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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 10:00

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-          Connard ! lui hurle un quidam lors d’un de ses bains de foule.

-          Enchanté, moi c’est Jacques Chirac.


« Il y a deux choses d’infini au monde : l’univers et la bêtise humaine mais pour l’univers je n’en suis pas très sûr » Albert Einstein


Dans un petit opus « La... sottise ? (vingt-huit siècles qu’on en parle) » chez Albin Michel 9€ le professeur Lucien Jerphagnon, historien de la philosophie, disciple de Vladimir Jankélévitch, proche de Paul Veyne, professeur de Michel Onfray durant ses études de philosophie dont Jean d'Ormesson dit que c’est « un savant qui sait unir un style rapide et séduisant à l'érudition la plus rigoureuse », lui trouvant « une simplicité familière, souvent mêlée de drôlerie, avec une précision sans faille» mène l’enquête. Il se pose des questions tout en reconnaissant ses limites « Ne souffle pas plus haut que tu n’as l’esprit »


La connerie permet des variations plus amples, plus variées que la bêtise, la sottise, l’idiotie, l’imbécilité ou la stupidité elle offre une plus large palette : c’est un foutu con, un sale con, un mauvais con, un petit con, un grand con, un pauvre con, un misérable ou un lamentable con ... Que sais-je encore même si dans le langage usuel dire ou faire des conneries, des bêtises, des âneries, des idioties ou des sottises semble équivalent.


La connerie me semble bien trop large, bien trop extensible, si vulgaire quelle tombe souvent dans la facilité.


La bêtise, elle, relève de l’abus de langage : les bêtes ne sont pas bêtes, elles ne sont que des bêtes qui ignorent la méchanceté. Les âneries n’existent pas, elles ne sont que l’expression du mépris des humains pour nos amis les ânes.


L’idiotie a une forte connotation psychiatrique qui rend son maniement délicat dans nos sociétés où les précautions de langage sont de mise : les aveugles sont devenus des non-voyants et les sourds des mal-entendant.


La sottise, comme l’imbécilité, ou la stupidité me paraissent mieux approcher une certaine précision, une plus grande pertinence, depuis la nuit des temps : « Innombrable est le peuple des sots... » Ecclésiaste, I, 15 et « C’est en effet, une famille  innombrable, celle des imbéciles... » Simonide cité par Platon, Protagoras, 346c. « Immense est la foule des imbéciles. » Saint Augustin Contre les Académiciens, I, 1-2.


La suite ICI link 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 00:09

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Créer des liens, transformer la virtualité en la réalité bien concrète d’une rencontre, c’est l’une des plus belles satisfactions pour un chroniqueur de plus en plus las de constater que la Toile via le jeu égotique des réseaux sociaux devient une foire d’empoigne stérile, un ruisseau de lieux communs et de bêtises.


Prendre le temps de réfléchir, de dire, de répondre à ses contradicteurs, de comprendre, fut le lot des premiers commentateurs sur les blogs, le mien tout particulièrement. C’était fécond et enrichissant même si parfois le ton était vif et les arguments tranchants.


Cette belle époque est derrière nous, place au fil de discussion sur face de bouc, en direct live, où chacun fait son petit numéro en peu de mots sans même prendre le temps de lire le texte qui a lancé la discussion.


Les amateurs de ce genre de sport, qui entre nous disposent de beaucoup de temps, son alimentés par quelques spécialistes, qui eux aussi semblent n’avoir que ça à faire, amateurs de flux et de buzz afin de vérifier l’état de leur popularité dans leur petit cercle dérisoire.


Bac à sable peu ragoûtant.


Vous allez me rétorquer pourquoi s’y intéresser ?


Tout bêtement parce que face de bouc n’est pas qu’un cloaque et que je suis curieux de tout.


Pour en revenir aux commentaires, l’un de mes commentateur assidu, le dénommé Luc Charlier dit Léon, fit il y a un certain temps, une entrée tonitruante qui irrita quelques lecteurs de mon blog. Pour sûr que ça décoiffait, je m’employai à recoudre les morceaux et le camarade médecin reconverti à la vigne s’installa dans le paysage avec sa grande culture, sa belgitude et ses convictions.


Provocateur certes, un peu compliqué parfois, mais un grand cœur qui, s’il aime choquer link et link , aime aussi d’une certaine manière être aimé. Je ne l’ai jamais ménagé mais j’ai pour lui une grande estime.


Le Luc il a de la suite dans les idées et ce WE il m’a envoyé un petit message :


 J'ai bu le vin dont tu avais parlé (sous la petite sirènelink


J’ouvre le lien joint et je lis :


« Il faut s'y reprendre à deux fois pour bien juger, les idées comme les gens.


Un « illuminé » parlait de vinification au bord de la mer, sous l'effet des marées, dans de grandes cuves en béton disparaissant sous le niveau de l'eau, mais rigides et parfaitement pleines. Il nous affirmait que ces conditions physiques influençaient le vin. Ce fut le début de ma relation amicale avec Denis Boireau link  un ingénieur ayant pourtant le goût de l'ésotérisme. Il m'a soutenu dans mon affirmation qu'aucune justification physique n'était possible à cette ineptie.


La suite de l’histoire est ICI link


La conclusion me plaît bien « La seule question est : a-t-on besoin de tout cela? La réponse est multiple mais: si cela permet de ré-établir un vignoble viable là-bas, si cela permet à ce garçon de vendre son vin (qui est bon); si cela fait parler de lui, si cela ajoute une dimension artistique et créative à son activité, alors OUI, à 100%. »


Tout ça pour vous dire que loin des joutes bourbeuses sans suite de Face de Bouc rien ne vaut une belle amitié, une vraie, fondée sur des échanges, de l’intelligence, du respect et de la compréhension mutuelle. De celle qu’on ne jette pas au caniveau pour une petite blessure d’ego. 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 10:00

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J’ai longtemps retenu ma plume mais la coupe trop pleine débordait lorsque je voyais sur Face de Bouc et Twitter le sauveur flanqué de son pousseur Alain Raynaud, œnologue-viticulteur président du Grand Cercle, s’exhiber dans un château où il n’avait jamais mis les pieds avant qu’il ne tombât dans l’escarcelle de François Pinault. La tronche de cake satisfaite de l’autoproclamé propriétaire m’achevait ; minable marionnette suffisante donnant le change, envie de gerber...


Indécent !


Terre de Vins, propriété de Sud-Ouest, relayait l’info « Le célèbre critique américain est présent ces jours-ci en terres bordelaises, deux mois et demi après les Primeurs. Une venue de bon augure selon Alain Raynaud, président du Grand Cercle, pour laisser sa chance à ce millésime tant décrié.


« Je suis agréablement surpris que « Bob » vienne. J’espère qu’avec sa venue, ce millésime décrié sera réhabilité. Il est encore aujourd’hui l’un des palais les plus sûrs ». C’est ce que confie Alain Raynaud, œnologue-viticulteur et président du Grand Cercle, à propos de la visite du célèbre dégustateur et critique américain dans le vignoble bordelais. Aux dires d’Alain Raynaud, Robert Parker sillonne depuis mercredi le vignoble pour déguster le millésime 2013. Il devrait rester jusqu’à la fin de semaine prochaine. link


Je relaye le commentaire d’une bordelaise qui synthétise très bien la réalité bordelaise…


Quel bal d’hypocrites.


« Les grands crus classés peuvent continuer leur bras de fer avec le négoce, le reste de la filière, et en définitive les consommateurs finaux, forts des réserves accumulées dans les dernières années, qui n’ont toutes été englouties à construire des chais dignes des films de James Bond pour en jeter plein la vue aux badauds. Les négociants, importateurs, distributeurs auront raison moins longtemps qu’ils seront solvables.


Les petits châteaux tachent de faire de leur mieux, souvent avec des comptes de résultat dans le rouge et des bilans en forte détérioration (demander au patron de la filière vin du Crédit Agricole, de la BNP ou du CIC), mais sont au bout du compte souvent coupable de produire un vin médiocre.


Une grande partie des négociants souffre avec le sourire – ou sans, comme P. Bernard, mais qui en fin de compte vient à la soupe comme tout le monde, espérant que 2014 sonnera le retour à meilleure fortune. Les promesses du négoce aux châteaux de tenir les prix de revente conseillés ne trompent personne. Tant de négociants se sont délestés de leurs allocations en bradant les primeurs auprès des clients. La campagne primeurs 2013 est à ce titre un superbe exemple de jeu de menteurs.


Les courtiers tachent autant que possible de convaincre les propriétaires de châteaux de baisser les prix mais ils connaissent trop la fable du chien et du loup. Les beaux costumes de ces messieurs s’abimeraient loin du cours Xavier d’Arnozan ou du quai des Chartrons.


Les importateurs étrangers sont chinois comme CND sont exsangues, victimes de leur avidité sur une classe d’actifs qui souffre de la même volatilité que l’or ou les bulbes de tulipe.


Les importateurs américains, japonais, australien disent stop. Les Chinois s’apprêtent à liquider une ligne de bilan improductive pour leurs conglomérats de semi-conducteurs ou de BTP – faisant trembler les importateurs lourds de stocks de 2009 et 2010 particulièrement.


Les investisseurs – spéculateurs ont disparu. Ceux dont les entrepôts sont pleins auront de quoi boire pour oublier. Les anglais se vautrent aux pieds du nouveau dieu bourguignon, avant la prochaine claque (Romanée Conti bien fragile, le déclencheur pourrait-il être la débâcle du fonds d’investissement luxembourgeois dont une grosse partie des actifs consiste en Domaine de la Romanée Conti?)


Les consommateurs français et étrangers disposent d’un choix extraordinaire d’alternatives à un vin de Bordeaux qui est trop cher pour les grands crus, et souvent médiocre pour les vins d’entrée de gamme. Les vins de moyenne gamme présentent souvent un véritable intérêt, et le consommateur ne s’y trompe pas. A ce titre Vinexpo HK a vraiment donné le La.


Terre de Vin y va de son adoubement renouvelé et servile à Parker, que des critiques comme Quarin et Dubourdieu, s’ils disposaient de l’aura qu’ils méritent, permettraient de renvoyer dans ses bois. »

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 00:09

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Comme le chantait Gabin, « je sais », je sais que je vais me faire de nouveaux amis si tant est que certains d’entre eux ne me vouaient pas déjà aux gémonies.


Le tribunal correctionnel d’Angers a rendu, le 4 juin dernier, un jugement plutôt équilibré dans l’affaire Olivier Cousin. Tout en le relaxant pour bon nombre d’infractions à l’étiquetage (logo femme enceinte, numéro de lot...), le tribunal l’avait condamné pour usurpation d’appellation, mais en le dispensant de peine.


L’important, au regard de la protection juridique des appellations d’origine, était donc reconnu, affirmé. Le principe était donc sauf, protégé par le bouclier de la loi.


Sauf que, dans notre beau pays, les Procureurs aiment les sanctions, la fameuse exemplarité de la peine afin de dissuader d’éventuels contrevenants. Pour le sieur Yves Gambert, procureur de la République d’Angers, « les contraventions étaient établies ». Elles auraient donc dû déboucher sur des sanctions.


Ce n’est pas très finaud mais de la part d’un procureur ça peut se comprendre.


Mais là où les bras m’en tombent c’est que les parties civiles en première instance, l’Inao et la Fédération viticole de l’Anjou le seront également en appel. Cette dernière, ODG pour l’AOC Anjou notamment, demandera des « dommages et intérêts a minima et souhaite que la cour d’appel d’Angers confirme le jugement d’usurpation de l’appellation. »


Plus bêtes qu’eux tu meurs !


Pour l’INAO c’est carton rouge. Pourquoi un tel acharnement, il faudra que l’on m’explique ses fondements juridiques. Sans railler je ne vous trouve pas très performant sur ce terrain depuis quelques temps. 


Du côté de la Fédération viticole de l’Anjou c’est  de la connerie pur sucre – faut dire qu’ils aiment tant la chaptalisation – elle fait appel pour des dommages et intérêts a minima, c’est-à-dire qu’elle ouvre à nouveau la porte des médias nationaux à Olivier Cousin.


Bravo les artistes, l’Anjou vous en sera éternellement reconnaissant.

 

Putain, c’est encore un mauvais coup d’Evin !

 

Le dessin est de Desclozeaux...

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 11:11

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Désolé pour la putasserie du style mai y’a pas photo, le vin ça fait Style, c’est tendance. Pour preuve le journal le Monde Style nous propose rien moins que 4 articles le même jour sur le nectar du terroir. Ce doit-être l’effet Evin ! Afin de ne pas me voir accuser de pensée unique j’ai glissé dans cette revue de presse un article du Point sur les vins nature. C’est l’effet Résistance Naturelle !


1)      Révolutions dans la dégustation LE MONDE | 16.06.2014 à 16h38 |Par Alexis Goujard et Jérôme Baudouin link

 

 

2)      Pascal Bruckner : « J'ai bu du lait jusqu'à l'âge de 40 ans »

LE MONDE | 16.06.2014 à 16h38 |Propos recueillis par Laure Gasparatto link


3)      Un avocat pour les vignerons "nature", en marge des AOC link


4)      Inventions de vignerons

LE MONDE | 16.06.2014 à 21h05 |Par Jérôme Baudouin link


5) Jean-Michel Boursiquot : « Nous avons retrouvé les parents de la syrah »

LE MONDE | 16.06.2014 à 13h21 | Propos recueillis par Jérôme Baudouin link

 

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 00:09

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Les petites anglaises sont formidables, Cleo Rocos est de celle-là, elle dit tout haut, avec beaucoup de fraicheur, des vérités qui déplaisent aux vieux ou jeunes ronchons de la planète vin. Ceux-ci s’époumonent, s’agitent, trépignent, vouent aux gémonies les colonies de bobos parigots, en vain. Ça les énerve de ne pouvoir enterrer corps et biens ces insupportables naturistes qui occupent la scène bien au-delà de ce qu’ils représentent.


Faudra vous y faire les gars, même le Thierry Dessauve, qui sait prendre le bon wagon au bon moment, opère un revirement de jurisprudence tout à fait notable à l’égard des naturistes et son toutou de service est de plus en plus aux abonnés absents.


Bref, je vous cite la donzelle.


« Si votre organisme ne supporte pas le vin rouge, essayez le vin biodynamique. Les résultats sont magiques : même après avoir bu plusieurs verres, vous serez dispo et lucide.



Qu’ils soient bio ou biodynamiques, ces vins demandent une élaboration dans les règles. Sachant qu’il y a 200 additifs autorisés, la qualité du produit est garantie.



Je sais bien que ça fait un peu folklorique, et qu’on ne peut pas prendre au sérieux un sol fertilisé par de la poudre de cornes de vaches maculées de fumier. Pourtant le vin biodynamique est exceptionnel,* car il ne contient aucun conservateur. Avec lui, on ne connaît pas les lendemains douloureux. N’en déplaise aux mauvaises langues, il est parfait
. »

 

* en rouge dans le texte original.


J’entends déjà les cris d’orfraies des défenseurs de l’orthodoxie : « tout ça n’est qu’un tissu de conneries » sauf que la parole d’une reine de la nuit a une part de voix très supérieure à celle de nos chefs de tribus qui lancent des suppliques à un certain Evin dont se fichent comme de leur première chemise les pékins ordinaires buveurs de vin.


« Evin connaît pas ! »


Faut sortir de vos casemates les gars, l’influence ça se passe ailleurs, bien au-delà de votre univers où le 4 par 3 plaît tant aux présidents…


La reine de la nuit qui tient les rênes de la consommation ludique enfonce le clou « Et il n’est pas si cher que ça. Par exemple, le Grand Cerdo est un rioja biodynamique, naturel, avec très peu de soufre ajouté, et qui coûte moins de 5 €. Sur l’étiquette, il y a un porc ailé (car gran cerdo signifie « grand porc » en espagnol)  On doit ce vin à Gonzalo Gribalja link , militant écologiste notoire. C’est après avoir vu son père empoisonné par des années d’exposition aux produits chimiques utilisés dans les vignobles qu’il a mis au point un procédé naturel de vinification… »


Là encore je sens souffler le vent de la désapprobation des sachants mais peu m’importe car la toute petite musique s’insinue, fait son chemin et nul ne pourra la faire taire. Chez moi aucune espèce d’idéologie ou  de prosélytisme, je me contente d’observer les tendances.


Je vous avais prévenu je suis un vieil homme indigne qui accorde bien plus de crédit à une Cleo Cocos qu’au slogan « Claude Evin revient » repris à l’envi ou qu’à la force de persuasion de la Résistance Naturelle de Nossiter… D’un côté c’est l’éternel entre soi, de l’autre une forme d’élitisme hautain, je n’en suis pas…


Comme l’écrivait Giono « La première vertu révolutionnaire, c’est l’art de faire foutre les autres au garde-à-vous. »

 

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 00:09

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« Ce qui importe c’est d’être disposé à penser par soi-même et à se dire ce qu’on pense. Beaucoup ne le sont pas, soit que la vie les ait trop mal traités, soit qu’on leur ait trop souvent répété qu’ils n’étaient que des gens ordinaires, et qu’ils en sont venus à croire qu’ils n’avaient rien d’intéressant à dire.


À ceux qui doutent d’eux, […] à travers toute l’histoire des gens parfaitement ordinaires ont brusquement énoncé les plus stupéfiantes déclarations lorsqu’ils ont trouvé le courage. Le courage est ce qui compte avant tout. »


Theodore Zeldin, de la conversation, page 29


Le prêt à penser…


Blogueur haut-parleur…


Tous ensemble, tous ensemble…

Je copie-colle…


Tu post…


Ils twitte…


Nous retwittons…


Crédibilité…


Journaliste, critique, vous avez dit journaliste, critique…


Degré zéro…


Si vous avez lu sur ces 3 sujets des chroniques originales je suis preneur.


Merci par avance.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 07:00

La nouvelle génération d’un UMP dernier avatar d’un RPR ayant tenté d’absorber la droite molle de l’UDF brille par son caractère hétéroclite, y voisine bien sûr les classiques têtes d’œuf sortis des grandes écoles telle NKM, longueurs et pointes grillant sa clope avec les SDF, ou Bruno Le Maire, colin jovial qui sait faire peuple et écrire, ensuite, et c’est la nouveauté, les petits durs, dont j’ai oublié les noms, venant de l’extrême-droite, propres sur eux, ratiches longues, bébés Sarko, niveau attachés parlementaires, et enfin la piétaille comme la Morano madame sans gêne qui jacte, éructe, a même été Ministre… Reste, celui qu’on n’attendait pas, le bellâtre, type gendre idéal, Luc Chatel, ex-maire de Chaumont chef-lieu improbable de la Haute-Marne chère au Général, DRH  de l’Oréal ce qui explique sa mise en pli, genre mini-vague impeccable. Son truc à lui c’est d’« être bien avec tout le monde… c'est même l'histoire de sa vie » ironisait l’un de ses collègues. Bon camarade, « sympa », souriant, c’est un poupin faible, aussi opportuniste qu'insaisissable, une anguille, prêt à se vendre au plus offrant : il avait d’abord fait des offres de service à Fillon pour l'élection à la présidence de l'UMP, à l'automne 2012, avant de finalement rejoindre M. Copé et rapidement prendre ses distances avec le maire de Meaux lors de la guerre interne. Rien ne prédestinait ce falot à être propulsé à la tête de l'UMP. C’est le plus petit dénominateur commun qui se retrouve, malgré lui, homme-clé. Il y est flanqué du génie du Poitou, de l’austère Juppé et de couilles molles Fillon. Un drôle d’attelage dans une boutique à feu et à sang que le nabot à talonnettes veut réinvestir pour remonter au Front.


Avec deux collègues nous sommes allés mercredi soir au dernier meeting du roquet Copé à  Aulnay-sous-Bois dans la modeste salle municipale. Pour une fois il avait vu les choses en petit des petites affiches du parti entre les extincteurs scotchées en vitesse, des chaises en plastique à peu près en rangs, pas de grand éclairage, pas de clim', une sono qui crachotait, deux ou trois drapeaux bleu-blanc-rouge, une poignée de parlementaires faisant la claque au premier rang. Un meeting tout sauf Bygmalion, lorsque leur héros  arrive le public debout, ému, s’égosille : «Copé président !»  alors il s’offre un aller-retour entre les rangées, une dame portant un t-shirt «I love Copé» lui saute au cou. «Ils ont été tellement durs avec lui. Nous, les militants, on l’appréciait, il s’occupait de nous, il nous envoyait du courrier», soupire Huguette, représentante en cosmétique de Sartrouville. «Je le crois sincère, il était franc. C’est surtout une victime. Et vous allez voir, ils vont faire pareil avec Sarko», embraye sa voisine Danielle, de Saint-Germain-en-Laye, «fervente gaulliste depuis l’âge de 17 ans», tandis que son mari répète dans sa barbe : «Quelles fausses factures ? On nous prend pour des cons !» Ce soir, c’est le soir de Jean-François, l’accueille le maire d’Aulnay, Bruno Beschizza, un ami de quinze ans. Sur scène, le futur-ex chef de l’UMP est entouré de quelques militants, collaborateurs, élus dont la fidèle Michèle Tabarot. Sa femme Nadia est au premier rang. Sur le ton de la confidence faite à ses «chers amis», Copé ne cache pas traverser «une épreuve personnelle», «un moment difficile». «Cette situation, je ne l’avais pas prévue», avoue-t-il. La salle lance un déchirant «Nous, non plus !» Comme on ne tire pas sur une ambulance la suite de la causerie au coin des militants du président déchu relève du non-évènement. Les affaires sont les affaires le roquet va reprendre son job d’avocat d’affaires.


Sur ce avec mes potes nous avons appris la mort de Jean-François Probst, un chiraquien qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui, à sa manière, représentait  ce que furent les baroudeurs gaullistes. Il a été de toutes les aventures chiraquiennes au service duquel il est entré en 1974 lorsque celui-ci  entra à  Matignon prix de sa trahison de ce pauvre Chaban. Il l'a accompagné à la Mairie de Paris et au RPR, où il a dirigé le cabinet de Jérôme Monod, premier secrétaire général du parti. Doté d'un humour féroce, fin connaisseur de la droite française, jamais avare de vacheries contre ses adversaires, Jean-François Probst s'amusait à brosser des portraits au vitriol de ses amis. Pour lui, Jacques Chirac dont « le caractère amoral et guilleret fait qu'il n'est pas humiliable,  aura été un peu le Johnny Halliday tel qu'on l'aime de la politique française. On a tous en nous quelque chose de Johnny ou de Chirac ». Cruel, il qualifiait Bernadette Chirac de « mère supérieure de l'Elysée », Marie-France Garaud de « Mata-Hari de la politique ». Il était particulièrement sévère envers « cette demi-sotte de Michèle Alliot-Marie » Très hostile à Nicolas Sarkozy Jean-François Probst avait appelé à voter pour François Bayrou en 2012. Interrogé par l’AFP, ce dernier, qui l'avait vu il y a une dizaine de jours, a salué quelqu'un de « très original et très créatif avec une vaste expérience politique » et qui avait « beaucoup de distance et d'ironie à l'égard du monde politique ». Il s'est dit « très triste » de cette disparition soudaine.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 00:09

D’où que vienne cette appellation *, lorsque gamin nous la prenions en plein dans la margoulette elle nous humiliait de la même manière que péquenot ou paysan prononcé paisan. Elle venait des citadins et elle était l’expression d’un dédain envers nous les campagnards.


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Alors vous comprendrez mieux que je n’ai que peu de goût pour la captation, par certains petits marquis sentencieux des villes, de notre passé de bouseux qu’ils ripolinent à leur façon. Les péquenots en photos, bien rougeauds c’est du marketing ethnique. Ne vivre que sur des images bien jaunies c’est bien joli mais alors il fallait y rester au pays, faire charcutier, boucher ou bistrotier pour les quelques paysans survivants dénommés agriculteurs. Ça me saoule cette chanson qui se veut paysanne, de braves paysans bien sûr, respectueux, silencieux… Vision passéiste, Dieu que c’était charmant de tous dormir dans la même chambre, les vieux et les jeunes, on appelait ça la cohabitation.


Maintenant l’amour est dans le pré alors nous sommes sauvés…


L’exode rural, exode le mot prend ici tout son poids, j’y reviendrai un jour… mais il ne faut jamais confondre les causes avec les effets… et pleurnicher… pour ne rien vous cacher je pense que ça été planifié par d’obscurs technocrates du Commissariat au Plan dont le Général parlait comme étant une « ardente obligation ». Ce fut une « Révolution silencieuse » selon Michel Debatisse, paysan du Puy-de-Dôme avant de finir comme sous Ministre du déplumé de Chamalières. Sur la Toile il est de bon ton d’écrire n’importe quoi, ça plaît aux amis de Face de Bouc : ils like à mort les chéris.


Revenons à nos choux !


De nos jours, depuis que la Chine s’est réveillée – c’était déjà évident chez mes voisins de Chinatown dans le XIIIe – le chou a retrouvé ses lettres de noblesse même qu’au marché bio du dimanche boulevard Raspail les bourgeois du VIIe venus en auto et les bobos venus à vélo, le pe-tsaï est une star très courue.


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« Chaque province de chine possède sa variété de chou. Les derniers empereurs n’acceptaient sur leur table que ceux provenant de la ville de Ngan-sun. Les Pékinois font une consommation immodérée de pet-saï : chaque automne, la capitale chinoise s’emplit  de camions chargés de choux que l’on vend sur les trottoirs. Les ménagères les font sécher en prévision de l’hiver, ou elles les conservent dans du sel ou du vinaigre. Ils sont parfois enterrés dans du sable où ils pourrissent lentement, puis dégustés « faisandés ».

 

extrait de Les délices du potager Maït Foulkes éditions Philippe Picquier 


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Vous voyez, il n’y a pas que les Vendéens qui aiment le chou, alors viendrait-il à l’idée aux bons Français des villes de qualifier nos nouveaux amis chinois de « ventre à choux » ! Que nenni, ça occasionnerait un incident diplomatique, ferait baisser le prix des châteaux de Bordeaux, provoquerait même un embargo sur les vins de Bordeaux, désarçonnerait l’actionnariat de Peugeot, ils sont susceptibles nos amis  chinois et je les comprends.


Pour les petites louves et les petits loups je signale que Chou En -lai Zhou Enlai 周恩來  fut le Premier ministre de la République populaire de Chine en poste à partir d'octobre 1949 jusqu'à sa mort en 1976, sous les ordres de Mao Zedong.


Le chou chinois parfois appelé chou de Pékin est un chou allongé, de forme ovale C’est une plante bisannuelle à feuilles blanches, entières, allongées et dressées formant une « pomme » de forme allongée. La tige florale qui apparaît durant la deuxième année porte des fleurs jaunes regroupées en épi. Les fruits sont des siliques renfermant de petites graines noires sphériques.


« Ses feuilles sont fermes et serrées en épi, d’un vert très tendre, aux bords frisés et aux côtes blanches, possèdent une saveur douce. Il est digeste, riche en vitamine C, potassium et carotène.


Détaillé en fines lanières, le pe-tsaï se consomme blanchi, en salade assaisonnée de sauce de soja ou de sauce aigre-douce ; sauté, braisé ou poché,  dans les soupes ; ou encore mariné, comme condiment.»


J’avoue que lorsque je mange chinois je suis plutôt bière et vous ?


* « L’explication la plus plausible, laquelle nous avalisons de notre autorité, met en scène nos voisins charentais. Au début du XXème siècle, les vendéens du bocage s’en furent repeupler les 2 Charente. Il existait d’ailleurs des "foires aux vendéens" où des "recruteurs" venaient engager les bras surnuméraires. Les familles catholiques du bocage battaient des records nationaux de fécondité, quand les charentais se gardaient de procréer outrancièrement, afin de ne point diviser les héritages. Bilan des courses : les fermes des 2 Charente manquaient de bras. On offrait donc des conditions inespérées aux vendéens qui n’avaient pour toute richesse que leur seule réputation de travailleurs acharnés. Tel qui vivotait sur quelques arpents ingrats se voyait confier une riche terre de 60 hectares. Au bout de quelques années de labeur, il acquérait un train de vie digne d’un "Monsieur".

Seulement, nos vendéens apportaient dans leurs valises leur bétail et leurs modes de cultures. Et parmi celles-ci, le fameux "choux fourrager", dont ils plantaient de grandes quantités pour leurs bovins. Ce qu’ignorant, les Charentais supputèrent que ce devait être là la principale, sinon unique, source d’alimentation des migrants... " des ventres à choux, ces gens-là. »

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 00:09

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« De quelle planète vient Garrincha ? » s’interrogeait le Mercurio de Santiago lors de l’édition chilienne de la Coupe du Monde en 1962. Le n°7 de la Seleção est élu meilleur joueur, il dribble et marque des buts d’anthologie dont une feuille morte contre l’Angleterre en ¼ de finale.


Olivier Guez répond dans son excellent livre Éloge de l’esquive chez Grasset


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« Des entrailles du Brésil. Avec sa gueule de bagnard, ses épaules de lutteur et ses cuissots de feu, ce métis, de sang noir et indien, ressemble à ses admirateurs. Simple, créatif, joyeux, lui aussi  sera un jour exploité par ses employeurs. Il est l’un des leurs, un misérable, entré adolescent s’échiner à l’usine de textile de Pau Grande ; il a connu la faim et la polio ; le destin lui a infligé une colonne vertébrale en S et des jambes biscornues, deux virgules aussi tordues que les mosaïques qui tapissent les trottoirs du  front de mer d’Ipanema, la gauche vers l’extérieur – son corps penche à droite. L’anti-athlète roule, dangereusement en Coccinelle, collectionne les fanions pour sa cuisine et les conquêtes, il copule, quand il ne joue pas au foot et ne picole pas, il baise, Garrincha ne pense qu’à ça… »

 

Manoel Francisco dos Santos, dit Garrincha, est né le 28 octobre 1933 à Magé au Brésil et mort le 20 janvier 1983. Il évoluait au poste d'ailier droit.

 

J’ai chroniqué déjà sur Garrincha link


« L’efficacité du dribble de Garrincha semble liée à l’allure si étrange de son corps, mais aussi à sa grande capacité d’accélération. Car l’étonnant était la lenteur avec laquelle il emmenait la balle, sa façon de s’arrêter totalement devant l’adversaire et, grâce à son extraordinaire impulsion, passer d’une apparence d’équilibre instable à une course qui déséquilibrait le joueur adverse, quitte à s’arrêter de nouveau le pied sur la balle pendant que l’autre était emporté par son élan. D’autres joueurs revenaient alors à la charge et Garrincha savait exploiter immédiatement la brèche ouverte dans leur défense. Usant d’une analogie militaire, les journalistes sportifs parlaient à son propos d’un style de « guérillero ».


Il recevait la balle : vitesse zéro. En une seconde, il se jetait un mètre en avant, grâce à cette explosion musculaire qui le propulsait dans l’espace avec la légèreté d’un oiseau (…) Il lui suffisait ensuite de freiner son corps et d’obliquer de nouveau vers la droite pour faire s’écrouler l’équilibre universel des arrières latéraux. Très souvent, dans ses semblants de chute, il paraissait abandonner au milieu du chemin son centre de gravité alors qu’à la stupeur des physiciens eux-mêmes, il restait debout et continuait vers la droite, fluide comme une cascade. Le dribble le métamorphosait : il devenait Chaplin, déployant dans le vent une succession merveilleuse de gestes comiques ; il était le torero  que la multitude saluait à coup de « olé » ; il était saint François d’Assise grandi par l’humilité avec laquelle il subissait les coups de pied du désespoir […] Il arrivait sur la ligne de fond, les arrières encerclant la surface, l’espace se réduisant… un mètre, 50cm, « il n’y a plus de place, je vais le contrer ». Amère illusion du joueur adverse : pour un dribble de Garrincha, un mouchoir de poche était un « latifundio »

 

Jose Sergio Leite Lopes et Sylvain Maresca « la disparition de la joie du peuple »


Olivier Guez écrit « je voue un culte aux dribbleurs brésiliens, ces hommes élastiques qui cajolent la balle comme s’ils dansaient avec la plus belle femme du monde. Ils la couvent du regard et n’ont d’yeux que pour elle, s’ils la perdent, ils chercheront à la récupérer, à la séduire pour repartir avec elle et ne plus jamais, jamais, l’abandonner à un autre prétendant. »


Arthur Friedenreich (1892-1969) star du début du XXe siècle, « la première légende du foot brésilien, le buteur le plus prolifique (1329 buts), un tigre, « le tigre », un mulâtre aux yeux verts… »


« Il déconcerte les observateurs par ses feintes de corps, inédites. Le buteur est un artiste, un roi de l’esquive, sa façon  à lui  d’éviter les charges violentes de ses adversaires blancs que les arbitres sanctionnent rarement. Ainsi naît le dribble au Brésil. Ruse et technique de survie des premiers joueurs de couleur, le dribble leur évite tout contact avec les défenseurs blancs. Le joueur noir qui ondule et chaloupe ne sera pas rossé sur le terrain ni par les spectateurs, à la fin de la partie ; personne ne l’attrapera ; il dribble pour sauver sa peau. »


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