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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 10:32

Ce soir, sur la 2, Yves Calvi, après l'avoir annulé pour cause de coup de chaud dans certaines banlieues, va surfer sur le sujet qui fait de l'audience suite au rapport très médiatisé d'Hervé Chabalier " Alcoolisme : le parler vrai, le parler simple " L'accroche du sujet de l'émission de Y.Calvi est sans équivoque : " Santé contre lobby " Le dieu audimat a ses exigences, sur le ring d'un côté les bons, de l'autre les méchants, choisis au bon vouloir de la production avec le seul souci de cultiver les oppositions. Attendons de voir mais je doute de la volonté d'informer, d'aller au fond des choses, de faire avancer la prise de conscience sur une question grave.

Pour le rapport d'Hervé Chabalier, je suis en train de le lire. Samedi il était mis en avant par son éditeur : Laffont avec un bandeau indiquant  " par l'auteur de " Le dernier pour la route " J'ai voulu me procurer ce livre mais tous les libraires que j'ai consulté étaient tous en rupture : le rapport avait boosté les ventes. Espérons que les droits d'auteur iront aux associations de lutte contre l'alcoolisme.  Plutôt que de réagir à chaud, donner le sentiment de plaider coupable, je vais prendre le temps de lire, d'écouter, de réfléchir, de ne pas entrer dans le jeu de la bulle des médias. Le sujet est trop grave pour qu'on le traite sous forme de pugilat.

Qu'Hervé Chabalier ne se fasse pas d'illusion, en surmédiatisant " son combat " il le dessert, il fige les lignes, bloc contre bloc, mieux que quiconque, puisqu'il est le fondateur et le patron d'une agence qui fabrique des émissions pour la TV, il connait la versatilité des grands médias. Ceux qui aujourd'hui, la main sur le coeur, enfourchent sa cause pourront demain avec la même " sincérité ", si la crise du vin s'amplifie, pleurer sur le sort de ses pauvres vignerons victimes de la mondialisation...

Donc " Avis de tempête ", avant tout gardons notre sang froid, ne nous laissons pas aller à slogan contre slogan, nous vivons en société, on ne fait pas évoluer des groupes sociaux en les stigmatisants, les mots doivent être maniés avec précaution. Lorsque la houle médiatique sera retombée j'essayerai d'aborder le sujet en prenant en compte toutes ses dimensions... 

Je me suis pris les pieds dans mon agenda l'émission a eu lieu hier soir, si l'un d'entre vous l'a enregistré merci de me faire parvenir la cassette...

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 10:35

C'est pour " Visages de vignerons, Figures du vin " de Mathilde Hulot, photos de Patrick Cronenberger chez Fleurus. Un ouvrage original "tronches de vie, leçons de choses " comme l'écrit joliment l'auteur dans son introduction. Achetez-le ! Offrez-le ! Pour les sabots de Noël ou le Nouvel an ou pour faire plaisir à vos amis, et vous aurez en prime notre ami André avec son black béret.

Ce livre, me ravit pour toute une série de raisons :

1- Titrer : Visages de vignerons et placer un directeur de coopérative en première de couverture c'est une belle claque pour les tenants des vins de propriétaires seuls dignes de figurer à leur Panthéon. Le bon vin n'a rien à voir avec le statut juridique de celui qui le fait.

2- Pour le Gers aussi, cher à A.Dubosc, c'est le souvenir pour moi d'une mission passionnante interrompue par un petit dicktat d'une vague conseillère dont tout le monde a oublié le nom.

3- Pour la dernière phrase, page 49, du portrait d'A.Dubosc, où il est dit " lui qui a toujours cru au développement d'un " vin de France " preuve qu'un homme attaché à son terroir, à son pays, peut aussi défendre une vision du vin où l'on conjugue les talents. Assembleur de cépages...

4- Enfin, même si j'aurais élargi l'échantillon, mais je respecte les choix de l'auteur, ces femmes et ces hommes du vin, dans leur diversité, donnent une image plus proche de la réalité de ceux qui font le vin dans notre pays. C'est un premier pas pour sortir de l'imagerie purement élitiste ou faire un sort à ceux qui en sont encore à vilipender les pinardiers...  

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26 novembre 2005 6 26 /11 /novembre /2005 00:00

Chronique déjà mise en ligne le 1er juillet 2005 


Enfant, j'ai accompagné ma tante Valentine, une sainte femme, veuve de guerre, gardienne des heures de la messe, à une conférence de l'association  « la Croix d'Or » où des alcooliques repentis venaient sermonner les habitants de mon village du bocage profond.


Première constatation : l'assistance était exclusivement féminine, sauf ma pomme. En dépit de mon jeune âge, je m'en étonnais puisque j'avais constaté, aussi bien à la sortie de la messe que les jours de foires et marchés, que la population des bistrots du village, par ailleurs forts nombreux, était exclusivement masculine.


Passé ce premier étonnement, je fis un deuxième constat qui marquera durablement mon approche de la vie, la vraie, ces repentis de l'abus, avec leur nouvelle foi du charbonnier, manquaient de crédibilité. Me faire faire la morale par ces nouveaux abstinents, moi qui n’étais qu'un buveur d'eau à peine rougie par la piquette de mon pépé, me laissait froid.

Depuis ce jour, mon allergie pour ceux qui, après avoir fait fausse route, viennent du haut de leur nouvelle chaire me dire « suivez-nous sur notre nouveau chemin », reste intacte avec une mention particulière pour ceux qui allaient passer leurs vacances au-delà du rideau de fer dans les datchas de la nomenklatura...

 

La semaine prochaine j'aborderai le rapport sur l'alcoolisme d'Hervé Chabalier, un ex très médiatique... 

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25 novembre 2005 5 25 /11 /novembre /2005 08:25

Comme l'écrit l'ami Bernard, suis-je un indécrottable optimiste ?

Non, je suis un pessimiste actif, pour moi toute réflexion s'inscrit dans l'action, au jour le jour comme dans le temps long. La patience et la ténacité viennent à bout très souvent de blocages que l'on disait insurmontables. Que voulez-vous, et ce ne sont pas ceux qui ont travaillé avec moi dans le groupe stratégique qui me contrediront, j'aime convaincre, j'aime la discussion, mais une discussion qui mène au choix et choisir c'est agir.

Ne jamais transiger sur l'essentiel mais trouver des compromis sur l'accessoire, trop de conflits, de guerres ou de rapports de force du quotidien ne sont que des malentendus voulus, entretenus, ressassés... Avoir des convictions fortes certes mais ne jamais se contenter de camper dessus. Les idées fortes sont comme les plantes vivaces, elles mettent du temps à s'implanter, à raciner, mais lorsqu'elles ont trouvé leur terreau, elles prospèrent. C'est le cas pour celles émises dans la note stratégique " Cap 2010 " on les trouve aujourd'hui exprimées en des lieux où elles avaient été méprisées, déformées, vilipendées ou mieux encore ignorées... 

Alors, sur mon petit vélo - qui est haut - je vais continuer à penser, c'est mon hygiène de vie, et pour ceux qui veulent agir, je leur donne rendez-vous d'ici le gui l'an neuf pour se retrouver dans un club où il fera bon réfléchir, mais aussi agir pour ne pas céder au pessimisme ravageur qui ne mène qu'à la désespérance. 

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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 08:44

Le poids des mots : blocus, séquestrer les certificats d'agrément, comment à Bordeaux le Conseil d'Administration du Syndicat de Défense des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur en est-il arrivé à utiliser un langage guerrier et à se positionner hors de l'état de droit.

Les syndicats de défense de l'appellation sont le socle de notre système d'AOC : édicter et faire respecter les conditions de production tel est leur objet social, rien de plus rien de moins. S'aventurer sur le terrain économique, même si la situation des viticulteurs est dramatique, et elle l'est, et elle était prévisible, va mettre plus encore en porte-à-faux notre belle construction intellectuelle de l'Appellation d'Origine Contrôlée.

J'ai déjà écrit une chronique traitant de la manipulation des rendements d'AOC pour peser sur le volume de la production (le 24 août) et une autre sur la demande de prix minimum des vins de table et de pays (le 8 septembre) pour ne pas avoir à y revenir ce matin. En France on parle beaucoup de prévention lorsque le torchon brûle, mais quand le torchon brûle il faut éteindre le feu.

Alors soyons clair, lorsqu'il y a trop de vin, quelle que soit sa qualité, il faut soit le stocker en attente d'un retour à meilleure fortune, soit le détruire par la distillation, soit trouver un équilibre entre baisse du prix et l'augmentation des volumes vendus pour appuyer une stratégie de reconquête des parts de marché perdues, soit les trois à la fois. Mais soyons clair, c'est autour d'une table que ça peut se discuter, pas par des communiqués ou des appels à la solidarité des autres régions.

Négocier, négocier encore, négocier toujours, encore faudrait-il, en période où les tous les clignotants sont au vert, en profiter pour constuire le cadre de cette négociation, pour anticiper l'évolution des marchés, pour élaborer une stratégie France, pour dépasser les courtes vues égoïstes, pour tout bêtement se comporter en responsable...    

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23 novembre 2005 3 23 /11 /novembre /2005 09:21

La France est un grand pays de colloques; le colloque expose sur une estrade surélevée une brochette d'éminents spécialistes, en priorité des chercheurs, quelques professeurs, au moins un ou deux présidents de quelquechose, en règle générale des gens qui ont beaucoup écrit sur le thème choisi. Lorsqu'il s'agit de débattre de la méthode réflexive selon Spinoza ou de " Dieu joue-t-il aux dés ? " de Ian Stewart, je trouve l'exercice plaisant, de plus la contreverse fait rage, c'est roboratif et l'on ne pionce pas après le déjeuner.

En revanche, dans notre sphère d'activité, le colloque s'apparente très souvent à une grand-messe solennelle, entre soi, on se conforte, on se rassure, alors qu'au dehors les païens adorateurs de veaux d'or et d'idoles en paillettes dans leurs 4x4 aux chrômes étincelants vont acheter leur bouftance au hard discount avant de partir sur Easy Jet se dorer au soleil pour la fin d'année...

" Ethique ou profit ? Le terroir se met à table " organisé par la Sopexa, Terroirs&Cultures, l'Université Paris-Sorbonne dans le cadre de l'Université Saveurs&Savoirs du 28 novembre au 1er décembre de 18h30 à 20h, trois questions et une volonté :

- les produits de terroir : effet de mode ou piste de développement économique ?

- produits de terroir et produits de masse : quelle coexistence dans la bataille du marché mondial ?

-terroir et marketing : le terroir est-il (seulement) un argument de vente ?

- redonner du sens auxterroirs : un enjeu économique et cuturel.

Pour les 19 conférenciers : seulement deux ne sont pas français; en dehors d'André Valadier l'homme du fromage Laguiole pas d'homme produit ; 10 chercheurs ou professeurs; que des gens éminents mais permettez-moi seulement de me demander quel est le rayonnement et l'impact de ce colloque auprès des consommateurs, tant dans notre beau pays qu'à l'étranger ( je rappelle que la Sopexa a pour objet social l'expansion de nos produits à l'exportation...)

Bon colloque à la Sorbonne ! 

  

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22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 09:41

C'était sur Planète, la chaîne thématique, deux émissions avec Pierre-Gilles de Gennes un de nos Nobel. L'homme est séduisant, plein d'humour et de vitalité mais l'on sent l'intervieweur gèné - il n'apparait pas à l'écran - la cause, on le sent si je puis m'exprimer ainsi, c'est que le cher grand homme de science tire consciencieusement sur un petit cigarillo qui n'a de cesse de s'éteindre.

 

Au bout d'une dizaine de minutes l'intervieweur n'y tient plus, il se lance sur le thème " ce n'est pas politiquement correct de s'afficher cigarillo au bec " Notre Nobel s'y attendait et sa réponse, elle aussi politiquement incorrecte, est à méditer par ceux qui veillent avec le soin des comptables sur notre santé.

 

Pierre-Gilles de Gennes raconte que, jeune chercheur, dans le laboratoire où il se trouve, un de ses patrons parti à la retraite, travaillait pour la Défense Nationale et, un jour, une femme de ménage se présente en tenant dans ses bras un obus amorcé qu'elle a découvert dans le fond d'un placard. La réaction des présents est intéressante. La quasi-totalité prend la poudre d'escampette. Reste de Gennes, la femme de ménage et un ou deux collègues qui assument le risque que l'engin leur pète à la gueule.

 

Assumer le risque, ne veut pas dire faire n'importe quoi, en l'occurence se soumettre à la tabagie ou pour nous à l'ivrognerie, mais faire des choix de vie, de sa vie et, n'en déplaise aux grands professeurs ou à ceux qui se sont autoproclamés défenseurs de notre santé, celle-ci ne leur appartient pas et qu'une politique de Santé Publique fondée sur des analyses tronquées ou des actions de pure communication ne peut qu'être inefficace. S'attaquer aux causes profondes, protéger les populations à risque, ne pas instrumentaliser les produits mais voir le monde tel qu'il est permettrait sans doute de progresser sans pour autant mettre au ban de la société des hommes et des femmes qui, même si le mot est désuet, par leur labeur font que notre pays tient encore vivant son territoire. 

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21 novembre 2005 1 21 /11 /novembre /2005 08:56

La remise en ligne samedi d'une de mes chroniques : " Mobylette " a déclenché un match classique entre le Languedoc et Bordeaux sur la responsabilité de la crise et surtout sur qui va en supporter les conséquences.

Je ne reviendrai pas sur l'analyse, le rapport que j'ai commis en 2001 reste d'actualité, en revanche ce matin je souhaite couper les pattes à un sale petit canard que certains esprits mal intentionnés ont lâché dans le débat qui a fait suite à la note d'orientation " Cap 2010 ".

La proposition de créer un vin des cépages de France, assemblage issu de cépages produits et agréés, partait du constat que pour reconquérir les parts de marché perdues à l'export il fallait associer trois identifiants forts : France, cépages, marque...

Alors disons le tout net, si " les faiseurs de miracles " ou " les vendeurs de discours " veulent s'engoufrer dans l'élaboration de ce nouveau produit pour faire de la bistrouille, recycler des excédents ou des vins d'AOC déclassés, mieux vaut fermer la boutique tout de suite et faire un autre job.

Pour ceux qui ont pris la peine de lire "Cap 2010 " je rappelle qu'une de ses propositions centrales, en plus du partenariat et de la gestion par bassin était : l'affectation des hectares. Si nous voulons préserver notre potentiel de production il faut être en capacité d'élaborer à partir de nos raisins tous les produits qu'attend le marché. Pour ce faire il faut gérer dans la transparence et l'efficacité économique la mixité de notre vignoble...

Qu'on ne vienne pas me dire, qu'au début du XXI ième siècle, à la condition de simplifier et de clarifier les strucutures administratives publiques mais aussi professionnelles, que ce chantier ne peut être ouvert...

bistrouille : dans le langage populaire parisien du début du XXième c'est du mauvais vin trafiqué...   

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19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 09:15

Cette chronique a été mise en ligne le 7 juin 2005

" Ma mob bleue ciel, son siège biplace, son son de meule... rassurez-vous je ne vais pas ce matin vous tartiner un petit morceau de mes souvenirs d'adolescent mais utiliser cet engin mythique des années 60 pour m'interroger sur notre volonté d'assumer notre statut de pays leader mondial des vins.

Tout d'abord est-il bien raisonnable d'en arriver à "brûler" plus d'un million d'hl d'AOC pour produire de l'alcool de carburation pour les mobylettes de Brasilia ou de Pékin ? Ceux qui ont combattu le projet d'assemblage des cépages de France préfèrent sans doute détruire une matière première coûteuse, l'avilir, plutôt que d'envisager d'en faire le support d'un vin adapté, support d'une marque, fer de lance de la reconquête des consommateurs...

Ensuite, ceux qui appellent aujourd'hui de leurs voeux l'émergence de groupes en capacité d'exporter des volumes importants doivent comprendre que seule la gestion de grands bassins de production assortie d'une politique contractuelle pour générer une ressource stable est le socle d'investissements à moyen terme : le pilotage par l'aval ne peut se concevoir dans un amaont nébuleux qui fait du vin et attend l'acheteur. Pour les produits de consommation de masse en rester à l'imagerie du vigneron à mobylette conduit une grande part de notre vignoble à l'arrachage...

C'est un choix, encore faudrait-il avoir le courage d'en poser clairement les termes. 

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18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 11:03

Nos voisins belges sont de grands amateurs de vin, de vins français tout particulièrement. Alors ce matin pour leur donner un petit coup de chapeau j'ai détourné une histoire belge qui se promène sur l'internet en la cuisinant en sauce avec du vin français.

" Nos parts de marchés à l'exportation ont encore chutée cette année... Déclaration officielle du porte-parole de la French Wine Industry : " y'en a marre de ces pirates qui téléchargent du vin français sur l'Internet ! Nous allons contre-attaquer devant les tribunaux... "

Comme le disait la marionnette deMichel Denisot aux Guignols de l'Info sur Canal + :  Désolé !  

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