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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:00

Ma double paternité sur le tard, après m’avoir sidéré, me comblait, l’âge ne semblait pas avoir de prise sur moi et jamais je n’avais déployé une telle activité, tant à la maison, où j’assurais l’intendance, l’élevage des enfants, soit presque tout, palliant ainsi l’absentéisme de Jasmine, absorbée par ses nouvelles fonctions dans les allées du pouvoir, qu’à l’extérieur. Là, j’excellais. Mes réseaux me permettaient d’infiltrer les rouages un peu grippés et surchauffés de mon nouveau parti. L’entrisme, cher aux Troskos, garde encore en nos jours, où le numérique triomphe, la saveur excitante qu’on les vieilles tires d’antan bien carrossées. À l’UMP, en dépit de l’armistice Fipé&Collion, les vieilles haines rancies se déversaient, telle l’urine des vieux pots de chambre au petit matin, sur un terreau déjà bien pourvu en fumier. Pour ne rien vous cacher, tout en évitant de vous en dire trop car je n’ai pas envie d’être démasqué, mes dîners du côté de la place Beauvau en compagnie d’un vieux compère et de jeunes loups du cabinet me ravissait. J’écoutais. Nous buvions bon, Yves chérissait les belles bouteilles. Au cours du premier dîner, les petits loups en costar italien me zieutaient avec le petit air supérieur de ceux qui estiment que les vieux n’ont rien à leur apporter si ce n’est des conseils à la con. Mon j’m’en foutisme affiché, mes chemises ouvertes, mon jean et mes Richelieu antiques, ma capacité d’absorption des beaux nectars, mon coup de fourchette, mes silences ponctués de petites questions d’apparence anodine, érodèrent leur suffisance bien mieux qu’un plaidoyer. Ils m’adoptèrent. La nouvelle de mes intrusions nocturnes au cœur du pouvoir de la Grande Maison s’était répandue et la prosternation des hauts responsables à mon égard était de rigueur. Je disposais de tous les moyens de les contacter dans l’instant et jamais je ne suis tombé sur leur messagerie. Tout baignait, donc. Je commençais à m’ébattre à l’UMP comme un petit gardon dans un bocal de squales un peu déprimés.


La seule qui me semblait vivante c’était NKM surtout depuis que les sondages faisait d’elle le meilleur challenger, à égalité avec le cocker triste, contre Anne Hidalgo. Sans jouer les coquettes, ce qu’elle n’est pas, Nathalie laissait son entourage confirmer que «l’ensemble des consultations qu’a menées Nathalie Kosciusko-Morizet, y compris avec François Fillon, sont un encouragement à présenter sa candidature à la primaire». Bien sûr, l’arrivée de NKM dans le marigot parisien risque fort de ne pas être très prisée des autres challengers, la Dati n’a encore rien dit, les troisièmes couteaux Marie-Claire Carrère-Gée et Pierre-Yves Bournazel, simples conseillers de Paris aussi. Le premier à dégainer fut Jean-François Legaret, le transparent président du groupe UMP au Conseil de Paris, qui avait fait savoir qu’il était «disponible» pour être candidat à la primaire. Au bazooka, dans le Parisien, le disponible a arrosé méchamment de gauche à droite «Ce n’est pas du tout mépriser Anne Hidalgo de dire qu’elle n’a ni la personnalité, ni l’autorité naturelle (du maire de Paris) Bertrand Delanoë. Depuis qu’elle est première adjointe du maire la règle qu’on lui a imposée et qu’elle a acceptée c’est « Sois belle et tais-toi » ! C’est un peu court pour exister. Elle n’est que la voix de son maître et pendant douze ans elle a accepté de jouer les potiches» Un monstre d’élégance ce Legaret qui n'épargne pas non plus sa camarade de parti «NKM, ça vient de sortir, ça ressemble beaucoup à une opération marketing. Le fait de ne pas être parisienne n’est pas vraiment un atout». Vite taclé le goret, pardon Legaret, par un Bernard Debré qui n’aime rien tant que la castagne. Il s'est fendu vendredi après-midi d'une note cinglante sur son blog, sous forme d’une «Lettre ouverte à Jean-François Legaret». «Nous avons voté pour que tu sois président du groupe UMP au Conseil de Paris. Personne n’avait envisagé que tu puisses être candidat à la Mairie de Paris, ou même « disponible » pour l’être. Voici maintenant que tu te sens pousser des ailes et que tu injuries Nathalie Kosciusko-Morizet ! Cette attitude, je te le dis, est inacceptable. Les difficultés que nous avions au sein de l’UMP, il y a quelques mois, ont été dramatiques. N’ajoute pas à ces difficultés les troubles de ton ego.»


 Ambiance donc, Bernard Debré, soutien de Fillon, ne tarit pas d’éloges sur NKM : «Elle a montré sa pugnacité, sa volonté, sa force, son intelligence. Elle est la seule à pouvoir réunir les différentes tendances de notre mouvement en étant largement au-dessus de celles et ceux qui se croient déjà en haut de l’affiche», rejoint par le Copéiste député-maire du XVIe Claude «C’est la meilleure candidate. C’est une femme compétente, très moderne. Ce sera un très beau combat contre la candidate socialiste Anne Hidalgo», affirme-t-il. Pierre Lellouche, député de Paris, même s’il pense qu’elle «va réveiller la droite parisienne» dit ne pas croire «au sauveur venu de l’extérieur». Faux-cul comme toujours il suggère de regarder les candidatures locales des gens qui connaissent parfaitement le terrain». Suivez son regard il cite le nom de son suppléant Jean-François Legaret. Bref, sous les bouquets de fleurs les couteaux s’aiguisent. La Dati, qualifiée par Coffe de « casse-couilles », a déjà fort à faire dans le VIIe car un candidat UMP, ex-maire-adjoint, a annoncé sur son site internet, jaimele7eme.com  « Il est temps de fermer une parenthèse qui nous a été imposée sans permettre aux électeurs d'avoir un véritable choix ». Fine allusion aux pratiques du père Sarko qui l’avait fait l'investir en 2008 alors qu’elle était à l'époque garde des Sceaux.  Copé a jappé, a menacé d’exclusion le manant qui lui a rétorqué qu’il irait jusqu’au bout. Rachida ferait bien de se méfier, les grands bourgeois du VIIe risquent d’en profiter pour lui signifier qu’elle ferait bien de s’occuper de sa progéniture et de lui trouver un père d’une manière convenable. Tout ça m’émoustille. Signe du destin, alors que je prenais un verre en fin de journée sur la terrasse du café de la place du Palais Bourbon, NKM était placée dans ma ligne de mire.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 07:00

La comtesse me bombardait de SMS languides où je la sentais au bord du péché de chair, prête à tous les renoncements pour y tomber tout en se défendant de le vouloir. Elle palpitait, preuve vivante de l’insatisfaction, de la frustration, de l’incapacité de son imbécile d’époux à la satisfaire. J’entretenais sa flamme avec une désinvolture qui la ravissait. De son côté le comte, drapé dans sa dignité outragée, ne manquait pas de me mettre en copie de ses nombreux e-mails appelant à la mobilisation.  « Je me permets d’attirer votre attention sur la gravité des conséquences à long terme des projets de Mariage pour tous et de PMA en cours au Parlement. Il ne s’agit pas d’un problème politicien (de nombreux élus de gauche sont contre et quelques élus de droite pour/ voyez un remarquable article de Jospin) et encore moins d’une hostilité aux homosexuels (la société peut reconnaître leur amour par un élargissement des droits du PACS). Il s’agit de bien mesurer les conséquences à long terme de cette évolution fondamentale de la filiation. Reconnaître un « droit à l’enfant » égal à tous les mariages conduira « pour l’égalité » à nécessiter la Procréation Médicale Assistée pour toutes les femmes et la Gestation Pour Autrui pour les couples d’hommes ce qui revient à marchandiser le corps des mères « porteuses » et à priver l’enfant de sa filiation réelle. Une des conséquences parmi beaucoup d’autres … est que la destruction voulue par une élite « bobo » du modèle familial dit traditionnel renforce les situations de misère et de précarité sociale pour les plus faibles (70% des français en dessous du seuil de pauvreté sont des familles monoparentales). Peut-on au nom de l’égalité entre adulte, créer une inégalité entre enfants qui seraient délibérément privé d’un père et d’une mère et d’un lien avec leur filiation réelle? »


Pour ceux qui ont le courage de se taper la lecture des écrits de Sylviane Agacinski, la dame de Jospin,  celle-ci est hostile à la gestation pour autrui (GPA) qu’elle a dénoncée dans Le corps en miettes (Flammarion, 2009). Moi aussi d’ailleurs, mais concernant le projet de loi sur le « mariage pour tous », elle était longtemps restée discrète. Comme l’avance le comte Yoyo avait fait part de ses réserves le 9 novembre 2012 sur le plateau du Grand Journal tout en déclarant respecter la position de son parti. La Sylviane donc, femme de gauche, philosophe, et accessoirement « femme de »  s’est donc exprimée elle aussi, à plusieurs reprises sur les ondes. Qu’a-t-elle dit ? Que ce n'est pas le mariage entre personnes homosexuelles qui la gêne - d'autant plus que l'institution lui semble obsolète - mais l'homoparentalité qui déstabiliserait la filiation. Son credo : « le père et la mère ne sont pas interchangeables ». Au-delà de l'approche philosophique, madame Jospin, n'hésite pas à prendre part à la controverse politique. « Je pense qu'il y a énormément de gens de gauche qui sont sceptiques sur ce projet. Elle dénonce aussi un « manque de courage de certains » sur la question. Des noms, des noms, Sylviane, puisqu’à la question de savoir si elle était prête à manifester, tu as répondue « absolument ». Ce qui me plaît dans cette affaire c’est de voir le couple Jospin récupéré par le comte et ses potes alors qu’ils l’ont conchié sans vergogne lorsqu’il était Premier Ministre.


J’ai lu dans une chronique que « Ceux qui sacralisent le mariage et la filiation refusent de les profaner en les ouvrant à l'homosexualité. Libre à chacun de valoriser davantage l'hétérosexualité, au motif qu'elle serait naturelle ou divine. De fait, selon l'actuel Catéchisme de l'Église catholique, les actes homosexuels sont des « péchés graves », « intrinsèquement immoraux » et « contraires à la loi naturelle ». Les auteurs se posaient la question : Pourquoi préserver ainsi la PMA de l'égalité ? « Les craintes du gouvernement sont le révélateur des ambiguïtés du droit de la filiation. Certes, la loi continue d'y accorder au mariage une place majeure, avec la présomption de paternité, mais aussi en lui réservant l'adoption conjointe. Pour autant, cette institution n'est plus son fondement unique : le législateur a cessé depuis 1972 de hiérarchiser ainsi la filiation, mettant à égalité les filiations qu'il renonce d'ailleurs à nommer « légitime » et « naturelle ». Aussi la biologie apparaît-elle désormais comme un fondement alternatif de la filiation – le développement des « preuves génétiques » lors des recherches en paternité l'atteste. Les lois de bioéthique en apportent la confirmation paradoxale. Tout se passe comme si, pour le droit, la reproduction artificielle était... naturelle ! Au couple composé d'un homme et d'une femme, on demande d'être « en âge de procréer » (une exigence absente pour l'adoption), l'effacement des donneurs contribuant à renforcer l'illusion d'une reproduction naturelle. Ceux qui répugnent aujourd'hui à ouvrir la PMA aux couples de même sexe veulent ainsi sauvegarder une vraisemblance qui n'a rien à voir avec la vérité. Renversons la perspective. La biologie qu'imite le droit de la PMA n'est qu'une construction juridique parmi d'autres : la filiation n'est pas la reproduction. Mais cette convention peut devenir dangereuse. Avec l'adoption internationale, on renonce à la ressemblance de l'enfant à ses parents ; au contraire, pour la PMA, la médecine procède à un véritable tri racial : elle assortit la couleur des cheveux, des yeux et de la peau. Est-on sûr de vouloir préserver pareil impératif de vraisemblance ? Le « mariage pour tous » est l'occasion d'expliciter les enjeux de la filiation. D'un côté, l'Église va au-delà de son refus du « mariage pour tous ». Pour les évêques, « la loi ne doit pas mentir sur l'origine de la vie ».Conformément au droit canonique, la vérité de la filiation deviendrait biologique. Plus question d'effacer les géniteurs de la filiation : adieu l'anonymat de la PMA et l'accouchement sous X, mais aussi l'adoption plénière. Sauf à exempter le mariage de cette « vérité », c'en serait fini de la présomption de paternité : l'époux n'est pas toujours le père biologique... »link

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 07:00

Lorsque mon jeune complice de bord de zinc Tom, 35 ans, un beau mec bien foutu, intelligent, bourré d’humour, simple et impertinent, à qui tout réussi, m’a dit alors que nous sirotions une Suze au bar des cheminots de Championnet, « sois sympa vieux frère viens dîner avec moi chez la comtesse de L. » je n’aurais pas dû céder. C’était un affreux traquenard qu’il me tendait. Dire après coup « si j’avais su je n’aurais pas venu » relèverait de l’hypocrisie la plus noire car, même si je ne savais pas où me mettre, comme on dit chez le populo, j’avoue que j’ai vécu un grand moment. Samedi soir donc, j’avais passé une belle chemise blanche et sorti un beau pantalon de velours j’ai rejoint Tom au bas d’un bel immeuble haussmannien situé tout près du Parc Montceau. Pour finir de me convaincre de venir Tom m’avait fait un portrait très flatteur de la comtesse, une vraie, très bavarde, plutôt bien roulée. En revanche il s’était bien gardé de me tirer le portrait du comte qui se révéla être un grand dadais prétentieux et ennuyeux alors que la comtesse, elle, avait un grand désir de plaire et elle me séduisit de suite. Belle famille, six enfants, le modèle déposé Frigide Barjot à exhiber dans les manifs anti mariage gay. C’est ce petit salaud de Tom qui, dès le champagne sifflé, brancha la conversation sur le sujet. Comme ça me faisait profondément chier je me contentais de saisir, à chaque fois qu’elle les portait sur moi, les yeux langoureux de la comtesse qui, avec une vaillance de bonne épouse, opinait gentiment aux propos outranciers de son imbécile d’époux. Elle les portait souvent et je les affrontais. Le mariage indissoluble, la fidélité, la quasi-copulation rien que pour enfanter, nous en étions abreuvés, même saoulé. La comtesse me plaça à sa droite et je pus plonger cette fois-ci mon regard dans l’échancrure de son corsage dont l’un des boutons avait, par l’opération du Saint Esprit, sauté. Face à un tel état d’abandon j’envisageais sérieusement de lui faire du genou, et même, profiter du peu d’intérêt que lui portait le père de ses enfants pour pousser mon avantage lorsqu’elle ferait mouvement à la fin de notre dîner.


Ce que je fis à l’heure du café. Je proposai mes services à la comtesse qui venait de donner congé à la bonne. Son large sourire fut une invite et je la suivi jusqu’à l’office. Pendant qu’elle s’affairait je la fis volter. « Vous me plaisez… » Son peu de résistance aurait pu m’inciter à aller de suite plonger vers les richesses de son corsage. Je m’en gardai bien, les saintes femmes sont redoutables et je ne me voyais pas forniquer sur un coin de table pendant que son époux s’époumonait. Avec un air de sainte nitouche, tout en me serrant très fort la main, les joues un peu enflammées, elle me murmurait sur un ton de vierge effarouchée, « vous êtes un redoutable flibustier… j’aurais plaisir à ce que vous veniez au château…» Sa fausse naïveté, sa poitrine palpitante, me désarmèrent plus encore. Sans la quitter des yeux je me contentai de lui rétorquer que certes j’adorais l’abordage mais que les goélettes sans défense ne m’y incitait guère. La comtesse rougissait plus encore. « Vous êtes encore plus redoutable que je ne le supposais. Vous allez me faire du mal… » Je ricanais « et je suis sûr que vous allez adorer ça… » Son soupir soulevait sa belle poitrine « je suis si inexpérimentée mais j’ai besoin d’un tendre ami… » Cette répartie me plongeait dans un abîme d’incompréhension et, un peu goujatement je lui répliquais « vous souhaitez que je vous tienne la main… » Sa réponse, pour quoi faire, alors qu’elle s’affairait avec la théière faillit me faire lui rétorquer « pour la guider là où elle a envie d’aller… » mais je ne souhaitais pas qu’elle en profitât pour me prendre au mot. Notre petit jeu lui plaisait vraiment et j’avais le sentiment que la comtesse, loin  d’avoir envie de se faire sauter, avait très envie d’être aimée, cajolée, comme une petite fille.


Au salon, le maître de maison, continuait de pérorer. Je poser mes fesses sur le canapé et la comtesse, son service fait, vint se nicher à mes côtés en dévoilant cette fois-ci une belle part de ses cuisses. Pour la forme, elle tirait, sans succès le tissu de sa jupe droite. Tom arborait un large sourire qui me fit l’effet du calme qui précède la tempête. Il renvoyait mollement les lourdes balles du comte tout en sirotant du bout des lèvres son thé. La comtesse semblait en état de suspension gazeuse. Moi j’en avais ma claque de subir la logorrhée fielleuse du comte et je tentais de faire comprendre à Tom par petits signes que j’aimerais que nous prenions congé. Le sale petit con faisait comme si de rien n’était. Le genou de la comtesse pesait à rythme régulier sur ma cuisse mais je restais de marbre. Je me levai pour aller aux toilettes. Comme mue par un ressort la comtesse jaillissait du canapé pour me guider dans l’immensité du 300 m 2. Je redoutai le pire mais, hormis que dans le long couloir elle me prit la main, je pus satisfaire à mes besoins naturels sans passer par une autre case. Mon retour fut solitaire. Tom était debout, droit comme un I. Le comte manifestement stoppé dans son élan le contemplait avec une inquiétude perceptible. Je restai en retrait. Tom dégoupilla sa grenade avec calme et sang-froid. Sa déclaration fut brève «  J’étais venu vous demander la main de votre fils, Charles-Edouard, mais je m’en garderai bien car Monsieur le comte vous êtes une grosse merde qui pue. Désolée madame la comtesse, mais je vous plains… » L’insulté était au bord de l’apoplexie, moi totalement abasourdi et la comtesse ailleurs. Tom me pris par le bras pour me tirer jusqu’au vestibule où nos pelures nous attendaient. Nous plongions dans l’escalier alors que la porte claquait dans notre dos.

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 07:00

Ce dimanche nous sommes en guerre et mon héros, dont beaucoup d’entre vous ne savent pas qu’il se prénomme Benoît, n’a nulle envie de digresser sur le mariage gay ou la tronche de Pécresse lors de ses retrouvailles avec son ex-grand ami le roquet de Meaux. Alors, je vais aujourd’hui faire un grand retour en arrière au tout début de ce petit roman dominical, en décembre 2006.  Mon héros, selon la formule consacré, tombe amoureux. Nous sommes en mai 68...


Moi je me souviens du 24 mai 68


Le patron du Conti, gagné par la grâce, nous faisait servir à volonté des demis de bière. Comme je n'avais rien dans le ventre depuis mon café du matin, mes yeux se brouillaient, je me sentais à la limite de l'évanouissement. Une belle main se posait sur mon bras. Une belle voix me disait « Vous devez avoir faim... » L'autre main me tendait un sandwich pendant que la voix ajoutait « c'est un sandwich au saucisson sec comme vous aimez... » Je me cabrais. La voix riait, un rire clair. Je la contemplais, ahuri. Elle était étonnante, non, bien plus rayonnante. Une légère coquetterie dans l'œil, des cheveux longs et soyeux qui s'épandaient sur ses épaules nues et, tout autour d'elle, comme un halo de sérénité. Elle n'était pas belle. Elle était plus que belle, incomparable. En la remerciant je me disais que, sa robe boutonnée du haut jusqu'en bas, d'ordinaire, j'aurais eu envie de lui ôter. Je crois qu'elle le sentait. Moi si j'avais su rougir j'aurais rougi. Je pointais mes yeux vers le bout de mes pieds. Je rencontrais le bout des siens. Elle portait des ballerines noires. J'aimais.  « Mangez ! » J'obéissais. Le sandwich mariait le craquant d'une baguette fraîche avec l'onctuosité du beurre et le fondant d'un saucisson coupé gros. J'appréciais. La bouche pleine j'osais un compliment. Sa réponse me fit avaler de travers. « Je l'ai fait pour vous » Elle me tendait un demi de bière. «  Restez avec nous Benoît, ici, tout le monde vous adore... » Je fondais. Moi, c'était sûr, je l'adorais et par bonheur une chaise recueillait mes abattis.


A loisir je la contemplais. Elle avait l'air d’une jeune fille sage mêlant romantisme et pieds sur terre. Moi si disert, je restais sans voix. Comme un enfant face à son bol de soupe je faisais durer le plaisir de mon sandwich. Bien sûr, je me couvrais de reproches. Comment avais-je pu ne pas la remarquer ? Peu importait puisqu'elle était là. Qu'elle me donnait du Benoît. Me préparait un sandwich au saucisson sec. Qu'elle savait que j'aimais le sandwich au saucisson sec. C'était une apparition. Mon retrait du cercle n'avait en rien perturbé la discussion. Un autre de mes camarades avait naturellement pris le relais. C'était aussi ça la magie de mai. Elle et moi, comme isolé du monde, nous étions seuls au monde, sur une île, genoux contre genoux car elle venait de s'asseoir face à moi. Ce elle me crispait. L'échange était inégal. Insoucieuse de mon infériorité, elle se penchait vers moi pour me murmurer à l'oreille, en pouffant, « vous croyez que nous allons bâtir un monde meilleur... » Tout en m'extasiant sur ce nous, que je réduisais à deux, je réfrénais mon envie d'effleurer de mes lèvres la peau ambrée de son cou. Une trace de sel, d'embruns, je la sentais naïade. Tel un naufragé, abandonnant le souci du bonheur de l'humanité opprimée, je m'agrippai à cette intuition en lui posant cette question étrange : « aimez-vous la mer ? »  


Elle c'est Marie


Marie aimait l'océan. Dans son maillot de bain une pièce blanc nacré c'était une sirène. Elle glissait vers le large pour n'être plus qu'un petit point à l'horizon. Moi le terrien balourd je l'attendais sur le sable pour l'envelopper dans un grand drap de bain. La frictionner. La réchauffer. Lui dire que ne nous ne nous quitterions jamais. Elle répondait oui. La serrer fort pour entendre son cœur cogner contre ma poitrine. Ce premier jour d'elle, pendant tout le temps où elle n'était encore qu'elle, j'en garde bien plus qu'un souvenir, je le vis chaque jour. A ma question idiote « aimez-vous la mer ? » elle avait répondu, en empoignant son cabas de fille, un oui extatique, en ajoutant « c'est mon univers Benoît... » Nous nous levions. Naturellement elle passait son bras sous le mien. Les cercles s'ouvraient. Nous les fendions tout sourire. Certains des amis à elle, et des à moi, nous lançaient des petits signes de la main. Aucun ne s'étonnait. C'était cela aussi le charme de mai, ce doux parfum de folle liberté, cœur et corps, hors et haut. J'étais fier. Elle traçait un chemin droit. Nous laissâmes le fracas de la nouvelle place du Peuple derrière nous. Sur le cours des 50 otages nous croisions un groupe de blouses blanches remontées, bravaches comme s'ils allaient au front. Dans le lot, un grand type tweed anglais, nœud pape. et Weston, gesticulait plus que les autres, l'œil mauvais et le rictus aux lèvres. A hauteur, il vociférait « alors Marie on se mélange à la populace... »


Les doigts de Marie se faisaient fermes sur mon bras. Nous passions outre. Elle, devenue enfin Marie par le fiel de ce grand type hautain, d'une voix douce, me disait comme à regret, « ne vous inquiétez pas Benoît, ce n'est qu'un de mes frères... Il est plus bête que méchant... » Tout en elle me plaisait. Elle m'emballait. Je la suivais. Elle me montrait un vieux Vespa vert d'eau. Je la suivrais tout autour de la terre, au bout du monde, là où elle voudrait. Pour l'heure, sans casque, nous filions vers Pornic. Filer est une façon de parler car l'engin ronronnait comme un vieux chat mais nous laissait le loisir d'apprécier le paysage et de papoter. Tout un symbole, elle conduisait et moi, avec délicatesse j'enserrais sa taille et je l'écoutais. Quel bonheur de se taire. Marie parlait. De moi surtout et j'avais le sentiment d'être dans sa vie depuis toujours. Spectatrice de nos palabres interminables elle avait su pénétrer dans les brèches de mon petit jardin d'intérieur. Moi, le si soucieux de préserver l'intégrité de celui-ci, je ne prenais pas cet intérêt pour une intrusion. Marie la douce me disait tout ce que je voulais ne pas entendre de moi et je l'entendais.

 

Le beurre de sardines


Marie, son prénom, son scooter vert et son grand frère arrogant, voilà en tout et pour tout ce que je savais d'elle et l'affaire était pliée. J'allais passer ma vie avec cette grande fille droite et simple. Nous étions allés manger des berniques et des sardines grillées dans un petit restaurant aux volets bleus. Le serveur avait allumé des bougies. Elles grésillaient. Marie était aussi fraîche et belle que Françoise Hardy. J'adorais Françoise Hardy. Je le dis à Marie. Elle rit : "et moi tu m'adores comment ? "


- comme le beurre de sardines...

- j'ai peur...

- quand j'étais petit j'aurais vendu mon âme au diable pour une bouchée de pain qui avait saucé le beurre de sardines...

- alors je suis fichue Benoît. Tu vas me croquer...

- j'hésite...

- menteur !

- es-tu baptisée ?

- non !

- alors je peux car ce ne sera pas un péché...

- je suis juive !

- moi je suis goy et je t'aime !

- que tu dis.

- je ne l'ai jamais dit.

- menteur !

- et toi ?

- je ne veux que toi !

- alors c'est simple, puisque je t'aime plus que le beurre de sardines, je vends mon âme au diable des goys pour le prix d'une petite juive qui ne veut que moi. Tope là !


Nos mots, nos rires, nos silences, le Muscadet, les deux babas au rhum couverts de Chantilly, le mitan du grand lit, des draps frais et parfumés, un rideau de gaze qui se gonfle sous la brise, nos caresses, nos premiers émerveillements, le cœur de la nuit, le lisse de ses cuisses, son souffle sur mon cou, nos enlacements, nos maladresses, le rose de l'aurore, la découverte de nos corps, notre désir, le café chaud dans de grands bols...  Pourquoi vous confierais-je la plus petite parcelle de cet espace de temps où chaque seconde était bonheur ? C'est trop simple le bonheur. Traduit en mots on le trouve mièvre. Qu'importe, peu importe, il était là, sans nuance, débordant, éclaboussant, Marie et moi on se fichait pas mal de le cerner, de le retenir, il nous était tombé dessus comme ça, c'était bon, c'était bien. Nul besoin de serments, d'arrangements, de tous ces atours, ces colifichets, le 24 mai 1968 était le jour d'elle, le seul jour, l'unique. 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 07:00

Après ma sortie gros sabots sur les banlieusards envahissant Paris pendant l’entre-deux fêtes je m’attendais à une belle avoinée de ma Jasmine très jugulaire-jugulaire sur cette forme de ségrégation vulgaire très bien portée du côté de Saint-Germain-des-Prés. Nous nous croisions le plus souvent au petit-déjeuner car ma très chère épouse était mobilisée sur plusieurs fronts dont le plus chaud : le mariage pour tous. Comme je jouais à merveille mon rôle de papa-poule qui fait les courses, va chercher les mouflons à l’école, couche tout le petit monde à l’heure avec histoire à la clé, je pensais plaider avec humilité les circonstances atténuantes. Le soir, lorsqu’elle rentrait d’une de ses multiples réunions, je roupillais comme un bienheureux. Bref, nous étions un couple moderne, sauf que moi j’avais plus la tronche à être grand-père que père. Donc, le lundi matin, je venais de lui préparer son bol de Ricorée et je lui avais soigneusement graissé ses toasts de Nutella, lorsqu’elle me rejoignit dans sa tenue de femme d’action les pieds fourrés dans des Uggs à paillettes. Jasmine me claquait deux bises avec entrain. Elle sentait bon. Je faisais profil bas, l’air béat. France Inter étant en grève nous bénéficiions d’un flux ininterrompu de musique comme dans un supermarché. Façon de parler nous n’allions jamais dans les supermarchés. Son Ricorée n’ayant pas atteint son point de buvabilité Jasmine assise droite comme un I, tapotait ses beaux ongles sur le formica de notre table année 50 en me  souriant. Le calme précédent la tempête pensais-je en beurrant ma baguette. « Mon amour, envoie-les chier ! » fut son incise. Ébahi, j’opinai. « Te laisse-pas faire mon chéri, contre-attaque ! » Je m’enfilai à la hâte une gorgée de café bouillant « Mais comment Ondörkhaan ? » Ce petit surnom dont je l’affublais était notre secret, un code. « Ressers leur ce que tu as écrit sur ton temps dans le 9-3 ! »

-         Tu crois ?

-         Oui mon puceron adoré !


Convaincu, je m’exécutai :

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« Au Blanc-Mesnil, parfois, quand le vent tournait, le centre-ville sentait le bouillon Kub. Ça me changeait des effluves sucrés du Petit LU qui donnaient à nos soirées nantaises un goût d’enfance. De la zone de la Molette, coincée entre la gare de triage et les pistes du Bourget, au 192 de l’avenue Charles Floquet, les deux grandes cheminées de l’usine Maggi crachaient encore, plus pour longtemps d’ailleurs, des vapeurs chargées d’arôme de pot-au-feu et de poule au pot. Les vieux ouvriers parlaient du temps où en galoches de bois ils travaillaient dans la vapeur des énormes marmites de 1300 litres pour verser les sacs de farine végétale dans l’eau bouillante. La plupart d’entre eux, des algériens venus du même village ou issus de la même famille, terminaient leur vie, murés dans le silence et l’oubli, au sein de foyers délabrés. Ceux qui jouaient aux cartes, des cartes d’aluette, m’avaient pris en sympathie, et ils me rappelaient, avec un sourire désabusé, que lorsqu’ils étaient arrivés au Blanc-Mesnil ils étaient français et que maintenant, loin d’une Algérie qu’ils ne connaissaient pas, ils n’étaient plus rien. Je passais de longs moments à les regarder   jouer en sirotant avec eux du thé à la menthe. Depuis que le géant suisse Nestlé avait bouffé Maggi l’usine fabriquait aussi des petits pots pour bébé et tout le monde ici, mes compères algériens en premier, sentaient bien que les jours de la SAM, la société alimentaire moderne, étaient comptés. En 1969, Findus absorbé par Nestlé se met à y faire faire des crêpes fourrées et du poisson pané avant de se délocaliser à Beauvais quatre ans plus tard. Mes vieux, j’en suis sûr, ne sont pas allés voir leur usine et ses deux grandes cheminées imploser et choir dans l’herbe de la zone. Si je vous parle longuement de cette histoire c’est qu’au Blanc-Mesnil j’ai découvert le petit monde ouvrier de la Ceinture rouge de Paris et le militant de base du Parti Communiste qui veillait sur lui comme le curé de mon pays sur ses ouailles.


Affecté au commissariat de la place Gabriel Péri je coulais des jours paisibles. Mon patron, le gros et débonnaire, Bourrassaud, ne nous menait pas la vie dure et, très vite, il se prit d’une réelle affection pour moi. Ainsi je connus Marie-Jo, sa pulpeuse et tendre épouse qui, elle, m’annexa pour assouvir ses fantasmes volcaniques. L’imagination de Marie-Jo ne trouvait aucune limite, avec elle je connus les joies d’une fornication débridée en des lieux incertains : les cages d’escalier, les portes cochères, les parkings d’immeubles, même les arrière-salles de café, où me disait-elle, en se réajustant après nos ébats, je devais m’estimer heureux qu’elle eut réfréné, avec beaucoup de maîtrise, les gémissements et les râles de plaisir que provoquaient mon rut. Je n’étais pas dupe de son baratin, ce qui l’excitait, la faisait jouir en des orgasmes cataclysmiques, ce n’était pas mes talents d’amant mais la crainte permanente qu’on nous surprenne. Les Bourrassaud habitaient rue d’Altricham-Sandwell dans l’une des nombreuses cités qui poussaient comme des champignons. Au Blanc-Mesnil, bien évidemment, avec l’avenue Vladimir Ilitch Lénine, les rues Maurice Audin et Paul Langevin, la rue Gorki encadrée bizarrement par celles du général Giraud et de Victor Hugo, on barbotait majoritairement dans un bouillon à la gloire des héros de la patrie du communisme et du socialisme réel. Pour ceux qui l’ignorent, André Lurçat, qui au salon d’automne de 1923 avait présenté dans la section urbanisme « une architecture simple, franche de forme et dénuée de tout ornement, avec comme technique, le béton armé, comme couverture, une terrasse… » dans les années 60 avait mis, avec un bonheur apprécié par les dirigeants communistes, ses idées en pratique au Blanc-Mesnil. Comme pour Péret au Havre, le geste architectural ne me semblait pas dénué d’intérêt, de recherche et même de respect pour l’habitant, mais l’ensemble suintait d’une gaité très proche de celle du réalisme socialisme : le genre à se flinguer les soirs d’hiver. Mes amis les vieux algériens, l’éruptive Marie-Jo meublaient vaille que faille mon ordinaire au Blanc-Mesnil et, tout aurait été comme dans le meilleur des mondes si, à Paris, ma permissivité coupable à l’endroit de Sylvie n’avait accumulé un paquet d’emmerdements dont, bien évidemment, je me souciais comme de ma première chemise. »           

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 07:00

Je n’aime guère l’entre-deux, cette dernière semaine où Paris se vide de ses indigènes pour laisser la place aux banlieusards qui viennent se faire la Grande Roue de la Concorde puis les baraques de petites merdes au bas des Champs Elysées. C’est déprimant. Tous les ans je me dis que je devrais me tirer et, faute de savoir où aller me poser, je reste planté dans mon terroir de bitume. Par bonheur le sévèrement burné, le gros Nanard, ex-patron de l’OM, ex-Ministre de tonton, ex-taulard, chanteur, acteur, qu’a jamais posé son gros cul bordé de nouilles dans un fauteuil de patron de presse, au dernier étage d’un journal, est venu mettre un peu d’animation dans cette trêve dites des confiseurs en jetant sur la table 51 millions d’euros pour contrôler les titres du Groupe Hersant Média (GHM) : la presse régionale du Sud-Est (Var-Matin, Nice-Matin, La Provence et Corse-Matin) ainsi que Les Nouvelles Calédoniennes et France Antilles. Avec lui il ne faut jamais s’étonner de rien « A quoi ça sert d’acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ? » proclamait-il, en agitant sa Rolex et ses maillons en or, au temps de sa splendeur marseillaise. Mais notre Nanard a le goût de la lumière et du pognon – le nôtre – à ne plus savoir qu’en faire. Montrer ses biscotos, rouler des mécaniques, passer à la Télé, se la péter grave c’est ça le Nanard du petit peuple. Pour faire bon poids, le nouveau Big Brother de la Côte, s’est payé la nouvelle ambulance du gouvernement Ayrault : notre Redresseur National, le bel Arnaud qui, selon ses dires, aurait tout fait pour l’embêter, lui mettre des bâtons dans les roues. Tout ça ce ne sont que de mauvaises pagnolades mais la dernière surprise est venue de la nouvelle intérimaire de luxe, Audrey Pulvar, plus ou moins poussée vers la sortie des Inrocks par Pigasse qui s’est fendue d’un charmant SMS au tout frais patron de presse « Mais décidément, vous voulez vraiment perdre de l’argent. Je suis épatée. Je vous embrasse. Quelle vie ! ». Pour les mauvaises langues du PAF « Un SMS en guise de CV ». Nous vivons une époque formidable où tout se mêle, vie privée, vie publique, en direct-live.  


Que va faire notre cher dépeceur d’entreprise de ce groupe totalement plombé ? Dans tous ces titres, il n’y a que La Provence qui l’intéresse vraiment il va donc revendre en pièces détachées. Airy Routier, un gonze qui connait bien le Nanard, puisqu’il a écrit deux livres sur lui, qui l’a rencontré le 30 novembre,  a confié son sentiment sur France Info : « Je pense qu’il y aura certainement des coupes claires à faire, de la mutualisation et tout, mais en même temps il a pris de la bouteille. Il n’ira pas dans les excès.  Il est beaucoup plus visible qu’il ne l’était [dans les années 80] donc je pense qu’il va être un peu plus mesuré. Mais ça reste un redressement d’entreprise. » Mais la question cruciale est celle de l’implication de Tapie dans la ligne éditoriale des journaux. Va falloir surveiller à la loupe les pages politiques, économiques, sportives... le gros pépère il n’a pas laissé que des bons souvenirs dans les rédactions du Vieux Port comme le souligne un ancien journaliste du Méridional, aujourd’hui à La Provence « En fait, pour lui, tu étais copain ou ennemi. L’idée d’une éthique ou d’une morale ne l’effleurait pas du tout. » L’enjeu de tout cela, en dépit des promesses, main sur le cœur de Nanard « à ne pas postuler à quelque mandat électoral que ce soit », est bien sûr la mairie de Marseille. Avoir dans sa main le journal local, lu par le petit peuple, est-ce qu’il y a mieux pour conquérir une mairie ? Marseille est à prendre lors des élections municipales de 2014, car personne ne s’impose vraiment, ni à gauche ni à droite. Le papet Jean-Claude Gaudin a 73 ans, aux manettes depuis 1995 et, si la loi sur le cumul des mandats ne l’en empêche pas,  il n' a pas un bilan mirobolant. Derrière lui, à droite, pas grand monde de crédible. A gauche, trois prétendants : Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées,     Eugène Caselli, président de la communauté urbaine et le député Patrick Menucci. Ils traînent comme un boulet l’affaire Guérini. Reste l’homme providentiel : le Nanard plus ou moins poussé par son vieux pote Borloo dont tout le monde a oublié qu’il a commencé comme avocat conseilleur de dépeceurs d’entreprise !


La meilleure vanne du jour sur le rachat de La Provence par Tapie est l’œuvre des Cahiers du football : « Vingt ans après, Tapie rachète un titre à Marseille » Sur le site de Libé Marseille, deux journalistes, Jean Kéhayan et Christian Poitevin, ce dernier étant l’ancien adjoint à la culture de la mairie, publient un point de vue très intéressant. Ils jugent « le terreau (marseillais) bien labouré pour l’avènement du populisme » :


     « A l’heure du pastis, les brèves de comptoir plébiscitent l’idée d’un homme fort capable de remettre les choses en ordre sur le plan de la sécurité et de la lutte contre la délinquance. Une représentation virile en quelque sorte, dont Gaston Defferre fut l’archétype et que personne n’ose remettre en cause. [...]


    On sait depuis la Libération que celui qui contrôle le journal quotidien dominant de la ville a déjà un pied sur les marches de la mairie, et désormais de la Métropole. Et qui mieux que Bernard Tapie en a fait l’expérience, lui qui, patron de l’OM, avait à la tête du Provençal un directeur de la rédaction chargé de magnifier ses actions de prédateur de Wonder et de biens d’autres entreprises ? Dès lors ses photos quittèrent vite les pages sportives pour s’immiscer partout. »


Affaire à suivre, mais restent le grand retour des éléphants sur la scène : le gros Gégé qui déclare sa flamme à la Sainte Russie et Poutine réunis, ceux de notre vieille BB qui elle ne veut pas voir euthanasier et veut rejoindre notre Gégé dans les steppes de l’Oural. Y’a pas à dire nos stars cheminent lourdement vers le cimetière des éléphants.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 07:00

Rude journée pour les vieux, Yasmine Tordjman vient d’annoncer au Point link qu’elle se tirait du domicile conjugal. Madame Eric Besson a tenu 3 ans vérifiant l’adage du grand expert Frédéric Beigbeder « La première année, on achète des meubles. La deuxième année, on déplace les meubles. La troisième année, on partage les meubles. ». La sulfureuse Yasmine a jugé bon de déposer une main courante au commissariat du 16ème arrondissement de Paris pour « déclarer son départ du domicile conjugal ». De nos jours les mecs sont soumis à rude épreuve, leur amour-propre en prend un sérieux coup : après le redresseur national lourdé sur Twitter par sa lionne, dont les montures de lunettes valent 2800 euros, selon elle, voilà l’homme de l’identité nationale jeté comme un kleenex par sa jeune et belle dulcinée. Dans la gent masculine ça geint : un de mes vieux copains, vieux routier de l’humanitaire type sac de riz du beau Bernard, autre renégat de Nicolas, pote de Sylvie Brunel, l’ex du Besson, me rappelait l’autre soir dans un bar ce qu’elle avait écrit dans Manuel de guérilla à l’usage des femmes. « Je me suis renseignée : presque aussi jeune que notre aînée, la belle se voulait vertueuse, même si elle respirait le narcissisme par tous les pores de sa jolie peau, a-t-elle écrit à propos de Yasmine. Des yeux de biche, une fausse ingénuité, la jeunesse pour principal atout, et surtout une fascination absolue pour les paillettes... mon mari était tombé sur une oiselle coucou, prête à tout pour pousser hors du nid la famille qui le gênait. […] Afin de se libérer au plus vite pour son exotique dulcinée, ou parce que sa culpabilité le poussait à un geste d'une générosité exceptionnelle, mon mari était prêt à tout abandonner : la maison où les enfants avaient grandi, ses biens... sa vie. » Pauvre Éric va falloir qu’il se paye un club de foot pour espérer se recaser dans le cœur d’une nouvelle gazelle.


Le soir, à la maison, je me suis inquiété de mon sort auprès de ma Jasmine. Elle s’est gondolée en me faisant remarquer qu’elle mettait au défi ses copines de me décerner le prix Nobel de la fidélité. Je n’ai pas insisté. Nous avons dîné en famille puis, après avoir couché les enfants, je me suis plongé dans la lecture de ma pile de magazines. J’adore FOG. C’est un fan de notre Président. Il lui rappelle le François de Jarnac, c’est dire. Notre FOG, qu’est du genre sinistre, dans son édito, se payait la tronche des écolos « toujours prêts à se vendre pour un poste, un siège ou une prébende. Les politiciens de cette engeance n’abusent plus personne avec leur conception larvaire de la politique. Plus tôt ils quitteront la majorité, mieux se portera le pays et, accessoirement, le pouvoir : si légers soient-ils, les parasites restent des parasites. Le redressement de la France n’est pas leur affaire, ces boutiquiers sont déjà assez occupés à  retrouver une clientèle, ce qui n’est au demeurant pas gagné. Le Président ne les a pas pris de front. Deux pas en avant, un pas en arrière, sans parler des pas de côté, il a le même jeu de danse que François Mitterrand en son temps. Ici quand on le croit là et inversement, c’est un artiste de l’évitement. Pour arriver à ses fins, il préfère toujours passer par la porte de derrière. » FOG n’est jamais meilleur que dans la détestation. Du côté du Front  de Gauche, le couple improbable du petit Laurent moins rondouillard que son père et du tonitruant Mélanchon qui ne se prend pas pour de la petite bière, ils crient de concert, font dans la surenchère, avant de savoir qui va étouffer l’autre, FOG, en bon adepte du mitterrandisme, rêve d’un François Hollande achevant tranquillement le travail commencé par le François de Jarnac : les envoyer définitivement dans les poubelles de l’Histoire. 


Reste que je suis adhérent de l’UMP et que nous sommes au milieu du gué suite à la paix des braves signés par Fipé et Collion. Que faire dans cet entre-deux ? Rallier le couple improbable NKM-BLM ? Je ne crois pas que les 2 initiateurs des non-alignés fassent longtemps chemin commun « Bruno n’est pas du tout comme moi. Je ne suis pas sa jumelle. On n’a pas le même parcours, pas les mêmes centres d’intérêt. Il est très littéraire, moi je suis ingénieur de formation. » Et toc, prends ça dans les gencives Bruno, une seule chose est sûre, ce qui les rassemble ces deux-là et les divise à la fois, c’est qu’ils ont la même ambition pour un même fauteuil. Les biplaces celui qu’est derrière est éjecté au premier dévers. Le Maire m’exaspère par sa suffisance alors je prendrais bien la roue de NKM, même si son JPP est un boulet dont elle devrait se délester, car la Nathalie a, sous ses airs diaphanes et du haut de ses  bottes Hermès, un vrai côté déménageuse. Bien sûr, ses positions idéologiques sont tout, sauf claires. Elle ondoie, sait être de mauvaise foi, jouer de son jeunisme flamboyant : traiter Fipé et Collion de ringards ne suffit pas à lui donner un brevet de compétence. Guaino, l’exécuteur testamentaire, le dit assez bien d’ailleurs « J’aime beaucoup Nathalie. C’est la plus intelligente de sa génération. Mais il faut qu’elle élimine le mot ringard de son vocabulaire, parce que ça ne marche pas. Elle en a fait sa marque de fabrique. Je crains que les Français ne soient trop ringards pour recevoir l’argument. » Tout le problème des politiques c’est qu’ils vivent, contrairement à leur sentiment profond, dans un monde fort éloigné de la réalité de notre quotidien. Les militants sont des excités, les sympathisants souvent des courtisans, les conseillers des petits ambitieux en latence. Serrer des pinces sur les marchés ou dans les foyers du troisième âge ne leur fait pas toucher du doigt la vie que l’on vit. NKM, si elle veut vraiment se forger une stature de femme d’État il va lui falloir se plonger les mains dans le cambouis. C’est pas gagné.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 07:00

Dimanche dernier, dans le Journal du Dimanche, le gros Gégé est monté sur ses grands chevaux, comme c’est un pondéreux et qu’il fait dans le merlan en colère rue du Cherche-Midi il a fallu atteler 4 beaux chasse-marées Boulonnais. De colère il a jeté à la gueule d’Ayrault son passeport, sa carte vitale, pour frapper l’opinion comme Gainsbourg brulant son Molière à la télé, mais tout c’est du cinéma, ça n’a aucun sens car d’ordinaire ton passeport ce sont les juges qui te le piquent pour t’empêcher de passer la frontière, mais là, tant qu’il sera Français faudra, si Gégé veut voyager hors Schengen, qu’il l’allonge à la PAF. Du côté de la Vitale devrait faire gaffe Gégé, ça pourrait lui être très utile à son âge et dans son état. Tout le monde y va de son couplet, les contre, les pour qui crient à la chasse aux riches, mais tout de même pour le défendre manquaient Carole Bouquet et son grand pote, un autre Gégé, le Bourgoin de Chailley, l’ex-roi de la dinde déchu. La première pour l’heure, que je sache, n’a encore rien dit mais le second avec qui Depardieu a fait des affaires dans le pétrole à Cuba, chez leur pote Castro, est sorti de son silence lundi dernier sur Europe 1 Soir, « En Belgique, pourquoi pas ? C'est un pays extrêmement francophile. Gérard Depardieu a passé sa vie à défendre l'image de la France. Comme acteur, l'ambassadeur de la France dans le monde, c'est Gérard Depardieu ». Tout ça me donnait l’occasion de me souvenir de l’aventure de Pebercan de Gérard Bourgoin, qui avait investi plus de 200 millions de francs en 1996 avec une poignée d'amis riches et célèbres, Michel Reybier, l’ancien proprio des Jambons d'Aoste et maintenant de Cos d’Estournel, notre Gégé, Roger Zannier le roi de la fringue pour mômes et quelques autres, n'avait finalement fait jaillir de l'or noir qu'en 1999. Revendu en 2003 à une petite compagnie pétrolière qui monte : Maurel & Prom de Jean-François Hénin le « Mozart de la finance » évincé d'Altus Finance par Jean Peyrelevade lorsqu’il prit les rênes du Crédit lyonnais. « Le pétrole, c'est un peu comme le cinéma, où il y a un film sur sept qui marche, expliquait Gérard Depardieu en décembre 1996. Avec cette affaire, on peut gagner beaucoup ou tout perdre. » Finalement, après avoir failli perdre leur mise, le premier cercle d'aventuriers investisseurs, qui ont dû réinvestir en cours de route dans l'affaire, devrait réaliser une plus-value. Le cas de Gérard Bourgoin est à part : incapable de rembourser un prêt octroyé par son ami Michel Reybier, il avait alors dû lui céder ses parts en 2001. Il conservait néanmoins encore des stock-options. Petit monde, les affaires, et maintenant Poutine tendait un passeport à notre Gégé.


Et pendant ce temps-là Fipé et Collion signaient l’armistice alors que le maire de Sannois dans le Val-d’Oise, le maintenant très célèbre  Yanick Paternotte, soutien du roquet de Meaux, et président de la fameuse CORNAR, la Commission nationale des recours de mon grand parti, était condamné le jeudi à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité par le tribunal correctionnel de Nanterre. La procureure, Alexandra Boudet, avait souligné « le comportement indigne de la part du notaire et encore plus indigne de la part d’un élu, d’autant plus que les faits concernaient son administrée, alors qu’ils devaient tous deux protéger la personne ». Yanick Paternotte a également été condamné à verser une amende de 10 000 €. Son épouse a pour sa part été relaxée. Quant au notaire qui a rédigé l’acte de donation, il a été condamné à un an de prison avec sursis et 10 000 € d’amende. Va faire appel le gars. Suis attablé au café Place du Palais Bourbon sous une chaufferette et je feuillette le Courrier International tout en jetant un œil distrait sur le ballet des anciennes excellences dont le rondouillard Douillet qui se fait interviewer dehors, par un petit mec, pour pouvoir tirer à l’aise sur son cigarillo. L'édito de Jean-Hébert Armengaud est jouissif, j’adore la chute «  Mgr Vingt-Trois, lui aussi, a une bonne carte budgétaire à jouer. Les églises se vident, le denier du culte est de plus en plus maigre. Pourquoi ne pas marier les gays à l’église ? Entre les gays cathos, leurs familles et leurs amis, ça fait du monde pour remplir les églises et la corbeille de la quête, non ? Et l’UMP ? Ne devrait-elle pas aussi se rallier très vite à la cause du mariage gay ? MM. Copé et Fillon se promettraient mutuellement « fidélité, secours et assistance ». Et hop ! La guerre interne serait vite réglée, pas besoin d’attendre septembre 2013… » J’aurais dû prendre un vin chaud mais, comme j’avais beaucoup carburé la veille, il me fallait éviter de forcer sur l’antigel.


Saturation, la politique à jet continue depuis trois semaines commençait vraiment à me fatiguer alors je me plongeais, en compagnie de ma chérie, dans l’univers impitoyable des top-modèles. Que des horreurs : « Il a fallu attendre vingt ans pour découvrir qu’à l’apogée de sa carrière Linda Evangelista – le top-modèle qui ne sortait pas de son lit pour moins de 10 000 dollars – vivait en réalité dans une grande solitude. Son seul plaisir était sa Game Boy. Pareillement, plusieurs années ont passé avant que Karen Mulder – « la blonde classe » – ne déclenche un scandale retentissant, peu avant d’être admise dans un service psychiatrique. Elle déclara qu'Albert de Monaco et d’autres dirigeants de l’agence Elite avaient essayé de la violer, que son père l’hypnotisait dans le même but et que son statut de mannequin faisait d'elle une monnaie d’échange sexuelle. Depuis, la Hollandaise a présenté des excuses et fait profil bas suite [toutefois une plainte pour viol a bien été déposée en novembre 2001]. Karen Mulder est alors internée, mais sa tentative de suicide, en 2002, a relancé le débat sur le style de vie des mannequins et les répercussions psychologiques de leur travail. » Christine Hart, mannequin pendant dix ans à Milan, Paris et New York, des années 1990 et au début des années 2000, côtoyé les plus grands pendant l’âge d’or des top-modèles, travaillé pour le photographe Helmut Newton, défilé pour Kadhafi raconte son histoire dans un livre autoédité « Lo que las modelos callan ». Il faut s’accrocher au bastingage pour ne pas gerber lorsqu’elle raconte l’effondrement d’une de ses collègues, en plein casting en Grèce, lorsqu’elle a découvert qu’elle avait à l’intérieur de son vagin, depuis vingt-quatre heures, « plusieurs préservatifs recouverts de sperme et d'un fluide. Ce qui est terrible, c’est qu’elle ne se souvenait pas des événements de la nuit précédente, si ce n’est qu’elle avait bu et fumé avec un photographe jusqu’à perdre toute notion de la réalité, écrit l’ancienne top-modèle. Il s’agit là d’épisodes isolés, mais ces quelques histoires sont déjà de trop car elles ne devraient pas impliquer des mineures. Commencer à 14 ou 15 ans est une aberration. A cet âge, les filles sont presque des enfants et il est facile d’être prise au piège par un mirage. » Elle a aussi vécu des épisodes complètement fous comme défiler dans un bunker en plein cœur du désert libyen : « J’ai eu la peur de ma vie ! En théorie, on allait à Tripoli pour défiler à l’ambassade espagnole afin de promouvoir la mode occidentale. Mais en réalité nous avons atterri au milieu du désert et nous nous sommes retrouvées enfermées dans un bunker, devant le colonel Kadhafi en personne. » Elle rive le bec à cette vieille enflure de Karl Lagerfeld qui estime que l’anorexie des top-modèles est une fable « Les mannequins souffrent plus de la dictature de la beauté aujourd'hui que dans les années 1980. D’une taille 38 imposée, on est passé au 34, en particulier sur les podiums, et les filles d’aujourd’hui ne transmettent aucune émotion. Elles n’arrivent pas à créer de lien avec le public. On ne sait plus si ces filles sont des robots ou des mannequins. La plupart n’ont que la peau sur les os et aucune d’elles ne sourit, ce qui n’arrange rien ».

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 07:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.


Juré, craché, je laisse de côté Fipé et Collion, les sous-mariniers de l’UMP, pour entonner sur l’air des lampions « on a gagné, on a gagné… mais ils sont où les socialos du capitaine pédalo… » Dans le bordel ambiant c'est presque inespéré pour mon nouveau parti même si c’est la loi du genre : aux partielles interstitielles le parti au pouvoir prend régulièrement des déculottés. Le pire pour moi est à venir car vu les amours contrariés entre le Front de Gauche et le PS ça ne va pas être la joie sauf à ce que les gars du PC négocient en sous-main pour garder les dernières mairies qu’ils tiennent encore. Pour sûr que ça va déménager mais du côté de l’UMP il ne faut pas non plus pavoiser car au bout du bout, comme traditionnellement dans des élections partielles, la participation est en chute libre : un peu plus de 41,5 % dans l'Hérault et à peine 36,75 % dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine. À Béziers, alors que sept candidats s'affrontaient au 1er tour contre quinze en juin, le score global de la gauche régresse de 36,79 % à 32,32 %. Mme Roqué du PS, pour sa part, enregistre un léger recul en passant de 29,04 % à 27,73 %. Du côté de la droite le score cumulé du candidat de l'UMP, Aboud, et de la représentante du FN, France Jamet, progresse, lui, de 56,16 % à 65,98 %. Arrivé largement en tête avec 42,61 % des suffrages, Elie Aboud, soutien du roquet de Meaux, récolte les fruits de son implantation locale et d'une campagne de reconquête méticuleusement planifiée dès lors que l'invalidation de l'élection de juin était annoncée. Bref, ce jour, trois députés de droite vont venir siéger au palais Bourbon, pour deux,  Devedjian UMP et Henri Plagnol UDI, c’est une confirmation, seul Aboud UMP va récupérer le siège que lui avait ravi en juin Dolorès Roqué (PS) à la faveur d'une triangulaire. En arithmétique Fipé&Collion c’est un match nul : 1 à 1.


Autre sujet de conversation : les tinettes de Plenel « Toutes les pièces qui sont en notre possession et les témoignages dont nous protégeons les sources sont sur la table ! Ce sont des éléments qui nous permettent d'être catégoriques. Nous sommes affirmatifs sur l'existence de ce compte, sur sa durée, sur sa date de fermeture. Nous avons donné le prénom et l'initiale du nom de son gestionnaire à l'UBS. Nous avons précisé le moment de sa fermeture à Genève à l'occasion d'un voyage de Cahuzac lui-même début 2010 et nous sommes totalement certains de l'authenticité de l'enregistrement. » qui dit l’Edwy avant d’ajouter, tel un ancien combattant ployant sous les médailles, lui le si peu regretté directeur du Monde « Dans l'affaire Greenpeace, sur la foi de mon enquête et de mes sources, j'ai été affirmatif et la suite m'a totalement donné raison. Dans cette affaire Cahuzac, je peux vous dire que nous avons davantage d'éléments, de recoupements d'origines différentes et de sources que je n'en avais dans l'affaire Greenpeace. » C’était le bon temps de Tonton et de Charles Hernu, le fils de gendarme, du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace que les services secrets français avaient torpillé en 1985 en faisant une victime portugaise, faut pas oublier que tout ça le gars Edwy ça l’a rendu célèbre. Mais, pour s’attribuer le gain d’une bataille encore faut-il l’avoir voulue et livrée, alors que dans toutes les fameuses affaires dévoilées par Plenel, elles lui sont toutes tombées toutes rôties dans le bec car ceux qui voulaient les faire sortir au grand jour l’avait choisi. Ce n’est pas innocent et, très franchement, j’ai du mal à discerner le courage de Plenel dans ce qui  ne sont pas des enquêtes mais la collation d’informations livrées par une « gorge profonde » ou des révélations dans lesquelles il est souvent bien difficile de trier le bon grain de l’ivraie.


Alors, en bon flic rompu à l’art de la manipulation et de l’entrisme, je me permets de mettre sur la table l’une des faces obscures de l’affaire Cahuzac : qu'a à voir son divorce dans les révélations du moustachu de Médiapart ? Notre Ministre du Budget, en effet, est actuellement en instance de divorce avec son épouse Patricia, par ailleurs également dermatologue et spécialiste de la chute de cheveux, et son associée dans leur clinique commune. Comme toujours dans ce genre de sport le couple se déchire notamment sur le devenir de l'appartement. Ma bonne vieille formule « le mariage n’est qu’un contrat civil » prend tout son sel et les curetons avec leurs alliés des beaux quartiers devraient le méditer à propos du fameux mariage pour tous. Bref, Mme Cahuzac a fait suivre son mari par des détectives. L'un de ceux-ci aurait rencontré le fameux Rémy Garnier, le Colombo du Sud-Ouest, le genre de contrôleur des Impôts qui se prend pour Zorro, et rédigé des rapports pour le compte de l'avocate de Patricia Cahuzac. Une avocate qui n'est autre que Me Isabelle Copé, sœur du président proclamé – et contesté – de l'UMP. Le monde est petit, ne croyez-vous pas ? Autre information: des détectives privés auraient aussi eu à travailler, dans le cadre de cette séparation, sur plusieurs pistes, et notamment « l'éventualité d'un compte ­ouvert à l'UBS à Genève et le nom de Marc D., un cadre de la banque suisse ayant pu avoir connaissance de circuits ­financiers ­offshore, ­aujourd'hui basé à Singapour. Ces détectives seraient allés à Singapour, et auraient rencontré Rémy Garnier. Vous pouvez juger ainsi des travaux d’Hercule de notre Edwy, alors qu’il se contente de se friser les moustaches en attendant que la chasse d’eau lui ramène les fientes. Attendre et voir, dans ce type d’affaire tous les champs du possible sont ouverts, seul notre Savonarole frustré est sûr de son fait alors qu’il mette sur la table ses fameuses preuves au lieu de nous faire lambiner pour se faire de la publicité. Le mot de la fin je le laisse à Michel Sardou : à la question « Et vous suivez le feuilleton de l’UMP? » il a répondu : « C’est n’importe quoi! Qu’ils fassent deux groupes et qu’ils aillent se faire foutre. Si j’avais été député de gauche, j’en aurais profité pour voter la retraite à 47 ans. Les autres étaient tellement pris dans leurs affaires internes, qu’ils n’auraient rien vu ! »  

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.


Fipé et Collion et leurs affidés jouent la guerre de position, le premier avec son Rump dans l’hémicycle et l’autre dans son bunker rue de Vaugirard. Ils se voient en conclave au Palais Bourbon, se foutant comme de leur première chemise de l’ultimatum de l’agité à talonnettes, insensibles au  désamour de l’opinion. Les troupes sont désemparées et Ayrault peut continuer à patiner dans la choucroute en toute tranquillité. Le veuf joyeux de Haute-Marne a tenté de jouer le monsieur bons offices en pure perte pendant que l’adipeux de Saint-Quentin se frottait les mains. Dans ce joyeux bordel les vieux concepts se refont la cerise : ainsi sont arrivés sur le marché, le foirail plutôt, les « non alignés » de l'UMP, conduits par Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet qui ont demandé mardi qu'une nouvelle élection pour la présidence du parti se tienne dans les trois mois ainsi que la dissolution du groupe R-UMP à l'Assemblée. « Nous refusons le statu quo. Nous ne voulons pas que la situation se fige. Nous demandons du même mouvement un nouveau vote rapide et la dissolution du groupe qui est en train de se créer », a déclaré la sémillante Nathalie Kosciusko-Morizet lors d'une conférence de presse où Bruno Le Maire, toujours aussi chaud qu’un serpent à sonnettes, lui tenait compagnie flanqué du Lou ravi David Douillet et de Jacques Myard dit « le con sanguin». Un sacré attelage dont l’UMP a maintenant le secret de fabrique : je crois même que je vais déposer un brevet. Rien que pour me contredire Le Maire la banquise a pris soudain, chez Bourdin, un coup  de chaud « Je DÉTESTE ce terme : je ne suis pas un non-aligné ! Les non-alignés sont des gens qui n’ont pas de ligne, pour ne pas dire « des gens qui n’ont pas de couilles » ! Pauvres Tito, Nehru, Nasser… and Co pas couillus pour deux sous. Va falloir que tu révises tes classiques Bruno même si ce n’était que pour faire un bon mot. T’es bon en analyse mon grand « On a tenté un exercice démocratique, c'est bien, cet exercice démocratique, malheureusement a été raté. Pourquoi? Parce que nos statuts ne sont pas adaptés à un fonctionnement démocratique ouvert transparent moderne. Donc je crois vraiment que la priorité absolue c'est de redéfinir ces statuts. » mais quand tu patauges avec tes potes dans le marigot mieux vaut enfiler des cuissardes que des idées. Même remarque pour NKM mais là je rengaine sinon je vais me faire accuser de sexisme : elle les porte bien la Nathalie et perchée sur des talons hauts aussi longs que sont courtes les idées de Copé.


Rachida Dati a annoncé sa candidature à la mairie de Paris en 2014 ce qui lui donne une nouvelle occasion de déverser son vomi sur Fillon. Elle a la rage Rachida depuis que le cocker triste a déserté sa circonscription de la Sarthe pour venir sur ses terres parisiennes lui disputer le fauteuil de député. Pendant des mois, sabre au clair, elle a fait le tour des radios et des télévisions, dénonçant l'ambition des puissants désireux de pantoufler et justifier son devoir de résistance. Tout y est passé : les insultes, les insinuations, les pleurs et les grincements de dents, elle a joué sur tous les registres pour contraindre le futur Fipé à renoncer, en pure perte. Le soir du grand succès de son poulain Copé elle s’est déchaînée comme une poissonnière lubrique toute à l'ivresse de la victoire, elle s'est aussi livrée à une déjection fétide sur le cursus honorum électoral de son ennemi qui, à l'en croire, n'aurait rien eu d'honorable : « Si vous regardez sa vie parlementaire, il avait pris le fauteuil de quelqu'un d'autre, qui était décédé, ensuite il est parti au Sénat. C'est la première fois qu'il avance à visage découvert. » Rachida déconne, comme toujours, car assistant parlementaire de Joel Le Theule, figure du gaullisme, plusieurs fois ministre des vingt premières années de la Ve, Fillon a vu celui-ci, à la fin du mois de décembre 1980, être victime d’une crise cardiaque. Il lui a donc succédé suite à son décès imprévu et imprévisible, donc tragique, en 1981, à vingt-sept ans, en pleine vague rose mitterrandienne. François Fillon, considéré par tous, dans la Sarthe, comme l'héritier politique direct de Joel Le Theule, fut amené à reprendre un à un tous ses mandats électoraux. Il n'a pas « pris le fauteuil de quelqu'un d'autre qui était décédé », il s'est inscrit dans une filiation politique légitimée par les électeurs durant trente ans. Carton rouge à Dati, honte sur toi et tu peux déverser ta bile sur Fillion « Les militants, et les Français plus globalement, le voient maintenant tel qu'il est, susceptible et orgueilleux », as-tu déclaré au Parisien avec une nouvelle couche sur France Info : « Ceux qui se disent hommes d'État et supérieurs à d'autres devraient nous montrer l'exemple parfois. » te fais aucune illusion tu ne seras jamais Maire de Paris.



Dans l’affaire Cahuzac ça pu le Plenel à plein nez, trotskyste un jour trotskyste toujours, qui manipule qui, lui-même n’en sait fichtre rien. C’est un frustré pervers l'ex-directeur, imperator de la rédaction du Monde et co-fondateur de Médiapart qui ne s’en cache pas, il en jouit même «  Il y a d'abord une phase d'enquête assez longue, puis la publication d'un grand article pour révéler l'affaire, au moment où l'on a le sentiment que l'on possède un récit qui tient bien la route. Ensuite, on attend une réaction. Celle des mis en cause pourra permettre d'affiner certains points de l'enquête. De potentielles nouvelles sources pourront, elles aussi, se manifester et amener de nouvelles informations. » C’est la méthode du grill à petit feu. Coupable or not coupable le Cahuzac peu importe au Savonarole moustachu ce qui compte pour lui c’est l’éclaboussure, la salissure des puissants qu’il a côtoyé et qu’il exècre. Alors on feuilletonne, on met en scène l'information, on la découpe par épisodes, en gardant de nouveaux éléments sous le coude. Outre le supplice chinois que doit subir la personne mise en cause, ce procédé affaiblit et porte atteinte à la crédibilité du média qui l'emploie. « Considérant que l'affaire, engageant le ministre d'un gouvernement de gauche, peut avoir de graves répercussions sur le cours de la vie publique (...) pourquoi ne pas publier, sans attendre, l'ensemble des documents (...) Compte tenu des enjeux, pour une fois, faites une exception. Une petite exception. Renoncez au feuilletonnage, aux effets de manche pour prétoires télévisuels, au storytelling de l'info 2.0 »: s'il vous plaît, les preuves, c'est maintenant »écrit le chroniqueur Bruno Roger-Petit. Mais ça ne fait pas ciller le Fouquier-Tinville au petit pied « Je considère que je n'ai pas à m'expliquer là-dessus. Médiapart travaille comme il a toujours travaillé, sur l'affaire Bettencourt, l'affaire Karachi... ». Et de conclure: « Le jour où la presse française se penchera sur les informations plutôt que sur les méthodes de ses confrères, elle se portera bien mieux! ». Comme me le fait remarquer un vieux de la vieille de la Grande Maison « lorsqu’il aura une belle casserole attaché à sa petite bite il fera sans doute moins le fier le Plenel… Avec ce genre de gonze faut savoir être patient… »

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