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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 06:00

Louis-Ferdinand Céline - Semmelweis - Thèse de médecine 1924

 

Loïc Monjour Ancien professeur de médecine tropicale à la Pitié-Salpêtrière Paris dans une tribune du 13 février 2020 ICI 

 

L’hygiène des mains est une mesure très efficace et peu coûteuse pour éliminer les germes, microbes et virus, les empêcher de disséminer les infections, et, par voie de conséquence, diminuer le recours aux antibiotiques devenant, peu à peu, inactifs. Les mains sont un monde peu connu, peuplé de millions de germes : les uns résident en permanence sur la peau et forment une barrière de protection contre les infections ; les autres, étrangers, dits « transitoires », sont récupérés dans l’environnement et peuvent se révéler pathogènes à tout moment.

 

Environ 80 % de ces micro-organismes se transmettent par les mains.

 

Chiffre plus inquiétant : 92 % des mobiles sont tapissés de bactéries et sur 16 % sont identifiés des bactéries fécales

 

Certains germes peuvent survivre pendant soixante minutes : ils ont donc bien le temps de se préparer à commettre des infections, selon leur envie et leur spécificité. D’autant que chaque humain porte les mains à la bouche au moins deux fois par heure. Naissent ainsi grippes, rhumes, bronchites, surtout gastro-entérites, car le lavage insuffisant des mains est à l’origine de plus de 50 % des infections d’origine alimentaire.

 

Sur 63 nations, la France se trouve en 50e position en ce qui concerne l’hygiène des mains

 

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) concluait en 2012 que seulement

 

  • 67 % des Français se lavent les mains avant de cuisiner,

 

  • 60 % avant de manger et à peine 31 % après un voyage en transport en commun.

 

  • Dans les toilettes publiques 14,6 % des hommes et 7,1 % des femmes négligent ce geste de propreté élémentaire.

 

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Nous sommes en 1924 ; Louis Ferdinand Destouches, qui deviendra l’écrivain Louis Ferdinand Céline, vient de soutenir sa thèse de médecine. Le sujet en est : « La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818–1865) ».

 

Semmelweis avait été rejeté par ses pairs alors qu’il avait mis en évidence une cause essentielle des infections puerpérales de l’époque, souvent mortelles, et le moyen de les éviter.

 

Destouches propose à La Presse Médicale, cette même année, une version synthétique de cette thèse intitulée : « Les derniers jours de Semmelweis » [1]

 

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Soutenu comme thèse de médecine de la Faculté de Paris, La Vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865) du Dr. Louis Destouches est publié à compte d’auteur en décembre 1924 à Rennes, mais nullement diffusé hors du cercle académique.(3) Le sujet de cette thèse aurait été inspiré par le professeur Athanase Follet, beau-père de Destouches et lui-même membre du jury : il s’agissait de récapituler le parcours scientifique du médecin hongrois, promoteur malheureux de l’asepsie. Semmelweis eut en effet l’intuition des causes microbiennes de la fièvre puerpérale, mortelle jusqu’à la révolution pasteurienne, mais il ne put faire reconnaître la pertinence de son travail de son vivant et mourut prématurément, dans une grande détresse. L’ouvrage de Destouches fait l’objet d’une contraction à l’usage des pairs, « Les derniers jours de Semmelweis », dans La Presse médicale. L’auteur le propose en juillet 1928 aux éditions de la NRF qui le refusent. Le 28 décembre 1936, Denoël l’édite à peine retouché, sous le titre abrégé de La Vie et l’œuvre de Semmelweis, à la suite de Mea culpa. Publié cette fois sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, annexé et désormais intégré à l’œuvre littéraire déjà reconnue, cet essai biographique renforce la posture que Céline a imposée dès 1932 au public, celle du médecin-qui-écrit. Réédité en 1952 par Gallimard dans la collection blanche sous le titre encore abrégé de Semmelweis (1818-1865), il fait désormais pleinement partie de l’œuvre littéraire et se voit donc inclus dans les Œuvres préparées par Jean A. Ducourneau en 1966.(4) En 1977, le troisième volume des « Cahiers Céline » en redonne le texte et le titre original à l’usage des spécialistes, avec une annotation d’Henri Godard et Jean-Pierre Dauphin. Enfin, le texte annoté de cette édition accède en 1999 à la collection de poche « L’Imaginaire », sous le titre désormais dépouillé de Semmelweis, avec une préface de l’écrivain Philippe Sollers. Rachetant soixante-dix ans plus tard le refus initial des éditions de la NRF, celui-ci relit sur un mode littéraire « cette drôle de “ Thèse ” dans le style épique » comme l’acte de naissance d’un écrivain (Jean A. Ducourneau ne disait pas autre chose en 1966). (5)

 

Toute sa vie, Céline a pratiqué la médecine, sous différentes formes : successivement médecin hygiéniste à la fondation Rockefeller puis à la SDN de Genève, médecin de dispensaire, puis installé en médecine libérale. Il a repris une activité médicale après son incarcération pour collaboration après la deuxième guerre mondiale. Il s’est toujours revendiqué médecin autant qu’écrivain. Les observations qu’il a pu faire au cours de son exercice médical lui ont servi pour les descriptions littéraires des maladies, en particulier dans « voyage au bout de la nuit »

 

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Le nom d’Ignace Philippe Semmelweis, né à Budapest en 1816, est peu connu. Pourtant, depuis deux siècles, la plupart des femmes à travers le monde, de toutes conditions sociales, bénéficient de sa perspicacité et de ses travaux… Ce génie médical a aboli la tragédie des fièvres puerpérales (après l’accouchement) dans son service de la maternité de Vienne et découvert l’importance de l’asepsie avant le grand Pasteur.

Ses étudiants en médecine pratiquaient des autopsies avant de se rendre à la maternité pour effectuer des examens de femmes en travail ou procéder à des accouchements. La mortalité des parturientes était considérable, et Semmelweis, après une véritable enquête épidémiologique, imposa aux étudiants de se laver les mains avant toute intervention obstétricale, non pas avec du savon, mais avec une solution de chlorure de chaux, une initiative inconnue à l’époque.

Semmelweis, ce "génie" incompris qui avait découvert avant Pasteur les bienfaits de l'asepsie ICI

 

 

Louis-Ferdinand Céline : Semmelweis, thèse médiocre ou roman prometteur ? (2008)

 

Thèse médiocre ou roman prometteur ?
L.-F. Céline en historien de la médecine (1)
par Jérôme MEIZOZ

ICI

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 07:25

Une femme et un homme se tiennent debout dans un champ, une fourche à la main.

12 février 2011

Je viens d’adopter un vieux... Pierre Gagnon de la Belle Province l’a fait sur de belles lignes...

« Je viens d’adopter un vieux...

Il s’appelle Léo, il a quatre-vingt-dix-neuf ans. Je l’ai connu au centre d’hébergement où je visitais ma tante, les dimanches gros. Léo attendait. Il avait bon caractère. Je le sais pour l’avoir mis à l’épreuve plus d’une fois : je lui chipais ses Whippet... Il ne disait rien. Je les lui rendais et aussitôt, il m’en offrait un. »

« Mon vieux et moi » Pierre Gagnon publié chez Autrement ICI 

 

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Paris recèle 38 librairies de langues étrangères dont la librairie du Québec 30, rue Gay Lussac, dans le 6e arrondissement qui, bien sûr publie des ouvrages en français.

 

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J’y passe de temps en temps, c’est sur l’un de mes chemins de retour à vélo, mon itinéraire-bis en cas de manifs, et bien sûr j’achète des livres.

 

Le dernier en date LE NOUVEAU MONDE PAYSAN AU QUÉBEC

 

Résultat de recherche d'images pour "le nouveau monde paysan au Québec"

 

Depuis des dizaines d'années, au Québec, des citadins ont choisi une reconversion professionnelle qui les a reconnectés à la terre, qu'ils respectent en revenant à des techniques de production anciennes, mais rentables. Un récit engagé et instructif.

 

Avant de clavarder dessus un peu de linguistique et d’histoire.

 

  • Le français est-il en déclin au Québec ?

 

L’affirmation: «D’abord, le premier mythe : le français est en déclin au Québec. Il y a 94,5 % des Québécois qui sont capables d’avoir une conversation en français. C’est le chiffre le plus élevé jamais vu», a déclaré l’analyste politique de Radio-Canada Michel C. Auger lors de son passage à «Tout le monde en parle», dimanche dernier. Le spin doctor souverainiste Steve E. Fortin lui a répliqué dès le lendemain sur le site du Journal de Montréal, le taxant de «jovialisme linguistique» qui «nuit à la […] pérennité du français au Québec».

 

Alors, est-ce que le français décline dans la Belle Province, oui ou non?

 

La réponse ICI 

 

Si tu parles anglais, tu comprendras sûrement la parlure québécoise mieux que certains Français ! Même si les différences entre le français dit de France et le français québécois sont principalement dans la prononciation, certains mots et expressions québécois sont clairement des anglicismes ou alors des spécialités locales.

 

Le français parlé aujourd'hui au Québec est le résultat d'un mélange de français classique, importé en Amérique du Nord par les colons français au 16ème siècle, et d'influences anglo-américaines et amérindiennes.

 

Achaler – ennuyer, importuner

Ce verbe provient probablement du verbe chaloir qui signifiait approximativement importuner de façon excessive dans un vieux dialecte normand.

 

Un char – une voiture

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce terme ne provient pas de l'anglais car mais fait référence à une voiture romaine à deux roues attelée à des chevaux, de la même racine que charrue, chariot ou encore charrette.

 

Gazer – péter

Il est facile d'imagine l'origine de ce mot puisque l'on dit 'avoir des gaz' en français de France.

 

Les gosses – les couilles

Un autre faux ami qu'il vaut mieux connaître pour éviter des situations très gênantes...

 

  • attendre que le curé se mouche prendre son temps

 

  • avoir la fly à l’air avoir la braguette ouverte

 

  • avoir un pain au four avoir un polichinelle dans le tiroir

 

  • osti de câlisse de ciboire de tabarnak nom de dieu de bordel de merde

 

Lire ICI

 

 

Le général Charles de Gaulle à Montréal le 24 juillet

 

  • « Vive le Québec libre! » Il y a 53 ans, le général de Gaulle mettait le Canada en ébullition

 

Le 24 juillet 1967, de Gaulle, président de la République française, en tenue de général de brigade, lance devant 15.000 personnes sont alors massées sur la place Jacques-Cartier au-dessus de laquelle se dressent des pancartes du RIN (Rassemblement pour l'indépendance nationale) : « Vive Montréal, vive le Québec (ovation), vive le Québec libre (très longue ovation), vive le Canada français, vive la France! (ovation à nouveau) » plongeait le Canada en état de choc et ravissait les indépendantistes

 

Le Canada fédéraliste et anglophone juge ces propos « inacceptables ». « Les Canadiens sont libres, chaque province du Canada est libre. Les Canadiens n'ont pas à être libérés », s'emporte le Premier ministre Lester Pearson.

 

Ce discours fut le paroxysme d'une journée étonnante qui conduisit le général le long de la « Route du Roy », reliant Québec à Montréal par la rive nord du Saint-Laurent.

 

Partout, il est salué comme un libérateur et acclamé par les habitants des villages bordant le fleuve. « Rien ne différenciait ce voyage de ceux qu'il a effectués dans les provinces françaises », note l'AFP.

 

À Donnacona, il lance: « vous êtes un morceau du peuple français qui ne doit dépendre que de lui-même ».

 

À Trois-Rivières, il dit : « nous sommes à l'époque où le Québec redevient maître de son destin ».

 

À Montréal, où il arrive avec retard, Charles de Gaulle monte au balcon de l'hôtel de ville. Il n'est pas prévu qu'il s'adresse à la foule mais il insiste pour s'exprimer et, voyant un micro débranché, il demande de pouvoir s'en servir. Un technicien d'une radio se trouvant sur place lui installe.

 

« Je vais vous confier un secret. Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération » lance-t-il. Une phrase qui, ajoutée au camouflet du « Québec libre », blesse profondément Ottawa.

 

Le 25, imperturbable, il poursuit son voyage officiel dans l'ancienne Nouvelle-France. Il visite le métro de Montréal, construit par la France, fustige ceux qui le critiquent, « tout ce qui grouille, grenouille, gribouille et scribouille », se félicite d'être allé, la veille, "au fond des choses".

 

Le 26, coup de théâtre, le Canada décide de ne pas l'accueillir, selon certains historiens, tandis que pour d'autres, c'est lui qui annule sa visite à Ottawa. Il s'envole pour Paris à bord du DC-8 présidentiel. A l'arrivée, l'attendent des ministres stupéfaits, une opposition déchaînée, une presse exceptionnellement véhémente.

 

Le Monde dénonce ce « tapage, cette hostilité exaspérée contre les anglo-saxons, cette jubilation d'un vieillard expert à provoquer l'acclamation des foules ».

 

« Mégalomanie avancée », titre le journal new-yorkais Daily News. « Triste déclin du général », regrette le Times de Londres en le comparant à un jongleur qui poursuit son numéro, bien que la plupart de ses assiettes soient tombées.

 

« Le général a internationalisé la cause du Québec », résumera en juillet 2007 l'ancien Premier ministre indépendantiste québécois, Bernard Landry, racontant qu'un ministre chinois lui a avoué n'avoir jamais « entendu le mot 'Québec' de sa vie avant juillet 1967 ».

 

La question de la préméditation a été souvent débattue, nombre d'observateurs estimant que le général, fatigué, ému, emporté par la foule en liesse, aurait tenu des propos dépassant sa pensée.

 

« Rien ne permet de penser qu'il s'est laissé gagner par l'enthousiasme populaire », écrit pourtant alors l'AFP. « Vive le Québec libre! ne fut pas plus improvisé que l'Appel du 18 juin » assurera des années plus tard l'ancien ministre Alain Peyrefitte, fin connaisseur de la pensée gaullienne.

 

les Québécois rejetteront l'option indépendantiste à deux reprises, lors des référendums de 1980 et de 1995 (de peu dans ce dernier cas).

 

LE NOUVEAU MONDE PAYSAN AU QUÉBEC

 

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L'histoire :

 

Pigeon Hill, un hameau de la municipalité de Saint-Armand, au Québec, à une heure de Montréal. Christian Marcotte y a acheté une ferme, construite aux alentours de 1870, même si elle a, depuis, grandement évolué. Il possède environ 20 hectares. Après avoir été monteur dans l'industrie du cinéma, il a compris que vers la fin des années 70, l'évolution des technologies et la recherche systématique de performances ne le satisferaient pas. Alors il a choisi de devenir un « pousseux d'ail frais ». Il aurait pu faire pousser autre chose, mais sa fierté, c'est d'avoir sauvé cette terre du maïs. Sa fierté, c'est d'exister au milieu d'un coin bourré d'OGM. Alors il se dit que c'est déjà ça de gagné. Avec l'aide de Paulette Vanier et Pierre Lefrançois, un couple de voisins devenus ses amis, il se forme à l'agriculture biologique. Depuis, il a assuré une production respectueuse de l'environnement, au modèle économique rentable. Il fait partie de ces paysans qui ont tout plaqué pour se retrouver et se consacrer à une activité qui rompt avec les valeurs de l'économie de marché. Rien n'est simple ni idyllique, mais le travail se fait en harmonie avec la nature, et avec ses propres valeurs...

 

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

 

Avec Le nouveau monde paysan au Québec, Stéphane Lemardelé signe un récit engagé et instructif. Engagé, car il dresse le portrait, à la façon d'un reportage, d'une poignée de québécois qui ont renoncé à leur vie citadine et industrielle pour se reconnecter à la Terre, via le travail des terres qu'ils ont acquises. L'auteur a donc passé plusieurs mois à leur contact et il a l'art de délivrer le rythme de leur quotidien. Il rend en effet hommage à des travailleurs qui œuvrent bien souvent solidairement et qui servent un intérêt commun : celui d'une agriculture saine, destinée à proposer une alimentation saine. Cette BD est également particulièrement instructive, parce qu'elle nous familiarise avec des techniques de productions qui sont certes une alternative aux pesticides et OGM qui nous empoissonnent au quotidien, mais qui échoient souvent au passé, à la façon dont on a travaillé la terre en la respectant, durant des siècles et des siècles. Attention, n'allez pas croire qu'il s'agit là de décrire une bande de farfelus nostalgiques : si se dispenser de machines agricoles est une chose, établir un écosystème viable et rentable relève souvent du niveau d'ingénieurs agronomes, mais qui mettent toutes leurs forces à ne plus servir une industrie qui empoisonne tout et tout le monde. On en apprend donc beaucoup, y compris du point de vue de l'histoire locale, de ses mœurs actuelles et de la législation qui leur complique bien souvent la tâche. Sans jamais verser dans le rébarbatif intellectuel, l'auteur signe une BD aux frontières de la sociologie et de l'anthropologie. Et comme si ces qualités ne suffisaient pas, elles s'ajoutent à un grand mérite : souligner l'importance qu'ont ces travailleurs qui s'inscrivent dans un monde meilleur et donner de l'espoir au lecteur. La morale ? Les alternatives à l'agriculture polluante existent, pour les producteurs et pour les consommateurs. Alors vive le Québec et son nouveau monde paysan !

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Résultat de recherche d'images pour "le nouveau monde paysan au Québec" Il porte une barbe et un chapeau.

Stéphane Lemardelé, co-concepteur du projet

PHOTO : RADIO-CANADA

 

Un récit graphique pour documenter l’agriculture à petite échelle

Publié le 17 mars 2019

 

Les connaissances agricoles ont beaucoup évolué depuis les célèbres retours à la paysannerie dans les années 1970. L'agriculture est maintenant encore plus appuyée par les nouvelles technologies et la science. Et les petits producteurs en connaissent désormais tous les détails, indique Stéphane Lemardelé, qui vient de publier un documentaire sous forme d'essai graphique : Le nouveau monde paysan au Québec.

 

« Il y a une volonté de ne pas rejeter le système économique, mais de s’inscrire dans [ce] système », explique-t-il à Joël Le Bigot.

 

La démarche documentaire du dessinateur et scénariste s'inspire du roman graphique et de la bande dessinée en proposant de nouvelles formes narratives, « pour ma part assez proches du cinéma », dit-il.

 

« Tout là-dedans est vrai, aussi bien dans les images que les textes », raconte l’illustrateur et documentariste.

 

Pour produire ce livre, il a pris 4 ans et environ 9000 photos, le tout dans un rayon d’environ 50 kilomètres seulement.

 

Dans ma démarche artistique, la société qui m’entoure est très importante; c’est ma matière première. Stéphane Lemardelé, auteur et dessinateur du livre

 

L'artiste explique qu’au cours de sa recherche, il a découvert tout un univers de gens avec une vision d’avenir axée non seulement sur le développement durable, mais aussi sur un nouveau mode de vie où l’entraide, le bon voisinage et le commerce de proximité priment.

 

Ce type de communauté serait aussi de plus en plus commun à de nombreux endroits dans le monde. « Ce microcosme se retrouve partout ailleurs sur la planète », explique Stéphane Lemardelé.

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Le monde paysan de Brome-Missisquoi raconté en bande dessinée ICI

Par Leslie Carbonneau | 17 avril 2019

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 06:00

Résultat de recherche d'images pour "le mangeur de feves"

Le phénomène n’est pas nouveau, beaucoup de grands chefs sont des ouvriers de la 25e heure, leur engagement pour les paysans-éleveurs soucieux de la terre, de leurs animaux, des produits qu’ils vendent reste trop souvent de la communication pour gogos, leur melon déborde de bonnes intentions, leur porte-monnaie est pingre pour leurs fournisseurs et largement ouvert pour accueillir le pognon de nos additions.

 

Je n’ai jamais considéré les grands chefs comme les meilleurs vecteurs aidant au nécessaire virage du « porte-avions » agriculture France vers des pratiques dites responsables.

 

Leurs clients, ultra-minoritaires eut égard à l’épaisseur de l’addition, tout comme les critiques gastronomiques, petits ou grands, dont Atabula, fréquentant leurs établissements étoilés (j’espère en réglant l’addition) ne poussent guère leur caddie chez Aldi ou dans les allées de la GD.

 

Ce sont ces pousses-caddies (appellation du sieur Pousson) qu’il va falloir convaincre de changer leurs habitudes de consommation. Payer à leur prix les bons produits qui permettent aux paysans-éleveurs de vivre et non de survivre.

 

Ce qui est nouveau c’est la soudaine envie du site Atabula de se faire un lifting dans le style éthique en « dénonçant » sans les citer ces vilains canards noirs de la haute gastronomie.

 

Ça me fait un peu sourire lorsque je lis l’article d’Atabula du 5 février : Impayés, mensonges, gros melon et étoile verte : quand les producteurs remettent les chefs à leur place.

 

J’ai envie de faire le coup du « lycée de Versailles » a son propos (pas celui du rédacteur) mais c’est dimanche et je n’ai pas le temps de me payer la tronche de monsieur Atabula.

 

Je ne suis qu’un vulgaire petit blogueur qui paye ses additions mais qui n’a pas besoin d’un cornet acoustique pour entendre ce qu’on vient me dire sans d’ailleurs que je pose des questions.

 

Bref l’article est en lecture libre ICI 

 

La photo qui illustre l’article est très vision parisienne des travailleurs de la terre, un petit côté carottes des sables, désolé mais j’ai gratté la terre à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard et les mains de mon pépé Louis paysan de son fils Arsène, mon père, étaient calleuses mais toujours nickel chrome.

 

Bonne lecture

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 06:00

Voir l'image sur Twitter

Victoire pour le lobby suisse des émojis, parmi les 62 nouveaux émojis de 2020, on retrouve l'émoji fondue en forme de caquelon arborant le drapeau suisse à croix blanche.

 

Réglons de suite la question de l’origine de la fondue :

 

« Qu’il n’en déplaise au savoyard, la fondue est bel et bien un met que l’on doit à nos amis suisses (si vous n’êtes pas convaincu regardez la définition du Larousse *), et plus précisément du canton de Fribourg.

 

Au début du XVIIIe siècle, les paysans des Alpes Fribourgeoise, réutilisaient les restes de fromage et de pain rassis de leur précédents repas. Economique et très nourrissante la recette s’est très vite répandue au reste du pays.

 

L’officialisation de la recette par  Brillat-Savarin, qui a également donné son nom au célèbre fromage, il rédige en 1794, la première recette à base de gruyère œuf et beurre. Le vin apparait dans la recette qu’en 1911.

 

La date qui marque un tournant dans l’histoire de la Fondue est 1940  à l’exposition Universelle de New York, la suisse expose son nouveau modèle de caquelon et fait gouter la fameuse fondue aux visiteurs. Elle crée ainsi son nouvel emblème de fierté Suisse à travers le monde entier.

 

Vous l’aurez compris si vous voulez faire une Fondue « originelle » c’est donc la recette de la fondue Fribourgeoise qu’il faut réaliser, composée exclusivement de vacherin et à consommer avec du pain blanc ou des pommes de terre.  Pratique cette recette peut être réalisée avec seulement une bougie sous le caquelon, le fromage ne se fige pas au froid, c’est donc la fondue idéale à manger en terrasse.

 

Fondue au Vacherin

 

La Fondue dite « savoyarde » est composée de trois fromages, pas tous savoyards, mais tellement bon ! Du comté qui nous vient du Jura, de l'emmental suisse et du beaufort.

 

* « Plat d'origine suisse, composé de lamelles de fromage que l'on fait fondre à la chaleur dans un caquelon avec du vin blanc, jusqu'à consistance de crème, que l'on aromatise de kirsch et que l'on déguste en y trempant des cubes de pain rassis au bout d'une fourchette. (On dit aussi fondue savoyarde.) »

 

Le journal le Temps claironne avec humour : ICI 

 

« Notre plat national entre au panthéon de la pensée simplifiée, qui s’exprime cette fois dans un pictogramme lié à la maïzena. Ça met en joie les gourmets qui savent comment ne pas lâcher leur bout de pain et finir au lac avec des poids aux pieds »

 

Si nous disons «pictogramme utilisé dans les messages électroniques et les pages web japonaises qui s’est ensuite répandu dans le monde entier depuis sa naissance en 1997», les esprits numériquement avisés répondront immédiatement, et pas qu’à moitié-moitié: «émoji».

 

L’occasion de vous souhaiter, en ce vendredi douloureusement marqué par le Brexit enfin arrivé à son acmé et l’urgence déclarée à propos du coronavirus de Wuhan: «En Guete, bon appétit et buon appetito!»

 

Car c’est bien ainsi que s’est aussi exclamé, dans 20 Minuten, Mark Davis, président du Consortium Unicode, chapeauté par les géants de la technologie comme Adobe, Apple, Facebook, Google, Huawei, Microsoft ou encore Netflix.

 

Mais quelle mouche l’a-t-elle donc piqué?

 

Revenons un peu en arrière pour faire les brasses du combattant (en huit) dans le caquelon qui vient d’accéder au panthéon de la pensée simplifiée. Il y a trois ans, les confrères alémaniques de 20 minutes «avaient fait une demande de validation» pour voir un tout nouvel émoji se pavaner sur les écrans de nos smartphones: l’émoji fondue!

 

Eh bien, c’est fait, on peut passer au kirsch pousse-café: le quotidien gratuit romand nous apprend que la tournante 4.0 a officiellement été retenue cette semaine dans la liste des 117 nouvelles émoticônes «à paraître dans la prochaine collection» du susdit consortium:

 

«La procédure n’a pas été de tout repos» pour Stefan Wehrle et Tobias Bolzern, de 20 Minuten. Il a en effet «fallu faire preuve de patience et faire évoluer le graphisme de l’émoji. Il s’agissait aussi d’argumenter et de dire pourquoi la fondue méritait sa place dans cette forme de dictionnaire du langage numérique à vocation universelle. Il s’est notamment avéré que le mot «fondue» était plus fréquemment recherché en ligne à Noël que le hamburger

 

à Gauche, la nouvelle émoji "Fondue". à Droite, ce à quoi elle aurait du ressembler !

Image Image

 

 

La preuve?

Ce «Chillin' by the fire while we eating fondue», parlé-chanté par Justin Bieber en 2012 dès la première strophe de Boyfriend:

 

«Nous ne savons pas quel argument a été le plus décisif chez les gardiens des émojis aux Etats-Unis. Ce qui est certain, c’est qu’ils sont probablement eux-mêmes des amateurs de fromage», relève le duo alémanique. Mais ne cherchez pas encore le petit caquelon rouge à croix blanche dans le prolongement de votre main, il faudra patienter «jusqu’à cet automne» pour le trouver. «Le temps pour Google, Apple et les autres fabricants concernés de l’intégrer dans leur langage informatique.» Va-t-on survivre à cette longue attente après avoir dégainé l’émoji larmes quand on a appris, rappelait Le Monde l’an dernier, qu’on n’aura jamais d’émoticône raclette ?

 

Darius Rochebin

@DariusRochebin

Sans faire le rabat-joie, vive la fondue! Mais se rappeler le puissant attelage qui décide à l’échelon mondial des emojis admis ou non. Le Consortium Unicode incarne la domination impériale des Gafa - tout est cool mais ne pas oublier qui est le patron - :-)

Image

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 07:00

 

En septembre 2017, LSA, la publication de la GD, annonçait la nouvelle :

 

Le viticulteur bordelais Bernard Magrez, star des foires aux vins dans la plupart des enseignes mais également mécène de la Cité du Vin, du monde de la musique, de la recherche médicale, notamment dans la lutte contre le cancer, et d'un orphelinat en Thaïlande, crée son prix littéraire. Un prix présidé par Franz-Olivier Giesbert qui récompensera un auteur pour l’ensemble de son œuvre.

 

« Bernard Magrez, mécène littéraire. Voici qui est nouveau pour le propriétaire d’une quarantaine de domaines viticoles dont quatre grands crus  - Château pape Clément, Château La tout Carnet, Château Fombrauge ainsi que le sauternes Château Haut-Peyraguey –. L'homme d'affaires vient en effet d’annoncer la création du Prix littéraire Château La Tour Carnet. Edifié en 1120, ce château médocain est celui qui, sans nul doute, se prête le mieux à un mécénat littéraire puisqu’il a appartenu à la famille de l’essayiste et philosophe Michel de Montaigne.

 

Allons donc, Bernard Magrez viticulteur, l’homme qui a ses débuts avec ses marques de whisky William Peel, et de Porto  Pitters était snobé par l’establishment de la place de Bordeaux, n’a jamais comme notre cher Hubert de Boüard de Laforest exhibé un quelconque petit sécateur. Il a fait fortune, pas en vendant du jaja Sidi Brahim et son Bordeaux  Malesan mais avec la GD.

 

« Un vin, c’est le ciel, la terre et l’homme. » Et peu lui importe que l’élite des grands crus bordelais le snobe. Lui n’est pas un héritier. Amoureux des concertos de Mozart, il réinvente sa signature : « Bernard Magrez, compositeur de vins rares, les clés de l’excellence », en référence aux armoiries du Pape Clément. Non, la modestie n’est pas sa caractéristique première.

 

Au tournant des années 2000, barre toute il vend ses marques de jaja à Pierre Castel et les spiritueux à Marie Brizard en 2003 et se lance dans l’acquisition de châteaux pour les adjoindre à Pape Clément son vaisseau-amiral. « La connaissance des vins devenait un statut pour le consommateur et s’y connaître flattait l’ego », déclare-t-il. A ses yeux, le temps est venu de céder ses diverses affaires et de se consacrer à l’élite des vignobles : les domaines classés.

 

« Ma plus grande fierté reste la reprise en 2000 de Château La Tour Carnet, un grand cru classé du Médoc. Un vignoble qui fut difficile à remonter. J’ai dû investir dans l’équipement technique et le château lui-même, un édifice très ancien », poursuit-il, unique propriétaire de ce domaine de 116 hectares valant désormais 150 à 200 millions d’euros.

 

Portrait en patchwork

 

Avec toujours ce même devoir d’excellence. Un mot qui claque comme un acte de rébellion : son père ne lui a jamais reconnu le moindre talent. Il avait même accroché au dos de son fils, ce cancre de 11 ans, l’écriteau : « Je suis un fainéant ». « Trois ou quatre fois par an, affublé de cette pancarte en papier, je rasais les murs pour aller à l’école, fou d’humiliation », se souvient l’homme, encore en colère. « Fainéant… je ne sais toujours pas si je l’étais ou si c’était une fixation de mon père sur moi. »

 

Son analyse s’arrête là. Le divan, ce n’est pas son époque. Le père est mort avant l’ascension du fils dans un business qui vaut aujourd’hui 700 millions d’euros. Dommage. Cette blessure, il la garde en lui. Indélébile, profonde, inquiétante, nourrie par les sentiments d’injustice et de trahison, et celui de ne pas avoir été compris. Par le doute qui taraude, aussi. L’écriteau infamant est marqué au fer rouge dans son cœur d’enfant, sur sa peau d’homme mûr. Bernard Magrez ne pardonnera jamais. Mais il a pris le contre-pied. Au fil des ans, la faille s’est muée en un puissant moteur, laissant parfois ses salariés à bout de souffle.

 

Car il faut le suivre, Bernard Magrez. Avec son âme tourmentée, son énergie décuplée, son exigence parfois irrationnelle, son flair hors pair, il malmène son monde pour en tirer le meilleur. C’est sa philosophie : « Tous croient que notre plafond est là, explique-t-il à grand renfort de gestes, avec son accent du Sud-Ouest, l’œil brillant. Moi, le premier. Mais c’est faux ! Mon devoir est d’amener mes collaborateurs au sommet de leurs capacités. Les gens sont plus respectés par leur famille, ils épatent leurs amis par leur évolution, leur personnalité et l’élan qui les porte. Ainsi ils se réalisent pleinement. » S’ils ne tiennent pas le choc, tant pis. Bernard Magrez s’en sépare sans ciller ; il n’a pas une minute à perdre. Et de citer ce garçon boucher, ex-collaborateur, devenu brillant chef d’entreprise, grâce à lui.

 

Il ne s’économise jamais pour promouvoir sa marque. Son assistante confie : « Monsieur Magrez est un adepte des réseaux sociaux et manie Instagram, Facebook et Twitter avec une facilité déconcertante. Toujours connecté, il est dans une adaptation constante. Chaque jour, il lit “Les Echos”, “Le Figaro” et “Le Monde”. » Quand il ne se replonge pas, la nuit, dans une biographie de Napoléon Ier, son modèle. Grâce à son esprit visionnaire, Bernard Magrez a assuré la pérennité de l’entreprise.

 

Magrez ne dort que trois heures « car la nuit est propice au jaillissement des idées ». Son équipe a adopté sa devise : « Ne jamais renoncer ». Ce n’est pas suffisant. Pour tenir, la plupart se sont mis au sport. Discipline et hygiène de vie obligatoires pour cette armée d’environ 300 personnes, qui mène les combats du stratège sans faiblir.

 

J’ai des relations mais pas d’amis, car je ne suis pas facile à vivre. Et puis, qu’est-ce que l’amitié ? » demande-t-il. Si. Depardieu est un ami. Aussi iconoclaste que lui. Il a une photo de lui sur son bureau. Magrez lui a racheté sa vigne quand l’acteur est parti en Russie. Avec une rare douceur, il évoque leur relation : « C’est un homme en qui j’ai trouvé des qualités exceptionnelles. Gérard a une grande facilité à appréhender votre humeur du moment, sensible, il vous dit le mot qu’il faut, avec l’attention, le regard et le ton qu’il faut. Si Gérard est un si grand acteur, c’est parce qu’il comprend immédiatement la situation mentale de l’autre. »

 

« Je n’ai de comptes à rendre à personne. Mais j’ai eu beaucoup de chance. C’est un devoir d’en donner à mon tour à ceux qui le méritent. Je tente de lutter contre ce destin inacceptable : on ne choisit pas d’avoir un cancer ou d’être abandonné ! »

 

Le portrait en totalité ICI 

 

A vrai dire, Bernard Magrez est un collectionneur, mais d’œuvres d’art plutôt contemporaines ou photographiques. Sa rencontre avec Bernard Buffet, à qui il a acheté une trentaine de toiles, a sans doute donné le la à cette autre partie de sa vie. De cette proximité avec les artistes est née l’idée de créer l’Institut culturel Bernard Magrez, une fondation qui promeut la connaissance artistique et prend sous son aile des artistes prometteurs.

 

« J’ai voulu, à mon tour, donner une chance à de jeunes talents, qu’ils soient peintres, sculpteurs, cinéastes ou musiciens », explique-t-il. A la façon de la Villa Médicis, l’Hôtel classé Labottière, propriété du groupe Bernard Magrez Grands Vignobles, héberge les jeunes artistes dans des résidences-ateliers. Dans ces mêmes lieux, l’Institut vient d’ouvrir les portes d’une exposition d’œuvres, entre autres de Picasso et de Giacometti.

 

Pour autant, les vins Bernard Magrez jouent sur ce positionnement artistique et culturel. La marque s’attribue les vertus d’un « compositeur de vins rares ». La signature de Bernard Magrez s’appose au dos de chaque bouteille comme le sceau d’un connaisseur. Business is business.

 

J’ai bien connu et côtoyé Bernard Magrez au temps de mon rapport. J’avais son 06.

 

 Le 5 octobre 2009

Bernard Magrez répond au questionnaire de Proust  ICI 

 

Étonnant !

 

Au risque de vous surprendre Bernard Magrez, sous sa carapace parfois rugueuse d’homme qui s’est fait tout seul, est un grand affectif. Cette sensibilité, bien nichée sous une belle prestance, il la préserve avec un soin jaloux de la suffisance des beaux esprits à la française, des héritiers, de tout ceux qui n’ont rien construit. Lui il fait, car c’est aussi un vrai instinctif qui pressent, qui sait être le premier au bon endroit au bon moment, analyse vite, hume la tendance, sait comme son modèle François Dalle, l’homme qui a fait l’Oréal, que « le lendemain cela se construit hier, et cela se construit le matin à 8 heures aussi »  Comme il va toujours de l’avant, qu’il a toujours une faim primale, qu’il ne remet jamais au lendemain ce qu’il veut faire aujourd’hui, l’homme est exigeant, passionné, dur souvent – c’est lui qui le dit – avec son fils et sa fille, ses collaborateurs.

 

Dans mon petit bureau du 2ième, au 232 rue de Rivoli, Bernard Magrez est venu s’asseoir. Il sort de chez Michel Pons. Nous sommes en 2001, mon rapport fait grand bruit à Bordeaux, les grands chefs m’habillent pour l’hiver, je suis celui par qui le scandale arrive. Ce n’est pas pour déplaire à Bernard Magrez qui n’aime rien tant que bousculer l’establishment. Lui si avare de compliments me dit « que j’ai tout compris. » Moi je sais bien que le petit rapporteur que je suis n’a fait que mettre sous le nez des immobilistes patentés un simple instantané de nos forces et nos faiblesses face aux entreprises du Nouveau Monde. Lui qui, sur le socle de William Pitters, a su faire voisiner  des marques comme Sidi Brahim, Malesan, avec Pape Clément, démontrant ainsi qu’en France tout pouvait être possible si l’on respecte le produit et ceux qui le consomment, l’avait compris depuis fort longtemps. À juste raison il doutait, et de la volonté des décideurs publics de pousser à des choix courageux, et de la capacité des dirigeants professionnels de sortir du déni de réalité.

 

Depuis Bernard Magrez a pris un grand virage, sa quête est celle des terroirs d’exception où il applique son perfectionnisme « pour moi on ne fait jamais assez bien ». Il veut ainsi répondre par une offre diversifiée à l’éclectisme de l’amateur de vin. L’étonner aussi. Depuis toujours Bernard Magrez considère le vin comme un objet de satisfaction et de statut. Il assume sans complexe tous les codes de l’univers du luxe. Pour autant, lui qui considère Michel Rolland comme un génie, le seul avec Parker à avoir à ses yeux un goût infaillible, considère que « le génie du vin c’est le terroir ». Moi j’aime les gens qui dérangent, qui ont des angles, et j’avoue que, même si bien des choses nous séparent, j’ai de l’affection pour Bernard Magrez.

 

 

Le jury du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet a distingué, jeudi 3 octobre 2019, Mario Vargas Llosa pour l'ensemble de son œuvre. Il a déjà couronné Milan Kundera et Michel Houellebecq

 

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Le suspense a fait long feu. Michel Houellebecq accompagné de sa femme Lysis était là, au vu de tous, au milieu du restaurant Zebra, dans le XVIe arrondissement, qui accueillait la deuxième édition du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet, mercredi 10 octobre, à 19 heures.

 

Michel Houellebecq est couronné pour son œuvre annonce Franz-Olivier Giesbert, secrétaire général du prix. Et d'ajouter: «C'est le Balzac du XXIe siècle. On le lit pour comprendre notre époque.» Visiblement les jurés étaient fous de joie à l'idée de lui remettre cette récompense. Ils avaient déjà pensé à lui l'an passé.

 

Patrick Poivre d'Arvor, président de cette édition 2018, rappelle qu'il avait reçu dans son émission littéraire l'écrivain pour son premier roman, Extension du domaine de la lutte, c'était en 1994. «Il m'avait touché», se souvient-il. PPDA affirme, en souriant, qu'après le prix Interallié et le Prix Goncourt, le Prix Bernard Magrez arrive comme une sorte d'apothéose. »

 

C'était ensuite autour du fondateur et mécène de prendre la parole, Bernard Magrez, propriétaire de grands crus internationaux. Il a affirmé son amour pour la littérature et son désir, après avoir fondé un grand groupe, de soutenir l'art et la culture à travers sa fondation. Il n'en a rien dit ce mercredi soir, mais on sait que Bernard Magrez est le mécène de la cité du Vin, et qu'il soutient également le monde de la musique (deux jeunes violonistes ont joué lors de la remise du prix), de la recherche médicale, notamment dans la lutte contre le cancer, et qu'il s'occupe d'un orphelinat de quatre-vingt-dix enfants en Thaïlande.

 

Pourquoi le Prix Château La Tour Carnet?

 

Parce que parmi tous les domaines que possède Bernard Magrez, sans doute ce Château est-il le plus littéraire. Édifié en 1120, le domaine du Médoc a appartenu à la famille de Montaigne, rappelle le propriétaire. On pense que son ami La Boétie y aurait écrit une partie de son chef-d'œuvre Discours de la servitude volontaire.

 

Enfin, Bernard Magrez a remis la récompense. On était dans le hors norme tant la dotation fut extraordinaire: 4 volumes de Scènes de la vie privée dans leur édition d'origine dédicacée par le grand maître Balzac

 

Et le lauréat?

 

Il était visiblement aux anges, tout souriant. «Je me suis marié il n'y a pas longtemps, dit-il debout près de sa femme. C'est difficile de penser à un cadeau de mariage, mais là vous avez été très loin. Je vous remercie infiniment. Moi qui aime le livre et le vin, je suis comblé…»

 

Le jury du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet a distingué, jeudi 3 octobre 2019, Mario Vargas Llosa pour l'ensemble de son œuvre.

 

L'écrivain recevra également une édition originale d'un exemplaire de Madame Bovary, datant de 1867, comportant un envoi autographe signé de Gustave Flaubert à Alfred Guérard.

 

Présidé cette année par Alexis Brezet, le jury est composé de Franz-Olivier Giesbert, secrétaire général, Dominique Bona, Isabelle Bunisset, Françoise Chandernagor, Jean Clair, Teresa Cremisi, Xavier Darcos, Jean-Paul Enthoven, Anne Fulda, Yves Harté, Sébastien Le Fol, Marie-Dominique Lelièvre et Etienne de Montety.

 

Mario Vargas Llosa : « Comme une langue, le vin relie les hommes » ICI

A 83 ans, l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, est une légende de la littérature. Auteur d’une vingtaine de romans, pour la plupart traduits chez Gallimard, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2010. On lui doit notamment La Ville et les chiens (1966), Conversation à « La Cathédrale » (1973), La Tante Julia et le scribouillard (1980, Prix du meilleur livre étranger), La Fête au bouc (2002). Il est un des rares écrivains publié de son vivant dans « La Pléiade ».

 

Un temps proche du communisme, devenu libéral, voire néoconservateur, Mario Vargas Llosa est sèchement battu en 1990 au second tour de l’élection présidentielle péruvienne. Il quitte alors le Pérou pour s’établir à Madrid, obtenant la nationalité espagnole en 1993.

 

Son dernier roman, Tiempos recios (« temps difficiles », Alfaguara, 2019, non traduit en français), a pour sujet le coup d’Etat au Guatemala en 1954, tout en résonnant avec les tumultes du continent sud-américain, son grand sujet.

 

L’écrivain a reçu, en octobre 2019, à Paris, le prix Château La Tour Carnet, du nom d’un grand cru du Médoc et doté de 20 000 euros. Il lui a été remis par Bernard Magrez, propriétaire de ce domaine et de plusieurs autres châteaux bordelais. Nous l’avions rencontré à cette occasion dans un grand hôtel de la capitale.

 

Le vin a-t-il sa place à votre table ?

 

C’est la seule chose que je boive en dehors de l’eau, et uniquement du rouge. Je ne consomme pas d’alcool fort. Mais je déguste seulement le soir, pas au déjeuner, sinon je suis paralysé et je ne peux pas travailler. J’apprécie beaucoup le vin, essentiellement français et espagnol. Un jour, un médecin m’a recommandé d’arrêter l’alcool pendant un mois. Je lui ai avoué que je ne buvais que du vin. Cela l’a rassuré, et il m’a dit que ce n’était pas de l’alcool ! Je lui ai alors demandé ce qu’était le vin. Il m’a répondu : « C’est la civilisation. »

 

« C’est en France, dans le Paris des années 1960, que j’ai appris à boire »

 

La civilisation ! C’est formidable, non ? Et, comme lui, je crois que la civilisation et le vin sont inséparables. Les pays où l’on boit du vin ont développé une culture riche, diverse, et la littérature s’y est déployée de manière très importante, comme en France, en Italie, en Espagne.

 

En Amérique du Sud, on trouve de bons vins, non ?

 

En Argentine et au Chili oui, c’est une tradition importante dans ces pays. Quant au Pérou, c’est curieux, pendant les années coloniales espagnoles, le pays possédait un vignoble important, mais la viticulture a disparu avec l’arrivée de l’indépendance. Il reste encore quelques vins, mais pas d’une aussi belle qualité qu’en Argentine ou au Chili.

 

Le vin et la politique sont-ils liés ?

 

Le vin est social. Il est lié au repas, à la conversation. On ne peut pas boire un verre de vin tout seul, à la différence d’un whisky ou d’un autre alcool fort, n’est-ce pas ? Le vin encourage l’amitié, la sociabilité. C’est sa spécificité.

 

Vous souvenez-vous de votre premier verre de vin ?

 

Je m’en souviens très bien, oui, car c’était lors de mon premier mariage. J’avais 18 ou 19 ans, et, avec ma future épouse, c’était une espèce de folie. Nous cherchions un petit village pour nous marier, dans le sud du Pérou. Finalement, on a trouvé un maire qui était pêcheur. Il n’avait pas de chaussures, il était très pauvre. Avant de commencer la cérémonie, il nous a demandé où était le vin. Il n’y en avait pas. Nous n’y avions pas pensé. Mais lui s’est entêté et il refusait de nous marier dans ces conditions… Alors, il est sorti de la mairie pour en acheter lui-même. Il est revenu avec une bouteille.

 

« On ne peut pas concevoir la richesse de la littérature occidentale sans le vin »

 

C’était la première fois que j’en buvais. C’était pour moi du vinaigre, sans que je sache si c’est moi qui n’aimais pas, ou si c’est le vin qui était mauvais. Sans doute un peu les deux. Toujours est-il que c’est ma première expérience dans un Pérou où on n’en buvait pas. A l’époque, c’était très rare. Aujourd’hui, c’est différent, la culture du vin s’est enracinée dans toute l’Amérique latine. Quand je me suis marié pour la seconde fois, j’étais habitué au goût du vin. La cérémonie a également eu lieu au Pérou, mais, cette fois, on a fait venir des vins français et italiens.

 

Quand avez-vous ensuite découvert la culture du vin ?

 

C’est en France, dans le Paris des années 1960, que j’ai appris à boire. Je buvais du bourgogne, qui était solide alors en bouche, et puis aussi ce que j’appelle du vin populaire, comme le beaujolais nouveau. Je me souviens de l’apparition du beaujolais nouveau, c’était vraiment quelque chose de différent, de festif, tout un événement. Une bonne chose dont j’ai hérité de mon père, que je n’aimais pourtant pas beaucoup, est une belle résistance à l’alcool, mais, attention, je ne bois pas tous les soirs.

 

Le vin a-t-il une place importante dans la vie littéraire ?

 

Oui, je crois, mais pas forcément dans mes livres. Vous ne pouvez pas penser à Baudelaire sans penser au vin et comment il enrichit son imagination. Plus largement, on ne peut pas concevoir la richesse de la littérature occidentale sans le vin. La poésie espagnole en témoigne.

 

Le religieux castillan Gonzalo de Berceo, qui est le plus vieux poète de langue espagnole que l’on connaisse, au XIIIe siècle, a fait l’apologie du vin dans ses poèmes. On le connaît surtout par ce vers très célèbre, « un vaso de buen vino », et il faut mentionner l’ensemble des mots, car le contexte est intéressant. Berceo écrit : « Je veux faire un récit en langue espagnole, dans laquelle le peuple a l’habitude de parler à son voisin, car je ne suis pas assez lettré pour employer le latin. Cela vaudra bien, je crois, un verre de bon vin. »

 

Il parle si magnifiquement bien des vignes de la Rioja qu’il existe aujourd’hui un vin de cette région qui porte son nom. Et puis, il montre déjà que, comme une langue, le vin relie les hommes. Il a aussi conscience de la hiérarchie des vins, puisqu’il parle d’un « bon » vin et pas du vin en général.

 

Avez-vous votre propre panthéon du vin ?

 

Je n’ai pas d’autorité suffisante pour me risquer à une telle hiérarchie. Je ne suis pas un spécialiste, donc je n’oserai pas. J’aime cette idée de « bon vin ». Puisque je vis en Espagne désormais, les vins espagnols sont ceux que je connais le mieux. Il s’agit souvent de vins populaires, qui sont généralement très bons. Je les apprécie beaucoup, parce qu’ils ne sont pas toxiques, non, et ils passent vite ! Ils sont d’une bonne compagnie pour le repas. Mais, si vous m’obligez à choisir, je dirais que mes vins préférés proviennent de la Rioja, une région où le vignoble est une tradition ancienne, doublée d’une belle diversité.

 

Avez-vous eu à Paris des amis qui vous ont servi de guides ?

 

Paris évoque beaucoup de souvenirs pour moi. Dans les années 1960, j’ai travaillé à la Maison de la radio, à l’époque de l’ORTF. Au début, quand on touchait les murs, on recevait des décharges électriques ! Je suis devenu ami avec l’écrivain et journaliste Jean-François Revel, qui aimait beaucoup le vin, et qui a écrit magnifiquement sur le sujet.

 

J’admirais aussi ce qu’il écrivait sur l’Amérique latine, qu’il connaissait profondément du point de vue politique et social. Il avait vécu au Mexique. Je me souviens de son essai formidable sur l’Argentine, son histoire tragique et riche, et dont la société se trompait systématiquement dans ses choix politiques – on le voit encore avec la catastrophe que vit le pays aujourd’hui.

 

Quels intellectuels avez-vous rencontrés alors à Paris ?

 

Dans les années 1960, les intellectuels étaient très à gauche. Moi aussi, il faut le dire. Mais mon gauchisme avait beaucoup de défaillances. Par exemple, j’achetais discrètement une fois par semaine Le Figaro pour lire les articles de Raymond Aron, qui était très intelligent tout en écrivant contre tout ce que je croyais à l’époque. J’admirais aussi André Malraux, qui était un très grand orateur, mais était détesté par la gauche. C’était une époque passionnante où d’immenses écrivains étaient encore vivants : Sartre, Camus, Malraux.

 

« J’aime le vin comme fidèle compagnon d’un bon repas. Il enrichit la conversation et l’amitié, il permet de nous sortir de nous-mêmes »

 

Grâce au directeur d’une revue qui m’avait remis un prix littéraire, j’ai rencontré Camus dans un théâtre parisien, sur les grands boulevards, un midi, alors qu’il travaillait à la représentation d’une de ses pièces. Il était comme sur les photos, avec son éternel imperméable, et il était surtout accompagné de [l’actrice de cinéma et de théâtre espagnole] Maria Casarès, qui était alors sa maîtresse. Je lui ai parlé dans mon mauvais français et il m’a répondu en espagnol.

 

Ce n’est qu’après que j’ai découvert que sa mère était espagnole. Je lui ai donné une petite revue que nous publiions à Lima. Ah ! La jeunesse ne doute de rien ! Je ne me rendais pas compte. Mais j’avais beaucoup d’admiration. Par la suite, j’ai suivi ses évolutions politiques. Je me souviens même d’un entretien de lui dans Le Monde par Madeleine Chapsal : ça a été ma grande déception, car Camus y disait que les écrivains africains devaient abandonner la littérature pour faire, d’abord, la révolution. C’était une trahison, car, pour moi, la littérature pouvait changer l’histoire.

 

A l’époque, j’étais politiquement plus proche de Sartre que de Camus. Mais, ensuite, c’est Camus qui a gagné, avec cette idée qu’on ne peut pas séparer la morale de la politique, et donc qu’il ne faut pas tomber dans la violence – c’est une idée très valable encore, je crois. Quant à Sartre, je l’ai rencontré à la Mutualité, lorsqu’il s’est rallié à la cause des prisonniers politiques au Pérou. Simone de Beauvoir était là aussi. Pour revenir au vin, le beaujolais en tant que vin nouveau avait sa place dans cette ambiance.

 

Avez-vous une cave ?

 

Non. Pour moi, le vin n’est pas assez essentiel pour que j’aille jusqu’à me constituer une cave. Je dois ajouter que mon épouse ne boit pas du tout. Mais j’insiste, j’aime beaucoup le vin comme fidèle compagnon d’un bon repas. Il enrichit la conversation et l’amitié, il permet de nous sortir de nous-mêmes. Pour finir, je sais bien que, en Espagne et au Pérou, on boit beaucoup, mais je ne suis ni l’Espagne ni le Pérou !

 

Laure Gasparotto

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 06:00

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Olivier de Moor, à sa manière est le pisteur de mon espace de liberté qui n’aime rien tant que j’emprunte la solitude des chemins de traverses, ces lieux que la modernité raye des cartes, les enfouissant sous le macadam des autoroutes et des centres commerciaux, il m’ouvre des voies que je n’aurais pas osé fouler car mon petit bagage ne me permet pas de les explorer.

 

Ainsi, tôt le matin ou tard le soir, il me transmet des signaux de fumée depuis les collines de Courgy.

 

Le jeudi 6 février à 19:22

 

« Mon indépendance qui est ma force induit une solitude qui est ma faiblesse ». C'est de Pasolini. 

 

Ici ce serait presque le contraire. Tout est lié comme le dit ce moine franciscain, agronome et véritablement passionnant.

 

Un peu comme M.A. Selosse*. Avec qui il échange. Jamais seul. Et cet ensemble de personnes, ce réseau nous ouvre de nouvelles pistes.

 

*Je suis en train de lire son dernier ouvrage Les goûts et les couleurs du monde. Une histoire naturelle des tannins, de l’écologie à la santé. Je pondrai une chronique dès que possible mais c’est du lourd, ça ne se lit pas comme un roman de gare.

 

Dans une chronique du 8 janvier 2019 j’évoquais François d’Assise

 

Avant de mourir, François d’Assise, le « Poverello » demanda à revoir celle qu’il nommait frère Jacqueline… son amie Jacomina de Settesoli, née à Rome vers 1192, béatifiée par l’Église catholique et fêtée le 8 février, inhumée non loin de lui, dans la grande basilique d’Assise, connue en France sous le nom de Jacqueline de Septisoles, pour lui demander la fameuse crème d’amande dont elle avait le secret !

 

« Un jour le bienheureux François appela ses compagnons et leur dit : « Vous savez combien dame Jacomina de Settesoli fut toujours et demeure attachée à notre Ordre. Je crois que, si vous l’informiez de mon état, ce serait pour elle une grande délicatesse et une grande consolation. Écrivez-lui de vous envoyer, pour une tunique, de ce drap monastique couleur de cendre, comme celui que fabriquent les Cisterciens dans les pays d’outre-mer. Qu’elle envoie aussi de ce gâteau qu’elle m’a préparé maintes fois quand j’étais à Rome. »

 

« La fin de ma vie est proche. Mets-toi donc aussitôt en route si tu veux me revoir encore. Apporte je te prie de cette bonne chose que tu me donnais quand j’étais malade à Rome ».

 

Mais revenons à notre franciscain. Le texte qui suis est tiré d’une interview à RCF

 

« Ingénieur agronome de formation, Hervé Coves accompagne aujourd'hui ceux qui veulent se former à l'agroécologie et à la permaculture. Son parcours professionnel et spirituel est celui d'un contemplatif. En 2014, à un peu plus de 50 ans il est devenu religieux franciscain, membre de l'ordre fondé par saint François d'Assise.

 

C'est l'amour de la nature qui l'a conduit à devenir ingénieur agronome. Lui, l'enfant de pieds noirs élevé dans une cité HLM de la banlieue de Strasbourg, né en France et éduqué dans l'idée qu'il ne fallait pas trop s'attacher à la terre.

 

À la fin des années 70, il avait déjà un côté militant quand il a commencé à travaille pour une Chambre d'agriculture dans le Limousin.

 

Déjà « les Chambres étaient perçues comme parasitant l'agriculture ». Il se souvient, à ce moment-là, « l'idée c'était vraiment de nourrir le monde ». Et on en est venu à utiliser de la farine animale pour nourrir les troupeaux, « on trouvait ça extraordinaire d'élever des vaches avec de la fiente de poule et de la sciure de bois... »  Nourrir le monde à n'importe quel prix : plus tard on l'a payé cher.

 

La première prise de conscience que quelque chose ne pouvait pas fonctionner dans ce système agricole-là, ce fut lors de la crise de la vache folle. « À partir du moment où un projet sur lequel j'avais travaillé a montré ses limites, je me suis dit 'Hervé tu es en train de tuer des gens'. »

 

Hervé Coves confie avoir « vécu avec cette culpabilité-là pendant longtemps... » Prise de conscience aussi, que, dans ce système où les agriculteurs « ne vivent plus de leur métier » (à part sur de très grandes surfaces de plus de 1.000 hectares) mais « des aides et des subventions », on « ne donne plus une vraie valeur aux choses ». Selon lui, le drame pour un agriculteur c'est que le prix de son effort est décidé arbitrairement depuis Bruxelles.

 

« La campagne ma révélé quelque chose de la beauté du monde. »

 

Il avait 12 ans, quand sa famille a déménagé pour le petit village de Kolbsheim (Bas-Rhin) : là, il a vécu « une renaissance ». « Je vivais en moi cet amour de la terre. » Et le jeune homme peut enfin laisser libre cours à sa passion pour les végétaux. Mais sa conversion, ou plutôt sa « révélation » comme il l'appelle, il l'a vécue des années après, au cours d'un voyage d'étude en Guyane. Une nuit au cœur de la « magnifique » et « effrayante » forêt amazonienne, emplie de bruits tous plus ou moins inquiétants les uns que les autres, Hervé Coves est installé dans un hamac et peine à s'endormir. Quand tout à coup une puis deux, puis trois, puis des centaines de lucioles clignotent et se répondent dans un jeu de lumière « féérique ».

 

« Le monde est un livre extraordinaire dans lequel il y a tant à apprendre », cela il en était déjà convaincu. Mais cette nuit-là en Guyane - Hervé Coves en parle la voix brisée par l'émotion - il comprend que « tous ces insectes, ces singes [qu'il entend] hurler, ces grenouilles qui coassent, ce sont des chants d'amour : je me suis rendu compte à ce moment précis que c'était de ça dont j'avais peur ; ce dont j'avais peur c'était l'amour ».

 

Et ça a « bouleversé » sa vie. « Je me suis détendu dans mon hamac et j'ai vécu une des plus belles nuits de mon existence. » Une « nuit d'amour à communier avec toute cette nature merveilleuse ». Depuis, il a cessé de ronfler et d'être insomniaque, dit-il en souriant. Il en a surtout gardé « la révélation qu'on est dans un monde qui est plein d'amour » et que souvent « les manifestations d'amour nous effraient ».

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:00

Je prends des risques face à l’exécration que suscite Emmanuel Macron en soulignant que son approche de certains dossiers internationaux n’est pas à jeter aux orties sans examen.

 

Mais, je suis sans illusion, les dossiers internationaux n’intéressent guère les natifs de l’hexagone, ils préfèrent contempler le nombril et continuer de penser que la France est le centre du monde ;  lorsqu’il s’agit de l’avenir des Balkans, pourtant si proches, ils n’y comprennent goutte.

 

Les Balkans n’existent que par le regard que l’on porte sur eux depuis l’extérieur. Du point de vue des mentalités, tous les aspects péjoratifs que l’Occident a pu accoler à ce terme n’ont pas aidé à la construction d’une identité forte et revendiquée, et on retrouve fréquemment l’idée que « le balkanique, c’est l’autre »

 

« Les Balkans ne commencent pas et ne s’arrêtent pas »

Paul Garde

 

« Si cette région pose de réelles difficultés de définition, c’est parce qu’elle a toujours été à l’intersection de plusieurs mondes. À presque toutes les époques, les Balkans ont été dans une position « d’entre-deux » : entre monde grec et latin, slave et byzantin, chrétien oriental et occidental, ottoman et occidental. Les Balkans sont une région charnière entre l’Orient et l’Occident, et leur histoire mouvementée les a fait basculer tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

 

Alternativement centre ou périphérie selon les moments, région à la fois marginale, physiquement excentrée par rapport aux lieux de pouvoirs des empires dans lesquels elle a été incluse, et marginalisée car souvent laissée de côté par ces mêmes pouvoirs, elle pose un problème de définition. Par-là même, elle remet en question d’autres concepts, à savoir où commence l’Orient et où s’arrête l’Occident, ou si les Balkans sont en Orient ou en Occident. Région charnière mais également région mosaïque, qui présente une grande variété de situation des peuples qui la composent et qui trouble là encore les concepts importés. En effet, pour reprendre l’expression de Violette Rey, c’est aujourd’hui pour cette région une « triste richesse » que d’être celle par qui l’Europe doit reconnaître que le modèle de l’État-nation considéré si fécond à l’Ouest ne peut être un modèle universel, ni même généralisé à l’Europe orientale. »

 

De Gaulle appelait de ses vœux une Europe de l’Atlantique à l’Oural dans un discours à Strasbourg en novembre 1959 : « Oui, c’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe, qui décidera du destin du monde ! »

 

Emmanuel Macron évoque « Un espace commun eurasiatique de sécurité allant de Vladivostok à Lisbonne ».

 

La une de The Economist datée du 7 novembre 2019.

 

À rebours d’une majorité de commentateurs, Ziemowit Szczerek reporter-écrivain polonais spécialiste de l’Europe du Sud-Est estime que, dans son entretien polémique avec The Economist fin 2019, le président français a posé les bonnes questions et a exprimé ouvertement ce que tout le monde pense sans oser le dire.

 

« Dans l’entretien qui a remué le monde, Emmanuel Macron a exposé une approche sans naïveté. À de multiples reprises, il a reproché à la Russie son autoritarisme qui représenterait, avec le fondamentalisme islamique, la plus grande des menaces pour l’Europe et ses valeurs. Il a aussi affirmé que l’entrée de la Russie dans l’orbite d’influence occidentale prendrait au moins une décennie mais qu’elle finirait par advenir, Moscou ne voulant pas être vassalisée par la Chine.

 

Les projets emblématiques de l’Occident

 

Prenons le cas de la Bosnie-Herzégovine, que le président français a qualifiée de « bombe à retardement ». La presse de Sarajevo s’en est offusquée et a rappelé à la France son instabilité sociale dans ses propres frontières, la révolte des gilets jaunes et le terrorisme islamiste plus actif en France que dans les Balkans.

 

Tout cela est vrai, mais à chaque fois que j’entre en Bosnie-Herzégovine, que ce soit par la Serbie ou la Croatie, il y a presque toujours des fonctionnaires, pourtant vêtus de l’uniforme national, pour s’empresser de m’informer joyeusement que cet État n’existe pas.

 

Si l’on va dans l’Herzégovine croate, on n’entendra que des plaintes à propos de ce projet d’État centré sur les musulmans bosniaques et auquel doivent participer les Croates alors qu’ils n’y voient aucune raison. Dans la république serbe de Bosnie, les Serbes disent la même chose, et ce n’est pas la voix de nationalistes, de séparatistes ou de personnes que l’on pourrait qualifier de radicales. C’est un point de vue aussi courant que l’air que l’on respire. Chaque Serbe bosnien, adulte ou pas, sait parfaitement que ce qui le rapproche de Sarajevo n’est guère plus qu’un portrait de Tito à la maison et peut-être de la sympathie pour Bijelo Dugme [groupe de rock yougoslave culte des années 1970-1980]. Voir Goran Bregović plus bas.

 

En dehors de ça, rien, vraiment.

 

Pourtant, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo étaient les projets emblématiques de l’Occident dans les Balkans. On le voit de loin, sur les armoiries et les drapeaux qui reflètent l’esthétique de l’UE (étoiles, fond bleu) : de la même façon, les symboles des républiques soviétiques et des démocraties populaires, avec leur faucille et leur marteau, étaient une expression de l’esthétique socialiste. On y trouvera éventuellement la forme géographique du pays, comme sur l’emblème national du drapeau de la Biélorussie post-soviétique, mais aucun symbole national, aigle ou griffe, auquel les nationalistes pourraient se référer.

 

À vrai dire, ceux-ci n’en ont pas besoin car ils ont leurs propres symboles. Au Kosovo, les Serbes et les Albanais vivent tous sous une aigle à deux têtes – blanche chez les premiers, noire chez les seconds. En Bosnie, seuls les musulmans bosniens s’identifient au drapeau national. Les Croates et les Serbes, qui ont leur propre État national mais n’y vivent pas, utilisent leurs drapeaux respectifs, bien sûr de taille supérieure à celui de la Bosnie-Herzégovine.

 

« Regardez la Bosnie : c’est une vaste blague »

 

La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo devaient être des laboratoires où régneraient l’harmonie européenne et la coexistence des nations. Face à la grande haine, tout cela s’est terminé en jeu de faux-semblants : tout va bien !

 

D’un autre côté, comment ces expériences pouvaient-elles réussir si, dans les deux pays, l’Occident s’est surtout employé à développer l’administration et la bureaucratie plutôt que d’investir dans le développement économique, l’égalité des chances et la construction d’une classe moyenne stable qui aurait pu devenir la base d’une identité commune. Par exemple, le système des trois présidents représentant chacun, à la tête de l’État bosnien, une des trois communautés renforce les clivages ethniques au lieu de les atténuer.

 

Si au moins la Bosnie-Herzégovine ou le Kosovo servaient de vitrine du niveau de vie occidental dans les Balkans, attiraient des travailleurs étrangers, diffusaient le modèle occidental dans la région, comme la Géorgie dans le Caucase. En réalité, c’est le contraire – les habitants de ces pays fuient en flots ininterrompus et sont contraints d’abandonner leurs montagnes pour du pain.

 

Si c’est comme ça, pour qui ces États ont-ils été créés ?

 

Si le but était de témoigner de l’échec du projet occidental dans les Balkans, c’est réussi, car quand on va en Serbie ou que l’on parle à des Macédoniens, on entend souvent : « Peut-être que l’UE n’a pas tant de sens que ça ? Regardez la Bosnie : c’est une vaste blague. »

 

Les Balkans ne peuvent compter ni sur la Russie ni sur l’UE

 

Évidemment, en critiquant la stabilisation bosnienne, il est difficile de ne pas tomber dans le piège tendu dans la région par la Russie. Elle soutient la Serbie, qui serait ravie de reprendre sous son aile les Serbes bosniens et kosovars, sauf qu’elle est liée par le droit international. Même si elle prenait le risque, à qui demanderait-elle de l’aide ? À la Russie ? La Serbie sait très bien qu’elle ne pourrait rien en tirer. La Russie est loin, n’a pas beaucoup d’argent, et Poutine est peut-être un ami cool avec qui faire un selfie, mais dans les affaires sérieuses, c’est un joueur froid et cynique. Les Russes ont d’ailleurs espionné leurs alliés et amis serbes, ce que le président Aleksandar Vucic a dû reconnaître avec réticence. Il s’est ainsi retrouvé dans une position analogue à celle de Volodymyr Zelensky vis-à-vis de Donald Trump.

 

En réalité, la Russie ne peut pas faire grand-chose dans les Balkans, même si la région et la Russie elle-même voudraient qu’il en soit autrement. La droite macédonienne, qui craint la minorité albanaise et a longtemps refusé de s’incliner devant le chantage de la Grèce sur le changement de nom du pays, pourrait peut-être se tourner vers la Russie, mais de quoi cela aurait-il l’air ? Les Russes leur enverraient-ils des soldats ? Les accueilleraient-ils dans leur Union avec la Biélorussie ? Distribueraient-ils des moyens financiers – pourtant déjà de plus en plus rares – pour construire dans les Balkans un genre de royaume du Wakanda, cette puissance technologique et militaire africaine de l’univers de Marvel ?

 

Image

Rare photo de Poutine contemplant son successeur

 

La Serbie fait face au même dilemme. Elle sent que l’UE la trahit, mais la Russie n’est pas une option. Si c’était le cas, Skopje et Belgrade n’auraient pas longtemps hésité.

 

Si les Balkans ne peuvent donc compter ni sur la Russie ni sur l’UE, qui reste-t-il ? Les communautés musulmanes bosniaques et albanaises pourraient encore songer à la Turquie, mais dans quel cadre ?

 

Emmanuel i Brigitte  Macronowie witają Putina w prezydenckiej rezydencji Fort de Bregancon

Emmanuel i Brigitte Macronowie witają Putina w prezydenckiej rezydencji Fort de Bregancon (Fot. Alexei Druzhinin/AP)

 

L’hégémon de l’UE serait le meilleur

 

En fin de compte, la Macédoine s’est laissée humilier par la Grèce et, dans les Balkans, on se souvient des humiliations. Elle est devenue la Macédoine du Nord, ce que beaucoup de ses habitants considèrent comme une offense. Pendant des années, elle a été le bon élève des réformes systémiques exigées par l’UE, et maintenant Emmanuel Macron bloque l’ouverture des négociations d’adhésion pour elle et son voisin albanais.

Goran Bregović est né le 22 mars 1950, à Sarajevo, d'une mère serbe et d'un père croate. Le père de Goran était officier dans l'Armée populaire yougoslave. Après la séparation de ses parents, il va vivre avec sa mère à Sarajevo. Après quelques années de violon au conservatoire, il fonde son premier groupe à 16 ans : Bijelo dugme (le Bouton blanc). Pour faire plaisir à ses parents il poursuit néanmoins des études de philosophie et de sociologie. Il serait sans doute devenu enseignant si le succès de son premier disque n’en avait décidé autrement.

 

Goran Bregović joue de la guitare et devient une rock-star en Yougoslavie. Avec son groupe Bijelo dugme il produit 13 albums en quinze ans, vendus au total à 6 millions d’exemplaires. Dans les années 1970, il rencontre Emir Kusturica, cinéaste amateur et bassiste dans un groupe punk.

 

À la fin des années 1980, lassé de son statut de rock star, le musicien réalise son rêve d'enfant en achetant une maison sur la côte adriatique. C’est là qu’il compose tranquillement la bande originale du troisième film d’Emir Kusturica, Le Temps des Gitans (1990). Ceci marque le début d’une collaboration réussie. Il signera ainsi les bandes originales d’Arizona Dream (1993) et Underground (1995). Après avoir travaillé, entre autres, pour Patrice Chéreau sur La Reine Margot et Radu Mihaileanu sur Train de vie, Goran Bregović décide de se consacrer principalement à l’interprétation de sa propre musique. Toutefois, il n’abandonne pas totalement la musique de film, puisque son coup de cœur pour Le Lièvre de Vatanen de Marc Rivière l’amène à en composer la bande originale et la chanson du film.

 

Après avoir reformé, en juin 2005, avec succès, son ancien groupe Bijelo dugme pour une série de concerts dans trois capitales de pays issus de l'ex-Yougoslavie, il a repris la route en 2006 avec son Orchestre des mariages et enterrements, avec lequel il sillonne l’Europe depuis le milieu des années 1990.

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 06:00

Dans les années 1950, des jeunes Albanais sont partis étudier en Union soviétique ou dans un autre pays du bloc de l'Est et sont revenus au pays accompagnés d'une épouse russe, polonaise, hongroise ou bulgare.

 

L'Albanie et l'URSS étaient alors alliées et Enver Hoxha vouait une admiration sans bornes à Joseph Staline.

 

Dans la nuit du 24 au 25 février 1956, à Moscou, les délégués du XXe Congrès du Parti Communiste d'URSS s'apprêtent à quitter la salle après dix jours de débats sans anicroche ni surprise. Les journalistes et les délégués étrangers sont déjà sortis...

 

Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du parti, demande alors aux délégués de se rasseoir et pendant quatre heures, il va leur lire un rapport secret dont il leur sera expressément demandé de ne divulguer aucun extrait écrit à l'extérieur.

 

Devant les délégués abasourdis, le secrétaire général accuse son prédécesseur Staline de crimes ignobles, hélas bien réels. Notamment de la mise en accusation et de l'exécution de nombreux dirigeants communistes lors des grands procès de Moscou, vingt ans plus tôt. Il condamne également le culte de la personnalité qui a entouré le « petit père des peuples » et met en cause ses qualités de stratège pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Mais il reconnaît à Staline un « rôle positif » dans la collectivisation des terres et l'industrialisation, même si ces opérations se sont soldées par la déportation et le massacre de plusieurs millions de Soviétiques dans les années 1931-1936 !

 

Malgré toutes les précautions prises par les Soviétiques, le New York Times publie des extraits du rapport secret dès le 16 mars. Le texte a été bienveillamment fourni au quotidien de New York par la CIA (Central Intelligence Agency), qui l'a elle-même obtenu d'un leader communiste polonais juif, irrité par des allusions antisémites de Khrouchtchev, par l'intermédiaire du Mossad (les services secrets israéliens).

 

Le rapport est publié in extenso quelques semaines plus tard. Il consacre la prise de pouvoir par Nikita Khrouchtchev et clôt son entreprise de « déstalinisation », trois ans après la mort du Vojd (« Guide » en russe, surnom de Staline).

 

C'est la rupture entre le dictateur albanais et l'URSS « révisionniste » et ses satellites est-européens.

 

« L'Albanie bascule dans la paranoïa de l'espionnage qui touche tragiquement les familles mixtes », dit à l'AFP Ismaïl Kadaré, qui signe là son premier scénario.

 

« Les personnages auxquels je m'intéresse sont des victimes oubliées ou peu connues parmi les victimes du communisme, des étrangères, retenues en Albanie et persécutées sauvagement par le régime ».

 

Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

Dans la ville natale du dictateur communiste Enver Hoxha, une équipe albano-russe se sert de cinéma pour raconter le sort tragique des couples mixtes après la rupture avec Moscou, quand de jeunes Albanais et leur épouse étrangère furent soudain considérés comme des traîtres.

 

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Ce drame historique est la première production conjointe entre l'Albanie et la Russie en près de 70 ans. Il a été coécrit par le grand écrivain albanais Ismaïl Kadaré, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le scénariste russe Youri Arabov.

 

Juste après le divorce entre Moscou et Tirana, ces femmes avaient eu le choix de rentrer dans leur pays ou de rester auprès de leur mari, se condamnant alors à l'enfermement dans une Albanie hermétiquement close. A l'inverse, des étudiants albanais ont dû abandonner l'URSS en laissant derrière eux leur bien-aimée.

 

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« Tant de destins individuels brisés par l'Histoire », constate l'auteur du "Grand Hiver", né comme Enver Hoxha à Gjirokastra, ville du sud de l'Albanie aujourd'hui classée au patrimoine de l'Unesco.

 

 « Deux fois plus cruel »

 

L'un de ces destins est celui d'Irina Sallaku, 88 ans aujourd'hui. Elle avait épousé un Albanais rencontré pendant ses études d'ingénieur à Leningrad. En 1955, le couple mit au monde deux jumelles avant de partir vivre à Tirana.

 

« Les étrangères qui avaient fait un acte de résistance de cœur en choisissant de vivre en Albanie ont été nombreuses à avoir un destin tragique », raconte-t-elle à l'AFP, les yeux remplis de larmes. Elle se réjouit qu'un film permette de « comprendre l'ampleur du crime ».

 

Son mari accusé de « sabotage » fut exécuté en 1977. Elle fut envoyée avec leurs deux filles dans un camp de travail dont elles ne sortirent qu'en 1988.

 

« Tout Etat est cruel mais l'Etat communiste l'était deux fois plus », constate Iouri Arabov.

 

Il n'existe pas d'estimations du nombre de couples mixtes persécutés. Au total, 5.577 hommes et 450 femmes ont été exécutés par le régime communiste (1944-1991), selon l'Institut des études sur les crimes communistes. Des dizaines de milliers d'opposants ont été condamnés aux travaux forcés ou à la prison.

 

Le film, provisoirement intitulé "Gjirokastra", est "un drame historique qui rend hommage à toutes les victimes innocentes des régimes totalitaires", souligne Iouri Arabov.

 

C'est une fiction mais Loreta Mokini, la coproductrice albanaise, explique avoir par souci de véracité consulté les archives du ministère de l'Intérieur et parlé à d'anciens condamnés.

 

L'amour en vrai

 

Le film raconte l'histoire d'une étudiante russe, Katia, qui rencontre à Moscou son futur mari, Arjan, archéologue albanais avec qui elle refait sa vie en Albanie.

 

Après le divorce entre Tirana et Moscou, Arjan est arrêté pour "sabotage" puis exécuté. Katia finit emprisonnée dans la citadelle de Gjirokastra, forteresse du XIIe siècle utilisée comme geôle par les communistes comme les nazis avant eux.

 

Si le plus clair du tournage s'est déroulé à Gjirokastra, des scènes ont également été filmées dans la maison d'Enver Hoxha à Tirana.

 

Deux acteurs albanais jouent le dictateur mort en 1985 et son épouse Nexhmije, 99 ans aujourd'hui.

 

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Toujours dans l'ombre l'un de l'autre, ils se parlent à voix basse en français, la langue préférée du dictateur. Celui-ci avait imposé sa psychose paranoïaque au petit pays de trois millions d'habitants, où il fallait être en permanence prêt au combat face aux menaces venues de toutes parts - URSS, Etats-Unis ou Yougoslavie titiste.

 

Le montage commencera fin janvier. Mais déjà, dans les coulisses du tournage qui vient de s'achever, les collaborateurs ont vu naître un nouvel amour, entre Polina Grishina, l'actrice russe qui interprète Katia et Besmir Bitraku, l'acteur albanais qui joue son époux.

 

« C'est sûr: l'amour est aveugle, il ne tire pas de leçons de l'Histoire », sourit Loreta Mokini.

 

AFP, publié le jeudi 23 janvier 2020 à 06h45

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 06:00

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À la fin de l’envoi, je touche.

 

C’est enlevé, j’adore !

 

Que nous sommes loin des besogneux, des qui appellent de leurs vœux des cahiers des charges, des fers aux pieds, souhaitent des geôliers, des barbelés, s’enfermer dans leur pré-carré, exclure les rétifs, attribuer le label…

 

J’exagère !

 

Si peu, le vieux que je suis a vu défiler au fil des années ce type d’engeance toujours prompte à enfourcher la tendance, la confisquer, s’ériger en défenseurs de la veuve et de l’orphelin qui ne leur demandent rien.

 

Celles et ceux qui font le vin sont cernés par tous ses gens qui veulent leur bien en vivant sur la bête…

 

Règne l’entre-soi.

 

Ce n’est pas ma philosophie, j’aime le débat pas les séminaires de procureur, d’instructeur à charge…

 

Notre italien éruptif, est libertaire et anarchiste, grand bien lui fasse. Ce n’est pas ma famille mais je ne suis pas sectaire, mon enseigne est un Espace de Liberté.

 

Aucune description de photo disponible.

 

Je préfère les sulfites aux règles dans les vins naturels

 

J'écris cet article en français pour rendre hommage à un peuple qui m'accueille toujours avec grâce et respect, mais surtout parce que c'est l'un des rares peuples qui s'indigne encore et qui est le phare du monde du vin naturel.

  

Tout le monde sait que je n'aime pas les sulfites et que j'ai toujours considéré le vin naturel qui, après divers processus de compétence et de connaissance, est également sans sulfites ajoutés. Mais, il y a un mais. J'ai toujours considéré le mouvement des vins naturels français et après mondial, comme un mouvement libertaire et anarchiste. 

 

Une révolution de la pensée et une manière d'être différente: libre sans harceler sans règles. Parce que la liberté ne les admet pas ! 

 

Un mouvement de sensibilisation, également un guide spirituel pour de nombreuses jeunes générations qui ont considéré les vignerons naturels comme des exemples à suivre. 

 

Il est vrai que cette dichotomie existe entre l'entreprise et le mouvement culturel, niant que ce serait stupide ; d'une part le vigneron / entrepreneur doit penser à son entreprise et joindre les deux bouts, d'autre part il doit suivre une éthique et une pensée libre et sévère afin d'exprimer un monde meilleur dans lequel vivre.

 

Les règles sont les antithèses de ce monde, un frein et un poids énorme qui feraient disparaître le sens libertaire et au-delà des frontières du vin naturel.

 

Alors?

 

20 mg ou 30 sulfites ajoutés ?

 

Pouah qui s'en soucie !

 

Chacun agit sur la base de ses propres idées, mais surtout sur la base de son courage et de sa propre technique, tant de gens qui doivent savoir le savent! Mais limiter un monde dans une concoction diabolique de règles stupides, a moins de sens, me fait penser à la tristesse du cru de Bordeaux ou du premier cru et grand cru de Bourgogne, qui ont besoin de définitions, d'un stupide catalogage uniquement à des fins economici…

 

Pouah

 

N'emprisonnez pas la liberté et le génie, vous ne pouvez pas arrêter le vent avec vos mains.

 

Franchement, c'est agréable de voir autant de jeunes qui abordent le monde de l'agriculture viticole, cela signifie beaucoup, c'est la vraie victoire du vin naturel et il n'a pas eu besoin de règles, mais de sensibilité et d'idées

 

Gianluigi Carlino (DIA BOLIK) ICI 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 06:00
Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

Cabonarra œufs de poules en liberté, huile d'olive italienne, pasta frenchie et vin qui pue nature suisse don du Taulier

J’ai croisé de Kervasdoué au temps où, chez Pierre Mauroy, premier Ministre de Tonton première formule, il occupait le poste au cabinet, dirigé par Robert Lion, de chargé de mission pour l’agriculture. Ses relations avec Edith Cresson, la toute nouvelle ministre de l’Agriculture, et son cabinet composé d’une bande d’étatistes forcenés, relevaient de la guerre larvée. Il fut exfiltré et nommé au Ministère de la Santé comme directeur des hôpitaux, ce qui ne manqua pas de surprendre les hauts représentants des paysans.

 

C’est un IGREF,  titulaire d’un MBA et d’un doctorat en socio-économie de l'université Cornell aux États-Unis. L’homme est impérieux, tranchant, bardé de certitudes, délivrant ses sourates d’ingénieur, à l’époque où je le croisais, tirant sur sa pipe, j’avais le sentiment qu’il était totalement hors-sol.

 

Sa fiche Wikipédia oublie cet épisode de son parcours professionnel, tout comme la période d’avant 1981 où il fut très proche de Pierre Méhaignerie au Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture. Il n’est plus que le directeur des hôpitaux au ministère de la Santé, de 1981 à 1986. Il a quitté la fonction publique à la fin des années 80.

 

Jean de Kervasdoué (nom usuel de Jean de Kerguiziau de Kervasdoué) est un professeur d'économie français né le 28 décembre 1944 à Lannion. Il est titulaire de la chaire d'économie et de gestion des services de santé du conservatoire national des arts et métiers (CNAM)] et membre de l'Académie des technologies

 

Économiste spécialiste des hôpitaux, il est très critique du système de santé français, dénonçant le peu d'attention accordée au malade et la trop grande intervention de l'État. Il plaide par exemple pour une plus grande autonomie des hôpitaux et dénonce les acteurs des hôpitaux, qui, selon lui, « confondent service du public et service public, voire défense du statut public ». Il dénonce la centralisation excessive du système de santé et prêche pour l'autonomie complète des établissements hospitaliers.

 

Il est très critique envers les média et le manque de professionnalisme de certains journalistes et est opposé à l’inscription, sous sa forme actuelle, du principe de précaution dans la Constitution du 4 octobre 1958, écrivant ainsi : « La faille la plus profonde de ce principe de précaution, son péché originel est un péché d'orgueil. Il laisse croire que l'on pourrait se prémunir de tout car l'on pourrait toujours déceler la cause d'une catastrophe potentielle »

 

Comme je suis un fouineur j’ai retrouvé enfoui au CNAM son CV ICI

 

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ETUDES

 

1971-1972 Université « Cornell » Doctorat en Socio-Economie (Ph.D.)

 

1969-1970 Université « Cornell » Master in Business Administration (MBA)

 

1967-1969 Ecole Nationale du Génie Ingénieur du Corps du GREF

 

1964-1966 Institut National Agronomique Ingénieur Agronome (Paris)

 

1966-1967 Service Militaire Détachement du Corps du GREF au  Ministère de la Coopération. Affectation à l’Union Nigérienne de Crédit  et de Coopération, responsable de cet  organisme pour les provinces de TAHOUA  et AGADES

 

EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

 

1980/1981 Directeur du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1979/1980 Directeur adjoint du Centre d’Evaluation et de Prospective du Ministère de l’Agriculture

 

1975/1979 Responsable des Etudes Economiques à  l’Assistance Publique de Paris

 

1973/1980 Chargé de Recherche à l’Ecole polytechnique, puis Maître de Recherche (directeur de recherche de deuxième classe) à partir de  1980.

 

Bien sûr, il chronique au POINT, voiture-balai des penseurs soi-disant iconoclastes, des convenus, des sachants assommants, des hors-sol suffisants.

 

Pour autant le sieur Jean de Kerguiziau de Kervasdoué ne profère pas que des insanités, je partage beaucoup de ses vues sur les hôpitaux, mais, à sa manière, sous le vernis de l’ingénieur, c’est un rageux. Notre vieux pays s’installe ainsi dans l’affrontement, les postures extrêmes, l’excommunication de l’autre camp, tout ce qu’un vieux rocardien comme moi exècre.

 

Nos penseurs sont hors-sol, loin du cambouis du terrain, ils pontifient, se mettent en valeur, ne cherchent pas à convaincre, contribue à fragmenter notre société déjà bien éparpillée. Nous avons un stock de sociologues et d’autres logues qui fait son miel des Gilets Jaunes, du glyphosate, des OGM, de l’agribashing… tels les missionnaires de mon enfance vendéenne ils prêchent du haut de leur chaire… par bonheur, eu égard au discrédit de la presse, les paroissiens se font rares.

 

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Mais, comme je sais trier le bon grain de l’ivraie, que je n’adore aucun dieu biodynamique ou cultive des croyances vertes, que je suis un bon vivant qui mange bon, boit bien, et autres plaisirs, je vous invite à le faire dans sa dernière chronique dans la rubrique Débats :

 

Kervasdoué – Révolution dans la cuisine publié le 20/01/2020

 

Il n'existe pas de produit miracle ou très mauvais pour la santé. L'alimentation reste donc un merveilleux terreau pour les charlatans de tout poil. Par Jean de Kervasdoué

 

La cuisine est un des ciments de la société française. Si, autour de la machine à café, la conversation se porte sur le gigot de sept heures ou la tarte Tatin, chacun évoquera avec passion les grandes lignes de sa recette, et cela, quel que soit le milieu social. Des concours de cuisine sont projetés sur les chaînes de télévision aux heures de grande écoute. La pâtisserie se vend comme des produits de luxe et les grands chefs sont plus que jamais des stars médiatiques. L'excellence française est, dans ce domaine, mondialement reconnue.

 

La continuité des habitudes alimentaires n'est toutefois qu'apparente, car cuisiner prend du temps et devient une occupation de week-end. On ne déjeune plus en semaine à la maison, l'épouse ne prépare plus de « gamelle », d'autres habitudes se sont prises à la cantine ou au restaurant d'entreprise. Le soir, le prêt-à-manger fait la fortune des fabricants de surgelés et des livreurs à domicile. En quelques années, l'offre des marchés forains s'est enrichie de plats cuisinés. Alors que la choucroute et le poulet rôti-pommes de terre ne datent pas d'hier, les marchands de paella ou de potée auvergnate remplacent aujourd'hui les étals traditionnels. Quant aux supermarchés, outre les conserves et les plats surgelés, on y trouve des fruits prédécoupés, des salades, des entrées froides, des gâteaux… si bien qu'il suffit de sortir ces mets de leur emballage avant de passer à table.

 

Les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie

 

À Paris, 25 % des habitants ne préparent plus jamais de repas et, en toute logique, des appartements sans cuisine se vendent. Quant aux plus aisés, s'ils aménagent des cuisines luxueuses, ils ne se servent quotidiennement que du congélateur et du four à micro-ondes. Le rythme des repas change. On mange à toute heure, et si les fast-foods servaient déjà en permanence, c'est aussi le cas des restaurants traditionnels des quartiers touristiques.

 

La diversité de l'offre se manifeste aussi par le choix du type de cuisine : chinoise, japonaise, italienne, grecque, turc, marocaine, basque, bretonne, corse, lyonnaise, alsacienne… sans parler des plats végétariens, voire végans, avec ou sans gluten ! Ces choix multiples bouleversent l'industrie agroalimentaire et l'organisation de sa chaîne de distribution. Il n'y a plus deux ou trois types de consommateurs, mais des dizaines et quelques tendances fortes : les boucheries ferment, les poissonneries se font rares et les Français passent à table comme s'ils entraient dans une pharmacie en demandant le taux d'antioxydant d'un fruit, ou le pourcentage d'oméga-3 d'une huile végétale. Les applications du téléphone portable (Yuka, Kwalito, Open Food Facts, Foodvisor…) se multiplient et précisent le contenu nutritionnel de ce qui a été acheté, il suffit alors de scanner le code-barres de l'étiquette ; quant à « Fruits et légumes de saison », ce site Internet rappelle qu'il y a des saisons et que les fruits et les légumes ne viennent pas à maturité tout au long de l'année en culture de plein champ ! Alim'confiance permet de consulter le circuit de distribution des aliments et se base sur les informations fournies notamment par l'Inspection des fraudes. Enfin, il ne faut pas oublier Nutri-Score qui, par un code couleur allant du A (vert) au E (rouge), indique, nous dit-on, « la qualité nutritionnelle d'un aliment ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on tente d'informer les Français qui ont aussi en tête les messages du ministère de la Santé rappelant qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour, éviter de grignoter, de manger trop gras, trop salé, trop sucré et faire de l'exercice physique.

 

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