Dans sa préface du livre de Florent Quellier « Gourmandise histoire d’un péché capital » chez Armand Colin Philippe Delerm écrit « Quand j’étais encore professeur, j’aimais beaucoup étudier avec mes élèves de 6ième un poème intitulé le baba et les gâteaux secs, dont j’ai appris seulement le jour de ma retraite qu’il était tiré des Fables de Franc Nohain. Ce texte opposait l’hébétude satisfaite du baba, trempant sans vergogne dans sa flaque de rhum sucré, pendant que les gâteaux secs, pinçant la bouche, disaient tout le mal qu’il fallait penser de cet ivrogne. L’auteur faisait s’exprimer à tour de rôle les deux gâteaux antagonistes, et c’était très amusant de faire jouer cette petite scène, métaphorique de la gourmandise mais aussi de la vie. Plus encore que la récitation de la fable, le bon moment consistait dans la discussion qui suivait l’explication du texte. Difficile d’affirmer qu’il faut être complètement baba ou complètement gâteau sec. Mais j’ai toujours en tête l’enthousiasme d’un Nicolas légèrement enrobé qui coupa court à l’échange philosophique pour s’exclamer : « Moi, m’sieur, j’suis au moins à soixante-quinze pour cent baba ! » Je respecte son sens des proportions. »
Et vous quel est votre pourcentage ?
Le baba et les gâteaux secs
Ce qui caractérise le baba,
C'est l'intempérance notoire.
A-t-il dans l'estomac
Une éponge ? On le pourrait croire,
Avec laquelle on lui voit boire,
— En quelle étrange quantité —
Soit du kirsch, de la Forêt-Noire
Soit du rhum, de première qualité.
Oui, le baba se saoule sans vergogne
Au milieu d'une assiette humide s'étalant,
Tandis que près de lui, dans leur boîte en fer-blanc
De honte et de dégoût tout confus et tremblants,
Les gâteaux secs regardent cet ivrogne.
« Voyez, dit l'un des gâteaux secs, un ancien — à ce point ancien qu'il est même un peu rance —
Voyez combien l'intempérance nous doit inspirer de mépris
Et voyez-en aussi les déplorables fruits :
Victime de son inconduite,
Sachez que le baba se mange tout de suite.
Pour nous qui menons au contraire
une vie réglée, austère
on nous laisse parfois des mois. »
Cependant, une croquignole,
jeune et frivole, et un peu folle,
Une croquignole songe à part soi :
— On le mange, mais lui, en attendant, il boit.
Je connais plus d'un gâteau sec
Dont c'est au fond l'ambition secrète
Et qui souhaite d'être baba.
« Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny – mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète[1]. Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Son père était agent-voyer.
Au lycée Janson-de-Sailly, il fonde avec André Gide et Pierre Louÿs Potache revue.
Il publie ses poèmes dans la revue Le Chat noir. Il se qualifie de « poète amorphe ». Il a écrit de nombreux livrets d’opérettes pour le compositeur Claude Terrasse et, notamment, celui de L’heure espagnole de Maurice Ravel. Il fonde Le Canard sauvage et devient le rédacteur en chef de L’Écho de Paris.
Il a eu deux fils : Jean Nohain (dit Jaboune), dont le parrain était Alfred Jarry, et le comédien Claude Dauphin. » source Wikipédia


Je m’extasie.
Encore un film culte avec un Peter Sellers de gala incarnant un éléphant lâché dans un magasin de porcelaine. Il est Hrundi V.Bakshi acteur indien maladroit qui, après avoir saccagé le tournage d'un film, se voit invité par erreur par son producteur qui croyait l'inscrire sur une liste noire. Dès son premier pas Hrundi V.Bakshi enchaîne les maladresses, les incongruités ou le manque de chance avec une constance remarquable et sans aucun effort apparent. Une fois parti, il devient incontrôlable. Et son comportement est aussi désarmant que son sourire béat.
Depuis que je chronique sur cet espace de liberté j’ai appris à mieux connaître la belgitude au travers de mes lecteurs belges et, bien sûr, du plus français des belges flamands : mon commentateur phare, culotté ou déculotté, j’ai nommé Luc Charlier. « En France rire des belges est un sport national qui rend paraît-il, plus intelligent celui qui le pratique. En droit héritier des Lumières et de ses belles colonies, l’élégant Français, chantre de toutes les libertés, du bon goût et de la bonne bouffe, aime en effet se gausser d’un voisin qui aime la bière, les moules et les frites, et dont l’accent, « alléie, alléie, c’est pas ben grave une foué », es à lui tout seul une invitation au rire et à la galéjade. »