Mardi 25 septembre 2012 2 25 /09 /Sep /2012 00:09

viewerboeufs.pngLes mannes de mon pépé Louis vont exulter puisque les bœufs reviennent en force dans le paysage agricole et plus précisément viticole. En son temps j’avais chroniqué pour lui rendre hommage « J'ai deux grands bœufs dans mon étable » link et lorsque l’agence de Bernard Magrez m’annonce qu’ « Après avoir été parmi les premiers Crus Classés à remettre au goût du jour les labours des vignes au cheval de trait, le Château Pape-Clément à Pessac Léognan va aujourd’hui plus loin encore dans son travail du terroir avec l’arrivée de Blanc et Marel, deux magnifiques bœufs de 4 ans » je ne peux m’empêcher de me taxer de visionnaire même si la qualification de goût  du jour me défrise un chouïa et que j’eusse aimé, pour un blogueur de mon renom, le Bernard me l’annonçât de sa propre plume d’oie.

 

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Que dit le communiqué de presse – je hais les communiqués de presse mais bon celui-là m’informe alors je mets mon mouchoir sur mon allergie -


« De race gasconne, ces deux bœufs de 400 kg, ont été élevés en Ariège, à la Bastide de Sérou, et n’obéissent qu’à la langue occitane !


Ce n’est pas pour le folklore des labours à l’ancienne que Bernard Magrez a décidé d’avoir recours aux bœufs en plus des chevaux pour les labours. Il y a des raisons techniques précises.


Les bœufs permettent en effet un labour plus performant :


- Ils travaillent plus lentement que les chevaux et sont donc plus précis pour leur travail entre les rangs de vignes,


- Plus puissants, ils développent plus de force, notamment au démarrage. Un bœuf peut tracter et retenir plus de deux fois son poids.


- Ils s’arrêtent quand ils rencontrent une difficulté ou un obstacle, contrairement au cheval qui ne s’arrête pas une fois lancé. Cette attitude permet d’éviter que la charrue n’arrache des pieds de vigne au moment du déchaussage.


Au-delà des avantages environnementaux évidents, la traction animale permet également de protéger le sol des dégradations que provoquent les tracteurs. En effet, l’utilisation des animaux évite le tassement du sol ainsi que les vibrations néfastes au maintien de sa qualité. Par ailleurs, les animaux peuvent aussi atteindre des parcelles difficiles d’accès pour les véhicules. Il s’agit d’un réel progrès qui amène la production du Château Pape Clément une fois encore vers l’excellence, qui est le credo de ce grand cru… »


Toucher les bœufs, les conduire avec un aiguillon ce n’était pas à la portée de n’importe qui et c’était un apprentissage. Cependant, dans le cas de la vigne, comme le montre la photo il ne s’agit plus de bœufs enjugués, les Jaunet, Blandin de mon enfance qu’il fallait savoir faire virer en bout de champ ou conduire sur un chemin de terre mais d’un bœuf quasiment tenu en laisse par un conducteur. Je ne sais comment il est harnaché mais je suis sûr que Bernard Magrez, eu égard à mes hautes compétences bovines, se fera un plaisir, lors d’un de mes passages à Bordeaux, de m’instruire ou de me faire instruire sur la conduite du bœuf unique dans la vigne. Mon titre sur les emplois d’avenir a pu vous paraître provocateur et désinvolte mais il n’en est rien : si les Grands Crus pour toutes les raisons qui sont les leurs veulent bien investir dans l’emploi des jeunes – ils en ont les moyens – je ne vois pas au nom de quoi il faudrait faire la fine bouche. En effet, les 2 bœufs de Bernard Magrez, pur gascon, n’entendant que l’occitan comme leurs compères chevaux ne se remisent pas dans un hangar il faut les entretenir et les nourrir tout au long de l’année.


Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières et je ne plaisante pas avec les emplois d’avenir financés par l’épaisseur du trait des GCC. En son temps, en mai 2007, bien avant que ce fut tendance, j’avais commis un chronique : vin de cheval link alors aujourd’hui grâce à Blanc et Marel – pas très occitan ces patronymes – je pourrai qualifier les vins de Pape Clément de beaux vins. J’attends donc avec impatience le jour où j’irai voir ces deux beaux bestiaux, et même si je ne parle pas l’occitan, je suis sûr que mon patois vendéen sera suffisant pour leur faire lever les oreilles et battre de la queue sur leurs flancs.


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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