ont été recalés : 1 Champagne, 1 Muscadet sur lie 2004, 1 Alsace Riesling 2007, 1 Alsace Grand Cru 2007, 1 Côtes de Francs 2006, 1 Côtes du Rhône 2007, 1 Costières de Nîmes 2007.

 

Dans la seconde série :


-          1 vin a été labellisé : 1 Pic St Loup 2007.


-          4 vins seront représentés : 1 Côtes de Provence blanc Cru Classé 2008, 2 Côtes du Rhône Villages Visan rouge 2007 et 1 Côtes du Rhône Villages Cairanne rouge 2007.


-          11 ont été recalés : 1 Coteaux d’Aix Blanc 2008, 1 Côtes de Provence blanc 2006, 1 Rosé d’Anjou 2008, 1 Côtes de Provence Ste Victoire rosé 2008, 1 Côtes de Provence rosé St André de Figuière 2008, 1 Côtes de Provence rosé 2008, 1 Bandol rosé 2008, 1 Côtes du Ventoux rosé 2008, 1 Costières de Nîmes rosé 2008, 1 VdP Coteaux de Bessille rouge 2006, 1 Pic St Loup rouge 2007.


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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 00:00


Tout le monde sait dans le petit monde du vin que d’aucuns, le cartel des non, les abonnés à l’immobilisme, les défenseurs des prés-carrés, dans un passé fort récent, se sont évertués à me faire porter le chapeau, un chapeau bien trop grand pour ma pauvre petite tête : j’étais l’oiseau de mauvaise augure, celui par qui le scandale arrivait : pensez donc oser écrire que sous les grandes ombrelles de certaines de nos AOC s’abritaient des vins indignes… Non content d’être le défenseur stipendié des marques du négoce, je nourrissais de noirs desseins : n’étais-je pas le tueur des cépages du Langue d’Oc avec mon fichu espace de liberté ? Le résultat tout le monde le connaît ce qui n'empêche pas de dormir ceux qui ont fait prendre au bon peuple des vessies pour des lanternes. Avec eux c'est toujours la faute des autres, la théorie du complot – dans le style de celui ourdi contre le beau rosé de Provence – qui permet aux « désastronautes » de se dédouaner à bon compte…

 

Je suis donc immunisé. Je peux donc tout me permettre. Même de me foutre de ma propre gueule pour une bonne cause : celle du Bien Vivre. Je m’affiche ! Je porte le chapeau ! Je m'autoportraitise. Je fais la une de Voici !
Que puis-je faire d’autre pour vous sortir de votre torpeur ?
Me promener nu sur mon vélo dans Paris tel le perchiste Romain Mesnil en recherche de sponsors ?
De grâce, épargnez aux badauds parisiens ce spectacle chers lecteurs en reprenant votre bâton de pèlerins si vous êtes déjà membres de l’Amicale des Bons Vivants pour convaincre vos parents, amis, relations de venir nous rejoindre.
Pour les autres c’est simple :
consultez le N°48 à la rubrique WINE NEWS (en haut et à droite du blog) car il est temps pour vous d'adhérer à l'Amicale des Bons Vivants.

RENSEIGNEMENTS
auprès de Jacques Berthomeau

www.berthomeau.com et jberthomeau@hotmail.com

Secrétaire Perpétuel de l’ABV 06 80 17 78 25

BULLETIN D'ADHESIONà L'ABV

J’adhère à l’Amicale des Bons Vivants :

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 00:00

 
L’affiche en noir et blanc, très atelier d’étudiants des Beaux-arts soixante-huitard, fleurait bon le tirage sur linoléum découpé de ce beau mois de mai sur lequel certains beaux esprits n’en finissent pas de gloser pour nous tailler des costards. « Changer l’Aude en vin » belle profession de foi par ces temps prohibitionnistes : comme un parfum sauvage de « sous les pavés, la plage ». Adieu Sartre et ses Boyards, les fumeurs de pétards ont déserté les barricades de Gay Lussac pour les ors des palais du Faubourg St Honoré…


Et moi, qui suis toujours – n’en déplaise au localier du Midi Libre – Contrôleur Général, j’ai rechaussé mes nouvelles Heschung (la meilleure façon de marcher http://www.berthomeau.com/article-6689871.html ) bien alsaciennes pour descendre « contrôler », ce lundi 27 avril, les dires de l’ami Jean-Baptiste Sénat : « l’Aude est-elle encore l’avenir du vin ? » L’Aude ça me connaît. Sans remonter au temps chahutés des accords de Dublin en 1983, plus récemment, dans mon rapport éponyme, n’avais-je pas mis en avant le remarquable travail de la coopérative « Anne de Joyeuse » de Limoux pour étayer ma foi en l’avenir de notre viticulture du Sud face au défi du Nouveau Monde ? Depuis beaucoup d’eau est passée sous les ponts de l’Aude et, des Corbières au Minervois, en passant par l’UCCOAR et le Val d’Orbieu, des gars de Limoux aux domaines Lorgeril en passant par Embre&Castelmaure, l’heure ne serait plus qu’aux primes d’arrachage : les dernières avant « l’ouverture des portes » voulue par Mariann Fisher Boel face à une France du vin divisée et incapable d’anticiper.


Rassurez-vous, je ne vais pas vous prendre la tête et vous faire le coup d’un remake du « Rapport B. » Ces 3 jours dans l’Aude en cette fin d’avril, où il valait mieux ne pas se découvrir d’un fil, je les prenais pour mon propre compte. Le 1ier avion pour Toulouse, la Cité de Carcassonne sous un ciel gris, en bon parigot tête de veau je m’égare dans les ruelles où piaillent des gamins et des gamines en troupeau en mal de tourisme scolaire. Enfin je découvre « Le Jardin de la Tour ». J’y entre. C’est plein. Bel endroit, les ondes sont bonnes. Bien accueilli, mes instruments de travail en mains je pars à l’assaut avec la ferme résolution de goûter tous les vins des 15 vignerons assemblés. Bon fantassin de la dégustation, je tiendrai parole, avec quelques exceptions dues, pour parler gentiment, « à la joyeuse dispersion » de quelques officiants. J’ai pris des notes, des photos aussi, mais je ne me suis pas dispersé, je n’ai pas trop bavassé, presque pro quoi, un petit B&D à moi seul. Bien évidemment je ne vais pas vous faire une relation intégrale de ma dégustation mais vous livrer mes coups de cœur et quelques impressions générales.

 

J’ai entamé mon blot par Maxime Magnon qui est, comme l’écrivait Laurent Bazin, « un rebelle tranquille », ça se voit, ça se sent que derrière ce grand sourire, cette empathie naturelle se niche un vigneron comme je les aime et je ne résiste pas au plaisir de citer ce qu’il confiait à Vdma « Je ne suis pas du tout un bio-extrémiste ou un "soixante-huit -trop-tard"... Le baba-cool ce n’est pas mon truc. Je veux vivre de mes vins. Je ne suis pas Ayatollah pour deux sous. Je sais bien que pour les gars d'ici l'invention des produits chimiques ça a été une bénédiction. Presque magique... Quand tu vois les efforts que demande ce territoire... Et j'ai plus de respect pour mon voisin de la cave coopérative qui désherbe chimiquement mais avec mesure (selon les techniques de l'agriculture dite "raisonnée", ndla) que pour un gars qui se la joue bio, vend ses bouteilles la peau des fesses... Et refile des produits chimiques en douce quand ça tourne mal... Ce n’est pas une bagarre. Moi, Je ne suis pas en mission, je ne suis pas berger non plus. Je crois seulement que les bons gestes ont sauté une génération. Qu’il faut aborder ça avec simplicité, tranquillement. Je suis vigneron et je trouve que tout ça fait du bien à mon exploitation, à mes vignes, à mon vin »

 

La Démarrante 2008 cuvée de printemps Vin de Pays de la Vallée du Paradis 70% de Carignan et Grenache. Un vin canaille comme je les aime, du revenez-y à l’état pur, à boire assurément pour se donner du plaisir simple. Maxime.magnon@orange.fr

 

Après je vous donne mes choix dans le désordre :

 

Le Loup Blanc www.vignobleduloupblanc.com Minervois,  j’ai apprécié 2 vins de plaisir gourmand (voir sur le site les étiquettes qui sont réussies, en revanche la musique est assez casse-bonbons…

-         Le Régal du loup 2006 Minervois (Carignan 50%, Grenache 30%, Syrah 20%) 9 euros

-         Les Trois P’tits C 2006 VdP du Val de Cesse (Grenache 40%, Tempranillo 20%, Carignan 35%, Alicante 5%)

 

Arbalète et coquelicots 2007 un Minervois issu principalement de vieilles vignes de Carignan de JB Senat. C’est l’une des belles révélations du jour (reconnue par les pros venus renifler l’air du temps et dont la dent est, en général, dure pour les amis de Laurent)

De l’élégance, un vin épanoui, à qui il n’est pas nécessaire d’appliquer les qualificatifs habituels pour le définir car c’est un vin, avec son identité, son origine, un grand vin plein de promesses, chaleureux sans excès, fin, spirituel, loin de l’image des Carignan rustauds endimanchés, le genre de vin « d’initié » que l’on aime à commander pour étonner ou plus si affinité, les belles demoiselles qui nous ensorcellent…


           

Domaine de Cazaban dans le Cabardès www.domainedecazaban.com Clément Mengus vigneron-éleveur, un garçon discret, tranquille, qui va tracer sa route sans chichis mais avec détermination. Vigneron à suivre…

Mon choix est subliminal, au-delà du vrai plaisir que m’ont donné ces deux vins. Si je le décrivais je vous permettrais d’entrer en mes territoires secrets de flibustier…

-         Jours de vigne VdP des Côtes de Lastours 2007 100% Syrah

-         Demoiselle Claire Cabardès 2007 Syrah 60% Merlot 40%.

 

Pour la fin de mon parcours, Limoux, avec un grand vin : le Limoux blanc 2007 du Château de Gaure www.chateaudegaure.com et un vigneron comme je les aime Gilles Azam du Domaine les Hautes Terres.

 

Le premier, 70% Chardonnay et 30% Chenin, est un Grand Blanc de Limoux, un seigneur qui dominerait bien des notables bourguignons par sa fraîcheur, sa vivacité et sa palette aromatique. Pour moi c’est la découverte, en blanc, de cette dégustation. Et puis j’aime lire ce qu’ils écrivent sur leur site : « La qualité de nos vins blanc est pleinement liée à l'harmonie qui existe dans nos vignes et notamment par l'entretien de la vie dans nos sols, du développement des animaux présents. Nous aimons voir les biches ou les lièvres à la nuit tombée »

 

Le second, Gilles Azam, je lui décerne l’Oscar du 1ier rôle dans « Changer l’Aude en vin » Il a tout pour lui ce garçon, une empathie naturelle, chaleureuse, une geste de bon vivant et juste ce qu’il faut de coquinerie pour donner envie de le suivre, de mouiller le maillot. Il aime les gens et moi j’aime les gens qui aiment les gens. Et, ce qui ne gâche rien, ses vins sont à son image : joyeux, spirituels et de belle extraction. J’ai beaucoup aimé son Ernest 100% Chenin qui, à l’heure du casse-croûte, a passé l’épreuve du fromage de chèvre avec maestria et les félicitations du jury. Son Crémant Joséphine 30% Mauzac, 30%   Chardonnay et 30% Chenin confirme ce que je dis à Pierre et Alain : les bulles roturières de ce niveau sont aussi l’avenir de Limoux. Enfin, son rosé Emma, un VdP de la Haute Vallée de l’Aude, va concourir très prochainement dans une nouvelle aventure avec ma petite escouade de dégustateurs.

 

Mission accomplie, ami Senat, ça valait le déplacement : oui JB « l'Aude n'est pas foutue » et que, sans aucun doute, « il fallait présenter le travail de ce club de copains » et que, oui, c’est faire œuvre utile que de montrer « qu’en dépit des arrachages si nombreux, la voie qu’ils ont choisi a un sens » Bien plus qu’un simple message d’espoir, c’est une fenêtre ouverte sûr, un appel à l’intelligence collective qui me plaît. Comment ne pas souscrire, signer des 2 mains ce que proclame Gilles Azam et que rapporte Vdma : « On est bio mais ça ne suffit pas, tranche l'homme de Roquetaillade. Et puis on n'est pas des ayatollahs! On est un club, oui. Mais pas un énième syndicat; on ne se construit pas contre les autres mais sur nos qualités à nous. Et puis vous savez, vous me parlez de crise viticole, mais regardez-nous : sur 15 nous sommes 4 audois de souches, les autres viennent de tous les vignobles de France : Bourgogne, Loire et même Alsace comme Clément (Mengus, ndla)... C'est la preuve que l'Aude attire. Qu'elle n'est pas foutue »

Et puis, toujours dans le même esprit, ouvrir le cercle : « On a l'idée d'inviter des vignerons qui travaillent comme nous hors de l'Aude, avec par exemple une association qui s'appelle Terre de Gaillac » déclare JB Senat qui, en cela, me fait doublement plaisir puisqu’il va dans le sens de mes vœux les plus chers et parce qu’il a découvert Terre de Gaillac sur mon petit espace de liberté. Merci donc, à tous, de cette descente dans l’Aude qui m’a permis de passer trois jours fort bénéfiques pour mon petit commerce. Affaire à suivre dans les prochains numéros. À la revoyure…

* la référence au rapport Berthomeau dans le titre de ma chronique est liée au fait que, depuis 2001, j'ai perdu mon prénom... et l'on continue de me présenter ainsi : c'est le rapport Berthomeau... Pauvre Jacques le Majeur patron de ma parroisse à la Mothe-Achard...

Une galerie de Photos de Changer l'Aude en Vin en rubrique WINE NEWS N°52 à droite tout en haut du blog

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