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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 00:07

 

Le très récent emballement médiatique lié aux annonces tonitruantes « sur les effets dévastateurs du premier verre de vin… » http://www.berthomeau.com/article-28144386.html de la triplette : Maraninchi, Houssin, Martel, suivi de près de l’interview du Président de L’INCA, très « je te sers la soupe », de la complaisante Sandrine Blanchard du Monde « Le vin est un alcool, donc cancérigène » http://www.berthomeau.com/article-30304997.html , comme la très récente Conférence de Presse cornaquée par l’ANPAA pour faire barrage à l’amendement INTERNET« Mobilisons-nous face à une risque sanitaire et social majeur » http://www.berthomeau.com/article-31508788.html , et dans une moindre mesure le mode de traitement, exclusivement à charge, de l’affaire dites du « rosé pur » par certains journalistes de la presse nationale : JJ Chiquelin du Nouvel Observateur ou Philippe Reltien grand reporter de France Inter entre autres, montrent à l’évidence que beaucoup de journalistes français ne relatent pas des faits mais expriment leurs opinions violant ainsi la première règle du journalisme : « la séparation sans équivoque des faits et des opinions. »

 

Entendons-nous bien, les journalistes ont aussi le droit de donner leur opinion mais qu’ils disent clairement que c’est la leur. Alors, et ce n’est pas moi qui pose la question, mais un jeune homme bien sous tous les rapports : François Dufour éditeur de quotidiens pour la jeunesse (Le Petit Quotidien, Mon quotidien, l’Actu…) et co-président des Etats Généraux de la Presse convoqués par le Président de la République, « Les journalistes français sont-ils si mauvais ? ». Tel est le titre de son livre publié chez Larousse dans la collection à dire vrai dirigé par le fonctionnaire multicartes de l’Education Nationale (c’est un fait avéré), le très bavard (c’est mon opinion) Jacques Marseille.

 

Dans son « Pour conclure » François Dufour répond clairement à la Question :

« Les journalistes français séparent-ils faits et opinions ? Très peu, surtout dans la presse écrite. Séparent-ils information et publicité ? Mal, surtout dans les magazines ou les parties plus « magazines » des quotidiens. Respectent-ils les règles du métier ? Insuffisamment, quel que soit le média. Ecrivent-ils pour leur public ? Très, très peu, notamment dans les quotidiens »

 

C’est sans appel même si cette formule ne veut pas dire grand-chose dans le cas d’espèce où il ne s’agit pas d’instruire un procès mais de regretter un état de fait. J’ai découvert ce livre dans les pages du Nouvel Observateur qui, jamais à une hypocrisie bien-pensante près (c’est mon opinion d’abonné), dans un 3 Questions à François Dufour, met en lumière ses propres dérives. Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer la lecture de la 1ière Question et la réponse de François Dufour.

 

Le NO : Dans votre ouvrage, vous instruisez le procès des journalistes français. Quels sont, selon vous, les principaux chefs d’inculpation ?

 

François Dufour : Notre principal défaut consiste à confondre information et commentaire. Les journalistes français sont très souvent des « opinionistes » qui préfèrent livrer leur point de vue plutôt que de se contenter de restituer les faits avec le plus de précisons possible. Ce travers, renforcé par les blogs d’opinion (je souligne), explique, à mon sens, la méfiance du public à l’égard de la profession. Ensuite, de nombreux journalistes français oublient le b.a.-ba du métier : la vérification de l’info. Quand j’entends un journaliste parler au conditionnel, je sors mon révolver ! Mais il y aurait beaucoup à dire sur le non-respect de la vie privée et les fautes de français. J’ajoute que les journalistes préfèrent souvent écrire pour les élites que pour le grand public. Ce travers consiste à faire le journal que l’on aimerait lire plutôt que celui que les lecteurs voudraient acheter. Le dernier grief, c’est le franchissement du « mur » entre les intérêts publicitaires et l’information. Des titres prestigieux sont dirigés par des patrons qui confondent allègrement les fonctions de directeur de la publicité et de la rédaction. Or on ne peut pas diriger à la fois une équipe de journalistes et une régie publicitaire : les conflits d’intérêts sont alors inévitables…

 

Sur ce dernier point, dans son livre, François Dufour, donne des noms – je n’ai pas écrit livre car c’est une information non une délation – « Le laxisme français s’exprime quand le directeur de la rédaction devient aussi directeur de la publicité d’un journal : Eric Fottorino au Monde, Laurent Joffrin à Libération, Franz-Olivier Giesbert au Point, Denis Olivennes au Nouvel Obs., Edwy Plenel à Médiapart, Bruno Frappat à la Croix, François-Régis Hutin à Ouest-France… » et « Pire : comme l’avoue candidement Laurent Joffrin, à propos de son journal Libération, dans son livre Média-paranoïa, en 2009, « on accroît certaines rubriques, comme la mode ou la consommation, dans l’espoir d’amadouer les pourvoyeurs de budgets publicitaires. » Le Nouvel Obs. ne s’en prive pas avec ses rubriques : Styles 4 pleines pages, Air du temps 6 pleines pages, Voyages 4 à 6 pleines pages… ce modèle économique restreint à la portion congrue le droit d’exigence du cochon de payant qu’est l’abonné…

 

Enfin, pour clore cette chronique et en revenir au lobby blanc prohibitionniste, champion toute catégorie de la Com auprès de l’opinion publique – théorisée par Claude Got La stratégie du Go de Claude GOT http://www.berthomeau.com/article-18021256.html – je cite encore François Dufour : « La formule est connue : « La com. progresse, l’info régresse. » D’un côté, les services de communication deviennent de plus en plus professionnels. De l’autre, les rédactions, de moins en moins professionnelles (moins spécialisées, avec moins de personnel, moins rigoureuses, moins riches…), s’appuient davantage sur les services communication des organisations, des partis, des associations, des entreprises, etc. Les attachés de presse fournissent toujours plus d’infos directement recopiables : des interviews, des photos, des idées de reportage, etc. Ces outils de travail, efficaces pour journalistes  rigoureux, se transforment vite en « copiés-collés » pour journalistes paresseux (voire corrompus !) Les experts en com. mettent en scène (ce qu’on appelle le « storytelling ») les déclarations de leurs « clients », à commencer par les stars de la politique, pour que les médias « accrochent » et accorde leur espace »

 

Ayant pratiqué au-delà du miroir il m’est arrivé d’écrire des articles sur des sujets très pointus (les sujets agricoles européens par exemple) pour le compte de journalistes et lorsque je relisais ma prose, comme je suis d’un incommensurable orgueil, je ne pouvais m’empêcher de penser : voilà un bon papier coco…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Erwan 02/06/2009 18:24

Week end de la pentecôte entre amis du vin, au soleil, chacun était passé au point Relais avant le départ pour emporter un peu de lecture. Le dernier N° de la RVF n'était pas sorti, on se rabat sur les hebdos d'information pour savoir ce qui se passe dans le monde... Perso j'aime bien le Courrier International qui délivre souvent des articles aux opinions bien tranchées, parfois même un peu trop... mais ça ne me dérange pas. Chacun - journaliste et lecteur - peut faire se faire un avis.Une chose est sûre, nous avons été choqués par la première de couv racoleuse de l'Express, et le vide de ce dossier sur l'infidélité. Est que l'on attend pas avant tout des journalistes qu'ils soit fidèles à leur lectorat, plutôt qu'à d'obscurs pourvoyeurs de contenu garantissant un bouclage express et lucratif?   

Michel+Smith 30/05/2009 10:45

Merci de l'info... Je me doutais qu'il se tramait quelque chose de ce côté-là de l'expression libre. Je sais que vous - en tout cas - saurez résister aux sirènes.

ShowViniste 29/05/2009 10:53

Cher Monsieur Smith, je vais vous décevoir...les RP arrivent sur la toile avec les poches pleines et les dents bien affutées déjà.Contrairement à Mr Berthomeau, j'ai accepté une récente invitation du CIVB pour passer tout un week-end à Bordeaux avec d'autres "oeno-blogeurs". La société qui s'occupe de ce type de prestation est "le public système", grosse boite de com...La stratégie est claire : toucher une cible jeune et investir un média qui ne doit pas leur échapper.Une plateforme internet sera même bientôt entièrement dédiée aux blogeurs pour diffuser de l'information sur Bordeaux...Ca sent le prémaché comme vous dites...Certes, on peut me repprocher d'avoir bénéficié d'un avantage certain (hotel, bar à vin, restaurant, dégustation) mais je pense avoir conservé mon regard critique vis à vis du vignoble de Bordeaux en l'occurence.Nous avons eu justement une rencontre assez cocasse où la confusion journaliste/blogeur a été surprenante pour certains : je vous invite à lire mes articles pour en savoir plus :La dégustation et la rencontre avec Sylvie CazesL'occasion de se faire une nouvelle idée sur le BordelaisUne idée de qui nous étions

Goulebeneze 29/05/2009 09:52

Bonjour,Le journalisme est donc un métier exigeant. Effectivement, beaucoup l'oublient. Et ce n'est pas toujours de leur plein gré, mais aussi comme l'exprime M SMITH parce qu'il faut aller vite, qu'on ne leur donne plus le temps. Il n'y a pas que les organisations, les partis etc qui ont des services com de plus en plus performant, les gouvernements aussi. Prenez tous les grands projets de loi qui sont soumis au Conseil des ministres avant d'être envoyés à l'assemblée. Les journalistes, le plus souvent recoivent le même jour un dossier de presse avec moult graphiques, croquis et argumentaires. Je me demande même parfois si le projet de loi est réellement discuté en conseil des ministres ou si ce n'est pas seulement le dossier de presse qui est étudié. Résultat des courses, le lendemain de la présentation, tous les journaux publient dans sa quasi intégralité l'ensemble du dossier de presse, avec quasiment aucun commentaire et donc pour le coup aucune opinion. Dès qu'on devient un tant soi peu connaisseur d'un sujet on s'aperçoit à quel point le presse n'a pas le temps de faire son travail, alors si on se dit qu'elle fait pareil avec les sujets dont on est ignorant, il y a de quoi frémir. Pourtant de temps à autre, il y a des enquêtes qui font vraiment honneur à la profession.

lucas 29/05/2009 09:17

à Mr Gus,euh, pardon je ne sais pas comment corriger après publication,prenez-le comme "vérifier ses informations, hein?", ça vous convient comme ça?

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