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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 00:09

L’été dernier, regroupées, sous le titre « Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants »,  quelques chroniques lestes, mais de facture littéraire irréprochable, avaient occupé cet « espace de liberté » pendant mes vacances corses. Pour les nouveaux arrivants, à la fin de cette chronique, je donne les liens pour les découvrir ou les relire.

 

Au milieu d’elles, deux perles, deux bijoux d'humour sicilien de mon chouchou Andréa Camilleri. Chaque année je me régale de la lecture, d’un ou de plusieurs de ses romans, dans la traduction impeccable de Dominique Vittoz ou de Serge Quatruppani de son incomparable langue sicilienne, si parlante, si vivante : L’Opéra de Vigata, Le coup du Cavalier, La disparition de Judas, Privé de Titre, La pension Eva, Marruza Musumeci… Camilleri joue avec la langue, lui donne une consonance charnelle, terrienne, exotique qui transporte le lecteur, lui fait croire qu’il né du côté d’Agrigente. Au charme d’intrigues bien ficelées ce maître réjouit le cœur et rend l’âme légère avec sa plume qui sait être leste avec beaucoup d’humour.

 

Cette année, l’opus est titrée « Le Grelot » et est publié chez Fayard. C’est l’histoire, à l’aube du XXe siècle, d’un fils de pêcheur de Vigata, Giurlà, placé à quatorze ans dans une chèvrerie de montagne où il va découvrir un univers de solitude qui lui donne goût à une liberté inespérée et l’initie à l’amour d’une manière peu banale.

 

L’extrait que je vous propose ne déflore pas le fond de ce beau roman, il est très représentatif de la langue de Camilleri et de son art de conteur.

 

« À la chèvrerie, Rosa ramenait les cabres à l’enclos.

Giurlà rentra ranger ses provisions dans la caborne.

« Je peux te prendre un peu d’eau dans l’outre pour me laver ? demanda Rosa dehors.

-         Pour sûr. »

Fut dit, fut fait, Rosa se défubla de son chemisier, baissa les bretelles de sa combinaison, enleva son soutien-gorge.

Doux Jésus, quels belons énormes ! Comment pouvaient-ils pointer si dru malgré leur poids ? Rosa s’accassa, releva sa jupe et son jupon, les roula à la taille et se lava entre les jambes. Elle ne portait pas de culotte. Quand elle eut fini, elle entra dans la tenue où elle se trouvait.

«Tu me prêtes quelque chose pour m’essuyer ? » demanda-t-elle en s’asseyant sur la paillasse.

Giurlà ne trouva guère à lui donner qu’une de ses chemises, qu’il avait lavée deux jours plus tôt. Rosa s’allongea s’appuyant d’un bras sur la caisse et commença par s’essuyer la poitrine. Les yeux écarabillés de Giurlà étaient rivés sur les natures de Rosa, que sa position mettait en vue ni peu ni trop. Elle avait du poil au minon ! Quasiment plus qu’une beguiette !

« Pourquoi tu me regardes avec ces yeux de merlan frit ? s’enquit Rosa. Tu n’as jamais vu une femme nue ?

-         Non.

-         De vrai ? Alors te gêne pas et regarde-moi bien. »

Elle rejeta son chemisier, troussa encore plus haut jupe et jupon et s’appuya des deux bras sur la caisse pour qu’il ait un meilleur point de vue. Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon. Ça lui arrivait depuis deux ou trois mois, mais gros raide comme ça, c’était la première fois. Rosa eut un joli petit rire, elle se redressa, prit la main de Giurlà, la posa sur ses belons et s’allongea à nouveau. Ils avaient beau être durs comme de la pierre, sous la main c’était du velours. Puis Rosa déplaça la main de Giurlà plus bas, vers ses natures, et guida deux de ses doigts à l’intérieur d’elle. Puis elle dit :

« Attends. »

Tout empoupiné de sa personne, Giurlà en nage se releva. Rosa baissa son pantalon, attira le garçon sur elle, le guida. Ils venaient de finir et étaient allongés côte à côte, le souffle court [...]

[...] Il fit demi-tour, pensant trouver Rosa déjà rhabillée. Penses-tu ! Elle s’était mise toute nue et couchée à plat ventre. L’effet sur Giurlà fut le même que s’il n’avait fifrée à l’instant. Dès qu’il fut sur elle, elle adopta la même position qu’avec Damianu *. Mais alors que la première fois elle était restée silencieuse, ce coup-ci, elle se mit à miauner. Et Giurlà trouva la chose bien à son goût. Par le fait, il poussa aussi de grands han à chaque enfournée. »

 

  • petit retour en arrière : « En arrivant près de la caborne, il entendit Rosa qui miaunait. La pauvre ! Alors ce n’était pas seulement la tête qui lui variait, elle était malade pour de bon. Mais il dut s’arrêter sur le seuil, pétrufié. Il n’avait jamais vu un homme et une femme fifre, mais il en avait jaqueté à perte de vue avec Pipo et Fofò et c’était comme s’il l’avait déjà vu cent fois. Rosa, nue comme une jument, était allongée, jambes écartées, sur la couverture qui recouvrait la paillasse et Damianu, encarpionné sur elle, donnait du cul en avant, en arrière, en avant, en arrière. Giurlà était ébaffé de la force que Damianu déployait à chaque ahan. C’était peut-être ce qui arrachait ces ramamiaux à Rosa ? Elle avait peut-être mal ? Mais elle ne semblait pas miaumer de douleur, bien au contraire ! Le cabreux s’arrêta, se dégagea et Rosa pris la position à genoux, en appui sur les paumes. Derrière elle, Damianu se rempiqua bon cœur bon argent, en avant arrière, avant arrière, tout en empoignant les belons de Rosa, qui pendaient comme des mamelles de cabres. Les gémissements de Rosa enflèrent.

      Giurlà s’en revint.

      « Comment va Rosa ?

      - Nettement mieux », rebriqua Giurlà.

      L’éclaffée de rire fut générale »

 

  • Un peu plus loin : « Mais pour s’endormir, c’étaient des figues d’un autre panier ! L’odeur de Rosa avait imprégné la paillasse et plus la température montait sous la couverture, plus l’odeur devenait entêtante.
  • Il se retrouva à nouveau pavillon haut. Il comprit que s’il voulait dormir, il  valait mieux ne pas gueniller. D’une mai, il entreprit  donc le nécessaire pendant que l’autre, il caressait... »

 

Mais à partir de là mystère, c’est l’histoire et si vous souhaiter en savoir plus faites l’acquisition de ce livre 15,90 euros.

 

 

« Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature » http://www.berthomeau.com/article-33982330.html

 

« Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. »

http://www.berthomeau.com/article-33982544.html

 

«L'Anneau d'Hans Carvel» de Jean de La Fontaine

http://www.berthomeau.com/article-33807904.html

 

«Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ? » Clément Marot http://www.berthomeau.com/article-33804609.html

 

« Le mot et la chose» de Gabriel-Charles de Lattaignant

http://www.berthomeau.com/article-33780732.html

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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Michel Smith 09/09/2010 08:30



succulent !



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