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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 00:06

Au risque de vous surprendre Bernard Magrez, sous sa carapace parfois rugueuse d’homme qui s’est fait tout seul, est un grand affectif. Cette sensibilité, bien nichée sous une belle prestance, il la préserve avec un soin jaloux de la suffisance des beaux esprits à la française, des héritiers, de tout ceux qui n’ont rien construit. Lui il fait, car c’est aussi un vrai instinctif qui pressent, qui sait être le premier au bon endroit au bon moment, analyse vite, hume la tendance, sait comme son modèle François Dalle, l’homme qui a fait l’Oréal, que « le lendemain cela se construit hier, et cela se construit le matin à 8 heures aussi »  Comme il va toujours de l’avant, qu’il a toujours une faim primale, qu’il ne remet jamais au lendemain ce qu’il veut faire aujourd’hui, l’homme est exigeant, passionné, dur souvent – c’est lui qui le dit – avec son fils et sa fille, ses collaborateurs.

Dans mon petit bureau du 2ième étage, au 232 rue de Rivoli, Bernard Magrez est venu s’asseoir. Il sort de chez Michel Pons. Nous sommes en 2001, mon rapport fait grand bruit à Bordeaux, les grands chefs m’habillent pour l’hiver, je suis celui par qui le scandale arrive. Ce n’est pas pour déplaire à Bernard Magrez qui n’aime rien tant que bousculer l’establishment. Lui si avare de compliments me dit « que j’ai tout compris. » Moi je sais bien que le petit rapporteur que je suis n’a fait que mettre sous le nez des immobilistes patentés un simple instantané de nos forces et nos faiblesses face aux entreprises du Nouveau Monde. Lui qui, sur le socle de William Pitters, a su faire voisiner  des marques comme Sidi Brahim, Malesan, avec Pape Clément, démontrant ainsi qu’en France tout pouvait être possible si l’on respecte le produit et ceux qui le consomment, l’avait compris depuis fort longtemps. À juste raison il doutait, et de la volonté des décideurs publics de pousser à des choix courageux, et de la capacité des dirigeants professionnels de sortir du déni de réalité.

Depuis Bernard Magrez a pris un grand virage, sa quête est celle des terroirs d’exception où il applique son perfectionnisme « pour moi on ne fait jamais assez bien ». Il veut ainsi répondre par une offre diversifiée à l’éclectisme de l’amateur de vin. L’étonner aussi. Depuis toujours Bernard Magrez considère le vin comme un objet de satisfaction et de statut. Il assume sans complexe tous les codes de l’univers du luxe. Pour autant, lui qui considère Michel Rolland comme un génie, le seul avec Parker à avoir à ses yeux un goût infaillible, considère que « le génie du vin c’est le terroir ». Moi j’aime les gens qui dérangent, qui ont des angles, et j’avoue que, même si bien des choses nous séparent, j’ai de l’affection pour Bernard Magrez.

Je le remercie donc d’avoir accepté de répondre au questionnaire de Proust. Il le fait, comme vous pourrez le constater, à la Bernard Magrez

Votre vertu préférée : La rigueur

Vos qualités préférées chez l'homme : Vivre debout

Vos qualités préférées chez la femme : La franchise

Votre occupation favorite : Le travail

Votre caractéristique maîtresse : Jamais renoncer

Votre idée du bonheur : Etre libre

Votre idée du malheur : Subir sans ne rien pouvoir faire

Vos couleurs et votre fleur préférées : Le rouge et le vert, le lys

Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : Un homme qui réussit tout ce qu’il entreprend

Où aimeriez-vous vivre ? : A Bordeaux

Vos auteurs préférés en prose : Sénèque

Vos poètes préférés : La Fontaine, Verlaine

Vos peintres et compositeurs préférés : Buffet, Mozart

Vos héros préférés dans la vie réelle : François Pinault

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : La Vierge Marie

Vos héros préférés dans la fiction : /

Vos héroïnes préférées dans la fiction : /

Votre mets et votre boisson : Une Côte de bœuf avec du Château Pape Clément qui, grâce à son terroir, produit un vin d’une sublime délicatesse et le Château Haut-Marbuzet car c'est un très grand Médoc.

Vos prénoms préférés : Paul (car Saint Paul)

Votre bête noire : Ceux qui travestissent la vérité

Quels personnages historiques méprisez-vous ? : De Gaulle

Quel est votre état d'esprit présent ? : Indestructible

Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : Une faiblesse très momentanée

Votre devise préférée : Jamais renoncer

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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