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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 10:00

Dans les bars branchés on voit ça tous les soirs : l’abomination de la désolation, le sommet de l’horreur pour grand amateur certifié par Ecocert, le déferlement d’une horde bruyante de glaçons dans le verre de sa boisson vénérée, le vin.


Bon quand c’est du rosé le péché est véniel.

 

Je plaisante bien sûr, mais boire un vin à bonne température, ni chaud bouillant comme un supporter de l'OM, ni glacé comme une volleyeuse de Cannes (voir plus bas), fait partie de la nomenclature agréée par le syndicat des sommeliers.


Y’a pas de quoi en faire un plat, un seau à glaces et le tour est joué. Sauf qu’il ne faut pas être pressé et comme les petites louves et les petits loups ont souvent le feu au cul la solution c’est ICEBAR rafraîchisseur pour bouteille ou pour verre.


Je ne sais pas ce que ça vaut, je n’ai pas essayé, et je ne sais encore moins si les grands maîtres du nectar ne vont pas pousser des cris d’orfraies, parler de nouveau sacrilège.


De quoi s’agit-il ?


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D’un moule à glaçons qui permet de réaliser des bâtonnets qu’il faut insérer ensuite dans un tube en acier inoxydable.


Ce tube on le plonge dans la bouteille de vin ou le verre. Voir les crobars.


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Bloqué au niveau du goulot par son bouchon en silicone, le rafraichisseur ne perd pas pied dans la bouteille.


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J’attends votre verdict.


Ça coûte 28 €


Peut-être une idée de cadeau ?


Moi ce que j’en dis c’est pour chroniquer. Je ne touche aucune royalties sur les ventes.


Bonne dégustation !


Quand j’entends ça  : je bois !


Pour les lecteurs qui aiment le volley-ball et les calendriers (pas ceux de la Poste, des éboueurs et des pompiers) un petit cadeau avant la Noël.

 

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 00:09

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Pour plaire aux marchés : Externaliser qu’ils disent dans les entreprises !


Externaliser c’est  le transfert de tout ou partie d'une fonction d'une organisation (entreprise ou administration) vers un partenaire extérieur. Elle consiste très souvent en la sous-traitance d’activités jugées non essentielles et non stratégiques : pour une entreprise, il s'agit de celles qui sont les moins productrices de revenus.

 

Pas de personnel sur le dos toute l'année, rien qu'une prestation à payer à un sous-traitant. C'est tout bénef pour les 2 co-contractants...


En traduction libre : chroniquer ou critiquer les vins n’est pas pour la presse parisienne une activité jugée essentielle et stratégique, sauf en période de fêtes ou de foires au vin où ça fait rentrer le blé de la publicité dans les caisses qui sonnent le creux.


Je ne vais pas dresser la liste des organes de presse qui sous-traitent leur supplément vins mais simplement noter que les sous-traitants sont au nombre de 2 : B&D et la RVF ce qui restreint la concurrence et nuit quelque peu à la diversité.


Seul le POINT et son Jacques Dupont échappe à ce mouvement.


Comme je suis un abonné  électronique du Monde.fr j’ai décidé de vous faire profiter de l’infographie présentée sur 2 des 34 pages dont 13 de publicité : 12 pour des marques de champagne et 1 pour la collective Bourgogne. Comme de bien entendu le supplément est titré : Champagne !


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«La dynamique des bulles » par Baudouin (source CIVC, Union des Maisons de Champagne, Marques, infographie le Monde)


Je note que Laure Gasparotto « transférée » du Point au Monde signe un article « Belles de Champagne » dans le supplément et Marc Roche correspondant du Monde à Londres un article « dans les secrets des caves de Buckingham ».


Cerise sur le gâteau, même si je risque de me faire enguirlander par la patrouille du copyright, je vous offre aussi l’édito signé par Antoine Gerbelle, l’homme qui parle dans l’oreille des chevaux et twitte plus vite que Jean-Michel Apathie et Bruno Roger-Petit réunis.


« Le champagne, vin de fête par excellence. Léger et évanescent comme les arômes d'une fleur de printemps. Où les bulles, rondes et éclatantes, défient les lois de la pesanteur, comme pour mieux s'extraire de leur condition de vin. L'attirance pour le champagne se situe-t-elle ici ? Entre ces éphémères états, liquide et gazeux ? Une chose est sûre : le champagne semble être le meilleur moyen d'échapper au quotidien et d'entrer dans la fête.


Son succès ne se dément pas. Toujours haut dans les ventes, toujours fort dans son rayonnement commercial international et toujours cher, le champagne vit sur un nuage de prospérité. Si les bouteilles voyagent plus loin, transportant avec elles quelques parcelles de l'image de la France, près d'une sur deux est encore achetée dans l'Hexagone. La consommation des 83 millions de touristes annuels de passage dans notre pays y contribue largement, tout comme les excursions dans la Marne des frontaliers allemands, belges et italiens, grands amateurs d'effervescents.


Face à ce destin cosmopolite, les vignerons champenois, ou leurs responsables des ventes, voyagent toujours plus afin de présenter leurs meilleures cuvées. Vous pourrez le découvrir à travers un reportage qui ouvre ce numéro spécial : certaines marques sont pilotées par des femmes, qui n'hésitent pas à mettre en avant leur image en guise de publicité, devenant le reflet de l'élégance à la française que véhicule le champagne.


Ce vignoble est également une filière à multiples facettes, comme le montre notre supplément. Avec de colossaux investissements dans la distribution, la publicité et le marketing, sans oublier le financement de performants outils de production, une dizaine de groupes champenois tiennent des positions mondiales dominantes. Ainsi, le groupe LVMH règne-t-il sur le marché avec ses marques Moët et Chandon (32 millions de bouteilles en estimation annuelle) et Veuve Clicquot (16 millions de bouteilles par an), les deux premiers champagnes les plus vendus et les mieux valorisés du monde. A l'exportation, la tendance est de pousser les cuvées spéciales, dont la marge bénéficiaire est bien supérieure. A l'aune de l'extraordinaire succès du Dom Pérignon.


Le consommateur, lui, retiendra une bonne nouvelle : le champagne n'a jamais été aussi facile à boire. Jamais les bruts de grande diffusion n'ont été aussi fruités et francs. C'est-à-dire destinés à la dégustation en apéritif très frais. A côté de ces marques prestigieuses, une autre génération de champagnes fleurit, que nous mettons également en avant dans notre sélection. Ce sont des bouteilles de vignerons ou de maisons qui misent sur la singularité.


Au final, tous les champagnes se rejoignent sur un point : dans leur saveur brille le sel d'un terroir continental et crayeux mis en scène par des bulles qui n'en finissent pas de nous faire rêver. »


Même si le focus champagne fait très appât à annonceurs bien dotés je concède que l’ensemble du cahier est de bonne qualité. L’interview d’Anselme Selosse par le duo Gerbelle-Beaudouin par exemple.


De la page 18 à la page 34 les experts de la RVF nous délivrent les notes et les commentaires sur leur sélection de vins qu’ils ont en magasin. Comme aimait à me le dire ce cher JP Lubot de Marie-Claire au temps où il ne cultivait pas ses ressentiments à l’égard de ma petite personne « c’est la richesse de la RVF… »


Je m’en tiens aux bulles pour rester dans la note du couple Le Monde&RVF, des chouchous à moi 


Eloge de la diversité


« Anselme Selosse le dit sans ambages : « Etre amoureux du terroir, c'est se laisser la possibilité d'avoir accès à de nouveaux paysages aromatiques. » Pour le vigneron, c'est une évidence. Pour l'amateur, cela se traduit par une recherche perpétuelle de diversité. Le vin est un objet de curiosité infinie. Aucun cru ne ressemble à celui du voisin. Aucune parcelle ne délivre la même cuvée que celle d'à côté.


A la complexité géographique s'ajoutent les affres du temps. D'un millésime à l'autre tout change. Une mauvaise pluie à la veille des vendanges ou à la floraison de la vigne, un été caniculaire ou trop gris, et les raisins libèrent de leur mémoire végétale les stigmates de ce temps changeant sous forme de larmes à la vendange d'automne. De ces larmes, les vignerons peuvent tirer mille variations de vins, comme un éloge de la diversité. Des millions de cuvées, dont nous présentons ici quelques-unes parmi les plus belles, issues des plus beaux crus de France. »


Sélection réalisée par Guillaume Baroin, Pierre Citerne, Antoine Gerbelle, Alexis Goujard, Philippe Maurange, Roberto Pétronio, Olivier Poels, Jean-Emmanuel Simond

 © Le Monde

 

En supplément dy supplément je vous offre un lien avec les producteurs.


Agrapart et fils   18/20 link


Brut nature grand cru Vénus 2007


Dans cette famille de vignerons implantée depuis le XIXe siècle à Avize, c'est aujourd'hui Pascal Agrapart qui prend le relais. Cette très belle cuvée libère de très longues saveurs mi-crémeuses, mi-minérales. Comme il est encore jeune, il ne faut pas hésiter à délaisser ce vin en cave quelques années. 86 €


Françoise Bedel et fils   17/20 link


Extra-brut L'Âme de la Terre 2002


Dans un millésime d'anthologie, un assemblage (42 % de pinot noir, 36 % de chardonnay) qui révèle le potentiel de l'est de la vallée de la Marne. Cela produit un champagne expressif, plein, généreux, crayeux, totalement dédié à l'expression loyale de son terroir. A boire sans urgence. 50 €


Francis Boulard et fille   16,5/20 link

Brut nature Les Rachais 2006


Le plus célèbre lieu-dit de ce vigneron de référence est un chardonnay de quarante-cinq ans, issu de sélection massale, vinifié en barrique. A la fois dense et frais, offrant une grande présence en bouche, ce 2006 en offre une version sapide et charnue. Une bouteille idéalement destinée à la table et aux nobles crustacés.


Mailly grand cru   16,5/20 link

Brut grand cru Les Echansons 2002


La prestigieuse cave coopérative de Mailly s'est fait une spécialité des sélections parcellaires, du niveau des grandes cuvées de maison. Les Echansons 2002 se composent de 75 % pinot noir et 25 % chardonnay. Dans son style habituel, cette cuvée sort une version veloutée, patinée, beurrée du grand millésime 2002 qui nous a habitués à plus d'énergie. 82€

 

Mailly grand cru 16/20


Brut grand cru Intemporelle 2007


Le chardonnay entrant à 40 % dans ce champagne apporte du tranchant et de la garde à cet assemblage original et pur Mailly. La version rosée est plus en rondeur, crayeuse, de bonne garde également. 59€

 

Domaine Hautes Terres  17/20 Limoux link

2011


Gilles Azam est un vigneron " bio " convaincu. Le blanc sec 2011 nous a bluffés. Un jus éclatant, tendu et tranchant, d'une limpidité cristalline, qui sort du lot par son énergie et sa précision. 12 €

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:48

 

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Ce matin m’éveillant comme toujours au son de France Inter j’ai entendu les paroles mesurées et non moralisantes de Patrick Chesnais sur l’alcool au volant. Celui-ci est engagé de longue date sur le sujet. En 2006, l’acteur a perdu son fils Ferdinand dans un accident de la route lié à l'alcool. Il a créé en 2007 l'association Ferdinand, pour laquelle il a depuis réalisé huit courts métrages sur les dangers de l'alcool au volant, essentiellement adressés aux jeunes.


A la demande de Patrick Chesnais. Guillaume Canet s'est lancé bénévolement dans le projet d’un nouveau  court-métrage intitulé «Ivresse» en collaboration avec l'association Ferdinand de Patrick Chesnais et la Fondation Vinci Autoroutes. « C'est un peu plus qu'un film sur la sécurité routière. L'idée, c'est d'essayer de faire réagir les jeunes, mais sans être moralisateur, ni vieillot » a souligné celui-ci. Il est présenté aujourd’hui mercredi.


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Guillaume Canet, lors du tournage du court-métrage "Ivresse", aux côtés de Patrick Chesnais. © DR dans le POINT

 

Le clip, de moins de deux minutes, raconte l'histoire d'un jeune couple, de sa rencontre jusqu'à un accident de la route après une soirée alcoolisée intitulé sera diffusé du 11 au 18 décembre au cinéma et sur plusieurs chaînes de télévision.


La dépêche AFP de  Frédéric Frangeul  du 10 décembre 2013 précise :


« Le clip, qui se veut très percutant, ne comporte cependant aucune image d’accident. « On peut être ivres de plein de choses dans la vie », explique Guillaume Canet, qui s'est basé sur « un scénario déjà pratiquement écrit »  mais qu'il a « un peu retravaillé ». « Pour sensibiliser les gens, surtout les jeunes, il faut d’abord pouvoir les surprendre, quitte pourquoi pas, à les choquer », a confié le réalisateur au Parisien. Et, cette fois, selon les premiers échos, l’émotion ne provient pas de la violence des images mais de l’intensité dramatique du clip.   


L’alcool impliqué dans un accident mortel sur trois. Parallèlement à sa diffusion en salles et à la télévision, le court métrage sera diffusé sur le site www.roulons-autrement.com , créé par la Fondation Vinci Autoroutes. Cette plateforme rassemble des vidéos sur la sécurité routière collectées à travers le monde entier. Avec cet objectif : alerter sur les jeunes sur les risques liés à l’alcool au volant. Car, en France, l'alcool est responsable d'un accident mortel sur trois sur les routes. Les 18-24 ans, qui représentent 9 % de la population française, comptent pour 26 % parmi les morts dus à l'alcool, selon la Sécurité routière.

 

Lire l'article très complet du POINT d'Antoine Grenapin link


Déjà, dans Les Petits mouchoirs. En 2010, Guillaume Canet avait débuté son film les Petits Mouchoirs par une scène choc digne de la prévention routière. Dans un long plan séquence, on suivait le personnage joué par Jean Dujardin, très alcoolisé, quitter une boîte de nuit parisienne au guidon d’un scooter avant une violente collision avec un camion. »

 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 00:09

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« Une autre route » nous assène-t-on du côté de chez Pousson, seul porte-paroles autorisé de coopérative paysanne d’Embres&Castelmaure mais moi je sais que pour se rendre dans ce pays perdu il n’y en a qu’une route et même que y’a pas la place pour mettre en place une biroute dans le style plan routier breton du grand Charles.


Même si je sais que les hautes autorités de la coopé ont la tête près du bonnet (plutôt blanc pour le grand président PHDM) je suis en droit de m’interroger face à cette indéfinition : est-ce que la route indiquée c’est une parmi d’autres ou est-ce celle d’un alter-vin ?


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Certes notre Pousson dans son style incomparable paysan -rural tente de nous orienter. Je le cite « Oui, la route continue, UNE AUTRE ROUTE continue. Apparemment, l’idée d’un vin « de luxe » sans bois vous a enchanté : ça fait d’ailleurs longtemps qu’il ne nous reste plus une bouteille du millésime 2010 d’Au village sans prétention. »


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Y sont sortis du bois les gars, tout comme il y eu autrefois la route de la soie, celle du fer qui ne devait pas être coupées maintenant il y a celle du bois qui elle doit être barrée par les croisés de la divine coopé des Corbières.


Notre chantre continue son homélie missionnaire (aucune allusion à la position) « Voici le 2011, pardon, les  2011 ! Car nous vous l’avions promis (NDLR à E&C les promesses sont toujours tenues), cette cuvée n’était que le premier virage d’une autre route,  de cette autre façon de concevoir le vin du Sud. »


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Là, je crie halte au feu « Sortons de l’indéfinition hollandaise », avec les virages à répétition nous risquons de zigzaguer et de verser dans le fossé.

 

Bien sûr le chanoine Pousson se veut rassurant, il nous brosse dans le sens du bois, nous fait le coup du cran au-dessus, de la sélection au terroir. C’est du marketing pataugas pur jus. Comme c’est la mode de nos jours le père Pousson du haut de sa chaire nous énumère la litanie des cépages « Du carignan, parce qu’on est dans les Corbières, du grenache d’altitude et un tour de poivre de syrah… » Au nom de la tradition, contre l’impérialisme des vins de cépages, je revendique le droit de boire du Corbières et non une addition de cépages.

 

Je m’enflamme mais je dois à la vérité de noter qu’à E&C ils savent prendre les bons wagons même si la SNCF n’a pas cru bon de doter ce haut-lieu d’une gare comme celle de Latour-de-Carol. « En cave, la recette reste toujours la même : en faire le moins possible ! Les jus sont embouteillés dans leur prime jeunesse, au sortir de la cuve, puis élevés sur lattes. Résultat, du fruit, énormément de fruits et une incroyable disgestibilité. Des espèces de « grands vins de soif »… »


Je note avec regret l’emploi de « vin de luxe » et « grands vins de soif » : la coopé ne serait-elle pas en train de se saint et millionisée ?


Mais ce n’est pas tout mes biens chers frères, étant destinataire du routage client de la coopé que vois-je inscrit en toutes lettres sur la page 2 « Et puis il y a les classiques, les incontournables… »


Qu’est-ce à dire ?


Qu’Embres&Castelmaure soit incontournable c’est indubitable puisqu’il n’existe pas de rocade mais que sont donc ces classiques ?


Des Corbières Rouge élevage traditionnel : la Pompadour 2011, La Grande Cuvée 2011, le N°3 de Castelmaure 2011…


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La route du bois n’est donc pas totalement coupée. La nurserie de la coopé dorlote toujours de beaux bébés dans des berceaux issus de nos belles forêts françaises.


Attention ne voyez pas dans ma remarque une quelconque critique : tous les goûts sont dans la nature et ce n’est pas moi qui vais vous dire comme élever le vin.


Mon propos matinal s’adresse essentiellement au grand maître de l’orientation le sieur Pousson : alors questions :


-          « On the road again?... » ça se traduit comment en français, en català, en deutsch, en occitan ?


-          Quelle est la marque de la camionnette qui roule encore sans contrôle technique ?


-          Quel est le numéro du chemin vicinal reliant Embres&Castelmaure au reste du monde ?


-           J’adore Charly Mingus mais… à part ça où sont passés les vins ?


-          A quand « l’autre route » à sens unique ?


Je m’en tiens là avec cette chronique à ne pas piquer des vers – ne pas confondre avec piquer des verres au Grand Tasting de B&D – sinon je vais finir dans le goudron et les plumes lors de mon passage dans la cité des Hautes Corbières.



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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:00

Le titre du Parisien de samedi dernier m’a accroché « Du plaisir jusqu’au bout » et la suite aussi : « Du vin et son plat préféré à la place de la perf. C’est l’ordonnance des médecins pour adoucir la fin de vie et le thème d’un colloque qui se tient aujourd’hui. Une révolution. »


Comme le note l’auteur de l’article « Ce sont des mots qui ne sont presque jamais accolés : « fin de vie » et « plaisir ». Si on y ajoute « vin et nourriture», le télescopage est tout simplement inédit. C’est en tout cas le thème d’un colloque international qui s’est tenu samedi dernier à Beaune, en Bourgogne. Des neurologues, sociologues, gériatres, infirmiers, directeurs de maison de retraite, psychologues, chefs cuisiniers et même le philosophe Emmanuel Hirsch, directeur de l’espace éthique de l’Assistance publique, se sont réunis autour de cette question majeure et si peu souvent posée : les douceurs, les liqueurs, fumets et civets ne sont-ils pas au moins aussi essentiels que les médicaments quand on est gravement malade ou extrêmement âgé? »


L’âme de cette réflexion est Catherine Le Grand-Sébille, socioanthropologue qui travaille depuis longtemps sur la mort et la fin de vie. Elle est allée pendant dix-huit mois au-devant des patients, malades, résidants, de leurs familles et des soignants. Elle a mené 200 entretiens, dans une trentaine de services du Nord-Pas-de-Calais à la Corse et a acquis la certitude d’assister à une révolution discrète mais bien réelle, même si elle dépend encore beaucoup des régions et, surtout, des services où l’on est soigné : « Le respect des goûts et des petits plaisirs propres à chacun prend de plus en plus le pas sur le pilulier. »


Le Parisien rapporte qu’elle a « vu des familles se faire sermonner pour avoir apporté des plaquettes de chocolat en douce à un vieux diabétique ou une mourante se voir refuser un petit flan gélifié de peur qu’elle fasse une fausse route… Mais aussi des familles apporter bouteilles, couscous ou bœuf en daube dans les chambres aseptisées, les partager avec les patients des chambres voisines et des grands malades reprendre des couleurs au sein de cette scène sacrilège en milieu médicalisé. Dans les régions du Sud, la Provence ou l’Aquitaine, qui se vivent comme plus épicuriennes, ça va davantage de soi » ajoute-t-elle.


Catherine Le Grand-Sébille explique que « C’est vraiment une question de philosophie de soin. Les unités de soins palliatifs — qui accueillent les grands malades en fin de vie, souvent après l’arrêt des traitements — sont très en avance. Les médecins y font un travail d’une grande délicatesse, notamment pour soulager les douleurs ou les lésions de la bouche qui sont fréquentes et empêchent de savourer ce qu’on aime. »


Elle souligne que « dans ces unités-là, au joyeux mépris des interdits et des normes, on voit des patients qui n’avalaient plus rien se ruer avec une belle vitalité sur des huîtres, des fromages au lait cru, des alcools forts, leur vin préféré, haut-médoc pour l’un, du brouilly pour l’autre.

 

Pour conclure je reviens vers le chroniqueur de la belle province Claude Langlois du Journal de Montréal cité en  exergue de ma chronique de ce matin qui constatait qu’ « Arrive un moment dans la vie où, si tu veux boire les bouteilles que tu as achetées, il ne faut plus miser sur des vins de garde. »


Mais « Cela dit, j’avoue que la lecture récente d’une entrevue avec la socio-anthropologue Catherine Le Grand-Sébille, dans le magazine Vin & Société, m’amène à assouplir ma position.


Et je suis d’accord, finalement, pour remiser en cave quelques grandes bouteilles qui seront à leur mieux quand moi je serai peut-être au pire. »

 

Vin&Société a donc rencontré Catherine Le Grand-Sébille : lire son interview ICI link 

 

Lire aussi l’excellente chronique de François Desperriers ICI link


Le rôle de la région Bourgogne dans cette étude.


« Plusieurs familles ont accepté de participer à l’étude en évoquant la fin de vie de parents à l’hôpital ou en maison de retraite dont la vie entière était axée sur la fabrication ou le négoce du vin. L’évocation de leurs activités professionnelles avec les soignants semblait toute naturelle et fréquente. A Beaune, au cours de cette enquête, j’ai aussi rencontré une équipe mobile de soins palliatifs très motivée. Le Docteur Fabrice Prudhon qui en est le responsable médical, m’a très vite proposé d’organiser le colloque national en terre beaunoise, persuadé – et il avait tout à fait raison – que ce magnifique terroir saurait se montrer sensible à ces questions qui sont certes graves,  mais si essentielles dans ce qui unit les hommes entre eux et ce qui les relie au monde. » 


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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 00:09

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« Arrive un moment dans la vie où, si tu veux boire les bouteilles que tu as achetées, il ne faut plus miser sur des vins de garde.


De longue garde, je veux dire. Je parle pour moi, évidemment, qui viens de recevoir ses premiers chèques de pension de vieillesse.


Je vise tout au plus, maintenant, des vins qui ont un potentiel de vieillissement maximum de dix ans.

 

J’espère évidemment vivre plus longtemps encore, mais en même temps je ne vois pas l’intérêt de risquer sur des bouteilles de l’argent dont j’ai peur de ne plus jamais revoir la couleur ni humer l’odeur »


Ce n’est ni le Secrétaire-perpétuel justement autoproclamé de l’académie des Vins Anciens François Audouze, ni moi-même, tout aussi autoproclamé Secrétaire-perpétuel de l’Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants, qui avons écrit ce qui précède mais un chroniqueur de la belle province Claude Langlois du Journal de Montréal.link


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Les vins sont faits pour être bus et non thésaurisés, les caves ne sont ni des geôles pour condamnés à perpète, ni des mausolées, mais des endroits secrets, des cavernes d’Ali Baba où les belles bouteilles attendent leur heure. Mais la question qui taraude tout possesseur de beaux flacons, je n’écris pas grands car je laisse à chacun la liberté de son échelle de valeur, est bien sûr : quelle est la meilleure heure, le meilleur moment pour les ouvrir ?


Le vin a bien sûr un âge, celui que lui attribue son millésime, mais pour autant dans le secret de son flacon il garde entier tout son mystère en dépit des caractéristiques de son année de naissance : comment a-t-il affronté le poids des ans ? Son ticket est-il toujours valable ? S’est-il bonifié ? Est-il fatigué ? A-t-il gardé la vivacité de sa jeunesse ? Je ne sais mais ce que je sais c’est que c’est le pari de François Audouze : donnez leur chance aux vins anciens en les mettant sur la table pour qu’ils soient bus ou dégustés, et surtout appréciés à leur juste valeur.


Mon élevage vendéen – référence vinaire bien sûr – me fait porter un grand respect aux Anciens pour leur sagesse, leur expérience, la transmission… mais l’âge n’est en rien un sésame absolu de sagesse et il faut bien constater que pour les humains le poids des ans ne fait qu’accentuer les défauts comme les qualités. Sous forme de boutade, comme Roger Ferdinand, un auteur de théâtre de boulevard « Ce qui me gêne ce n’est pas mon âge, mais l’âge des gens qui ont mon  âge ». Bien sûr il ne s’agit pas ici pour moi de l’âge des artères mais de celui de la tête.


Est-ce vrai aussi pour les vins ?


Je le crois. Bien des vins anciens ne font pas leur âge, sont d’un commerce bien plus agréable que certains qui, malgré qu’ils affichent un bel âge, la force de l’âge, devraient être mis à la retraite d’office pour sénilité avancée.


Trêve de ma petite philosophie de comptoir car il est temps d'entrer dans le vif du sujet : la 21e séance académique qui se tient au restaurant Macéo. Nous sommes 39 et nous allons partager une cinquantaine de vins. Nous sommes répartis en 3 tables. Je suis à la n°1, celle de François Audouze, et Gabrielle Vizzavona se tient à mes côtés afin d’éclairer ma faible lanterne d’amateur. Chaque table se voit affecter un lot de vins  anciens (voir répartition)


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Nous prenons l’apéritif debout, c’est un champagne le Brun de Neuville Millésimé 2003, élaboré par la maison d’un des académiciens. Commentaire de François Audouze « D’une année atypique, il est une agréable surprise et on y revient volontiers. Les gougères donnent de la douceur à son côté lacté. »


Gabrielle est sur la même longueur d’onde, enthousiaste « Nous débutons par un champagne vraiment excellent, un le Brun de Neuville 2003, plait-il ? Oui il plait beaucoup. Vif, autolytique, parfait pour s’éveiller en douceur et avec élégance. »


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Nous passons à table. Gabrielle a trouvé les mots pour nous introduire avec élégance et humilité dans le Saint des Saints. Je vous les livre.


« Chez François Audouze,  nous avons tacitement signé une clause de distinction, d’histoire, au profit de vins dénués de toute vulgarité. Et, devant eux, sans préjugés, nous nous sentons tous bien désarmés, réduits au plus petit atome, celui de l’énergie universelle qui les habite.


Mais aussi, nous nous sentons… bien jeunes !


C’est bon, ça fait parler – ou pas – et peu importe, car c’est un moment très personnel au final. La solitude oui, mais dans le partage !


Ça vibre comme une musique plus profonde, sous les pas et les anecdotes de François  qui tourne en salle, comme une mariée bénie par ses hôtes privilégiés… Une joie contenue mais palpable, une ambiance presqu’un peu mystique !


Tout prend une dimension nouvelle, incertaine, fébrile. Mais c’est normal après tout, le vin n’est-il pas censé enfermer les secrets de l’humanité ?


Il n’y a qu’à regarder de plus près la liste des doux flacons. Qui ne se sentirait pas fébrile devant elle… ? »


Les coups de cœur de Gabrielle voir photos ICI link


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1-      Puis ce Champagne Chauvet magnum 1914 un nez balsamique, à peine oxydé, encore tellement frais, un caramel en bouche, une couleur ocre, une beauté.


2-      Mâcon Viré André Bonhomme 71 merveille Alsacisante,  légèrement goudronnée, l’un des flacons favoris de la soirée. Salivant à souhait.


3-      Château Bel Air Marquis D’Aligre 1961 : pour moi, le Dionysos de  cette merveilleuse soirée, au nez, une confiture de fruits noirs, une bouche d’une vivacité prenante, profonde, longue. Fabuleux. Une dissociation nez/bouche très flatteuse, le fruit, confituré fait place à beaucoup de vie.


Accord personnel avec Gabrielle et François Audouze qui s'étonne « le Mâcon Viré André Bonhomme 1971 est une immense surprise. Que ce vin puisse atteindre un tel niveau de perfection est incroyable car on a exactement ce que l’on rêverait de boire si l’on désire un blanc charnu équilibré, profond à la lourde trace en bouche. C’est très probablement la plus belle surprise de ce dîner mais il y en aura d’autres. »


Comme le maître de céans j’estime «que la Bourgogne veut faire un concours de jeunesse, car le Chambolle-Musigny Pasquier Desvignes 1934 est facile à vivre, tranquille, aimablement bourguignon. » Comme lui j’ai adoré le Corton Clos du Roi Camille Chandesais 1957 et comme il le note avec pertinence « Et comme si c’était la soirée des concours, le Chapelle-Chambertin Louis Trapet 1974 se met à vouloir lutter avec les deux autres pour afficher sa « bourgognitude ». Bien que de deux Côtes différentes, le Corton et le Chapelle-Chambertin ont beaucoup de points communs car ils ont la grâce délicate que donnent les petites années. »


Vous allez me reprocher de m’abriter derrière les commentaires de Gabrielle et de François Audouze, de ne prendre aucun risque, d’être frileux, petit bras et tout le tralala. Et alors, j’ai fait mon choix et si j’emprunte leurs mots ça n’enlève aucun poids à mes préférences.  C’est clair pour moi les rois de la soirée ont été les vins bourguignons avec la palme au Mâcon-Viré. Comme Gabrielle j’ai aussi beaucoup apprécié le Château Bel Air Marquis D’Aligre 1961 et comme notre maître de cérémonie le Château Lafaurie Peyraguey 1926 « noir comme du café » d’un café qui exhale la fraîcheur des agrumes m’a séduit par son équilibre. C’est le sauternes comme je l’aime, dans sa plénitude.


Le classement  de François Audouze


1 – Palmer 1900,


2 – Champagne Chauvet magnum 1914,


3 – Mâcon Viré André Bonhomme 1971,


4 – Château Lafaurie Peyraguey 1926,


5 – Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1969.


Est-ce un bon choix, je ne sais pas.

 

L’ensemble des commentaires de Gabrielle


Nous  débutons par un Champagne vraiment excellent, un le Brun de Neuville 2003, plait il ? Oui il plait beaucoup. Vif, autolytique, parfait pour s’éveiller en douceur et avec élégance.


Puis ce  Champagne1914, un nez balsamique, à peine oxydé, encore tellement frais, un caramel en bouche, une couleur ocre, une beauté.


Dom Perignon  69, année érotique. Classique mais classieux,  difficile de passer après le 1914, qui avait tellement d’âme.


Mâcon Viré André Bonhomme 71 merveille Alsacisante,  légèrement goudronnée, l’un des flacons favoris de la soirée. Salivant à souhait.


Le Palmer 1900 (ou pas loin)  D’une densité particulière, du cuir frotté au cirage par un homme fumant un gros cigare ! Surprenant.


Cos d’Estournel 1928  forte piqure acétique, malheureusement.


Château margaux 1923 : Encore du cuir au nez, plus léger cette fois ci, une  beauté  presque orientale, aux tannins de taffetas. Une caresse pour nos âmes de pécheurs.


Château Lagrange Saint-Julien années 50 bouchonné (je t’épargne le smiley triste Jacques, je n’en pense pas moins)

 

Château Bel Air Marquis D’Aligre 1961 : pour moi, le Dionysos de  cette merveilleuse soirée, au nez, une confiture de fruits noirs, une bouche d’une vivacité prenante, profonde, longue. Fabuleux. Une dissociation nez/bouche très flatteuse, le fruit, confituré fait place à beaucoup de vie.


Corton Clos du Roi Camille Chandesais 1957 concentré aussi. Remarquablement doux.


Chapelle Chambertin Louis Trapet 1974 de grande fraicheur, mentholé, réglissé, long.


Moulin à Vent 1947 : Se tient très bien,  vaillant, boisé, exprimant avec ferveur des notes de café, de vanillé, de foin, de  céréales. Beau.


Inglenook CS Napa 1978  plein de poivre noir, opulent, marqué par des notes goudronnées, très joli.


ChâteauLafaurie Payraguey 1926 balsamique, notes de noisettes, de raisins secs, d’une infinie longueur.


Marc  de Bourgogne 1970 végétal, fin. Fin


L’ensemble de la chronique de François Audouze avec ses commentaires link

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:24

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En France nous aimons les rapports. Ceux-ci font très souvent des constats intéressants, peinent un peu plus quand il s’agit de faire des propositions concrètes, mais leur destin commun est à coup sûr de disparaître dans l’oubli.


L’accroche du titre est capitale pour espérer émerger dans le flot continu et bousculé de l’actualité. Comme il s’agit de rapports officiels les auteurs ne peuvent se permettre de verser dans la fantaisie ou de verser dans la provocation comme je l’ai fait ce matin avec mon titre. Alors, pour faire genre, ils mitonnent une appellation qui se veut chic et choc : les vieux baby-boomers sont donc les nouveaux héros de la Silver Économie.


J’avoue humblement, moi qui ne me rase plus depuis une éternité : je taille ma barbe avec une tondeuse, que ça m’a fait penser aux lames Gillette Silver Blues.

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Ça ne m’a pas empêché de me plonger dans la lecture de ce rapport « La Silver Économie, une opportunité de croissance pour la France »


En effet, j’en suis un des acteurs de cette Silver Économie et c’est vrai que nous allons dans les décennies qui viennent peser lourds.


Pour autant allons-nous n’être que des boulets, que des gens qui se baladent en car avec guides ou en chaises roulantes, que des gros égoïstes profitant de leur retraite ?


Comme toujours le tableau est contrasté et ça vaut la peine de l’examiner d’un peu plus près.


Quel rapport avec l’économie du vin me direz-vous ?


Sans vous faire un dessin : d’abord ces baby-boomers sont le cœur de nos consommateurs, ensuite tout ce qu’ils insuffleront dans notre économie pour lui redonner des couleurs ne peut qu’être bon pour le porte-monnaie de nos futurs consommateurs.


Revenons au rapport :


« Dans les sociétés développées, le vieillissement de la population, d’abord explicable par l’allongement de l’espérance de vie, se trouve accéléré par l’avancée en âge des cohortes de baby-boomers. Cette évolution démographique pose d’immenses défis en termes de financement de nos systèmes de santé et de retraites.


En 2005, un Français sur cinq était âgé de plus de 60 ans.


En 2035, la proportion sera de un sur trois.


Le nombre des seniors devrait connaître une hausse de 80 %.


Ce vieillissement de nos sociétés a suscité de nombreux travaux mettant en évidence les enjeux et les risques que représente une telle mutation démographique. La plupart abordent la question par l’angle sociétal ou médicosocial.


Selon une enquête du Crédoc de 2010, les seniors assureront dès 2015 une majorité des dépenses sur les différents marchés : 64 % pour la santé, 60 % pour l’alimentation, 58 % l’équipement, 57 % les loisirs, 56 % des dépenses d’assurance… Déjà, ce sont les seniors qui déterminent une large majorité de la consommation française. Ces baby-boomers disposent globalement d’un pouvoir d’achat et d’une épargne qui dégagent un marché potentiel pour tous les secteurs de l’économie liée à l’âge : bien-être, adaptation et sécurisation du domicile, transports, loisirs, santé, équipements, etc. Décathlon, Danone, Leclerc, LVMH, L’Oréal, Bouygues, Crédit agricole… toutes nos entreprises, tous les secteurs, seront touchés. Le vieillissement pourrait ainsi devenir source de valeur pour une économie comme celle de la France.


Dans quelle mesure le marché en pleine expansion des seniors peut-il être source de croissance pour l’économie française ?


Comment les pouvoirs publics peuvent-ils encourager la réalisation de ce potentiel de croissance ?


Peut-on envisager le développement d’une « Silver Économie » servant de levier à des secteurs comme les services ou les technologies avancées ? »


Ce double phénomène du vieillissement est très accentué en France. Premièrement, on constate un accroissement marqué du « ratio de dépendance économique », soit le nombre de personnes de plus de 65 ans rapporté au nombre de personnes en âge de travailler : sous l’impact de l’arrivée des baby-boomers à la retraite, ce ratio devrait passer de 28 % en 2013 à 46 % en 2050. Deuxièmement, l’espérance de vie continue de s’accroître régulièrement : elle devrait passer de 81 ans aujourd’hui à 86 ans en 2050.

 

Le rapport adopte deux partis pris.


Le premier est d’accorder dans l’analyse une place décisive à la forte hétérogénéité de la population des seniors, qui se révèle à la fois dans les revenus et les patrimoines, dans  l’état de santé ou l’espérance de vie. Cette hétérogénéité n’est pas sans présenter des risques importants pour notre société, car elle menace de rompre le contrat social associé à notre système de retraite. Mais dans l’optique économique retenue ici, proche d’un marketing stratégique, elle suppose surtout des différences marquées dans les besoins comme dans les comportements de consommation. Le leitmotiv du rapport est que la Silver Économie ne pourra émerger qu’en prenant appui, au moins dans un premier temps, sur les catégories les plus solvables de la population.


Le second parti pris est de chercher dans la Silver Économie ce qui peut être un levier pour l’ensemble de l’économie. Au premier regard, cette économie des seniors rassemble des activités très diverses voire disparates. Si elles rendent difficile l’emploi du terme « filière » à proprement parler, cette multiplicité et cette complexité imposent comme prioritaire la question de l’organisation de l’offre. Précisons s’il en est besoin qu’il conviendra de combiner cette stratégie industrielle avec une politique sociale et sociétale visant les plus fragilisés.


Si ça vous intéresse c’est une centaine de pages ICI link

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 00:09

Jeudi dernier j’ai plongé mon nez dans mes archives poussiéreuses stockées dans mon bureau de la rue de Vaugirard (Y'a là de quoi faire sauter la République - je rigole bien sûr - )pour retrouver quelques documents pour illustrer ma chronique sur mon passage comme médiateur des VDN à la fin des années 90.


Je ne suis pas un champion du rangement mais je garde tout et je trouve tout. Alors, en feuilletant un dossier je suis tombé nez à nez avec un édito de Jean-Michel Peyronnet, alors rédac-chef de la RVI, titré « quel avenir pour le rapport Berthomeau ? »


Il s’inquiétait de l’avenir de l’œuvre de ma vie le Jean-Mimi. Bien sûr, et je l’assumais en bon rocardien que j’étais et que je suis, il me collait au beau milieu du dos, comme une belle cible, l’étiquette de « libéral » peu prisée chez les socialos. Parodiant les diététiciens j’estime qu’il y a du bon libéral et du mauvais libéral, l’espace de liberté préconisé par Cap 2010 c’était des règles du jeu assumées par les opérateurs et non des règlements de papier que tout un chacun s’empresse de tourner. 


Quoi qu’il en soit Jean-Mimi avait bien raison de s’inquiéter de nous voir flinguer en vol par les tenants du fusil à tirer dans les coins et de devoir suivre « la bière » de Cap 2010 jusqu’à sa dernière demeure. Nous fûmes couverts de fleurs artificielles pour mieux nous étouffer mais comme la réalité n’aime pas qu’on lui fasse des pieds-de-nez nos petites idées sont entrées de plain-pied sur le marché.


Vin de France vous avez dit vin de France !


Merci Jean-Michel à bientôt dans ta drôle de lucarne qui parle de vin me dit-on dans mon oreillette. Mort aux cons !


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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 07:00

Au lieu de prendre l’avion pour retourner à Venise nous louâmes une petite auto, une Fiat bien sûr et j’eus une petite pensée pour mes camarades des BR qui s’étaient échinés sur les chaines  de l’usine de Mirafiori. Adeline voulait découvrir la Toscane avant l’arrivée de ma petite famille pour les fêtes de fin d’année. Comme j’adore me faire trimballer en auto je cédais sans beaucoup de résistance à sa demande. En plus j’adore la Toscane. Je plongeai dans mes souvenirs pour retrouver les hôtels de charme et les petites tables familiales nichés dans des villages loin des routes touristiques. Nous mangeâmes, nous bûmes, nous marchâmes dans la campagne, nous fîmes de longues siestes, nous étions hors du temps. Adeline chargeait le coffre de victuailles et de bouteilles en prévision des ripailles à venir. Moi coq en pâte je me contentais d’égrener à la demande mes souvenirs.


Le Comité de grève, réuni dans la salle des professeurs, recevait le Doyen, Claude Dupond-Pronborgne, flanqué des quelques professeurs qui ne s'étaient pas tirés, suivis d'un paquet de maîtres-assistants et d'assistants penchant plutôt de notre côté. Sans autre forme de procès nous avions convoqué le Doyen - avec la dose de grossièreté qui sied à une assemblée dont c'était le seul ciment -  pour vingt heures, afin qu'il prenne acte de nos exigences. Pas question de négocier avec lui, même si nous n'étions d'accord sur rien, sauf de maintenir la mobilisation, il devait bouffer sa cravate. Sans protester, le Doyen et son dernier carré avait tout avalé. Tous arboraient le col ouvert, le tableau était pathétique. Tous à plat ventre, même Salin, l'un des futurs thuriféraires des papes de l'Ecole de Chicago nous donnait du cher collègue. Mais si eux étaient pathétiques nous, nous étions lamentables. Nous pratiquions une forme très primaire de langue de béton brut mal décoffré, grisâtre, granuleuse, du genre de celle qu'on utilise pour se lester avant de se jeter à la baille un jour de désespoir sans fond. «  Sous les pavés, la plage... » Nous étions à cent lieues de la poésie de nos graffitis.

 

Vers onze heures, face à l'enlisement, je pris deux initiatives majeures : ouvrir en grand les fenêtres - le nuage de notre tabagie atteignant la cote d'alerte - et proposer une pause casse-croûte. Pervenche, avec son sens inné de l'organisation, à moins que ce fusse son atavisme de fille de chef, nous avait fait porter par le chauffeur de son père – sans doute était-ce là une application directe de l'indispensable liaison entre la bourgeoisie éclairée et le prolétariat qu'elle appelait de ses vœux – deux grands cabas emplis de charcuteries, de fromages, de pain et de beurre, de moutarde et de cornichons, de bouteilles poussiéreuses de Bordeaux prélevées dans la cave de l'hôtel particulier de la place Mellinet. Rien que de bons produits du terroir issus de la sueur des fermiers des Enguerrand de Tanguy du Coët, nom patronymique de mon indispensable Pervenche. Quant au Bordeaux, le prélèvement révolutionnaire s'était porté sur un échantillon représentatif de flacons issus du classement de 1855. Face à cette abondance, la tranche la plus radicale du Comité hésitait sur la conduite à tenir : allions-nous nous bâfrer en laissant nos interlocuteurs au régime sec ou partager avec eux notre pitance ? Ces rétrécis du bocal exigeaient un vote à bulletins secrets. A dessein je les laissais s'enferrer dans leur sectarisme.

 

Sans attendre la fin de leur délire je sortais un couteau suisse de ma poche, choisissais la plus belle lame et tranchais le pain. Face à ce geste symbolique le silence se fit. De nouveau je venais de prendre l'avantage sur les verbeux, leur clouant le bec par la simple possession de cet instrument que tout prolo a dans sa poche. Eux, l'avant-garde de la classe ouvrière, à une ou deux exceptions près, en étaient dépourvus. Dupond-Pronborgne étalait sur sa face suffisante un sourire réjoui : il exhibait un Laguiole. Je lui lançais « au boulot Doyen, le populo a faim ! » Spectacle ubuesque que de voir notre altier agrégé de Droit Public embeurrer des tartines, couper des rondelles de saucisson, fendre des cornichons, façonner des jambons beurre avant de les tendre à des coincés du PCMLR ou des chtarbés de l’IS ? les situationnistes de Guy Debord. Nous mâchions. Restait le liquide et là, faute de la verroterie ad hoc, nous séchions. Se torchonner un Haut-Brion au goulot relevait de la pire hérésie transgressive dans laquelle, même les plus enragés d'entre nous, ne voulait pas tomber. Que faire ? Face à cette question éminemment léniniste, nous dûmes recourir à l'économie de guerre, c'est-à-dire réquisitionner les seuls récipients à notre disposition soit : trois tasses à café ébréchées, oubliées là depuis des lustres ; deux timbales en fer blanc propriété de deux communistes de stricte obédience qui les trimballaient dans leur cartable, un petit vase en verre soufflé et quelques gobelets en carton gisant dans une poubelle.  

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 00:09

Au temps du Bourg-Pailler, les « bonnes », désolé c’était à l’époque le nom des gens de maison, venaient chercher le lait à la ferme. Souvenir de les voir défiler avec leur bidon pendant mon petit-déjeuner. C’était les potins des commères, je savais tout ou presque des petites histoires de la Mothe-Achard.  


La ferme, les gens des fermes par opposition à ceux du bourg. Mon frère et ma sœur nés à la Célinière, une ferme posée à la frontière de Saint-Georges-de-Pointindoux et de la Mothe-Achard, faisaient chaque jour l’aller-retour, soit au moins 8 km, pour aller à l’école. La zézette, ma sœur Marie-Thérèse, rouspétait contre mon Alain de frère qui se bataillait avec ses bretelles. Autre temps, le temps des fermes où « cohabitaient » plusieurs générations.


De nos jours, les fermes n’ont pas disparues, sauf dans les lieux où l’exode rural a transformé le paysage en champ de ruines, mais elles se sont banalisées soit pour cause de maison neuve ou d’exil vers le bourg, ou pire encore lorsque les corps de ferme sont passés entre les mains des citadins : c’est beau, c’est propre, mais il n’y a plus de coq qui chante ni de bouse de vache. Le temps est aux gîtes ruraux et au camping à la ferme où l’on emmène les bambins urbains voir les animaux.


La ferme c’était la quintessence du vieux modèle nourricier de l’exploitation de polyculture-élevage, tout de tout et même de la vigne chez nous en Vendée. Pour les vignerons c’est plus compliqué, l’appellation de leur lieu d’exploitation varie suivant les régions : mas, domaine, château, clos


Mais pourquoi diable ressortir toutes ces vieilleries aujourd’hui ?


Tout simplement parce que vient d’être publié un ouvrage « Corps de Ferme cœur de vie » aux éditions Campagne&Compagnies dans lequel loin des paillettes et du tape-à-l’œil de certains ouvrages sur la campagne, Amarante Puget pour les photos et Michèle Villemur pour les textes nous font redécouvrir les trésors humains et architecturaux du fin fond de nos belles campagnes.


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21 régions de  programme parcourus représentées par une ferme telle la ferme des Hortillonnages en Picardie et le Moulin Migné de ma bonne vieille Vendée. Y’a de la vie, y’a de l’espoir, de l’envie de vivre au pays, c’est plus que réconfortant c’est aussi ça la France lorsqu’on prend à nouveau la peine et le temps de pénétrer dans ses plis et ses replis.


J’ai choisi de vous proposer que quelques photos car il ne m’était pas possible de chroniquer sur chaque produit proposé. Dieu sait s’il en est de gouteux : je l’ai vérifié lors du lancement du livre à l’OIV : la soupe de lentilles vertes du Berry, le jambon de porcs cul-noir du Limousin, la gâche vendéenne, les bulots de Granville…


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Comme je suis dans le lait jusqu’au cou et que ma dernière mission de médiation a conduit mes pas jusqu’aux producteurs de lait cantalous c’est sur l'Auvergne la ferme GAEC du Soliage Jean-Paul, Alain et Serge Ausset que s’est porté mon choix.


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Grange-étable du GAEC Lacombe à Saint-Germain dont la façade esr ornées des multiples trophées récompensant ses meilleures bêtes Salers

 

« Les monts du Cantal sont parsemés de burons désaffectés. En 1950, près d’un millier étaient encore utilisés pour la fabrication des fromages… Aujourd’hui, seuls 6 buronniers perpétuent la tradition, tel Jean-Paul Ausset au col du Légal…


Longtemps limités à  une pièce servant à l’élaboration  des fromages et une cave pour leur stockage, les burons se sont agrandis au  XIXe siècle, se dotant d’une cheminée et d’un étage, servant à la fois de fenil et de chambre pour le buronnier. Attenant au buron, on trouve parfois le « bedela », une étable réservée aux veaux qui y sont rentrés pour la nuit. »


En 1986, JP Ausset a rouvert le buron du col de Légal situé sur la commune de Saint-Projet-de-Salers, à une trentaine de kilomètres d’Aurillac.


« La vie au buron est un peu rudimentaire. Jusqu’en 1999, on était sans électricité, lais on avait déjà un cantou (la cheminée) et une marmite. » raconte-t-il avec humour.


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Il a rejoint ses frères en 1996 sur l’exploitation familiale située à Laroquevieille au GAEC du Soliage. Ils ont unis leurs terres et leurs troupeaux : des Salers pour les premiers, des Montbéliardes pour Jean-Paul, soit autour de 130 têtes de bétail, des vaches bien sûr.


Ils fabriquent essentiellement du Cantal fermier et un peu de Salers avec du lait frais issu de l’exploitation, immédiatement après la traite, soit 2 fois par jour, et uniquement pendant l’estivage (15 avril au 15 novembre) pour le Salers (voir la chronique du Taulier link


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Lors de la petite sauterie de l’OIV je me suis régalé du vieux Cantal de JP Ausset en pensant à mon compère Pierre Fouillade maire de Valette dans le Cantal.

 

La jeune femme au milieu du troupeau de Montbéliardes est Pauline Ausset qui, son BTS comptabilité-gestion en poche, a rejoint le GAEC de son oncle et de son père en juin 2012.

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