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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 06:00
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Je me lève tous les jours à 5 heures pour écrire, alors ce dimanche matin d’élections je me suis pointé au bureau n°26 du boulevard Arago un peu avant 8 heures. J’en ai profité pour ausculter les 15 panneaux afin de me renseigner sur les pékins et les pékines qui se présentent à nos suffrages dans la 11e circonscription de Paris.

 

Le sortant Cherki, PS, un obscur frondeur, va passer à la trappe et ça me réjouit. Bayrou a imposé de Sarnez, ministre des Affaires Européennes, va-t-elle enfin décrocher le pompon ? En vedette américaine, Me Francis Szpiner, l’avocat médiatique, toujours battu où qu’il se présenta, j’aurais bien aimé le voir chevaucher sa Harley. La tronche de Mélenchon occupe les ¾ de l’affiche reléguant son candidat à un pâle médaillon. Y’a bien sûr un Communiste étiqueté Front de Gauche, étrange appellation. 1 écolo, un LO, 1 debout la France, 1 FN, et puis de la piétaille dont celle de l’immense Asselineau.

 

La porte du bureau s’ouvre et un jeune homme me brûle la politesse. Il présente ses papiers puis entreprend de récupérer les 15 bulletins. Je souris dans ma barbe. On me temps mon enveloppe, je chope 4 bulletins à la volée, fonce dans l’isoloir, place mon bulletin dans l’enveloppe, sort, ouf je serai le premier à voter.

 

Je glisse mon enveloppe dans l’urne vide, elle volète et se pose sur le fond. Signature sur le registre d’émargement et je suis libéré de mon devoir électoral. Je rentre d’un pas tranquille et suis dépassé par mon concurrent à la votation qui habite encore plus prêt que moi du bureau de vote. Ça donne encore plus de poids à ma performance.

 

De retour à la maison je prends un petit café avant de ressortir pour aller faire mes courses rue du Nil à Terroirs d’avenir. Pas un chat sur la chaussée je pousse mon fier destrier, descend à fond le Boul’mich, et tout en bas la police bloque le pont. Je râle tout en obliquant sur le quai pour rejoindre le Pont Neuf qui lui est libre d’accès. Je rejoins la rue de Rivoli et là à nouveau barrage pour protéger des coureurs à pied. Je note sur les dossards : 10 Km de Paris l’Équipe. Je m’immisce dans le peloton pour attraper la rue du Louvre. Pas simple de traverser le troupeau qui sue et ahane. J’y arrive.

 

Rue du Nil, y’a foule. Je fais mes emplettes : pain, viandes, poissonnerie, fruits et légumes. Je croise Me Morain le défenseur des vignerons naturistes qui cabas à la main choisit ses fraises de plein champ. Je lui présente mon beau vélo, il est esbourriffé lui qui est venu avec sa belle petite auto.

 

Notre homme est un Twitter patenté alors il dégaine une photo :

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Eric Morain (@EricMorain):

 

C'est la seule rue de Paris 💯% garantie sans glyphosate et autres pesticides. Courrez-y les yeux fermés, vous y croiserez aussi @letaulierN1

 

Je suis chargé comme un âne bâté. Le soleil commence à taper. À nouveau, rue de Rivoli la chenille des adeptes de la course à pied me fait barrage. Pour la fendre, je pose pied à terre et me faufile à grand peine de l’autre côté. La suite se déroule sans souci.

 

Je déballe mes victuailles et les mets en scène.

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Je cuisine.

 

Je déjeune sur le balcon.

 

Je fais une belle sieste.

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Samedi en fin de journée, Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont fait au Touquet une sortie à vélo très remarquée.

 

La veille du premier tour de la présidentielle, le 22 avril, les Macron avaient opté pour une balade à pied, main dans la main. Cette fois, Emmanuel et Brigitte Macron ont choisi une sortie à vélo. Le couple a tenté de se frayer un chemin parmi les curieux, nombreux à se masser devant la maison familiale ou dans les rues dans l’espoir d’apercevoir le nouveau chef de l’Etat et son épouse.

 

La Corrèze bonne élève, la Seine-Saint-Denis ferme la marche

 

A Paris, ce dimanche, la participation était en recul, 36,59% des électeurs s'étant déplacés à 17H00, contre 40,22% il y a cinq ans. En banlieue parisienne, la tendance était aussi largement à la baisse. En Essonne, où concourt l'ancien Premier ministre Manuel Valls sans étiquette, on enregistrait 36,87% de participation à la même heure, contre 43,5% en 2012.

 

Le ministère de l'Intérieur citait parmi les départements où les électeurs ont le plus voté la Corrèze (52,36% à 17H00), le Gers (51,23%), les Côtes-d'Armor (48,93%), la Creuse (48,73%) et la Haute-Vienne (48,4%).

 

Les départements ayant le moins voté étaient la Seine-Saint-Denis (24,74%), le Val-d'Oise (32,92%), les Alpes-Maritimes (34,17%), la Moselle (34,90%) et l'Aisne (34,93%).

 

Le recul de la mobilisation par rapport à 2012 était spectaculaire par endroits comme en Savoie avec 14 points de moins (35,63% contre 49,61%) ou en Seine-Maritime, où a voté le Premier ministre Edouard Philippe, avec douze points de moins (39,15% contre 51,16%).

 

19 heures

 

Selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes, que Le Soir a pu se procurer, La République en marche serait en tête avec un score entre 29 et 31 % pour ce premier tour des élections législatives.

 

Les Républicains obtiendraient entre 18 et 20 % des voix, tandis que le score du FN se situerait entre 17 et 18 % et La France insoumise entre 12 et 13 %. Le PS obtiendrait quant à lui entre 7 et 8 % des voix.

 

Le faible niveau de la participation aura des conséquences sur le second tour. Elle va réduire le nombre de triangulaires

 

Car contrairement à la présidentielle, où seuls les deux candidats arrivés en tête restent en lice, le mode de scrutin des législatives permet aux finalistes du second tour d'être rejoints par un troisième, voire un quatrième candidat, à condition qu'il ait obtenu les suffrages d'au moins 12,5% des électeurs inscrits sur les listes électorales. Plus il y a d'abstention, et plus c'est difficile.

 

Ce seuil de 12,5% représente, dans le cas d'une abstention à 40%, l'équivalent de 20,8% des suffrages exprimés. Et dans le cas d'une abstention à 50%, 25% des suffrages exprimés.

 

Dans les circonscriptions où les électeurs se déplacent peu (région parisienne, Nord, littoral méditerranéen...), le prix du ticket pour le second tour sera ainsi particulièrement élevé. Surtout pour des formations politiques en crise. La faiblesse de la droite, le recul du FN et l'effondrement du Parti socialiste devraient limiter le nombre de triangulaires.

 

C'est une bonne nouvelle pour La République en marche : ses candidats se retrouveront le plus souvent dans des duels qui profiteront aux centristes, davantage en capacité de rassembler les électeurs des partis éliminés.

 

En 2012, il y avait eu 46 triangulaires possibles, sur 577 circonscriptions, avant le retrait de certains candidats qui avait réduit ce nombre à 35.

 

Le Temps

 

Selon trois sondages réalisés ce dimanche, le mouvement crée par Emmanuel Macron arriverait nettement en tête du premier tour des législatives. Le Front National talonnerait le parti de droite «Les Républicains». Des tendances qui ne permettent pas d'estimer le nombre de sièges, en raison du mode de scrutin majoritaire.

 

Le mouvement lancé voici un an par Emmanuel Macron semble bien parti pour devenir le premier parti de France. Selon trois sondages réalisés ce dimanche lors du premier tour des législatives, la «République en marche» - émanation du mouvement «En Marche !» - obtiendrait entre 29 et 30% des suffrages, loin devant le parti de droite «Les Républicains» (20 à 22%) et le Front national (16 à 18%). Ces enquêtes ont été réalisés auprès d'électeurs inscrits, mais il ne s'agit pas de sondages «sortie des urnes». Il faut évidemment pondérer ces tendances par la très faible participation qui ne dépasserait pas les 50%. Si cela se confirme, ce premier tour des législatives serait donc marqué par une abstention record, preuve à la fois d'une lassitude politique et des frustrations d'une grande partie des votants, perturbés par la confusion des étiquettes «Majorité présidentielle».

 

 

Abstention: dans le détail les électeurs de Macron les + mobilisés (68%), de Fillon (65), Le Pen (45), Hamon (45) et Melenchon (42)

 

 

Des députés nationalistes à l'? Probable! En tête dans les 2 circonscriptions de Haute-Corse, 2nds en Corse-du-Sud

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Estimation Ipsos

 

FI/PCF 11 à 21 sièges

 

PS/PRG/DVG/EELV 20 à 35

 

LREM/MoDem 390 à 430

 

LR/UDI/DVD 85 à 125

 

FN 3 à 10

 

Autres 7 à 12

J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»
J’ai glissé le premier mon bulletin dans l’urne du bureau n°26 du bd Arago à Paris, battu, Guaino estime que les électeurs de sa circonscription sont «à vomir»

Résultats définitifs aux Sables-d'Olonne :

 

Buchou (LREM) 40,25% Pineau (LR) 20,46% Faucher (divers droite) 11,93%

 

 

Dans la 1ère circo Somme, on aura un second tour entre Nicolas Dumont (LREM), maire d'Abbeville, et François Ruffin, réal de "Merci Patron".

 

 

 

Marine le Pen serait largement en tête dans sa circo de Hénin Beaumont. Entre 45 et 47%. 2nd tour face à LREM.

 

 

 

Résultats quasi définitifs pour Richard Ferrand : 34% (32% en 2012)

 

 

 

À vendre : très beau hôtel particulier, rue de Solférino .. Prix à débattre

 

 

 

Législatives : Bruno Le Maire se félicite de son "meilleur score de premier tour" avec 45% des voix.

Le ministre de l'Economie est en bonne passe de se faire réélire. Bruno Le Maire s'est félicité de son"meilleur score de premier tour" avec 45% des voix, dans la première circonscription de l'Eure, au soir du premier tour des élections législatives.

 

  

Les PS sortants éliminés dès le 1er tour: Fekl, Filippetti, Linkenheld, Eckert, Boistard...

 

 

 

LEGISLATIVES 2017 - En 2012, il avait réussi à se qualifier au second tour des élections législatives sans réussir de miracle au second. Cinq ans plus tard, le vice-président du Front national Florian Philippot se classe tout juste en tête avec 23,79% des voix dans la 6e circonscription de Moselle à Forbach. Face à lui, Christophe Arend, candidat investi par La République en marche, le suit de très près avec 22% des suffrages.

 

Le candidat LR, Pierre Lang, obtient 16,32% des voix.

 

Jean Glavany (battu dès le premier tour dans les Hautes-Pyrénées, avec 14,61% des suffrages.

 

Député de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques depuis 2002, l'ex-candidat à la présidentielle Jean Lassalle (1,21%) est devancé par La République en marche au premier tour.

 

Avec 25,4% des voix, Loïc Corrégé (REM) est en bonne position face à Jean Lassalle (17,71%) avant le second tour. Troisième, le PS Bernard Uthurry (12,6%) est éliminé.

 

 

 

: Mennucci (PS) annonce son élimination dès le premier tour

 

 

 

Il est le seul des deux députés sortants du Front national à tenter de se faire réélire. Le député du Gard Gilbert Collard a obtenu 29,78% des voix face à la candidate investie par La République En Marche, Marie Sara, qui obtient 33,65% des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives, selon des résultats partiels obtenus par BFMTV.

 

 

 

Nicolas Bay, responsable de la campagne législative FN, éliminé en Seine-Maritime

 

 

 

Stéphane Le Foll (PS) 30,31% en ballottage favorable face à Emmanuel Franco (LR) 22,15%

 

 

Avec ce score, risque de tomber d'une subvention annuelle de 22 à moins de 10 millions par an. Faillite annoncée avec 65 m de dettes

 

 

 

 

Les jeunes se sont les + abstenus : 62 % chez les 18/24 ans et 64 % chez les 25/34 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

Battu dans la 2e circonscription de Paris, l'ancien député LR des Yvelines a critiqué l'électorat de la circonscription parisienne où il s'est parachuté. Il se retire de la vie politique.

 

On ne l'y reprendra plus. Député des Yvelines depuis cinq ans, Henri Guaino - privé de son investiture LR - avait décidé de se lancer dans la 2e circonscription de Paris. Mal lui en a pris. Avec moins de 5% des voix, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a été séchement éliminé. Dans la foulée, il a décidé de de se retirer de la vie politique. «Enfin libre!», a-t-il soufflé dimanche soir sur BFMTV, alors que le reste du plateau était invité à disserter sur les résultats du premier tour des législatives.

 

«Je suis allé au bout du bout de mes engagements politiques», a poursuivi Guaino, qui avait tenté - en vain- de se présenter à la dernière l'élection présidentielle. «Ça fait plus de trente ans (...) Je crois que j'ai épuisé le sujet», a-t-il confié. Un aveu suivi d'une très lourde charge à l'égard des électeurs parisiens... «L'électorat qui a voté aujourd'hui dans la 2e circonscription de Paris (Ve, VIe, VIIe arrondissements de Paris) est à mes yeux, à vomir». Stupéfaction sur le plateau. «Vous m'entendez bien, à vomir», a alors répété Henri Guaino avant de détailler: «Entre les bobos d'un côté, qui sont dans l'entre-soi de leur égoïsme... Et puis il y a cette espère de bourgeoisie traditionnelle de droite. Celle qui va à la messe, qui amène ses enfants au catéchisme et qui après vote pour un type qui pendant trente ans s'est arrangé, a triché par tous les moyens», a-t-il déroulé dans une allusion à François Fillon, député sortant de cette circonscription... «Un peu pétainiste, vous savez tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite...», a-t-il poursuivi. Les journalistes lui demandent si ce n'est pas un manque de respect... «Oui, bien sûr, et alors?»

 

Semble-t-il amer, il se rappelle cette «époque» des années 80 où il commençait son engagement politique. «Il y avait des Messmer, des Chaban, des Debré, l'héritage du gaullisme, des Séguin, des Pasqua... Maintenant, on se retrouve avec les gens que vous voyez, qui, franchement, ne méritent pas le respect». Il ne sera jamais en marche. Entre ceux qu'il présente comme des «opportunistes, des affairistes, des menteurs...», il préfère tirer sa révérence.

 

Périco Légasse

 

SUR QUEL NUAGE MARCHONS NOUS ?

 

Plus de la moitié des Français ne vont pas voter car ils ne croient plus au suffrage universel. Sur la moitié des électeurs qui s'exprime encore, 68% disent clairement qu'ils ne veulent pas de la politique d'Emmanuel Macron. Ils étaient 76% au premier tour de la présidentielle. Après une telle campagne, une telle euphorie, un tel enthousiasme, le chiffre est net, sans appel. Or la mobilisation aurait du être massive compte tenu des enjeux politiques. Le président de la République ne recueille en ce 11 juin 2017 que le vote de 15% des inscrits. Il va pourtant disposer de près de 450 députés à l'Assemblée Nationale, soit 80% des sièges. C'est-à-dire que les deux tiers du pays vont être représentés par 127 élus sur 577. C'est en effet un nouveau visage pour la démocratie française.

 

Corbière, Mélenchon, Girard... les candidats de La France insoumise qualifiés pour le second tour

 

A Marseille, le chef de file de la gauche alternative est lui-même en ballottage favorable face à Corinne Versini (La République en marche). A 22 h 30, Jean-Luc Mélenchon était en tête avec 33,21 % des voix, dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, selon les résultats de 15 des 60 bureaux. Il devançait Mme Versini, qui recueillait alors 22,27 % des suffrages.

 

Qualifié pour le second tour, son directeur de campagne lors de la présidentielle, Manuel Bompard, est distancé dans la 9e circonscription de Haute-Garonne. Avec 18,91 % des voix, il accuse un retard de près de vingt points sur la candidate de La République en marche, la journaliste Sandrine Mörch, arrivée en tête avec 36,96 % des voix.

 

François Ruffin, réalisateur de Merci Patron investi par LFI, sera également présent au second tour dans la 1re circonscription de la Somme mais la situation sera plus compliquée. Il a rassemblé 24,3 % des suffrages, 10 points derrière le candidat LRM, Nicolas Dumont.

 

Le porte-parole du mouvement, Alexis Corbière s’est qualifié à Montreuil. Il est arrivé en deuxième position avec 21,60 % des voix. Il affrontera, lors du second tour, la candidate de La République en marche Halima Menhoudj, arrivée en tête de ce premier tour (24,70 %). Le député PS sortant Razzy Hammadi est, lui, éliminé dès le premier tour. Il n’a obtenu que 9,85 % des voix.

 

Par ailleurs Clémentine Autain, soutenue par La France insoumise, sera elle aussi présente au second tour, dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. « Heureuse d’avoir obtenu la confiance de 38 % des électeurs à Sevran, Villepinte, Tremblay. En route vers la victoire au 2e tour ! », a tweeté la porte-parole du mouvement Ensemble !. Sur BFMTV, elle a ensuite précisé qu’elle affronterait une candidate de La République en marche qui a remporté 29 % des voix.

 

Coresponsable du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, Charlotte Girard est allée défier le socialiste et député sortant Malek Boutih dans la 10e circonscription de l’Essonne. Et c’est Pierre-Alain Raphan, candidat La République en marche qui a ravi la pole position avec 26,68 % des voix, devant la candidate de La France insoumise (15,55 %). Arrivé quatrième du scrutin, Malek Boutih est éliminé dès le premier tour.

 

Dans la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis, le coordinateur et porte-parole du Parti de Gauche Eric Coquerel est parvenu à se qualifier pour le second tour. Il a obtenu 19,02 % des voix, loin derrière le candidat de La République en marche Sébastien Menard (31,89 %). Cette circonscription était détenue depuis 1997 par Bruno Le Roux. Mais après les révélations sur les emplois de ses filles en tant qu’assistantes parlementaires, l’ancien ministre de l’intérieur avait dû démissionner de son poste au gouvernement et avait décidé dans la foulée qu’il ne serait pas candidat pour un nouveau mandat de député.

 

 

Elle avait travaillé avec beaucoup de soin son implantation à Villeurbanne (Rhône). Najat Vallaud-Belkacem est arrivée en deuxième position (16,54 %), dimanche 11 juin, derrière l’homme d’affaires Bruno Bonnell, pour La République en marche (36,69 %). Une défaite à l’échelle locale, dans cette circonscription-ville qui est un bastion du PS.

 

Pour ce second tour, Bruno Bonnell part avec une nette avance et pourrait bénéficier du bon report des voix d’Emmanuelle Haziza (LR, 10,67 %) et de Stéphane Poncet (FN, 9,03 %). Mais l’inconnue repose dans le choix que feront les électeurs de Laurent Legendre (La France insoumise), arrivé en troisième position (14,71 %). Najat Vallaud-Belkacem se positionnant pour reconstruire une gauche « entre Macron et Mélenchon » il n’est pas certains que les électeurs de ce dernier la soutiennent.

 

 

À Paris notamment, les résultats font écho à la présidentielle de mai dernier.

 

La République en marche fait une nouvelle percée à Paris. Les électeurs de la capitale ont évincé plusieurs ténors politiques, à commencer par Jean-Christophe Cambadélis et Cécile Duflot. Dans la 16ème circonscription parisienne (19ème arrondissement), le premier secrétaire du Parti socialiste a été éliminé dès le premier tour des élections législatives, ne récoltant que 8,60% des voix. Le secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi est arrivé en tête avec 38,08% des suffrages exprimés, et se retrouve donc en ballotage favorable face à la candidate de La France insoumise, Sarah Legrain (20,84%).

 

Autre destin perdu, celui de Cécile Duflot. L’ancienne ministre du Logement de François Hollande, candidate écologiste dans la 6ème circonscription de Paris qui comprend une partie des 11ème et 12ème arrondissements de la capitale, a elle aussi été éliminée dès le premier tour avec 14,69% des voix. Le candidat REM Pierre Person, l’un des créateurs des Jeunes avec Macron, est arrivé en tête avec 39,42 % des suffrages. Il affrontera la conseillère de Paris, Danielle Simonnet, candidate de La France insoumise (18,84%).

 

 

Le cas El Khomri

 

Myriam El Khomri est de son côté en difficulté dans la 18ème circonscription. L’ancienne ministre du Travail de François Hollande est arrivée en seconde position derrière Pierre-Yves Bournazel, investi par la coalition LR-UDI, et soutenu par le Premier ministre Edouard Philippe. Dans la circonscription voisine qui couvre la seconde moitié du 18ème arrondissement, Babette de Rozières, candidate LR a été éliminée, largement devancée par REM et FI.

 

Benjamin Griveaux et Marielle de Sarnez ont une longueur d’avance

 

Les Parisiens proches d’Emmanuel Macron se portent de leur côté plutôt bien. Dans la 11ème circonscription parisienne, la ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, est en ballotage favorable pour le second tour, avec 40,58% des voix. Elle devra l’emporter sur le candidat de La France insoumise, Francis Szpiner, qui a récolté 16,74% des suffrages, devançant de peu le député socialiste sortant Pascal Cherki (15,10%).

 

Idem pour Benjamin Griveaux. Le porte-parole de La République en marche est arrivé largement en tête au premier tour dans la 5ème circonscription de Paris. Il devance de plus de 30 points la députée sortante socialiste Seybah Dagomah. Benjamin Griveaux enregistre 43,63 % dans cet ancien bastion socialiste regroupant les 3ème et 10ème arrondissements de la capitale.

 

Les difficultés de Nathalie Kosciusko-Morizet

 

La droite de son côté est en grande difficulté. Nathalie Kosciusko-Morizet est ainsi en ballottage très défavorable face au candidat de La République en marche Gilles Le Gendre. L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy est arrivée en seconde position avec 18,13% des voix versus 41,81% pour l’ancien patron du journal Challenges.

 

Sur son compte Twitter, l’ancienne maire de Longjumeau a appelé au rassemblement en vue du second tour. La situation est d’autant plus délicate pour la Républicaine qu’elle est candidate dans une circonscription acquise à la droite jusqu’à présent. Lors de ce premier tour, elle a toutefois écarté deux concurrents LR face à elle : Henri Guaino (4,51%) et Jean-Pierre Lecoq (9,17%).

 

 

Benoît Hamon, le député des Yvelines et candidat à sa réélection dans la 11e circonscription des Yvelines sous l'étiquette PS, est éliminé du second tour.

 

Manuel Valls, ancien premier ministre de François Hollande et candidat à sa propre succession dans la 1ère circonscription de l'Essonne (sous aucun parti) annonce qu'il arrive en tête du premier tour. « J'arrive nettement en tête du premier tour avec 25,5% des voix, devant La France insoumise avec 17,6% »

 

Caroline De Haas, militante féministe, ancienne porte-parole d'Osez le féminisme et candidate dans la 18e circonscription de Paris, est éliminée.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, « Macron, c'est moi en mieux! » Sarkozy, ça plane pour Macron, ça patauge pour Mélenchon.

Après la longue et intense poussée de fièvre de la Présidentielle, il règne dans notre pays une étrange atmosphère, molle, désabusée, mélangée à une forme d’adoration de ce nouveau Président si doué pour réveiller notre orgueil national lorsqu’il se produit sur la scène internationale face aux gros bras de Trump et de Poutine. Tout lui réussit et, pour le dire plus vulgairement, « il semble avoir le cul bordé de nouilles », ce jeune homme, propre sur lui, semble intouchable, aucune éclaboussure, du type Ferrand ou la « blague glauque » sur les Comoriens, ne souille ses habits de nouveau Roi de France. Comme le chantait le peroxydé Plastic Bertrand, ça plane pour lui, et les sondages nous promettent un tsunami aux législatives.

 

Même que notre Lapin Duracell reconverti dans l’hostellerie s’esbaudit : « Avec l'âge, je suis devenu modeste: Macron, c'est moi en mieux! », aurait-il confié en privé. Une boutade qui montre, outre la haute estime de lui-même de l'ancien président, que ce dernier est épaté par les premières semaines du quinquennat d'Emmanuel Macron. Bluffé le p’tit Nico : « Si ça marche, c'est un génie » avant d’ajouter « Ce type est incroyable! Il fait un sans-faute. S'il ne commet pas les erreurs que j'ai faites, il va aller très loin, on ne pourra pas l'arrêter »

 

Et pendant ce temps-là, le conducator des insoumis pédale dans la semoule du côté de Marseille. Raillé sur les réseaux sociaux :

 

« Si Jésus a mené un tel combat en faveur des plus démunis, c'est avant tout parce qu'il s'est inspiré du parcours de Mélenchon »

 

Le Jean-Luc rumine : Dans le magazine Society de jeudi, il confie que « cela faisait une semaine [qu'il se] préparait pour le second tour ». La déception est immense. Il aura mis du temps à réaliser. D'autant qu'il l'assure: en cas de qualification, « j'aurais plié n'importe qui, Macron inclus ».

 

Le leader de la France insoumise qui n'a jamais caché son mépris pour François Hollande, dans cette interview se lâche :

 

«Je m'en moque de François Hollande. Un pauvre type. La plus éminente médiocrité du PS des années 2000», commence le candidat à Marseille pour les législatives. Il continue : «Il était à l'ENA, même pas bien classé. Il est sorti de là, est passé d'un poste à l'autre, fondu dans la grisaille.» Toutefois, Mélenchon concède quand même à l'ancien chef de l'Etat : «Mais il est marrant, toujours la blagounette aux lèvres.»

 

Pour le nouvel éructeur, la carrière de Flamby a décollé grâce à sa nomination à la tête du PS, le temps que Lionel Jospin soit Premier ministre : «Lionel s'est dit qu'il tiendrait la boutique sans histoire le temps qu'il gagne la présidentielle. Personne ne se préoccupait de lui. On discutait directement avec Lionel, le grand chef à Matignon. Mais lui, pendant ce temps-là, une petite pizza avec celui-là, des raviolis avec l'autre, et les fêtes de la Rose par-dessus tout ça... Il a été au bon endroit, au bon moment. Il était l'ami de tous les bureaucrates du PS.»

 

Il brocarde François Hollande « le genre de gars qui devait arracher les ailes aux mouches quand il était gamin »

 

Mais il justifie aussi sur son refus d’appeler à voter Macron contre la « folle » dans l’entre-deux-tours. Il était avant tout destiné à garder dans son giron les « petites gens » : « La France insoumise est un lieu de convergence entre une gauche extrêmement radicale, celle des quartiers populaires, et des gens plus sensibles au profil humaniste du projet. […] Si j’appelle à voter Macron, tout vole en éclats »

 

Il cause aussi de sa rencontre avec l’Amérique du Sud qui est, pour lui, une source d’inspiration inépuisable. Méluche pense que « nos sociétés latines sont un miroir des pays d’Amérique latine » et il veut sortir de « la gauche traditionnelle [qui] ne comprend les révolutions qu’à partir des usines et du programme socialiste ». « Pour moi, l’acteur de l’histoire, c’est le peuple. Pas seulement la classe ouvrière »

 

Sur les législatives, lui qui voulait imposer à Macron une «cohabitation» insoumise semble avoir revu ses ambitions à la baisse. À Society, il dit désormais ambitionner d'avoir un groupe à l’Assemblée nationale (soit 15 députés minimum) et annonce à demi-mot qu'il infléchira légèrement la stratégie de son mouvement pour la rendre plus rassembleuse : il évoque ainsi la constitution d'« un nouveau Front populaire » pour s’attaquer à la politique de Macron et avoue (à dessein ?) ses regrets que Benoît Hamon ou Marie-Noëlle Lienemann n’aient pas quitté le PS pour le rejoindre : « J’aurais tellement aimé qu’ils soient là. »

 

Comment s’écrira la suite ? Élu ou pas aux législatives, Mélenchon descendra dans la rue pour accompagner le mouvement social à venir. Un mouvement qu’il prédit proche, massif et révolutionnaire. « Vous ne pouvez pas savoir quelle sera la mèche… Mais elle brûle déjà », affirme-t-il. Quel sera alors le rôle de La France insoumise ? « Qu’est-ce qu’on fait avec ces 500 000 Insoumis ? […] À cette heure, je réfléchis encore. »

 

La prime au gagnant, la déprime aux perdants

 

« L'effet d'entraînement pour le président est énorme », observe Jérôme Fourquet de l'Ifop. « Toute l'attention est focalisée sur Emmanuel Macron et son gouvernement. En réalisant un quasi sans faute, notamment sur la scène internationale, il a encore marqué des points. »

 

Dans le même temps, "les partis battus, c'est valable pour La France insoumise comme pour le FN, voient leurs électorats frappés par la démobilisation. Ils se disent : 'on y a cru, on a perdu, on rend les armes.'" L'impression d'un début de quinquennat réussi sur la forme conjugué à cette démobilisation compliquent la tâche de La France insoumise. D'autant plus que ce mouvement, par la structure sociologique de son électorat, souffre davantage que les autres de l'abstention. "Aux législatives, les jeunes et les classes populaires s'abstiennent plus que les autres. Parmi les électeurs mélenchonistes de banlieue, beaucoup manqueront à l'appel", prévoit Jérôme Fourquet. Une écrasante majorité de députés macroniens se profile dans les sondages. On parle de 320 à 400 sièges.

 

Un « caporal » sans troupes ?

 

C'est l'une des leçons d'il y a cinq ans. « Son entourage en a gardé une très grande frustration », explique un cadre local de La France insoumise. En 2012, Marine Le Pen fait plus de 6,4 millions de voix à la présidentielle et 3,5 millions aux législatives avec sa seule tête sur les affiches. Mélenchon, lui, s'est retrouvé avec un seul élu de son parti et c'est le PC qui a capté l'essentiel des financements publics. « Cette donnée explique aussi pourquoi Mélenchon et son mouvement ont présenté cette fois des candidats presque dans tout le pays. Ils ont besoin d'argent pour durer. »

 

Il tire, dit-il dans Society, une certaine fierté à avoir « tourné la page de tout le bazar du Front de gauche, des cartels de groupuscules », il ne veut pas rassembler la gauche mais « remplacer le PS ».

 

« La recomposition ne se fera pas dans un colloque ou sur une piste de danse à La Bellevilloise, ça va se régler au bulletin de vote »

 

Eric Piolle, le maire EELV qui avait appelé à voter Mélenchon en avril contre l'avis de son parti, a critiqué cette stratégie. « Il aurait pu se positionner comme chef d’orchestre, il a choisi de rester dans sa forteresse. Il a choisi d'être caporal »

 

En attirant à lui presque toute la gauche radicale et des électeurs socialistes au premier tour de la présidentielle, Mélenchon avait, de fait, précisément rassemblé la gauche. Selon l'analyse de Jérôme Fourquet : « L'offre politique sera cette fois différente. Il va se heurter à des socialistes bien implantés, et des électeurs socialistes peuvent être tentés de revenir au bercail. Il y aura aussi des écolos, des communistes. Ces candidats-là vont lui prendre des voix. »

 

Et pendant ce temps-là Macron joue à la standardiste de l’Elysée :

 

Emmanuel Macron s'est offert un (nouveau) joli « coup de com » ce vendredi en rendant visite au personnel en charge du standard téléphonique de l'Élysée. Diffusée en direct sur Facebook, la rencontre débute par un échange cordial, le président de la République questionnant les standardistes sur la proportion d'appelants mécontents, avant de conclure: « Quand il y a des grèves, ça doit être terrible. Parce que non seulement il y a les grèves, mais en plus vous vous faites engueuler au boulot ».

 

Le locataire de l'Élysée s'est ensuite prêté au jeu en répondant personnellement à quelques appels de citoyens chanceux, parfois animés de grandes ambitions: « Vous vous donnez combien de temps pour être élu président? Préparez-vous. De toute façon il faut du renouvellement », a ironisé le chef de l'État avant d'adresser un « merde pour le bac »et un « joyeux anniversaire » à son interlocuteur.

 

Emmanuel Macron s'est également entretenu avec un étudiant en cinéma à Grenoble puis un étudiant en droit qui semble lui avoir adressé un bon conseil: « C'est une très bonne suggestion. On va regarder ça. Est-ce que vous pouvez laisser vos coordonnées? », a-t-il lancé.

CHAP.19, temps suspendu, « Macron, c'est moi en mieux! » Sarkozy, ça plane pour Macron, ça patauge pour Mélenchon.

Législatives : la fin d’une campagne invisible

 

Des réunions publiques clairsemées, pas de grands meetings… cette campagne n’a guère mobilisé les électeurs, comme engloutie par la présidentielle qui l’a précédée.

 

LE MONDE | 10.06.2017 par Patrick Roger

 

C’est un probable tremblement de terre qui se prépare à l’Assemblée nationale, les 11 et 18 juin. Pourtant, cette campagne des élections législatives n’aura guère mobilisé les électeurs, comme engloutie, absorbée par la présidentielle qui l’a précédée.

 

Peu d’assistance aux réunions publiques, pas de grands meetings, des candidats qui doivent affronter l’indifférence des passants lors de leurs distributions de tracts, à l’image du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, tractant sur un marché du 19e arrondissement de Paris sans que personne ne s’arrête. Une campagne invisible, ou presque.

 

Drôle de paradoxe. Pour les candidats « macronistes » aux élections législatives, le seul programme qui vaille est celui du président élu. L’unique slogan : « Donner une majorité au président » pour lui permettre de l’appliquer.

 

Les candidats du parti Les Républicains (LR) se sont au contraire empressés de mettre au pilon le programme de leur candidat battu. Exit la hausse de 2 points de la TVA, place à une baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu pour tous les ménages. Là où François Fillon évoquait une baisse du nombre de fonctionnaires de 500 000, LR ne parle plus que de 300 000. LR prévoit également le retour à la défiscalisation des heures supplémentaires, que M. Fillon excluait. Et ainsi de suite.

 

Une formalité

 

En définitive, l’argument essentiel brandi par les oppositions – de La France insoumise au Front national en passant par le PS et LR – se sera limité à « ne pas donner tous les pouvoirs au pouvoir ». « Trop de pouvoir tue le pouvoir », répètent à tour de rôle les dirigeants du PS et de LR, qui, alternativement, ont disposé d’une majorité absolue à l’Assemblée. Mais le discours n’imprime plus.

 

« La marque Parti socialiste est totalement dévaluée, reconnaît l’ancien ministre Jean-Marie Le Guen. Le Parti socialiste ne porte plus rien. »

 

C’est la conséquence implacable, la loi d’airain instillée par le calendrier électoral depuis 2002, qui voit les élections législatives succéder à la présidentielle. En un mois, les électeurs constatent que le président de la République s’est emparé des attributs du pouvoir, s’invite dans les sommets internationaux, un gouvernement a été formé, qui commence à promouvoir ses premières réformes. Les partisans des candidats battus à la présidentielle semblent déjà s’être installés dans l’opposition. Les élections législatives s’apparentent presque à une formalité, un dernier épisode de la séquence électorale ouverte depuis septembre 2016 avant que la machine du pouvoir ne se mette… en marche.

 

Les « affaires » de retour

 

Seules anicroches dans ce scénario a priori bien huilé : les « affaires » ont de nouveau fait la « une » des journaux. Les soupçons de conflits d’intérêts privés pesant sur le nouveau ministre de la cohésion des territoires, Richard Ferrand, justifiant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet, ont parasité le lancement de la « moralisation de la vie publique » voulue par Emmanuel Macron et François Bayrou.

 

« La promesse de probité, d’intégrité, d’exemplarité est morte », juge Xavier Bertrand (LR), qui estime l’attitude de M. Macron « incohérente par rapport à toutes ses déclarations passées ». « Ce projet est aujourd’hui décrédibilisé », ajoute-t-il. Jean-Luc Mélenchon se réjouit de voir le « donneur de leçons » M. Ferrand « épinglé ». « Tant que Ferrand ne démissionne pas, il est un discrédit pour tout le gouvernement », tonne-t-il. Pour Marine Le Pen, cette affaire « ressemble fichtrement à l’affaire Fillon ». Elle y voit « une rupture morale ».

 

Le MoDem, le parti du garde des sceaux, est lui aussi pris dans la tourmente, à son tour soupçonné d’avoir rémunéré des permanents du parti sur des contrats d’assistants parlementaires au Parlement européen. Le MoDem réfute ces accusations, mais cela suffit à éveiller les doutes. Comme des relents de vieilles pratiques qui jettent une once de suspicion sur le slogan du renouvellement.

 

 

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 06:00
Aznavour, Nina Simone, François Truffaut : « Tirez sur le pianiste »

Ces derniers jours j’ai lu le roman de Gilles Leroy Nina Simone et revu Tirez sur le Pianiste de François Truffaut (1960).

 

J’y ai retrouvé Charles Aznavour, le chanteur et l’acteur.

 

« À New-York, au Village Gate où je chantais, j’ai rencontré ce chanteur français, le petit Aznavour, le seul Européen à posséder l’esprit soul et le groove. Il m’a présenté des chansons, je lui en ai acheté deux. L’une s’appelle Tomorrow is my Turn et, dès la première fois que je l’ai interprétée, mes doigts se sont raidis sur les touches du clavier, ma gorge s’est nouée de sanglots. Jamais je n’ai pu la chanter sans avoir dressé devant moi le fantôme d’Edney * riant sous la cascade de Pearson’s Falls, je pouvais presque le toucher, lécher sur sa peau soyeuse l’eau fraîche au goût de bonheur. Lutter contre les larmes, alors, tenir ferme les notes, était un effort surhumain et j’ai fini par l’abandonner, cette chanson si douloureuse avec son air de rien. »

 

Gilles Leroy Nina Simone

 

* Edney, un cherokee, fut le premier amour de Nina Simone.

 

On tire sur le pianiste

 

« Pour François Truffaut, Tirez sur le pianiste a été un film agréable à tourner, mais difficile, ennuyeux à monter. Car il avoue éprouver « une peur panique de tous les scénarios construits en flash-back ». Or le montage du Pianiste est conçu autour d’un long flash-back, qui fait revivre l’histoire d’amour tragique entre le pianiste Édouard Saroyan (Aznavour) et sa femme Thérésa (Nicole Berger)

 

[…]

 

« À tout hasard, je lui ai dit que cela me faisait penser à Queneau. J’ai su par la suite que je ne m’étais pas trompée » répond Claudine Bouché la monteuse à un François Truffaut qui lui demande si les rushes pouvaient faire un film.

 

« Sans doute parce qu’il s’est fait avec des bouts de ficelles, Tirez sur le pianiste donne un sentiment de grande liberté. Pourtant, lorsque le film est montré, en juin 1960, aux acteurs et amis, puis à quelques journalistes, les avis sont mitigés, ce qui déprime Truffaut qui, à ce moment-là, doute de lui. Pierre Braunberger (son producteur) lui-même est dérouté par le film. »

 

[…]

 

« En outre, Tirez sur le pianiste rencontre de sérieux ennuis avec la censure. Le 13 juillet 1960, le film est victime d’une interdiction aux moins de 18 ans. Truffaut a pourtant coupé une séquence qui pouvait s’avérer délicate, celle d’un petit chat qui est écrasé par la voiture des gangsters. Mais une autre scène, où Michèle Mercier se couche dans le lit d’Aznavour et découvre sa poitrine, est jugée trop osée. Truffaut réduit la scène, mais se refuse à la couper entièrement. La commission de censure demeure inflexible : Tirez sur le pianiste reste interdit aux moins de 18 ans. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce « Un film comique noir » ? « Un film fantaisiste noir » ? « Un drame d’amour et d’humour » ? « Une tragédie burlesque » ? « Un film où les bons sont quelquefois méchants et les méchants quelquefois sympathiques » ? Braunberger harcèle Truffaut de télégrammes, le sommant de s’occuper de la promotion du film.

 

« Tout compte fait, Tirez sur le pianiste, sorti le 25 novembre 1960 dans trois salles parisiennes ne fait pas une carrière très briallantes : 71 901 entrées en six semaines d’exploitation. Il est retiré de l’affiche le 3 janvier 1961, Truffaut le considère comme un véritable échec, même s’il ne met guère en péril les Films du Carrosse. »

 

In François Truffaut Antoine de Baecque et Serge Toubiana Gallimard

 

Un film sur les femmes

 

« La musique occupe une place prépondérante, oscillant du jazz au classique, avec des détours réjouissants par la chanson, grâce à un Boby Lapointe iconoclaste et un Félix Leclerc plein d'élégance. Pourtant, le film parle essentiellement des femmes. Et filme leurs corps avec une sensualité rare, qu'il s'agisse des seins angéliques de Michèle Mercier ou des mains inquiètes de Marie Dubois.

 

Les gangsters y disent du mal du sexe dit faible, ce qui inspira des dialogues à Scorsese et Tarantino. Quant à l'admirable Charlie, interprété par Charles Aznavour, tout autant timide qu'amusé, il exprime une sensibilité à fleur de peau et une lucidité mêlée de pitié. Hélas, ni son génie musical ni l'amour de plusieurs femmes ne parviendront à lui éviter un destin médiocre... Jouant à la fois sur le désir et l'interdit, Tirez sur le pianiste possède l'insouciance d'un baiser volé. »

 

Le Monde.fr | 16.07.2015 par Yann Plougastel

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 06:00
Mais qui est donc ce Bruno Le Maire qui n’a jamais été aussi heureux  dans sa vie politique qu’aujourd’hui ?

Le 78 rue de Varenne est une bonne école ministérielle, on y touche à tout de la vie d’une population, les agriculteurs, on négocie la PAC à Bruxelles, on joue un rôle international, on est au centre des difficiles relations entre la GD et les IAA, on est responsable de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal, on doit participer aux arbitrages sur les questions environnementales, gérer la forêt… etc.

 

Beau tremplin pour un jeune loup ou une jeune louve ou un bon moyen de rebondir pour un ou une personnalité sur une voie de garage donc !

 

Je vous épargne la liste des futurs Premier Ministre pour aborder un beau cas : celui de Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture sous Sarko-Fillon et aujourd’hui Ministre de l’Économie sous Macron-Philippe après un échec cuisant à la Primaire de la Droite et un A-R dans le soutien au candidat Fillon « Je ne pouvais pas accepter ce reniement sur la parole donnée. Après la mise en examen, on savait que François Fillon nous emmenait dans le mur. »

 

Dans une interview à Paris Match, l’ex-candidat autoproclamé du « renouveau » de la primaire de droite, a confié son sentiment. « Je n’ai jamais été aussi heureux dans ma vie politique ».

 

Et pour cause, quelques jours après son entrée dans le gouvernement d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire est aussi candidat aux législatives dans sa circonscription de l’Eure (la 1ère), sous l’étiquette La République en marche.

 

« Macron a gagné là où j’ai échoué. Il a fait preuve de plus d’audace. Moi, je ne suis pas allé assez loin. Je me suis enfermé dans une primaire. Cela a été mon erreur », a-t-il reconnu.

 

Mais qui est donc Bruno Le Maire ?

 

Un froid technocrate ambitieux ou un réel militant du renouveau politique ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son livre Divine Comédie Gaël Tchakaloff, qui a suivi les candidats à la Primaire de la Droite, tente d’éclairer ce dilemme :

 

« Depuis notre première rencontre à Sète, mi-septembre, j’ai réalisé que je m’étais totalement trompée sur son compte. Comme beaucoup, je m’en étais tenue à son allure générale, physique de premier communiant. Rastignac rasoir tendance Jeanson-de-Sailly, Auteuil-Neuilly-Passy c’est pas du gâteau, tel est notre ghetto. Je me suis bien mis le doigt dans l’œil.

 

Avec Bruno Le Maire je n’ai jamais eu de rapports directs lorsqu’il était Ministre de l’Agriculture mais je l’ai vu à l’œuvre sur le dossier laitier lors de la crise. Par la suite nommé médiateur entre les éleveurs laitiers et les entreprises, j’ai travaillé en direct avec son directeur de cabinet JM Bournigal et sa conseillère technique : Véronique Solère. Ce qui prime chez lui c’est à la fois sa volonté à la fois de plaire au big boss pour lui montrer qu’il est le meilleur et son désir d’être aimé par ses interlocuteurs.

 

Je l’ai lu aussi :

 

Dans son dernier livre, À nos enfants Bruno Le Maire confie qu’il n'a « jamais été aussi heureux dans sa vie professionnelle » qu’au Ministère de L’Agriculture.

 

Thierry Solère dit de lui «Bruno c’est un Chirac jeune, peut-être en moins excité, mais il finira président de la République». Au début de son parcours Chirac était perçu comme un froid technocrate, raide, avec ses sévères lunettes qu’il abandonnera pour casser cette image, le Bruno vient lui aussi de laisser tomber les montures. De son passage au 78 rue de Varenne il a retenu qu’il faut savoir tomber la veste, serrer des louches, prendre le temps avec les gars, boire une petite bière à l’issue des réunions. Le gros Raf note avec son gros bon sens charentais «Le Maire a réussi dans tous les postes où on pensait qu'il échouerait»

 

Dans son portrait « l'impossible Monsieur Le Maire » sur Slate Titiou Lecoq dévide la pelote «En gros, le type est spécialiste de tout. Lecteur du Cardinal de Retz, de Saint-Simon et de Proust», fan de Formule 1 –«Ma grand-mère maternelle était une des premières pilotes d’avion de sa génération. Passionnée de mécanique, elle m’a transmis ce virus en m’apprenant très jeune à conduire». «Il est féru de gastronomie française – qu’il a fait inscrire au patrimoine de l’Unesco – mais aussi italienne ou asiatique». Il aime Louise Bourgeois et les peintres contemporains allemands, il fait du tennis et du footing –il était en couv de Running Attitude en octobre 2013: «Il admire les pianistes Glenn Gould et Sviatoslav Richter, le chef d’orchestre Carlos Kleiber et relit Kafka ou Thomas Bernhard». Il est «fan de Thomas d'Aquin et de corrida». Et pour ajouter un peu d’exotisme à tout ça, quand il était étudiant, il a écrit deux romans pour la collection Harlequin, sous un pseudo anglais. Merci. N’en jetez plus. »

 

Gaël Tchakaloff, dans son livre, raconte un voyage, avec lui et son équipe, dans sa 508 (avant il avait une allemande) vers Pacy-sur-Eure dans son fief. Elle est à son côté, à la place du mort comme on dit.

 

« Au moment d’entrer sur l’autoroute, je suis déjà partiellement conquise. Il m’en faut peu. Emportée par son doux mélange de cérébralité, de culture, d’intelligence, et cette once de fantaisie, d’abandon, de douleur perceptible dans le dialogue, Bruno va se livrer dans une profondeur que je n’ai pas souvent rencontrée avec d’autres hommes politiques.

 

Kilomètre 25.

 

« La politique, ça écrase tout le reste de la vie, ça absorbe tout, ça prend tout, ça vole tout. Si je perds, j’aurai dilapidé tout ce temps, sans ma femme, sans mes enfants, en pure perte. »

 

Kilomètre 40.

 

« Il y a une légèreté, une insouciance dans la conquête du pouvoir que tu n’as jamais au pouvoir. Il n’y a aucune légèreté au pouvoir. Qui que ce soit qui gagne la primaire je ne serai jamais Premier Ministre, tant j’ai exposé mes différences.»

 

Kilomètre 50.

 

« La politique, ça attire les névrotiques. On l’est tous. Ce n’est pas la politique qui rend névrotique, on l’est avant, on s’y retrouve. Les deux névroses les plus courantes en politique, c’est le narcissisme, évidemment, et la haine de soi. Le pouvoir, c’est la guérison de la haine de soi. »

 

Kilomètre 55.

 

« Les hommes politiques, ils sont dépressifs ou alcooliques. Parce que la folie de la politique, c’est qu’il ne faut jamais voir les choses telles qu’elles sont, il faut se projeter au-delà, nier la réalité. Et, en même temps, il faut être lucide sur la réalité. Et, en même temps, il faut être lucide sur la réalité. C’est la dissociation permanente, le décalage entre ta réalité et ton rêve. Les deux ne coïncident jamais sauf le jour où tu es élu. C’est pour cela qu’après, ça crée la dépression. »

 

Kilomètre 80.

 

« Si je pouvais réécrire ma vie, j’aurais perdu moins de temps à devenir libre. »

 

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 06:00
Y aurait-il une erreur de casting avec le nouveau Ministre de l’Agriculture ?

Comme le disait, avec son accent rouergat rocailleux, Mgr Marty alors archevêque de Paris, « je m’interroge » à propos du nouveau Ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard ?

 

A-t-il le bon profil pour le 78 rue de Varenne ?

 

Ma vieille expérience de cette maison me fait répondre : assurément non !

 

Déjà, comme l’écrit Antoine Jeandey journaliste agricole :

 

« Le programme agricole d'Emmanuel Macron était relativement succinct, avec uniquement des têtes de chapitre, donc des intentions, mais quasiment rien dans la case « comment on fait ? ».

 

Dire « il faut que les agriculteurs vivent du fruit de leur travail », on est tous pour. De même que lorsque François Hollande disait « il faut que le chômage baisse ». À travers ce dernier exemple, on a compris toutefois que le plus important était le « comment ? » ; la volonté affichée, sincère ou non, ne suffit pas.

 

Or l'unique réponse apportée au « comment ? » dans le programme agricole du nouveau Président fut « sommet de l'alimentation ». Il appartient donc au ministre d'aller au-delà, d'entrer dans les détails laissés de côté pendant la campagne. De préparer ces rencontres de l'alimentation (qui participera précisément ? La question est loin d'être neutre, ces rencontres peuvent déboucher sur un échec retentissant si les participants ne sont pas les bons...), mais aussi de remplir toutes les cases n'ayant comporté qu'une mention sibylline et méritant, au-delà du sujet, un verbe et même un complément, à tout le moins. »

 

Les socialos de 81 adoraient les États Généraux, ils en tinrent une flopée pour accoucher de souriceaux.

 

Les sommets sont en général du même tonneau si l’on n’a pas fixé clairement le cap que l’on souhaite atteindre.

 

Pour le moins le nouveau gouvernement semble avoir d’autres priorités que d’impulser une nouvelle orientation au secteur agricole et agro-alimentaire. On sent poindre l’envie de perpétuer les bonnes vieilles pratiques de la cogestion avec les majoritaires.

 

Et pourtant l’analyse ci-dessous d’Ipsos pose bien le problème tout en restant elle aussi bien courte en ce qui concerne le comment sortir de cette situation complexe.

 

LES FRANÇAIS ET LES AGRICULTEURS, UNE IDYLLE CONTRARIÉE

 

6 Juin 2017

 

La population française est très attachée à ses agriculteurs. Depuis longtemps. Mais cette belle histoire est menacée par les appréhensions et les interrogations qui pèsent sur l’agriculture, en termes d’environnement, de santé et d’avenir économique. Pour répondre à ces enjeux, les agriculteurs innovent, à travers des pratiques durables et l’agriculture connectée.

 

LES FRANÇAIS AIMENT LEURS AGRICULTEURS !

 

Foin des scandales ! La crise du lait, les révélations sur la maltraitance animale dans les abattoirs, le retour de la grippe aviaire… En 2016, les crises très médiatisées du secteur agricole n’ont pas entamé le capital sympathie des éleveurs et des producteurs : 66 %* des Français gardent une bonne opinion des agriculteurs, et 54 %, une image positive de l’agriculture.

 

« L’attachement de la population au monde agricole reste fort. Cela s’explique par les racines historiquement rurales de la société française, et aujourd’hui par l’envie de renouer avec l’authenticité. »

 

D’ailleurs, 63 % des Français entretiennent le lien avec la campagne, en s’y rendant régulièrement, ou parce qu’y subsiste un ancrage familial.

 

Dans l’imaginaire collectif national, l’agriculteur incarne la figure du travailleur qui exerce un métier « difficile » pour 70 % des Français, et « essentiel » pour 43 % d’entre eux. Un héros en somme qui tient « un rôle environnemental particulier », selon 37 % des répondants.

 

Le charme des agriculteurs joue à plein sur les marchés, puisque pour 50 % de la population, c’est l’occasion propice à un contact direct avec les producteurs, devant les relations de voisinage (33 %) ou le cadre familial (24 %).

 

DES INQUIÉTUDES PARTAGÉES…

 

Grand public et agriculteurs continuent donc le jeu de la séduction. Pourtant, cette relation n’est pas si paisible qu’il y paraît. De nombreuses appréhensions viennent troubler ce tableau champêtre idyllique. Ainsi 67 % des Français jugent mauvaise la situation de l’agriculture et de l’alimentation aujourd’hui. Pour 74 %, elle s’est détériorée à grande vitesse depuis vingt ans, et pour 55 %, elle aura encore empiré d’ici vingt ans. Le pessimisme est donc bien installé.

 

Pour aller plus loin, les Français expriment de vives craintes sur les grands enjeux sociétaux liés à l’agriculture et à la santé. Ils se préoccupent d’abord de l’environnement : disparition des abeilles, utilisation et impact des produits phytosanitaires, pollution, qualité de l’eau… Ensuite, ils s’interrogent sur les problématiques de l’alimentation : la planète pourra-t-elle encore nourrir la population mondiale appelée à toujours croître ? Dans une réelle empathie, ils s’inquiètent aussi de l’avenir économique des agriculteurs français. Enfin, ils questionnent les modes de production, où deux modèles s’opposent, avec d’un côté le local et le bio, de l’autre l’agriculture intensive.

 

Les agriculteurs rejoignent les Français sur les mêmes inquiétudes. Bien entendu, la viabilité économique de leur exploitation est leur première préoccupation. Ils se battent pour le maintien de la production en France. Qui passe par la sauvegarde des surfaces de terres agricoles, et le maintien d’une agriculture « artisanale, à taille humaine », s’épanouissant à l’idéal, aux côtés d’une agriculture industrielle. Quant au respect de l’environnement et à l’attention portée à la santé, c’est à la fois un enjeu et une responsabilité douloureusement endossée par les agriculteurs, compte tenu des réglementations parfois contradictoires qu’ils doivent respecter.

 

Dans ce « je t’aime, mais je m’inquiète », cultivateurs et éleveurs disent aussi aspirer à une plus grande reconnaissance de la part des Français, notamment pour faire comprendre aux consommateurs que la qualité a un prix. Et que leur survie est à ce prix.

 

AGRICULTURE DURABLE ET AGRICULTURE CONNECTÉE : L’AVENIR DU MONDE AGRICOLE

 

Face aux grands enjeux du secteur, l’agriculture durable apparaît comme une réponse très adaptée, pour tous les acteurs agricoles (institutions, experts, professionnels). « Elle allie pérennité des exploitations, et respect de l’environnement et des hommes », affirment les Chambres d’agriculture. Pour 75 % des parties prenantes professionnelles, le bio-contrôle est un levier d’action prioritaire, avec ses solutions naturelles de protection des cultures. Pour 60 % de ces acteurs, l’agriculture durable doit passer par l’accompagnement des agriculteurs vers une meilleure préservation de la qualité de l’eau. Et 54 % estiment qu’il faut limiter encore davantage les risques liés aux intrants, pour les cultivateurs.

 

Les agriculteurs, eux, sont 82 % à déclarer intégrer, souvent ou toujours, les principes de l’agriculture durable à leurs pratiques. En affirmant ses bienfaits : la préservation des ressources naturelles et de l’outil de production (qualité des sols), associée à une meilleure valorisation de l’image de l’agriculture. « Pour près des deux tiers des cultivateurs et des éleveurs, l’agriculture de conservation des sols et l’agriculture raisonnée représentent les principaux modes de production durables », note Laurent Depouilly. Toutefois, les agriculteurs pointent les freins au développement de l’agriculture durable : la prise de risques notamment financiers, entre l’avant et l’après, et le manque de conseils techniques adéquats.

 

L’agriculture connectée représente une solution complémentaire, pour répondre aux enjeux du secteur. Sites d’achat en ligne de matériels et produits agricoles, systèmes de gestion d’exploitation, systèmes de guidage des machines par GPS… Autant d’outils numériques aux nombreux avantages. Deux tiers des agriculteurs y voient l’amélioration de leurs conditions de travail et la réduction de la pénibilité. Et la moitié souligne le fait que l’e-farming permet un meilleur respect de l’environnement, favorise la qualité des productions, et suscite un regain d’intérêt pour leur métier, auprès des futurs agriculteurs et du grand public. Cependant, un tiers des producteurs met en garde sur les difficultés à déployer cette agriculture digitale.

 

UNE CURIOSITÉ À SATISFAIRE, DES INNOVATIONS À VALORISER

 

Si les agriculteurs font évoluer fortement leur métier, le grand public en reste le plus souvent à son image d’Epinal de la « ferme », alors qu’il manifeste toujours et encore une réelle curiosité vis-à-vis de l’agriculture d’aujourd’hui (52 % des Français). C’est donc une opportunité à saisir pour le secteur. Mais une difficulté sera à dépasser : la perception négative du concept d’innovation agricole, à contre-courant des aspirations actuelles en matière d’alimentation de qualité et de santé.

 

* Tous les chiffres cités dans l’article proviennent des études Ipsos réalisées en 2015 et 2016.

 

LAURENT DEPOUILLY

Directeur Général Ipsos Lyon

RENAUD LOESEL

Directeur d'études, Ipsos Marketing

 

Côtes-d'Armor: blocage d'une laiterie Par Le Figaro.fr avec AFP

 

Une semaine après avoir lancé un ultimatum aux coopératives pour obtenir une hausse du prix du lait, les producteurs des Côtes-d'Armor ont passé ce mardi la vitesse supérieure et bloqué la laiterie Sodiaal (Entremont) à Guinguamp (Côtes-d'Armor), a-t-on appris de sources concordantes. "Une cinquantaine de producteurs se sont rassemblés dans le calme vers 13H00 au rond-point de Kernilien, à l'entrée de Guingamp, avant de rejoindre le site de la Sodiaal", a indiqué à l'AFP la gendarmerie de Saint-Brieuc. Selon Jean-Marc Lohier, président de la section Lait de la FDSEA des Côtes-d'Armor, ils étaient plus d'une centaine de producteurs avec une quinzaine de tracteurs devant la laiterie en milieu d'après-midi. "Nous bloquons les produits qui sortent, nous demandons une rémunération de 34 centimes du litre contre 30 centimes actuellement", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant que la mobilisation devrait durer "au moins 48 heures" et que "les autres départements bretons devraient la rejoindre mercredi".

 

Nombre de producteurs laitiers sont aujourd'hui dans une situation économique critique. La semaine dernière, une centaine d'entre eux avaient déjà interpellé à Plérin (Côtes-d'Armor) les représentants des coopératives pour réclamer un meilleur prix d'achat de leur production. Ils avaient alors ciblé les coopératives, censées défendre les intérêts des producteurs qui en sont membres. En 2016, les résultats financiers des transformateurs, "notamment coopératifs, ont été importants, pour ne pas dire scandaleux" quand les producteurs sont dans la "détresse", avaient-ils alors souligné. "L'ultimatum courait jusqu'à aujourd'hui. Sans réponse, on a décidé de bloquer la laiterie Sodiaal. Pourquoi la Sodiaal ? Parce que c'est celle qui paie le moins", a expliqué Jean-Marc Lohier. Cette mobilisation intervient alors que les transformateurs - industriels et coopératives - s'apprêtent à fixer le prix d'achat du lait aux producteurs pour les mois à venir. Selon la FDSEA 22 et les Jeunes Agriculteurs des Côtes-d'Armor, "le prix d'équilibre moyen des producteurs du département est de 0,34 euro par litre. Sodiaal doit valoriser ses marques (Candia, Yoplait, Entremont...) et ses produits pour amener un prix qui rémunère le travail des producteurs". Le malaise est si profond et la détermination si forte que même la Confédération paysanne, traditionnellement opposée à la FNSEA, s'est cette fois jointe au combat.

AGRICULTURE BIOLOGIQUE

Coop de France veut garder la confiance des consommateurs

 

À travers cinq engagements, Coop de France précise sa vision de l’agriculture biologique de demain. Elle souhaite une réglementation européenne exigeante qui réponde aux attentes des consommateurs.

 

Alors que le nombre de conversions a décollé ces derniers mois, Coop de France a profité de la simultanéité du « printemps bio 2017 » et de la « semaine de la coopération agricole » pour présenter à la presse, le 6 juin 2017, ses « cinq engagements pour l’avenir du bio français ».

 

« Pour éviter d’avoir différentes voix pour porter la bio en France, on a défini cinq axes principaux », explique Jérôme Caillé, vice-président de la commission de la filière biologique de Coop de France.

 

Méfiance face au nouveau règlement européen

Comme le symbole d’une priorité, le premier de ses engagements s’intitule « soutenir un cahier des charges exigeant, ambitieux et lisible ». Ce premier point cristallise la méfiance des coopératives face aux négociations sur le nouveau règlement bio européen.

 

« On attend un degré de qualité assez fort, en adéquation avec les attentes des consommateurs », analyse Jérôme Caillé. L’enjeu est de garder la confiance du consommateur dans le logo bio européen. Pour cet adhérent de Terrena, c’est bien « l’unicité du modèle français » qui permet de conserver cette confiance.

 

Le bio moins cher n’est pas la bonne option

 

Coop de France est particulièrement vigilant sur les labels privés qui peuvent se développer dans d’autres pays européens. « Attention à ne pas entrer dans une opposition de modèle », prévient Jérôme Caillé.

 

La coopération se montre aussi hostile aux promesses d’un bio moins cher formulées par la distribution. « Ce n’est pas parce qu’il y a une demande forte qu’il faut sacrifier nos exigences », ajoute Pascal Viné, le délégué général de Coop de France.

 

Parmi ses autres engagements, Coop de France veut replacer les exploitants en agriculture biologique au sein de la gouvernance des coopératives. L’organisme prévoit aussi de renforcer la recherche et l’innovation dans le secteur ou encore de renforcer les partenariats entre les différents acteurs des filières bio.

Les coopératives entraînent un « effet de masse »

Pour Pascal Viné, les coopératives provoquent un « effet de masse » dans les conversions. « Quand une coopérative s’engage, elle encourage et sécurise les agriculteurs », explique-t-il.

 

550 coopératives et 7 500 agriculteurs coopérateurs sont engagés en agriculture biologique. Selon les derniers chiffres de Coop de France, la coopération agricole représente 90 % de la commercialisation du porc bio, 78 % de la collecte de céréales ou encore 71 % des aliments pour bétail.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 06:00
Dans la culture populaire, boire du vin, des boissons alcoolisées donne un genre, il masculinise… des femmes contre-attaquent !

Le monde du vin demeure encore très couillu, les mâles y sont dominants, du cep au verre en passant par le chai. Au temps du gros jaja madame Michu achetait le litron familial à l’épicerie, depuis les ménagères de plus de 50 ans, qui font les courses en GD, continuent d’ajouter au caddie la boutanche chérie de monsieur.

 

Dans le monde de ceux qui s’auto-désignent grands amateurs ou comme des amateurs éclairés, la femme n’a guère le droit de cité. Sur le site de la LPV les mâles règnent en maître.

 

La RVF et BD ne sont pas mieux lotis en dépit de strapontins concédés à quelques plumes féminines.

 

Dans les vignes et dans les chais, même tarif, même si, là encore, la féminisation progresse à tout petit pas, elle un peu surexposée dans la communication pour contrecarrer l’image virile qui prédomine encore dans le secteur.

 

Du côté des sommeliers, les sévèrement burnés tiennent encore largement le haut du pavé.

 

Pour les cavistes, même chez les naturistes, la caviste reste toujours une denrée rare. À Paris, l’extension du domaine de la femme caviste est en Marche, rien à voir avec notre jeune Président, et c’est heureux.

 

Chez les journalistes, si tant est qu’il existât des journalistes du vin, la part féminine reste congrue. Les vieux mâles dominants font de la résistance.

 

Au rayon consommation, au grand dam des hygiénistes les femmes s’adonnent de plus en plus avec délice aux plaisirs du vin. Elles vont sans complexe dans les bars à vin, chez les cavistes, savent ce qu’elles veulent, dament le pion à la flopée de gros cons qui se la pètent.

 

Que du bonheur pour mon vieux cœur d’homme qui aime les femmes !

 

D’ailleurs cette chronique est dédiée à mes 3 Claire : celle du Lapin Blanc sommelière, celle d’ICI Même caviste et Claire Naudin vigneronne, à Isabelle Perraud vigneronne et blogueuse, à Laurence Rousselin vigneronne, à Cécile Macé sommelière de Giovanni Passerini, à Fleur Godart vendeuse de vins et écrivaine, à Mareva Saravane sommelière à Amarante, à Camille Delaunay vendeuse de vins sur son vélo…

 

À ce stade de ma chronique, qui va ravir mes lecteurs mâles, je me dois de faire la promotion de la révolte d’une poignée de femmes face à l’impérialisme masculin du vin.

 

Women do wine est une nouvelle association, née officiellement en avril 2017 et créée par un petit groupe de professionnelles du monde viticole.

 

Une association destinée à mieux défendre la cause des femmes dans ce milieu, qu'elles estiment insuffisamment « mises en lumière ». Parmi elles, Sandrine Goeyvaerts, caviste, écrivain et blogueuse belge, en est à l'origine. «Tout est parti d'un prix que j'ai décroché en 2014 du « Blog de l'année », dans le cadre des Trophées du vin organisés par la Revue des vins de France (RVF), témoigne celle-ci. Sur le diplôme que j'ai reçu était mentionné « Homme de l'année »... Cela m'a fait rigoler mais aussi réfléchir », poursuit Sandrine Goeyvaerts. En examinant les palmarès attribués chaque année, celle-ci se rend compte que les femmes récompensées étaient aussi très peu nombreuses, voire « oubliées ».

 

Des constats qu'elle partage et dénonce au travers de billets sur son blog et d'un hashtag lancé sur les réseaux sociaux en janvier 2016, « #WomenDoWine », qu'elle demande de partager et qui remporte « un fort engouement » auprès de la "blogosphère viticole". Mais en 2017, rien ne change, en dehors du nouveau nom donné au concours de la RVF : des « Hommes du vin », on passe à « Grands prix du vin ». Au palmarès, toujours aucune femme... Qu'importe, le collectif est né, décidé à se battre, et ses réflexions déboucheront bientôt sur la création d'une véritable association.

 

Très bien ! Sauf que ça reste entre professionnelles du vin, l’entre soi classique du milieu vineux. Manque le dernier chaînon de la coalition : la simple consommatrice de vin…

 

Je ne doute pas que cet esprit d’ouverture va infiltrer la nouvelle association.

 

Enfin, pour faire chic, un peu de jus de tête à propos du jus de treille :

 

« Socialement, il est globalement mieux perçu d’être une femme abstinente qu’un homme abstinent en France… » écrit Matthieu Lecoutre dans Le goût de l’ivresse.

 

Témoignage de Vincent, 28 ans, abstinent depuis 3 mois en mai 2014 cité dans « Le genre de l’abstinence » H. Pentecouteau et O. Zanna.:

 

J’ai presque honte de refuser de prendre de l’alcool alors que mes amis boivent autour de la table. Ce qui est aberrant, je le conçois. Car il faudrait au contraire pouvoir être fier de s’arrêter de boire. Je trouve que l’alcool est très lié à la virilité et à la manière dont je me perçois en tant qu’homme. Refuser de boire, pour moi, c’est refuser d’être un homme.

 

«Dans la culture populaire, boire de l’alcool donne un genre, il masculinise. En revanche, ne pas boire féminise : à défaut de troubler la raison, il trouble le genre»

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:00
«Tout leur pognon part à la vinasse !» Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre…

« La TV est dangereuse pour les hommes.

 

L'alcoolisme, le bavardage et la politique en font déjà des abrutis. Était-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose ? »

 

Louis-Ferdinand Céline, au cours d'un entretien avec Jacques Chancel paru dans le numéro 117 de Télé Magazine daté du 11 janvier 1958.

 

Chez Céline, le discours médical ou, plus exactement, celui de l'hygiéniste s'est souvent pris dans le délire du pamphlétaire. « Le père n'est même plus un homme, il est un mâle, la mère une femelle. Lorsqu'il boit, l'homme en est réduit à l'état de bête, une bête assoiffée, excitée. L'alcool entraîne une intensification de la violence déjà inhérente à la pauvreté et à l'univers misérable. »

 

En tout cas, il ne résout rien : « On a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, épais comme de l'encre, le ciel reste ce qu'il est là-bas, bien renfermé dessus, comme une grande mare pour les fumées de la banlieue » Voyage au bout de la nuit page 94.

 

« L'alcoolisme est en effet, à l'époque où Céline écrit Bagatelles pour un massacre, au centre des préoccupations de tous les partis politiques et l'on craint les conséquences néfastes des accords de Matignon de 1936 et des congés payés sur la consommation d'alcool dans le milieu ouvrier... »

 

Chez Céline c'est la recherche de l'efficacité qui prime. Cette attitude n'est pas sans rappeler ses conceptions en hygiène sociale et en médecine du travail. Celles-ci aboutissent sans aucun doute à l'établissement d'une société dirigiste et autoritaire...

 

« Je sais moi, ce qu’il a besoin le peuple, c’est pas d’une Révolution, c’est pas de dix Révolutions… Ce qu’il a besoin, c’est qu’on le foute pendant dix ans en silence et à l’eau ! qu’il dégorge tout le trop d’alcool qu’il a bu depuis 93 et les mots qu’il a entendus… » Bagatelles pour un massacre page 59

 

Rapport établi par la CGT« l'Alcoolisme en France »

 

« La France est le pays le plus fort consommateur d'alcool du monde...21 litres 300 d'alcool pur (...) La consommation de vin qui était avant 1900 d'environ 35 millions d'hectolitres annuels, devenue ces dernières années d'environ 50 millions d'hectolitres. Il est donc faux de dire que l'alcoolisme diminue, au contraire, il progresse...La répartition, l'habitude de boire a gagné les milieux féminins, certaines habitudes alcooliques sont devenues particulièrement tyranniques, par exemple celle de l'apéritif »

 

Voici la réaction de Céline dans Bagatelles pour un massacre, Paris, Denoël, 1937, p 92, à ce rapport : « Sur la question du casse poitrine, il est donc totalement officiel, tangible, palpable que le français ne craint personne (...) lecteur piteux, c'est possible, mais insupportable alcoolique (...) aucun sauvage, aucun civilisé non plus n'approche de très loin le français pour la rapidité, la capacité de pompage vinassier »

 

Les références de Céline à l'alcool, l'alcoolisme sont innombrables, en particulier le mot « vinasse » qu'il affectionne particulièrement et qui dénote le dégoût et le mépris qu'il éprouve envers l'ivrognerie.

 

Celle-ci, clinique d'abord, dans le Voyage au bout de la nuit, page 264, est inhérente à la condition misérable est déjà présente dans l'évocation de Rancy : « Cent ivrognes mâles et femelles peuplent ces briques et farcissent l'écho de leurs querelles vantardes (...) Dès le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c'est le chien qui commence à souffrir »

 

Dans l'entre-deux guerres, le discours dominant, en France, est la décadence du pays et au centre de cette décadence, la France des apéritifs :

 

« Le roi bistrot (...) qui souille, endort, assassine, putréfie » Bagatelles pour un massacre, Paris, Denoël, 1937, p.93

 

Lorsqu'il boit, l'homme en est réduit à l'état de bête, une bête assoiffée, excitée. L'alcool entraîne une intensification de la violence déjà inhérente à la pauvreté et à l'univers misérable. En tout cas, il ne résout rien : « On a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, épais comme de l'encre, le ciel reste ce qu'il est là-bas, bien renfermé dessus, comme une grande mare pour les fumées de la banlieue »

 

Céline et le vin

 

« Les textes inédits de Céline sont devenus rarissimes hors correspondances, ajoute Edouard Launet. En mai 2012, Artcurial avait mis aux enchères un manuscrit autographe de quatre pages daté de 1937 et titré «la Vigne au vin», destiné, selon l’auteur du catalogue de la vente, à aider Gen Paul qui s’était engagé à peindre une grande fresque de 100 personnages destinée au Palais des vins de France à l’exposition universelle de 1937. Cette apologie par Céline du vin et de l’esprit bachique était singulière, notait le Bulletin célinien, dans la mesure où l’ancien médecin hygiéniste s’était toujours revendiqué buveur d’eau et dénonçait l’alcoolisme. »

 

Un texte inédit de Louis-Ferdinand Céline aux enchères le 16 mai 2012 à Paris

 

La maison Artcurial mettra aux enchères un texte inédit de Céline le 16 mai 2012 à Paris.

 

Il s'agit d'un manuscrit autographe de 4 pages daté de 1937 titré « La vigne au vin », destiné, selon l'auteur du catalogue de la vente, à aider Gen Paul qui s'était engagé à peindre une grande fresque de 100 personnages destinée au Palais des Vins de France à l'Exposition Internationale de 1937. Une « apologie de Céline sur la vigne, le vin et l'esprit bachique » d'autant plus surprenant que le médecin hygiéniste s'est toujours revendiqué buveur d'eau et a toujours dénoncé les ravages de l'alcoolisme !

 

Extrait :

« Cette décoration murale a été conçue dans un esprit "allègre optimiste, dans une facture joyeuse. L'artiste a voulu représenter les diverses phases de la production du vin dans la gaîté. L'oeuvre entière est baignée, interprétée dans l'allégresse. Une représentation impassible, une description seulement objective de ces tableaux champêtre eut été absolument contraire à l'esprit même de la vigne. [...] tout à la vérité même de cent décorations. Il eut été facile et d'ailleurs tout à fait défendable de forcer encore les qualités bachiques de notre ensemble. Mais avec les [sacrifices] "classiques" auxquels nous nous sommes astreints nous jugeons que notre projet tout en tenant compte des traditionnelles exigences réussit à donner une saine et joyeuse impression des différentes étapes de ce jus-là... des pampres à la bouteille. La même oeuvre conçue par un buveur d'eau n'aurait eu sans doute que de tristes et sévères reflets mais l'auteur même de ces petits tableaux se vante d'avoir toujours heureusement et copieusement honoré la vigne. Il se juge trop heureux d'avoir pour l'occasion pu rendre un hommage combien mérité à la source de tous les courages ! A la fée bienfaisante des jours adverses et sombres. »

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 06:00
La 1ière guerre mondiale ou l’accélération de l’alcoolisation française L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

Hier j’évoquais le front, sur lequel la corporation des veilleurs de notre Santé Publique, les addictologues en tête, et les défenseurs de la Dive bouteille, se livrent à une rude bataille depuis la fin du XIXe siècle.

 

Le socle historique de l’antialcoolisme dans notre pays doit être connu pour mieux comprendre le positionnement des uns et des autres.

 

Rappelons qu’en 1907, « le médecin Georges Clémenceau, alors Ministre de l’Intérieur, demande une grande enquête soit menée dans les établissements psychiatriques pour y déceler les alcooliques : 1 interné sur 7 serait alors concerné. D’autres enquêtes montrent qu’en 1914, la France serait le pays le plus alcoolisé du monde. Au cœur des temps difficiles de la Première Guerre mondiale, en 1915, l’absinthe est prohibée. »

 

Matthieu Lecoutre dans Le goût de l’ivresse Boire en France depuis le Moyen Âge (Ve-XXIe siècle) chez Belin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lui, la Première Guerre Mondiale constitue un tournant concernant l’alcoolisation des hommes.

 

Il note que, pour Charles Ridel, « le goût donné aux soldats pour le « père Pinard » est le terreau d’un alcoolisme qui marque profondément la société française. »

 

« Henri Barbusse écrit à sa femme que le « pinard » est un mot consacré dans son régiment : en boire beaucoup est une habitude. C’est aussi en raison de sa capacité à s’enivrer que le sous-lieutenant Apollinaire est surnommé par ses soldats « Cointreau-Whisky »

 

« Les soldats reçoivent gratuitement de l’armée un volume précis de boissons alcoolisées (0,0625 litre d’alcool par jour, et 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918). Mais les poilus consomment aussi une ration payée par les « ordinaires » (prime d’alimentation versée par compagnie), soit 0,25 litre de vin par jour en 1914 et 0,5 litre de vin par jour en 1918. Finalement, la ration règlementaire quotidienne se situe entre 0,5 et 1 litre de vin par jour. Mais il s’agit d’une moyenne de consommation minimale puisque s’ajoutent les volumes offerts pour les occasions exceptionnelles (les promotions, les célébrations, les permissions…) et ceux acquis par les soldats sur leurs propres soldes aux débits de boissons, aux coopératives ou aux camions-bazars installés au front. »

 

L’arrière-front « province de la gnole et du pinard »

 

« Depuis cinq jours tous mes héros sont saouls, ils courent les villages voisins, raflent le pinard, tombent dans les fossés, y perdent jusqu’à leur croix de guerre […]. C’est la rosée du matin qui les réveille vers 3 heures, ils rentrent se coucher en marchant sur les dormeurs. Se réveillent à la soupe, retournent au pinard, s’endorment, se réveillent, boivent encore, vomissent, retombent été recommencent et continuent. »

 

Le constat sur les dégâts d’une mise au repos de son bataillon, du sergent Henri Jacquelin, normalien, ancien maire de Quimper, le 5 août 1916.

 

Sans doute pour oublier les horreurs, la boue et la saleté des tranchées…

 

Le vin « représente un outil de fraternisation, de solidarité et de partage entre les soldats. Il sert à lutter contre la peur, l’ennui, les horreurs de la guerre. Parfois les soldats s’alcoolisent en en excès pour échapper au prochain assaut. »

 

Mais « Les autorités françaises comprennent rapidement que la consommation régulière de boissons alcoolisées au front leur permet de mieux contrôler les troupes.»

 

Mais « Le vin est également consommé pour écouler les stocks nationaux, suivant une démarche patriotique qui s’oppose au cliché d’Allemands buveurs de bière et d’alcools forts. »

 

Après la guerre, l’aliéniste Paul-Maurice Legrain proposera une alcoologie darwinienne : les alcooliques seront selon lui dégénérescents et affaibliraient héréditairement l’humanité.

 

Demain le combat de Louis-Ferdinand Céline, le Dr Destouches, l’hygiéniste pamphlétaire, contre « la vinasse ».

 

Noyer l’absurdité d’une guerre dans des flots d’alcool

 

Le « pinard » ou le sang des poilus

 

Avec 6 400 morts par jour chez les militaires — le double si l’on ajoute les civils —, la première guerre mondiale a été l’une des plus meurtrières de l’histoire. Pour tenir, les soldats français se sont bien souvent réfugiés dans l’alcool, encouragés par leur hiérarchie, qui veillait à ce qu’ils ne manquent jamais de « pinard ». En quelques années, le vin a ainsi gagné le statut de breuvage patriotique, paré de toutes les vertus.

par Christophe Lucand

 

ICI

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 06:00
Les quinquados sont de joyeux picolos les hygiénos mangent leurs chapeaux…le couple Buzyn-Bourolleau...

Sur le front du rude combat, où tout change pour que rien ne change, que se livrent la corporation des veilleurs de notre Santé Publique, les addictologues en tête, et les défenseurs de la Dive bouteille, chaque camp y va de ses peurs.

 

  • D’un côté, la nouvelle ministre de la Santé n’est autre que l'ancienne présidente de l’Inca. Et ses positions sur la lutte contre l’alcoolisme sont intransigeantes.

 

Pas sûr que la filière viticole apprécie la nouvelle Ministre de la Santé. Agnès Buzyn, présidente de l’Inca (Institut national du Cancer), s’est ainsi élevée contre la clarification de la loi Evin concernant la promotion de l’œnotourisme et des territoires du vin.

 

Voir plus bas (1)

 

  • De l’autre, la nouvelle conseillère agricole du Président Macron, Audrey Bourolleau, qui inquiète la corporation des addictologues.

 

La nomination de l'ex-déléguée générale de Vin et Société - une instance de lobbying du vin - au poste de « conseillère agriculture » d'Emmanuel Macron à l'Élysée inquiète plusieurs associations d'addictologues et des experts en santé publique.

 

« La nomination d'une représentante de la filière alcool ne manque pas d'inquiéter sur les conflits d'intérêts qui pourraient survenir au détriment de la santé publique", écrivent ces onze associations et six experts dans un communiqué commun publié sur internet.

 

« Pour les acteurs de la santé publique, le risque est que la politique agricole et viticole se fasse au détriment d'une politique efficace de lutte contre les consommations nocives d'alcool »

 

Voir plus bas (2)

 

Positionnement politique en défense d’intérêts trop souvent corporatistes, la lutte contre l’alcoolisme dans notre pays est un échec cuisant dû à une approche qui méconnaît largement les évolutions de notre société.

 

L’alcoolisme est une maladie, un fléau, mais se contenter de mettre en cause le flacon, avec en arrière-pensée la prohibition, c’est faire beaucoup de bruit pour rien, se contenter de faire accroire que l’on éradiquera la consommation excessive par des mesures touchant la communication et la publicité.

 

Nos sociétés anxiogènes, déjà addict des antidépresseurs ont besoin de soupapes festives pour évacuer les angoisses et les peurs. Se contenter de leur faire la morale, de les culpabiliser, c’est pisser dans un violon. J’y reviendrai avec les quinquados.

 

Pour ce qui du rôle d’Audrey Bourolleau en tant conseillère agriculture du Président Macron, sans vouloir minorer celui-ci, ma vieille expérience du fonctionnement des cabinets ministériels, des arbitrages à Matignon, me permettent d’affirmer, sans risque de me tromper, que la politique agricole, et par là-même viticole, ne se déterminera pas dans son bureau. Elle aura d’autres chats à fouetter que les éternels refrains de la loi Evin. Quand à madame Buzyn, elle aussi devra mettre de l’eau dans son vin, si je puis m’exprimer ainsi.

 

Jouer à se faire peur fait partie du scénario mais le film n’est jamais que le résultat des conditions politico-économiques du moment.

 

Le premier conseiller agricole de Mitterrand en 1981 fut Henri Nallet, issu de la branche gaucho de l’INRA, surnommé le Sphinx car eu égard, à l’ondoiement du Président, ça lui évitait de prendre des positions tranchées. Avec Michel Rocard nous en jouions sur le dossier des vins de table du Midi rouge, déjà épine dans le pied de l’élargissement du Marché Commun à l’Espagne. Le père François était bien sûr très favorable à l’entrée de l’Espagne tout en ménageant l’électorat socialo-communiste du Languedoc. Tout ça pour dire, et ce n’est pas faire injure au savoir-faire d’Henri Nallet, la partie se jouait bien au-dessus de lui.

 

Ce même Henri Nallet alors Ministre de l’Agriculture de Michel Rocard premier Ministre me demanda de suivre le dossier de la loi Evin. Là encore la bataille se jouait à Matignon, et si Rocard céda au diktat des cancérologues drivés par le Pr Got c’est que le chantage fut intense et que le fameux lobby du vin fut très au-dessous du niveau de la mer.

 

L’approche pragmatique de Macron s’appliquera au vin dont il connaît le poids économique, bien sûr le lobby blanc montera au créneau pour obtenir des mentions nouvelles sur l’étiquette et alors les arbitrages se feront au plus haut niveau et non dans le bureau d’Audrey Bourolleau.

 

Les enjeux se situent ailleurs que sur le front loi Evin, pour l’heure la vision bien traditionnelle du Ministre de l’Agriculture laisse présager une gestion classique du secteur avec cependant l’aiguillon Hulot, mais jusqu’à quand ?

 

J’en reviens maintenant au sujet de cette chronique : l’érection des quinquados !

 

C’est dans Marianne sous la plume d’Hubert Prolongeau

 

Refus du train-train et des plans de carrière, envie de s'amuser, soin de l'apparence... La génération née dans les années 60-70 entend, comme celle de ses enfants, s'épanouir. Révélatrice de l'allongement de la durée de vie, elle n'obéit qu'à un seul précepte : profiter de l'avenir. Bienvenue chez les "quinquados" !

 

On les appelait «éternels adolescents» et on en ricanait : ces «vieux» qui n'assumaient pas leur âge, ces «mamies» en jeans, ces «papys» qui s'affichaient avec des filles plus jeunes... Aujourd'hui, allongement de la vie aidant, ils sont de plus en plus nombreux. Le très sérieux institut de sondage Ipsos appelle ces 45-55 ans vivant comme des trentenaires les «quinquados», contraction de «quinquagénaires» et «adolescents», et voit en eux une très sérieuse mutation...

X..., 47 ans, habillée décontractée, souriante, gaie..., s'est installée il y a douze ans à Bruxelles, où elle est professeur dans une école secondaire de type ZEP. «Je vis comme si j'avais 25 ans : faire la fête, boire, sortir. Il n'y a qu'avec les mecs que je me suis un peu calmée.»

 

Auteur d'un blog sur la «quinquattitude», Antoine le pense : «La génération qui a 50 ans aujourd'hui est née sans le chômage et avant le sida. Cela crée des habitudes d'insouciance qui, aujourd'hui, me semblent plus fortes que celles de beaucoup de trentenaires, trop inquiets. Plus que l'expérience de l'âge, c'est cette aptitude à voir les choses sous un jour relativement serein qui différencie aujourd'hui les quinquagénaires des générations qui leur ont succédé.»

 

Tout l’article ICI 

 

Génération quinquados in Soir-mag

 

Ces quinquas du troisième millénaire seraient-elles dévorées par le démon de midi ? Seraient-elles obsédées par leur apparence ? Veulent-elles profiter pleinement de la vie avant qu’il ne soit trop tard ? S’aveuglent-elles en croyant que tout est encore possible ? Sans doute… Mais, surtout, elles ne se reconnaissent absolument pas dans les termes de “jeunes seniors ” qui désignaient autrefois les femmes de cet âge car elles se sentent physiquement en forme. Elles savent qu’elles ont encore quelque 30 ans de vie devant elles et veulent en profiter pleinement et d’autant plus que souvent elles sont plus libres: les enfants sont grands, les carrières professionnelles lancées, les prêts hypothécaires remboursés et les moyens financiers plus importants. Un sondage Ipsos de 2013, pour la marque de vêtements Balsamik qui voulait connaître le profil de ses acheteuses, a mis en évidence la révolution des quinquagénaires et a lancé le concept de “quinquado ”. Il établit que 100 % des femmes de 45-60 ans se sentent “très bien ” ou “plutôt bien ” dans leur vie, 91 % se perçoivent même plus jeunes dans leur tête, en moyenne 13 ans de moins que leur âge.

 

Tout l'article ICI 

 

  1. Lors des débats autour de la clarification, elle expliquait dans les colonnes de La Croix : « Je suis profondément atterrée par cette initiative de certaines parlementaires qui obéissent à des lobbys très puissants et très bien installés en France, ceux des producteurs de vin. Ces élus donnent l’impression d’être totalement déconnectés des enjeux de la santé publique en France. Chaque année, dans notre pays, l’alcool est à l’origine de 49 000 décès. Et c’est aujourd’hui, la deuxième cause évitable de mortalité par cancer après le tabac. Tous les ans, l’alcool entraîne 15 000 décès par cancer : 70% d’entre eux sont des cancers des voies aéro-digestives supérieures, c’est à dire de la bouche, du pharynx, du larynx ou de l’œsophage. Mais beaucoup de Français ignorent que l’alcool provoque bien d’autres types de cancers : 24% des cancers du foie, 20% des cancers colo-rectaux et même 17% des cancers du sein. »

 

Dans cette interview, elle explique qu’elle ne croit pas qu’une politique de Santé forte puisse avoir des conséquences sur la vente de vin et qu’il faut arrêter d’évoquer les enjeux positifs de la consommation de vin sur la santé.

 

Des recommandations qui vont faire bondir la filière

 

Hasard du calendrier, il y a quelques jours à peine, des experts de l’Inca produisaient un rapport sur leurs préconisations en matière de lutte contre l’alcool. On peut se demander s’il n’est pas déjà en bonne place dans la feuille de route de la nouvelle Ministre de la Santé, qui ne répond pas entièrement à l'approche du vin présentée par Emmanuel Macron sur

 

  1. Rappelant la volonté affichée par Emmanuel Macron de moraliser la vie publique, ces associations et experts invitent le président "à appliquer cette politique dans le choix de ses conseillers". Depuis sa nomination, Audrey Bourolleau a démissionné de ses fonctions de déléguée générale de l'association Vin et société, fonction qu'elle occupait depuis 2012.

 

Les experts rappellent que les coûts pour la société de la consommation excessive d'alcool, "deuxième cause de mortalité évitable après le tabac" sont "considérables". "La taxation sur les alcools, qui rapporte environ 3,2 milliards d'euros par an, ne représente que 37% des soins (7,7 milliards)", indiquent-ils notamment. Ils soulignent également qu'en 2016 la Cour des comptes avait relevé que la filière vin entretenait "la confusion en finançant ses propres études pour attester de la non-dangerosité de l'alcool consommé avec modération".

 

Ils critiquent aussi la présence au Parlement de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) et des groupes Viticulture, vigne et vin et Filière brassicole. Les signataires regroupent notamment la Fédération française d'addictologie, l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie et le Collège professionnel des acteurs de l'addictologie hospitalière, ainsi que les experts Gérard Dubois, Irène Frachon, Claude Got, Serge Hercberg, Catherine Hill et Albert Hirsch.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 08:00
CHAP.19, temps suspendu, l'affaire Ferrand, c'est le tweet de Valérie Trierweiler. «Si nous évitions d'acheter des vins français, et achetions des vins de l'État de New-York, de Gaulle serait rapidement sur les genoux»

Nous vivons une époque formidable qui aurait ravi le Grand Charles, pensez-donc un trublion venu du diable vauvert vient, en une poignée de mois, de faire imploser le « régime des partis ». À peine élu, après une remontée des Champs Elysées en command-car, profitant d’une séquence internationale qui tombait à pic, puis de la dernière frasque de ce fou dingue de Trump, le petit gars en impose aux 2 Grands du temps du Général : les Ricains et les Ruskoffs ! Broyer la main de la grande andouille peroxydée, mettre le nez de Poutine dans ses savantes manœuvres d’ex du KGB avec sa presse à la botte et ses hackers, et pour finir en pleine nuit retourner comme une crêpe la formule de Trump, ça plaît aux Français.

 

Ça booste, en dépit du caillou Ferrand, ses candidats aux législatives, du moins dans les sondages, ce ne sera peut-être pas la Chambre bleue horizon ni la Chambre rose de 81, mais le PS va toucher le fond, les Insoumis de Mélenchon et les fronts bas de MLP risquent de ne pas tirer les dividendes espérés de leurs beaux scores présidentiels.

 

Le cas d’école de l’atterrissage sur le ventre est bien celui de la Méluche qui délire sur son triste sort. Comment a-t-il pu une seule seconde croire que sa remontada pour dépasser Fillon et MLP aurait débouché sur un second tour victorieux face à Macron. Y’ a rien de Mitterrand chez Mélenchon, son attitude à nouveau vindicative en est la démonstration.

 

Bref, revenons à de Gaulle :

 

« En 1966, le Président Lyndon Johnson veut contenir le communisme, et déverse ses troupes, ses avions, ses bombes, pour protéger son protectorat du Sud Vietnam contre le Nord de Ho Chi Minh. De Gaulle lui dit que c’est inutile, depuis un moment, et que la victoire est impossible, mais cette fois le clame dans un pays voisin du Vietnam, au Cambodge qui veut préserver sa neutralité.

 

«Eh bien! La France considère que les combats qui ravagent l'Indochine n'apportent aucune issue. S'il est invraisemblable que l'appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n'y a, d'autre part, aucune chance pour que les peuples de l'Asie se soumettent à la loi de l'étranger venu de l'autre rive du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes.»

 

On a bien entendu: «La loi de l’étranger», la croisade US pour la liberté! Le Général est reçu au Cambodge en héros. Le prince Sihanouk, ce roitelet de tourmentes qui côtoyait le communisme pour se préserver du chaos, le compare à un saint médiéval, qui vaincra les dragons: «Notre monde actuel, où tant de peuples sont victimes d'injustices ou subissent des actes de guerre, a le plus grand besoin de modernes "saints Georges", qui osent défendre, même contre le gré de leurs alliés, la justice, le bon droit et la paix.» On récite des poèmes à sa gloire. La France, par son chef, ayant rompu les rangs de l’Occident, est la marraine des peuples contre l’Empire!

 

La France ingrate

 

L’Amérique le vit mal. La France est ingrate, qui oublie ceux qui l’avaient libérée! En mars, De Gaulle est sorti de l’OTAN, et le GIs quittent le sol français. Voilà bien ce pays insolent, qui poignarde le camp de la Liberté! Un Représentant de l’Etat de New York, Samuel Stratton, défend à la Chambre des représentants un isolement commercial de la France. Les touristes doivent désormais boycotter Paris, dit-il, et mieux encore: «Si nous évitions d'acheter des vins français, et achetions des vins de l'État de New-York, de Gaulle serait rapidement sur les genoux», lance Stratton.

 

Ces réactions seront un classique. Une génération plus tard, en 2003, quand un autre pouvoir français défie un autre pouvoir américain, des passionnés débaptisent les french fries pour les renommer freedom fries, les frites de la liberté! on moque en Amérique les défaites historiques des armées françaises, on dénonce l’antisémitisme qui ravagerait notre pays; on fustige l’épaisseur musquée de nos fromages. On fait payer, en somme, au Président Jacques Chirac et à son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, interprète d’un discours à l’ONU qui l’accompagnera le reste de son âge, d’avoir voulu gêner les plans irakiens de l’administration Bush, défiés verbalement quand leur guerre était déjà prête. «L'usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui a dit Villepin, applaudi dans l’enceinte de l’Assemblée générale. Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits.» Qui, aujourd’hui, aux Amériques, voudra ou pourra punir Macron?

 

De Gaulle, Villepin, Macron

 

En 51 ans, c’est la troisième fois que la France mène une fronde contre l’Amérique indigne. De Gaulle 1966, Villepin 2003, Macron 2017, participent d’une même histoire. Le pays rétif, le pays qui dit non, regarde le géant. Il proteste de son amitié, et n’en frappe que plus violemment. Macron, moquant Trump et ses slogans de mirliton, unifiant le monde contre lui, précise que l’Amérique est notre allié contre le terrorisme. Villepin entretenait une relation amicale avec le secrétaire d’Etat US Colin Powell et avait été ambassadeur à Washington, et Chirac, vendeur de glace et amoureux d’une young lady locale, Florence Herlihy, lors d’un périple de jeunesse. De Gaulle, en 1966, faisait vibrer «l'amitié exceptionnelle et deux fois séculaire» que la France portait à l’Amérique, mais le compliment intégrait la perversion: la France avait aimé l’Amérique, en raison de ses principes: «l’idée que, jusqu'à présent elle s'en était faite, savoir celle d'un pays champion de la conception suivant laquelle il faut laisser les peuples disposer à leur façon de leur propre destin.» Les principes bafoués, l’amitié n’était plus une excuse. C’était l’Amérique qui se trahissait en contraignant les Vietnamiens, fussent-ils rouges, et De Gaulle l’invitait à se reprendre: «En prenant une voie conforme au génie de l'Occident, quelle audience les États-Unis retrouveraient-ils d'un bout à l'autre du monde et quelle chance recouvrerait la paix sur place et partout ailleurs!»

 

Nous vous aimons, américains, et ne vous pardonnons pas de déchoir, car vos manques blessent toute l’humanité. «Aucun Etat ne peut s'ériger en gardien du monde», insiste Dominique de Villepin en mars 2003, alors que les soldats de Bush se battent en Irak. «La force ne doit être qu'un dernier recours parce que cet usage risque d'aviver les plaies du monde», ajoute-t-il. De Gaulle n’en disait pas moins à Phnom Penh, avertissant que la guerre, si elle n’était jugulée, condamnerait le monde «à des malheurs toujours grandissants». Macron parle à l’unisson, pour qui Trump commet «une faute pour l’avenir de notre planète», faisant risquer, à «nos enfants», «un monde fait de migrations, de guerres, de pénuries».

 

Tout l’article Quand De Gaulle, contempteur de l’Amérique, annonçait Macron

 

Claude Askolovitch — 03.06.2017 - ICI 

 

Comme les politiques, les journalistes politiques ont du mal à décrocher, c’est le cas de François Bazin, ancien chef du service politique de L'Obs, qui passe au scanner cinq années qui ont transformé la politique française. Comme la lame d'un chirurgien, sa plume, alerte, imagée et éclairée, dissèque avec minutie le mandat de François Hollande. Ses coups d'éclat oubliés, ses retentissants ratés, ses erreurs répétées. « C'est le seul livre sur Hollande qui n'a pas été dicté par Hollande », ironise-t-il quand on lui demande ce qu'on apprendra de plus – son ouvrage venant après des dizaines de milliers de pages consacrées au président déchu.

 

Sur Macron, comme tout le monde, il n’a rien vu venir, mais ça ne l’empêche pas d’affirmer que l'affaire Ferrand, c'est le tweet de Valérie Trierweiler

 

Avec les mêmes effets ?

 

On ne sait pas.

 

Là où c'est très ennuyeux, c'est que la séquence pré-législatives devait être dominée par loi sur la moralisation. Or c'est raté. Ce qui domine, ce sont les atteintes à cette moralisation par l'un des principaux ministres. Emmanuel Macron a fixé le thème, mais le thème s'est inversé. Ce genre de premières impressions reste et imprime profondément l'opinion. Cela va au-delà de la crise passagère et colore le mandat. Le tweet de Valérie Trierweiler a coloré le début de quinquennat Hollande et cette «coloration» a été rappelée par l'affaire Julie Gayet et la sortie de Merci pour ce moment. L'opinion s'est dit : « Cet homme n'est pas normal.»

 

  • Dans ces quinze jours réussis, l'affaire Ferrand est-elle la première erreur du président Macron ?
  •  

Il a choisi une ligne de communication : l'absence. Il a fait rapporter son message par son porte-parole. Mais, dès le soir même, il est rattrapé par la patrouille. On a des images de nuit, à Vannes, où on a l'impression qu'il fuit. Sa ligne de communication est de ne pas apparaître ; il est apparu encerclé par des journalistes avec des questions répétées entraînant des réponses dilatoires et un certain énervement. Or Jupiter ne s'énerve pas : il met une claque ou reste sur son nuage en entretenant le mystère. Il ne va pas comme un petit bonhomme sous les flashs des caméras.

 

Reste à encore épingler ce pauvre Onfray et à revenir sur ce pauvre Méluche :

 

Onfray à la une des hebdos: la philosophie pour les nuls et les beaufs réacs

 

Inutile d'aller au bistrot pour y écouter les analyses de René entre deux tournées de beaujolais, il suffit cette semaine d'acheter l'Obs et Valeurs actuelles. Et d'y lire Michel Onfray présentant son dernier ouvrage, consacré à la campagne présidentielle achevée. C'est poilant.

 

Dans Valeurs actuelles, Onfray disserte avec André Bercoff. Qui présente lui-même la chose ainsi « mon entretien avec le philosophe Michel Onfray qui flingue allegro furioso les clowns qui nous égarent ».

 

Le texte final est conforme à la promesse. Ça ne vole pas très haut. Il faut dire qu'on est entre amis désormais, du côté de la France rance. Retenons que Macron est pire que les plaies qui accablèrent l'Egypte quand Moïse décida de montrer à Pharaon qu'il fallait le laisser partir avec son peuple.

 

Dans l'Obs, l'entretien est moins complice. On cherche à pointer les contradictions de Michel Onfray. Ses faiblesses. Mais au fil des pages, le lecteur finit par s'interroger: pourquoi se donner tant de peine à discuter, disputer et argumenter avec un personnage dont la pensée est si médiocre, l'intelligence à ce point indigente, et l'esprit borné? Pourquoi tenter de donner à croire qu'un tel personnage, présenté comme philosophe soit à ce point digne d'intérêt intellectuel et politique?

 

Une affligeante pauvreté

 

Qu'on en juge. La vision de l'élection présidentielle achevée revue et corrigée par Michel Onfray est d'une affligeante pauvreté.

 

Les personnages?

 

Benoit Hamon est le "roi crétin" et le "piège à con". Jean-Luc Mélenchon est "Robespierre le petit". Pourquoi "petit"? Réponse, sans rire du philosophe : "Il n'est pas la hauteur". Quant à François Hollande, c'est « Sphincter Ier », parce qu'il "ne se retient pas, il se répand partout "… Bien…Y a du niveau chez le penseur Onfray.

 

La dramaturgie de la campagne? Un complot, monté par des cabinets noirs, des médias aux ordres, la finance et la banque…

 

Sont coupables de l'élection de Macron " le maastrichtien " :

 

-" Le dispositif ", à savoir " le système qui fonctionne avec les médias, l'édition, l'université et l'école ".

 

-" les médias ", " regardez le nombre de couvertures consacrées à Macron par rapport à Jean Lassalle ". " Un journal ne suis pas l'opinion, il la fait, c'est élémentaire non? "

 

-Le Pen et Mélenchon, " qui n'étaient que des lièvres à qui on a demandé de s'écarter pour laisser passer le vainqueur ".

 

-Christophe Borgel, du PS, qui a " bourré les urnes " de la Primaire socialiste afin d'éliminer Valls au profit de Hamon, parce que (attention, révélation!) le PS et François Hollande avaient intérêt à ce que Hamon l'emporte, plutôt que Valls, pour faciliter la victoire finale de Macron ".

 

-François Hollande, parce que " l'élimination de Valls lui permettait de soutenir Macron ".

 

-" Les cabinets noirs ", car " les gouvernants doivent pouvoir compter sur des services secrets pour réaliser des opérations discrètes ". Et avec eux, " les conseillers en communication ", " images ", " riposte "…

 

-Macron, qui a usé d'une " méthode de séduction extraordinaire mais au point avec des algorithmes pour s'adresser à une partie de la population, puis à une autre "…

 

Et tout le reste est de la même veine délirante, s'étalant sur 6 pages pleines.

 

Tout cela est sidérant. Mais aussi très révélateur, une fois de plus, de l'époque.

 

Une vedette de télévision

 

En vérité, ce qui est intéressant, ce ne sont pas les propos d'Onfray, imbéciles et grotesques (et qui ne méritent même pas que l'on perde du temps à les réfuter) c'est le fait que quantités de médias estiment qu'il est impératif de le prendre au sérieux, de lui ouvrir leurs pages en grand, de le traiter avec considération et de faire semblant de le prendre au sérieux. Tout cela dit ce que nous sommes, et d'une certaine façon, dit aussi ce que certains refusent que nous soyons.

 

Onfray est une vedette de télévision, qui a bâti sa réputation médiatique sur le ridicule intellectuel de ses postures, dont la dernière livraison est emblématique. Onfray est un " bon client " de la télé, qui a compris l'intérêt commercial qu'il y avait à accepter de se produire à On n'est pas couché et Les Grandes gueules. Et de " bon client " de la télé, Onfray est devenu " bon client " pour le papier. Il a ainsi pu enclencher, avec beaucoup de talent, le cercle vertueux qui procure la plus grande des surfaces médiatiques. Il passe à la télé parce qu'il est à la une des magazines, il est à la une des magazines parce qu'il passe à la télé, et ainsi de suite, à l'infini…

 

Mais ce n'est pas tout. Désormais tribun de la plèbe réactionnaire, Onfray est aussi le formidable vecteur qui permet aux différentes factions du Vieux monde qui meurt de réfuter la victoire démocratique de Macron et des valeurs qu'il emporte avec lui. En théorisant un vaste complot qui aurait confisqué la démocratie, Onfray apaise les consciences qui prophétisaient que la France 2017, saisie par l'insécurité culturelle, viendrait prendre place aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis, entre Trump, Brexit, et soumission à l'ordre mondial de Poutine. De même, il explique aux orphelins de la Vieille maison PS et de la rue de Solférino que la victoire de Macron relève d'une trahison inscrite dans le grand complot, dont Hollande et une partie du PS ont été les complices.

 

Pour les partisans du Vieux monde, de gauche et de droite, de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la vision complotiste et délirante d'Onfray est rassurante. Les uns et les autres y trouvent matière à réconfort en ce qu'ils peuvent conclure que ce ne sont pas leurs idées qui ont perdues, mais que ce sont des tricheurs et comploteurs qui ont porté Macron au pouvoir. Cette explication du monde est apaisante, et leur convient. Onfray est le philosophe de l'époque qui traque les Forces occultes qui détournent la démocratie. Onfray est partout.

 

La créature Onfray est le symptôme de tous les dérèglements de la sphère politique et médiatique, du décalage entre la mutation politique qui s'opère en cette année électorale 2017 et les représentants du Vieux monde qui refusent leur disparition. C'est de la philosophie pour les nuls et les beaufs réacs, mais tout le monde fait comme si tout cela était digne de la grande tradition de l'intellectuel français se promenant en politique. Onfray n'est pas sérieux, mais le fait que le Vieux monde le traite avec sérieux mérite d'être pris au sérieux.

 

Mélenchon vs Cazeneuve: le grand tournant sectaire de la France insoumise

Le 29.05.2017 à 13h06

 

Jean-Luc Mélenchon accuse Bernard Cazeneuve d'avoir une part de responsabilité dans la mort de Rémi Fraisse, à Sivens, en 2014. Cette polémique révèle le tournant gauchiste de la France insoumise, bien loin de la campagne hugolienne de la présidentielle.

 

De Victor Hugo en Républicain à Paul Déroulède en gauchiste. L’étrange mutation. Car ainsi s'est doublement métamorphosé Jean-Luc Mélenchon en quelques semaines. Le formidable intellectuel de la campagne présidentielle, hugolien et jaurésien, réincarnation de la figure de l'Instituteur de la IIIe République, s'est mué en tribun identitaire et sectaire pour les élections législatives. Déroulède gauchiste nationaliste et populiste, Mélenchon ne sème plus le grain qui lève en mai et se récolte à l'été, mais la colère qui prospère sur le désespoir et ne produit que de la haine.

 

La France insoumise est bel et bien l'ivraie de l'ivresse, la représentation quotidienne de la mise en scène de l'ego d'un homme sous couvert de combat pour autrui. La transfiguration est brutale. Et la question qu'elle soulève l'est tout autant. Où est le vrai Mélenchon? Quelle est à la fin la vérité de cet homme?

 

Plus rien ne paraît arrêter le quatrième candidat de l'élection présidentielle. La tempérance et la tolérance ne sont plus du monde de la France insoumise. L'intransigeance et l'outrance sont désormais les vertus du moment. Jusqu'à formuler l'accusation la plus hallucinante, à savoir laisser entendre que l'ancien Premier ministre de l'Intérieur et Premier ministre Bernard Cazeneuve serait en partie responsable, voire coupable, de la mort de Rémi Fraisse, sur le site de Sivens, en octobre 2014. C'était à Montreuil, le 24 mai dernier, et les caméras de C Politique, sur France 5, ont enregistré l'accusation.

 

Une logique politique sectaire

 

Donc, Mélenchon a dit ceci : "Comment il s'appelle là le dernier que son nom m'échappe qui était Premier ministre? Comment vous l'appelez? Oui, Cazeneuve, le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse".

 

Puis, il a ajouté: "Le gars qui a fait gazer, matraquer, toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petit sainte-nitouche pour dire que c'est moi qui ne sait pas choisir entre le Front national et je sais pas qui. (…) Encore une fois vous essayez de tromper les gens. Encore une fois vous essayez de leur faire peur".

 

Bernard Cazeneuve, entre indignation et émotion, a annoncé son intention d'en appeler à la justice de son pays. Diffamation dit-il. Nous verrons si ce procès à lieu.

 

En attendant, le cas Mélenchon est préoccupant. Il dit que le leader de la France insoumise est entrée dans une logique politique sectaire, décidé à rompre toute attache avec les partis républicains modérés. Il dit aussi le processus d'extrême-gauchisation d'une partie de la société politique française.

 

Le retour de l’agitateur de foules haineuses

 

Depuis le soir du premier tour de l'élection présidentielle, c'est comme si un autre Mélenchon était revenu d'entre les Mélenchon. Fini le tribun aux accents gaullo-hugoliens de la place de la République. Envolé le grand orateur jaurésien s'adressant à ceux qui n'ont que la Nation pour seul bien. Retour de l'agitateur de foules haineuses, grand manipulateur de passions tristes, entre Déroulède et Chavez. Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir. La France insoumise, c'est la France qui refuse l'optimisme, l'écho de gauche au Front national.

 

L'écart est tel entre les deux incarnations que Jean-Luc Mélenchon en a payé le prix. On ne se dérobe par impunément à la charge de s'opposer à une victoire possible du Front national. On ne déserte pas face à Marine Le Pen sans en payer le prix politique. On n'abandonne pas son poste de combat face à l'extrême droite sans mériter son procès en haute trahison républicaine. Mélenchon a pris un risque, il prend aujourd'hui sa perte.

 

L'opinion a déjà jugé sévèrement l'inspirateur de la France insoumise. Sa cote de popularité personnelle s'est effondrée en quelques jours. Un sondage Elabe a même pointé une chute de 17 points, aussi spectaculaire que sans appel. Une partie de l'électorat qui avait voté Mélenchon de bonne foi se sent aujourd'hui trahi. A juste titre.

 

Mélenchon a opté pour un choix stratégique qui vise à achever la destruction du Parti socialiste (en parfaite complicité objective avec le mouvement macronien République en Marche) et l'installation à gauche d'un groupe, le sien, qui entend s'installer sur les décombres du PS et du PC (car au passage, Mélenchon a aussi pour objectif d'en finir avec les communistes). Bref, la refondation Macron se double d'une refondation Mélenchon.

 

Cela étant, si les deux refondateurs et recompositeurs de la vie politique s'entendent sur l'objectif de temps court (ruiner le PS et le transformer en parti vestige de la Ve République), sur temps long, le dessein diffère.

 

Pas d’autre projet que lui-même

 

Emmanuel Macron impose une substitution qui accouche d'un parti politique inscrit dans la durée, porté par un progressisme réformateur enfin libéré du surmoi marxiste qui tué le PS à petit feu depuis la fin des années 90, et dont Benoît Hamon a été le dernier avatar mortifère. En marche est fait pour gouverner dans la durée, au gré des alternances entre camp progressiste et camp conservateur (lui-même entrant en phase de mutation). Il est l'achèvement réformiste initié par Mitterrand en 1971, et engendré collatéralement par un PS qui a refusé de muter.

 

En revanche, Mélenchon n’a pas d’autre projet que lui-même. Il n’est pas question de se doter d’un grand dessein de gouvernement. La France insoumise, par définition, ne saurait vouloir gouverner, puisqu’elle est insoumise. La France insoumise au pouvoir est un oxymore. La France insoumise est un vote inutile pour qui entend changer la vie.

 

Mélenchon et ses amis rejouent la pièce jouée par les communistes français des années Thorez, Waldeck-Rochet et Marchais. Occuper la gauche de la gauche pour empêcher l’émergence d’une force social-démocrate au centre gauche et attendre le grand soir qui ne vient jamais. L’essentiel est de demeurer dans la pureté révolutionnaire. Et tant pis pour ceux que l’on prétend défendre, qui n’ont plus accès à l’histoire autrement que par de brèves fractures, quand bien même ils façonnent le pays par le travail et par le sang. C’est en cela que la dérive sectaire de Mélenchon trahit l’enseignement de Jaurès.

 

Mélenchon et sa VIe République, sa constituante, sa France insoumise, son attachement à l’alliance bolivarienne, la secte de ses militants, c’est la promesse de la mort de la gauche au pouvoir pour des décennies. Au mépris du peuple qu’il prétend défendre. Mélenchon n'a d'autre projet pour les électeurs prêts à lui faire confiance que le repli et l'enfermement. Est-ce un projet digne des Lumières dont il se réclame?

 

A l'Assemblée, tout cela risque de se terminer avec l'élection d'une quinzaine de député. Pas plus. Le prix à payer du splendide isolement politique prôné par Mélenchon. Ici apparaît la vérité politique de l'homme et ce qu'il emporte avec lui. La réalité du Déroulède gauchiste Mélenchon, c’est la vanité. Rien de nouveau sous le soleil rouge.

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