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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 00:00
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J’aime beaucoup les défis et plus encore ceux qui les relèvent : les Despagne sont de ceux-ci. Dans mon imagerie personnelle de petit Vendéen, le vignoble de l’Entre-deux-Mers s’identifiait avec des vins blancs secs qui font mal à la tête, comme le Gros Plant de mon grand-père Louis. Lorsque Jean-Louis Despagne, à 28 ans, reprend au pied levé, après la mort subite de son père, le vignoble familial dans l’Entre-deux-Mers c’est avec des idées plein la tête. De sa rencontre avec Robert Mondavi, et de ses visites des vignobles d’Amérique, il a pris conscience du fossé qui se creusait entre Bordeaux et ce Nouveau Monde. Alors, il décide de changer l’orientation de son vignoble. Il met le cap sur l’excellence technologique, conjugue rigueur et inventivité dans ses vignes, son chais et il bâtit un réseau commercial pour vendre en direct ses vins. Ecrit ainsi ça paraît simple mais moi, qui ai osé écrire des choses qui ont déplu sur les grandes ombrelles qui abritent des vins indignes de l’AOC, je mesure à sa juste valeur la somme d’énergie et de pugnacité que les Despagne ont du déployer pour arriver là où ils sont arrivés.
 
Pour Thibault Despagne, que j’ai rencontré dans le cadre du club « Sans Interdit » et qui ce jour-là m’a séduit par sa vitalité et son souci permanent de se remettre en question, «  Il y a d’excellents terroirs dans l’Entre-deux-Mers, dignes des plus grands Bordeaux. Malheureusement, dans cette région, rares sont les parcelles adaptées à la réalisation de vins fins en climat tempéré. Dès que l’on replante avec les bonnes densités (minimum 5000 pieds/ha), le bon clone, les bons porte-greffes et que l’on mène la vigne comme il faut, ça marche ! On produit des raisins de top qualité capables d’intéresser le monde entier. » Fermez le ban, pas celui des vendanges, mais celui du long lamento des chefs sur la fatalité de la crise, sur le poids insurmontable de nos handicaps, sur notre incapacité ressassée d’être en phase avec le village mondial. Bien sûr, rien n’est simple et même si, dans notre beau pays, certains s’ingénient – les hygiénistes prohibitionnistes pour ne pas les nommer - à véhiculer une image du vin d’un autre siècle, le pari gagné des Despagne est là pour montrer qu’à Bordeaux, navire-amiral, dans le South of France aussi, et sous la bannière France, en nous appuyant sur notre extraordinaire potentiel, en tenant nos promesses, nous sommes en capacité de relever les défis d’un marché mondial du vin en plein développement.
 
Les vignobles Despagne ce sont 300 ha de vignes, 5 propriétés, l'équivalent de 60 salariés à temps plein dans leurs différentes sociétés, 80 000 caisses de vins blancs produites, soit 52% de la production totale ; un chiffre d’affaires, en 2007, d'environ 7 millions d’euros, 95% des vins vendus à l’export avec un positionnement produits remarquable : des réserves (82 500 caisses) à 10 euros, en passant par les grands vins (13 000 caisses) à 20 euros et, tout en haut, le Girolate (1500 caisses) à 80 euros ; depuis 10 ans un taux de croissance moyen dépassant les 7% par an. Comme le souligne Jean-Marie Chadronnier le président de Vinexpo : « ils sont exceptionnels ». La reconnaissance des efforts accomplis est là, en décembre 2007, pour la première fois dans l’histoire du concours, les Vignobles Despagne sont le lauréat du Prix Français de la Qualité. Alors, me direz-vous, pourquoi diable Vin&Cie, ouvrier de la 25ième heure, vient-il se joindre au concert des louanges ? Deux raisons simples à cela, la première tient à mon bon plaisir : quand j’aime je ne compte pas mais j’adore conter des histoires vraies ; la seconde à pour nom Girolate, ce « retour vers le futur » d’un vin au plus près de la nature car Thibault Despagne pense «  qu’il serait vain de vouloir recréer dans le chai ce que la vigne n’a pas su exprimer, c’est ce que Girolate entend signifier. » Comme quoi, n’en déplaise aux gardiens du temple, on peut tout à la fois, être visionnaire, moderne, pratiquer une viticulture de pointe tout en redonnant du sens à notre divin nectar. 
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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Proscion 04/03/2008 17:27

Je confirme, j'étais caviste près de la frontière Belge.Qu'est ce que j'ai pu en vendre de ce vin là. Aujourd'hui, leurs vins sont presque introuvables en France mais j'ai vu depuis peu de temps, qu'ils avaient aussi un blog http://blog.despagne.fr/ Proscion

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